22 novembre 2007

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TUNISNEWS
8 Úme année, N° 2740 du 22.11.2007

 archives : www.tunisnews.net
 

 

 


LibertĂ© et EquitĂ©: Affaire du « groupe de Slimane » Le pouvoir continue de bafouer les droits de la dĂ©fense LibertĂ© et EquitĂ©: La vie d’Ahmed Bouazizi est en danger LibertĂ© et EquitĂ©: Arrestation d’Anis Jebali LibertĂ© et EquitĂ©: Zyed Tlili dĂ©tenu sans procĂšs LibertĂ© et EquitĂ©: Arrestation de l’étudiant Abdelhamid SghaĂŻer avec utilisation de dĂ©charge Ă©lectrique LibertĂ© et EquitĂ©: Un hĂ©ros de la libĂ©ration de la Bosnie est gratifiĂ© de onze ans d’emprisonnement LibertĂ© et EquitĂ©: Un innocent en butte Ă  des brimades LibertĂ© et EquitĂ©: Prolongation du contrĂŽle administratif pour l’ex prisonnier Mohammed Ben Abdallah sans passage devant le tribunal AP: Tunisia trial of 30 suspected Islamists postponed until Dec. 1 Par Mezri Haddad.: MENSONGE, VOICI TA VERITE AFP: Soudan: des enfants du Darfour pris en main par des maĂźtres islamiques

 


 

   Liberté et Equité 33 rue Mokhtar Atya, 1001 Tunis Tel/fax : 71 340 860 Email : Liberté_équité@yahoo.fr Tunis, le 21 novembre 2007

Affaire du « groupe de Slimane » Le pouvoir continue de bafouer les droits de la défense

Les avocats de la dĂ©fense des jeunes dĂ©fĂ©rĂ©s dans l’affaire du « groupe de Slimane » ont eu la surprise de constater que l’affaire serait examinĂ©e Ă  leur insu et sans que cela ne soit notifiĂ© au registre d’enregistrement des affaires. L’affaire a Ă©tĂ© appelĂ©e pour le 21 novembre 2007 aprĂšs que la quatriĂšme chambre criminelle du Tribunal de PremiĂšre instance de Tunis prĂ©sidĂ©e par le juge Mehrez Hammami ait Ă©tĂ© chargĂ©e de l’examiner. Les avocats ont annoncĂ© qu’ils se constituaient dans l’affaire et ont demandĂ© le report pour prĂ©parer les moyens de la dĂ©fense, au regard de l’importance du dossier, de la gravitĂ© des accusations, de l’étude requise des documents, notamment par les personnes dĂ©fĂ©rĂ©es en prison, mais le tribunal a reportĂ© l’affaire Ă  un trĂšs court terme, n’excĂ©dant pas dix jours, soit le 1er dĂ©cembre prochain. Ce dĂ©lai est insuffisant pour que les avocats puissent prendre connaissance du dossier, rendre visite Ă  leurs clients et prĂ©parer la dĂ©fense d’un commun accord avec ces derniers. Pour rappel, l’examen du recours de la dĂ©cision de la clĂŽture de l’instruction par la chambre d’accusation avait Ă©tĂ© clos en trois jours et la dĂ©fense n’avait pu prendre connaissance de la dite dĂ©cision ni la discuter. L’organisation LibertĂ© et ÉquitĂ© [
] Pour le bureau exĂ©cutif de l’organisation MaĂźtre Mohammed Nouri (traduction d’extraits ni revue ni corrigĂ©e par les auteurs de la version en arabe, LT)  

Liberté et Equité 33 rue Mokhtar Atya, 1001 Tunis Tel/fax : 71 340 860 Email : Liberté_équité@yahoo.fr Tunis, le 22 novembre 2007

Les martyrisĂ©s sur terre La vie d’Ahmed Bouazizi est en danger

Ahmed Bouazizi est originaire de la ville de Mateur, il est commerçant et ĂągĂ© de 54 ans. Il est l’un des dirigeants du mouvement En Nahdha. Il a Ă©tĂ© jugĂ© en 1991 pour appartenance au mouvement En Nahdha et est sorti de prison le 23/09/2006 pour des raisons de santĂ© aprĂšs y avoir passĂ© plus de seize annĂ©es. Il a Ă©tĂ© hospitalisĂ© Ă  Menzel Bourguiba aprĂšs avoir contractĂ© un cancer du colon qui a Ă©tĂ© dĂ©pistĂ© et dont l’existence a Ă©tĂ© confirmĂ©e en septembre 2006. Il a alors Ă©tĂ© transfĂ©rĂ© Ă  l’hĂŽpital Bougetfa Ă  Bizerte et lorsqu’il a Ă©tĂ© confirmĂ© qu’il Ă©tait atteint du cancer on l’a libĂ©rĂ© pour se dĂ©barrasser des dĂ©penses du traitement; Il a poursuivi le traitement Ă  ses propres frais Ă  l’hĂŽpital Salah AzaĂŻez Ă  Tunis oĂč il a subi une ablation de la tumeur et a poursuivi la chimiothĂ©rapie car il s’est avĂ©rĂ© que la maladie n’avait pas Ă©tĂ© Ă©radiquĂ©e mais s’était Ă©tendue au foie et aux reins. Les mĂ©decins lui ont prescrit d’autres mĂ©dicaments et on lui fait maintenant des injections de produits chimiques diffĂ©rents des premiers; son Ă©tat a empirĂ© et inspire la crainte. Les mĂ©decins se sont accordĂ©s Ă  dire que sa maladie ne se serait pas aggravĂ©e aussi rapidement si elle avait Ă©tĂ© soignĂ©e dĂšs le dĂ©but et secouru alors qu’il Ă©tait en prison dĂšs la dĂ©tection d’une tumeur maligne [
] D’autre part, il a dĂ» faire face Ă  des longueurs administratives aprĂšs sa sortie de prison qui ont empĂȘchĂ© qu’il soit soignĂ© dans les dĂ©lais requis et qu’il poursuive son traitement. Par chance il obtenu la couverture sociale de la caisse nationale d’assurance sociale mais cette derniĂšre n’a pas jouĂ© son rĂŽle complĂštement, ce qui l’a conduit Ă  interrompre son traitement, les mĂ©dicaments ne lui ayant pas Ă©tĂ© accordĂ©s dans les dĂ©lais. AprĂšs qu’il ait commencĂ© les injections de produits chimiques prescrits Ă  raison de six injections sur une pĂ©riode de trois mois, soit une sĂ©ance tous les quinze jours, il n’a plus respectĂ© les rendez-vous, et a interrompu le traitement pendant deux mois dans l’attente de l’accord de la caisse prĂ©citĂ©e pour payer les dĂ©penses de mĂ©dicaments et de matĂ©riel . Cette interruption du traitement a rendu le traitement inefficace, la chimiothĂ©rapie a Ă©chouĂ© et entraĂźnĂ© les mĂ©tastases au foie et aux reins, obligeant les mĂ©decins Ă  passer Ă  des doses plus Ă©levĂ©es [
] Cette seconde phase a vu encore des retards dans la prise en charge de la caisse qui l’ont obligĂ© Ă  emprunter de grosses sommes pour acheter du matĂ©riel et il a Ă©tĂ© contraint de quitter l’hĂŽpital et d’aller dans une clinique [
] LibertĂ© et ÉquitĂ© [
] Pour le bureau exĂ©cutif de l’organisation MaĂźtre Mohammed Nouri (traduction d’extraits ni revue ni corrigĂ©e par les auteurs de la version en arabe, LT)

 


 

Liberté et Equité

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Tunis, le 21 novembre 2007

 

Arrestation d’Anis Jebali

 

LibertĂ© et ÉquitĂ© a appris que la brigade de la SĂ»retĂ© de l’Etat avait arrĂȘtĂ© sans motif le jeune Anis Jebali Ă  son domicile de Ben Arous vers deux heures de l’aprĂšs midi mardi 20 novembre et qu’il avait Ă©tĂ© emmenĂ© vers une destination inconnue sans que sa famille n’en soit informĂ©e.

LibertĂ© et ÉquitĂ© [
]

 

Pour le bureau exĂ©cutif de l’organisation

MaĂźtre Mohammed Nouri

 

(traduction d’extraits ni revue ni corrigĂ©e par les auteurs de la version en arabe, LT)


 

 

 

 

Liberté et Equité

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Tunis, le 20 novembre 2007

 

Zyed Tlili détenu sans procÚs

 

Nous avons Ă©tĂ© contactĂ©s par la famille du prisonnier d’opinion, le lieutenant Zyed Tlili originaire de Gafsa, et Ă©crouĂ© Ă  la prison de Mornaguia depuis 2006 par le juge d’instruction du dixiĂšme bureau du Tribunal de PremiĂšre instance de Tunis. La famille nous a affirmĂ© qu’il n’avait Ă©tĂ© accusĂ© de rien et demande aux autoritĂ©s qu’il soit libĂ©rĂ© incessamment.

Liberté et Equité

1) Dénonce la détention prolongée de citoyens qui ne sont ni déférés devant un tribunal ni relùchés.

2) DĂ©nonce les brimades subies par le prisonnier d’opinion Zyed Tlili en prison

3) Exige sa libération immédiate

 

Pour le bureau exĂ©cutif de l’organisation

MaĂźtre Mohammed Nouri

 

(traduction ni revue ni corrigée par les auteurs de la version en arabe, LT)


 

 

Liberté et Equité

33 rue Mokhtar Atya, 1001 Tunis

Tel/fax : 71 340 860

Email : Liberté_équité@yahoo.fr

 

 

Tunis, le 21 novembre 2007

 

Arrestation de l’étudiant Abdelhamid SghaĂŻer avec utilisation de dĂ©charge Ă©lectrique

 

LibertĂ© et ÉquitĂ© a appris que la police politique avait arrĂȘtĂ© Abdelhamid SghaĂŻer, Ă©tudiant Ă  la facultĂ© des sciences alors qu’il sortait de la facultĂ© aprĂšs en avoir rencontrĂ© le doyen. Il Ă©tait dans le mĂ©tro entre la capitale et Ras Tabia, mercredi 21 novembre aprĂšs midi. L’interpellation a eu lieu lors de l’arrĂȘt de la rame Ă  la station de la citĂ© Rommana alors qu’il Ă©tait entourĂ© d’étudiants. Un groupe de trois agents de la police politique ont surgi et sous la direction du chef de district de la SĂ»retĂ©d’El Omrane ont placĂ© un objet sur sa tempe gauche qui lui a envoyĂ© une dĂ©charge Ă©lectrique. Il a perdu conscience et a Ă©tĂ© emmenĂ© dans un endroit inconnu.

LibertĂ© et ÉquitĂ© [
]

 

Pour le bureau exĂ©cutif de l’Organisation

MaĂźtre Mohammed Nouri

 

(traduction d’extraits ni revue ni corrigĂ©e par les auteurs de la version en arabe, LT)


 

 

Liberté et Equité

33 rue Mokhtar Atya, 1001 Tunis

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Email : Liberté_équité@yahoo.fr

 

 

Tunis, le 20 novembre 2007

 

Un hĂ©ros de la libĂ©ration de la Bosnie est gratifiĂ© de onze ans d’emprisonnement

 

Nous avons Ă©tĂ© contactĂ©s par monsieur Bouhouche, une personne ĂągĂ©e de plus de 74 ans, qui est le pĂšre du prisonnier politique Moazz Bouhouche. Il nous a dit que son fils, qui travaillait dans la peinture de voitures en Italie, avait Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© Ă  l’aĂ©roport en 1997, lors de son retour d’Italie et avait Ă©tĂ© dĂ©fĂ©rĂ© devant le tribunal dans l’affaire 26804 pour avoir combattu contre les Serbes en Bosnie HerzĂ©govine. Il a Ă©tĂ© condamnĂ© Ă  14 ans d’emprisonnement. Il en a effectuĂ© onze. Il nous a dit que la santĂ© de son fils Ă©tait trĂšs affectĂ©e, et au lieu d’ĂȘtre remerciĂ© pour avoir dĂ©fendu une terre usurpĂ©e, dont la libĂ©ration avait Ă©tĂ© dĂ©clarĂ©e lĂ©gitime par la communautĂ© internationale, il avait Ă©tĂ© humiliĂ© par un tribunal qui lui avait ravi la libertĂ©.

LibertĂ© et ÉquitĂ© [
]

 

Pour le bureau exĂ©cutif de l’organisation

MaĂźtre Mohammed Nouri

 

(traduction d’extraits ni revue ni corrigĂ©e par les auteurs de la version en arabe, LT)

 


 

 

Liberté et Equité

33 rue Mokhtar Atya, 1001 Tunis

Tel/fax : 71 340 860

Email : Liberté_équité@yahoo.fr

 

Tunis, le 20 novembre 2007

 

Un innocent en butte Ă  des brimades

 

Monsieur Hamouda Ben Brahim Larari, dĂ©tenteur de la carte d’identitĂ© nationale n°06201274, demeurant citĂ© Omar Ben Slimane dans le gouvernorat de Gafsa, nous a informĂ©s qu’il Ă©tait en butte Ă  de graves persĂ©cutions perpĂ©trĂ©es par le chef de la brigade des services spĂ©ciaux : arrestations Ă  rĂ©pĂ©tition, intrusions nocturnes permanentes Ă  son domicile, interdiction de voyager y compris Ă  l’intĂ©rieur de la dĂ©lĂ©gation et du gouvernorat, pressions sur son employeur dans le but de le faire licencier . Monsieur Larari a dĂ©posĂ© une plainte auprĂšs du procureur de la RĂ©publique de Gafsa pour exiger que soit mis un terme Ă  ces brimades.

LibertĂ© et ÉquitĂ© [
]

 

Pour le bureau exĂ©cutif de l’Organisation

MaĂźtre Mohammed Nouri

 

(Traduction d’extraits, ni revue ni corrigĂ©e par les auteurs de la version en arabe, LT)


 

 

Liberté et Equité

33 rue Mokhtar Atya, 1001 Tunis

Tel/fax : 71 340 860

Email : liberté_équité@yahoo.fr

 

Tunis, le 20 novembre 2007

 

Prolongation du contrîle administratif pour l’ex prisonnier Mohammed Ben Abdallah sans passage devant le tribunal

 

Monsieur Mohammed Ben Mohammed Ben Hassen Ben Abdallah, ex prisonnier politique qui a passĂ© en prison onze annĂ©es et a Ă©tĂ© libĂ©rĂ© en 2002, nous a informĂ©s qu’il a Ă©tĂ© encerclĂ© pendant cinq ans au prĂ©texte de son astreinte au contrĂŽle administratif qui a pris fin le 4 septembre 2007. Pourtant le poste de la garde nationale de Sidi Jdidi l’a prolongĂ©. Il a Ă©crit au ministre de l’IntĂ©rieur et au ministre de la Justice le 2 octobre 2007 mais n’a reçu aucune rĂ©ponse. Le chef du poste de la garde de Sidi Jdidi lui a assurĂ© que le contrĂŽle serait permanent et qu’il lui Ă©tait interdit de quitter son lieu de rĂ©sidence alors qu’il a un besoin urgent de voyager pour recevoir des soins.

LibertĂ© et ÉquitĂ© [
]

 

Pour le bureau exĂ©cutif de l’Organisation

MaĂźtre Mohammed Nouri

(traduction d’extraits ni revue ni corrigĂ©e par les auteurs de la version en arabe, LT)


 

  

Tunisia trial of 30 suspected Islamists postponed until Dec. 1

 

 Associated Press, le 21 novembre 2007 à 23h03

TUNIS, Tunisia (AP) _ The trial of 30 suspected Islamic extremists implicated in a spate of deadly clashes with Tunisian security forces opened Wednesday but was quickly postponed until next month.

If convicted, 29 of the suspects face the death penalty on charges including “plotting an attack against the security of the state,” “attempted aggression aimed at overturning the regime” and “inciting the population to kill one another.”

The 30th defendant, Zouhair Jridi, is charged with failing to denounce preparations to commit a terrorist attack in Ain Tbornok, more than 30 kilometers (20 miles) outside Tunis.

The suspects, 29 Tunisians and a Mauritanian, reportedly belonged to a group called the Soldiers of Assan Ibn Al Fourat, the name of an Arab war chief, involved in clashes with security forces in December and January.

They were arrested after police launched an attack against the group in the town of Soliman, some 40 kilometers (25 miles) south of the capital. A total of 14 people, 12 group members and a soldier and a police officer, died in the clash.

Among those reportedly killed was the group’s chief, identified as Lassad Sassi, a veteran of Afghanistan and the Islamist insurgency in neighboring Algeria. Officials initially referred to the group of men as “dangerous criminals,” but Interior Minister Rafik Haj

Kacem later was quoted by the official Tunisian press agency as saying the group was made up of hardened extremists.

Blueprints of some foreign embassies and documents with the names of some foreign diplomats were seized following the fire fights, TAP quoted the minister as telling members of the ruling Democratic Constitutional Rally party.

The trial was postponed until Dec. 1 so that defense lawyers could prepare their cases.

“We were only informed of the date of the trial by certain families of the defendants who themselves had been informed just the night before,” lawyer Samir Ben Amor

said.

 

Associated Press

 


 

 

MENSONGE, VOICI TA VERITE

 

Par Mezri Haddad.

 

AprĂšs mon passage sur France 24, je devais bien m’attendre Ă  ce genre d’attaques mesquines et Ă  la limite, amusantes. Je sais que mon seul nom catalyse toutes les haines, tous les ressentiments, toutes les jalousies et pas seulement du cĂŽtĂ© de l’opposition ! Cela ne me dĂ©range pas outre mesure. « Chaque fois qu’on produit un effet, on se donne un ennemi. Il faut rester mĂ©diocre pour ĂȘtre populaire », disait Oscar Wilde.

 

Au fond, tu dois te rĂ©jouir que je daigne encore te rĂ©pondre. Beaucoup de ceux que tu as –dans ta bien sinistre carriĂšre de calomniateur- traĂźnĂ© dans la boue, n’épargnant ni leur honneur ni leur malheur n’ont pas eu, non guĂšre le courage mais la compassion de te rĂ©pondre. C’est qu’il faut beaucoup de gĂ©nĂ©rositĂ© d’ñme et une bonne dose de pitiĂ© pour s’abaisser Ă  ton niveau si misĂ©rablement bas. Cela s’appelle la charitĂ© chrĂ©tienne ! Et je ne le dis pas ex-cathedra mais es qualitĂ©, puisque je suis le premier et, encore Ă  ce jour, le seul universitaire de tradition islamique Ă  avoir Ă©tĂ© qualifiĂ© par le CNU (Conseil national des universitĂ©s), instance acadĂ©mique française, maĂźtre de confĂ©rences en thĂ©ologie catholique (que les curieux ou les envieux se reportent au Journal Officiel de 2000). Je n’exhibe pas ce titre –et je pourrai en aligner bien d’autres- par forfanterie mais parce que tu as toujours, par complexe d’infĂ©rioritĂ© et jalousie, occultĂ© les multiples diplĂŽmes que j’ai obtenu par un dur, patient et pĂ©nible labeur. « Le philosophe-politologue (tel qu’il se prĂ©sente) », assĂšnes-tu dans la satire que tu me rĂ©serves. Mais oui mon pauvre Slim, toi qui n’as pas Ă©tĂ© capable d’obtenir le SMIC universitaire, tu sais trĂšs bien que je suis titulaire d’un doctorat (philosophie morale et politique Ă  la Sorbonne), de deux DEA, de deux licences (sociologie et sciences politiques)
C’est peut-ĂȘtre peu pour exercer dans une universitĂ© française et au pays de la « discrimination positive ». Pour y accĂ©der, il faut d’autres « qualitĂ©s » que je ne possĂšde pas et un autre art que je ne maĂźtrise pas. C’est sans doute beaucoup pour avoir droit Ă  un poste d’enseignant dans une universitĂ© tunisienne, privilĂšge que le « mercenaire du rĂ©gime » que je suis n’a pas obtenu, Ă  l’inverse de plusieurs « contempteurs du rĂ©gime » !!!

 

C’est la transition pour rĂ©pondre Ă  ta question j’allais dire existentielle : « Quand as-tu un jour travaillé ? ». Toute ma vie, misĂ©rable scribouilleur. A 9 ans, je nettoyais les pare brises des voitures au kiosque Shell du Kram, ma ville natale. Comme je n’ai pas eu la chance, ou plutĂŽt la malchance, que tu as eu : naĂźtre dans un milieu de la bourgeoisie tunisoise, j’ai passĂ© une partie de mon enfance et toute mon adolescence Ă  bosser dur sur les chantiers du bĂątiment. Mon dĂ©funt pĂšre, ouvrier Ă  la STEG, mais qui aurait pu avoir une belle carriĂšre politique eu Ă©gard Ă  sa culture et Ă  ses origines monastiriennes, n’avait pas les moyens de m’offrir ce que tous les enfants et tous les adolescents dĂ©sirent. Encore moins de me donner en hĂ©ritage ce que ta famille t’a lĂ©gué : une belle demeure Ă  Sidi Bou SaĂŻd. Au fait, toi qui n’as pas cessĂ© d’accabler le « rĂ©gime dictatorial et spoliateur », as-tu Ă©tĂ© spoliĂ© de ce bien immobilier ? A moins que tes informateurs Ă  Tunis veillent sur tes intĂ©rĂȘts ! Mon pĂšre m’a lĂ©guĂ© ce qu’il y a de plus prĂ©cieux au monde : l’amour de la Patrie, une Ă©thique inaltĂ©rable, un courage qui rĂ©siste Ă  toutes les Ă©preuves. Musulman Ă  la foi inĂ©branlable, amoureux des Lettres, il m’a toujours invitĂ© Ă  puiser mes rĂšgles de vie et ma conduite morale dans ces deux textes Ă  la profondeur inĂ©galable : le Coran et un poĂšme de Kipling par lequel je finirai cette rĂ©plique. Peut-ĂȘtre te servira t-il Ă  quelque chose, mieux vaut tard que jamais.

 

Je ne peux pas laisser passer cette occasion que me procure ta question « quand as-tu un jour travaillé ? », sans rĂ©vĂ©ler aux lecteurs de Tunisnews ce que beaucoup de mes compatriotes ignorent. A savoir que j’aurai pu ĂȘtre encore aujourd’hui en poste Ă  Paris 7-Jussieu si les grands militants des droits de l’homme, les Archanges de la libertĂ© et les prophĂštes de la dĂ©mocratie n’avaient pas usĂ© de leurs influences kabbalistiques ou maçonniques pour me faire Ă©vincer de cette universitĂ©. Les auteurs connus de cet acte supĂ©rieurement humaniste sont le citoyen des deux rives Kamel Jendoubi, les deux rives de la citoyennetĂ© KhmaĂŻes Chammari et le sujet de son altesse royale, Driss el-Yazami, secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de la FIDH qui voit partout des atteintes aux droits de l’homme, sauf au royaume chĂ©rifien, patrie des droits de l’homme
et de la culture de cannabis. Ce trio malĂ©fique ne pouvait pas commettre son forfait inique sans la complicitĂ© active du professeur communiste, au tiers-mondisme dĂ©bordant, Claude Liauzu (je ne dirai pas plus sur ce personnage qui n’est plus de ce monde). Je devais payer le prix de mon engagement dans la dĂ©fense d’une cause noble et d’un prĂ©sident patriote, dont certains ne dĂ©testent la politique que parce qu’ils dĂ©sirent le pouvoir. Je devais souffrir pour les souffrances infligĂ©es aux ennemis de la Tunisie, par mon article du Monde et, surtout, par mon livre Non Delenda Carthago, que certains n’ont pas fini de lire et de relire. Le chĂątiment aurait pu ĂȘtre encore plus cruel si Lionel Jospin avait atteint les cimes du pouvoir. La Providence m’en a prĂ©servĂ© et l’histoire m’a donnĂ© raison : Jospin a Ă©tĂ© balayĂ©, les menĂ©es subversives de 2000-2005 n’ont pas dĂ©stabilisĂ© la Tunisie, plusieurs opposants ont regagnĂ© la mĂšre Patrie, y compris des islamistes, plusieurs dĂ©tenus ont quittĂ© la prison
et aux autres, je ne peux que souhaiter le mĂȘme dĂ©nouement.

 

Je continue sur la question de savoir quand est-ce que j’ai travaillĂ© un jour. Et cette fois ci en France, oĂč je suis arrivĂ© en janvier 1984, lorsque la Tunisie Ă©tait Ă  feu et Ă  sang. N’ayant pas Ă©tĂ© boursier, ni de l’Etat français ni de la Tunisie, j’ai Ă©tĂ© ouvrier nettoyeur pour financer mes Ă©tudes. Je travaillais pour une sociĂ©tĂ© de nettoyage des bureaux de certaines grandes entreprises parisiennes. Devenu aujourd’hui grand cinĂ©aste, Mohamed Zran –qu’il veuille bien excuser cette rĂ©vĂ©lation dont il ne doit pas du tout avoir honte- pourra en tĂ©moigner, puisque je l’avais fait embaucher dans cette mĂȘme sociĂ©tĂ© de nettoyage. J’ai Ă©tĂ© aussi ouvrier dans le revĂȘtement de sol, puis Ă©lectricien, puis ouvrier peintre. Cette partie de ma vie, mon cher Slim, tu ne l’ignores pas puisque tu es venu parfois m’aider Ă  terminer un chantier de peinture Ă  la Bastille, contrariant ainsi ta nature. Te souviens-tu de ce que je t’avais dit ce jour d’avril 1994 : « Tu vois qu’on peut bien gagner notre vie sans ĂȘtre obligĂ© de nous prostituer auprĂšs de tel ancien ministre, de tel banquier tunisien, de tel chef de parti pour financer le tirage mensuel de l’Audace ? ».

 

MĂȘme si mon passĂ© d’ouvrier m’honore, je n’ai pas Ă©tĂ© que cela. J’ai aussi Ă©tĂ© chargĂ© de sĂ©minaire Ă  HEC, puis exercĂ© les fonctions d’assistant en philosophie du droit Ă  Paris II Assas, celles de chercheur au CNRSS, au Centre de la pensĂ©e grecque, ensuite au Centre d’Histoire des sciences et des philosophies arabes et mĂ©diĂ©vales, dirigĂ© par Roschdi Rasched. AprĂšs Non Delenda Carthago, j’ai coĂ©crit et codirigĂ© un certain nombre d’ouvrages acadĂ©miques : La Personne et son avenir (Ă©d. Au Signe de la Licorne), L’Islam est-il rebelle Ă  la libre critique ? (Ă©d. Corlet-Marianne), Pour un Islam de paix, (Ă©d. Albin Michel), La RĂ©publique brĂ»le-t-elle ? (Ă©d. Michalon)
Et depuis une annĂ©e, j’écrit rĂ©guliĂšrement dans la revue « Le Monde des Religions ». Tu vois bien que l’essentiel de ma vie n’est pas consacrĂ© Ă  l’activisme politicien mais Ă  l’écriture, plus exactement Ă  la rĂ©flexion philosophique et politique.

 

Seconde transition, le financement de cette publication que j’ai qualifiĂ©, Ă  juste titre, de torchon. Plus exactement, ta cynique ou faussement candide interrogation : « s’agit-il bien de ce mĂȘme torchon auquel il a collaborĂ© avant d’emprunter le chemin du mercenariat
ce mĂȘme torchon dont il s’est attribué la paternitĂ© lorsque je l’en ai Ă©jecté » ? CollaborĂ©, Ă©jectĂ©, ces deux euphĂ©mismes n’échapperont pas Ă  la sagacitĂ© des initiĂ©s. Je sais que tu tiens Ă  la paternitĂ© de ce torchon beaucoup plus qu’à ton honneur. Aussi, pour satisfaire ton dĂ©sir nĂ©vrotique, je ne te disputerai pas la paternitĂ© de cette crĂ©ature incestueuse. Les premiers protagonistes, financiers ou rĂ©dacteurs, de l’Audace tĂ©moigneront un jour. Ma crĂ©ature dont je suis trĂšs peu fier, ce n’est pas l’Audace, mais Slim Bagga. Et nous sommes trois Ă  avoir commis cette manipulation gĂ©nĂ©tique bien calamiteuse : Moncef Ben Mrad, celui qui t’a initiĂ© au journalisme, un ministre qui voulait faire de toi un homme et moi-mĂȘme, qui a insufflĂ© en toi la passion politique. Et puisque le mot mercenaire revient dans tous tes Ă©crits comme un leitmotiv –ce qui est psychologiquement rĂ©vĂ©lateur-, en connais-tu le sens exact ? DĂ©finition du Petit Robert : « le mercenaire est le soldat professionnel Ă  la solde d’un gouvernement Ă©tranger ». Simple Ă  comprendre n’est-ce pas ?

 

Torchon ! Mais non, c’est une poubelle oĂč se dĂ©versaient les insanitĂ©s les plus nausĂ©abondes que tu puisais Ă  la fois dans ton Ăąme perverse et dans le carnet de commandes de tes gĂ©nĂ©reux bienfaiteurs (tunisiens et français) qui ont un compte Ă  rĂ©gler avec Tunis. Tant que j’étais le cortex de L’Audace -parce que certains ont commis l’erreur de m’interdire de parole en Tunisie- je veillais scrupuleusement Ă  ce que la vie privĂ©e des gens ne soit jamais Ă©voquĂ©e et que les intĂ©rĂȘts supĂ©rieurs de la Tunisie ne soient jamais compromis. Tu voulais transgresser ces frontiĂšres dĂ©ontologiques, idĂ©ologiques, politiques et patriotiques que j’ai posĂ©es. Comme la tentation Ă©tait plus forte que toi, tu as Ă©tĂ© chercher soutien moral et financier auprĂšs de Habib Mokni, Rached Ghannouchi et de leurs nouveaux alliĂ©s : les gauchistes et archĂ©o-perspectivistes fraĂźchement dĂ©barquĂ©s Ă  Paris pour provoquer la rĂ©volution prolĂ©tarienne Ă  GĂąfour. C’est Ă  ce moment lĂ  que j’ai quittĂ© L’Audace, l’abandonnant Ă  son triste destin. J’ai Ă©tĂ© fonder un autre magazine qui n’a pas eu la vie longue car je la lui ai volontairement abrĂ©gĂ©. Les raisons pour lesquelles j’ai sabordĂ© La voix de l’Audace sont celles-lĂ  mĂȘme qui ont prolongĂ© la vie de l’Audace : vendre mon Ăąme Ă  une opposition indigne et m’asseoir, une fois par semaine, Ă  la table de deux agents des RG français. Je devais immĂ©diatement me soustraire Ă  ce rituel affligeant auquel tu les avais si longtemps accoutumĂ©. Je ne leur reproche pas de travailler pour leur pays ; je reproche Ă  leurs informateurs de travailler contre le leur.

 

TroisiĂšme transition, la mort de L’Audace. Diriger un journal d’opinion nĂ©cessite du charisme, beaucoup de rectitude morale et un attachement Ă  la Patrie que rien ne doit Ă©branler. Ce n’est pas en faisant la tournĂ©e de certaines officines connues ou occultes que l’on fait un journal digne de ce nom. Le plus grave c’est que tu ne t’es mĂȘme pas rendu compte que tu ne faisais plus du journalisme mais de la stĂ©nographie. Moi, je n’ai jamais Ă©tĂ© dans le journalisme dit d’information, encore moins dans celui du renseignement. Je ne sais pas d’oĂč ton ami Nicolas Beau tenait cette dĂ©sinformation suivant laquelle L’Audace vient de disparaĂźtre de la circulation parce que Tunis a fait pression sur Paris. Autrement dit, que L’Audace est devenu une affaire d’Etat. Il faut ĂȘtre dĂ©bile pour le croire. A moins que Nicolas Beau, qui puise ses informations Ă  la bonne source, n’ait pas tout dit ce jour-là ! En effet, une seule thĂšse plausible validerait son hypothĂšse saugrenue : aprĂšs le changement politique en France, la Tunisie ne peut plus tolĂ©rer que certains agents d’un pays ami continuent Ă  se complaire dans le rĂŽle de rĂ©dacteur en chef d’un torchon ennemi !!!

 

Dans la disparition de ce torchon, notez bien qu’il y a deux thĂšses antinomiques et nĂ©anmoins complĂ©mentaires : celle de Nicolas Beau sur le plateau de France 24, thĂšse dĂ©jĂ  affirmĂ©e par le mĂȘme journaliste sous le pseudonyme de Gari John, dans Bakchich No 53 du 2 novembre 2007, et la thĂšse de Slim Bagga, dans son piĂštre requiem qui devait apitoyer les Ăąmes sensibles, « Ce n’est qu’un au revoir ! », publiĂ© dans L’Audace No 153. Le premier dit et Ă©crit que « L’étĂ© dernier, (la Tunisie) a menacĂ© les français de cesser toute collaboration anti-terroriste si L’Audace paraissait encore  », et soutient mordicus que la France a dĂ» se plier aux exigences de Tunis. Dans un style digne de JĂ©rĂ©mie, le second Ă©crit que « Des raisons personnelles et, pour tout dire, relatives Ă  ma santĂ© et des raisons financiĂšres m’ont acculĂ© Ă  jeter l’ancre ». Chercher l’erreur ? Laquelle des deux versions faut-il retenir ? Si Slim Bagga a dit la vĂ©ritĂ© Ă  ses lecteurs, c’est Nicolas Beau qui a menti aux siens. Si au contraire, Sieur Beau a dit la vĂ©ritĂ©, c’est l’intrĂ©pide Bagga qui a induit en erreur la vingtaine de crĂ©dules qui croient encore Ă  ses fables. Dans ce cas, une seule raison expliquerait son omission : ses manipulateurs et protecteurs lui ont ordonnĂ© de « fermer sa grande gueule »…par raison d’Etat ! Simple mais ĂŽ combien instructif dĂ©tail : « Dans les cĂ©lĂšbres carnets du gĂ©nĂ©ral Rondot saisis par la justice française, on y trouve la trace d’une dĂ©marche du ministre tunisien de l’IntĂ©rieur exigeant, sans succĂšs, qu’on empĂȘche Slim Bagga de faire son travail », Ă©crit Garibeau Nicolas John dans son Bakchich. Quand est-ce que ce journaliste aux multiples noms
et facettes a-t-il accĂ©dĂ© aux carnets du gĂ©nĂ©ral Rondot ? AprĂšs leurs saisis par la justice française ou du temps oĂč ce gĂ©nĂ©ral Ă©tait en exercice ? La rĂ©ponse Ă  cette question en dit long et sur le secret de l’instruction en France (par consĂ©quent l’indĂ©pendance de la justice) et sur la perspicacité  des RG ! Supposons un instant que la version de Nicolas Beau soit authentique. Dans ce cas de figure, il faut reconnaĂźtre la lĂ©gitimitĂ© et la cohĂ©rence de la dĂ©marche tunisienne. En termes plus clairs, vous ne pouvez pas, vous, services français, nous demander de collaborer dans la lutte anti-terroriste  tout en continuant Ă  irriguer un torchon qui –pour ne citer que cet exemple- avait inlassablement dĂ©fendu Tarek Maroufi sous le prĂ©texte fallacieux que c’est un « militant des droits de l’homme » pourchassĂ© par la police de Ben Ali. Plus d’une fois (L’Audace No 71, 73, 74..), Slim Bagga avait pris fait et cause pour ce membre important de la secte de Ben Laden, qui est aujourd’hui emprisonnĂ© en Belgique pour avoir pensĂ© et organisĂ© l’assassinat du glorieux commandant Massoud le 9 septembre 2001et qui s’apprĂȘtait Ă  commettre d’autres attentats, notamment contre l’ambassade des Etats-Unis Ă  Paris (LibĂ©ration du 3 octobre 2001), contre le Parlement de Strasbourg et contre le marchĂ© de NoĂ«l dans la mĂȘme ville (Le Figaro du 17 janvier 2002).

 

La fin de L’Audace aurait dĂ» ĂȘtre concomitante de mon dĂ©part puisque j’ai Ă©tĂ© suivi par quasiment l’ensemble de l’équipe rĂ©dactionnelle. Elle n’était pas morte pour les raisons Ă©voquĂ©es plus haut, mais elle Ă©tait dĂ©jĂ  condamnĂ©e au coma. Sous perfusion gauchiste-intĂ©griste, L’Audace vivait dĂ©jĂ  artificiellement. Elle n’avait pas de message libĂ©rateur Ă  transmettre mais uniquement des mensonges, des chantages et des calomnies Ă  profĂ©rer. Il n’y a pas un seul homme public en Tunisie, pas un seul haut fonctionnaire, pas un seul diplomate, pas un seul acteur Ă©conomique, pas un seul intellectuel, pas un seul journaliste, pas un seul patron de presse, pas un seul syndicaliste qui n’a pas Ă©tĂ© calomniĂ© par ta plume imbibĂ©e d’alcool et motivĂ©e par le mensonge, l’envie et la prĂ©varication. Ni les hommes, ni les femmes, ni les vieux, ni les enfants, ni les vivants, ni les morts n’ont Ă©chappĂ© Ă  la haine qui t’obsĂšde et te possĂšde. Pour toutes les basses besognes commises pour le compte de tes payeurs et ordonnateurs en Tunisie comme en France, tu Ă©tais le bien servile exĂ©cutant. C’est pour cette raison que tu as Ă©tĂ© lĂąchĂ© et que tout l’argent du monde n’aurait pu suffire Ă  sauver ton torchon. La naissance de tĂ©lĂ©visions privĂ©es, l’émergence de journaux Online d’opposition, mais sĂ©rieux et objectifs, ont donnĂ© le coup de grĂące Ă  ton torchon. Oui, tout l’argent du monde n’aurait pu sauver L’Audace du  naufrage dont tu assumes seul la responsabilitĂ©. Ni l’argent de tes bienfaiteurs tunisiens que tu as encensĂ© pour les stigmatiser par la suite, ni celui de Robert MĂ©nard qui pouvait t’accorder une part des donations qu’il percevait de l’USAID (United States Agency For International Development) et de l’INED (National Endowment for Democracy), deux ruisseaux dont on connaĂźt la source, ni mĂȘme les fonds du MEPI, organisme mis en place par l’empereur Bush pour soutenir les dĂ©mocrates chalabisĂ©s et dont certaines boutiques droit de l’hommiennes tunisiennes profitent dĂ©jĂ  amplement. Alors un peu de dĂ©cence messieurs et mesdames propres. Les scribes des droits de l’homme, les messies de la dĂ©mocratie, les Bagga, Beau, MĂ©nard, Perrault, Ben SĂ©drine, Belhassen, Ben Brik
, qui passez votre temps Ă  dĂ©nigrer le prĂ©sident et sa famille, je ne vous dis qu’une seule chose : lorsqu’on joue imprudemment et outrageusement Ă  l’arme de la morale, il vaut mieux avoir la culotte propre.

 

QuatriĂšme transition, l’argent que « m’attribue le rĂ©gime pour ne pas dire la caisse noire » et tu ajoutes, comme pour entretenir le suspens, « Alors Chut ». Mais non, parlons-en donc. Si je devais choisir entre deux caisses noires, celle de mon pays ou celle des services de Renseignement ou d’Espionnage d’une puissance Ă©trangĂšre, je n’hĂ©siterai pas un instant Ă  accepter la premiĂšre. Le paradoxe de cette petite histoire c’est que d’autres, certains partisans du RCD, colportent le mĂȘme ragot pour me discrĂ©diter. Ma rĂ©ponse ici vaut aussi bien pour toi que pour ces mauvaises langues : si j’avais un faible pour l’argent, c’est Ă  coup millions d’euros que j’aurais fait payĂ© Ă  mes supposĂ©s commanditaires tous les articles que j’ai publiĂ© dans Le Monde, dans Le Figaro, dans La Tribune de GenĂšve
à la gloire du rĂ©gime comme tu dis. On connaĂźt les tarifs que fixent certains grands journalistes ou certaines boites de communication pour publier un petit entrefilet dans ce genre de publications en vue d’amĂ©liorer l’image de tel ou tel pays (Ă  ce sujet, je recommande vivement la lecture de, Les sorciers blancs : enquĂȘte sur les faux amis de l’Afrique, Ă©d. Fayard, 2007). La vĂ©ritĂ© est que mes articles dĂ©coulaient de mes convictions et que celles-ci exprimaient une ambition politique parfaitement lĂ©gitime. Oui, j’ai dĂ©fendu et je continuerai, aussi longtemps que je vivrai, Ă  dĂ©fendre ce prĂ©sident qui a su donner Ă  la Tunisie la sĂ©curitĂ©, la stabilitĂ©, le bien ĂȘtre social et la prospĂ©ritĂ© Ă©conomique. Oui je suis au service de la Tunisie et j’aurai bien aimĂ©, aprĂšs plus de 8 ans de militantisme politique et de loyautĂ© patriotique, la servir autrement que par mon titre d’écrivain, de philosophe ou de politologue.

 

Sans transition, tu t’es une fois de plus attaquĂ© Ă  ma vie privĂ©e en terminant ton tissu de mensonge par une fumisterie qui ne trompe pas ceux qui te connaissent : « C’est ainsi que j’entretiens ma fille, pauvre Mezri ! Ce qui est loin d’ĂȘtre ton cas  ». Parce que nous ne partageons pas les mĂȘmes valeurs morales, ni le mĂȘme sens de la famille, j’ai quelques scrupules Ă  rĂ©vĂ©ler les mĂ©andres de ta vie privĂ©e. Je me limiterai Ă  cette indication : tu ne peux pas t’imaginer combien je suis fier de la maniĂšre dont je subviens aux besoins de ma famille
et moi, je n’ai pas abandonnĂ© l’éducation de ma fille Ă  un autre homme !

 

C’est dur de se rĂ©veiller Ă  47 ans et de rĂ©pĂ©ter avec Verlaine, « Qu’as-tu fait, ĂŽ toi que voilĂ  pleurant sans cesse, Dis, qu’as-tu fait, toi que voilĂ  de ta jeunesse ? ». Regarde toi. Comment peux-tu encore te supporter en vivant dans une bulle oĂč tu n’arrĂȘtes pas de te mentir et de vendre tes mensonges aux autres ? « C’est lorsqu’on commence Ă  dire la vĂ©ritĂ© que dĂ©bute la guĂ©rison », dit le postulat freudien. Nous avons exactement le mĂȘme Ăąge. Lorsque je fais le bilan de mes 47 ans d’existence, je n’ai pas Ă  me plaindre, encore moins Ă  rougir de mon parcourt aussi bien intellectuel que politique. MĂȘme si j’ai perdu quelques unes de mes illusions politiques, je suis fier d’avoir dĂ©fendu mon pays lorsqu’il a Ă©tĂ© la cible d’une armada politico-mĂ©diatique des plus impressionnantes. Je le suis encore plus pour le petit, le tout petit rĂŽle que j’ai un jour jouĂ© pour que les prisons se vident de leur contenu humain, pour que les exilĂ©s regagnent leur Patrie, pour que la famille tunisienne soit une et indivisible, souveraine et sure d’elle pour relever les dĂ©fis d’aujourd’hui, puissante et solidaire pour faire face aux pĂ©rils de demain.

 

Enfin, parce que je sais que le Coran n’est pas ta lecture prĂ©fĂ©rĂ©e, je te suggĂšre de lire ce poĂšme d’Edward Kipling. Si tu as encore un brin de conscience et que tu en saisis le sens, tu seras un homme mon fils. Ce poĂšme divin, je l’ai beaucoup et longtemps mĂ©ditĂ©. J’y ai trouvĂ© la force de rester debout, de croire en l’avenir, Ă  un moment oĂč je n’avais plus un centime pour nourrir prĂ©cisĂ©ment ma famille et bien pire encore, Ă  un moment oĂč je venais de perdre mon pĂšre.

 

Si tu peux voir dĂ©truit l’ouvrage de ta vie Et sans dire un seul mot te mettre Ă  rebĂątir, Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties Sans un geste et sans un soupir, Si tu peux ĂȘtre amant sans ĂȘtre fou d’amour ; Si tu peux ĂȘtre fort sans cesser d’ĂȘtre tendre Et , te sentant haĂŻ, sans haĂŻr Ă  ton tour, Pourtant lutter et te dĂ©fendre ;

Si tu peux supporter d’entendre tes paroles Travesties par des gueux pour exciter des sots, Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles, Sans mentir toi-mĂȘme d’un mot ; Si tu peux rester digne en Ă©tant populaire, Si tu peux rester peuple en conseillant les Rois Et si tu peux aimer tous tes amis en frĂšres, Sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi ;

Si tu sais mĂ©diter, observer et connaĂźtre, Sans jamais devenir sceptique ou destructeur RĂȘver, sans laisser ton rĂȘve ĂȘtre ton maĂźtre, Penser, sans n’ĂȘtre qu’un penseur ; Si tu peux ĂȘtre dur sans jamais ĂȘtre en rage, Si tu peux ĂȘtre brave et jamais imprudent, Si tu peux ĂȘtre bon, si tu sais ĂȘtre sage, Sans ĂȘtre moral ni pĂ©dant ;

Si tu peux rencontrer triomphe aprĂšs dĂ©faite Et recevoir ces deux menteurs d’un mĂȘme front, Si tu peux conserver ton courage et ta tĂȘte Quand tous les autres les perdront ; Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire Seront Ă  tout jamais tes esclaves soumis Et, ce qui vaut bien mieux que les Rois et la Gloire,

Tu seras un Homme, mon fils.

Note à  l’attention de Tunisnews :

 

Dans la mĂȘme Ă©dition oĂč vous avez publiĂ© la diatribe de Slim Bagga (No 1142), vous avez passĂ© une « info » titrĂ©e « Mission commandĂ©e » suivant laquelle j’ai « étĂ© rĂ©cupĂ©rĂ© Ă  l’aĂ©roport de Paris par une voiture de l’ambassade de Tunisie
, et que j’ai Ă©tĂ© chargĂ© de la mission de contrecarrer les intervenants Ă  l’émission  ». Vous avez tout faux. Primo, c’est en taxi que je suis arrivĂ© Ă  Paris et en taxi, payĂ© par la tĂ©lĂ©vision en question, que j’ai Ă©tĂ© raccompagnĂ© chez moi. Secundo, personne ne m’a chargĂ© de cette « mission » et je n’étais pas du tout au courant de ce projet d’émission. C’est un journaliste de France 24, programme arabe, qui m’a informĂ© sept heures avant cette Ă©mission. A ma demande, il m’a mis en contact avec sa collĂšgue du programme français qui m’a demandĂ© si je voulais participer au dĂ©bat de Sylvain Attal dont je salue au passage la neutralitĂ© et le professionnalisme. J’ai bien Ă©videmment et bien volontiers acceptĂ©. Cette authentique version est facilement vĂ©rifiable auprĂšs des deux journalistes de France 24 dont je ne peux pas citer ici les noms mais que je pourrai vous communiquer par tĂ©lĂ©phone.

Cet Ă©pisode me fait penser Ă  un autre : le dĂ©bat sur Al-Mustakilla de M. El-Hamdi, le 2 septembre 2001. A l’époque, tout le monde a cru que j’ai Ă©tĂ© envoyĂ© Ă  Londres en mission. Depuis, tout le monde sait que, non seulement personne ne m’a jamais confiĂ© cette mission, mais que j’ai Ă©tĂ© fortement dissuadĂ© de ne pas y aller et que, si je m’entĂȘtais, ce serait Ă  mes risques et pĂ©rils. C’est entre M. Al-Hamdi et moi-mĂȘme qu’a Ă©tĂ© dĂ©cidĂ©e ma participation Ă  ce dĂ©bat. Posez-lui la question, il vous rĂ©pondra.

 

Remarque de la rédaction de TUNISNEWS

L’« info » titrĂ©e « Mission commandĂ©e » Ă©tait en fait la suite de l’article envoyĂ© par M. Slim Bagga.


 

 

Soudan: des enfants du Darfour pris en main par des maĂźtres islamiques

OMBADDA (AFP) – Sous la fĂ©rule d’un cheikh soufi, ils sont cinq cents enfants venus du Darfour Ă  Ă©crire et réécrire les versets du Coran sur une planchette de bois, la “loha”, calĂ©e sur les genoux.

Certains ont Ă  peine cinq ans, d’autres sortent de l’adolescence, tous sont pris en charge, logĂ©s, nourris et Ă©duquĂ©s Ă  Ombadda, prĂšs de Khartoum, par une confrĂ©rie du courant Qadiriyya, la plus ancienne du Soudan. “Français? Ceux qui volaient nos enfants voulaient en faire des chrĂ©tiens?” Le maĂźtre d’Ă©cole, le “fki” Abdel Rahman al-RifaĂŻ, livre au journaliste de l’AFP ses soupçons sur l’affaire de l’association française Arche de ZoĂ©. C’est ainsi que le prĂ©sident Omar al-BĂ©chir, dont le rĂ©gime est nĂ© d’un coup d’Etat militaro-islamiste, a prĂ©sentĂ© la tentative avortĂ©e, fin octobre, de transfert de 103 enfants du Tchad vers la France par ce groupe. Victimes d’une guerre civile qui a Ă©clatĂ© en 2003, les ethnies noires du Darfour, Ă  l’ouest du pays, sont musulmanes tout comme leurs adversaires, les Janjawid, des miliciens arabes supplĂ©tifs du pouvoir. “Tout est ravagĂ© lĂ -bas, on ne peut plus y vivre et Ă©tudier”, lĂąche Abdelwahid, qui dit avoir 13 ans, et venir de Kungara, au nord du Darfour, oĂč l’ONU a dĂ©nombrĂ© 200.000 morts, et plus de 2 millions de dĂ©racinĂ©s. GuĂšre enclin Ă  laisser interroger les Ă©lĂšves, le cheikh al-RifaĂŻ, un jeune religieux barbu de 31 ans, enchaĂźne : “Vous voyez bien que leur visage est triste, laissez-les, ils portent un lot de malheurs derriĂšre eux”. Comment sont-ils devenus des pensionnaires de l’ordre soufi de SaĂŻd Dima? “Nous sommes les plus rĂ©putĂ©s pour notre enseignement islamique, ils n’ont rien Ă  payer, c’est nous qui les payons”, se borne-t-il Ă  rĂ©pondre. Pour tous ces enfants, rassemblĂ©s dans la khalwa, l’Ă©cole coranique, Ă  l’ombre de la mosquĂ©e, un seul programme : lire, Ă©crire et rĂ©citer en arabe le Coran et les enseignements du ProphĂšte. Sous la dictĂ©e du maĂźtre, dĂšs l’aube, ils se servent d’un stylet en roseau pour Ă©crire Ă  l’encre noire mĂȘlĂ©e de gomme arabique quelques versets du Coran, parfois une sourate entiĂšre, sur leur planchette en acacia. A tour de rĂŽle, ils vont montrer la loha calligraphiĂ©e au maĂźtre, assis lui aussi sur le sol sableux, adossĂ© Ă  un poteau. Sans un mot, il biffe ici un caractĂšre, ou place ailleurs un signe de vocalisation. Le reste du jour se passe, pour ces Ă©lĂšves qui s’isolent ou se regroupent pour apprendre le texte corrigĂ©, le corps en balancement, et les lĂšvres en murmures. Quand le texte est appris par coeur, la loha est effacĂ©e Ă  l’eau. “Pour mĂ©moriser toutes les sourates du Coran, il leur faudra quatre ans”, dit le cheikh al-RifaĂŻ. Et aprĂšs? “Ils seront de bons musulmans!” Certains s’en tiendront lĂ , d’autres rejoindront des Ă©coles publiques. Ce sont les confrĂ©ries soufies, les “tariqas”, qui ont propagĂ© depuis plus de mille ans l’islam dans le Nord du pays et d’Est en Ouest, avec une interprĂ©tation populaire rejetĂ©e par les courants orthodoxes ou islamistes. Au sud du pays le plus vaste d’Afrique, les tribus se sont converties au christianisme, en particulier sous la domination britannique qui s’est achevĂ©e au milieu du XXe siĂšcle, ou sont restĂ©es fidĂšles Ă  des croyances animistes. Le cheikh al-RifaĂŻ ne se fait pas prier pour admettre que le prosĂ©lytisme musulman, virulent avec l’arrivĂ©e au pouvoir des islamistes, n’est pas fini : “trente fidĂšles de la confrĂ©rie ont Ă©tĂ© envoyĂ©s pour cela vers le Sud”, dit-il. PrĂ©sente au Soudan depuis le XVIe siĂšcle, la Qadariyya, fondĂ©e au XIIe siĂšcle par le bagdadi Abdel Kader al-Yilani, est jugĂ©e actuellement proche du rĂ©gime, au contraire de la confrĂ©rie Khatmiyya ou du mouvement Mahdhiyya, fer de lance au XIXe siĂšcle de la lutte contre les Britanniques.  

 

 


 

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