24 février 2006

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TUNISNEWS
6 ème année, N° 2104 du 24.02.2006

 archives : www.tunisnews.net


Vérité-Action: Tunisie – Intervention musclée des autorités pour empêcher un rassemblement

AFP:Un rassemblement d’opposants tunisiens empêché par la police AI : Préoccupation pour la santé de deux internautes de Zarzis AFP: Nouveau procès de la Ligue tunisienne des droits de l’homme AP: Lourdes peines de prison pour des passeurs tunisiens et marocains ayant causé la mort de 59 émigrés clandestins AFP: Grippe aviaire: un ornithologue propose une surveillance avancée au Maghreb Le Temps: Et c’est la psychose! Webmanagercenter: L’ATI déclare 1,8 million d’internautes ! Dr Ahmed Manaï: Décès du Sheikh Abd Errahmane Khlif – Quelques souvenirs personnels : Tunisie, Réveille-toi: Tunisie : la mafia politique et les signes annonciateurs de la chute (Seconde partie) Taïeb Moalla: Le choc des civilisations? TDG: Une taupe fédérale infiltre le Centre islamique de Genève Le Temps  (Suisse): L’Italie accuse la CIA devant l’Europarlement

TAZ: Nachdenken über Vorurteile

 
Vérité-Action Case postale 1569 1701 Fribourg Suisse Tél. +41797032611 Email. info@verite-action.org Site. www.verite-action.org   

Tunisie: Intervention musclée des autorités pour empêcher un rassemblement

 


Nous avons appris, de sources concordantes, que les forces de l’ordre ont essayé, aujourd’hui, à maintes reprises d’empêcher les membres du collectif du 18 octobre et les militants tunisiens de manifester.   Rassemblés devant le siège du Forum démocratique pour le travail et les libertés (FDTL), les manifestants revendiquaient la liberté de réunion lorsque la police est intervenue pour les disperser usant de la violence. Un syndicaliste a été agressé, l’étudiant Abdelhamid Sghaier a été arrêté, sauvagement tabassé et conduit au poste de police de Bab Elkhadra et trois avocats ont été conduits au poste de Bab Bhar puis libérés fin de l’après-midi, il s’agit de Me Khaled Krichi, Adel M’barki et Faicel Jelaoui.   Plusieurs militants n’ont pas pu rejoindre les manifestants. Arrivant de l’intérieur du pays, ils ont été arrêtés sur les autoroutes et empêchés de poursuivre leur chemin vers la capitale (lieu du rassemblement).   Vérité-Action salue le courage et la détermination des militants des droits de l’homme tunisiens et dénonce la violence des autorités face à la revendication d’un droit fondamental tel que la liberté de réunion.   Fribourg, le 24 février 2006   Pour Vérité-Action Service de l’information


Un rassemblement d’opposants tunisiens empêché par la police

 
AFP, vendredi 24 février 2006
TUNIS – La police a empêché vendredi la tenue d’un rassemblement organisé par des opposants tunisiens pour défendre le droit de réunion, a constaté un journaliste de l’AFP.
 
Des dizaines de policiers en tenue ou en civil avaient été déployés autour des locaux du Forum démocratique pour le travail et les libertés (FDTL, opposition légale), lieu prévu du rassemblement organisé par le « Collectif du 18 octobre pour les droits et les libertés », au centre de Tunis.
 
Les organisateurs ont affirmé que d’autres opposants étaient bloqués par la police aux gares de péage des autoroutes menant à la capitale. Le chef du Parti démocratique progressiste (PDP, opposition légale) également membre du Collectif, Ahmed Nejib Chebbi, a indiqué avoir été « malmené » par des agents en civil. « Si les autorités persistent à ne pas respecter notre droit de réunion, on est décidé à porter la tension d’une manière répétitive dans la rue », a déclaré M. Chebbi.
 
Le Collectif avait annoncé mardi le lancement d’une « campagne de protestation contre des atteintes au droit et à la liberté de réunion dans un contexte de verrouillage politique total ». Il avait dénoncé l’empêchement d’une réunion le 25 janvier au siège du FDTL.
 
Ce Collectif a été créé autour de huit opposants qui avaient observé une grève de la faim de plus d’un mois, en octobre et novembre 2005 à Tunis, avant de suspendre leur mouvement durant le Sommet mondial sur la société de l’information.
 
Il regroupe des opposants de diverses tendances, dont des islamistes, et reprend les revendications des grévistes pour le respect des libertés d’association et de presse, ainsi que l’élargissement des « prisonniers politiques ».
 
Les autorités ont assuré que le FDTL, le PDP ainsi que les cinq autres partis d’opposition « mènent toutes leurs activités librement et sans entrave ». Une conférence de presse tenue mardi dernier « par ces deux partis politiques offre en elle-même un cinglant démenti aux allégations démagogiques de leurs dirigeants », avait indiqué une source officielle.


 

AI : Préoccupation pour la santé de deux internautes de Zarzis

jeudi 23 février 2006

 

ACTION URGENTE

Amnesty International

AU 039/06 – MDE 30/001/2006 – EFAI –

Londres, le 16 février 2006

AU 039/06

TUNISIE

 

PRÉOCCUPATIONS POUR LA SANTÉ Abdelghaffar Guiza (h), 23 ans Omar Chlendi (h), 23 ans

 

Selon les informations recueillies, Abdelghaffar Guiza et Omar Chlendi, détenus depuis 2003, sont privés de soins médicaux. Or, il est à craindre que les jours d’Abdelghaffar Guiza ne soient en danger s’il ne bénéficie pas de soins spécialisés à l’hôpital. Les deux hommes ont été jugés dans le cadre d’une procédure inéquitable en 2004 pour “ appartenance à un groupe terroriste ”.

 

Abdelghaffar Guiza purge une peine de treize ans d’emprisonnement à la prison du 9 avril à Tunis, la capitale. D’après sa famille, il a contracté la tuberculose en prison et son état de santé s’est dégradé vers le début de l’année 2006 parce qu’il est détenu dans de mauvaises conditions et qu’on lui a refusé la permission de recevoir des soins spécialisés.

 

Selon des informations récentes, il lui est arrivé de vomir du sang et sa famille craint pour sa vie. Abdelghaffar Guiza a observé plusieurs grèves de la faim ces derniers mois afin que les autorités acceptent de l’envoyer dans un hôpital d’Ariana, à côté de Tunis, qui est spécialisé dans le traitement de la tuberculose.

 

Se-lon des médecins de cet hôpital, Abdelghaffar Guiza doit être hospitalisé au moins huit mois pour que le traite-ment soit efficace. À la fin de l’année 2005, il a été hospitalisé à Ariana pendant onze jours, mais ce n’était pas suffisant pour venir à bout de la maladie. Omar Chlendi purge lui aussi une peine de treize ans d’emprisonnement à la prison de Borj el Amri, à une tren-taine de kilomètres de Tunis.

 

D’après sa mère, qui lui a rendu visite à la fin du mois de janvier, son genou est très enflé et le fait affreusement souffrir ; en outre, il aurait des difficultés à marcher. Elle s’était entretenue avec le directeur de la prison il y a environ un an et avait demandé que son fils soit autorisé à recevoir des soins. Or, bien qu’une radiographie de son genou révèle apparemment une inflammation de l’articulation, Omar Chlendi n’a toujours pas reçu de soins adaptés. Abdelghaffar Guiza et Omar Chlendi ont été arrêtés en février 2003 en même temps que cinq autres hommes originaires de Zarzis, dans le sud de la Tunisie.

 

Les sept jeunes hommes ont ensuite été maintenus en déten-tion secrète pendant plus de deux semaines, au cours desquelles la plupart affirment avoir été torturés (voir l’AU 47/03, MDE 30/002/2003 du 18 février 2003 et sa mise à jour, MDE 30/003/2003 du 10 mars 2003).

 

Lors de son procès, en avril 2004, Abdelghaffar Guiza a détaillé les actes de torture qu’il aurait subis. D’après son témoignage, des représentants des autorités l’auraient notamment suspendu au plafond par les mains puis frappé dans le dos, ils l’auraient contraint à rester dans une baignoire remplie d’eau froide pendant de longues périodes et lui auraient plongé la tête sous l’eau à de multiples reprises. Abdelghaffar Guiza aurait également été menacé de viol et de mort.

 

Omar Chlendi a lui aussi fait état d’actes de torture : il aurait été suspendu au plafond par les mains et battu sur tout le corps. Leurs “ aveux ”, qui leur ont apparemment été arrachés sous la contrainte, constituaient les principaux élé-ments de preuve à charge lors de leur procès. Le tribunal n’a jamais ordonné d’enquête sur les tortures dont les accusés affirmaient avoir été victimes.

 

Abdelghaffar Guiza, Omar Chlendi et quatre de leurs coaccusés ont été condamnés à dix-neuf ans et trois mois d’emprisonnement, une peine ramenée à treize ans en appel, en juillet 2004. ACTION RECOMMANDÉE dans les appels que vous ferez parvenir le plus vite possible aux destinataires mentionnés ci-après (en arabe, en français, en anglais ou dans votre propre langue) :

 

– dites-vous préoccupé par la santé d’Abdelghaffar Guiza et d’Omar Chlendi ;

 

          déclarez-vous inquiet par le fait qu’Abdelghaffar Guiza risque de mourir s’il ne bénéficie pas d’une prise en charge médicale spécialisée, comme cela a été préconisé par un médecin ;

          priez instamment les autorités de veiller à ce qu’Abdelghaffar Guiza et Omar Chlendi reçoivent immédiate-ment les soins nécessités par leur état de santé ;

          faites observer que le procès de ces deux hommes et de leurs cinq coaccusés était contraire aux normes in-ternationales d’équité, dans la mesure où le tribunal a retenu comme principales preuves à charge des “ aveux ” qui leur avaient apparemment été arrachés sous la contrainte ;

          rappelez aux autorités qu’Abdelghaffar Guiza, Omar Chlendi et les personnes condamnées en même temps qu’eux doivent soit bénéficier d’un nouveau procès qui soit conforme aux normes internationales d’équité, soit être libérés.


Nouveau procès de la Ligue tunisienne des droits de l’homme

 

AFP, le 24 février 2006

TUNIS – Un imbroglio politico-judiciaire concernant la Ligue tunisienne de défense des droits de l’homme (LTDH) pourrait connaître son épilogue samedi avec une nouvelle audience du procès intenté en octobre dernier à la direction de cette organisation.

 

Le tribunal de première instance de Tunis doit examiner une plainte déposée par des adhérents de la LTDH proches du pouvoir contre la direction, accusée d' »abus de pouvoir et violation du règlement intérieur ».

 

Les juges avaient décidé le 24 décembre 2005 de reporter une nouvelle fois le procès, à la demande de l’un des avocats des deux plaignants qui poursuivent encore la Ligue.

 

« L’objectif clairement affiché » de ces deux adhérents de la Ligue est, selon le comité directeur de l’organisation, « d’entraver la préparation et la tenue du sixième congrès de la LTDH« .

 

Vingt autres plaignants avaient retiré leurs plaintes le 12 novembre. Mais ce retrait partiel avait empêché une radiation de l’affaire, quelques jours avant l’ouverture à Tunis d’un sommet mondial sur la société de l’information organisé par l’ONU.

 

L’avocat de la Ligue, Me Anouar Kousri, avait qualifié, le 24 décembre, d' »injustifiable » le nouveau report du procès de la direction de LTDH.

 

Doyenne des organisations de défense des droits de l’homme en Afrique et dans le monde arabe, la LTDH, fondée en 1977, s’était vue interdire par la justice, le 5 septembre 2005, la tenue de son congrès à la demande d’un groupe d’adhérents, membres et proches du parti au pouvoir, le Rassemblement constitutionnel démocratique.

 

La LTDH, qui dit être entravée dans son action depuis lors, accuse les autorités d’avoir provoqué la contestation dans ses rangs, ce que celles-ci démentent, affirmant que la Ligue est en proie à une crise interne.

 

Le président de la LTDH, l’avocat Mokhtar Trifi, avait estimé à l’automne que « l’affaire est politique et ne peut être reglée que par une décision politique ». Il avait demandé aux autorités de « cesser de s’ingérer dans les affaires intérieures » de la Ligue.

 

« La situation que la Ligue traverse actuellement est le résultat d’un conflit interne dans lequel l’autorité publique n’interfère nullement », avait affirmé de son côté le Premier ministre, Mohamed Ghannouchi.

 

Le comité directeur de la LTDH a accusé la police d’avoir empêché des rassemblements de soutien organisés dans plusieurs localités avant cette nouvelle phase du procès. Elle a notamment affirmé que les forces de l’ordre ont empêché depuis décembre les adhérents et des sympathisants de se rendre dans les locaux de la Ligue « dans le but de paralyser » son activité.

 

AFP


 

Lourdes peines de prison pour des passeurs tunisiens et marocains ayant causé la mort de 59 émigrés clandestins

 

Associated Press, le 23.02.2006 à 21h17

TUNIS (AP) — Le tribunal de première instance de Sousse, ville côtière située à 150km de Tunis, vient de condamner 11 passeurs tunisiens et marocains, dont trois par défaut, à des peines allant de deux à 20 ans d’emprisonnement, pour avoir organisé une tentative d’émigration illégale vers l’Italie qui a causé la mort de 59 clandestins, a rapporté jeudi le quotidien « Assabah ».

 

Trois des inculpés ont écopé de 20 ans de prison ferme, deux autres de 13 ans et six de sept à deux ans. Une femme qui a donné refuge aux clandestins a écopé de deux ans de prison avec sursis.

 

L’opération remonte à octobre 2004, lorsque l’embarcation avait coulé avec 70 personnes à bord, une demi-heure après son départ de la plage de Bouali, près de Sousse, parce que de l’eau s’était infiltrée dans sa partie arrière. Elle a été repêchée à 35 mètres de profondeur.

 

Le bilan du drame s’établit à 59 morts, la plupart des Marocains, et 11 rescapés. Seuls cinq corps ont été repêchés.

 

Les passeurs avaient perçu des candidats marocains 1.000 euros remis à leur départ et 1.000 autres euros à leur arrivée en Tunisie, précise le journal.

 

Associated Press


 

Grippe aviaire: un ornithologue propose une surveillance avancée au Maghreb

Par Hamida BEN SALAH    

AFP, le 24.02.2006 à 10h25               

TUNIS, 24 fév 2006 (AFP) – Un ornithologue tunisien a demandé  vendredi à l’Europe de collaborer à la mise en place d’un système de  surveillance avancée sur la grippe aviaire en Tunisie et au Maroc,  passages obligés de milliers d’oiseaux migrateurs actuellement de  retour vers l’Europe.

 

« La Tunisie et le Maroc se situent dans deux des trois corridors  de la migration saisonnière et des pays comme l’Espagne, la France,  l’Italie ou l’Allemagne ont intérêt à y disposer de postes de  surveillance avancés », a déclaré à l’AFP Abdelmajid Dabbar,  ornithologue et dirigeant de l’Association des Amis des Oiseaux  (AAO).

 

Le troisième couloir de la migration Europe-Afrique-Europe passe  par la Turquie, pays touché par le virus H5N1.

 

Des postes permanents permettraient, selon M. Dabbar,  d’anticiper la détection et les analyses et de procéder au baguage  de centaines d’espèces, parmi les oiseaux migrateurs susceptibles de  porter le virus.

 

La Tunisie et le Maroc sont les deux pays qui disposent déjà  d’une infrastructure et de compétences pour un suivi de la grippe  aviaire, ou autres épizooties, a expliqué cet expert, rappelant les  dégâts causés en Afrique par le virus West Nile en 1999-2001.

 

« Les oiseaux ne changent jamais d’itinéraire et ne reconnaissent  pas les frontières », a poursuivi M. Dabbar, expliquant que les  spécialistes nord-africains se basent sur le nombre de foyers qui  seront recensés en Europe pour évaluer les risques de contamination  chez eux, au retour des oiseaux à l’automne prochain.

 

La Tunisie, a-t-il indiqué, est « évidemment exposée », mais aucun  cas de grippe aviaire n’y a été détecté. Le pays semble avoir été  épargné en raison notamment de l’absence d’élevages d’oiseaux d’eau  (canards et oies) et du confinement systématique des volailles, qui  rend presque nul le contact avec des aquatiques migrateurs porteurs  du virus.

 

Les risques se trouvent aussi réduits au printemps par le fait  qu’à leur retour d’Afrique sub-saharienne les oiseaux sont pressés  d’aller s’accoupler en Europe et ne s’arrêtent pas longtemps au Sud  de la Méditerranée.

 

C’est donc à l’automne que la « vigilance doit être au maximum »,  a souligné M. Dabbar, jugeant « rigoureux et efficace » le plan  tunisien contre la grippe aviaire.

 

Le pays compte 46 « zones importantes pour la conservation des  oiseaux », dans lesquelles hivernent au total 265 espèces de  migrateurs, dont des espèces menacées comme la sarcelle marbrée, le  fuligule nyroca, ou l’érismature à tête blanche.

 

L’AAO recense le passage de plus de 500.000 oiseaux aquatiques  en Tunisie et a observé en janvier 130.000 individus dans la seule  réserve d’Ichkeul (Nord). Sans compter des millions d’étourneaux  qui, une fois rassasiés d’olives durant tout l’hiver, regagnent  l’Europe centrale fin février-mars.

 

La remontée des migrateurs s’étale jusqu’en juin. Les grues  repartent fin mars, les cigognes prennent généralement leur envol  vers la Sicile (Italie) en avril, suivies par les flamants roses qui  rentrent presque tous en Camargue (France), les rapaces étant les  derniers à quitter la Tunisie pour l’Europe du Nord et de l’Est.

 

Toutes les zones d’hivernage ont été placées sous surveillance  et des prélèvements sont régulièrement effectués sur des oiseaux  dans les réserves et étendues d’eau par l’institut Pasteur depuis  octobre 2005, explique M. Dabbar.

 

Son association, créée il y a 30 ans, est associée à la FAO en  Afrique du Nord et siège à la Commission nationale contre la grippe  aviaire et au Conseil supérieur de la Chasse.

 

AFP


 

Grippe aviaire: 27 mille poulets meurent asphyxiés dans une unité de la Mornaguia à la suite d’une coupure de courant

Et c’est la psychose!

 

L’apparition de la grippe aviaire dans plusieurs pays d’Europe de l’Ouest, voisins de la Tunisie (Italie, France, et Allemagne), ainsi que l’approche de la saison des migrations des oiseaux et du périple du printemps ont été à l’origine de la propagation de rumeurs sur la présence de cas de grippe aviaire en Tunisie, alors qu’aucun cas n’a été jusqu’ici enregistré, tant au niveau du cheptel avicole qu’à celui des oiseaux migrateurs.

 

La désaffection injustifiée pour la consommation de la viande de poulet et des produits dérivés a causé de gros dommages à ce secteur vital, mettant la profession face à une crise véritable ayant mené plusieurs éleveurs et commerçants à l’endettement, voire à la faillite et à la perte de leur seule source de revenu lié à l’élevage et au commerce de la volaille.

 

L’accident survenu récemment dans l’une des unités d’élevage industriel avicole, située à Mornaguia, et qui a provoqué l’asphyxie de 27 mille poulets, à la suite d’une coupure du courant électrique, a alimenté ces rumeurs et favorisé leur propagation, alors que pareils incidents sont fréquents dans les unités d’élevage avicole.

 

En dépit des opérations de surveillance continue menées par les parties spécialisées, sous la responsabilité de la commission nationale de prévention de la grippe aviaire, dans les élevages industriels et familiaux et parmi les oiseaux migrateurs, et malgré leurs affirmations quant à l’absence de l’épizootie en Tunisie et à la salubrité des élevages avicoles, la réaction des consommateurs demeure disproportionnée et sans fondements objectifs et reflète une sous-estimation de l’impact de cette crise sur le secteur et de ses retombées sur l’économie nationale, d’une façon générale.

 

Dans le cadre de la politique de prévention de ce fléau, un numéro vert gratuit a été mis en place au niveau du ministère de l’Agriculture et des Ressources Hydrauliques et des délégations régionales au développement agricole. De même, un site d’information a été créé sur le réseau Internet, en vue de faire connaître la stratégie nationale adoptée en matière de prévention de la grippe aviaire, en cas d’apparition du fléau en Tunisie.

 

Des préparatifs sont également en cours pour une vaste campagne de vaccination de la volaille dans les élevages familiaux situés à proximité des zones humides. La campagne de sensibilisation se fonde, notamment, sur la multiplication des spots publicitaires sur la salubrité du secteur avicole en Tunisie et sur la conscientisation des propriétaires d’élevages domestiques de volailles quant à la nécessité de confiner les volailles dans des cages conformes aux normes, outre l’organisation de séances de dégustation, en présence de personnalités nationales.

 

Il est attendu que cette campagne de sensibilisation contribue à conforter la confiance du consommateur tunisien dans la crédibilité et la transparence des informations diffusées par les instances concernées, à propos de l’absence de l’épizootie en Tunisie, et à lui éviter d’être influencé par la situation épidémiologique que connaissent certains pays voisins.

 

Il convient de rappeler, dans ce contexte, que la contagion ne s’opère pas à travers la consommation des viandes ou d’autres produits dérivés de l’élevage avicole, mais par le contact direct avec les volailles affectées. De ce fait, la désaffection pour la consommation des volailles n’est nullement justifiée. Par ailleurs, l’itinéraire emprunté par les oiseaux qui migrent des pays du nord-est asiatique affectés ne passe pas par la Tunisie mais s’arrête en Europe centrale.

 

Par conséquent, faire sortir le secteur des volailles de la crise qu’il endure et sauvegarder les sources de revenu de milliers de familles tunisiennes restent tributaires d’un comportement conscient et responsable des consommateurs qui ne devraient nullement se laisser influencer par les rumeurs, d’autant que tous les indicateurs attestent l’absence de cette épizootie en Tunisie et que les parties concernées n’hésiteront pas, en cas d’apparition de la grippe aviaire dans le pays, à informer correctement les citoyens sur l’évolution de la situation épidémiologique, la santé du citoyen et sa sécurité étant au-dessus de toute autre considération.

 

TAP

 

(Source : « Le Temps » du 24 février 2006)


 

 

L’ATI déclare 1,8 million d’internautes !

 

Les dernières statistiques de l’Agence tunisienne de l’Internet sont étonnantes ! Elles déclarent que la Tunisie compte au 31 décembre dernier plus de 1,8 million d’internautes !

 

Si on espère fortement ce chiffre, il n’en demeure pas moins qu’il nous semble fort étonnant puisqu’il ne correspond pas à la réalité du terrain telle que nous l’observons en prenant en considération le taux d’analphabétisme, le nombre d’ordinateurs en Tunisie, le nombre de contrats Internet, etc. Ce même chiffre ne semble d’ailleurs pas concorder avec celui de l’autorité de tutelle de l’ATI, à savoir le ministère des Technologies de la Communication. Pourquoi ? Voici les raisons qui nous mènent à croire à une erreur de la part de l’ATI.

 

– Le nombre d’ordinateurs : 465.000 (stats du ministère des Technologies de la Communication en octobre 2005).

– Nombre d’abonnés au réseau Internet : 140.480 abonnés (stats du même ministère à la même date).

– Nombre d’internautes : 926.780 internautes (stats du même ministère le 27 octobre 2005).

– Nombre d’internautes selon l’ATI : 1.801.540 (stats en décembre 2005).

– Nombre d’abonnés au réseau Internet selon l’ATI : 93.000 (entre simples contrats et contrats haut débit).

 

 

Ces chiffres très officiels sont arrêtés il y a à peine 4 mois et représentant le travail de plusieurs années. Or, comment peut-on croire qu’on a carrément doublé notre parc d’internautes entre les mois d’août 2005 et décembre 2005 et avoir réalisé ce que le pays a compté d’internautes depuis 1997 ? Que cela ne soit pas impossible, c’est indéniable, mais faut-il alors que l’on installe du jour au lendemain des centaines de milliers de nouveaux abonnements (entre RTC et ADSL), ce qui n’a pas été fait. Il suffit de le constater autour de nous, tout d’abord, et de jeter un coup d’œil sur les statistiques de cette même ATI !

 

Autre interrogation : l’ATI montre que plus de 18% de la population tunisienne est utilisatrice de l’Internet. Chose que nous espérons, mais il se trouve que selon les dernières statistiques nationales, 22,9% de la population (de 10 ans et plus) est analphabète et que 8,1% de cette même population est âgée de moins de 4 ans. Comment se fait-il dès lors que l’on a autant d’internautes représentant plus de 18% de toute la population ? A moins que l’on ne compte sciemment un utilisateur plusieurs fois, on ne voit qu’une erreur dans ces statistiques de l’ATI contradictoire avec celles de son ministère de tutelle, avec la réalité du terrain et la logique tout simplement. Des précisions sur la façon de compter (ce sont les ABC de tous les statisticiens et sondeurs) seraient les bienvenues de la part de l’ATI.

 

Pour nos sources, nous renvoyons nos lecteurs aux sites Internet officiels de l’ATI (www.ati.tn) et du ministère (www.infocom.tn) et nous avons les captures d’écran de ces sites avec leurs statistiques datées au moment de la rédaction de notre article.

 

R.B.H.

 

(Source: www.webmanagercenter.com , le 23/02/2006 à 16h30)

URL: http://www.webmanagercenter.com/management/article.php?id=2306


 

Décès du Sheikh Abd Errahmane Khlif

Par Ahmed Manaï

 

Inna Lillahi Wa Inna Ilaihi Rajioûn « Nous sommes à Dieu et à Lui nous retournons » ! Quelques souvenirs personnels :

Le Cheikh Abd Errahmane Khlif qui vient de nous quitter était certainement l’un des derniers représentants de l’Islam institutionnel de l’après indépendance, issu et organisé autour de la vieille et traditionnelle Ezzeitouna. Mais il ne se serait peut-être pas distingué de la masse des Zeitouniens de sa génération s’il n’avait symbolisé, en 1961, l’une des rares actions de résistance à l’empiètement trop flagrant du politique dans le domaine religieux.

Bourguiba voulait légitimement insuffler un vent de réforme dans une société tunisienne en proie aux archaïsmes de tout genre et l’avait entamé dès le début de l’indépendance, avec la promulgation du statut de la femme et de la famille. Un acte qui a certes brusqué une longue tradition patriarcale et de domination masculine mais qui a été dans l’ensemble assez vite amorti parce qu’il ne venait pas du néant. En effet, de larges pans de la société tunisienne y étaient préparés par les idées réformistes véhiculées surtout par certains enseignants de cette même Zeitouna depuis les années 1930 et par le travail de terrain des associations de femmes qui leur étaient proches. Trois au moins : l’Union musulmane des femmes de Tunisie de Bchira Ben Mrad (1936), la section féminine de l’Association des jeunes musulmans et le Club de la jeune fille tunisienne, dans les années 1940 et 1950.

Les choses ne se passèrent pas différemment quand Bourguiba s’attaqua frontalement deux années plus tard, à l’un des cinq piliers de l’Islam, à savoir le jeûne de Ramadan. C’était en 1958 comme l’avait précisé l’ami Ahmed Kedidi et non pas en 1961, comme l’avaient fait croire, sciemment ou par ignorance, nombre d’auteurs d’articles, plus enflammés les uns que les autres, publiés ces derniers jours autour du décès du Cheikh Abd Errahmane Khlif.

Autant que je m’en souvienne, il n’y a pas eu de réactions violentes et encore moins de révolte populaire face à l’acte de rupture publique du jeûne de Ramadan par Bourguiba ni suite à son appel aux Tunisiens à « manger pour pouvoir combattre leur ennemi : Ouftourou Li Takwou Ala Adouwikoum ». C’était son discours annonçant le passage du : petit jihad au grand jihad !

Le jeûne du Ramadan était pourtant l’obligation religieuse la plus suivie à l’époque mais la réaction des gens était des plus passives. Il y avait certes un malaise général, perceptible jusque dans les cercles du pouvoir et parmi certains proches collaborateurs de Bourguiba. Certains d’entre eux s’étaient entêtés à passer outre les consignes du chef et à respecter le jeûne, ce qui n’était pas du goût de Bourguiba, d’autant que des journaux marocains n’avaient pas manqué de le signaler à l’époque. Mais pas plus. Les réactions étaient plutôt individuelles et s’apparentaient aux commentaires : tels que « Si Lahbib n’aurait pas dû faire ça » ou bien « que chacun est libre de ses actes », « son appel n’engage que lui » « Koul Chah Maâllaka Min Kraha » et les plus téméraires l’accusaient in petto d’être un « mécréant ».

Sur le terrain, la lutte contre le jeûne battait son plein : tous les éléments des corps constitués, armée, Garde nationale et un peu moins la police, parce que moins nombreuse et surtout moins concentrée, devaient faire la preuve de leur discipline en buvant publiquement le matin, qui un verre d’eau, qui un café, qui autre chose. Et je me rappelle d’un jeune soldat en 1958 qui faisait la queue avec son unité pour boire le verre d’eau le mettant en règle avec les consignes.

Arrivé en face de son officier qui se tenait à côté du seau d’eau, le soldat lui dit calmement : vous gagnerez le paradis si vous preniez une douche « Touhr » avec cette eau et que vous faisiez votre prière et commenciez votre jeûne ! Le jeune soldat passa devant le tribunal militaire, et sans le concours de son frère, qui était officier de la première promotion, il aurait été condamné sévèrement. On le déclara malade mental et il passa quelques mois à l’hôpital Razi. Depuis près de 50 ans, c’est le fou de mon village, et pour moi, cet homme est l’un de ses rares sages. Le soldat indiscipliné de 1958, toujours en vie, s’appelle Salah Saïdana. Son frère officier avait interrompu sa carrière militaire à la fin des années 1970, refit sa vie et décéda à Paris en 1998. C’était le colonel Ali Saïdana.

Au cours de cette même année 1958 et à l’autre bout de l’échelle sociale, un Cheikh de la Zeitouna n’eut pas le courage de ce jeune soldat. Invité au palais de la Marsa en pleine journée de Ramadan, il n’osa pas refuser le verre de jus que lui proposa Bourguiba avec insistance. Avant de le boire, il prit soin néanmoins de regarder à droite et gauche pour s’assurer que… !

Dans les lycées et autres institutions d’enseignement et de formation, les externes pouvaient faire librement le carême. Les internes par contre étaient soumis à un régime spartiate qui décourageait les pratiquants les plus convaincus. Les repas, toujours plus riches au mois de Ramadan, étaient servis aux heures normales : le petit déjeuner après le début du jeûne, le déjeuner à midi, le repas du soir longtemps après la rupture du jeûne. Et pour couronner le tout, il leur était interdit, sous peine de graves sanctions, de prendre des victuailles dans leurs casiers du dortoir.

J’étais externe au lycée de garçons de Sousse et je faisais souvent des courses pour mes amis jeûneurs. Oh je n’avais pas besoin de caddy ni même d’un couffin : cela tenait à un bout de pain pour chacun d’entre eux, de l’harissa ou un morceau de fromage, des variantes et pour les plus riches, une boîte de sardines. Certains se contentaient de 50 g de pois chiches pour affronter une longue journée de jeûne. On a de la peine à imaginer aujourd’hui à quoi tenait la ration alimentaire d’un élève de lycée à cette époque. Mais on peut se faire une petite idée en regardant les reportages de télévision sur certains pays africains.

Après ma première partie du Bac, en 1961, j’étais nommé pion et j’avais la responsabilité d’un dortoir de trois classes terminales, c’est-à-dire près d’une centaine d’élèves. C’était là, trois ans après le début de la croisade contre le jeûne, que j’ai découvert la grande misère à laquelle étaient soumis des élèves croyants et pratiquants. Ma chambre de pion servit au cours du Ramadan de cette année là de réfectoire à la dizaine de jeûneurs que nous étions, ravitaillés par une sœur aisée et généreuse qui habitait dans le voisinage.

C’était cette année aussi que j’ai entendu parler pour la première fois de Cheikh Khlif. C’était déjà notre chevalier vaillant qui osa s’opposer à l’autoritarisme de Bourguiba aux cris d’Allahou Akbar Ma Iemchich !

En fait très peu de gens en dehors des Kairouanais, savaient exactement le pourquoi de cette manifestation qui coûta la vie à 5 personnes, fit de nombreux blessés et provoqua l’arrestation d’un grand nombre de manifestants. Certains continuent à l’ignorer ou à entretenir la confusion autour de ses motifs. C’est pourquoi le témoignage direct et précis d’un homme comme Ahmed Kedidi est vital pour comprendre les événements de cette époque.

En ce début de 1961, Bourguiba et son ministre de l’éducation nationale Mahmoud Messadi, décidèrent d’introduire la mixité dans les écoles et d’interdire le port du voile de l’époque. Ce dernier, appelé Khama, tenait en deux pièces : la première de satin, le plus souvent de couleur noire à Kairouan, qui couvrait la tête et arrivait jusqu’aux hanches de la jeune fille et la deuxième couvrait la partie inférieure du visage et nouée par derrière la tête. Cet habit arrivait jusqu’aux genoux et rarement jusqu’aux pieds.

Mais il y avait plus grave : le gouvernement décida aussi de fermer certaines annexes de l’enseignement zeitounien, et de concentrer celui-ci dans certaines villes. Celle de Kairouan, dirigée par Cheikh Khlif depuis 1957, subissait ce sort : les élèves étaient transférés à l’annexe de Sousse et Cheikh Khlif ainsi que Cheikh Salah Bahri étaient mutés à Sousse par une mesure disciplinaire.

C’était le clash. Une grande manifestation partit de la mosquée Okba après la prière du vendredi en direction de la Wilaya, sur laquelle régnait en Sultan Mamelouk, un autre ancien Zeitounien, Amor Chéchia. On connaît la suite. Cheikh Khlif a été jugé et condamnée à la peine capitale, commuée en 20 ans de travaux forcée. En fait il passa seulement deux ou trois années en prison et reprit son enseignement à Sousse.

C’est à Sousse que je l’ai connu une dizaine d’années plus tard et souvent côtoyé à la librairie Dar El Kitab où il venait souvent. Notre ami commun, feu Taïeb Kacem, décédé en 1995, un fin lettré et lui aussi Zeitounien, adepte de la non-violence et grand admirateur de Gandhi, patron de la librairie, facilita le contact. Nous avions sympathisé rapidement, ce qui m’a permis au fil des années de découvrir en lui un homme tout à fait aux antipodes de l’image de bigot que certains donnaient de lui. C’était l’exemple même de l’humilité, si rare chez nos concitoyens, de la discrétion mais surtout un homme de grande conviction ce qui ne l’empêchait pas d’être curieux et ouvert, prêt à débattre de tout avec n’importe qui et sans préalable. D’ailleurs, nombre de l’entourage de Taïeb Kacem et de ses propres fréquentations, étaient des hommes de gauche de l’intelligentsia du Sahel.

Revenant une fois avec lui sur cet épisode de 1961, je lui ai raconté la galère des lycéens internes qui faisaient le Ramadan en Tunisie et comment, se retrouvant l’année d’après en France, ils furent admis par le CROUS à profiter du régime très favorable du restaurant médico- social, dont les horaires de service correspondaient, du moins en 1962, à l’heure de la rupture du jeûne. Avec la qualité de la nourriture en plus. Il n’en fut guère étonné, convaincu que ces Européens appliquaient les préceptes de l’Islam sans croire à son message !

Cheikh Khlif a eu droit au dernier procès de sa vie au début de 2003. Un procès par contumace et en l’absence de la défense, en direct sur la chaîne télévisée Elhiwar. C’était suite à son « commentaire », jugé diffamatoire, du livre de Mohamed Charfi du haut du Minbar de la mosquée Okba. La « société civile » vint au secours de Charfi dans ce qui avait été perçu comme une machination contre lui. Le Cheikh était jugé instrument du pouvoir, obscurantiste et autres qualificatifs du même genre. On a rappelé plusieurs fois comme il convient, le fait qu’il a été député du RCD, mais on a omis de dire ne serait-ce qu’une seule fois, que son adversaire était à la même époque, ministre dans l’exécutif dirigé par ce même RCD. Ainsi va la justice !

Cheikh Khlif nous a quittés à un mois du cinquantième anniversaire de l’indépendance, d’une Tunisie profondément musulmane depuis des siècles, mais tiraillée depuis une trentaine d’années, entre les prétentions arrogantes de trois franges de l’élite politique : une véritable élite historique destourienne, ayant perdu depuis longtemps sa légitimité, mais qui s’ingénie à continuer de disposer de la Tunisie et des Tunisiens.

Une prétendue élite historique de « gauche », au poids insignifiant, mais qui estime avoir hérité du pays « en rente viagère », et enfin une troisième, non moins arrogante, qui veut disposer des croyants au motif qu’elle tire sa légitimité de la défense de l’islam. Entre les trois, les simples musulmans, l’écrasante majorité des Tunisiens qui veulent vivre leur foi en paix, se cherchent une voie du salut !

Rahima Allahou Abderrahmane Khlif.

(Source: le site de www.nawaat.org le 24 fevrier 2004)

 


Tunisie : la mafia politique et les signes annonciateurs de la chute (Seconde partie)

par Hamime

  

On ne peut appréhender la réalité tunisienne qu’à travers les événements qui rythment le quotidien du citoyen, qui révèlent les pratiques criminelles et tyranniques de la police mafieuse et qui amènent à se questionner sur ses plans abjects et ses desseins mercenaires, à bon marché, et infâmes vis à vis d’un peuple à qui reste hors de portée le langage du fait, de la volonté, du droit, de la liberté, du défi et de la fermeté… Un peuple qui, soumis à une pression constante, se consacre volontairement, voire lutte jusqu’à la mort pour sublimer la voix de ce pouvoir de coercition et de destruction. Il n’est mû que par la recherche du minimum vital et des compliments improbables du despote.

 

Il a plongé dans l’absurdité, la fragilité, la marginalité et la perte. De l’abjection et l’offense, il retire l’habit qu’il revêt (une feuille rouge) sur lequel sont écrits son nom, son prénom et son numéro d’appartenance au pouvoir en place. Une feuille qui le protège des excès de la colère, et qu’il ne peut refuser sous peine de voir sa famille inexorablement vouée à la famine, la déshérence et l’errance, et d’être englouti par un animal sauvage effroyable. S’il se fait dévorer, il sera voué à la folie : la rue ou la prison ouverte dont le pouvoir politique a fait le meilleur camp de torture et de provocations, c’est l’une des stratégies mafieuses nouvelles adoptées par le pouvoir en place en Tunisie à l’endroit de quiconque dira non à Ben Ali.

 

1) Où est l’opposition ?

 

2) Comment l’opposition est-elle passée de la langue de la rue en proie à l’agitation, aux troubles internes qui la rongent, elle ne représente plus un débouché, elle est impuissante et muette ?

 

L’opposition tunisienne a souvent mis ses échecs sur le compte de la faiblesse du peuple et l’a accusé d’ignorance, de fourberie et de trahison et a eu vite fait d’annoncer qu’elle se retirait sur le mode « Lil bayti rab yahmihi ». Elle s’est repliée sur la vie ordinaire, à distance du pouvoir et de ses crimes, en laissant le peuple se débattre dans un cloaque infesté de bestioles, dont la majorité sont les rats et les insectes répugnants, dont les plus forts sont les vipères difformes au venin assassin. Ces bestioles n’ont qu’une explication à la présence humaine, qui se résume à se remplir le ventre. Voilà un aperçu rapide du Rassemblement Constitutionnel Démocratique et de ses activistes qui rend vraiment compte de l’étrangeté et l’ « extraordinaire » du cloaque. Pour finir, le peuple s’est retrouvé de force dans les rangs du pouvoir actuel et non par choix, à l’ombre d’une opposition qui n’a pas voulu s’abaisser à s’occuper de la réalité du peuple et a aidé le pouvoir à plus d’une reprise à rester sur le sein d’une vieille femme pour profaner ce qui lui reste de pudeur et de vie.

 

Parlons par exemple du mouvement de la Nahdha qui a laissé la plupart de ses militants agoniser, a revêtu une tenue combattante factice et a appelé à plusieurs reprises à la réconciliation, en d’autres termes au pacte avec le virus économique et politique qui viole les espaces de l’investissement, détruit l’économie, tue l’identité du peuple, séquestre ses capacités, conspire contre sa jeunesse et fait le commerce de toutes ses institutions, qui se développe, grandit jour après jour selon une tactique policière qui a mis la main sur toutes les portes et les issues, fond sur les esprits et coupe court à la réflexion, tue et commet des crimes de façon intelligente, sans laisser de trace.

 

Qui demande la réconciliation, et avec qui ?

 

Un faible, défait, qui se plaint d’impuissance structurelle et nécessite une reconstruction, le mouvement le plus rejeté par le peuple, demande une réconciliation avec le pouvoir politique en Tunisie, le pouvoir le plus abhorré par le peuple !!! Le mouvement de la Nahdha est démasqué, ses trahisons se font jour et il ne représente plus rien pour le peuple tunisien. Et les autres partis, où sont-ils et que font-ils et qu’y a-t-il de nouveau dans leur projet réformateur ou révolutionnaire ?

 

Toute escarmouche de Hamma Hammami ou de Mohammed Kilani sont des mouvements qui relèvent de la dilettante, et le plus qu’on puisse en dire, c’est qu’ils ressemblent à ces séances protocolaires destinées à faire connaissance ou à identifier les nouveaux visages dans le cadre de rassemblements politiques d’opposition formelle, sans fondements et sans projet. Dans cet article nous n’allons pas citer les partis d’opposition autorisés. En effet, il ne s’agit pas de partis au sens scientifique et politique du terme, mais de jouets entre les mains du pouvoir pour affronter les critiques et le rejet du totalitarisme. Ils ne représentent que des ramifications du RCD et ses directions ne représentent que des mercenaires, des cadres qui structurent le réseau de la mafia politique.

 

Hamime

 

A paraître : « La paralysie des mécanismes de l’appareil » dans la prochaine partie de « Tunisie, la mafia politique et les signes annonciateurs de la chute »

 

(NDLR : la première partie de cet article «  Tunisie : la mafia politique et les signes annonciateurs de la chute » Par Hamime à été publiée le 15 février 2006 sur le site www.reveiltunisien.org )

 

(traduction : LT)

 

(Source : « Tunisie, Réveille-toi », le 22 février 2006)


Le choc des civilisations?

 
Taïeb Moalla
Journaliste indépendant
 
Douze malheureuses caricatures auront donc réussi à déclencher un tollé général. Insultée, une écrasante majorité de musulmans a exprimé sa colère. Quelques fanatiques ont lancé des appels au meurtre, saccagé des ambassades et brûlé des drapeaux. Au moment d’écrire ces lignes (le 15 février 2006), dix-huit personnes à travers le monde avaient trouvé la mort suite à des protestations liées à la controverse.
 
Si le ressentiment d’un grand nombre de mahométans est bien réel, les manipulations étatiques ne sont jamais bien loin.
 
Les caricatures publiées pour la première fois, le 30 septembre 2005, dans le quotidien danois Jyllands-Posten ont mis quatre mois avant de susciter l’indignation. Entre temps, le journal égyptien Al Fajr, en date du 17 octobre 2005, a même eu le temps de reprendre la moitié des dessins – y compris les plus insultants – sans provoquer une réaction particulière.
 
Il a donc fallu attendre les condamnations officielles de l’Organisation de la conférence islamique puis de la Ligue des États arabes pour donner le feu vert implicite aux manifestations de rue. Sinon, peut-on imaginer qu’une ambassade puisse être incendiée en Iran ou en Syrie sans que les régimes autoritaires en place ne soient impliqués dans ces actions ?
 
Du côté occidental, la récupération politique de l’événement est vraisemblable. Le président américain, George Bush, et le Premier ministre britannique, Anthony Blair, ont rapidement appelé les médias de leurs pays à la « responsabilité » (!). Empêtrés dans le bourbier irakien, les deux leaders ne pouvaient se permettre d’écorner davantage leur image auprès des masses musulmanes.
 
En France, le président Jacques Chirac a dénoncé les « provocations manifestes susceptibles d’attiser dangereusement les passions». Plus proche de nous, le nouveau Premier ministre canadien, le conservateur Stephen Harper, a « [regretté] que plusieurs médias aient publié les caricatures ».
 
Aucun de ces dirigeants n’a osé rappeler que le rapport qu’entretient l’Occident avec le sacré n’est en rien comparable au lien qu’ont une majorité de musulmans avec leur foi. Personne n’a souligné qu’une démocratie saine a toujours besoin d’une dose d’iconoclasme et qu’une caricature est – par essence – provocatrice.
 
S’il est difficile de deviner la suite des événements, tant les passions sont exacerbées, il semble acquis que le fossé entre le Nord et le Sud ira grandissant. Avec cette affaire des caricatures, c’est l’intellectuel conservateur états-unien, Samuel Huntington, qui doit se frotter les mains. Sa théorie sur l’inéluctable choc des civilisations semble se confirmer.
 
On aura beau jeu d’affirmer que cette analyse est aussi partielle que partiale, il y a de forts risques qu’elle corresponde à la perception que laissera la crise chez beaucoup de personnes. Et ce, quelle qu’en soit l’issue…
 

Les Immigrants de la Capitale, février 2006

 


 

Espionnage

Un Genevois recruté par Berne a infiltré l’entourage d’Hani Ramadan.

Une taupe fédérale infiltre le Centre islamique de Genève

Valérie Duby et Alain Jourdan

Sa mission était d’infiltrer le Centre islamique de Genève. Recruté par la police fédérale au début 2004, Christian (prénom fictif), 35 ans, sans emploi, a accepté le job. «Je sortais de prison dans le cadre d’une affaire d’escroquerie. J’avais déjà collaboré avec la police. Je me suis dit pourquoi pas», explique le Genevois.

 

Christian est rapidement mis en contact avec des commissaires du Service d’analyse et de prévention, à Berne. «L’opération d’infiltration du Centre islamique a été baptisée Memphis. Mon nom de code était Menes. Il a fallu me construire une histoire afin de justifier mon intérêt pour l’islam. Dans le jargon des services, on appelle cela une «légende». Plusieurs séances de préparation ont eu lieu dans des locaux loués au nom d’Antoine Lepage, près de l’aéroport. »

 

Christian rencontre Hani Ramadan pour la première fois le mardi 17 février 2004, à l’issue d’une conférence au Centre islamique de la rue des Eaux- Vives. «Je ne devais pas manifester un trop grand intérêt pour l’islam au départ. Seulement faire état de préoccupations existentielles à l’issue d’une période troublée. »

 

Comme le dit la taupe, ce n’est pas tous les jours que l’on croise des Occidentaux qui manifestent un intérêt pour la religion musulmane: «Hani Ramadan a mordu à l’hameçon. »

 

Les agents du SAP savent que l’opération ne va pas rapporter gros en termes de renseignements au début. «Le but était surtout de créer des liens avec Hani Ramadan et les personnages gravitant autour de lui. Les policiers fédéraux me faisaient confiance. Naturellement, ils étaient au courant de mes antécédents judiciaires. Mais ils ne cherchaient pas non plus une vierge effarouchée! Je n’étais pas mensualisé. Juste défrayé. De toute manière, je ne faisais pas cela que pour l’argent. »

 

Il se convertit à l’islam

 

Le 30 avril 2004, deux mois après sa rencontre avec Ramadan, Christian se convertit à l’islam. Il se prénomme désormais Sayyid. Et se rend quotidiennement prier au centre des Eaux-Vives. Au fil des jours, Sayyid a l’occasion d’entrer en contact avec de nombreuses personnes. «Il m’a été très facile d’établir des rapports de confiance, les gens étaient accueillants. » Il rencontre par exemple l’un des deux hommes arrêtés en octobre 2005 pour avoir surfé sur le Net et visité des sites extrémistes violents, à l’Université de Genève.

 

«A chaque fois que je rencontrais des individus suspects ayant des liens avec des réseaux islamistes, le SAP les identifiait comme appartenant à des services de renseignements étrangers. On me demandait alors de me recadrer sur Hani Ramadan. C’était la priorité absolue. L’objectif central de l’opération. Le SAP voulait tout savoir, qui il fréquentait, qui se rendait au centre. Et même le nombre de sucres dans son café. . . C’était absurde.

 

»Mon contact à Berne n’était pas forcément intéressé par les autres infos que je lui amenais en rapport avec la sécurité de notre pays. La police genevoise, avec laquelle j’ai toujours conservé un contact, a été écartée de l’opération. »

 

Services secrets, services muets

 

Christian n’est pas un mythomane. Il fournit le numéro de téléphone de son contact au SAP. Etonné d’être joint par des journalistes, l’officier traitant refuse de s’exprimer. Guido Balmer, porte-parole du Département fédéral de justice et police répond par un communiqué: «Conformément à la pratique, le Service d’analyse et de prévention (SAP) ne peut ni confirmer ni infirmer le fait que des personnes lui livrent des informations. Dans les cas concrets, nous ne nous prononçons ni positivement ni négativement pour ne pas mettre en danger d’éventuelles sources d’informations. Mais la loi permet au SAP de faire appel à des particuliers pour rechercher des informations.

 

C’est uniquement sur les fronts de l’extrémisme violent, du terrorisme, de l’espionnage et de la prolifération des armes de destruction massive que le SAP, à savoir le service de renseignements intérieurs, peut recueillir des informations en faisant appel à des informateurs.

 

Le SAP a donc parfaitement le droit d’inciter des personnes à lui livrer certaines informations (. . . ).

 

Les informateurs sont dûment informés des limites juridiques liées à leurs activités. A titre d’exemple, il n’est pas admis qu’une personne commette un cambriolage ou une autre infraction pour obtenir des informations. »(vdy/aj)

 

«Un jour, j’ai décidé de tout dire à Hani Ramadan»

L’espion a des états d’âme

 

Au fil des mois, Christian-Sayyid se met à apprécier le directeur du Centre islamique: «Plus j’apprenais à le connaître et plus j’étais surpris par son attitude. Lui-même se montrait méfiant de tous ceux qui maniaient un langage révolutionnaire, n’hésitant pas à exclure du centre certains musulmans. » Hani Ramadan est dans le collimateur des autorités. Il a été renvoyé de l’enseignement public pour avoir publié dans les colonnes du Monde en 2002 une tribune libre sur la charia dans laquelle il défendait les vertus dissuasives de la lapidation.

 

Christian est approché pour se rendre en Irak. Il ira en Syrie, avec l’accord de son contact à Berne. De là, il rédige un mémoire sur les rencontres effectuées à Damas. A son retour, en février 2005, il décide de stopper sa collaboration. «J’en avais marre. J’avais envie de vacances. Je voulais rejoindre des amis en Espagne. J’ai informé Berne, mais mon agent traitant ne voulait rien entendre. On m’avait pourtant toujours dit que je pourrais stopper ma collaboration à tout moment. Par des menaces à peine voilées, on m’a expliqué que si les autorités espagnoles apprenaient mon séjour en Syrie, elles pourraient l’interpréter dans un mauvais sens. . . Pendant plusieurs mois, le SAP a tout fait pour que je continue. En octobre 2005, j’ai accepté une rencontre afin de mettre les choses au point. On m’a demandé une nouvelle fois d’identifier des gens sur des photos. »

 

Christian conclut: «J’ai moi-même une morale assez élastique, mais dans cette affaire je dois dire que je n’ai pas compris leurs méthodes. Il y a quelques semaines, j’ai décidé d’avouer la vérité à Hani Ramadan et de rendre cette affaire publique. Et il y aurait encore beaucoup de choses à dire. »

 

Joint par téléphone, Hani Ramadan n’a pas souhaité s’exprimer sur cette affaire. «De toute manière, le centre n’a rien à cacher. Nous travaillons dans la plus grande transparence», se borne-t-il à répondre. (vdy/aj)

 

(Source : La Tribune de Genève (Suisse), du 23 février 2006, page 19)

URL: http://www.tdg.ch/tghome/toute_l_info_test/geneve_et_region/islamique__23_02_.html


 

L’enlèvement incroyablement amateur d’un imam en 2003 à Milan.

L’Italie accuse la CIA devant l’Europarlement

 

Le Parquet antiterroriste italien a raconté jeudi en détail, devant des députés européens incrédules, l’enlèvement incroyablement amateur d’un imam en 2003 à Milan, donnant ainsi du poids aux accusations d’enlèvements d’islamistes par la CIA. Les membres de la commission d’enquête sur la CIA ont écouté le procureur antiterroriste milanais Armando Spataro raconter les méthodes de l’agence américaine. Des méthodes dont l’amateurisme ont fait sourire de nombreux députés, malgré le sérieux du sujet.

 

L’affaire débute le 17 février 2003 lorsqu’un ancien imam d’une mosquée de la ville, Abou Omar, un Egyptien bénéficiant du statut de réfugié politique, disparaît. On n’entendra plus parler de lui jusqu’au 19 avril 2004, lorsque, dans un coup de fil passé du Caire, il raconte son enlèvement à des amis restés à Milan dont le téléphone avait été placé sur écoute, et affirme avoir été torturé pendant sa détention en Egypte. Suite à ce coup de fil, il est réincarcéré le 12 mai en Egypte, où le Parquet de Milan n’a jamais pu l’interroger.

 

L’enquête montrera qu’il a été conduit par ses ravisseurs sur la base aérienne américaine d’Aviano, près de Trévise, où il a été interrogé puis embarqué à bord d’un appareil à destination du Caire. Les enquêteurs parviendront à cette conclusion en remontant les appels passés entre 17 téléphones mobiles dans la zone de l’enlèvement. Ces téléphones ont servi à des citoyens américains à réserver dans les jours précédant l’enlèvement des hôtels à Milan et des voitures. Dans ces hôtels, ils découvriront des copies des pièces d’identité de ces Américains, ainsi que des appels passés au siège de la CIA en Virginie et à son responsable à Milan. Celui-ci, un certain Robert Lady, a disparu depuis fin 2004…

 

La commission a ensuite auditionné Dick Marty, le rapporteur de l’enquête menée par le Conseil de l’Europe.

 

(Source : « Le Temps » (Suisse) du 24 février 2006)


 

Nachdenken über Vorurteile

25 junge Menschen aus acht Ländern diskutieren eine Woche lang über Vorurteile – und wie man sie überwindet. Auch der Karikaturenstreit ist ein wichtiges Thema des Seminars, das vom Antidiskriminierungsbüro organisiert wird Das Vorhaben ist ehrgeizig: 25 junge Menschen aus acht Ländern Europas und Afrikas treffen sich in Berlin – und reden eine Woche lang über Vorurteile und wie man sie aus dem Weg räumt. « Niemand ist frei von Stereotypen », erklärt Patrick Kowal. Er ist Vorstandsmitglied des Antidiskriminierungsbüros e.V. (ADB), das das Seminar « Meeting Beyond Stereotypes » organisiert hat. Finanziert wird es aus Mitteln des Aktionsprogramms Jugend der Europäischen Union. Die jungen Erwachsenen, die das ADB eingeladen hat, sind zwischen 20 und 25 Jahren alt. Sie kommen aus Algerien, Tunesien, Belgien, Polen, Israel, Schweden, Deutschland und der Türkei. Alle sind in Organisationen der Jugendarbeit tätig und wollen die neu gewonnen Erkenntnisse und Eindrücke in ihren Heimatländern weitervermitteln. « Solch ein internationaler Austausch baut Freundschaften auf, die auf lange Sicht dazu beitragen, verbreitete Stereotype abzubauen », sagt die Schwedin Isabelle Nilsson. Und Sarra Khammassi, die für das Seminar aus Tunesien angereist ist, fügt hinzu: « Die Zeit in Berlin gibt uns die einzigartige Möglichkeit, mit anderen Jugendlichen aus so vielen Ländern ganz offen zu reden und Vorurteile zu enttarnen. » Nach den ersten drei Tagen zieht Projektkoordinator Borris Diederichs eine positive Bilanz: « Ich bin sehr zufrieden, wie es bisher gelaufen ist. » Die Teilnehmer seien untereinander sehr offen, und es herrsche eine produktive Gruppendynamik. Intensive Gespräche Aus aktuellem Anlass diskutierte die Gruppe in den vergangenen Tagen vor allem über die Auswirkungen des Karikaturenstreits. Viele von ihnen bedauern, dass die Bilder von gewalttätigen Demonstrationen in islamischen Ländern die westlichen Medien dominierten. « Im persönlichen Gespräch stellt man oft fest, dass viele Menschen aus diesen Ländern anders denken, als es in den Medien dargestellt wird », erklärt Patrick Kowal. « Ich bin sehr überrascht, wie gut die Kommunikation untereinander funktioniert », berichtet Ohad Lahav. Er arbeitet in einer Jugendgruppe in Tel Aviv. Die Reise nach Berlin war für ihn mit einem « mulmigen Gefühl » verbunden: Er habe zu viele schlimme Bilder aus der Nazizeit im Kopf gehabt, berichtet Lahav. Jetzt freue er sich aber auf die Sightseeing-Tour mit den anderen Teilnehmern. Seine Vorurteile gegenüber Berlin will er während der Tagung endgültig abbauen. JOHANNES RADKE taz Berlin lokal vom 22.2.2006, S. 24, 82 Z. (TAZ-Bericht), JOHANNES RADKE


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