26 août 2010

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TUNISNEWS

10 ème année, N° 3747 du 26.08.2010
 archives : www.tunisnews.net 


L’ACAT-France: l’Allemagne ignore la demande du comite contre la torture des Nations Unies Liberté et Equité: Encore des persécutions visant la famille de Maître Mohammed Nouri Les autorités tunisiennes pourraient déférer des détenus de Ben Gardane en justice EL Watan: 300 harraga détenus dans des centres en Tunisie Jeune Afrique: Le touriste israélo-tunisien qui ne suivait pas le « Guide » Kamal Labidi: Tunisia is backtracking on women’s rights Abdel Wahab Hani:  Une tunisienne (Pr Ella N. Gueddana) candidate au poste de SG adjoint de l’ONU en charge d’ONU-Femmes Magharebia: Les Tunisiens critiquent les programmes télévisés du Ramadan Business News: Tunisie – Reportage ramadanesque avec les inspecteurs du contrôle économique


L’ACAT-France

COMMUNIQUÉ DE PRESSE Le 26 Août 2010 L’ALLEMAGNE IGNORE LA DEMANDE DU COMITE CONTRE LA TORTURE DES NATIONS UNIES


Le 25 août 2010, l’Allemagne a procédé à l’extradition d’Onsi Abichou vers la Tunisie, bien que le Comité contre la torture des Nations unies lui ait demandé de suspendre cette extradition en raison du risque de torture encouru par M. Abichou en Tunisie. Le 25 août au matin, Onsi Abichou a appris qu’il allait être extradé l’après-midi même, en dépit de la demande formulée par le Parquet allemand à la police judiciaire d’annoncer la date de l’extradition deux semaines à l’avance. Il semble ainsi que l’Allemagne ait décidé d’accélérer l’extradition, en faisant fi de la mobilisation de l’ACAT-France, de l’OMCT et de Maître William Bourdon, avocat d’Onsi Abichou, pour que ce dernier ne soit pas envoyé vers un pays où il risque d’être torturé, soumis à un procès inique et emprisonné dans des conditions inadmissibles. Dès qu’elle a pris connaissance de l’imminence de l’extradition, l’ACAT-France a saisi le Comité contre la torture en urgence. Dans l’heure suivant la requête, le Comité a officiellement demandé à l’Allemagne de suspendre l’extradition de M. Abichou, reconnaissant ainsi les risques de torture en cas de renvoi en Tunisie.
L’Allemagne a décidé de passer outre cette demande, en violation des engagements internationaux qu’elle a souscrits en ratifiant la Convention contre la torture et en reconnaissant expressément la compétence du Comité contre la torture pour instruire les plaintes portées contre l’Allemagne par des particuliers.
Selon Hélène Legeay, responsable des programmes Maghreb / Moyen-Orient à l’ACAT-France, « L’empressement soudain de l’Allemagne à livrer Onsi Abichou à la Tunisie, malgré le danger qui pèse sur lui là-bas, est aussi étonnant que consternant. L’ACAT-France et la famille d’Onsi Abichou sont décidées à maintenir la plainte devant le Comité contre la torture afin de contraindre l’Allemagne à se justifier. » L’ACAT-France attend des autorités françaises et allemandes qu’elles respectent leur engagement à suivre Onsi Abichou pour s’assurer qu’il ne soit pas soumis à la torture ou à des mauvais traitements en Tunisie. « Nous craignons maintenant que la justice tunisienne, pour ne pas se dédire, confirme la condamnation de M. Abichou malgré l’absence totale de preuve à son encontre, en dehors d’aveux obtenus sous la torture », précise Hélène Legeay.
Rappel :
L’affaire dans laquelle M. Abichou est poursuivi en Tunisie remonte au 15 février 2008 lorsque deux Franco-tunisiens, Mohammed Zaied et Mohammed Jelouali, ont été arrêtés alors qu’ils s’apprêtaient à quitter la Tunisie au volant d’un camion dissimulant du cannabis. Au cours de son interrogatoire, soumis à la torture, M. Zaied a avoué l’implication de M. Abichou dans cette affaire.
Lors du procès, les prévenus sont revenus sur leurs aveux, dénonçant clairement la torture qu’ils avaient subie au cours de leur garde à vue. Le 27 juin 2009, le Tribunal de première instance de Tunis les a condamnés à de lourdes peines de prison. M. Abichou, jugé sans être présent et sans même être au courant des poursuites dont il était l’objet, a été condamné à une peine de prison à perpétuité, et ce sur la seule base des aveux extorqués à M. Zaied.
Le 17 octobre 2009, M. Abichou a été arrêté en Allemagne sur le fondement d’un mandat d’arrêt international délivré par la Tunisie et placé en détention en Allemagne en attendant son extradition.
Le 28 juillet 2010, la Cour constitutionnelle allemande a confirmé, en dernière instance, la légalité de l’extradition vers la Tunisie du citoyen français.
CONTACT Hélène Legeay – responsable des programmes Maghreb / Moyen-Orient à l’ACAT-France – 01.40.40.02.10
 

Liberté pour Sadok Chourou, le prisonnier des deux décennies Liberté pour tous les prisonniers politiques Liberté et Equité Organisation de droits humains indépendante Tunis, le 24 août 2010

Nouvelles des libertés en Tunisie


1)   Encore des persécutions visant la famille de Maître Mohammed Nouri La police politique continue d’intervenir sur tous les plans, à tous les niveaux, dans divers tribunaux et l’ensemble des administrations pour harceler la famille de Maître Mohammed Nouri, président de l’Organisation Liberté et Equité, notamment ses deux fils, Maîtres Tarek Nouri et Mourad Nouri, pour les déposséder de leurs droits légitimes […] et faire obstruction à la production des jugements en leur faveur et à l’exécution de jugements s’ils sont en leur faveur; La police politique est intervenue auprès du poste de la garde nationale de Mornag pour entraver l’exécution d’une ordonnance de référé du Tribunal de Première Instance de Ben Arous du 15 juin 2010 dans l’affaire n°75177 et condamnant l’occupant et ceux qui l’accompagnent à évacuer la ferme sise à Mornag inscrite au cadastre sous le matricule 11052. Bien que l’ordonnance de référé soit exécutoire sous vingt quatre heures, et bien que Maître Karim Ben Derbal ait veillé à l’exécution du référé précité et qu’il ait reçu le 2 juillet 2010 un ordre de recours à la force publique émanant du procureur de la République de Ben Arous, après une attente exténuante de plus de 15 jours, monsieur le chef du Poste de la Garde continue de temporiser et n’a pas recours à la force publique et en reporte sans cesse la date. […] Par ailleurs, en dépit du prononcé d’un jugement du tribunal foncier d’inscrire des contrats de vente de ce lot, l’administration de la propriété foncière de répond pas aux exigences de ce jugement en faveur de Messieurs Tarek Nouri et de son frère Mourad Nouri. […] 2)   Des agents de la police politique répriment la famille de l’ex prisonnier politique Anis Krifi Dans le cadre de la politique d’oppression ciblant les prisonniers d’opinion libérés et leurs familles, des agents de la police politique de Menzel Bourguiba se sont présentés à la fin de la semaine dernière au devant le domicile de l’ex prisonnier politique Anis Krifi et ont convoqué sa mère diabétique au district de police pour lui poser des questions sur le propriétaire d’un véhicule garé devant son domicile. Après avoir fait une crise de diabète, elle leur a dit que la voiture était à son frère qui lui rendait visite en ce mois de Ramadan. Elle a dénoncé l’intervention dans la vie de la famille qu’ils ont rendue infernale. Le jeune Anis Krifi n’a pas été convoqué alors que c’est lui qui a été emprisonné. […] la politique de représailles est permanente et dépasse la personne du jeune libéré pour englober la famille et les proches. […] Pour le bureau exécutif de l’Organisation Le Président Maître Mohammed Nouri (traduction d’extraits ni revue ni corrigée par les auteurs de la version en arabe, LT)


Les autorités tunisiennes pourraient déférer des détenus de Ben Gardane en justice


Bien que l’ensemble des détenus de l’ »intifadha de Ben Gardane » aient été remis en liberté, le comité de défense s’attend à ce que les autorités tunisiennes en défère certains en justice une fois terminée la phase de tension. Les libérations ont eu lieu par vagues, mais huit personnes sont toujours détenues depuis le début des événements, ce qui fait que la population de Ben Gardane  a conditionné la libération de tous les détenus au retour de la normale dans la ville frontalière. Maître Abdelaziz Elayeb dit que le dossier n’est pas vraiment clôt, qu’il est probable que les autorités tunisiennes défèrent un groupe en justice et que les accusations portées contre les contestataires pendant les premiers jours des manifestations étaient d’ordre criminel, comme les troubles à l’ordre public, l’agression des forces de sécurité, mais les autorités y ont renoncé, au vu du caractère sensible du dossier. Ferhat Ben Gaied, un des détenus libérés, dit que les traitements des détenus ont été sévères les premiers jours, pour s’améliorer par la suie. 24-08-2010 (traduction ni revue ni corrigée par les auteurs de la version en arabe, LT)

300 harraga détenus dans des centres en Tunisie


Le sort des dizaines de jeunes, ayant pris le large à la recherche d’une vie meilleure, demeure inconnu.

 
Par Naima Benouaret   Le nombre de 300 harraga qui croupiraient actuellement dans les geôles de centres de rétention tunisiens a, à maintes reprises, été avancé par des ONG internationales militant pour la défense des droits des migrants. Ces ONG ont même fait état de l’existence de 11 camps d’enfermement secrets en Tunisie dont la réalisation a été financée par l’Italie, en contrepartie de sa coopération dans la lutte contre l’immigration clandestine. Une coopération instituée par deux accords bilatéraux dont le premier remonte à 1998. A l’époque, l’Italie entendait par engagement économique vis-à-vis de la Tunisie, le déboursement de 150 milliards de lires (correspondant à 300 milliards d’Euros) en trois ans en crédits pour l’industrie, dont 500 millions de lires (01milliard d’euros) pour la réalisation en Tunisie de centres de rétention, précisent ces organisations humanitaires. À partir de cette date (1988), ont été construits 13 camps d’enfermement (dont un autour de Tunis, un autre entre Gabes et à la frontière libyenne. «Où sont les autres 11 camps ? Cela a toujours été un secret, personne n’a jamais pu savoir ce qui se passe à l’intérieur ?», s’interrogent les défenseurs des droits des migrants. Des affirmations tacitement corroborées par Kamel Belabed, porte-parole du collectif des familles de harraga disparus en mer lorsque, interrogé, il a indiqué : «ce chiffre de 300 est important et bien précis. Le nombre est accablant mais reste probable et je ne serais pas surpris si on me disait qu’il y en a davantage». Des preuves ? «Où aller puiser ces preuves lorsque les Etats concernés eux-mêmes se font des cachotteries et que la rigueur est bannie de la gestion de cet épineux dossier pour laisser place à un laxisme déshonorant. Non pas pour les familles touchées qui boivent le calice jusqu’à la lie et cela tous les jours que Dieu fait alors que nos autorités acceptent une situation qui prendrait tout son sens si on la traduisait dans notre langue», a répondu notre interlocuteur. Ce père sans nouvelles de son fils parti, depuis plus de trois ans, à la recherche d’une vie meilleure de l’autre côté de la rive, pointe du doigt les politiques algériens et étrangers en raison de leur placidité face à la souffrance et l’interminable attente des familles des disparus en mer dont il est le porte-parole. Pour ce qui est de son projet de créer une association devant regrouper ces familles pour agir de manière officielle auprès des instances nationales ou internationales concernées, il a tenu à démentir l’existence de toute démarche allant dans ce sens en précisant: «cela ne m’est jamais venu à l’esprit car on ne peut construire ou organiser quelque chose de tangible sur la misère des autres». Et d’ajouter qu’il n’a, néanmoins, jamais cessé et ce depuis 2007 (date de la disparition de son fils de se faire occasionnellement le porte-parole des quelques familles touchées et donc concernées au premier chef par cette dramatique situation, malheureusement laissées-pour-compte par nos institutions. A ses yeux, celles-ci ont apparemment d’autres soucis considérés prioritaires ou plus importants que les périls qu’encourent les quelques centaines voire milliers de jeunes qualifiés avec légèreté et mépris d’aventuriers.
 
(Source: « EL Watan » (Quotidien – Algerie) le 25 aout 2010) Source : http://www.elwatan.com/regions/est/annaba/300-harraga-detenus-dans-des-centres-en-tunisie-26-08-2010-87600_133.php


Le touriste israélo-tunisien qui ne suivait pas le « Guide »


26/08/2010 à 16h:47 Par Abdelaziz Barrouhi, à Tunis Un Israélien doté d’un passeport tunisien arrêté en Libye n’a été relâché qu’après d’intenses tractations entre les trois pays. Était-il un espion ou un marginal un peu simple d’esprit comme le décrivent ses amis. Était-il, comme on le dit en Israël, un simple touriste qui a eu l’« inconscience » de s’aventurer au pays de Mouammar Kaddafi ? Ou, comme on l’a prétendu en Libye, un « espion israélien » ? Rafael Hadad, 34 ans, a été arrêté en mars dernier à Tripoli. Après avoir menacé de le traduire en justice, les autorités libyennes ont fini par céder aux suppliques – ou aux pressions ? – de plusieurs intermédiaires européens, américains et maghrébins, et l’ont libéré le 8 août. Un épisode tout aussi rocambolesque que la vie de l’intéressé. Citoyen israélien, Hadad est né dans l’île de Djerba, en Tunisie. Il n’a que 1 an lorsque, en 1977, ses parents émigrent en Israël. Il grandit dans les environs de Jérusalem, où son père tient un commerce. Puis fait son service militaire en qualité d’inspecteur de police, dans les territoires occupés, en raison de sa connaissance de la langue arabe. Ses amis le décrivent comme un marginal. « Il est un peu simple d’esprit, confie un membre de la communauté juive de Djerba. Il faisait partie de ces groupes d’Israéliens qui viennent ici assister au pèlerinage annuel à la synagogue de la Ghriba. Il y a deux ou trois ans, grâce à son certificat de naissance, il a obtenu une carte d’identité et un passeport tunisiens. » C’est avec ce passeport qu’au mois de mars dernier il s’est facilement introduit en Libye, où le visa n’est pas exigé pour les Tunisiens. Son patronyme n’a pas attiré l’attention, étant indifféremment porté par juifs et musulmans. Mais une fois sur place, Hadad n’est pas passé inaperçu. Car il travaillait pour Or Shalom, un centre d’histoire judaïque qui recense les vestiges architecturaux « abandonnés » par les juifs, en vue de réclamer des dédommagements au gouvernement libyen. Ce centre a déjà rémunéré des photographes pour qu’ils se rendent en Libye, où il est interdit de prendre des photos hors de la présence d’un guide ou d’un représentant des autorités. En général, les policiers se contentent d’inviter les contrevenants à ranger leurs appareils. C’est ainsi que Hadad a pu se rendre sans encombre à Benghazi et à Derna. Mais à Tripoli, son passeport fait tiquer le policier, qui s’étonne de son arabe hésitant. Il alerte les services spéciaux, qui s’aperçoivent qu’il est israélien. Par malchance, au même moment, les Émirats arabes unis découvrent que l’assassinat du dirigeant palestinien Mahmoud al-Mabhouh, perpétré sur leur sol en janvier, était l’œuvre d’agents du Mossad déguisés en touristes ! Sitôt l’arrestation de Hadad connue, les Israéliens sollicitent en secret plusieurs pays européens et ONG américaines. C’est finalement Martin Schlaff, un homme d’affaires juif autrichien, proche de Seif el-Islam Kaddafi, qui le ramène dans son jet jusqu’à Vienne. Là, il le confie à son ami Avigdor Lieberman, le ministre israélien des Affaires étrangères. Lequel le raccompagne à Tel-Aviv. En échange, affirme Lieberman, Israël a autorisé un navire libyen qui tentait de briser le blocus de Gaza à faire parvenir sa cargaison humanitaire dans l’enclave palestinienne via un point de passage égyptien contrôlé par Israël. Un marché de dupes, puisque Kaddafi n’avait pas besoin de l’accord des Israéliens pour parvenir à ce résultat. De son côté, Seif el-Islam a révélé que l’échange incluait la libération par Israël de détenus palestiniens, et indiqué que Hadad n’était finalement pas un espion. Son passeport tunisien ne lui aurait toutefois pas été restitué. Ouzifa Trabelsi, président de l’Association des amis de la Ghriba, confirme avoir été alerté par les parents de Hadad afin qu’il « plaide la cause » de leur fils auprès des gouvernements tunisien et libyen. « Je ne dis pas que j’ai obtenu sa libération, confie-t-il à J.A., mais j’y ai contribué. À l’invitation de son père, je serai à Jérusalem le 15 août pour fêter cet heureux dénouement. »
 
(Sorce: « Jeuneafrique.com le 26 aout 2010)
 


Tunisia is backtracking on women’s rights

By Kamal Labidi  

Tunisia’s historical commitment to women’s rights is being used by Ben Ali as a smokescreen for the persecution they now suffer

Tunisia’s adoption – 54 years ago this month – of the most protective women’s rights legislation in the Arab world is increasingly used by President Zine el Abidine Ben Ali as a veil to hide his declining human rights record.

Tunisian women undoubtedly benefit from the pioneeringpersonal status code, which abolished polygamy, instituted judicial divorce and required that marriage be based on mutual consent of the future husband and wife. Their enriching participation in the country’s social and economic life is made possible by other groundbreaking reforms, also initiated by the latePresident Habib Bourguiba in the wake of independence from France in 1956.

Today, though, Tunisian women are not spared from the long and ruthless war on freedom of expression and association, of a kind unseen even under theFrench protectorate and which can no longer be camouflaged by the personal status code orBen Ali’s « achievements » or by westernpublic relations firms.

The launch of this dirty war in the early 1990s coincided with new amendments to the personal status code and more rhetoric about Ben Ali’s trumpeted commitment to women’s rights, widely seen as an « attempt to project an image of modernity and democracy » while hidinganother part of Tunisia’s picture. The raging war at that time in neighbouring Algeria (between the military-backed government and armed groups infuriated by the cancellation in 1992 of the results of legislative elections the Islamists were poised to win) led many to overlook the merciless repression in Tunisia.

The first victims among women were scores of alleged supporters of two banned political opposition parties. They were jailed or held for interrogation, intimidated and threatened with prosecution and rape at police stations and the interior ministry, according to local and international groups. Most of them were close to or related to the jailed or exiled activists of the Islamistan-Nahda movement. A few others have been accused of supporting theTunisian Workers’ Communist party. None of the thousands of prisoners used violence or advocated the use of force to achieve their political goals.

The war on freedom of expression and association, which saw nearly 40 political detainees die under torture or of lack of medical care,never abated. Women from different walks of life, including academics, journalists, lawyers, medical doctors and students, are routinely harassed or assaulted by ubiquitous plainclothes police agents for seemingly harmless things such as signing a petition, or even for heading to meetings at the offices of authorised groups or to government agencies to register an NGO or apply for a licence to establish a newspaper or a radio station.

The right to establish media outlets seems to have become a privilege solely bestowed on Ben Ali’s relatives and supporters. The last to enjoy such a privilege is one of Ben Ali’s daughters, the owner of a business group, whichreceived a licence to start broadcasting its new radio station, Shems FM, next month.

Repeated applications to establish a private radio station or a newspaper by many journalists, includingNaziha Rejiba (a winner of the Committee to Protect Journalists international press freedom award) and Sihem Bensedrine, managing editor of the bannedKalima radio and magazine, have been ignored over the past years.

Women played an active role in the struggle for independence and a better status, and under Bourguiba campaigned against autocratic rule and discrimination and for bringing Tunisian legislation into conformity with international standards for women’s rights. But they never came under the kind of Soviet-style persecution typical of Ben Ali’s « new era ».

Many of those who used to gather each Saturday at the Tahar Haddad club in Tunis nearly three decades ago to discuss ways to further protect women’s rights or to contribute to the now-defunct feminist magazine, Nissa’a, have been forced gradually to retreat from public life.Haddad, who in 1930 authored a book, Our Women in the Shari’a and Society, still inspires women’s rights advocates.

The widening repression and smear campaigns are not only engulfing femalerights defenders and critical journalists and their families, but also women whose children, husbands and brothers have been jailed for political dissent or peaceful protests against unemployment and corruption or simply forcovering these protests for a media outlet.

Even women inclined for professional reasons to keep away from public life, like Kalthoum Kennou, secretary-general of the democratically-elected board of theAssociation of Tunisian Magistrates (AMT), which was toppled by the government in 2005, have been facing with their families different forms of persecution for discreetly calling on Tunisian authorities to protect the independence of the judiciary. Kennou, whowas assaulted in 2009 while performing her job at the Kairouan court, and other leading figures of AMT, including Wassila Kaabi, Raoudha Karafi and Leila Bahria, have beenarbitrarily forced over the past five years to work hundreds of kilometersaway from their families.

« If such a punishment is inflicted on honest magistrates whose sole crime is to defend the independence of the judiciary, which is one of the cornerstones of the republican regime, what would they do to powerless ordinary people? » Kaabi asked earlier this year during a meeting at the beleaguered and harassedTunisian Association of Democratic Women.

(Source: « The Guardian » le 25 aout 2010) Lien: http://www.guardian.co.uk/commentisfree/libertycentral/2010/aug/25/tunisia-backtracking-womens-rights


 

Une tunisienne (Pr Ella N. Gueddana) candidate au poste de SG adjoint de l’ONU en charge d’ONU-Femmes


Par: Abdel Wahab Hani

 

Notre compatriote Ella Pr Nabiha Gueddana est candidate au poste de Secrétaire générale adjointe des Nations Unies en charge de la nouvelle entité ONUsienne ONU-Femmes, décidée tout récemment, dans le cadre de l’Harmonisation du système des Nations Unies. Cet exercice a été lancé depuis 2005 sous l’impulsion de  l’ancien Secrétaire général M. Kofi Annan.

 

Le processus a connu une étape décisive lorsque Son ExcellenceM. Ghazi Jomaa, notre nouvel Ambassadeur Représentant Permanent auprès de l’Organisation des Nations Unies à New York a pris la co-présidence, avec l’Ambassadrice d’Estonie, du Comité intergouvernemental de facilitation. Brillant diplomate de carrière, ex-quadra, polyglotte, homme de consensus et de dialogue, et fort d’un soutien et d’une orientation stratégique de premier plan de M. Kamel Morjane, le nouveau Chef de la Diplomatie tunisienne, Ghazi a co-mené à bien les négociations et a su vaincre les réticences, tout en faisant montre de patience, de fermeté et d’imagination dans les propositions.

 

La création de la nouvelle entité, annoncé le 2 juillet dernier à New York, par le Secrétaire général de l’ONU et leurs Excellences Ghazi Jomaa et Tiina Intelmann, respectivement notre Ambassadeur et l’Ambassadrice d’Estonie, a occupé la Une de nombreux journaux de la planète, est passée quasi inaperçue dans les médias tunisiens, à l’exception de quelques dépêches postées sur FaceBook. Pourtant, la Diplomatie tunisienne, de l’avis même du Secrétaire général M. Ban Kee Moon, a joué un rôle primordial pour arracher cet accord historique.

 

Ce  qui (absence de couverture médiatique locale) est difficile à comprendre en dehors d’une tentative de minimisation (au sein même du gouvernement et notamment des responsaables de la communication) du travail du nouveau chef de la Diplomatie et de son équipe. Le même scénario a été observé lors de la nomination de notre compatriote Ella Khadjia Zammouri-Ribes au poste de Directrice générale adjointe (DGA) de l’UNESCO à Paris en avril dernier, passée quasiment inaperçue, et s’est malheureusement répété de nouveau en marge des récentes intenses négociations tuniso-libyennes menées avec doigté, sérénité et réussite par le même Kamel Morjane suite à la fermeture de la frontière au mouvement des passagers et des marchandises, et dont la presse nationale n’a pipé mot.

 

En toute logique donc, une tunisienne postule au poste créé grâce au dévouement de son Ambassadeur. A peine la soixantaine passée, Pédiatre de formation, actuellement Présidente-Directrice-Générale de l’Office National de la famille et de la Population (ONFP),  ancienne Secrétaire d’Etat au Développement social, aux Affaires de la Femme et de la Famille, Professeure Ella Nabiha Gueddana jouit, en Tunisie comme à l’étranger, d’une excellente et solide réputation de scientifique compétente et de renom, de dirigeante imaginative et accomplie, le tout doublé d’une intégrité qui force le respect.

 

Pr Ella Nabiha Gueddana bénéficie du soutien du Gouvernement et de la Diplomatie de République. On avait un temps parler de la Naïbah النَّائِبَة / Députée Saïda Agrébi, patronne de fer de l’Association Tunisienne des Mères (ATM) comme possible candidate au poste. Mais les derniers arbitrages semblent avoir donné raison à la Raison même, à la Compétence, à l’Eloquence et à l’Elégance, en la personne de la Professeure.

 

Sa candidature, soutenue par le gouvernement de la République, ce qui est quasiment une condition nécessaire pour ce type de poste dans tout le système des Nations Unies, fallait-il le rappeler à certains esprits tordus sévissant dans la diaspora, devrait être portée par l’ensemble de la Nation. Un fonctionnaire international ne représente pas son Gouvernement, mais il hisse haut l’étendard de sa Nation.

 

Puisse notre Candidate bénéficier du soutien de toutes et de tous et accéder à ce haut poste ONUsien pour défendre, soutenir et promouvoir la condition des femmes partout dans le monde. L’arrivée d’une Fille du Sud, Arabe, Musulmane, Nord-Africaine, à la tête de ce poste, aux cotés du Secrétaire général de l’ONU, portera en soi, certainement, plus d’un symbole.

 

Les acquis de Ella Naibha à la tête de l’ONFP et l’ensemble des avancées de la femme tunisienne, de Cheikh Ibn Abi Zayd Al-Qairaouani, à Tahar Haddad, à Ella Bchira Ben Mrad, à feu le Zaïm Habib Bourguiba, notamment les acquis juridiques et institutionnels depuis l’Indépendance, pourront être utiles à l’Humanité toute entière.

 

Paris, le 26 août 2010

 

Âïd / Retornado, Bi Idhni Alla, Ahabba Al Mouhibboun Wa Kariha Al Karihoun

 

Abdel Wahab Hani

 

awhani@yahoo.fr

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Ci-après la tribune, ô combien valeureuse, publiée ce matin par Ella Nabiha dans Leaders.com.tn:

Je suis et je serais de tous les combats qui font progresser l’égalité entre les sexes

Par Nébiha Gueddana

 

2010-08-26

 

Le 2 juillet 2010, l’Assemblée Générale des Nations Unies a acclamé à l’unanimité la création de la nouvelle entité «ONU Femmes» qui n’honore pas seulement les femmes mais l’humanité toute entière.

La fusion de plusieurs programmes et fonds dédiés à l’égalité entre les sexes ne peut que renforcer l’action de l’ONU et permettre une vision commune pour la cause des femmes. Nous connaissons les progrès faits, au cours du mandat de Monsieur Ban Ki-moon, pour l’autonomisation des femmes et surtout son engagement à éradiquer les fléaux qui portent atteinte aux droits élémentaires de la femme tels que stipulés par la Charte des Nations Unis sur les droits de l’homme.

C’est pour me joindre à ces efforts, que je me présente avec l’appui du gouvernement tunisien, au poste de secrétaire générale adjointe de «ONU Femmes».

Mon pays, la Tunisie, est un pays musulman moderne et tolérant qui a fait son développement en intégrant les femmes dans tous les secteurs de développement, en se basant sur un code du statut personnel qui a consacré l’égalité entre les sexes dès 1956. Notre voeu aujourd’hui, c’est que d’autres pays suivent cet exemple.

J’ai moi même lors de mes mandats de responsable politique, scientifique et associatif contribué à lever de nombreux obstacles qui, du fait des mentalités ou des enjeux de pouvoir, empêchaient la pleine participation des femmes.

En tant que médecin, la santé maternelle et infantile a toujours été ma priorité. Je suis une militante de terrain qui a consacré une partie de sa vie à se mobiliser pour un meilleur accès des femmes tunisiennes, africaines et arabes et de leurs enfants aux services des soins de santé de base.

Mon action en tant que première responsable de l’Office National de la Famille et de la Population (ONFP), institution que je dirige actuellement est de réduire les inégalités d’accès des femmes aux services de santé de la reproduction, de lutter contre la mortalité maternelle tant en Tunisie que dans les pays d’Afrique sub-saharienne où j’ai mené de nombreux programmes dont celui au Niger qui a été considéré par la Banque Mondiale comme « un modèle à suivre ».

En tant que Secrétaire d’Etat à la femme, j’ai pu donner plus d’ampleur à mon action militante auprès des femmes et agit sur les fondements même du statut de la femme en formulant une politique ayant abouti à de nombreuses mesures législatives qui ont amélioré le code de statut personnel de1956, en attribuant plus de droits aux femmes en matière de tutelle, de garde de leurs enfants, de nationalité et en créant un fonds de garantie au profit des femmes divorcées. De même, j’ai contribué à faire adopter une loi sur le harcèlement sexuel et un programme national de lutte contre la violence à l’égard des femmes.

Au niveau institutionnel, j’ai appelé à la création du Centre tunisien de recherche et de documentation sur la femme (CREDIF), ainsi qu’a l’intégration de programmes pour les femmes dans les plans de développement socioéconomiques du pays adoptant une approche basée sur le genre.

Cependant, les inégalités restent profondément ancrées dans les mentalités, en Tunisie et dans le monde.

Comme l’a souligné le 2 juillet dernier, M. Ban Ki-moon, la mortalité maternelle constitue une véritable honte pour l’humanité. Ayant moi-même parcouru les villages et enquêté sur les causes de cette mortalité, je pense que la mort d’une femme en couche n’est pas une fatalité, les solutions existent pour que chaque femme vive sa maternité sans risques. Il faut que la communauté mondiale apporte la contribution nécessaire à la baisse substantielle de ce fléau.

Je me réjouis des résultats du dernier Sommet du G8 tenu à Muskoka les 25 et 26 juin 2010 au cours duquel les dirigeants de ces pays se sont mobilisés pour apporter des engagements financiers permettant aux pays en développement d’améliorer la santé maternelle, néonatale et infantile.

Le sommet de l’Union Africaine à Kampala en juillet 2010 a été aussi une étape clé par l’engagement des pays africains à atteindre les objectifs 4 et 5 des OMD pour chaque pays. La Tunisie a au cours de ce sommet réitéré sa disposition à mettre son expérience au profit de ces pays.

De même, stopper le fléau de la violence serait à notre portée, si homme et femme, d’intelligence, conscients qu’il s’agit là d’un droit élémentaire inscrit dans la charte des droits de l’homme, se solidarisaient pour dire non à cette injustice, cette question ne demande pas tant des fonds complémentaires qu’une véritable stratégie de mobilisation à l’échelle mondiale, dans laquelle les organisations non gouvernementales joueraient un rôle clé. Les gouvernements seraient a cette fin, encouragés à voter des lois pour empêcher l’impunité de cet acte.

C’est en renforçant l’implication des femmes dans le domaine économique et en favorisant leur insertion dans les secteurs compétitifs, qu’elles gagneraient leur autonomie. Car des femmes trop pauvres ou économiquement exploitées ne pourront empêcher les discriminations qu’elles subissent.

Des réformes conduisant à des mesures incitatives pour l’intégration des femmes dans les sphères de décision politique pourront contribuer à apporter des changements substantiels à la condition des femmes dans le monde.

Consciente de l’importance de l’implication des femmes dans la vie associative pour le renforcement de ces acquis, je soutiens sans faille l’action des ONGs et agis pour leur intégration effective dans la dynamique de promotion des femmes et leur autonomisation.

Pédiatre, chargée de la pédiatrie préventive et sociale à l’université de Tunis, j’ai très tôt pris conscience du sort réservé dans les pays en développement aux petites filles (leur mortalité est plus élevée) et aux jeunes filles (sorties trop tôt de l’école, ou exploitées sexuellement). J’ai initié l’enseignement de l’adolescentologie et je viens de créer des centres de services de santé sexuelle et reproductive pour les jeunes dans tous le pays y compris dans les régions les plus reculées. Ces centres dispensent des consultations médicales mais aussi d’écoute et de guidance. Les jeunes filles sont les plus nombreuses à les fréquenter. Elles y trouvent soins et réconfort.

Issue d’un pays musulman qui a su démontrer qu’on peut faire avancer les lois vers l’égalité en se basant sur l’Islam, appartenant à une société tolérante et modérée, j’ai compris que nos jeunes filles et nos femmes ne doivent pas rester au banc de la modernité. Ce n’était pas facile de faire adopter ces politiques, mais progressivement j’obtenais un large consensus grâce à la négociation, au dialogue, et au renforcement des groupes favorables à ces politiques parmi lesquels on compte des leaders religieux ainsi que de nombreux journalistes.

Je suis et je serais de tous les combats qui font progresser l’égalité entre les sexes.

Les plaidoyers que j’ai mené de part le monde en tant que présidente du partenariat Sud-Sud en direction de l’exécutif, du législatif, des médias et des professionnels, ont abouti à la mobilisation de fonds importants.

C’est avec ces financements que j’ai pu contribuer en partenariat avec plusieurs instances gouvernementales et non gouvernementales, à la formulation de politiques globales et à la mise en oeuvre de programmes favorables aux femmes.

Mon combat à la tête d’«ONU Femmes» consacrera beaucoup de temps à l’écoute de tous les acteurs favorables à l’éradication des discriminations dans le monde.

La lutte contre la violence sera au centre de mon action, celle commise à l’égard des femmes dans des situations de conflits aura ma priorité. En effet si la guerre est injuste, ses conséquences sur la situation de la famille et en particulier sur les femmes sont si intolérables que l’on ne peut accepter que s’y ajoutent, des actes horribles tels que les abus sexuels ou les maltraitances physiques et morales.

Je serais à l’écoute de l’équipe et ferais beaucoup d’efforts pour faire de «ONU Femmes», l’axe le plus solide d’un réseau de solidarité qui devra se tisser progressivement pour mieux lutter contre les discriminations à l’égard des femmes.

Je laisserais l’initiative s’exprimer là où elle naît, pourvu qu’elle aboutisse à des résultats concrets en faveur de la cause des femmes. Je serai à la recherche des «success stories» et ferais en sorte que les bonnes pratiques soient partagées conformément à mon engagement dans la promotion du partenariat Sud-Sud.

A ce poste, j’apporterais l’expérience acquise dans l’établissement d’un dialogue et d’un large consensus pour atteindre des objectifs communs impliquant tous les acteurs, de la base communautaire jusqu’au plus haut niveau de décision en passant par la société civile, les experts et les professionnels et ce afin d’ouvrir la voie et de permettre à «ONU Femmes» de relever les défis. 

Je peux vous assurer que si le choix de Monsieur Ban Ki-moon considérait ma candidature comme la plus appropriée pour ce poste, mon mandat en tant que secrétaire générale adjointe de «ONU Femmes», serait des plus avantageux pour la cause des femmes et nous aurons ainsi contribué à l’avancement de nos sociétés.

Il saura aussi démontrer, par son choix, qu’une femme issue d’un pays en développement, africain, arabe et musulman, peut être à la tête d’une Institution oeuvrant pour l’égalité entre les hommes et les femmes partout dans le monde.

Nebiha Gueddana

http://www.leaders.com.tn/article/je-suis-et-je-serais-de-tous-les-combats-qui-font-progresser-l-egalite-entre-les-sexes?id=2884


Les Tunisiens critiquent les programmes télévisés du Ramadan


Par Mona Yahia et Jamel Arfaoui   Le contenu peut changer d’une année sur l’autre, mais deux choses restent certaines à propos de la programmation spéciale des chaînes de télévision publiques et privées en Tunisie pendant le mois sacré : un audimat en hausse et des débats sur les émissions.

Nasebati al-Aziza, une comédie diffusée par le réseau de télévision tunisien privé Nessma TV, retient particulièrement l’attention cette année. Pour jouer le rôle de l’un des principaux protagonistes féminins de cette série, celui de la belle-mère du héro, l’actrice Mona Nouredine utilise le dialecte local de Sfax, une province située au sud-est de Tunis.
Or, certains habitants de Sfax semblent ne pas apprécier cet humour.
« La série présente une fausse image des habitants de la région », a expliqué Mourad Kamoun. « Elle constitue une atteinte à leur culture et doit donc être arrêtée. »
Les critiques estiment que cette émission ridiculise le parler local.  
« Ce n’est pas vrai », affirme Marwan Belguit, un employé. « Ma femme est de Sfax, et les gens de cette ville parlent effectivement de cette manière. »
Des forums se sont rapidement créés sur Facebook. Plus de 8 000 habitants de Sfax ont demandé que Nessma TV arrête de diffuser cette série.
Nessma TV a interviewé l’actrice Mona Nouredine dans l’émission Nass Nessma, animé par Fawaz Ben Tmasek. Nouredine a expliqué qu’elle ne voyait rien de mal à jouer le personnage d’une habitante d’une province tunisienne, ajoutant que cela faisait connaître le dialecte local des provinces et des villes tunisiennes à un large public maghrébin. Elle a dénié toute mauvaise intention destinée à ternir l’image des habitants de la région.
Magharebia a recueilli une déclaration de la chaîne qualifiant cette controverse à propos de cette série de « beaucoup de bruit pour pas grand’chose. »
Nessma TV a expliqué que quatre des stars de cette série – Soufiene al-Shaari, Sawsen Ma’lij, Farhat Hennana et Khalid Bouzaid – sont originaires de Sfax. De plus, Farhat Hennana a participé à l’écriture du script de la série, en compagnie de Younis al-Farhi.
Une autre série, Casting, dirigée par Sami Fehri et diffusée sur la chaîne publiques Tunis 7, n’a pas été épargnée par les critiques dans les journaux, dans les rues et sur Facebook.
Cette fois, ce n’était pas pour le dialecte régional, mais pour le contenu. Certains téléspectateurs se sont en effet plaints que le ton et la langue à tendance sexuel de cette série étaient « inadaptés » à la période du Ramadan.
Au lieu d’une émission « triviale » comme Casting, a expliqué la journaliste Hassiba Sehli, « des séries religieuses comme al-Masih et Youssef Essedik sont de très bonnes productions qui méritent d’être regardées. » Mais Youssef Essedik fait également l’objet d’un procès en justice.
Quatre avocats tunisiens ont appelé le directeur de la communication de Nessma TV Moez Sinaoui à arrêter la diffusion de cette série, ainsi qu’une autre concernant la Vierge Marie.  
Ces avocats ont également envoyé un message au moufti de Tunisie, affirmant que « la Sounna interdit la personification des prophètes et des compagnons du Prophète ».  
« C’est une mesure dangereuse montrant que la créativité est prise à parti par ceux qui souhaitent mettre en place des tribunaux de l’inquisition et exercer un terrorisme intellectuel », a déclaré à Maghrabia le professeur d’université Amel Grami. Et Sofiene Chourabi, professionnel des médias, de renchérir : « Franchement, je ne comprends pas quelle entité abstraite a donné à ces personnes en colère ou à ses plaignants carte blanche pour interdire et condamner telle ou telle série. »
 
(Source: « Magharebia » le 25 aout 2010)


Tunisie – Reportage ramadanesque avec les inspecteurs du contrôle économique


 Dans la nuit du samedi 22 au dimanche 23 août 2010, nous étions trois journalistes à partir en patrouille nocturne avec les inspecteurs des services du contrôle économique. Et comme tout le monde le sait, une patrouille c’est comme aller à la pêche, il faut connaître les bons coins, savoir patienter, et les « poissons », grands et petits, finiront par mordre à l’hameçon tendu par les perspicaces inspecteurs. Car, force est de constater que cette saison estivale, cumulant des rendez-vous qui tombent, au grand dam des consommateurs, à la même période, Ramadhan, l’Aïd et la rentrée scolaire en l’occurrence, est de nature à aiguiser l’appétit des spéculateurs et des fraudeurs.

Qui plus est, la « spéculation » ramadanesque est aujourd’hui devenue telle que plus personne, même dans les esprits « candides », ne s’en étonne. D’où l’intensification des opérations du contrôle économique, jour et nuit, au cours du mois du jeûne afin de faire avorter les plans de fraude et faire régner l’ordre dans des marchés en mal de transparence. Néanmoins, le manque d’effectif conjugué aux risques du métier, peuvent obstruer le travail des agents du contrôle. Certains réclament, le verbe haut, une prime de risque. Elles ont été 42 équipes d’inspection à être mobilisées sur le terrain le soir du samedi 22 août 2010. Vers 22 heures, toutes les équipes ont été rassemblées devant la direction générale de la Concurrence et des Enquêtes Economiques pour recevoir les dernières instructions de Fethi Fedhili, directeur du contrôle économique au ministère du Commerce et de l’Artisanat, qui a superbement orchestré les raids nocturnes de ses troupes.
La présence de la presse était chaleureusement saluée par les inspecteurs en mal « de reconnaissance », du moins c’est ce qu’ils n’ont pas arrêté pas de nous dire. Et c’est tout à fait compréhensible.
Pris en otages de leur fièvre acheteuse, les consommateurs, qui contribuent inconsciemment à une surenchère artificielle des prix et à la prolifération des pratiques frauduleuses, ont tendance à justifier une partie de leurs déboires de consommation par la paresse des agents du contrôle. Ont-ils raison ? La paresse ferait-elle partie de la déontologie de ces inspecteurs? Les grands mots et les gros moulinets ne suffisent pas, à notre sens, à décrypter l’énigme relationnelle liant les agents du contrôle économique aux différentes parties, y compris les consommateurs. Seulement voilà : la présence des organes de la presse nationale était nécessaire, sans le moindre doute, pour braquer pleins feux sur les opérations menées par ces agents qui joignent le jour à la nuit pour atténuer les surenchères des spéculateurs. M. Fedhili, nous a fait savoir, lors de la réunion précédant le « disptach » de ses agents, que pour la période du premier janvier jusqu’au 19 août 2010, les agents des directions centrale et régionales du contrôle économique ont effectué 7.326 visites ciblant les différentes activités commerciales notamment les cafés et les espaces de loisirs. Bilan de la chasse aux abus: les infractions enregistrées s’élèvent à 814 dans le secteur des cafés et des espaces de loisirs. La part du lion revient à la hausse illicite des prix (304), le non affichage des prix (371) et dans une moindre mesure à d’autres infractions telles que la vente conditionnée (75), la non-présentation de factures (36), le refus de vente (20), etc. Avant notre départ à la « pêche en lac », il faut comprendre aux Berges des Lac, une mission confiée à Latifa Jedai et Mohammed Moedeb, les deux inspecteurs avec qui Buisness News a pris part à cette patrouille on ne peut plus instructive, les agents de contrôle ont été sensibilisés pour intervenir en temps opportun pour combattre les comportements spéculatifs. Sans exagération aucune, c’était une opportunité inédite qui nous a été offerte par la direction, pour suivre de près le déroulement des opérations sur le tas.
Notre patrouille a couvert trois cafés, parmi les plus prisés de « Miami », la zone la plus bondée en ce samedi soir typiquement ramadanesque. Et les infractions, à la pelle, étaient aux rendez-vous. Un résumé des faits : Nos compagnons de patrouille entrent dans un café en se passant pour des consommateurs, appellent le serveur, demandent des boissons chaudes (café et thé) et guettent la moindre faute. Pour tout dire, ils n’attendent pas beaucoup pour passer à l’action. Le simple fait qu’un serveur ne présente pas le menu est considéré comme une infraction, chose que presque la plupart de la clientèle oublie de demander. Et c’est une pratique courante utilisée par certains gérants pour jongler avec les prix à leur guise. Comme de coutume, les différentes infractions soulevées concernaient la hausse illicite des prix, le non affichage des prix et le non respect des conditions d’hygiène. Mme Jedai nous explique la procédure. Toutes ces infractions sont régies par la loi. Lorsque les inspecteurs constatent des infractions, le dossier est transmis à la justice qui décide des sanctions, relève Mme Jedai. Son collègue Moedeb, quant à lui, est persuadé que malgré le zèle des services de contrôle, les comportements spéculatifs continuent à fleurir. Si les agents ont un rôle à jouer, le comportement du consommateur est également important, nous précise-t-il. 
A en croire nos interlocuteurs, même si les programmes, mis en place pour sévir contre les pratiques commerciales prohibées, fonctionnent théoriquement sans accrocs, les spéculateurs s’ingénient pour flouer davantage les consommateurs qui n’offrent aucune résistance. Mais il n’y pas que ça.  » Il y a un sous-effectif en ce qui concerne les agents de contrôle. L’administration investit lourdement dans la location des voitures pour les patrouilles nocturnes, alors pourquoi ne pas le faire également pour le recrutement d’agents. Les diplômés du supérieur, en chômage, n’attendent qu’une chance pareille », signale Mme Jedai. Les propos de nos interlocuteurs cachaient une double déception qui n’a pas tardé à remonter à la surface.  » Nous abattons du travail, mais, triste retour des choses, notre devoir nous abat aussi. Une de nos collègues s’est fait agresser récemment. Certains commerçants et gérants de ces espaces, n’ont aucune considération pour notre statut. Pis encore, on n’est pas protégé par l’administration. Vu les dangers que nous pouvons rencontrer lors de nos tournées, nous estimons avoir droit à une prime de risque. Une question qui ne semble pas trop inquiéter la direction, elle qui cumule les pactoles suite à nos raids », précise Mme Jedai.
Et d’ajouter : » le consommateur tunisien, responsable lui aussi de la prolifération des pratiques frauduleuses par sa consommation effrénée et irrationnelle, nous pointe souvent du doigt. On nous accuse d’être des « paresseux » alors même que, comme vous venez de le constater, on est vraiment accablé par un manque d’effectif, de moyens, et de reconnaissance sans compter les risques du métier et, cerise sur le gâteau, les comportements épileptiques de nos consommateurs. Chacun finira par comprendre que la fraude n’en a cure que si, et seulement si, chaque partie endosse sa part des responsabilités ». Pour tout dire, la direction générale de la Concurrence et des Enquêtes Economiques compte beaucoup sur la participation de la presse pour dissiper le climat de méfiance entre agents et consommateurs. Voilà des années qu’elle s’est adonnée à un matraquage médiatique, à grands coups d’envolées lyriques, pour expliquer aux Tunisiens qu’elle n’a ménagé aucun effort pour les protéger des spéculateurs, qui se faufilent par nos « trous » budgétaires. Mais à entendre les revendications, tout à fait légitimes, des inspecteurs, qu’on a accompagné dans cette patrouille, on est parfaitement conscient que l’administration, après tous ces aménagements, est appelée à mieux les récompenser (Source: Business News le 25 aout 2010)   Lien:http://www.businessnews.com.tn/BN/BN-lirearticle.asp?id=1090773  

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