23 novembre 2005

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TUNISNEWS
6 ème année, N° 2012 du 23.11.2005

 archives : www.tunisnews.net


ATS: Sommet de la société de l’information à Tunis: Berne proteste
AISPP: Hamadi Jebali en danger
La Banque mondiale finance un projet d’alimentation en eau des zones urbaines en Tunisie

Dr. Ahmed Manaï: Retour à « la caravane du retour » Sami Ben Abdallah: M. Jean-Jacques Descamps explique : La torture, la répression et l’absence de libertés ? M. Dridi : Lettre ouverte aux cinq députés de la république française
« Elyssa »: Lettre adressée à T. Ardisson suite à l’intervention de R. Menard à son émission du 19/11/2005
Le Soir: Les amis de mes amis sont mes amis Emmanuel Dupuy : Liberez la presse!
J.A. L’Intelligent:Tunisie – Suisse: Le torchon brûle

J.A. L’Intelligent: Retour aux sources pour Sylvan Shalom J.A. L’Intelligent: La polémique de Tunis Reuters: Berlusconi-L’Italie retirera ses soldats avec l’accord de Bagdad AFP: Rome prête à abriter des négociations israélo-palestiniennes (Berlusconi) AP: EU shifts gears in Mideast outreach; puts more focus on democracy-building, reforms AFP: Egypte: nouveau choc électoral en vue pour samedi AFP: Ahmed Chaboun, Frère Musulman, et premier imam député en Egypte Reuters: ANALYSIS-Islamists’ strength puts Egypt rulers on back foot Reuters: ANALYSIS-Islamist gains in Egypt give Washington pause

 

Tunis/Sommet de l’information:

Le Conseil fédéral proteste officiellement  

Lors du sommet de Tunis, l’allocution de Samuel Schmid avait été brutalement censurée par les médias tunisiens; certains passages n’ont pas non plus été traduits, notamment ceux concernant les droits de l’homme et l’indépendance des médias.

 

Par ailleurs, des agents du gouvernement se faisant passer pour des journalistes avaient profité d’une conférence de presse pour critiquer la Suisse.

 

Le Conseil fédéral a convoqué aujourd’hui l’ambassadeur de Tunisie à Berne afin de lui faire part de ses protestations officielles.

 

Pour voir la vidéo (01:44 min.):

http://www.tsr.ch/tsr/index.html?siteSect=501930#

 

(Source : le site de la Télévision Suisse Romande TSR, le 23 novembre 2005 à 20h25)


Sommet de la société de l’information à Tunis: Berne proteste

ATS, le 23 novembre 2005 à 21h54

La Suisse a formellement protesté auprès de la Tunisie contre la censure du discours prononcé la semaine passée à Tunis par Samuel Schmid lors du Sommet mondial de la société de l’information (SMSI). Berne était l’hôte d’honneur de ce sommet.

 

[ats] – L’ambassadeur de Tunisie en Suisse a été convoqué mercredi après-midi par le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE).

Le chef de la Division politique II du DFAE (Afrique/Moyen Orient), Paul Fivat, lui a transmis oralement la protestation des autorités helvétiques, a indiqué à l’ats le porte-parole du DFAE Jean-Philippe Jeannerat.

Le président de la Confédération Samuel Schmid avait représenté la Suisse lors de l’inauguration du SMSI mercredi dernier à Tunis.

Dans son discours, il avait eu des mots durs contre la situation des droits de l’homme en Tunisie.

Le discours était diffusé en direct par la télévision tunisienne, mais la transmission s’était brusquement interrompue au moment des passages critiques contre le régime du président Ben Ali.

 
La traduction distribuée dans la salle de conférence ne comportait pas non plus les passages incriminés.
 
(Source: www.bluewin.ch , le 23 novembre 2005) 


 

Sauvez la vie de Hamadi Jebali

 

Sauvez la vie de tous les prisonniers politiques

 

Association Internationale de Soutien aux Prisonniers Politiques
33 rue Mokhtar Atya, 1001, Tunis
Tel : 71 340 860
Fax : 71 351 831
 
Tunis, le 23 novembre 2005
 
Communiqué
 

Hamadi Jebali en danger

 
L’AISPP a appris que le prisonnier politique Hamadi Jebali, incarcéré à la prison de Mehdia, avait commencé une grève de la faim le 5 novembre 2005 avec les prisonniers politiques Bouraoui Makhlouf, Hédi Ghali, Abdelhamid Jelassi, Mohammed Salah Gsouma et Noureddine Arbaoui et qu’ils avaient décidé de poursuivre leur grève jusqu’à ce que les autorités concrétisent leurs promesses en les libérant.
L’AISPP qui a déjà exigé la libération de tous les prisonniers politiques, et notamment celle de Hamadi Jebali et de ses co-détenus à Mehdia, dans la mesure où ce dernier a déjà effectué l’ensemble de sa peine-il vient de passer quinze ans en prison-, et qu’il ne lui reste que quelques mois à effectuer, réitère sa demande de voir mis un terme à son calvaire. Les responsables de l’administration pénitentiaire lui avaient dit qu’une décision de libération avait été prise, et qu’elle serait effective à la première occasion. Or, il s’est avéré qu’il ne s’agissait que d’une pure manoeuvre aux mobiles obscurs. Il en a perdu confiance dans toute nouvelle promesse et a informé son épouse qu’il continuerait sa grève de la faim jusqu’à la mort s’il n’était pas libéré.
(…)
L’AISPP exprime sa crainte que leur grève de la faim illimitée, s’ils venaient à la poursuivre, ne débouche sur une issue funeste. Le désespoir les a fait passer outre les appels d’un grand nombre d’associations de droits de l’homme qui leur demandaient de suspendre la grève pour pouvoir transmettre leurs appels aux parties responsables.
 
Le président de l’association
Maître Mohammed Nouri
 
(traduction d’extraits, ni revue ni corrigée par les auteurs de la version originale, LT)

 

Robert Ménard de RSF à « Tout le monde en parle » d’Antenne 2

Robert Ménard parle de son interdiction par les autorités tunisiennes et de la liberté de la presse en Tunisie. (cliquez sur la photo pour voir la vidéo – 22-11-2005)

 (Source : www.pdpinfo.org, le 23 novembre 2005)


La Banque mondiale finance un projet d’alimentation en eau des zones urbaines en Tunisie

 
Également disponible en: English  ,  Arabic
Press Release No:2006/158/MNA

 

Contact: Lara Saade (202) 473-3245 lsaade@worldbank.org

 

WASHINGTON, le 17 novembre 2005 — La Banque mondiale a approuvé aujourd’hui l’octroi d’un prêt de 38 millions de dollars, assorti de la garantie de la République tunisienne, à la Société nationale d’exploitation et de distribution des eaux (SONEDE) pour un projet d’alimentation en eau des zones urbaines.

 

De tous les pays à revenu intermédiaire de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord, la Tunisie est celui qui présente les plus forts taux d’accès aux services d’alimentation en eau et d’assainissement, ce qui est à mettre au crédit de sa politique d’infrastructure. À l’heure actuelle, 96 % de sa population urbaine et 52 % de sa population rurale ont accès à des services d’assainissement améliorés. À la fin de 2006, l’accès à l’eau potable sera quasiment universel (proche de 100 % en milieu urbain et de 90 % en zones rurales). Le secteur de l’alimentation en eau est néanmoins confronté à certains problèmes, notamment l’accroissement de la demande conjugué à la rareté des ressources, et la SONEDE doit renforcer son efficacité tout en fournissant une eau et un service client de bonne qualité.

 

Le projet a un double but : maintenir la fiabilité et la qualité des services d’alimentation en eau dans le Grand Tunis et dans certains autres centres urbains par l’expansion, l’amélioration et le renouvellement des infrastructures correspondantes ; et renforcer la compétitivité de la SONEDE et sa viabilité à long terme par la modernisation de ses pratiques de gestion et de ses systèmes d’information, pour lui permettre ainsi de mieux contrôler ses coûts, d’accroître ses recettes et de mieux répondre aux besoins de sa clientèle.

 

« Il s’agit du neuvième projet que la Banque mondiale finance pour la SONEDE depuis la création de cette société en 1968 », a fait observer Pier Mantovani, chef d’équipes de projet. « Nous avons affaire à une entreprise chevronnée et très performante, qui cherche à accroître son efficacité alors qu’elle passe du stade de l’expansion à celui de la consolidation. »

 

Le projet comprend une composante d’infrastructure et une autre axée sur le renforcement des capacités :

  • La composante d’infrastructure recouvre les besoins prioritaires à satisfaire afin d’éviter des déficits de service dans un avenir aussi proche que l’année 2010, et de répondre à la demande jusqu’en 2025. À ce titre, le projet doit améliorer les réseaux d’eau dans trois régions d’exploitation de la SONEDE : Grand Tunis, Nord et Centre.
  • La composante consacrée au renforcement des capacités porte sur la réalisation d’études et la mise en place d’outils décisionnels, ainsi que la modernisation des systèmes d’information clés, de manière à améliorer les performances de l’entreprise en matière de gestion de service public, de planification, de contrôle des coûts et de service client.

 

Le prêt s’inscrit dans le droit fil de la stratégie d’aide-pays définie par la Banque mondiale pour la Tunisie en 2004, stratégie qui s’attache à améliorer la compétitivité de l’économie tunisienne et de son secteur privé, et à relever la qualité de ses services sociaux. En finançant l’expansion de services d’alimentation en eau potable de bonne qualité, le projet aidera en outre le pays à atteindre ses principaux objectifs de développement pour le Millénaire (ODM) dans les domaines environnemental et sanitaire. Il va en particulier dans le sens des objectifs définis par la Tunisie pour son secteur de l’eau, et appuie une tranche des investissements correspondants prévus dans son Dixième plan de développement économique (2002-2006).

 

Le projet sera financé par un prêt d’investissement spécifique accordé à la SONEDE avec la garantie du Gouvernement tunisien. Le prêt émanera de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD), membre du Groupe de la Banque mondiale spécialisé dans la fourniture de prêts et de services d’assistance technique aux pays à revenu intermédiaire.

 

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Pour plus de renseignements sur les activités de la Banque mondiale en Tunisie, veuillez consulter le site

http://www.worldbank.org/tn

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Retour à « la caravane du retour »

Ahmed Manaï  A l’annonce de ma décision de participer à « la caravane du retour » que l’ami Noureddine Khatrouchi avait appelé à organiser dès le mois de juillet et en avait trop hâtivement fixé la date avec le début du SMSI à Tunis, des amis m’ont écrit pour me souhaiter un bon retour et me donner leurs numéros de téléphone, en cas de besoin. D’autres, avec lesquels j’ai des engagements pour le mois de novembre m’ont contacté pour convenir d’autres rendez-vous. Et je pense qu’il doit y avoir beaucoup d’autres qui se demandent, en toute bonne foi, pourquoi je ne suis pas déjà à Tunis, conformément à mon engagement, sans compter tous les ectoplasmes qui pérorent sur le manquement à la parole donnée, prêchant à qui veut les entendre qu’il ne s’agissait, dans toute cette affaire, que de surenchère ! Ces derniers ne sont pourtant pas des émigrés ou des exilés, mais des réfugiés politiques avec un statut administratif particulier qui les place dans une situation de rupture avec leur pays d’origine et tous devraient savoir, moyennant un minimum d’honnêteté, que les chemins du retour sont longs et tortueux. Ils devraient donc savoir qu’il ne suffit pas à un réfugié de décider de rentrer au pays pour pouvoir le faire car il peut se passer des mois, voire plus, pour qu’une telle décision puisse se concrétiser et cela seulement…dans le cas où les autorités tunisiennes consentiraient à fournir un passeport au candidat au retour ! Un cadre européen, un employé ou même un Rmiste peut décider, en fin de semaine et à la dernière minute, de passer un week end à Hammamet ou à Djerba. Il prend son sac, son passeport, une simple carte d’identité ou même son permis de conduire- certains prétendent qu’il peut le faire avec juste la carte orange- achète un billet « Last minute » à 50 euros tout compris et arrive deux heures après à destination. Il n’a pas besoin de demander un visa d’entrée en Tunisie, paradis aux portes largement ouvertes aux touristes, mais qui deviennent tout simplement blindées et infranchissables à ses propres citoyens. Cela mérite d’être expliqué bien que je l’aie déjà fait une première fois le 14 octobre 2004 en réponse à une question de elkhadra.  Emigrés, exilés et réfugiés : Les Tunisiens à l’étranger appartiennent à trois catégories : 1) La première catégorie est constituée d’émigrés, résidant légalement ou clandestinement dans des pays étrangers et disposant de leurs papiers tunisiens. Un grand nombre d’entre eux a acquis, avec le temps, la nationalité du pays d’accueil et leurs enfants, nés dans le pays d’immigration en sont devenus tout simplement ses citoyens. Ceux-là peuvent à tout moment rentrer en Tunisie même avec leurs papiers non tunisiens au cas ils n’auraient pas de papiers tunisiens. 2) La deuxième catégorie, très peu nombreuse, est constituée d’exilés politiques qui n’ont pas eu besoin de demander l’asile dans un quelconque pays pour y séjourner régulièrement. Dans les années 50 et 60, par exemple, les exilés étaient Youssefistes, Nasséristes et Baathistes. Ils avaient choisi de s’installer dans des pays arabes et avaient conservé pour la plupart leurs papiers tunisiens. Ceux d’entre eux qui n’avaient pu renouveler leur passeport tunisien avaient obtenu le passeport du pays d’accueil pour leurs voyages, sans avoir à demander la nationalité du pays. Ils n’avaient pas besoin de statut de réfugié dans ces pays qui ne le reconnaissaient d’ailleurs que très rarement. Ces exilés avaient pris le chemin du retour quand ils ont réussi à régler leurs problèmes avec les autorités de leur pays, d’autres ont fini leur vie dans ces pays d’accueil. Dans les années 70 et 80 les opposants contraints à l’exil appartenaient à des mouvements marxistes. C’étaient pour la plupart des étudiants ou anciens étudiants en France ou dans d’autres rares pays européens et ils avaient choisi le plus normalement du monde de s’installer en France. Ils n’avaient pas besoin de demander le statut de réfugié politique parce que les conditions de séjour dans ce pays étaient très faciles. Nombre d’entre eux avaient obtenu par la suite la nationalité française et sont devenus les citoyens des deux rives. Plus récemment encore, certains d’entre eux, porteurs de la seule nationalité tunisienne, ont repris le chemin de l’exil et ont séjourné régulièrement dans ce pays sans avoir à demander l’asile Ils ont renouvelé régulièrement leurs passeports et le jour où ils ont décidé de renter au pays, avec ou sans filet de sauvetage, ils ont pu le faire aisément. Certains anciens responsables politiques sous Bourguiba s’étaient trouvés jusqu’à tout récemment, dans cette situation : exilés mais pas réfugiés ! 3) La troisième catégorie, née essentiellement de la répression des années 90, est faite de réfugiés politiques, c’est-à-dire de gens qui ont rompu avec les autorités de leur pays et qui se sont mis sous la protection du pays d’asile (conformément à la convention du 28 juillet 1951 des Nations Unies). C’est le pays d’asile qui leur fournit les fiches d’état civil, à eux et à leurs enfants, la carte de résidence et le titre de voyage. Il leur est interdit d’avoir le moindre contact avec les autorités de leur pays à moins de renoncer à leur statut. Le titre de voyage du réfugié, par exemple, n’est pas le passeport Français ou Hollandais d’un tunisien qui a la double nationalité et qui lui permet d’aller en Tunisie quand il veut, mais un document valable pour tous les pays sauf la Tunisie. Que doit faire un réfugié politique tunisien pour pouvoir rentrer dans son pays ? De nombreux réfugiés du mouvement Nahdha, (l’écrasante majorité des réfugiés des 15 dernières années), ont pu rentrer au pays ces dernières années à travers la solution individuelle de leurs problèmes avec les autorités de leur pays, via les services du ministère de l’intérieur dans les consulats tunisiens à l’étranger. C’est ainsi qu’ils ont pu obtenir des passeports et rentrer en Tunisie. Certains avaient obtenu auparavant la nationalité du pays d’accueil (la consultation régulière du Journal officiel français, par exemple, est à cet égard très instructive) et ont renoncé à un statut de réfugié devenu caduc. A ma connaissance aucun d’entre eux n’est retourné au pays pour s’y installer définitivement et encore moins pour continuer son combat politique. Le projet de la « caravane du retour », initié par Noureddine Khatrouchi et auquel j’ai adhéré sans réserve, n’est pas un pèlerinage ou un voyage de vacances. Mais quelque soit sa nature, il faut, pour le concrétiser, que les réfugiés qui veulent s’y engager, renoncent au préalable à leur statut et entreprennent les démarches nécessaires auprès des consulats tunisiens pour obtenir une carte d’identité et un passeport. Il semble qu’il n’y a pas de problème pour la carte d’identité, mais pour le passeport c’est autre chose. Mais pour se faire confectionner une carte d’identité, il faut disposer d’un extrait d’acte de naissance délivré par la mairie de la ville de naissance en Tunisie. Personnellement, je suis encore à. ce stade Pour éviter à mes proches des ennuis inutiles, j’ai demandé à un avocat de me faire sortir un extrait de naissance et j’attends toujours. D’autre part, j’avais décidé depuis le 28 mai 2002, date à laquelle avait expiré mon titre de voyage de réfugié de ne pas le renouveler. Je voulais en finir avec un statut qui me pèse beaucoup et que je n’ai sollicité, contraint et forcé, qu’à la suite de l’évasion de ma famille en octobre 1992. Projetant d’accomplir cette année le pèlerinage à la Mecque et doutant fort que le consulat de Tunisie accepte de me délivrer un passeport à cet effet, j’ai demandé, le 7 juillet 2005, le renouvellement de mon titre de voyage, ce qui vient d’être fait en date du 28 octobre. Ma femme et mon fils avaient obtenu les leurs au bout de 17 jours !!! Ces quelques remarques enfin concernant le projet de la caravane du retour et la manière dont il a été présenté : *Noureddine Khatrouchi aurait dû prévenir dès le début, de la complexité de la situation administrative et surtout du fait que l’octroi de passeports à des gens engagés dans une action politique ne peut se faire que par une décision du pouvoir politique. *Je ne suis pas étonné du peu de réactions de la plupart des personnes citées dans son appel et dont certaines avaient protesté d’avoir été oubliées dans la première mouture  Au bout de 15 ou 20 ans d’exil, les réfugiés constituent une humanité à part. Et je ne serais pas surpris que le jour où la dictature tombe, peu d’entre eux se décideront à rentrer au pays et à s’y installer. En 1983, après l’élection de Raoul Alfonsin à la présidence de la République et le retour de la démocratie en Argentine, le Quai d’Orsay avait affrété un avion pour le retour des exilés argentins chez eux. Roland Dumas s’y est retrouvé pratiquement seul avec les hôtesses de l’air ! *Le silence des organisations tunisiennes de la société civile et politique qui ont pour la plupart inscrit le retour des exilés en bonne place dans la liste de leurs revendications, est encore moins étonnant. Elles ont l’habitude, comme leurs consoeurs européennes, de s’agiter pour des victimes résignées et voilà qu’elles se retrouvent avec des acteurs qui se prennent en charge et proposent une perspective politique à leur action.  Un grand merci à tous ceux et celles, nombreux, qui ont manifesté leur soutien à cette initiative. Le projet de « la caravane du retour » est lancé. Tous ceux qui y ont adhéré et qui viendront à le faire dans les prochains mois, savent à quoi ils se sont engagés et en feront j’en suis sûr, leur raison d’être pour…cette année 2005- 2006 qui marque le cinquantième anniversaire de la Tunisie. Ahmed Manaï 23 novembre 2005
 

M. Jean-Jacques Descamps, un des 9 députés UMP qui a signé le Communiqué de soutien à M. Ben Ali explique :

La torture, la répression et l’absence de libertés ?

 »  Je dis à mes amis Tunisiens de faire un effort. Mais vous savez, dans ces pays là… 

Par Sami Ben Abdallah

Il est un des 9 députés français qui ont publié un Communiqué la semaine dernière pour soutenir M. Ben Ali. Eric Raoult, vice-président de l’Assemblée nationale, Philippe Briand, président du Groupe d’amitié France-Tunisie, Pierre Lellouche, Didier Quentin et René André étaient 5 au départ, avant d’être rejoints par 4 autres députés, Messieurs Jean-Jacques Descamps, Georges Fenech, Jean Proriol et Jean-Luc Reitzer.

Dans cet appel intitulé  » La Tunisie a des amis, Ben Ali n’est pas notre ennemi « , les députés français dénoncent ceux qui  » montrent du doigt la Tunisie  » mais qui  » n’en bougent pas un seul pour expliquer son cheminement vers le changement. Plutôt que de porter des accusations sans discernement contre les responsables tunisiens, posons un regard objectif, vraiment objectif, sur la Tunisie d’aujourd’hui « . Une position qui contraste avec la position même de La France qui, par la voix de son Ministre des affaires étrangères, lui-même issu de l’UMP, avait déclaré qu’il était  » très important que les droits de l’homme soient respectés en Tunisie « , que la France était  » très attentive «  à cela, et que le respect de ces droits constituait  » un élément du dialogue bilatéral «  avec la Tunisie.

Il est à rappeler que l’UMP et l’assemblée Nationale joints par téléphone à Paris depuis la parution du Communiqué en question avaient insisté sur le fait que ce Communiqué n’engageait ni l’UMP ni l’assemblée Nationale, mais uniquement les députés signataires  » à titre personnel « . Le fait que, parmi les signataires de ce Communiqué, on remarque la présence du Député Philippe Briand, président du groupe amitié  » Tunisie-France  » et du députés Eric Raoult, vice-président de l’Assemblée nationale  » n’engage pas l’UMP ni l’assemblée nationale «  selon le service de presse de l’UMP qui explique que  » les groupes d’amitiés dépendent de l’Assemblée Nationale et concernant la Tunisie ou un autre pays, aucune position ne peut être rendue publique sans un débat préalable « . Il ajoute  » pour le cas de ce Communiqué, le thème n’a pas été abordé en groupe et donc, il s’agit d’une position personnelle des co-signataires « .

M. Jean-Jacques Descamps est l’un des 9 députés signataires du dit Communiqué. Joint aujourd’hui par téléphone à Paris, il explique les raisons de son soutien au pouvoir tunisien.

Sami Ben Abdallah : M. Le député, la semaine dernière l’AFP a publié un Communiqué où il n’ y a que 5 députés signataires. Cette version a été  » corrigée  » par les médias officiels tunisiens qui citent 9 députés dont vous même.

Monsieur le député Jean-Jacques Descamps : Absolument, je suis signataire de ce Communiqué auquel je me suis joint après sa publication le mercredi. Au départ, ils étaient 5, plus tard, il y en a eu 4 autres qui les ont rejoint dont moi-même.

SBA. Etes vous au courant de la situation des libertés en Tunisie ?

Mer. J.J.D. Je fais partie du groupe d’amitié France-Tunisie à l’assemblée nationale et je vais en Tunisie 2 ou 3 fois par an. Mais je compare l’évolution de la Tunisie avec d’autres pays et je trouve que la Tunisie évolue d’une façon intéressante ne serait-ce que sur le plan du développement économique, le plan de l’évolution de la société tunisienne et que le fait d’avoir organisé le congrès de L’ONU, le SMSI, c’était aussi un événement intéressant qui montre que la Tunisie est parmi les pays méditerranéens , qu’elle prend bien sa place , elle résiste aux tentations peut être d’autres pays en matière d’extrémisme religieux, elle garde une grande laïcité au niveau de son fonctionnement, donc tout ça va très bien…

SBA. Et au niveau de l’étouffement des libertés souvent dénoncé par des ONG tunisiennes et Internationales, la torture…

Mer. J.J.D. Je dis à mes amis tunisiens qu’il fasse des efforts pour essayer d’améliorer les choses sur ce plan là, mais dans un pays comme celui-là, il est à la fois très difficile de trouver l’équilibre entre les perturbateurs qui ont le droit de s’exprimer mais pas non plus de perturber la vie économique et sociale du pays, et surtout le reste de la population qui a surtout envie de croître, de se développer et de voir son niveau de vie s’améliorer.

Trouvez-vous donc normal que le pouvoir tunisien aie recours à des moyens d’intimidations, y compris même envers des journalistes étrangers dont votre compatriote, le journaliste de Libération ?

Je ne trouve pas ça normal. Dans tous les pays du monde, il faut trouver un équilibre entre l’ordre et la justice, entre la sécurité et la liberté, et rien n’est jamais parfait ni dans un sens ni dans l’autre.

S.B.A. Donc, vous trouvez que ce que fait le pouvoir tunisien aujourd’hui fait parti de cet équilibre, qu’il est sur la bonne voie

Mer J.J.D. Exactement. Je préfère de beaucoup travailler avec la Tunisie et le Maroc que de travailler avec d’autres pays d’Afrique ou du Moyen-Orient où cet équilibre n’est pas toujours trouvé.

S.B.A. Aux personnes qui sont torturées en prison, qui ont vu leur proches décédés sous la torture, vous dites donc qu’il s’agit d’un équilibre entre l’ordre et la justice ?

M.J.J.D. Le député n’a pas souhaité répondre à cette question.

Fin- Merci à Mr le député pour avoir répondu à ces questions.

Sami Ben Abdallah

22/11/2005

Sami_tunisie_soir@yahoo.fr


Lettre ouverte aux cinq députés de la république française :

 

M.Pierre Lellouche

M.René André

M.Didier Quentin

M. Philippe Briand

M.Eric Raoult

Messieurs les 5 députés UMP,

A travers votre Appel   «   La Tunisie a des amis, Ben Ali n’est pas notre ennemi »

 Vous avez choisi en votre âme et conscience de soutenir comme vous dites la Tunisie .Dans une autre langue autre que la langue de bois vous avez choisi de soutenir le régime mafieux policier dont le chef est l’actuel président  Ben Ali.

Vous avez choisi en connaissance de cause de poignardé dans le dos le peuple tunisien qui souffre le martyre en silence depuis 18 ans en préférant s’attacher à vos intérêts personnels

et nationaux au détriment de ceux de tout un peuple qui n’est pas le votre et dont vous vous   foutez royalement.

Vous avez choisi à contre courant alors que le monde entier reconnaît aujourd’hui le caractère mafieux de régime tunisien de capoter le combat mené par la société civile tunisienne harcelée, malmené et oppressée nuit et jour pour son combat pour les droits de l’homme les plus élémentaires.

Vous avez choisi clairement à travers votre appel de camoufler et de porter atteinte à tout effort qui tente de démasquer un régime, l’un des plus tortionnaires au monde ,et l’un des plus hostiles aux libertés de l’homme. Un régime dont vous êtes des plus fins connaisseurs.

Vous avez utilisé les arguments du régime même pour le défendre depuis votre hémisphère qui à abriter d’antan Victor Hugo, quel gâchis qu’il abrite aujourd’hui des personnes de votre trompe.

Messieurs les 5 députés,

Pour vous la démocratie ,les droits de l’homme ,et le droit d’_expression sont les privilèges des riches au détriment des pauvres, du nord au détriment du sud, des juifs et chrétiens au détriment des arabes et musulmans, et de vos idéologies personnelles au détriment de toute autre forme de pensée.

Finalement la démocratie est faite pour les gens « bien » comme vous au détriment des autres peuples « barbares » qui sont bons à être gouverné par le feu et le fer tant que cela ne se passe pas devant vos propres yeux. Autrement vous sous-traitez l’oppression d’un peuple à son gourou pour préserver vos intérêts et celle de votre idéologie personnelle, nationale et internationale.

Messieurs, vos opinions sont sans équivoque plus destructibles, plus nocifs et plus nuisibles pour les démocrates du monde que les armes de destructions massifs. Vous courez pour porter secours à un régime de plus en plus isolé dans le monde, votre alibi que vous dissimulez et le rapprochement entre Israël et le régime mafio-policier.

Sachez et vous le savez, que les huit personnalités tunisiennes dignes qui ont entamé une grève de la faim depuis un mois pour réclamer les droits de tout un peuple qui a eu le droit à une constitution l’une des plus éclairée avant même certaines démocraties européennes, n’ont d’armes pour lutter contre un régime qui compte parmi ces supporters des personnes de votre rang, que leurs corps  qui s’éteignent jour après jour.

Le 19 Novembre les projecteurs se détourneront de Tunis, et le régime de Ben Ali, punira ceux qui ont réclamé leur droit d’exister et de penser en toute liberté et aura sûrement des gens comme vous pour calmer les esprits les plus critiques à l’égard du régime tunisien dans les coulisses de la politique française au nom du principe fasciste  » Un peuple terrorisé et mieux qu’un peuple terroriste » l’alibi d’excellence évoqué par les dictatures pour s’éterniser au pouvoir comme fut le cas du général Ben Ali votre ami de circonstances.

Messieurs ne venez pas dire au monde entier dans  des années que vous ne le saviez pas.

La France restera un pays de droits de l’homme malgré la qualité de plus en plus dégradante de ses dirigeants, et continuera à compter parmi son peuple des personnalités dignes de gauche comme de droite ou des citoyens français tout simplement qui sauront utiliser leurs carte d’électeurs pour sanctionner des personnes de votre type qui font la politique avec un petit « p » et qui resterons dans les anales des lobby les plus médiocres.

Malgré vos tapages le peuple  tunisien continuera sa longue marche vers la liberté et le peuple français avec l’amitié qu’il partage avec le peuple tunisien continuera à soutenir les amoureux des libertés.

Vive La Tunisie

Vive la France

Paris, le 17 Novembre 2005

M. Dridi (*)

Citoyen français/tunisien.

Ingénieur de son état.

« Le monde est dangereux à vivre ! Non pas tant à cause de ceux qui font le mal, mais à cause de ceux qui regardent et laissent faire »

Albert .Einstein

(*) Publier mon identité complète exposera ma famille présente en Tunisie à des représailles .Par ailleurs je ne peux pas avoir confiance aux messieurs les députés :Une personnalité politique qui arrive à trouver des arguments pour soutenir un tortionnaire sanguinaire est une personne politique –voyou à  craindre.


Lettre adressée à T. Ardisson suite à l’intervention de R. Menard à son émission du 19/11/2005

Par : « Elyssa », Docteur en Droit. Avocate

Monsieur Ardisson,

En tant que tunisienne j’ai été horrifiée d’entendre de votre bouche, que les tunisiens doivent accepter de vivre sous un régime dictatorial et policier.

Pour parler de la Tunisie vous n’avez cessé d’évoquer l’Iran, de quoi parler vous ? De la Tunisie ou de l’Iran? Cet argument selon lequel, les peuples arabes doivent se contenter d’une dictature pour éviter un régime islamiste est honteux et insultant !

Que croyez-vous? Que les tunisiens sont un peuple de mineurs dégénérés et incapables de s’autodéterminer ? De pouvoir décider pour eux-mêmes ce qui correspond au mieux à leurs intérêts? Pourquoi comparer la Tunisie à l’Iran ? Le contexte de l’Iran dans les années soixante dix n’a rien à voir avec la Tunisie actuelle.

Chaque pays a son histoire propre, raisonner de cette manière est culturaliste et tout simplement raciste et ne prend pas en compte le contexte de chaque pays. En Tunisie, il n’y a pas de révolution islamiste qui risque de se préparer, il y a en revanche une volonté de la part des opposants politiques, qu’il y ait une alternative au pouvoir car nous sommes gouvernés par un individu qui n’a aucune légitimité et qui sème la terreur.

Pourquoi ce qui est bon pour l’occident ne l’est pas pour les Arabes? Est-ce votre mépris pour eux qui vous fait dire ça?

Si la Tunisie ne coopérait pas avec les Etats-Unis à l’instar de la Syrie, vous ne tiendrez pas de tels propos ; vous diriez là qu’il s’agit d’un régime policier où les droits et libertés individuelles et politiques sont complémentèrent bafoués et que par conséquent il faut le renverser. »

S’’il doit y avoir un changement de régime ce n’est pas à vous monsieur l’animateur de télé de décider mais c’est AU PEUPLE QUI SOUFFRE SOUS UN REGIME FASCISTE.

Vous dites que la Tunisie est un « pays laïc », pour votre gouverne, l’article 1er de la constitution tunisienne stipule : « l’islam est la religion de l’Etat », et les dispositions du code du statut personnel qui pose des principes d’égalité entre l’homme et la femme, contient encore des dispositions de la charia’a.

Le code fait l’objet d’interprétation par le juge judiciaire à la lumière de la charia’a lorsque le juge estime qu’elle fait partie des sources du droit, et pourquoi donc ? Parce que dans la mémoire collective, les règles musulmanes sont considérées comme devant perdurer.

Je ne suis pas toujours d’accord avec cette méthode d’interprétation du juge, surtout quand il y a non respect de l’égalité homme femme ou du choix et des libertés des individus. Mais il s’agit d’une forme parmi d’autre de concevoir le droit. Pour ma part, on peut s’inspirer de l’islam, car dans cette religion, il existe des principes d’égalité, en Islam, tout est question d’interprétation.

Ceci était un petit cours de droit et de méthodologie juridique musulmane pour vous donner un petit aperçu de la réalité que vous ne connaissez pas.

Je n’adhère pas aux partis politiques qui défendent une approche normative de l’islam, je ne porte pas le voile, mais je suis contre l’emprisonnement et les tortures faites aux islamistes car ce traitement est le lot de tous les militants des droits de l’homme et de toutes tendances.

Je suis pour un processus démocratique, et si les gagnants défendent des positions que je ne partage pas, je voudrais pouvoir m’exprimer et proposer une alternative. Je voudrais vous demander un peu de respect, pour les avocats, magistrats, journalistes et universitaires, élites du pays, qui ne peuvent plus exercer leur fonction, qui sont agressés dans la rue par des flics en civil, car ils ont osé exprimer une critique de la situation judiciaire et politique de la Tunisie.

À moins que vous ayez un intérêt occulte à défendre Ben Ali?

(Source : Texte publié par « mokipasse » sur le forum « Taht Essour » de nawaat.org, le 22 novembre 2005 à 10h28 AM)

URL : http://www.nawaat.org/forums/index.php?showtopic=10082


 

Les amis de mes amis sont mes amis

Thomas Gunzig Ecrivain Ça n’est facile pour personne. Ben Ali, par exemple, dans quel pétrin il s’est mis avec son « Sommet mondial sur la société de l’information ». Sa fête a mal tourné. Comme quand des gens s’invitent chez vous pour fouiller dans vos CD. Ça énerve ! Déjà qu’organiser une fête comme ça, ça coûte un paquet, alors voir arriver, dans le sillage des délégations officielles, ces horribles journalistes venus poser des questions à… la population ! Quel mauvais goût ! Est-ce qu’on interroge les boeufs au sujet de McDonald ? Pas étonnant qu’il ait fini par sévir en demandant à de jeunes sportifs des services spéciaux de casser la figure à Christophe Boltanski de Libération ou au caméraman de la RTBF, Jean-Jacques Mathy. Heureusement, on a bien compris Ben Ali et son petit coup de sang et personne ne lui en a voulu. Jacques Chirac, après deux jours, s’est contenté de demander « toute la lumière » sur cette affaire. Nul doute qu’il y pensera, Ben Ali. D’ailleurs, dans la foulée, il a arrêté un petit voleur de 17 ans qui traînait, paraît-il, dans le coin. Bien entendu, certaines mauvaises langues prétendent qu’il en aurait été autrement si Chirac et Ben Ali n’avaient pas été copains comme cochons, que si tout ça s’était passé en Iran, ça aurait gueulé pas mal à l’Assemblé nationale. Ou encore que si la Tunisie n’était pas un des premiers partenaires économiques de la France, Chirac aurait dit à Ben Ali de faire le ménage dans les locaux de sa police… Ben Ali, de toute façon, il a plein d’amis, ce qui prouve bien que c’est un homme de coeur. Son deuxième meilleur ami, c’est Berlusconi qui lui rendait visite mardi pour manger un bout et parler un peu de choses et d’autres, en tout cas pas des grévistes de la faim, de la répression, de la torture ou bien des prisonniers d’opinion. Il y avait des sujets plus importants : les 700 entreprises italiennes ou à participation italienne installées en Tunisie. Le projet de gazoduc qui reliera l’Algérie à l’Italie en traversant le territoire tunisien, ou le projet de privatisation de l’opérateur public Tunisie-Télécom dont 35 % du capital, détenu par l’État, doivent être prochainement cédés à un opérateur privé. Alors, comme le meilleur copain de Berlusconi, c’est Poutine, avec qui il vient de fêter la construction de Blue Stream, le plus grand gazoduc sous-marin du monde et comme Poutine, c’est Gazprom et comme Gazprom alimentera bientôt une partie des réchauds français à la place de Gaz de France, ça fait une bonne raison de plus pour Chirac de trouver qu’il fait bon vivre en Tunisie. Et qu’au-dessus des « Droits de l’homme », il y aura toujours ceux du business. (Source : « Le Soir » (Bruxelles – Belgique), rubrique : « Forum », le 23 novembre 2005, p. 17)

TRIBUNE

LIBEREZ LA PRESSE!

Emmanuel Dupuy (*) Le sommet mondial sur la société de l’information qui se déroule actuellement sous nos yeux à Tunis, dans un pays où la population en est honteusement privée et où les vertus fondamentales de la démocratie que sont la liberté de la presse et le pluralisme politique, n’a pas cours a quelque chose de révoltant. Pourtant aucun des Etats, européens ou non, qui y participent n’ose dire sur place combien le droit d’_expression est le droit fondamental de la liberté individuelle. Organisé sous l’égide de l’Onu, dans un Etat policier où l’on bafoue régulièrement le droit d’_expression, ce sommet ne fait qu’avaliser d’odieuses habitudes prises par le régime Ben Ali, dont, en se taisant, les chancelleries européennes plus particulièrement se font les complices. Combien faudra t-il encore d’agressions de journalistes, à l’instar de Christophe Boltanski de Libération, de reporters refoulés, comme Robert Ménard ces derniers jours, d’équipes de télévisions cornaquées par la police, de responsables associatifs, syndicaux et militants des droits de l’homme obligés de faire une grève de la faim dans leur propre pays, pour se faire entendre, pour comprendre que Ben Ali n’est pas l’ami des démocrates. Comme le rappelle le journaliste Henri Weill, auteur d’un ouvrage au titre évocateur de « Journalistes, des mots et des doutes » , combien faudra t-il de journalistes, otages en Irak et en Colombie, victimes expiatoires en Iran, en Birmanie, en Chine ou assassinés en Côte d’Ivoire… pour comprendre que nous nous déshonorons en faisant semblant de ne pas voir. Informer est un combat dans bien des pays où le journaliste, historien du quotidien, rend compte et interroge parfois nos propres compromissions…Suffit-il, en France, au Quai d’Orsay et au ministère de la coopération de dire qu’il faut être, malgré tout, présent à Tunis pour changer les choses de l’intérieur, quand on n’hésite pas à éteindre les micros à sa guise quand le verbe se fait plus critique ? Que dire par ailleurs de l’attitude pour la moins légère des Nations Unies. Comment ne pas percevoir, à travers cette compromission, au mieux du cynisme au pire de la lâcheté ? Les chefs d’Etat et de gouvernement ne sont pas venus…Est-ce pour autant un acte de résistance à louer ? Ne devons-nous pas plutôt nous poser cette légitime question, qui plus est en tant qu’Européens, qui consiste à nous demander comment nous avons pu en arriver là ? Comment un tel sommet, que personne ne souhaitait vraiment être organisé à Tunis, peut se tenir sous nos yeux, ébahis, de voir comment, en quelques jours, la Tunisie a su démontrer que les droits de l’homme, ces principes universels proclamés par les 191 Etats qui composent l’Onu, s’arrêtent souvent et en toute impunité aux frontières de certains… ? Circulez, il n’y a décidemment rien à voir… (*) Emmanuel Dupuy est Secrétaire général de l’Institut Prospective et Sécurité en Europe (IPSE)


Tunisie – Suisse

Le torchon brûle

 
Délicates depuis plusieurs années, les relations entre la Tunisie et la Suisse ont connu une nouvelle dégradation le 16 novembre: on a frôlé l’incident diplomatique. La Suisse, qui avait accueilli à Genève, en décembre 2003, la première phase du Sommet mondial sur la société de l’information (SMSI), avait en effet émis des réserves quant au choix de Tunis pour l’organisation de la deuxième phase (16-18 novembre 2005). Samuel Schmid, le président de la Confédération, avait même laissé entendre que le discours qu’il prononcerait dans la capitale tunisienne serait « corsé » et insisterait sur le respect des droits de l’homme. Il a tenu promesse, au grand dam de ses hôtes. Il est vrai que ces derniers auraient pu se montrer plus prévenants à son égard. Contrairement à tous les usages, aucun ministre ou responsable de haut rang ne s’est déplacé pour l’accueillir à l’aéroport de Tunis-Carthage, où seul le chef du protocole du ministère des Affaires étrangères était présent. (Source : JA/L’Intelligent N° 2341 du 20 au 26 novembre 2005)

Kaddafi était là… sans être là

par ABDELAZIZ BARROUHI Arrivé en Tunisie par la route le 15 novembre, le « Guide » libyen Mouammar Kaddafi n’a pas assisté à la cérémonie d’ouverture. Il est resté sous sa tente plantée dans le jardin d’une villa d’hôtes de marque à Gammarth, dans la banlieue nord de Tunis. Certains disent que c’était pour éviter de se retrouver dans la même salle que la délégation d’Israël. Il devait prononcer un discours le deuxième jour dans l’après-midi, mais il s’est décommandé à la dernière minute. Il a en revanche reçu les présidents Ben Ali et Abdelaziz Bouteflika… sous sa tente. Finalement, c’est son ministre des Affaires étrangères, Abderrahmane Chalgham, qui prononcera le discours de la Libye en assemblée plénière du SMSI. (Source : JA/L’Intelligent N° 2341 du 20 au 26 novembre 2005)


Retour aux sources pour Sylvan Shalom

par ABDELAZIZ BARROUHI Un communiqué de l’ambassade d’Israël à Paris à la veille du SMSI a annoncé une rencontre du ministre israélien des Affaires étrangères Sylvan Shalom avec le président tunisien Zine el-Abidine Ben Ali. Il n’en a rien été. Convié au Sommet, conformément aux règles de l’ONU qui exigent que les représentants de tous les pays membres soient invités, Sylvan Shalom a eu droit à une poignée de main du président tunisien, comme tous les autres chefs de délégation, lors du dîner que celui-ci leur a offert le premier jour du Sommet. Shalom, qui a aussi salué son homologue tunisien Abdelwahab Abdallah, a demandé dans son discours la normalisation des relations avec la Tunisie. Outre une rencontre avec le secrétaire général de l’ONU Kofi Annan, le ministre israélien a eu un entretien avec Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne, en présence du chef de l’État mauritanien Ely Ould Mohamed Vall. De sources diplomatiques, on estime qu’une normalisation est prématurée en l’absence de la perspective d’une solution pacifique et finale avec les Palestiniens conformément aux résolutions de l’ONU. Arrivé le 15 novembre à l’aéroport de l’île de Djerba à bord d’un avion spécial en compagnie d’une délégation composée d’une cinquantaine de personnes, dont plusieurs journalistes, Shalom s’est rendu avec sa mère à Gabès, ville du Sud, où ils ont visité leur maison natale. Il a ensuite gagné Tunis, puis est retourné à Djerba avant de s’envoler pour Israël. Tel-Aviv a par ailleurs disposé d’un stand à l’exposition mondiale sur les nouvelles technologies de l’information organisée dans le cadre du SMSI. (Source : JA/L’Intelligent N° 2341 du 20 au 26 novembre 2005)  

La polémique de Tunis

par ABDELAZIZ BARROUHI, À TUNIS La seconde et dernière phase du Sommet mondial sur la société de l’information (SMSI), qui s’est tenue du 16 au 18 novembre à Tunis, s’est achevée par une déclaration commune maintenant le statu quo quant à la gouvernance d’Internet, qui demeurera, pour un temps encore, sous le contrôle des États-Unis. La déclaration comporte aussi quelques voeux pieux concernant la réduction de ce que l’on appelle la fracture numérique, mais qui fait l’objet d’une attention plus concrète des entreprises du secteur privé. Sur le plan de l’organisation matérielle de ce que l’ONU considère comme son plus grand rassemblement de tous les temps – avec plus de 18 000 participants et une exposition mondiale sur le thème des « technologies de l’information et de la communication pour tous » -, la Tunisie peut dire « mission accomplie ». Seulement voilà : des incidents avant et durant le sommet ont terni cette belle performance. Caisse de résonance idéale, un sommet mondial place automatiquement le pays qui le reçoit sous les feux de la rampe, et la Tunisie n’y a pas échappé. L’ambiance a commencé à se dégrader un mois avant le SMSI, lorsque huit personnalités politiques tunisiennes ont entamé une grève de la faim pour attirer l’attention sur l’absence de libertés (voir J.A.I. n° 2340) et réclamer une amnistie générale des prisonniers politiques, considérés par le pouvoir comme des détenus de droit commun. Volontairement ou non, autorités et grévistes jouent le pourrissement. Quadrillé par la police, avec ses principales artères interdites à la circulation, Tunis a, tout au long de cette semaine, ressemblé à une ville morte. C’est dans ce contexte que la tension est montée d’un cran. Le 11 novembre, Christophe Boltanski, envoyé spécial du quotidien français Libération, publie un article sur le tabassage de dissidents tunisiens (dont une femme, l’universitaire Sana Ben Achour, et le président de la Ligue de défense des droits de l’homme Mokhtar Trifi) qui tentaient de tenir un rassemblement jugé inopportun. Le jour même, vers 21 h 30, Boltanski est agressé par quatre hommes alors qu’il regagnait son hôtel situé dans un quartier supposé bien gardé. Bilan : de multiples contusions et une entaille de 3 centimètres dans le dos causée par une arme blanche. Les agresseurs lui ont en outre dérobé son cartable avec papiers et matériel. De quoi susciter l’émotion légitime des journalistes et l’embarras des autorités, qui annoncent l’ouverture d’une enquête. Deux suspects sont arrêtés et mis sous mandat de dépôt dès le lendemain. Intimidation ou provocation ? La question est posée. « À qui viendrait l’idée de faire une telle chose alors qu’un millier de journalistes commençaient à arriver à Tunis pour couvrir le Sommet, répond-on dans les cercles du pouvoir. La vraie question est celle de savoir à qui profite le crime. » Le deuxième incident concerne une équipe de la Radiotélévision publique belge (RTBF). Mais les autorités l’ont minimisé en faisant valoir que cette équipe tentait de filmer des policiers en faction devant la Radiotélévision tunisienne, un site interdit à la photographie. Une altercation s’est ensuivie entre les policiers, qui lui intimaient l’ordre de circuler, et l’avocate Radhia Nasraoui, une militante des droits de l’homme, qui accompagnait l’équipe belge. Le même jour, des représentants d’associations de défense des droits de l’homme, dont Human Rights Watch, et la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme sont empêchés par la police d’accéder à l’Institut Goethe en vue d’y tenir une réunion préparatoire d’un « Sommet citoyen » mondial (et non autorisé) en dehors du SMSI. Une manière de contourner la non-participation de douze ONG tunisiennes dissidentes, non reconnues par les autorités, qui n’ont pu se faire accréditer au Sommet. Cette série d’incidents, qui constitue une première en Tunisie, a provoqué une vive émotion dans les capitales européennes. Les médias français ont accordé une large place à la polémique et évoqué plusieurs fois l’affaire dans les journaux télévisés, d’ordinaire si discrets à l’endroit de la Tunisie. Philippe Douste-Blazy, le ministre français des Affaires étrangères, a demandé à Tunis de faire toute la lumière sur ces incidents et de permettre aux journalistes de la presse internationale d’accomplir normalement leur travail. Dans un communiqué publié le 18, les États-Unis se sont inquiétés de l’état des libertés : « Nous nous voyons dans l’obligation d’exprimer notre déception de voir que le gouvernement tunisien n’a pas tiré profit de cette importante manifestation pour démontrer son engagement en faveur de la liberté d’expression et de rassemblement. » Entre-temps, la liste des sites Internet critiques à l’égard du pouvoir en Tunisie et interdits d’accès aux internautes tunisiens depuis des années s’est encore allongée avec la censure de swissinfo.com. Cela tombe mal, le libre accès à l’Internet étant l’un des thèmes du Sommet. Le 16 novembre, séance d’ouverture du SMSI au Palais des congrès du Kram, à quinze kilomètres de Tunis. Chef de l’État du pays hôte, Zine el-Abidine Ben Ali préside la cérémonie. Samuel Schmid, président de la Confédération helvétique, est le troisième orateur après Ben Ali et Kofi Annan. « Toute société du savoir respecte l’indépendance de ses médias comme elle respecte les droits de l’homme, souligne le président suisse. J’attends donc que la liberté d’expression et la liberté de l’information constituent des thèmes centraux au cours de ce Sommet. Pour moi, il va de soi qu’ici, à Tunis, dans ces murs, mais aussi à l’extérieur, tout un chacun puisse discuter en toute liberté. Pour nous, c’est l’une des conditions sine qua non de la réussite de cette conférence internationale. » Les applaudissements fusent. À la fin du discours, le président Ben Ali le félicite. « Un beau discours, Monsieur le Président», lui lance-t-il. « Le président suisse a parlé de liberté d’expression, explique-t-on dans les milieux officiels. Nous sommes également pour ce principe, ici et partout dans le monde… » « Il aurait été parfait si le nom de la Tunisie n’avait été cité », commente cependant un journaliste indépendant pour expliquer le fait que la télévision tunisienne ait interrompu la retransmission en direct du discours de Schmid. Les Européens, eux, ont brillé par la faiblesse du niveau de leur représentation. Boycottage déguisé ? La France n’a envoyé qu’un ministre délégué (à l’Industrie), François Loos. Au même moment, le 16 novembre, le Premier ministre français, Dominique de Villepin, et son homologue espagnol, José Luis Zapatero, communiaient à Rabat aux côtés du roi Mohammed VI pour fêter le cinquantenaire de l’indépendance du Maroc… Le 17 novembre, au deuxième jour du Sommet, la polémique reprend avec le refoulement de Robert Menard, secrétaire général de Reporters sans frontières (RSF). Informé à la veille du SMSI par les organisateurs de l’ONU que les autorités tunisiennes faisaient valoir contre lui l’existence d’une procédure judiciaire pour saccage du bureau parisien de l’Office national du tourisme tunisien (ONTT), en 2001, il a quand même fait le déplacement. Mais la police est montée à bord de l’avion pour lui signifier l’interdiction d’entrer sur le territoire tunisien. Menard retournera à Paris à bord du même appareil. « Il est venu parce qu’il voulait qu’on l’emprisonne et créer l’incident. On lui a répondu : c’est inutile, rentrez chez vous », explique un haut responsable. Bien qu’elles se défendent d’avoir jamais cédé à la crispation politique au cours des derniers mois, les autorités décident de lâcher du lest : les ONG tunisiennes dissidentes sont finalement autorisées à tenir leur « réunion citoyenne » au siège de la LTDH, en présence de l’Iranienne Shirin Ebadi, Prix Nobel de la paix 2003. Laquelle y avait fait allusion dans son discours sur la société civile en soulignant qu’il « faut également agir pour que les gouvernements non démocratiques ne puissent pas manipuler les prises de décisions dans les instances internationales en envoyant des « ONG » qu’ils ont eux-mêmes créées et qui transmettent de fausses informations sur la situation dans leur pays ». Ebadi s’est également rendue au chevet des grévistes de la faim pour les appeler à suspendre leur mouvement, pour des raisons humaines et médicales. Ce qu’ils feront le 18 novembre. Fière d’accueillir un sommet d’une telle importance et désireuse d’en profiter pour faire état de ses avancées économiques et sociales, la Tunisie est aujourd’hui l’objet d’un véritable tir groupé. L’opération séduction qu’elle escomptait mener s’est finalement retournée contre elle. (Source : JA/L’Intelligent N° 2341 du 20 au 26 novembre 2005)

Les présents et les absents

Pays représentés par leur chef d’État : Afrique du Sud, Algérie, Bénin, Bosnie-Herzégovine, Burkina Faso, Centrafrique, Comores, Congo, Croatie, Guinée équatoriale, Lettonie, Liban, Libye, Madagascar, Mauritanie, Népal, Nigeria, Palestine, Sénégal, Soudan, Suisse, Tadjikistan, Tunisie, Zimbabwe. – Principaux chefs d’État dont l’absence a été remarquée : ceux de la plupart des pays membres de l’Union européenne, des États-Unis, d’Égypte, du Maroc (représenté par Driss Jettou, le Premier ministre), du Gabon (en campagne électorale). (Source : JA/L’Intelligent N° 2341 du 20 au 26 novembre 2005)


Rome prête à abriter des négociations israélo-palestiniennes (Berlusconi)

AFP, le 22.11.2005 à 15h58             TUNIS, 22 nov (AFP) – Le président du Conseil italien, Silvio  Berlusconi, a déclaré mardi à Tunis que l’Italie était prête à  abriter des négociations israélo-palestiniennes et à soutenir le  développement économique de la bande de Gaza.             A l’issue d’une visite de quelques heures en Tunisie, M.  Berlusconi a indiqué qu’il s’était entretenu avec le président  tunisien Zine El Abidine Ben Ali de « l’occasion historique qui se  présente aux deux parties pour reprendre les négociations et avancer  sur le chemin de la paix ».             « L’Italie est prête à abriter les négociations et à fournir son  aide logistique, de même qu’à verser trois milliards de dollars pour  soutenir l’économie à Gaza », a-t-il déclaré lors d’une conférence de  presse avant son départ.              La situation au Proche-Orient a été l’un des principaux thèmes  de ses entretiens avec M. Ben Ali qui ont aussi porté sur l’Iran et  la Syrie.             M. Berlusconi a rappelé que son pays envisage de diminuer sa  présence militaire en Irak où il a déjà formé dix mille membres des  forces de sécurité et réalisé cinq cents projets d’infrastructure  pour aménager le pays.             « Nous partirons quand le gouvernement irakien sera en mesure de  contrôler la situation et en accord avec les parties en présence »,  a-t-il dit.             Concernant la lutte contre le terrorisme, il a souligné sa  convergence de vues avec M. Ben Ali pour « combattre ensemble  l’extrémisme religieux ».             « Tous les efforts doivent être conjugués pour la démocratie.  Quand on a la liberté et la démocratie, il est possible de combattre  l’extrémisme religieux qui conduit au terrorisme, a-t-il ajouté.             Il a encore souligné l’identité de vues entre l’Italie et la  Tunisie sur les questions euro-méditerranéennes qui seront débattues  au sommet de Barcelone les 27 et 28 novembre.             Au plan bilatéral, M. Berlusconi a indiqué que l’Italie,  deuxième partenaire économique de la Tunisie et deuxième  investisseur dans ce pays, souhaitait développer les relations pour  soutenir l’économie tunisienne.  

                       

Berlusconi-L’Italie retirera ses soldats avec l’accord de Bagdad

 
Reuters, le 22.11.2005 à 18h33     TUNIS, 22 novembre (Reuters) – Rome rappellera ses troupes d’Irak lorsque le gouvernement de Bagdad contrôlera pleinement la sécurité dans ses frontières, a déclaré mardi le président du Conseil italien Silvio Berlusconi.             « Nous prévoyons de réduire notre présence militaire en Irak (…) progressivement, en accord avec le gouvernement irakien », a-t-il dit lors d’une conférence de presse à Tunis où il achevait une visite officielle.             La position du « Cavaliere » sur l’Irak est inconfortable. Le déploiement de soldats italiens à la suite de l’invasion anglo-américaine de 2003 s’est révélé impopulaire et l’opposition de centre-gauche a annoncé qu’elle s’empresserait de les rapatrier si elle battait Berlusconi en avril prochain.             « Le retrait des troupes s’effectuera quand les forces irakiennes auront les moyens de contrôler complètement la situation sur le plan de la sécurité », a ajouté Berlusconi devant la presse et aux côtés du chef de la diplomatie tunisienne, Abdelwahab Abdallah.             Il n’a avancé aucune date pour le retrait complet du contingent italien. Le président irakien Djalal Talabani a estimé ce mois-ci que Bagdad pourrait parvenir à un accord d’ici fin 2006 sur le retrait des forces étrangères d’Irak.
 


 

EU shifts gears in Mideast outreach; puts more focus on democracy-building, reforms

By ROBERT WIELAARD, Associated Press Writer Associated Press, le 22.11.2005 à 14h07             BRUSSELS, Belgium (AP) _ The European Union is shifting gears to rescue its dead-in-the-water Euro-Mediterranean policy, telling Israel and its Arab neighbors future economic and financial aid and cooperation will hinge on them embracing democratic and other reforms.
            The bid to give democracy, rule of law, tolerance, open markets and credible investment rules pride of place in EU relations with its southern neighbors will dominate a two-day Europe-Mideast summit, opening Sunday in Barcelona, Spain.             The aim is to revive the Euro-Mediterranean Partnership that was launched in 1995, also in Barcelona.
            It committed the EU, Israel and its neighbors to make the Mideast a region of «peace, stability and prosperity» on the back of a Euro-Mediterranean free trade zone by 2010.             This has not worked due to some nasty bumps in the road.             Two Intifadas, the rise of Islamic terrorism, the Iraq war and the resistance of some Arab nations to enact democratic and economic reforms have left the vision of a peaceful, prosperous Mideast in shambles, despite ¤20 billion (US$23.6 billion) in grants and soft loans, mostly for Israel’s Arab neighbors.
            Today, says Javier Solana, the EU security affairs chief, the region has become «a crossroads of all the perils of the modern world,» including poverty, terrorism, undemocratic governments, uncontrolled migrations, disproportionate population growth, a proliferation of weapons and little trade among nations in the region.             At Barcelona, the 25 EU leaders and those from Algeria, Egypt, Israel, Jordan, Lebanon, Morocco, the Palestinian Authority, Syria, Tunisia and Turkey are to issue a new blueprint, one that links sweeping reforms in the Mediterranean basin to easy access to the EU’s market of 455 million consumers.             Through a «European Neighborhood Policy» the EU will offer ever-closer political ties and a significant degree of economic integration. In practice, it will open its markets to those neighbors that enact political and economic reforms to become functioning market economies.             In a «Common Vision» draft statement, to be issued at Barcelona, the EU and Mediterranean leaders will recommit to a Euro-Mediterranean free trade zone by 2010 and to work for peace and stability in the Middle East.
            «This objective requires a comprehensive approach to enhancing security, the just resolution of regional conflicts, strengthening democracy … measures to combat poverty and exclusion and the promotion of greater understanding between cultures,» says the draft seen by The Associated Press.             Europe’s new emphasis on democracy-building dovetails with the Broader Middle East initiative of the Bush administration.             Daniel Fried, the U.S. Assistant Secretary of State for European Affairs said Europe and the United States «have the responsibility to work together to advance freedom, prosperity and security in … the broader Middle East» and do so better than they generally get credit for.
            On a recent visit to Brussels, Fried said a solid trans-Atlantic front has led to Israel’s disengagement from the Gaza strip, a growing security role in Afghanistan for NATO, elections in the Palestinian territories and Iraq, an unrelenting drive to get Iran to drop its «nuclear weapons ambitions» and to get Syria to quit Lebanon.             To date, Israel is the only Mediterranean neighbor that has eliminated all obstacles to trade with Europe and is a functioning democracy.             At Barcelona, Arab nations face a significant to-do list for their region is a potential terrorist flashpoint, where a third of the people are barely 15 years old and governments must create 35 million new jobs by 2015 to simply maintain unemployment at current levels.             Fraser Cameron of the European Policy Centre in Brussels says the EU «is rightly concerned» about the ability of its closest Arab neighbors to handle rising unemployment, rapid urbanization, globalization, population growth and fundamentalism. «Many Europeans fear the flood of illegal immigrants into Europe will keep growing and profoundly perturb the European labor market and society.»
            In recent years, all the EU’s Arab neighbors «have received on average US$8 billion (¤6.8 billion) of foreign direct investments _ little more than what Poland alone got,» says a statement by Femise, a network of over 80 research centers in the 34 Euro-Med nations. It blamed closed markets in the Middle East, uncertain investment rules and lack of good governance for the lack of investment.             It added that Poland and nine other nations that joined the EU in 2004 today EU newcomers now absorb three times more foreign investments than Arab nations. Associated Press

 

Egypte: nouveau choc électoral en vue pour samedi

   Par Alain NAVARRO               AFP 4 – 23.11.2005 08:52             LE CAIRE, 23 nov 2005 (AFP) – Le parti du président égyptien  Hosni Moubarak et les Frères Musulmans se préparaient mercredi à un  nouveau choc frontal samedi lors du second tour de la deuxième phase  des législatives.
            Les 122 sièges en ballotage seront âprement disputés après un  premier tour marqué par des violences, et la confirmation de la  perçée historique de la confrèrie islamiste, interdite mais  tolérée.
            Après le Caire, le tour est venu pour Alexandrie, et d’autres  grands ports du Nord, comme Port Saïd ou Suez, de désigner leurs  députés pour le parlement, sans grands pouvoirs, du pays arabe le  plus peuplé.
            Deux mois après la présidentielle pluraliste, remportée à 88 %  par Hosni Moubarak pour son cinquième mandat, les législatives  tournent à la violence, selon les ONG locales, qui rapportent  également une corruption généralisée.
            Les Etats-Unis, ont publiquement exprimé leur « inquiétude  réelle » face à ces violences qui ont fait un mort dimanche dernier à  Alexandrie et de nombreux blessés par balles, coups de couteaux ou  de sabres.
            Les forces de sécurité ont observé, selon le ministère de  l’intérieur, une stricte « neutralité », alors que les ONG et  l’opposition parlent plutôt de « passivité » devant les débordements  des hommes de main du parti au pouvoir.
            La presse a fait ses comptes qui donnent 13 sièges aux Frères  Musulmans, s’ajoutant aux 34 engrangés au premier round des  législatives.             Le Parti National Démocrate (PND), qui avait rafflé 112 sièges  lors de la première phase, n’en a obtenu dans un premier temps que  six avant ballotages dans la deuxième phase.
            Toutefois certains indépendants avaient déja commencé à se  rallier au parti avant même les ballotages et le compteur du PND  pour la deuxième phase affichait mercredi 10 sièges.
            Après les 164 attribués en première étape, 144 sont en lice en  cette deuxième. Il en restera 136 à disputer à la troisième, qui  s’achèvera le 7 décembre.             Il s’agit d’un succès considérable pour les Frères Musulmans qui  ont déjà triplé leurs gains par rapport aux 15 sièges dont ils  disposaient dans la chambre sortante, et sont confortés comme  principale force d’opposition au PND.
            « C’est un échec pour le PND qui a totalement sous-estimé  l’implantation des Frères musulmans, dont la plupart étaient des  inconnus », explique Moustapha Kamel al-Sayed, analyste politique  pour le Centre de recherches d’Al-Ahram.             Mais tous les analystes admettent que le PND, qui dominait à 80  % l’Assemblée, n’est nullement menacé de perdre la majorité, étant  aussi assuré du ralliement d’indépendants qui se présentaient sans  son investiture.
            De plus, les Frères Musulmans dirigé par Mehdi Akef, un homme  extrêmement prudent dans ses relations avec le pouvoir, n’ont  volontairement présenté qu’environ 125 candidats sur un total de 444  circonscriptions. 
            Ainsi, ils ont exclu eux-mêmes l’hypothèse d’un scénario de  grand changement, à l’exemple redoutable de ce qui s’était passé en  Algérie au début des années 90             En 1992, le Front Islamique du Salut (FIS) était arrivé en tête  des législatives, provoquant l’annulation du scrutin par le pouvoir  algérien, suivi par une sanglante guerre civile.             Si le pouvoir a relâché son étreinte sur les Frères Musulmans,  libérant plusieurs cadres importants avant les législatives, il a  montré qu’il gardait le doigt sur le bouton de la répression contre  un mouvement seulement toléré.             150 Frères Musulmans étaient toujours emprisonnés mercredi sur  les 460 interpellés la veille du scrutin de dimanche dernier, selon  leur porte-parole Essam al-Eryane.
            L’opposition non islamiste, regroupée dans un front confus avant  les élections, sort laminée des premières journées d’élection.             Si les caciques de la vieille garde du PND ont réussi, pour la  plupart à se faire élire, son courant dit réformateur se retrouve en  position délicate, l’une de ses figures de proue, Hicham Badrawi  ayant déjà chuté au Caire.             Toutes les autres personnalités réformistes de l’opposition,  comme Ayman Nour arrivé second aux présidentielles, ou Mona Makram  Ebeid, en sa double qualité minoritaire de femme et de copte, ont  aussi été éliminées. AFP     

Ahmed Chaboun, Frère Musulman, et premier imam député en Egypte

Par Karim FAWAL              AFP, le 23.11.2005 à 08H44             GUIZA (Egypte), 23 nov 2005 (AFP) – Candidat de la confrérie  islamiste des Frères Musulmans, Ahmed Chaboune, élu lors de la  première phase des législatives, est devenu le premier imam député  de l’histoire de l’Egypte.             « Je ne pouvais pas rejeter cette tâche, et Dieu m’a aidé »,  affirme à l’AFP Chaboune, 46 ans, la barbe coupée court, dans sa  circonscription rurale de Guiza, à 70 de kilomètres du Caire. 
            Cela faisait trois ans qu’il était interdit de prêche par les  services de sécurité. « Ils ont dit que j’avais pas fait mes études à  l’université islamique d’Al-Azhar, mais c’était parce que j’étais  avec les Frères Musulmans ».             Il est diplômé en agriculture, et non en culture islamique.  Avant de devenir imam, il y 20 ans, il avait d’abord labouré le  terrain familial d’un petit hectare, avant de devenir ouvrier dans  une usine de produits chimiques.
            « Oui, je ne suis pas passé par Al-Azhar, mais que faisaient les  imams avant sa création ? », dit-il. Foyer des sciences islamiques,  l’université a été fondée au Caire en 998, près de 400 ans après la  naissance de l’Islam.             Ahmed Chaboune a rejoint en 1993 les rangs de la confrèrie  islamique, tolérée mais interdite depuis un demi-siècle. Il se  retrouve rapidement en prison.             « Le régime nous emprisonne car le nom de notre confrérie  l’affole, mais s’il écoute notre discours, il nous encouragera »,  affirme-t-il, sans que les faits ne paraissent lui donner raison.
            Plusieurs centaines de Frères Musulmans ont été arrêtés dimanche  dernier, avant le début de la deuxième phase des législatives,  marquée également par des violences, en particulier à Alexandrie, le  grand port du nord.             Avec 47 députés déjà élus, les Frères Musulmans ont effectué une  perçée historique, tout en ne menaçant pas la domination du parti  national démocrate (PND) du président Hosni Moubarak.
            Le futur député habite avec ses huit enfants une maison modeste  de deux étages. Son épouse porte le Niqab, le voile intégral.              « J’ai essayé de la convaincre de l’enlever et de se contenter du  hijab (le voile) car cacher le visage et les mains n’est pas  obligatoire, mais elle ne renonce pas, » raconte-t-il.
            Il reçoit les visiteurs dans une pièce au rez-de-chaussée. Sur  l’ordinateur, des autocollants des lieux saints de la Mecque. Au  mur, le dôme du rocher de Jérusalem est dessiné à la craie, et une  affiche appelle aux boycottage des produits « made in usa ».               Chaboune, en attendant d’être défrayé comme parlementaire,  affirme n’avoir d’autre source de revenus que son salaire mensuel de  1400 Livres (200 euros).             Qui a payé sa campagne?  Pas de montant avancé, mais il affirme  que « les frais de la campagne ont été payés par les habitants de  (son) village qui ont versé chacun 10% de leurs revenus mensuels ».             Le futur parlementaire trouve que le PND est à l’origine des  maux de la confrérie, de l’Egypte et même de la région: « C’est un  parti qui n’a rien fait pour le pays », dit-il.
            Aussitôt l’assemblée formée, avant la fin de l’année, « Les  Frères musulmans ouvriront un débat sur la réforme politique »,  dit-il.              Objectifs principaux: la fin de l’Etat d’urgence en vigueur  depuis l’assassinat du président Sadate en 1981 par un islamiste, et  une loi sur la création des partis politiques qui permettrait aux  Frères d’être légalisés comme parti.              Mais d’ici là, avant de rejoindre les travées de l’assemblée,  Chaboune, sans attendre son immunité parlementaire, monte sur le  minbar, l’estrade du prêcheur, d’une mosquée voisine pour la prière  du Vendredi.             « On doit remercier Dieu aux moments de victoires et de défaites.  On doit prendre le Coran et les hadiths du prophète comme modèle de  nos comportements quotidiens. Quand on le fera, cette nation aura un  chef comme Saladin qui lui rendra sa dignité perdue », lance-t-il aux  fidèles. AFP     

                       

ANALYSIS-Islamists’ strength puts Egypt rulers on back foot

 
Reuters, le 23.11.2005 à 14h49 By Tom Perry             CAIRO, Nov 23 (Reuters) – A strong showing by the Muslim Brotherhood in parliamentary elections has caught Egypt’s rulers off guard and could shake up politics in the biggest Arab country, analysts say.
            The Brotherhood has won 47 of parliament’s 444 elected seats with more than half of the places still to be decided in voting which lasts into December. The ruling National Democratic Party (NDP) has won about 120 seats.
            While independent monitors say the NDP has widely resorted to bribery and coercion to get out the vote, the Brotherhood has shown the depth of its support by mobilising thousands of activists and winning seats despite a crackdown.             Analysts say the results are significant even if the Islamists pose no challenge to power for now.
            « The message is that you need much more than simple forms of bribery. You need ideology, faith. You need politics and obviously the NDP don’t have much of that, » said political analyst Mohamed el-Sayed Said.             The Brotherhood has tripled its strength in parliament. However, the chamber’s powers are limited next to those of President Hosni Mubarak, who has governed Egypt under emergency laws since 1981.
            The Brotherhood is contesting only a third of the seats so as not to provoke the authorities, which frequently clamp down on the group on the grounds it is officially outlawed.             Islamist candidates run as independents to sidestep the ban.             The Islamists made strong gains in the first two days of voting, making the most of leeway from the authorities. But police this week arrested more than 450 of their activists. Gangs and police blocked Islamists from voting in some places.
            The front page of the state’s al-Ahram newspaper reported the Islamists’ progress early in the elections, but did not mention its wins this week, which outnumbered those of the NDP.             « The government reckoned (the Brotherhood) had some strength, but not this amount, » said Abdel Halim Kandil, an Arab nationalist opposition figure.             Leading Brotherhood member Essam el-Erian said between one fifth and a quarter of support for his group at the ballot box came from people casting a protest vote against the government, but the rest came from genuine supporters.                         « HEALTHY FOR DEMOCRACY »             Analysts say the Brotherhood’s wins are a slap in the face for the NDP and Gamal Mubarak — the president’s son who has led efforts to restructure the party and steered campaigning for both presidential and legislative elections this year.             The NDP would have to rethink its policies and approach, sociologist Saadeddin Ibrahim said.
            « They thought that through their technocratic planning they had this election well sewn up, » he said. « The absent element from their equation is what the Muslim Brothers have and what Ayman Nour used to have — the pulse of the street, » he said.             Nour, leader of the secular opposition Ghad party, lost his seat to the NDP on the first day of voting. One of Egypt’s most prominent opposition figures, his supporters say the authorities used foul play to oust him from parliament.
            The government says it does not interfere in elections.             Secular opposition parties, weakened by decades of authoritarian rule, have so far won only a handful of seats.             But the Brotherhood, founded in 1928, has proved more resilient to limited freedoms, partly because of its use of mosques to reach the public and build support and its provision of basic services and charity, observers say.             While the Islamists’ success has worried Christians and secularists, Ibrahim said it should galvanise politics. « This is going to be healthy for democracy in the long run, » he said.
            « It’s going to energise the political community at large because the other parties will have to get their acts together. The government would be well advised to give them freedom of movement and action so they can develop their muscles, » he said.             Others see the Brotherhood’s success as a worrying sign of the weakness of politics in Egypt. It showed that « the country is now almost totally Islamised, » said political analyst Said.             « The whole country is in big trouble. There’s not much politics. There’s no rational discourse. People act on the assumption the Muslim Brotherhood are the most religious. »      

ANALYSIS-Islamist gains in Egypt give Washington pause

By Jonathan Wright Reuters, le 22.11.2005 à 13h19             CAIRO, Nov 22 (Reuters) – The United States inadvertently helped Egypt’s Islamists make strong electoral gains this month and is now rethinking the wisdom of pressing rapid democratic change in a major Arab country, analysts said on Tuesday.             The Muslim Brotherhood, making the most of the more open atmosphere which Washington has promoted, has already tripled its strength in parliament to 47 of the 444 elected seats, with more than half the seats yet to be decided.
            The secular opposition parties which Washington favoured have performed poorly, picking up only a handful of seats — way short of the five percent threshold they would need if they want to field a candidate in presidential elections.             Although the Brotherhood has no chance of breaking the government’s control over parliament, this outcome has given the Bush administration pause and strengthened the hand of those in Washington who value stability over democracy, the analysts say.
            « The Americans have reassessed the situation and come to the conclusion that fast and vigorous democratisation in Egypt is impossible and will work in an undesirable way, » said Mohamed el-Sayed Said, a political analyst at a Cairo think-tank.             The Egyptian vote so far has bolstered the view that free and fair elections could enable Islamist parties hostile to U.S. policies to gain strength in several Middle Eastern countries.
            Washington insiders are now advising the U.S. State Department not to abandon existing Arab governments without clear alternatives and instead to work on long-term structural changes and ways to influence Arab public opinion, Said said.             « I think they managed to change the policy when it comes to Egypt, » said Said, deputy director of the government-funded al-Ahram Centre for Political and Strategic Studies.
            The change in tone is evident in public statements from the White House and U.S. State Department, which have largely fallen silent on Egypt after frequent comments on the presidential elections in September, won by President Hosni Mubarak.             In a rare comment on Monday, State Department spokesman Sean McCormack criticised election violence but said he had reason to believe the Egyptian government wanted voting to be peaceful.             Independent monitors say most of the violence has been by ruling party supporters, with the police standing aside.                         MORE TALK THAN SUBSTANCE             Josh Stacher, an independent analyst who followed Sunday’s voting in the Nile Delta, said much of the Bush administration’s talk about Middle East democracy was for U.S. home consumption.  The U.S. campaign began after early justifications for invading Iraq began to lose credibility.
            « The game has not switched that much. The United States now supports a form of authoritarianism less driven by state violence. As long as the state is not seen as clashing with citizens, they are unwilling to go out on a limb, » he added.             « The reality of the situation suggests the United States is involved in ‘authoritarian adaptation’ — changing the appearance but not the substance, » he said.             The United States supports the Egyptian government’s refusal to recognise the Muslim Brotherhood as a party, although it is clearly the strongest opposition force in the country.
            And, like the Egyptian government media, U.S. officials rarely mention the Islamist group by name.             But the group has benefited from U.S. calls for change, which have helped to open up debate in Egypt and emboldened civil society groups to monitor elections much more closely.
            Saadeddin Ibrahim, a sociologist and democracy activist, said U.S. pressure for the release of political prisoners had also ended up helping the Brotherhood. Some of those set free were important in the Brotherhood’s campaign, he said.             Ibrahim, who is well-connected in Washington, said U.S. officials were « very disappointed » at the poor electoral showing of the secular Ghad and Wafd parties. Those parties are the most sympathetic to liberal democracy but lack the mobilising power and resources of Mubarak’s ruling party or the Brotherhood.             Ghad Party leader Ayman Nour, who came second to Mubarak in the presidential elections, lost his seat in parliament and his followers have not yet won a single victory.
            « The Americans have had to reassess their bets on these forces, which obviously failed to materialise, » said Said.  REUTERS

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