26 juillet 2010

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TUNISNEWS
10 ème année,N° 3716 du 26.07.2010
 archives : www.tunisnews.net 


Slim BAGGA: Lettre d´Andalousie Jamel Heni: L’autre n’est pas seulement l’enfer dans une République Abdel Wahab Hani: Le 53e anniversaire de la République et les chances d’un ‘Pacte Républicain d’Apaisement’ pour consolider les valeurs de la République et mieux affronter d’Avenir

Taoufik Ben Brik: « La Démocratie racontée à mes enfants » Sarkozy promet des représailles après la mort de l’otage français au Sahel Europe1: « Le raid français était une erreur » Ahmed Ounaïes et Mehdi Taje: Sécurité et stabilité du Grand Maghreb Aljazeera.net: Al-Qaeda in the Sahel Reuters: BP vend son réseau de distribution en France à l’israélien Delek


LETTRE D’ANDALOUSIE

par Slim BAGGA Allez, c’est parti! Je reprends avec d’autant plus de plaisir la rédaction de ma carte postale estivale d’Andalousie que les informations quotidiennes sur la mafia en fête s’accumulent. Le silence équivalant à la péremption de l’information, j’ai donc décidé de rédiger sans trop attendre les faits inqualifiables que les Tunisiens sont en droit de savoir, et d’apporter par la même occasion un démenti cinglant aux nécrophiles du régime de Leila Ben Ali qui avait prédit que cette année je ne voyagerais pas par peur d’être assassiné par les Palestiniens que j’aurais trahis. Les scribouillards débiles de ce régime imbécile auraient dû  prévoir qu’un agent du Mossad, tel moi, bénéficie de l’éternité et de l’impunité. Ces Services israeliens n’en ont-ils pas donné la preuve de leur loyaute en maintenant au pouvoir en Tunisie 23 ans durant le plus incompétent parmi ses correspondants? Mais stop aux commentaires, allons aux infos… CRISE DE NERFS DE IMED BEN LEILA Les Domaines de l’Etat, on le sait, ont été bradés, puis cédés, et maintenant quasiment liquidés. La pépinière de la Soukra a-t-elle à peine été cédée à Leila Ben Ali Pompadour afin d’y eriger un complexe immobilier que son rejeton Imed tape une crise de nerfs simulée. C’est que le parking de Bricorama est résolument vide, les voitures n’y stationnent pas; les clients du week end sont absents.  Pour le calmer, la mère qui a gardé son tres bon coeur en persistant dans le déni que Imed « Ben Pompagaddour » est bel et bien son rejeton, lui offre 750 hectares appartenant encore aux Domaines de l’Etat, et toujours à La Soukra. Sûrement pour en faire un bon usage…Non mieux! C’est pour parachever la mainmise sur la proche banlieue… POURQUOI « POMPAGADDOUR »? Avec Jeanne de Pompadour, la France a légué Voltaire et Diderot. L’amante préférée du roi Louis XV tenait au rayonnement de son pays grâce à sa vision et sa conception de la culture , de la philosophie et du Savoir en general. Leila  « De Pompagaddour », elle, nous lègue Imed dont la culture n’est plus à démontrer. A peine auto-désigné maire de La Goulette, il fait une sortie avec « son   » Conseil municipal dans cette banlieue populaire, et precisement avenue Franklin Roosevelt. Arrivé au niveau de l’ex-glacier Pino, il lança cette phrase folle: « Ici, il faut installer le buste de Ben Ali ». La responsable de l’Environnement  à la Mairie, qui est Franco-Tunisienne, réagit, et lui dit: « Non, Monsieur Trabelsi, c’est la place du « Labib » (Feneck), » symbole de défense de l’Environnement… Mais l’idiot de la banlieue, Imed Ben « Pompagaddour », répondit alors: « Quel Labib, qui est ce connard. Je vais appeler Ben Ali, et il se retrouvera en prison. » Authentique!!! Tout le monde s’est retenu de rire. Un feneck en prison, c’est ce qui manquait au CV de Ben Ali…   LEILA: LE COUT DU LIFTING 300 000 euros; plus précisément 250 000 livres sterling, 600  000 dinars, en devises étrangères: tel est le coût du dernier lifting à Londres de Leïla Trabelsi-Ben Ali, Madame de « Pompagaddour » dans une autre vie… La première Dame de Tunisie se sentirait-elle vieille pour engager de telles dépenses sur le compte de l’Etat? Elle, qui se dit tant aimée, et déjà prête à assurer la relève dans un pays où l’élite est absente et impotente, est trahie ici par la police même qu’elle a mielleusement grassée. Attention, Leïla. Vite un avion sans retour…C’est un conseil serein et desinteresse de la part d’un peuple qui vous a toujours trouvé moche, lifting ou pas… MEILLEURE QUE MARGARET THATCHER Pour l’heure, la « Pompagaddour » ne l’entend pas de cette oreille. Et pour cause: on dit assez souvent que le pouvoir corrompt, mais pas assez que le pouvoir rend fou. Les proches de notre Premiere « Drame » racontent avec autant de delectation que de tristesse que lors de ses envolees, elle ne se prive pas d’evoquer l’ancienne Premier ministre britannique Margaret Thatcher ou la Pakistanaise Benazir Butto.  » Et alors, qu’ont-elles de plus que moi pour gouverner », tempête-t-elle, le visage livide? Elles ont eu la legitimite, chere Leila Ben Ali- Trabelsi-Pompagaddour…Et c’est toute la difference, avec aussi un peu plus de culture et beaucoup moins de manigances. D’ailleurs, il est a se demander quel est ce larbin qui a souffle ces noms dans les oreilles de Zinochette, elle qui ignore tout de l’Histoire comme de l’actualite… TRENTE-SIX MILLIONS D’EUROS: C’est le coût de la bicoque acquise par Sakhr Materi, en plein milieu du quartier du Marais, a Paris. Pourquoi le Marais, se demande-t-on? Le quartier avait connu des legendes comme Jean Cocteau et Jean Marais et les frasques non moins legendaires de la rue des mauvais garcons, dans le quatrieme arrondissement de Paris. Mais 72 milliards de nos millimes, payés en devises, c’est une initiative qui laisse coi. A moins que Sakhr compte bien implanter dans ce quartier une succursale de « sa » Banque islamique. Foin de speculations: il est clair que l’homme cherchait un pied-a-terre parmi les siens… L’EMBARRAS DE ABDELWAHEB ABDALLAH Julio Mazarini, alias Abdelwaheb Abdallah, filait jusque-la le grand amour avec Leila « Pompagaddour ». Theoricien de tous les coups bas servant l’ascension sociale de Madame, son but n’etait autre que le pouvoir pour lequel il a accepté toutes les compromissions. Seulement, la politique et surtout la basse politique n’etant pas une science exacte, il se trouve depuis quelques semaines dans un gran embarras. Ce qui trouble le sommeil de Mazarin-Abdallah, c’est la tournure que prennent les relations entre le colonel Kadafi et Leila d’une part; et entre le même incontrôlable dirigeant libyen et les Materi. Abdelwaheb Abdallah pense, en effet, que tout cela va mal finir, et de toute maniere, il n’aura aucune part du gateau, les velleites libyennes etant gargantuesques sur la Tunisie. Reconnaissons-lui au moins cette tardive prise de conscience…( A suivre!). Slim BAGGA PS: Desole pour les ponctuations: en attendant de faire le necessaire, je ne peux utiliser qu’un clavier espagnol…


L’autre n’est pas seulement l’enfer dans une République


 Nous avons bien une république, mais en avons-nous l’esprit-républicain- forcément démocratique, forcément humaniste? Je ne crois pas du tout. Nous n’avions jamais eu dans la Tunisie indépendante un projet d’intégration nationale. Tout ce que la politique proposait, n’avait pas de quoi nourrir « politiquement » son homme: des clivages, des privilèges et des luttes anti-républicaines. Peut-être aussi sont-ce les limtes de la république, quand elle achoppe sur la tribu, la classe, l’idéologie, les champ de lutte qui n’aboutissent jamais à une victoire, mais à la perte précisément de la République. Je dirais vive l’esprit républicain! qui se construit jour après jour dans l’intégration des luttes individuelles au sein d’un projet collectif, quel qu’il soit: national, social, doctrinal… Enfin, tout ce que vous voulez mais au moins quelque chose à faire ensemble de notre terre et de notre séjour dessus. Pourvu que ce ne soit pas encore un projet destructeur, un marteau, une hache ou une pelleteuse. La bâtisse est déjà en reuine. Qu’importe enfin d’en détruire les cailloux clairsemés? Ne perdons plus notre vie à détruire. Construisons. C’est dans cet effort collectif que la République s’érige. Car si elle existe, c’est bel et bien dans les tête et les coeurs des gens et non sur un calendrier national!!!! Car enfin la République est une belle condamnation collective. Se faire pendre en groupe est une belle villégiature (Echanqa maa ejmaa khlaa)!!!. Car enfin la République est une condamnation collective où l’autre ne peut se permettre d’être seulement mon enfer si je n’en suis un pour lui!!!! Vive l’esprit républicain   Jamel HENI


Le 53e anniversaire de la République et les chances d’un ‘Pacte Républicain d’Apaisement’ pour consolider les valeurs de la République et mieux affronter l’Avenir


 

Par Abdel Wahab Hani

Suivi de :

Post Scriptum

Une Proclamation qui consacre notre Projet National Tunisien, Indépendant, Souverain, Républicain et Démocratique

Suivi du :

Texte officiel de la Proclamation de la République

النص الرسمي لإعلان الجمهورية

« Un temps pour déchirer, un temps pour coudre »

Paulo Coelho

وَإِنَّ كُلَّ كِيَانٍ لَجُهْدٌ مَنْحُوت

« Et tout Etre n’est qu’effort sculpté « 

محمود المسعدي

Mahmoud Messaadi

Par Abdel Wahab Hani

 

 

Notre pays fête ce dimanche 25 juillet 2010 le 53eanniversaire de la proclamation de la République. Cette date majeure dans notre histoire nationale a consacré la souveraineté populaire en dotant la Tunisie d’un régime politique républicain et d’institutions républicaine, mettant fin au règne de la dynastie husseinite, dans la foulée de l’épopée nationale pour l’Indépendance qui a permis de débarrasser notre cher pays du joug colonial oppresseur.

La Proclamation de la République par voie démocratique et pacifiste : Une singularité bien tunisienne :

Cette proclamation de la république, à l’Unanimité, par l’Assemblée constituante reste un fait majeur dans le 20e siècle, notamment dans le monde arabo-islamique et dans l’Afrique post-coloniale. Jamais une Dynastie n’a été liquidée par un vote souverain du peuple souverain. Ce furent les révolutions et autres coups d’Etat, révolutionnaires comme réactionnaires, qui ont donné des Républiques sous d’autres cieux, comme le soulignent très judicieusement nos aïeuls et Maîtres Si Abdellatif Fourati, notre brillant ancien Rédacteur en Chef du quotidien arabophone Assabah et Si Abdessalem Meseddi, notre brillant Linguiste et Ministre de l’Enseignement supérieur, notamment.

Ce fait pacifique et hautement civilisé du passage d’un régime politique à un autre est un trait marquant de notre Histoire politique.

Certes, cette singularité civique n’a pas manqué de susciter la haine dite ‘sacré’ contre l’Etat tunisien moderne, au sein des esprits tordus et faussement révolutionnaires adeptes des putschs soviétiques, vaguement révolutionnaires et vaguement panarabes et panislamiques, qui n’ont cessé de moquer notre Histoire en la dénigrant et en l’abaissant.

Reste que l’Histoire nous apprend à mieux saisir les fondements d’une Nation et les mécanismes de sa vie sociale et politique, et ce depuis les enseignements combien justes et lucides de notre célèbre Ibn Khaldoun. L’Histoire permet de dégager des traits marquants, des spécificités, comme des codes génétiques, des Peuples, des Pays et des Institutions.

Les commémorations : Un défit continuel de re-donner foi en la République :

Toute Nation a besoin de re-donner foi en ses Institutions, pour ainsi permettre aux nouvelles générations de se rappeler les sacrifices des anciens et les fondements politiques de la Patrie.

Les commémorations ont cela d’utile, au delà du faste et des cérémonies. C’est le questionnement positif et continuel de l’Histoire revisitée chaque année, pour se rappeler, se ressourcer et se projeter dans l’Avenir.

Ce 25 juillet 2010 est une bonne occasion estivale donnée à toutes et tous, dans les Institutions et en dehors des Institutions, dans le Pouvoir comme dans l’Opposition, en Tunisie comme dans la Diaspora, de réfléchir au ‘plus sur moyens’, pour paraphraser noter Grand Ministre-Réformateur Kheireddine (أقوم المسالك), nous permettant, aujourd’hui de re-visiter et de re-vigourer les valeurs de la République, notre socle Unitaire commun, comme Nations moderne, qui se superpose aux autres dimensions multiples de notre Identité et leur donne le seul sens politique possible du vire ensemble aujourd’hui.

Faute de quoi et si on s’y prenait pas garde, les portes seraient dangereusement ouvertes, de nouveau, à toutes les dérives, monarchismes, régionalismes, tribalismes, internationalismes soviétiques édulcorés en panislamismes, panarabismes et panafricanismes trompeurs cachant le souhait hégémonique d’autres Nations, vivant encore au stade tribal.

Que porte le 25 juillet 2010 :

La commémoration de cette année intervient à moins d’une année après les élections générales, présidentielles et législatives du 24 octobre 2009, et à trois mois des élections municipales de mai 2010.

Elle intervient aussi à un moment crucial de notre vie politique, où les acteurs clefs de la scène politique nationale, à savoir le Président de la République et son parti le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD) au pouvoir n’a pas encore dévoilé ses intentions par rapport à la future échéance électorale d’octobre 2014 (nous faisons abstraction des lectures tordues, versant plutôt dans le ragot, la rumeur et l’intox que de l’information au sujet de la motion politique de la dernière session ordinaire du Comité central du RCD, quasi-identique à celle de la précédente, de l’avant précédente et de l’avant avant précédente).

Elle intervient aussi à un moment d’intense mouvement de revendications citoyennes pour plus de liberté, notamment de la presse, des médias  et de l’accès aux nouvelles technologies de l’Information, notamment les réseaux sociaux. Jusque dans certains cercles proches du pouvoir, nos concitoyens ne cachent plus leur désir d’une Presse Libre et Plurielle, à l’instar des doléances exprimés par notre père Haj Mohamed Laroussi Hani, de l’écrivaineOlfa Youssef, sans parler du très large mouvement de protestation dans les différents organes de presse et la mobilisation citoyenne de nos jeunes contre la censure et pour la rupture définitive avec les méthodes du passé, incarnés par certains caciques du pouvoir, qui ont pris leur temps et le temps des autres et qui doivent enfin comprendre que le monde a changé et qu’ils doivent respecter les revendications démocratiques majeurs de notre Peuple, de Son Elite, de sa Presse et de sa Jeunesse.

Elle intervient aussi à un moment d’une forte et intéressante production conceptuelle au sein de l’opposition, hormis les cris de haine vomis à droite comme à gauche à longueur d’ondes et à largeurs d’écrans et de claviers.

La naissance de l’Alliance pour la Citoyenneté et l’Egalité, autour notamment du mouvement Ettajdid (ex-PC) de Si Ahmed Ibrahim, du Forum Démocratique pour le Travail et la Liberté (FDTL) du Dr Si Mustapha Ben Jaafar et du courant Réforme et Développement (Ex-Gauche islamique) animé par Si Fathi Touzri et Si Mohamed Goumani ; ainsi que la production fort intéressante du Mouvement du 18 octobre, regroupant notamment le Parti progressiste Démocratique (PDP) deElla Maya Jribi, l’ancien dirigent islamiste Zied Doulatli et les indépendants Si Khémais Chammari,Si Lotfi Hajji, Si Ayyachi Hammami et d’autres. Même au sein de l’opposition dite d’Allégeance, une grand activisme est plus que visible, même s’il évite de poser les problèmes réels du pays et se fige dans les discussion, certes intellectuellement intéressantes, sur le projet panarabe du courant nationaliste arabe

Cette commémoration intervient aussi dans un moment de tensions, certes devenue habituelle, entre le pouvoir et la frange dite ultra radicale de l’opposition, qui se jettent mutuellement, et à plumes interposées, les accusations de trahison.

Cette tension se nourrit de la persistance de dossiers en instance qui empoisonnent la vie de la Nation et qui arrangent les radicaux des deux bords qui ne cherchent que le pourrissement généralisé, pour asseoir un discours de la haine, ne servant en aucune façon les intérêts suprêmes de la Nation.

L’impératif d’Apaisement et la perspective de Détente, au servie de la Nation :

Ce 25 juillet devrait pourtant nous amener, tous, dans le pouvoir comme dans les oppositions, à prôner l’Apaisement et à opter pour la Détente dans les relations entre tous les partenaires dans la Nation (الشركاء في الوطن).

Cet Apaisement, qui nous semble un impératif historique, ne dépend que de la volonté des uns et des autres.

Nous esquissons pour notre part quelques revendications, à titre sommaire et non exhaustif, pouvant servir cet Apaisement et amorcer cette Détente face au stratégies noires de pourrissement et aux desseins irresponsables de l’escalade :

Mesures non exhaustives pouvant amener l’Apaisement pour amorcer la Détente :

1-Reprendre sans délai les pourparlers pour mettre fin à la crise qui handicape de la Ligue tunisienne pour la défense des droits de l’homme (LTDH). Cette crise empoisonne la vie du mouvement associatif autonome dans son ensemble et nuit gravement à l’image de la Tunisie et notamment à celle de son gouvernement. Si nous ne sommes capables de régler un petit problème mineur de la taille d’une ONG, comment nous pouvons gérer et régler des problèmes plus important. La remarque vaut pour le gouvernement et pour les deux camps prétendants de la Ligue, certains ne voient que leur petit nombril alors que l’intérêt général exige des concessions pour sortir de la situation de blocage tout en sauvegardant l’Indépendance de la Ligue, sa Charte et ses Valeurs.

Dans ce même ordre d’idée, reconnaître les associations et organisations non gouvernementales qui en font la demande auprès des services concernés de l’Administration, notamment les différentes associations non encore reconnues de défense des droits humains, l’association Al-Wafaa / La Loyauté pour la Défense de la Mémoire de feu le Zaïm Habib Bourguiba et des Leaders du Mouvement National, le Syndicat des Radios Libres…

2-Accélérer le processus de ‘délivrance ‘ des passeports de nos compatriotes Âïdon / Retornados, exilés statutaires ou non, qui ont décidé de rompre l’asile et qui ont pris engager les démarches d’obtention de leurs documents administratifs tunisiens auprès des nos Ambassades et Consulats de par le monde, et ce malgré les découragements dus aux retards enregistrés par l’Administration et à l’énorme machine d’intimidation enclenchée par les anti-Âïdoun / Retornados, notamment au sein des partis off-shore et de certains milieux douteux ayant infesté tout récemment les rangs de l’opposition, amenant une culture étrange de la haine et de la vengeance affairiste, clientéliste et maffieuse. Tout en saluant les avancés enregistrées en la matière, notamment après les déclarations encourageantes de Monsieur l’ancien Ministre de la Justice et des Droits de l’homme Si Béchir Takkari et le lancement de notre Appel Pour le retour des Exilés Tunisiens en ce début de Législature, nous restons persuadés que le règlement rapide de ce dossier permettra à la Tunisie et à tous ses enfants de tourner une des pages les plus douloureuses de son Histoire et de se tourner vers l’Avenir

3-Faciliter le Congrès unitaire du Syndicat national des Journalistes Tunisiens (SNJT) et accéder aux revendications professionnelles et libertaires des journalistes, des professionnels des médias, des écrivains, des hommes et femmes de Lettres. La Tunisie a besoin de tous ses talents.

4-Libérer le journaliste free lance Fahem Boukaddouset clore le dossier des mouvement sociaux du Bassin manier, d’autant plus que le Chef de l’Etat Son Excellence Mr Zine El Abidine Ben Ali, a reconnu solennellement, dans son discours du 16 juillet 2008 devant le Conseil régional de Gafsa, réuni au Palais présidentiel de Carthage, l’existence d’un certains nombre d’erreurs et de dysfonctionnements, avant d’annoncer le limogeage des responsables de la gestion chaotique de la protestation sociale du Bassin et de programmer un train de mesures en faveur de la région déshéritée. Nous appelons à la libération de Fahem, d’autant qu’il était dans une démarche d’apaisement et que son avocat semble vouloir user des techniques judiciaires permettant une réelle négociation de sa libération.

Dans le même ordre d’idées, nous appelons à la libération deSadok Chourou, devenu un marchandise propagandiste par ceux-là même qui ont fêté sa réincarcération et l’accusait jadis en moquant ses faiblesses lorsqu’il leur faisait de l’ombre à la direction légitime de son parti.

Nous appelons aussi à la libération des prisonniers non médiatisés qui ne rapportent rien à aucune boutique politicienne, notamment Si Abderrahman Tlili, abstraction faite à l’accusation et eu égard à son age et à sa maladie, à l’âge de sa maman octogénaire  Ella Fatma Tlili, militante et veuve du militant de la cause nationale feu Sidi Ahmed Tlili, syndicaliste et compagnon de la Libération, de feu les Zaïm Habib Biourguiba et Zaïm Farhat Hachad.

Nous appelons à la libération des jeunes activistes étudiants de l’UGET et des jeunes religieux arrêtés et emprisonnés parfois à tord. Leur place est sur les bancs de l’Université et non ailleurs.

Pour l’ancien dirigeant de l’UGTE et Défenseur des Droits humains que nous sommes, peu importe la forme légale, judiciaire et administrative que prendra ses libérations, l’essentiel c’est qu’elle permette le recouvrement des victimes de leur Liberté.

5-Engager une réelle politique de prise en charge médicale de réinsertion sociale et de réhabilitation des anciens prisonniers et exilés politiques, pour leur permettre de réintégrer la Société et éviter leur transformation en marchandise de propagande. Le récent décès prématuré de feu le Jurisconsulte Si Ismaïl Saïdi , des suites d’une grave maladie contractée en prison, doit nous inciter à mettre fin à cette hémorragie. Un ami présent dans le cortège funèbre au Jellaz nous avait écrit sa tristesse de voir d’autres amis accompagner une partie d’eux mêmes au cimetière, étant eux aussi atteints des mêmes maladies, sans aucun dépistage, sans aucun traitement, sans aucun suivi. Au delà de la vérité judiciaire, de la vérité politique et de la vérité historique, les individus ont droit à un traitement respectant leur Dignité. La remarque vaut pour le gouvernement comme pour les défenseurs authentiques, les politiciens et les marchands des malheurs.

Tous au service de la Patrie, dans l’Apaisement et pour se tourner ensemble vers l’Avenir :

 

Ces mesures d’apaisement que nous prônons, permettront à tous, avec une bonne dose de volonté, de se concentrer à l’essentiel et au plus important parmi les choses importantes, pour paraphraser feu le Zaïm Habib Bourguiba (Al-Ahamm Qabla Al-Mouhimm, الأهم قبل المهم ).

 

Elles permettront à l’élite de se parler et de débattre, ensemble et dans le respect mutuel, des problèmes réels du pays. Mais surtout de chercher et de proposer des perspectives constructives et non des visions hallucinogène prisonnières du passé et tout le temps braqués sur le rétro-viseur ne voyant que le derrière de la marche.

 

 

L’éthique de la Responsabilité versus l’éthique du Plaisir :

Nous avions écrit ces quelques lignes il y a quelque temps, dans une ancienne tribune intitulée « Le Temps de la Sagesse », pour répondre à nos détracteurs au sujet du retour des Âïdoun / Retornados. Nous reproduisons ci-après la conclusion, qui résume notre pensée et nous semble toujours d’actualité : 

 

« Agir obéit plutôt à « l’éthique de la responsabilité » qu’à « l’éthique du principe », pour paraphraser Max Weber. Et leprincipe de la responsabilité contraste radicalement avec le principe du plaisir, distinction chère aux psychologues. Les exilés responsables n’ont pas à rester otages des exilés de plaisir. Ces derniers se complaisent dans leur situation confortable, psychiquement, socialement, matériellement et politiquement, bien que stérile et figée dans la réminiscence, productrice de néant. » 

 

« Un temps pour déchirer, un temps pour coudre » disait Paulo Coelho, « Des hommes pour déchirer, des hommes pour coudre » nous lui répliquons.

 

 

Que ce 25 juillet 2010 soit celui des hommes et des femmes qui s’invitent à coudre, ensemble, ce qui a été déchiré, dans l’intérêt suprême de la Nation. Amine اللَّهُمَّ آمِين

 

Vive la Tunisie,

Vive la République,

 

تَحْيَى تُونِس

تَحْيَى الجُمْهُورِيَّة

 

Paris-Bastille, le 24 juillet 2010

Âïd / Retornado, Bi Idhni Allah, Ahabba Al Mouhibboun Wa Kariha Al Karihoun

Abdel Wahab Hani

العائِد بإذن الله تعالى، أحبَّ المُحِبُّون وكَرِهَ الكارِهون

عبد الوهَّابالهاني

 

awhani@yahoo.fr

+33 6 17 96 00 37 (toujours injoignable depuis toutes les lignes de l’opérateur étatique Tunisie Telecom, par décision arbitraire d’un ‘ir-respensable’ zélé qui continu à se pourrir la vie à 70 ans, des peurs d’une démocratisation, pourtant inéluctable, de notre système politique , Rabbi Yehdi Ma Khlaq, mais l’Histoire jugera Koll al-Khalq)

 

 

Post Scriptum :

 

Une Proclamation qui consacre notre Projet National Tunisien, Indépendant, Souverain, Républicain et Démocratique

 

Une Proclamation de la République à apprendre à tous nos jeunes écoliers et à afficher dans tous les endroits publiques, dans l’enceinte de toutes nos Institutions et dans les bureaux de tous nos responsables politiques, tant elle résume notre PROJET NATIONAL TUNISIEN.

 

Nous reproduisons ci-après le texte officiel de la Proclamation de la République, transcrit par nos soins sur la foi de l’original publié, par le 1er Journal Officiel de la République Tunisienne (JORT), le n° 001 de l’an 100 de notre célèbre Journal Officiel, en date du 26 juillet 1957. Le texte arabe faisant foi est calligraphié en arabe et orné des armoiries de la république.

 

Cette Proclamation de la République est d’une très grande valeur et d’une extrême beauté, alliant de très belles qualités linguistiques, une parfaite précision des mots et un vrai projet national articulé sur la quadrature Indépendance, Souveraineté populaire, République et Démocratie.

 

Les Constituants, ces Pères fondateurs de la République ont su trouver les mots justes et la jonction entre Indépendance, Souveraineté du Peuple et Edification du régime démocratique. La synthèse ayant donné pour nos vaillants Constituants : LA REPUBLIQUE :

 

« A l’effet de consolider les bases de l’Indépendance de l’Etat et de la Souveraineté du peuple » ..

 

وتدعيما لأركان استقلال الدولة وسيادة الشعب،

 

« En vue de l’édification du régime démocratique » ..

 

وسيرا في طريق النظام الديموقراطي الذي هو وجهة المجلس في تسطير الدستور،

 

 

« Nous déclarons le régime monarchique totalement aboli » ..

 

نلغي النظام الملكي إلغاء تاما

 

« Nous proclamons que la Tunisie est un Etat Républicain »..

 

نعلن أن تونس دولة جمهورية

 

 

Quelle Beauté du Verbe.. Quelle Lucidité de l’Esprit.. Quelle Noblesse de l’Âme..

 

Quelle Abnégation des Héros de l’Indépendance qui ont donné une Proclamation de la République au-dessus de leurs petites personnes, pourtant Grandes..

 

Quelle Grandeur de l’Esprit que d’avoir placé le débat et les choix au niveau des Idées et non des Personnes..

 

Que des leçons à méditer… et dans les textes et dans les aléas de l’histoire de la République..

 

 

Nous ne pouvons que nous incliner devant la mémoire de nos vaillants Constituants-Pères fondateurs de la République, nos Chers Martyrs de l’Indépendance et nos Grands Bâtisseurs de la République, en nous engageant à continuer le chemin qu’ils ont tracé, « à l’effet de consolider les bases de l’Indépendance de l’Etat et de la Souveraineté du Peuple, en vue de l’édification du Régime Démocratique ».

 

La République est en effet un Etre politique, donc historique, donc imparfait, donc en continuelle évolution… « Et tout Etre n’est qu’effort sculpté », (Wa Inna Kolla Kianin La Johdon Manhout), nous apprenait notre Grand philosophe feu Si Mahmoud Messaadi, compagnon de la Libération, de Bourguiba et de Hachad et Homme de Lettres que Taha Hussein a lu sans le comprendre et que les tunisiennes et tunisiens ont compris dès la première énoncé de sa pensée et que nous autres enfants de la République s’efforçons continuellement de la mettre en œuvre :

 

وَإِنَّ كُلَّ كِيَانٍ لَجُهْدٌ مَنْحُوت

Et tout Etre n’est qu’effort sculpté 

 

 

AW Hani

 

 

الرائد الرسمي للجمهورية التونسية الجمعة 28 ذي الحجة 1376 ، 26 جويلية 1957 السنة 100، عدد 001 المجلس القومي التأسيسي بسم الله الرحمن الرحيم نحن نواب الأمة التونسية أعضاء المجلس القومي التأسيسي بمقتضى ما لنا من نفوذ كامل مستمد من الشعب، وتدعيما لأركان استقلال الدولة وسيادة الشعب، وسيرا في طريق النظام الديموقراطي الذي هو وجهة المجلس في تسطير الدستور، نتخذ باسم الشعب القرار التالي النافذ المفعول حالا: أولا: نلغي النظام الملكي إلغاء تاما.

ثانيا: نعلن أن تونس دولة جمهورية. ثالثا: نكلف رئيس الحكومة السيد الحبيب بورقيبة بمهام رئاسة الدولة على حالها ريثما يدخل الدستور في حيز التطبيق ونطلق عليه لقب رئيس الجمهورية التونسية. رابعا: نكلف الحكومة بتنفيذ هذا القرار وباتخاذ التدابيراللازمة لصيانة النظام الجمهوري ، كما نكلف كلاًّ من رئيس المجلس والأمين العام لمكتب المجلس والحكومة بإبلاغ هذا القرار إلى الخاص والعام. أصدرناه في قصر المجلس بباردو يوم الخميس في 26 ذي الحجة سنة 1376 وفي 25 جويلية سنة 1957

على الساعة السَّادسة مساء

جلُّولي فارس

رئيس المجلس القومي التأسيسي

JOURNAL OFFICIEL

DE LA REPUBLIQUE TUNISIENNE

Vendredi 26 juillet 1957

Au nom de Dieu, Clément et Miséricordieux

Nous, Députés de la Nation Tunisienne, membres de l’Assemblée Nationale Constituante, En vertu des pleins pouvoirs que nous détenons du Peuple, A l’effet de consolider les bases de l’Indépendance de l’Etat et de la Souveraineté du peuple, En vue de l’édification du régime démocratique que poursuit l’Assemblée dans l’élaboration de la Constitution, Prenons, au nom du Peuple, la décision suivante, immédiatement exécutoire : 1° Nous déclarons le régime monarchique totalement aboli ; 2° Nous proclamons que la Tunisie est un Etat Républicain ;

3° Nous confions à Monsieur Habib BOURGUIBA, Président du Conseil, la charge de Chef de l’Etat, dans les conditions actuelles, jusqu’à la mise en vigueur de la Constitution et lui conférons le titre de : « Président de la République Tunisienne » ; 4° Le Gouvernement est chargé d’exécuter la présente décision et de prendre toutes les mesures nécessaires pour la sauvegarde du régime Républicain ; nous chargeons également le Président de l’Assemblée, le Secrétaire Général du Bureau de l’Assemblée et le Gouvernement de porter cette décision à la connaissance de tous.

Fait au Palais de l’Assemblée au Bardo,

 

Le 26 doul hidja 1376 (25 juillet 1957), à 18 heures.

Le Président de l’Assemblée Nationale Constituante :

Jellouli FARES


 

« La Démocratie racontée à mes enfants »


Un texte du dissident tunisien Taoufik Ben Brik dédié à Fahem Boukadous, journaliste arrêté le 15 juillet dernier.

Taoufik Ben Brik

Y a des choses quand même que je comprends pas, dit Simple. Ca fait portant un bon bout de temps que c’est écrit que tous les hommes sont nés égaux et que tout un chacun a droit à la vie et à la liberté dans la poursuite du bonheur. C’est dans la Constitution ; c’est dans la Déclaration d’Indépendance. Alors, je vois pas pourquoi on vote encore des résolutions là- dessus.Langston Hughes

– Raconte-moi la Démocratie me dira ma fille ou peut-être mon fils, à mon retour.

– Je ne sais pas la raconter, mon enfant. Je ne l’ai pas vécu pour la raconter. C’est une histoire qui m’échappe totalement. Père et grand-père ne me l’ont jamais raconté. Et des livres qui l’ont raconté, je n’ai rien saisi. C’est dur la rhétorique. Ils parlent de trois pouvoirs séparés, Exécutif, Législatif, Judiciaire. Ils disent qu’il doit y avoir des lois, des mécanismes de contrôle, des recours, des contre-pouvoirs. Rien de concret, tout est idéel. Je n’y comprends rien. Ils disent aussi qu’il doit y avoir des élections libres, des candidats adversaires, des électeurs pour élire des élus, une assemblée multicolore, un président sortant et un autre rentrant, une majorité et une minorité… Vous voyez le bazar ! Ils disent aussi qu’il nous faut une presse libre, des partis d’opposition, des syndicats, une société civile pourvue d’une conscience politique et sociale. Et avec toute cette panoplie (comme si ça ne suffisait pas), il nous faut déblayer le terrain, c’est-à-dire, il faut que la Nation engendre sa propre conscience en enfantant des poètes, des écrivains, des musiciens, des cinéastes, un théâtre, ses chorégraphes, ses penseurs. En somme, ses anticonformistes, ses aventuriers, ses inventeurs, ses éclaireurs, ses précurseurs, ses pionniers, ses visionnaires, ses révolutionnaires. Ses Mahomet, ses Karl Marx, ses Galilée, ses Avicenne, ses Mohamed Ali Hammi, ses Ibn Batouta, ses Mozart, ses Tarkovski, ses Gogol, ses Nizar Kabani, ses Shakespeare, ses Dante, ses Kurosawa, ses Edward Saïd, ses Chomsky, ses Marlon Brando, ses Rimbaud, ses Jean Genet, ses Maradona, ses Goya, ses Rûmi, ses Oum kalthoum. Ses Palestiniens, ses Arméniens, ses Juifs, ses Roms, ses Fellagas. Ses Canards Enchaînés, ses Broadway, ses Bolchoï, ses Harvard, ses Nasa, ses Spoutnik. Sans idée, sans risque, sans un grain de folie, sans un brin de fantaisie, sans un lopin d’air et de fraicheur, sans art, point de Démocratie, point d’alternance. Sans ces êtres « insolents, moqueurs, têtus, moralement têtus, inoubliables », oubliez la Démocratie, prévient Paco Ignacio Taïbo II.

– La Démocratie, c’est la gabegie, père

– C’est pas ça, mais c’est un peu ça. La Démocratie, c’est là où il y a discussion avant de prendre n’importe quelle décision, que tout peut basculer du OUI au NON à la force des arguments. La Démocratie, c’est un débat-combat. C’est Douze hommes en colère de Sidney Lumet, où des contribuables coincés comme des rats, un jury, doivent décider de la vie d’un homme. S’il y a doute, si ça ne coïncide pas, on remet tout le tralala sur table. Et rebelote. « Personne n’a le monopole de la vérité ». C’est parce que c’est aussi clair que l’eau de roche qu’on est en droit et dans l’obligation de semer le doute, la zizanie. L’évidence voilà la bête à abattre, la proie à traquer, le bougre à moquer. Dés qu’il y a unanimité, cent pour cent de « con-vaincus », le peuple des béni-oui-oui, c’est foutu. La Démocratie n’est pas une croyance, une religion, une prière. Elle ne charrie pas des adeptes, des croyants-pratiquants. On y adhère parfois sans conviction. Un casse-tête chinois pour païens. C’est profane, rien de sacré. La Démocratie est un sacrilège, un attentat contre la pensée unique, monothéiste. La Démocratie, c’est lorsqu’on prend au sérieux la vie des hommes, qu’on leur donne un peu de notre temps et qu’on est à la disposition et surtout DISPONIBLE, disponible comme une mère pour son enfant., un toubib pour ses patients. Puisqu’on décide de leur sort. La Démocratie gère la santé, l’éducation, le transport, l’habitat, le gagne pain et le pain des hommes.

– La Démocratie c’est un sacré fourre-tout, père

– Oui ! C’est pour et avec ce fourre-tout qu’on fait la Grève Générale, des manifestations, des pétitions, des insurrections, des révolutions. Qu’on résiste. Qu’on met en péril la quiétude de nos proches et qu’on joue notre tête à la roulette russe. Le pari vaut-il la chandelle ? Qui sait…

– La Démocratie, c’est le paradis – un peu plus loin, père

– Ni paradis ni enfer. C’est la vie sur terre. La vie organisée, là où on peut se rassembler pour fonder des institutions qui facilitent la vie aux hommes. La Démocratie, c’est la liberté citoyenne. Pour que le fort ne soit pas plus fort et que le faible ne soit pas plus faible encore. Une liberté à la mesure de l’homme. Ni surhomme, ni sous-homme. Zorba le Grec ou la Démocratie en Blue jean et Santori.

– Mais, on n’a rien de tout cela, père, me dira ma fille ou peut-être mon fils… comment y aboutir ? Y a-t-il un chemin plus court, de traverse ?

– Non, mon enfant ! La Démocratie n’est pas une question de distance. Elle ne se mesure ni au kilomètre, ni au décimètre. Elle n’est ni quantitative ni qualitative. C’est un sentiment, un parfum, un air de musique, un rêve, un combat, le meilleur de tous. C’est comme le goût, tu l’as ou tu ne l’as pas. On peut disserter sur la liberté, l’égalité, la fraternité, l’amitié. mais on ne peut jamais les cerner, les coincer. La Démocratie est volatile, elle ne se laisse pas prendre. Une femme fatale. Greta Garbo. Pour l’avoir, il faut avoir la classe d’Orsen Welles, les billions de Howard Hughes, l’humour d’Alberto Sordi, la gueule de Cassavetes, la voix de Warda, la tête pleine d’Ibn Khaldoun, la légèreté de Charlot, la poésie de Mahmoud Derwich et le flamenco.

– Tu es dans la fantasmagorie, père

– Du tout, mes enfants. Procédons autrement et simplifions la chose à l’extrême. La Démocratie, c’est du nucléaire ou tout comme. Tu ne peux pas l’avoir sans volonté farouche, sans puissance, sans force de frappe, sans savants, sans espions, sans industries, sans Réserve fédérale, sans l’assentiment des grandes puissances.

– Alors, nous sommes condamnés à vivre dans les ténèbres?

– Hélas ! vous vous rendez compte, mes enfants, à mon âge, je ne sais même pas à quoi s’apparentent des urnes, un bulletin de vote, une carte d’électeur, une campagne électorale, un discours, un programme, un meeting, un jour de scrutin. Je suis une bête politique. Une pour de vrai. Ce que je vais vous dire maintenant ne relève pas du désespoir, mais de l’HISTOIRE. Il y a une donne, mes enfants, qui ne pardonne pas, une donne aussi impérative que le fléau d’une balance : LA GEOGRAPHIE. La Géographie, plus que l’Histoire, elle tombe toujours juste. Voyons de près ce qu’il en est. La Tunisie est un petit pays ancré au Sud, dans un continent pauvre, retardataire et politiquement archaïque : l’Afrique. Elle se situe dans la région où vivent les derniers patriarches, un club fermé de tyranneaux, la tente des Raïs arabes : Moubarak, Al Béchir, Al Assad, Mohamed VI, Al Seoud et autres cheikhs, émirs et roitelets du Golfe. Pensez-vous, mes enfants, que la Tunisie, cette petite Merguez coincée entre deux lèvres d’un énorme con, la Lybie de Kadhafi et l’Algérie de Bouteflika, a une chance de devenir une Démocratie ? Vous voulez me faire gober qu’un pays du tiers-monde, africain et de surcroît arabo-musulman peut prétendre devenir un Etat de droit ! vous divaguez, j’espère ?! Qu’est-ce que vous me chantez-là ? C’est du John Lennon, « Imagine… ». Imaginez donc : la Tunisie avec une assemblée élue démocratiquement et à sa tête un président qui sera un Obama basané, toi par exemple mon fils ou toi peut-être ma fille… Mais qui va accepter un îlot démocratique au beau milieu du Chaos ? Un Sarkozy qui n’a en tête que la vente de sa quincaillerie et autres fournitures scolaires ou un Obama qui s’enlise, de jour en jour, dans les sables mouvants de deux guerres d’agression ? TuniZine leur sied à merveille. ZABA tient la baraque, comme un grand. Ils ne vont pas s’emmerder avec le dossier de la p’tite Tunisie, somme toute  insignifiant. Y a ni pétard, ni lézard, ni pétrole ni cobalt à la surface.

– Il y a nous, les Tunisiens, pour décrocher la Démocratie.

– La Lune… avec qui vous voulez marcher sur Carthage ? Avec cette cohorte de loosers qui se flagellent mutuellement. Ces analphabètes scolarisés qui ne savent ni écrire, ni lire, ni dire. Nous ne disposons d’aucuns moyens de pression pour amener Ben Ali à lâcher du lest, palabrer, négocier. Tunis est A l’Est du Grand Sahara politique. Sous un soleil rouge. Et tout ce que « bafouillent » les cinq grands prêtres et prêtresses de ce foutu microcosme n’est que mirage et poussière de sable fin dans les yeux, la bouche et les orifices du nez. Seuls les Touaregs connaissent les chemins de Tombouctou. Ce quintet qui développe en son sein la folie des grandeurs. Ces petits princes de minuscules principautés andalouses écartelées par leur sectarisme, nous ont fait perdre Grenade et l’Alhambra. Ce foutoir de chefs et de cheftaines me foutent la poisse, la trouille, me castrent, me parasitent et me paralysent. Ces pères fouettards qui terrifient leurs enfants terribles. Ces Machiavel-nés suffisants, vantards, vaniteux, belliqueux, gonflés à bloc et autoritaires te bouffent tout l’oxygène, te barrent la route et gomment ton futur. Ces messires et ces miladys se chamaillent sans répit pour asseoir leur leadership sur des chapelles sans clientèle, dans le vide, perchées entre ciel et terre. Ces faux-monnayeurs que j’aime. Ne m’en voulez pas, je suis comme ça. « L’art de bercer n’est pas mon fort quoique je m’y sois essayé », m’a enseigné Fédor Dostoïevski, le moins démocrate des écrivains russes. Mais demeure mon préféré parmi les Possédés. Idiot que je suis.

– Que faire, père?

– Je ne sais pas. Je sais qu’on est loin, très loin, dans le pétrin. En un quart de siècle, Be-Naâli, a réussi à bâtir, pour mille ans encore, une République-héritière fondée sur l’ordre et la sécurité pour garantir la stabilité dans la continuité. Ainsi s’éteint l’idée d’une certaine liberté sous une pluie d’applaudissements. Pardonnez-moi, mon enfant…

– Quoi, père ?

– De mauvaises pensées. Mais qui cache sa bosse meurt de honte.

– Père, qu’est-ce qu’il fait le voisin à la voisine ?

– Faut pas regarder les voisins, galopin.

A Fahem Boukadous toujours et toujours tant qu’il sera privé de liberté, de Démocratie.

Fin de lárticle

Les Réactions

  • Le pédagogue Interrogation
    Pour qui écrit ce monsieur???

    26.07 à 17h33  

  • On y est? Pas du tout
    Taoufik, J’espere que votre fille découvrira le chemin de cette démocratie chérie. J’espère qu’un jour, vous répondrez à toutes ses questions. j’espère que votre pessimisme réaliste l’enracinera dans vos convictions de libertés, de justice,de démocratie, de,de de,….. j’espère qu’elle votera un jour selon sa stricte préférence. J’espère qu’un jour elle vous dira: Papa, prend encore ma main, on y est presque.

    26.07 à 16h09  

  • Elyssa Juste merci
    Encore une fois, ce texte est une source puissante dans le désert tunisien.

    26.07 à 14h27 –  

  • hached salut l’artiste
    ça ne rate jamais avec toi tbb . c’est toujours une course haletante un plongeon dans un ocean de mots, d’images, de sensations. tu m’enivre l’ami

    26.07 à 11h08  

  • RICH@RD TROPIQUE DU CANCER
    UNE HISTOIRE VRAIE. Il y a de cela, plus d’une trentaine d’années, une nuit d’été, d’astreinte entretien dans une très grosse usine, je discutais avec un jeune algérien qui effectuait un stage. Nous discutions de tout et de rien quand nous avons abordé les problèmes de démocratie dans son pays. Il me faisait remarquer qu’il s’étonnait aussi du manque de démocratie et du nombre de  »dictatures » le long du Tropique du Cancer et plus particulièrement, du Maroc juqu’aux Philippines. Nous avons consulté une carte et effectivement, un long et triste chapelet se déroulait devant nous. Nous étions en 1975 je crois

    26.07 à 10h50  

(Source:Nouvelobs.com le 26 juillet 2010)


« Le raid français était une erreur »

Par Hélène Favier
L’écrivain et journaliste Serge Daniel revient sur la mort de l’otage français Michel Germaneau.

Nicolas Sarkozy a confirmé lundi la mort de l’otage français Michel Germaneau au Sahel, revendiquée dimanche par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). L’écrivain et journaliste (RFI et AFP) Serge Daniel, spécialiste de l’islamisme dans la zone, explique à Europe1.fr qui sont ses ravisseurs :

Que signifie la mort de Michel Germaneau ?

« Les Français ont décidé de libérer Michel Germaneau, lors d’un raid. Cela a été une erreur. Pourquoi ? Parce que les Français voyaient arriver la fin de l’ultimatum et voulaient faire vite. Depuis 2002 que je travaille sur ces bandes-là, l’une des choses que j’ai retenue, c’est que le premier ultimatum est toujours repoussé, notamment pour faire monter les enchères. Ensuite, les ravisseurs repoussent l’ultimatum, en fixe un autre. Michel Germaneau a été tué après ce raid, en représailles. Là -dessus, je suis formel. »

Qu’est-ce que l’Aqmi ?

« Au départ, la base de ce groupe était en Algérie, essentiellement. Ils ont été traqués et pour ne pas étouffer, les futurs membres d’Aqmi sont descendus dans cette zone sahélo-saharienne qui va de la Mauritanie au Soudan. Après le 11-Septembre, ils ont prêté serment à Al-Qaïda. Ils n’ont pas de point fixe et sont très mobiles. »

Comment sont-ils organisés ?

« Ce qu’il faut savoir, c’est qu’il n’y a pas qu’un seul chef dans cette zone. Il y a plusieurs leaders chez Aqmi. Ils sont essentiellement quatre. Le plus radical de tous est Abou Zeïd. Il hait résolument tout ce qui vient de l’Occident. C’est un pur et dur. Le second, Mokhtar Benmokhtar, dit le borgne, est, lui, un islamiste businessman. Il trempe notamment dans le trafic de voitures. C’est lui qui détient aujourd’hui le couple d’Espagnols. Enfin, il y a le chef des opérations militaires d’Abou Zeïd et un ancien prêcheur, Taleb Abdoulkrim, suspecté d’avoir enlevé Michel Germaneau en premier lieu, avant de le remettre à Abou Zeïd. Le point commun entre eux est Abdel Woudoud, qui a annoncé la mort de l’otage français et qui semble chapoter tout Aqmi. »

(Source: Europe1.fr le 26 Juillet 2010 à 17h59 Mis à jour le 26 Juillet 2010 à 18h29 )

 


Sarkozy promet des représailles après la mort de l’otage français au Sahel


 
Par AFP, publié le 26/07/2010 à 12:27, mis à jour le 26/07/2010 à 20:38 PARIS – Le président Nicolas Sarkozy a confirmé lundi « l’assassinat » de l’otage français Michel Germaneau au Sahel, revendiqué par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), promettant que cet « acte barbare » ne resterait pas impuni. « Ils ont assassiné de sang froid une personne de 78 ans, malade, à qui ils ont refusé de faire parvenir les médicaments dont elle avait besoin », a-t-il déclaré dans une intervention télévisée. « Je condamne cet acte barbare, cet acte odieux qui a fait une victime innocente qui consacrait son temps à aider les populations locales », a-t-il ajouté à l’issue d’une réunion d’un conseil de sécurité et de défense réunissant des responsables ministériels et du renseignement. Il est rarissime que des otages français meurent en détention, Paris réussissant généralement à faire libérer ses ressortissants. Les derniers sont les sept moines Trappistes de Tibéhirine, en Algérie enlevés au printemps 1996 par le GIA (Groupe islamique armé) et tués deux mois plus tard. Mais les circonstances de leur mort n’ont pas encore été éclaircies. Sinon, il faut remonter à 1985 avec la mort au Liban du sociologue Michel Seurat, enlevé et éxécuté par le Djihad islamique alors qu’il était malade. Trois autres otages du même groupe seront libérés en 1988. En revanche, un autre otage français de l’Aqmi, Pierre Calmatte, séquestré pendant trois mois au Mali, avait été libéré en février dernier, après la libération par Bamako de quatre islamistes. Le chef d’Aqmi Abou Moussab Abdel Wadoud, avait annoncé dimanche soir sur la chaîne Al-Jazira que le groupe avait « exécuté » la veille Michel Germaneau, enlevé au Niger en avril, « pour venger (…) six frères tués dans la lâche opération de la France », aux côtés des forces mauritaniennes contre une unité de l’organisation djihadiste au Mali. « Sarkozy a échoué à libérer son compatriote par cette opération mais il a sans aucun doute ouvert pour lui, pour son peuple et pour son pays l’une des portes de l’enfer », avait prévenu le chef de l’Aqmi. La France avait participé jeudi avec 20 à 30 hommes au raid qui, selon les autorités mauritaniennes, aurait fait sept morts parmi les membres d’Aqmi. La mort de l’otage français a fait l’objet de nombreuses condamnations dont celles de Washington et de l’Union européenne qui ont dénoncé un « acte odieux ». Michel Germaneau était sous le coup d’un ultimatum s’achevant lundi à minuit. Enlevé le 19 avril dans le nord du Niger, puis tombé entre les mains d’Aqmi, l’otage était détenu au Mali par une cellule dirigée par l’Algérien Abdelhamid Abou Zeïd qui avait déjà exécuté, il y a 13 mois, un otage britannique, Edwin Dyer. « Ce crime commis contre Michel Germaneau ne restera pas impuni », a promis le chef de l’Etat français. Il a demandé à son ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner de se rendre dans la région « afin d’examiner avec les autorités locales et nos ambassadeurs les mesures de sécurité à prendre pour nos ressortissants ». Le chef de la diplomatie française était attendu lundi soir à Nouakchott, en Mauritanie, avant de se rendre ensuite au Mali et au Niger. Le ministre de la Défense Hervé Morin a annulé un voyage en Asie La déclaration de M. Sarkozy présage-t-elle de nouvelles actions militaires contre Aqmi ‘ Paris négocie le plus fréquemment, contrairement à Washington et Londres, mais a su choisir l’option armée en 2008 et 2009 pour libérer des otages français capturés par des pirates au large des côtes de Somalie. Trois Français sont encore retenus otages à l’étranger, depuis la fin 2009: un agent des renseignements en Somalie et deux journalistes en Afghanistan. Prenant les menaces de l’Aqmi au sérieux, le ministre de l’Intérieur français Brice Hortefeux, a déclaré que la menace terroriste en France est « réelle » et que le plan « Vigipirate » (anti-attentats) « reste au rouge ».

 

Sécurité et stabilité du Grand Maghreb


 

Par Ahmed Ounaïes et Mehdi Taje

Le grand mérite du traité de Marrakech qui remonte au 17 février 1989 est qu’il avait levé les incertitudes qui pesaient alors sur l’avenir du Grand Maghreb : le processus maghrébin était gelé depuis la 7e session de la Conférence des Ministres de l’Economie (Alger, 21 mai 1975). Quinze ans plus tard, l’UMA renouait avec l’espoir : elle promettait l’entente politique, l’intégration économique et, à terme, la promotion d’un pôle stratégique. Ces promesses ne se sont pas vérifiées : le conflit du Sahara n’est pas réglé ; les pays membres ont entrepris depuis quinze ans de construire leur sécurité et leur économie dans une logique de non intégration du Maghreb. De surcroît, le Maghreb connaît depuis 2006 une course aux armements sans précédent ainsi que des assauts meurtriers de la nébuleuse AQMI. Alors que l’évolution générale dans le monde privilégie l’édification de grands ensembles régionaux, le projet magrébin régresse depuis décembre 1995, affecte les intérêts économiques des pays membres et affaiblit leur sécurité globale.

Placés sous l’emblème  »Maghreb sans frontière », les pays membres avaient pourtant manifesté un élan volontariste intense ayant permis de tenir 5 sessions du Conseil de la Présidence entre janvier 1990 et avril 1994, et 18 sessions du Conseil des Ministres entre 1990 et 1995. Or, trois événements intérieurs ont brisé cet élan et fini par geler l’institution : la crise algérienne de janvier 1992 (déclenchement de la campagne de violence par les extrémistes islamiques) ; les sanctions imposées à la Libye en avril 1992 ; et, en décembre 1995, l’échange de lettres entre les Ministres des Affaires Etrangères du Maroc et de l’Algérie, centré sur le conflit du Sahara. Cet échange de lettres a déterminé la longue pause qui se prolonge jusqu’à nos jours.

Cinq ans plus tard, des sessions ministérielles et techniques ont repris, sans entraîner pour autant le redémarrage effectif de l’Union, ni un effort de convergence dans le champ régional et international. En 2010, vingt et un ans après la création de l’UMA, seul subsiste le Dialogue 5 + 5, tandis que plusieurs faits nouveaux ont changé la scène et changé les acteurs.

Renouvellement de la scène et des acteurs

Le Dialogue 5 + 5 est le seul qui s’adresse aux cinq pays de l’UMA. Bien qu’il ait été suspendu de janvier 1992 à janvier 2001 comme suite aux sanctions imposées alors à la Libye par la France, le Royaume Uni et les Etats-Unis, son rétablissement après un gel de 10 ans signifie qu’il représente une nécessité régionale. Or, en dépit de la volonté déclarée des partenaires européens de favoriser la promotion d’un ensemble maghrébin, les pays membres continuent d’agir isolément : aucune structure n’organise la coordination entre eux. Nos pays ignorent la rationalité multilatérale.

A part ce Dialogue, le seul où les cinq soient tous représentés, les pays du Maghreb participent inégalement dans les autres initiatives internationales et régionales : Processus de Paix arabo israélien, Dialogues avec l’OSCE, l’UEO et l’OTAN, Partenariat EuroMed et Union Pour la Méditerranée. La Libye n’est pas seulement non membre de l’UPM, elle lui est ouvertement hostile. Dans toutes ces instances, les positions des pays maghrébins participants ne sont pas coordonnées.

Cette incohérence est aggravée par les évolutions enregistrées au cours des 15 dernières années qui posent la question de principe quant à l’avenir du Maghreb comme entité géopolitique et qui affectent la sécurité globale de la région. Nous retenons quatre évolutions significatives : le rapport à l’Europe ; la course aux armements ; le sahel africain ; et deux visions du Maghreb.

1- Le rapport à l’Europe

Le Partenariat Euro-méditerranéen a profondément restructuré l’économie du Maghreb. Bien que les engagements soient limités aux trois pays centraux, ils ont entraîné des changements majeurs dans l’ensemble de la région :

* Les trois pays centraux deviennent membres d’une zone européenne de Libre Echange ; leurs exportations se sont accrues en 15 ans de 2 à 5 fois;

* L’Algérie et la Libye abandonnent le modèle de l’économie dirigée et adoptent progressivement les bases de l’économie libérale : c’est une véritable révolution idéologique ; relativement à l’Algérie, le revirement s’étend également à l’OTAN : c’est après la visite historique du Président Bouteflika au Secrétaire Général de l’OTAN en décembre 2001 que l’Algérie a établi des rapports positifs avec l’Organisation et intégré le Dialogue OTAN Méditerranée ; en outre, la Libye vient de signer le 20 mai dernier un Accord commercial avec les Etats-Unis ;

* Les échanges économiques Sud-Nord se sont intensifiés, créant une structure de polarisation ; un réseau de 3 gazoducs lie le Maghreb à l’Europe ; un 4e gazoduc en projet liera directement l’Algérie à l’Espagne (Arzew-Almeria) et un 5e liera le Nigeria à l’Europe via l’Algérie. Ce réseau en expansion constitue un lien structurel entre le Maghreb et l’Europe et fournit déjà 13 % des besoins européens en énergie ;

* La Libye a ouvert le 13 novembre 2008, avec l’Union Européenne, des négociations en vue d’établir un accord-cadre destiné à établir le libre échange entre les deux parties ;

* Le Marché européen constitue plus de 60 % des échanges de la Libye et plus de 70 % des échanges de la Mauritanie. Avec les trois autres pays, il représente 65 % à 80 % de leurs échanges. Ces rapports illustrent une emprise Nord Sud très forte et créent pour chaque pays un lien vital avec l’Europe.

* Tous ces liens sont bilatéraux, sans un effort d’intégration du marché maghrébin ; les bénéfices induits pour les pays du Maghreb seraient très supérieurs si le marché maghrébin était décloisonné et que le régime Nord-Sud était également élargi dans le sens Sud-Sud. Le manque à gagner, selon le rapport de l’Institut Peterson (octobre 2008) est de 2 points de croissance économique pour chaque pays ; selon une étude Potomac & SAIS publiée à Washington en mars 2009, les IDE sont freinés de l’ordre de $1 milliard / an. Dans ce contexte, le risque d’éclatement du Maghreb ne saurait être écarté. 2- La course aux armements

Une course aux armements est lancée au Maghreb au cours des trois dernières années. En mars 2006 et de nouveau en mars 2007, l’Algérie passe deux séries de commandes d’armement à la Russie qui totalisent plus de $10 milliards. Les listes comprennent des chasseurs MIG-29 et SU-30, d’autres avions d’entraînement et de combat YAK-130, hélicoptères de combat, chars, missiles et des unités navales. En avril 2009, l’Algérie décide l’acquisition de frégates multi missions FREMM. La presse algérienne révèle en octobre 2009 que l’Algérie vient de signer avec l’Italie un contrat de €4 milliards pour l’acquisition de 6 frégates FREMM équipées de missiles anti-sous-marins. Ce contrat remplace un contrat précédent conclu avec la France que l’Algérie a décidé d’annuler en raison de la fourniture à Rabat de frégates de même nature. Les visites à Alger du Secrétaire britannique à la défense (26 octobre 2009) et de l’officier responsable de la lutte anti terroriste à Londres (décembre 2009) sont liées à d’autres commandes : 4 frégates et une base logistique maritime d’une valeur totale de € 4 à 4, 5 milliards ainsi que 80 hélicoptères (dont 40 de type Merlin et d’autres de type AW 109 et AW 139) d’une valeur totale de € 5 milliards.

En 2008, le Maroc passe une commande aux Etats-Unis pour l’acquisition de 24 avions F16 pour un montant de $2,5 milliards, tout en modernisant sa flotte d’avions français Mirage. Le Maroc a également passé commande à la Hollande de trois unités de marine SIGMA 1600 T et pris livraison d’une frégate française FREMM. Avec l’Espagne, le Maroc a passé des marchés de €11 millions en 2007, de €114 millions en 2008 et pour un montant légèrement inférieur en 2009.

En mai 2007, la Libye signe avec le Royaume Uni un contrat d’acquisition de missiles pour $900 millions ; en août, deux contrats d’armement sont signés avec la France pour un montant de €296 millions ; en décembre, au cours de sa visite officielle en France, le Colonel Kadhafi signe des contrats d’armement pour € 4,5 milliards. D’avril à novembre 2008, il négocie avec la Russie 5 contrats d’armement pour une valeur de $5 milliards (dont des vedettes porte-missiles Molnya, des chasseurs Su-30 MKK, des chars T-90, des batteries de missiles sol-air Tor-M2E et modernisation des chars T-72). Le premier contrat vient d’être matérialisé le 30 janvier 2010 (€1,3 milliard). D’autres contrats de même nature sont en cours avec l’Ukraine.

Quelle menace sur le théâtre maghrébin justifie une telle course aux armements ? Un tel effort de réarmement pose le problème de la sécurité régionale. Il est difficile d’identifier une menace actuelle pouvant justifier des commandes de cette envergure. Le volume et la nature de l’armement ne recoupent que partiellement les exigences de la lutte contre le terrorisme qui, en effet, sévit dans les périphéries urbaines et dans le Sahara algérien. Or, l’armement lourd objet des marchés actuels n’est pas en rapport avec une menace de cette nature.

Quelle est la destination de cet armement ? Comment évaluer sa pertinence compte tenu de l’ampleur des programmes économiques, sociaux et culturels exigibles dans l’ensemble du Maghreb et en Algérie en particulier ? Sans exclure le champ méditerranéen plus large, notamment le foyer de crise au Proche Orient, les facteurs d’évaluation qui ont conclu à de tels marchés concernent l’ensemble des voisins dans la mesure où toute appréciation stratégique nationale est une composante inséparable de la perception stratégique régionale. Or, aucun effort n’est entrepris au sein de l’UMA pour clarifier les enjeux stratégiques communs, ni les axes de politique extérieure, afin de jeter les bases d’une région intégrée en mesure de dresser des priorités communes et de jouer un rôle d’acteur crédible à l’échelle régionale et à l’échelle mondiale. La non concertation stratégique des pays de l’UMA trahit une absence de confiance généralisée.

3- Le Sahel africain

La zone sahélienne constitue la ceinture de sécurité du Maghreb. La montée des périls dans cette zone interpelle autant les pays de la région que les pays européens et les Etats-Unis. C’est à la fois une zone de repli pour une fraction d’Al Qaïda (AQMI), un lieu de transit pour les armes, la drogue et le trafic des personnes. Depuis 2005, d’importantes initiatives stratégiques sont prises pour faire face à ce danger, associant les pays de la région ainsi que les Etats-Unis, l’Espagne, la France et l’Italie. Or, le 21 avril 2010, l’Algérie a installé à Tamanrasset un Etat-major associant seulement 4 pays : Algérie, Mauritanie, Mali et Niger. Là encore, pourquoi exclure les autres pays du Maghreb ?

4- Deux visions du Maghreb

Tous les pays réalisent que l’issue du conflit du Sahara détermine la carte politique de la région. Or, le règlement de la question se poursuit en dehors de l’UMA et tout est fait pour que la question soit tranchée hors du consensus maghrébin. Si l’Algérie et le Maroc restent impliqués, comment s’explique la passivité des trois autres pays face aux développements du conflit ? Le traité de Marrakech pose le Maghreb à cinq. Seule l’Algérie tient à créer un 6e Etat, l’Etat Sahraoui, et à projeter donc un Maghreb à 6. A cinq ou à six, le problème n’est pas d’ordre arithmétique : c’est un problème fondamental. Les implications d’un 6e Etat changent la carte politique et mettent en question la stabilité, la sécurité et la coopération régionale dans l’ensemble du Maghreb. Le Maroc, coupé de sa profondeur Est, est forcé de rechercher des ouvertures outre Mer et outre Atlantique et de garantir un espace alternatif économique et sécuritaire : l’Accord de libre échange avec les Etats-Unis et le statut avancé avec l’UE sont indicatifs.

La persistance du conflit trahit, chez les principaux dirigeants, une vision qui dépasse l’enjeu sahraoui et qui porte plus au fond sur le statut stratégique du Maghreb. Les conditions de la stabilité et de la paix dans la région seront largement déterminées par l’issue du conflit : le Maghreb sera-t-il un ensemble régional équilibré et affranchi des appréhensions hégémoniques ?

Les enjeux du Sahara

La création d’un sixième Etat implique, sur les plans sécuritaire et diplomatique, des conséquences très lourdes pour la région.

* Un Etat sahraoui né dans l’adversité de deux voisins immédiats sera forcé, pour assurer durablement sa sécurité, de faire appel à des pays plus puissants que tous ses voisins. Dans une première étape, il s’appuiera sur l’Algérie ;

* L’Algérie, dans l’affirmative, chercherait à installer des bases en territoire sahraoui ou s’efforcerait de le faire sous le moindre prétexte, avec pour conséquence d’inspirer au Maroc le sentiment d’être assiégé ;

* Divers prétendants, convoitant les ressources minières et halieutiques du jeune Etat et attirés par la position sur l’Atlantique, feront des offres à l’Etat Sahraoui qu’il négociera et acceptera par intérêt. Le cas échéant, les Etats Unis et l’Union Européenne admettraient difficilement l’installation dans la zone d’une puissance tierce : Japon ou Chine ou Brésil ou tout autre. L’enjeu, dans ces conditions, dépasserait les intérêts propres du jeune Etat sahraoui ;

* Le Maroc serait le deuxième Etat, après la Mauritanie, à admettre sa défaite. En toute hypothèse, il tiendrait une posture défensive et s’estimerait en devoir de maintenir son effort d’armement, tout en tenant compte du nouveau front continental et maritime ;

* La Mauritanie, qui avait dû se retirer du conflit en août 1979, serait coupée du Maroc qui constituait pour elle un facteur d’équilibre face aux pressions algériennes et sahraouies ;

* L’affaiblissement et la neutralisation du Maroc ne favorisent pas l’émergence d’un équilibre stratégique au sein du Maghreb. L’instauration d’un Etat dominant au centre du Maghreb concourt à pérenniser la militarisation (défense contre l’hégémonie) et la recherche d’alliances extérieures. L’Algérie à son tour s’impose ainsi un fardeau militaire très lourd et pour une période indéterminée ;

* Les conditions pour surmonter la fragmentation du Maghreb seraient affaiblies du fait même de la création d’un nouvel Etat imposé. Les chances d’édification d’un Maghreb intégré, équilibré, sécurisé et moins militarisé seraient d’autant plus réduites ;

* Dans une seconde phase, il est vraisemblable que l’Etat sahraoui, une fois consolidé, rejette la tutelle algérienne, risquant ainsi de provoquer une nouvelle course entre Algérie et Maroc pour absorber le territoire, avec pour corollaire l’inévitable arbitrage extérieur.

En toute hypothèse, la création d’un Etat sahraoui ne saurait favoriser ni la sécurité, ni la stabilité, ni l’unité du Maghreb. L’option fondamentale de non intégration et de non confiance a pour corollaire l’éclatement du Maghreb. Dans le temps, ce risque ne peut pas être écarté.

Les Etats concernés doivent en tirer à temps les conséquences.

Trois conclusions :

* Le berceau commun du Maghreb cesse d’être le garant de la sécurité et de la prospérité des pays de la région ; quand les pays membres construisent leur sécurité et leur économie hors du Maghreb, quel est l’avenir du Grand Maghreb uni ?

* Face aux enjeux économiques et stratégiques, y compris l’enjeu sahraoui, et face aux grandes évolutions de la scène européenne, méditerranéenne et saharienne, la passivité de la majorité des pays du Maghreb équivaut à une démission stratégique ;

* A défaut de confiance, la sécurité des pays individuels serait garantie par un pacte avec des puissances extérieures. Ce pacte serait-il bientôt écrit ?

A. Ounaïes et Mehdi Taje,

(Source: « Algerie-Focus  » le 26 uillet 2010)

Lien:http://www.algerie-focus.com/2010/07/26/securite-et-stabilite-du-grand-maghreb/


Al-Qaeda in the Sahel


 

Par Jeremy Keenan In November 2009, Richard Barrett of the UN’s al-Qaeda-Taliban monitoring team said that while attacks by al-Qaeda and its operatives were decreasing in many parts of the world, the situation was worsening in North Africa. He was referring specifically to the Sahel region of southern Algeria, Niger, Mali and Mauritania. While the UN statement fits the catastrophic image being portrayed of the Sahara-Sahel region by the US, European and other Western interests, the truth is not only very different, but even more serious in that both the launch of the Saharan-Sahelian front in the ‘global war on terror’ (GWOT) and the subsequent establishment of al-Qaeda in the region have been fabricated. These two deceptions have one key feature in common, namely that they were both implemented by Algeria’s secret military intelligence service, the Département du Renseignement et de la Sécurité (DRS), with the knowledge and complicity of the US. I will explain each in turn. Militarising Africa A Saharan front in the GWOT was planned by the US and Algeria in 2002 and launched in early 2003. The pivotal incident that justified the launch of the new front was the abduction in February-March 2003 of 32 tourists in the Algerian Sahara, ostensibly by Islamic extremists of Algeria’s Groupe Salafiste pour le Prédication et le Combat (GSPC) under the leadership of Amari Saifi (aka El Para). However, it transpired that El Para was an agent of Algeria’s DRS and his false flag operation had been undertaken with the complicity of the US department of defence. The idea of creating false flag incidents to justify military intervention is not new in US history. In 1962, for example, the US joint chiefs of staff drew up and approved plans, codenamed Operation Northwoods, that called for CIA and other operatives to commit acts of terrorism on innocent civilians in US cities and elsewhere, thus giving the appearance of a Communist Cuban terror campaign in Miami, other Florida cities and even Washington that would create public support for a war against Fidel Castro’s Cuba. The plan was ultimately rejected by President Kennedy. Forty years later, in the summer of 2002, a very similar plan was presented to Donald Rumsfeld, the US defence secretary, by his Defence Science Board (DSB). The Defence Science Board recommended the creation of a ‘Proactive, Preemptive Operations Group (P2OG)’, a covert organisation that would carry out secret missions to « stimulate reactions » among terrorist groups by provoking them into undertaking violent acts that would expose them to « counterattack » by US forces, along with other operations which, through the US military penetration of terrorist groups and the recruitment of local peoples, would dupe them into conducting « combat operations, or even terrorist activities ». The first ‘pilot’ test of the P2OG was El Para’s operation in Algeria. I explained how and why this complex relationship between the US and Algerian security services developed in my book, The Dark Sahara. But to explain it in a nutshell: for the US, the presence of terrorism, fabricated or real, in the Sahara-Sahel region would legitimise the launch of a new front in the GWOT in Africa. This, in turn, and as explained subsequently by numerous US government officials, would justify the ‘militarisation’ of Africa (seen in the authorisation of AFRICOM in 2006 and its establishment in 2008) and the securement for the US of African oil resources. For Algeria, its new relationship with the US would hopefully enable the procurement of modern high-tech military equipment for Algeria’s run-down military and a return from pariah status (after its Dirty War of the 1990s) to international acceptability as Washington’s key ally in the GWOT. The Saharan front Within two months of El Para’s hostage-takings, the US’ top military commander in Europe (with responsibility for Africa), General James Jones spoke of « large ungoverned areas across Africa that are clearly the new routes of narco trafficking, terrorist training and hotbeds of instability ». Even before the hostages had been released, the administration of George Bush had designated the Sahara as a new front in the GWOT. Bush referred to El Para as ‘bin Laden’s man in the Sahel’, while Jones’ deputy commander described the Sahara as a « swamp of terror », a « terrorist infestation », which « we need to drain ». The US military even produced a series of maps designating the Sahara-Sahel as a ‘Terror Zone’. In January 2004, Bush’s Pan-Sahel Initiative (PSI) saw US troops, special forces and ‘contractors’ being deployed into Mauritania, Mali, Niger and Chad. In 2005, the PSI was expanded through the Trans-Saharan Counter-Terrorism Initiative (TSCTI) to include Senegal, Nigeria, Morocco, Algeria and Tunisia, thus linking two of Africa’s main oil and gas-producing regions, Algeria and Nigeria, into a military security arrangement whose architecture was American. With no ‘real’ terrorism in the region, the US, through the region’s repressive regimes, sought to provoke what it called ‘putative terrorists’. Algerian police, acting as agents provocateurs, provoked riots in the city of Tamanrasset; in Niger, a trumped up murder charge against a Tuareg minister was designed to trigger a Tuareg rebellion, while in May 2006, the DRS, accompanied by some 100 US special forces, flown covertly from Stuttgart to Tamanrasset, crossed into northern Mali to support a short-lived Tuareg rebellion. Increasing political instability and insecurity, generated primarily by this fabricated front in the GWOT, the increasing repression of US-backed regimes and the associated damage to local economies and livelihoods, led to the outbreak of Tuareg rebellions in Niger in February 2007 and in Mali a few months later. The problem for the US was that the Tuareg rebellions were proof that political unrest in the Sahel, contrary to Washington’s disinformation, had nothing to do with Islamic extremism, but was the outcome of the US’ own duplicitous policy in the region – what Americans call ‘blow-back’. All in a name However, US embarrassment at the Tuareg rebellions was spared by the concurrent re-emergence in the region of the name ‘al-Qaeda’. In January 2007, two weeks before the start of the Niger rebellion in Niger, the GSPC, which had been insignificant in the region since El Para’s operation, changed its name to al-Qaeda in the Islamic Maghreb (AQIM). AQIM is structured into three ‘components’: the ‘real’ AQIM, AQIM cells that have been created by the DRS and AQIM cells that have been infiltrated by the DRS. In the case of AQIM in the Sahara-Sahel, now known as al-Qaeda in the Sahel (AQIS) or the ‘Sahara Emirate’ (‘Imarat Essahra’), it is difficult to distinguish between the latter two. Of the AQIS’s alleged leaders, Abdelhamid abou Zaïd, Yahia Djouadi (and their many aliases) and Mokhtar ben Mokhtar (MBM) all have linkages to the DRS. Abdelhamid abou Zaïd is closely associated with the DRS, being El Para’s ‘number two’ in the 2003 operation; Djouadi was also a member of El Para’s team, while MBM has a more ‘freelance’ relationship with the DRS. In short, the AQIS is the latest manifestation of the DRS’ successful creation and infiltration of Islamic ‘terrorist’ groups, in much the same way that the GIA leadership was infiltrated by DRS agents Djamel Zitouni and Antar Zouabri in the 1990s. In the case of the GIA’s successor, the GSPC founder Hassan Hattab now lives under the protection of the DRS. Since 2008, 15 westerners have been taken hostage either directly by the AQIS or by local criminals, and then handed over to the AQIS. Most have finished up in the hands of Abdelhamid abou Zaïd. One of these, a Briton, was killed; three are still in captivity, while the remainder have been released, allegedly for ransom payments. Much publicity has recently been given by Western intelligence services and the media to the assumed link between trans-Saharan trafficking of cocaine, flown into Sahel states, especially Mali, from South America, and AQIS. While a complex network does exist between the drugs traffickers and AQIS, Western intelligence services have failed to point out in their briefings, reports and ‘leaks’ to the media that the leaders of both AQIS and the drug trafficking operations are either agents of or closely linked to the highest levels of state security in the countries concerned, namely Algeria’s DRS and Mali’s state security. American, British and other Western intelligence services are all aware of the way in which the DRS has effectively constructed the AQIM/AQIS in the Sahara-Sahel, but have failed to take action against it. This is because AQIS, far from being a threat to the West, is more of an adjunct to the West’s overall strategies in the region. It provides the US with further justification for AFRICOM while providing European powers, notably France whose nuclear industry is powered by the Sahel’s uranium, with the justification to intervene militarily in the resource-rich corridor of the Sahel. And, of course, the ‘threat’ of al-Qaeda so close to Europe, provides European countries, such as the UK, Spain, Germany, Italy and the Netherlands, with justification for their immigration, security and ‘counter-terrorism’ policies. Self-fulfilling prophecy? The key player, however, in this duplicitous strategy is probably no longer the US, but the Algerian DRS. Since 2006, the DRS has been operating increasingly independently of its US and European counterparts. It is also dangerously riven by internal divisions, as reflected in Algeria’s current political crisis. The key focus of any further analysis should therefore be directed primarily at Algeria. Through its DRS, Algeria is now operating increasingly autonomously in presenting itself to the US and Europe as the indispensable ally of the West. This is, however, a very dangerous game. On the one hand, the DRS, through its infiltration and control of AQIS, is maintaining a sufficient threat in the region to justify its military expansion – on behalf of both the West and its own hegemonic designs in the region. On the other hand, some elements within the Algerian regime are opposed to such a strategy and the possibility of Western intervention in the region. At the same time, the DRS’ control of the ‘Sahara Emirate’ is by no means absolute. As an increasing number of young Muslims in Mauritania, Mali and elsewhere look to the ‘Emirate’ to provide a solution to their own repressed lives, a purposeful ideology and even adventure, there is a very real threat that it could become a self-fulfilling prophecy and take on a life of its own. While this is unlikely, the West would be better advised to question why Algeria is making so much publicity about raising troop levels in the region to the absurd figure of 75,000 by 2012. Who is the enemy they will fight? The DRS currently puts the number of named suspected terrorists (including its own agents) in the Sahel at only 108, while the less well informed CIA estimates 300 to 400. The answer is not in the threat posed by al-Qaeda, but in the far more dangerous political crisis emerging within Algeria itself. Jeremy Keenan is a professorial research associate at the School of Oriental and African Studies, London University, and author of The Dark Sahara: America’s War on Terror in Africa. (Source: Aljazeera.net/english le 25 juillet 2010)
 

BP vend son réseau de distribution en France à l’israélien Delek


Publié le 22 juillet 2010 sur le site latribune.fr JERUSALEM (Reuters) – Le groupe israélien Delek annonce le rachat des activités de distribution du géant pétrolier BP en France pour 180 millions d’euros. L’opération concerne 416 stations-service et les participations de BP dans trois dépôts de carburants. Les stations-service devraient conserver l’enseigne BP pendant plusieurs années dans le cadre d’un accord de licence. BP et Delek seront en outre liés par un contrat d’approvisionnement. Le conglomérat israélien précise que la transaction, réalisée par l’intermédiaire de sa filiale Delek Europe, devrait être menée à bien au second semestre de cette année, sous réserve de l’obtention des autorisations nécessaires. Cette opération s’inscrit dans la tendance générale au désengagement des grandes compagnies pétrolières du segment de la distribution, qui ne génère que de faibles marges. Parallèlement, BP, confrontée à la perspective de plusieurs dizaines de milliards d’euros d’indemnisations après la marée noire déclenchée par l’une de ses plates-formes dans le golfe du Mexique, envisage de céder pour 10 milliards d’euros d’actifs.

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