22 mars 2009

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TUNISNEWS

8 ème année,N° 3225 du 22.03.2009

 archives : www.tunisnews.net  


Un 6eme gréviste de la faim AFP: L’Italie expulse un Marocain et un Tunisien soupçonnés de terrorisme AFP: Ahmed Brahim, candidat de gauche pour une « vrai compétition » à la présidence AFP: Mali: libération du chauffeur de deux diplomates canadiens enlevés Noura BORSALI :  53ècommémoration de l’indépendance  – Terne…Terne…Terne Noura BORSALI: MAD’ART CARTHAGE – HAWA MASRAHOUNA…PHOU Mizaanoun: De quelle démocratie parle-t-on ?


Liste actualisée des signataires de l’initiative du Droit de Retour : http://www.manfiyoun.net/fr/listfr.html Celles et Ceux qui veulent signer cet appel sont invités à envoyer leur: Nom, Pays de résidence et Année de sortie de la Tunisie sur le mél de l’initiative : manfiyoun@gmail.com


 

Un 6eme gréviste de la faim

Chedli Krimi libéré le 13 mars 2009, rejoint ces 5 camarades en grèves de la faim et entame lui même à partir d’aujourd’hui 22 mars à 00h00 une grève de la faim illimité pour les même revendications. Chedli Krimi est militant de l’UGET victime d’un Conseil de discipline qui a pris la décision de l’exclure de l’université en 2004. Depuis il n’a cessé de faire l’objet de poursuites judiciaires.
( Message reçu par mail le 22 mars 2009)

L’Italie expulse un Marocain et un Tunisien soupçonnés de terrorisme

AFP: 22.03.09 à 12:44 L’Italie a expulsé samedi soir un Marocain et un Tunisien soupçonnés de lien avec l’organisation islamiste Al-Qaïda, a indiqué dimanche l’agence Ansa, citant des sources proche de l’enquête. Les deux hommes ont été expulsés sur ordre du ministre de l’Intérieur Roberto Maroni, qui a invoqué la sécurité d’Etat et la prévention du terrorisme, selon la même source. Les deux hommes expulsés sont le Marocain Mohammed Essadek, 39 ans, qui vivait dans la région de Trévise (nord) et le Tunisien Sghaier Miri, 34 ans, habitant dans la région d’Udine (nord-est) où il était considéré comme un leader de la communauté musulmane locale, selon la même source. Selon les enquêteurs, les deux hommes menaient des activités de prosélytisme et Miri avait des contacts « avec des membres de groupes intégristes islamiques actifs en Tunisie et financés par Al-Qaïda », selon la même source.

 

Ahmed Brahim, candidat de gauche pour une « vrai compétition » à la présidence

 
AFP | 22.03.2009 | 18:33
TUNIS, 22 mars 2009 | Ahmed Brahim, secrétaire général du Mouvement Ettajdid a été officiellement investi dimanche candidat à la présidence en Tunisie sous la bannière d’une coalition de gauche. Ahmed Brahim, secrétaire général du Mouvement Ettajdid a été officiellement investi dimanche candidat à la présidence en Tunisie sous la bannière d’une coalition de gauche. Il affirme vouloir faire front au président sortant Zine El Abidine Ben Ali, 72 ans, candidat à sa propre succession pour un cinquième quinquennat à l’élection d’octobre prochain. Ahmed Brahim, 62 ans, dirige depuis deux ans le Mouvement Ettajdid (Renouveau, opposition légale, trois députés)), héritier de l’ex-Parti communiste de 1920 et son parti chapeaute l’Initiative démocratique (ID) formée de petits groupes de gauche et d’indépendants dont il sera le candidat à la présidence. « Ma candidature n’est pas symbolique, je m’engage dans une véritable compétition pour m’opposer fermement, d’égal à égal, au candidat du pouvoir », a-t-il déclaré lors d’une première réunion publique de sa coalition à Tunis. Cet universitaire se pose en défenseur d’un « Etat démocratique moderne et laïque » en rupture avec l’opposition radicale proche des islamistes, tout comme avec l’opposition parlementaire modérée qui soutient le président Ben Ali. « Je suis un vrai candidat de rupture, je ne jouerai pas au figurant », a-t-il dit, entouré de ses partisans et répétant qu’il était « temps de passer de la dissidence à une véritable opposition » et « de rompre avec l’autoritarisme ». Evoquant un « immense déséquilibre de moyens » entre le pouvoir et ses opposants, ce candidat a pris acte de l’engagement du président Ben Ali pour un scrutin honnête et proposé qu’il soit contrôlé par une structure indépendante, et non plus par le ministère de l’Intérieur. Il a exigé une réforme « radicale » du système électoral, l’assainissement du climat politique avec la garantie des libertés de réunion et d’organisation et de presse, ainsi que l’annulation d’un projet de loi instaurant, selon lui, un contrôle préalable des discours publics des candidats. Il a réclamé aussi la libération de « tous ceux qui ont été jugés pour leurs opinions », dont les militants condamnés suite aux troubles sociaux qui ont eu lieu en 2008 dans la région minière de Gafsa (sud-ouest). M. Brahmi est le 4ème candidat déclaré de l’opposition avec MM. Mohamed Bouchiha, chef du Parti de l’Unité populaire et Ahmed Inoubli, du Parti social libéral, deux partis parlementaires modérés. La candidature d’opposants à la présidence est rendue possible par une loi exceptionnelle votée en dérogation de la Constitution qui exige le parrainage de trente élus, une condition qu’aucune formation d’opposition ne peut remplir à elle seule. Cette loi permet donc à des opposants de postuler mais pose la condition d’être un chef élu en exercice, écartant de ce fait Ahmed Nejib Chebbi, fondateur du Parti démocratique Progressiste (PDP) dont il n’assure plus la présidence. Le président Ben Ali, qui avait été réélu en 2004 avec 94,4% des voix face à trois concurrents, s’est engagé à la présence d’observateurs aux élections générales et à faire en sorte qu’elles se déroulent « dans un contexte de transparence, de respect de la légalité et d’observance des règles de la pratique démocratique ».

Mali: libération du chauffeur de deux diplomates canadiens enlevés

AFP: 21.03.09 BAMAKO (AFP) — Le chauffeur nigérien de deux diplomates canadiens, dont l’enlèvement en décembre au Niger a été revendiqué par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), a été libéré au Mali voisin, a-t-on appris samedi à Bamako auprès du ministère malien de la Défense. « Soumana Moukaïla, le chauffeur des deux diplomates canadiens, enlevé au même moment qu’eux, vient d’être libéré sur le territoire malien », a déclaré à l’AFP un responsable du ministère malien de la Défense, sous le couvert de l’anonymat. « Il se porte bien », a ajouté la même source, qui n’a donné aucun autre détail sur la libération de ce ressortissant nigérien. Le chauffeur apparaît aux côtés des deux diplomates canadiens sur la deuxième cassette envoyée en février par les ravisseurs aux autorités maliennes, comme preuve de vie des trois otages. Robert Fowler, envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU pour le Niger, et son collègue Louis Gay, sont toujours détenus. La libération du chauffeur nigérien intervient au moment où au moins « deux suspects » ont été arrêtés dans le nord du Mali, en rapport avec l’enlèvement en janvier de quatre touristes européens – un couple de ressortissants suisses, une Allemande septuagénaire et un Britannique – entre le Mali et le Niger, avait indiqué vendredi une source sécuritaire malienne. De son côté, une source indépendante dans le nord du Mali a fait état de quatre arrestations. Ces enlèvements, comme ceux des diplomates canadiens, avaient été revendiqués par Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). En plus de la libération d’islamistes mauritaniens détenus au Mali, Aqmi a exigé la libération d’islamistes arrêtés en Europe, en échange des sept otages – le chauffeur nigérien qui vient d’être libéré au Mali, les deux diplomates canadiens, et les quatre touristes européens -, selon une source malienne proche du dossier. « Les geôliers demandent aujourd’hui la libération d’islamistes détenus en Europe », a expliqué à l’AFP cette source citant une des revendications des preneurs d’otages. Auparavant, Moctar Ben Moctar, l’un des chefs d’Aqmi, avait notamment demandé que soient relâchés deux Mauritaniens, membres d’Al-Qaïda, arrêtés fin 2008 à Gao (nord du Mali). Mais l’un de ces deux Mauritaniens, Sidi Ould Yehdhih, est décédé depuis, « des suites d’un accident de véhicule survenu fin février » lors de son transfert vers Bamako, selon le ministère malien de la Défense.

53ècommémoration de l’indépendance : Terne…Terne…Terne

               Par Noura BORSALI   Décidément, nous avons un vrai problème avec notre histoire. La commémoration de l’indépendance de notre pays revêt sans conteste une importance pour tous les citoyens et surtout pour les jeunes. Les médias officiels n’ont pas été encore une fois à la hauteur de l’événement. Le « débat » monocorde organisé par la chaîne télévisée 7 a regroupé des personnes du même bord au service du pouvoir. A entendre les intervenants, on croirait qu’il s’agit de la commémoration du 7 novembre. Erreur de perception. Comme si la lutte pour la libération du pays pour laquelle se sont sacrifiés tant de Tunisiens était une page tournée. Chose gravissime pour ce qui s’apparente à une amnésie historique. Qu’ont retenu nos jeunes de cette commémoration oubliée dès le lendemain, fête de la jeunesse ? Rien. En dehors du discours du Chef de l’Etat, aucun documentaire, aucun débat réunissant des historiens, des témoins encore vivants, des hommes politiques n’eurent lieu. Nous nous sommes sentis floués par tant de négligence, par cette amnésie forcée, par ce manque de reconnaissance à l’égard de nos pères et mères qui auraient aimé revivre, ne serait-ce que quelques moments, des pages de leur vécu historique. Et quand il s’agit de nous faire ré-écouter la superbe chanson qui nous donne jusqu’à ce jour des frissons : « Ala Khalidi » de Oulaya -à la radio seulement-, c’est par la voix de Sonia Mbarek qu’elle sera retransmise. Pourquoi cette rupture comme si le passé était un autre pays sans lien avec le présent ? Pourtant, ce ne sont pas les documents audio-visuels qui manquent. La chaïne « Al Arabia » avait réservé, voilà deux ans, une série d’émissions sur « Zamen Bourguiba » dont les DVD (piratés) se vendent pourtant dans les rues de Tunis. F.Mitterand avait de son côté réservé à Bourguiba un documentaire à l’occasion de la commémoration de sa mort. Ce ne sont ni les archives qui manquent ni les compétences qui font défaut pour qu’on puisse lire autrement ce pan de notre histoire, avec un œil critique et constructif. Pourquoi tout ce qui appartient de près ou de loin à l’époque bourguibienne ou beylicale demeure-t-il occulté dans les médias officiels comme la télévision et la radio ? Cette occultation est dangereuse. Pourtant, l’intérêt que portent les chercheurs et les Tunisiens à leur histoire n’est plus à démentir. Cette soif de connaître, de lire autrement, de comprendre différemment n’est plus à prouver. Cette amnésie forcée crée un grand malaise en nous parce que nous nous sentons dépossédés d’une part de nous-mêmes. Non, je ne pense pas que nos médias audio-visuels aient le droit d’ignorer cette Histoire qui forge notre identité de Tunisiens et alimentent notre fierté d’un pays qui a recouvré un jour- et il n’est pas lointain- sa souveraineté. Pendant l’époque bourguibienne, ces pages de notre Histoire étaient constamment glorifiées avec un regard partisan et partial au point que nous continuons jusqu’à aujourd’hui à vouloir en écrire une autre version plus objective et plus conforme à la réalité. Plus d’un siècle à relire autrement ! Le retard est impressionnant ! Aujourd’hui encore, on occulte un autre pan de notre histoire. Et le retard s’accumule. Sinon comment expliquer que le documentaire du cinéaste tunisien Mahmoud Ben Mahmoud sur « Les Beys de Tunis » (2006) n’ait pas pu être projeté jusqu’à ce jour sur les écrans de nos villes ? Comment comprendre que le seul documentaire réalisé sur Farhat Hached à l’occasion du cinquantenaire de sa mort (2002) ait complètement disparu depuis cette seule projection à la télévision ? Tunis se prépare à la 4è édition de son festival annuel du cinéma documentaire. Verra-t-on ces films ? Je ne le pense pas. Pourquoi cette négligence ? Faut-il répéter sans relâche que le passé ne peut qu’éclairer notre présent  et qu’il constitue une part -ô combien- importante de notre identité nationale ? Car, par nos temps incertains, l’indépendance doit être constamment réaffirmée et pourquoi pas glorifiée.   (1) Deux projections ont eu lieu.

 

MAD’ART CARTHAGE :

HAWA MASRAHOUNA…PHOU

(Pour l’amour de notre théâtre PHOU)

 

Par Noura BORSALI

 

Fallait-il donner du temps au temps, comme le disait Françaois Mitterand, pour revoir enfin le « Théâtre Phou » et toute son équipe (1) aussi pétillants et porteurs de rêves d’Art et de Création en ce jour du mercredi 18 mars 2009. L’événement est de taille, n’en déplaise aux fauteurs qui eurent un jour l’idée incongrue de fermer, en 2003, l’espace MAD’ART Carthage Dermech et de surcroît sur décision judiciaire qui a servi à déloger durant quatre longues années les locataires -artistes de renom- d’un lieu anciennement limité depuis 1964 à une salle de cinéma et qu’ils ont transformé, depuis 1994, avec leurs moyens de bord, en un lieu enchanteur fait de théâtre, de danse et que sais-je encore…

Nouveau bâtiment refait dans un style -hélas- sans originalité aucune, il aurait été destiné à venir allonger la liste des centres commerciaux qui fleurissent ça et là et où, frappés d’un ennui mortel, nous venons oublier un moment notre lassitude en dépit de nos poches à moitié vides. Un projet économiquement rentable comme on l’entend souvent dire par nos temps très économiques remplacerait un lieu de Création et d’Art. Un scandale ! N’était-ce alors une mobilisation émouvante de tous -artistes, journalistes, techniciens, jeunes et moins jeunes se nourrissant -spirituellement- d’art, etc… (« le plus beau moment de ma vie », dira  la comédienne-),  couronnée par une rencontre de Raja Ben Ammar avec le Chef de l’Etat qui l’invita et la rassura que rien ne changerait, l’espace aurait été destiné à des activités commerçantes. Oui, s’il est de notre devoir de rappeler le passé, c’est pour mieux appréhender le présent et l’avenir. Pour que de telles bévues ne se répètent plus.

MAD’ART Carthage renaît donc de ses cendres après quatre longues années durant lesquelles l’équipe, privée de local, n’a jamais désoeuvré. « Hawa Watani » (2004), le monodrame de la comédienne et gérante de MAD’ART Carthage Raja Ben Ammar en est la plus belle illustration. L’amour d’un pays comme l’amour du théâtre ne peuvent décourager une artiste de talent quand bien même elle jouerait ses créations sur d’autres planches comme « El Hamra ». Solidarité entre les créateurs oblige !

C’est ainsi qu’après quatre années de fermeture, le « Théâtre PHOU » s’est réapproprié l’espace entièrement rénové entre 2003 et 2007. C’est la belle annonce faite lors d’un point de presse organisé en ce lieu par ses gérants et artistes, Raja Ben Ammar et Moncef Sayam, en présence de toute l’équipe, « la même » insistera Raja Ben Ammar. C’est dire la persévérance et la fidélité des compagnons de route.

L’espace -auquel des retouches importantes restent à faire- contient la même salle de spectacle quelque peu rénovée (mad’art, 235 places), un café-théâtre et une salle polyvalente qui constituerait autant d’ateliers (salle lez’art, salle bou’art): de danse, de théâtre, de yoga et de Thaï Shi et aussi de danse tunisienne -hélas- en perdition et cantonnée dans le seul qualificatif « folklorique », sans oublier le cirque ou encore la gymnastique artistique, les arts martiaux. L’espace résonnera également de concerts de musique,  organisera des expositions, favorisera des rencontres, visualisera des films…et répercutera les créations de nos troupes régionales mal connues et ignorées.

En fait,  comme le dira Raja Ben Ammar avec autant de fougue, le corps est à la base de tout. C’est ainsi que le « Théâtre Phou » a évolué : du questionnement sur les mots (d’où le terme « Phou » en arabe) à celui du corps qui a modifié son écriture scénique pour devenir une écriture du corps. La comédienne, qui a allié avec beauté théâtre et chorégraphie, a dit un jour : « Nous ne pensons plus, désormais, qu’il faille écrire avec son corps. Nous ne pensons plus que le corps soit un outil. Nous ne pensons plus qu’il soit un chemin, il est, tout simplement ». Le programme dans sa diversité en dit long sur cette évolution d’un théâtre « physique et poétique ».

Que de projets ! Que de rêves ! C’est à vous donner de belles sensations que le plaisir de l’Art n’est pas mort en dépit des déconstructions et des constructions. Mais alors revient en galop la terrible question des moyens financiers qui suspendent un instant nos rêves. Quel que soit le soutien apporté par le Ministère de la Culture, les moyens demeurent fortement limités. Un casse-tête pour des créateurs qui, au lieu de se consacrer à leur art et de laisser libre cours à leur imagination et à leur créativité, sont condamnés à se préoccuper de sous sans lesquels désormais il ne peut y avoir de création. La municipalité de Carthage n’apporte pas grand’chose et ne vient pas renflouer les caisses d’un espace dont elle a la tutelle et dont elle perçoit un loyer annuel de plus de 20 OOO dinars. L’affranchissement fiscal décidé par le Chef de l’Etat est certes important et encourageant mais il faut des solutions à long terme pour que la Création Artistique ne meure pas dans notre pays. L’Etat ne devrait en aucun cas se désengager de la culture quand les investisseurs et les hommes d’affaires ne la considèrent pas comme rentable et ne voudraient nullement y perdre leurs capitaux. Comme le dira Raja Ben Ammar, ils préfèrent investir dans les activités divertissantes. « La culture comme l’Education, la Santé, ajoute-t-elle, est un secteur vital qui a fortement besoin du soutien de l’Etat. La crise financière internationale a bien montré les limites d’une telle libéralisation qui porte préjudice aux secteurs les plus vitaux ». Oui, la culture demeure bel et bien, et sans conteste, une affaire de l’Etat. Même si, selon Raja Ben Ammar, l’actuel ministre de la Culture, homme de théâtre, apporte un soutien, nous pensons que l’Etat doit revoir sa politique culturelle surtout en ces temps où le soif de la culture se fait ressentir dans toutes les manifestations culturelles et aussi en dehors d’elles quand, en leur absence, la grisaille des jours nous frappe de plein fouet.

Alors que faire en attendant que des mesures soient prises pour que la culture devienne un vecteur essentiel dans la politique budgétaire de l’Etat qui ne lui consacre même pas 2% ? Compter sur le partenariat avec les ministères, être à l’affût de toute possibilité de financement minime soit-elle, d’où la création au sein de l’équipe d’un responsable des relations avec les institutions. Que faire encore sinon compter sur le partenariat avec des institutions culturelles internationales sous forme de jumelage par exemple comme c’est le cas actuellement avec Aix-en- Provence. Travailler également en coopération avec les services culturels arabes. Autant de possibilités et de formules sur lesquelles nous avons réfléchi durant ces deux dernières années en faisant des études, des audits, nous dit Raja Ben Ammar…Casse-tête en définitive quand on sait que la partie technique d’un spectacle peut coûter 170 millions !

Oui, il est important certes, pour des artistes, d’avoir leurs propres espaces afin de leur permettre de créer et de produire mais des lieux sans finances suffisantes se heurtent à des blocages, des endettements qui n’en finissent pas et donc à des difficultés de produire et de créer. La boucle est bouclée !

De l’espoir, oui, dira Raja Ben Ammar, nous en avons…C’est cette force qui les pousse à continuer un parcours parsemé de richesses créatives qui nous ont donné tant d’émotions. Rappelons que le « Théâtre Phou » est l’une des premières troupes de théâtre indépendantes de notre pays, créée en 1980 et gérée par le duo Raja Ben Ammar et Moncef Sayam. Quand on a plus de 30 ans dans la Création – avec ses plus beaux moments comme ses pires instants d’épuisement- on ne peut pas désespérer. L’énergie de Raja Ben Ammar et la nouvelle pièce de Moncef Sayam, « Le singe », qui fera l’ouverture le 28 mars prochain en sont les plus belles illustrations. Oui, conclura Raja Ben Ammar, il s’agit bien d’investir notre corps et l’instant du comédien, l’artiste se doit de réaliser ses rêves et de ne pas vivre dans la frustration. Rendez-vous nous est donc donné le samedi 28 mars à 21 heures à MAD’ART Carthage.

 

 

(1) L’Equipe : Raja Ben Ammar et Moncef Sayam : Direction artistique, Abdesslem Béjaoui : Administration-Relations avec les institutions, Leila El Fani : Programmation-relation presse ; Abdelaziz Belgaied Hassine : Responsable technique ; Wafa Ammeri : Atelier-Relations au public ; Rinda Dabbagh : Infographie ; Habiba Trabelsi : Régisseur Salle ; Riadh Ben Mohamed : Régisseur Magasin.

 

 

De quelle démocratie parle-t-on ?

Une domination féroce.

Par Mizaanoun

« Fernand Braudel[1], dans ses conférences à l’Université Johns Hopkins, tentait une réponse : « L’Occident se définit essentiellement par son mode de production, le capitalisme. Plus que jamais, celui-ci reste rivé à son rêve de conquête planétaire.

Le principal représentant de l’école braudélienne aux Etats-Unis, Immanuel Wallerstein développe la pensée du maître. Il identifie plusieurs applications de la volonté de conquête et de la prétention universaliste de l’Occident.

En vertu de la première, les dirigeants du monde euro-atlantique prétendent défendre et, au besoin, imposer sur toute la surface du globe les « Droits de l’homme » et cette forme de gouvernement qu’ils appellent « la démocratie.» L’affirmation universaliste de leur culture d’origine les conduit logiquement au rejet et à la négation de toutes les autres cultures et de tous les autres types de civilisation. S’ils leur reconnaissent aujourd’hui le droit à l’existence (exotique, folklorique), ils ne les prennent pas au sérieux en tant qu’ils sont associés à d’autres modes de production économique. En vertu d’une troisième application, les responsables occidentaux proclament l’existence de lois économiques « immuables », de lois « scientifiques » du marché comparables à des lois « naturelles ». Du coup s’ils veulent « se développer », les peuples non occidentaux n’ont d’autres solutions que de se soumettre à ces lois. »

Depuis cinq cents ans, les occidentaux dominent la planète. Or, je l’ai rappelé, les Blancs, aujourd’hui, ne représentent guère que 12,8% de la population mondiale. Par le passé, ils n’ont jamais dépassé 24%.

Domination minoritaire donc, mais domination féroce et hautement organisée.

Quatre systèmes de domination se sont succédé dans l’Histoire. D’abord celui dit des « conquêtes ». Dès 1492, les occidentaux ont découvert les Amériques et pris possession des terres. Ils ont détruit ou mis aux fers des populations jusqu’alors « inconnues ».

Vint ensuite le temps du commerce triangulaire, de la déportation massive d’Africains noirsvers le continent américain dépeuplé par le massacre des indiens.

(J. Ziegler, lors d’une interview sur le site internet du juge Jean de Maillard, « Rue89[2] », estime que le chiffre[3] des africains déportés serait de plus de 400.000.000)  

Suivit un troisième système d’oppression occidentale : durant tout le XIXe siècle se mit en place, surtout en Afrique, mais également en Asie, le système colonial. L’occupation militaire garantit l’accès direct aux ressources minières et agricoles. La destruction des civilisations autochtones par les missionnaires chrétiens et par les apôtres de l’universalisme républicain brisa les résistances. Elle facilita grandement l’introduction du travail forcé.

Dans la perception des peuples du Sud, l’actuel ordre du capital occidental globalisé, avec ses mercenaires de l’Organisation  mondiale du commerce, du Fonds monétaire international, de la Banque mondiale, ses sociétés transcontinentales privées et leur idéologie néolibérale, représente le dernier, et de loin le plus meurtrier, des systèmes d’oppression advenus au cours des cinq siècles passés.

La violence exercée par la fameuse « Main invisible » du marché, la monopolisation des richesses par les oligarchies transcontinentales perpétuent, en les aggravant, les trois systèmes d’oppression antérieurs.

La nuit de la misère et de l’injustice recouvre les terres du Sud. Elle est aujourd’hui plus épaisse que jamais.

Car jamais l’Occident n’a été plus puissant qu’aujourd’hui. 

Sarkozy à Dakar[4].

Le prototype le plus représentatif, de la philosophie de domination occidentale, une fois Bush et Blair sont disparus de la scène politique, est sans le moindre doute le président français Nicolas Sarkozy. Il est vrai qu’il joue ce rôle d’une manière assez comique, avec des gesticulations et des  expressions souvent d’une obscénité crue qui laissent peu de marge aux divertissements intellectuelles et politiques habituels avec ses prédécesseurs ou ses homologues occidentaux actuels. Le personnage reconnaît ses caractéristiques et ses dons uniques et c’est normal, mais à conditions d’exercer une autre profession moins publique. Au fond peut être c’est tant mieux pour les peuples non occidentaux. Jean Ziegler donne un aperçu de « l’envergure morale » du personnage :

« A Dakar, Sarkozy attaqua bille en tête : Jeunes d’Afrique, je ne suis pas venu vous parler repentance[5].  Puis il se lança dans une longue évocation destinée à réhabiliter les colons : Il y avait parmi eux [les colons] des hommes mauvais, mais il y avait aussi des hommes de bonne volonté, des hommes qui croyaient remplir une mission civilisatrice. Ils se trompaient, mais certains étaient sincères. Ils croyaient briser les chaînes de l’obscurantisme, de la superstition, de la servitude […] Ils croyaient donner de l’amour sans voir qu’ils semaient la révolte et la haine. […]La colonisation fut une faute qui fut payée par l’amertume et la souffrance de ceux qui avaient cru tout donner et qui ne comprenaient pas pourquoi on leur en voulait tant. 

Et la souffrance des africains ? Sarkozy l’ignore-t-il ? – Non. Il la reconnaît, mais refuse de l’attribuer à l’action des colons… Cette souffrance de l’homme noir, c’est la souffrance de tous les hommes.

La stupéfaction gagne la salle. Les auditeurs – y compris les blancs – n’en croient pas leurs oreilles.

La mise au fer des esclaves ? Le martyre de la faim ? Les femmes et les enfants massacrés par la Légion étrangère dans les villages conquis ? Tout cela relève, au fond, de la condition humaine. Pas la peine d’en faire tout un plat !

Les carnages, les spoliations, les destructions liés à la colonisation ? Le travail forcé, les mains coupées des collecteurs de caoutchouc ou de coton ne remplissant pas le contingent fixé par le contremaître ? Une simple « faute », selon Sarkozy.

L’esclavage ? Les massacres coloniaux ? Le « destin commun », certes douloureux, des africains et des européens. Bourreaux et victimes, même souffrance ! Et précisément parce que ce destin douloureux est « commun », les bourreaux n’ont aucune raison de faire amende honorable.

Ignorance ? Calcul politique ?

Nicolas Sarkozy a de l’homme africain une vision singulière. L’Africain, dans cette perspective, est un être soumis aux seules lois de la nature, enchaîné au recommencement éternel, un Sisyphe épuisé, privé d’avenir.

L’africain vit quasiment en dehors de l’Histoire. La notion de progrès lui est étrangère. Un destin singulier ? Il est même dépourvu de destin.

Écoutons-le :  Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain, qui, depuis des millénaires, vit avec les saisons, dont l’idéal de vie est d’être en harmonie avec la nature, ne connaît que l’éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles […] Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n’y a pas de place ni pour l’aventure humaine, ni pour l’idée de progrès […]Jamais l’homme [africain] ne s’élance vers l’avenir. Jamais il ne lui vient à l’idée de sortir de la répétition pour s’inventer un destin. […]Le problème de l’Afrique, et permettez à un ami de l’Afrique de le dire, il est là. Le défi de l’Afrique, c’est d’entrer davantage dans l’Histoire. 

Mais comment faire pour entrer « davantage dans l’Histoire » ? C’est simple. Il suffit de se soumettre à l’Occident. »

Donc comme on le voit ni Sarkozy, ni le plus « sage » de ses  compères occidentaux ne sont disposés à remettre en question la  « marche triomphale » de l’Occident durant les cinq siècles derniers dont parle Braudel, ni de reconnaître les génocides exercés sur les peuples de la planète, dont plusieurs ont carrément et totalement disparu ou plutôt on les a fait disparaître. Tout à fait le contraire. Avec les pleins pouvoirs qu’ils ont eus sur tous les peuples de la planète, ils ont fini par mener le monde à la faillite. Une faillite économique, politique, morale et sociale.  En plus avec tous les antécédents criminels, ils entendent se maintenir, sans partage, au centre des décisions et continuer à dicter aux peuples les instructions à suivre.

À présent, ils ne parlent plus de démocratie, ni de droits de l’homme, ni de liberté, avec autant de verve comme dans le passé. Ils ont cédé ce terrain des slogans vides qui cachent leurs réelles intentions méphistophéliques aux « Organisations Non Gouvernementales ». En voici quelques exemples sur la conception de la démocratie qu’ils ont voulue imposer aux peuples  durant la deuxième moitié du vingtième siècle. Des faits parfaitement avérés qui donnent une idée sur les véritables et terrifiantes dimensions de cette philosophie occidentale qui reste immuable, même si à chaque cycle elle prend les allures qui s’ajustent le mieux aux conjonctures. Les hautes et les désastreuses comme celles qui agitent en ces jours ses piliers et qu’Edgar Morin qualifie : de « la [philosophie de] domination de l’Occident, la pire de l’histoire humaine dans sa durée et son extension planétaire.[6]»

 

Premier exemple : Le Dr Mossadegh en Iran.

En 1942 le Royaume uni était encore  le grand empire du moment. Le pétrole dont l’Iran était le plus ancien et principal producteur au Moyen Orient, échappe à l’emprise du gouvernement. Celui-ci ne percevait que des redevances octroyées par la toute puissante « Anglo-iranien Oil Company » (AIOC).

De nos jours et malgré tout le tapage qu’on fait autour de la fameuse OPEP (Organisation des  Pays Exportateurs du Pétrole), avec en son sein l’ARAMCO (Arabian American Compagnie, la « sœur vivante encore » de l’AIOC iranienne enterrée), dans la Péninsule Arabe ainsi que toutes les autres compagnies pétrolières occidentales dans les pays du Golfe, d’une manière ou d’une autre, continuent  de garder la plus grande partie des bénéfices. Ce qu’ils versent aux différentes « Familles » comme la « Maison Saoudite » ou la « Maison Es-Sabah » est réinvesti automatiquement dans l’économie occidentale. Ni la Libye, ni l’Algérie ni le Nigéria n’échappent à cette règle. Quand l’Irak a nationalisé le pétrole et expulsé les compagnies pétrolières occidentales, on sait aujourd’hui ce qu’il en est advenu. L’Iran actuel, le Venezuela récemment et quelques autres petits pays comme la Bolivie sont en train de tenter de se libérer des crocs d’acier de ces compagnies occidentales.  Mais revenons à présent au Dr. Mossadegh. 

De plus durant la seconde Grande Guerre, les Alliés occupent l’Iran pour ravitailler le front russe agissant avec un mépris total envers la population autochtone. Ils utilisèrent pour ce faire le chemin de fer trans-iranien, ce qui alimenta quelques polémiques. Le docteur Mossadegh allant jusqu’à accuser « l’empereur », Reza Pahlavi, le Chah d’Iran comme on l’appelait à l’époque, de l’avoir fait construire surtout pour permettre aux anglais d’envahir plus facilement le pays. La réaction populaire à ces interventions étrangères finit par porter Mossadegh, leader du parti « Jebhe-ye Melli » (Front National Populaire), au pouvoir. Une fois devenu Premier ministre le 29 avril 1951, Mossadegh nationalise l’Anglo-iranien Company. Il entreprend alors une politique anti-impérialiste et expulse le personnel britannique de la compagnie pétrolière.

En juillet 1952, un conflit constitutionnel avec le Chah provoque la démission de Mossadegh. En effet le Chah refuse d’accorder le contrôle de l’armée au gouvernement. Mossadegh est remplacé par Ghavam Saltaneh. La foule descend alors dans la rue pour exiger le retour de Mossadegh. Le Chah cède après trois jours d’émeute et le renomme Premier ministre le 20 juillet. Mossadegh prépare alors un référendum en vue de la réforme électorale. Ainsi il pourra dissoudre le Parlement et se faire accorder les pouvoirs qu’exigent les circonstances. Il organise donc, le 3 août 1953 le référendum. Le 15 août 1953, le Chah, soutenu par les Américains, signe un décret impérial démettant Mossadegh et le remplaçant par le Général Zahedi.

Ce décret fut porté par le commandant de la garde impériale, que Mossadegh fit arrêter. Le Chah croyant avoir échoué, s’enfuit alors à l’étranger. Trois jours plus tard, le général soutenu par les agents de la CIA organise un coup d’état et fait arrêter Mossadegh. C’était l’opération Ajax (officiellement TP-AJAX). Une opération secrète menée conjointement par le Royaume-Uni et les Etats-Unis et exécutée par la CIA. Le but de cette opération, comme on ne peut en douter, était, en réinstallant le Chah sur le trône, de préserver les intérêts occidentaux dans l’exploitation des  gigantesques gisements pétrolifères iraniens. Et ainsi les choses vont continuer jusqu’à la Révolution de 1979. Ce coup d’état du 18 août 1953 mené par les services des renseignements américains (CIA) a été officiellement reconnu en 2000 par la Secrétaire d’État Madeleine Albright, sous l’Administration Clinton, qui a admis le rôle des Etats-Unis dans l’organisation et le soutien financier nécessaire. Pourtant durant presque trente ans les américains et les occidentaux avaient nié en bloc toute ingérence. Mossadegh sera condamné à trois ans de prison et à l’issue desquels il sera assigné à résidence dans son village natal d’Ahmadabad sous la surveillance de la SAVAK (la terrible police secrète du Chah) jusqu’à sa mort en 1967.

C’était le premier exemple du genre de démocratie que les occidentaux veulent voir toujours s’instaurer dans les pays de l’hémisphère sud. 

Toutes les polices et les « forces armées » des  pays « dominés », hier comme aujourd’hui, sont toujours formées, entrainées et armées dans les mêmes écoles et académies militaires occidentales y compris la police de « l’Autorité Nationale Palestinienne » de Mahmoud Abbes. Une  de ces élucubrations euphémistiques du langage politique qui abondent dans l’esprit occidental à chaque fois qu’il s’agit de camoufler ses réelles intentions lucifériennes. Ou la police du « nouvel Irak démocratique ou démocratisé». En réalité un pays totalement détruit où ne fonctionnent plus que la « Zone Verte », la gigantesque ambassade usaméricaine, les bases militaires avec plus 140.000 soldats, les bases des mercenaires des compagnies privées, avec un nombre de paramilitaires aussi élevé et les puits de pétrole. Tout le reste ce ne sont que des ruines et des décombres. Avec plus d’un million et demi de morts et entre 4 et 5 millions de réfugiés dans les pays voisins ou dans le propre pays, l’Irak est revenu plus de cinquante en arrière.

Donc ces  activités de formations et d’entrainements sont  devenues, avec les compagnies de sécurité privées, probablement parmi les premières  industries occidentales en chiffres d’affaires, mais de la plus haute importance stratégique. Dans le cas du Chah, sa volumineuse armée et sa police, de l’époque, ont constitué les deux branches de la machine de terreur. Sa seule et unique mission est celle de maintenir « la stabilité » souhaitée par les occidentaux.

Pour le Chah la police était destinée à maintenir la « stabilité intérieure » c’est-à-dire à  terroriser la population alors que l’armée, parfaitement équipée par les occidentaux et secondée par la suite par les experts israéliens, avait pour mission, de semer la crainte et la terreur dans tout le Moyen Orient et particulièrement dans les pays du Golfe. Donc chargée de maintenir l’ordre et veiller aux intérêts occidentaux dans toute la zone. D’où le titre qu’il lui sera décerné   comme « gendarme du Golfe ».

Il va falloir plus de 26 ans de lutte pour que finalement le Chah soit définitivement renversé. Le 16 janvier 1978 le Chah s’envole hors de l’Iran à la recherche d’un pays refuge où terminer le reste de ses jours. Aussi hypocritement ou plutôt lâchement que cela puisse paraître, aucun pays occidental n’en a voulu de lui. Il a fallu le petit tyran de fraîche date, celui d’Égypte, Anouar Sadat, qui s’est cru plus royaliste que le roi, pour accepter de l’accueillir, comme si le pays était sa propriété privée. La suite de l’un comme celle de l’autre n’a pas d’intérêt spécifique dans cette analyse, d’autant plus que les deux ont été enterrés sans honneur ni gloire.

Évidemment le gouvernement actuel en Iran n’est absolument pas du tout « démocratique » selon la philosophie occidentale. L’Iran se trouve, depuis trente ans boycotté par les pays occidentaux et subit presque un blocus total. Et les sionistes israéliens cherchent éperdument à entraîner tout l’Occident et en particulier les Etats-Unis dans une opération bis de l’Irak. La diabolisation du gouvernement de Téhéran monte de cran à chaque fois qu’un progrès est constaté dans ce pays. Même si les occidentaux et leurs alliés sionistes prétendent empêcher l’Iran de fabriquer sa bombe nucléaire, les véritables raisons se trouvent bien ailleurs : Interdiction de se développer par ses propres moyens et se libérer une fois pour toute de la terrible emprise occidentale. Se développer par ses propres moyens car il n’y a aucun développement possible autrement. 

Deuxième exemple : P. Lumumba au Congo.

Le 23 juin 1960, le Mouvement National Congolais (MNC) remportent les élections. Le chef du parti, Patrice Emery Lumumba devient premier ministre du Congo. Ce n’était pas le bon choix qui conviendrait aux intérêts occidentaux. L’homme était révolutionnaire et croyait fermement à une réelle souveraineté de son pays et de son peuple. Il est diabolisé comme agent de l’Union Soviétique. En septembre 1960, le président du Congo, Joseph Kasavubu, révoque le premier ministre Patrice E. Lumumba ainsi que ses ministres nationalistes. Lumumba déclare alors qu’il restera en fonction. Le parlement acquis à sa cause révoque le président Kasavubu.

Un coup d’état officieusement mené par le général Joseph Mobutu renverse le gouvernement, prend le pouvoir et assigne à résidence les dirigeants nationalistes. En décembre 1960, Lumumba s’échappe de la capitale pour gagner Stanleyville, région où il est très populaire. Il est arrêté et est transféré au camp militaire de Thysville sur ordre de Mobutu. Par la suite, le 17 janvier 1961, Patrice Lumumba, Maurice Mpolo et Joseph  Okito sont conduits par avion à Élisabethville, au Katanga et livrés aux autorités locales, c’est-à-dire à Moïse Tchombé leur pire ennemi.

Officiellement, après être ligotés et humiliés ils seront fusillés le soir même par des soldats sous commandement belge. Mais à la lecture des documents secrets belges, à présent déclassifiés, il ne reste aucun doute sur le fait que c’est bien la Belgique qui porte la plus grande responsabilité dans l’assassinat de Lumumba. Le comte Harold d’Aspremont Lynden, ministre belge des affaires africaines et proche du roi Baudouin, écrivait le 5 octobre 1960 que l’objectif principal à poursuivre dans l’intérêt du Congo, du Katanga et de la Belgique est évidemment l’élimination définitive de Lumumba. Ludo De Witte, qui a écrit un livre sur l’assassinat de Lumumba, précise que ce sont les belges qui ont dirigé toute l’opération, de son transfert au Katanga jusqu’à sa disparition de la scène et la disparition de son corps. Ceci dit en ce qui concerne la responsabilité du gouvernement belge de l’époque, mais l’ordre de liquidation est venu de beaucoup plus haut que la Belgique[7].

C’est encore une fois de plus la CIA qui est derrière l’horrible assassinat. Le nom de code de l’opération est : « Action Exécutif » Et comme les ordres d’assassinat d’hommes politiques dans le monde et particulièrement le monde non occidental, qu’exécute directement ou en sous-traitance, la CIA, doivent impérativement être autorisés, par écrit, par le Président des Etats-Unis en personne, dans le cas de Patrice Lumumba, c’est le général Eisenhower, qui était le président à l’époque, qui aurait signé l’ordre d’exécution quelques jours avant la fin de son deuxième mandat le 20 janvier 1961. En effet selon les révélations faites à travers un document déclassifié en 2000 et contenant un entretien avec  Robert Johnson, l’ancien le sténographe du « US National Security Council »  le président Dwight D. Eisenhower, s’adressant au chef de la CIA à l’époque, Allen Dulles lui a dit: « Lumumba doit être éliminé ».

Les versions sur les détails de l’assassinat étaient aussi diverses et plus cruelles les unes que les autres. Dans la série de conférences que donne le vétéran journaliste et écrivain égyptien Mohammed H. Haykal et que diffuse la chaîne de télévision, Aljazeera, on a appris, lors de sa toute dernière, du jeudi, 12-02-09, les détails sur une exécution d’une cruauté inimaginable. Après avoir été donc ligoté et ficelé de haut en bas, comme si d’un simple paquet il s’agissait, il a été battu à mort par ses bourreaux. Par la suite le corps ensanglanté et bien raide entre les cordes, a été déposé sur une longue table métallique dans l’atelier de menuiserie tenue par des colons belges et a été scié en plusieurs morceaux pour être éparpillés et disparaître sans laisser la moindre trace.     

Pourtant le malheur c’est que le Congo soit un énorme pays avec des richesses extraordinaires. Les massacres entrepris  et provoqués par les mêmes colons, qui ont fait des millions de morts durent jusqu’à nos jours. Il est inutile de parler des misères incommensurables dans lesquelles s’agitent les populations. Alors que les compagnies belges et israéliennes (aujourd’hui) continuent à faire des affaires colossales avec le diamant, le cobalt, le « coltan » (Il s’agit d’un minerai qui est à la base de tous les produits de la haute technologie) et d’autres ressources minières de haute importance. Finalement et contrairement à ce que prétendait le compte Harold d’Aspremont Lynden, les intérêts belges et occidentaux sont toujours sauvegardés, mais les intérêts du peuple congolais se sont évanouis.

Troisième exemple : Salvador Allende au Chili.

Pour rester dans un ordre chronologique, le troisième exemple nous mène en Amérique du sud, au Chili. En 1970, les élections dans ce pays avaient porté au pouvoir le parti socialiste dirigé par Salvador Allende. De nouveau apparaît la main de la CIA. Le 11 septembre 1973 un coup d’état préparé par ces services secrets usaméricains a été exécuté par le général Pinochet. Refusant de se rendre le président Allende et un groupe réduit des ses proches collaborateurs vont trouver la mort dans le palais présidentiel « La Moneda » sous les bombardements des forces aériennes sur ordre du général Pinochet. Le cerveau, le responsable intellectuel du massacre, n’était autre que le fameux sioniste et non moins sinistre personnage, Henry Kissinger, qui était le ministre des affaires étrangères de Nixon. Si à un certain moment on était sur le point d’arrêter le général Pinochet, lors d’un voyage touristique à Londres, pour le traduire en justice pour crime contre l’humanité, Kissinger, lui, coule tranquillement ses jours tout en empochant des millions de dollars pour raconter ses forfaits, soit à travers des conférences soit à travers des livres et à l’abri de toute poursuite judiciaire pour crime contre l’humanité.

Donc ce n’était pas la bonne démocratie qui répond aux stricts intérêts criminels de la même philosophie. Ça, c’était  dans le « siècle passé » puisque ça s’est passé en 1973. De nos jours et toujours dans cette même région du monde, pour l’instant quatre pays ou plutôt leurs chefs d’état respectifs sont en processus de diabolisation pour « démocratie non valable » : Le Venezuela, la Bolivie, l’Équateur et le Nicaragua. Auxquels vient de se joindre depuis, les élections du 16 mars 2009, le Salvador.

Le plus diabolisé d’entre les quatre ou les cinq, est sans aucun doute le président du Venezuela Hugo Chavez. D’ailleurs il a failli être physiquement liquidé durant le coup d’état qui a eu lieu le 12 avril 2002, si ce n’est la grande mobilisation populaire et la fidélité de l’armée qui a refusé de reconnaître le gouvernement installé par les soins de la CIA et les services du gouvernement espagnol présidé à l’époque par le sinistre personnage José Maria Aznar. Pendant 48 heures il a été séquestré dans la forteresse  « Fuerte Tuina ».

Pour la philosophie occidentale le bon choix « démocratique » s’appelle Alvaro Uribe de Colombie. Dans ce pays où une lutte de libération armée se déroule depuis 1964, les agents de la CIA qui s’y trouvent avec tout leur matériel depuis des longues années sont secondés par les agents du Mossad, les services secrets sionistes. Et le gouvernement d’Alvaro Uribe compte parmi ses conseillers militaires, des officiers israéliens. Les agents secrets et les militaires israéliens, on les considère comme des experts, vu leurs expériences sur les palestiniens, les égyptiens et les libanais en  matière de torture et d’assassinats.

Quatrième exemple : T. Sankara au Burkina Fasso.

Et toujours en Afrique qui reste dans son ensemble sous la domination indiscutable de l’Occident, un autre pays, le Niger par exemple. Il est  le premier producteur d’uranium et il se trouve que ce pays soit la propriété de la compagnie du nucléaire française, Areva, et non pas de son peuple. Le Tchad, la République Centrafricaine, la Côte d’Ivoire, le Sénégal tous sont sous le contrôle des services des renseignements et des militaires français et par conséquent, leur existence comme pays souverain reste un euphémisme de très mauvais goût.

Ce qui s’est passé au cours d’une visite du président français, François Mitterrand à Ouagadougou, au Burkina Fasso,  en novembre 1986 se situe dans le même contexte hégémonique. Lors du dîner d’honneur, le jeune et charismatique  président Thomas Sankara avait prononcé, en guise de discours au dîner d’honneur, un long réquisitoire contre le colonialisme et particulièrement le colonialisme français. Le président français qui était resté stupéfié par les propos qu’il venait d’écouter, a renoncé à lire un discours déjà préparé, a plié les feuilles, les a mises dans sa poche et improvisé quelques phrases qui n’ont rien changé à une atmosphère qui était restée bien lourde. Mais quelque chose était déjà décidée dans le cerveau du président français : un arrêt de mort par exemple. En effet moins d’un an plus tard, le 15 octobre 1987, Thomas Sankara est assassiné et remplacé par la personne la plus proche de lui, la main qui aurait exécuté l’ordre, Blaise Campaoré. Ce dictateur continue aujourd’hui encore au pouvoir.  

Un autre exemple significatif sur les interventions des services secrets occidentaux. Le coup d’état « médical » qui a eu lieu en Tunisie le 7 novembre 1987. C’était l’œuvre des services secrets italiens. Bien que les services secrets français ne fussent pas ravis que leur rôle soit pour une fois « usurpé » par l’un des services occidentaux dans une zone qui n’est pas la leur. De toute manière, à part les agents des services secrets, les militaires français n’ont jamais quitté le sol marocain ni tunisien et sans qu’il soit nécessaire d’entrer encore dans plus de détails, le dictateur Ben Ali continue depuis au pouvoir. Et rien n’indique qu’un réel changement soit prévisible à court terme, puisque le tyran va se faire « réélire », au moins, pour cinq ans encore. Pour Sarkozy, pour la France, pour l’Europe et enfin pour tout l’Occident, Ben Ali incarne à la perfection « la bonne et utile démocratie »

Tout dernièrement, le mercredi 04 février, les services secrets espagnols[8], (CNI, Centro Nacional d’Inteligencia) ont envoyé un ordre à leur agent secret à Nador, au Maroc : « Il faut quitter le plus tôt possible le Maroc. En attendant de quitter, on l’a prié de ne plus envoyer aucun message à la Central. On n’a communiqué aucun motif qui serait à l’origine de cette décision à leur antenne à Nador qui met fin à plus d’un an et demi de séjour dans cette ville voisine de Melilla. Le journal ajoute : « le départ précipité de l’agent, un sous-officier de l’armée, avec une longue expérience dans le Pays Basque, serait une exigence de Rabat. « Dans la pratique, ça équivaut à une expulsion » affirme une source qui est au courant des détails de cette affaire. L’homme de la CNI à Nador, qui est inscrit comme attaché au Consulat espagnol dans cette ville, aurait bien souhaité prolonger son séjour encore de trois mois avant de retourner à Madrid. Ainsi ses fils auraient pu terminer leur année scolaire. On ne le lui a pas permis. Les marocains [Le gouvernement marocain]  étaient bien décidés et pressés. En effet le Maroc est le pays auquel le CNI dédie le gros de ses efforts. Il dispose d’une petite équipe à Rabat et des agents qui peuvent être au nombre de deux, ou plus, dans chacun des six consulats espagnols dans le pays et chacun des agents a  aussi son propre réseau d’indicateurs locaux. [Dans les pays du Maghreb et certainement dans les autres pays arabes, les indicateurs locaux sont recrutés au sein de l’élite régnante et occidentalisée jusqu’à la moelle épinière. « La profession » se transmet de père en fils depuis plusieurs générations. Elle fait partie des biens laissés en  héritage.]

Ni la Direction Générale d’Études et Documentation (DGED), les services d’espionnage extérieur marocain, dirigés par Yassine Mansouri âgé de 46 ans et ancien camarade de classe du roi marocain,  ni le CNI, écrit le journal, n’ont voulu donner la moindre explication à cette affaire. Mais la clef se trouve probablement dans les convulsions qui agitent depuis le début de l’année la région du Rif…109 personnes ont été arrêtées dans cette région et sont en train d’être jugées. 76 d’entre elles seraient des militaires et des policiers toutes seraient impliquées officiellement dans une sale affaire de trafic de drogue… Hors  un certain Chakib al Khayari qui serait le dirigeant d’une petite Association du Rif des Droits Humains, se serait moqué du coup de filet en accusant les autorités marocaines concernées d’avoir laissé les cerveaux du réseau, qui se trouvent au sein même de l’appareil de l’état, en totale liberté. Plusieurs journaux marocains, comme « Al Obour Assahafi » de la région du Nador auraient rapporté, selon la DGED, que Chakib al Khayari, recevait des fonds de l’agent espagnol. Finalement il a été arrêté le 18 février dernier…Le même article site aussi une affaire semblable qui a eu lieu à Tunis. On peut y lire : «L’expulsion du chef d’antenne à Nador, n’est pas l’unique qu’a due souffrir   le  CNI dans les pays du Maghreb. Son agent à Tunis, une femme, a dû faire ses valises précipitamment en 2007.

Donc si les services secrets espagnols ont leurs « antennes » attachées aux consulats et aux ambassades dans les pays du Maghreb, on peut bien imaginer de quelle manière pullulent les pays arabes d’agents de toutes les ambassades occidentales. Le gouvernement marocain, comme tous les autres gouvernements arabes, sont parfaitement au courant de la présence de ces agents et collaborent parfaitement avec eux. Parce que la mission des agents occidentaux consiste à  veiller  sur la sécurité des régimes en place et les alerter quand il détecte un danger quelconque. Mais les régimes se fâchent quand les agents « s’amusent » à côtoyer les « indésirables » à leurs yeux,  même quand c’est dans leur intérêt,, et leur fournissent par-dessus le marché des fonds. Évidemment dans ces derniers cas de l’agent à Nador ou celui de l’agent de Tunis, le gouvernement espagnol répond tout de suite aux exigences des régimes.   

 Cinquième exemple : Le FIS en Algérie.

En 1990 lors des élections locales, le FIS (Le Front Islamique du Salut en Algérie) avait remporté 953 communes sur 1539 et 32 Willayas (provinces) sur 48. Le 26 décembre 1991 a eu lieu le premier tour des élections législatives et le FIS avait obtenu 188 sièges sur les 231, soit 82%, le FFS 25 sièges et le FLN (Front de Libération National) 15 sièges. Au deuxième tour, sur instigation des milieux occidentaux et particulièrement la France, l’armée est intervenue, le 11 janvier 1992, et a tout annulé : Une question de « stabilité » bien sûr. Les dirigeants du FIS, dont Ali Belhadj et Abassi Madani, sont envoyés tous pour des longues années derrière les barreaux. Beaucoup d’autres ont été tout simplement physiquement liquidés. Depuis le bain de sang continue en Algérie avec des centaines de milliers de morts. Mais aussi  curieux que cela puisse paraître la « stabilité » est maintenue. Puisque le pétrole et le gaz algériens continuent de fluer à profusion vers l’Europe et les Etats-Unis et l’Algérie est plus que jamais un potentiel marché de  tous les produits et gadgets occidentaux. Conclusion inévitable une élite qui ne se prive de rien et une majorité de la population qui vit le même enfer que les autres pays « dominés ». C’est clair pour les occidentaux la démocratie dans les pays dominés est à géométrie variable. Si dans cette démocratie le gagnant n’est pas le candidat de l’Occident, celui qui garantit « la stabilité » désirée, elle n’est pas valable.    

Ces derniers temps après la diabolisation de Robert Mugabe, le président du Zimbabwe il est question plus que jamais de la diabolisation du président du Soudan Al Bachir qui vient de faire l’objet d’un mandat d’arrêt international de la part de la Cour Pénale International.

Le nouveau président américain Barak Obama, le président français, Nicolas Sarkozy et le premier ministre anglais, entre autres, sont en train de préparer le terrain pour remplacer l’un et l’autre au Zimbabwe et au Soudan. Ni les pauvres populations qui mourraient de cholera au Zimbabwe ni les massacres réels ou imaginaires des soudanais du Darfour ne sont l’objet de ce brusque réveil humanitaire et cet élan hypocrite occidental « d’humanisme et de justice ». Dans les deux pays africains les intérêts occidentaux sont considérables. Qu’il s’agisse des réserves de pétrole et d’autres minéraux de grande importance pour l’industrie occidentale. Évidemment, entre autres motifs concernant la diabolisation du  général El Bachir, c’est qu’il a osé ouvrir le pays à une coopération dans les domaines énergétiques et autres avec un pays non occidental : la Chine. Et pire encore il semble se rapprocher trop du camp de la résistance palestinienne ou arabe tout court. À moins d’un miracle son élimination politique et physique est imminente. Pourtant c’est lui même qui a livré à la France le révolutionnaire vénézuélien « Carlos » qui purge actuellement une condamnation à perpétuité dans les prisons françaises. À ce geste de « bonne  volonté», Sarkozy exige sa peau. C’est dans les coutumes de la « gratitude politique » occidentale.

Dans cette zone d’Afrique les intérêts français sont considérables, un Soudan au milieu dirigé par le genre des personnages comme Al Bachir et compagnie, n’est pas objet de tranquillité pour Sarkozy. D’ailleurs les préparatifs pour saper le régime soudanais ont commencé bien avant le mandat d’arrêt lancé par CPI dernièrement. Et dire que la tentative du vol des enfants par le groupe « l’Arche de Zoé » qui entrait parfaitement dans le cadre de ces préparatifs, n’avait fait l’objet d’aucun commentaire  de la part du CPI ou de l’un des juges proches de cette Cour Pénale Internationale. C’était Sarkozy en personne qui est intervenu dans l’affaire quand l’objectif était éventé et a tourné au fiasco. Il était officiellement question de sauver les « enfants orphelins » du Darfour et finalement les enfants n’étaient ni orphelins ni du Darfour, mais des tchadiens. On connaît bien la suite.  

Les mêmes méthodes sont employées avec d’autres peuples et d’autres pays. Des méthodes auxquelles collaborent les dictateurs directement voisins ou lointains. Le rôle que joue en ces jours le dictateur d’Égypte, Hosni Moubarak, en fermant hermétiquement la porte-frontière de Rafah, dans le cadre de sa honteuse  et lâche collaboration avec les sionistes et les occidentaux, pour tuer encore plus d’enfants, de femmes et de vieillards, par étouffement est salué par l’ensemble des chefs occidentaux qui ont pris l’habitude de se  réunir à Charm Echeikh pour mettre au point le tour de vis suivant à appliquer à la résistance. Encore une « démocratie » qui jouit du placet occidental et qui pourrait encore durer au-delà de Moubarak à travers sa progéniture Jamal qu’on couvre déjà d’éloges en Égypte, aux Etats-Unis et dans l’ensemble de l’Occident.    

Sixième exemple : Le HAMAS en Palestine.

En Palestine en 2006, le mouvement de libération HAMAS accepte, malgré tout, de se présenter aux élections générales sous la liste pour le Changement et la Réforme. Ni le FATAH de Mahmoud Abbes approvisionné par la Communauté Européenne et les États-Unis de quantités d’argent considérables pour financer sa campagne, ni les israéliens,  ni les dictateurs arabes de la région et les autres ne pouvaient le croire et encore moins le souhaiter : Hamas obtient la majorité absolue et par conséquent il lui revient légalement le droit de former le gouvernement. Tous les obstacles sont mis sur son chemin et en premier lieu, celui de la Communauté Européenne qui non seulement lui coupe les subsides prévus dans les accords mais l’inscrit sur la liste noire des organisations terroristes. Et à chaque fois on a augmenté la pression d’un cran jusqu’à la dernière boucherie qui a commencé le 27 décembre et qui continue sans interruption jusqu’à ce jour.    

En résumé.

Aucun de tous les pays d’Amérique du Sud n’a échappé aux interventions et agressions terroristes usaméricaines. En l’état actuel, seuls le Venezuela, la Bolivie et l’Équateur semblent sortir de l’obscur tunnel du colonialisme. Et Dieu sait ce qui se prépare pour l’un ou pour l’autre. Aux États-Unis l’appel à l’assassinat pur et simple d’Hugo Chavez est explicite. Faut-il encore que Chavez expulse l’ambassadeur des israéliens à Caracas pour donner encore un motif supplémentaire à ses ennemis. En tout cas la Colombie d’Alvaro Uribe, le pays voisin du Venezuela, est devenue le quartier général des agents secrets usaméricains, français, européens et israéliens.

Dans cette démarche et que ça soit l’Afrique, l’Asie ou l’Amérique du Sud, on n’a cité que quelques exemples, parmi les plus significatifs et relativement les plus récents, pour signaler la source du malheur et essayer d’expliquer et raisonner sur la problématique qui tenaille les peuples non blancs depuis très longtemps. Il y a bien une conclusion qu’on peut tirer et qui ne nécessite ni trop d’effort, ni de recherche particulière : Cinq siècles de domination sans partage du monde ont fini par consolider un esprit occidental d’une immense hypocrisie. Une hypocrisie qui donne du vertige – au moins au sens politiquement du terme – ce qui lui donne des capacités maléfiques extraordinaires pour retourner toutes les situations, avec ou sans bain de sang, à sa faveur en invoquant des arguments pseudo-scientifiques sans le moindre scrupule. Ainsi on est loin d’espérer qu’il soit prêt à renoncer d’un seul  iota  de sa domination totale.

Par conséquent, dans ce cadre, dans cette  situation d’une continuité coloniale féroce, qui se métamorphose selon les exigences du moment,  parler de tous les dictateurs arabes et les autres, il est évident qu’ils ne se maintiennent pas au pouvoir uniquement par la répression, la torture, la corruption, l’absence totale de justice et tous les calvaires inhérents. Ils se maintiennent au pouvoir, dix ans, vingt ans, trente ans et jusqu’à la fin de leur vie. Certains trouvent encore le temps avant de mourir de faire hériter le pouvoir, comme un bien quelconque, à leurs progénitures et ainsi de suite pour une continuité éternelle, pourvu que les intérêts occidentaux soient assurés. Et comme on l’a vu avec le Shah d’Iran, Mobutu et presque tous les autres, une fois devenus inutiles ils sont tous jetés, sans compassion aucune, de la part de ceux qui hier étaient leurs protecteurs, dans la poubelle de l’Histoire. En toute logique on ne peut leur réserver meilleur sort. Ils finissent par avoir le sort qu’ils méritent.

Dans les pays arabes, il y a encore beaucoup d’hommes politiques, de partis et d’intellectuels qui persistent à croire ou à faire croire que pour se débarrasser des dictateurs, il est nécessaire, sinon il est d’obligation de recourir au soutien de ces mêmes pouvoirs et politiciens occidentaux et de leurs « organisations non gouvernementales » qui seraient tous ensembles, les dépositaires de l’autorité morale universelle qui devraient, à leurs yeux, aider à mettre fin à toutes ces dictatures et toutes les injustices dans le monde. Ils se trompent lourdement. Or comme on l’a vu, tout au long de ce parcours succinct de l’histoire, que la démocratie telle qu’elle fonctionne en Occident, bien qu’au fond très limitée, reste un privilège exclusivement occidental. Non seulement mais c’est un privilège qui constitue la base sur laquelle repose en ce moment tout son système de sa domination sans partage. Si jamais il arrive et que les peuples du Sud se révoltent d’un seul coup et refusent de se laisser piller et dominer, il ne restera même pas l’ombre de cette démocratie.

Tous les peuples de l’hémisphère sud et particulièrement les peuples arabes n’ont rien de bien à attendre de l’Occident et de toutes ses institutions, qu’il prétend internationales, alors que tout comme l’écrit Jean Ziegler, sont des vrais mercenaires à son service exclusif.

Il est bien vrai qu’une rupture avec les puissances occidentales dominantes, n’est pas dans l’intérêt des minorités qui sont au pouvoir dans les pays du Sud, mais parfaitement dans l’intérêt des majorités, c’est-à-dire des peuples. N’importe quel peuple souverain du Sud peut progresser tout seul lentement mais sûrement, mais sous l’emprise de l’Occident il n’a aucune chance de s’en sortir.

Ceux qui se réclament des démocraties et ne cessent de voyager, avec ou sans « difficultés », dans les pays occidentaux pour plaider la cause du peuple feraient mieux de dévoiler le vrai visage hypocrite et dominateur de l’Occident. Ils feraient mieux de le signaler comme l’origine de tous ou presque tous les malheurs, les misères et  les sous-développements de l’homme du Sud. Il est à l’origine des dictatures, des injustices, des tortures et de toutes les corruptions.

Mais si la démocratie dans les pays du Sud  doit signifier l’alternance au pouvoir, la liberté des formations de partis politiques, la liberté d’expression et le tout sous la supervision occidentale, ils ne changeront rien à la situation générale des peuples. Dans les meilleurs des cas, ils se tourneront au pouvoir, en tant que gardes chiourmes  des intérêts occidentaux et dans les pires des cas en complices.

Il est curieux de voir des personnalités politiques des pays du Sud se faire inviter de forme officielle par des gouvernements occidentaux et prononcer devant leurs parlements des plaidoiries pour la cause de leurs peuples soumis à la dictature tout en faisant, bien sûr, l’apologie du système démocratique occidental. D’autres se font inviter pour les mêmes raisons par des organisations ou des instituts connus pour leur proximité des gouvernements et œuvrant en tant que réserves de  futurs dirigeants de la même nature. Aux uns et autres ces personnalités politiques du Sud sollicitent la compassion des pouvoirs occidentaux «démocratiques», pour les  aider à venir à bout des «dictateurs» et ils oublient ou font preuve de compréhension que ces dictateurs sont placés et soutenus par ces mêmes pouvoirs. On dirait qu’ils leurs proposent « de meilleurs services » que les dictateurs en place.

Finalement, mis à part une petite minorité de gens sincères en Occident qui n’ont malheureusement aucune influence sur le cours de cette domination féroce, la gauche, la droite et leurs extrêmes appartiennent à la même philosophie et font la même politique vis à vis du Sud, et, tous utilisent ces opposants, d’une manière implicite ou explicite,  pour faire pression sur les dictateurs quand ils ne remplissent pas le rôle attendu d’eux ou pour les renverser quand ils deviennent inutiles et tentent de s’accrocher coûte que coûte au pouvoir…

Ceci dit rien n’excuse les crimes innombrables que commettent les dictateurs et particulièrement les dictateurs arabes qui sont en train de dilapider les potentiels considérables. Des potentiels qui auraient, depuis longtemps, permis la construction d’une société amplement prospère comme aucune autre société au monde. Une société avec d’autres valeurs et un esprit aux antipodes de l’esprit occidental. Ce qui lui aurait donné cette autorité morale et l’aurait rendue réellement en mesure d’apporter toutes sortes de soutiens aux autres peuples. Vu sous tous les angles, l’avenir ne peut se construire sous cette domination occidentale féroce mais contre elle. Et le chemin dans cette direction est beaucoup plus court.    


[1] La Haine de l’Occident de Jean Ziegler Ed. Albin Michel. Page 25

[2]http://www.dailymotion.com/relevance/search/crise%2Bfinancière/video/

 

[3] La Haine de l’Occident  Jean Ziegler Ed. Albin Michel.

[4] Idem page 79

[5] Allocution prononcée par Nicolas Sarkozy le 26 juillet 2007, texte officiel, service de presse de la présidence de la République française.

[6] La Haine de l’Occident de Jean Ziegler page 117

[7] Wikipédia en français.

[8] Le quotidien espagnol El Pais du 08/03/2009

 

 

 

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