27 octobre 2007

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TUNISNEWS
8 ème année, N° 2745 du 27.11.2007

 archives : www.tunisnews.net
 

 

 


Ridha Boukadi: Lettre ouverte au ministre de la Justice et des Droits de l’Homme Liberté et Equité: Dans la série des procès politiques – Lourdes condamnations aujourd’hui Slim Bagga: Lyes Ben Chedli ou la mégalomanie incarnée Terre politique :Tunisie : la dictature au dessus de tout The Nation: Beyond the Veil La Presse de Montreal : De la bière, Ghassen? AFP: Galileo: les industriels craignent « l’idéologie » de la concurrence de l’UE

AFP: Les USA préparent le GPS nouvelle génération pour contrer le rival Galileo

 


 
Liberté et Equité URGENCE : sauvez la vie de l’ex prisonnier politique Ahmed Bouazizi 33 rue Mokhtar Atya, 1001, Tunis Tel/fax : 71 340 860 Email: Liberté_équité@yahoo.fr Tunis, le 27 novembre 2007 Nous avons reçu cette lettre du prisonnier politique Ridha Boukadi et la reproduisons telle que : Au nom de Dieu le tout miséricordieux le très miséricordieux

Lettre ouverte au ministre de la Justice et des Droits de l’Homme

Monsieur le Ministre, J’ai su alors que j’étais en prison et malade depuis longtemps ce qui s’est dit lors de votre conférence du 8 novembre 2007 et bien des points m’ont posé des questions : Monsieur le Ministre vous avez assuré qu’il n’y avait pas en Tunisie de prisonnier politique et d’appartenance !!! Alors que je suis classé, moi et mes pairs comme « catégorie spéciale », quelle est donc alors l’origine de cette spécificité et quelle est sa nature ? Et que signifie procès pour appartenance ? D’une part. Par ailleurs, pourquoi les journaux de l’opposition et les revues politiques ne peuvent-ils pas pénétrer en prison ? Troisièmement : la question de la torture dont vous avez nié l’existence dans les locaux de la police et les prisons… Je n’aurai pas la latitude maintenant pour décrire tout ce que j’ai dû subir personnellement en termes de tortures et sévices physiques et mentaux pendant ces onze années et je me contenterai de ceci : J’ai été arrêté le 3 août 1996 et ma famille ne savait pas où j’étais. Ils n’ont pas eu de nouvelles de moi jusqu’à l’été 1997. Est-ce la loi cela ? Les années passent et avec elles les violations dangereuses de la loi, et ce jusqu’en 2006 lorsqu’on m’a privé de la visite de ma mère (Dieu la protège) alors qu’elle était atteinte d’un cancer, mais ce n’est pas tout, on m’a interdit d’assister à ses funérailles alors que ma famille avait fait toutes les démarches nécessaires et que le juge d’exécution des peines avait donné son accord… où est l’humanité ?? Où est l’article 18 de la loi n°52 de l’année 2001 ? Le 20 février 2007 j’ai été violemment agressé alors que je suis gravement malade, après j’ai présenté une pétition à l’ancien directeur de la prison civile de Mornaguia qui concernait ma santé. Et après que cette demande ait fait l’objet d’un suivi et qu’un avocat ait été chargé l’affaire a été classée dans des conditions obscures; C’est une goutte d’eau dans la mer… parler d’état de droit et de respect de la loi, alors que la réalité, c’est la loi piétinée ! Nous voudrions bien comprendre !
Ridha Boukadi (mouvement de la Nahdha) Prison civile de Mornaguia Novembre 2007 (traduction ni revue ni corrigée par l’auteur de la version en arabe, LT)  

Liberté et Equité URGENCE : sauvez la vie de l’ex prisonnier politique Ahmed Bouazizi 33 rue Mokhtar Atya, 1001, Tunis Tel/fax : 71 340 860 Email: Liberté_équité@yahoo.fr Tunis, le 26 novembre 2007

Dans la série des procès politiques Lourdes condamnations aujourd’hui

 

La chambre criminelle du Tribunal de Première Instance de Tunis, présidée par le juge Mehrez Hammami a prononcé aujourd’hui 26/11/2007 des condamnations à l’emprisonnement allant de six à douze ans dans l’affaire 11432 contre les jeunes déférés en vertu de la loi anti terroriste. Le tribunal a condamné à l’emprisonnement : Zyed Fakraoui, Ghaith Mekki, Nizar Hosni, Bilel Marzouki, Ouejdi Marzouki, Azzeddine Laoui, pour une durée de douze années, Et les autres : Mounir Chraïet, Tahar Bouzidi, Chouaïeb Jomni pour une durée de six années. Liberté et Équité […] Pour le bureau exécutif de l’organisation Maître Mohammed Nouri (traduction d’extraits ni revue ni corrigée par les auteurs de la version en arabe, LT)


 

Lyes Ben Chedli ou la mégalomanie incarnée

 
par Slim Bagga   Chassez le naturel, il revient au galop. Les lecteurs de Tunisnews doivent sûrement se souvenir des échanges entre le petit promoteur, usurpateur d’identité Lyes Ben Chedli et moi même après avoir rendu publics ses mensonges concernant « la grande figure nationale », Saida Sassi qu’il présente comme sa tante, et dont personnellement je ne serais pas fier.   Outre les échanges publics, ce mercenaire qui dit avoir débarrassé la SOTUPRESSE de l’homme de Abdelwaheb Abdallah, qui siégeait au conseil d’administration, Hosni Jammali, m’avait proposé 15 000 euros de la famille Sassi pour me taire sur leurs turpitudes.   Voilà qu’à présent, faisant feu de tout bois, et apprenant la mise en veilleuse de « L’Audace », il  se répand entre Paris et Tunis, prétextant qu’il est à l’origine de cette disparition. Pauvre Lyes Ben Chedli. Il en faut plus que ça pour jeter l’opprobre sur les audacieux.   Sachant d’où vous venez, je peux comprendre l’obséquiosité et la traitrise dans laquelle vous vous êtes mû des années durant à l’ombre de Saida Sassi. Mais ni Ben Ali n’a atteint L’Audace. Ni Sarkozy dont vous vous vantez mensongèrement d’être l’ami n’a mis un terme à L’Audace. Mieux, du lieu de ma villégiature, je pourrais au nom de L’Audace faire paraitre 4 pages toutes les semaines pour informer ceux qui ne savent pas sur vos activités et celles de votre entourage néfaste.   Et je vous le dis publiquement: Lyes Ben Chedli, à peine L’Audace en pause, et le communiqué de Tawfik Mathlouthi et moi même publié sur Tunisnews le 7 novembre, qu’il commença à se répandre qu’il allait (aussi) mettre Tawfik dans un avion, détruire ses intérêts en France et aux Emirats et tutti quanti.   Qui peut encore croire un mégalo?   En tout cas Tawfik et moi lui disons : vas-y. Offrez-nous un voyage en Tunisie, ou au moins une cellule chez Sarkozy   Slim Bagga

La nomination de Fathi Houidi annulée

 

 
La cour internationale d’arbitrage, organe de la chambre internationale de commerce a annoncé hier la nullité de la nomination de monsieur Fathi Houidi à la tête de Tunisiana.   Orascom Telecom Announces the ICC’s Decision on Tunisiana   Cairo, November 26th, 2007: Orascom Telecom Holding S.A.E. (“OTH”) announced today that the International Court of Arbitration of the International Chamber of Commerce (the “ICC”) has issued its decision in the dispute between OTH and National Mobile Telecommunications Company K.S.C. (« Wataniya ») arising out of the shareholders agreement, which governs their relationship in Orascom Telecom Tunisie S.A. (« Tunisiana »), the Tunisian telecoms operator.   The arbitration Tribunal has declared that Wataniya was in breach of a material obligation under the Shareholders Agreement in failing to respect OTH’s right to propose a new Chairman of Tunisiana in October 2005. The Tribunal found that the appointment of Mr. Houidi as Chairman of Tunisiana was null and void, and that OTH was correct to assert its right to replace Mr Houidi back in 2005. The Tribunal did not order Wataniya to transfer its shares in Tunisiana as a result of this breach. -END   About Orascom Telecom Orascom Telecom is a leading international telecommunications company operating GSM networks in seven high growth markets in the Middle East, Africa and South Asia, having a total population under license of approximately 460 million with an average mobile telephony penetration of approximately 33% as at June 30th 2007. Orascom Telecom operates GSM networks in Algeria (« OTA »), Pakistan (« Mobilink »), Egypt (« Mobinil »), Tunisia (« Tunisiana »), Iraq (« Iraqna »), Bangladesh (« Banglalink »), and Zimbabwe (« Telecel Zimbabwe »). Orascom Telecom had over 61 million subscribers as at June 2007. Orascom Telecom owns 14.2% of Hutchison Telecommunications International Limited, a leading telecommunication services provider operating in seven countries. Orascom Telecom is traded on the Cairo & Alexandria Stock Exchange under the symbol (ORTE.CA, ORAT EY), and on the London Stock Exchange its GDR is traded under the symbol (ORTEq.L, OTLD LI).   For further information:   Orascom Telecom Holding S.A.E   Investor Relations Hatim E. El Gammal Telephone: +202 2461 5121 Fax: +202 2461 5055 Email: hgammal@otelecom.com   Public Relations & Communications Sabrine El Hossamy Telephone: +202 2461 5141 Fax: +202 2461 5145 Email: shossamy@otelecom.com   Visit our website: www.orascomtelecom.com Telephone: +202 2461 5050 / 51 Fax: +202 2461 5055  

Tunisie : la dictature au dessus de tout

 
Par nicolas   Le régime dictatoriale tunisien de Ben Ali est bien plus admiré en France et ailleurs comme un modèle de reussite economique que politique. Explications   20 ans ! Ca se fête pour Zine el-Abidine Ben Ali, bien evidemment. Avec deux decennies passé au pouvoir, le président de la Tunisie semble avoir fait de son pays, une nation moderne. Sont souvent notés les indicateurs socio-économiques au vert, la paix sociale, la faiblesse des islamistes, la place des femmes etc.   Des atouts qui plaisent La Tunisie a les mérites de la Chine sans ses critiques : un miracle économique, mais qui ne cache pas une misère sociale ahurissante En ce qui concerne la démocratie, le bilan est moins élogieux.  Pour sa défense, Ben-Ali argue que la pays est en démocratisation. Beaucoup adhèrent. Jacques Chirac, dans une visite en 1995, a vanté le “modèle tunisien” et exhorté ceux qui ne partagent pas son enthousiasme à de la patience. Douze années plus tard, le nouveau président français, Nicolas Sarkozy, est allé lui aussi de son éloge. Accompagnant le président, la secrétaire d’état chargée des affaires étrangères et des droits de l’homme, n’a pas daigné rencontrer les militants des droits de l’homme de Tunisie. Pour quoi faire ? La Tunisie n’est pas une dictature comme les autres. Si le président de la république est élu au la main sur des scores dont aucune anciennes Démocratie populaires d’Europe de l’Est aurait rougit, il n’y a pas de système de parti unique. Des élections sont organisées à tous les niveaux.  Ajoutons un Ben Ali, bien loin des dictateurs caricaturaux comme Saddam Hussein, Kim-Jung-Il ou encore Jean-Bedel Bokassa, ce qui l’excuse d’être affiché partout. Que dire tout de même d’un pays qui délivre des autorisations pour les partis politique ? N’hésite pas à arrêter des opposants politiques ? À censurer la presse ? A restreindre l’usage d’Internet ? C’est le cas de nombreux états dans le monde. Mais pourquoi se tait-on quand la Tunisie est abordé ? Car la machine tunisienne est bien huilée.   Le mythe du rempart du choc des civilisations Pour les raisons évoquées, la Tunisie est admiré. Ce pays ressemble à beaucoup d’égard à Singapour : un miracle économique pour un petit pays, et un subtil système politique autoritaire. La réussite de Singapour a été souvent expliquée par les “valeurs asiatiques” du Confucianisme, de la primauté du la communauté sur l’individu et du respect de la morale, des traditions et des anciens. C’est en tout cas le discours de Lee Kwan Yew, ancien président de la cité-état et architecte de sa réussite (Samuel Huttington dans son célèbre ouvrage Le choc des civilisations le cite à toutes les pages sur l’Asie sans jamais prendre ses distances) (1).   Ben Ali, quant à lui, propose aux européens une synthèse harmonieuse entre Orient (ou Islam) et Occident (2). Les défenseurs les plus dangereux de la division entre Orient et Occident, ce ne sont pas les plus bellicistes (les islamistes radicaux ou les néo-conservateurs), mais ceux qui y prône la paix.   Comme si la transformation du monde musulman vers la modernité passait obligatoirement par la violence si elle n’est pas maîtrisée par une force politique suffisamment légitime et autoritaire. Il n’est pas étonnant alors que le président Nicolas Sarkozy attache tant d’importance à « prévenir une confrontation entre l’Islam et l’Occident », « sans doute l’un des plus important défi du monde ».  Pas étonnant non plus, le projet cher à Nicolas Sarkozy d’une Union méditerranéenne réconciliant l’Europe et l’Afrique.   (1) Pour un critique des « valeurs asiatiques », voir Bernard Cassen, « Du bon usage des valeurs asiatiques », Le Monde diplomatique, Août 1995 (2) L’opposition entre Orient et Occident est contestable. Le livre de George Corm Orient-Occident, la fracture imaginaire (La découverte, 2006)  questionne ces concepts   (Source : « Terre politique », le 25 novembre 2007) Lien : http://www.terrepolitique.com/2007/11/25/tunisie-la-dictature-au-dessus-de-tout/

Beyond the Veil

 
by LAILA LALAMI (*)   « A kind of aggression. » « A successor to the Berlin Wall. » « A lever in the long power struggle between democratic values and fundamentalism. » « An insult to education. » « A terrorist operation. » These descriptions–by former French President Jacques Chirac; economist Jacques Attali; and philosophers Bernard-Henri Lévy, Alain Finkielkraut and André Glucksmann–do not refer to the next great menace to human civilization but rather to the Muslim woman’s headscarf, which covers the hair and neck, or, as it is known in France, the foulard islamique.   In her keenly observed book The Politics of the Veil, historian Joan Wallach Scott examines the particular French obsession with the foulard, which culminated in March 2004 with the adoption of a law that made it illegal for students to display any « conspicuous signs » of religious affiliation. The law further specified that the Muslim headscarf, the Jewish skullcap and large crosses were not to be worn but that « medallions, small crosses, stars of David, hands of Fatima, and small Korans » were permitted. Despite the multireligious contortions, it was very clear, of course, that the law was primarily aimed at Muslim schoolgirls.   The decade-long debate in France over the foulard was marked by three specific controversies. The first erupted in October 1989, when Ernest Chénière, the principal of a high school in Creil, north of Paris, expelled three students: Samira Saidani and Leila and Fatima Achaboun. The reason for the expulsion, Chénière claimed, was that he had to enforce laïcité, the French notion of secularism, in the school. The national debate that followed took place within the context of the fatwa against Salman Rushdie and the West’s confrontation with Iran, on the one hand, and the celebration of the bicentennial of the French Republic, on the other.   At the time that France’s attention was focused on three teenage girls with headscarves, the country had more than 3 million Muslims. French-Algerian novelist Leïla Sebbar, writing in Le Monde, qualified the controversy as « grotesque. » In the end, the Socialist Lionel Jospin, who at that time was minister of education, chose to let the courts decide the case. The Conseil d’État eventually ruled that students could not be refused admission simply for wearing headscarves, but it also gave teachers and principals the power to decide, on a case-by-case basis, whether such signs of religious affiliation were permissible.   The second foulard controversy ignited in 1994 with the same Ernest Chénière. He was no longer a high school principal, having capitalized on his earlier fame and won a Parliament seat as a deputy for the center-right party Rassemblement pour la République, representing the department of Oise. In this new capacity, he sponsored a bill to ban all « ostentatious » signs of religious affiliations in schools. The same arguments were offered up as in 1989, but the political context this time was supplied by the civil war in Algeria. For Chénière and his large and diverse number of supporters, the fight against Islamic fundamentalism in Algeria and elsewhere mandated a strengthening of the secularist state at home.   The third and most recent foulard controversy occurred in 2003, when two teenage sisters, Alma and Lila Lévy, were expelled from their high school in the Paris suburb of Aubervilliers for refusing to take off their headscarves. The Lévy sisters are the daughters of a lawyer who considers himself « a Jew without God » and a Kabyle teacher who had been baptized a Catholic during the Algerian war. The girls had converted to Islam after their parents’ separation and had donned the scarves as part of that process. In an interview with Le Monde, the girls’ father declared, « I am not in favor of the headscarf, but I defend the right of my children to go to school. In the course of this business I’ve discovered the hysterical madness of certain ayatollahs of secularism who have lost all their common sense. »   That year, a commission led by former government minister Bernard Stasi, which had been formed to study the feasibility of a law on religious displays, held interviews with various specialists. It later issued a report that reaffirmed the importance of secularism to the Republic and suggested a law on « conspicuous » religious signs but also made some recommendations to acknowledge the plurality of religions in France. (For example, the commission suggested the recognition of Yom Kippur and Eid-al-Adha as national holidays.) The sole recommendation that Jacques Chirac took from the Stasi commission was the law banning the headscarf. Wallach Scott writes:   There was to be no room for the compromises that had been negotiated in years past (scarves on shoulders, « lite » scarves, bandanas); the law was designed to dispel the tensions these compromises had embodied. It became the law of the land in March 2004, and its enforcement began the following October. Without the softening effect of the other recommendations, the headscarf ban became a definitive pronouncement: there would no longer be compromises or mediation–it was either Islam or the republic.   In order to understand how a small piece of cloth became a national obsession (compared, by philosophers no less, to terrorism), one must go back quite a few years in French history, to the era that current French President Nicolas Sarkozy recently told his compatriots they must stop repenting for: colonization. Indeed, Wallach Scott argues, it is impossible to understand modern-day attitudes in France toward the foulard without delving into the history of racism in that country, because the headscarf has played a « significant part as a continuing sign of the irreducible difference between Islam and France » and is perceived to express « not only religious incompatibilities but also ethnic/cultural ones. »   When the French government invaded Algeria, in 1830, it started a vast campaign of military « pacification, » which was quickly followed by the imposition of French laws deemed necessary for the civilizing mission to succeed. Women were crucial to that enterprise. In articles, stories and novels of the day, Algerian women were universally depicted as oppressed, and so in order for civilization truly to penetrate Algeria, the argument went, the women had to cast off their veils. General Bugeaud, who was charged with administering the territory in the 1840s, declared, « The Arabs elude us because they conceal their women from our gaze. » Algerian men, meanwhile, were perceived to be sexual predators who could not control their urges unless their womenfolk were draped in veils. Colonization would solve this by bringing the light of European civilization to Arab males, who, after a few generations of French rule, would learn to control their urges. The governor-general of Algeria remarked in 1898 that « the Arab man’s, the native Jew’s and the Arab woman’s physiology, as well as tolerance for pederasty, and typically oriental ways of procreating and relating to one another are so different from the European man’s that it is necessary to take appropriate measures. » As late as 1958, French wives of military officers, desperate to stop support for the FLN, which spearheaded the war of liberation against France, staged a symbolic « unveiling » of Algerian women at a pro-France rally in the capital of Algiers.   Decades later, millions of French citizens with ancestral roots in North Africa are being told much the same thing: in order to be French, they must « integrate » by giving up that which makes them different–Islam. The religion, however, is not regarded as a set of beliefs that adherents can adjust to suit the demands of their everyday lives but rather as an innate and unbridgeable attribute. It is easy to see how racism can take hold in such a context. During the foulard controversies, it did not appear to matter that 95 percent of French Muslims do not attend mosque, that more than 80 percent of Muslim women in France do not wear the headscarf or even that the number of schoolgirls in headscarves has never been more than a few hundred. The racist notion of innate differences between French citizens of North African origin and those of European origin defined the debate. For instance, the Lévy sisters were sometimes referred to in the press as Alma and Lila Lévy-Omari, thus making their ancestral link to North Africa (on their mother’s side) clearer to the reader.   If racism has been the subtext of the foulard controversy in France, Wallach Scott argues, then laïcité was its expression. Those who supported the ban on headscarves argued that laïcité was not simply secularism but a universal notion that was also unique to France. They called it une singularité française. Upon closer scrutiny, however, this particular notion seemed to be quite accommodating to Catholics and rather intransigent to others. For instance, the 1905 law that separated church and state allowed students to have Sundays off to attend church and gave them an additional weekday for religious instruction in the church. The French government currently contributes 10 percent of the budgets of private Christian schools. The school calendar observes Catholic holidays only. Still, despite the discrepancies with which laïcité is applied in schools, those who opposed the foulard fervently claimed their attachment to laïcité and its necessity for the survival of the Republic. Laïcité was what made France unique. Therefore, to support the freedom of girls to dress as they please could only mean being an apologist for the oppression of women and an enemy of laïcité, and to uphold laïcité meant being in favor of a ban on the foulard.   At the height of the controversy, everyone seemed to have an opinion about the law. More than sixty public personalities–including actresses Emmanuelle Béart and Isabelle Adjani, philosopher Élisabeth Badinter, former government ministers Corinne Lepage and Yvette Roudy, and activist Fadela Amara–appealed to Chirac in the pages of Elle magazine to pass a law banning the foulard. Few voices were heard in defense of both laïcité and Muslim girls’ civil right to attend school. Among these were comic book artist Marjane Satrapi, who wrote in the Guardian that to forbid schoolgirls to wear the veil was as repressive as forcing them to wear it, and philosopher Pierre Tévanian, who argued that laïcité applied to institutions, not people.   In The Politics of the Veil, Wallach Scott does a good job of conveying the hysteria that surrounded the foulard debate in France, although the book could have used some copy-editing. For instance, Ernest Chénière, the high school principal who started the 1989 controversy, gets rebaptized, becoming Eugène Chenière. In addition, Wallach Scott neglects to mention an important postscript to the affaires des foulards: the kidnapping, in August 2004, of French journalists Georges Malbrunot and Christian Chesnot by an obscure Islamist group in Iraq, and the group’s demand that the law be repealed. (French citizens, Muslim and otherwise, rejected the intrusion into their internal affairs.) But Wallach Scott’s broad and exhaustive research makes for a bracing account of the debate.   Aside from prevalent racism and a rigid understanding of laïcité, a third reason for the focus on the foulard is a narrow conception of individualism. Wallach Scott demonstrates that French Muslim girls, who were primarily affected by the law on the foulard, were « strikingly absent from the debates. » The Stasi commission interviewed just a few girls, and in private sessions only, so that their voices and opinions were never part of the larger public discussion. While acknowledging that some girls may have worn the foulard for reasons other than pressure by fathers or brothers, commentators viewed it simply as a symbol of « the alienation of women. » However much the girls or opponents of the law insisted that the foulard was « an expression of individual conviction, » the state and supporters of the law declared that « this could not logically be the case, » because the headscarf could only mean « an abandonment of individuality and a declaration of one’s primary allegiance to communal standards and obligations. » In order to be truly French, therefore, Muslim girls had to renounce the foulard, since in this view it was a signal that they were neither loyal to France nor individuals capable of free thought.   The last, and perhaps most disturbing, reason for the focus on the foulard is its sexual connotation. Commentators often contrasted Islamic tradition, which advocates the headscarf as a means of curbing women’s « dangerous sexuality, » and French culture, which « celebrates sex and sexuality as free of social and political risk. » In reality, both Islamic Sharia and strict French laïcité produced gender systems that essentially deprived women of the right to dispose of their bodies as they wished. Indeed, in Islamic tradition, women are urged to be modest and to steer clear of tabarruj. This Arabic noun has its roots in the verb baraja, which means « to display » or « to show off, » and the noun can be translated as something like « affectation. » In A Season in Mecca, his narrative book about the pilgrimage, Moroccan anthropologist Abdellah Hammoudi uses the term « ostentation » to translate tabarruj, « the invariable term for a bearing that is deemed immodest or conspicuous, a hieratic stance. » Similarly, the French law born out of strict definitions of laïcité warned schoolgirls about displaying « conspicuous » signs of religious affiliation. In short, the battle between the two modes of thinking was played out in women’s bodies.   The sexual argument against the foulard was common in France in 2003, although by that point the word « foulard » had all but disappeared from public discourse and was replaced by voile, or veil, which covers the entire face except for the eyes. This was erroneous but not entirely innocent, of course, because it made it possible for commentators to talk in terms of more general stereotypes of Muslim women in places like Yemen, where the veil is prevalent, rather than the reality of suburban Paris, where it is not. More recently, in an interview with a London-based newspaper, Bernard-Henri Lévy went as far as to say that « the veil is an invitation to rape. » It is perverse to suggest that a woman is inviting rape by the way she dresses, but such is the extreme that Lévy will go to in order to preserve the idea of a homogeneous female European identity. In this view, a European woman is uncovered, and that signifies both her availability to the male gaze as well as her liberation.   It is interesting, too, that Lévy demands for himself that which he is not willing to give others. In 2004 he hired the designer Andrée Putman to renovate his vacation home in Tangier. The home lies next to the famous Café Hafa, whose regulars once included Paul Bowles, Tennessee Williams and Jean Genet, and which has unparalleled views of the Mediterranean. Patrons of the cafe can no longer enjoy an unobstructed view, however, because during the renovations Lévy constructed a wall around his terrace, where his wife, the actress and singer Arielle Dombasle, likes to sunbathe. Lévy reportedly wanted to protect her from the eyes of the men at the Café Hafa. Unveiling only goes one way, it seems.   There is in France today a pervading hypocrisy that invokes freedom of expression when cartoonists from Charlie Hebdo or France Soir offend Muslim sensibilities but remains stubbornly quiet when a Muslim woman’s right to dispose of her body as she wishes is denied. This is the same hypocrisy that calls soccer star Zinedine Zidane a French citizen without any qualifications but refers to Zacarias Moussaoui as a French citizen of Moroccan origin. It is the same hypocrisy that organizes support committees for teachers in Flers who refuse to teach girls wearing the foulard but does not appear to care that 40 percent of French youths living in the largely impoverished and North African banlieues are unemployed. It is the same hypocrisy that celebrates the work of North African soldiers in the fight against the Nazis in World War II but until last year refused them the same army pensions as their French counterparts. It is the same hypocrisy that condemns humorist Dieudonné for his abhorrently racist remarks on Jews but condones former Le Point editor Claude Imbert when he says, « I am something of an Islamophobe and I’m not embarrassed to say so. »   It is the same hypocrisy, finally, that expends boundless intellectual energy and enormous state resources on a small number of schoolgirls in headscarves but does next to nothing to ensure that these schoolgirls–most of whom are stuck in low-performing high schools designated as ZEPs (or zones d’éducation prioritaires)–gain access to the same educational and employment opportunities as their white compatriots. In the end, the successive controversies in France have served as fantastic distractions from real problems and have provided comfort and support to Islamic fundamentalists, who recruit Muslim youngsters by telling them that France does not want them. The foulard in France, therefore, is nothing more than a fig leaf; however long one stares at it, the eye will eventually have to face the nakedness of racism and discrimination.   To paraphrase another French philosopher: I do not approve of the headscarf, but I will defend to the death the right of women to wear it.     Laila Lalami, the author of Hope and Other Dangerous Pursuits, is an assistant professor of creative writing at the University of California, Riverside.   (Source: “The Nation”,  (Mensuel , New York – USA), 10 décembre 2007) Lien: http://www.thenation.com/doc/20071210/lalami


De la bière, Ghassen?

 

Patrick Lagacé Ghassen n’a pas 30 ans, il a quitté son pays du Maghreb, un peu pour l’UQAM, bien plus par opposition à la dictature soft qui y sévit. C’est pour ça qu’il m’a demandé de ne pas donner son nom de famille. Paraît que le régime est chatouilleux. La serveuse nous a demandé ce qu’on voulait. Café pour moi. Ghassen a commandé une Bud. – De la bière, Ghassen? – Oui, de la bière. Je ne crois plus, alors… Alors, il peut boire de l’alcool sans avoir peur de perdre ses 25 vierges, quand il va arriver au paradis (c’est bien 25, non?). Bon, Ghassen ne croit plus. Il a fait sa Révolution tranquille intime. Sauf qu’il a une tête, comment dire, avec ce teint foncé, ces yeux noirs, cette barbe rebelle. Ghassen m’a interrompu: «Une tête d’Arabe, tu veux dire?» Je n’ai pas osé dire: Non, une tête de terroriste! Si je caricature, Ghassen a cette tête propre aux gars dont on publie la photo après un attentat suicide dans un autobus. Il correspond à cette caricature de musulman qui rôde dans nos têtes. Bref, si un musulman se fait écoeurer en pleine rue, ça risque d’être lui. – Ça te pose des problèmes, cette tête d’Arabe? – Aucun. Je n’ai jamais vécu de manifestations racistes. Il y a une belle ambiance, ici, à Montréal. J’aimerais bien y élever mes enfants… Remarquez que ça risque d’arriver: il est en concubinage avec une Québécoise. «C’est plus facile pour moi, de m’intégrer. Elle m’attendait à mon arrivée.» Un jour, Ghassen a décidé qu’il ne croyait plus. Fini, Allah. Fini le Coran. Ghasser est donc un improbable apôtre du droit des musulmanes à porter le hijab. «Ah, tu ne crois pas à ça, toi aussi?! C’est tellement simpliste! Écoute, les femmes voilées ne sont pas soumises. Il y en a, oui. Il y en a qui sont forcées de le porter, par peur du père, de la religion. Mais c’est une minorité, que je condamne.» Dehors, rue Jean-Talon, on pouvait voir des ados déambuler sur le trottoir. Dont quelques voilées, en manteau d’hiver, sac au dos. Elles revenaient de l’école. Ghassen m’a répété ce que tant d’autres m’ont juré, dans les rencontres qui ont mené à cette série: l’immense majorité des filles voilées, ici, ont choisi le hijab. Ça peut paraître débile, pour des Québécoises qui ont jadis brûlé leurs soutiens-gorge, mais c’est ça… «Prends ma mère: elle porte le voile. Elle l’a choisi. Et c’est elle qui dirige, à la maison. C’est pas mon père!» La Bud de Ghassen est à moitié vide. Au fond du bar, un type fait l’amour à une machine de vidéopoker. RDS diffuse les faits saillants du match du CH de la veille, sans le son. La waitress lave le bar avec un chiffon, on voit l’orée de ses fesses quand elle se penche. «En tant que laïc, j’incite les filles à ne pas porter le voile. Car l’habit ne fait pas le moine. Je leur dis que le voile ne les rend pas plus obéissante face à Dieu…» C’est vrai, convient Ghassen, que l’islam n’a pas fait d’examen de conscience, contrairement au christianisme. Oui, l’islam regroupe des extrémistes, dans certains pays. Non, il n’excuse pas. Il explique: l’islam est dans des pays sous-développés. «Les jeunes se retranchent sur l’aspect le moins progressiste de leur culture musulmane: l’islam». Sur ce, Ghassen doit me quitter. Une réunion à l’UQAM. Il veut fonder une association. Il y a bien une association d’étudiants musulmans, oui. «Mais j’essaie de créer une association d’étudiants de culture arabe. Je n’aime pas les associations qui s’identifient par leur religion.» La bouteille de Ghassen est vide. Il réalise que pour un athée, pour un apostat, il a beaucoup défendu l’islam, avec le journaliste… – On sort un gars de l’islam, mais on ne sort pas l’islam du gars, hein, Ghassen? – Comment? me demande-t-il, confus. – Une expression du terroir, pure laine, disons… – Ah bon, fait-il en me regardant comme si j’étais une grenouille. Nadia aime le tango (et Bon Jovi) Nadia est née au Québec, a grandi en Tunisie et m’a donné rendez-vous dans un resto japonais de Côte-des-Neiges. «As-tu déjà mangé de la crème glacée frite!?» J’en avais déjà mangé, oui. Mais jamais de la si bonne . – Je ne me suis jamais sentie à part, ici, dit Nadia. J’ai habité dans l’est de Montréal, j’ai travaillé une pizzeria. Mes voisins québécois étaient mes amis… – Aucun problème à être musulmane, ici? – Non, dit-elle. À regarder les médias, on dirait que oui. Mais non. Je prie cinq fois par jour. Je fais le ramadan. – À la mosquée cinq fois par jour? – Mais non, je n’ai pas besoin d’être à la mosquée pour prier. Je prie chez moi. Nadia aimerait bien, un jour, faire un pèlerinage à La Mecque, prescrit par l’islam. «Si j’arrive à payer mes prêts et bourses!» D’ici là, elle travaille le jour dans une grande compagnie de télécommunications, danse le tango et la salsa le soir. Le dimanche? Elle fait comme vous, elle regarde Tout le monde en parle. – Pratiquante comme tu es, et tu portes pas le hijab? – C’est un choix personnel. Mais je ne dis pas non. Un jour, peut-être. Bon, avec les médias, on peut croire que si tu ne portes pas le voile, tu ne crois pas en Dieu. Sa crème glacée finie, Nadia commence à me parler de Bon Jovi. Elle était au Centre Bell, l’autre soir, quand les rockeurs du New Jersey sont passés en ville. – C’était bon? – Pas pire. Mais ne l’écris pas, mon ami italien va être déçu, celui avec qui je suis allé… – Tango, Tout le monde en parle, Bon Jovi: t’es comme «nous», dans le fond. – Et je vais à la cabane à sucre tous les printemps! – Mais y a du porc dans les bines, à la cabane à sucre, Nadia! – C’est vrai? J’en ai peut-être mangé sans le savoir. C’est pas grave. Tu sais, je pourrais même aller voir Bon Jovi et porter le hijab.
 

 


Galileo: les industriels craignent « l’idéologie » de la concurrence de l’UE

 
AFP, le 27 novembre 2007 à 08h49 Par Dominique BEAUJOUIN   PARIS, 27 nov 2007 (AFP) – Les grands industriels de l’espace expriment leurs craintes que « l’idéologie » de la concurrence de la Commission européenne ne condamne le système de navigation par satellites Galileo si les appels d’offre aboutissent à remettre en cause le partage du travail déjà prévu. Les 27 viennent de s’accorder pour affecter 2,4 milliards d’euros de plus sur le budget européen au financement du programme (environ 4,4 milliards d’euros au total). Mais les ministres des Transports doivent encore trouver jeudi un montage industriel efficace pour que la constellation de 30 satellites rivale du GPS américain soit opérationnelle en 2012, tout en apportant des retombées industrielles à tous les partenaires. Le commissaire aux Transports, Jacques Barrot, suggère de diviser le programme en six segments attribuables sur appels d’offre, assortis de règles de non cumul et d’obligations de sous-traitance. Du côté des deux principaux industriels, l’européen Astrium (groupe EADS) et le franco-italien Thales Alenia Space, des sources internes mettent en garde contre « l’idéologie de la concurrence pure et parfaite ». Souvent présentés comme opposés, Astrium représentant les « intérêts allemands » et Thales « les Français », les deux groupes rappellent en choeur qu’ils « représentent 90% de l’industrie spatiale européenne » et sont déjà associés dans la première phase du programme. L’IOV (in orbit validation) a permis de lancer un premier satellite, et doit s’achever d’ici à 2011 avec le 4e satellite permettant la validation du système, pour plus d’1 milliard d’euros. Astrium est maître d’oeuvre de la fabrication des satellites dans ses usines allemandes, et en sous-traite 40% à Thales, tandis que le groupe français est maître d’oeuvre du segment-sol et en sous-traite 40% à Astrium. « Cela n’a pas empêché de signer 500 contrats industriels dans 18 pays, dont près de 200 en dehors des cinq leaders (Allemagne, France, Italie, Royaume-Uni et Espagne) », indique une source industrielle. « Prolonger cette organisation pour la suite du programme (3,4 milliards d’euros de budgets européens pour 26 satellites supplémentaires et les centres au sol) serait la seule solution » ajoute-t-on. En revanche, les deux géants, interrogés sur une prochaine mise en concurrence répondent: « comment finir efficacement la première phase ensemble quand on sait qu’on va s’entretuer pour la seconde ? » Le président d’Astrium, François Auque, mettait récemment en garde contre la réouverture de la « boîte de Pandore ». Il avait fallu des mois de discussions en 2005 dans le cadre du partenariat public-privé qui a capoté cette année pour trouver un compromis sur l’implantation des principales structures, avec notamment un centre de contrôle en Italie, un autre en Allemagne, le siège social étant à Toulouse. Les grands industriels s’attendent maintenant à un appel d’offres « biaisé », qui déboucherait sur le « résultat convenable », les satellites pour Astrium, les segments sols pour Thales Alenia, pour « concilier concurrence et bonne pratique industrielle ». Mais à la veille du conseil des ministres européens des Transports, plusieurs incertitudes demeurent sur les contours des appels d’offres, et l’Espagne est déjà montée au créneau ce week-end pour dénoncer des manquements aux règles de concurrence.   AFP

AFP, le 27 novembre 2007 à 08h52 Les USA préparent le GPS nouvelle génération pour contrer le rival Galileo

 
Par Daphné BENOIT   WASHINGTON, 27 nov 2007 (AFP) – Les Etats-Unis, inventeurs du système de navigation par satellite GPS, se préparent à rétorquer au projet rival européen Galileo avec une nouvelle génération de GPS aux capacités décuplées, qui égalerait les avancées technologiques promises par le nouveau concurrent. La mise en service opérationnelle de Galileo, annoncée pour fin 2012, devrait ainsi être talonnée par le lancement des premiers satellites GPS III, la plus importante évolution du système américain depuis son lancement dans les années 1990. Comparé à l’actuel GPS (Global Positioning System), « les satellites GPS III offriront une meilleure navigation aux usagers civils et militaires grâce à plus de précision et plus de résistance aux tentatives de brouillage hostile » par des pays ennemis, explique le colonel David Madden, responsable de la branche GPS de l’armée de l’Air américaine, dans une récente interview. Le réseau sera progressivement mis en place en trois temps, avec un premier lancement de satellites « prévu fin 2013 », et devrait à terme être composé d’une constellation de 32 satellites, selon le colonel Madden. Les Etats-Unis comptent ainsi maintenir l’hégémonie de leur système, devenu une infrastructure indispensable autant sur le plan économique mondial que d’un point de vue militaire. Né en 1986, le GPS, ou Navstar (Navigation Satellite for Time and Ranging), conçu par le Pentagone, permet de trouver avec précision une position sur n’importe quel point du globe. Soutien crucial du commandement militaire américain, ce système est livré gratuitement par l’armée aux fournisseurs du service GPS qui le mettent à la disposition des organismes civils intéressés (transporteurs routiers, maritimes ou ferroviaires). Les Etats-Unis ont déjà procédé à une première modernisation de leur système, avec l’envoi depuis fin 2006 de satellites de nouvelle génération, dotés d’une meilleure qualité de signal, d’une deuxième fréquence dédiée aux usagers civils et d’une précision de localisation de l’ordre de « quelques mètres », selon l’un des fabricants, le groupe américain Lockheed Martin. Mais le GPS III promet de nouvelles avancées, avec un pouvoir de transmission 500 fois supérieur à celui du système actuel, permettant de renforcer considérablement sa résistance au brouillage, et une précision d’un mètre, comme le système Galileo, selon le site internet spécialisé dans la défense, Globalsecurity.org. Autre amélioration: à l’origine, les données transmises par les militaires du Pentagone aux organismes civils étaient volontairement altérées, affectant leur précision. Mais la Maison Blanche, qui avait déjà suspendu l’utilisation de cette fonction en 2000, a annoncé en septembre que le nouveau système n’inclurait pas de telle « capacité de dégradation ». Alors que les Européens viennent à peine d’esquisser une solution à la question du financement de Galileo, qui vise à les rendre indépendants du système américain GPS, les Etats-Unis font avancer leur nouveau projet. L’armée de l’Air américaine a lancé en juillet un appel d’offres pour le développement et la production d’une première tranche de huit satellites GPS III, pour un montant de 1,8 milliard de dollars. Les géants américains Lockheed Martin et Boeing sont tous deux dans la course, et attendent une réponse « début 2008 », selon un porte-parole de Lockheed, Steve Tatum. L’US Air Force vient par ailleurs d’attribuer mi-novembre deux contrats de 160 millions de dollars chacun aux groupes Northop Grumman et Raytheon, pour développer la partie « au sol » du programme de GPS nouvelle génération (stations de contrôle et antennes).  

 

 


 

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