22 juin 2009

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TUNISNEWS

9 ème année, N° 3317 du 22.06.2009

 archives : www.tunisnews.net  


Déclaration à l’occasion du Congrès Constitutif de Manfiyoun Tounes Télégramme du Premier secrétaire du Mouvement Ettajdid au congrès AFP: Tunisie: deux cas de grippe porcine détectés AP: Grippe A/H1N1: deux premiers cas en Tunisie AFP: Affaire Ajimi: appel du parquet après le refus des juges de poursuivre 2 policiers Réalités: Tunisie: Les dossiers de la deuxième guerre mondiale en Tunisie : Moncef Bey et les Allemands AFP: La vidéo de la mort de la jeune Iranienne « Neda » bouleverse la Toile AFP: Iran: les Gardiens de la révolution menacent, l’Occident accusé d’ingérence AP: La burqa « pas la bienvenue sur le territoire » français, affirme Sarkozy AFP: Belgique: une femme voilée siégera pour la première fois dans une assemblée The New York Times: Sarkozy Says Full-Body Muslim Gowns a ‘Symbol of Enslavement’


Liste actualisée des signataires de l’initiative du Droit de Retour : http://www.manfiyoun.net/fr/listfr.html Celles et Ceux qui veulent signer cet appel sont invités à envoyer leur: Nom, Pays de résidence et Année de sortie de la Tunisie sur le mél de l’initiative : manfiyoun@gmail.com


 

 

Déclaration à l’occasion du Congrès Constitutif de Manfiyoun Tounes

 
Genève le 20/06/09 Mesdames et Messieurs, chers invités, chers amis, chers congressistes, Je voudrais tout d’abord adresser en mon personnel mes remerciements les plus chaleureux à tous ceux et à toutes celles qui ont répondu à notre invitation pour assister à ce Congrès malgré les difficultés de tout ordre et les distances géographiques. Je voudrais également saluer chaleureusement ceux qui n’ont pas pu être présents parmi vous, soit en raison des agissements malveillants des autorités tunisiennes qui ont intrigué en sous main pour mettre des entraves à leur liberté de voyager, soit à cause des chantages exercés par les représentations diplomatiques tunisiennes, en contradiction flagrante avec l’obligation première de l’Etat de prendre les mesures nécessaires pour permettre aux citoyens où qu’ils résident, l’exercice de leurs droits en matière de libre circulation. Je voudrais, malgré la distance qui nous sépare, tendre une main fraternelle et patriotique à tous ces héros brechtiens, non pas ces êtres de fiction allemands qui peuplent les écrits du grand dramaturge, mais à leur double tunisiens en chair et en os, qui hantent comme des spectres fugaces, les prisons, les villes et les villages de cet immense camp d’enfermement qu’est devenue la Tunisie, étranger à eux-mêmes et à leur pays, j’ai nommé ces exilés de l’intérieur, détenus, comme Adnane Hajji, Béchir Labidi et leur camarades, Sadok Chouro ou les jeunes par centaines incarcérés en vertu de la loi anti-terroriste de triste mémoire ; ou frappés de mesures d’éloignement d’un autre âge comme Abdallah Zouari et d’autres, surveillés inlassablement, intimidés, humiliés, interdit de tout y compris de la vie ; avec qui, nous avons en partage le désir de la liberté et la nostalgie de la patrie, non celle conjuguée au présent ou au passé, mais celle arrimée à un futur proche, comme une passion exaltante, une incurable espérance dans le pays à venir que nous voulons, hospitalier, ouvert, apaisé, généreux et pluriel, débarrassé de ses démons et concilié avec lui-même, avec ses enfants et avec son histoire. A ceux-ci nous leur disons que ce congrès est aussi votre congrès Je voudrais aussi, par delà l’abîme des siècles et des décennies, rendre un hommage posthume et m’incliner devant la mémoire de ceux qui ont rejoint  « l’escadron compact » du royaume des ombres, loin de leur terre, dans la solitude et dans la souffrance de l’exil. Nous leur faisons la promesse de rapatrier dans nos cœurs, lorsque nous reviendrons, les parcelles de leurs rêves brisés, les lambeaux de leur amour blessé pour la patrie, et nous les replanterons dans les champs des épis, autour des palmiers et des oliviers pour ensemencer cette terre afin qu’elle ne puisse plus enfanter la tyrannie. A ceux-là nous annonçons la bonne nouvelle, ce congrès est aussi leur congrès et leur fête ! Chers amis, chers invités
Quand nous avions le 25 juillet 2008 exhumé et mis en évidence dans notre Manifeste fondateur, l’article 11 du Chapitre Premier de la Constitution de la République tunisienne : « Aucun citoyen ne peut être banni du territoire national ni empêché d’y retourner », promulgué au mois de juin 1959, il y a tout juste cinquante ans jour pour jour. Nous avions pleine conscience de l’effet dévastateur que cela allait produire sur la dictature. En même temps, nous n’avions aucune illusion sur la nature de la riposte que l’Etat allait adopter pour nous faire taire. Rédigé dans l’euphorie qui a suivi l’indépendance et la victoire des bourguibistes sur les Yousséfistes, au terme d’une guerre civile qui demeure l’une des périodes les plus sombres de notre histoire, l’article 11, demeuré lettre morte comme tous les articles de la constitution. n’a pas empêché que de centaines, voire des milliers des citoyens tunisiens prennent, par vague successives les chemins de l’exil. Votre présence à ce congrès en est la  preuve éloquente, elle est aussi un démenti cinglant aux gesticulations de l’Etat cherchant par sa politique fondée sur le déni total des revendications majeures dans notre pays, à présenter « l’Initiative du droit de retour » comme une manœuvre ou une surenchère inspirée par un parti politique sur fond d’échéances abusivement appelées « élections présidentielles et législatives ». Si le gros des effectifs des manfiyoun est formé par des exilés venus d’horizons islamistes, c’est parce que ce sont eux qui ont payé le tribut le plus lourd dans leur confrontations avec le régime, mais chacun sait qu’il n’y a pas que des islamistes, l’Initiative du droit au retour est non seulement colorée et plurielle, elle est appelé à se développer et à s’ouvrir progressivement à d’autres catégories d’exilés. La bipolarité réelle ou imaginaire de la vie politique que le régime appelle de tous ses vœux en voulant voir dans notre action pour le droit légitime au retour, un nouveau front ouvert contre lui par telle ou à telle force politique, est un prétexte trompeur et sournois resservi aux bailleurs de fond européens et américains, chaque fois que son assise se trouve fragilisée par la contestation sociale et politique.  Lorsque nous sommes parvenus lors des débats préliminaires, à adopter une approche qu’on avait alors qualifié de globale, non-exclusive et patriotique, cela signifiait que notre initiative n’est pas exclusivement destiné aux élites politisées, mais elle est adressée au même titre à tous ceux qui se sont trouvés un jour contraints à l’exil parce que victimes, cela va de soi, de la répression politique, mais aussi sociale et économique : Des hommes d’affaires et des entrepreneurs honnêtes totalement ruinés par le chantage économique, par la corruption et par le pillage de l’économie de la nation par des clans mafieux, brutaux gravitant autour des plus hautes sphères du pouvoir, des citoyens spoliés de leurs biens, des centaines des jeunes contestataires réfugiés en Algérie, comme ceux issus de la révolte sociale du Bassin minier, des hommes et des femmes harcelés et poursuivis pour des motifs futiles qui ont prit la fuite, menacés qu’ils étaient par des lourdes condamnations d’une justice aux ordres des différents clans qui on fait main basse sur le pays, des artistes, des intellectuels, des journalistes et de créateurs partis, pour des raisons d’hygiène, comme disait l’écrivain Uwe Johnson quant il a quitté l’Allemagne de l’Est. Voila pourquoi l’Etat tunisien panique, tergiverse et refuse d’assumer sa responsabilité et de prendre les mesures adéquates pour permettre aux exilés de rentrer dans leurs foyers. Notre congrès va dévoiler à la face du monde un autre visage de la dictature. Le visage de la haine, celle d’un régime drapé dans des certitudes éculées, basées sur la force brute et le culte paranoïaque et suranné du chef inspiré, sauveur de la patrie. Ce régime peut en effet nier autant qu’il veut, par ses mensonges et sa propagande massive, l’existence de la torture ; il peut prétendre qu’il n’y a pas des prisonniers d’opinions ; il peut affirmer que les Tunisiens jouissent d’un système de démocratie pluraliste ; Il peut jurer ses grands dieux que la presse est libre ; il peut dire que la justice est indépendante ; il peut crier à qui veut l’entendre que les élections seront libres et transparentes. Mais il ne pourra jamais mentir et prétendre que nous n’étions pas présents à ce congrès historique tenu ce jour à Genève le 20 juin 2009, pour exiger, en tant que victime de son arbitraire et de son oppression, notre droit à un retour constitutionnel, dans la dignité et dans la sécurité. Abdelatif Ben Salem Membre de la Coordination Provisoire de Manfiyoun Tounes pour le Droit au Retour.      

Télégramme du Premier secrétaire du Mouvement Ettajdid au congrès

Monsieur le Président du Congrès, Chers compatriotes et amis, Convaincu que la nécessaire détente du climat politique dans notre pays exige la promulgation d’une amnistie générale en faveur de tous les Tunisiens condamnés pour leur opinion, et que cette mesure doit garantir également le droit de retourner au pays à tous ceux qui se sont trouvés éloignés de leur pays et contraints de vivre dans un exil de fait, je vous exprime toute ma solidarité, et souhaite plein succès aux travaux de votre congrès, afin que celui-ci soit un jalon important dans la marche de notre peuple vers l’instauration d’une vie démocratique respectant la liberté et la dignité de toutes les citoyennes et de tous les citoyens.
Ahmed Brahim Premier secrétaire du Mouvement Ettajdid

 

Tunisie: deux cas de grippe porcine détectés

AFP / 22 juin 2009 22h17
TUNIS – Deux cas de grippe porcine ont été détectés en Tunisie chez deux personnes arrivées des Etats-Unis, a annoncé lundi soir le ministère de la Santé. « Les services du laboratoire national de référence ont confirmé la contamination de deux ressortissants tunisiens en provenance des Etats-Unis d’Amérique par le virus A (H1N1) », a précisé le ministère dans un communiqué publié par l’agence gouvernementale TAP.


Grippe A/H1N1: deux premiers cas en Tunisie

AP Lundi 22 juin, 22h18   Deux cas de grippe A(H1N1) ont été confirmé en Tunisie, les premiers dans le pays, a annoncé lundi soir le ministère tunisien de la santé publique. Les deux malades revenaient des Etats-Unis. Selon l’agence officielle TAP, « les services du laboratoire national de référence ont confirmé la contamination de deux ressortissants tunisiens en provenance des Etats-Unis d’Amérique par le virus A(H1N1) ». Ce sont les premiers cas déclarés en Tunisie depuis l’apparition de la maladie, désormais classée au niveau de pandémie mondiale par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). « Toutes les mesures préventives » ont été prises par les autorités sanitaires concernées à l’endroit des deux personnes infectées et de leurs proches, et les soins nécessaires leur ont été prodigués, conformément à « la stratégie nationale adoptée en Tunisie pour prévenir la pandémie ». L’agence TAP ne donne aucune précision sur la date d’arrivée des deux Tunisiens atteints par le virus qui, selon le ministère, « sont en bonne santé ». On ignore également si les deux personnes étaient résidentes ou de passage aux Etats-Unis. Depuis l’apparition des premiers cas de grippe A/H1N1 dans le monde, les autorités sanitaires tunisiennes ont mis en place un dispositif de veille et de surveillance épidémiologique, notamment aux points frontaliers terrestres, maritimes et aéroportuaires. Des personnels spécialisés et des sondes thermiques ont été installées dans ces zones pour détecter les signes éventuels d’infection. AP

Affaire Ajimi: appel du parquet après le refus des juges de poursuivre 2 policiers

GRASSE (AlpesMaritimes), 22 juin 2009 (AFP) – 19h31 Le parquet de Grasse a fait appel de la décision des juges d’instruction de rejeter ses réquisitions de mise en examen pour homicide involontaire de deux policiers grassois ayant procédé à l’interpellation d’un Tunisien mort durant son transfert au commissariat, a-t-on appris lundi de source judiciaire. La date de l’examen de cet appel par la chambre de l’instruction d’Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône) n’est pas encore connue, a-t-on précisé de même source. Des réquisitions de mise en examen pour homicide involontaire de deux policiers grassois ayant procédé à l’interpellation d’Abdelhakim Ajimi, le 9 mai 2008, ont été prises par le parquet le 12 juin, après clôture de l’instruction par les juges en charge du dossier. L’interpellation était survenue après une rixe qui avait éclaté dans une agence du Crédit Agricole de Grasse. Les réquisitions ont été rejetées jeudi dernier par les juges qui avaient, en décembre 2008, placé les deux policiers sous statut de témoins assistés, considérant que les charges n’étaient pas suffisantes pour les mettre en examen. Dans les jours suivant la mort d’Abdelhakim Ajimi, âgé de 22 ans, une information judiciaire pour « homicide involontaire » avait été ouverte par le parquet. Ce dernier estime, au vu de plusieurs expertises, que l’interpellation et les méthodes employées étaient légitimes mais que les techniques n’ont pas été maîtrisées par les agents. Les rapports d’expertise médicale concluent que la mort du jeune homme est due à une asphyxie mécanique consécutive à une compression thoracique et à une clef de bras pratiquées par les policiers avec trop de force et durant trop longtemps.

 


 

Tunisie:Les dossiers de la deuxième guerre mondiale en Tunisie : Moncef Bey et lesAllemands

22-06-2009

Par Adnan et Saadeddine Zmerli

 

Sadok Zmerli, le célèbre homme de lettres tunisien, était l’ami intime et le Directeur du Protocole du grand monarque Moncef Bey. Ses enfants Adnan, ancien doyen de la Faculté des Sciences de Tunis, et Saadeddine, chirurgien urologue et Premier président de la Ligue Tunisienne pour la Défense des Droits de l’Homme, témoignent des rapports qu’a entretenu Moncef Bey avec les forces du 3ème Reich allemand en Tunisie.

«Un souverain courageux, loyal et chevaleresque », c’est ainsi que Moncef Bey est décrit par son ami et directeur du protocole, notre père Sadok Zmerli, dans son livre “Espoirs et Déceptions (en) Tunisie 1942-43”.

Moncef Bey méritait sans conteste ces qualificatifs à cause de ses qualités humaines, de ses courageuses prises de position et de ses initiatives politiques.

     Ses qualités humaines : ses élans de générosité, sa sollicitude pour les plus démunis, sa défense de la veuve et l’orphelin et cette inébranlable volonté de s’immerger dans la population pour faire corps avec elle.

     Ses prises de position : son attitude ouvertement réprobatrice des lois raciales en vigueur, son refus catégorique de contresigner tout décret d’application des lois iniques de Vichy aux Juifs tunisiens et de les entraver quand l’Amiral Esteva, le Résident Général, en portera seul l’entière responsabilité ; enfin, la neutralité de la Tunisie internationalement proclamée et strictement observée pendant tout le conflit.

— Les initiatives politiques qui feront de lui le symbole de l’union nationale – sa fierté – et du nationalisme tunisien et qui justifieront pleinement sa décoration à titre posthume dans l’Ordre de l’Indépendance, en mars 1989, par Son Excellence Zine El Abidine Ben Ali, Président de la République. Moncef Bey a prouvé qu’il méritait ces qualificatifs en recevant en octobre 1942, Hooker Doolittle, le Consul général des États-Unis, pour lui exprimer ses penchants pour les démocraties anglo-saxonnes. En guise de confirmation, cette assertion relevée dans un télégramme chiffré parti de la Résidence générale le 21 octobre 1942 : « Le Souverain aurait ces derniers jours exprimé ses sentiments démocratiques et dit que la Grande-Bretagne et les États-Unis étaient des pays libres où le peuple avait ses droits ». Cette même assertion laissait pressentir que les troupes de l’Axe ne seraient pas accueillies avec enthousiasme ni chaleur par Son Altesse. Au cours de son règne, Moncef Bey a reçu les dignitaires allemands, à quatre reprises : — à leur arrivée en Tunisie le 18 novembre 1942, — après les bombardements alliés de Tunis et deses environs, le 14 mars 1943, — lors de la néfaste remise de décorations le 11 avril 1943, — juste avant l’imprévisible bataille d’Hammamlif en mai 1943. Le coup d’éclat de Moncef Bey du 18 novembre 1942 Le premier contact a été la visite de courtoisie sollicitée par deux dignitaires allemands de première importance : Rudolf Rahn, le représentant plénipotentiaire d’Adolf Hitler pendant toute l’occupation allemande, et le Général Nehring, le premier chef d’Etat major des forces allemandes. Au cours de cette cérémonie, Moncef Bey exprima sans détour ses sentiments, sous l’œil attentif de l’Amiral Esteva et de ses principaux collaborateurs dont Jacques Vimont. Pour décrire cette entrevue, nous disposons des écrits de Rudolf Rahn et de Jacques Vimont, du témoignage de notre propre père et des confidences de ce dernier recueillies par Annie Rey-Goldzeiger. Donnons la parole en premier à Rudolf Rahn :

« Ma première rencontre avec le Bey fut placée sous le signe d’un malentendu comique. Dès les premiers jours de notre présence, j’avais convenu avec le général Nehring que nous ferions ensemble une visite de courtoisie à Hammamlif, la résidence du bey. Tout avait été préparé ; une garde d’honneur en grande tenue nous accueillit. Un petit trône se trouvait dans une grande salle avec une rangée de fauteuils à droite et à gauche : un côté pour les dignitaires du pays, l’autre pour nous. Le bey nous salua ; c’était un homme de taille moyenne avec une grande barbe piquante et un visage coléreux. Dans mon enfance, je me représentais ainsi un potentat asiatique. Je fis un petit discours dans lequel j’insistais sur nos sentiments amicaux — et déjà pendant que je parlais, je n’étais pas à mon aise, car le visage du bey prenait une coloration violacée ; il était, le cou gonflé et les yeux brûlants, effroyable à voir. J’avais à peine terminé que le bey commença à me répondre de sa voix rauque et gutturale, il poussa un flot de sons violents et explosifs en langue arabe que nous ne comprenions pas. Il roulait de gros yeux et agitait des poings. On était dans l’impasse ! Apparemment, le bey protestait contre l’occupation du pays par les Allemands ou nous accusait de toutes sortes de méfaits. C’était très pénible et je réfléchissais à la façon de parer l’attaque inattendue. Nehring me jeta un coup d’œil qui pouvait signifier «eh bien, vous m’avez mis dans une belle situation, cher monsieur ! Voyez comment vous pouvez vous tirer d’affaire”.

Ensuite le grand vizir fit la traduction:? Puissants amis, chers messieurs et hôtes, enchantement de mes yeux”, etc. Et il poursuivait : «Lait délicieux, miel, soleil” — aucun terme agressif dans tout cela, si ce n’est quelques petites requêtes et le souhait d’un traitement plein de sollicitude pour son peuple.

 Ce fut mon tour de porter le regard vers Nehring et à lui de sursauter. Nous avions peine à dissimuler notre amusement devant une fausse interprétation comique des paroles d’accueil ardentes du maître de ce pays » .

Voici comment à partir de ses propres confidences et quelques notes retrouvées dans ses archives, le directeur du protocole (le « grand vizir » pour Rudolf Rahn) a traduit les propos du Souverain : « Excellences, je tenais à vous remercier vivement pour cette visite de courtoisie qui me touche beaucoup. Nous aurions tellement aimé vous recevoir, Honorables visiteurs, dans d’autres circonstances et déployer devant vous tous les raffinements de l’hospitalité orientale avec toutes ses évocations paradisiaques. Mais les nuages qui s’amoncellent à l’horizon nous contraignent à plus de retenue car la guerre qui s’annonce avec son cortège de malheurs et ses linceuls de misère nous angoisse au plus haut point pour nos sujets. Chers Messieurs, sans préjuger du sort des armes, nous serons encore plus heureux quand vous partirez. Monsieur le Ministre, Général, je vous saurais gré de bien vouloir prendre toutes les mesures que vous jugerez les plus appropriées pour éviter le maximum de souffrance à toute la population de la Régence ». Cette traduction en langage diplomatique des propos tenus par Moncef Bey reste fidèle à l’esprit de son intervention. Elle a donné satisfaction au Souverain, qui avait extériorisé ses sentiments, et a calmé les appréhensions de deux dignitaires allemands, qui les avaient plus ou moins pressentis. La traduction littérale aurait conduit à l’impasse politique. En effet, le Souverain, dans un de ses jours d’exaltation, s’est permis de dire leurs quatre vérités aux dignitaires du Troisième Reich sans le moindre égard. Il leur a notifié combien la présence des troupes était indésirable et qu’elle lui était personnellement insupportable. L’absence d’un diplomate maitrisant la langue arabe dans la délégation allemande a permis d’éviter le pire.

Tournons-nous maintenant vers Jacques Vimont qui ne tarit pas d’éloges sur le comportement exceptionnel de Moncef Bey dans de telles circonstances :

Au cours d’une interview accordée à Annie Rey-Goldzeiguer, il a révélé que Moncef bey a donné « une leçon de dignité et de courage aux assistants français » . Dans son propre journal, il souligne que «cette réception a été la seule note réconfortante de cette période difficile à supporter» . Annie Rey–Goldzeiguer nous a entièrement confirmé cette version des faits. Plus que des penchants, les propos de Moncef Bey traduisent son souci majeur : protéger par tous les moyens son peuple contre les malheurs d’un conflit imminent. Moncef Bey refuse de flétrir les bombardements alliés.

Le 10 mars 1943, La Marsa, paisible et riante localité de la Banlieue Nord de Tunis, subissait un bombardement allié en règle, qui se traduisit par plus de deux cents victimes. Craignant le même sort pour Hammamlif, où il résidait avec toute la Cour, Son Altesse décida d’entreprendre une démarche auprès des autorités allemandes, pour éviter le pire. Le 14 mars 1943, en effet, le Général Zmerli, Directeur du Protocole, se rendit, dans la matinée, auprès de Monsieur Moelhausen, Consul général d’Allemagne pour le pressentir sur l’opportunité d’une démarche à faire auprès du Commandement des Forces Anglo-Américaines à Alger, en vue de délimiter une zone de sécurité qui échapperait à tout danger aérien et où résiderait le Souverain et la Cour. Cette démarche serait faite par des personnalités musulmanes, choisies parmi les hauts dignitaires et les notables. M. Moelhausen objecta que la délégation risquait d’être retenue à Alger […] Le Général Zmerli émit des doutes sur la possibilité de la part des Alliés d’une pareille éventualité, contraire aux usages internationaux. M. Moelhausen affirma que les Anglo-Américains étaient bien capables de se comporter comme il le redoutait et déclara que, de toute façon, la démarche proposée risquait de ne pas aboutir au résultat escompté. Un seul recours, à son avis, offrait des chances d’efficacité : le recours à l’opinion mondiale à laquelle les Anglo-Saxons seraient très sensibles. Il pria, en conséquence M. Zmerli de faire part à Son Altesse le Bey de sa suggestion.

Dans la même journée, soucieux de battre le fer tant qu’il était chaud, et saisissant au bond l’opportunité qui lui était offerte pour faire pression personnellement sur le Souverain, dans l’espoir de le convaincre, le Consul se précipita pour informer la Cour de son désir d’être reçu à 16h 30, le jour-même par Son Altesse sans utiliser le canal habituel de la Résidence Générale. Au cours de cette audience, « le Consul Général d’Allemagne renouvela en présence du Souverain sa proposition et lui déclara que les Autorités allemandes mettraient volontiers à sa disposition tous les moyens techniques de diffusion et de publicité, s’il consentait à lancer personnellement une proclamation flétrissant les bombardements des civils musulmans par les Forces Alliées. Il fit ressortir le retentissement énorme qu’aurait dans le monde entier pareille déclaration et souligna l’heureuse impulsion qu’elle donnerait aux puissances de l’Axe, en vue de la réalisation des aspirations du peuple tunisien» . Le Souverain fit preuve d’un sang-froid exemplaire et sut trouver les arguments suffisamment étayés pour ne pas céder aux exigences allemandes. Par trois fois Moncef Bey refusa diplomatiquement d’obtempérer aux requêtes trois fois répétées du Consul Général d’Allemagne. Que retiendra l’Histoire de cette entrevue exigée par le Consul Général d’Allemagne ? Moncef Bey a refusé de flétrir les bombardements alliés en s’incluant dans la propagande allemande. Pendant toute l’occupation de la Tunisie par les forces de l’Axe, il s’est systématiquement tenu à l’écart de toute collaboration. L’épisode précédent en est la preuve la plus éclatante.

 

La néfaste remise de décorations du 11 avril 1943

Conscients que le sort des armes ne leur était pas favorable et pressentant un départ inéluctable à court terme, les officiels civils et militaires allemands n’ont rien trouvé de mieux pour pérenniser un souvenir de leur éphémère séjour dans la Régence, que d’exiger de se faire décorer par le Bey de Tunis. Ne pourrions-nous pas évoquer ici le nez de Cléopâtre, quant au destin de Moncef Bey ? Ils l’avaient fait savoir par le canal du Lieutenant-colonel de Jonchay, le chef de cabinet du Résident Général, sans l’aval préalable, ni oral ni écrit de ce dernier. Par un soir du début d’avril 1943, notre père est revenu atterré du Palais pour nous annoncer cette fâcheuse nouvelle. Après avoir débattu de cet épineux problème avec Hassen Hosni Abdelwahab, personnage emblématique de la culture tunisienne, qui nous avait rejoint à Hammamlif pour plus de sécurité, notre hôte et notre père convinrent d’un commun accord de rejoindre sur le champ le Palais beylical. Ils voulaient convaincre le Prince Hassine, le cerveau de la famille beylicale, selon Jacques Vimont, d’obtenir l’aval écrit du Résident Général. Ce faisant, Moncef Bey pourrait bénéficier d’un double avantage : il confirmerait sa fidélité à la Nation Protectrice et il atténuerait sa responsabilité dans un acte qui lui était imposé et dont il avait mesuré la dangerosité et pressenti les conséquences néfastes. L’âge, l’ancrage dans un traditionalisme religieux quelque peu archaïque et leur légitimité altérée par la présence allemande politiquement omniprésente avaient fini par rapprocher Moncef Bey et Esteva. Des relations régulières, concrétisées par plusieurs visites hebdomadaires, à l’heure du thé, s’étaient instaurées petit à petit entre les deux personnages. Les autorités tunisiennes avaient nourri, à cause de cette amitié apparente, l’espoir de voir l’Amiral les aider à présenter une excuse valable pour ne pas décorer les officiels allemands. Elles disposaient d’un argument qui aurait pu justifier ce refus : la remise de décoration était incompatible avec la neutralité ouvertement et internationalement proclamée par la Tunisie depuis novembre 1942, mais il fallait pour cela que cette incompatibilité fût avalisée par le Résident Général. Mais leur espoir sera déçu, car l’Amiral, ayant perdu tout contrôle de la situation, était devenu politiquement parlant un simple figurant, une marionnette entre les mains de Rudolf Rahn qui, fin politique, avait facilité le départ vers la France de ses collaborateurs les plus compétents et avait su lui imposer comme chef de cabinet le Lieutenant-colonel de Jonchay, qui lui était dévoué corps et âme. Contrairement aux espérances des Autorités tunisiennes, l’Amiral officialisa les exigences allemandes, le 9 avril 1943 et statua le lendemain, au cours d’un échange de correspondance, qu’il n’y avait pas incompatibilité entre cette remise de décorations et la neutralité reconnue de la Tunisie, tout en élargissant cette distinction aux dignitaires italiens. Bien plus, pour satisfaire aux exigences allemandes, il fera preuve d’un zèle suspect qui, aujourd’hui encore, soulève de nombreuses interrogations. Que répondre à cette question lancinante: pourquoi a-t-il agi ainsi ? A-t-il agi ainsi par hargne personnelle pour se venger de Moncef Bey, à cause des affrontements auxquels ce dernier l’avait acculé au début de son règne, avant l’arrivée des Allemands ? A-t-il agi ainsi pour détériorer l’image de Moncef Bey, symbole de l’union nationale et du nationalisme tunisien ?

A-t-il agi ainsi pour discréditer Moncef Bey et préparer sa destitution sur les injonctions, par personne interposée, de Marcel Peyrouton, ancien Résident Général voué aux gémonies par tous les Tunisiens, Marcel Peyrouton qui a toujours voulu, par allergie personnelle, tuer dans l’œuf toute velléité d’émancipation de la Tunisie ?

A-t-il agi ainsi pour ménager ses arrières parce qu’il se sentait menacé ? La suite des évènements donnerait un certain crédit à cette hypothèse. L’Amiral sera effectivement arrêté le 7 mai et embarqué deforce, les mains derrière le dos, dans l’avion, selon le témoignage de Sadok Zmerli qui a assisté officiellement à ce départ comme représentant de Son Altesse le Bey de Tunis. A-t-il agi ainsi tout simplement à cause de sa vision obsédante de l’empire français et de sa prétention à le maintenir envers et contre tous ?

 A-t-il agi ainsi parce qu’il souffrait à cette période précise de troubles graves et douloureux avec des réactions nerveuses imprévues ; crises habituelles selon le témoignage de Jacques Vilmont, son collaborateur le plus direct ?

Une autre interrogation s’impose : pourquoi rejeter l’entière responsabilité de cette remise de décoration sur le seul Amiral Esteva, si elle était mûrement planifiée par les Autorités allemandes et si elle était conforme à leur programme de laisser, à l’arrivée des Alliés, un pays totalement désorganisé, vidé par leurs soins de tous ses hauts fonctionnaires, et un Bey devenu suspect malgré une neutralité proclamée et strictement observée?

Le rapport de Saumagne et Le Règne de Moncef Bey de Casemajor confirment l’implication d’Esteva dans cette affaire et Le livre blanc tunisien apporte une preuve irréfutable de son zèle en soulignant qu’il était « d’usage à la Cour que lors d’une remise de décorations, le Souverain les apportât lui-même. Or, en cette occasion, l’Amiral Esteva arriva porteur de deux corbeilles d’insignes, montrant ainsi son entière responsabilité dans cette affaire » .Pour clore le sujet, laissons le mot de la fin à Sadok Zmerli : « Ainsi, ce n’est pas de son plein gré, ni sur l’initiative de son Gouvernement, comme d’aucuns se sont plu à le faire entendre, que le Souverain avait conféré ces distinctions, et moins encore, ainsi que Tunisie Journal a osé l’écrire, en témoignage de sa satisfaction d’une collaboration à laquelle il s’était systématiquement dérobé, mais bien à contre cœur et avec l’intention évidente de conjurer par ce geste, les effets qu’un refus de sa part eût coûté à son pays déjà si éprouvé». Il est plus que probable que, sans cette remise de décoration, le destin de Moncef Bey aurait suivi un autre cours. L’imprévisible bataille d’Hammamlif

Le 15 avril 1943, le Consul Général d’Allemagne informa les Autorités tunisiennes que les gouvernements allemand et italien avaient institué avec effet immédiat une zone neutre englobant Hammamlif et ses alentours les plus proches. Mais le 7 mai 1943, coup de théâtre sous la poussée irrésistible des troupes alliées : l’Etat-major allemand est acculé àorganiser une retraite précipitée vers le Cap Bon et pour en assurer le bon déroulement, décide de faire d’Hammamlif la dernière défense de l’Axe en Tunisie. Un officier général allemand, dépêché par le Haut Commandement, demande audience au Souverain et il est reçu sur le champ. « J’ai l’honneur, lui dit-il, de communiquer à Votre Hautesse la décision de notre Grand État-Major de faire d’Hammam-Lif la dernière ligne de défense de l’Axe en Tunisie , et pour vous éviter , ainsi qu’aux vôtres, les risques de la bataille qui s’y engagera bientôt, vous proposer de sa part de vous rendre à La Marsa ou à toute autre localité de votre choix, afin que nos troupes organisent sans retard les fortifications qu’elles devront défendre contre les Alliés » .

« Général, lui répondit le Bey, sur un ton qui ne pouvait laisser aucun doute sur le sentiment que cette démarche insolite lui avait inspiré, respectueux par tradition de la parole donnée, je n’aurais jamais supposé qu’un grand pays comme le vôtre déchirerait de sa propre initiative l’engagement formel et écrit que, par la voix de son représentant ici, il avait pris de s’interdire toute action militaire dans la ville d’Hammamlif et de sa zone. En agissant ainsi, votre commandement contrevient tout à la fois aux lois de l’hospitalité et à celle des convenances internationales. Quant à abandonner mes sujets et quitter ma résidence pour un asile plus sûr, je n’y veux pas songer, ni les délais que vous m’avez accordés pour ce déplacement hâtif, ni la conscience de mes responsabilités à l’égard de tous ceux qui ont cherché refuge auprès de moi, ne me permettent de l’envisager. Puisqu’il y a risque à demeurer, je veux le partager avec la population que la décision imprévue et injustifiable de votre commandement l’a condamnée à subir » . La réaction du Souverain est suffisamment éloquente pour estimer à sa juste valeur le sens des responsabilités de Moncef Bey, son dévouement exceptionnel à ses sujets, et son enracinement dans le peuple tunisien. * * * Les contacts directs de Moncef Bey avec les représentants du Troisième Reich confirment incontestablement son refus de toute collaboration en se conformant à la stricte application d’une neutralité ouvertement et internationalement proclamée, sa réprobation envers les régimes autoritaires et dictatoriaux et son penchant pour l’esprit démocratique. Malheureusement, ces prises de position et ces bonnes dispositions ne lui permettront pas d’éviter ni sa destitution – qui contrevenait au traité de Bardo – par le général Juin ni son exil.

Bibliographie 1- ZMERLI, S. : Espoirs et Déceptions (en) Tunisie 1942-43, Maison Tunisienne de l’Édition, Tunis 1971. 4ème de couverture.

2- RAHN, R. : Un diplomate dans la tourmente, trad. de G. Levy, Éditions France-Empire, Paris 1980, pp. 266 267. Nous remercions notre collègue historien le Professeur Mohamed Lotfi Chaïbi, de la Faculté des Sciences sociales et humaines de Tunis, de nous avoir remis ce document.

3- REY-GOLDZEIGUER, A. : «L’occupation germano-italienne de la Tunisie : un tournant dans la vie politique tunisienne », dans Les chemins de la décolonisation de l’empire français, 1936-1956, Éditions du C.N.R.S., Paris 1986, pp. 325-340, ici : p. 336, note 1.

4- REY-GOLDZEIGUER, « L’occupation germano-italienne de la Tunisie », p. 336, note 1.

5- REY-GOLDZEIGUER, « L’occupation germano-italienne de la Tunisie », p. 325, note 1.

6- ZMERLI, S. : Espoirs et Déceptions (en) Tunisie 1942-43, p. 33.

7- ZMERLI, Espoirs et Déceptions (en) Tunisie 1942-43, p. 34.

8- ABOU LAHRASS, M., alias ABED BOUHAFA : Le livre blanc tunisien, Tunis 1946, p. 41.

9- ZMERLI, Espoirs et Déceptions (en) Tunisie 1942-43, pp. 38 39.

10- ZMERLI, Espoirs et Déceptions (en) Tunisie 1942-43, p. 46.

11- ZMERLI, Espoirs et Déceptions (en) Tunisie 1942-43, p. 46.

 

(Source: « Réalités » (Hebdomadaire- Tunisie) le lundi 22 juin 2009)

 


 
 

La vidéo de la mort de la jeune Iranienne « Neda » bouleverse la Toile

 

AFP, le 22 juin 2009 à 16h17     PARIS, 22 juin 2009 (AFP) – Une vidéo non authentifiée présentée comme montrant la mort de « Neda », une jeune Iranienne tuée samedi lors d’une manifestation à Téhéran, a déclenché une vague d’émotion sur la Toile, perceptible lundi par le déluge de messages sur le site de micro-blogs Twitter.     La vidéo mise en ligne samedi, et déjà visionnée par des centaines de milliers d’internautes, est une séquence très crue, présentée comme montrant la mort en direct d’une jeune femme, touchée par un tir alors qu’elle se trouvait avec son père dans une rue de Téhéran, au moment où se déroulait une grande manifestation contre la réélection du président ultraconservateur Mahmoud Ahmadinejad.     Sur la vidéo, que l’on peut voir sur la plate-forme YouTube mais aussi sur de nombreux sites, la jeune femme est à terre, les yeux grand ouverts. Plusieurs personnes lui appuient sur la poitrine, sans doute pour tenter de stopper l’hémorragie. Quelqu’un lui dit « Neda, n’aie pas peur », Neda n’aie pas peur », puis ses mots sont couverts par des cris. « Neda reste, Neda reste », peut-on ensuite entendre.     Ni l’identité ni le sort de la jeune femme n’ont pu être confirmés de source indépendante.     Mais d’ores et déjà, l’image de son visage ensanglanté, est devenue une icône de la contestation du régime, relayée sur internet. Dès dimanche, sa photo a été brandie lors de manifestations dans différents pays, notamment à Istanbul ou à Los Angeles, avec pour commentaire, « This is islamic democracy » (Ceci est la démocratie islamique).     Très vite, la communauté Twitter a utilisé le prénom de Neda comme « hashtag », c’est-à-dire comme mot-clé (précédé du signe dièse). Cela permet d’effectuer une veille en temps réel sur le sujet. Au fil des minutes, les courts messages se succèdent. Un vrai déluge.     Certains évoquent un possible rassemblement en mémoire de Neda sur une place de Téhéran lundi en fin d’après-midi.     De fait, à l’heure et sur les lieux dits, un millier de manifestants d’opposition iraniens tentaient de se rassembler lundi sur la place Haft-é Tir, dans le centre de Téhéran, mais la police les dispersait aussitôt, ont dit à l’AFP des témoins sur place.     « Aujourd’hui les gens sont en deuil pour Neda. Le monde entier regarde Neda, une jeune femme pleine de vie et d’espoir. Sa voix a été réduite au silence. Nous serons désormais sa voix », écrit Cinderella777.     « Neda, le visage de la liberté », ajoute Seraphino. « Neda, ange de la liberté », peut-on lire sur le site.     « Mon dieu! La vidéo de Neda m’a quasiment fait pleurer. Je suis ému par le courage des manifestants iraniens », confie Esorius.     « Ne révélez pas le nom des opposants Iraniens sur Twitter. Ils risquent leur vie », avertit un utilisateur du site.     L’encyclopédie collaborative en ligne Wikipedia consacre déjà un long article en anglais à la jeune femme, dont le prénom signifie « voix » ou « appel » en persan. « Elle est devenue la voix de l’Iran », affirme cet article qui donne des détails (non confirmés) sur l’identité de la jeune femme et les circonstances de son décès.     La presse étrangère a interdiction de couvrir sur le terrain les manifestations en Iran et doit recourir à des témoins.     Dix personnes au moins ont été tuées et plus de 100 autres blessées à Téhéran samedi, au huitième jour de la crise, selon des médias officiels. AFP  

Iran: les Gardiens de la révolution menacent, l’Occident accusé d’ingérence

AFP, le 22 juin 2009 à 15h38 Par Pierre CELERIER        TEHERAN, 22 juin 2009 (AFP) – Les Gardiens de la révolution, corps d’élite de la République islamique, ont averti lundi qu’ils écraseraient toute nouvelle manifestation contre la réélection du président Mahmoud Ahmadinejad au moment où des centaines de protestataires se rassemblaient à nouveau à Téhéran. Parallèlement, l’Iran, qui connaît sa crise la plus grave depuis la fondation de la République islamique en 1979, est revenu à la charge contre ce qu’il considère comme les « ingérences » de l’Occident dans ses affaires internes. Dans l’après-midi, un millier de manifestants se sont rassemblés place Haft-é Tir, dans le centre de Téhéran, mais la police se préparait à les charger, ont dit à l’AFP des témoins. Ils faisaient fi d’une mise en garde des Gardiens de la révolution, l’armée idéologique du régime créée peu après la révolution de 1979 par l’ayatollah Khomeiny. « Les Gardiens de la révolution, les bassidjis (milice islamique dépendant des Gardiens, ndlr) et les autres forces de l’ordre et de sécurité sont prêts à mener une action décisive et révolutionnaire pour (…) mettre un terme au complot et aux émeutes », selon un communiqué cité par l’agence Mehr. C’est la première fois que les Pasdarans lancent un tel avertissement depuis le début des troubles qui ont suivi la réélection contestée du président Mahmoud Ahmadinejad le 12 juin. La veille, le principal rival du président ultraconservateur, Mir Hossein Moussavi, avait enjoint ses partisans à poursuivre le mouvement, estimant que « protester contre le mensonge et la fraude » était leur « droit ». L’ancien Premier ministre, qui réclame l’annulation du scrutin, a engagé les manifestants à éviter toute provocation et la police et l’armée à ne pas agir « de manière irréparable ». Téhéran avait connu samedi un déchaînement de violence dans lequel au moins dix personnes ont été tuées et plus de 100 blessées, selon la télévision d’Etat, portant à au moins 17 le nombre de morts à Téhéran en une semaine. Des participants aux manifestations ont évoqué une réaction disproportionnée des forces de sécurité avec l’usage de tirs à balles réelles tandis que la radio d’Etat a annoncé 457 arrestations. La violence des affrontements a été illustrée par une vidéo vue par des centaines de milliers d’internautes, montrant le visage ensanglanté d’une jeune femme, Neda, présentée comme une manifestante tuée par balle. Depuis le 12 juin, de nombreuses voix se sont élevées à l’étranger pour dénoncer la validité du scrutin et les violences, poussant Téhéran à lancer une nouvelle charge contre cette « ingérence » de l’Occident. « Les pays occidentaux se sont ingérés dans le processus électoral en exagérant les manifestations organisées contre les résultats du scrutin », a accusé le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Hassan Ghashghavi. « La France est allée jusqu’à demander l’annulation des résultats de l’élection, s’est-il indigné. Quel droit ont-ils de faire de telles remarques inappropriées et irresponsables? ». Il a également lancé une nouvelle attaque contre la BBC, dont le correspondant a été sommé de quitter le pays, et La Voix de l’Amérique, accusant leurs directeurs d’être « officiellement les fils spirituels du (Premier ministre israélien Benjamin) Netanyahu et du (ministre israélien des Affaires étrangères Avigdor) Lieberman ». Quatre associations d’étudiants ont également appelé à une manifestation mardi devant l’ambassade de Téhéran pour dénoncer « l’ingérence » du gouvernement « pervers de Grande-Bretagne ». Abbas Ali Kadkhodaie, porte-parole du Conseil des Gardiens de la constitution, qui doit se prononcer d’ici mercredi sur les plaintes pour irrégularités déposées par les adversaires de M. Ahmadinejad, a reconnu qu’il y avait eu plus de votes que d’électeurs potentiels dans cinquante districts, sur les 366 du pays. Il a cependant indiqué que compte-tenu du nombre de votes concernés, 3 millions sur plus de 38, « cela n’aura pas une influence importante sur les résultats de l’élection ». Enfin, les tensions politiques au sein du régime ont reçu une nouvelle illustration avec la confirmation de l’arrestation de cinq proches d’Akbar Hachémi Rafsandjani, dont sa fille. L’ex-président iranien a été accusé par M. Ahmadinejad de soutenir M. Moussavi. Arrêtés samedi, ils ont été libérés quelques heures plus tard, selon l’agence Fars. Et le président du Parlement, Ali Larijani, a déclaré qu’une « grande partie des gens » avaient « perçu le résultat de l’élection comme étant différent du résultat annoncé officiellement. Cette perception doit être respectée ».

 

La burqa « pas la bienvenue sur le territoire » français, affirme Sarkozy

AP Lundi 22 juin, 16h28   La burqa est un signe « d’asservissement » de la femme qui « ne sera pas la bienvenue sur le territoire de la République », a déclaré lundi Nicolas Sarkozy devant le Congrès. Mais le président a soutenu l’idée que le Parlement se saisisse de cette question, « la meilleure façon de procéder ». « , a-t-il lancé lors de son discours devant le Parlement réuni en Congrès à Versailles. « La burqa, ce n’est pas un signe religieux, c’est un signe d’asservissement, c’est un signe d’abaissement ». « Je veux le dire solennellement: la burqa ne sera pas le bienvenue sur le territoire de la République française. Nous ne pouvons pas accepter dans notre pays des femmes prisonnières derrière un grillage, coupées de toute vie sociale, privées de toute identité, ce n’est pas l’idée que la République française se fait de la dignité de la femme ». « Le Parlement a souhaité se saisir de cette question, c’est la meilleure façon de procéder », a-t-il constaté. « Il faut qu’il y ait un débat et que tous les points de vue s’expriment. Où ailleurs qu’au Parlement pourraient-ils mieux s’exprimer? ». Le chef de l’Etat ne s’est toutefois pas prononcé ni sur la forme de ce débat, ni sur l’opportunité ou non de légiférer sur cette question. « La laïcité, ce n’est pas le refus de toutes les religions (…) La laïcité, c’est un principe de neutralité et un principe de respect », avait-il insisté. « Nous ne sommes pas menacés par le cléricalisme, nous le sommes davantage par une forme d’intolérance qui stigmatiserait toute appartenance religieuse ». « Je le dis en pensant en particulier aux Français de confession musulmane, nous ne devons pas nous tromper de combat. Dans la République, la religion musulmane doit être autant respectée que les autres religions ». Le débat sur une éventuelle interdiction de la burqa avait été relancé la semaine dernière par une proposition signée par une soixantaine de députés de tous les groupes qui réclament la création d’une commission d’enquête parlementaire. Déposée le 9 juin dernier, cette proposition de résolution, rédigée par le député-maire communiste de Vénissieux André Gerin, demande la création d’une commission d’enquête sur le port de la burqa pour dresser un état des lieux et définir des préconisations pour mettre un terme à cette « dérive communautariste ». Plusieurs membres du gouvernement se sont exprimés sur le sujet, apparaissant divisés sur l’opportunité d’interdire ou non la burqa et sur la question de légiférer ou non. AP


 

Belgique: une femme voilée siégera pour la première fois dans une assemblée

 
lundi 22 jui, 09 h 51 BRUXELLES (AFP) – Une jeune Belge d’origine turque, élue le 7 juin au parlement régional de Bruxelles sur une liste centriste, devrait siéger dès mardi en portant le voile islamique, une première en Belgique contestée par certains parlementaires au nom de la laïcité. Selon la presse belge, il s’agit d’un cas quasi unique en Europe, exceptée une députée de la région autonome de Ceuta, enclave espagnole en Afrique du Nord. Mahinur Özdemir, 26 ans, diplômée en sciences politiques de l’Université libre de Bruxelles (ULB), est depuis deux semaines la plus jeune élue du parlement bruxellois. Fille de commerçants turcs installés à Schaerbeek, un quartier à forte population immigrée de Bruxelles, elle est membre du Centre démocrate humaniste (CDH), l’ancien parti social-chrétien francophone. Elle porte un foulard depuis ses 14 ans, « de sa propre initiative », dit-elle. La jeune femme, qui siège voilée depuis trois ans au conseil municipal de Schaerbeek sans que cela n’ait suscité la polémique, entend se présenter de la même manière mardi à 14H30 (12H30) à la séance inaugurale du parlement bruxellois. Elle devrait jouer un rôle de premier plan dans cette enceinte, puisqu’en tant que plus jeune élue, elle assistera la présidente de cette séance, la doyenne de l’assemblée Antoinette Spaak. Le député fédéral libéral Denis Ducarme et le député régional bruxellois Philippe Pivin, lui aussi libéral, se sont cependant émus d’une « atteinte à la neutralité » du parlement et à la laïcité. Ils ont annoncé qu’ils allaient proposer de modifier les règlements des assemblées belges pour y faire interdire le port de signes religieux ou philosophiques distinctifs. Une démarche qui a peu de chances d’aboutir à Bruxelles, la jeune élue ayant reçu le soutien des trois partis formant la coalition dirigeant la région (CDH, Parti socialiste, Ecolo). « Le CDH demande que tous les parlementaires élus soient respectés pour ce qu’ils sont et ont dans la tête et non pour ce qu’ils peuvent avoir sur la tête », a indiqué lundi le parti centriste. « Le parlement doit être le reflet de la société », a de son côté fait valoir le co-président d’Ecolo, Jean-Michel Javaux.

 

Sarkozy Says Full-Body Muslim Gowns a ‘Symbol of Enslavement’

 

By DOREEN CARVAJAL

Published: June 22, 2009

 

VERSAILLES — President Nicolas Sarkozy of France addressed a restive parliament on Monday, laying out a vision of France that included a withering critique of burqas as an unacceptable symbol of “enslavement.”

Speaking from the royal grounds of Versailles, Mr. Sarkozy directly confronted one of the most hotly debated social issues in France, saying there was no room in the French republic for the burqas, full-body garments that envelope women and mask their faces.

“The issue of the burqa is not a religious issue, it is a question of freedom and of women’s dignity,” Mr. Sarkozy said. “The burqa is not a religious sign, it is a sign of the subjugation, of the submission of women.”

“I want to say solemnly that it will not be welcome on our territory,” he said to enthusiastic applause.

His speech, a sober, wide-ranging address during which he frequently looked at his notes, marked the first presidential appearance before Parliament since Charles Louis Napoleon Bonaparte.

Under French tradition, presidents have been barred from entering the parliament since 1875 to protect the independence of lawmakers. But with reforms instituted last summer through Mr. Sarkozy’s party, the parliament opened the way for him to speak directly to them.

For that rare visit, Mr. Sarkozy entered the parliament through rows of French guards in plumes and raised swords, then delivered an American style state of the Union address that sketched out his view of France’s future.

Though he also spoke at length about the economy, Mr. Sarkozy’s strongest comments came in reference to the wearing of burqas. France has the largest Muslim population in Western Europe, estimated at 5 million, and the wearing of traditional Islamic garments has been a divisive issue, especially since 2004 when the country passed legislation prohibiting head scarves and conspicuous religous symbols from public schools.

Mr. Sarkozy noted that »In the republic, the Muslim religion must be respected like other religions. »

But he declared that « the burqua is not welcome in France. We cannot accept in our country women imprisoned behind bars, cut off from social life, deprived of identity. That is not our idea of maintaining the dignity of women. »

Mr. Sarkozy gave his public support to a cross-party initiative by close to 60 legislators, who proposed a parliamentary commission to review the burqa and methods to combat its spread.

Mohammed Moussaoui, the president of France’s Representative Muslim Council, said he agreed with Mr. Sarkozy’s position on burqas, calling them “an extremely marginal phenomenon.” He said his group promotes a moderate practice of Islam. “When we meet women who wear it, we try to educate them, and explain to them that moderation is a better choice,” he said.

The Council, however, has spoken out against the need to conduct a study on burqa, saying that it risked stigmatizing Islam and Muslims in France.

The burqa issue was the most volatile of his 45-minute address, in which he pledged measures to alleviate the economic crisis, among them establishing a loan fund to finance the nation’s strategic priorities such as investments in education and training.

The “crisis is not finished,” he said. “We don’t know when it will end.” He pledged to guarantee the “stability of our banking system” and the “most fragile citizens who are suffering the most.”

He ruled out austerity measures for the nation to dig itself out of an economic crisis, pledging to give laid off workers the benefit of a year’s salary.

“I will not increase taxes because an increase in taxes would delay the end of the crisis, and because by increasing taxes, when we are at our level of taxation, we would not reduce deficits, we would increase them,” he said.

Throughout his speech, he also took up the cherished French notion of early retirements at age 60, noting that by 2010 “all options will be examined,” including raising the age for retirement.

While Mr. Sarkozy spoke, his critics were grumbling that his visit had cost more than 500,000 euros, or $692,000, to fund a lavish event designed to burnish his own image. The left leaning newspaper Liberation splashed its front page with a cartoon of Mr. Sarkozy with a scepter and orb in his hand and the headline “Nicolas II.” About 50 lawmakers from the Green and Communist parties boycotted the speech, delivered at the parliament’s ornate red and gold hemicycle.

But almost a thousand lawmakers and visiting dignitaries gathered in the hemicycle to hear the speech, including members of his cabinet. Mr. Sarkozy’s wife, Carla Bruni, also attended. Because of the special occasion the chateau was closed to tourists. And officials revived an old tradition from the court of Louis XIV, placing potted orange trees outside the meeting of congress that brought together lawmakers from the Assembly and Senate.

Mr. Sarkozy’s comments were generally met with polite applause, absent whistles and jeers that some lawmakers expected because his appearance was so controversial. The Socialist party, for instance, had debated whether to boycott the event as well, but ultimately showed up to hear his speech. But then they staged another boycott, by shunning the debate that followed Mr. Sarkozy’s departure.

Maïa de La Baume contributed reporting from Paris

(Source: « New York Times » (Quotidien- USA) Le 22 juin 2009)

Lien: http://www.nytimes.com/2009/06/23/world/europe/23france.html

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