21 avril 2006

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TUNISNEWS
6 ème année, N° 2160 du 21.04.2006

 archives : www.tunisnews.net


Marguerite Rollinde: Mohammed Abbou. Dernières Nouvelles    Human Rights First: International campaign for release Mohamed Abbou

Amnesty International: Cas de Lassad Jouhri – Action urgente

Pétition relative au passeport de Mme Souhayr Belhassen

Tunisie – Un journaliste et un cyberdissident en grève de la faim

Mondher Sfar: Eclaircissements sur l’Affaire Sahbi-Hamadi Le Libre Tunisien : Editorial – Le pouvoir et l’action   AFP: Le président algérien poursuit son séjour « pour suivi médical » à Paris  Reuters: Bouteflika-Interrogations sur la nouvelle hospitalisation  AFP: La santé de Bouteflika soulève « plus que des doutes » (député français) AFP: Le Hamas prêt à la paix après le retour aux frontières de 1967 (Mechaal)    AP: Voile: la « Route d’Elissa », un message de paix en Méditerranée

 

Mohammed Abbou. Dernières Nouvelles   

 

Samia Abbou jointe par téléphone hier soir, jeudi 20 avril, m’a informée que son mari, Mohammed ABBOU, a accepté d’arrêter sa grève de la faim, au 35 ème jour, à la suite de sa visite précédente (jeudi 13 avril) durant laquelle elle lui avait transmis les demandes pressantes de ses confrères.

 

Pour cette dernière visite, elle était accompagnée de Sihem Bensedrine, de Oum Zied et de trois membres du réseau IFEX (International freedom of _expression exchange). Ces derniers avaient précédemment été reçus par le ministre de la Justice tunisien avec qui ils s’étaient entretenu du cas de Mohamed Abbou.

 

Contrairement aux semaines précédentes, le trajet entre Tunis et le Kef s’est déroulé sans incident. Arrivés devant la prison, les membres d’IFEX ont demandé, sans succès, à rencontrer le directeur de la prison. Alors qu’ils avaient tous un autocollant portant la mention « Libérez Abbou », les gardiens ont demandé à Samia de l’enlever avant de voir son mari, ce qu’elle a refusé.

 

Elle a donc pu voir Mohammed Abbou, avec son autocollant, pendant 1/4 d’heure, ce qui lui a permis de constater qu’il avait repris des forces, se tenant mieux debout et parvenant à parler. Elle lui a fait part des communiqués et des articles de presse en sa faveur, ainsi que de la décision prise le 28 novembre dernier par le groupe de travail sur les détentions arbitraires des Nations unies de considérer sa détention comme une détention arbitraire en violation de l’article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’Homme et l’article 19 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques.

 

Quant à lui, il l’a informée que ses conditions de détention étaient toujours aussi pénibles et qu’il était toujours dans la même cellule avec les détenus de droit commun qui continuent à le maltraiter.

 

A la fin de notre conversation téléphonique, Samia Abbou a insisté pour que nous continuions tous à agir en faveur de la libération de Mohammed Abbou.

 

Marguerite Rollinde, vendredi 21 avril 2006


 

International campaign for release Mohamed Abbou
By Human Rights First http://www.humanrightsfirst.org/

Free Mohamed Abbou: Jailed for Denouncing Torture in Tunisia

Despite a growing international campaign for his release, Tunisian lawyer and human rights defender Mohamed Abbou is still in prison in Kef in western Tunisia, hundreds of miles from his family home in Tunis.
He is held in harsh conditions and is reported to have suffered beating by prison guards and denial of medical treatment.  To protest his harsh treatment and his politically motivated imprisonment he staged a hunger strike in March, which has contributed to a serious deterioration in his health.
Mohamed Abbou has been in prison for over a year and is serving a three-and-a-half year sentence for exposing torture in Tunisia in two internet postings, and for comparing the treatment of prisoners in Tunisia to conditions in Abu Ghraib Prison in Iraq.  Please raise your voice to call for Mohammed Abbou’s immediate release.   Standard letter Dear Minister M. Bechir Tekkari,   I would like to express my serious concern about the continued imprisonment and deteriorating health of lawyer and human rights activist Mohamed Abbou, who on April 28, 2005, was sentenced to three and a half years imprisonment after an unfair trial for publishing statements « likely to disturb public order » and for « defaming the judicial process. »  As you are aware, the charges against Mr. Abbou referred to an article he wrote in September 2004 comparing the torture and ill-treatment endured by political prisoners in Tunisia with that suffered by U.S. detainees at Abu Ghraib Prison in Iraq.    Mr. Abbou is currently being held in a prison in Kef, more than 150 miles from his home, which in itself is an unnecessary form of punishment that restricts family visits. Furthermore, I understand that Mr. Abbou is being held in a cell with common criminals and has been singled out for harsh treatment by prison guards. According to family members who have visited him in prison, he has been kicked and punched by prison guards and denied medical attention.  Prison authorities have reportedly disrupted visits by his family members, including his wife.   To protest his harsh treatment and politically motivated imprisonment he staged a hunger strike in March, which has contributed to a serious deterioration in his health. During his family’s most recent visit on March 30, Mr. Abbou reportedly appeared quite weak and was unable to walk or stand without support. International law requires that sick prisoners be provided with adequate medical care, and that in certain cases, they be transferred to specialized institutions or civilian hospitals (UN Standard Minimum Rules for the Treatment of Prisoners, 22). The conditions of Mr. Abbou’s detention and the ill-treatment to which he has been subject violate the UN Standard Minimum Rules for the Treatment of Prisoners and the UN Body of Principles for the Protection of all Persons Under Any Form of Detention or Imprisonment, which require that prisoners be treated humanely.   Furthermore, I regard Mr. Abbou’s arrest and imprisonment to be a violation of his right to free speech.  According to the 1998 UN Declaration on Human Rights Defenders, all persons have the right « freely to publish, impart or disseminate to others views, information and knowledge on all human rights and fundamental freedoms. »  The important work of Tunisian human rights defenders should be recognized by the government and they should be supported rather than persecuted for their activities. I urge your government to immediately release Mohamed Abbou from prison.        While Mr. Abbou remains in detention, we strongly urge you to ensure that his conditions of detention meet basic international standards and that he receive adequate medical care or be transferred to a civilian hospital.  International human rights law requires that all persons held in detention are treated with humanity and dignity and that they not be subjected to cruel, inhuman or degrading treatment.  The Tunisian government should ensure the application of the UN Standard Minimum Rules for the Treatment of Prisoners and the UN Body of Principles for the Protection of all Persons Under Any Form of Detention or Imprisonment, which further elaborate the basic standards to be achieved in ensuring respect for the rights of detainees.   Thank you for your attention to this most serious matter.     If you received this message from a friend, you can sign up for Human Rights First Defender Alert Network Defenders@HumanRightsFirst.org


 

Pétition relative au passeport de Mme Souhayr Belhassen

 

                      Depuis le vol de son passeport tunisien à Madrid le 26 janvier 2006 Souhayr Belhassen, Vice-présidente de la LTDH et de la FIDH et membre du conseil d’administration de la plate-forme Euromed, est dans l’impossibilité de se déplacer hors de Tunisie.   Dès son retour en Tunisie, elle a déposé le 28 janvier 2006, une demande de délivrance d’un nouveau passeport. Celle-ci est restée sans suite en dépit des multiples interventions effectuées à ce jour par des organisations nationales et internationales, et des assurances données par le Ministre tunisien des Affaires Etrangères lors de sa visite, début mars 2006 à Bruxelles, au représentant de la FIDH auprès des institutions de l’U.E.   Près de quatre mois après le dépôt de la demande de passeport, les soussigné(e)s s’interrogent vivement sur les véritables motivations des autorités tunisiennes. Solidaires de Souhayr Belhassen, ils expriment leurs craintes de la voir privée de son droit à un passeport conformément aux dispositions de l’article 13 de la DUDH et de l’article 12 du Pacte International des Nations Unies relatif aux droits civils et politiques ratifié par l’Etat tunisien; ces dispositions garantissent le droit de « toute personne de quitter n’importe quel pays, y compris le sien » ainsi que « le droit d’entrer dans son propre pays ».   Il y a toutes les raisons de craindre que cette privation de passeport ne vise en réalité qu’à empêcher Souhayr Belhassen de s’acquitter de ses responsabilités  en tant que militante des droits humains. Souhayr Belhassen bénéficie pourtant des garanties énoncées par les déclarations régionales et internationales relatives à la protection des défenseurs des droits de l’Homme: la Déclaration des Nations Unies de décembre 1998 sur la protection des défenseurs des droits de l’Homme, la Résolution du 5 février 2005 de l’Union Africaine relative à la protection accordée aux défenseurs, les Lignes directrices concernant les défenseurs des droits de l’Homme adoptée le 15 juin 2004 par le Conseil de l’UE, la Déclaration de Bamako adoptée en novembre 2000 par l’Organisation internationale de la Francophonie.   Les soussigné(e)s en appellent avec insistance aux autorités tunisiennes afin qu’elles donnent suite, dans les meilleurs délais, à la demande légitime de  Souhayr Belhassen de bénéficier d’un passeport national et réitèrent leur soutien à toutes les démarches et initiatives entreprises pour faire valoir ses droits.   Premiers signataires:
 

 

Nom et Prénom

Qualité

Signature

Sidiki Kaba

Président de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH)

 

Eric Sottas

Directeur de l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT)

 

Kamel Jendoubi

Président du Réseau Euro-méditerranéen des droits de l’Homme (REMDH) et du Comité Pour le respect des libertés et des droits de l’Homme en Tunisie (CRLDHT)

 

Mourad Allal

Coordinateur de la Plate-forme Euromed

 

Michel Tubiana

Vice-président de la FIDH et Président d’honneur de la LDH

 

Mokhtar Trifi

Président de la Ligue Tunisienne pour la Défense des Droits de l’Homme (LTDH)

 

Khemais Chammari

Fondation Euro-méditerranéen de soutien aux défenseurs des droits de l’Homme

 

Pétition relative au passeport de Mme Souhayr Belhassen

 

Nom et Prénom

Qualité

Signature

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

Amnesty International

Groupe de la Côte        

Case postale

CH-1260 Nyon                                                                                    

                                            ACTION URGENTE                                    le 20 avril 2006

 

Bonjour,

 

Une nouvelle action urgente vous est adressée car nous craignons pour la sécurité de Monsieur Lasad Jouhri depuis qu’il a fondé, fin mars, avec d’autres personnes, une nouvelle organisation dont le but est de faire traduire en justice les responsables d’actes de torture. Monsieur Lasad Jouhri est un ancien prisonnier d’opinion, détenu plus de six ans pour avoir fait partie d’Ennahda; il a été libéré en 1998. Suite à des actes de torture qu’il a subis entre 1991 et 1994, sa jambe droite est aujourd’hui partiellement paralysée et il ne peut plus marcher sans l’aide d’une béquille.

 

Le 28 mars, Monsieur Lasad Jouhri a découvert qu’on avait touché au système de direction de sa voiture. Il a alerté la police. Le 10 avril, à 20 heures, une dizaine de policiers sont venus chez lui afin de lui demander pourquoi il ne s’était pas présenté à deux convocations qu’il a reçue. Il a réussi de justesse à s’enfermer chez lui. Avant ces faits, son fils, âgé de dix-neuf ans, a été convoqué le 10 avril à 17heures, au poste de police, au sujet de sa demande de passeport. Sa demande a été rejetée. On lui a demandé pourquoi son père ne s’était pas présenté, et il a été insulté.

 

Merci d’envoyer les lettres ci-jointes au Président de la République: Monsieur Zine El Abidine Ben Ali, fax 00216 71 744 721 / 731 009, au Ministre de l’Intérieur: Monsieur Rafik Belhaj Kacem, 00216 71 340 888 / 340 880 et, ou, au mail mint@ministeres.tn

Vous pouvez envoyer des copies à :

Monsieur Zakaria Ben Mustapha                                  et                 Ambassade

Président du Comité supérieur                                                        de la République de  

des droits de l’homme et des libertés fondamentales                     Tunisie

85 Avenue de la Liberté                                                                    Kirchenfeldstrasse 63

1002 Tunis Belvédère                                                                       3005 Berne

Tunisie                                                                                               Fax 031 351 04 45

Fax 00216 71 796 593 / 784 038                                                      

                                                                                                         

Merci de votre collaboration et meilleures salutations.

 

Pour le groupe:

Marlyse Allenbach

Grand Rue 46

1297 Founex

Tél: 022.776.10.18

Fax: 022.776.73.84

E-mail: m.allenbach@safemail.ch

 


 

Reporters sans frontières

 

TUNISIE

 

 

11.04.06

TUNISIE : UN JOURNALISTE ET UN CYBERDISSIDENT EN GRÈVE DE LA FAIM

 

Reporters sans frontières est inquiète de l’état de santé du journaliste tunisien Slim Boukhdir, en grève de la faim depuis le 4 avril 2006 et de l’avocat Mohammed Abbou, en grève de la faim depuis le 11 mars 2006. L’organisation appelle les autorités tunisiennes à prendre en considération les revendications des deux hommes.

 

« Quatre mois après le Sommet mondial sur la société de l’information (SMSI), les pressions et menaces contre les journalistes et cyberdissidents n’ont pas cessé. Le cas de Slim Boukhdir illustre à lui seul cette situation : pour avoir publié des articles, son passeport a été confisqué et son salaire gelé. Il est inacceptable que la grève de la faim constitue le seul recours possible pour les journalistes réprimés parce qu’ils ont tenté de s’exprimer librement », a déclaré Reporters sans frontières.

 

« Nous tenons également a rappeler que le président Zine el Abidine Ben Ali, qui a grâcié plus de 80  prisonniers politiques le 25 février 2006, est resté sourd aux revendications des organisations internationales des droits de l’homme et de la société civile tunisienne concernant la libération de  Mohammed Abbou, emprisonné depuis plus d’un an », a ajouté l’organisation.

 

Journaliste au quotidien progouvernemental Al-Chourouk et correspondant à Tunis du site Internet de la chaîne de télévision satellite Al-Arabiya, Slim Boukhdir aurait critiqué les autorités tunisiennes dans des articles parus sur alarabiya.net. Il a notamment publié des déclarations des membres du mouvement des « grévistes de la faim du 18 octobre » et des responsables de partis politiques non reconnus en Tunisie. Il a également commenté la situation des prisonniers politiques dans le pays, en insistant sur le cas  de Mohammed Abbou.

 

Contacté par Reporters sans frontières, Slim Boukhdir a déclaré avoir été mis au ban de son quotidien, aucun de ses articles n’ayant été publié depuis novembre 2005. « Mon salaire est gelé depuis février 2006, mais on refuse de me signifier officiellement mon licenciement. On me refuse également l’attribution d’une carte de presse. Aujourd’hui, je  demande le droit à la liberté d’__expression et au travail », a-t-il expliqué.

 

Mohammed Abbou, lui,  a entamé sa grève de la faim le 11 mars 2006 pour protester contres les conditions de sa détention qui se sont détériorées depuis le 2 mars 2006, date d’un rassemblement devant la prison de Kef, où il est détenu. Ce jour-là,  son épouse, Samia Abbou était parvenue à manifester quelques instants, accompagnée de quatre de ses avocats. Le petit groupe avait brandi des portraits de l’avocat en scandant son nom. Leur voiture avait été arrêtée une quinzaine de fois par la police sur la route menant de Tunis au centre pénitentiaire. D’autres militants des droits de l’homme qui cherchaient à rejoindre le rassemblement avaient été forcés de rebrousser chemin.

 

Interrogée par Reporters sans frontières, Samia Abbou a déclaré que son mari avait beaucoup maigri et que son état de santé était inquiétant.

 

Mohammed Abbou, surnommé « l’avocat de la liberté » est emprisonné depuis le 1er mars 2005. Il a été condamné, le 29 avril 2005, à trois ans et six mois de prison, à l’issue d’un simulacre de procès. Sa peine a été confirmée en appel deux mois plus tard. L’avocat était jugé dans le cadre de deux affaires. Dans le premier dossier, il a été condamné à deux ans de prison pour la prétendue agression de l’une de ses consœurs, en 2002, sans qu’aucune preuve ne soit venue étayer cette accusation. Dans un deuxième dossier, Mohammed Abbou a été condamné à un an et demi de prison pour la publication sur Internet d’un article dans lequel il comparait les tortures infligées en Tunisie à des prisonniers politiques aux exactions de soldats américains à Abou Ghraib.

 

Maghreb & Middle-East Desk

Lynn TEHINI

Reporters Without Borders

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F – 75009 Paris

33 1 44 83 84 84

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Eclaircissements sur l’Affaire Sahbi-Hamadi

par Mondher Sfar                 J’ai suivi l’affaire « Am Hamadi » dès ses débuts et je voudrais contribuer modestement à voir plus clairement ses motivations et son déroulement.                 Il apparaît que cette affaire n’est pas un coup du régime pour semer la zizanie entre les opposants, ni même une opération visant à acheter leur conscience.                 Il apparaît clairement qu’il s’agit d’une opération initiée par le Congrès Juif Européen, dans le sillage de la pénétration sioniste dans le monde arabe. Et c’est Pierre Besnainou, d’origine tunisienne, et Président de cette officine sioniste européenne créée en 1986 qui semble être derrière cette machination, comme le prouve une correspondance de notre ami et bien renseigné M. Chedli Ayadi reçue le 4 mars 2006, que je rends publique sur sa demande (traduction): ********************************************************************************* Message du samedi 4 mars 2006 à 00,57 heures   Objet : Pour information Personnel Cher frère,                 Je viens d’apprendre à l’instant qu’un des leaders sionistes européens a conseillé à la « tête du régime en Tunisie » de contrôler et de maîtriser le plus grand nombre possible d’opposants à l’intérieur du pays et à l’extérieur pour faciliter au régime l’exécution de ce que le Congrès Juif Européen lui demandera de faire.                 De même qu’il y a un projet de création d’une association civile constituée de certains opposants au régime vivant en Tunisie ou à l’étranger, contre des avantages moraux et matériels.                 Un des agents du régime de Ben Ali m’a contacté personnellement hier le 2/3/2006 à 23 heures (heure de Damas) où il a réitéré sa demande que je retourne en Tunisie et que je travaille dans les Services spéciaux de la Sûreté au rang de haut fonctionnaire de l’Etat. J’ai posé une condition « impossible » : la création d’une haute instance de la Sûreté nationale et des libertés fondamentales qui s’occuperait de la sécurité du pays et des citoyens et de la société civile tunisienne en s’appuyant sur des enquêtes documentées ; de même elle aura pour fonction de faciliter administrativement et sur le terrain l’exercice de la démocratie dans tous ses aspects et qu’elle s’oppose à la tendance de l’appareil sécuritaire à commettre des coups bas publics ou privés et qu’elle veille à punir ceux qui ne respectent pas la vie humaine et son intégrité physique qu’ils appartiennent à la sécurité civile ou militaire.                 De même j’ai demandé que le bureau de cet organisme soit secondé d’un comité formé de figures connues pour leur intégrité et leur indépendance des sphères du pouvoir, à recruter au sein de la société civile des avocats des juges et de figures de proue dans l’opposition dans l’exil. De même j’ai exigé que je prenne moi-même en charge ce comité qui doit dépendre de la personne du chef de l’Etat sans ingérence de nulle part ailleurs. Et j’ai demandé qu’en cas d’accord sur ce ces principes ce projet soit publié dans le Journal officiel de la République avant mon retour en Tunisie.                 Mon correspondant a alors éclaté de rire assez longuement et m’a répondu carrément que ma demande constitue un coup d’Etat blanc, ce qui donnerait aux hommes de sécurité de me liquider et qu’il n’est pas prêt à transmettre cette proposition, puis il a ajouté : « Crois-tu que nous sommes en Suisse et que les composantes de la société civile sont des anges dignes de se sacrifier pour elles. Chacun ne pense qu’à son intérêt et la plupart aspire à s’attirer les faveurs de Belhassen Trabelsi. Ce sont des vipères qui rampent sur leur ventre et pour leur ventre qui sacrifient leur honneur et leur dignité pour un peu plus de pouvoir d’achat et pour les honneurs. Reviens à toi, Chedli ! et rends-toi compte que ce qu’on te propose bien des gens souhaiteraient bien qu’on le leur proposent. »                 C’est pourquoi, [Mondher !] au nom de l’amitié et de la fraternité je vous mets en garde et que Dieu m’en soit témoin : ne vous faites pas abuser par des promesses alléchantes de toute personne qui voudrait vous parler de votre retour en Tunisie. De même que je vous demanderais de me mettre au courant de tout projet de retour au pays.                 Signé : Chedli Ayadi, 04/03/2006 12 :43/45 *****************************************************************                   Ces renseignements ont été corroborés au cours de la mission de Hamadi Ferjaoui/Sahbi Amri où le nom de Besnainou a été prononcé en tant qu’enquêteur en Tunisie au profit d’Israël pour recenser tous les juifs tunisiens et dont le Rapport a été communiqué tant à l’Etat d’Israël qu’aux autorités tunisiennes.                 La nature sioniste de l’opération est en outre prouvée et de façon définitive par les deux lettres tonitruantes de Sahbi Amri appelant à la création d’une ambassade israélienne, lettres visées par des parties sionistes à Tunis (voir Houcine Mhamdi dans Tunisnews du 10 février 2006.).                 C’est ainsi que lors de leur séjour à Paris, Sahbi Amri et Mohamed Ferjaoui ont oeuvré pour la création d’une association en vue d’initier un mouvement d’amnistie des prisonniers politiques au sein d’une « Commission d’Amnistie, de Réconciliation et de Réinsertion des Tunisiens de la Diaspora. » à caractère « purement humanitaire », avec projet de création d’un journal « El Aoudaa – Le Retour ». Ce dernier point a évolué en proposition de captation du journal l’Audace pour les mêmes objectifs, qui a échoué.                 De même, il a été question de réanimer le Comité Provisoire des Juifs Tunisiens, créé à l’Indépendance mais il n’a jamais fonctionné depuis. L’idée avancée est d’organiser le retour des juifs tunisiens, et de promouvoir le « droit à la différence ». En plus donner à ce CPJT l’initiative de lancer un appel à Ben Ali pour la libération des prisonniers politiques, à qui Ben Ali répondra favorablement ; opération devant déboucher sur un appel en faveur de l’ouverture d’une ambassade israélienne à Tunis. De même il était question de faire de Ben Ali l’initiateur d’une réconciliation israélo-palestinienne. Il est à rappeler qu’au cours du séjour de Sylvain Shalom en Tunisie lors du SMSI, il a été question d’une visite de Ben Ali à Jérusalem (voir Guysen News du 20 novembre 2005 : « Tunis s’ouvre au monde. »). L’on doit comprendre ici le sens de l’adhésion (non encore documentée) ces derniers temps de la « Communauté juive de Tunisie » présidée par Roger Bismuth au Congrès Juif Européen : autant d’indices qui montrent que la Tunisie est particulièrement visée dans le projet du Congrès Juif Européen de sioniser le monde arabe, surtout après la réussite de la même opération en Mauritanie, en inscrivant la Tunisie en deuxième position.                 En fait, le projet de Besnainou de précipiter la reconnaissance d’Israël a totalement foiré une première fois lors du SMSI. Cet échec on le doit à la mobilisation de la société civile tunisienne contre la visite de Sharon, la déclaration de Me Néjib Chebbi, la résistance et l’emprisonnement de Me Abbou, et le renoncement de Sharon à venir en Tunisie. Les pressions officielles d’Israël pour pousser Ben Ali à la reconnaissance de l’Etat sioniste à cette occasion ont échoué. Mais, l’éviction de Shalom du dernier Gouvernement israélien a achevé de ruiner tous les efforts déployés pour mettre en œuvre le projet sioniste en Tunisie.                 C’est sans doute dans ces conditions qu’a été prise l’initiative du Congrès Juif en Europe pour mettre en œuvre une opération de captage de l’opposition tunisienne, et donc de la neutralisation de ceux qui demain pourront s’opposer au projet sioniste, comme ce fut le cas lors du SMSI.                   Et c’est Hamadi Ferjaoui qui a été recruté pour mettre en œuvre l’opération de captage de l’opposition. Il semble que bien des indices montrent que celui-ci est un homme d’affaires qui a réussi ces dernières années à se lier d’amitié avec Ben Ali, et qui est proche des milieux sionistes, en tout cas qui croit que la Tunisie a tout à gagner à se rapprocher d’Israël. Ces amitiés sont illustrées par exemple par le fait que quand il s’est rendu à l’Aéroport de Carthage pour cette mission, il a été accompagné par le rabbin tunisien. Plus remarquable encore, le rôle qu’on a voulu faire jouer à Sahbi Amri dans cette affaire, avec ses appels tonitruants pour l’établissement d’une Ambassade israélienne en Tunisie, et la tarte à la crème du ‘dialogue des civilisations’, en poussant ce zèle jusqu’à des attaques violentes contre l’Ambassadeur américain à Tunis, accusé de manquer d’enthousiasme pour la cause sioniste en Tunisie.                 Pourquoi l’opération devait elle échouer à court ou à moyen terme ? Tout d’abord, le projet est destiné à un échec programmé dans la mesure où naïvement l’on demande à des opposants au régime d’accepter la sionisation de la Tunisie. C’est cette contradiction qui semble avoir échappé aux promoteurs et aux exécuteurs du projet. Il semble que l’adhésion aveugle et suicidaire de Sahbi Amri au projet les ait enhardi et les a fait croire que tout le monde est un « Sahbi Amri » en puissance. C’est pourquoi Hamadi Ferjaoui a évité devant ses interlocuteurs de parler du vrai sens du projet, en nous expliquant faussement que Ben Ali est mal conseillé et qu’il est victime de son entourage dans l’appareil sécuritaire qui comploterait contre lui en lui faisant croire que l’opposition lui en veut personnellement, et en lui faisant endosser la répression dans le pays. Il nous a demandé de l’aider car dit-il Ben Ali doit changer de politique, autrement il aura le même sort que Saddam Hussein. Autrement dit, Ben Ali sera prêt à engager les réformes et qu’il manifestera sa bonne volonté en libérant les prisonniers politiques et en rendant leurs passeports à ceux qui en sont privés. C’est ainsi qu’au cours de son séjour européen, il rencontra plusieurs opposants qui lui ont soumis leurs doléances, mais à ma connaissance il n’a pas exigé d’eux de se renier ou de déclarer leur adhésion au régime. La seule chose qu’il a demandée en tout cas aux débuts des rencontres a été que l’on cesse d’attaquer la personne de Ben Ali, et qu’on puisse critiquer le reste, y compris la maffia de Leila et des Trabelsi. Ainsi nous a-t-il caché le vrai sens de sa démarche.                 Je n’ai pas été le seul à trouver cette proposition acceptable, dans la mesure où elle pourrait déboucher sur la libération des prisonniers et l’allégement des souffrances de certains opposants, surtout en l’absence de volonté d’en finir avec le régime. Ces souffrances sont en effet gratuites et inhumaines. C’est ainsi qu’Ahmed Ouerghemi, un des opposants les plus farouches à Ben Ali qui a souffert depuis près de vingt ans sans passeport et sans papiers a été bien reçu au Consulat tunisien et on lui a remis un reçu pour venir plus tard récupérer son passeport, lui et sa fille qui a vécu depuis sa naissance à Paris sans existence administrative. Mais, M. Ouerghemi m’a expliqué récemment qu’on lui a demandé de présenter ses excuses à Ben Ali, ce qui semble avoir précipité la rupture.                 Mais lors du retour de Hamadi Ferjaoui en Tunisie, rien n’a avancé. Il nous a déclaré qu’il a rencontré des « difficultés », mais qu’il garde confiance dans la suite du projet. On en était là jusqu’à la publication du communiqué de Taïeb Smati qui a précipité la rupture totale qui était déjà à l’ordre du jour depuis près d’un mois, car on s’accrochait encore à l’espoir de résoudre les problèmes humanitaires de certains opposants.                 Que conclure ? l’échec de la mission de Hamadi Ferjaoui a-t-il été précipité par une fraction du pouvoir sécuritaire (Ganzoui, ou l’entourage de Ben Ali ?) qui a refusé de jouer le jeu. Pourquoi ? Mystère.                 Mais il reste encore un autre mystère plus important : comment expliquer les attaques violentes des sionistes tunisiens par la voix de Sahbi Amri contre l’Ambassadeur américain à Tunis ? La guéguerre que se livrent entre eux les juifs de Djerba et les juifs de Tunis y est-elle pour quelque chose ? Ou bien les sionistes voudraient-ils mettre en échec l’appui de l’administration américaine à la société civile dans son combat contre la dictature de Ben Ali, ce qui expliquerait l’audace des ‘Tunisiens’ quand ils s’en sont pris à Neila Charchour à son retour des Etats-Unis ? En bref, on a l’impression que l’appareil de l’Etat tunisien, y compris le Palais de Carthage, est devenu le jouet des puissants de ce monde. Ben Ali y puise sa force. Mais ils sont aussi son point faible.                 C’est pourquoi l’affaire est d’une grande importance pour l’avenir de notre pays. Nous tous devons y veiller de près.
                Paris, le 21 avril 2006                 Mondher Sfar                 msfar@wanadoo.fr

 


 

« Le Libre Tunisien », Edition 1, Numéro 1, est paru le 20 avril 2006

SOMMAIRE : EDITORIAL :………….. page 2 ACTUALITES – Grippe aviaire : Pourquoi les tunisiens doutent-ils des déclarations officielles ? Malek Khadhraoui………..page 3 – Grippe aviaire : quels risques pour l’Homme ? Chiheb Lakhoua………….page 4 – Rapprochement stratégique entre la Tunisie et l’Algérie dans le domaine des hydrocarbures Selma Alouani……………page 6 – Pour la promotion d’une économie libre Mourad Dridi………………page 8 AFFAIRES INTERNATIONALES – Menaces américaines de frappes nucléaires sur des sites stratégiques iraniens Malek Khadhraoui………..page 9 – La communauté internationale hésite devant l’intransigeance de l’Iran Walid Snoussi…………..page 10 – L’Ukraine peine à se libérer de l’emprise de son voisin Russe Leila Fourati……………..page 11 REFLEXIONS ET OPINIONS – Discours et réalités des clans de la démocratie en Tunisie Mokhtar Yahyaoui………page 13 – Toutes les économies libres mènent à la liberté Mourad Dridi…………….page 17 HISTOIRE ET CIVILISATIONS – histoire, mémoire et identité où les piliers de la conscience citoyenne Cyrine Ben Hammouda..page 20 CULTURE – Anslem Kiefer, majestueux ! Fraj Brik………………….page 22 PINCE-SANS-RIRE – Péage douloureux Zahwa……………………page 24 Le Libre Tunisien est un mensuel payant. Toutefois, nous le proposons, pour les prochains mois, gratuitement à tous nos lecteurs. Ceci ne vous empêche pas de soutenir le développement, la promotion et la production dudit mensuel en l’achetant en ligne. Nous vous remercions d’avance pour votre soutien financier et participation active à la promotion du mensuel, Le Libre Tunisien. Pour consulter le mensuel, Le Libre Tunisien: http://libre-tunisien.org

 

 

EDITORIAL

Le pouvoir et l’action

 

La politique, dans sa définition la plus noble est synonyme d’action et de proposition. Toute prétention politique doit forcement s’accompagner, pour être crédible, de propositions tangibles et de perspectives claires. A défaut, elle se transforme en une course effrénée et pathétique pour le pouvoir. Le pouvoir non plus comme un moyen d’action positive, mais le pouvoir en tant que fin en soi. Le mouvement, communément appelé, « mouvement du 18 octobre », qui, toute proportion gardée, peut être considéré comme l’action politique d’opposition, la plus aboutie depuis 1987, a révélé un fait inédit. Une configuration nouvelle qui, si elle est prise à sa juste mesure, pourrait changer à jamais la réalité de la scène politique tunisienne. Ce qu’a confirmé l’après 18 octobre c’est l’existence en Tunisie d’une nouvelle forme d’oppositions. A l’instar du pou -voir pour le pouvoir, il existe maintenant, l’opposition politique comme un moyen d’exister ; L’opposition comme une fin en soi. Une fois la fièvre de cet élan démocratique du 18 octobre retombée, et tous les beaux discours d’unions et de concertations se sont transformés en une grande sauterie politicienne, la nature profonde de chacun des protagonistes a repris le dessus. La nature de ces tractations entre les forces politiques d’opposition n’était pas de savoir comment faire pour être à la hauteur des espérances suscitées, mais comment faire pour étendre un peu plus son pouvoir d’opposant ! Alors que l’action et la proposition, donnent à la politique tout son pouvoir, l’action et la proposition sont devenues, pour l’opposition tunisienne, leurs pires ennemis. Cette peur viscérale de l’action et le manque de projets qui la caractérise, reflètent principalement, l’incapacité de l’opposition actuelle d’apporter une critique constructive aux actions du pouvoir en place. En dehors de ce qui sert le pouvoir à se maintenir, à savoir la répression, la censure et l’intimidation, inévitable au sein d’un régime totalitaire, les forces politiques d’oppositions n’arrivent pas à formuler la moindre contre proposition, le moindre projet d’alternance crédible. Pour pallier à ce manque d’idées, les chefs de files de l’opposition dite « démo -cratique » ont choisi la solution de la facilité. En anaphore au désert intellectuel qui caractérise leurs rangs, ils appellent à la révolution et au soulève- ment populaire. De la phraséologie, pour remédier aux manques de propositions ! Ce qui consiste en somme à vendre de l’utopie pour pouvoir condamner ce qui existe par ce qui n’existe pas. La force politique en place, en plus de posséder le pouvoir absolu, se trouve être dans les faits le vrai moteur de l’action politique, économique et sociale dans le pays. Le régime actuel, en plus de faire le nécessaire pour s’accaparer le pouvoir, tante tant bien que mal de s’inscrire dans une logique d’action. Apres presque vingt années du même pouvoir politique, personne ne peut contester que le vecteur du progrès soit incontestablement positif. Toutes les forces vives de cette nation qui acceptent par défaut le pouvoir politique en place, ont indubitablement fait le choix de l’action. Ils acceptent de payer de leur liberté cette action, en étant convaincu que c’est le prix à payer pour ne pas se complaire dans les affres de l’immobilisme et la régression. Entre être « des chien errants » selon le vocabulaire d’un baron de l’opposition, partir en croisade contre des moulins à vent ou sacrifier une partie de leurs libertés pour aller de l’avant, et cela même, à pas de tortu, les tunisiens semblent avoir choisi…mais avaient-ils vraiment le choix ? (Source : « Le Libre Tunisien », Edition 1, Numéro 1, le 20 avril 2006)

Site web : http://libre-tunisien.org

 


Forum social tunisien :

Demain, assemblée constituante

 

Tunis-Le Quotidien

 

L’Assemblée constituante du Forum social tunisien se tiendra demain au siège de l’UGTT.

 

De nombreuses organisations non-gouvernementales et associations ont manifesté leur attachement à adhérer à cette «dynamique» mondiale régie par la charte de Porto Alegre. Cette dernière préconise que seules les ONG indépendantes des partis politiques, des gouvernements et des patrons sont autorisées à adhérer aux forums sociaux locaux et régionaux.

 

La dynamique des forums sociaux dont le «détonateur» était le congrès de Porto Alegre se veut le «dernier rempart» contre la mondialisation à visage inhumain ainsi que l’«unique alternative» pour l’instauration de la justice sociale et la défense des droits des travailleurs et des populations défavorisées, menacés par le libéralisme débridé.

 

(Source : « Le Quotidien » du 21 avril 2006)


Le président algérien poursuit son séjour « pour suivi médical » à Paris

 

AFP, le 21.04.2006 à 12h48

PARIS, 21 avr 2006 (AFP) – Le président algérien Abdelaziz  Bouteflika poursuivait vendredi à Paris son séjour pour « suivi  médical », a indiqué le ministère français des Affaires étrangères en  refusant d’en préciser la durée.

 

« A ma connaissance, le président Bouteflika se trouve toujours  en France », a affirmé le porte-parole, Jean-Baptiste Mattei lors  d’un point de presse. « Ce n’est pas à nous de donner des détails ni  sur la durée ni sur la nature du séjour. »

 

M. Mattei a également refusé de préciser le lieu de séjour du  chef de l’Etat algérien. « C’est une visite de caractère privée. On  n’a pas l’habitude de donner de détails sur ce point là. Je vous  renvoie plutôt aux autorités algériennes », a-t-il répondu à une  question.

 

Le porte-parole a redit que M. Bouteflika était en France « pour  une visite de suivi médical qui était prévue de longue date et qui  intervient à la suite de l’opération qu’il avait subie au mois de  novembre dernier ».

 

Le président algérien avait été opéré et hospitalisé trois  semaines l’année dernière, à l’hôpital militaire parisien du  Val-de-Grâce, officiellement pour un « ulcère hémorragique au niveau  de l’estomac ».

 

Après cette hospitalisation, du 26 novembre au 17 décembre, il  avait passé deux semaines de convalescence dans un palace de la  capitale française, l’hôtel Meurice, avant de regagner Alger.

 

Son nouveau séjour survient dans une nouvelle période de tension  entre la France et l’Algérie. Lundi, M. Bouteflika avait dénoncé un  « génocide de l’identité » algérienne par la France durant la  colonisation (1830 à 1962).

 

Le séjour de M. Bouteflika en France a été dénoncé par plusieurs  députés de droite et par l’extrême droite.

 

AFP


 

Bouteflika-Interrogations sur la nouvelle hospitalisation

 

Reuters, le 21.04.2006 à 13h16

PARIS, 21 avril (Reuters) – La version officielle de l’hospitalisation à Paris d’Abdelaziz Bouteflika – un suivi médical de routine – suscite vendredi de nombreuses interrogations dans les journaux français et la sphère politique.

 

Le président algérien, qui est âgé de 69 ans, a été admis mercredi soir à l’hôpital militaire du Val-de-Grâce pour un « bilan de santé », cinq mois après y avoir été opéré d’un ulcère hémorragique à l’estomac.

 

Le ministère français des Affaires étrangères a confirmé vendredi que ce suivi médical était lié à l’intervention chirurgicale alors subie par le président algérien.

 

« Je peux vous confirmer que M. Bouteflika se trouve en France pour une visite de suivi médical qui était prévue de longue date et qui intervient à la suite de l’opération qu’il avait subie au mois de novembre dernier », a déclaré le porte-parole du Quai d’Orsay, Jean-Baptiste Mattei.

 

Il a précisé qu’à sa connaissance Abdelaziz Bouteflika se trouvait « toujours en France » vendredi.

« On ne doit pas nous prendre pour des naïfs », s’indigne Bernard Debré, député UMP de Paris et chef du service urologie de l’hôpital Cochin dans les colonnes du Parisien.

 

« Ce qu’on nous annonce ne cadre pas avec ce qui se passe aujourd’hui », explique-t-il.

 

« Quand un ulcère hémorragique a été traité puis guéri, il s’agit d’effectuer un simple contrôle fibroscopique, qui peut être fait dans n’importe quel hôpital algérien. On peut se demander pourquoi Bouteflika vient à Paris pour un contrôle aussi simple ».

 

La rareté des informations sur l’état de santé du président algérien lors de son hospitalisation à Paris fin novembre avait alimenté diverses rumeurs, qu’Abdelaziz Bouteflika s’était efforcé de dissiper en apparaissant à la télévision avant son départ de France.

 

On l’a vu depuis dans plusieurs grands rendez-vous internationaux et en tournée en Algérie. Lors de l’un de ces déplacements, dimanche, il s’en est de nouveau pris à la France, qu’il a accusée de « génocide de l’identité algérienne » pendant les 132 années de colonisation.

 

TROISIEME VISITE EN CINQ MOIS?

 

Pour les journaux français, cette « sortie » virulente prouve que l’hospitalisation d’Abdelaziz Bouteflika n’était pas prévue de longue date mais qu’elle est due à une brusque aggravation de son état de santé.

 

« On le voit mal en effet s’en prendre aussi violemment à la France cinq jours avant de venir y effectuer un contrôle médical au risque d’être moqué par des Algériens incrédules face à une telle contradiction », écrit Libération.

 

Selon Le Figaro, cette nouvelle hospitalisation serait la troisième depuis l’intervention chirurgicale de l’an dernier.

 

Ces « fréquentes visites accréditent la thèse d’une maladie beaucoup plus grave qu’un simple ulcère, un cancer de l’estomac », estime Le Parisien.

 

Le député UMP Jérôme Rivière a annoncé son intention de saisir le ministre des Affaires étrangères « pour connaître les raisons pour lesquelles la France accepte de recevoir et soigner un chef d’Etat qui, jour après jour, insulte notre pays, son histoire et ses concitoyens ».

 

Réélu en 2004 pour un second mandat de cinq ans, Bouteflika est considéré par de nombreux Algériens comme celui qui a ramené la paix après plusieurs années de violences islamistes.

 

« Il y a un sentiment national très puissant en Algérie », confirme Benjamin Stora, historien spécialiste de l’Algérie, interrogé sur les propos antifrançais de Bouteflika.

 

Il y a à ses yeux plusieurs explications à cette nouvelle attaque du président algérien.

 

Alger considère notamment que Paris est « trop engagé aux côtés du Maroc » dans le dossier du Sahara occidental et a le sentiment que ses ressortissants ne sont pas traités sur un pied d’égalité avec les Marocains et les Tunisiens en matière de visas.

 

« C’est un contentieux qui dure depuis plusieurs années et dans ce contexte Alger s’est rapproché de Washington et même de Moscou » à l’heure où l’Algérie, grand producteur de pétrole et de gaz, occupe « une position très forte sur la scène internationale » en raison des tensions sur les marchés énergétiques.

 

REUTERS


 

La santé de Bouteflika soulève « plus que des doutes » (député français)

 

AFP, le 21.04.2006 à 07h47

                      PARIS, 21 avr 2006 (AFP) – Un député français et professeur de  médecine, Bernard Debré, a déclaré avoir « plus que des doutes » sur  l’état de santé du président algérien Abdelaziz Bouteflika, à Paris  depuis jeudi officiellement pour passer des « examens médicaux ».

                      « Ce qu’on nous annonce ne cadre pas avec ce qui se passe  aujourd’hui. Si à l’origine, c’était un simple ulcère, les médecins  algériens pouvaient parfaitement le traiter en dix jours. Or, il est  venu à Paris et est resté hospitalisé pendant plus d’un mois. On ne  doit pas nous prendre pour des naïfs », a-t-il déclaré dans le  quotidien Le Parisien de vendredi.

                      M. Bouteflika avait été opéré et hospitalisé pendant trois  semaines à Paris fin 2005 pour un « ulcère hémorragique au niveau de  l’estomac ». Il séjourne de nouveau à Paris pour, officiellement,  subir un contrôle de suivi post-opératoire, après avoir tenu des  propos virulents contre la colonisation française.

                      Interrogé à propos de cette nouvelle hospitalisation du  président algérien après ses déclarations contre la France, M. Debré  a déclaré ressentir « une très grande fierté pour la médecine  française. Et de la tristesse pour la médecine algérienne ».

                      « Après nous avoir copieusement injuriés, il vient nous demander  de l’aider. Il aurait pu éviter ses déclarations intempestives », a  déclaré le Pr Debré.

                      M. Bouteflika avait dénoncé lundi un « génocide de l’identité »  algérienne par la France durant la colonisation (1830 à 1962).

 

AFP

 


Le Hamas prêt à la paix après le retour aux frontières de 1967 (Mechaal)

   

AFP, le 21.04.2006 à 06h49

                      BERLIN, 21 avr 2006 (AFP) – Le Hamas est prêt à vivre en paix  avec Israël si l’Etat hébreu se retire des territoires occupés  depuis 1967 et de Jerusalem-Est, a affirmé vendredi à la télévision  allemande le chef du bureau politique du mouvement islamiste  palestinien, Khaled Mechaal.

                      « Israël doit se retirer des territoires qu’il occupe depuis  1967. Cela comprend la capitale Jerusalem et le droit des réfugiés  (palestiniens) à retourner chez eux, ainsi que le démantèlement des  colonies juives, la destruction du mur de séparation et la  libération de tous les détenus », a-t-il dit à la chaîne publique  ZDF.

                      « Si et seulement si Israël fait cela, alors le Hamas, les  Palestiniens, les Arabes et les musulmans seront prêts à une vraie  paix », a ajouté Khaled Mechaal.

                      Qualifiant l’attentat-suicide de Tel-Aviv lundi, qui a fait dix  morts dont le kamikaze, et de nombreux blessés, « d’acte  d’autodéfense », le responsable du Hamas a estimé que la « communauté  (internationale) aurait mieux fait de stopper l’agression  israélienne que de punir le peuple palestinien pour avoir choisi son  gouvernement lors d’élections libres ».

                      Les Etats-Unis et l’Union européenne ont décidé de cesser leur  aide financière directe à l’Autorité palestinienne après la  formation d’un gouvernement dirigé par le Hamas, exigeant du  mouvement qu’il reconnaisse Israël, qu’il renonce à la lutte armée  et qu’il respecte les engagements des précédents gouvernements  palestiniens.

                      Selon le chef en exil du Hamas, de nombreux pays se sont  déclarés prêts à soutenir financièrement le nouveau gouvernement  palestinien. « L’Iran s’est engagé à hauteur de 50 millions de  dollars, l’Arabie Saoudite à 92,5 millions, le Qatar à 50 millions  et la Russie à 10 millions de dollars », a affirmé Khaled Mechaal,  ajoutant que d’autres pays allaient suivre et que la Ligue arabe  avait déjà ouvert un compte bancaire.

                      Dans le quotidien allemand en ligne Netzeitung, le ministre  délégué allemand aux Affaires étrangères Gernot Erler (SPD) a  demandé à Moscou de stopper son aide financière au nouveau  gouvernement palestinien après l’attentat de lundi.

 

AFP

 


Voile: la « Route d’Elissa », un message de paix en Méditerranée

         

Associated Press, le 19.04.2006 à 20h23

            

                      TUNIS (AP) — Une cinquantaine de navigatrices de France, du Portugal, d’Espagne, d’Italie, d’Angleterre, de Grèce, de Monaco, du Liban et de Tunisie prendront part le 13 août à la deuxième édition de la « Route d’Elissa », une régate qui retrace la traversée de la Méditerranée par la princesse phénicienne fondatrice de

Carthage.

                      Les concurrentes partiront de Carthage, en Tunisie, en direction du port de Tyr, au Liban, pour refaire en sens inverse le périple d’Elissa. Il y a plus de 2.800 ans, celle que les Romains appelaient la « reine Didon » a fui son royaume pour échapper aux complots de son frère Pygmalion qui voulait s’en débarrasser après

avoir assassiné son mari Sicharbas.

                      La course qui durera une dizaine de jours pour un parcours de 1.400 miles nautiques, verra la participation d’une douzaine de monotypes GIRO 34 (34 pieds, soit 10,65m de long).

                      Selon les organisateurs, ces bateaux à voilure importante spécifiques à la navigation au large et aux grandes traversées, sont équipés de tous les moyens de sécurité et des outils de communication modernes, ainsi que d’un compartiment de vie (couchette, cuisine, hygiène…).

                      « La route d’Elissa célèbre l’une des plus belles légendes de l’antiquité, la traversée de la princesse tyrienne venue donner naissance à la puissante Carthage en 814 avant JC », a déclaré mercredi son promoteur, Néjib Gouia, lors d’une conférence de presse.

                      Selon lui, « elle constitue un mythe fort en symboles, aujourd’hui très significatifs: la fraternité et l’amitié entre les peuples et la consécration de la femme et de son rôle dans la société ».

                      Pour le ministre tunisien du tourisme, Tijani Haddad, cette manifestation, placée sous l’égide de l’ONU, entend aussi véhiculer « un message de paix dans un monde marqué par les turbulences conflictuelles ».

                      La première édition Tyr-Carthage avait été remportée à l’été 2004 par la navigatrice française Frédérique Brulé.

 

Associated Press


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