19 juin 2007

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TUNISNEWS
8 ème année, N° 2583 du 19.06.2007

 archives : www.tunisnews.net


 

C.R.L.D.H. Tunisie: La politique tunisienne du tout sécuritaire El kalam: L’impasse tunisienne : entretien avec Ahmed Manaï Elkhadra: L’avenir de la Tunisie dépend principalement d’elle-même ! ATS: Conseil des droits de l’hommeUn record d’au moins 123 journalistes tués en un an AFP: AFP:Rushdie anobli par Elisabeth II: la colère monte au Pakistan et en Iran


Un film réalisé et produit par Zouhir Latif a été diffusé le 17 juin 2007 sur la chaine Aljazeera international (en anglais) Pour voir l’intégralité du film cliquez sur le lien suivant: http://smawebdesign.com/mcgallerypro/show.php?start=0&id=199&video=1 (Source : le site pdpinfo.org, le 17 juin 2007)
 


C.R.L.D.H. Tunisie

 

Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’Homme en Tunisie

Membre du Réseau Euro méditerranéen des Droits de l’Homme

21 ter rue Voltaire – FR-75011 PARIS  – Tel/Fax : 00.33. (0)1.43.72.97.34

contact@crldht.org / www.crldht.org

La politique tunisienne du tout sécuritaire

          Le régime tunisien de M. Ben Ali est décidément allergique au respect des droits humains de son peuple et savoure pleinement toute violation et toute atteinte faites aux droits fondamentaux des Tunisiens à la vie, à la sécurité, à l’intégrité physique, aux libertés individuelles et collectives de s’associer, de s’exprimer, de se réunir et de circuler librement.

 

           Le 8 juin dernier, la police politique tunisienne a envahi les bureaux du Conseil National pour les Libertés en Tunisie (CNLT), saccagé son matériel informatique et détruit d’importants documents et archives de l’association. Quelques jours auparavant, le 18 mai 2007, tout l’immeuble où se trouve le local du CNLT a été encerclé par un important dispositif d’agents de la police politique qui interdisent  depuis aux membres du CNLT ainsi qu’aux journalistes permanents du journal en ligne Kalima l’accès à leur bureau. Ceux-ci ne peuvent accéder à l’immeuble et sont même empêchés de fréquenter les cafés avoisinants, sous peine d’être molestés s’ils refusent d’obtempérer. 

 

          Depuis quatre  semaines, les forces de police se livrent chaque samedi à un blocus policier impressionnant du siège central de la Ligue Tunisienne de défense des Droits de l’Homme (LTDH) à Tunis, sans aucune raison apparente puisque aucune activité publique n’a été programmée depuis l’annulation les samedi 26 et dimanche 27 mai 2007 de la tenue de la conférence sur le Forum Social. S’y ajoute un «blocus» permanent des locaux des différentes sections qui sévit depuis septembre 2005, au mépris de la loi, défiant tous les appels venus des quatre coins du monde.

           Cet acharnement policier contre les  défenseurs des droits humains et des opposants politiques sans exception touche également depuis le 1er juin dernier le siège de l’Association internationale de soutien aux prisonniers politiques (AISPP), lui aussi interdit d’accès par la police .

          Le 6 juin 2007, une importante délégation composée de représentants de la société civile a tenté de se rendre au siège  du CNLT et du journal Kalima, afin d’exprimer aux militants du CNLT et journalistes de Kalima leur soutien et leur  solidarité quant à cette nième violation de droits qui les frappe. Elle se composait des militants et défenseurs des droits dont le président de la LTDH, Maître Mokhtar Trifi,  le président de la section de Bizerte de la LTDH, M. Ali Ben Salem, le représentant de l’Association de lutte contre la torture, Maître Mondher Cherni, l’opposant politique et dirigeant  du FDTL, Dr Khelil Ezzaouia et des journalistes dont MM. Lotfi Hajji et Slim Boukhdhir.  Ils ont été arrêtes par un nombre impressionnant de policiers en civil qui leur ont fait barrage, les empêchant d’accéder à la rue où se trouve le local du CNLT.

        Cette  politique d’étouffement de toute dissidence participe de l’objectif d’anéantissement de toute aspiration légitime à une citoyenneté effective. Elle prend différentes formes de harcèlement allant de l’étranglement économique comme dans le cas de la LTDH, privée depuis des années de fonds et de subventions substantiels, jusqu’à l’organisation des putschs pour la mise en place de représentants  fantoches comme dans le cas l’ATM, en passant par les violences quotidiennes exercées à l’encontre des opposants politiques, des défenseurs des droits humains, des journalistes ou de simples citoyens, membres des familles de prisonniers politiques, sans oublier les saccages des voitures et bureaux, les visites nocturnes musclées, le harcèlement constant des ex-détenus politiques, la fermeture automatique de tous les espaces publics face à l’ensemble de la société civile, y compris les associations qui ne travaillent pas sur la Tunisie comme le cas de la section tunisienne d’Amnesty International….et la liste est encore longue.

         Le CRLDHT s’élève avec fermeté contre ces pratiques et ces procédures répressives qui font le lit des extrémismes de tous bords, politiques comme religieux.

         Il appelle à la levée immédiate du siège imposé au CNLT ainsi qu’à ceux que subissent les différentes associations de défense des droits, à commencer par la LTDH et ses différentes sections ainsi que l’AISPP.  

        Exprime  à tous les défenseurs tunisiens des droits humains et l’ensemble du mouvement démocratique son soutien inconditionnel et sa détermination à poursuivre le combat du respect des droits et des libertés, à leurs côtés jusqu’au rétablissement des tunisiens dans leur dignité humaine.   

                                                                                                     Pars le 19 juin 2007

 


L’impasse tunisienne : entretien avec Ahmed Manaï 31/01/2007

 

 
Opposant au régime de Ben Ali, Ahmed Manaï a été comme des milliers d’autres tunisiens, torturés pour ses opinions. Son ouvrage, Le supplice tunisien, paru en 1995 et préfacé par Gilles Perrault, nous raconte cette douloureuse expérience. Dans cet entretien, ses propos sont ceux d’un homme toujours engagé mais ayant su prendre le recul nécessaire pour une analyse réaliste de la situation tunisienne. Il nous livre aujourd’hui ses réflexions sur le passé, le présent et le « possible » avenir de la Tunisie              Elkalam : 12 ans après la sortie de votre livre, « Supplice tunisien », peut-on considérer que le régime de Ben Ali évolue vers plus de démocratie et de libertés individuelles ? Ahmed Manaï : Ce livre a été un modeste témoignage, d’ailleurs bien incomplet puisqu’il n’a pas traité des responsabilités politiques et surtout celle du mouvement Nahdha dans le drame tunisien. Or il ne faut pas l’oublier, Ben Ali et son système sont le produit de notre histoire et de notre société, de nos élites intellectuelles et politiques ainsi que du système international dominant. Alors, est-ce que le régime évolue vers plus de démocratie et de libertés individuelles ? Sûrement pas et les derniers événements vont le durcir ! Mais cela ne veut pas dire non plus qu’il n’ait pas changé. Un exilé politique a tendance à croire que le pays qu’il a été contraint de quitter, se fige, ne bouge pas et demeure indéfiniment dans la même situation….à l’attendre ! Or les sociétés ont leur propre dynamique, elles bougent et évoluent indépendamment des individus, des partis politiques, des élites et même du pouvoir ! Il y a une évolution mais elle n’est pas le fait d’une politique claire et d’une stratégie mûrie. Il faut rappeler la situation de la Tunisie au début des années 1990. Il y avait une répression féroce, des procès en série, pas moins de 10.000 prisonniers politiques et des dizaines de morts sous la torture : c’était la terreur généralisée…. Depuis, les prisonniers ont été libérés après avoir fait leur peine et quelques centaines ont été graciés. Il n’y a plus que près de 60 prisonniers du mouvement Nahdha, auxquels il faut ajouter près de 300 jeunes, incarcérés ces trois dernières années au titre « d’une loi de lutte contre le terrorisme ». Les leaders politiques et les activistes des droits de l’homme d’obédience marxiste ou libérale, qui étaient privés de passeports tout au long des années 90, circulent librement à l’étranger et de nombreux exilés du Nahdha, leurs épouses et leurs enfants retournent régulièrement dans le pays, depuis le début des années 2000. De nombreuses associations des droits de l’homme, non reconnues, s’activent et  publient régulièrement, communiqués, dénonciations et protestations. Les médias sont toujours monopolisés par le pouvoir, mais il y a à ce niveau les conquêtes que représentent l’Internet et les chaînes satellitaires arabes, très accessibles aux opposants et les plus suivies par les Tunisiens. L’information circule facilement, les gens parlent, critiquent et expriment leur ras-le-bol. De nombreux tabous sont tombés !!! Bref, ce n’est plus le régime d’il y a quinze ans, mais ce n’est pas encore l’ouverture et on est encore loin de la démocratie. Elkalam : Beaucoup spéculent sur une mort précoce du Président tunisien et espèrent une révolution de Palais, qu’en pensez-vous ? Ahmed Manaï :  La mort nous attend tous et elle peut frapper à chaque instant, n’importe qui, le président ou les nombreux prétendants à sa succession. On dit le Président tunisien malade, mais c’est depuis 5 ou 6 ans. Cela peut durer encore longtemps. Je m’étonne vraiment que des responsables politiques misent tant sur sa mort comme si sa disparition allait entraîner l’effondrement du régime. A mon avis le système survivra à son chef, au moins pendant un certain temps et la passation du pouvoir se fera selon les dispositions de la constitution, le choix du candidat du RCD (parti du pouvoir) se fera au ministère de l’intérieur. On a souvent dit de l’Algérie qu’elle appartenait à son armée. La Tunisie, elle, appartient à son ministère de l’Intérieur. Ce que je crains le plus, c’est que l’opposition, du moins telle qu’elle se présente actuellement, risque de ne pas avoir voix au chapitre. Elkalam : L’opposition actuelle est-elle, selon vous, mature pour prendre les rênes du pouvoir? Ahmed Manaï :  Pour que « l’opposition » prenne le pouvoir, il faudrait que ce dernier soit vacant, ce qui n’est pas le cas, et qu’elle existe déjà, suffisamment structurée, avec des leaders crédibles et un programme à même de séduire les Tunisiens dans des élections libres et transparentes. Ce qui n’est pas le cas non plus. Il y a trois façons de prendre le pouvoir : par une révolution, par un coup d’État militaire ou par des élections. Je ne crois pas que la Tunisie soit à la veille d’une révolution, le coup d’État est l’affaire de ceux qui ont les moyens matériels de le faire, c’est-à-dire les militaires et ceci me semble tout à fait exclu. Quant aux élections, je pense que s’il y a une ouverture politique permettant une transition démocratique menée par une aile libérale du pouvoir, pendant 3 ou 5 ans, l’opposition, toutes tendances confondues, arrivera au pouvoir au bout de deux législatures, c’est-à-dire 10 ans. Si ce processus commence en 2007, l’opposition, mûrie et rajeunie, parce que ses leaders actuels sont vieillissants, parviendra au pouvoir aux alentours de 2020. Mais on ne peut exclure un miracle ! Elkalam : Comment expliquez-vous que les différents gouvernements français sont restés totalement aveugles et sourds aux violations flagrantes des droits fondamentaux par le régime tunisien ? Ahmed Manaï :  Les États se foutent totalement des violations des droits de l’homme hors de leurs frontières et surtout quand ils n’ont pas d’affinités avec les victimes. Mais ils n’hésitent pas à les exhiber, à les instrumentaliser et à en faire leur cheval de bataille quand ils ont des dossiers politiques et économiques à faire avancer ou conclure. Le « méchant » Kadhafi est devenu fréquentable dès qu’il s’est rendu avec armes et bagages sans rien changer de sa politique intérieure. Pour revenir aux responsables français, je crois que leur position est bien résumée par ce que m’a déclaré un ancien ministre des Affaires étrangères français en 1993 : « Ben Ali est ce qu’il y a de mieux pour la Tunisie, mais s’il y a un cas personnel à résoudre, je le règlerai en 24 heures ». J’en ai eu la preuve plus d’une fois. Elkalam : Les démocraties occidentales ont souvent préféré soutenir des régimes dictatoriaux comme la Tunisie , et bien d’autres, plutôt que de favoriser une ouverture démocratique qui aurait probablement permis à certains partis islamistes de percer voire de remporter certaines élections. Aujourd’hui quel regard portez-vous sur ce calcul à court terme et cette méfiance à l’égard de partis islamistes de la part des Européens et des Américains ? Avec le recul pensez vous que Rached Ghannouchi et le mouvement Ennahda auraient pu apporter leur pierre à l’édifice démocratique tunisien ? Peut-on encore attendre quelque chose de ce mouvement ? Que sont devenus la plupart des militants en exil ? Ahmed Manaï :  Les démocraties occidentales ont été très actives et efficaces dans la « démocratisation » des pays de l’Est. En fait, c’était surtout pour accélérer le démantèlement de l’Empire soviétique et redessiner la carte de l’Europe et du monde. Si elles ne l’ont pas fait avec les dictatures arabes, c’est parce qu’elles estiment que leurs intérêts stratégiques risquaient d’être remis en cause par des nouveaux acteurs qu’ils ne connaissent pas ou très mal. Pourtant certains islamistes ont été les partenaires privilégiés des Américains tout au long de la guerre froide et surtout dans la guerre en Afghanistan. C’est peut-être un calcul à court terme, mais c’est surtout leur conception et leur appréciation de leurs propres intérêts et je suis le dernier à leur en vouloir. J’en veux surtout aux miens et particulièrement aux islamistes qui ont engagé leurs pays dans des aventures destructrices, alors qu’ils devaient patienter un peu. Avec le recul, je pense que le FIS algérien, pourtant porté au pouvoir par la majorité des électeurs en 1991, n’aurait pas apporté de solutions aux problèmes réels du pays. Ceci dit, je ne cautionne évidemment pas le coup d’Etat du 11 janvier 1992 en Algérie, qui a fait suite à l’interruption du processus électoral après le premier tour de décembre 1991. Pour ce qui est de la Tunisie et du mouvement Nahdha, je dois rappeler, pour l’histoire, que la Tunisie a connu, au cours des 70 dernières années, deux véritables partis politiques: le parti destourien, fondé en 1934 et le MTI/ Nahdha, fondé en 1981. Avec un peu de patience, une plus grande insertion dans la société et un apprentissage de la gestion du pays et des relations internationales, ce mouvement aurait pu devenir un concurrent sérieux du pouvoir. Ses dirigeants ont voulu brûler les étapes et ils se sont brûlés les doigts. Que peut-on encore attendre de ce mouvement ? En 1992, j’ai déclaré à ARABIES que ce mouvement risquait « de se transformer en groupuscule sans aucune emprise sur la réalité politique du pays ». Je crois que c’est le cas depuis quelques années, malgré son activisme débordant et une présence permanente de son chef dans les médias. Un individu peut survivre et même s’épanouir dans l’exil, mais pas un parti politique. Peu d’entre eux partagent mon analyse, estimant sans doute que le regain de religiosité dans le pays est de nature à élargir leur base populaire et électorale. Quelqu’un qui prie ou une femme qui porte le Hijab, est pour eux un partisan en puissance. On peut toujours rêver ! Le malheur est que le pouvoir fait le même calcul et réagit en conséquence. Pour ce qui est des militants, c’est autre chose. Les étudiants ont terminé et réussi leurs études et nombre d’entre eux ont acquis la nationalité du pays d’accueil. On compte parmi eux de nombreux entrepreneurs, des artisans, des commerçants et des hommes d’affaires prospères disposant de villas avec piscine… Elkalam : Ahmed Manai, comme le montre votre bouleversant témoignage du « supplice tunisien », vous avez été touché au plus profond de votre chair et de votre âme, par ce régime et ses méthodes inqualifiables, comment se reconstruit-on après une si douloureuse expérience ? Est-il utopique ou illusoire de penser qu’un jour des personnalités comme Ben Ali ou d’autres seront jugés par un Tribunal ? Ahmed Manaï :  Mon expérience, certes douloureuse, n’est rien en comparaison avec les milliers de véritables tragédies humaines, que vivent nos semblables, tous les jours, partout dans le monde et le plus souvent sans pouvoir en témoigner. Comment se reconstruire ? Je ne sais pas si on y parvient vraiment. Le plus souvent c’est un simple ravalement de façade, en tout cas, la foi m’a été d’un grand secours ainsi que la famille et l’écriture. Mais pour moi, la plus grande douleur c’est l’exil et je suis en train de la surmonter en me promettant que si je ne retrouve pas mon pays et les miens de mon vivant, je serai au moins enterré dans ma terre natale. Un tribunal ! Il y a 6 ans, une quarantaine de militants du Sud et du Nord se sont constitués en ONG avec pour objectif de lutter contre l’impunité et poursuivre les dictateurs et autres responsables de crimes graves, devant la justice internationale. C’était Justitia Universalis, avec son bureau à La Haye, pas très loin du Tribunal International. Dans deux semaines, cette organisation fait son A.G. et je vais en profiter pour inviter mes amis à nous auto- dissoudre. Actuellement le colonialisme est de retour, les pays arabes sont les premiers visés et rien ne justifie qu’à l’instar des irakiens, des militants facilitent aux nouveaux envahisseurs leur tâche de déstabilisation de nos États très fragiles. La justice internationale n’est pas pour demain et si elle doit s’occuper de rendre justice aux victimes, elle devrait commencer par juger ceux qui ont détruit des pays et massacré des peuples ! (Source : El kalam, le 31 janvier 2007) Lien : http://elkalam.com/dossiers/dossiers.php?val=173_l+impasse+


L’avenir de la Tunisie dépend principalement d’elle-même !

 
Nour El Houda L’action politique pour être crédible,  doit absolument être cohérente et donc prendre en compte le réel sans feintes ni maquillage, ni fard. Elle doit s’inscrire dans une vision d’ensemble et se projeter dans la réforme et la restructuration des lieues agressés et la plus par du temps détruit par le système totalitaire, ce système honni imposé au pays depuis  des lustres par une dictature barbare. Remise en état des infrastructures et des êtres, dans la continuité des idées émises et plébiscitées tout au long de la période oppositionnelle, remise en état  pleine d’humilité et de lucidité, en prenant en compte les facteurs naturels et conjoncturels, physiques et psychologiques, historiques et culturels  du pays, et ne pas se borner à gérer les crises au jour le jour. Agir politiquement aujourd’hui pour le bloc démocratique en situation d’échec, oui nous sommes en situation d’échec et ce n’est pas une honte majeure de la reconnaître, tout est de notre propre faute, l’essentiel c’est de ne pas lâcher prise et de ne pas abandonner: Ma peau au bout de mes idées doit être le sacerdoce, sous la botte terrifiante de BEN ALI, agir en politique, suppose la gestion du quotidien du pays en s’opposant , en dénonçant et en luttant d’une manière moderne  contre toutes les dérives et les mensonges du système,  comme d’ailleurs plus tard dans l’édification de la Tunisie démocratique, et tout dans la transparence, le dialogue, la tolérance et la fraternité. Ne pas renoncer et faire la part des choses, car le propre de l’action civique et démocratique, c’est d’agir en connaissance de cause, c’est faire en sorte que l’action soit le prolongement naturel d’une légitimation sur le tunisien et la Tunisie , c’est donner un sens à la liberté des tunisiens pour permettre l’accomplissement d’une volonté de destin commun, sachez le mes bons amis et je ne me lasserais jamais de vous le dire, sans les tunisiens rien ne sera possible, à vous et à nous tous  de combler le fossé énorme qui nous sépare d’eux, cela doit être notre priorité et même notre raison d’être, car c’est bien là que tout s’est joué pour nous et le sceau de notre échec, c’est notre unique place forte désormais à conquérir et définir, ainsi une bonne fois pour toute, la défaite de la dictature se fera seulement par  la confiance, les convictions et la mobilisation totale des TUNISIENS. Et c’est seulement à ce moment là que nous pourrons parler du possible crépuscule de cette dictature absurde qui nous détruit. Le politique est une vision, qui requiert une exigence philosophique et morale en général et plus encore dans le cas tunisien, nous oblige à une réflexion sur la nation tunisienne dans son ensemble. Etre opposant politique tunisien au régime, c’est absolument relever les défis du présent et de l’avenir, c’est exiger que l’on soit capable de voir loin dans le temps et dans l’espace, c’est l’initiative et le mouvement, les principes et l’éthique, c’est avoir une vue synoptique des choses, cela  coule de sagesse. C’est à cette seule condition que l’opposant politique tunisien digne de ce nom sera en mesure d’établir un diagnostic correct de la situation, d’en tirer les conséquences qui s’imposent et donc de définir des orientations réalistes, pragmatiques, cohérentes et surtout justes. L’homme politique intègre est un donneur de sens. Tout ne vaut pas tout, les hommes ne sont pas des numéros interchangeables, oublier  ces principes de base, c’est choisir l’enfermement de la déroute et l’attentisme. Différents entre eux comme le sont les peuples anciens, ayant une grande histoire et une civilisation millénaire, les tunisiens ne peuvent accomplir leur devenir historial qu’en retrouvant et transcendant leurs racines, et cette démarche à l’évidence doit être dans le projet de l’intellectuel et du politique tunisien qui prétend à la conscience et au dévouement. Oublier cette règle fondamentale de la sociologie et de la politique aboutit à rompre avec le réel, à entrer dans de dangereuses utopies et donc entrer dans une sanglante logique d’échec, nous devons absolument tirer les leçons de notre histoire, du vécu des oppositions tunisiennes et ce depuis l’indépendance, certaines choses sont différentes en Tunisie d’aujourd’hui  mais le fond ainsi que les attentes et les revendications  restent les mêmes. Car, comme disait IBN KHALDOUN, « on comprend surtout ce que l’on est prédestiné à comprendre par sa propre vocation, par sa propre orientation culturelle et celle du moment historique auquel on appartient », cette réflexion, cette pensée profonde n’a pas pris une ride dans le cas tunisien entre autres, un cas suspendu à ses tares qui à force sont devenus ses immuables vérités, l’habitude anesthésie l’ambiance, l’atmosphère et plus grave que tout l’état d’esprit général, pour nous en sortir et nous immuniser de cette maladie, il nous faudra beaucoup d’humilité et d’audace, beaucoup de sacrifices , de courage et de rigueur, sans quoi  rien de définitif et de beau ne sera possible pour notre pays.  Un peuple libre, une terre retrouvée, une justice et des institutions fortes, un pluralisme une société civile et une constitution pérennes, sans ces éléments il ne peut  y avoir accomplissement d’une destinée commune pour les tunisiens, il ne peut y avoir de devenir humain pour la Tunisie. Notre devenir ne s’accomplira aussi que si nous sommes capables d’assumer notre héritage, de le prendre en compte dans sa globalité, en renouant avec notre plus ancienne mémoire, avec notre propre manière d’être au- monde, et que nous la prolongions d’une façon civilisée et juste. Seule la dimension transcendante et verticale du devenir nous permettra d’inscrire dans le présent les germes de notre avenir, cela aussi doit s’inscrire dans la stratégie du bloc démocratique  tunisien, car dans sa projection elle signifiera le refus du reniement et du renoncement, de l’arbitraire et des compromissions, devenir ce que nous sommes comme les peuples civilisés, c’est une exigence de vie. la mobilisation politique en Tunisie sera  avant tout endogène. C’est-à-dire, elle sera malgré tous les calculs, l’affaire du  peuple tunisien, c’est lui seul  qui doit être le moteur et l’artisan de son propre engagement et libération. -la cohérence et le rassemblement sont  la condition sine qua non pour asseoir tout projet de démocratisation. La justice et  la sécurité sont des préalables absolus pour assurer le progrès économique par la suite et même en période de transition nécessaire techniquement pour la remise en ordre de fonctionnement de l’administration et de l’état, l’opposition tunisienne dispose d’assez de potentialités et d’excellence pour ce faire. -la démocratie et le respect des droits de l’homme seront des nécessités absolues de même que la transparence dans la gestion des affaires publiques, et la lutte contre la corruption. Cela suppose, un Etat de droit, une justice forte et indépendante au sens que lui donnait Montesquieu, un pluralisme politique, la liberté syndicale et de la presse, une société civile active, qui soit en même une force de proposition et d’action. Le développement économique doit donc être pensé en imbrication étroite avec le processus de consolidation des droits de l’homme, de renforcement progressif de la démocratie. L’avenir de la Tunisie dépend principalement d’elle-même. Mais elle est dans une situation si difficile qu’elle ne peut s’en sortir seule, le monde est devenu un petit village et l’environnement immédiat ou lointain de la Tunisie sera à prendre absolument en considération. Nous aurons besoin de l’aide de tous les peuples de bonne volonté  mais  nous devons par respect pour notre pays, nos morts et nous même être exigeant à propos de cette  aide qui devra débloquer le plein usage de nos propres forces et énergies plutôt qu’une aide qui cherche à nous façonner selon son modèle, car il ne faut jamais oublier que nous sommes le fruit d’une civilisation et d’une histoire qui a tant donné à l’humanité. (Source : le blog Elkhadra, le 10 juin 2007) Lien : http://elkhadra.org/donnerunsensalaction.htm/  

Conseil des droits de l’homme Un record d’au moins 123 journalistes tués en un an

ATS, le 19 juin 2007 à 12h56
Genève (ats) Depuis l’inauguration du Conseil des droits de l’homme il y a un an, 123 journalistes ont été tués dans 27 pays, a déploré mardi la PEC. L’association de journalistes demande au Conseil de passer à l’action et de renforcer la protection des victimes. Dans un communiqué saluant l’accord intervenu dans la nuit sur les structures du Conseil, la Campagne dénonce « une crise mondiale grave et négligée en relation avec la liberté d’expression et le droit à la vie ». Jamais autant de journalistes ont été tués dans le monde. « Le Conseil doit maintenant passer à l’action et traiter des violations des droits humains partout dans le monde », s’est exclamée la présidente de la PEC Hedayat Abdel Nabi. La Campagne représente plus de 50 000 journalistes dans une cinquantaine de pays.

En nombre croissant

La PEC se déclare consternée par le nombre croissant de journalistes tués depuis le début de cette année: un record de 62 jusqu’au 15 juin, dans 21 pays, contre 35 pendant la même période de l’an dernier. Trente des 62 journalistes tués depuis janvier l’ont été en Irak. Sur les 123 journalistes tués depuis le 19 juin 2006, date de l’inauguration du Conseil, l’Irak compte le plus grand nombre de victimes (60). Ce pays est suivi par le Mexique (8), les Philippines (7), l’Afghanistan (6), la Somalie (5), la Russie (4), le Sri Lanka (3), Haïti (3) et la Colombie (3), selon le décompte de la PEC. Le Pakistan, le Guatemala, l’Inde, le Brésil, l’Angola, la République démocratique du Congo ont enregistré chacun la mort de deux journalistes. Alors qu’à Gaza, au Zimbabwe, Pérou, Ghana, Liban, en Chine, au Tukménistan, au Soudan, en Erythrée, Turquie et au Nigéria, un journaliste a été tué dans l’exercice de sa profession au cours de l’année écoulée. Plus de trois mois de détention à Gaza La PEC lance en outre un nouvel appel à la libération immédiate du correspondant de la BBC Alan Johnston, toujours en captivité à Gaza, plus de trois mois après son enlèvement le 12 juin, dans des conditions rendues encore plus dramatiques par les récents affrontements interpalestiniens. L’ONG rappelle qu’à la fin de l’an dernier, le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté la résolution 1738 condamnant les attaques contre les journalistes dans les zones de conflit. Le Conseil des droits de l’homme doit étudier en priorité les moyens de faire appliquer cette résolution, demande la PEC. N.B : liste des victimes sur: www.pressemblem.ch (Source : www.tsr.ch, le 19 juin 2007)


Rushdie anobli par Elisabeth II: la colère monte au Pakistan et en Iran

 
AFP, le 19 juin 2007 à 14h09 ISLAMABAD, 19 juin 2007 (AFP) – La colère montait mardi au Pakistan après l’anoblissement de l’écrivain Salman Rushdie par Elizabeth II d’Angleterre et des islamistes ont brûlé des effigies de la reine, vilipendée également par des conservateurs en Iran. Le Sénat du Pakistan a « exigé le retrait du titre de chevalier » conféré samedi par la reine d’Angleterre à l’auteur des « Versets sataniques », selon une résolution adoptée à l’unanimité. L’assemblée nationale avait fait de même lundi, jugeant que cette distinction constituait une offense à l’islam. La chambre haute du Parlement « a exprimé son mécontentement devant ce manque de considération flagrant à l’égard des sentiments des musulmans, de la part du gouvernement britannique, qui a fait chevalier Salman Rushdie, un blasphémateur du prophète », selon le texte. Auparavant, l’assemblée de la Province de la Frontière du Nord-Ouest (NWFP), dirigée par des partis islamistes, a appelé Islamabad à rompre ses relations diplomatiques avec Londres, l’ex-puissance coloniale jusqu’à la Partition de d’août 1947 séparant l’Inde et le Pakistan. « Cette assemblée condamne fermement la décision de conférer le titre de ‘Sir’ à Salman Rushdie, qui est détesté dans le monde musulman pour son livre blasphématoire ‘Les versets sataniques' », proclame une résolution. L’octroi de ce titre « s’inscrit dans une campagne menée en Europe et en Occident pour heurter la sensibilité des musulmans », affirme le texte. Agé de 59 ans, Salman Rushdie a passé des années dans la clandestinité, menacé par une fatwa lancée en 1989 par le fondateur de la République islamique d’Iran, l’ayatollah Rouhollah Khomeiny, le « condamnant à mort » à cause des « Versets sataniques », jugé blasphématoire pour l’islam. Le Pakistan, pays de 160 millions d’habitants surtout sunnites, allié des Occidentaux dans la « guerre contre le terrorisme », va protester auprès de la Grande-Bretagne, a dit lundi le ministère des Affaires étrangères. Par ses écrits, M. Rushdie « a tenté de diffamer et d’insulter » les musulmans, a accusé le ministère, qui a convoqué l’ambassadeur britannique Robert Brinkley. Plus radical, le ministre des Affaires religieuses, Ijaz-ul-Haq, avait estimé que le titre de M. Rushdie allait attiser le terrorisme et justifiait d’éventuels attentats suicide. Excités par ces propos, 150 extrémistes à Lahore (est) ont brûlé des effigies de la reine d’Angleterre et réclamé que M. Rushdie soit traduit devant un tribunal islamique sous le régime de la charia. « La peine pour un blasphémateur est la mort! », a crié à la foule le dirigeant islamiste Shahid Gilani. « Nous avons décidé d’appeler tous les chiens ‘Sir' », a-t-il ajouté. Lundi déjà, des dizaines d’étudiants avaient hurlé « Mort à Rushdie, mort à la Grande-Bretagne! », brûlant le drapeau britannique et mettant le feu à des effigies de l’écrivain d’origine indienne. Avant le Pakistan, l’Iran a parlé dès dimanche d’acte d' »islamophobie », même si Téhéran a promis en 1998 de pas appliquer sa fatwa contre Salman Rushdie. Mardi, des conservateurs iraniens ont violemment critiqué Elizabeth II. « Salman Rushdie a été transformé en cadavre honni par la fatwa de l’imam Khomeiny et les agissements de la reine d’Angleterre ne pourront pas faire revivre cet apostat », a déclaré Mohammad Reza Bahonnar, vice-président du Parlement iranien. Le quotidien radical Jomhouri Eslami a qualifié la reine de « vieille bique » qui « grimace à la face du monde islamique ». L’ambassade de Grande-Bretagne a défendu Elisabeth II. « L’honneur fait à Sir Salman est amplement mérité et s’explique de lui-même », a déclaré M. Brinkley. Mais à Londres, Downing Street et le ministère des Affaires étrangères se sont refusés à tout commentaire. AFP

 

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