23 novembre 2007

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TUNISNEWS
8 Úme année, N° 2741 du 23.11.2007

 archives : www.tunisnews.net
 

 

 


 C.R.L.D.H. Tunisie: La justice tunisienne poursuit et condamne des citoyens dont l’irresponsabilitĂ© pĂ©nale est avĂ©rĂ©e. C.R.L.D.H. Tunisie: Violences policiĂšres et instrumentalisations politiques dans les milieux estudiantins. AFP: La Tunisie sur la sellette devant le ComitĂ© de l’ONU contre la torture Mouwaten Rakib: 40 Conseillers Ă  la prĂ©sidence de la rĂ©publique tunisienne : Quel gĂąchis ! Larbi Guesmi : RĂ©ponse Ă  l’article intitulĂ© « Lettre ouverte Ă  une femme voilĂ©e »  
Réalités: Un parti religieux en Tunisie ?

 


 

ComitĂ© pour le Respect des LibertĂ©s et des Droits de l’Homme en Tunisie

Membre du RĂ©seau Euro mĂ©diterranĂ©en des Droits de l’Homme

 

21ter rue Voltaire – FR-75011 PARIS  – Tel/Fax : 00.33. (0)1.43.72.97.34

contact@crldht.org / www.crldht.org

 

La justice tunisienne poursuit et condamne des citoyens dont l’irresponsabilitĂ© pĂ©nale est avĂ©rĂ©e.

 

             Lors de l’audience du 17 novembre 2007, la quatriĂšme chambre criminelle du Tribunal de PremiĂšre instance de Tunis,  prĂ©sidĂ©e par le juge Mehrez Hammami, a rendu son jugement dans l’affaire 11089 qui a condamnĂ© 26 jeunes citoyens, accusĂ©s d’avoir commis les crimes punissables en vertu de la loi antiterroriste de dĂ©cembre 2003,  Ă  des peines d’emprisonnement variables de trois Ă  quinze ans assorties d’un  contrĂŽle administratif de plusieurs annĂ©es.

 

             L’inculpĂ© Mimoun Alloucha, 27 ans, qui se trouve depuis son arrestation et sa dĂ©tention en prison dans un sale Ă©tat en raison de la torture sauvage et des sĂ©vices sexuels qu’il a subis, des graves violations qui ont affectĂ© encore plus sa santĂ© mentale jugĂ©e atteinte par les professionnels depuis 2003 lors d’une expertise mĂ©dicale autorisĂ©e par le tribunal et signĂ©e par un mĂ©decin chef de service des maladies psychiatriques qui l’a considĂ©rĂ© irresponsable pĂ©nalement en raison d’un Ă©tat dĂ©lirant chronique et d’un manque de facultĂ© de discernement et de jugement. Or cet inculpĂ© se trouve condamnĂ© Ă  15 ans de  prison ferme et 15 000 DT d’amende !!

 

Le prisonnier Mohamed Amine Dhiab souffre Ă©galement des mĂȘmes perturbations  mentales, aggravĂ©es par le calvaire sans nom qu’il a dĂ» subir pendant les sĂ©ances de torture qui lui ont fait perdre Ă  jamais la facultĂ© de parler et se trouve depuis handicapĂ© Ă  vie puisqu’il ne peut plus marcher. Avant son arrestation, Mohamed Amine a Ă©tĂ©  suivi mĂ©dicalement pour  troubles mentaux et a Ă©tĂ© prĂ©cĂ©demment relaxĂ© dans une autre affaire  pour « IrresponsabilitĂ© pĂ©nale ».

 

Son procĂšs s’ouvrira devant le tribunal de premiĂšre instance de Tunis Ă  partir du 1er dĂ©cembre avec  vingt huit autres Tunisiens prĂ©sumĂ©s terroristes inculpĂ©s de “complot contre la sĂ»retĂ© de l’Etat”. Ces prĂ©venus membres du “groupe de Soliman” seront  jugĂ©s sur les affrontements sanglants qui ont eu lieu en dĂ©cembre 2006 et janvier 2007, Ă  Hammam-Lif et  à Soliman, Ă  30 km au sud de Tunis.

           Rappelons que pour ces 29 inculpĂ©s, dix chefs d’accusation ont Ă©tĂ© retenus contre eux et encourent la peine capitale. Il s’agit entre autres de : tentative d’attaques prĂ©mĂ©ditĂ©es visant Ă  renverser le rĂ©gime, assassinat, maniement d’armes et d’explosifs et adhĂ©sion Ă  une organisation terroriste
.

 

           Mimoun Alloucha et Mohamed Amine Dhiab n’ont pas Ă  ĂȘtre jugĂ©s alors que leur santĂ© mentale est affectĂ©e et considĂ©rĂ©s comme irresponsables par des professionnels attitrĂ©s. Leur place est par consĂ©quent dans un hĂŽpital psychiatrique pour recevoir les soins nĂ©cessaires.

 

           Le CRLDHT considĂšre que le jugement et la condamnation  de ce deux inculpĂ©s sont nuls et appelle Ă  leur  relĂąchement sans dĂ©lai afin qu’ils puissent se soigner.

 

            Il exige la poursuite des tortionnaires, coupables de crimes de torture ayant provoquĂ© dĂ©finitivement des handicaps profonds entraĂźnant l’immobilitĂ© et la privation de l’usage de la parole.

 

Paris, le : 23/11/2007

 


C.R.L.D.H. Tunisie

 

ComitĂ© pour le Respect des LibertĂ©s et des Droits de l’Homme en Tunisie

Membre du RĂ©seau Euro mĂ©diterranĂ©en des Droits de l’Homme

 

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Violences policiĂšres et instrumentalisations politiques dans les milieux estudiantins.

 

Le CRLDHT suit avec prĂ©occupation la situation explosive dans l’universitĂ© tunisienne en raison de graves violations et atteintes physiques suivies par des arrestations enregistrĂ©es sur un nombre de militants syndicalistes, membres de l’Union GĂ©nĂ©rale des Etudiants Tunisiens (UGET) ainsi que des dirigeants de l’Union Nationale des ChĂŽmeurs diplĂŽmĂ©s.

 

            La crise a Ă©clatĂ© ce jeudi 15 novembre 2007 Ă  la facultĂ© des sciences humaines et sociales du 9 avril, Ă  la suite de manifestations organisĂ©es par les deux structures indiquĂ©es pour cĂ©lĂ©brer le 17 novembre 2007, la journĂ©e internationale de l’Etudiant. La facultĂ©  a Ă©tĂ© investie et l’immunitĂ© de l’enceinte universitaire violĂ©e par des brigades d’intervention, armĂ©es de gourdins et de  matraques, semant la terreur en son sein et provoquant des sĂ©quelles corporelles diverses sur un grand nombre d’étudiants. Le doyen de la facultĂ©, M. HmaĂźed Ben Aziza a Ă©galement Ă©tĂ© victime de violences physiques et verbales. Quant aux Ă©tudiants, ils ont Ă©tĂ© pourchassĂ©s Ă  la sortie de la facultĂ©, dans les rues et quartiers avoisinants jusqu’aux hĂŽpitaux  de Charles Nicole et Rabta oĂč des blessĂ©s  se sont rendus pour se soigner. Le jeune Amir Hammami a Ă©tĂ© violemment extirpĂ© du service hospitalier de Charles Nicole au vu et au su de l’équipe mĂ©dicale et des malades, prĂ©sents dans le service. Salem Ayari, Hafnaoui Ben Othmane, Kamel BoussĂąa et Jaber Meskini ont, quant Ă  eux, dĂ» quitter l’hĂŽpital Rabta sous les coups et les insultes.

 

Le samedi 17 novembre au soir, plusieurs dizaines de la police politique, armĂ©s de matraques,  ont procĂ©dĂ© au ratissage du centre ville de la capitale, Ă  la recherche des dirigeants Ă©tudiants. PrĂšs d’une vingtaine a Ă©tĂ© kidnappĂ©e, violemment agressĂ©e et abandonnĂ©e dans la forĂȘt du BelvĂ©dĂšre.  Parmi eux, le jeune Salem Ayari, 1er coordinateur de l’Union Nationale des ChĂŽmeurs diplĂŽmĂ©s, Belgacem Ben Abdallah et Walid Azzouzi de la mĂȘme structure. Les Ă©tudiants  Abderraouf SaĂŻd, Slah Aouiti, Youssef Ben Moussa, Ahmed Sassi, Walid Mihoub,  Nasr El Hajji, TĂ©mime DaĂŻkhi, Mehdi Daghouti, KaĂŻs Maztouri et Fouad Sassi, militants de l’UGET, ont eu le mĂȘme sort.

 

Ces graves violations surviennent dans un climat de tension au sein de l’universitĂ© tunisienne en raison de la grĂšve gĂ©nĂ©rale des corps enseignants universitaires et chercheurs

dĂ©cidĂ©e par la  FĂ©dĂ©ration GĂ©nĂ©rale de l’Enseignement SupĂ©rieur et de la Recherche Scientifique pour les Lundi et Mardi 19 et 20 novembre 2007,  revendiquant l’amĂ©lioration du niveau de vie des universitaires et par la crĂ©ation d’une prime de dĂ©penses pĂ©dagogiques de 300 dinars par mois pour l’ensemble des corps et des grades,  le doublement de la prime de rendement et la dĂ©mocratisation de la gestion des institutions universitaires. Cette grĂšve vient dĂ©noncer l’attitude agressive du MinistĂšre de l’enseignement supĂ©rieur qui fait la sourde oreille face Ă  ces revendications lĂ©gitimes ainsi que les mesures unilatĂ©rales prises par le ministĂšre Ă  propos de la rĂ©vision en cours de la loi d’orientation de l’Enseignement SupĂ©rieur qui est entrain  de la prĂ©senter au Parlement dans sa version initiale malgrĂ© les amendements multiples  proposĂ©s.

Conscients que le combat des enseignants vise avant tout Ă  l’amĂ©lioration du  rendement scientifique de l’UniversitĂ© Tunisienne et de son avenir, l’UGET a dĂ©cidĂ© de participer Ă  cette grĂšve nationale d’enseignants qui, d’aprĂšs M. Sami Aouadi, secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral du syndicat universitaire a Ă©tĂ© largement suivi avec un taux de rĂ©ussite de 80 Ă  90%.

Ces agressions viennent exprimer un malaise rĂ©el de la part du pouvoir politique Tunisien face Ă  cette synergie que concourent les diffĂ©rents acteurs de l’UniversitĂ© tunisienne, enseignants, diplĂŽmĂ©s et Ă©tudiants.

             Le CRLDHT dĂ©nonce avec vigueur l’usage systĂ©matique de la violence par les forces de police contre des Ă©tudiants et dirigeants syndicalistes qui usent de leurs droits fondamentaux Ă  l’expression et Ă  la manifestation  pacifique.

              Il affirme son soutien total à la cause des enseignants tunisiens et pour le respect du droit syndical.

              Il rappelle Ă  l’Etat tunisien ses engagements de protĂ©ger les citoyens dans l’exercice de leurs  libertĂ©s fondamentales et exige la poursuite des commanditaires de ces violences.

Paris le : 23/11/2007


 

 

 

La Tunisie sur la sellette devant le ComitĂ© de l’ONU contre la torture

 

AFP, le 23 novembre 2007 Ă  14h00

 

GENÈVE, 23 nov 2007 (AFP) – Le ComitĂ© de l’ONU contre la torture a condamnĂ© la Tunisie pour le passage Ă  tabac d’un militant des droits de l’Homme et a dĂ©clarĂ© recevable la plainte pour torture et

mauvais traitements d’une franco-tunisienne, a-t-on appris vendredi de sources concordantes.

 

M. Ali Ben Salem, ĂągĂ© Ă  l’Ă©poque de 67 ans, a Ă©tĂ© rouĂ© de coups le 26 avril 2000 dans un commissariat de Tunis aprĂšs avoir Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© alors qu’il accompagnait des journalistes venus soutenir leur confrĂšre Tawfik Ben Brick. Celui-ci menait une grĂšve de la faim pour protester contre la confiscation de son passeport.

 

M. Ben Salem, fondateur du Conseil National pour les LibertĂ©s de Tunis (CNLT) et de l’Association Tunisienne de Lutte contre la Torture (ALTT) avait Ă©tĂ© aspergĂ© de gaz lacrymogĂšne et rouĂ© de coups

jusqu’Ă  ce qu’il perde connaissance. Des examens mĂ©dicaux avaient ensuite diagnostiquĂ© de graves lĂ©sions de la colonne vertĂ©brale, un traumatisme crĂąnien et des contusions.

 

RĂ©uni en session Ă  GenĂšve jusqu’Ă  vendredi, le ComitĂ© contre la torture, composĂ© de dix experts indĂ©pendants, a estimĂ© que les violences infligĂ©es au sexagĂ©naire constituaient un acte de torture, selon un document auquel l’AFP a eu accĂšs.

 

Les experts de l’ONU ont demandĂ© Ă  la Tunisie de mener une enquĂȘte immĂ©diate et de punir les coupables.

 

Mme Saadia Ali, une franco-tunisienne habitant Ă  Paris, ĂągĂ©e de 47 ans Ă  l’Ă©poque des faits, a portĂ© plainte devant le ComitĂ© de l’ONU pour avoir Ă©tĂ© rouĂ©e de coups jusqu’Ă  l’Ă©vanouissement par un garde dans les geĂŽles du tribunal d’instance de Tunis le 22 juillet 2004 aprĂšs une altercation avec un fonctionnaire du tribunal.

 

AmenĂ©e ensuite de force devant une juge, celle-ci lui avait notifiĂ© une peine de trois mois d’emprisonnement avec sursis. Une fois libĂ©rĂ©e, Mme Ali avait constatĂ© qu’elle avait Ă©tĂ© dĂ©lestĂ©e de son argent et d’une bague. Un mĂ©decin urgentiste avait relevĂ© de multiples ecchymoses et contusions ainsi qu’un traumatisme crĂąnien, selon un document qu’a pu se procurer l’AFP.

 

Le ComitĂ© de l’ONU contre la torture a donnĂ© deux mois aux autoritĂ©s tunisiennes pour enquĂȘter sur les faits.

 

AFP

 


 

 

 Point de vue

40 Conseillers à la présidence de la république tunisienne : Quel gùchis !

Par Al Mouwaten Rakib

 

Dans aucun pays de ce monde, un service d’un PrĂ©sident de la rĂ©publique ou d’un roi ou d’un empereur n’a autant de Conseillers et de collaborateurs que celui de Ben Ali en Tunisie! Entre Ministre d’Etat Conseiller spĂ©cial, Ministre Directeur de cabinet, Ministre Conseiller, Premier Conseiller avec rang de Ministre, Conseiller principal avec rang de SecrĂ©taire d’Etat, Conseiller avec rang de SecrĂ©taire GĂ©nĂ©ral en plus du SecrĂ©taire GĂ©nĂ©ral de la prĂ©sidence avec rang de Ministre et autres ChargĂ©s de mission avec rang de Directeur gĂ©nĂ©ral et PDG d’entreprises publiques avec rang de Conseiller principal et Directeur de la sĂ©curitĂ© prĂ©sidentielle avec rang de Premier Conseiller lui-mĂȘme avec rang de Ministre, on ne comprend plus rien et on frise carrĂ©ment le ridicule[1] !

 

J’ai recensĂ© moi-mĂȘme en tant que simple citoyen tunisien qui suit l’actualitĂ©, 40 Conseillers (avec rangs divers, Ministres, SecrĂ©taires d’Etat
) que je peux vous nommer un par un ! Je sais en mĂȘme temps qu’il y’en a d’autres cachĂ©s derriĂšre les bureaux dorĂ©es et les couloirs feutrĂ©s du Palais de Carthage!

 

Chacun sait maintenant que la Tunisie est gouvernĂ©e par deux gouvernements, l’un officiel composĂ© de simples « pions » et exĂ©cutants qu’on nomme « Ministres » et « SecrĂ©taires d’Etat » et puis un deuxiĂšme gouvernement « officieux » qui lui dĂ©tient les vrais pouvoirs et dirige le pays avec des Ministres et SecrĂ©taires d’Etat qu’on nomme « Premier Conseiller » et « Conseiller principal »! On appelle ça de la « bonne gouvernance » en Tunisie ! Et on est mĂȘme rĂ©compensĂ© par les Rois du zĂšle pour cette bonne gouvernance issue de ces organigrammes et de cette architecture organisationnelle digne d’un ouvrage de rĂ©fĂ©rence de la Harvard Business School !!

 

Pour notre cher PrĂ©sident Ben Ali, de deux choses l’une : Ou bien il est super intelligent et il a bien compris avant tout le monde qu’en politique, il faut avoir le sens de « la dĂ©lĂ©gation » et par suite il a nommĂ© 40 Conseillers Ă  qui il dĂ©lĂšgue les sous tĂąches de son travail titanesque, ou bien on est face Ă  un PrĂ©sident ignorant et incompĂ©tent qui a besoin de 40 Conseillers pour lui expliquer le comment du comment!

 

Mais ce qui est le plus malheureux pour nous citoyens et pour notre pauvre pays, c’est que ces 40 Conseillers perçoivent des salaires (de Ministres et de SecrĂ©taires d’Etat), des primes, roulent en berline avec chauffeur, sans oublier la gratuitĂ© du carburant (en mĂȘme temps nous citoyens, subissons la hausse du prix de pĂ©trole), le gardien et la bonne Ă  la maison et la deuxiĂšme voiture avec chauffeur pour Madame la femme du Conseiller !

 

Au mieux,  la bonne gouvernance n’imposerait elle pas la suppression et le licenciement de 30 Conseillers et de crĂ©er Ă  la place, des emplois pour au moins une centaine de diplĂŽmĂ©s du supĂ©rieur en chĂŽmage[2] ??!!

 

[1] Le plus ridicule de ces postes c’est celui du machiavĂ©lique Abdelaziz Ben Dhia qui (tenez vous bien !) est Ministre D’Etat, conseiller spĂ©cial, porte parole officiel de la prĂ©sidence de la rĂ©publique ! A signaler qu’au Premier ministĂšre on accumule aussi ces postes ridicules avec un prix spĂ©cial pour Mehdi Mlika, le neveu de Ben Ali, qui se fait « appeler » Ministre Premier Conseiller auprĂšs du Premier Ministre !!!

 

[2] Le calcul est simple : admettons qu’en moyenne un Conseiller perçoit 4000 d par mois avantages et charges fixes inclus. Avec 30 Conseillers en moins, nous aurons 120.000 d par mois qui se libĂšre du budget de l’Etat et qu’on pourrait utiliser pour crĂ©er de l’emploi Ă  au moins cent diplĂŽmĂ©s avec mĂȘme des salaires de 1000 d par mois. D’autant plus que ces fameux Conseillers ont atteint pour une majoritĂ© d’entre eux l’ñge de la retraite depuis belles lurettes !

 

 

 

Lettre ouverte à une femme voilée

Par Foued Zaouche

 

Mon intention est extrĂȘmement respectueuse et j’aimerais entamer un dialogue avec les femmes qui portent le voile, un dialogue fructueux, dans la dignitĂ© et le respect, comme celui que l’on peut avoir avec des esprits ouverts et intelligents. Si personne ne doute de la libertĂ© individuelle de porter ou de ne pas porter le voile, il faut expliquer ce que peut signifier le port du voile islamique et ses consĂ©quences sociales et juridiques.

 

Zyed Krichen, dans RĂ©alitĂ©s de la semaine derniĂšre, a parfaitement posĂ© la problĂ©matique dans son Ă©ditorial et dans son article qui relate les tribulations juridiques d’une enseignante en conflit avec son autoritĂ© de tutelle Ă  propos du port du voile.

 

Je voudrais poser une seule question aux Tunisiennes qui ont choisi de porter le voile islamique, et cette question, je ne la poserais pas Ă  l’AlgĂ©rienne, ni Ă  la Marocaine, ni Ă  l’Egyptienne et certainement pas Ă  la Saoudienne, car celles-ci ne disposant pas des mĂȘmes droits, cela n’aurait aucun sens pour elles. La question est celle-ci : savez-vous qu’en dĂ©cidant de porter le voile, vous renoncez volontairement Ă  tous vos droits juridiques actuels car ceux qui vous inspirent sont pour l’application de la Charia qui fait de vous des mineures sur le plan juridique ? Ce qui signifie que vous ne pourrez plus ni voyager seule, ni disposer de la personnalitĂ© juridique qui vous permet d’avoir un compte en banque, ni commercer en toute libertĂ© sans l’autorisation de votre mari ou de votre pĂšre. Vous retomberez sous l’emprise totale des hommes, ce qui reprĂ©sente une insulte Ă  vos mĂšres et Ă  vos grands-mĂšres, ces femmes admirables qui ont militĂ© pour l’émancipation des femmes tunisiennes et luttĂ© courageusement pour l’abandon du port du voile, une pratique qui Ă©tait l’expression d’une soumission Ă©hontĂ©e. Comme le dit trĂšs justement Zyed Krichen dans son Ă©ditorial, les textes coraniques sont beaucoup plus explicites sur la rĂ©pudiation et la polygamie qu’ils ne le sont sur le voile. La femme tunisienne risque de se retrouver, Ă  Dieu ne plaise, confrontĂ©e Ă  de vieilles pratiques rĂ©trogrades heureusement bannies de notre pays, pour son honneur.

 

Evidemment, la femme tunisienne peut me rĂ©torquer que le fait de porter le voile est une affaire de croyance personnelle, un acte de libertĂ© et qu’elle ne se sent pas engagĂ©e par toutes ces considĂ©rations sociales et politiques. Cela est l’expression d’une immense naĂŻvetĂ© ou d’une rouerie calculĂ©e car ce qu’on appelle le voile islamique est l’étendard affirmĂ© et Ă©vident depuis les annĂ©es 80 d’une doctrine militante extrĂȘmement organisĂ©e et d’une dangereuse efficacitĂ©, il suffit d’observer son action en Egypte oĂč elle est devenue le terreau d’un prosĂ©lytisme effrayant Ă  l’origine d’une chape de plomb culturelle qui s’est abattue sur ce pays, naguĂšre si joyeux.

 

Et pour celles qui croient « avoir le beurre et l’argent du beurre », c’est-Ă -dire, porter le voile et conserver les droits que leur confĂšre le Code du Statut Personnel, elles se trompent totalement. En choisissant de porter le voile islamique, la femme tunisienne s’engage dans une doctrine dont la principale revendication est de restaurer la Charia. Chaque Tunisienne qui le porte devient une militante active, parfois malgrĂ© elle, de cette idĂ©ologie extrĂ©miste qui n’est pas prĂȘte Ă  ce genre de concessions sous peine de disparaĂźtre et en rappelant le pouvoir exorbitant que donne la Charia aux hommes sur leurs compagnes, rĂ©duites Ă  ĂȘtre des mineures « taillables et corvĂ©ables Ă  merci ».

 

Alors, Ă  celles-ci, Ă  ces Tunisiennes qui croient conserver leurs droits tout en portant le voile islamique, je les implore de poser des questions, de demander aux Imams, aux docteurs de la religion et Ă  tous ceux qui se targuent de recommander le port du voile comme une obligation divine. Demandez-leur si vous perdrez vos droits si, par malheur, la Charia Ă©tait imposĂ©e dans notre pays et ce que cela signifierait pour les femmes. Et s’ils vous disent le contraire, demandez-leur ce que signifie alors le fait d’ĂȘtre islamiste si ce n’est pas pour appliquer la Charia. Il faut se mĂ©fier des belles promesses de ceux qui ne cherchent qu’à sĂ©duire
 Renseignez-vous sur le statut juridique de la Saoudienne ou de l’Iranienne, mĂȘme si celle-ci peut faire illusion car elle va Ă  l’UniversitĂ© et conduit sa voiture. Demandez Ă  cette derniĂšre quel est son statut juridique rĂ©el, dans les faits ; elle vous racontera peut-ĂȘtre comment elle peut faire l’objet de vexations de n’importe quel homme qui trouverait son foulard mal ajustĂ©, laissant apparaĂźtre quelques mĂšches coupables ou comment n’importe quel « tartempion » peut s’arroger le droit d’interpeller une femme dans la rue pour lui adjoindre de respecter la religion, du moins celle que son esprit bornĂ© a pu en comprendre.

 

Combien je suis sincĂšrement peinĂ© par l’aveuglement de celles qui portent le voile car elles risquent de nous entraĂźner dans un aventurisme effrayant pour notre pays qui a tant besoin de toutes ses Ă©nergies pour gagner la bataille du dĂ©veloppement. Comment concilier notre volontĂ© d’ĂȘtre un pays de services, c’est-Ă -dire tolĂ©rant, ouvert et accueillant, avec une doctrine passĂ©iste et moralisatrice qui ne peut fleurir que dans les pays pĂ©troliers dont les rentes leur permettent de se passer des autres. Nous, nous avons besoin de toutes nos femmes et de tous nos hommes pour construire notre pays dans ce monde violent et cynique. La petite Tunisie, sans ressources d’hydrocarbures ni miniĂšres, a besoin de l’ensemble de ses potentialitĂ©s Ɠuvrant pour une dynamique de progrĂšs et d’exigence.

 

Je ne doute pas de la conviction et de la sincĂ©ritĂ© de la majoritĂ© des femmes qui portent le voile
 A elles, je voudrais dire que l’amour de Dieu est au delĂ  d’une tenue vestimentaire et rĂ©pĂ©ter ce que j’avais Ă©crit dans un prĂ©cĂ©dent article, ce n’est pas Ă  la femme de se voiler mais Ă  l’homme de voiler son dĂ©sir, le seul coupable de cette aberration d’un autre Ăąge.

 

Je voudrais clore ce Ă©niĂšme article que je consacre au voile par l’expression sincĂšre du respect que je porte Ă  l’Islam, celui de l’Ijtihad, celui du dĂ©passement de soi, celui de l’exigence personnelle. L’Islam n’est pas une idĂ©ologie politique. Nul ne peut juger mon action, je n’en suis comptable que par rapport Ă  Dieu et Ă  Lui seul. Ceux qui vous disent le contraire vous utilisent. Pour le reste, les lois de la RĂ©publique se chargent d’administrer notre vie terrestre dans le respect de la libertĂ© qui s’arrĂȘte oĂč commence celle de l’autre.

 

L’argument avancĂ© par les islamistes, qui veulent faire du port du voile un simple acte de libertĂ© individuelle qui ne concerne que son auteur, est trompeur. Ils devraient ĂȘtre plus explicites sur le rĂ©tablissement de la Charia, qui est l’essentiel de leur programme et sur ses consĂ©quences sur le statut juridique de la femme tunisienne

.(Source : « Réalités », N° 1140 du 1er novembre 2007

 

 

RĂ©ponse Ă  l’article intitulĂ© « Lettre ouverte Ă  une femme voilĂ©e »

Par Foued Zaouche, publié sur la revue « Réalité » le 1.11.2007

 

Mon intention est extrĂȘmement respectueuse et j’aimerais entamer un dialogue avec les femmes qui portent le voile, un dialogue fructueux, dans la dignitĂ© et le respect, comme celui que l’on peut avoir avec des esprits ouverts et intelligents. Le dialogue sĂ©rieux et fructueux ne peut se faire qu’entre des personnes libres, alors que dans le contexte actuel, ni toi, ni les femmes que tu veux dialoguer avec n’ĂȘtes libres. Toi, bien que libre de corps tu ne l’es apparemment pas d’esprit car tu ne fais que l’éloge de la dictature et rien de plus. Et les femmes que tu veux dialoguer avec, bien que libres d’esprit et d’ñme ne le sont pas quant Ă  la possibilitĂ© de pouvoir s’exprimer. Le simple fait que tu Ă©voque les termes « esprits ouverts et intelligents » montre bien quel respect tu as envers ces femmes ! Si personne ne doute de la libertĂ© individuelle de porter ou de ne pas porter le voile Oses-tu dire ceci au maĂźtre de Carthage et lui demander de laisser le libre choix aux femmes de s’habiller comme elles le veulent ? Bien sĂ»r que non. Alors que celles que tu considĂšre implicitement comme n’ayant pas des « esprits ouverts et intelligents » elles l’ont fait depuis 1982 lors de la promulgation du maudit circulaire prĂ©sidentiel 108 qui interdit le port du voile. Elles ont donnĂ© beaucoup et en donnent encore de leur personne morale et physique pour la libertĂ© de la femme et pour le respect des Droits de l’Homme, il faut expliquer ce que peut signifier le port du voile islamique et ses consĂ©quences sociales et juridiques. Il ne revient, ni Ă  toi ni Ă  personne d’autre au monde quelque soit son intelligence et son pouvoir, de remettre en question des instructions divines claires et nettes dans notre saint Coran. 59. Ô ProphĂšte ! Dis Ă  tes Ă©pouses, Ă  tes filles, et aux femmes des croyants, de ramener sur elles leurs grands voiles : elles en seront plus vite reconnues et Ă©viteront d’ĂȘtre offensĂ©es. Dieu est Pardonneur et MisĂ©ricordieux. – Al Ahzab.31. Et dis aux croyantes de baisser leurs regards, de garder leur chastetĂ©, et de ne montrer de leurs atours que ce qui en paraĂźt et qu’elles rabattent leur voile sur leurs poitrines; et qu’elles ne montrent leurs atours qu’Ă  leurs maris, ou Ă  leurs pĂšres, ou aux pĂšres de leurs maris, ou Ă  leurs fils, ou aux fils de leurs maris, ou Ă  leurs frĂšres, ou aux fils de leurs frĂšres, ou aux fils de leurs soeurs, ou aux femmes musulmanes, ou aux esclaves qu’elles possĂšdent, ou aux domestiques mĂąles impuissants, ou aux garçons impubĂšres qui ignorent tout des parties cachĂ©es des femmes. Et qu’elles ne frappent pas avec leurs pieds de façon que l’on sache ce qu’elles cachent de leurs parures. Et repentez-vous tous devant Dieu, ò croyants, afin que vous rĂ©coltiez le succĂšs. Annour.

 

Celui qui rejette ces instructions coraniques divines ou les entache du moindre doute est, de l’avis des savants de la nation, un mĂ©crĂ©ant « kafiron billahi wa rasoulihi ». Un conseil : Ă©vites de te mettre dans cette mauvaise posture Ă  consĂ©quences fĂącheuses dans ce bas monde et dans l’au-delĂ . Si tu ne le savais pas tu es peut ĂȘtre excusĂ© mais dĂ©sormais tu ne l’es plus. Ne dĂ©clare pas la guerre Ă  ton crĂ©ateur car tu seras sans doute perdant et tu le regretteras tĂŽt ou tard. Je conseille, je ne menace pas.



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Cela est l’expression d’une immense naĂŻvetĂ© ou d’une rouerie calculĂ©e car ce qu’on appelle le voile islamique est l’étendard affirmĂ© et Ă©vident depuis les annĂ©es 80 d’une doctrine militante extrĂȘmement organisĂ©e et d’une dangereuse efficacitĂ©, il suffit d’observer son action en Egypte oĂč elle est devenue le terreau d’un prosĂ©lytisme effrayant Ă  l’origine d’une chape de plomb culturelle qui s’est abattue sur ce pays, naguĂšre si joyeux. C’est ton point de vue, tu peux dire ce que tu veux, mais le prouver
c’est une autre paire de manche. Depuis des annĂ©es une campagne bien orchestrĂ©e est menĂ©e contre une partie du peuple tunisien dans le but de l’exclure de la scĂšne politique. Faute de pouvoir la contrer avec des programmes de dĂ©veloppement et avec des choix politiques et des valeurs on essaie de crĂ©er un amalgames en mĂ©langeant toutes les tendances islamiques et en prenant de chaque le pire pour essayer de ternir l’image de face d’un adversaires politique (Ennahdha) dont les annĂ©es et les faits ont prouvĂ© sa tolĂ©rance et la justesse de sa cause

 

Et pour celles qui croient « avoir le beurre et l’argent du beurre », c’est-Ă -dire, porter le voile et conserver les droits que leur confĂšre le Code du Statut Personnel, elles se trompent totalement. En choisissant de porter le voile islamique, la femme tunisienne s’engage dans une doctrine dont la principale revendication est de restaurer la Charia Quand la Charia Ă©tait appliquĂ©e les Arabes et les Musulmans Ă©taient Ă  la tĂȘte des nations et ont gouvernĂ©, avec justice et aisance le monde entier. Le Code du Statut Personnel dont tu fais l’éloge humilie la femme jusqu’à ses droits les plus fondamentaux, Ă  savoir son droits et sa libertĂ© de s’habiller comme elle veut, d’enseigner, de s’instruire, de travailler
. Chaque Tunisienne qui le porte devient une militante active, parfois malgrĂ© elle !!!! Elle peut devenir militante active mais elle ne peut pas faire du commerce ou de la mĂ©decine ou enseigner ou
 comme tu le prĂ©tendais plus haut ! En plus qu’est-ce que t’as contre l’activitĂ© d’une militante ? Maintenant, ce n’est pas toi et tes semblables, avec des propos pareils, qui veulent primer la femme et l’envoyer loin derriĂšre et ne lui donner qu’un rĂŽle secondaire dans la sociĂ©tĂ©? Quant au terme parfois malgrĂ© elle que tu utilises, ce n’est qu’un prĂ©jugĂ© dictĂ© par tes maĂźtres et rien de plus et des insultes supplĂ©mentaires aux femmes. Tu ne fais que rĂ©pĂ©ter les blablabla que personne ne croit plus, de cette idĂ©ologie extrĂ©miste qui n’est pas prĂȘte Ă  ce genre de concessions sous peine de disparaĂźtre et en rappelant le pouvoir exorbitant que donne la Charia aux hommes sur leurs compagnes, rĂ©duites Ă  ĂȘtre des mineures « taillables et corvĂ©ables Ă  merci ». Dans la façon de voir se projette la façon d’ĂȘtre ! Tu fais probablement ça avec ta femme. La Charia a donnĂ© tous les droits Ă  la femme et en a fait l’égale de l’homme sur tous les plans sociaux, culturels et juridiques… Elle a fait la diffĂ©rence seulement lĂ  oĂč cette diffĂ©rence est inĂ©vitable et imposĂ©e par la nature de la femme ou de l’homme. À supposer que tu es mariĂ©, peux-tu me dire pourquoi as-tu choisit d’épouser une femme et pas un homme. À supposer que tu as des enfants, pourquoi ce n’était pas toi qui Ă©tais enceinte et qui a accouchĂ© et qui s’es occupĂ© de l’enfant
. Un seul petit exemple, le verset coranique 35 du chapitre Al Ahzab : « Les Musulmans et Musulmanes, croyants et croyantes, obĂ©issants et obĂ©issantes, loyaux et loyales, endurants et endurantes, craignants et craignantes, donneurs et donneuses d’aumĂŽnes, jeĂ»nants et jeĂ»nantes, gardiens de leur chastetĂ© et gardiennes, invocateurs souvent de Dieu et invocatrices : Dieu a prĂ©parĂ© pour eux un pardon et une Ă©norme rĂ©compense. » A Ɠuvres Ă©gales rĂ©compenses Ă©gales ! Tu la trouves oĂč cette justice ? Chez ton RCD qui empĂȘche les femmes de s’habiller comme elles veulent et les privent ainsi d’un droit fondamental garanti par toutes les religions, les lois et les conventions et qui va jusqu’à les priver d’enseigner et de s’enseigner et de se soigner dans les hĂŽpitaux publics ? La Charia que tu n’es pas content de voir appliquĂ©e a rĂ©servĂ© tout un chapitre nommĂ© « Annisaa= Les femmes » et l’un des versets de ce chapitre dit : « 124. Et quiconque, homme ou femme, fait de bonnes Ɠuvres, tout en Ă©tant croyant… les voilĂ  ceux qui entreront au Paradis; et on ne leur fera aucune injustice, fĂ»t-ce d’un creux de noyau de datte.»C’est la parole d’Allah, ose la critiquer !!

 

Au-delĂ  de tout ça la demande actuelle de toute l’opposition en Tunisie, et Ă  leur tĂȘte le mouvement Ennahdha que tu n’as cessĂ© d’incriminer implicitement ou explicitement, a toujours Ă©tĂ© LA LIBERTE; Ă  toutes et Ă  tous. De quel droit, toi ou quiconque ose empĂȘcher les femmes de s’habiller comme elles veulent ou empĂȘcher tel ou tel parti d’exister et d’exercer librement et de s’adresser au peuple tunisien et lui prĂ©senter ses programmes et vouloir le convaincre de maniĂšre pacifique et dĂ©mocratique pour avoir sa chance de le gouverner pour le promouvoir et le faire Ă©voluer et non dans le but de voler ses biens et le mater et l’humilier ?

 

Alors, Ă  celles-ci, Ă  ces Tunisiennes qui croient conserver leurs droits tout en portant le voile islamique, je les implore de poser des questions, de demander aux Imams, aux docteurs de la religion et Ă  tous ceux qui se targuent de recommander le port du voile comme une obligation divine. Demandez-leur si vous perdrez vos droits si, par malheur, la Charia Ă©tait imposĂ©e dans notre pays et ce que cela signifierait pour les femmes. Et s’ils vous disent le contraire, demandez-leur ce que signifie alors le fait d’ĂȘtre islamiste si ce n’est pas pour appliquer la Charia.

 

Voici la rĂ©ponse d’un Cheikh rĂ©putĂ© pour son savoir, sa piĂ©tĂ© et son indĂ©pendance, ce n’est pas un lĂšche-botte comme plusieurs autres « savants », le Cheikh Yousseh Quardhaoui :

…En mon nom propre et au nom de tous ces gens, je regrette Ă©normĂ©ment ce que nous avons lu et entendu concernant l’orientation de la France vers l’interdiction de porter le voile Ă  l’école pour les Ă©lĂšves musulmanes. C’est une orientation qui m’étonne beaucoup et que je condamne vivement en ce qu’elle contraint la femme musulmane Ă  bafouer sa religion et Ă  dĂ©sobĂ©ir Ă  son Seigneur, Qui dit dans Son Livre : “Et qu’elles rabattent leurs mantilles sur les Ă©chancrures de leurs vĂȘtements” [1] ; “Ô ProphĂšte, dis Ă  tes Ă©pouses, Ă  tes filles, et aux femmes des croyants de revĂȘtir leurs mantes” [2]. Le port du voile est un devoir religieux pour la femme musulmane qui fait l’unanimitĂ© de toutes les Ă©coles de jurisprudence islamique, qu’elles soient sunnite, chiite, zaydite ou abĂądite. – Fatwa de Cheikh Quardhaoui.

 

Pour lire toute la fatwa dans son contexte activez le lien : http://www.islamophile.org/spip/article954.html

 



.

 

Combien je suis sincĂšrement peinĂ© par l’aveuglement de celles qui portent le voile car elles risquent de nous entraĂźner dans un aventurisme effrayant pour notre pays qui a tant besoin de toutes ses Ă©nergies pour gagner la bataille du dĂ©veloppement. Combien je suis sincĂšrement peinĂ© (pour reprendre tes termes) de ton ignorance et de la naĂŻvetĂ© de ton analyse, toi qui prĂ©tend ĂȘtre ouvert et intelligent. Comment concilier notre volontĂ© d’ĂȘtre un pays de services, c’est-Ă -dire tolĂ©rant, ouvert et accueillant, avec une doctrine passĂ©iste et moralisatrice qui ne peut fleurir que dans les pays pĂ©troliers dont les rentes leur permettent de se passer des autres. Nous, nous avons besoin de toutes nos femmes et de tous nos hommes pour construire notre pays dans ce monde violent et cynique. La petite Tunisie, sans ressources d’hydrocarbures ni miniĂšres, a besoin de l’ensemble de ses potentialitĂ©s oeuvrant pour une dynamique de progrĂšs et d’exigence. Propos mesquins et faussaires !! As-tu rĂ©agit un jour contre le harcĂšlement de ses femmes Ă  l’égard desquelles tu montre une fausse pitiĂ© ou bien tu n’es pas au courant de ce qu’elles ont subit depuis 1982 ? Et Ă  propos des ressources humaines de la Tunisie n’es-tu pas au courant de ce que subissent plusieurs centaines de Docteurs, IngĂ©nieurs, MĂ©decins, Professeurs qui croupissent dans les prisons ou qui sont contraints Ă  l’exile et qui sont privĂ©s de servir leur chĂšre patrie la TUNISIE ? Je cite l’exemple du Dr. Sadok Chourou en prison depuis 17 ans, Dr. Moncef Ben Salem, mathĂ©maticien de pointure internationale, privĂ© d’enseigner depuis plus de 10 ans, l’ngĂ©nieur principal Abdelkarim Harouni qui vient d’ĂȘtre libĂ©rĂ© de la prison et qui n’a jamais pu exercer son mĂ©tier, Dr. Zyad Doulatli, Dr. Ahmed Labyadh, l’ ingĂ©nieur principal Hamadi Jebali, l’ingĂ©nieur Ali Larayedh
 etc
 etc
 tous privĂ©s depuis des annĂ©es d’exercer librement leurs mĂ©tiers et soumis Ă  un embargo au point que certains se sont trouvĂ©s obligĂ©s de se dĂ©merder n’importe comment, mais toujours honnĂȘtement, pour gagner leur vie ! Qu’est-ce que t’en dis ? Ne sont-ils pas d’énormes compĂ©tences dont la Tunisie aurait pu profiter pleinement depuis des annĂ©es. Manifeste toi courageusement et dĂ©fends les intĂ©rĂȘts de la Tunisie. Ou bien
 les intĂ©rĂȘts de la Tunisie tu les vois, comme tant d’autres, tel Bourhan Bsayes, dans l’incarcĂ©ration de ses gens et leur Ă©loignement de la scĂšne politique sous n’importe quel prĂ©texte ??

 

Je ne doute pas de la conviction et de la sincĂ©ritĂ© de la majoritĂ© des femmes qui portent le voile
 A elles, je voudrais dire que l’amour de Dieu est au delĂ  d’une tenue vestimentaire et rĂ©pĂ©ter ce que j’avais Ă©crit dans un prĂ©cĂ©dent article, ce n’est pas Ă  la femme de se voiler mais Ă  l’homme de voiler son dĂ©sir, le seul coupable de cette aberration d’un autre Ăąge. Merci pour le conseil. Il y a quand mĂȘme quelque chose de vrai lĂ  dedans. Je te le reconnais ! Mais la solution donnĂ©e par l’Islam est beaucoup plus juste et demande Ă  l’homme comme Ă  la femme d’assumer chacun ses responsabilitĂ©s et de se comporter correctement. Lis les 2 versets qui suivent de Sourat Annour et admire la beautĂ© de notre (la mienne comme la tienne) religion (il serait bien de le reconnaĂźtre) :

30.Dis aux croyants de baisser leurs regards et de garder leur chastetĂ©. C’est plus pur pour eux. Dieu est, certes, Parfaitement Connaisseur de ce qu’ils font.

31. Et dis aux croyantes de baisser leurs regards, de garder leur chastetĂ©, et de ne montrer de leurs atours que ce qui en paraĂźt et qu’elles rabattent leur voile sur leurs poitrines; et qu’elles ne montrent leurs atours qu’Ă  leurs maris, ou Ă  leurs pĂšres, ou aux pĂšres de leurs maris, ou Ă  leurs fils, ou aux fils de leurs maris, ou Ă  leurs frĂšres, ou aux fils de leurs frĂšres, ou aux fils de leurs sƓurs, ou aux femmes musulmanes, ou aux esclaves qu’elles possĂšdent, ou aux domestiques mĂąles impuissants, ou aux garçons impubĂšres qui ignorent tout des parties cachĂ©es des femmes. Et qu’elles ne frappent pas avec leurs pieds de façon que l’on sache ce qu’elles cachent de leurs parures. Et repentez-vous tous devant Dieu, Ò croyants, afin que vous rĂ©coltiez le succĂšs.

Convaincu ! Je te le souhaite de tout mon cƓur.



.

 

Il n’est dans l’intĂ©rĂȘt de personne de continuer un discours faussaire qui vise Ă  instaurer un amalgame trompeur oĂč l’on mĂ©lange le tout pour montrer un adversaire politique comme Ă©tant un fanatique, un chauvin, un terroriste de la part de qui tous les malheurs peuvent arriver Ă  n’importe quel moment … ArrĂȘtez de se moquer du peuple tunisien et de le mettre sous tutelle et de dĂ©cider Ă  sa place. Cette campagne d’aveuglement ne mĂšnera Ă  nulle part et fait le symbole de l’échec de ses meneurs.

 

Nahdha est bien un parti politique pacifique et tolĂ©rant qui puise son idĂ©ologie dans l’Islam sans en prĂ©tendre ĂȘtre le reprĂ©sentant unique ou le porte parole et sa demande principale a, depuis toujours, Ă©tĂ© « LA LIBERTE; POUR TOUTES ET TOUS ET QUE LA DECISION REVIENNE AU PEUPLE TUNISIEN ». Nahdha veut exercer dans la lĂ©galitĂ© et rejette toute sorte d’exclusion ou d’exception. Le vrai dĂ©fi consiste donc Ă  laisser Nahdha s’organiser, s’exprimer et s’adresser librement au peuple tunisien et de laisser, par la suite, ce dernier dire son mot. En tant que membre de Nahdha (et j’en suis trĂšs trĂšs fier et attachĂ© Ă  vie) j’accepterai sans appel n’importe quel jugement du peuple tunisien Ă©mis dans la sincĂ©ritĂ© et la transparence.

 

Je profite de l’occasion pour saluer toutes les femmes tunisiennes qui luttaient depuis 1982 pour leur libertĂ© et qui s’attachaient avec acharnement et ferveur Ă  leur identitĂ© islamique. Qu’Allah les rĂ©compense pour leur combat honorable.

 

Un dernier mot : Je m’excuse si un terme a vexĂ© un lecteur y compris M. Foued Zaouche.

 

Remarques :

Les propos commentés sont en italique et en gras

Pour consulter l’article de M. Foued Zaouche :

http://www.realites.com.tn/index1.php?a=detail1&art=19176

 

Larbi Guesmi – Neuchñtel / La Suisse, le 22.11.2007

__________________

 


 

Un parti religieux en Tunisie ?

Par Zyed Krichen   On parle de plus en plus dans les cercles “initiĂ©s” d’une probable lĂ©galisation d’un parti religieux. Certains mĂ©dias ont mĂȘme avancĂ© des noms allant du secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral aux membres potentiels du Bureau politique. Si l’on croit ces rumeurs persistantes, la Tunisie aurait dans quelques semaines deux nouveaux partis lĂ©gaux: l’un d’extrĂȘme-gauche issu d’une scission dans la mouvance marxiste-lĂ©niniste et l’autre religieux modĂ©rĂ©. * * * La multiplicitĂ© des expressions politiques et intellectuelles ne peut nuire Ă  aucune sociĂ©tĂ©. Mais lĂ  il s’agit plutĂŽt de l’organisation partisane d’une dĂ©mocratie naissante que d’un dĂ©bat intellectuel au sens strict du terme. Rappelons, d’abord, que la loi sur les partis politiques de 1989 interdit de fonder un parti sur des bases religieuses, ethniques et linguistiques. L’Islam et la langue arabe sont la propriĂ©tĂ© de tous les Tunisiens. Toute “privatisation” partisane de ces marqueurs identitaires serait contraire Ă  la notion mĂȘme de nation. Toutes les lois sont appelĂ©es Ă  changer et Ă  Ă©voluer, mais la Tunisie a-t-elle intĂ©rĂȘt Ă  amender cette Loi sur les partis politiques ? Faisons un moment abstraction des calculs politiciens des uns et des autres. Pourquoi cette Loi autorise-t-elle la construction d’un “parti dĂ©mocratique” et non pas celle d’un ”parti islamiste” ? La dĂ©mocratie n’est-elle pas, elle aussi, la propriĂ©tĂ© de tous les Tunisiens ? Pourquoi permettre la privatisation partisane de la valeur “dĂ©mocratie” et non pas celle d’“Islam” et de “langue arabe” ? Ce sont de vĂ©ritable questions et on ne peut pas faire l’économie de ce dĂ©bat. Une communautĂ© nationale digne de ce nom partage un certain nombre de valeurs. Aucune de ces valeurs n’est figĂ©e dans le temps et dans l’espace. Toutes disent ce que nous sommes et non ce que nous Ă©tions. Les valeurs d’Islam et d’arabitĂ© n’échappent pas Ă  cela. C’est-Ă -dire que les Tunisiens d’aujourd’hui, dans leur diversitĂ©, ont des façons propres de vivre leur islamitĂ© et leur arabitĂ©. C’est cela qui constituent nos marqueurs identitaires spĂ©cifiques. L’Islam dans lequel tous les Tunisiens se reconnaissent est l’Islam de nos parents, de notre mĂ©moire commune et de notre quotidien. De mĂȘme pour l’arabitĂ©. Nous ne vivons ni Ă  l’époque d’Al Jahidh, ni encore moins celle de Sibawouayh. C’est en cela que l’identitĂ© est une appartenance. A l’instar de l’appartenance familiale ou tribale, elle ne peut pas ĂȘtre objet de dispute ou de surenchĂšre. L’espace public oĂč s’affrontent et s’opposent les diffĂ©rentes sensibilitĂ©s politiques et idĂ©ologiques n’a pas de rapport avec ce que nous sommes mais avec ce que nous voulons ĂȘtre et les maniĂšres d’y accĂ©der. Ce sont les rĂ©ponses Ă  ces deux questions qui fondent la lĂ©gitimitĂ© d’un courant politique. L’Islam politique, dans son expĂ©rience historique majoritaire, a divisĂ© les Musulmans sur ce qu’ils sont et non sur ce qu’ils aspirent Ă  ĂȘtre au nom de ce qu’ils Ă©taient censĂ©s avoir Ă©tĂ©. En portant la contradiction sur la dĂ©finition mĂȘme de l’homo-islamicus, les islamistes ont fissurĂ© l’identitĂ© culturelle de nos peuples et contribuĂ©, sans le savoir peut-ĂȘtre, Ă  les fragiliser davantage. Beaucoup d’ñmes charitables nous disent que les islamistes ont Ă©voluĂ©. Mais ont-ils Ă©voluĂ© sur cela ? En d’autres termes, ont-ils renoncĂ© Ă  diviser les gens en fonction de leur rapport Ă  un Islam transcendant ? Ont-ils renoncĂ© Ă  vouloir appliquer dans la citĂ© idĂ©ale la Loi divine, c’est-Ă -dire les chĂątiments corporels et les rĂšgles du statut personnel de la chariaĂą ? Les plus Ă©clairĂ©s d’entre eux nous disent qu’ils continuent Ă  se rĂ©fĂ©rer au Textes sacrĂ©s (Coran et Sunna) tout en les interprĂ©tant en fonction des exigences de notre temps. L’espace public deviendrait alors un espace thĂ©ologique oĂč les exĂ©gĂšses des uns s’opposeraient aux exĂ©gĂšses des autres. C’est une conception bien particuliĂšre de la vie publique. Reste une question majeure : peut-on concevoir une vie partisane dans notre pays sans aucune rĂ©fĂ©rence religieuse ? Cette question mĂ©rite un grand dĂ©bat national. Le rĂ©fĂ©rentiel religieux existe dans notre vie sociale, le nier serait contraire au bon sens. Mais ce rĂ©fĂ©rentiel doit ĂȘtre limitĂ© et confinĂ© dans des sphĂšres particuliĂšres, sinon ce sera la perte de la religion et de la vie civique. La sĂ©paration entre valeurs religieuses et valeurs traditionnelles n’est pas nette chez nous. Un parti religieux pourrait ĂȘtre synonyme dans ce cas de parti de la tradition. Un parti conservateur, en somme, et qui n’aurait rien Ă  voir avec l’islamisme politique. Cela revient Ă  dire que les forces de la tradition auraient dĂ©finitivement acceptĂ© de se sĂ©parer de l’activisme et confiner l’exigence religieuse Ă  la seule sphĂšre privĂ©e. La sĂ©paration entre la religion et la politique serait dĂ©finitivement consommĂ©e. Dans ce cas se serait une vĂ©ritable rĂ©volution culturelle. Mais nous pensons que ce dĂ©bat, fondamental pour notre sociĂ©tĂ©, doit prĂ©cĂ©der toute forme d’institutionnalisation politique. Sinon, et pour rester dans les mĂ©taphores religieuses, on aura prĂ©parĂ© la natte avant la mosquĂ©e.

 

(Source : « RĂ©alitĂ©s » (Newsmagazine hebdomadaire – Tunis), N° 1143, le 22 novembre 2007)

 

 


 

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