21 avril 2011

TUNISNEWS
10 ème année, N°3985 du 21.04.2011


AFP: Libye: les rebelles ont pris un poste-frontière libyen voisin de la Tunisie

AFP: Comparution d’Imed Trabelsi, la justice tunisienne à l’épreuve

AP: Tunisie: le journaliste Taoufik Ben Brik revient avec un nouveau livre

Hassen Zargouni: Lettre ouverte aux dirigeants d’Ennahdha

REVUE DE PRESSE

Libye: les rebelles ont pris un poste-frontière libyen voisin de la Tunisie


 
AFP / 21 avril 2011 13h08
 
 
POSTE FRONTALIER DE DEHIBA (Tunisie) – Des rebelles libyens ont pris jeudi matin l’un des principaux postes-frontière libyens entre la Libye et la Tunisie, proche de Wazzan (Libye) et de Dehiba (Tunisie), et une centaine de soldats pro-Kadhafi sont passés désarmés côté tunisien, a constaté un correspondant de l’AFP.
 
Alors que des coups de feu retentissaient encore sporadiquement vers 10H30 (09H30 GMT), ce correspondant a pu voir 102 soldats pro-Kadhafi, dont des officiers, qui se sont rendus sous la surveillance de militaires tunisiens à environ 200 mètres de la frontière, côté tunisien. Les militaires tunisiens les interrogeaient un par un.
 
Selon des témoignages de douaniers et militaires tunisiens sur place, des soldats libyens loyalistes blessés ont été évacués vers l’hôpital de Dehiba.
 
Le drapeau vert de la Libye a disparu du poste-frontière libyen, distant de seulement 50 mètres du poste tunisien.
 
Un des trois hélicoptères militaires tunisiens dépêchés dans la zone mercredi soir survolait la zone de Dehiba, située à environ 40 km de la ville libyenne de Nalout, théâtre ces derniers jours d’intenses bombardements des forces loyales au colonel Kadhafi.
 
Le correspondant de l’AFP a pu vérifier que le poste-frontière avait bien été capturé par les insurgés puisqu’il est entré sans encombre en territoire libyen et y a été accueilli par des rebelles.
 
A la place des drapeaux verts, les rebelles ont hissé de nombreux drapeaux de la monarchie, symbole des rebelles, tandis qu’un tracteur s’affairait à détruire un grand portrait du colonel Mouammar Kadhafi, qui marque l’entrée en Libye.
 
Selon le chef en second de l’opération des rebelles, entre 5 et 10 soldats pro-Kadhafi ont été tués, et 25 blessés. Du côté rebelle, il y a eu un blessé léger, a précisé Youssef, un prénom d’emprunt.
 
Au poste-frontière, jonché de balles, on pouvait voir en fin de matinée une trentaine de pick-up, dont plusieurs équipés de missiles Grad 25 kg selon un rebelle.
 
Après s’être approvisionnés en eau, la plupart des rebelles sont repartis rapidement vers la localité libyenne de Wazzan en direction d’une région montagneuse, Ghzeya, où se trouvent des forces pro-Kadhafi, a indiqué le chef rebelle qui dit maintenant craindre une contre-offensive sur le poste-frontière où des rebelles continuaient de monter la garde.
 
L’attaque contre le poste, a expliqué Youssef, a été menée pour permettre aux blessés de passer en Tunisie.
 
Des insurgés libyens à bord d’un 4×4 ont brièvement poursuivi les éléments pro-Kadhafi en territoire tunisien avant de repasser côté libyen.
 
Peu auparavant, les rebelles s’étaient emparés de Wazzan, à environ 3 km du poste-frontière.
 
En prévision d’une recrudescence des affrontements dans cette zone, l’armée tunisienne avait déployé dès mercredi à 10 km au nord de Dehiba une compagnie d’une centaine d’hommes de la 1e brigade mécanisée de Gabes, grande ville portuaire à 150 km plus au nord.
 
Depuis quelques jours, les combats entre pro et anti-Kadhafi se sont rapprochés du territoire tunisien. Lundi, plusieurs obus de mortier des forces pro-Kadhafi étaient tombés dans la zone de Dehiba, entraînant une vive protestation de Tunis auprès des autorités libyennes.
 
Selon une source militaire, les deux obus avaient atteint le territoire tunisien alors que des rebelles anti-Kadhafi tentaient de se réfugier en Tunisie et que les forces loyales à Kadhafi leur tiraient dessus depuis des hauteurs avoisinantes.
 
Des combats violents secouent depuis plusieurs jours l’Ouest libyen. Plus de 100 personnes ont été tuées le week-end dernier à Nalout et Yefren, deux villes au sud-ouest de Tripoli pilonnées par les forces loyales à Mouammar Kadhafi, selon des habitants de la région.
 
14.100 ressortissants libyens ont fui les combats et sont passés en Tunisie dans la région de Dehiba du 6 au 19 avril, selon le chef du poste de la police tunisienne aux frontières.

Comparution d’Imed Trabelsi, la justice tunisienne à l’épreuve


 
De Kaouther LARBI (AFP) – Le 21 avril 2011
 
 
TUNIS — C’est sans doute après l’ex-président Ben Ali lui-même et son épouse Leïla l’un des hommes les plus détestés de Tunisie depuis le 14 janvier: la comparution mercredi d’Imed Trabelsi, neveu de l’ex-première dame, était tout sauf sereine.
 
Son apparition dans le prétoire, cheveux gominés et costume-cravate, entourés de policiers en treillis, gilets pare-balle et cagoulés, a déclenché insultes et noms d’oiseaux dans le public. On était bien loin de la justice dépassionnée et sans esprit de vengeance que réclament de nombreux juges et avocats depuis des semaines.
 
Incarcéré depuis le 14 janvier à la base militaire de l’Aouina, près de Tunis, Imed Trabelsi comparaissait pour une seule charge: consommation de stupéfiants.
 
Rapidement l’atmosphère devint électrique: des avocats affirmaient que la chambre correctionnelle était incompétente pour le juger, ne faisant que redoubler la colère du public. Finalement le juge Lassad Chamakhi décidait de reporter le procès au 7 mai.
 
« Je suis contre toute forme de vengeance. L’un des principes de ce métier est de respecter le droit de tous les prévenus, loin des tensions et des surenchères et quels que soient leurs crimes », a indiqué à l’AFP Me Samir Ben Amor, également secrétaire général de l’association internationale de soutien aux prisonniers politiques.
 
Il appelé ses collègues « à éviter ces pratiques pour enflammer le public » qui était selon « dans un état hystérique ».
 
« Je suis traité comme un condamné du simple fait que je suis l’avocat d’Imed Trabelsi », a déploré à l’AFP son avocat Wissem Saïdi, se refusant à tout autre commentaire.
 
Selon Mokthar Trifi, avocat et président de la Ligue Tunisienne de la défense des droits de l’Homme « chaque personne a droit à un procès équitable quel que soit son crime. Que ce soit Imed Trabelsi ou même le président déchu Zine El Abidine Ben Ali, ils ont le droit de se défendre et d’être jugés dans la sérénité ».
 
« La dignité de chacun doit être préservée et nous sommes tous contre les traitements dégradants. Tout prévenu est innocent jusqu’à ce que sa culpabilité soit prouvée », a-t-il souligné à l’AFP.
 
« Chaque détenu doit être jugé pour ses crimes mais avec le respect des principes d’un procès », abonde l’avocate Radhia Nasraoui, également présidente de l’Association de lutte contre la torture en Tunisie.
 
« On peut pas sous prétexte que ces gens là (les Trabelsi) ont pillé le pays et commis des crimes crapuleux les priver d’un procès équitable. C’est un droit qu’on doit le respecter. Un avocat, c’est comme un médecin, il doit aider toute personne qui a besoin de lui », dit-elle encore à l’AFP.
 
Radhia Nasraoui a toutefois ajouté qu’elle n’accepterait pas de défendre les familles Trabelsi et Ben Ali, tout simplement parce qu’elle défend déjà « leurs victimes ».
 
Dans la presse comme dans la rue, on n’arrête pas de parler des crimes commis par les Trabelsi, qualifiés de « clan quasi-mafieux » impliqué dans plusieurs affaires d’escroquerie.
 
« Apparemment, la moitié du monde des affaires en Tunisie peut se prévaloir d’une connexion avec Ben Ali par le mariage (avec Leila Trabelsi) et bon nombre de ces relations auraient grandement profité de cette parenté. L’épouse de Ben Ali, Leïla Ben Ali, et sa famille élargie, les Trabelsi, sont ceux qui suscitent le plus la colère des Tunisiens », écrivait en juin 2008 l’ambassade des Etats-Unis à Tunis dans un télégramme diplomatiques révélé par WikiLeaks.

Tunisie: le journaliste Taoufik Ben Brik revient avec un nouveau livre


De The Associated Press – Le 21 avril 2011
TUNISIA, Tunisie — «Bête noire» du président tunisien déchu Zine El Abidine Ben Ali, le journaliste et écrivain Taoufik Ben Brik a fait jeudi sa première apparition publique depuis la chute le 14 janvier de l’ancien chef d’État, pour présenter à la presse son nouveau livre «Tunisie la charge, aux armes les oubliés» publié aux éditions RMR.
«D’aucuns craignaient que Ben Brik se taise après la disparition de la scène de celui qui était sa raison d’être (Ben Ali), mais il est toujours là, il reste debout contre vents et marées», s’est réjoui le président de l’Union tunisienne des écrivains libres (UEL) Jalloul Azzouna.
Pour lui, cet «empêcheur de tourner en rond» qui a été continuellement harcelé par les agents de l’ancien régime et emprisonné à plusieurs reprises, est «un Don Quichotte de la presse, porteur de rêves et de valeurs chevaleresques».
«Il était l’une des premières voix à s’élever face au puissant dictateur, sans aucune arme que sa conviction et sa plume», a-t-il encore lancé.
Pour Ben Brik, ce 10ème livre est une sorte de «mémoire de la révolution» qu’il dit avoir décryptée «d’heure en heure, à Tunis et dans toutes les villes de l’intérieur». «Malgré le blocage sécuritaire, je me déplaçais partout dans le pays pour être à l’écoute des démunis dont les voix étaient étouffées», a-t-il confié.
Dans son livre, il considère que «si la tête de la dictature est tombée, son corps est toujours en place dans l’administration, l’appareil judiciaire, les milieux financiers, le secteur de l’information, la justice».
«La machine est encore rouillée avec la présence des trois P (le parti, la pègre, la police)», a-t-il ajouté en appelant à «réinventer notre pays sous des jours meilleurs».
Selon lui, la démocratie ne pourra être établie que par les urnes en insistant sur «le rôle vital» qui incombe aux médias à cet effet. En réponse à une question, il n’a pas écarté de se présenter à la prochaine élection présidentielle «ne fut-ce que pour désacraliser l’acte».
«En 2004, j’avais annoncé ma candidature rien que pour contrarier Ben Ali, sans me faire d’illusion du reste», a-t-il noté.

Lettre ouverte aux dirigeants d’Ennahdha


Mes compatriotes,

Vous avez souffert dans votre chère, vos familles et vos proches ont connu le pire des traitements, vous avez connu l’exil et la torture et ce, depuis plus de trente ans. Aujourd’hui, la donne a changé, vous voilà dignes dans votre pays, libres d’expression et participant activement à l’effort de démocratisation du pays suite à une révolution qu’aucun parti en Tunisie ne peut s’approprier. Vous semblez jouer le jeu exigeant de la démocratie et c’est tout à votre honneur. Car savoir gagner sans écraser ses adversaires, savoir perdre avec fair-play, savoir nouer des alliances tactiques ou stratégiques et les respecter n’est pas donné à qui veut. Les exemples de crise postélectorale dans des pays nouvellement démocratisés à l’instar de ce qui s’est passé en Côte-D’ivoire et tout récemment au Nigeria sont à méditer. La Tunisie ne supporterait pas le dissensus et ses conséquences néfastes pour un pays identitairement homogène aspirant majoritairement à la modernité et l’ouverture sur l’autre.

Vous avez présenté votre parti, Ennahdha, au ministère de l’intérieur sans faire référence à l’idéologie islamiste, votre slogan « Liberté, égalité, développement » est globalement conforme en effet aux aspirations actuelles des tunisiens. Est-ce une orientation sincère ? Est-ce une preuve d’un pragmatisme imposé par une nouvelle lecture de la société tunisienne et son évolution ? Est-ce une rupture totale avec des dogmes et pratiques qui, en leur temps, ont fait peur aux tunisiens jusqu’à signer un chèque à blanc à Ben Ali.

A toutes ces questions j’ai envie de dire oui, tant le poids politique que vous représentez aujourd’hui dans la société tunisienne à la lecture des différents sondages d’opinions est responsabilisant. Responsabilisant pour vous, d’abord, car porter la destinée d’un peuple c’est du lourd, porter l’espoir de 10 millions de tunisiens, 2.5 millions de familles, 3 millions d’élèves et d’étudiants, 3 millions d’actifs occupés dont 2 millions de salariés, 500 000 agriculteurs, 500 000 fonctionnaires, 200 000 commerçants, 100 000 chefs d’entreprises, mais aussi 1 millions de tunisiens à l’étranger et surtout l’espoir de 700 000 demandeurs d’emplois en quête de dignité et des 11.4% des tunisiens vivant dans la précarité ! Responsabilisant, enfin, pour les autres forces traditionnellement démocratiques qui doivent s’interroger sur le meilleur moyen de véhiculer leur projets de société, leurs visions, leurs programmes tout en étant en phase avec le besoin identitaire des tunisiens et la volonté de hisser la société vers le progrès. L’exercice du pouvoir corrompt, l’AKP turque a mis 20 à 30 ans pour arriver à une forme de maturité de pouvoir, faisant ses preuves au niveau local et régional d’abord en s’adaptant à la complexité de la société turque. Vous avez encore un long chemin d’apprentissage à faire. Le peuple ne tolérera jamais les dérives de type RCD, avec des formes de clientélisme politique dans les milieux sociaux. Non, on ne nous la fait pas une deuxième fois. Ne jamais oublier que la plus part de nos concitoyens demeurent attachés aux précieuses valeurs humaines prônées par l’Islam (tempérance, tolérance, médiation) et qu’aujourd’hui, il me semble que nous n’avons pas besoin de Politicien pour nous enseigner notre religion, et nous n’avons pas besoin de Religieux pour nous faire la politique.  

Mais j’ai surtout envie d’insister sur les cinq messages-clé suivants, que vous gagnez la prochaine bataille électorale ou que vous la perdiez :

1-Aimez les tunisiens, tous les tunisiens tels qu’ils sont, pour ce qu’ils sont, le chômeur, le travailleur, le bourgeois, le prolétaire, le voyou, oui le voyou et le bienfaiteur ou du moins celui qui se croit l’être. Diffusez un message d’amour et non de haine, un message fédérateur et non d’exclusion. Donnez de l’espoir, soyez réalistes et non dogmatiques. Réveillez chez le tunisien tout ce qu’il a de meilleur en lui, mobilisez les valeurs famille, travail, solidarité, liberté de penser, d’agir, d’entreprendre, de communiquer, de s’exprimer, … et non le pire, telle que la violence physique ou morale, la loi du plus fort, la ségrégation, l’arbitraire religieux ou qu’on croit être religieux car l’Islam est à des années lumières en termes de valeurs devant les pratiques politico-religieuses d’ici-bas (Iran, Arabie Saoudite, …).

2- Soyez à l’image de la société tunisienne, diversifiée, ouverte, moderne, tolérante, berceau de la première loi séculaire dans le monde arabo-musulman (1861) et située aux confins de l’Orient et de l’Occident … Si vous avez la prétention de prendre la destinée de ce pays et son peuple en main alors respectez l’apport berbère dans sa civilisation (nos traditions), l’apport phénicien dans sa manière de travailler (le commerce), l’apport romain dans son organisation (les collectivités locales et l’aménagement du territoire), l’apport des arabes (langue, religion et sciences et les arts), l’apport andalou (artisanat et agriculture), l’apport ottoman (institutions, armée, …), l’apport des occidentaux (rationalité et rigueur intellectuelle). Le Qamis, le Niqab, les longues barbes, parfois colorées, … ne reflètent pas le tunisien du XXIème siècle, celui de la révolution du 14 janvier 2011. Cet exotisme vestimentaire vous est préjudiciable, vous l’avez compris, il est nuisible tant sur le plan électoral que sur le plan de l’identification à la société dont vous représentez une des composantes politiques. Renvoyez une image fidèle à ce que nous sommes. Osez porter une cravate, par respect, pour une réunion officielle, comme le ferait un jeune cadre dynamique de nos jours !

3-Préservez les deux biens tunisiens les plus précieux : la famille (la femme) et l’éducation. La politique démographique et nataliste cohérente du pays, sans elle toute la Tunisie aurait eu le sort économique malheureux des régions intérieures et surtout l’appétence du savoir chez le tunisien et qui n’a pas de limite. A ce titre, ne sous-estimez pas le penchant du tunisien à acquérir du savoir, souvent les parents s’endettent, il leur arrive même de ne pas manger pour financer la scolarité de leurs enfants. L’engagement de la Tunisie dans l’économie du savoir est le meilleur garant de son invulnérabilité et son immunité éternelle. L’Etat d’Israël nous nargue avec son positionnement leader au niveau mondial dans les services informatiques, dans son industrie pharmaceutique, dans sa maitrise des technologies des énergies renouvelables, … son seul moteur étant une instrumentalisation du sentiment religieux et national pour la maitrise des sciences et des arts. Ce pays, voyou, certes, est à ce titre un bel exemple pour un pays comme la Tunisie. L’économie du savoir suppose qu’il n’y ait pas de limite à la recherche et le développement, aucune limite à l’innovation et la créativité, toutes deux se nourrissant du sentiment profond de liberté. La liberté est féconde. Un jour on vous a privé de liberté, vous êtes les premiers à comprendre le sens de privation de liberté !

4-Ayez un message positif vis-à-vis des chefs d’entreprises et des banques en place, il en va du salut de l’économie, de la création de valeur, du travail et de l’emploi et donc de la dignité, origine de la révolution tunisienne. Rassurez les opérateurs économiques sur vos intentions en matière de vision de la gestion des richesses dans le pays. L’entreprise compétitive tunisienne est l’unique lieu de création de richesse. Lui assurer un environnement propice pour son développement est une nécessité au nom de tous ceux qui affluent à la recherche d’emploi pour se réaliser en tant que citoyen de ce pays, donnant et recevant à et de la République. Si vous avez des propositions en matière d’économie solidaire, voire de finance islamique, soit, mais cela ne pourrait être qu’un complément au système en place, cela ne saurait se substituer au gigantesque dispositif construit pendant plusieurs décades, voire plusieurs siècles et totalement en phase avec les standards internationaux (comptabilité nationale, …). Ce n’est pas maintenant qu’on va jouer à l’apprenti sorcier. Notre voisin de l’Est a sacrifié tout un peuple et plusieurs générations en construisant et déconstruisant des modèles de développement aussi farfelus les uns que les autres. Le résultat vous le connaissez…

5-Conscientisez l’idée que la Tunisie a de tout temps eu et aura des relations privilégiées avec ses voisins du Nord (à 20 mn d’avion), l’Europe et les européens. L’Occident, on le connait, il a toujours des velléités hégémoniques, mais il ne s’en cache pas, la Chine ou d’autres nouvelles puissances opèrent différemment, peut-être plus sournoisement. Raisonnez avec l’Occident dans une logique d’intérêt commun, car c’est le seul langage qu’il entend bien. La mise en commun de nos potentiels respectifs est la seule solution pour une relation durable paisible et emprunte de respect. Ces potentiels sont les ressources humaines (nos immigrés, leurs touristes), les ressources énergétiques (notre soleil, notre vent, leurs technologies de transformation), les ressources halieutiques (mer méditerranée commune), hydrauliques (savoir-faire en économie de l’eau), ressources agricoles (productions complémentaires), ressources financières (la BEI, …), ressources culturelles (livres, musique, théâtre, audiovisuel,…). L’Europe pour la Tunisie n’est pas l’étranger, c’est 80% de notre commerce, un million de tunisiens qui y vivent dont 5000 chercheurs scientifiques, 4.5 millions d’européens qui viennent chez nous tous les ans et qui assurent près de 400 000 emplois, c’est aussi des investissements directs générant plus de 300 000 emplois avec plus de 3000 entreprises dans tous les secteurs d’activité. L’Europe et les Etats-Unis c’est aussi une relation stratégique au sens militaire du terme, par ces temps d’instabilité géostratégique et avec plus de 2500 km de frontière terrestre et maritime à surveiller. Une politique volontariste pro arabe ou pro pays musulmans ne peut être qu’un développement qui se rajoute à l’effort historique de la Tunisie dans ses relations aux pays occidentaux. L’Afrique et l’Asie sont en effet à conquérir économiquement. Remarquez les clins d’œil que vous font les occidentaux depuis un certain temps, hier la Grande Bretagne, ensuite l’Amérique, aujourd’hui la France… La banalisation de votre mouvement est un gage de respectabilité retrouvé, alors ne gâchez pas cette occasion de normalisation de vos rapports à l’Occident. C’est la Tunisie et les tunisiens qui y gagneront. C’est aussi un signe de maturité de votre part.

Pour conclure, mes compatriotes dirigeants d’Ennahdha, au nom de mes enfants, qui sont aussi les vôtres, et que j’élève à l’école de la tolérance et du libre-arbitre, à la responsabilité individuelle et collective, mes enfants à qui j’inculque tous les jours l’amour de la patrie et la soif du savoir, mettons le vivre-ensemble au centre de nos réflexions et actions. Mettons la Tunisie, ce bijou de pays, par de là les luttes partisanes et les besoins légitimes de revanche, dans la pupille de nos yeux. Soyons à la hauteur de l’espoir né de la révolution tunisienne. Soyons le pays exception, celui qui aurait bâti une République exemplaire aux yeux du monde entier, au nom de Dieu et des valeurs humaines, au nom de nos enfants qui seraient fiers d’y vivre.

Citoyen Hassen Zargouni

 


 

Invitation


 

Les comités directeurs des Associations « Forum Averroès Maghreb Tunisie » et « Forum Pour une Nouvelle République / NOU-R » ont le plaisir de vous inviter à un séminaire qu’ils organisent sous le thème : Défis économiques pendant la période de transition démocratique en Tunisie. Et ce le samedi 23 avril de 9h à 12h au siège de l’ ENA de Tunis 23 rue docteur Calmette Mutuelle ville Tunis (prés du Lycée Français et de la place Mendes France) . Kamel Ben Younes Maher Kallel

Président d’ Averroès Président NOU-R

Programme

M.Mustafa Bouzeyene ;Directeur général de l’observatoire de la conjoncture au ministère du plan etcoopération internationale : Etat des lieux M. Mahfoudh Barouni ;Expert économique international : Défis financiers de la période de transition. M.Youssef Meddeb: Consultant SIGMA Sondage exclusif : Perception des défis économiques de la période de transition chez le Tunisien. M.Ridha Chkoundali ; universitaire economiste : Impacts géopolitiques sur l’ économie Tunisienne. M.Nooman Fehri ; Universitaire et homme de d’ affaires :Impacts de la constituante sur l’économie. M.Maher Kallel ; président NOU-R: Transparence et défis économiques de la période de transition M.Hassen Zargouni ; Président Commission économique NOU-R :Le devenir des biens confisqués: Nationalisation, privatisation, introduction en bourse….??? M.Mohammed Jouili ; Sociologue : Les nouveaux acteurs socio économiques après le 14 Janvier.

Dr Fethi Touzri ;politologue :Stabilité , Reformes politiques et indices économiques dans la période de transition . Le débat sera animé par les pofesseurs Kamel Ben Younes, Habib Kchaw et Heykel Ben Mahfoudh.

Le lien de cet événement sur Facebook esthttp://www.facebook.com/event.php?eid=209815409038158

Cordialement


Le livre du jour

Du désespoir à la révolte


 

Par Pauline Machard

En retraçant dans Vivre libre le parcours de Mohamed Tarek Bouazizi, 26 ans, devenu – malgré lui – le héraut de la révolution tunisienne,Claire Gallois fait la lumière sur les événements qui ont conduit le peuple tunisien à se soulever contre la dictature. Dans ce texte court et engagé, la romancière rappelle que la « révolution du jasmin » a fleuri sur les flammes du désespoir. Celui qui a poussé Mohamed à s’immoler en face de la préfecture de Sidi Bouzid, le 17 décembre 2010.

Un choc considérable » pour Claire Gallois. Qui nécessitait d’écrire ce petit livre d’opinion. Car, selon l’auteur, le geste et son exécution n’ont rien d’anodin. Pour ce petit vendeur à la sauvette, dont la marchandise avait été saisie pour la énième fois, l’immolation était perçue comme l’« ultime protestation contre l’insoutenable ». La seule issue possible pour échapper aux tracasseries policières et aux humiliations.

Le seul tort de Mohamed était de vouloir obtenir une autorisation officielle pour continuer légalement son petit commerce et subvenir aux besoins de sa mère et de ses six frères et soeurs. Un rêve trop ambitieux dans la Tunisie de ZineEl-Abidine Ben Ali. Surtout quand, comme lui, on n’a pas les moyens de se plier à la corruption du régime, au « bakchich » généralisé.

Le geste de désespoir deMohamed Bouazizi aurait pu rester au rang de fait divers tragique si des millions d’autres Tunisiens n’avaient pas partagé sa détresse. Un mal de vivre dont Claire Gallois dénonce – sans ménagement – le coupable : le systèmeBen Ali.

Elle décrit une dictature impitoyable et sournoise, rongée par la corruption et le népotisme. Où les richesses et les médias sont concentrés dans les mains d’un petit cercle. Où la censure règne. Où, malgré un niveau d’éducation exemplaire – le taux d’alphabétisation est de 83 % -, le taux de chômage des 15-29 ans s’élève à 72 %.

Mohamed, lui, a sacrifié ses études pour nourrir les siens. Sans horizon, il a opté pour la solution ultime : attenter à sa vie. Il mourra le 4 janvier, au centre de traumatologie des grands brûlés de Ben Arous, dans la banlieue de Tunis. Mais celui qui pensait sombrer dans l’oubli « est entré dans la légende ». Les flammes du désespoir ont « allumé l’espoir ». Ni la mascarade communicationnelle de Ben Ali, ni ses promesses de distribution de grâces ne l’éteindront.

Le courage du peuple

Des premières émeutes au lendemain de l’autodafé à la fuite précipitée de Ben Ali, le 14 janvier, l’essayiste revient sur ce vent de révolte lancé par la jeunesse qui a soufflé sur le pays. Mis un terme à vingt-trois ans de dictature… et essaimé en Egypte, en Algérie, au Yémen, en Iran, en Libye, à Bahreïn…

Au-delà du seul cas de Mohamed Tarek Bouazizi, c’est le courage du peuple tunisien dans sa totalité que salue Claire Gallois. Elle rend aussi hommage àRachid Ammar, ce chef des armées qui a refusé de tirer sur la foule.

Surtout, elle lance un appel pour que la Tunisie ne « laisse pas faner la fleur du jasmin avant qu’elle n’éclose ». Après avoir refusé que la transition soit faite par des personnes qui appartenaient au gouvernement Ben Ali et récusé son parti, le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), le peuple tunisien semble aujourd’hui maître de son destin.

A l’heure où certaines révolutions sont réprimées dans le sang, Vivre libre apparaît comme un cri en faveur de la démocratie. Pour Claire Gallois, « la caravane de la liberté ne s’arrêtera pas là ».

Source : « Le Monde.fr » Le 21-04-2011

La vraie fausse gifle qui a lancé la révolution du jasmin


 

La policière municipale qui avait malmené le vendeur ambulant de Sidi Bouzid, mort immolé, a obtenu un non-lieu.

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L’histoire a fait le tour du monde. Elle a entraîné la chute du régime Ben Ali, qui régna durant près d’un quart de siècle sur la Tunisie, et a provoqué une série de soulèvements dans le monde arabe. Le vendredi 17 décembre vers midi, Fayda Hamdi, un agent de la police municipale de la ville de Sidi Bouzid, dans le centre-ouest tunisien, gifle Mohammed Bouazizi, un vendeur à la sauvette, et saisit sa marchandise, sept kilos de bananes, des poires et quelques pommes ainsi qu’une balance.

Désespéré, le chômeur s’immole par le feu devant la préfecture. Il meurt de ses brûlures le 4 janvier. L’onde de choc de son suicide déclenche la «révolution du jasmin». Mohammed Bouazizi devient le symbole de la jeunesse sans espoir d’un pays sous le joug de Zine el-Abidine Ben Ali et de son clan de corrompus. Fayda Hamdi est jetée en prison par le chef de l’État qui tente de désamorcer la crise. Son geste public, pour le moins surprenant dans une société aussi musulmane que machiste, a indigné tout le Maghreb. Il a fait écrire à une journaliste à la fibre féministe du quotidien de Tunis Le Temps que «si le contraire s’était produit, personne n’aurait bougé un petit doigt pour le désapprouver».

La tombe blanche du «martyr Mohammed Bouazizi» est aujourd’hui régulièrement couverte de fleurs. Le dernier bouquet aurait été déposé, selon la presse tunisienne, au nom du peuple syrien. Quant à Fayda Hamdi, elle vient de recouvrer la liberté, mardi, à l’issue de son procès pour violence légère et abus de pouvoir. L’agent municipal, qui avait le soutien d’une partie de la population, a bénéficié d’un non-lieu prononcé par le tribunal correctionnel de Sidi Bouzid.

Fayda Hamdi a toujours clamé son innocence. «Je ne l’ai pas giflé», a-t-elle assuré aux juges qui ont classé l’affaire. Des habitants présents sur les lieux lors de l’incident ont confirmé ses propos au cours de l’instruction. Seuls deux parents de Mohammed Bouazizi ont maintenu la thèse de l’agression physique. Des rumeurs circulaient sur les injures qu’aurait proférées le jeune homme avant de subir sa présumée correction.

La famille de la victime a retiré sa plainte par «esprit de pardon et de tolérance». «Tout l’argent du monde ne peut pas remplacer la perte de Mohammed qui s’est sacrifié pour la liberté et la dignité. Nous sommes fiers de lui», a indiqué Salem Bouazizi, le frère du vendeur. «Il s’agit d’une décision difficile, mais mûrement réfléchie, afin d’éviter la haine et de contribuer à la réconciliation entre les habitants de Sidi Bouzid», a renchéri la mère du défunt.

Mardi, plusieurs centaines de personnes s’étaient massées devant le palais de justice avant le verdict. Certaines portaient des pancartes réclamant la liberté pour Fayda Hamdi. Elles ont éclaté de joie à l’annonce du non-lieu. «Ce verdict est une gifle à Ben Ali et à son système qui fonctionnait avec des ordres donnés à la justice et, en même temps, un avertissement à tous ceux qui à l’avenir seraient tentés d’user des mêmes procédés», a commenté l’avocate de Fayda Hamdi.

Source : « Le Figaro » Le 21-04-2011

Tunisie : Ben Ali prépare une autobiographie où il affirme être « victime d’un complot étranger »


 

Le président déchu Zine el-Abidine Ben Ali se propose d’écrire son autobiographie qui « permettra de restaurer son image ternie et de défendre ses 23 années au pouvoir », rapporte le quotidien « Al Bayane », paraissant aux Emirats arabes unis.

Dans sa biographie, Ben Ali veut dire au monde qu’il est en bonne santé comme il tient à donner sa version de la révolution des jasmins, qui a conduit à son éviction en Janvier de cette année, ajoute le journal.

Dans cet ouvrage, le président déchu affirme qu’il a été victime d’un « complot étranger », selon Al-Bayane. Ben Ali a fui la Tunisie pour l’Arabie saoudite et ne quitte jamais sa résidence dans la ville d’Abha, tandis que sa femme, dont il est apparemment séparé, effectue de fréquents voyages aux fins de shopping, drapée d’un voile pour ne pas être reconnue.

L’autobiographie pointera également du doigt nombre de personnes que Ben Ali accuse d’être «des traîtres de la Tunisie» et «d’avoir eu des relations directes avec divers pays arabes et d’autres à travers le monde ».

Souce : « African Manager » Le 21-04-2011

Tunisie : Ben Ali, en agent sioniste high-tech sur El Watanya.


 

Une première sur El Watanya : un documentaire consacré aux dérives de Ben Ali. La technologie utilisée par Zaba et ses services était directement importée de pays comme l’Allemagne, les Etats-Unis, et … Israël. Mais la relation qu’a entretenue Zaba avec les sionistes n’étaient pas uniquement commerciale.

La télévision nationale a diffusé, dans la soirée du mardi 19 avril, un documentaire sur Ben Ali. Un documentaire qui fera sans doute date dans l’histoire de la Watanya. Les révélations fracassantes se sont multipliées, le plus souvent basées sur les témoignages de Béchir Turki, l’un des fondateurs des services de renseignements de la Tunisie indépendante, et l’auteur du livre «Ben Ali le ripou». Et en l’occurrence, les Tunisiens ne seront pas au bout de leurs surprises.

On apprendra ainsi que 600 ingénieurs basés à l’Aouina étaient ainsi chargés d’enregistrer, et d’espionner leurs concitoyens sur le web, et d’écouter leurs conversations téléphoniques. Un juge, Mokhtar Yahiaoui, connu pour sa farouche indépendance, ce qui lui a valu d’ailleurs de vivre le cauchemar de la répression de Zaba, en a fait l’expérience. On lui faisait écouter au téléphone, ce que ses invités, ses famille ont dit, dans l’intimité de leur foyer. La paranoïa des Tunisiens n’était donc pas due au hasard.

La technologie utilisée par Zaba et ses services était directement importée de pays comme l’Allemagne, les Etats-Unis, et … Israël. L’entité sioniste se prévalant d’un certain degré d’expertise en matière de logiciel d’espionnage. Les photos de Zaba posant en face de son ordinateur attestent de sa passion de l’informatique, dans la mesure où elle lui permet de jouer au Big Brother Suprême. Ce n’est donc pas complètement par hasard qu’Ammar 404 a pu prospérer dans le contexte de l’Etat Policier. Les emails piratés, les messages au texte versatile, changeant au gré de l’humeur de celui qui lit par-dessus votre épaule, étaient un phénomène courant, habitue, dans le milieu des quelques journalistes qui ont su garder leurs distances.

Mais la relation qu’a entretenue Zaba avec les sionistes n’étaient pas uniquement commerciale. Selon le documentaire, l’homme que la Tunisie avait pour président entretenait de solides relations avec les agents du Mossad. Les services israéliens ont pu ainsi exécuter leurs plans en toute impunité même dans des zones proches du palais de Carthage. En filigrane, le documentaire consacré à Zaba le met ainsi en cause dans l’assassinat d’Abou Jihad. Un jeune étudiant passionné d’informatique qui s’est rendu compte du pot au rose, en pénétrant les réseaux informatiques présidentiels en a fait les frais, et l’a même payé de sa vie. La sentence ne s’est en effet pas fait attendre : le jeune homme a été tué par les barbouzes de Zaba. Quelques années plus tard, le dictateur s’est permis d’inviter le boucher Sharon au SMSI.

Source : « Tekiano » Le 21-04-2011

Tunisie. Quel juge pour le procès d’Imed Trabelsi ?


 

Est-ce le juge Lassaad Chamakhi, le même qui avait acquitté Imed Trabelsi le 30 janvier 2010 dans une affaire de vol d’un yacht en France, qui a présidé mercredi l’audience publique du même accusé devant le tribunal de première instance de Tunis?

Si elle confirmée, cette information rapportée par nos confrères d’Europe 1 laisserait perplexe. Loin de nous l’idée d’émettre des réserves sur l’indépendance de nos magistrats, mais la désignation du même juge qui avait acquitté Imed Trabelsi dans une affaire ayant, en son temps, fait couler beaucoup d’encre, pour auditionner le même inculpé dans une nouvelle affaire de consommation de stupéfiants, est une décision que le parquet aurait dû se garder de prendre. Et pour cause: dans l’atmosphère de suspicion qui règne aujourd’hui dans le pays, pareille décision ne pouvait qu’alimenter les rumeurs et les doutes, sans doute infondés, sur l’indépendance de la justice et sa volonté de juger les membres de l’ex-clan au pouvoir. Une justice qui, plus est, avait été impliquée, avant le 14 janvier, sans doute à son corps défendant, dans le système d’impunité mis en place par ce même pouvoir.

 

On comprend le malaise qu’une telle décision est susceptible de provoquer et dont on se serait bien passé, en cette période marquée par le manque de confiance dans les institutions de l’Etat. D’autant que lors de l’audition d’hier, l’inculpé est apparu en costume et cravate, cheveux gominés, souriant, et presque provocateur. Il était certes menotté, et entouré par un important dispositif de policiers et de soldats, mais ne semblait pas très affecté de se retrouver dans le box des accusés, alors qu’il doit comparaître dans plus d’une vingtaine de procès, plus graves les uns que les autres, et qui pourraient lui valoir de passer le restant de sa vie derrière les barreaux. Faut-il s’étonner dès lors que, dans la salle d’audience et à l’extérieur, une foule en colère criaient des insultes et des grossièretés contre lui?

 

Me Mohamed Ghanmin, cité par l’Associated Press, a qualifié le procès de «scandale», en se faisant l’écho de protestations de confrères contre les «anomalies» qui entachent selon eux le procès. Me Ghanmi a cité l’absence du représentant du ministère public, susceptible d’entraîner la nullité de la procédure et l’irrégularité de l’expertise «faite sans ordonnance judiciaire», qui a donné des résultats positifs sur la présence de drogue dans le sang de l’inculpé. L’avocat de la défense Wissem Saïdi a axé sa plaidoirie contre ces vices de forme pour obtenir gain de cause en faveur de son client. Voilà qui a ajouté de la tension dans cette affaire qui n’en manquait pas.

 

C’est finalement sous la pression d’une foule survoltée que le procès d’Imed Trabelsi, arrêté le 14 janvier, a été reporté au 7 mai à la demande de la défense.

Imed Trabelsi, on le sait, avait été poursuivi sans succès en France pour «vols en bande organisée» pour s’être approprié en 2006 le yacht de Bruno Roger, l’un des dirigeants de la Banque Lazard et proche de l’ex-président français Jacques Chirac et de l’actuel chef de l’Elysée Nicolas Sarkozy. En mai 2007, la justice française avait émis un mandat d’arrêt à son encontre, mais la justice tunisienne avait refusé de l’extrader, avant de l’acquitter, lui et son complice, et cousin, Moez Trabelsi.

Source : « Kapitalis » Le 21-04-2011

Tunisie : «L’assassinat de Farhat Hached» à l’Africart


 

La salle Africart à Tunis accueillera le 30 avril et pour la première fois, la projection du film documentaire « L’assassinat de Farhat Hached », réalisé par le tunisien Jamel Dallali et produit par la chaîne El Jazeera documentaire.

La projection sera suivie d’un débat en présence du réalisateur, la famille du syndicaliste disparu et des représentants de l’Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT).

On notera que Zaba n’a pas bougé le petit doigt et n’a pas tenu compte ni des revendications de l’UGTT ni celles de la famille du leader syndicaliste. L’enquête n’a pas été rouverte alors que des preuves existaient bel et bien au sujet des auteurs de ce crime resté gravé dans la mémoire des tunisiens qui n’ont jamais oublié le fondateur de l’Union des travailleurs dans l’histoire du militantisme national contre le colonialisme.

Source : « Tekiano » Le 21-04-2011

La Tunisie consent à transmettre les archives d’Arafat à la Palestine


 

Des sources palestiniennes officielles ont confirmé mercredi que la nouvelle direction tunisienne a consenti à la demande du Président de l’autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, de livrer les archives du défunt président Yasser Arafat aux Palestiniens. La partie palestinienne a œuvré au cours des dernières années, du temps du Président tunisien déchu, Zine al-Abidine Ben Ali, à obtenir les archives d’Arafat pour les transférer de Tunis à Ramallah, mais la partie tunisienne n’a pas accédé à cette demande, invoquant différents motifs et prétextes. Mahmoud Abbas a confirmé, dans une déclaration aux médias à Tunis, l’accord de la Tunisie pour transmettre les archives à la partie palestinienne. Selon l’agence de presse palestinienne Wafa, les archives d’Arafat en Tunisie revêtent une grande importance, car la Tunisie était le siège de l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP), depuis qu’elle a quitté le Liban en 1982, jusqu’à son retour à la terre patrie en 1994. Mahmoud Abbas s’est rendu en Tunisie les lundi et mardi, où il s’est entretenu avec le Président par intérim Foued Mebazâa, et le Premier ministre Beji Caïd-Essebsi. Abbas a qualifié les relations palestino-tunisiennes « de fortes, solides et constantes », soulignant que « la position de la Tunisie était toujours aux côtés de la cause palestinienne, et ce dans toutes les conditions, au cours des différentes étapes et avec tous les gouvernements successifs, c’est ce qu’on a senti et constaté dans le passé et le présent », ajoutant que « ce qui s’est passé en Tunisie est la décision du peuple tunisien ».

Source : « GlobalNet » Le 21-04-2011

Tunisie. Le temps du pardon n’est pas encore venu


 

La mesure d’exclusion des ex-responsables de l’ancien parti au pouvoir, le Rcd, de la candidature aux élections de la constituante du 24 juillet, a provoqué la résurgence de tentacules d’un monstre que l’on a cru naïvement définitivement terrassé. Cette mesure, jugée par certains illégale, abusive et revancharde, est une revendication populaire. Elle a été décidée par la Haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution, de la réforme politique et de la transition démocratique, dont la légitimité en la matière est contestée malgré un large consensus, comme si le Rcd avait la légitimité de représenter le peuple tunisien durant les 23 ans du règne de Ben Ali.

Agents de la dictature et construction de la démocratie Sur le plan du principe d’abord, si on estime que le but principal du rendez vous du 24 juillet est d’élire ceux qui vont poser l’acte fondateur de la nouvelle constitution, on peut mal imaginer qu’y soient associées les personnes qui de par leur responsabilité dans l’ex-Rcd ont vécu dans la culture du parti unique, de la non-liberté et de l’exclusion de toute personne ayant des velléités de démocratie. Comme l’écrit Moncef Marzouki, «les agents de la dictature ne peuvent du jour au lendemain construire la démocratie» ou Ridha Kéfi dans Kapitalis «la liberté… aux ennemis de la liberté». Sur le plan symbolique, le Rcd ayant été dissous par décision de justice, suite à une exigence légitime de la révolution, car il représentait l’abcès de fixation de toutes les dérives maléfiques de la dictature des 23 dernières années, ses responsables – dont la majorité de l’opinion publique met en doute la crédibilité suite à une soudaine rédemption – auraient dû avoir la décence de se faire oublier, au moins pendant une période transitoire, car ils auront tout le loisir de se refaire une virginité lors des prochaines élections législatives et présidentielles à l’occasion desquelles ils pourront exercer tout leur talent de transformisme pour se présenter aux électeurs sous un jour meilleur. La seule utilité de leur participation aurait été leur éclairage sur «ce qu’il ne faut plus faire», vu leur vécu de l’intérieur d’un système qui a fait faillite. Ceux qui se sentent concernés par l’inéligibilité à la constituante, et spécialement visés, notamment les barons de l’ancien régime et leurs affidés, qui ont été partie-prenante de la majorité de ses dérives, et dont aucun n’a fait son mea-culpa, montent au créneau en orchestrant des campagnes de désinformation allant jusqu’ à avancer le mensonge grossier du chiffre de 3 millions de Tunisiens exclus de la vie politique de leur pays.

L’éternel épouvantail de la guerre civile Ces mensonges, énoncés avec la même morgue que les discours démagogiques d’antan, sont assortis de menaces voilées d’avènement d’une «fitna» voire d’une guerre civile, comme ce qui s’est passé en Afghanistan ou en Irak, en faisant un amalgame de contexte: guerre tribale dans le premier et occupation étrangère illégale dans le second sur fond de rivalités ethniques chiite-kurde-sunnite. Leur culot fait qu’ils utilisent une ficelle aussi grosse que lorsqu’ils ont voulu se maintenir au premier et au second gouvernement provisoire de transition en agitant le spectre du «vide du pouvoir» et en annonçant le chaos qui serait induit par le départ de ces indispensables «techniciens connaisseurs de dossiers». Selon l’argumentaire qu’ils veulent défendre, tantôt la responsabilité est jugée unique car elle incombe en premier lieu à Ben Ali qui – maintenant qu’il n’est plus là – a bon dos, la complicité active ou passive de toutes les composantes du système étant occultée, et tantôt collective, les dix millions de Tunisiens ayant été, de par leur silence coupable, tous responsables des dérives du système. Ces «milliers de responsables compétents et professionnels majoritairement soumis à une obéissance forcée au pouvoir politique», comme l’a écrit quelqu’un, se doivent d’assumer le fait qu’ils ont été devant l’histoire – par choix ou suite à des circonstances particulières – du mauvais côté. Car la compétence et la probité individuelles n’exonèrent pas de la responsabilité active ou passive dans les dérives dictatoriales de l’ancien régime. Sous l’emprise de leur égo, qui leur fait croire qu’ils sont incontournables, ils ont l’impression de rater une nouvelle occasion d’exercer leurs talents passés (dans un contexte de compromission, d’allégeance à une mafia et de déliquescence du sens de l’Etat et du service public) comme répondant à un appel impérieux de servir par altruisme et dans la foulée de se servir par opportunisme. Ces derniers, s’ils sont vraiment patriotes et si leur insistance à participer représente un écueil à l’instauration d’une sérénité pour la période à venir – déjà assez malmenée par les islamistes, leurs alliés de circonstance – qu’ils se retirent, ce qui leur donnera l’occasion par cet acte citoyen de se racheter un peu! En quoi cela est t’il erroné – même si ça leur paraît injuste – qu’en attendant l’alternance (qu’ils n’ont rien fait pour favoriser quand le Rcd était omniprésent) espérée aux prochaines élections libres, une alternance dans la conception de la nouvelle constitution soit envisagée par des Tunisiens qui n’ont pas eu l’heur de partager leurs opinions.

Calcul politique et pacte avec le diable. La mansuétude des Tunisiens est immense, car l’exclusion momentanée des ex-responsables du Rcd du calendrier politique est toute complaisance par rapport à d’autres mesures plus tranchées sous d’autres cieux, y compris dans des pays tel que la France d’après Vichy (où la fonction publique a été interdite aux anciens responsables) ou des épurations violentes assorties d’exactions physiques dans d’autres pays où un climat de revanche et de vengeance a prévalu. L’inquiétante poussée des islamistes amène certains dont l’actuel Premier ministre du gouvernement provisoire à envisager l’assouplissement de la mesure pour permettre aux Rcdistes, qui s’y connaissent en la matière, de contrebalancer le poids d’Ennahdha par calcul politique en pactisant avec le diable. Certains discours parlent même de réconciliation nationale en vue de la concorde pouvant shunter l’étape préalable de jugement des crimes et exactions – sans que justice se fasse – sous le prétexte fallacieux que, d’ici le 24 juillet, il est illusoire de pouvoir établir les faits conformément à la loi. N’en déplaise à certains, les blessures étant encore ouvertes, et les rancœurs tenaces, le temps du pardon n’est pas encore venu.

Source : « Kapitalis » Le 21-04-2011

Textile: La Tunisie plus agile que le Maroc

 


 

Il peine à sortir de la concurrence par le prix Même sur le jean on est battu Les résultats de la stratégie de cotraitance se font attendre La Tunisie a une longueur d’avance sur le Maroc dans le secteur textile. Les deux pays ont certes des stratégies similaires fondées sur la cotraitance, le produit fini et le circuit court. Mais «la stratégie tunisienne de valeur ajoutée, de mutation vers la cotraitance, le produit fini et le collectionning est plus avancée que celle du concurrent marocain», relève le Cercle euro-méditerranéen des dirigeants textile-habillement (Cedith) dans sa dernière livraison mensuelle. Cette montée sur la chaîne de valeur a une conséquence. Les prix moyens de la Tunisie sont, pour la plupart des produits, sensiblement supérieurs à ceux du Maroc. L’industrie textile marocaine à l’export est encore archi-dominée par le façonnage à faible valeur ajoutée. En amont, le démantèlement tarifaire permet de disposer de la matière première à des prix compétitifs, mais rares sont les entreprises qui se sont risquées à franchir le pas. Elles préfèrent pour la plupart rester dans une logique commerciale attendant les commandes des donneurs d’ordre. L’absence d’une politique RH dans les entreprises de ce secteur constitue aussi un handicap puisqu’elles n’arrivent pas à s’entourer de personnel qualifié et encore moins de designers. Le benchmark réalisé par le Cedith, relève que le Maroc est derrière la Tunisie en termes d’exportations habillement vers l’Union européenne. En 2010, le Maroc en était le 7e fournisseur textile-habillement pour 2,24 milliards d’euros et la Tunisie le 6e fournisseur pour 2,6 milliards d’euros. Le Maroc est ainsi jugé «très performant» en prêt-à-porter féminin (manteaux, vestes et ensembles pour femmes, robes, jupes, chemisiers…) et en sportswear/casualwear. Des produits ciblés dans le plan Emergence industrielle. La lingerie figure aussi parmi les niches à développer, mais pour l’instant, le Maroc n’arrive pas s’y positionner comme la Tunisie. Celle-ci «excelle» en balnéaire, en lingerie féminine, en vêtements professionnels et en sportswear. Dans la filière jean, la Tunisie est le quatrième fournisseur de l’Europe alors que le Maroc est classé 6e. Il devance certes l’Egypte, mais il est loin derrière la Turquie (2e rang). Les importations européennes de jeans ont progressé en valeur de 8,7 % en 2010 par rapport à 2009. Celles en provenance de Chine ont augmenté de 14,8% contre 14% pour la Turquie et 10,2% pour le Bangladesh. Au total, l’Union européenne a importé 485,6 millions de jeans pour une valeur de 3,36 milliards d’euros. Sur ce produit, le Maroc perd du terrain alors qu’il abrite la plus grande unité de denim sur son sol. La stratégie de ses opérateurs est surtout axée prix alors que la Tunisie et la Turquie optent là aussi pour la carte de l’innovation. Le prix moyen export pratiqué par la Turquie est de 12,49 euros contre 15,88 euros pour la Tunisie et 9,53 euros pour le Maroc. Ainsi si les prix unitaires des jeans chinois ont augmenté de 9,5% et ceux en provenance du Bangladesh de 7,6%, ceux des fournisseurs maghrébins ont baissé: -0,6% pour la Tunisie et -6,5% pour le Maroc. L’année dernière les opérateurs marocains ont tiré la sonnette d’alarme sur une baisse des exportations du jean. Ce qui a poussé l’Amith à commanditer une étude sectorielle pour mieux recadrer cette filière et le ministère de l’Industrie à explorer les pistes pour faire profiter les entreprises du secteur des différents mécanismes de soutien des PME.Pendant ce temps, la concurrence avance.

Source: ”Africa Time” Le 21-04-2011

Tunisie – Progression de 5% des exportations de textile-habillement en 2011


Le secteur du textile-habillement a réalisé des exportations d’une valeur de 1 313 millions de dinars (MD), marquant une croissance de 5,09% en dinars, au cours du premier trimestre 2011, par rapport à la même période de 2010, selon les statistiques publiées par le centre technique du textile (CETTEX), dans son analyse mensuelle de la conjoncture du secteur. Le taux de couverture des importations par les exportations a atteint 158,4% de janvier à mars 2011, contre 155,2% en 2010. Les importations du textile-habillement se sont montées à 829 MD (+ 2,96%). Au cours du mois de mars, les importations ont enregistré une importante baisse en volume (-14,85%), en raison d’une forte régression des importations de tissus en provenance de Chine ainsi que de la friperie en provenance d’Italie et de Belgique, avec toutefois, un effet minime sur la valeur des importations nationales du secteur. Les principaux pays clients de la Tunisie dans le textile-habillement sont la France (-0,3% de la valeur des exportations au cours du 1er trimestre 2011 par rapport à 2010), l’Italie (+ 0,3%), l’Allemagne (+21,8%), la Belgique (+4%) …

Source : « Maghreb emergent » Le 21-04-2011

Tunisie. Peut-on défendre Abdelwaheb Abdallah?


 

Chers amis, j’ai dû mettre plus de deux semaines pour «digérer» la lecture de la lettre adressée à votre rédaction par les enfants de Abdelwaheb Abdallah [Conseiller politique de l’ex-président Ben Ali, ndlr] et publiée sur votre site le 6 avril courant. Je constate que ces enfants ont été «aveugles et sourds» à ce qui se tramait dans le pays et aux complots montés par leur propre père. Ou alors ils nous prennent pour des imbéciles…

Un manipulateur-seigneur de l’information D’abord, je leur conseille de lire ce livre-témoignages ‘‘Dégage: la révolution tunisienne’’ (p. 109) où ils apprendront, peut-être, ce qu’est ce manipulateur-seigneur de l’information, même quand il s’occupait d’un autre département, et les dégâts qu’il a occasionnés au secteur qui croulait sous sa terreur. Qui n’a pas eu maille avec AA? Une anecdote personnelle et bête: en 2001, les Jeux Méditerranéens de Tunis, une journaliste espagnole couvrait les matchs d’une équipe féminine de son pays. Quotidiennement, elle critiquait sur sa chaîne TV notre pays dans des termes peu aimables. Après des tentatives vaines d’entrer en contact avec elle, je me suis adressé à elle sur les antennes de Rtci lui disant simplement que «ceux qui ne nous aiment pas ne sont pas obligés de séjourner parmi nous, surtout que le billet d’avion était payé en aller-retour»! Immédiatement, coup de fil à mon directeur d’antenne, avec des mots que je vous laisse imaginer (de la ceinture à…). AA a exigé mon expulsion de l’antenne, me suggérant, selon mon patron qui m’a bien défendu, d’inviter ladite journaliste à un pot et à la b… Pour lui, ça aurait été mieux que de défendre avec des mots l’honneur du pays! Mon directeur était gêné pour moi. Je me suis éloigné du direct jusqu’à la fin des Jeux. Sans oublier de rappeler que je fus mis à pied auparavant, sous son «régne» sur l’information, et que ses sbires m’ont empêché d’accéder à la maison de la radio durant près de 3 mois. Parce que j’ai osé critiquer un sous-directeur ayant tourné lui aussi sa veste en 87 après avoir applaudi Bourguiba pendant des décennies, nous imposant tous les soirs, sur la seule chaîne TV à l’époque, les ‘‘Tawjihet erraïs’’ (Les Recommandations du président)!

Une envie de vomir Je ne vais pas pleurer sur le sort du «paratonnerre pour Ben Ali dans ses relations avec les médias», sur son «arrestation arbitraire, l’humiliation publique subie au sein même du Palais de la justice…». Je passe sur le reste de la missive car, à la relire, le dégoût augmentait et j’avais parfois une envie de vomir tellement le «mensonge est gros» ou alors l’hypocrisie des Abdallah y est flagrante. Je n’irai pas jusqu’à citer Maman Alya, qui a fait de la Banque de Tunisie [dont elle était la Pdg jusqu’au 14 janvier, ndlr] son royaume! J’espère que la justice s’y intéressera. Mais là c’est un autre sujet. Je ne suis pas rancunier (il n’y a pas de quoi) mais je ne vais pas pleurer sur une maison pillée et le sort d’un «manipulateur» qui a su camper son rôle jusqu’à la fin. Je suis certain que la corporation des journalistes et communicateurs est d’accord avec moi. Même ceux qui ont bénéficié des largesses de AA et qui sont devenus aujourd’hui, comme par miracle, ses plus virulents pourfendeurs.

Source : « Kapitalis » Le 21-04-2011

Tunisie: Une stratégie pour développer les régions du sud


 

Le charme des révolutions réside, le plus souvent, dans le fait qu’elles sont innovantes et qu’elles libèrent toutes sortes d’initiatives, particulièrement celles qui font rêver par leur générosité et par leur ampleur.

Dans cette perspective, s’inscrit un projet de développement durable du sud tunisien proposé à l’initiative de l’organisation non gouvernementale (ONG), l’Association Errakha. .

Dans un entretien accordé à Webmanagercenter, son président, un militant de développement, Dr. Zitouni Ezdin (neurologue), relève que le projet concerne l’ensemble des gouvernorats du sud (Gafsa, Tozeur, Gabès, Kébili, Médenine, Tataouine).

Dans une première étape, le projet commence par une identification des difficultés structurelles communes auxquelles sont confrontées ces régions: la rareté de l’eau, le chômage, la dégradation de l’environnement et son corollaire son impact pervers sur la santé, la déstructuration du système de production oasien et ses incidences sur l’autosuffisance alimentaire, l’absence de moyens de transport appropriés, et enfin l’enseignement et son inadéquation avec les besoins spécifiques du sud du pays.

Concernant le volet santé, Dr Zitouni rappelle la prolifération au sud du pays des maladies cancérigènes générées par le rejet de matières très polluantes et radioactives par les usines de transformation de phosphate (phosphogypse et métaux lourds, tels que le plomb et le mercure…).

S’agissant de la déstructuration du paysage oasien, il a tenu à signaler que Gafsa, avant d’avoir une vocation minière, était au départ une oasis prospère qui a disparu, petit à petit, par l’effet de la rareté de l’eau. Il y voit ce qu’il appelle «un marqueur biologique» qui annonce la disparition d’autres espèces dont l’espèce humaine.

Dans un contexte plus général, il a mis l’accent sur les répercussions socio-économiques négatives de la disparition de centaines de variétés de dattiers en raison de l’option délibérée des autorités agricoles d’antan pour le dattier producteur de la Deglat Nour, réputée pour sa haute valeur marchande et sa grande consommation d’eau.

A propos d’eau, il s‘est longuement attardé sur l’exploitation abusive de la nappe aquifère par l’industrie et le tourisme. Ainsi, dans une région où la pluviométrie ne dépasse guère 100 mm par an, la Compagnie de phosphate de Gafsa et la Société italo-tunisienne d’exploitation pétrolière (SITEP) utilisent annuellement et à elles seules l’équivalent de 1.400 millions de mètres cubes d’eau (le tiers des ressources mobilisables en Tunisie) pour laver, entre autres, le phosphate, tandis que le tourisme consomme 700 litres par lit et par nuitée (chiffres de la FAO). Les 700 millions de mètres cubes pompés par la CPG équivalent à eux seuls 100 Km2 d’oliveraies.

Pour augmenter les disponibilités en eau dans le sud du pays, le projet suggère l’utilisation de l’énergie solaire dans le dessalement de l’eau de mer et l’exploitation des sources d’eau douce sous-marines (détectables par satellite).

Propositions pour un développement durable

Dans une seconde étape, le projet balise les pistes qui peuvent assurer, au sud de la Tunisie, développement pérenne. A cette fin, il relève l’enjeu de valoriser les éléments naturels qui sont disponibles dans toutes ces régions, en l’occurrence: l’eau de mer, les oasis, l’énergie solaire et le Sahara. Selon lui, une combinaison de tant de ressources naturelles n’existe nulle part. Il suffit de valoriser l’ensemble de ces éléments et de les utiliser à grande échelle.

Dans une troisième étape, le projet explore des créneaux propres à garantir aux communautés de cette région, développement économiquement rentable, socialement équitable et écologiquement acceptable.

Au plan économique, Dr Zitouni insiste sur le développement de la pisciculture qui utiliserait une eau (saumâtre ou non) qui pourrait être réutilisée ensuite dans les laveries de phosphate, l’éco-tourisme(visite d’anciennes mines, circuits à pied ou motorisés au Sahara) et l’agro-tourisme, le recours à l’énergie solaire pour alimenter les installations touristiques et hôtelières en électricité, l’élevage intensif des camélidés, la réhabilitation, à des fins d’autosuffisance alimentaire, des variétés de dattiers disparues et les cultures à trois niveaux dans les oasis, la promotion de l’oasis en entreprise, l’extension des superficies d’arboriculture fruitière (amanderaies, oliveraies, pommeraies, figuiers de barbarie, grenadiers), accroissement des cultures maraîchères et géothermiques, et autres activités (apiculture, artisanat, culture de champignons…).

En aval, Dr Zitouni propose la promotion d’une industrie agroalimentaire qui transformerait le lait des camélidés en produits dérivés (fromage …), les pépins-grains de figue de barbarie en produits cosmétiques…

En sa qualité de médecin, Dr Zitouni ne cesse de plaider pour la formation du plan grand nombre possible de bio-ingénieurs et pour l’utilisation intensive de la biotechnologie dans le développement de pépinières qui seraient spécialisées dans la production, l’exportation et la multiplication in vitro de toutes sortes de plants (dattiers ornementaux, dattiers à forte valeur ajoutée, plantes à haut rendement …).

Autres propositions du Dr Zitouni: le développement d’une industrie de fabrication de vaccins et la création d’une banque de sang du cordon ombilical, sang utilisé dans la fabrication de souches, sortes de cellules immunitaires pour le traitement de leucémie. Actuellement, ce cordon, disponible dans tous les centres de gynécologie, est inexploité. La cellule-souche, voire l’unité coûterait selon Dr Zitouni 24.000 euros (50.000 dinars).

Au niveau sanitaire, Dr Zitouni propose des synergies dynamiques entre les centres hospitalo-universitaires de la région aux fins d’assurer une formation continue de qualité au corps médical et paramédical, de garantir une couverture de soins de proximité avec la qualité et l’efficience requises, et de développer la recherche clinique, notamment en ce qui concerne l’impact de rejets nocifs tels que le phosphogypse sur la santé des gens.

Le transport n’est pas occulté. Le projet se prononce, sans ambages, pour le transport ferroviaire au niveau interurbain, un TGV devant relier Tunis aux grandes villes du sud et des métros régionaux à l’instar de celui qui pourrait relier les villes du bassin minier (Redeyef, Oumlarayès, Metlaoui, Hezoua …).

Pour chaque composante de ce développement durable, Dr Zitouni propose un partenariat avec des partenaires étrangers leaders dans leur domaine.

Source : « wmc » Le 21-04-2011

Tunisie-Biométrie: Un ingénieur tunisien propose une solution de vote biométrique


 

Il s’appelle Raouf Dridi, il est originaire de Béja qu’il quitte en 1985 avec un bac lettres en poche pour tenter sa chance ailleurs, en France d’abord, avant de traverser l’Atlantique pour s’installer dans le pays de l’Oncle Sam, à Washington précisément. «Là bas, je me suis mis à étudier la programmation informatique avant d’entrer comme technicien dans une société spécialisée», explique-t-il. Grâce à son sérieux et à son application, il est arrivé à séduire ses employeurs qui l’inscrivent dans un institut spécialisé dans le système réseau d’où il sortira avec un diplôme d’ingénieur réseau en 1998. Deux ans après, il crée sa propre entreprise et se lance dans les affaires. Revenu à Tunis au début de ce mois pour «respirer l’air de la liberté», dit-il, il amène dans ses bagages un système de vote biométrique intégré «simple, fiable et transparent» et «susceptible d’offrir un niveau de sécurité satisfaisant». Expérimenté dans un certain nombre de pays comme le Bangladesh en 2008 avec ses 90 millions d’électeurs et bientôt au Nigeria, ce système ne peut être viable que s’il garantit trois conditions essentielles, à savoir «l’authentification de l’identité de l’électeur, la préservation de l’anonymat et l’impossibilité de procéder à des votes multiples». Explication. Dans chaque isoloir, on doit installer des équipements multimédias reliés à un serveur central de base de données. L’électeur, devant un écran tactile, procède au vote en suivant les instructions fournies par voix sonore. Il introduit le numéro de la carte d’identité nationale, la liste des candidats s’affiche sur l’écran avec photos, couleurs des listes et éventuellement avec un bref curriculum vitae sous le nom de chaque candidat. Il procède alors au vote en appuyant sur le nom, la photo du candidat ou la liste choisis et l’opération est terminée. «Cela prend entre 10 et 15 secondes», précise notre ingénieur, démonstration à l’appui. Ceci pour les connaisseurs mais pour les électeurs qui méconnaissent l’outil informatique ? «Ceux-là pourraient être assistés par un autre électeur non candidat comme le prévoit la loi électorale. Durée 50 à 60 secondes», précise-t-il. Y a-t-il risque de faute ou de falsification ? «Avant de passer dans l’isoloir, l’électeur se présente au bureau de vote muni de sa carte d’identité nationale. Le chef de bureau ou son assistant vérifie son identité sur l’ordinateur installé devant lui avant de l’inviter à l’isoloir pour voter. Le risque de faute est réduit à zéro puisqu’aucune personne ne pourrait se substituer à une autre», renchérit Raouf Dridi avant d’ajouter : «Même en cas d’erreur de vote, l’électeur dispose de trois essais pour rectifier, au-delà, il est invité à s’adresser au chef de bureau pour vérification». Le système biométrique permet, également, de vérifier à tout moment le taux de participation mais aussi les suffrages exprimés pour chaque liste ou chaque candidat. Le vote pourrait également se faire par empreinte digitale, «mais il me faut au moins huit mois pour pouvoir introduire cette donnée de base dans le système, ce sera peut-être pour les élections présidentielles et législatives». Il est évident qu’un tel système nécessite une infrastructure de télécommunication performante avec des terminaux et des hauts débits, capable de supporter toutes les informations requises pour l’opération électorale et le transfert rapide des données, même dans les confins les plus reculés du pays. En plus de l’installation de plus de 20.000 équipements multimédias dans tous les bureaux de vote. Coûteux, ce système ? Assurément puisqu’il est estimé entre 50 et 60 milliards de nos millimes, à raison de 10 dinars par électeur. «Mais il pourrait être rentabilisé dans d’autres secteurs comme ceux de la santé, de la sécurité sociale et autres», affirme notre interlocuteur. Si sa proposition trouve preneur chez les décideurs, il va organiser une campagne d’information tous azimuts à travers les médias et dans les grandes surfaces commerciales pour vulgariser son système auprès des citoyens. Il prévoit aussi d’organiser, en compagnie de son équipe d’ingénieurs et de techniciens, des sessions de formation pour les responsables des bureaux de vote.

Source : « Afrique en Ligne » le 21-04-2011

Yassine Brahim, ministre du Transport et de l’Equipement

« Chaque semaine, je découvre encore plus de mic-mac »


 

• Les transports, représentant 14% du PIB, employant 575 mille personnes ( soit 17% de la population tunisienne) et brassant 8 milliards de dinars, sont gangrenés par un phénomène de fraude et de corruption ahurissant

• Les malversations au niveau de l’Equipement sont tout aussi importantes : si on retranche (par exemple) 5 centimètres sur une route de 20 kilomètres, les sommes « usurpées » sont alors énormes !

 

• RFR : une banque étrangère devait financer le projet…mais Imed Trabelsi a fait irruption !

• Tunisair : son actuel PDG est un homme « intelligent et persistant ». Mais avec ses 500 millions d’euros de chiffre d’affaires, la boîte était dirigée pour tout un chacun : la Présidence, le ministère, le RCD, l’UGTT ainsi que les familles mafieuses

En poste depuis quelques mois déjà, Yassine Brahim, ministre du Transport et de l’Equipement a tenu sa toute première conférence au siège du ministère de l’Equipement, hier à Tunis. Il est possible de dire qu’il n’existait pas un ordre du jour, tellement les questions, les problèmes, les réponses attendues et les éclaircissements espérés étaient multiples. Le ministre paraît surtout dynamique. Il a effectué plusieurs visites dans les régions et compte compléter le tour dans les gouvernorats restant avant la fin de son mandat. Pour lui, « il s’agit d’une philosophie de travail, aller sur le terrain, c’est totalement différent que de recevoir des dossiers et des informations sur son bureau. Cela permet d’entrer en contact direct avec les cadres des différentes administrations dans les régions, ce qui permettrait une meilleure visibilité et une meilleure appréhension des solutions à envisager » dit Yassine Ibrahim. C’est ce que lui a certainement permis d’admettre « que le niveau de la fraude et de la corruption dans ces deux départements d’Etat soit aussi important ». On ne peut que se faire une idée sur l’ampleur des malversations qui ont eu lieu au cours des dernières années, surtout si l’on sait que le secteur des Transports représente 14% du PIB de la Tunisie, soit 8 milliards de dinars, et qui emploie 575 mille personnes, soit 17% de la population active. Dans le secteur de l’Equipement, le ministre par intérim a conclu en disant que les malversations dans ce secteur « sont aussi importantes. On peut avoir une idée sur l’ampleur de ces fraudes dans des cas multiples, par exemple si on retranche quelque 5 centimètres sur une route de 20 kilomètres, les sommes ne peuvent être que grandes ».

Le ministre a cependant essayé de délimiter les grands axes de la rencontre dans « la présentation du programme économique de ces deux ministères, ainsi que pour évoquer la feuille de route qui devrait être prête, outre les actions de sensibilisation qui ont pour objectif de faire sentir que la Tunisie a changé, surtout en matière de gestion ». Yassine Ibrahim n’a pas omis la question « de l’emploi qui reste la plus grande problématique ». L’administration, a-t-il rappelé « a un rôle à jouer, que ce soit en matière de création des 20 mille postes d’emploi dont le gouvernement actuel parle, ainsi qu’en ce qui concerne les appels d’offres, où un travail est effectué avec le Premier ministère ». Outre la question des régions intérieures du pays « là où il a fallu multiplier les visites ». Ces visites se sont soldées par 160 actions sur le terrain, des actions qui ont dégagé la nécessité d’ « un arbitrage budgétaire dans l’objectif de réaliser certains projets urgents, comme le train de la région du Kef, ou encore les routes liant Sidi Bouzid aux villes voisines ». Evoquant la problématique des agences techniques dans les régions, Yassine Ibrahim a mentionné qu’il s’agit d’un problème essentiellement foncier « mais il faudrait avancer dans ce sujet, puisque tout projet est créateur d’emploi ». Pour ce qui est des pistes dans les zones rurales lointaines et essentiellement agricoles, le ministre a souligné que seulement 1750 kilomètres de ces pistes ont été réalisées au cours des 10 dernières années et qu’actuellement le besoin est d’en construire 2000 km « ce qui représente une demande qui n’est pas compatible avec le budget ». Le ministre pointe du doigt « la méthode de prise de décision qui est très centralisée, et loin des régions, ce qui devrait changer. Il faudrait ajoute-t-il aussi faire encore plus de confiance dans l’administration surtout que nous comptons beaucoup de cadres compétents, sur lesquels il faudrait compter pour réussir la réalisation des projets ». Ceci n’empêche pas de dire que «parfois, certains directeurs ne sont pas compétents, ce qui explique la mauvaise gestion dans certaines administrations » souligne aussi le ministre.

La corruption dans les administrations du ministère des Transport : il n’y que ça !

Parlant du « mic mac », Yassine Ibrahim a admis qu’il « en découvre chaque semaine du nouveau». « Vous ne pouvez pas imaginer le degré de corruption qui existe, et je ne serais pas complice dans tout cela », a-t-il dit en s’adressant aux journalistes présents. La liste n’est pas seulement longue, mais beaucoup de têtes ont déjà fait les frais, en attendant ce qui pourra venir. « Dans projet du RFR (Réseau Ferroviaire Rapide), à titre d’exemple, il y’avait une banque étrangère qui devrait financer une partie du projet, en partenariat avec le gouvernement tunisien. Mais l’entrée en ligne danscette affaire de Imed Trabelsi, qui voulait avec son partenaire italien mettre la main sur le projet en essayent de bénéficier de la règle du moins disant, a poussé le bailleur de fonds à se retirer du projet ». La décision de ce bailleur de fonds a été prise le 16 janvier dernier. Dans d’autres affaires, le ministre a indiqué que des commissions ad-hoc d’audit et d’inspection ont été composées. Ces commissions ont, entre autres, pris des décisions de destituer 20 hauts cadres du ministère des Transports sur 33 PDG. « Mais parmi ces PDG, il existe bien un nombre d’entre eux avec lesquels nous avons commis des fautes et qui ont été rappelés à reprendre le travail dans leurs administrations respectives, tout en attendant qu’ils passent devant les conseils de discipline pour voir s’il s’agit de délit d’ordre pénal, ce qui voudra dire que c’est la justice qui devra trancher dans les affaires dans lesquelles ils ont été impliqués ». Des enquêtes patrimoniales sont en cours d’élaboration concernant un nombre déterminé d’ex responsables, pourra dire davantage sur ce qui pourrait se passer dans les semaines à venir. Mais d’une façon générale et dans l’objectif d’instaurer des règles de transparence, l’intention semble être d’imposer « des déclarations patrimoniales toutes les cinq années pour les grands responsables de l’administration », surtout que « beaucoup de marchés ont été accrédités avec des appels d’offres non transparents », a encore précisé Yassine Ibrahim. Reste enfin la question toujours épineuse de Tunisair. « Une compagnie nationale qui était l’objet de toutes les convoitises, et incarne exactement ce qui se passait en Tunisie » a aussi dit le ministre. Qualifiant son actuel PDG de « intelligent et persistant », Yassine Ibrahim a précisé que « Tunisair avec ses 500 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel était dirigée par tout un chacun, la Présidence, le ministère, le parti (le RCD), le Syndicat(UGTT) ainsi que les familles mafieuses, tout le monde voulait en profiter ». Pour ce qui est de l’avenir de cette compagnie, qui semble être complexe, la commission mise en place déterminera à quel point Tunisair pourra continuer à être compétitive ». Ce qui semble être encore certain, c’est qu’une prise de décision quelconque au sein de Tunisair est loin d’être immédiate ! In fine, ce qui est à mentionner, c’est que Yassine Ibrahim n’a pas échappé à la règle qui caractérise les ministres du gouvernement de transitions actuels. Bien que ses réponses aient été «à la hauteur», elles restent vagues et n’ont pas permis d’avancer certains détails qui demeurent sans réponse. Ceci n’empêche de dire que son travail, jusque là, lui permet de sortir un peu du lot.

Source : « Le Temps » Le 21-04-2011

Quel avenir pour les révolutions arabes ?


Par Pierre-Jean Luizard (*)

Qui aurait pu prédire que l’immolation par le feu de Mohammed Bouazizi, un jeune Tunisien de 26 ans, en signe de protestation contre la confiscation de sa charrette par la police de Sidi Bouzid, dans le centre du pays, serait l’étincelle qui allait aboutir à un bouleversement majeur dans le monde arabe ? Que de Marrakech à Bahreïn, en passant par la Tunisie, l’Égypte, la Libye, le Yémen, la Jordanie, la Syrie, Oman et même le « démocratique » Irak, se verraient emportés par la tourmente ?

Le défi est maintenant de construire des États de droit et de réussir la révolution économique.

La chute du régime de Ben Ali en Tunisie, suivie de celle de Moubarak en Égypte, le coeur du monde arabe, sonne la fin imminente d’un ordre qui remonte aux années 1960. C’est surtout la forme du mouvement qui a surpris : un mouvement de jeunes, qu’aucun parti, aucune association ne peut se targuer d’avoir préparé et encore moins dirigé.

La vague s’est formée sans dirigeant (une première dans le monde arabe) et, pourtant, elle témoigne d’une unité incroyable dans les mots d’ordre : liberté, dignité, fin de l’autocratie, refus de la corruption, du népotisme, refus de la misère sociale, du chômage. Incroyable aussi, le degré de responsabilité : sans organisation, les immenses manifestations de la place Tahrir au Caire ont été pacifiques, sans débordements, avec des mots d’ordre consensuels.

Sécularisation des sociétés, généralisation de l’enseignement, flambée des prix des denrées alimentaires : ces ingrédients ont trouvé un catalyseur commun dans les réseaux sociaux comme Facebook, Twitter et certains médias dont Al-Jazeera, chaîne satellitaire dirigée depuis le Qatar par un proche des Frères musulmans.

Il faudra une traduction politique à cette société civile inorganisée. Et là, la présence en force des armées arabes, avec un rôle traditionnellement central, semble bien le principal défi. État dans l’État, elles ont acquis des privilèges qu’elles abandonneront difficilement. L’intégration de la mouvance religieuse (islamiste) en est un autre : de sa réalisation ou non dépend le caractère réellement démocratique du changement.

Un autre défi réside dans le renouvellement des élites capables de remplacer celles des régimes autoritaires et de constituer de nouveaux gouvernements : elles sont souvent peu nombreuses et difficiles à identifier, au-delà de quelques porte-parole autoproclamés.

C’est le propre des régimes autoritaires que de ne préparer aucune relève. Leur stratégie du vide a des conséquences pratiques sur le renouvellement du personnel politique. Enfin, derrière la belle unanimité autour de mots d’ordre en apparence consensuels, les différences entre les pays ne tarderont pas à se manifester. Poids des tribus et différences régionales en Libye et au Yémen ; rapports sunnites/chiites à Bahreïn ; relations sunnites/Alaouites en Syrie. En devenant plurielles, les sociétés arabes pourront connaître des logiques d’affrontement que l’on espère pacifiques. Il serait présomptueux de croire que ce vent de liberté va aboutir à l’établissement généralisé de régimes démocratiques.

 

(*) Chercheur au GroupeSociétés, Religions, Laïcités (CNRS/EPHE). Auteur de Les sociétés civiles dans le monde musulman (La Découverte) à paraître.

Source : « Ouest France » Le 21-04-2011

M. Abbas s’oppose à une Troisième Intifada


 

Le numéro un de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a déclaré mercredi 20 avril qu’il s’opposait à une troisième Intifada, même si les négociations venaient à échouer définitivement. En visite en Tunisie, il a affirmé qu’il soutenait l’initiative appuyée par les Etats-Unis d’arriver à une solution négociée.

 

Alors que les pourparlers sont dans l’impasse depuis des mois et qu’il n’a de cesse d’appeler à une reconnaissance internationale d’une déclaration unilatérale d’un Etat palestinien, Mahmoud Abbas a affirmé son engagement pour des négociations.

À une conférence de presse avant de se rendre en France, Mahmoud Abbas avait déclaré qu’il chercherait lors de l’Assemblée générale des Nations-Unies en septembre la reconnaissance d’un Etat palestinien. Il a indiqué qu’il comptait sur le soutien de près de 140 pays en sa faveur. Le numéro un de l’Autorité palestinienne a également indiqué que quoiqu’il arrive il « n’accepterait pas un troisième soulèvement militaire », notant que la dernière opération israélienne avait été « désastreuse » pour son peuple.

Il a affirmé qu’il soutenait la résistance populaire tant que celle-ci n’utilisait aucune arme. « Nous avons une résistance populaire. Mais si (vous) me dites que (vous voulez) prendre un fusil ou un pistolet pour vous batttre, alors, excusez-moi, mais je ne le permettrai pas tant que je serais le président », a-t-il déclaré.

Mahmoud Abbas a appelé la communauté internationale, Washington en particulier, à faire pression sur Israël afin de relancer les négociation. « Si Israël montre sa volonté de négocier, en tout cas nous sommes pour arriver à cette solution », a-t-il ajouté.

Il a précisé que lorsqu’il serait à Paris il demanderait au président français, Nicolas Sarkozy, de donner un nouvel élan au processus de paix au sein du Quartet – composé de l’Union Européenne, des Etats-Unis, des Nations-Unies et de la Russie.

Selon lui, les négociations avec Israël ont échoué sur la question des constructions dans les localités. Il a affirmé que les Etats-Unis n’étaient pas parvenus à persuader Israël d’arrêter celles-ci et qu’en conséquence l’Autorité palestinienne s’était vue obligée d’en appeler au Conseil de Sécurité des Nations-Unies. « Malheureusement, les Etats-Unis ont posé leur veto », a-t-il indiqué. Il se réferrait au veto américain posé contre une résolution visant à condamner les constructions en Judée-Samarie en février dernier.

Le Secrétaire général de l’Organisation de Libération de la Palestine, Yasser Abed Rabbo, a pour sa part affirmé mercredi 20 avril que l’Autorité palestinienne se tournerait vers l’Assemblée générale des Nations-Unies si les efforts pour relancer le dialogue se bloquaient.

Les décisions de l’Assemblée générale des Nations-Unies ne sont pas juridiquement contraignantes, le vote est donc largement symbolique. Les initiatives des Palestiniens visent cependant à mettre l’Etat juif dans l’embarras voire même à le contraindre à subir des sanctions.

Dans le même temps le Premier ministre palestinien, Salem Fayyad, a lancé à Bi’lin en Judée-Samarie la Sixième conférence internationale pour la résistance populaire palestinienne. Il a appelé la communauté internationale à promouvoir l’autodétermination palestinienne. « La communauté internationale doit être engagée à promouvoir un Etat palestinien dans les lignes de 1967 et à soutenir la déclaration d’indépendance prévue pour septembre », a-t-il exhorté.

Source : « Guysen » Le 21-04-2011

Lien : http://www.guysen.com/article_M-Abbas-s-oppose-a-une-Troisieme-Intifada_15429.html

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19 novembre 2005

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