20 octobre 2004

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TUNISNEWS

  5 ème année, N° 1614 du 20.10.2004

 archives : www.tunisnews.net


الاتحاد العام لطلبة تونس – الخط النّقابي الرّاديكالي: بـلاغ إعـلامـي – لائحة الإضراب العام

عبدالوهاب عمري: السيدة عزيزة العياري تتعرض للتعنيف

صلاح الدين الجورشي: الحملة الإنتخابية تصطدم بعزوف التونسيين

د. أحمد القديدي: كلمة حق في صديقي مجيد بودن

الهادي بريك: للصائم فرحتان المصافحة التاسعة

الشيخ راشد الغنوشي: حال الأمة في رمضان خميس الخياطي: لزهر عروش، سفير الـ زيرو ويت ..

سمير صبح: بين دخول البرلمان والعمل في عمق المجتمع  – المغرب… الإسلاميون والمعطيات الجديدة

القدس العربي: لقاء مع ألان مينارغ نائب مدير عام اذاعة فرنسا الدولية عقب استقالته بضغط من اللوبي اليهودي


ATS: Une victime de tortures en Tunisie demande réparation à Genève
AFP: Présidentielle: un candidat accuse les médias d’avoir « éclipsé » son initiative
AFP: Le régime Ben Ali promet transparence et démocratie, l’opposition incrédule
AFP: Fierté du régime, l’économie fait face désormais aux défis de l’ouverture
Alternatives citoyennes: Nous sommes des citoyens, non des marionettes Nadia Omrane: La liste Ben Arous Initiative démocratique/Communistes démocrates – Une affaire à suivre Meryem Marzouki: A Paris, l’opposition au grand complet débat et se cherche
tunezine: Ben Ali n’est rien que le directeur d’une grande prison
Le Temps: Quand l’opposition vote Ben Ali Le Monde: Alain Ménargues a démissionné de ses fonctions à RFI Libération: Sharon fera la paix… quand les Palestiniens seront finlandais

Le Monde: Le « sionisme chrétien » inspire certains bataillons électoraux de M. Bush Oumma: La vérité sur une jeune fille au crâne rasé


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Les prisonniers à « caractère spécial »

Ou

La tragédie des prisonniers politiques en Tunisie

Un livre contre la violence du déni

Seizieme partie

Annexe 4  

  Sous le signe de l’urgence 

  de l’amnistie générale  

 

    Rapport du CNLT sur les procès jugés par le tribunal militaire de Baba Saadoun et Bouchoucha en août 1992 (Résumé)   

   Le Procès jugé par le tribunal militaire en août 1992 a constitué un tournant dans la vie politique tunisienne de “l’ère nouvelle”. Il a été le point de départ du rouleau compresseur qui a écrasé l’ensemble de la société civile et les contre-pouvoirs naissants.   

  C’est là que la justice aux ordres a été consacrée, c’est là que le barreau a été marginalisé et les droits de la défense ostentatoirement bafoués, c’est là que la machine de la torture a été officiellement couverte, c’est là que le plus gros contingent de prisonniers politiques a été constitué avec 46 condamnations à perpétuité et c’est là que l’état policier a été mis en place.   

  Ce procès a également été critérium pour vérifier la véracité du discours sur l’état de droit que le nouveau régime prétend avoir inauguré en supprimant la Cour de sûreté de l’état, en promulguant des textes protégeant les droits des justiciables comme la limitation de la garde à vue et de la détention préventive, la ratification sans réserves de la convention internationale contre la torture et toute la panoplie de textes qui ont permis de conforter son image démocratique.    

    Si ce procès ne constitue pas à proprement parler un précédent d’instrumentalisation dans les annales de la justice de la Tunisie indépendante – d’autres crises comme la crise youssefiste en 57, I’instauration de la Cour de sûreté de l’état pour réprimer le mouvement estudiantin en 68 ou la crise syndicale en 78 en ont été de tristes illustrations – il constitue néanmoins l’événement majeur de cette dernière décade.   

  Par delà les considérations d’ordre éthique de ce massacre organisé d’une société émergeante et le gâchis induit dont la Tunisie paie aujourd’hui encore les effets, c’est l’avenir hypothéqué par cette lourde facture que tente de dégrever dix ans après le CNLT. en jetant une lumière sans complaisance sur ce procès resté à ce jour “sous embargo” et en tentant de démonter les mécanismes multiformes de cette mise en scène laborieuse, sans conteste la plus meurtrière, qui a touché nos institutions.   

   Contexte général   

   Entre le 9 juillet et le 30 août 1992 se déroulent en même temps à Bab Saadoun (affaire N° 14339) et à Bouchoucha (affaire N° 76111) deux procès devant deux tribunaux militaires qui auront à juger 279 membres présumés du mouvement islamiste non reconnu “Ennahdha”, accusés de “complot visant à changer la forme du gouvernement”. Ces procès vont marquer un tournant dans la vie politique de la Tunisie. Outre le fait qu’ils serviront à liquider un adversaire politique que les élections truquées de 1989 auront révélé comme une force politique menaçante pour le pouvoir, ces procès vont servir de prétexte à la neutralisation de l’armée qui sera décapitée à cette    occasion. En effet, dans ces procès artificiellement séparées (puisqu’on trouvera les mêmes pièces versées au dossier) on découvre en fait trois affaires, celle d’Ennahdha dont la quasi totalité des dirigeants seront jugés et condamnés, celle du groupe dit “Taleaa El Fida” dont on entendra plus parler et enfin l’affaire appelée “Baraket Essahel” où des officiers de l’armée auraient tenté de fomenter un complot.   

  Ce qu’il convient de relever, c’est que non seulement le tribunal évacuera lui-même l’affaire dite “Baraket Essahel” dont l’existence n’a pu être prouvée “sauf dans l’imagination des enquêteurs de la sûreté de l’état” diront les avocats (2) constitués dans cette affaire; mais les officiers injustement impliqués et innocentés par le tribunal ont été radiés de l’armée, certains à l’âge de 30 ans. Ce limogeage n’a pas concerné que les militaires impliqués (une cinquantaine), il a touché également un grand nombre d’officiers supérieurs de l’armée, arrêtés puis relâchés sans aucune inculpation (cf. annexe N°4).   

  Enfin ce procès révélera la véritable institution qui tient désormais les rennes du pouvoir: la police. C’est en effet son pouvoir absolu qui sera mis en place à l’occasion de ces procès, c’est elle qui fera régner une terreur exemplaire, c’est elle qui se substituera à l’autorité judiciaire et définira le cours des procédures, c’est elle qui manipulera des médias complaisants, c’est elle qui fera taire les structures insoumises de la société civile.   

    A cet effet, il convient de rappeler le contexte qui prévalait alors :     

   – En mars 1989, les élections législatives – dominées par une bipolarisation politique largement encouragée par le pouvoir – débouchent sur une grande déception et un nouveau monopole du parti au pouvoir sur le parlement.     

   – La centrale syndicale (UGTT) est mise au pas au congrès de Sousse (1989).     

   – 1990, profitant de la guerre du Golfe, une censure inaccoutumée bâillonne la presse et fait disparaître du paysage médiatique la presse libre. Une pétition signée par 300 intellectuels s’élève contre ce verrouillage.     

   – Fin 90 – début 91, des manifestations massives d’étudiants et lycéens donnent lieu à des interpellations de sympathisants du mouvement “Ennahdha”. La mort d’un jeune lycéen provoque de nombreuses manifestations violentes opposant étudiants islamistes aux forces de l’ordre (jet de pierres, cocktails molotovs). En mars 92 plusieurs milliers de membres et sympathisants d’Ennahdha sont arrêtés et condamnés à des peines allant jusqu’à 3 ans d’emprisonnement.     

   – Février 91 des sympathisants présumés d’Ennahdha lancent une attaque contre les locaux de la fédération du RCD de Bab Souika, l’un des gardiens meurt des suites de ses brûlures. 28 personnes sont jugées et condamnées à de lourdes peines dans un procès expéditif dont 5 à des peines capitales (2 par contumace). 3 seront exécutés en octobre 1991.     

   Le premier semestre de l’année 1991 verra de vastes    coups de filets où des milliers de présumés membres et sympathisants d’Ennahdha seront arrêtés. Les personnes qui comparaissent devant les tribunaux militaires en juillet 92 ont été pour la plupart arrêtés entre avril et juin 91.     

   – Le 22 mai 1991, le ministre de l’intérieur tient une conférence de presse où il fait état d’un complot ourdi contre la sûreté de l’état par le mouvement Ennahdha.     

   – En juin et décembre 1991, la Ligue tunisienne des droits de l’homme publie des communiqués où elle dénonce la mort suspecte dans les locaux de la police de quatre détenus ainsi que les conditions d’arrestation des prévenus où la légalité n’a pas été respectée. Elle exige l’ouverture d’une enquête. Parallèlement, une campagne de diffamation est orchestrée par la presse aux ordres contre la LTDH, seule voix discordante, accusée de faire le jeu des islamistes et de ne pas respecter son mandat humanitaire. Une nouvelle loi sur les associations est concoctée sur mesure en vue de la mettre au pas.     

   – En juin 91, une commission dirigée par Rachid Driss, président du comité supérieur des droits de l’homme et des libertés fondamentales, est chargée officiellement d’enquêter sur ces morts suspectes. Jamais le résultat de son enquête ne sera rendu public.     

   – L’arrêt du processus électoral en Algérie (janvier 92) et les violences qui s’en suivent apportent un argument supplémentaire à la politique du tout-sécuritaire engagée par le pouvoir qui bénéficie désormais d’un appui international.     

        – Le 13 juin 1992 le Conseil national de la LTDH rejette la nouvelle loi liberticide sur les associations qui vient d’entrer en vigueur et refuse de s’y conformer. Une heure après, le ministre de l’intérieur annonce la dissolution de la Ligue et donne un ultimatum de deux heures pour poser les scellés sur son local. La LTDH ne reverra le jour qu’en mai 93, la veille du sommet mondial des droits de l’homme et sera sommée de changer sa direction dans le congrès de février 94.     

   – Le 9 juillet 92, quand s’ouvrent les procès au tribunal militaire, en dehors des observateurs délégués par Amnistie International qui ont en fait un excellent rapport (3), il n’y avait plus de structure nationale pour les observer, les politiques ont gardé un silence terrifiant.     

    Les pouvoirs exorbitants de la Direction de la Sûreté de l’Etat     

    Nous allons évoquer les graves irrégularités qui ont entaché ce procès de point de vue procédural, et démontrer qu’il n’a pas réuni les conditions d’un procès équitable selon les normes internationales.     

   Il a été établi que les inculpés avaient été déférés devant une juridiction incompétente (le tribunal militaire) et que les juges qui l’avaient présidée n’étaient pas neutres vu qu’ils relevaient du Ministère de la défense nationale.     

   La procédure a révélé aussi que c’était la Direction de la Sûreté de l’Etat, dépendant du Ministère de l’intérieur, qui était chargée de le l’instruction bien qu’elle ne fût pas compétente du point de vue de la loi sur la procédure judiciaire.     

      Les rapports entre la Direction de la Sûreté de l’Etat et la cour militaire révèlent la prépondérance de la première sur la deuxième et le rôle essentiel joué par cette direction qui avait arrêté, interrogé et déféré les inculpés devant la justice militaire. C’était elle aussi qui contrôlait l’entrée des avocats dans l’enceinte du tribunal, faisait venir les inculpés et maintenait l’ordre dans la salle d’audience du tribunal militaire qui disposait pourtant de sa propre police militaire ! D’ailleurs, son rôle ne s’arrêtait pas là. En effet elle suivait de près les conditions d’incarcération des prisonniers politiques, s’acharnait contre eux, décrétait leur isolement et donnait des instructions à l’administration pénitentiaire quant au traitement à réserver à chaque prisonnier politique.     

   Les détenus politiques libérés après avoir purgé leur peine et qui sont soumis dès leur sortie de prison à la mesure du contrôle administratif, n’échappent pas à la Direction de la Sûreté de l’Etat. En réalité c’est la police politique qui veille à l’application de cette mesure administrative, qui lui permet de “reprendre en main” I’ex-prisonnier politique. Elle ne lâche pas les ex-détenus politiques d’une semelle, contrôle le moindre de leurs déplacements, les étrangle économiquement, les astreint à une résidence surveillée qui ne dit pas son nom et les empêche ainsi de se réintégrer dans la société.     

   L’émargement plusieurs fois par Jour dans un registre spécial, tenu par le poste de police ou de la Garde nationale qui lui est désigné, les empêche de travailler ou de vaquer à leurs affaires.     

   En ce qui concerne le fond des deux affaires, notamment “le complot visant à changer la forme de l’Etat”, entre autres, les deux jugements se sont limités à déclarer que    l’inculpation repose sur les accusations réciproques des inculpés, les aveux arrachés à certains parmi eux et les preuves matérielles saisies, qui n’avaient dans leur majorité rien à voir avec ces affaires et se rapportaient à l’affaire traitée par la Cour de la Sûreté de l’Etat pendant l’été 1987 !     

   Ainsi les “faits” reprochés aux inculpés et fabriqués de toutes pièces par l’accusation et les organes de propagande du régime (télé, journaux, etc…) ne résistent pas à l’examen. L’on sait que, dans l’intention de présenter l’affaire sous la forme d’une tentative de coup d’Etat dans lequel étaient impliqués plusieurs officiers de l’Armée, le régime avait au début inventé la sois-disant “réunion de Barraket Essahel”, puis vu l’inconsistance des preuves, il a inventé le scénario d’un projet d’acquisition d’un missile Stinger dans le but d’abattre l’avion du président. Le régime a essayé aussi de faire le lien entre les inculpés et un autre groupe autonome, “les brigades du martyre”, chez lequel on avait découvert des explosifs.     

    L’instrumentalisation de la justice   

    Le renvoi de certains opposants devant une cour militaire pendant l’été 1987 n’était que le prélude de l’instrumentalisation de l’institution judiciaire, c’est-àdire son utilisation comme instrument de répression contre l’opposition politique. Ensuite, le régime a fait un usage généralisé de cette méthode de “répression par voie judiciaire” en l’employant contre les militants des droits humains, les journalistes et tant d’autres “contestataires”. D’où la situation que vit actuellement la justice, devenue un instrument du pouvoir exécutif agissant sous les ordres de ce dernier et ne disposant d’aucun pouvoir réel.     

      Les Tribunaux et leurs salles d’audience sont devenues un terrain réservé à la police politique qui y dicte sa loi (exemple: le procès de Hamma Hammami du 2 février 2002, où la police politique a veillé sur l’organisation de l’audience, alors qu’elle était du ressort du président de la cour).     

   Le délabrement de la justice ne concerne pas exclusivement les procès politiques, mais touche également la justice ordinaire (droit commun) qui souffre de l’intervention du pouvoir exécutif et des violations aux droits humains (cf. Rapport Annuel 2001/2002 du Conseil National pour les Libertés en Tunisie).     

   Cette dégradation de la justice a été accompagnée par une attaque générale et systématique contre la défense dont le domaine d’action et le rôle se rétrécissent de jour en jour au point qu’on a assisté dernièrement à des procès sans plaidoiries, comme c’était le cas dans les affaires Zouhair Yahiaoui (fondateur et webmaster de tunezine.com), Abdallah Zouari (journaliste du journal al-Fajr, interdit) et Hamma Hammami (pendant le recours en cassation) en 2002. Ceci met à jour un plan du régime visant à supprimer le rôle de la défense dans les procès politiques et ce que le pouvoir tunisien appelle “les affaires sensibles”. Même si le régime tunisien est le premier responsable du délabrement de la justice, transformée en un instrument entre les mains du pouvoir, agissant sous ses ordres et appliquant ses instructions, d’autres parties ont contribué à cette situation et ont fait preuve de connivence avec les autorités ou se sont dérobés de leurs responsabilités.     

   Il faut citer en premier lieu les juges, qui se sont dérobés    de leurs responsabilités, à savoir l’application de la loi et le recours à leur intime conviction, et ce en bafouant les droits élémentaires des prévenus, comme c’était le cas pendant le procès d’août 1992. Ils ont, en effet, ignoré les motifs de nullité des procédures de recours et de renvoi, bâclé les attendus des jugements et prononcé des peines sévères, suivant ainsi la volonté du pouvoir. Certains juges d’instruction ont été même complices de la police politique dans l’agression des prévenus et la falsification des procès-verbaux.     

   Nous rappelons aussi le rôle de complice joué par certains responsables du barreau, comme le bâtonnier Abdelwahab el-Bahi qui n’a pas hésité à aider les magistrats à bafouer les droits de la défense et à coopérer avec le pouvoir, sacrifiant ainsi ces mêmes droits. Il a eu l’outrecuidance de donner sa bénédiction à ce procès, se félicitant du respect des droits de la défense et ce à l’occasion de déclarations faites à la presse, dont nous publierons le contenu en annexe. Le président du barreau de Tunis s’est quant à lui félicité des “jugements civilisés”.   

   Le rôle joué par certains médecins n’était pas moins grave. D’après le témoignage de certains détenus, quelques médecins avaient joué le rôle de conseillers auprès des responsables de la torture et avaient donné leur avis sur l’état de santé des victimes et leur degré de résistance physique à la torture. L’expertise médicale effectuée à l’occasion de ce procès par d’éminents médecins, dénote leur souci délibéré de cacher les vraies causes des séquelles (cf. annexe 5) portées par les détenus suite aux tortures qu’ils avaient subies.     

    Certains partis de l’opposition et quelques défenseurs de droits humains connus se sont fait complices en saluant le procès et en se félicitant des “bonnes conditions” dans lesquelles il s’était déroulé. Leur position est d’autant plus injustifiable qu’ils n’avaient jamais assisté au procès, ni suivi son déroulement.     

   Cette dégradation de l’institution judiciaire en Tunisie interpelle toutes les composantes de la société qui sont appelées à oeuvrer pour le rétablissement de l’autorité de la justice. Une justice qui sera régie par les règles de droit et astreinte à la loi où les juges ne seront soumis à aucune autre autorité que celle de leur propre conscience et de la loi elle-même.     

   Nous analyserons dans ce rapport :     

   – L’inconsistance des faits reprochés et l’absence de preuve au dossier.     

   – Le tribunal militaire, une juridiction inconstitutionnelle et incompétente.     

   – Le procès qui a concentré le plus grand nombre de violations de la loi : Une police judiciaire incompétente, falsification des PV, aveux extorqués sous la torture, refus de laisser les avocats accéder au dossier, une instruction expéditive, pièces à conviction sans scellés et attribuées à d’autres accusés que ceux chez lesquels ils ont été saisis, avocats et accusés absents de l’audience.     

   Echos du procès dans les médias tunisiens    

    Sans aucun doute le procès de l’été 1992 jugé par le Tribunal militaire constituait le premier pas du nouveau    régime vers le contrôle total de la société tunisienne.     

   L’organisation de ce procès entaché de graves irrégularités et la sévérité des jugements prononcés devaient être interprétés comme des sanctions exemplaires et un message d’avertissement à tous ceux qui pensent de façon non conforme, qu’ils soient islamistes ou non.     

   Ce procès a sonné le glas de nos institutions, qui se sont transformées avec le temps en des coquilles vides. Il était une sorte de spectre qui a jeté son ombre sur toute la Tunisie et l’a métamorphosée en un cimetière enveloppé par le silence et la terreur.     

   Comment les médias ont-ils couvert ce procès et les circonstances de son déroulement ?     

    Il faut noter que les journaux qui étaient plus ou moins libres et soucieux de leur crédibilité, et qui auraient pu exprimer des mots justes, fussent-ils timides, avaient été étranglés de différentes manières. Le journal Erraï (l’opinion) a été condamné à disparaître en janvier 1988, le magazine Le Maghreb a cessé d’exister suite à l’arrestation de son directeur et le journal le Phare a eu la vie brève, et d’autres encore. La situation des médias ne permettait pas la publication d’opinions objectives exprimées par certaines personnalités au sujet du procès et des graves irrégularités qui l’avaient entaché.     

   La presse, organe d’accusation et de haine     

   En jetant un coup d’oeil sur les titres des quotidiens et des hebdomadaires du milieu de l’année l991,1’on remarque leur parti pris et leur alignement sur la position officielle sur les “crimes commis” par certains éléments du parti    Ennahdha. Au lieu d’informer honnêtement les lecteurs, ils ont eu recours à l’exagération des faits et se sont transformés en des porte-parole du Ministère de l’intérieur et en des organes d’accusation. Ce qui ne pouvait qu’influencer négativement le déroulement du procès et condamner les prévenus avant que le tribunal n’ait prononcé son jugement. Ni les accusés, ni ceux qui les représentaient n’ont eu la moindre occasion de présenter leur version des faits.     

   Ainsi les journaux ont-ils jugé et condamné les accusés avant le procès pour des chefs d’inculpation très graves, tel que “le complot terroriste visant à mettre en péril la sécurité du pays et la paix intérieure…”. Certains journaux ont évoqué le missile Stinger qui visait le président, le prenant pour un fait réel alors que tout au long du procès l’existence de ce missile n’avait jamais été démontrée (cf. annexe 1 et le magazine Réalités du 4 octobre 1991, numéro 317). Les journaux ont offert de larges espaces aux ennemis traditionnels d’ “Ennahdha” qui profitaient de chaque circonstance et sujet, fût il sans relation avec le procès, pour appuyer la position du régime et pourfendre leurs adversaires idéologiques. Durant cette campagne médiatique contre les accusés les évènements en Algérie ont été largement exploités pour favoriser la solution sécuritaire (cf. Réalités du 5 juin 1991, numéro 351).     

   En ce qui concerne les positions des personnalités politiques vis-à-vis de ce procès, elles peuvent être classées en deux catégories: 

   – Certains politiques se sont distingués par leur absence et absolu silence au sujet du procès malgré l’impact    qu’il avait sur l’avenir politique surtout dans le domaine des droits humains et des libertés.     

   – D’autres ont donné leur bénédiction au procès, qui était pour eux une occasion propice pour se venger de leurs adversaires politiques, comme si les tribunaux du régime étaient le lieu idéal pour régler des comptes idéologiques et politiques!     

    Les médias tunisiens bloquent les voies de recours et d’amnistie     

    Ce procès, entaché par d’innombrables irrégularités et au terme duquel de lourdes peines -excepté la peine de mort- , ont été prononcées, a inauguré l’ère de la domestication de la justice par le pouvoir tunisien. Pourtant, certains titres de journaux et déclarations politiques se sont réjoui de l’issue du procès, n’hésitant pas à maquiller les fait et à donner au procès une fausse crédibilité juridique. Sauf quelques rares exceptions que l’Histoire retiendra. Les annexes de ce document en contiennent quelques échantillons (cf. Echourouk du 2 septembre 1992). Les postions exprimées sur les médias ou par ces derniers peuvent être résumés dans les quatre catégories suivantes:     

   – Tourner la page du procès sans une réelle volonté d’en faire l’analyse. Les tenants de cette position se sont réjouis du fait qu’aucun accusé n’ait été condamné à mort.     

   – Approbation des jugements prononcés. C’était la position de la majorité des leaders de l’opposition légale qui ont salué l’indépendance de la justice et se sont félicités de l’image éclatante de “la Tunisie de la    modération et de l’intelligence” donnée par le procès.     

   Certains sont allés jusqu’à considérer “le respect des droits devant une cour militaire comme un point positif dans les circonstances actuelles”, comme si le pays était en état de guerre et comme si certains tribunaux étaient habilités à bafouer les droits ! Les tenants de cette position n’ont certainement pas oublié de profiter de l’occasion pour évoquer entre les lignes leurs expectatives et espérances après que les “extrémistes” aient été jetés dans les oubliettes des prisons, appelant à “l’association de toutes les capacités nationales dans l’effort d’éradiquer les sources de l’extrémisme et d’isoler ses éléments actifs”. Ceux qui maintenaient cette position ont passé sous silence les graves atteintes à la dignité humaine et tortures qui avaient accompagné ce procès…    

   – Position de rancune, de vengeance et d’exploitation de la tragédie des prisonniers politiques dans le but de redorer le blason du régime, gagner ses faveurs et prendre sa défense face aux “parties étrangères” qui “n’avaient aucune leçon à donner à la Tunisie en matière des droits humains”. D’aucuns se sont alignés sur la position du régime et sont allés jusqu’à demander l’extradition des membres d’Ennahdha réfugiés à l’étranger, ignorant le droit au refuge politique.     

   – Prise de position par le silence: certaines voix que l’on s’attendait à entendre s’était réfugiées dans une “neutralité” douteuse et avaient préféré le rôle de spectateur (cf. annexes 6, 7, 8 et Assabah du 1 et 2 septembre 1992), oubliant que les flammes du feu attisé par ce procès pourraient atteindre tout le monde y compris les “spectateurs”. C’est ce qui s’est passé   réellement, quelques années plus tard.     

   Ce qui précède n’est qu’un aperçu bref, mais très proche de la réalité, des échos du procès des islamistes pendant l’été 1992. Les documents sur lesquels ce rapport est basé ne sont qu’une goutte de l’océan médiatique dans lequel nageait le procès. Nous avons ignoré les sources radiophoniques et télévisuelles, vu l’impossibilité d’y avoir accès. Si les archives de la RTT (Radio Télévision Tunisienne) échappent à la destruction et deviennent un jour accessibles aux chercheurs, leurs recherches prouveront que le médias tunisiens, surtout radiophoniques et télévisuels, ont été une vraie calamité pour la société et une source de douleurs et d’injustices.     

     (1) Un collectif d’avocats constitués dans cette affaire a été formé et a publié plusieurs communiqués. Ses actes ont également servi de base aux recherches effectuées par le CNLT.     

   (2) Index Al MDE: 30123/92     


الاتحاد العام لطلبة تونس – الخط النّقابي الرّاديكالي بـلاغ إعـلامـي

 

يتوجّه النّقابيون الرّاديكاليون للرأي العام الطلابي بالبلاغ التالي لأحاطته علما بما يلي :

1 – إنّ منطق الإيقاف وسياسة تلفيق التّهم و فبركة القضايا خيار مغلوط لن يؤثر في مناضلينا ولن يزيدهم إلاّ إصرارا على مواصلة معركتهم المشروعة من أجل:

أ – فرض عقلية أخري في التعامل مع الملفات الطلابية على قاعدة تسويتها بدلا عن تجاهلها وتأجيلها، والاعتراف بحقّ الطلبة في التعبير عن آرائهم بكل حرية من كلّ القضايا التي تهمّ مستقبلهم ومصيرهم. ب – الإعتراف بحرية العمل النقابي والسياسي ورفع كلّ الأشكال المقيدة للنشاط الطلابي والهادفة لتدجين حركتهم وترويضها من إعتماد السّجون ومجالس التأديب والحرمان من حقّ الدراسة والشغل.

2 – استنكارنا لإيقاف مناضلي الاتحاد العام لطلبة تونس : طارق السعيدي ونجيب الدّزيري بمنطقة العمران – تونس، ورياض رمضاني ومنذر الحافي بمنطقة الشرطة بالقيروان ومطالبتنا بإطلاق سراح عضو الهيئة الإدارية عصام السلاّمي (كاتب عام فيدرالية بنزرت).

3 – إصرارنا على مواصلة تحرّكاتنا المشروعة والتعبير عن مواقفنا المبدئية من موضوع الإنتخابات الشكلية ومن حجم المصاريف المرصودة لتسويقها على حساب مواطن شغل من المفترض أن تفتح أمام الآلاف من العاطلين أصحاب الشهائد العليا.

4 – تمسكنا بالنضال من أجل فرض مناخ سياسي آخر تسود فيه الحريات وينظمه القانون ويعترف بحق الإختلاف والتّعدد بعيدا عن كلّ أشكال الإبعاد أو السجون والمطالبة بفتح ملفي التعذيب والتلاعب بالمال العام ومحاسبة المتورطين فيهما وسنّ عفو تشريعي عام وإطلاق حرية الصّحافة والإعلام واحترام استقلال القضاء والكفّ عن ملاحقة وإهانة أصحاب الرأي المخالف.

 

النّقابيُونَ الرّاديكاليُونَ تونس في 19 – 10 – 2004


 

لائحة الإضراب العام

 

نعلن نحن الطلبة المضربون بكلية الحقوق والعلوم السياسية بتونس بدعوة من الاتحاد العام لطلبة تونس – الخط النّقابيُ الرّاديكاليُ، والمجتمعون اليوم تونس 19 أكتوبر 2004 عن :

1 – مواصلتنا أشكال الإحتجاج المشروعة ضدّ تردّي الأوضاع الجامعية وتجاهل سلطة الإشراف لملفات الطلبة ومشاغلهم واعتمادها مجالس التأديب والقضاء والسّجون وسيلة لإرهابهم ومحاصرة قياداتهم.

2 – احتجاجنا لإيقاف الرّفاق : طارق السعيدي عضو المكتب التنفيذي للاتحاد العام لطلبة تونس ونجيب الدّزيري عضو المكتب الفيدرالي لكلية العلوم الاقتصادية والتصرف بتونس، ورياض رمضاني ومنذر الحافي عضوي المكتب الفيدرالي بكلية الآداب بالقيروان لمدة ساعات قبل إطلاق سراحهم.

3 – مطالبتنا بإطلاق سراح الرفيق عصام السلاّمي عضو الهيئة الإدارية والكاتب العام للمكتب الفيدرالي لكلية العلوم ببنزرت المحكوم ظلما لمدّة شهرين بجندوبة بتعلّة الاعتداء على « عون أمن »!!

4 – إصرارنا على تسوية مطالب الاتّحاد المشروعة وعلى رأسها عودة النقابيين المطرودين والكفّ عن كلّ أشكال الماسّة بحرية العمل النقابي والسّياسي في الجامعة والبلاد.

5 – تأكيدنا لموقفنا الرافض لمسرحية الانتخابات وما رافقها من مصاريف اقتطعت من مال الشعب وعلى حسابه بهدف إضفاء مشروعية كاذبة على هياكل لا تعبّر عن إرادة الشعب ولا تعكس اختياراته.

6 – تأكيدنا من جديد على مطالبتنا بالاعتراف بحريّة التنّظم والتعبير ورفع كل القيود المسلّطة على حرية الصحافة واستقلال القضاء وسنّ عفو تشريعي عام وعودة المغتربين وفتح تحقيق علني في كلّ التّجاوزات في المال العام أو في حقّ أفراد أو مؤسّسات خاصّة وفتح ملف التعذيب وتلفيق التّهم لتصفية الخصوم ومحاسبة المسؤولين عنه بالتنفيذ أو بالتستّر أو بإصدار التعليمات.

 

عن الاجتماع العام تونس في 19 – 10 – 2004

 

السيدة عزيزة العياري تتعرض للتعنيف

 

 قابس، في 18/10/2004

كانت جامعة قابس للحزب الديمقراطي التقدمي قد أصدرت يوم 10/09/2004 بيانا حول المضايقات التي يتعرض لها الأخ المنجي سالم عضو المكتب السياسي ورئيس فرع رابطة حقوق الإنسان بقابس وأفراد أسرته والمستمرة لأكثر من ثلاثة أشهر حملت فيه السلطات الجهوية مسؤولية ما يحدث.

 

وفي تطور خطير أقدمت نفس العناصر صباح هذا اليوم الاثنين 18/10/2004 على التعرض لزوجته السيدة عزيزة العياري التي كانت مصحوبة بابنتها الصغرى فاتن سالم حيث وقع إشباعها ضربا وركلا مما تسبب لها في العديد من الرضوخ ببدنها استوجبت راحة طبية بأسبوعين. و تتمثل صورة الحادث فيما يلي:

 

« عند الساعة التاسعة والنصف من صباح يوم الاثنين خرج السيد المنجي سالم لإيصال ابنته إلى معهدها بعد أن تأخرت عن موعد مرور الحافلة فخرجت زوجته و ابنتها الصغيرة لتشتري لها لمجتها وترافقها إلى مدرستها. تقول السيدة عزيزة: عند وصولي إلى رأس النهج شعرت بشخص يتبعني ثم انقض علىّ وأخذ يلكمني ويضربني كأن بيننا ثأرا ثم تركني طريحة وأبنتي تصيح وامتطى سيارة كان ينتظره فيها أحد شركائه وانصرفوا. »

 

السلطات الجهوية التي أحيطت علما بما حدث أنكرت علمها بذلك و مسؤوليتها عنه وهو – إن صدقنا ذلك – يعني وجود أجهزة موازية تعمل خارج القانون وتتمتع بحماية عليا فقد تعددت القضايا التي بقيت دون تتبع أو عقاب مما يؤشر على دخول البلاد في طور عرفته دول أمريكا اللاتينية خلال سبعينات القرن الماضي وترك فيها مآسي مازلت آثارها السيئة ماثلة إلى الآن .

 

وجامعة قابس التي سجلت هذا التطور الخطير ستضاعف من يقظتها وتعمل ما بوسعها على حماية مناضليها وهي تدعو كل القوى الديمقراطية المستقلة إلى فضح هذه الممارسات والتصدي لها بالتشهير والاستنكار.

 
عبدالوهاب عمري

 

LA CERISE…

 

Le 14 octobre, vers 9h 30 du matin, répondant à une convocation verbale, mais musclée, je me suis présenté au poste de police de Slimène.

Je pensais que j’étais convoqué à cause du 2ème congrès de RAID Attac Tunisie (annoncé pour le 23 et 24 octobre 2004 à Tunis), et qui avait déjàété interdit en juin dernier.

En fait, la raison était toute autre ; mon crime est d’avoir donné, à certains de mes collègues,

dans la salle des profs de la faculté des letters de Mannouba, des autocollants portant la photo du Président sortant, Ben Ali, et l’inscription «Non à Ben Ali en 2004 ».

Le but de l’interrogatoire, que j’ai dû subire pendant 3 heures, était de faire pression sur moi

pour que je me taise, sous peine de poursuites judiciaire…

A croire que les 99,45% (score de Ben Ali au scrutin de 1999) ne lui suffisent plus… c’est un 100% qu’il veut !

 

Tunis, 15 octobre 2004

Fathi CHAMKHI

Enseignant universitaire

 


Les faux culs d’Al Jazeera !

L’émission « Likaa Al Yaoum » devait recevoir hier Me Nejib Chebbi. C’était même annoncé sur le site Internet de la chaîne qatarie et apparemment annoncée à la télévision d’Al Jazeera. Ce soir le site de l’émission (http://www.aljazeera.net/NR/exeres/4D4C3A6D-69A4-46C5-9CB3-D19AFBF46408.htm) a tout simplement effacé son annonce de l’épisode avec Chebbi. Vive l’indépendance éditoriale d’Al Jazeera ! Lecteur Assidu www.tunezine.com 19-10-04


Une victime de tortures en Tunisie demande réparation à Genève

 

ATS, le 19.10.2004 à 15h53

    Genève (ats) Une victime de la torture en Tunisie, réfugiée en  Suisse, a déposé une plainte civile auprès du Tribunal de première  instance de Genève. Elle demande des réparations à un ancien  ministre de l’intérieur tunisien pour le tort qu’elle a subi.

 

   Le plaignant a déposé une demande en indemnisation pour des  actes qui se sont déroulés en 1992. Il affirme avoir été détenu  quarante jours dans les locaux du ministère de l’intérieur et y  avoir été torturé. Il aurait notamment été frappé avec une batte de  base-ball et des fils de téléphone.

 

   La demande est fondée sur le for de nécessité prévu par  l’article 3 de la loi fédérale sur le droit international privé. En  Tunisie, les plaintes pour tortures ne sont jamais examinées et  «mon client est dans l’impossibilité de retourner dans son pays», a  expliqué mardi l’avocat du plaignant, François Membrez.

 

   Dans un tel cas, il est légitime de pouvoir réclamer réparation  en engageant une action au domicile du demandeur, en l’occurrence à  Genève, a poursuivi l’avocat. Si la demande est acceptée par la  justice genevoise, le droit tunisien sera appliqué. Une première  audience est prévue en juin 2005.

 

(Source: www.romandie.com, le 19 octobre 2004)


 

Les audaces juridiques d’un réfugié décidé à faire payer ses bourreaux tunisiens

Une victime traîne l’Etat tunisien devant un tribunal suisse. Une première

 

(Titre d’un article publié ce jour 20 octobre par le journal suisse « Le Temps » paraissant à Genéve.)

 

Nous prions nos amis à Genéve de nous faire parvenir le texte intégral de l’article inaccessible pour nous sur le site du journal.

 


Présidentielle: un candidat accuse les médias d’avoir « éclipsé » son initiative

 

TUNIS, 20 oct (AFP) – Un candidat à la présidentelle du 24 octobre en Tunisie, Mohamed Ali Halouani, du parti de l’Initiative démocratique, a accusé mercredi la presse tunisienne d’avoir « éclipsé » son initiative, lors d’une conférence de presse à Tunis. « La presse tunisienne a éclipsé notre Initiative et le parti au pouvoir (le Rassemblement constitutionnel démocratique) régente les médias audiovisuels », a déclaré M. Halouani se plaignant du peu de temps (cinq minutes) qui lui a été accordé à la télévision d’Etat tunisienne. Il a dénoncé la saisie de son Manifeste électoral et le « parti pris » de l’administration en faveur du parti au pouvoir, ce qui représente, selon lui, un « anéantissement des fondements les plus élémentaires de la participation démocratique ». Président du conseil national d’Ettajdid (5 sièges au parlement), M. Halouani, 57 ans, s’est déclaré une nouvelle fois comme le « seul véritable opposant » à se présenter contre le candidat du parti au pouvoir, le président sortant, Zine El Abidine Ben Ali. Il a qualifié de « candidatures pour le décor » celles de MM. Mohamed Bouchiha, secrétaire général du Parti de l’Unité populaire (PUP, 7 sièges) et Mounir El Béji, chef du Parti social libéral (PSL, 2 sièges), deux opposants modérés proches du pouvoir. M. Halouani s’est réjoui de la création d’un comité de soutien à sa candidature regroupant notamment des universitaires et des militants des droits de l’Homme, parmi lesquels Georges Adda (syndicaliste), Azzam Mahjoub (économiste), Abdelmajid Charfi (universitaire) et Yadh Ben Achour (juriste). Le comité estime que la candidature de M. Halouani « représente une rupture avec nombre de tabous imposés à notre pays et à notre peuple » et « ouvre des horizons pour la transition d’un système politique d’essence autoritaire et despotique à un véritable régime républicain, démocratique et pluraliste… » Le scrutin présidentiel aura lieu le 24 octobre et M. Ben Ali, au pouvoir depuis 1987, candidat à sa propre succession, est assuré de l’emporter pour un quatrième mandat de cinq ans rendu possible par un amendement de la Constitution.

 


Le régime Ben Ali promet transparence et démocratie, l’opposition incrédule

 

Par Patrick Van ROEKEGHEM

                       

AFP, le 20.10.2004 à 07h32

                      TUNIS, 20 oct (AFP) – Le régime du président Zine El Abidine Ben  Ali a multiplié les assurances que les élections de dimanche en  Tunisie seraient « transparentes » et promis des avancées  démocratiques, sans parvenir à convaincre les opposants et  défenseurs des libertés incrédules.

                      La campagne électorale a donné l’occasion à plusieurs d’entre  eux de dénoncer de nouvelles atteintes aux libertés et la main-mise  du pouvoir sur les médias.

                      Le chef d’un parti d’opposition non reconnu s’est plaint d’avoir  été agressé par des policiers en civil, tandis qu’un autre était  interrogé à l’aéroport de Tunis-Carthage avant son départ pour  Paris. Les deux frères activistes du journaliste dissident Taoufik  Ben Brick ont été incarcérés pour être jugés après le scrutin du 24  octobre. 

                      Un candidat de l’opposition légale à la présidence, Mohamed Ali  Halouani, d’Ettajdid, a dénoncé le « verrouillage du système  politique par le pouvoir », son Manifeste électoral, jugé trop  critique, ayant été censuré.

                      Le régime du président Ben Ali, au pouvoir depuis 17 ans et qui  devrait se succéder à lui-même, est périodiquement dénoncé pour les  atteintes aux libertés, tandis que le pouvoir fait état d’avancées  « à rythme soutenu ».

                      Le rapport 2003 de la Ligue tunisienne de défense des droits de  l’Homme (LTDH), rendu public avant les élections, est pourtant  accablant pour le pouvoir.

                      « La situation des libertés a empiré en 2003 avec l’adoption  d’une loi anti-terroriste portant atteinte à des droits essentiels  du citoyen, de la société civile et des partis politiques et à la  liberté de la presse », a affirmé Me Mokhtar Trifi, président de la  LTDH.

                      Il a estimé à « environ 600 le nombre de prisonniers d’opinion »  dans le pays, les autorités tunisiennes affirmant qu’il n’y a aucun  prisonnier d’opinion et que tous sont des détenus de droit commun.

                      Dans un rapport sur les prisons, intitulé: « Les murs du  silence », Me Trifi a affirmé que malgré l’annonce de mesures pour  améliorer les conditions de détention, celles-ci se « détériorent et  font l’objet d’un black-out total ».

                      Il a dénoncé la « torture, la promiscuité, les négligences  sanitaires » et un « traitement spécial des prisonniers politiques »,  dont une quarantaine vivent « en isolement continu depuis plusieurs  années », a-t-il dit.

                      Ces détenus sont principalement des partisans du parti islamiste  Ennahda interdit, et l’appel à une « amnistie générale » est une  demande récurrente de l’opposition dite « démocratique » en lice pour  les élections du 24 octobre.

                      La Ligue a réclamé en vain de superviser « librement » ces  élections et dénoncé l’absence de conditions permettant un scrutin  « crédible et honnête », estimant que l’organisation matérielle  « laisse la porte ouverte à une fraude à grande échelle ».

                      Selon elle, la composition et la mission d’un « Observatoire  national des élections », créé par le président Zine El Abidine Ben  Ali, ne répondent pas aux critères internationaux de contrôle.

                      La Ligue critique le code électoral et le climat politique « ne  permettant pas d’élections démocratiques », selon elle, et dénonce un  contrôle « absolu » du parti au pouvoir sur la presse et les médias.

                      Le président Ben Ali a annoncé fin 2003 l’ouverture de  l’audiovisuel au secteur privé, et depuis, une radio privée à  vocation musicale (Radio-Mozaïque) a vu le jour, une chaîne de  télévision privée étant en chantier pour 2005.

                      A ses détracteurs, le pouvoir affirme que les avancées « sont  réelles et se se poursuivront au rythme approprié » à la Tunisie et  selon son approche dite « globale » des droits de l’Homme tenant  compte de droits économiques et sociaux.    


Fierté du régime, l’économie fait face désormais aux défis de l’ouverture

 

TUNIS, 20 oct (AFP) – Considérée parmi les plus performantes de la région, l’économie tunisienne doit faire face désormais à une rude concurrence qui pourrait mettre en péril son industrie et les « acquis sociaux » dont se prévaut le régime du président sortant Zine El Abidine Ben Ali. Sans grandes ressources naturelles, la Tunisie a enregistré depuis une quinzaine d’années un taux de croissance annuel moyen de 5%, un des plus élevé au Maghreb, et un niveau d’inflation dans les normes à 3% (2,7 en 2003). Les succès de la politique économique et sociale engagée par ce pays lui valent souvent les éloges des institutions internationales, comme le Fonds monétaire international (FMI) qui estime que « la performance économique tunisienne est l’une des meilleures dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord ». Les réformes économiques ont permis au pays (10,5 millions d’habitants) de se doter d’un revenu annuel moyen par tête de 3.500 dinars (1 dinar= 0,65 euro), et d’assurer la stabilité sociale grâce à des mesures de compensation au profit des catégories modestes. Mais le chômage demeure en tête des sujets de préoccupation, avec un taux endémique autour des 15% (officiel) et le président Ben Ali a placé l’emploi « à la tête des priorités » de son programme électoral. L’ouverture en 2008 du marché tunisien aux produits manufacturiers européens – prévue depuis 1995 par un accord d’association avec l’UE – et l’expiration en janvier prochain des Accords multifibres (AMF) exposeront la Tunisie à une rude concurrence et à la perte de dizaines de milliers d’emplois. Le secteur textile (50% des exportations), risque ainsi de sombrer dans la récession par le démantèlement des AMF avec l’entrée massive des produits asiatiques en Europe (80% des échanges). Près de 100.000 emplois seraient en jeu, selon la Banque Mondiale. Un programme de modernisation a été lancé il y a plusieurs années pour préparer le tissu industriel à affronter la concurrence, et la Tunisie compte aujourd’hui sur l’Europe pour sauver son industrie textile menacée. Les industries manufacturières ont marqué le pas, le rythme de croissance passant de 6,9% en 2001 à 0,7% en 2003) « sous l’effet de l’affaiblissement de la demande extérieure, en particulier de l’UE », explique la Banque centrale de Tunisie (BCT). Le FMI estime à 6% le taux de croissance nécessaire pour réduire le chômage et recommande à la Tunisie une amélioration du climat des affaires pour d’attirer les investissements directs étrangers, en recul de 35,6% en 2003. L’assainissement du secteur bancaire -ouvert à la privatisation mais souffrant de créances douteuses- est également souhaité. Le tourisme (6% du PIB) connait actuellement une reprise après la crise qui l’a frappé au lendemain des attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis et d’avril 2002 à Djerba (21 morts, dont 14 touristes allemands). Fortement tributaire des aléas climatiques, l’agriculture constitue environ 1/5ème du PIB et occupe plus du tiers de la population active. Suite à une bonne pluviométrie après quatre années de sécheresse, le PIB est monté de 5,6% en 2003 (1,7% en 2002).


“Alternatives citoyennes”: le N° 11 est en ligne

 

Bonjour à tous, ہ quelques jours des élections, le numéro onze de la revue en ligne  « Alternatives citoyennes – Des Tunisiens, ici et ailleurs, pour rebâtir  ensemble un avenir » est paru, en date du 20 octobre 2004. Un numéro  encore très largement consacré aux prochaines élections présidentielle  et législatives en Tunisie. Si vous voulez être tenu(e) au courant de nos parutions, nous vous  proposons de vous abonner à notre liste de diffusion. Vous trouverez  également d’autres possibilités, notamment celle de soumettre des  articles pour contribuer à la revue. Tout cela est accessible, comme le numéro onze de la revue, à partir de  la page d’accueil du site: http://www.alternatives-citoyennes.sgdg.org Vous trouverez ci-dessous le sommaire complet de ce numéro et les  références de chaque article. La revue Alternatives citoyennes, comme bien d’autres journaux et sites  tunisiens indépendants, est toujours censurée en Tunisie. Vous recevrez  dans un message suivant des indications, à destination de nos abonné(e)  en Tunisie, pour recevoir tous les articles de ce numéro onze par  courrier électronique. Pour tout contact, veuillez utiliser exclusivement l’adresse : redaction@alternatives-citoyennes.sgdg.org. Merci et bonne lecture. La rédaction d’Alternatives citoyennes.


=+=+=+=+=+=+=+=+=+=+ Alternatives citoyennes – Numéro 11 – 20 octobre 2004 Au sommaire de ce numéro

ةditorial : Nous sommes des citoyens, non des marionnettes, par la  rédaction <http://www.alternatives-citoyennes.sgdg.org/num11/editorial-w.html> Actualité : élections – Présentation : ةlections présidentielle et législatives, par la  rédaction <http://www.alternatives-citoyennes.sgdg.org/num11/actualite-w.html> – « Il n’y a pas d’amour qui ne soit à douleur » …Et pas plus que des  autres l’amour de mon pays, par Latifa Lakhdar <http://www.alternatives-citoyennes.sgdg.org/num11/actu-lakhdar-w.html> – ةlections législatives, de 1956 à 2004, par Neïla Jrad <http://www.alternatives-citoyennes.sgdg.org/num11/actu-jrad-w.html> – La liste Ben Arous Initiative démocratique/Communistes démocrates –  Une affaire à suivre, par Nadia Omrane <http://www.alternatives-citoyennes.sgdg.org/num11/actu-omrane-w.html> – ہ Paris, l’opposition au grand complet débat et se cherche, par  Meryem Marzouki <http://www.alternatives-citoyennes.sgdg.org/num11/actu-marzouki- w.html> ةconomie : « La mort dans l’âme » : l’emploi sous toutes ses déchirures  – Entretien avec Hassine Dimassi, par la rédaction <http://www.alternatives-citoyennes.sgdg.org/num11/economie-w.html> Médias : ہ contre-voix, le laboratoire d’une culture alternative arabe  – ہ propos de « Al-Jazira, miroir rebelle et ambigu du monde arabe »,  d’Olfa Lamloum, par Nadia Omrane <http://www.alternatives-citoyennes.sgdg.org/num11/medias-w.html> Jeunes : – Présentation : Itinéraires de l’exil, par la rédaction <http://www.alternatives-citoyennes.sgdg.org/num11/jeunes-w.html> – Malheureux de l’exil, heureux en Tunisie – Témoignage du président de  l’Association des étudiants palestiniens à Tunis, témoignage recueilli  par une étudiante tunisienne en médecine <http://www.alternatives-citoyennes.sgdg.org/num11/jeunes-bachar- w.html> – Fuir la schizophrénie, par Rym, étudiante à Paris <http://www.alternatives-citoyennes.sgdg.org/num11/jeunes-rym-w.html> International : « 22 dictatures dans le monde arabe » selon Antoine  Sfeir – Que peut promettre la Libye ?, par C. Fourati <http://www.alternatives-citoyennes.sgdg.org/num11/international- w.html> Culture : – Présentation : Octobre culturel, par la rédaction <http://www.alternatives-citoyennes.sgdg.org/num11/culture-w.html> – On manque cruellement de culture en Tunisie, par Neïla Jrad <http://www.alternatives-citoyennes.sgdg.org/num11/cult-jrad-w.html> – J.C.C. 2004 – Le monde arabe comme il ne va pas, par Nadia Omrane <http://www.alternatives-citoyennes.sgdg.org/num11/cult-omrane-w.html> Champ libre : La pré-campagne de Tarek Ben Ammar : Ave Cesar, par Nadia  Omrane <http://www.alternatives-citoyennes.sgdg.org/num11/champlibre-w.html> Alternatives citoyennes – Journal en ligne « Des Tunisiens, ici et ailleurs, pour rebâtir ensemble un avenir » Maill: redaction@alternatives-citoyennes.sgdg.org Web: www.alternatives-citoyennes.sgdg.org

 


Nous sommes des citoyens, non des marionettes

 

La  rédaction

 

 Chaque été, à Sousse, le festival d’Aoussou, que le chef de l’ةtat inaugurait cette année le 24 juillet, veille de la fête de la République, promène un carnaval bariolé et fleuri qui expose les performances de la Tunisie. Sur la grande plage de Boujaâfar se perche en plus une marionnette géante à l’effigie d’Aoussou, le dieu de la mer – Neptune ou Poséidon – et ci-devant mascotte de L’ةtoile, club de foot-ball cher à tout Sahélien. Pour les Berbères, le 23 juillet ou 1er Aoussou est le jour du rituel d’ablution et de baignade, censé tenir la maladie à distance, une tradition à laquelle on sacrifie toujours en Tunisie, comme l’attestent le proverbe et tous ceux de nos anciens prenant ce jour-là et tout habillés leur unique bain de mer annuel. La vision de cette baudruche trônant sur la plage n’aurait fait que nous remplir de joyeux souvenirs d’enfance, si elle n’avait été flanquée d’une pancarte où se lisait cette inscription en Arabe : « Je t’aime ô Zine ».

 

Un tel pantin, livré toute la saison aux citoyens de notre pays comme aux touristes, est-il bien digne de la fonction présidentielle, de notre République, de son peuple, d’une Tunisie instruite et éclairée et qui a précisément depuis le 25 juillet 1957 aboli sa monarchie ? A moins que cet emblème fétichiste ne signifie véritablement l’état de nos institutions, le degré zéro de notre « démocratie », des moeurs infra-politiques ou ce que le manifeste électoral de l’Initiative démocratique (interdit jusqu’à ce jour de diffusion par le ministère de l’Intérieur) appelle « une conception sous-développée des élections » et de la représentativité populaire ?

 

Dimanche 24 octobre, les Tunisiennes et les Tunisiens seront appelés aux urnes, bien que déjà l’UGTT, l’UTICA, l’ensemble des organisations nationales, l’Union des femmes et jusqu’à « la famille sportive élargie » ont dans un bel élan unanime et sans ambages donné leurs voix à Ben Ali. ہ en croire les commentaires officiels, même Jacques Chirac, Thabo Mbeki et Silvio Berlusconi auraient en quelque sorte voté aussi pour celui dont ils apprécient le talent politique.

Toutefois, peut-on encore oser espérer que celles et ceux qui échappent à ce miraculeux consensus pourront aller voter, ou s’abstenir de le faire, selon leurs convictions intimes, en toute liberté et transparence ?

 

Pour nous, 2004 s’est déjà refermé sur un passé imparfait, où quadrillage, répression et conditionnement dépouillent des élections de toute signification. Regardant vers l’avenir pacifiquement et démocratiquement, pour nous et pour nos enfants, nous rendrons effective cette protestation : nous ne sommes pas des marionnettes, mais des citoyens.

 

(Source: “Alternatives Citoyennes” N° 11 mise en ligne du 20 octobre 2004)


 

La liste Ben Arous Initiative démocratique/Communistes démocrates Une affaire à suivre

 

Nadia Omrane

 

La circonscription de Ben Arous, le pôle économique et social qui se confond avec elle, est la topographe idéale pour une candidature électorale. L’Initiative démocratique (ID) y présente une de ses tendances les plus jeunes, les plus fraîches, les plus ardentes, celle du mouvement des Communistes démocrates issu du PCOT (actuel parti de Hamma Hammami) et qui se trouve dirigée par un ex « frère d’armes » de Hamma, à savoir par Mohamed Kilani.

 

Les routes des deux anciens camarades ont divergé et autant Hamma Hammami reste dans la radicalité, autant Mohamed Kilani lui préfère désormais la démocratie participative et réformatrice associée à la loi des urnes, seule façon à ses yeux d’amorcer des mutations pacifiques.

Privé de ses droits civils et politiques du fait de condamnations pour ses opinions, Mohamed Kilani, avec son mouvement, a proposé au conseil de l’Initiative démocratique une autre tête de liste sur Ben Arous, Taoufik Chamakh, accompagné d’autres militants et militantes puisque une femme enseignante fait partie de ce premier rang qui va monter à l’assaut d’une circonscription convoitée.

 

Cette région de Ben Arous rayonne en effet sur plusieurs localités, dont certaines sont à vocation agricole, comme Le Mornag ou Naassen qui pratiquent une agriculture de pointe dans le cadre de sociétés de mise en valeur destinant à l’exportation arboriculture et vigne. Mais c’est à l’évidence une zone industrielle de chimie traditionnelle mais aussi plus fine (parfums) et de haute technologie notamment pharmaceutique, sans parler de l’inévitable Coca-Cola. D’autres unités de mécanique ou textile contribuent à encadrer un salariat vif, conscient des menaces pesant sur sa condition (démantèlement des accords multifibres sur le textile, recul de la couverture sociale et menaces diverses de licenciements).

 

Ces salariés, ainsi que ceux de l’enseignement, font de l’union régionale de l’UGTT à Ben Arous une structure dynamique, combative et qui a refusé lors de la dernière Commission administrative de l’UGTT, de donner son adhésion à la candidature du président Ben Ali [voir Alternatives citoyennes numéro 10].

 

La liste de Taoufik Chemakh, lui-même instituteur à Boumhel, comprend des cadres syndicaux de la santé, de l’enseignement et du secteur industriel. Elle y a donc une base ouvrière, plus largement populaire, que ces militants approchent et tentent de convaincre depuis plusieurs années. Leur plein investissement dans cette région explique peut-être qu’ils aient supplanté, au sein de l’Initiative démocratique, la candidature du porte-parole de L’ID, l’avocat Ayachi Hammami, à l’origine de ce regroupement original qu’est ce mouvement présenté sous la couleur (bleue) de Ettajdid.

 

Or Ettajdid est exactement l’ancien Parti communiste tunisien, passé à la démocratie à la fin de la décennie 80. Les Communistes démocrates de Kilani font précisément la synthèse d’une orientation progressiste, sociale, altermondialiste prononcée, avec un choix de posture politique démocratique. Leur programme électoral se fonde sur la défense des droits des travailleurs contre les agents locaux de l’ultralibéralisme.

 

Une de leurs revendications majeures sera aussi celle de l’amélioration de la qualité de l’environnement dans une région où les dégâts d’une industrialisation sauvage sont assez mal contenus, particulièrement au niveau de l’évacuation des eaux polluées et de la qualité de l’air. Les pouvoirs publics ont toutefois fait de gros efforts pour la collecte des eaux industrielles, pour la création de zones vertes, et pour la promotion de l’action sportive avec le complexe de Radès. L’infrastructure ferroviaire et routière s’améliore aussi pour servir ce qui sera, avec l’aménagement des berges sud du lac, le pôle d’avenir de la capitale.

 

Ben Arous est donc le lieu de grands enjeux et la petite unité de Taoufik Chamakh aura du mal à les disputer aux candidats du RCD (présentés récemment par le spécialiste gouvernemental de la formation professionnelle, Destourien de fraîche date, économiste intègre et loyal, Moncef Ben Said) ainsi qu’aux candidats des autres partis en lice. Toutefois, la force souterraine la plus redoutable est celle de l’islamisme, dans une circonscription où les mosquées regorgent de fidèles et de cheikhs très suivis.

 

Pour le mouvement de Mohamed Kilani, il ne s’agit pas vraiment d’une candidature électorale mais d’une candidature politique afin de s’entraîner, tester ses forces et se donner une visibilité politique. Peut-être même sera-t-il alors bien placé pour occuper le cadre légal de Ettajdid qui s’offre comme une noix desséchée et stérile à prendre ?

 

C’est décidément une affaire à suivre.

 

(Source: “Alternatives Citoyennes” N° 11 mise en ligne du 20 octobre 2004)


 

 

A Paris, l’opposition au grand complet débat et se cherche

 

Meryem Marzouki

 

C’est une véritable gageure qu’a réussi à soutenir, samedi 16 octobre 2004 à Paris, le Comité pour le respect des libertés et des droits de l’homme en Tunisie (CRLDHT) : réunir, dans une grande table-ronde portant sur les élections présidentielle et législatives en Tunisie, en plus de représentants d’associations de la société civile indépendante, l’ensemble des mouvements et partis d’opposition, reconnus ou non reconnus, participant à l’une ou l’autre des élections ou non. Il est vrai que le mot d’ordre de la réunion (« Non à un 4e mandat à Ben Ali – Pour des élections libres, démocratiques et pluralistes en Tunisie ») ne pouvait être que rassembleur.

 

A la tribune participaient (de gauche à droite sur la photo) : Nadia Chaabane (Initiative Démocratique), Ahmed Nejib Chebbi (PDP), Mohamed Lakhdar Ellala (Ettajdid), Hamma Hammami (PCOT), Sihem Ben Sedrine (CNLT), Kamel Jendoubi (CRLDHT, modérateur du débat), Mokhtar Trifi (LTDH), Bochra Bel Haj Hmida (ATFD), Mustapha Ben Jaafar (FTDL), Ameur Larayedh (Ennahda), Moncef Marzouki (CPR).

 

Cela faisait longtemps, en effet, qu’on n’avait pas eu l’occasion de voir l’ensemble de l’opposition réuni à la même table, non pour de quelconques tractations bassement politiciennes pour se partager un gâteau par ailleurs inexistant, mais bien pour confronter publiquement les points de vue, sans (trop de) langue de bois. La longue réunion (de 15h à 20h) a permis en effet un débat intéressant, malgré une longue, mais nécessaire et réconfortante séquence de prises de parole de plusieurs soutiens étrangers.

 

Ainsi, parmi les présents, on notait : Alima Boumédienne-Thiéry, fraichement élue sénatrice française, et Gilles Lemaire pour les Verts français ; Jacques Fat pour le Parti communiste français ; Anthony Whitney venu en observateur au nom de Adeline Hazan pour le Parti socialiste français ; Samir Bouakouir pour le Front des forces socialistes (FFS) algérien, et Patrick Baudouin, président d’honneur de la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH), fidèle soutien de la Tunisie et des Tunisiens, mais toujours indésirable pour son gouvernement (Patrick Baudouin en est à sa troisième interdiction de pénétrer sur le territoire), aussi indésirable que Kamel Jendoubi, qui le rappelle lui-même avec un humour désabusé (son passeport lui est toujours refusé).

 

Il y eut également lecture d’autres messages de soutiens étrangers, d’Europe et du monde arabe, de partis politiques comme d’associations et de syndicats. Des associations ou collectifs de Tunisiens à l’étranger se sont aussi exprimés, notamment par les voix de Mohamed Ben Henda venu de Genève (Comité des Tunisiens en Suisse, CTS), Bahija Dridi (Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives, FTCR), Tarek Ben Hiba (CRLDHT, mais s’exprimant aussi en tant qu’élu français issu de l’immigration au Conseil régional d’Ile de France). Notons enfin parmi les prises de paroles individuelles, celle très émouvante de Thérésa Chopin, mère de l’un des « internautes de Zarzis » emprisonnés.

 

Des précautions très révélatrices

 

Même arrivé en retard, on comprenait vite que l’organisation de la réunion n’avait pas été sans mal pour le CRLDHT. Il n’est pas ici question des habituels perturbateurs, envoyés à toute réunion où il est question de la Tunisie pour empêcher qu’un discours critique quelconque puisse se tenir : ceux-là ont bien tenté d’entrer au début, ont déchiré quelques affiches, mais un impressionnant service d’ordre a réussi à les tenir à l’écart, de sorte que nous en étions, l’espace d’un après-midi au moins, salutairement débarassés. Non, ce sont les précautions extrêmes de Kamel Jendoubi, dans son rôle de modérateur du débat, qui sont révélatrices de la difficulté de l’exercice, et surtout de l’état actuel de l’opposition et du climat qui y règne.

 

Minutage des temps de parole de chacun : «  nous ne sommes pas à la télé ! » protestera pourtant avec bon sens Mohamed Lakhdar Ellala, tout en négociant – en vieux routier de la politique – quelques minutes supplémentaires offertes avec humour par Mokhtar Trifi et Bochra Belhaj Hmida sur leur temps de parole associative ; chipotage sur l’ordre de passage des intervenants : Kamel Jendoubi insiste à n’en plus finir sur le respect de l’ordre alphabétique de leurs noms comme critère dans chaque groupe (associations, puis partis politiques) et, lorsqu’un murmure accompagne un moment de flottement après les interventions de Mustapha Ben Jaafar, Nadia Chaabane et Mohamed Nejib Chebbi (dans cet ordre, s’il vous plaît) et avant celle de Mohamed Lakhdar Ellala, on croit qu’il y a contestation sur le fait de donner la parole à Ettajdid en plus de l’Initiative démocratique, mais non, c’est l’orthographe (française) qui suscite le débat : selon qu’il s’appelle Ellala ou Lalla, le représentant de Ettajdid doit s’exprimer avant ou après Hamma Hammami qui, quant à lui, se marre ! On aurait d’ailleurs pu corser la situation en notant que Marzouki se transcrit aussi parfois El Marzouki

 

Au-delà de l’anecdote et du ridicule, on comprend en fait que les négociations ont été dures pour le CRLDHT, que la réunion n’était pas gagnée d’avance, que Kamel Jendoubi et le Comité ont bien du mérite de l’avoir organisée, mais on comprend surtout que l’opposition tunisienne n’a pas pris toute la mesure de son indigence, et que ce n’est pas seulement la faute à Ben Ali…

 

Des « flèches » dans tous les sens

 

C’est que les propos ont été durs, et que les invectives n’ont pas manqué : on se serait cru dans un vrai débat démocratique, où la parole est libérée, si ce n’est que, justement, cette parole libre ne peut se concevoir qu’en dehors du parti-ةtat monopolistique (et encore, même au sein de l’opposition tunisienne, c’est tout neuf !). Mustapha Ben Jaafar (FTDL) s’est contenté de regretter la division, alors qu’« il était possible d’aboutir à une position commune » justement sur la base du mot d’ordre rassembleur de la réunion. Il a dit sa crainte « qu’il se passe après les élections une démobilisation et un sentiment de désespoir conduisant à la démission ». Mais d’une part, le combat pour des élections libres, démocratiques et pluralistes n’est pas suffisant, bien que nécessaire, et d’autre part, c’est une vision un peu angélique de la situation.

 

Car Nadia Chaabane (Initiative démocratique) enchaîne tout de suite avec « le manque de crédibilité du boycott des Présidentielles quand on présente des candidats aux législatives ». Et Ahmed Nejib Chebbi (PDP) se défend en dénonçant (amalgamant au passage l’Initiative démocratique et Ettajdid) le refus des listes communes uniques aux législatives, accusant l’Initiative démocratique d’avoir refusé « pour ne pas mélanger ses cartes avec celle des exclus [NDLR. les partis non représentés au Parlement], car cela représente une menace pour ses sièges ». Il y a, certes, un problème de « tout-à-l’ego », selon la formule de Khemais Chemmari (et dans lequel, dit-il, il s’inclut), intervenant de la salle. Il y a même eu, à la base, rappelle Mohamed Lakhdar Ellala, un « non dit qui a rendu impossible le consensus » lorsque l’Initiative démocratique a été lancée, et pour lui, « la cause du dérapage est que les partenaires avaient des itinéraires différents », et « ce non dit, c’est l’obsession du quota de fauteuils au Bardo [NDLR. siège de l’Assemblée nationale] ».

 

Dans un tel contexte, l’intervention de Sihem Ben Sedrine, qui a en substance repris la position exprimée par elle-même et Omar Mestiri, sous le titre « Halouani dérange » dans le numéro 29 de la revue en ligne Kalima qu’ils animent, a été considérée comme salutaire par de nombreux participants. Une prise de position qui a étonné : « il est vrai qu’à son démarrage cette initiative s’est heurtée à la défiance de nombreux militants, dont nous sommes, à cause précisément de ses contours qui n’étaient pas aussi clairs qu’ils ne le sont aujourd’hui et surtout à cause de la méfiance, somme toute légitime, qu’on pouvait nourrir à l’égard de la direction du mouvement Ettajdid » écrivent ainsi les auteurs le 14 octobre 2004.

 

Pourtant, cette défiance a perduré bien après le démarrage de l’Initiative démocratique : dans une interview accordée au journal algérien El Watan le 28 septembre 2004, Sihem Ben Sedrine déclarait encore, à propos de la candidature de Mohamed Ali Halouani : « on a du mal à partager l’analyse sur sa présence dans cette compétition. […] Il est cependant vrai que M. Halouani n’est pas un candidat comparable à Mohamed Bouchiha ou à Mounir Béji, il se laisse toutefois prendre dans le filet du verrouillage et qu’en fin de compte il ne peut que servir à crédibiliser quelque chose qui s’appelle une compétition électorale ».

 

La représentante du CNLT déclarait aussi dans la même interview, à propos d’Ettajdid, parti à l’égard duquel, si l’on comprend bien l’article paru dans Kalima, elle ne nourrit plus la même méfiance : « Quand l’idée d’une initiative démocratique regroupant tous les partis d’opposition, reconnus ou non reconnus, pour tenter une action commune et mettre en évidence le verrouillage du système, une idée à laquelle nous avons tous applaudi, aussi bien les partis d’opposition que les ONG de droits humains, Ettajdid, un parti qui a passé le plus clair de son temps à soutenir la dictature de Ben Ali, a posé problème. Il a rompu cette démarche commune, devenue par la suite une démarche perfide, élargie à quelques indépendants ».

 

Voilà donc qui s’appelle un revirement spectaculaire, et rapide. Si on ne peut que s’en féliciter, on reste tout de même perplexe, en se demandant ce qui a bien pu survenir entre le 28 septembre (au plus tôt) et le 14 octobre (au plus tard) : 15 jours qui ébranlèrent Sihem Ben Sedrine ? Bon, il y a la lecture du manifeste électoral de l’Intiative démocratique. Mais ce n’était certainement pas un mystère avant le 28 septembre. Peut-être trouve-t-on une réponse dans l’une des « brèves » publiées dans le même numéro de Kalima, faisant état de l’accueil enthousiaste reçu par le candidat de l’Initiative démocratique à Gafsa et Sidi Bouzid ? Peut-être bien que certains ont ainsi « vu le peuple », comme d’autres « voient la lumière » ! Après tout, ce peuple tunisien, tout le monde le cherche, en particulier l’opposition, comme il est apparu le 16 octobre à la réunion de Paris… En tout état de cause, il est toujours bon de se rallier le plus tôt possible. Plus tard, cela pourrait finir par avoir clairement un petit goût d’opportunisme.

 

Participation ou boycott, les élections ne doivent pas être la référence

 

Avec notamment un excellent rappel synthétique par Mokhtar Trifi de la situation juridique, dont le caractère parfaitement antidémocratique est tellement connu qu’il est inutile de le rappeler ici, sauf pour noter que, malgré la revendication répétée de la LTDH, le délit de falsification électorale n’existe toujours pas dans la législation tunisienne (« en Tunisie, falsifier un ticket de bus est un délit, falsifier des élections n’en est pas un » rappelle le président de la Ligue, avec son humour habituel), ce sont donc les interventions associatives qui ouvrent le débat. Puis viennent les interventions des partis politiques, tous représentés à haut niveau, sauf l’Initiative démocratique et Ettajdid, dont en particulier aucun représentant n’avait fait le voyage de Tunisie, le boycott laissant plus de loisir, il est vrai, que l’organisation et la conduite d’une campagne électorale sur le terrain.

 

L’Initiative démocratique et Ettajdid exposent leur programme commun, et expliquent la démarche et les objectifs de la participation à la campagne électorale. Vient ensuite la longue litanie en faveur du boycott, à laquelle seuls les représentants de l’Initiative démocratique et d’Ettajdid auront permis d’échapper. Elle est connue, ressassée jusqu’à plus soif, tellement évidente qu’il en devient clair qu’elle est aussi bien commode pour cacher l’absence de vision politique. Oui, le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales est un préalable à toute vie politique digne de ce nom. Mais non, mille fois non, les droits de l’homme, à eux seuls, ne peuvent pas constituer une alternative politique.

 

Ce qu’on attend d’un parti ou mouvement politique, c’est la présentation claire de ses objectifs sur les plans politique, économique, social et culturel, et la construction d’un vrai rapport de force pour la mise en oeuvre de ces objectifs. S’il se contente de réclamer l’application du cadre des droits de l’homme, alors c’est une association, et non un parti, et les associations tunisiennes de la société civile indépendante sont déjà parfaites dans ce rôle.

 

De plus, un rapport de force ne se construit pas avec des médias étrangers préférant la facilité des propos incantatoires, qui les confortent dans leur vision simpliste d’un pays dont ils n’ont ni le temps ni l’envie d’analyser plus avant la situation sur tous les plans. Un rapport de force se construit sur le terrain, en allant vers les gens, avec la connaissance de leur situation réelle, en leur parlant, en leur proposant la construction d’une alternative réelle.

 

Le boycott « légitime » tout autant, sinon plus, l’ةtat-RCD, que le choix, pour une opposition réelle, de mener campagne : le régime de Ben Ali est en effet au-delà de toute légitimation possible. Parler de légitimation suppose déjà un minimum de démocratie, ou simplement de « normalité », ce qui n’est pas le cas en Tunisie.

 

Dans ces conditions, mener campagne dans ces élections revient simplement à saisir une opportunité de parole, d’aller vers les gens autant que les tracasseries diverses le permettent, de construire une visibilité politique dans la population, autant que faire se peut. Le boycott n’a pas d’autre sens, ni d’autre conséquence, que l’absence et l’inexistence politiques. Les élections n’ont aucune importance : on en connaît le résultat. La question n’est donc pas de participer ou de boycotter les élections, mais de participer à ou de boycotter la vie politique, même médiocre, même fugace : comme les prisonniers qui construisent à la petite cuiller leur voie vers la liberté, c’est en creusant continuellement de telles brèches qu’on trouvera enfin la sortie.

 

Alors, on a beau jeu de dire « Ben Ali doit partir » (comme s’il allait le faire de lui-même), « le 25 octobre est plus important que le 24 » (se rendre invisible avant le 24 permet-il plus de visibilité après ? La proclamation des résultats habituels va-t-elle agir comme le citron sur l’encre sympathique du boycott pour enfin révéler l’opposition ?), « le boycott vise l’amélioration de la conscience du peuple » (ça doit être de l’humour).

 

Mais la seule question qui demeure, c’est celle qui a été posée dans la salle : « Je comprends de quoi souffrent les démocrates tunisiens, mais de quoi souffre le peuple ? Il n’y a pas de dictature pour le plaisir, alors quelles sont les raisons pour lesquelles on nous impose cette dictature-là ? ». Voilà ce que l’on attend de l’opposition politique : une analyse claire des problèmes, une dénonciation des raisons qui justifient, de la part de ceux qui l’imposent (et sans doute aussi de la part de ceux qui l’acceptent sans réagir), une telle chape de plomb, la proposition de moyens effectifs pour en sortir, et un vrai projet alternatif dans lequel se reconnaître et s’impliquer. Et ça, ça fait cruellement défaut.

 

Ne pas oublier son histoire

 

Certains diront qu’il est facile, notamment quand on vit à l’étranger, dans un cadre qui permet l’exercice de la démocratie et de la citoyenneté, de porter de telles critiques. Pour les plus jeunes – la malheureuse « génération Ben Ali » -, mais aussi pour ceux qui ont peut-être un peu vite oublié, rappelons quelques souvenirs, du temps où les partis d’oppositions étaient aussi clandestins, du temps où il y avait déjà des prisonniers d’opinion, du temps où, certes, les étudiants pénétraient librement sur les campus, mais où les incursions de matraques et de bombes lacrymogènes n’y étaient pas si rares, quand il ne s’agissait pas carrément de batailles rangées à coups de couteaux entre tendances opposées parmi les étudiants.

 

Du temps aussi, quelques années plus tard, en 1981, où mener une campagne pour des élections législatives (Bourguiba était déjà président à vie…) n’était absolument pas exempt des tracasseries habituelles que l’on semble découvrir aujourd’hui : les refus de salles, y compris de salles de fêtes privées, par les loueurs au carnet de réservation miraculeusement rempli, les meeting où les orateurs attrapaient les pierres que certains – payés d’un casse-croûte et d’un paquet de cigarettes (il y a des domaines que l’inflation n’atteint pas…) – leur jetaient, tout en continuant à haranguer la foule, les meeting d’où il fallait bien, à un moment donné, se sauver en enjambant les fenêtres, quand les casse-croutes étaient trop nombreux et bien déterminés, et, cerise sur le gâteau, arriver le matin du scrutin dans le bureau de vote en tant qu’observateur, et se trouver en face d’une espèce de barbouze qui vous refuse l’entrée, en éructant : « c’est comme ça, et celui à qui ça ne plaît pas, je lui casse la gueule » (Elli mouch aajbou, n’kasserlou khliqtou). On le voit, la démocratie a une longue histoire en Tunisie… et tout le monde finit toujours par se retrouver au poste (de police) !

 

Alors, oui, le jour du scrutin, quand il se passe de telles choses, c’est le moment de boycotter, de ne pas reconnaître le résultat de ces élections. Mais auparavant, pendant toute la campagne, c’est beaucoup de gens à qui on aura parlé, sillonant le pays, beaucoup de gens qui auront pu entendre un autre discours. C’est aussi, et ce n’est nullement négligeable, la possibilité pour un parti ou un mouvement, de se construire mieux, de se structurer mieux, de se mettre à l’épreuve, de se renforcer. Même si, on le sait, on l’a vu, cela n’empêche pas forcément les erreurs subséquentes.

 

Il n’est pas non plus question de croire naïvement que Ettajdid ou l’Initiative démocratique sont exempts de toute critique, dans le processus actuel ou plus globalement. Si Ettajdid a encore beaucoup de chemin à faire (ou à refaire, pour certains de ses membres), ce mouvement a indéniablement su avancer depuis son Congrès de 2001 et l’ouverture à des indépendants, avec l’Initiative démocratique, est un progrès supplémentaire, une étape essentielle qui a été franchie. Espérons qu’une honnête capitalisation de cet acquis pourra suivre, sans que vienne la perturber des intérêts particuliers et néanmoins subalternes. Tout, dans un projet politique, est discutable : l’essentiel est que le projet existe.

 

Les islamistes, une vraie ligne de fracture au sein de l’opposition

 

Quels sont les autres projets politiques construits ? Il y a bien le projet islamiste. C’est un vrai projet, mais il n’est pas discutable, par essence même, ce qui le disqualifie d’emblée. ةvacuons tout de suite les mauvais procès que l’on pourrait nous faire : la répression dont ils font l’objet n’est pas acceptable, et il en va de la dignité de tout être humain de défendre les autres êtres humains. C’est tout l’honneur du combat pour les droits de l’homme que de ne pas choisir ceux que l’on défend, y compris si on les considère comme ses ennemis. Mais faut-il aller plus loin ? Faut-il faire alliance ?

 

Là où la réunion du 16 octobre a été très instructive, cruciale, c’est qu’elle a forcé les partis et mouvements de l’opposition à se déterminer clairement, publiquement et dans la confrontation du débat, sur cette question des alliances. Et on a vu apparaître l’alliance avec les islamistes comme une vraie ligne de fracture. L’Initiative démocratique et Ettajdid se prononcent clairement : c’est un « rejet déterminé de tout projet intégriste théocratique » pour Nadia Chaabane, et Mohamed Lakhdar Ellala est encore plus limpide : « nous pensons que ces luttes [pour la démocratie, NDLR] peuvent être vidées de leur sens si nous acceptons le compromis avec les forces conservatrices et/ou intégristes qui mettent en cause les acquis réalisés par notre peuple depuis plus de 50 ans.

 

C’est pour cela qu’Ettajdid a refusé toute alliance politique avec les mouvances et mouvements islamistes » [NDLR. le texte complet de son intervention est disponible]. Pour le PCOT, l’affaire est réglée également, avec Hamma Hammami déclarant : « on choisit ses alliés sur une base minimale, pour nous, c’est la liberté de pensée et la liberté de conscience », condition que ne peut remplir un projet islamiste. Mustapha Ben Jaafar n’a pas vraiment abordé la question au cours de cette réunion.

 

Les autres représentants de partis ou mouvements politiques se positionnent clairement pour une alliance. Ennahdha pousse intelligemment son avantage : pour Ameur Larayedh, « l’opposition n’est pas faible, mais divisée […] nous tendons la main à tous les partis ». Une main que ne rejette pas le PDP, quand Ahmed Nejib Chebbi recommande, suite à l’intervention de Nadia Chaabane, à « ceux qui veulent brandir des problèmes de religion, de regarder l’évolution du monde (Turquie, Yemen, etc.) qui ont su intégrer toutes les forces politiques pour la stabilité ».

 

D’ailleurs, Ennahdha renchérira ensuite d’une certaine façon, en réponse à une question de la salle rappelant, au sujet du terrorisme, qu’« après les attentats de Djerba et de Madrid, il faut des réponses sur la participation de Tunisiens à ces actes » : « la chance de la Tunisie est d’avoir eu un mouvement islamiste modéré, et ses gouvernants n’ont pas su saisir cette chance ». Par cette réponse, Ameur Larayedh pose Ennahdha comme garant contre l’extrémisme, comme l’a relevé Nadia Chaabane, tout en notant que l’extrémisme est un problème de fond, et non un problème d’encadrement. Ameur Larayedh poursuit son analyse en disant que « c’est le pouvoir qui produit des islamistes de type taliban, par une répression intense depuis les années 90 ».

 

Quant à Moncef Marzouki pour le CPR, sa position est claire depuis longtemps, au point de se désister au dernier moment de la participation à une réunion publique organisée le 14 octobre 2004 par le CTS à Genève, « boycottant cette conférence » (décidément, c’est un boycott tous azimuts), parce qu’il estimait que le mouvement Ennahdha en avait été « exclu », comme l’a rapporté le quotidien genevoix Le Courrier du 15 octobre 2004. Mohamed Ben Henda, organisateur de cette réunion en Suisse, s’est fait fort de rappeler cet incident à Paris, en réaffirmant le droit de choisir ses alliés, ce qu’il avait déclaré sous une forme savoureuse au Courrier : « chacun met les ingrédients qu’il veut dans son couscous ».

 

Que faire ?

 

Que faire alors, comme disait Lénine, mais aussi, en conclusion, Mokhtar Trifi, constatant qu’« on sort de cette réunion plus divisés qu’avant » et que « les divergences ont été étalées et aggravées avec les flèches lancées ». Lucide, le président de la LTDH ne manque pas de rappeler, et c’est aussi son rôle, que « la faiblesse des partis en Tunisie a été constatée, il y a même des partis anciens qui n’ont pas pu remplir leurs listes [NDLR. pour les législatives], nécessitant 152 candidats ». Mokhtar Trifi parle aussi du retour de « la transhumance entre partis », avec des gens qui, se voyant refuser une tête de liste par un parti, vont voir chez le voisin, « pour être sur une liste, en dépit de toute conviction ».

 

L’avocat poursuit : « il faut un militantisme clair, il est en déficit dans ce pays ». Il faut « s’arrêter et réfléchir à la situation de l’opposition », avait conclu Bochra Belhaj Hmida avant lui. Le constat est terrible, mais nécessaire, et comme rassure Mokhtar Trifi, « l’essentiel est que les gens ont parlé avec franchise et clarté ». Et s’il faut espérer avec lui reprendre (ou continuer) d’un bon pied le 25 octobre, ce n’est pas en « espérant avoir tout « oublié » », mais au contraire en se souvenant bien des positions de chacun, et en en tenant compte. C’est aussi ça, la maturité politique, et ça n’a jamais empêché personne d’avancer, les yeux ouverts.

 

D’avancer par exemple vers les Municipales, comme Mustapha Ben Jaafar en exprimait l’espoir, en début de réunion. En tous cas, la pire solution serait d’opter pour une « conférence nationale » de l’opposition à l’étranger, comme certains l’ont proposé, ce qui a fait réagir Mohamed Lakhdar Ellala, décidément très en forme ce jour-là, par un cri du coeur : « je ne veux pas d’une conférence nationale organisée par le SDECE français ! ». Nous non plus.

 

(Source: “Alternatives Citoyennes” N° 11 mise en ligne du 20 octobre 2004)


Ben Ali n’est rien que le directeur d’une grande prison

 

Hyacinthe Bellerose

La dictature de Ben Ali en Tunisie, m’a poussé à fouiller dans les casiers de ma mémoire. En voilà l’aboutissement, un film, que j’ai vu il y a longtemps de cela. Plus intéressant encore, j’ai vu ce film en Tunisie dans le temps, sous le régime de feu Bourguiba. J’étais jeune, enthousiaste et révolutionnaire, et à vrai dire je n’ai pas changé depuis. Pourquoi ce film ?

 

Pour une raison très simple, dans le temps de Bourguiba il y avait des bons films dans les salles de cinéma, même que Bourguiba était un patriarche despote, il y avait une vie associative, culturelle et intellectuelle dans le pays, il y avait notre ciné-club dans le temps. Mais pour retourner à Brubaker et comprendre ce souvenir, je voyais le soulèvement des prisonniers, qui se développait paisiblement, jusqu’à ce que l’ordre établi carcéral a été renversé. Ce film, est révoltant et si on est tunisien, il ne peut que nous rappeler la misère du peuple tunisien, mais surtout le calvaire des prisonniers politiques dans la plus grande prison gérée par Ben Ali.

 

Le 24 octobre prochain, pourrait bien devenir un soulèvement populaire, qui mettrait fin aux jours d’une dictature soigneusement masquée. Un régime de bourreaux et de corrompus, et on ne compose jamais avec les dictateurs, car nul compromis, ni réconciliation ne sont possibles avec les traîtres du peuple. Ils ne sont tout simplement pas « réhabilitables » !

 

En applaudissant comme les prisonniers de Wakefield, le peuple tunisien pourrait faire du 24.10.2004 une journée mémorable, une journée qui resterait gravée dans les mémoires et l’histoire de la Tunisie. Aucun peuple à ce jour n’a pu se débarrasser d’un dictateur, sans souffrances, sans larmes et du sang. Les coups d’ةtats sans sang et « à la Ben Ali », soit le 7 novembre 1987, ne sont pas viables et la preuve, qu’en est-il des promesses du 7.11.1987 ? Le faux n’engendre que du faux, or on ne peut plus vivre avec de tels mensonges au 21ème siècle. Ben Ali est un homme faux, c’est un faux jeton à la limite !

 

ش peuple tunisien, libère toi et casse les chaînes qui t’ont si longtemps accablées, dépasse toi, toi-même et tes peurs, reprend ta dignité et ton destin en main ! Arrache ta liberté, car la liberté ne se donne, ni ne s’offre ! Soyez fermes dans votre volonté et sacrifiez vous pour la patrie, car elle est la vôtre et non celle du tortionnaire vendu ! Un tortionnaire du nom de Ben Ali et ses mercenaires corrompus !

C’est un film à revoir pour ceux qui ne l’ont pas vu, et surtout pour les tunisiens, qui veulent regagner leur dignité et retrouver leur citoyenneté perdue. Je vous le recommande vivement et je vous incite au soulèvement le 24 octobre prochain, pas au vote ! Tous, tout le peuple tunisien, grands et petits, libérons-nous enfin ! Tous contre un minable ! Courage enfants de la patrie !!

 

Descriptif du film : Titre du film : Brubaker – Genre : Drame – ةditeur : 20th Century Fox – Année : 1980 – Durée : 130 min. – Réalisateur : Stuart Rosenberg

 

La corruption dans les prisons n’est pas un fait nouveau. Cependant les meurtres commis par les officiers en services, les viols de prisonniers, l’esclavage, le non respect des droits de l’homme sont des éléments que nous connaissons très peu des milieux carcéraux. Pourtant les prisons américaines dans les années 70-80 n’ont pas échappé à cette vague de brutalité et de scandales sans raisons apparentes. Stuart Rosenberg nous offre Brubaker un film basé sur une histoire vécue en Arkansas dans une prison bouleversée par meurtres et corruption.

L’histoire raconte l’entrée dans une prison de Brubaker (Robert Redford) qui est témoin dès ces débuts de violences, meurtres, corruption et plusieurs autres atrocités. Après deux semaines d’incarcération, il dévoile enfin ses vrais fonctions soit directeur de la prison. Il part en véritable croisade contre la corruption et tous ceux qui veulent encore mener les prisons comme celle-ci. L’homme met sa vie en danger en tentant de rétablir une justice pour tous et de valoriser les prisonniers de cet établissement qui ont été maltraités.

Un film d’une grande qualité de par son histoire qui nous dévoile un monde de cruauté et de pouvoir. Robert Redford joue à merveille son rôle de directeur de prison qui croît fondamentalement à ses valeurs. L’accent est mis sur les injustices commises en prisons et l’équilibre qui devait être ramené à cette époque. Une histoire qui peut nous choquer mais qui présente la réalité telle qu’elle était afin qu’elle ne se reproduise plus.

 

(Source: le site www.tunezine.com, le 19-10-2004)

 


Quand l’opposition vote Ben Ali

 

Raouf KHALSI

 

Le MDS et l’UDU : leurs Bureaux politiques respectifs ont décidé de voter Ben Ali. Ils ne votent pas uniquement pour l’institution. Mais ils votent surtout pour l’homme.

Le MDS a ses raisons propres. Endogènes dans le sens où il a fallu tout un travail, de longues tractations pour enfin parvenir à une plate-forme qui ne satisfait peut-être personne mais n’en dépite sans doute aucun.

 

Ce ne fut donc pas un simple motus-vivendi, forme généralement péjorative en science politique. Mais un consensus. Et puis, il y a des raisons exogènes : le MDS veut se repositionner, veut surtout prendre le temps de se repositionner dans le paysage politique.

 

Pour très longtemps, des temps du PSD, il avait cru en une réelle bipolarisation  de la vie politique. C’était un leurre. Car de l’intérieur, il était quelque peu miné. Car ce sont les mécontents du PSD qui avaient eux aussi – quoique dans une proportion infime – participé à la création du MDS.

 

Quant au choix porté sur Ben Ali, eh bien les dirigeants du parti l’ont expliqué : il est le seul à pouvoir mener à terme une réelle bipolarisation de la vie politique nationale et pas forcément dans la désormais désuète dialectique gauche droite. C’est-à-dire qu’au delà de l’homme, le MDS adhère à un projet. C’est tout à son honneur, car il faut une sacrée dose de courage pour adhérer aux choix du camp opposé. C’est même un acte civilisationnel et que n’exclut pas le jeu impitoyable  des partis politiques. On a bien vu aux Etats-Unis que sur les questions fondamentales, Démocrates et Républicains y allaient la main dans la main.

 

L’UDU maintenant.

 

Mustapha Yahyaoui, membre du Bureau politique, explique pourquoi sur les colonnes du «Temps » d’hier.Il explique entre autres que sous l’ère Bourguiba, les nationalistes arabes étaient rayés du paysage politique.

 

Cela se comprenait dans la mesure où les « pro-khomeynistes » de chez nous d’avant 87 jouaient sur cette fibre pour induire le message islamiste. Les Unionistes étaient  donc «pourchassés » et plusieurs d’entre eux vivaient dans la  clandestinité. Or, le 29 avril 1988, Ben Ali prononçait le fameux discours au Congrès du RCD où il raffermissait  l’identité arabo-musulmane de la Tunisie mais en même temps disait « non ! » et un « non » ferme à la formation d’un parti religieux.

 

Et c’est comme cela qu’on a, enfin, démêlé l’écheveau, qu’on a circonscrit les dérives et qu’on les a jugulées à leurs racines. Sinon pour le reste, le pluralisme que consacrent les élections du 24 octobre restent dans cette ligne de graduation voulue par le chef de l’Etat.

 

Si l’opposition vote Ben Ali, c’est parce qu’elle vote, encore une fois, un homme qui n’a pas encore achevé son rôle historique dans cette jeune République. Sauf que, adhérer à certains programmes du plan Ben Ali ne veut pas forcément dire devenir « RCdistes ».

 

(Source : Le Temps du 20 octobre 2004)

 


 

Muhammad B. SALAMA, l’historien

 

Par Jelloul AZZOUNA

 

Issu d’une famille de faqîhs, M.B. SALAMA a été formé par une pléiade de savants célèbres de l’époque : Ibrahim ar- Riyâhi, M. Bayram III, M. Al-Mannâi etc… Enseignant, adli Qâdî al mahalla (qâdi du camp), puis qâdi du Bardo, enfin qâdi de Tunis et mufti, il mourut au cours d’une épidémie de choléra le 20 Juin 1850.

 

De même, il a laissé une cinquantaine de poèmes ou morceaux, générallement de circonstance et un Kunnàs (B.N. de Tunis n! 3322), qui contient une urguza. Mais son دuvre majeure est certainement sa chronique : Al – ‘Iqd al – mumaddad, écrite après 1841 et cetainement au moins en grande partie avant le 26 Janvier 1846, date très importante pour la Tunisie moderne puisqu’il s’agit de l’interdiction de l’esclavage, B. SALAMA n’ayant signalé dans sa chronique que les mesures préparatoires prises par le Bey pour l’émancipation des esclaves même s’il a fait, par ailleurs des remarques judicieuses sur la pratique de l’esclavage après son interdiction.

 

La Chronique de B. SALAMA relate les mérites et hauts faits d’Ahmed Bey (1837-1855). Il s’est inspiré dans cette دuvre de son prédécesseur, Hammuda b. ‘Abd al – ‘Aziz qui avait composé son al – Kitab – al – b#0228si en l’honneur de son maître le beyAli II.

 

Il avait pour ambition, comme ce fut la cas pour Ibn Abi-Dhiaf  » de retracer la chronique d’une époque qui n’avait pas encore été décrite dans un ouvrage historique connu ». C’ était là une volonté manifeste de faire دuvre originale.

 

Cette chronique encore manuscrite (n! 18618. B.N. de Tunis. 122 folios ; incomplet) « ne mérite pas l’oubli presque total dans lequel elle est tombée ». Pour reprendre les mots mêmes de M. Ahmed Abdessalem. 1

 

En effet, cette chronique se distingue par rapport d’un certain nombre de faits et gestes qui ne se trouvent nulle part ailleurs puisqu’elle « renferme des informations qui complètent utilement les chroniques des contemporains, en particulier, celles d’Ibn Abï-Dhiaf et d’Al-Mas’udi. »

Nous pouvons souligner l’importance des informations concernat l’organisation de justice religieuse (shariâ), la description d’un grand nombre de villes et de villages de Tunisie que l’auteur a visité allant de Tozeur à Gafsa, à Soliman et beaucoup de cités du Sahel, du centre et du sud est et surtout, la position de l’auteur très représentative de « l’opinion des milieux conservateurs » – concernant la prise d’alger qui a été senti comme un danger pour le pays: l’éloge du rôle joué par l’émir Abdelkader traduit bien « les sentiments des milieux religieux traditionnels et populaires tunisiens dans la première moitié du XIXe siècle. »

 

La description de la ville de Tunis doit retenir tout particulièrement notre attention non seulement pour les précisions très fouillées qu’on y trouve mais aussi par le souci de M. B. SALAMA de nous présenter un plan assez exhaustif de la capitale et de ses différents monuments (Les souks, les portes, les quartiers périphériques, le quartier européen, le port, les bains maures, les mosquées, la kasbah, et les fortins….)  2.  

 

Ce sont là quelques aspects importants de cette oeuvre qui reste à découvrir : d’où la nécessité d’une édition critique.

 

 (Source : Le Temps du 20 octobre 2004)

 

الحملة الإنتخابية تصطدم بعزوف التونسيين

صلاح الدين الجورشي – تونس

لم يبق سوى القليل عن يوم 24 أكتوبر الذي سيتوجه فيه التونسيون إلى صناديق الاقتراع، بغرض التصويت لولاية رابعة للرئيس بن علي تمتد لفترة خمس سنوات أخرى.

والمعروف، أن حزب التجمع الدستوري الحاكم سيحصل على 80% من المقاعد البرلمانية، فيما تتقاسم الأحزاب المشاركة في الانتخابات بقية المقاعد

المعضلة التي واجهت ولا تزال الحملة الانتخابية ومرشحيها، كونها تدور بعيدا عن اهتمامات المواطنين التونسيين. فهؤلاء الذين نادرا ما شغلتهم أمور السياسة، لا يجدون وقتا ولا رغبة لحضور اجتماع انتخابي، حتى لو كان هذا الاجتماع منعقدا في مكان قريب منهم. إنه رمضان الموزع بين صوم النهار، وزحمة الأسواق وحركة المرور، ثم إفطار وارتخاء ثم صلاة وسهرة عائلية أو بإحدى المقاهي، لذلك فلا مجال للسياسة، خاصة إذا كانت هذه السياسة تكرارا لشريط مألوف، ونتائج معلومة سلفا. ومع ذلك، حاولت جميع الأطراف المشاركة في الحملة التي انطلقت يوم 10 أكتوبر أن تُـلفت انتباه التونسيين بوسائل مختلفة، إذ نزل الحزب الحاكم بكل ما تحمله الدولة من ثقل. فغير مشهد الشوارع من خلال تعليق مئات الآلاف من الأعلام الحمراء والبنفسجية، وصور مرشحي التجمع الدستوري الديمقراطي، وفي مقدمتهم الصور العملاقة للرئيس بن علي.

لا أثــر يُـذكـر

جاءت ضربة البداية مع خطاب مطول، استعرض فيه الرئيس بن علي برنامجه الانتخابي الذي تضمن 21 نقطة و188 إجراء في مختلف القطاعات. كان خطابا مفعما بالثقة، لم يتضمن مفاجآت ذات طابع سياسي، ولم يقدم وعودا ترضي، ولو جزئيا الأوساط الديمقراطية الاحتجاجية، التي تجاهلها بشكل كامل، ولم يرد على اتهاماتها وهجومها الشامل على كل مقومات نظام الحكم. وهكذا، حافظ الخطاب الرسمي على استمراريته وإعطاء الأولوية للملفات الاقتصادية والاجتماعية، حيث سيحتل موضوع البطالة صدارة الأولويات خلال المرحلة القادمة. أما بالنسبة للنظام السياسي، فإن القائمين عليه يعتقدون بأن ملامحه وخصائصه قد اكتملت منذ عام 1994، ولم يعد، حسب اعتقادهم، في حاجة إلى إصلاح أو مراجعات جوهرية. لهذا اكتفى الخطاب الرئاسي بتقديم وعود بـ « إعطاء دفع جديد للديمقراطية المحلية » ومزيد « دعم صحافة الأحزاب » و « دفع المبادرة الخاصة في قطاع الإعلام » وتقديم « تسهيلات للجمعيات ». في المقابل، تكاد حملة بقية المرشحين للرئاسة (وهم محمد بوشيحة عن حزب الوحدة الشعبية ومنير الباجي عن الحزب الإجتماعي التحرري ومحمد علي الحلواني من حزب التجديد عن « المبادرة الديمقراطية ») أن تُـختتم دون أن يكون لها أي أثر يُـذكر على الحياة السياسية التونسية. وإذا كانت الصحافة المحلية (غير الموضوعية وغير المتوازنة في تغطيتها للحملة) قد حملتهم فشل ذلك، وتغافلت عن التذكير بأنهم لا يتمتعون بنفس إمكانيات مرشح الحزب الحاكم، حيث لم تخصص لهم وسائل الإعلام سوى مساحات صغيرة، ولم تتبرع لهم التلفزة بفائض خارج الحيز الزمني الذي يضبطه القانون الانتخابي، ولم تنظم مناظرات بين المرشحين، ولم تخصص أية برامج لتحليل مواقفهم وبرامجهم.

شيء من النقد

باختصار، لم يحصل حوار أو سجال سياسي، مما أضفى على الحملة طابعا رتيبا، حيث تتجاور البيانات الانتخابية، ولا تتقاطع أو تتحاور. هذا لا يمنع المراقب من أن يلاحظ الضعف الذي اتصفت به بعض تدخلات هؤلاء المرشحين الذين زادوا من تعميق الحيرة حول إشكالية البديل السياسي، وإن كانت مشاركة مرشح « البديل الديمقراطي » (محمد علي الحلواني) قد تميّـزت بالجرأة والتحدي، رغم حديثه عن « انسداد الأفق وطغيان الصوت الواحد ». كما تمكن هذا المرشح من تنظيم بعض الإجتماعات العامة الناجحة نسبيا، حيث عبر عدد من الشخصيات الفكرية والنشطاء عن دعمهم لترشحه ووصفوا مبادرته بأنها « جريئة » وتستحق المساندة لمواجهة الخيار الذي وصفوه بـ « رئاسة مدى الحياة ». وفي هذه الأجواء، اخترقت بعض الأصوات الجدار السميك للإذاعة والتلفزيون الرسميين مثل مرشحي « حركة التجديد » (الشيوعي سابقا) و »الحزب الديمقراطي التقدمي » الذين سُـمح لهم بنوع من النقد الموجّـه لمرشح الحزب الحاكم وللأوضاع السياسية من غياب حرية التعبير والصحافة. كما أن بعض التونسيين الذين استمعوا لمرشحي بعض أحزاب المعارضة يطالبون عبر الإذاعة والتلفزيون بسن عفو تشريعي عام وإطلاق سراح المساجين السياسيين وعودة المغتربين لم يصدّقوا آذانهم أو ظنوا بأن هذه الأصوات تصلهم من قنوات خارجية قادمة من بعيد.

في انتظار التحول الديمقراطي

من جهة أخرى، حاول المعارضون المطالبون بمقاطعة الانتخابات إبلاغ أصواتهم إلى التونسيين من خارج الحدود، سواء من خلال التجمعات التي نظموها في كل من باريس وجنيف، أو من خلال بعض الفضائيات العربية. لقد عملوا على تجاوز خلافاتهم، ولو بشكل مؤقت، وسعوا إلى إقناع مواطنيهم بعدم المشاركة فيما يطلقون عليه « المهزلة الانتخابية ». ورغم أن نداءاتهم الموجّـهة من خلال قنوات « الجزيرة » و »العربية » و »الحرة » قد وصلت للبعض بشكل متقطع، إلا أن أسبابا كثيرة متداخلة ومعقدة قد لا تسمح للكثير من التونسيين بالاستجابة لنداءاتهم. لا يختلف اثنان حول ضعف المعارضة وفشلها حتى الآن في التنسيق بين فصائلها أو بالأحرى بين قادتها، لكن المراقبين العارفين بالساحة التونسية لا يمكنهم تحميلها لوحدها مسؤولية الانحسار الذي تعاني منه. فالانتخابات الديمقراطية تُـعطي فرصا متكافئة، وتوفر مناخا مختلفا، ومع ذلك، ستجد هذه المعارضة نفسها مضطرة بعد غلق قوس هذه الانتخابات لتُـعيد النظر في أساليبها، وأن تفكر بشكل أكثر جدية في البحث عن استراتيجية للتغيير تكون مختلفة كثيرا عما قامت به إلى حد الآن، فلا يمكن أن يتحقق تحول ديمقراطي عميق بمعارضة هزيلة ومشتتة.

(المصدر: موقع سويس انفو بتاريخ 20 أكتوبر 2004)

 


 

 للصائم فرحتان

 المصافحة التاسعة

الهادي بريك / المانيا

اللهم لك صمنا وعلى رزقك أفطرنا ذهب الظمأ وإبتلت العروق وثبت الاجر إن شاء الله .

واجباتك الرمضانية اليومية الخمسة المتأكدة لا تغفل عليها ولا يشغلنك عنها شاغل :

1 ـ إربأ بنفسك عن صوم البهائم فلا تدع جارحة منك تركض في أعراض الناس .

2 ـ لا صوم لك بدون صلاة فأقمها في جماعة واحرسها بالنوافل وركعتين قبل الفجر .

3 ـ لا حياة لك بالغفلة عن ذكر الله فارسم لنفسك منه وردا يوميا مأثورا لا يفارقنك في كل حال .

4 ـ القرآن شفيعك عند ربك فاختمه تلاوة مرة واحدة على الاقل دون تلاوة التراويح .

5 ـ فطر صائما واحدا على الاقل كل يوم فإن لم تجد فتصدق بعدل ذلك والجار والرحم أ ولى .

من تلاوة التراويح :

من أروع ما قال الشهيد سيد قطب ولم أقرأه عند غيره أن لكل سورة شخصيتها المستقلة وسورة المائدة  كما تسمى سورة العقود يدور موضوعها حول نظرية التعاقد في شمول عجيب ومن شأن التعاقد أن يكرم الانسان الذي يبرمه حرا مختارا لذلك عقبت على قتل قابيل لهابيل بأن قتل إنسان واحد هو كقتل كل الناس وإحياؤه كإحياء كل الناس ومن شأنه كذلك قيامه على القسط والعدل لذلك عرجت عليهما كثيرا مرشدة إلى أن الحكم بما أنزل الله هو عين العدل وأم القسط وأن الناس يقتربون من ذلك أو يبتعدون فيستحقون صفات الكفر أو الفسق أو الظلم ومن شأن التعاقد بين البشر أن تحكم عرى التعاقد الاكبر والميثاق الاول الذي كرم الناس وأهلهم لابرام العقود وهو العقد الالهي بينه وبين الناس فتجد في السورة أكبر قدر من الحدود ( الحرابة والردة والسرقة والولاية ) ونظرية الحدود في الشريعة الاسلامية هي الوجه الاسلامي لنظرية حقوق الانسان في العصر الحديث فمقاصد الحدود كلها بقصاصها وتعازيرها ليست سوى حفظ الانسان إختيارا عقديا وعقلا ومالا وكرامة وإرادة ونفسا وعرضا وفردا وجماعة . ونظرية العقود من مقتضيات التمدن والتحضر والترقي والرشد الانساني وبلوغ أسمق مصاف التعامل الحضاري .

1 ـ من الناس من تقوده شهواته وسائر غرائزه فتجده يستخدم الدين سلما لنيل العطايا والذكر فلا ينظر إلى الدنيا بسوى منظار فرصة ذهبية للاشباع الحيواني وذلك هو مبلغهم من العلم وبنو إسرائيل هم من ذلك النوع الرخيص بل هم سدنته لذلك نسب الله إليهم المائدة التي طالبوا بها دليلا على رسالة نبيهم عيسى عليه السلام وكأن منتهى العقود عندهم أعلاها وأدناها وليمة تمتلئ في إثرها البطون الممتلئة سحتا ثم يهراق على القيم حجارة من سجيل وذلك في ذات السورة التي نسب إلى غيرهم فيها الوفاء بالعقود وكرامة الانسان ومسؤوليته عن أفعاله ودعاه إلى القسط والعدل والقوامة بهما شهادة لله وتطبيقا لحكمه بعيدا عن الفسق والكفر والظلم وإحقاقا للحق عبر حماية حق الانسان في ماله فيحاسب المحارب وعلى عقله فيحاسب المرتد سيما الداعي إلى ردته تخبيلا لسدى البناء الاجتماعي الذي قبله إبتداء حرا مختارا مريدا وعلى حقه في الولاية لامته ودينه فيحاسب المرغم على غير ذلك .

2 ـ ومن مقتضيات الوفاء بالعقود حرمة الزمان والمكان والانسان تضييقا لدائرة إمتهان كرامة الانسان واطلاقا لطاقات التعمير بالخير في كنف الوئام والسلام .

3 ـ إنسحرت طوائف كثيفة من المسلمين بالدجل الغربي وعبيده فظنوا أن الشريعة الاسلامية قاسية بحدودها ولو نظروا بعينين باصرتين بدل عين واحدة حولاء لالفوا بأن حد السرقة مثلا إنما وضع لحماية حق الانسان في ماله الذي إكتسبه بعرق جبينه يغذو به أهله ويفعل به الخير غير أنهم أصروا على النظر بعين واحدة إلى اليد المقطوعة فحسب مهملين النظر إلى المسكين المسروق والضعيف المنكوب والفقير المنهوب وهل رأيتم سارقا في الدنيا أدبته السجون وهل رأيتم سارقا في الدنيا اليوم غير مرتبط بصورة أو بأخرى بالاجهزة الحاكمة . إن الذين يدافعون عن السارق خشية قطع يده اليوم إنما يدافعون عن المترف وعن مصاصي الدماء وعن الحاكم القوي الظالم ولا ينظرون إلى الفقير الذي يقتله قهر الحكومة وأثرياؤها يوما بعد يوم .

4 ـ سورة المائدة من السور التي خاضت في أمر بني اسرائيل كثيرا وهي في الوقت ذاته تمحضت لقضية العقود المبنية على كرامة الانسان وإقامة العدل والعلاقة بين الامرين وثيق بالامس واليوم فمن الذي يملا الدنيا اليوم عويلا كاذبا بإسم الهولوكست لابتزاز أروبا وأمريكا فينهب الكادحين نهبا ويسرق أموال الناس ؟ ومن يغتصب الارض  اليوم على مرأى ومسمع من العالم بأسره ؟ ومن يمعن اليوم في التنكيل بكرامة الانسان ؟ أليسوا هم أولئك الذين تحايلوا بالامس القريب على شريعة الله سبحانه بمكر سخيف فعاقبهم ! فبالخلاصة فإن تاريخ بني إسرائيل وحاضرهم لاشد إرتباطا بقضية العقود وكرامة الانسان وإقامة العدل والسورة تقيم الدليل من التاريخ ومن الحاضر على أن خيانة العقود الالهية والبشرية لا تؤدي إلا إلى إستباحة كرامة الانسان والدوس على قيم العدل بالاحذية العسكرية الغليظة كما يفعل وكلاء الصهاينة في بلادنا.

فائدة اليوم :

العين حق كما قال عليه السلام وإحدى أكبر مباعثها الحسد وهو داء دفين ينخر الانسان نخرا حتى أن العين أوالحسد ليدخل الجمل السمين في القدر الصغيركما قال عليه السلام وصح عنه أنه كان يرقي إبنيه الحسن والحسين عليهما السلام بالمعوذتين يقرأهماعليهما ويمسح عليهما وربما جمع إليهما سورة الاخلاص والفاتحة وآية الكرسي وخواتيم البقرة فلا تركن إلى عبيد الفكر الغربي فتنكر ذلك ولا إلى المشعوذين المتزيدين في ذلك المبالغين فيه إلى حد الاستعاضة عن الطب البدني بالرعوانيات السخيفة فكن وسطيا فالوسطية أبدا مظنة الصواب.

أسئلة اليوم :

1 ـ اذكر عشرة مواضع من يسر الاسلام موزعة على عشرة مجالات في الحياة مدعمة بالادلة.

2 ـ سمى الله الفاتحة في القرآن بإسم آخر  في سورة أخرى . فما هو وما هو الموضع ؟ ولم ؟

3 ـ شاعر لقب بشاعر الرسول . من هو ؟ أذكر شيئا من شعره .

4 ـ أذكر الغزوات ورتب التسعة الكبرى منها حسب تاريخ وقوعها ثم حسب إهتمام القرآن بها.

5 ـ هل تؤم المرأة النساء في الصلاة وهل تؤم الذكور ؟ هات الدليل مبرزا الفرق بين الحق والتقليد.

6 ـ هل يأتم مسبوق في الصلاة بمسبوق ؟ أذكر حديثا في الموضوع وأذكر حجج من تؤيد .

تقبل الله صالح عملك وألى مصافحة تاليةأستودعك الله صيامك وقيامك وتلاوتك ومواساتك .


 

كلمة حق في صديقي مجيد بودن

 

الأخوة الكرام محرري تونس نيوز

السلام عليكم

 

وبعد، لقد شعرت بواجب قول كلمة حق لا للدفاع عن صديق فحسب بل للدفاع عن الحق ، فقد قرأت في موقعكم المتميز كلاما باطلا بقلم مشبوه لأنه غير موقع ما عدا باسم كاذب يوجه فيه اتهامات للمحامي و رجل الأعمال التونسي الأستاذ مجيد بودن .

 

وقد كنت أنا عندما تحملت بعض المسؤوليات في تونس السبب في استثمار الصديق في وطنه و وجدت منه الاستجابة الفورية  حيث أدخل الى تونس عام1982 مبلغا هاما يحتاجه اقتصادنا الوطني وهو 5 ملايين دولار لشراء اسهم في البنك الفرنسي التونسي و اتجه للاستثمار مع أصدقائه السعوديين والبريطانيين في مجالات نادرة و تعود بالنفع على المواطن التونسي مثل الزراعة. ولكن المشاكل تراكمت منذ اواسط الثمانينات ومنعته مع الأسف من العمل النافع الذي بدأه ، لأسباب يطول شرحها وحاولت شخصيا المساعدة في حلها عديد المرات الى ان وصلت هذه القضايا امام المحاكم المختصة للبت فيها وذلك منذ عقد و نصف …

 

واني عرفت الأخ العزيز مجيد لا على صعيد المال والأعمال و لكن على مقاعد المعهد الثانوي بالقيروان حين كان مجيد متمردا على بعض مظاهر الظلم ويقود المظاهرات التلمذية التي كانت تنشأ بين الحين والاخر في الستينات في عهد الرئيس الراحل رحمه الله وعرفت مجيد شابا جريئا وخطيبا ومناضلا وأيضا ملاحقا من طرف البوليس في ذلك العصر الصعب الذي لم تكن فيه أصوات تناصر الملاحقين ولا احزاب معارضة ولا رابطة حقوق انسان.

 

واني أرجو أن تسوى قضاياه المعلقة و يعود الى وطنه الذي يحتاج الى كفاءته وأفكاره واستثماراته ولا يحتاج وطننا الى حملات التشويه والاقصاء والتلويث التي طالما عانينا منها جميعا وحان الوقت لطي الصفحة السوداء.

 

و تقبلوا خالص العرفان بجهدكم الاعلامي الطيب مع الأمل في نشر هذه الكلمة.

 

والسلام عليكم ورحمة الله

د. أحمد القديدي 

 


بسم الله الرحمن الرحيم

حال الأمة في رمضان

 

بقلم الشيخ راشد الغنوشي

 

بدء أهنئ أمة المومنين والمومنات أن مد الله لهم في العمر حتى بلغوا هذا الموسم العظيم للخير وأبتهل اليه سبحاته أن يوفقنا جميعا الى صيام  أيامه وقيام لياليه فنكون في خواتمه من الفائزين بالمغفرة والرحمة والعتق من النيران وشهادة التقوى المقصد الاعظم لهذه العبادة « يا أيها الذين آمنوا كتب عليكم الصيام كما كتب على الذين من قبلكم لعلكم تتقون » البقرة.

إن قوة هذه الامة وعزتها ونهضتها ووحدة صفها في دينها فعلى قدر حظها من العلم والعمل به يكون حظها في الدنيا والآخرة. ولقد أبدع الخليفة الراشد ابن لخطاب التعبير عن هذه الحقيقة التي لم تزدها وقائع التاريخ إلا تأكيدا « نحن قوم أعزنا الله بالاسلام فإن ابتغينا العزة في غيره أذلنا الله »

 

وإن أساس هذا الدين العظيم ومنهاجه لصلاح حياة الناس فرادى وجماعات معرفة الله جل جلاله على الوجه والمجاهدة الفردية والجماعية لتحري اتباع شرائعه وفق الوجه الصحيح الذي تنزلت بهم رسله ولخصته رسالة خاتمهم عليهم السلام. إن التحقق بالحضور الالهي في حياة الانسان اليومية الفردية والجماعية هو المقصد الأسنى لهذه الرسالة وهذا المنهج وعلى قدر تحققه يكون حظ الانسان فردا وجماعة من الرقي والسعادة في الدارين. والعكس بالعكس، مهما بدا  الامر بخلاف ذلك لذي النظر الحسير في الزمن القصير.

 

ومن أجل التحقق الفعلي والدائم والفاعل لهذا الحضور الالهي في حياة الناس فرادى وجماعات فإن الرحمن الرحيم بعباده وهو الغني عنهم لم يكتف عبر مبعوثي رحمته للعالمين أن يبلغهم جملة من التصورات تعرفهم بربهم وأصلهم ومصيرهم وبالكون المسخر لهم، وإلا ما افترقت رسالات السماء عن الفلسفة وبالخصوص المومنة -ومعظم الفلاسفة مومنون- غير أنهم لم يتجاوزوا هذا المستوى بسبب عجز العقل البشري عن رسم خريطة واضحة متماسكة لعالم الغيب ومحددات لما هوخير ولما هو شر فضلا عن أن يضع منهاجا تربويا واجتماعيا يحقق حضورا دائما وفعالا لعالم الغيب في عالم الشهادة « اعبد الله كأنك تراه فان لم تكن تراه فانه يراك » (صحيح البخاري) وبذلك كان الانبياء عليهم السلام هم القادة الاعظم لمسيرة البشرية ليس فقط بما حملت رسالاتهم من تصورات وقيم وحسب وإنما أيضا وأساسا بما حملته من شعائر وشرائع عملية رفعت بصر الإنسان إلى السماء ودربته كيف يمشي على الارض ويسعى في مناكبها لتسخير خيراتها وقلبه معلق بالسماء ممتلئا شعور ا ويقينا بحضور الله ومعيته الدائمة وعظيم نعمائه عليه وأنسه بذكره واستعداده الدائم للقائه في حياة أبدية. ذلك الحضور هو المدماك الأساسي للمنهاج الإسلامي التربوي المعبر عنه بالتقوى.

 

ومن رحمة الله بعباده أن وهبهم نهجا من الشعائر والشرائع يكفل تحقيق ذلك الحضور مقصد الدين الأسنى والسبيل الأقوم بل الأوحد لصلاح الإنسان وسعادته. وتمثل شعائر الاسلام التعبدية سواء أكانت واجبات أم كانت مندوبات مثل الصلاة والصيام والحج والتلاوة والذكر مقومات أساسية في المنهج الاسلامي الفكري والتربوي وللإصلاح الاجتماعي فجاء الشارع مرغبا فيها حاثا عليها واعدا على أدائها بالاجر العظيم « من صام رمضان ايمانا واحتسابا غفر له ما تقدم من ذنبه « (البخاري) محذرا من التهاون فيه أو الاكتفاء بالأداء الشكلي حسبانا منه أن ذلك هو المطلوب وهو البر فجاء البيان القرآني  » ليس البر أن تولوا وجوهكم قبل المشرق والمغرب ولكن البر من امن بالله واليوم الآخر والملائكة والكتاب والنبيين واتى المال على حبه ذوي القربى واليتامى والمساكين وابن السبيل والسائلين وفي الرقاب وأقام الصلاة واتى الزكاة والموفون بعهدهم إذا عاهدوا والصابرين في البأساء والضراء وحين البأس أولئك الذين صدقوا وأولئك هم المتقون » ( البقرة 177).

 

وقال رسول الله r « من لم يدع قول لزور والعمل به فليس لله حاجة أن يدع طعامه وشرابه » (البخاري) كما قال r: « ربّ صائم حظه من صيامه الجوع والعطش. وربّ قائم حظه من قيامه السهر » (رواه أحمد). وذلك أن هذه الشعائر جزء من البرنامج الالهي لاصلاح حياة الإنسان فردا وجماعة بما يحقق سعادته في الدنيا والآخرة، وليست هي حركات وأعمالا شكلية منفصلة عن مقصدها الديني وهو تحقيق الحضور الإلهي الدائم في حياةالانسان ومقصدها النفسي في اكتساب إرادة قوية قادرة على قول لا في وجه صولة الشهوات والاهواء والاندفاعات الغضبية كما هي قادرة على إنجاز ما تقرر، فضلا عن مقصدها الاجتماعي في فعل الخيرات واجتناب الشرور.

 

وتأسيسا على ما سلف فإن عبادات الاسلام لئن أفرغها الانحطاط الى حد كبير أم صغير حتى تحولت أشكالا منفصلة عن مقاصدها حتى فقدت معناها واستهان بها كثير من المنتسبين الى الاسلام بل جرؤ بعضهم عليها كما فعل الرئيس التونسي السابق بحسبانه الصيام كالحجاب معيقا للتقدم والتحديث، فقد أمكن لحركات الاصلاح الاسلامي أن تستعيد لهذه الشعائر المفرغة قدرا غير قليل من معانيها التي جعلت منها الوقود المحرك لأعظم الفتوحات وتأسيس أعظم الدول والحضارات وإرساء مجتمعات أهلية مزدهرة. لقد أعادت الارتباط المفقود أو الواهن بين عالم الغيب والشهادة بين شعائر الدين ومقصدها التعبدي في العيش مع الله من جهة وبين مقصدها التعبدي وأثرها الاجتماعي التربوي هدهدة لسعار الكسب والتكاثر وشح النفس والاخلاد الى الارض وإطلاقا للفطرة الانسانية الخيرة من الأغلال والآصار، إطلاقا لطاقات الاجتهاد والجهاد.

 

وإن من عظمة هذا الدين واقعيته بما يتوفر عليه من قابليات غير محدودة ليواكب مسيرة البشرية في كل أحوالها تحضرا أوتخلفا وفي كل مستوى من الانتظام السياسي والاجتماعي في حضور دولة أو غيابها قدرته في كل ذلك على قيادة مسيرتها ومداواة عللها. فبينما رأينا فلسفات كبرى تنهار مثل الشيوعية بمجرد انهيار دولتها ورأينا أمما كبرى تستسلم استسلاما كاملا لغزاتها بمجرد خسارتها حربا كما حصل للامة اليابانية والالمانية إثر الهزيمة التي ألحقها الأمريكان بهما فاستسلما للجراح الامريكي يجري ما شاء من الجراحات على القوانين والنظم والقيم والعلاقات. وبعد التفكيك الذي قام به أعاد تركيبهما ووضع قطار كل منهما على سكة أخرى بينما  سقطت خلافة الاسلام ولم يفقد فعاليته في توجيه أهله وتعبئتهم لمقاومة أعدائهم. وتأمل مقارنا ما حصل في العراق حيث بدأت الحرب الحقيقية يوم سقوط الدولة يوم انهارت مؤسسات الحداثة لمّا واجهت حداثة أعلى منها تطورا، يومها عمت الفوضى لكن سرعان ما نهض العملاق الاسلامي من قلاعه التقليدية في المساجد يعيد الانتظام والتماسك يغيث الملهوف ويطعم الجائع ويحمي الأعراض والدماء.. بما يشهد على عظمة هذا الدين وواقعيته وأن مصيره ليس مرتهنا لحضور نمط معين من الاجتماع مثل الدولة أو لمستوى معين من التسليح.

 

إنه بوجود دولة عادلة تعمل وفق شرائعه وفي إطار وحدة أمته يعطي عطاءه الكبير المذهل كما فعل في عصره الأول لكنه وحتى في غياب دولته وشريعته يظل قادرا على تعبئة الامة للاصلاح أو للجهاد وذلك من خلال آلياته التي تظل شغالة مثل الصلاة والصيام والحج وتلاوة القرآن .. إنه مثل الطائر العملاق ذي الأجنحة الكثيرة التي إذا عملت كلها يحقق الطائر سرعة هائلة إلا أنه إذا تعطل بعضها لا يقع مجخيا بلا حراك وإنما يواصل التحليق عاملا على إصلاح الأعطاب ناهضا بوظيفة الاستمرار والدفاع عن البيضة، عن كيان أمته وتعبئة قواها وضمان مستوى من مستويات الوحدة بين أتباعه.

 

إنه دين الله الذي اختاره نهجا لحياة وسعادة عباده فلا يزيغ عنه إلا شقي هالك. ولقد ضمن له البقاء عبر نظام محكم غاية في البساطة على نحو يسهم فيه كل مسلم باعتباره مسؤولا مسؤولية عينية أمام خالقه: صلاة وصياما وحجا وزكاة، كما إنه غاية في التركيب على نحو يستوعب كل نشاط جماعي للمسلمين وحتى لغير المسلمين باعتباره رحمة للعالمين. « وتعاونوا على البر والتقوى ولا تعاونوا على الاثم والعدوان » (المائدة 2).

 

إن الإسلام عائد بعدله ورحمته وعزته تفعيلا لمقاصده وشعائره وشرائعه. لقد بدأنا نرى رمضان يعود بعض ما كان له من مجد يوم ارتبط في عصور الاسلام الزاهرة بالفتوحات وبازدهار سوق البر وأعمال الخير وليس بالسرف والتبذير ومواكب الفراغ والضياع.. الثابت أن الأمة تسكنها روح جديدة من الصحو ورمضان محرك عظيم.

 

(المصدر: موقع نهضة.نت بتاريخ 19 أكتوبر 2004)


نحن العرب ونظريات جائزة نوبل للاقتصاد

 

د. أحمد القديدي (*)

 

أعلن منذ أيام قليلة عن اسناد جائزة نوبل للعالمين في الاقتصاد الفنلندي فين كيدلند والأمريكي ادوارد بريسكوت الأستاذين بالجامعات الأمريكية، الأول في جامعة كاليفورنيا والثاني في جامعة أريزونا، على أثر اشتراكهما في بلورة نظرية جديدة في الفكر الاقتصادي الليبرالي تحمل اسم «نظرية الدورات الحقيقية» (وهنا نترجم لفظة cycle الانجليزية بلفظة دورة العربية)، وينطلق العالمان من أن السياسات الاقتصادية للحكومات والسلوكيات الاستهلاكية للعائلات تتأثر بما سمياه «الدورات المؤقتة» للاقتصاد. وبالطبع يشرح الرجلان الفرق الشاسع بين الدورة الحقيقية والدورة المؤقتة فيقدمان مثال «الصدمة الاقتصادة العابرة» مثل الارتفاع الكبير الذي يشهده سعر برميل النفط منذ بداية السنة الحالية بصورة مستمرة ومتصاعدة (إلى أن بلغ يوم الخميس 14 أكتوبر في الأسواق رقماً يعتبر قياسياً وتاريخياً يتجاوز 53 دولاراً) قائلين إن التحولات العميقة التي ستنتج عن هذا الارتفاع هي التي ستحدد السياسات الاقتصادية على الصعيدين الوطني والعالمي أكثر من الارتفاع ذاته.

 

وهكذا فإن الاقتصاد العالمي الذي هو في الواقع ثمرة السياسات الاقتصادية الوطنية والإقليمية سيكون على المدى المتوسط والبعيد متأثراً بالتداعيات الناجمة عن الحدث لا بالحدث نفسه. والتداعيات يسميها العالمان بالصدمات، ويشبهانها بما يحدث في مجال الفيزياء، حيث يتأثر الجسم أو المادة بالصدمة الناتجة عن حدث لا بالحدث في حد ذاته.

 

ويعدد الفائزان بجائزة نوبل الأمثال من الاقتصاد الأمريكي فيقولان: «حسب احصائيات رسمية وجدية مقدمة لقمة الدول المصنعة الثماني المعروفة بـ G8 في مؤتمرها الأخير بواشنطن، فإن المواطنين الأمريكان ما بين الخمسة عشر عاماً والأربعة والستين عاماً من العمر يشتغلون بنسبة خمسين بالمائة أكثر من المواطنين الفرنسيين في نفس السن، في حين أن هذه المعادلة كانت معكوسة تماماً في السبعينيات! والسبب هو في رأي العالمين أن الحكومة الأمريكية أجرت اصلاحات ضريبية في الثمانينيات خفضت من الضرائب المفروضة على النشاط التجاري ففتحت أبواب إنشاء الشركات الصغيرة والمتوسطة أمام المواطن الأمريكي الذي انجذب للمبادرة الحرة وغادر الوظيفة الحكومية، فانتعش الاقتصاد بانتعاش الحيوية التجارية وبالطبع الاستهلاكية.

 

وهنا، يقول الأستاذان كيدلاند وبريسكوت: تكون الصدمة الضريبية انجازاً مباركاً وخياراً سليماً لإنتاج الثروة بالتحفيز على العمل، والتقليل من الاعتماد على الحكومة، على المال العام الذي يمكن توظيفه في خلق فرص شغل أكثر وعدم إهداره في تنمية البطالة المقنعة، حين تقوم الحكومة بتوفير مواقع شغل مزيفة أو مصطنعة لشبابها خريجي الجامعات لأسباب أغلبها سياسي ودعائي ولا دخل للمردود الاقتصادي ولا التنموي فيها.

 

وهنا أجد نفسي مضطراً لأن أعرج على أوضاعنا الاقتصادية العربية لنرى كيف يمكن الافادة من نظرية هذين العالمين في بلداننا، فبريسكوت: أحد الفائزين الاثنين يؤكد أن اتخاذ إجراءات وقرارات بسيطة كفيل بحل الكثير من المعضلات بفضل الصدمات الخيرة والمدروسة والمقبولة شعبياً، وفي التقرير الأخير الصادر عن البنك الدولي الذي خصص البنك فصلاً من فصوله للتنمية العربية (راجع فقرات منه نشرتها الزميلة الحياة الصادرة في لندن 13 سبتمبر 2004) وجاء فيه عرض لنماذج من هذه القرارات السهلة التي تغير معادلات الاقتصادات الوطنية العربية، من ذلك أن المملكة المغربية والمملكة الأردنية أصدرتا تشريعات لتسهيل إنشاء المشاريع ذات الطابع الصناعي والتجاري والخدماتي كمبادرات فردية في شكل شركات محدودة، وكانت النتيجة السريعة أن ارتفع معدل بعث المشاريع الصغيرة في الأردن بنسبة %16، وفي المغرب تحققت قفزة متميزة في نفس المجال تقدر نسبتها بـ %21، وهذه الإجراءات السهلة هي التي يحث الفائزان بجائزة نوبل الدول على اتخاذها. ففي نموذجي الأردن والمغرب نجد أن الإجراءات منطقية وبسيطة مثل خفض الفترة الزمنية التي يستغرقها تسجيل المشاريع المقدمة من تسعة أسابيع إلى 36 يوماً، ومثل عدم اشتراط مبلغ مرتفع لبعث المشروع ومثل تحمل الدولة أعباء الإفلاس في حالة الفشل في الإبقاء على المشروع ومثل ضمان الدولة للتكوين والتأهيل لعدد من الشباب والكهول للتحول من البطالة أو من الوظيفة لإنشاء المشاريع الخاصة والحرة.

 

ويضرب تقرير البنك الدولي كذلك المثل بجهود تونس في هذا المجال حين حسنت فرص الدائنين باسترداد حقوقهم في حالات الإفلاس ورفعت عدد الشركات المسجلة في السجل الائتماني العام، وكذلك جهود السعودية واليمن وسلطنة عمان وتظل لدى خبراء البنك الدولي طبعاً بعض الانتقادات والتحفظات في ملفات الاقتصادات العربية كما يسدي البنك عديد النصائح التي نعتقد أن من واجب الحكومات العربية تقييمها وتنفيذ الممكن منها بمزيد من الابداع والتميز والتشاور بين الفرقاء المؤثرين في الاقتصاد الوطني والشركاء الشرعيين للحكومات من المجتمع المدني، حتى لاتكون القرارات فوقية ومزاجية أي في النهاية تعسفية ولا جدوى لها.

 

وبالمناسبة يراودني سؤال محوري وهو: «كم هو عدد المسؤولين عن الاقتصادات العربية الذين قرأوا نظريات الفائزين الاثنين بجائزة نوبل للاقتصاد؟ ومن بين الذين قرأوا كم عدد الذين علقوا عليها وحللوها ونظروا في إمكانية تطبيقها على الواقع العربي؟ وأخيراً كم هو عدد أقسام العلوم الاقتصادية في الجامعات العربية وعدد كليات الاقتصاد العربية التي أعلنت عن ندوة أو سيمنار لبحث نظريات «فين كيدلند» و«ادوارد بريسكوت الحائزين على نوبل 2004؟ هل أفصح عن الجواب أم أستر؟ طالباً من الله الستر وحسن الختام!!

 

(*) جامعي تونسي مقيم بالدوحة

 

(المصدر: صحيفة الشرق القطرية الصادرة يوم 20 أكتوبر 2004)


بين دخول البرلمان والعمل في عمق المجتمع المغرب… الإسلاميون والمعطيات الجديدة

 

سمير صبح (*)

يثير تجديد هيئات البرلمان المغربي في هذه الفترة حفيظة واهتمامات جميع القوى السياسية المتمثلة فيه، بما في ذلك « حزب العدالة والتنمية »، التيار الإسلامي الوحيد المعترف به من قبل السلطات.

 

ويهيئ هذا الأخير منذ الآن الاختراق الذي ينوي تحقيقه في انتخابات 2007 التشريعية. لكن يبقى السؤال: هل ستسمح التكتلات الكبرى القائمة، كذلك السلطات بأن يصبح هذا الفصيل الأبرز على الخريطة السياسية للبلاد؟  

في خطاب العرش الذي ألقاه في 30 يوليو/ تموز الماضي، رسم الملك محمد السادس الحدود والتوجهات المتعلقة بالقانون الجديد الذي يغذي النقاشات الجارية منذ فترة داخل المجموعات البرلمانية. ففي جلسة افتتاح دورة الخريف النيابية المنعقدة في الثامن من الشهر الجاري، شدد الملك المغربي على ضرورة تعزيز دور الأحزاب السياسية برسالة واضحة كل الوضوح، بحسب مختلف المراقبين، كونها أشارت إلى أهمية قيام هذه الأطياف بتسريع وتيرة رفع مستوياتها وتحسين أداءاتها. ويعود السبب في عملية لفت النظر هذه إلى تراجع دور هذه التكتلات الكبرى ووهنها منذ عدة سنوات، ما جعل إنجازاتها متواضعة، لا تتناسب مع طبيعة المرحلة ولا مع تطلعات المجتمع المغربي. ذلك، ما عدا « حزب العدالة والتنمية »، الذي لا يكف عن « غزو » الساحة على رغم المحاولات غير المباشرة من قبل وزارة الداخلية لاحتواء تقدمه المنتظم والفاعل. في هذا الإطار، ينبغي التذكير أن هذه الأخيرة تمكنت من لجم تقدم هذا الفريق الإسلامي التوجه والذي لا تشكل المعارضة البرلمانية حتى الآن جزءا من استراتيجيته في العمل السياسي.  

على أية حال، وعلى رغم المرونة في التعاطي، المعتمدة من حزب العدالة والتنمية، الذي يفضل على ما يبدو التأقلم مع الواقع وتجنب المواجهة مع السلطة، فإن قيادته التي تؤكد أن التنظيم يمثل تيار الوسط، إلا أنها يجب أن تحدد مواقفها بشكل واضح وثابت من جميع القضايا المطروحة حاليا، وخصوصا فيما يتعلق بطروحات الملك حيال « الفصل الذي يجب البت فيه من دون أي تأخير بين المجالين الديني والسياسي ». وانطلاقا من هنا، الإجابة على السؤال فيما إذا كانت الملكية الدستورية المغربية بما تتضمن من جوانب دينية وسياسية مجتمعة أم لا حول شخص الملك. ولا يعترض حزب العدالة والتنمية على هذه النظرية حتى الآن. والأكثر من ذلك، فإن نائبه في البرلمان، عبدالإله بن كيران أكد في مقابلة تلفزيونية أجرتها معه القناة الأولى الرسمية حديثا، مشددا بالقول: « إن صاحب الجلالة، ملك المغرب، يحظى بإجماع الشعب وينوب عنه في هذا الإطار ».  

الرقص مع الذئاب  

على رغم التنازلات المتكررة والابتعاد عن الاستفزازات السياسية، يتابع التشكيل الإسلامي الوحيد المتمثل في البرلمان، العمل بالعمق داخل المجتمع المغربي. كما ويركز على الدوام على الثغرات الثابتة وليس الطارئة لمنافسيه على الساحة. كذلك، على غياب النقاشات الديمقراطية بداخلها. نقطة يعود إليها في كل مناسبة، الأمين العام صلاح الدين العثماني، ليذكر بأنه « عندنا يتم الفصل في مشكلة ضمن مناخ من الديمقراطية والشفافية »، ما يعني، بحسب قوله، أن هذا النوع من الممارسة الديمقراطية، غائب تماما لدى غالبية القوى السياسية الكبرى في المغرب، والتي تعاني منذ سنوات من انعكاسات هذه الممارسة الخاطئة والفوقية في العمل الحزبي. كذلك، من النتائج السلبية العائدة للتناحرات على مستوى القمة، ناهيك بمنع وصول قيادات جديدة شابة إلى رأس الهرم. كما ويتحتم على هذه القوى السياسية تطهير صفوفها من الشوائب العالقة فيها، والاعتناء بتجميل صورتها التي بهتت مع مرور الزمن، وتحديث هيكلياتها وتجديد برامجها، وإدخال الإصلاحات اللازمة على بنياتها ولوائحها الداخلية.  

في خضم هذه التجاذبات، يعمل حزب العدالة والتنمية على إعادة صوغ توجهاته لتتماشى مع الطروحات الجديدة السائدة، مع الحفاظ على الدوام على تثمين العلاقات مع القاعدة وعدم الابتعاد عن المبادئ الأساسية، وإدخال تعديلات موضوعية على برامجه. كما ويعمل الحزب بجدية على استمالة المتذمرين، الذين تركوا أحزابهم لسبب أو لآخر. وهكذا تظهر هذه الحركة الإسلامية قدرتها على التمايز والارتقاء بأدائها يوما بعد يوم، ما جعل من مهمة الحملات التي قادتها القوى المنافسة من أحزاب كبرى، يسارية ويمينية، إضافة إلى تشكيلات إسلامية على الساحة، مثل « جمعية العدل والإحسان » التي يقودها الشيخ عبدالسلام ياسين، شبه مستحيلة. ذلك لأن حزب العدالة والتنمية أثبت بالملموس وعلى أرض الواقع، أنه يملك الشبكات من المناصرين والأعضاء الأكثر تنظيما والتزاما وانضباطا بالمقارنة مع القوى السياسية الأخرى على الساحة المغربية. كما يمتلك النخبة السياسية التي تبهر مراكز القرار في البلاد لناحية مهارتها في التفاوض وكيفية القبول بدخول اللعبة وإتقان قواعدها المفروضة.  

لكن، من ناحية أخرى، يذكر أن المثال الذي يقدمه حزب العدالة والتنمية في مجال التنظيم والسلوك الديمقراطي، كذلك على صعيد الخيارات السياسية، يقلق جديا بعض الأوساط النافذة في السلطة بالمغرب، إلى حد قيامها بتشويه صورته وتخويف المجتمع منه. مع ذلك، يستمر هذا الفصيل بالصعود سريعا، متجاوزا جميع العوائق الموضوعة في طريقه. ففي الصالونات السياسية بالرباط والدار البيضاء، تطلق النخبة الحاكمة صفارات الإنذار. ويدعو البعض إلى قطع الطريق على هؤلاء الإسلاميين الذين يظهرون الاعتدال ويعملون ليلا ونهارا لانتزاع حصة الأسد في الانتخابات التشريعية المقبلة المقررة في العام .2007 وتستشهد هذه النخبة الموجودة في السلطة بتصريحات ممثل الجناح المتشدد في حزب العدالة والتنمية، مصطفى الرميد، القائلة بضرورة « تفكيك الحكومة الحالية بقيادة إدريس جطو، وإعادة تركيبها بحيث تفي بغرض تنظيم الانتخابات المقبلة ». وترى هذه النخبة، أن إعطاء حرية الحركة لهذا التنظيم الإسلامي، مع كل ما يتضمن ذلك من مفاجآت ومخاطر، يعني عمليا « الرقص مع الذئاب ».  

تشخيصه لا توافق عليه شريحة كبيرة من الطبقة السياسية المغربية، إذ ترى فيه كثيرا من المبالغات والتهويل. إلا أنها لا تخفي مع ذلك، خشيتها من نجاح حزب العدالة والتنمية باجتياح المقاعد النيابية في حال لم تتمكن التكتلات الحزبية الكبيرة من إعادة تنظيم صفوفها، واستعادة الجزء « الهارب » من قواعدها. وهذا الحزب الذي دخل البرلمان منذ العام 1997 بـ 12 نائبا، كان دعم في حينه حكومة التناوب بقيادة عبدالرحمن اليوسفي. لكنه عارض مع ذلك الكثير من القرارات التي اتخذتها. ما يرى فيه الأمين العام لـ « حزب الاستقلال » عباس الفاسي ممارسة إيجابية ومسئولة رافقت عملية الانفتاح السياسي الذي يشهده المغرب منذ ذلك الوقت. إلا أن التحول المعتمد منذ العام 2000 من قبل هذا التيار الإسلامي الذي نجح في انتزاع عدد من المدن الكبرى من الأحزاب التاريخية والذي رفع الصوت عدة مرات منتقدا الإجراءات غير الشعبية المتخذة من قبل الحكومة قد أدى في نهاية الأمر إلى تعزيز شعبيته. وفي تقرير أعدته حديثا عدة أجهزة مرتبطة بوزارة الداخلية، يخلص واضعوه إلى القول: « إنه ليس بالمستبعد أن يفرض حزب العدالة والتنمية نفسه كأول قوة سياسية في البلاد، على رغم العوائق الموضوعة منذ الآن في طريقه ». كذلك، المحاولات الجارية لإضعافه عن طريق إحداث انشقاقات في وسطه.  

حدود التيارات الإسلامية الأخرى  

فإذا كان الانتظام والفكر الديمقراطي المعتمد يشكلان القوة الضاربة لحزب العدالة والتنمية، فإن هذا الواقع لا ينطبق البتة على التيارات الإسلامية الأخرى الموجودة على الساحة المغربية، وعلى رغم أقدمية هذه الأخيرة، فإنها لم تتمكن يوما من الاندماج، لا في النظام القائم ولا في لعبته السياسية. فالمزايدات الدائمة على صعيد قيادة هذه الحركات الإسلامية انتهت إلى حرمانها من الوجود على الخريطة السياسية. وما عزز هذا الانكفاء، التنفيذ من دون أدنى مناقشة لتوجهات قادتها الروحيين. سلوك أدى إلى نشوء انشقاقات وبروز مراكز قوى. فالمثال الأبرز على هذه الحال ينطبق على « جمعية العدل والإحسان »، إذ تتصارع القيادات منذ فترة على خلافة الشيخ عبدالسلام ياسين، المريض منذ عدة سنوات.  

فهذا التنظيم الذي كان يحتل صدارة العمل الإسلامي قبل دخول حزب العدالة والتنمية على الخط بقوة – هو الذي نشأ بعد توحيد عدد من التيارات الإسلامية – لم يعد يشكل، كما في السابق أي تهديد للسلطة في المغرب. فوهنه وضعفه باتا ملحوظين في مناطق وقطاعات متفرقة، كانت تعتبر بمثابة قلاع تقليدية له. فكانت فرصة سانحة للعدالة والتنمية للتأكيد أنه لا يمثل المؤسسة القادرة على التأقلم مع المعطيات الجديدة فحسب، بل هو الحزب الذي يدافع أيضا عن القناعات والمبادئ الإسلامية. أما فيما يختص بالمجموعات الإسلامية الصغيرة، على غرار التيار السلفي، فإن تحليلات السياسيين المغاربة في هذا الشأن تعتبر هذا التيار ليس له أي حظ في تحقيق اختراقات فعلية، لا اليوم ولا غدا، وأن أي رهان من قبل بعض المراقبين الغربيين الفرنسيين منهم بصورة خاصة، عليه، هو واهم وبعيد عن الحقيقة المغربية، وعن رأي غالبية الطبقات المكونة للمجتمع، بما في ذلك الفقيرة.  

انطلاقا من هذا الواقع، يبقى حزب العدالة والتنمية الرهان الوحيد حتى الآن بالنسبة إلى التيار الإسلامي المعتدل. ذلك، في حين يتمسك هذا الحزب بزيادة تمثيله في البرلمان وفي جميع الهيئات والبلديات. إلا أن دخوله للحكومة، مسألة مرتبطة بحسابات وتوازنات يعود البت فيها إلى السلطات العليا فقط. مع ذلك، تعمل قيادة الحزب، التي فهمت وأتقنت جيدا طبيعة العمل السياسي في هذه المرحلة، وحللت أبعاده الاجتماعية والاقتصادية، على اعتماد سياسة « القضم والهضم »، مع الابتعاد عن حرق المراحل، وعدم استفزاز التكتلات السياسية الكبرى. فالمهم بالنسبة إلى قيادات حزب العدالة والتنمية اليوم هو إقناع السلطة والقصر الملكي على وجه التحديد، بأن حزبهم الإسلامي ليس جزءا لا يتجزأ من التشكيلة السياسية فحسب، بل هو الأكثر ولاء للملكية، ومستعد لإثبات ذلك فيما لو اقتضى الأمر.  

لكن، على أية حال، وفي الوقت عينه، لا يستطيع أخذ مسافات من قواعده إذا ما حصلت تناقضات لسبب أو حدث ما مع أفكاره وقناعاته، كما هو الوضع اليوم مع إعلان المغرب استعداده لاستضافة مؤتمر إقليمي في ديسمبر/ كانون الأول المقبل في مراكش، يطلق عليه اسم « منتدى المستقبل » لمناقشة « الحكم الرشيد » و »الإصلاحات الاقتصادية » في « الشرق الأوسط الكبير »، اختبار ليس بالسهل على هذا التنظيم الإسلامي الذي يسعى إلى إثبات وجوده بقوة وإفهام الجميع بأنه بات من الثوابت في الحياة السياسية المغربية التي لا يمكن تجاهلها أو الالتفاف عليها. (*) باحث اقتصادي وسياسي – لبنان

 

(المصدر: صحيفة الوسط البحرينية الصادرة يوم 20 أكتوبر 2004)

 

 

ألان مينارغ نائب مدير عام اذاعة فرنسا الدولية عقب استقالته بضغط من اللوبي اليهودي:

اسرائيل دولة عنصرية وفكرة الجدار الفاصل قديمة جدا والتطهير العرقي من أولويات شارون الأنظمة العربية مهتمة بديمومتها في السلطة وحصولها علي الريع أكثر من همها علي شعوبها

باريس ـ القدس العربي ـ من شوقي أمين: عشية استقالة ألان مينارغ الرجل الثاني في إذاعة فرنسا الدولية بسبب تصريحاته التي وصف فيها إسرائيل بالعنصرية علي إثر صدور كتابه جدار شارون ، التقته القدس العربي في مكتبه بالطابق السابع بمقر إذاعة فرنسا الدولية وأثارت معه جملة من القضايا التي تضمنها الكتاب وعن مشاكله مع الخارجية الفرنسية. يتحدث مينارغ في كتابه عن صدمته لرؤيته جدار العار الاسرائيلي في الضفة، وعن الرموز المقيتة التي يدعو إليها والقائمة علي التمييز بين النقاء واللا نقاء. ويتساءل مينارغ في كتابه عن أول غيتو في العالم ومن أنشأه. يقول مينارغ إنهم اليهود أنفسهم الذين انشأوه ليعيشوا بعيدا بمعزل عن الآخرين، أي عن العالم غير الطاهر . وكان صحافيو إذاعة فرنسا الدولية، وكذا وزارة الخارجية الفرنسية، اعتبروا تصريحات مينارغ غير مقبولة ، لكن رد مينارغ كان سريعا قائلا إننا في إذاعة فرنسا الدولية لدينا مسؤول يتمثل في وزارة الخارجية، فعندما يصف الناطق باسم الخارجية كلامي بغير المقبول، أستخلص النتائج . وتزامن الرد مع زيارة وزير الخارجية الفرنسي ميشيل بارنييه لإسرائيل من أجل إعادة الدفء المفقود للعلاقات الفرنسية الإسرائيلية. يعتبر ألان مينارغ (57 سنة) أحد المختصين المهمين في الشرق الأوسط حيث اشتغل مراسلا لإذاعة فرنسا من سنة 1980 إلي سنة 1997 متنقلا بين بيروت والأراضي المحتلة وإسرائيل. قبل الولوج إلي عالم الكتاب جدار شارون الصادر عن دار نشر بريس دو لارونيسونس (مطبوعات النهضة)، نريد أن نعرف بعض الشيء عن تجربتكم الإعلامية في منطقة الشرق الأوسط التي مكثتم بها طويلا، والوقوف عند أهم المحطات العصيبة في حياة المنطقة من صبرا وشاتيلا إلي جدار شارون؟ لقد مكثت في بيروت من عام 1980 إلي غاية 1997، وبالفعل كنت شاهدا علي كثير من الأحداث التي لم تهدأ لحد اليوم، واذكر أنني كنت من الصحافيين الأوائل الذين دخلوا مخيم صبرا بعد المذبحة وقد نشرت كتابا عن تفاصيل ذلك الحدث بعنوان أسرار الحرب اللبنانية ، وأشرت في هذا الكتاب إلي تورط إسرائيل في لبنان، وتكليف هذه الأخيرة لكتيبة تسمي سرية ماركال ، وهي كتيبة ذات مستوي عسكري عال مهمتها إبادة الكوادر الفلسطينية، إذ تمكن 30 من أعضائها الولوج إلي الأراضي اللبنانية، ثلاثة أيام بعد مقتل الرئيس اللبناني بشير جميل وكان عندهم قائمة لـ 120 شخصا من مهندسين وأطباء وحتي ممرضين لتصفيتهم جسديا، وهو نفس العمل التي تقوم به إسرائيل في الأراضي المحتلة اليوم، لكن هذه المرة تحت وقع صواريخ فتاكة مرسلة من الطائرات، وهو ما يعكس ضمنيا تشبث إسرائيل باستراتيجية الإبادة للكادر الفلسطيني، وكل التنظيمات التي تصفها بالإرهاب. وأريد في هذا المقام أن أذكر بما قاله الجنرال ديغول في مؤتمر صحافي في تشرين الثاني/نوفمبر 1967، وهو يتحدث عن احتلال إسرائيل لقطاع غزة، ماذا قال؟ قال: إن هذا الاحتلال سيولد مقاومة، سيصفها الإسرائيليون بالإرهاب، وحينئذ لن يكون في الإمكان لإسرائيل دحرها والقضاء عليها . انظر، مرت 37 سنة علي نبوءة الجنرال ديغول، وما تنبأ به وقع بالفعل. وكأن التاريخ يعيد نفسه، فنفس السيناريو وقع مع فرنسا في حربها علي الجزائر ومع ديغول نفسه؟ دعني أقول لك شيئا، كل شعب محتل يجب أن يكون له ردة فعل، هذا أمر طبيعي، إنه منذ الأزل ومنذ أن كان العالم عالما، ما من أرض نحتلها ليست ملكنا فلا بد وأن تكون هناك ثورة. وفلسطين تدخل في هذا الإطار، حب من حب وكره من كره. قوبلت تصريحاتك عند صحافيي الإذاعة التي تدير شؤونها بالاستهجان والتذمر، ووصفوا كلامك بغير المقبول وبأنك تهدد مصداقية إذاعة فرنسا الدولية في العالم وفي منطقة الشرق الأوسط، بل إن وصفك إسرائيل بـ العنصرية يلزم بطريقة مباشرة أو غير مباشرة كل الإذاعة، فما تعليقك؟ سأكون صريحا معك، أنا قبل أن أكون مسؤولا فأنا صحافي له آراؤه وقناعاته ولا أخفي هاته القناعات بأي شكل من الأشكال، ثم إنني لا أتصور أنني أستطيع فرض آرائي علي الصحافيين، فمن الصعب جدا أن أفرض مواقفي وآرائي علي صحافيي إذاعة فرنسا الدولية، فهم متمسكون بحريتهم التي لن يقايضهم فيها أحد، إذن لا توجد أية مخاطرة من هذا الجانب. دعني أذكرك ماذا قلت بالضبط، قلت إن القوانين السياسية في إسرائيل قوانين تمييزية، علما أن إسرائيل لا تملك أي دستور من شأنه تحديد معالم تسيير هذا البلد، فهناك قانون الجنسية مثلا، يمنح لسكان إسرائيل المواطنة الإسرائيلية، وهذه المواطنة موزعة علي خمس جنسيات أو ست، من مسيحية وإسلامية وكردية وغيرها، لكن هذه الجنسيات جميعها لا تتمتع بنفس الحقوق، إذن هناك تمييز من حيث المبدأ، إن القاموس الفرنسي يقول إن كل نظرية تتفوه بتفوق عرق عن آخر أو ديانة عن أخري هي من صميم التمييز العنصري ، وقلت إن إسرائيل من هذه الزاوية عنصرية. ويبدو أن الصحافيين، تجاهلوا الجزء الأول من كلامي، وركزوا فقط علي الجملة الأخيرة، لكني أعيد وأكرر ما قلته ولن أتراجع عن ذلك. ألم تفكر مثلا في أن يكون وراء استهجان الصحافيين لكلامك، قناعات ودوافع أخري غير مهنية؟ اسمعني جيدا، بعض الصحافيين بشكل عام، إما يفتقرون إلي الثقافة والأدوات التي تمكنهم من القيام بعملهم علي أكمل وجه، وهو أمر خطير في حد ذاته يجب أن يوجد له حل، وإما هم مناضلون وهذا لا يعنيني المرة، أنا صحافي ولست مناضلا في حزب سياسي، فلا شيء يصمد أمام الحقيقة. نعود إلي موضوع كتابك جدار شارون ، تقول عنه إنه مشروع فرعوني ، وأن إسرائيل تواصل إنجازها له ضاربة عرض الحائط مقررات هيئة الأمم المتحدة القاضية بتوقيف بنائه، وهناك تفاصيل جغرافية تؤكد عليها كضم الأراضي الزراعية في الجهة الإسرائيلية، إلي جانب تفريق العائلات، الخ، وتحدث مقارنة تقنية وإنسانية مع جدار برلين الشهير، فهل من تفاصيل أكثر؟ نعم أقول إنه مشروع فرعوني، إذ يكلف المتر الواحد ثلاثة آلاف دولار، شيء ضخم جدا، وكان زميلي شارل أندار لان مراسل القناة الفرنسية العمومية فرا نس 2 قد قال معلقا علي تكلفة الجدار الباهضة، إنه بكل هاته الأموال بإمكاننا توفير فيلا علي شاطئ البحر لكل مستوطن. والتصوير هنا جميل جدا، ودعني أتساءل معك، ماذا تعني الصهيونية؟ هو إنشاء دولة يهودية لليهود، وشارون يقول عن حرب 1948 التي حققت الأهداف الصهيونية، بأنها حرب لم تنته، وبأن الحصول علي أي متر جديد هو متر إضافي لإسرائيل. إذن الصهيونية كسياسة استعمارية تواصل طريقها الذي عهدناه فيها. ولكن كيف تواصل طريقها؟ بداهة علي حساب السكان الفلسطينيين أصحاب الأرض. فبين الخط الأخضر والجدار، يوجد حوالي 250 ألف فلسطيني، وشارون قال إنه سيطردهم، ولا أدري كيف تعبرون عنه في اللغة العربية، لكن بالفرنسية يعني التطهير العرقي ، يجب أن لا نخاف من الكلمات، فإسرائيل بلد كالآخرين ومن واجبنا نقده ككل البلدان سواء أعجب إسرائيل ذلك أم لم يعجبها. من زاوية أخري، تقول إن فكرة إقامة الجدار فكرة قديمة.. هل يمكن أن تحدثنا عن أصولها، وكيف وصلت حيز التنفيذ في عهد شارون؟ في الحقيقة أن فكرة الجدار أصلا تحيل إلي عزل وفصل الفلسطينيين عن الإسرائيليين، وفكرة العزل موجودة في صلب الديانة اليهودية، ويمكن أن نقرأ في التوراة أسفارا تتحدث عن تفاصيل فكرة النقاء وتوضيح ماهو نقي وما هو ليس كذلك، وفكرة النقاء مركزية في الديانة اليهودية فهي تشترط النقاء كصفة مطلقة تمكنهم من أداء الصلاة، وسياسيا فإننا نعزل غير اليهود غوي أي غير الطاهرين من الأجناس الأخري والعرب الفلسطينيين ليسوا يهودا فهم غير نقيين. ووجدت الفكرة لها صدي عمليا في بادئ الأمر عند حزب العمال أي اليسار الإسرائيلي بشكل عام، كما يجب أن نقر بأن الجدار هو تعبير صارخ عن فشل الجيش الإسرائيلي عسكريا في احتواء المقاومة الفلسطينية أ وما يسمونه إرهابا. فاليسار الإسرائيلي بدأ في واقع الأمر بناء الجدار حول الخط الأخضر، أي علي طريق غزة خط الربط وقد أحاطته بالأسلاك وقتها، ولم يقل أحد شيئا. تتحدث في كتابك أيضا عن قانون 1950 القاضي بعودة الإسرائيليين إلي الأرض المقدسة، وتسميه قانون ملكية الغائبين، ما فحوي هذا القانون؟ إن قانــون 1950 يسمح لليهود من كل بقاع الدنيا الإقامة في دولة إسرائيل ولكن لا يحق للجنسيات الأخري الإقامة فيها، وسيسمونها قانون ملكية الغائب الذي يعود في الواقع إلي العهد العثماني، فالعثمانيون يعتبرون الأرض ملكية للجميع وليس للإفراد، فكل فرد لا يخدم أرضه خلال ثلاث سنوات يجرد منها بكل بساطة. وفي إسرائيل 98 بالمئة من الأراضي ملك للدولة الإسرائيلية، والاسرائليون ماهم إلا أجراء لديها، والمفارقة العجيبة أنهم يطبقون نفس القانون علي أراض ليست ملكا لهم أي أراضي السلطة الوطنية الفلسطينية، وهم لا يملكون الحق في فعل ذلك. وعلي عكس المرحلة العثمانية، كل الفلسطينيين يعتبرون ملاكا لأراضيهم، وكل المحاكم والعهود والعقود تثبت ذلك. علي أية حال فإن الفلسطينيين جردوا من ممتلكاتهم وهذا واضح، بالمقابل نجد الدولة العبرية تسعي دائما لمطالبة الدول الأوروبية باسترجاع أو تعويض الممتلكات اليهودية التي انتزعت منهم في الحقبة النازية، وأجد ذلك حقا مشروعا، ولكن يجب أن يفعلوا نفس الشيء مع الفلسطينيين. خصصت فصلا مهما عن الجانب الديموغرافي في عملية الفصل هذه، فما هي تداعيات التوزيع الديموغرافي علي مستقبل المنطقة علي هذا الطرف أو ذاك؟ كما قلت لك منذ قليل الصهيونية أرادت إنشاء دولة لليهود وفقط اليهود، وهذه الدولة لم تنشأ في صحراء قاحلة إنما علي أرض مسكونة، وعمليا الفلسطينيون الذين عمروا هذه الأرض أكثر عددا من اليهود، وهناك من يقول إن إسرائيل خسرت حرب المهد ، إحالة إلي قلة الإنجاب لديها. وتقول الإحصائيات الرسمية أنه من هنا إلي غاية 2015 سيفوق الفلسطينيون الإسرائيليين في العدد بكثير، ومن ثم لن يكون هناك توازن في السكان بالمرة. وهذا له انعكاسات بالضرورة علي مستقبل وأمن المنطقة، وهناك خياران لا ثالث لهما فإما أن تهتدي إسرائيل إلي الاعتراف بفلسطين كدولة مستقلة، وإما تتابع نهجها في التطهير الإثني. بالجملة أقول إن الجدار قام علي فكرة التطهير، بل سيتحول إلي سجن كبير علي سماء مفتوحة، وأذكر هنا ما قاله لي أحد الفلسطينيين، أنه عندما ينتهون من بناء الجدار ما عليهم إلا أن يضعوا شباكا من فوق حتي لا نطير، وهو بالفعل قفص كبير. وهذا ما حدث في جنوب إفريقيا، إننا بشكل أو بآخر نعيد صياغة نظام بريتوريا العنصري. أنت تشبّه إذن النظام الذي تنتهجه الدولة العبرية بنظام بريتوريا العنصري الذي ساد طويلا في جنوب إفريقيا؟ نعم إنه نفس الشيء يحدث اليوم في الاراضي المحتلة، وقل لي لماذا تتفاهم إسرائيل مع الولايات المتحدة اليوم؟، بل هناك إلي حد ما تواطؤ وشراكة، ببساطة فإن الولايات المتحدة في غزوها للغرب، وضعت السكان الأصليين الهنود الحمر في غيتوهات وكذلك تفعل إسرائيل في غزوها للشرق في تعاملها مع الفلسطينيين. وإلي أي حد يمكن الحديث عن مسؤولية الولايات المتحدة فيما يحدث في فلسطين اليوم؟ ما عليك إلا أن تري الأعضاء المكونين للحلقة المقربة من محيط الرئيس جورج بوش، فشخص مثل بول موسكوفيتش عمل مستشارا لشارون، فهو ليكودي أكثر من الليكود نفسه، وهو فوق ذلك يتحدث العبرية جيدا، وأتساءل فيما إذا لم تكن الحرب علي العراق مخططا لها منذ زمن بعيد عن طريق أشخاص مثل موسكوفيتش؟ فهل يمكن أن نخمن مثلا أن الحرب علي العراق جاءت لتنسينا الصراع الفلسطيني الإسرائيلي؟ ربما ليس لحد هذا من التصور، لكن من البداهة بمكان، إسرائيل اعتبرت دائما وجود بلد كالعراق في المنطقة خطرا كبيرا عليها، والقضاء علي القوة العراقية كان ضمن أولوياتها، وحتي لا تقوم بذلك بنفسها استنجدت بالولايات المتحدة للعب هذا الدور. هل يمكن اعتبار سياسة شارون الحالية انتحارية مثلما يصفها البعض؟ أستطيع القول أن ما يقوم به شارون اليوم يؤذي بلاده أكثر ما يحسن إليها، فصحيح أن الفلسطينيين يعانون اليوم، لكن الإسرائيليين محتمل أن تكون معاناتهم كبيرة غدا. كيف تقيم مواقف الدول العربية تجاه الأزمة الفلسطينية؟ الدول العربية جميعها لا يمكنها أن يكون لها رد فعل موحد وإيجابي إزاء القضية الفلسطينية فتورطها مع الولايات المتحدة فيما يخص تسيير رساميلها البترولية وغير البترولية كبير جدا، ثم إن الأنظمة العربية مهتمة أكثر بديمومتها في السلطة وحصولها علي الريع أكثر من همها علي شعوبها أو بالقضية الفلسطينية. وعلي عكس الأنظمة، الشعوب العربية لها مراكز اهتمام أخري، وما أسميه الشارع العربي ، أي المواطن العربي أكثر وعيا بقضاياه من الأنظمة ذاتها ولا أدري إلي أي حد يمكن أن تتفادي الأنظمة العربية شعوبها، وتربح سلمهم؟ وفي الأخير فيما يتعلق بالانتخابات الأمريكية، هل يمكن أن تغير ورقة كيري شيئا في الصراع الفلسطيني الإسرائيلي؟ لن يغير كيري أي شيء في المعادلة، الشعب الأمريكي شعب جاهل، فهم لا يعرفون حدود لبنان مع إسرائيل أو الأردن، والنتائج الوخيمة التي جنتها الولايات المتحدة في غزوها علي العراق تدل بما لا فيه مجال للشك علي جهل مطلق بالعالم العربي، إذن كيري أو بوش في رأيي وجهان لعملة واحدة.

 

(المصدر: صحيفة القدس العربي الصادرة يوم 20 أكتوبر 2004)


RADIO

Alain Ménargues a démissionné de ses fonctions à RFI

 

Bénédicte Mathieu

 

Les propos sur Israël tenus par le directeur général adjoint de l’information de la station avaient provoqué une émotion au sein de la rédaction.

 

Dans la salle comble, la lecture du communiqué est accueillie par un silence, puis par des éclats de voix. Il est 13 h 45, lundi 18 octobre, l’assemblée générale des journalistes de Radio France Internationale (RFI) et de RMC – Moyen-Orient apprend la démission d’Alain Ménargues de ses fonctions de directeur général adjoint chargé des antennes et de l’information de RFI et de vice-président de RMC – Moyen-Orient. Celui-ci vient de quitter la réunion organisée à l’appel de l’intersyndicale CFDT, SNJ et SNJ-CGT, où il s’est expliqué sur ses propos controversés sur Israël.

 

L’affaire avait commencé le 30 septembre. Auteur du livre Le Mur de Sharon, qui vient d’être publié aux Presses de la Renaissance, M. Ménargues avait estimé, lors d’un débat sur LCI, qu’« Israël est un état raciste ». La société des journalistes de RFI réagit le 1er octobre, en estimant qu’en tant que directeur de l’information M. Ménargues « engage l’ensemble de la rédaction ». « J’ai été invité en tant qu’auteur, et non en tant que directeur de l’information, explique M. Ménargues lors de l’assemblée générale. Les mots cités, sortis de leur contexte, ont pris une dramatisation que je n’ai pas donnée à l’antenne. »

 

Le 6 octobre, des syndicats de journalistes de la radio réagissent, cette fois, à la suite d’une intervention devant le Centre d’accueil de la presse étrangère (CAPE) où M. Ménargues a présenté son ouvrage. Ils jugent ses propos « inacceptables ». « Telle est bien aussi notre opinion », déclarera le 15 octobre, lors d’un point presse, le porte-parole du ministère des affaires étrangères, l’un des deux principaux bailleurs de fonds de RFI.

 

Les choses s’enveniment, le 16 octobre, quand la société des journalistes de RFI dénonce des déclarations, le 12 octobre, sur Radio Courtoisie, M. Ménargues ayant expliqué : « J’ai été très choqué par le mur – de séparation entre Israël et les territoires palestiniens -. J’ai été voir des gens, des rabbins, des hommes politiques. Si vous regardez le Lévitique, dans la Torah, qu’est-ce que c’est ? La séparation du pur et de l’impur. Un juif, pour pouvoir prier, doit être pur ; tout ce qui vient contrarier cette pureté doit être séparé (…) Lisez le Lévitique, c’est écrit en toutes lettres (…) Quel a été le premier ghetto au monde ? Il était à Venise. Qui est-ce qui l’a créé ? C’est les juifs mêmes, pour se séparer du reste. Après, l’Europe les a mis dans des ghettos. »

 

Dimanche 17 octobre, Antoine Schwarz, PDG de la station, reçoit la démission de M. Ménargues et l’accepte. Il est décidé qu’elle ne sera rendue publique qu’à l’issue de l’assemblée générale, pour laisser M. Ménargues s’exprimer devant les journalistes.

 

Lundi, lors de l’assemblée générale, le directeur général adjoint a déclaré : « Je n’ai jamais donné une consigne. Il n’y a pas eu de dérive éditoriale sur l’antenne. Je suis directeur et journaliste, J’ai vécu pendant 25 ans au Moyen-Orient, et c’est à ce titre que j’ai été invité, pas en tant que directeur de RFI. Je ne pense pas avoir dit quelque chose de mal. Ce que j’ai livré, ce sont des analyses. On est d’accord ou on n’est pas d’accord. »

 

Une journaliste lance : « Notre crédibilité collective est entachée. »Un autre répond que le directeur de la rédaction s’était « créé pas mal d’inimitiés assez rapidement. Ses propos sont aujourd’hui l’occasion de lui faire la peau dans un tribunal populaire ».

 

Selon la direction de RFI, qui précise qu’il n’y a pas eu faute sur l’antenne, l’issue résulte d’une « incompatibilité avec des fonctions hiérarchiques et l’_expression d’opinions tranchées ».

Pour M. Ménargues, l’origine de cette crise est à trouver dans un « acharnement lié aux conséquences de la réforme »qu’il avait commencé à mener au sein de la station : « Je suis arrivé à RFI dans une situation de blocage. Là-dessus, sont arrivées mes fameuses phrases. Dans six mois, cela serait passé. » Pourquoi avoir démissionné ? « J’ai estimé ne plus pouvoir être en phase avec une partie de la rédaction. Il faut laisser au PDG la possibilité d’agir vite. »

 

Dans un communiqué publié lundi 18 octobre, l’intersyndicale a pris acte de la démission de M. Ménargues, annoncée « alors qu’une demi-heure avant le PDG lui accordait « son entière confiance » ». L’intersyndicale « s’étonne de l’absence de réaction du PDG face aux multiples déclarations controversées du directeur de l’information » et « exprime son inquiétude quant à la gestion de RFI ».

 

Agé de 57 ans, M. Ménargues a été grand reporter, notamment envoyé spécial permanent de Radio France au Proche-Orient, en poste à Beyrouth, puis au Caire, de 1982 à 2000. Il était rentré à Paris où il était rédacteur en chef national du Réseau France Bleu, et avait rejoint RFI en juin 2004, appelé par M. Schwarz. Celui-ci a précisé, lundi, que M. Ménargues restait à RFI, dans des fonctions qui restaient à préciser.

 

Cependant, mardi 19 octobre au soir, un communiqué de RFI indiquait que M. Ménargues ne pourrait finalement pas poursuivre sa collaboration avec la radio.

 

(Source: “Le Monde” du 20.10.04)


 

Le Premier ministre entend empêcher indéfiniment la création d’un Etat palestinien.

Sharon fera la paix… quand les Palestiniens seront finlandais

 

Par Charles ENDERLIN   De sa longue carrière politique, Ariel Sharon entend, à 76 ans, léguer à Israël un élément fondamental : l’impossibilité pour les Palestiniens de créer un Etat indépendant sur la majeure partie de la Cisjordanie où les colonies israéliennes pourront se développer dans de vastes secteurs annexés de fait. Ce seront des zones de sécurité d’où il sera possible de contrôler les populations palestiniennes vivant sur le reste de ce territoire. C’est ainsi qu’il faut lire la récente interview de Dov Weisglass, ex-chef de cabinet, conseiller et avocat du Premier ministre au quotidien Haaretz. Il confirme que l’évacuation des implantations de Gaza et du nord de la Cisjordanie a pour but d’empêcher indéfiniment la création d’un Etat palestinien et cela avec l’accord de Washington. C’est une nouvelle étape du projet d’Ariel Sharon visant à changer la réalité du conflit avec les Palestiniens et qu’il a commencé à appliquer dés son élection à la présidence du Conseil en février 2001. Le plan avait été préparé en détail par le général de réserve Meir Dagan ­ à l’époque, son conseiller pour les affaires de sécurité. Il prévoyait dans le détail la neutralisation d’Arafat, «un assassin avec qui on ne négocie pas», et la destruction de l’accord d’Oslo, «le plus grand malheur qui se soit abattu sur Israël». Une opération d’intensité croissante visait à isoler progressivement le président palestinien tant sur le plan intérieur que diplomatique. Durant les deux premières années de l’Intifada, l’armée israélienne a presque systématiquement riposté aux grands attentats commis par le Hamas en attaquant des cibles de l’autorité palestinienne et du Fatah. Leur chef, Yasser Arafat, n’a jamais réalisé le piège dans lequel il se précipitait en refusant, par crainte d’une guerre civile en Palestine, de donner l’ordre à ses services de sécurité d’arrêter les chefs islamistes à Gaza. Ce n’est que le 27 mars 2002, après l’attentat-suicide commis par un terroriste du Hamas et faisant vingt-neuf morts israéliens à Netanyah le soir de la Pâque juive, qu’Arafat a appelé son chef de la sécurité à Gaza pour lui donner le feu vert. «Trop tard, a répondu Mohammed Dahlan, les Israéliens vont passer à l’attaque.» Quarante-huit heures plus tard commençait l’opération «Rempart». Elle était dirigée contre l’Autorité autonome issue des accords d’Oslo. Depuis, Arafat est assigné à résidence dans les ruines de la Mouqata, son QG à Ramallah. Cohérence et franchise sont deux qualités dont Ariel Sharon et son équipe ne sont pas dépourvus. En fait, la seule nouveauté dans les déclarations de monsieur Weisglass concerne le soutien, sans précédent, accordé par les Etats-Unis à la politique israélienne. Mais, là aussi, on ne saurait être surpris. Une partie de l’administration Bush est acquise aux thèses de monsieur Sharon. A la Maison Blanche et au Pentagone, la plupart des hommes en place ont toujours exprimé des opinions très critiques de la politique de concession des travaillistes israéliens. Au Conseil national de sécurité par exemple, Elliot Abrams est chargé du dossier Proche-Orient. Dès 1993, il a déclaré son opposition au processus d’Oslo. Au Pentagone, le sous-secrétaire à la Défense chargé des affaires politiques, Douglas Feith, est proche du mouvement des implantations. Dans ces conditions, Dov Weisglass n’a probablement pas eu beaucoup de difficultés à convaincre ses interlocuteurs américains. Pour les colons, c’est autre chose. Ils refusent ses explications, à savoir que le retrait des colonies de Gaza et de quatre autres situées dans le nord de la Cisjordanie leur permettra de conserver le reste ad vitam وternam. Leur réveil est dur : Sharon, qui fut leur parrain et principal bienfaiteur, n’a jamais accepté l’idéologie du Grand Israël ou du mouvement messianique. Dans sa vision sécuritaire, la terre n’est pas sacrée et peut faire l’objet de concessions à des fins stratégiques. Dans ses déclarations à Haaretz, monsieur Weisglass se vante d’avoir «effectivement conclu avec les Américains qu’on ne discutera jamais d’une partie des colonies. Quant au reste, on en parlera lorsque les Palestiniens deviendront des Finlandais…». C’est-à-dire lorsqu’ils auront un comportement occidental, européen, démocratique, non violent et doux, du moins selon la vision du monde scandinave du conseiller d’Ariel Sharon. Il sait que la société palestinienne ne prend pas le chemin de l’européanisation. Elle subit une véritable tragédie humanitaire et se développe dans un environnement de plus en plus répressif. Dans la bande de Gaza, près de la moitié de la population vit en dessous du seuil de pauvreté de 2 dollars par personne et par jour. Selon les Nations unies, quarante-cinq Palestiniens sont tués chaque mois dans ce territoire (pour deux tiers des combattants). Au cours des quatre dernières années, 25 000 Palestiniens ont perdu leur logis, détruit par l’armée israélienne. Tout cela signifie une pérennisation du conflit qui restera, en l’absence de toute possibilité de compromis, le principal élément déstabilisateur du Proche-Orient et des relations intercommunautaires en Europe. Pour éviter de nouvelles catastrophes, il faudrait, affirme Michel Barnier, le ministre français des Affaires étrangères, que le retrait de Gaza réussisse et soit coordonné avec les Palestiniens dans le cadre de la fameuse «feuille de route destinée au règlement permanent du conflit israélo-palestinien sur la base de deux Etats» du quartet. Pour les diplomates européens et américains, ce plan de paix est toujours d’actualité, comme le répète Ariel Sharon mais en ajoutant : «Il faudra d’abord que les Palestiniens cessent le terrorisme !» Et deviennent finlandais ?

 

(Source: Libération du 20 octobre 2004)


 

Le « sionisme chrétien » inspire certains bataillons électoraux de M. Bush

 

Henri Tincq

 

Brandissant les récits bibliques et les mythes fondateurs de l’Amérique, un grand nombre d’organisations évangéliques proches du président, convaincues que le Messie reviendra en Terre promise après avoir rassemblé le peuple juif, soutiennent l’établissement d’un « Grand Israël ».

 

Les survivants de l’Apocalypse sont le feuilleton que dévore l’Amérique évangélique. Depuis 1995, onze volumes s’arrachent en librairie (60 millions d’exemplaires vendus). Le dernier en date, en 2003, s’intitule Armageddon. Ce best-seller est l’œuvre du pasteur Tim La Haye, l’un des ténors de la droite religieuse et sioniste américaine, formé à l’université fondamentaliste Bob Jones.

 

Le récit commence avec la disparition subite d’une centaine de passagers lors d’un vol entre Chicago et Londres. C’est l’illustration hollywoodienne de l’Enlèvement, l’épisode cher aux chrétiens fondamentalistes, pour qui une minorité d’entre eux pourront monter au Ciel sans avoir à subir la Tribulation de sept ans promise avant le retour du Christ.

 

Le récit biblique de l’Apocalypse prophétise « mille années de captivité pour Satan, suivies de mille années de règne terrestre du Christ »(ch. 20). Ce nouvel avènement du Messie – le Millenium– obsède les milieux protestants « prémillénaristes ». Pour eux, le retour du Christ est promis à tous les hommes, en premier lieu au peuple juif, élu de Dieu depuis Abraham et Moïse. Le peuple juif n’a pas reconnu le Christ lors de sa première venue, il y a 2 000 ans, mais la promesse de Dieu à son égard n’est pas caduque.

 

Ce thème du « rétablissement d’Israël » est l’un des plus constants dans les bastions protestants du Sud conservateur. On en parle comme d’un « sionisme chrétien », un mot qui a fait, dès 1992, la « une » du célèbre Christianity Today, magazine évangélique distribué à des millions d’exemplaires. Il représente un lobby pro-israélien très puissant. Compte tenu de la démographie – 70 millions de chrétiens born-again (nés de nouveau), convertis ou revenus à la foi, comme George Bush -, les lobbies sionistes chrétiens sont cinq fois plus nombreux que la communauté juive.

 

Ce « sionisme chrétien » puise dans les récits bibliques comme dans les mythes fondateurs de l’Amérique. Lorsqu’ils fuient l’Angleterre des Stuart, les « Puritains » étaient déjà nourris des récits de la Genèse et des Psaumes. Persécutés par la monarchie, comme le peuple hébreu l’avait été par Pharaon, ils émigrent en Amérique comme en « Terre promise ». Ils sont le nouveau peuple élu. Leur conquête sur les tribus indiennes est identifiée à celle du peuple d’Israël contre les Cananéens, les Jébuséens, les Philistins.

 

Les bâtisseurs du Nouveau Monde font ainsi de l’antique nation d’Israël un guide et un modèle. Dieu leur a confié la mission de régénérer le monde et d’y préparer l’avènement du retour du Christ, d’y créer la fameuse « Cité sur la colline » qui inspira les Pères fondateurs. Dans cette « Nouvelle Jérusalem » (Washington) doit régner l’ordre divin.

 

Ce « sionisme chrétien » est donc l’héritier du messianisme américain, mais aussi du retour en force, après la création de l’Etat d’Israël, en 1948, de la théorie « dispensationnaliste » du fameux prédicateur John Darby (1800-1882). Selon lui, l’histoire de la relation entre Dieu et les hommes est marquée par des « dispensations » successives, dont la dernière sera « le temps du Royaume du Christ ». L’actuelle dispensation – « le temps de l’Eglise » – n’achève pas la trajectoire divine et n’enlève rien à la « promesse » faite par Dieu à Israël.

 

Pour les « sionistes chrétiens », le doute n’est donc pas permis : c’est en Israël que le Messie reviendra après avoir rassemblé le peuple juif. C’est en Israël qu’aura lieu la bataille finale, annoncée dans l’Apocalypse, entre Dieu et les forces du Mal sur la plaine de l’Armageddon, qui a donné lieu à tant de livres et de films. Le Messie ne reviendra pas avant que les juifs ne soient tous de retour en Israël. Ils se convertiront au christianisme, sous peine de périr dans un holocauste lors de l’Armageddon.

 

Cette synthèse entre le mythe fondateur américain et une lecture millénariste des prophéties de la Bible a une traduction politique évidente. Dès 1977, quand le Likoud de Begin arrive au pouvoir, des liens se nouent entre les juifs ultraorthodoxes (aux Etats-Unis et en Israël) et les évangéliques américains. Jerry Falwell, chef de la Majorité morale, est l’objet de toutes les faveurs en Israël.

 

Pour accélérer le retour de Jésus, des évangéliques américains fondent même, en 1980, l’Ambassade chrétienne internationale à Jérusalem. Ils soutiennent l’émigration des juifs russes en Israël, financent des colonies en Cisjordanie et à Gaza, font un travail de lobbying intense au Congrès en faveur d’Israël. En 2002, le journal Haaretz déplore cette « sainte alliance »des évangéliques et des extrémistes israéliens, nuisible à la paix.

 

En 1998, pour le 50e anniversaire de la création de l’Etat d’Israël, Benyamin Nétanyahou, alors premier ministre, déclare à Orlando (Floride), devant une assemblée de Voices United for Israël (Voix unies en faveur d’Israël), réseau de 200 organisations évangéliques pro-israéliennes : « Nous n’avons pas de meilleurs amis et alliés que les gens assis dans cette salle. »

 

Un nombre impressionnant d’organisations évangéliques soutiennent encore aujourd’hui la politique d’Ariel Sharon, « cet homme de paix », comme l’a qualifié George Bush en 2002. Citons Restoration Foundation (Fondation Restauration), Christian Friends for Israeli Communities (Amis chrétiens des communautés israéliennes), etc. Au début des années 2000, près de 30 millions de protestants américains se disaient convaincus que la politique d’Ariel Sharon et les revendications en faveur du Grand Israël reposent « sur une légitimité divine fondée dans les prophéties bibliques ».

 

Certes, les évangéliques ne sont pas unanimes. Ils n’ignorent pas la souffrance des chrétiens arabes. Mais si une personnalité comme le pasteur Billy Graham ne s’aventure guère sur ce terrain, d’autres vedettes de la droite religieuse le font pour lui : Jerry Falwell qui, après le 11-Septembre, avait traité le prophète Mahomet de « terroriste », Pat Robertson, pour qui l’islam est « l’Antéchrist », Tim la Haye, qui a ses entrées à la Maison Blanche, ou le propre fils du « vieux Billy », Franck Graham, devant qui George Bush avait prêté serment sur la Bible, en janvier 2001, et qui sera encore là en cas de réélection le 2 novembre.

 

(Source: « Le Monde » du 20 octobre 2004)


 

La vérité sur une jeune fille au crâne rasé

 

par Amanda Galpi  

Malgré sa décision de porter un bob le jour de la rentrée scolaire, Cennet Doganay a été mise « en quarantaine » dans son propre lycée à Strasbourg. Nous publions aujourd’hui un témoignage de première main d’Amanda Galpi qui relate avec précision comment Cennet Doganay, a décidé de son propre chef de se présenter le crâne rasé afin d’être admise en classe. Amie intime de la famille, Amanda Galpi a été mise dans la confidence depuis août dernier par la jeune lycéenne. Ce témoignage contredit totalement la version caricaturale des médias, notamment celle de l’émission « Soyons directs » diffusée sur M6 vendredi 15 octobre, au cours de laquelle l’animateur Emmanuel Chain a littéralement conclu que Cennet était manipulée.

Il est déplorable de constater comme il est devenu facile de calomnier, et avec autant d’assurance, à la télévision !

 

L’affaire Cennet doganay est trop « dérangeante » ?

 

Eh bien, pour éviter que l’opinion publique ne s’emballe, il suffira de dire que la jeune lycéenne au crâne rasé a été manipulée. Il ne peut en être autrement, foi de « super-médias » !

Emmanuel Chain concluait, vendredi soir, son émission sur M6, sur cette évidence et dimanche, l’une des présentatrices d’ « arrêt sur images » lui faisait écho sur la cinquième chaîne !

 

L’adolescente en question est, paraît-il, une marionnette du docteur Milcent, personnage très suspect (le reportage d’M6 était digne d’un polar de Simenon) pour la seule raison qu’il a, par le passé, défendu des filles voilées et qu’il continue à les défendre contre les abus de l’application de la loi du 15 mars qu’il est, d’ailleurs, loin d’être le seul à dénoncer.

 

Ainsi donc, c’est « ce sombre personnage » qui aurait commandé à Cennet Doganay de se raser la tête ? Il est regrettable de constater que l’on continue à présenter les musulmanes qui portent un foulard comme des aliénées, privées de leur libre arbitre par un mâle dominateur qui les tient à leur merci. Ce vieux cliché a, décidément, la dent dure !

 

Devant tant d’injustice, je ne pouvais me taire plus longtemps. C’est la raison pour laquelle j’ai décidé d’écrire cet article, afin de rétablir la vérité sur l’histoire de Cennet qui est l’une de mes anciennes élèves.

 

J’ai été l’une des toutes premières personnes à avoir été mises, par Cennet elle-même, dans la confidence concernant sa décision de se raser la tête si on ne l’acceptait pas en cours avec un couvre -chef n’ayant rien de religieux.

 

C’était au mois d’aôut dernier. L’été durant, la même question tourmentait la jeune fille : Comment suivre une scolarité normale sans enfreindre ce qu’elle considère comme un commandement divin ?

 

Raser l’objet du conflit lui apparaissait avec une évidence croissante, à mesure que la rentrée approchait, comme la solution salutaire. Les parents de Cennet ne voulaient pas entendre parler d’un tel geste qu’ils jugeaient humiliant et violent et s’affairaient à chercher pour leur fille un établissement privé, français ou étranger, qui veuille bien l’accepter avec son foulard. Mais en vain…

 

Le jour de la rentrée, l’adolescente se présente au lycée coiffée d’un joli bob mais elle est sommée de l’ôter. Devant son refus, elle est conduite dans une salle aux fenêtres haut perchées d’où l’on ne peut pas voir à l’extérieur.

 

Durant quelques jours, elle sera isolée dans cette salle, puis, à la demande de sa mère qui proteste contre le fait que sa fille soit ainsi mise en quarantaine, on la transfère successivement dans le bureau de la proviseure et dans celui de son adjointe.

 

Elle n’aura, néanmoins, pas le droit de sortir en récréation dans la cour de l’établissement.

Le 5 septembre, Cennet passe à l’acte. Elle commence à couper ses cheveux, seule, puis elle supplie sa mère puis son père de finir « le travail ».La jeune fille est décidée d’aller en classe « sans couvre-chef » aucun, mais son père s’y oppose, ne voyant pas en quoi sa fille serait hors la loi avec son béret !

 

Le 28 septembre, Cennet n’y tenant plus et plus que jamais décidée à « rejoindre les autres, en classe » même chauve, obtient la permission de son père. Celui-ci en informe alors le comité « 15 mars et libertés » et demande à ce que la presse et les médias soient présents pour le matin du « dévoilement » du crâne rasé « Tant qu’à faire, je veux que le monde entier sache ce que ma fille a été obligée de faire pour pouvoir étudier ! » a-t-il dit.

 

Devant les caméras de France 3, ce premier jour d’octobre, Cennet expliquera qu’elle a accepté de parler aux journalistes, pour démentir le fait que la rentrée s’était « très bien passée » comme l’avaient fièrement annoncé les politiques et les médias !

 

La loi anti-voile est source de souffrance pour nombre de collégiennes et lycéennes dévoilées de force ainsi que pour leur proche entourage. Pour toutes ces personnes meurtries dans leur amour- propre, la rentrée a été un vrai désastre !

 

Présenter des émissions télévisées jugeant les gens à la légère est un irrespect de la dignité humaine et un déni de la souffrance d’autrui……

 

(Source : Oumma.com, le 20 octobre 2004)


 

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