2 juin 2010

Home – Accueil

TUNISNEWS
10 Úme année,N° 3662 du 02.06.2010
 archives : www.tunisnews.net 


Taoufik Ben Brik: “La dette”  A Ben Ali, qui m’a promu ennemi public numĂ©ro 1…

Tunisia Watch: Tunisie : Deux nouvelles Radios pour des proches de Ben Ali

AP: Turquie: les députés demandent le réexamen des liens avec Israël

Le Point: Israël-Turquie : des relations au plus bas

Swissinfo: Le raid israélien et ses retombées au Moyen-Orient

Alain Gresh: IsraĂ«l, l’impunitĂ© jusqu’à quand ?

Abdel Wahab Hani: Le Conseil des droits de l’homme s’indigne des attaques israĂ©liennes contre la flottille humanitaire et dĂ©cide d’une mission d’enquĂȘte

TaĂŻeb Moalla: Attaques israĂ©liennes « L’extrĂȘme prudence » de QuĂ©bec

AFP: Cuba: transfÚrement de détenus vers des prisons proches de leurs familles


   “La dette”

A Ben Ali, qui m’a promu ennemi public numĂ©ro 1…


par Taoufik Ben Brik Je suis un homme trĂšs endetté , trĂšs embĂȘtĂ©. Parce que “fauchĂ© ” Comment rembourser mes crĂ©anciers ? Je leur dois ma chemise, mes lacets et le peu de peau qui me reste. Je ferai comme quand j’étais mĂŽme, quand j’étais puni et qu’on m’enfermait; j’écrivais. J’écrirai. Bouabana, le peintre maudit, payait avec ses toiles. Picasso aussi. Moi, avec les mots. Qui a dit : “mon Ăąme toute entiĂšre est un cri et mon Ɠuvre toute entiĂšre est l’interprĂ©tation de ce cri”. Je suis un cri. C’est pour ça que je crois avec Stephen Haggard qu’il n’y a que l’amitiĂ© qui peut nous consoler, nous les gais inconsolables. C’est pourquoi je crois L’amitiĂ© plus grande que la vie Plus longue que l’amour, Et qu’elle rĂ©chauffe l’esprit Une fois le corps devenu froid. Pour William Bourdon l’enfant naturel de la BoĂštie, HĂ©lĂšne Flautre la survolante, François GĂšse mon inconditionnel, Jean-François Juliard ma dĂ©couverte, Daniel Mermet ma voix, Azza my little big woman, ma sƓur Najet ma Black Mumba, Saida ma nourriciĂšre, Fethi mon Lucas Brasi, Jalel mon Spartacus, Slah Hnid l’Allemand, Khaled Ben M’Barek, Kamel Jendoubi, Kamel LaĂąbidi, Sidi El HĂ©di, Arnaud Viviant mon Blues, Oum Zied ma mĂšre, Slim Boukhdhir, Moncef Marzouki mon mentor, Haythem ManaĂą le brave, Khemais Chammari mon Kissenger, Lumumba, mon beau frĂšre Khemais, Rania ma petite, Khadija et Ali, mes petits hommes; pour eux, tous, je crie A M I T I E. Jacques Chirac, Robert Menard, le Monde d’Edwy Plenel, Florence Aubenas, Chawki Tabib et Sihem Bensedrine m’ont manquĂ© terriblement. Ce fĂ»t un temps. Les temps de la Faim et des Titans. C’est Ă  ces hommes parmi les hommes que je me mets debout tel un soldat devant un gĂ©nĂ©ral. Ne sont-ils pas pĂ©tris eux aussi de la mĂȘme terre que moi et n’ont-ils pas laissĂ© la mĂȘme trace rouge sur les pierres. Ce sont mes gouttes de sang qui jalonnent mon chemin. Ils m’ont appris que tout homme digne d’ĂȘtre appelĂ© fils de l’homme se doit de monter Ă  son Golgotha. Ils n’ont cessĂ© de me tyranniser et de me cingler avec le mot MontĂ©e. Sans eux, je serai un pou parmi les poux. Que serais-je sans les autres ? Les autres mon paradis Ma miche de pain Ma gourde d’eau Mes poumons qui respirent quand j’arrĂȘte de respirer Ma libertĂ© quand je suis embastillĂ© Ma plume quand la mienne est brisĂ©e, Ma parole quand je suis muet Mes yeux quand le jour n’arrive plus, Mes oreilles pour m’indiquer d’oĂč vient le bruissement de l’EchappĂ©e
 Merci Ă  Mes frĂšres inaperçus, mes codĂ©tenus, tous analphabĂštes mais poĂštes : Rabii, Hassib, Labnin, Rabeh, Tarek et les autres qui ont rĂ©duit mes 180 jours de dĂ©tention Ă  une balade romantique : Ya ZaĂąra, Ă  la fraise sculptĂ©e TrĂ©sor, ta cerise me fait souffrir Mets ta lĂšvre sur ton bijou Et laisse Dieu me damner Pour ces vers lointains, je rĂ©cidive. En prison, j’avais uniquement besoin de quelqu’un avec qui rire. C’est comme ça que nous Ă©tions : tout le temps pliĂ©s en deux. Reconnaissance de dette Ă  ceux qui ont fait l’affaire Ben Brik – 2009-2010 : Nouvelobs.Com, Mediapart, Rue89, Courrier International, l’HumanitĂ©, El Watan et Kalima. Ce sont eux qui ont hĂ©bergĂ© mes missives-coupables tout le long de la campagne Ă©lectorale. A Christohe Gueugneau, Pierre Puchot, Edwy Plenel, Pierre Cherriau, Philippe Thureau – Dangin, Hassen Zerrouky, Pierre Haski. A Christophe Ayad et Jean Pierre Tuquoi qui n’ont pas rĂ©ussi Ă  me dĂ©goter un “Rebonds” ou un “Horizon”. Reconnaissance de dette Ă  El Jazira, ce pays pour ceux qui n’ont pas de pays. A Tunisnews, El Mawquif, Takriz, Tunisie Reveille-toi. Good morning Vietnam. Merci Ă  mes compagnons de ZĂ©ro heure. Devant le poste de police d’El Manar II, le jour de ma “reddition”, 29 octobre, j’ai Ă©tĂ© accompagnĂ© par mes guerriers, les sages de la ville, mes chamans, tel un bandit d’honneur qui se rend. Il y avait NĂ©jib Chebbi, Rachid Khechana, Am Ali Ben Salem, Ayachi Hammami, Mohamed Abbou, Jalloul Azzouna, Radhia Nasraoui, Mahmoud Dhaouadi, Sihem Bensedrine, Oum Zied, mes frĂšres Jalel et Fethi et ma sƓur Saida. Slim Boukhdhir a ratĂ© le rendez-vous. La nuit, la police secrĂšte l’a “tabassĂ©” Ă  mort. Un autre grand absent : Hamma Hammami. Il est en cavale. A mes avocats qui ont plaidĂ© ma “culpabilitĂ©”: le bĂątonnier Bechir Essid, le bĂątonnier Abdessatar Ben Moussa, Taieb Jallali et ses enfants, Naceur LaĂąouini, Chawki Tabib, Raouf Ayadi, Abderrazek Kilani, Chokri Belaid, Mokhtar Trif, Anouar Kousri, Cherni, Faouzi Jaballah, Bochra Bel Hadj Hamida, Mohamed Nouri, Najet Laabidi, Saida Garag, Houcine Bardi, LĂ©a Forestier, Ayachi, Abbou, Radhia, Chebbi et les quarante autres robes dont j’ai oubliĂ© la couleur. A tous ces drĂŽles de sigles : RSF, CPJ, FIDH, HRW, LTDH, CNLT, SJT, FIJ, Pen Club, IFEX, ATFD, la Fondation Samir Kassir, FTCR, CRDHLT, Amnesty International , OMCT, LibertĂ© et EquitĂ© , Nations Unis, Parlement europĂ©en
 A Souhyr Belhassen, Eric Godchtein, MichĂšle Rieu, Jalel Matri, Karine Gantin, Malika Zediri, Marie Christine VergiatTarek Belhiba, Omar Mestiri, Gilles Perault, Lotfi Hajji, Zeineb Farhat, Mohieddine Cherbib, Tahar Ben Hassine, Soasig Dollet, Nizar Ammami, Adel Ghezala, Fahem Boukadous, Zouheir Makhlouf, Khalti Rachida, Ahlem Belhaj, Nefissa, Fatma, Rym M, Khalti Khalwia, Halima, Akram
 A ceux que j’oublie, aux cousins, aux copains, aux voisins, aux gros bras et petites mains qui ont tissĂ© ma toile. A Oumeya Seddik pour avoir traduit mon texte: Le poĂšte et le tyran. Reste la constellation. Restent ceux qui ont fait que je sois une image planĂ©taire, 180 jours et plus durant. Je veux parler de mon bouclier mĂ©diatique. Les journalistes. La confrĂ©rie des hors la loi. A William Bourdon qui m’a demandĂ© : “pourquoi se dĂ©mĂšnent-ils tant pour toi ?” J’ai rĂ©pondu : “je suis leur frĂšre d’armes. Je suis tombĂ© sur le champ de bataille. Ils ne peuvent pas me laisser aux mains de l’ennemi. Je suis leur prince Koubatzov. Jessie James en quelque sorte”. La France tout d’abord oĂč j’ai dans chaque mirador une sentinelle-ami. Au Nouvel Observateur, au Courrier International, au Monde, Ă  LibĂ©, au canard EnchainĂ©, Ă  l’AFP, Ă  l’HumanitĂ©, au JDD, au Parisien, Ă  Marianne, Ă  Charlie Hebdo, Ă  SinĂ© Hebdo, Ă  l’Express, au Figaro, aux Inrrockuptibles, Ă  Regards, aux Ă©chos, Ă  Mediapart, Ă  Rue89, Ă  la Croix, Ă  Bakchiche… A France2, France 3, TV5, France 24, Canal+, TF1, ARTE. RFI, FRANCE info, France Inter, France Culture, Europe 1, RTL, Radio Monte Carlo, Radio Orient. Reconnaissance de dette Ă  Philippe Val, JĂ©rome Bony , Regis de F3, Laurent lejop, Florence beaugĂ©, Julia Ficatier, Rosa Missaoui, Frederic Martel, Karim Sarroub, SĂ©bastiem, RĂ©my Sulmon , Sylvie de F24, Emmanuelle Cosse, GĂ©rard Biard, Slim Bagga, Nadijia Bouzergane
 La France est la base d’oĂč sont partis mes escadrons. L’entrĂ©e, cette fois-ci, de la presse amĂ©ricaine a Ă©tĂ© foudroyante. Je croyais que mon frĂšre Jalel bluffait, lorsqu’il me rapportait chaque semaine que le New York Times, le Los Angeles Times et le Washington Post Ă©crivait sur l’affaire TBB. La presse amĂ©ricaine, c’est mon gĂ©nĂ©ral cinq Ă©toiles. Patton en personne. MĂȘme Obama, le prĂ©sident de tous les prĂ©sidents en frĂ©mirait. Il y a eu aussi la presse allemande, le Frankfurter, le Berliner et tous les Zeitung de la Prusse. Les Suisses aussi n’ont pas dĂ©mĂ©ritĂ©s : le Courrier, Info-sud, le Temps, la Tribune de GenĂšve, 24 h
 La Belgique reste aux mains du lĂ©gendaire Baoudoin Loos. Contre l’oubli, mon oubli. El Pais, la Stampa, The Independant Ă©taient lĂ . L’AlgĂ©rie de Omar Belhouchet, Dilem et Chawki Ammari, le Maroc d’ALI Lmrabet , le Liban d’Eskander Habach n’ont pas cessĂ© de harceler les arriĂšres de Ben Ali. Mais le vĂ©ritable coup de berger, je le dois Ă  El Jazira. Durant mes 180 jours de dĂ©tention, le monde ne ratait pas le feuilleton Ben Brik. Pour l’histoire, mon histoire n’aurait jamais Ă©clatĂ© s’il n’y avait pas le coup de gueule de Bertrand DelanoĂ©, maire de Paris, et le “j’accuse” de Bernard Kouchner. Ca leur a coutĂ© cher. Tunis fait toujours la gueule Ă  Paris. Il rĂšgne encore un froid polaire entre les deux capitales. Reconnaissance de dette Ă  l’ElysĂ©e d’avoir reçu mon avocat William Bourdon. Reconnaissance de dette Ă  l’ambassadeur des Etats Unis, de Belgique et d’Allemagne qui Ă©clairaient leurs gouvernements sans diplomatie. Reconnaissance de dette Ă  Obama et Hillary Clinton pour avoir toisĂ© sans mĂ©nagement Notre Zine local. Ils ne sont pas allĂ©s de main morte. Une premiĂšre. Pourvu que ça dure. A Noel MamĂšre qui m’a compris, Ă  Daniel Cohen Bendit qui a trimĂ©, Ă  Martine Aubry qui m’a saluĂ©, Ă  Marie Georges Buffet qui a hissĂ© la “bandierra rossa” mes amitiĂ©s. A Alain KĂ©rivin mon frĂšre ainĂ©. Reconnaissance de dette Ă  Jean Daniel pour avoir misĂ© sur moi. A Rachid Taha et Isabelle Adjani qui ont parrainĂ© mon “Ben Brik, le lĂ©opard, le salopard”. Jamais Ben Ali n’a connu une campagne mĂ©diatique aussi cruelle. Elle dĂ©passe de loin, dans sa cruautĂ©, celle de 2000. Ce n’est qu’un au revoir. A l’orĂ©e, une nouvelle bataille : Guerrier ne prĂȘte pas le flanc Sois aux aguets Les balles sont rĂ©elles Charge et replie-toi La poudre est Ă  ton chevet Face Ă  la mort, prend rendez-vous TAOUFIK BEN BRIK (Source: NouvelObs.com le 31 mai 2010)


Tunisie : Deux nouvelles Radios pour des proches de Ben Ali


Deux nouvelles radios seront lancĂ©es respectivement par Tunisia Broadcasting SA, une sociĂ©tĂ© créée par Cyrine Ben Ali Mabrouk en association avec les groupes Bayahi et Chakib Nouira, et par Maghreb Productions & Communications, une sociĂ©tĂ© de production multimĂ©dia et de communication, créée par Mourad Gueddiche et Naoufel Ben Rayana. Rapporte le site Kapitalis. C’est en fin 2003 que la premiĂšre radio privĂ©e – MosaĂŻque FM (MFM), a vu le jour. LimitĂ©e dans un premier au Grand Tunis, sa zone de diffusion et Ă©tendue en 2005 au Cap Bon. Deux autres paliers sont franchis avec la crĂ©ation de Jawhara FM (2005) puis celle de Zitouna FM (2007). Tout comme MosaĂŻque FM et Jawhara FM, une particularitĂ© propre aux radio privĂ©e tunisienne fait que tous les projet agréées sont pilotĂ©s par des membres de la famille prĂ©sidentielle ou de la proche cour qui les entourait.
 
(Source: “Tunisia Watch” le  | 29/05/2010 | 29:02 )

Turquie: les députés demandent le réexamen des liens avec Israël


02/06/10 15:11 ANKARA (AP) — Le Parlement turc a demandĂ© mercredi au gouvernement le rĂ©examen des liens politiques, militaires et Ă©conomiques du pays avec IsraĂ«l. Dans une dĂ©claration approuvĂ©e Ă  main levĂ©e, les dĂ©putĂ©s ont Ă©galement estimĂ© qu’IsraĂ«l devait prĂ©senter des excuses officielles pour l’assaut de lundi contre la flottille pour Gaza, qui a fait neuf morts, verser des compensations aux familles des victimes et poursuivre les responsables en justice. “Cette attaque est une violation ouverte des rĂšgles des Nations unies et du droit international”, a affirmĂ© le vice-prĂ©sident du Parlement, Guldal Mumcu, en lisant une dĂ©claration. “La Turquie devrait rechercher la justice contre IsraĂ«l via les autoritĂ©s nationales et internationales lĂ©gales.” AP

FLOTTILLE POUR GAZA INTERCEPTÉE

Israël-Turquie : des relations au plus bas


Pauline de Saint Remy

L’assaut de l’armĂ©e israĂ©lienne sur une flottille d’aide humanitaire destinĂ©e Ă  Gaza, dont le navire amiral Ă©tait composĂ© en majoritĂ© de citoyens turcs, a donnĂ© un brusque coup d’arrĂȘt dans les relations entre la Turquie et l’État hĂ©breu. Des relations longtemps privilĂ©giĂ©es, mais qui n’ont cessĂ© de se dĂ©grader depuis fin 2008 et les opĂ©rations israĂ©liennes Ă  Gaza.

Les faits. Le Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a qualifiĂ© l’assaut de “massacre sanglant”, avant de dĂ©noncer un “acte de terrorisme d’État”. Dans une conversation tĂ©lĂ©phonique avec Barack Obama, il a dĂ©clarĂ© ensuite qu’IsraĂ«l Ă©tait en passe de “perdre” son ami turc, “son seul ami dans la rĂ©gion”. Les quelque 20.000 juifs rĂ©sidant en Turquie ont dĂ©jĂ  manifestĂ© des signes d’inquiĂ©tude, alors que l’ambassadeur turc en IsraĂ«l a Ă©tĂ© rappelĂ©. Autre signe de forte tension, les familles du personnel diplomatique israĂ©lien Ă  Ankara ont, elles aussi, Ă©tĂ© rapatriĂ©es. AprĂšs la colĂšre, les menaces : le ministĂšre de la Justice turc a annoncĂ© mercredi qu’il rĂ©flĂ©chissait Ă  lancer des poursuites judiciaires contre IsraĂ«l. Le chef de la diplomatie turc, Ahmet Davutoglu, a dĂ©clarĂ© de son cĂŽtĂ© : “La Turquie reverra ses relations avec IsraĂ«l si ses citoyens dĂ©tenus aprĂšs le raid meurtrier (…) ne sont pas libĂ©rĂ©s d’ici mercredi soir.”

La fin d’une longue pĂ©riode de coopĂ©ration ? Le rapprochement des deux États s’est fait notamment Ă  partir du dĂ©but des annĂ©es 1990, et particuliĂšrement aprĂšs les accords d’Oslo, en 1993, avec pour point culminant la signature de 2 accords de coopĂ©ration militaire en 1996. “À l’Ă©poque, la rĂ©gion vivait toujours dans la perspective d’un processus de paix, et l’administration Clinton exerçait une pression pour le rapprochement entre IsraĂ«l et la Turquie, qui sont deux de ses piliers traditionnels dans la rĂ©gion”, explique Didier Billion, chercheur Ă  l’Institut des relations internationales et stratĂ©giques (Iris). Un rapprochement qui Ă©tait donc dans l’intĂ©rĂȘt de tous, selon lui : “IsraĂ«l Ă©tait isolĂ© et cherchait des alliances, les Turcs Ă©taient dans une phase compliquĂ©e de leurs relations avec l’UE et cherchaient Ă©galement des points d’appui.” La coopĂ©ration entre les deux pays fut donc militaire, Ă©conomique et surtout diplomatique. La Turquie exerçait jusqu’Ă  rĂ©cemment un rĂŽle important de mĂ©diateur, notamment avec la Syrie. Si les opĂ©rations israĂ©liennes sur Gaza, fin 2008, marquĂšrent un tournant Ă©vident dans la relation des deux pays, la tension Ă©tait dĂ©jĂ  lĂ .

Des signes annonciateurs. Plusieurs incidents diplomatiques ont Ă©maillĂ© les relations entre les deux pays ces derniĂšres annĂ©es. Entre autres, des dĂ©clarations du Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, qui est au pouvoir depuis mars 2003, trĂšs sĂ©vĂšres Ă  l’Ă©gard d’IsraĂ«l, ont contribuĂ© Ă  la montĂ©e en puissance de la tension. Mais les Turcs ne sont pas en reste : le 17 mai dernier, la signature d’un accord sur le nuclĂ©aire entre la Turquie, le BrĂ©sil et l’Iran a Ă©tĂ© qualifiĂ©e “d’imposture” par le Premier ministre, Benyamin Netanyahou. Quelques mois plus tĂŽt, en janvier 2010, le vice-ministre israĂ©lien des Affaires Ă©trangĂšres, Danny Ayalon, a Ă©tĂ© Ă  l’origine d’une querelle diplomatique qui s’est soldĂ©e par l’envoi d’une lettre d’excuse au Premier ministre turc. On lui reprochait d’avoir humiliĂ© l’ambassadeur turc en IsraĂ«l. Enfin, plus spectaculaire, le coup d’Ă©clat du Premier ministre turc, Erdogan, Ă  Davos, qui avait claquĂ© la porte du sommet, face Ă  un Shimon PĂ©rĂšs mĂ©dusĂ©, ce qui lui avait valu d’ĂȘtre accueilli en hĂ©ros dans son pays et encensĂ© dans le reste du monde musulman

Le rĂŽle d’Erdogan et les ambitions diplomatiques de la Turquie. Le rĂ©chauffement des relations, depuis quelques annĂ©es, entre la Turquie et les pays arabes ou musulmans dans la rĂ©gion, notamment la Syrie, a Ă©tĂ© un premier facteur de tension entre les deux alliĂ©s. “Depuis 2003, la Turquie a multipliĂ© les initiatives dans la rĂ©gion, et on ne peut que constater que la dĂ©gradation de ses relations avec IsraĂ«l a Ă©tĂ© concomitante”, constate Didier Billion. “Mais les critiques envers l’État israĂ©lien ne datent pas seulement de l’arrivĂ©e au pouvoir du Premier ministre actuel, Recep Tayyip Erdogan, contrairement Ă  ce que l’on pourrait croire, ajoute-t-il. Les anciens gouvernements qui ne prĂŽnaient pas un islam politique Ă©taient aussi capables de montrer leur solidaritĂ© envers la Palestine.” D’autre part, le pays est portĂ© par une opinion publique largement pro-palestinienne. “En fait, la Turquie fait de la politique, tout simplement : elle veut se faire reconnaĂźtre comme une puissance Ă©mergente dans la rĂ©gion. Et la question palestinienne est au coeur de cette dĂ©marche. Et, pour cela, elle dĂ©ploie un plan structurĂ©, rĂ©flĂ©chi.”

Les États-Unis continueront Ă  jouer sur les deux tableaux. AlliĂ©s historiques des deux pays, les États-Unis ne devraient pas avoir Ă  choisir entre l’un ou l’autre pays, selon Didier Billion. “Obama sait pertinemment que la Turquie est un appui nĂ©cessaire pour les États-Unis dans la rĂ©gion. D’ailleurs, la situation est tendue, mais je pense qu’il n’y aura pas de vĂ©ritable rupture diplomatique entre IsraĂ«l et la Turquie. Les accords militaires seront sans doute vidĂ©s de leur substance, mais pas dĂ©noncĂ©s publiquement.”

(Source:Le Point.fr Publié le 02/06/2010 à 17:28 )


Le raid israélien et ses retombées au Moyen-Orient


02 juin 2010 – 18:53   Les premiers signes de l’impact du raid maritime israĂ©lien apparaissent. La Turquie s’éloigne encore de l’alliĂ© israĂ©lien, tout comme l’Egypte, renforçant l’axe Damas- TĂ©hĂ©ran. Regards d’experts suisses sur un Moyen-Orient en mouvement. L’image de commandos d’élite israĂ©liens assaillis par des militants pro-palestiniens armĂ©s de bĂątons et de couteaux rĂ©sume l’impasse d’IsraĂ«l face aux rĂ©alitĂ©s changeantes du Moyen-Orient. «Les Ă©quilibres rĂ©gionaux sont en train d’ĂȘtre modifiĂ©s et l’affaire de la flottille humanitaire risque d’accĂ©lĂ©rer ce mouvement», affirme Yves Besson, ancien diplomate suisse au Moyen-Orient. Une analyse que partage le chercheur et consultant Pascal de Crousaz, grand connaisseur Ă©galement de la rĂ©gion. Un nouveau champion AprĂšs ce raid sanglant contre une flottille Ă  forte composante turque, Ankara ne peut que poursuivre son repositionnement stratĂ©gique vers l’Asie centrale et en direction de ses voisins syriens et iraniens. Avec l’affaire de la flottille, Ankara se pose mĂȘme en nouveau champion du monde arabe et musulman. «IsraĂ«l est en train de perdre un alliĂ© de longue date, constate Pascal de Crousaz. Mais le gouvernement ne semble pas pleinement rĂ©aliser l’importance de cette perte. Il suffit de penser au scĂ©nario d’une attaque israĂ©lienne contre les installations nuclĂ©aires iraniennes. L’une des voies d’accĂšs les plus sĂ»rs Ă©tait justement celle qui passe par la Turquie.» Comme le relĂšvent tant Pascal de Crousaz qu’Yves Besson, le raid maritime israĂ©lien fragilise un autre alliĂ© des Occidentaux et d’IsraĂ«l: l’Egypte, qui n’a pu que desserrer le blocus de la bande de Gaza qu’elle maintenait avec IsraĂ«l en rouvrant partiellement lundi le terminal de Rafah. «Ces derniers mois, l’Egypte, en mauvais terme avec le Hamas avait renforcĂ© le blocus de Gaza. Si la rĂ©ouverture du terminal de Rafah devait perdurer ces prochaines semaines, ce serait Ă©galement un changement important», souligne Pascal de Crousaz Des alliĂ©s fragilisĂ©s Et d’ajouter: «L’Egypte est entrĂ©e dans une phase dĂ©licate avec les prĂ©sidentielles de 2011 et la question de la succession d’Hosni Moubarak. Le pouvoir Ă©gyptien va donc chercher Ă  mĂ©nager son opinion publique devenue trĂšs anti-israĂ©lienne.» Et ça n’est pas tout, selon Pascal de Crousaz: «Cette opĂ©ration fragilise toujours plus ceux qui croient encore en un accord nĂ©gociĂ© avec IsraĂ«l. Or Mahmoud Abbas (prĂ©sident de l’AutoritĂ© palestinienne) et son Premier ministre avaient dĂ©jĂ  toute les peine du monde Ă  contenir la colĂšre et la frustration des Palestiniens et Ă  Ă©viter le dĂ©clenchement d’une nouvelle Intifada.» Les Occidentaux n’y trouvent guĂšre leur compte non plus. «Jusqu’à rĂ©cemment, les Etats-Unis et l’Europe pensaient qu’il fallait rassurer et sĂ©curiser IsraĂ«l pour l’amener Ă  faire des concessions en vue d’un accord de paix. Mais le raid de lundi confirme que cette approche n’a produit que des Ă©checs», constate Yves Besson. Et ce avant de rappeler un contexte hautement volatile: «Dans leur volontĂ© de se dĂ©sengager de l’Irak et de rĂ©gler la question afghane comme dans le dossier du nuclĂ©aire iranien, les Etats-Unis n’avaient vraiment pas besoin de ça.» Un plan de paix Ă  prendre ou Ă  laisser Pascal de Crousaz estime pourtant que l’impact du raid israĂ©lien et les impasses qu’il met Ă  jour pourraient renforcer une option Ă©voquĂ©e ces derniers temps. «En concertation avec les pays impliquĂ©s formellement dans le processus de paix (Russie, Union europĂ©enne, ONU), mais aussi avec les pays arabes alliĂ©s, les Etats-Unis pourraient bien convoquer – aprĂšs les Ă©lections de mi-mandat – une confĂ©rence internationale oĂč serait prĂ©sentĂ© un plan de paix Ă  prendre ou Ă  laisser, un plan dont les contours sont connus depuis le plan Clinton, le plan de paix de la Ligue arabe et l’Accord de GenĂšve.» DĂ©jĂ  mal engagĂ©e, l’approche actuelle toujours dĂ©fendue par Washington et l’AutoritĂ© palestinienne – des nĂ©gociations indirectes entre IsraĂ©liens et Palestiniens – risque de voler en Ă©clat dĂšs le 25 septembre prochain, Ă  la fin des 10 mois de gel partiel des constructions de nouvelles colonies consenti par Benyamin Netanyahou. Une stratĂ©gie dĂ©passĂ©e Reste Ă  comprendre pourquoi IsraĂ«l semble s’ingĂ©nier Ă  saper ses propres intĂ©rĂȘts Ă  long terme. «Le gouvernement israĂ©lien a certainement mal prĂ©parĂ© et mal Ă©valuĂ© l’impact de cette opĂ©ration maritime, estime Pascal de Crousaz. Mais au sein de la coalition au pouvoir se trouvent des gens qui pensent qu’IsraĂ«l doit continuer Ă  maximiser ses capacitĂ©s de dissuasion et ne compter que sur sa force, sans trop prĂȘter attention aux rĂ©actions de l’opinion publique internationale. Une posture ancienne particuliĂšrement dominante dans l’actuel gouvernement.» Pour Yves Besson, cette posture qui constitue l’un des fondements de la politique Ă©trangĂšre d’IsraĂ«l depuis sa crĂ©ation en 1948 est aujourd’hui obsolĂšte. «IsraĂ«l en reste aux paradigmes qui fonctionnaient dans la rĂ©gion durant la Guerre froide. Soit d’ĂȘtre un point d’appui des Etats-Unis dans une rĂ©gion hautement stratĂ©gique. Le dernier prĂ©sident amĂ©ricain Ă  penser en ces termes Ă©tait Georges W. Bush. » «Mais aujourd’hui, ajoute l’ancien diplomate, baser la sĂ©curitĂ© intĂ©rieure et extĂ©rieure de l’Etat d’IsraĂ«l sur un usage massif de la force sans se soucier de son impact humain et mĂ©diatique ne joue plus.» Et ce y compris au regard du droit dans un monde qui voit monter en puissance la justice internationale. «Ravager le Liban en 2006 et Gaza en 2009, tout comme cette intervention dans les eaux internationales, sans compter le blocus lui-mĂȘme sont des violations du droit de la guerre, rappelle Yves Besson. Ignorer le droit ou l’interprĂ©ter Ă  sa façon, ignorer les rĂ©solutions des Nations unies passe de plus en plus mal auprĂšs des opinions publiques dans la rĂ©gion, comme dans le reste du monde.» FrĂ©dĂ©ric Burnand, GenĂšve, swissinfo.ch (Source:swissinfo.ch le 2 juin 2010)


Le Conseil des droits de l’homme s’indigne des attaques israĂ©liennes contre la flottille humanitaire et dĂ©cide d’une mission d’enquĂȘte

Réactions à chaud depuis le Palais des Nations à GenÚve

Suivi du texte anglais de la Résolution A/HRC/14/L.1

“The Grave Attacks by Israeli Forces against the Humanitarian Boat Convoy”


 

Par Abdel Wahab Hani

32 Pour, 3 Contre (Etats-Unis, Pays-Bas et Italie), 9 Abstentions (la majoritĂ© des pays de l’Union europĂ©enne, le Japon, la CorĂ©e et le Burkina) et 2 pays n’ont pas pris part au vote (Madagascar et Zambie). La Bosnie-HerzĂ©govine, la NorvĂšge et la SlovĂ©nie sauvent l’honneur des dĂ©mocraties occidentales, en dĂ©fendant la RĂ©solution et en votant Pour sans aucune hĂ©sitation. Les pays d’AmĂ©rique Latine marquent leur identitĂ© profondĂ©ment dĂ©mocratique et leur solidaritĂ© indĂ©fectible avec les causes justes et s’éloignent, chemin faisant des standards occidentaux des deux poids-deux mesures. La Chine et la Russie apportent un soutien de poids Ă  la RĂ©solution, La France et la Grande Bretagne s’abstiennent. IsolĂ©s, les Etats-Unis sont le seul membre permanent du Conseil de SĂ©curitĂ© Ă  s’opposer malgrĂ© leur condamnation de la flagrante violation de leur encombrant alliĂ© sioniste. Seuls les Pays-Bas et l’Italie les suivent, confirmant ainsi la fascisation de ces deux pays, observĂ©e depuis un certain temps.

Saisi d’un projet de rĂ©solution, prĂ©sentĂ©e par le Pakistan au nom de l’Organisation de la ConfĂ©rence Islamique et du Soudan au nom du groupe Arabe, le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies s’est indignĂ© cet aprĂšs-midi des « graves attaques des forces israĂ©liennes contre un convoi humanitaire maritime » et a dĂ©cidĂ© de la mise en place d’une mission d’établissement des faits, similaire dirigĂ©e par le Juge Goldstone.

Une premiĂšre dans les travaux du Conseil, les pays arabes et musulmans ont inscrit une question d’urgence au point 1 de l’ordre du jour, Ă  l’ouverture de la 14e session ordinaire du Conseil avant-hier lundi 31 mai. Ce point rĂ©servĂ© aux « questions d’organisation et de procĂ©dure » est souvent expĂ©ditif et purement technique. Cette Ă©volution donne de plus en plus de vigueur aux travaux du Conseil qui s’impose dĂ©sormais comme le forum incontournable de la CommunautĂ© internationale en matiĂšre des droits humains, 3e pilier des Nations Unies avec la Paix et la SĂ©curitĂ© internationales (Conseil de SĂ©curitĂ©) et le DĂ©veloppement Ă©conomique et social (Conseil Ă©conomique et social).

AprĂšs des dĂ©bats trĂšs nourris et un Ă©norme travail dans les coulisses, le Conseil s’est prononcĂ©, Ă  une trĂšs large majoritĂ©, cet aprĂšs-midi, mercredi 2 juin.

La résolution sans équivoque condamne dans des termes des plus vigoureux les « graves attaques israéliennes contre la flottille humanitaire ».

Le procĂšs-verbal de sĂ©ance publiĂ© par le SecrĂ©tariat du Conseil des droits de l’homme rĂ©sume la teneur de cette rĂ©solution historique, instituant par ailleurs une mission internationale d’établissement des faits, semblable Ă  celle de l’Honorable Juge Richard Goldstone et son cĂ©lĂšbre rapport.

« Le Conseil condamne dans les termes les plus vifs l’attaque inacceptable lancĂ©e par les forces israĂ©liennes contre la flottille d’aide humanitaire, au cours de laquelle de nombreux civils innocents de diffĂ©rents pays ont Ă©tĂ© tuĂ©s ou blessĂ©s. Le Conseil dĂ©plore vivement la mort de civils innocents et appelle IsraĂ«l Ă  coopĂ©rer avec le ComitĂ© international de la Croix-Rouge pour rechercher et fournir des renseignements sur l’endroit oĂč se trouvent les personnes dĂ©tenues ou blessĂ©es et sur leur Ă©tat. Le Conseil exige que la puissance occupante, IsraĂ«l, libĂšre immĂ©diatement tous les hommes dĂ©tenus, restitue le matĂ©riel et facilite leur retour dans leurs pays dans des conditions de sĂ©curitĂ©. Il engage en outre IsraĂ«l Ă  lever sans dĂ©lai le siĂšge imposĂ© Ă  Gaza et aux territoires occupĂ©s et Ă  garantir la fourniture sans entraves d’aide humanitaire, y compris de carburant et de soins mĂ©dicaux, Ă  la bande de Gaza occupĂ©e.

Le Conseil se fĂ©licite des dĂ©clarations faites par le SecrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l’Organisation des Nations Unies et la Haut-Commissaire aux droits de l’homme dans lesquelles ceux-ci ont condamnĂ© les attaques israĂ©liennes. Le Conseil demande que soient pleinement Ă©tablies les responsabilitĂ©s et que des enquĂȘtes vĂ©ritablement indĂ©pendantes soient menĂ©es Ă  cet Ă©gard. Le Conseil dĂ©cide d’envoyer une mission internationale indĂ©pendante d’Ă©tablissement des faits pour enquĂȘter sur les violations du droit international auxquelles ont donnĂ© lieu les attaques israĂ©liennes contre la flottille d’aide humanitaire. Il dĂ©cide enfin d’autoriser le PrĂ©sident du Conseil Ă  dĂ©signer les membres de la mission d’Ă©tablissement des faits. »

Cette RĂ©solution a Ă©tĂ© approuvĂ©e par 32 pays et rejetĂ©s par les 3 inconditionnels d’IsraĂ«l, 9 abstentions et 2 non participations au vote, dont voici le rĂ©sumé :

Détail du vote :

32 voix pour, 3 contre, 9 abstentions, 2 non participation au vote :

Pour :Afrique du Sud, Angola, Arabie saoudite, Argentine, BahreĂŻn, Bangladesh, Bolivie, Bosnie-HerzĂ©govine, BrĂ©sil, Chili, Chine, Cuba, Djibouti, Égypte, FĂ©dĂ©ration de Russie, Gabon, Ghana, Inde, IndonĂ©sie, Jordanie, Kirghizistan, Maurice, Mexique, Nicaragua, NigĂ©ria, NorvĂšge, Pakistan, Philippines, Qatar, SĂ©nĂ©gal, SlovĂ©nie et Uruguay.

Contre : Etats-Unis d’AmĂ©rique, Pays-Bas, Italie

Abstentions : France, Belgique, Burkina Faso, Hongrie, Japon, Slovaquie, Ukraine, Royaume Unie, République de Corée

N’ont pas participĂ© au vote : Madagascar, Zambie

 

Une lecture rapide dans ce vote nous permet de dégager les points suivants :

-Uns trĂšs large majoritĂ© approuve la RĂ©solution, 32 pour sur 47 pays membres, avec seulement 3 contre. Le camp des inconditionnels de l’Etat hĂ©breux se rĂ©duit;

-Un comportement digne de la dĂ©lĂ©gation palestinienne conduite par notre ami Son Excellence l’Ambassadeur  Ibrahim Khraishi , Vice-ministre des Affaires Ă©trangĂšres de l’AutoritĂ© palestinienne, qui s’est comportĂ© en reprĂ©sentant du peuple palestinien et non de l’autoritĂ© palestinienne ou du Fatah. Ce comportement hautement responsable et digne renfoncera certainement les chances de la rĂ©conciliation nationale ;

-Une magnifique prestation de l’Ambassadeur de Turquie, notre ami Son Excellence Ahmet ÜzĂŒmcĂŒ qui a tenu Ă  prendre la parole Ă  titre prioritaire et  qui a dĂ©fendu la mission civile d’aide humanitaire Ă  bord d’une flottille battant pavillon turque. Cette dĂ©fense d’un Ambassadeur Ă  une action citoyenne privĂ©e de ses concitoyens marque une Ă©norme Ă©volution dans la diplomatie turque qui se comporte en reprĂ©sentante de la Nation turque et non de son seul gouvernement. Dans des termes trĂšs fermes, l’Ambassadeur des ottomans a tracĂ© les pourtours de la rĂ©action du Conseil : « Les responsabilitĂ©s doivent ĂȘtre Ă©tablies afin que les personnes responsables rĂ©pondent de leurs actes. IsraĂ«l doit immĂ©diatement mettre fin au blocus imposĂ© Ă  Gaza, notamment sur le carburant et le matĂ©riel mĂ©dical» ;

-L’ambassadeur Aharon Leshno-Yaar de l’occupation coloniale sioniste n’a rĂ©ussi Ă  convaincre personne, mĂȘme ses alliĂ©s inconditionnels et a du revoir son discours a bout de 24 heures de dĂ©bat, pour se prĂ©senter cet aprĂšs-midi avec mesquinerie et tentatives d’engagement en cherchant Ă  dĂ©samorcer la crise avec la communautĂ© internationale et en multipliant les engagements de dĂ©tente de son gouvernement ;

-Un bon comportement des groupes arabe, islamique et non-alignĂ©, qui ont ƓuvrĂ© efficacement pour assurer le plein succĂšs Ă  la RĂ©solution. L’expĂ©rience de la gestion de la mission d’enquĂȘte puis du rapport Goldstone a peris au groupe arabe, dirigĂ© Ă  l’époque par Son Excellence Si AbdelwahĂšb Jemal, notre Ambassadeur auprĂšs des Nations Unies Ă  GenĂšve a Ă©tĂ© trĂšs utile pour mieux souder le groupe et Ă©viter les marchandages tous-terrains de certaines capitales

-L’isolement des Etats-Unis d’AmĂ©rique, comme seul membre du Conseil de SĂ©curitĂ© des Nations Unies qui reste prisonnier de l’inconditionnalitĂ© du soutien Ă  l’Etat hĂ©breux par tout temps. Notant cependant un changement du discours de la dĂ©lĂ©gation amĂ©ricaine, de plus en plus critique Ă  l’égard de leur encombrant alliĂ© sioniste ;

-Comme lors du vote d rapport de l’honorable juge Richard Goldstone sur les possibles crimes de guerre et crimes contre l’humanitĂ© commises lors de l’opĂ©ration ‘Plomb durci’ engagĂ© par Tsahal contre la Bande de Gaza, deux pays membres du Conseil de SĂ©curitĂ© ont votĂ© Pour, Ă  savoir la Chine et la FĂ©dĂ©ration de Russie, alors que la France et le Royaume Uni de Grande Bretagne et d’Irlande du Nord se sont abstenues. Si l’abstention de la France est en deçà de ce que l’ancien ‘Pays des LumiĂšres’ se doit en cohĂ©rence avec sa propre histoire, ses propres valeurs et son propre avenir, indissociablement liĂ© au monde arabe, le vote britannique est Ă  suivre de prĂȘt, de ce fait qu’il se dissocie du vote amĂ©ricain, comme lors du rapport Goldstone. Les diplomates et les dĂ©fenseurs arabes doivent suivre ce vote de trĂšs prĂšs, Ă  GenĂšve au Conseil des droits de l’homme, mais aussi Ă  New York Ă  l’AssemblĂ©e gĂ©nĂ©rale et au Conseil de SĂ©curitĂ©. L’heure du soutien inconditionnel britannique aux agissements d’IsraĂ«l semble rĂ©volue. Cette Ă©volution du vote britannique est porteuse d’espoir ;

-L’éclatement des divisions au sein de l’Union europĂ©enne qui n’arrive plus Ă  tenir une position commune sur les sujets touchant Ă  l’occupation coloniale et les discriminations de tout ordre imposĂ©es par IsraĂ«l Ă  peuple palestinien ;

-Le vote digne et hautement symbolique de certains pays europĂ©en, petits par leurs tailles et grands par leurs valeurs, Ă  savoir la Bosnie-HerzĂ©govine, de la NorvĂšge et de la SlovĂ©nie, en faveur de la rĂ©solution, illustre la limite des blocs rĂ©gionaux et ouvre de nouvelles perspectives aux dĂ©fenseurs des causes JUSTES pour s’assurer du plus large soutien possible , condition nĂ©cessaire pour remporter la bataille contre les criminels de guerre et les auteurs des crimes contre l’humanitĂ© qui asservissent tout un peuple sous le regard complaisant des puissants ;

-La confirmation de la dĂ©rive italienne et nĂ©erlandaise qui s’observe depuis le renforcement des droits populistes alliĂ©es des mouvements d’extrĂȘme droite dans ces deux pays. Ce qui illustre la parfaite collusion et alliance entre les gouvernements d’extrĂȘme droite en Europe et l’occupation coloniale et criminelle israĂ©lienne ; l’extrĂȘme droite apparaĂźt le principal soutien d’IsraĂ«l ;

-Un flĂ©chissement, limitĂ© mais dommageable, dans le soutien africain aux causes arabes. Ainsi l’abstention du Burkina et l’absence du vote de Madagascar et de la Zambie doit ĂȘtre analysĂ©e par les diplomates et les dĂ©fenseurs arabes et une stratĂ©gie plus active doit ĂȘtre mis en place Ă  destination de l’Afrique pour renouer les liens de solidaritĂ© du mouvement anticoloniale et anti-apartheid qui nous ont uni et nous unissent toujours avec nos frĂšres africains ;

-Le rĂŽle des organisations de la sociĂ©tĂ© civile est de plus en plus dĂ©terminant. Notant cependant la prĂ©sence de plus en plus arrogante des inconditionnels d’IsraĂ«l, comme la trĂšs active organisation parapluie, pompeusement appelĂ© UN Watch plus virulente et plus haineuse que le discours des diplomates de l’Etat hĂ©breux eux-mĂȘmes, dans un parfait partage d e rĂŽle. Cependant, nous regrettons l’absence quasi-totale des organisations arabes de dĂ©fense des droits humains et l’une des trĂšs rares voix arabes au sein du Conseil des droits d l’homme des Nations Unies, Ă  savoir la Commission arabe des droits humains, a Ă©tĂ© rĂ©duite au silence pendant un an du 17 juillet 20109 au 27 juillet 2010, sur une plainte d’un gouvernement arabe, Ă  savoir l’AlgĂ©rie. Les gouvernements arabes doivent revoir leur relation tendue et conflictuelle avec les organisations indĂ©pendantes de la sociĂ©tĂ© civile, pour leur permettre d’assumer leur rĂŽle pleinement, y compris sur les questions fondamentales qui touchent les droits nationaux du peuple palestinien frĂšre. La diplomatie d’aujourd’hui est triangulaire : Gouvernements, SociĂ©tĂ© civil et MĂ©dias ;

-Signalons enfin une participation digne de la dĂ©lĂ©gation tunisienne, conduite par Son Excellence Si AbdelwahĂšb Jemal, notre ReprĂ©sentant permanent auprĂšs des Nations Unies Ă  GenĂšve qui a Ă©tĂ© le premier observateur (la Tunisie Ă©tant Observateur du Conseil qui compte 47 membres) Ă  avoir pris la parole et Ă  dĂ©noncer la lĂąche agression du convoi humanitaire maritime. La rĂ©activitĂ© exemplaire de la nouvelle diplomatie tunisienne, la position du Chef de l’Etat et du Gouvernement, les communiquĂ©s des deux Chambres du Parlement (DĂ©putĂ©s et Conseillers) et la manifestation unitaire des forces politiques nationales renforcent le sentiment d’une rĂ©action digne sur le plan local, malgrĂ© les tentatives de rĂ©cupĂ©ration politicienne et la marginalisation de la prĂ©sence des leaders de l’opposition dans le cortĂšge de la manifestation de Tunis. L’essentiel Ă©tait lĂ  et le gouvernement et les forces vives, politiques et associatives de la SociĂ©tĂ© tunisienne ont apportĂ© leur rĂ©probation de la barbarie israĂ©lienne et leur soutien Ă  nos frĂšres palestiniens martyrs. Nous aurons aimĂ© voir des rĂ©actions populaires plus gĂ©nĂ©ralisĂ©es dans l’ensemble du pays, le gouvernent et messieurs les Wollats / Gouverneurs  de la RĂ©publique doivent faciliter l’expression pacifique des tunisiennes et des tunisiens ;

 

Perspectives d’action formulĂ©es Ă  chaud :

-Fixer l’objectif, aujourd’hui rĂ©aliste et Ă  notre portĂ©e, de la LevĂ©e immĂ©diate du Blocus criminel qui frappe Gaza ;

-Ne pas oublier les souffrances de nos frĂšres plestiniens en Cisjordanie, victime des menaces des transferts de dĂ©portation de leurs terres ancĂšstrales, ainsi que Al-Quds Al-Sharif et ses habitants, menacĂ©s d’une politique dĂ©libĂ©rĂ©e de purification religieuse et de judĂ©asition sioniste voulant massacrer son identitĂ© et son histoire et exterminer sa population par tous les moyens;

 

-Redoubler d’effort pour convoquer une rĂ©union des Etats partis aux Conventions de GenĂšve, rĂ©gissant le Droit Humanitaire International;

-Mettre en Ɠuvre les conclusions des missions d’enquĂȘte du Professeur John Dugart et de l’Honorable Juge Richard Goldstone , de l’ensemble des documents et preuves de Nations Unis, du Bureau International du travail, de l’Organisation mondiale de la SantĂ© et de toute autre source, ainsi que rĂ©pertorier toutes les violations israĂ©liennes en vu de les dĂ©poser auprĂšs du Procureur de la Cour pĂ©nale internationale pour poursuivre l’occupant pour ses crimes de guerre et crimes contre l’humanitĂ©. A ce titre notre pays doit travailler de concert avec l’AutoritĂ© palestinienne, la Ligue arabe et les Nations Unies pour mieux utilise les archives y affĂ©rentes de l’OLP, du Fatah et de feu le ZaĂŻm Yasser Arafat, laissĂ© Ă  Tunis, tout en veillant Ă  les protĂ©ger des risques de dĂ©tĂ©rioration accidentelle ou criminelle ;

-Activer les efforts de rĂ©daction d’un texte international visant Ă  protĂ©ger les acteurs humanitaires, projet initiĂ© par la Commission arabe des droits humains et dĂ©fendu portĂ© depuis des annĂ©es par le Bureau international de l’Action Humanitaire ;

-Mieux resserrer les liens avec nos amis turcs, sur le plan gouvernemental, diplomatique, politique et associatif. A ce titre notre Diplomatie doit resserrer les liens avec sa consƓur turque. Nous suggĂ©rons que Son Excellence Si Haj Klei notre nouvel Ambassadeur en Turquie s’active dans ce sens et que Son Excellence l’Ambassadeur de Turquie en Tunisie soit reçu avec les honneurs au MinistĂšre des Affaires Ă©trangĂšres, au Palais du Gouvernement et au Palais de la PrĂ©sidence de la RĂ©publique, pour sceller une alliance tuniso-turque au service de la Paix et de la justice dans le monde. Tunisiens et Turques ont des siĂšcles d’histoire politique commune Ă  mettre en ouvre au service de ce noble objectif ;

-Mieux doter la diplomatie tunisienne multilatĂ©rale, notamment Ă  GenĂšve et Ă  New York, en ressources humaines et financiĂšres, pour mieux porter les valeurs ancestrales de notre pays et assumer pleinement ses devoirs, spĂ©cifiquement vis-Ă -vis du peuple palestinien frĂšre, sur la base de l’initiative courageuse et toujours d’actualitĂ© de feu le ZaĂŻb Habib Bourguiba. La diplomatie tunisienne doit affirmer ses fondements historiques, ses initiatives et son rĂŽle pionnier, ainsi que de faciliter le travail et la prĂ©sence des organisations de la sociĂ©tĂ© civile tunisienne et arabe indĂ©pendante aux travaux de organes Onusiens ;

 

Palais des Nations, GenĂšve

02 juin 2010

 

Âïd / Retornado, Bi Idhni Alla, Ahabba Al Mouhibboun Wa Kariha Al Karihoun

 

Abdel Wahab Hani

 

awhani@yahoo.fr; +33 6 17 96 00 37 (toujours injoignable depuis les lignes Tunisie Tlecom depuis une décennie)

 

PS :Ci-joint le Texte anglais de la Résolution, comme amendé verbalement en salle,

 

Conseil des droits de l’homme des Nations Unies,

Résolution A/RHC/14/L.1 : « Les graves attaques de forces israéliennes contre un convoi humanitaire maritime »

Adoptée le 2 juin 2010, à 14h50,

 

Human Rights Council

Fourteenth session

Agenda item 1

Organizational and procedural matters

                         Pakistan (on behalf of the Organization of Islamic Conference), Palestine*, Sudan *(on behalf of the Group of Arab States): draft resolution (*Non member states of the Human Rights Council)

                   14/
 The Grave Attacks by Israeli Forces against the Humanitarian Boat Convoy

       The Human Rights Council,

       Guided by the purposes and the principles of the United Nations Charter, as well as by the provisions of the Universal Declaration for Human Rights,

       Taking into consideration the provisions of the Fourth Geneva Convention for the Protection of Civilian Persons in Times of War of 12 August 1949,

       Emphasizing the importance of the safety and well-being of all civilians including humanitarian personnel,

       Expressing grave concern also at the deepening humanitarian crisis in occupied Gaza ,

       Emphasizing the need to ensure sustained and regular flow of goods and people into occupied Gaza and welcoming the initiatives aimed at creating and opening humanitarian corridors and other mechanisms for the sustained delivery of humanitarian aid;

       1.             Condemns in the strongest terms the outrageous attack by the Israeli forces against the humanitarian flotilla of ships which resulted in the killing and injuring of many innocent civilians from different countries;

       2.             Deeply deplores the loss of life of innocent civilians and expresses its deepest sympathy and condolences to the victims and their families;

       3.             Calls upon the occupying Power Israel to fully cooperate with the International Committee of the Red Cross (ICRC) to seek and provide information on the whereabouts status and condition of the detained and injured persons

       4.             Demands the occupying Power Israel to immediately release all detained men and material and facilitate their safe return to their homelands.

       4bis.        Calls upon the occupying Power Israel to immediately lift the siege on occupied Gaza and other occupied Territories;

       5.             Calls upon the occupying Power Israel to ensure the unimpeded provision of humanitarian assistance, including of food, fuel and medical treatment to the occupied Gaza strip;

       6.             Welcomes the statements of the Secretary-General and the United Nations High Commissioner for Human Rights condemning the Israeli attacks and calls for the full accountability and credible independent inquiries into these attacks.

       7.             Decides to dispatch an independent international fact finding mission to investigate violations of international law, including international humanitarian and human rights law, resulting from the Israeli attacks on the flotilla of ships carrying humanitarian assistance.

       7bis.        Decides to authorize the President of the Council to appoint members of this independent international fact finding mission, who should report to the Council on their findings in its 15th session.

       8.             Decides to remain seized of this matter.

                                      


IsraĂ«l, l’impunitĂ© jusqu’à quand ?


lundi 31 mai 2010, par Alain Gresh
L’assaut donnĂ© le 31 mai Ă  l’aube par l’armĂ©e israĂ©lienne contre la flottille de bateaux transportant une aide humanitaire Ă  Gaza aurait fait une vingtaine de morts. Cette attaque s’est dĂ©roulĂ©e dans les eaux internationales. Elle a suscitĂ© de nombreuses condamnations, y compris de pays europĂ©ens et du gouvernement français. Bernard Kouchner a dĂ©clarĂ© que « rien ne saurait justifier l’emploi d’une telle violence, que nous condamnons ». Plusieurs pays, dont la SuĂšde, l’Espagne, la Turquie et la France ont convoquĂ© l’ambassadeur israĂ©lien. La GrĂšce a suspendu des manƓuvres aĂ©riennes avec IsraĂ«l et annulĂ© une visite du chef de l’armĂ©e de l’air israĂ©lienne. Bien sĂ»r, ces condamnations sont les bienvenues. MĂȘme s’il reste quelques personnes qui osent trouver des justifications Ă  l’action israĂ©lienne. Ainsi, le porte-parole de l’UMP, l’ineffable FrĂ©dĂ©ric Lefebvre, a fait savoir, selon l’AFP, que son parti « regrette » les morts, mais dĂ©nonce les « provocations » de « ceux qui se disent les amis des Palestiniens ». La veille de cette action militaire, faisant preuve d’une prescience qui fait partie de ses innombrables qualitĂ©s, Bernard-Henri LĂ©vy dĂ©clarait Ă  Tel-Aviv : « Je n’ai jamais vu une armĂ©e aussi dĂ©mocratique, qui se pose tellement de questions morales. » (Haaretz.com, 31 mai). Il est vrai que, lors de la guerre de Gaza, notre philosophe s’était pavanĂ©sur un char israĂ©lien pour entrer dans le territoire. RĂ©agissant Ă  l’attaque aujourd’hui, LĂ©vy l’a qualifiĂ©e, selon l’AFP, de « stupide » car risquant de ternir l’image d’IsraĂ«l. Pas un mot de condamnation, pas un mot de regret pour les tuĂ©s… La seule question qui se pose maintenant est de savoir quel prix le gouvernement israĂ©lien devra payer pour ce crime. Car, depuis des annĂ©es, les Nations unies ont adoptĂ© des dizaines de rĂ©solutions (« RĂ©solutions de l’ONU non respectĂ©es par IsraĂ«l »,Le Monde diplomatique, fĂ©vrier 2009), l’Union europĂ©enne a votĂ© d’innombrables textes qui demandent Ă  IsraĂ«l de se conformer au droit international, ou tout simplement au droit humanitaire, en levant, par exemple, le blocus de Gaza. Ces textes ne sont jamais suivis du moindre effet. Au contraire, l’Union europĂ©enne et les Etats-Unis rĂ©compensent IsraĂ«l. C’est ce qu’a prouvĂ© l’admission d’IsraĂ«l dans l’Organisation pour la coopĂ©ration et le dĂ©veloppement Ă©conomiques (OCDE), la semaine derniĂšre, et la visite en France du premier ministre israĂ©lien NĂ©tanyahou pour assister Ă  l’intronisation de son pays. Comme le prĂ©cisait un communiquĂ© de l’Association France-Palestine SolidaritĂ© (AFPS) du 30 avril,« IsraĂ«l Ă  l’OCDE ? Un mauvais coup contre la paix ! », cette adhĂ©sion valait acceptation de l’inclusion de la Cisjordanie et du Golan dans le « pĂ©rimĂštre » israĂ©lien. Le fait qu’IsraĂ«l se permette quelques jours plus tard d’attaquer la flottille de la paix confirme que cet Etat voit dans ces bonnes maniĂšres un feu vert pour toutes ses actions. Cela avait dĂ©jĂ  Ă©tĂ© le cas en dĂ©cembre 2008.C’était alors l’Union europĂ©enne qui avait dĂ©cidĂ© le « rehaussement » des relations bilatĂ©rales avec IsraĂ«l, donnant Ă  cet Etat des privilĂšges dont ne disposaient jusque-lĂ  que quelques grandes puissances. Les chars israĂ©liens pouvaient quelques jours plus tard partir Ă  l’assaut du territoire de Gaza et commettre, en toute impunitĂ©, des « crimes de guerre », voire des « crimes contre l’humanité ». Richard Falk, envoyĂ© spĂ©cial des Nations unies pour les territoires occupĂ©s, Ă©crivait, dans Le Monde diplomatique (mars 2009) un texte intitulé : « NĂ©cessaire inculpation des responsables de l’agression contre Gaza ». Quelques mois plus tard, la commission des Nations unies prĂ©sidĂ©e par le juge sud-africain Richard Goldstone remettait ses conclusions. Elles Ă©taient accablantes pour IsraĂ«l, mĂȘme si elles n’épargnaient pas le Hamas. Le texte confirmait que c’était bien l’armĂ©e israĂ©lienne qui avait rompu le cessez-le-feu et mettait en lumiĂšre les crimes commis. Ce texte confirmait de nombreux rapports dĂ©jĂ  publiĂ©s par Amnesty International et Human Rights Watch. Ces textes n’ont dĂ©bouchĂ© sur aucune sanction contre le gouvernement israĂ©lien. Un des arguments avancĂ©s pour justifier cette passivitĂ© est que les faits incriminĂ©s seraient l’objet d’enquĂȘtes sĂ©rieuses en IsraĂ«l, ce que dĂ©ment de maniĂšre argumentĂ©e la juriste Sharon Weill, dans Le Monde diplomatique (septembre 2009) : « De Gaza Ă  Madrid, l’assassinat ciblĂ© de Salah Shehadeh ». On assiste d’ailleurs en IsraĂ«l Ă  une offensive sans prĂ©cĂ©dent contre les organisations de dĂ©fense des droits humains, qu’elles soient internationales ou israĂ©liennes, considĂ©rĂ©es dĂ©sormais comme une menace stratĂ©gique pour l’Etat, juste aprĂšs la menace de l’Iran, du Hamas et du Hezbollah. Une vĂ©ritable entreprise de dĂ©lĂ©gitimation se dĂ©ploie contre ces organisations Ă  travers des groupes soutenus par le gouvernement et l’extrĂȘme droite comme NGO Monitor, menĂ©e parallĂšlement Ă  une guerre de propagande pour justifier l’injustifiable (lire Dominique Vidal, « Plus le mensonge est gros… », Le Monde diplomatique, fĂ©vrier 2009). Est-il vraiment Ă©tonnant que des soldats israĂ©liens considĂšrent les militants venus apporter du ravitaillement Ă  Gaza comme des « terroristes » et les traitent comme tels ? L’impunitĂ© durera-t-elle ou certains gouvernements oseront-ils prendre des mesures concrĂštes pour sanctionner IsraĂ«l, pour faire comprendre Ă  son gouvernement (et aussi Ă  son peuple) que cette politique a un prix, que la rĂ©pression a un prix, que l’occupation a un prix ? Dans le cadre de l’Union europĂ©enne, Paris pourrait suggĂ©rer Ă  ses partenaires de suspendre l’accord d’association en vertu de l’article 2, qui affirme explicitement qu’IsraĂ«l doit protĂ©ger les droits humains (lire Isabelle Avran,« Atermoiements de l’Union europĂ©enne face Ă  IsraĂ«l », La valise diplomatique, 25 juin 2009). La France pourrait dĂ©jĂ , seule, sans attendre l’accord de ses partenaires europĂ©ens, prendre trois mesures : - d’abord, et ce serait seulement se conformer au droit et aux dĂ©cisions de l’Union europĂ©enne, lancer une campagne pour tracer l’origine des produits israĂ©liens exportĂ©s en France et interdire (pas seulement taxer) les produits des colonies ; - ensuite, affirmer que l’installation de colons dans les territoires occupĂ©s n’est pas acceptable et que ceux-ci devraient donc ĂȘtre soumis Ă  une demande de visa s’ils dĂ©sirent se rendre en France – une mesure facile Ă  mettre en Ɠuvre Ă  partir des adresses des individus dĂ©sirant visiter notre pays ; - enfin, proclamer que des citoyens français qui effectuent leur service militaire en IsraĂ«l ne sont pas autorisĂ©s Ă  servir dans les territoires occupĂ©s. Leur participation aux actions d’une armĂ©e d’occupation pourrait entraĂźner des poursuites judiciaires. Bernard Kouchner a annoncĂ© qu’il n’y avait pas de citoyens français parmi les personnes tuĂ©es sur les bateaux. Mais sait-il s’il y a des citoyens français parmi ceux qui sont responsables de ce crime ? (Source: “Nouvelles dÂŽOrient” le blog du journal “Le Monde Diplomatique” le 31 mai 2010)  


Attaques israéliennes

« L’extrĂȘme prudence » de QuĂ©bec


 
 
TaĂŻeb Moalla
 
Le gouvernement du QuĂ©bec a refusĂ©, hier, de dĂ©battre de trois motions sans prĂ©avis – dont une qu’il a lui-mĂȘme dĂ©posĂ©e – portant sur la rĂ©cente attaque militaire ­d’IsraĂ«l, en eaux internationales, contre des navires humanitaires.
 
La premiĂšre motion pĂ©quiste demandait que « l’AssemblĂ©e nationale condamne l’attaque menĂ©e par des commandos israĂ©liens » et appuyait l’exigence onusienne de « tenir une enquĂȘte impartiale, crĂ©dible, transparente » sur le sujet.

 

Pour qu’une motion sans prĂ©avis soit dĂ©battue ou mise au vote, le consentement de tous les dĂ©putĂ©s prĂ©sents en Chambre est nĂ©cessaire. Or, le gouvernement n’a pas voulu accorder son feu vert. « Contra­diction Ă©vidente de la motion », a dĂ©celĂ© Henri-François Gautrin, leader parlementaire adjoint du gouvernement.

 

Ce dernier a eu la mĂȘme rĂ©action lorsque le dĂ©putĂ© de QuĂ©bec solidaire, Amir Khadir, a versĂ© sa propre motion rĂ©clamant que QuĂ©bec « appuie la campagne de boycott » contre IsraĂ«l.

 

« Grande neutralité »

 

Le ministre des Relations internationales, Pierre Arcand, a ensuite dĂ©posĂ© une motion pour que le Parlement appuie la demande d’enquĂȘte de l’ONU et qu’il « regrette profondĂ©ment la perte de vies humaines et les blessĂ©s ». Encore une fois, aucun dĂ©bat n’était envisagĂ©.

 

« Notre position, c’est que nous puissions adopter cette motion sans dĂ©bat, ce qui est en gĂ©nĂ©ral l’habitude dans un certain nombre de motions sans prĂ©avis », a ajoutĂ© M. Gautrin.

En entrevue au Journal, le ministre Arcand a rappelĂ© la position de « grande neutralitĂ© » du QuĂ©bec, qui est « en cohĂ©rence avec ce qui se fait au Canada », dĂšs qu’il s’agit du dossier sensible du Proche-Orient.

 

« Il faut ĂȘtre extrĂȘmement prudent. Il y a des versions trĂšs contradictoires de ce qui s’est passĂ© (l’attaque d’IsraĂ«l) il y a Ă  peine 24 heures, a-t-il rĂ©itĂ©rĂ©. Si ça avait Ă©tĂ© si important pour l’opposition, elle avait la pĂ©riode des questions pour en parler. »

 

Nullement convaincu, M. Khadir a vu dans cette posture une soumission au « chantage honteux du lobby de la droite et de l’armĂ©e israĂ©lienne » symbolisĂ©, selon lui, par le CongrĂšs juif canadien. La pĂ©quiste Louise Beaudoin a avouĂ© que son parti Ă©tait prĂȘt Ă  accepter la motion gouvernementale, « mais avec dĂ©bat oĂč chacun aurait pu marquer ses nuances ».

 
 
(Source: “Le Journal de QuĂ©bec” le 2 juin 2010)
 

Cuba: transfÚrement de détenus vers des prisons proches de leurs familles


 
AFP / 02 juin 2010 00h00
LA HAVANE – Le gouvernement cubain a commencĂ© mardi le transfĂšrement de prisonniers politiques vers des prisons situĂ©es prĂšs de leurs familles, aprĂšs une mĂ©diation de l’Eglise catholique qui espĂšre les voir libĂ©rer, selon des sources de l’opposition et des familles de dĂ©tenus. “Jusqu’Ă  maintenant (il y a eu) trois transfĂšrements sur 17 possibles. Le processus a commencĂ©, ils vont le mener entre aujourd’hui et demain”, a dĂ©clarĂ© Ă  l’AFP Elizardo Sanchez, prĂ©sident de la Commission cubaine des droits de l’Homme (CCDHRN), une organisation illĂ©gale mais tolĂ©rĂ©e par le pouvoir. Le pouvoir communiste cubain est sous pression depuis la mort fin fĂ©vrier du prisonnier politique Orlando Zapata, 42 ans, aprĂšs une grĂšve de la faim. Ce dĂ©cĂšs controversĂ©, dĂ©plorĂ© par les Etats-Unis et l’Union europĂ©enne, a Ă©tĂ© suivi par le jeĂ»ne de protestation de Guillermo Farinas qui rĂ©clame la libĂ©ration d’au moins dix dĂ©tenus politiques souffrants. Selon Elizardo Sanchez, les prisonniers Felix Navarro et Antonio Diaz, condamnĂ©s respectivement Ă  25 et 20 ans de prison, dĂ©tenus dans la province de Ciego de Avila, dans le centre de l’Ăźle communiste, ont Ă©tĂ© transfĂ©rĂ©s dans les prisons de Matanzas et La Havane, dans l’ouest. Diosdado Gonzalez, condamnĂ© Ă  20 ans de prison, est quant Ă  lui Ă©tĂ© transfĂ©rĂ© de Pinar del Rio (ouest) vers sa province natale de Matanzas. Ces trois hommes font partie d’un groupe de 53 dissidents arrĂȘtĂ©s et condamnĂ©s en 2003 Ă  des peines de 6 Ă  28 ans de prison, et sont considĂ©rĂ©s comme des prisonniers de conscience par l’organisation de dĂ©fense des droits de l’Homme Amnesty international. “L’affaire est sans importance parce que c’est un transfĂšrement d’une prison de haute sĂ©curitĂ© vers une prison similaire, mĂȘme si plus proche de chez soi. Mais le (vrai) sujet c’est leur libertĂ©. Si cela prĂ©cĂšde des libĂ©rations, ce serait bien, mais c’est encore prĂ©maturĂ©”, a dĂ©clarĂ© Elizardo Sanchez. L’Ă©pouse de Diosdado Gonzalez, Alejandrina Garcia, a dit Ă  l’AFP avoir Ă©tĂ© informĂ©e du transfĂšrement par d’autres dĂ©tenus. “Cela me rĂ©jouit, parce que s’ils le mettent dans la prison d’ici, il me faut seulement 20 km pour aller le voir, mais lĂ  oĂč mon mari doit ĂȘtre c’est chez lui, libre, avec sa famille”. “Pour moi, c’est un bon geste de la part du gouvernement, vu que cela fait de nombreuses annĂ©es qu’ils sont hors de leurs provinces, sans tenir compte qu’ils purgent une condamnation injuste, mais c’est un pas en avant”, a dit Ă  l’AFP Gisela Sanchez, la femme d’Antonio Diaz. Dans le cadre d’un processus de nĂ©gociations, l’Eglise catholique cubaine et la dissidence attendaient ces derniers jours avec espoir mais prudence que les autoritĂ©s commencent Ă  transfĂ©rer des dĂ©tenus politiques dans leur province d’origine. Si ces transfĂšrements Ă©taient confirmĂ©s officiellement, il s’agirait d’un premier geste en faveur des prisonniers de la part du prĂ©sident Raul Castro, qui a rencontrĂ© pendant quatre heures le 19 mai le cardinal Jaime Ortega et le dirigeant de la ConfĂ©rence Ă©piscopale, Dionisio Garcia. Selon la dissidence, sur les 200 prisonniers politiques que compte le pays, 17 sont incarcĂ©rĂ©s loin de leur lieu de rĂ©sidence, et 25 ont des problĂšmes de santĂ©. Les autoritĂ©s affirment que ces dĂ©tenus sont des mercenaires Ă  la solde des Etats-Unis qui imposent depuis 48 ans un embargo Ă  l’Ăźle. Felix Navarro est un professeur de 56 ans qui militait au sein du Mouvement Tous unis, Diosdado Gonzalez un agriculteur de 45 ans qui dirigeait une section locale du Parti Paix, DĂ©mocratie et LibertĂ©, et Antonio Diaz, un Ă©lectricien de 47 ans du Mouvement chrĂ©tien de LibĂ©ration d’Oswaldo Paya. Tous ces groupes sont illĂ©gaux.  

 

Home – Accueil Ű§Ù„Ű±ŰŠÙŠŰłÙŠŰ©

 

Lire aussi ces articles

29 décembre 2007

Home – Accueil – TUNISNEWS 8 Úme annĂ©e, N°5 2775 du 29.12.2007  archives : www.tunisnews.net LibertĂ© et EquitĂ©: La famille de

En savoir plus +

25 août 2010

Home – Accueil TUNISNEWS 10 Úme annĂ©e, N° 3746 du 25.08.2010  archives : www.tunisnews.net  Appel pour la libĂ©ration de Hassen

En savoir plus +

Langue / لŰșŰ©

Sélectionnez la langue dans laquelle vous souhaitez lire les articles du site.

Ű­ŰŻŰŻ Ű§Ù„Ù„ŰșŰ© Ű§Ù„ŰȘي ŰȘŰ±ÙŠŰŻ Ù‚Ű±Ű§ŰĄŰ© Ű§Ù„Ù…Ù†ŰŽÙˆŰ±Ű§ŰȘ ŰšÙ‡Ű§ Űčلى موقŰč Ű§Ù„ÙˆÙŠŰš.