23 décembre 2011

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TUNISNEWS
11 ème année, N°4194 du 23.12.2011
archives : www.tunisnews.net

 


Nouvel Obs: Tunisie: un nouveau gouvernement dominé par Ennahdha

Alternatives citoyennes: L’affligeant accouchement au forceps d’un gouvernement hydrocéphale

La Croix: En Tunisie, Captain Khobza garde la transition démocratique à l’œil

Investir en Tunisie: Chercher le coupable de la fermeture de Yazaki

Jeune Afrique: Tunisie : la mauvaise foi des intégristes

Business News: Un journaliste et un syndicaliste devant la justice

Investir en Tunisie: 2 questions à Maroun Lahham, Archevêque de Tunis

Kapitalis: Y a-t-il deux Islam en Tunisie?

WMC: Nouvelles radios privées: En attendant Godot!


Tunisie: un nouveau gouvernement dominé par Ennahdha

Après de longues tractations et des tiraillements internes au sein des trois partis majoritaires, le premier gouvernement tunisien de l’après-Ben Ali doit être soumis jeudi après-midi à l’approbation de l’assemblée nationale constituante (ANC) pour un vote de confiance.Dirigé par le No2 d’Ennahdha, Hamadi Jebali, le nouveau gouvernement, dont la composition a été dévoilée par la radio privée Mosaïque FM, est dominé par ce mouvement islamiste, grand vainqueur des élections d’octobre. Mohamed Bennour, porte-parole du mouvement Ettakatol, a confirmé à l’AP la composition de ce gouvernement. Le parti Ennahda de l’ancien exilé à Londres, cheikh Rached Ghannouchi, s’accapare les ministères régaliens et plusieurs autres portefeuilles, à l’exception du ministère de la Défense. Ce dernier reste aux mains d’Abdelkrim Zbidi, seul membre du gouvernement sortant de Béji Caïd Essebsi à être reconduit. Le ministère des Affaires étrangères est, lui, revenu au gendre du chef d’Ennahdha Rafik Abdessalem. Les deux autres partenaires au sein de la « Troïka », le Congrès pour la République (CPR) et Ettakatol ou Forum démocratique pour le travail et les libertés (FDTL), se partagent les ministères restants aux côtés de plusieurs indépendants dont l’ancienne star du football tunisien Tarek Dhiab, qui sera chargé de la Jeunesse et du Sport. Leurs leaders se sont vu attribuer, pour le premier Moncef Marzouki (CPR), la présidence de la République, pour le second Mustapha Ben Jaâfar (Ettakatol), la présidence de l’ANC. Composé initialement de 51 portefeuilles selon des fuites parues dans la presse locale, le gouvernement a été revu à la baisse pour être finalement réduit à 41 membres sous la pression des médias et de la rue qui l’ont jugé pléthorique et coûteux pour le budget de l’Etat en difficulté. Des départements ont été fusionnés tandis que nombre de fonctions de ministres délégués auprès du chef du gouvernement et de secrétariats d’Etat ont été supprimées. Y figurent seulement trois femmes. Interrogé sur le nouveau ministre des Affaires étrangères Rafik Abdessalem, le modérateur du mouvement islamique Samir Dilou a écarté tout relent de népotisme. Docteur en sciences politiques, diplômé de l’université londonienne de Westminster et ancien chef du département de recherches au centre d’études de la chaîne qatarie Al-Jazira, Rafik Abdessalem se prévaut des compétences requises pour mener à bien la diplomatie tunisienne. Selon le journal électronique « Leaders », c’est dans la capitale britannique où il a été contraint de se réfugier en 1993 en raison de son militantisme, au sein de l’organisation estudiantine islamiste tunisienne UGTE, qu’il a connu la fille du cheikh Rached Ghannouchi, Intissar. Cette éditorialiste au quotidien « The Guardian » deviendra son épouse et lui donnera deux enfants. Sans vouloir faire table rase de ce qui existe, il projette de « renforcer et adapter le dispositif diplomatique tunisien au nouveau contexte, pour aller de l’avant et assurer le rayonnement international de la Tunisie ». « La révolution est venue hisser la Tunisie à une place très respectée que nous devons mettre à profit pour développer nos relations extérieures à commencer avec les pays frères dans la région, avec l’Europe et les nouvelles forces émergentes et explorer de nouveaux horizons », ambitionne-t-il. Parmi ce que le président Marzouki appelle le « tsunami de dossiers urgents » qui attendent le nouvel exécutif, figure le taux de chômage qui affecte plus de 700.000 personnes, dont quelque 200.000 diplômés des universités. Bon nombre d’entre eux végètent depuis des années dans l’espoir de trouver un emploi. Aggravé par les grèves et les sit-in qui perdurent depuis près d’un an, le chômage est passé de 13 à 18% de la population active. La tâche est d’autant plus ardue que la Banque centrale de Tunisie (BCT) prévoit une croissance nulle pour 2011. Pour avoir résisté plus de 16 ans dans les geôles de Ben Ali, le nouveau Premier ministre Hamadi Jebali affiche un optimisme mesuré et une détermination à relever le défi. Les membres du prochain gouvernement sont « des militants bénévoles » dont plusieurs « surprendront les Tunisiens en renonçant à une partie de leurs salaires », martèle-t-il. Signe d’une volonté de rompre avec les pratiques de l’ancien régime, il assure que son cabinet « veillera à consacrer la transparence et l’honnêteté dans ses rapports avec le peuple et fera montre d’austérité pour préserver l’argent public ». Le gouvernement s’attachera à lutter contre « la corruption qui a gangrené ce secteur envahi par le clan (du président déchu) Ben Ali et ses proches », dit-il. Face aux appréhensions qui ont suivi l’arrivée des islamistes au pouvoir, il semble, par ailleurs, vouloir rassurer en réservant un ministère aux Droits de l’Homme. Reste à savoir si les 12 à 18 mois, que devrait durer normalement la deuxième période transitoire, seront suffisants pour répondre aux attentes d’une population impatiente de voir le bout du tunnel. Source: « Le Nouvel Observateur » Le 22-12-2011 Lien: http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20111222.FAP9191/tunisie-un-nouveau-gouvernement-domine-par-ennahdha.html

 


 

Alternatives citoyennes
Des Tunisiens, ici et ailleurs, pour rebâtir ensemble un avenir
Décembre 2011
 

L’affligeant accouchement au forceps d’un gouvernement hydrocéphale

 
C’est un bien triste spectacle que vient de donner à la nation la classe politique majoritaire dite Troïka. Les citoyens ahuris et consternés, dans l’attente depuis deux mois de sortir d’une crise gravissime, viennent d’assister finalement à l’accouchement au forceps d’un gouvernement hydrocéphale. Ils découvrent par anticipation les délices de l’instabilité inscrite dans notre futur régime parlementaire avec les portes ouvertes à tous vents puis qui claquent dans le chahut et dans la pagaille. Mais les derniers jours de cette douloureuse grossesse ont été si désolants que nos nouveaux responsables en sortent déjà décrédibilisés.
 
D’abord le président de la République, dont « l’élection » au fauteuil suprême n’a emporté l’adhésion que par égard à son parcours, commence à surprendre, pas toujours favorablement et pas seulement auprès de ses opposants. Sa décision généreuse mais unilatérale de vendre les palais de la République pose avec raison problème aux citoyens et aux juristes ; mais sur les ondes de Shems FM, lundi 19 décembre, le porte parole d’Ennahdha Samir Dilou, pourtant habitué à plus de tact, résumait effrontément cette initiative : « rass melkou ?! » (est-ce sa propriété ?), un commentaire plutôt irrespectueux pour le chef de l’État, allié d’Ennahdha.
 
Le président Marzouki semble aussi faire l’objet de rappel à l’ordre pour ses interventions dans ce qu’on croyait être son domaine réservé, les affaires étrangères. Aucune réaction officielle n’a filtré quant à sa revendication d’une demande d’extradition de Ben Ali au Royaume d’Arabie saoudite, idée qui avait préalablement semblé embarrasser Hamadi Jebali.
 
D’autre part, court dans les médias une inquiétude à propos des risques suscités pour nos ressortissants en Syrie, par les belles accolades distribuées par le président Marzouki aux opposants syriens en conclave à Tunis ainsi que par ses déclarations à France 24.
 
Dans le même domaine international, tout en notant sa bonne disposition à prodiguer des interviews à des médias français, on peut s’interroger sur sa dénonciation d’un « néo-colonialisme » français, tout à fait ingrate – eu égard à la propre histoire de Moncef Marzouki – et inappropriée, inopportune quand on sait combien l’économie tunisienne est précarisée, dans la hantise de perdre des investisseurs ou des dons et des prêts escomptés. Cela semble d’ailleurs l’avis de Hamadi Jebali.
 
Aussi, le président Marzouki devrait montrer plus de retenue dans ses déclarations : personne ne lui demande de se coucher devant une domination internationale, mais pour jouer au Boumediene ou au Kadhafi d’un autre temps ou au Ahmadinejad d’aujourd’hui, encore faut-il avoir les moyens de sa souveraineté ! Dignité n’est pas provocation.
 
Ces improvisations mâles venues du président Marzouki doivent d’autant plus déranger son tout puissant allié que, ce dernier l’ayant déjà dépouillé de l’essentiel de ses pouvoirs, entend bien le marginaliser dans un espace politique confiné ; tout ce brouhaha autour de Moncef Marzouki devient davantage ennuyeux relayé par les infâmes borborygmes qui montent du ventre de son parti, se vomissent sur la place publique et entachent forcément de leurs éclaboussures l’ex-chef du CPR, nouveau président de la République.
 
Hamadi Jebali ne doit pas savoir à quelle sainte liste de candidats se vouer. La confusion est encore totale en ce mercredi matin, où seule est claire l’âpreté d’élus du CPR à vouloir occuper des fauteuils ministériels. Quel beau sens du service public ! Avec des éclats équivalents à Ettakatol, on en vient à plaindre le chef du gouvernement, condamné à traîner ces deux formations faites de bric et de broc et tirant à hue et à dia, portées au pouvoir par le coup de main d’Ennahdha, faiseur de rois non par philanthropie mais pour devenir, par ces renforts « modérés », plus présentable à l’opinion internationale.
 
Car l’ancien candidat d’Ettakatol pour le ministère des finances, Khayam Turki, a dû se désister sous la menace d’obscures poursuites en provenance des Émirats où il animait un fond souverain actif dans l’achat des entreprises à l’étranger ou des parts de marché. Selon le remuant Khemais Ksila, nouveau venu à Ettakatol, à ce ministère Khayam Turki – décrété « homme propre » par Ksila (qui aujourd’hui se met à décerner des brevets ! C’est le comble !) – aurait pu mettre la main sur des dossiers compromettants de Sama Dubai et Tunisie Telecom, engageant des intérêts dans les Émirats et dans un milieu interlope de la finance tunisienne !
 
In extremis, alors que visiblement Hamadi Jebali montrait un fort désagrément de ce dernier couac, un chevalier blanc survient en remplacement du libéral Khayam Turki : l’économiste progressiste Hassine Dimassi, proche de l’UGTT, homme de parler vrai et d’honneur (comme en témoignent ses nombreuses contributions et interviews publiées sur notre site entre 2002 et 2008), sauve la face à Mustapha Ben Jaafar chef d’Ettakatol. Ce talentueux expert qui eut longtemps une vision stratégique globale de l’économie tunisienne dans une institution ad hoc, a-t-il cédé à son amitié pour le Dr Ben Jaafar, au sens de l’intérêt national ou à une petite tentation de pouvoir lui aussi ? Arrivé au ministère des finances à son heure la plus cruciale depuis l’indépendance, nous espérons pour lui qu’il saura négocier au mieux avec un parti dominant dont il s’est toujours tenu à distance, et qu’il n’en sortira pas diminué !
 
Enfin le toujours fort en gueule Ksila bloque aussi sur le contentieux torturant du ministère de l’intérieur où il déclare qu’Ali Larayedh (Ennahdha) le marquerait trop fortement de son appartenance et que Habib Essid devrait y poursuivre sa besogne. À cette seule éventualité le CPR s’insurge, tant Habib Essid est désigné comme responsable de faits peu glorieux, particulièrement la Kasbah 3, par Moncef Marzouki lui même : il ne reste plus qu’à ces deux turbulentes personnalités que sont Moncef Marzouki et Khemais Ksila à accorder leurs violons en remontant aussi jusqu’au complot de février 1994 qui chassa Moncef Marzouki de la présidence de la Ligue tunisienne des droits de l’homme pour le projeter dans les geôles de Ben Ali.
 
Quelle histoire ! Aujourd’hui jeudi 22 décembre Inchallah, l’Assemblée constituante adoubera un gouvernement pléthorique, à peine ramené de 51 personnes (ce qui nous faisait ressembler à la Centrafrique !) au nombre encore respectable et coûteux de 41 ministres, secrétaires d’État et conseillers.
 
C’est pour l’essentiel un nouveau personnel politique dont nous attendons les CV, le programme ainsi que la démonstration de leurs compétences « d’hommes qu’il faut à la place qu’il faut ». Les priorités n’ont même plus à être identifiées : les grèves partout et souvent illégales (dernièrement à Tunisair et dans l’hôtellerie, aux entreprises chimiques de La Skhira, à l’aéroport d’Enfidha et l’entreprise japonaise Yazaki qui vient de mettre la clef sous la porte à Metlaoui et Om Larayes), les assauts contre des QG d’entreprises (encore dans les mines de Gafsa) ou contre des camions de bouteilles de gaz toujours en pénurie (alors que le Nord-ouest grelotte), les innombrables barrages de routes (vers le centre industriel de Bir Mchargua), les agressions contre les douaniers et les policiers qui leur font porter le brassard rouge de protestation etc. etc. etc., donnent le sentiment d’un désordre permanent n’engageant ni investisseur ni touriste à venir chez nous. Peut-être ceux-la mêmes qui avaient ouvert dans les premiers mois de la révolution cette boîte de Pandore d’une irrépressible agitation revendicatrice portée à la loi de la jungle voient ce piège se refermer sur eux…
 
À moins que par un miracle déjà survenu sur la foi de quelque deal obscur, tout s’apaise subitement à la prise de fonction du gouvernement. Toute querelle cessante, n’est-ce pas ce que nous pouvons souhaiter de mieux pour notre pays à quelques jours d’une nouvelle année ?
 
Nadia Omrane
 


Association des Tunisiens enFrance UGET-France

Rencontre avec Monsieur Habib KAZDAGHLI, Doyen de la Faculté des Lettres et des Humanités

 
L’ATF et l’UGET-Franceont le plaisir de vous inviter à assister à une rencontre
avec Monsieur Habib KAZDAGHLI, Doyende la Faculté des Lettres et des Humanités de la Mannouba
suite aux événements provoqué pardes groupes salafistes pour imposer le Niquab et la séparations des genres.
 
Le 23 décembre 2011 à 19H00
 
A l’Espace Farabi
3-5, rue Louiçs Blanc,
75010 Paris
 
M° Colonel Farabi
Tel0145960406 e-mail : atf.bn@wanadoo.fr
 
LePrésident del’UGET-Frace Le Président de l’ATF
AymanBELHOUJ Moahmed-Lakhdar ELLALA


En Tunisie, Captain Khobza garde la transition démocratique à l’œil

 

l est de cette génération qui a grandi sous le régime autoritaire de Zine El Abidine Ben Ali et a appris à vénérer le président sur les bancs de l’école. « Nous vivions dans une prison à ciel ouvert »,dit Mehdi. qui a tôt fait de réaliser « que quelque chose n’allait pas ». Alors, en janvier dernier, cet entrepreneur de 33 ans, dont le bureau dit la réussite, est sorti dans la rue. « Mon père a tenté de m’en empêcher »,raconte-t-il. Mais le moment était venu d’exiger la dignité. De libérer une créativité longtemps censurée, aussi.Mehdi va trouver l’inspiration dans l’une des photos les plus célèbres de la révolution : celle d’un homme, une baguette de pain en guise de mitraillette, visant les policiers anti-émeutes. « Cet homme, c’est le Tunisien qui n’a pas peur, estime Mehdi. C’est l’exemple à suivre. »Quand les premières affiches de campagne, en juin, campent des chefs de parti dominant le petit peuple, il décide de « faire parler cet homme ».

 

 
 
Il crée alors Captain Khobza (« pain », en arabe). Un personnage d’animation vêtu du drapeau tunisien, portant sur la tête une chéchia, qui livre une vision impertinente de l’actualité tunisienne dans des épisodes de quelques minutes diffusés sur Facebook. Énorme succès : sa page Facebook compte aujourd’hui 210 000 fans et 64,5 millions de « vus ». Mehdi s’en étonne encore : « Nous n’avions jamais imaginé que ça prendrait une telle ampleur. »

Indépendance jalousement gardée

Le jeune homme parle au pluriel, car il a entraîné dans l’aventure la quinzaine de salariés que compte son entreprise de nouvelles technologies. Exaltés par la révolution, ils passent d’abord « les soirées et une partie des nuits »à imaginer de nouveaux épisodes. « Les Tunisiens ont commencé à s’approprier la démocratie naissante en riant des nouveaux dirigeants », dit Mehdi, qui investit l’argent et le matériel de la société, car la série ne rapporte « pas un millime ». Il a failli mettre en danger son entreprise. Depuis, il tente de « trouver un juste milieu ». L’équipe a mis entre parenthèses la websérie pour travailler à la réalisation d’un long métrage, pas encore diffusé. Il rêve à un Captain Khobza « juste rentable »pour pouvoir y déléguer quelques salariés de l’entreprise. Des chaînes de télévision ont proposé des contrats, mais l’équipe est jalouse de son indépendance. « J’ai posé des conditions, explique Mehdi. La chaîne ne doit avoir aucun droit de regard sur le contenu de nos créations. » Au groupe saoudien qui lui faisait les yeux doux, il a claqué la porte. « Ils voulaient “acheter le symbole de la révolution”. Captain Khobza appartient aux Tunisiens. »Mehdi protège sa création, car il croit qu’elle peut « aider à la naissance d’une responsabilité citoyenne »,comme « d’autres projets débordant de créativité », nés après la révolution et pour lesquels il dit son admiration.  

«L’émergence d’une dictature culturelle»

Il porte un regard sans concession sur la transition démocratique en cours, fustigeant « l’émergence d’une dictature culturelle ». « Avant, on pouvait parler de tout, sauf de politique, dit-il. Maintenant, on se dirige vers une situation inverse. »En ligne de mire, l’attitude virulente, voire violente, des extrémistes religieux. Les quelques épisodes de Captain Khobza évoquant la religion ou les islamistes lui ont d’ailleurs valu « insultes et menaces ». Qu’importe. Mehdi prépare déjà la deuxième saison de Captain Khobza, dont le premier épisode devrait sortir sous peu. Il promet de suivre les faits et gestes de l’Assemblée constituante, pour « montrer l’envers du décor ». Source: « La Croix » Le 22-12-2011 Lien: http://www.la-croix.com/Actualite/S-informer/Monde/En-Tunisie-Captain-Khobza-garde-la-transition-democratique-a-l-aeil-_EG_-2011-12-22-749961  
 

Chercher le coupable de la fermeture de Yazaki

L’affaire a été confirmée. Les Tunisiennes et Tunisiens ont subi le choc ! La câblerie d’Om Laârayes a fermé définitivement ses portes mercredi 21 décembre 2011. Dès lors, une forte protestation s’est déclenchée sur les réseaux sociaux contre les grévistes. Cependant, il semble évident de réfléchir avant de juger tel ou tel comportement.

Il est légitime de s’interroger sur cet arrêt brutal? A qui incombe la faute ? Doit-on blâmer les grévistes ? A vrai dire, la manifestation des salariés n’a pris que 2 heures et sans même interrompre le travail. Contacté, M. Mohamed Arfa, directeur régional de l’API, a indiqué qu’il avait été informé par les ouvriers qu’il n’a jamais été question de 13ème mois : « On n’a demandé qu’une meilleure communication et écoute de la part de la direction générale ». Cependant, le groupe a justifié cet arrêt par les impacts des « grèves irrégulières », observées les 15 et 16 décembre. Oui ! Une décision choquante pour tous. Yazaki n’a même pas averti le personnel. Pire ! Le câbleur n’a même pas appelé au dialogue pour trouver des solutions. Selon le personnel, aucune discussion n’a été engagée entre la société et les employés concernant la fermeture du site. Une affaire qui laisse penser que la décision d’arrêt a été déjà prise depuis une période. « Cette unité qui employait 438 personnes a été farouchement protégée par son personnel au cours de la Révolution », a indiqué Mohamed Esseghaier Miraoui, secrétaire général de l’Union régionale du travail à Gafsa. Dans un communiqué, M. Miraoui a accusé la société Yazaki d’avoir prémédité la fermeture de son unité : « la société a déjà viré 600 employés de son unité de Metlaoui. Les employés ont simplement manifesté leur mécontentent sans interrompre le travail ». Or, selon le groupe, « de longues négociations ont été effectuées avec les employés afin de les convaincre de reprendre le travail. Mais les employés n’ont pas accepté de rejoindre leurs postes ». Indépendamment de ce qui ce passe avec l’investisseur étranger, Yazaki, les Tunisiennes et les Tunisiens ont en marre de l’exploitation du patron. La Révolution a réveillé chez eux le sentiment de défendre leurs droits qu’ils estiment légitimes. La grève semble être la solution la plus adéquate pour obtenir leurs demandes. Or, la situation par laquelle passe notre pays nous oblige à être plus conscients et plus responsables. L’accroissement des revendications sociales ne peut que nuire à l’économie du pays voire bloquer la machine productive. Et ça continue encore ! Un nouveau coup dur pour l’économie tunisienne. Le groupe « British Gaz » a ainsi l’intention de fermer leurs filiales dans les régions tunisiennes. Plus encore, une société française de production de fourrages à partir du phosphate bicalcique produit par le Groupe chimique tunisien (GCT) a décidé de fermer définitivement ses portes à cause du sit-in à la GCT.

Source: « Investir en Tunisie » Le 22-12-2011

Lien: http://www.investir-en-tunisie.net/index.php?option=com_content&view=article&id=12630

 


Tunisie : la mauvaise foi des intégristes

Ouvertement antidémocrates, les islamismes radicaux tunisiens n’en invoquent pas moins la liberté de conscience… pour mieux la dénier aux autres.

La visibilité de la mouvance salafiste en Tunisieest un phénomène nouveau surgi dans le sillage de la révolution. Après de timides provocations lors de manifestations pour la défense des droits de la femme ou de la modernité, ses membres ont fait monter la tension de plusieurs crans en provoquant la fermeture de bars, en saccageant le cinéma Afric’Art, en attaquant Nessma TVet le domicile de son patron, et, plus récemment, en s’invitant dans les universités, devenues leur terrain de prédilection. Leurs revendications, exprimées dans la fureur, sont toujours les mêmes : abrogation de la mixité et autorisation du port du niqab. Malgré ce marquage de territoire, les islamistes radicaux, dont les drapeaux noirs, les tuniques afghanes et les appels au djihad semblent venus d’un autre temps, demeurent une mouvance assez obscure.  
Réseau
 
Leur émanation politique, Hizb al-Tahrir (Parti de la libération), prône « la souveraineté de la Oumma » et rejette la démocratie. « Le retour de l’islam dans notre vie ne sera pas assuré par un simple article de la Constitution stipulant que la religion officielle de l’État est l’islam. Cet article à portée symbolique n’aurait aucune valeur, puisque les gouvernants y recourent par hypocrisie, par ruse et pour faire taire les masses. Le retour de l’islam dans la vie, la bonne gouvernance et la souveraineté ne sauraient se réaliser sans un État qui mette la foi à la base même de la Constitution et des lois »,peut-on lire sur leurs tracts. Ridha Belhaj, porte-parole du mouvement, affirme même qu’il est inutile d’élaborer une Constitution, puisqu’elle est déjà inscrite dans le Coran, et considère que la démocratie n’est qu’un moyen d’accéder au pouvoir. Le programme du Hizb al-Tahrir est succinct : restauration du califat et stricte application de la charia. Corollaires de ces objectifs : interdiction des partis politiques et remplacement de l’étoile et du croissant sur le drapeau tunisien par la chahada (profession de foi). Si le parti ne compte que quelque deux mille adhérents, il n’en contrôle pas moins quelques mosquées et profite d’un réseau international de cinquante pays. Belhaj discute d’ailleurs avec ses homologues libyens d’un projet d’union. Approché par des dirigeants d’Ennah­dha en vue des élections du 23 octobre, le président du bureau politique d’Al-Tahrir, Abdelmajid Habibi, avait appelé au boycott du scrutin : « On ne peut élire des personnes qui permettent ce que Dieu a interdit et interdisent ce que Dieu autorise. » Ahmed Gaaloul, d’Ennahdha, confirme cette « différence de perception de l’islam et des objectifs sociaux ».
 
Nébuleuse
 
La mouvance regroupe plusieurs autres tendances  : la salafiya djihadiya, la salafiya ilmiya (chargée de purifier l’idéologie islamiste), Al-Daawa wa Al-Tabligh, sorte de secte dédiée au prêche, et Al-Takfir wa Al-Hijra, en rupture totale avec la société, qu’il juge mécréante. Tous œuvrent dans les quartiers pauvres pour enraciner leur idéologie. Ils exercent un contrôle sur plus de 400 mosquées, ont fondé une école coranique à Sidi el-Bokri, sur la route de Bizerte, et ont pour chefs Abou Ayoub, prêcheur à Oued Ellil, et Abou Iyadh, figure connue de la cité populaire d’Ettadhamen. Ils sont également nombreux à sévir dans les régions fragilisées par la révolution. À Sidi Bouzid, Gafsa ou Kasserine, les salafistes tentent d’imposer une mutation sociale selon les normes fondamentalistes d’un pouvoir islamiste. On estime le nombre de leurs partisans à 3 000, scindés en une centaine de groupuscules.
 
Pourtant, ces salafistes-là sont dénués d’objectifs politiques. Nabil Manaï, un ancien de Hizb al-Tahrir, les décrit comme « des franges sans cause définie, facilement manipulables faute d’encadrement réel. Ils réclament le port du niqab, mais c’est un objectif bien mince, sans impact. Ils contribuent à soutenir Ennahdha, car ils apprécient les démonstrations publiques, ce sont des agitateurs et des agités ». Le chercheur français Vincent Geisser affirme que « ces groupes bénéficient d’aides secrètes de la part de certains milieux du Golfe dont le rêve est de casser la « petite démocratie tunisienne » ».  

 

 


Un journaliste et un syndicaliste devant la justice

Un rassemblement de soutien des enseignants de l’enseignement secondaire, s’est tenu, jeudi 22 décembre 2011, devant le Tribunal de première instance de Tunis, pour soutenir Hassen Ksibi, journaliste, et Sami Tahri, secrétaire général du Syndicat de l’enseignement secondaire, qui sont poursuivis devant la justice et dont le procès a été ouvert aujourd’hui, suite à la publication d’un article concernant la corruption administrative dans le ministère l’Education. M. Ksibi a expliqué, dans une déclaration à Shems Fm, que la plainte pour diffamation a été déposée par le directeur général des affaires juridiques au sein du ministère de l’Education, suite à la publication d’un de ses articles rapportant un communiqué du Syndicat de l’enseignement secondaire dénonçant la corruption administrative au sein du ministère, notamment celle de cet individu connu pour être proche de Sadok Korbi, ancien ministre de l’Education. Pour le journaliste, ce procès est une atteinte à la liberté de la presse et celle du syndicalisme. Mais, il reste optimiste et confiant dans la justice tunisienne. Notons que la cour a décidé de reporter le procès au 5 janvier 2012.pour délibérations avant de prononcer son verdict.  

2 questions à Maroun Lahham, Archevêque de Tunis

En marge du quatrième colloque international en 2011 sur le thème « Où va le printemps arabe ? »organisé par l’Observatoire arabe des religions et des libertés, les 21 et 22 décembre à Tunis, Investir en Tunisie a rencontré Mon Seigneur Maroun Lahham, Archevêque de Tunis.

Investir en Tunisie : Quel avenir pour les chrétiens dans le monde arabe ? Maroun Lahham : L’avenir des Chrétiens est différent selon les pays. La situation dans l’Occident arabe n’est pas la même dans les pays de l’Orient. Dans le premier cas, les Chrétiens sont dans la majorité des étrangers ce qui a mis en place une harmonie entre les religions. Dans le Maghreb, on accepte souvent qu’un étranger ait des croyances, des traditions et des religions différentes, ce qui n’est pas le cas dans l’Orient où les Chrétiens sont des Arabes. Il faut dire que la question de la minorité chrétienne est y plus profonde. Que préconisez-vous afin de mener à bien la vie en paix entre Musulmans et Chrétiens ? Il faut avant tout que les nouveaux gouvernements nous traitent comme des citoyens de premier degré. Nous somme tunisiens, égyptiens, syriens avec les mêmes droits et devoirs que les Musulmans… Nous voulons une citoyenneté active et complète. Les nouvelles constitutions doivent stipuler une véritable égalité et une participation active des Chrétiens dans la vie politique et sociale. Il nous manque un message officiel de la part des nouveaux gouvernements qui met en valeur la fraternité et l’égalité entre les deux croyances. La famille, l’école et les maisons de culte, ont ainsi un rôle majeur dans l’instauration d’une culture de tolérance.

Source: « Investir en Tunisie » Le 22-12-2011  

 
 
 

L’auteur met les pieds dans le «tebsi», comme il dit, en posant la question qui risque de fâcher : Y a-t-il plusieurs islams en Tunisie ?


C’est une question simple et bête, peut être non avenue et choquante pour certains, mais elle vaut bien une pérégrination intellectuelle dont voici la teneur. Les sociologues aiment à distinguer entre des catégories dans la société et aiment par-dessus tout identifier autour de ces catégories des processus qui les font entrer en conflit. La société évolue au gré du jeu de ces confrontations. La religion dans la vie politique S’agissant de la Tunisie, le débat qui agite aujourd’hui une frange de la population se cristallise autour de la place et du poids de la religion dans la vie politique et essentiellement dans la définition des libertés individuelles. Après le 14 janvier, les mouvements islamistes sont sortis de la clandestinité et sont devenus en un temps record une, sinon, la force politique importante en Tunisie. En face, l’establishment universitaire, culturel et l’intelligentsia de salon voient rouge ou plutôt vert. Ils craignent le réveil d’anciens atavismes de la société tunisienne. Ce qui fait peur c’est un retour de l’institution des ulémas et des savants-intellectuels religieux dans le champ juridique, universitaire et politique. S’en suivrait alors une marche à reculons qui ravagerait sur son passage beaucoup d’acquis constituant le socle de la Tunisie moderne tels que le Code du statut personnel et tout ce qu’il apporte en matière d’émancipation de la femme et le caractère civil de l’institution judiciaire, de l’école, de l’hôpital et de l’université. Certains diraient nous revoilà plongés dans un débat entre le modernisme réformateur versus le traditionalisme conservateur qui a été une ligne de clivage importante des forces vives ayant mené la lutte pour la libération de la Tunisie et pour la construction de l’Etat tunisien indépendant. La distinction entre ces deux catégories, modernisme réformateur d’un côté et traditionalisme conservateur de l’autre, va dans le sens d’une certaine lecture de l’histoire de la Tunisie. Il est vrai qu’à l’initiative du Grand Vizir Kheireddine, une brèche s’est ouverte dans la mainmise de la religion sur les institutions judiciaires et sur l’enseignement (surtout avec la création du collège Sadiki). Cette catégorisation est-elle toujours d’actualité après le 14 Janvier ? Est-ce encore une lecture pertinente pour comprendre la dynamique du jeu politique et des processus en œuvre qui influenceront l’évolution de la société tunisienne ? La défaite des intellectuels Certains signaux poussent à nuancer le poids de la lutte entre modernisme réformateur et traditionalisme conservateur. En effet, si le traditionalisme conservateur galvanise encore les foules, le modernisme réformateur a perdu de son brio. Ce dernier est incarné aujourd’hui par une élite de plus en plus distante du peuple. La révolution du 14 janvier n’a fait qu’aggraver l’abîme. Ma perception de la Tunisie d’aujourd’hui me laisse penser que la rue est moins portée sur les débats idéologiques et peu encline à l’intellectualisation des enjeux sociaux. Pour dire vrai, les Tunisiens ne tiennent pas les intellectuels en affection, il suffit de revoir l’accueil réservé à des Mohammed Talbi, Youssef Seddik ou encore à Abouyaâreb Marzouki. Le leitmotiv de la rue demeure le «real», le concret, l’immédiat et non les débats sans fin. C’est pour cette raison que l’élite tunisienne issue de l’establishment universitaire et le monde de la culture, qui s’est intronisée gardienne du temple du modernisme réformateur dans lequel gît le bourguibisme, sont en train de péricliter. Je ne suis pas adepte de la thèse de la fin des idéologies et de la fin de l’Histoire précipitée par la chute du bloc soviétique. Je pense plutôt que le monde d’aujourd’hui ne carbure plus à l’idéologie et aux utopies mais davantage à la quête de sens. Quelles sont alors les catégories agissantes dans la Tunisie actuelle ? J’en vois désormais deux. Il ne s’agit pas de classer tous les Tunisiens dans ces deux catégories. Certains ne s’y reconnaîtront pas et ils auront raison. Néanmoins, je pense qu’elles sont agissantes et influentes et désormais déterminantes dans la dynamique de continuité et de changement dans la Tunisie de demain. Il s’agit de deux conceptions et de pratiques de l’islam mêlées à des dimensions sociales culturelles et économiques. Islam citadin et islam rural Ma conception est qu’il existe aujourd’hui en Tunisie une tension entre deux islams et donc deux catégories : un islam citadin et bourgeois versus un islam rural et populaire. L’islam citadin et bourgeois met l’accent sur la piété et sur la vertu. La cité adoucit le tempérament de l’individu et lénifie le lien social. L’anxiété sociale est de ce fait moins forte. La prospérité économique, le bien-être et le confort matériel qui en découlent caractérisent la cité. Elles changent le regard de l’individu sur le monde et sur lui-même. Le citadin est donc plus ouvert et plus enclin au dialogue et à la négociation dans ses échanges du quotidien. Il vit sa foi plutôt dans son for intérieur et il est plus à même de composer avec la différence. Il est pieux et vertueux et il a une conception de l’islam aussi bien cultuelle qu’intellectuelle. De l’autre côté, l’islam rural et populaire est plus rigoriste et communautaire. Le lien social demeure fort et les mécanismes de solidarité agnatique sont encore structurants. Les sociétés sont plus normées et les codes sociaux encore prégnants. Ceci augmente l’anxiété sociale chez les individus et les rend moins tolérants à la différence. La déviance est lourdement sanctionnée par l’exclusion du groupe. Les rapports homme-femme sont aussi complexes et plus marqués par la domination masculine. L’instruction et la culture sont réduites à la portion congrue dans les sociétés rurales conférant à la religion et aux traditions un poids considérable. L’islam est vécu d’une manière intégrale, comme le dit Ben Achour. Il est sanctuarisé. Sa lecture ne supporte ni doute ni renouveau. S’ajoute à ces caractéristiques le sentiment d’injustice mâtiné d’une rancœur contre les citadins et les bourgeois de la part des classes rurales et populaires. Un sentiment hérité des cinq dernières décades et qui pourrait amener à voir dans l’islam rigoriste une porte de salut amenant justice et égalité. Pour participer au débat politique en Tunisie, il faut désormais montrer patte blanche et commencer par affirmer son islam. Le débat se déroulera alors entre musulmans qui s’affirment en tant que tels et qui le montrent sans ombrages. Le débat sera celui entre l’islam tolérant, conciliateur et qui aménage une place dans l’ombre pour quelques libertés individuelles et un islam rigoriste, total, tourné vers la tradition plutôt que les problèmes de la société et qui va rogner sévèrement sur les libertés individuelles. Pour les musulmans citadins, il existe des problèmes et des enjeux sociaux avec des dimensions religieuses qu’il conviendra peu ou prou de concilier. Pour l’islam rural il n’existe que des dimensions religieuses et doctrinales dont on ne peut déroger sous aucun prétexte car elles constituent l’esprit de l’islam. Aujourd’hui ce sont les deux catégories qui structurent la société tunisienne. Leur opposition fera évoluer la société tunisienne vers un sens ou vers l’autre. Il est évident que, dans un tel débat, les élites tunisiennes n’auront plus droit au chapitre sauf si elles se muent en musulmans qui s’affirment et en modernes. Elles doivent aussi admettre et reconnaître le caractère sacré de tout ce qui a trait à la religion. Il va sans dire que revendiquer son athéisme ou toute autre idéologie anti ou multi religieuse exclut de facto son tenant du champ politique. Ceci est néanmoins très regrettable. Source: « Kapitalis » Le 22-12-2011  

Lien: http://www.kapitalis.com/afkar/68-tribune/7457-y-a-t-il-deux-islam-en-tunisie.html

 


Une seconde Révolution, prévient Hamma Hammami !

Hamma Hammami, secrétaire général du PCOT (Parti communiste des ouvriers de Tunisie) sort de ses gonds : «Il est désormais clair que l’alliance entre Ennahdha, le Congrès pour la République et Ettakatol repose sur une logique de partage du gâteau».

Dans une interview accordée au quotidien « Le Temps », M. Hammami a précisé que ces partis tentent aussi de récompenser leurs militants par des postes ministériels sans se soucier de l’intérêt national : « La troïka sera confrontée à plusieurs difficultés d’autant plus qu’elle n’a pas été constituée sur la base d’un programme économique et social commun mais sur la base d’intérêts partisans ». Selon le secrétaire général du PCOT, la Tunisie aurait mieux fait par ces temps difficiles d’opter pour un gouvernement restreint pour réduire les dépenses publiques, mais aussi pour assurer l’efficience de l’action gouvernementale. Quant au programme économique du mouvement Ennahdha, H.Hammami a indiqué que ce mouvement a un programme économique ultra-libéral qui n’est pas différent de celui appliqué par le régime de Ben Ali : «L’application de ce programme dans le cadre d’une conjoncture économique mondiale très difficile, marquée par la contraction de la demande européenne sous l’effet d’une grave crise de la dette pourrait mener le pays à une seconde Révolution. La Tunisie a aujourd’hui besoin de rompre avec le libéralisme sauvage et de s’orienter vers une économie au service de la population ». En ce qui concerne l’appel de M. Moncef Marzouki, président de la République, à une trêve politique et sociale pendant six mois, Hammami juge cet appel « insensé » : « Le gouvernement doit d’abord reconnaître l’existence d’un grand malaise social. Le chômage endémique, la cherté de la vie et la détérioration des services sociaux sont autant de fléaux qui pèsent lourd sur de larges franges de la société tunisienne. Le gouvernement de transition de Béji Caïd Essebsi a fermé les yeux sur tous ces problèmes sociaux dont l’intensité a, par conséquent, augmenté au fil des mois. Au lieu d’appeler à une trêve sociale, le nouvel exécutif aurait dû s’atteler à prendre des mesures urgentes pour alléger la souffrance des classes ouvrières, des laissés pour compte et des oubliés du pseudo-miracle économique tunisien, qui avait longtemps servi de faux bouclier au régime de Ben Ali face aux attaques sur les atteintes aux libertés et aux droits de l’Homme ».

Source: « Investir en Tunisie » Le 22-12-2011

Lien: http://www.investir-en-tunisie.net/index.php?option=com_content&view=article&id=12628

 


Nouvelles radios privées: En attendant Godot!

Un séminaire a été organisé, à Tunis, les 19, 20 et 21 décembre 2011, pour aider les nouvelles radios privées de la bande FM, autorisées en juin 2011, à entamer une réflexion approfondie pour mieux saisir les tenants et les aboutissants d’un projet de radio. Mais les projets au nombre de 12 ont des difficultés à démarrer. Et les conventions précisant leurs droits et devoirs n’ont pas encore été établies.Créer une radio FM: savoir ce que l’on veut et pour qui? L’information radio: comment la rendre proche des citoyens? Comment diriger et animer l’équipe d’une jeune station? C’est à ces trois grandes questions qu’un séminaire, organisé par le CAPJC (Centre africain de perfectionnement des journalistes et communicateurs), l’INRIC(Instance nationale de réforme de l’information et de la communication) et RFI (Radio France Internationale), les 19, 20 et 21 décembre 2011, a tenté de répondre. Le séminaire, destiné aux promoteurs des radios privées, au nombre de 12, qui ont été autorisées le 29 juin 2011 à émettre, s’est voulu un moment de profonde réflexion pour mieux saisir les tenants et les aboutissants d’un projet de radio. Il a essayé aux travers des séances plénières et ateliers animés par des consultants qui se recrutent pour l’essentiel dans les rangs de deux radios françaises, RFI et de Monte Carlo Doualiya (en langue arabe), de mieux faire saisir à la vingtaine de participants à cette rencontre des aspects aussi différents que ceux relatifs à la formulation des objectifs organisationnels et sectoriels d’une radio ou encore au développement d’une information crédible et de proximité en passant par la définition d’une ligne éditoriale ou d’un plan marketing en vue de mieux fidéliser la clientèle. Au niveau des «balbutiements» Ce séminaire semble arriver au bon moment. En effet, sur les 12 radios autorisées, 2 seulement ont commencé à émettre. Il s’agit de Radio 6 et la Radio Oxygène. La première est installée à Tunis, la seconde à Menzel Bourguiba (gouvernorat de Bizerte). Pourquoi? De nombreuses explications sont données par les promoteurs, dont certains semblent un peu plus avancés que d’autres. Ainsi, si certains sont au niveau des essais, d’autres ne sont qu’au niveau des «balbutiements», à en croire une source proche du dossier de ces radios. Certains invoquent les frais «exorbitants» exigés pour la télédiffusion -comprenez l’ONT (Office national de télédiffusion), qui demande à être payé rubis sur l’ongle-, d’autres évoquent la cherté du matériel à acquérir, d’autres encore sont à court de «frais de fonctionnement» qui vont leur permettre de pouvoir résister pendant un certain temps (4 à 5 mois), le temps de pouvoir gagner de l’argent, ou sont en train d’établir des contrats publicitaires pour pouvoir démarrer du bon pied. En deçà des attentes du marché médiatique Quoi qu’il en soit, tous se préoccupent du financement de leur projet et notamment des ressources publicitaires. D’une part, parce que le marché ne présente pas, pour l’heure, des signes encourageants du fait de la récession que vit le pays. D’autre part, parce que les ressources publicitaires sont bien en deçà des attentes du marché médiatique. Ainsi et à en croire les chiffres fournis par le cabinet Sygma Conseil, les radios n’ont bénéficié, en 2010, que de 33,6 millions de dinars de recettes publicitaires, soit 20 % du chiffre d’affaires global de la publicité: 164 millions de dinars. Un chiffre jugé, à juste titre, théorique ne prenant pas en compte les 3 R (Remises, Ristournes et Rabais). Ce qui veut dire, en réalité, que ce chiffre ne dépasserait pas 120 millions de dinars. Une autre zone d’ombre, pour ainsi dire, au tableau: le Premier ministère, qui a pris en charge les attributions communicationnelles de l’Etat, assurées auparavant par le défunt ministère de la Communication, du moins certains d’entre elles, du reste nécessaires dans tout Etat démocratique, n’a pas encore établi les textes des conventions qui doivent préciser pour les promoteurs leurs droits et devoirs. Ces conventions, qui sont en fait des contrats, doivent être signés par les promoteurs avec une instance de régulation de l’audiovisuel, qui se doit de jouer le rôle de «policier» de l’audiovisuel, veillant à l’application des textes des conventions et de la déontologie. Annoncée au début de l’été dernier, cette instance n’est toujours pas créée, et le projet de texte la concernant, préparé par le gouvernement de Béji Caïd Essebsi, doit être examiné par la Constituante. Pourtant, toute la procédure en vue du démarrage des nouvelles radios privées, autorisées à émettre, donc, en juin 2011, ne devait pas prendre plus que six mois! Source: « WMC » Le 22-12-2011 Lien: http://www.webmanagercenter.com/management/article-114117-tunisie-nouvelles-radios-privees-en-attendant-godot  

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