19 avril 2008

Home – Accueil

TUNISNEWS
 8 ème année, N°  2888 du 19.04.2008
 archives : www.tunisnews.net


AISPP: Communiqués 1-3 Liberté et Equité: Communiqués 1-3 France Soir: Tunisie – La foire du livre fait le ménage Emarrakech.: La Tunisie tente de préserver son islam tolérant Menassat: Preserving religious moderation in Tunisia


Liberté pour tous les prisonniers politiques Liberté pour Abdallah Zouari, le journaliste exilé dans son propre pays Association Internationale de Soutien aux Prisonniers politiques 43 Rue Eldjazira, Tunis e-mail : aispptunisie@yahoo.fr Tunis, le 14 avril 2008

Fethi Elalj, le prisonnier politique oublié

 

 
L’histoire des procès politiques en Tunisie n’a pas connu de cas semblable à celui de Fethi Elalj qui est enfermé en prison depuis 12 ans, sans que personne n’ait jamais parlé de lui, sans qu’aucune liste de prisonniers politiques ne mentionne son nom ou son affaire. Fethi Elalj a effectué six mois d’emprisonnement au début de l’année 1991 pour appartenance à une association non reconnue. Après sa sortie de prison, il a été en butte à des persécutions : interdit professionnel, pas le droit de faire des études, pas de papiers d’identité. Deux agents de la police politique ont déployé tout leur savoir faire pour l’humilier, l’un d’eux est Fethi Demni, l’autre, Rejeb (ils renversaient les fruits et légumes qu’il vendait au marché). L’association, après relecture de son affaire (n°25043, jugement prononcé contre lui le 23 janvier 1996), est en mesure d’affirmer que la tentative de meurtre de l’agent dit Rejeb qui lui est imputée, ne repose sur aucun élément matériel ni base légale, que ses aveux ont été extorqués sous la torture, et qu’on lui a collé finalement une peine d’emprisonnement de 15 ans ! […]la police politique de Ras Jbel dans le gouvernorat de Bizerte a isolé du monde extérieur ses parents âgés et ont fait en sorte que son affaire ne soit pas connue comme celle d’un prisonnier politique, ainsi les associations ne se mobilisent pas pour exiger sa libération, ni comme celle d’un droit commun pouvant bénéficier d’une réduction automatique de sa peine […] Pour l’association Le comité directeur (Traduction d’extraits, ni revue ni corrigée par les auteurs de la version en arabe, LT)  


 
Liberté pour tous les prisonniers politiques Liberté pour Abdallah Zouari, le journaliste exilé dans son propre pays Association Internationale de Soutien aux Prisonniers politiques 43 Rue Eldjazira, Tunis e-mail : aispptunisie@yahoo.fr Tunis, le 17 avril 2008  
 
* La deuxième chambre criminelle du Tribunal de Première Instance de Tunis, présidée par le juge Abderrezak Ben Mena, a examiné aujourd’hui, jeudi 17 avril 2008 : – l’affaire n°14877 dans laquelle sont déférés Saber Hamdi, Radhouane Hamaïdi, Haïder Nasri, Yousri Hamdi, Mejdi Gharbi, Khlil Boukhari, Jassem Mokni et Abderraouf Farid en vertu de la loi du 10 décembre 2003, dite « anti terroriste ». L’acte d’accusation énonce : adhésion sur le territoire de la République à une organisation terroriste ayant fait du terrorisme un moyen de réaliser ses objectifs, entraînements militaires en Tunisie et à l’étranger en vue de commettre des infractions terroristes sur le territoire de la République, utilisation du territoire de la République pour recruter et entraîner des personnes en vue de commettre un acte terroriste sur le territoire de la République, fourniture d’armes, d’explosifs, de munitions et autres produits et équipements similaires à une organisation en rapport avec les infractions terroristes, fourniture d’informations et de renseignements à une organisation en rapport avec les infractions terroristes en vue de l’aider à commettre des infractions terroristes. Maîtres Abdelfattah Mourou, Anouar Aouled Ali, Anouar Kousri, Radhia Nasraoui, Abderrahmane Karim, Noureddine Behiri et Samir Ben Amor se sont présentés pour assurer leur défense. L’audience a vu une querelle vive entre le juge et maître Radhia Nasraoui, querelle à l’issue de laquelle l’audience a été levée pour reprendre sur la décision du juge de repousser l’examen de l’affaire au 15 mai 2008. – l’affaire n°14935 dans laquelle sont déférés Oulid Rahili (en état d’arrestation), Ibrahim Gaïed, Nabil Latrèche et Abdennasser Rahmani (en liberté) en vertu de la loi du 10 décembre 2003, dite « antiterroriste ». A la suite des plaidoiries de Maîtres Marouane Atallah et Jamel Mares, le juge a décidé de lever l’audience pour les délibérations et le prononcé du jugement. – l’affaire n°15345 dans laquelle sont déférés Mohammed Salah Gsoumi, Mohammed Raouine, Sabri Hamdi, Mohammed Mabrouki, Rachid Chabacheb, Kabil Kahlouzi, Mourad Gharsalli, Saber Bouallagui (en état d’arrestation), Atef Ben Zina, Ali Mounassiri, Arafat Rahimi, Issam Ghodhbani, Mouldi Gharbi et Ali Maatoug (en liberté) en vertu de la loi du 10 décembre 2003 dite « antiterroriste ». Maîtres Samir Ben Amor, Souha Belhassen et Adel Hamdi se sont présentés pour assurer leur défense. Le juge a décidé d’examiner les demandes de mises en liberté et de fixer la prochaine audience à la fin de la séance. *La cinquième chambre criminelle du Tribunal de Première Instance de Tunis, présidée par le juge Touhami Elhafi, a examiné aujourd’hui, jeudi 17 avril 2008 : – l’affaire n°15247 dans laquelle est déféré Mouazz Chendoul, accusé d’adhésion sur le territoire de la République à une organisation terroriste ayant fait du terrorisme un moyen de réaliser ses objectifs. Maître Samir Ben Amor s’est présenté pour assurer sa défense. Le juge a décidé de repousser l’examen de l’affaire au 28 avril 2008. * La douzième chambre criminelle de la Cour d’Appel de Tunis, présidée par le juge Ridha Derouiche, a examiné aujourd’hui, jeudi 17 avril 2008 : – l’affaire n°10786 dans laquelle sont déférés Mohammed Ben Ahmed, Abdelwahab Ayari, Youssef Mahmoudi et Salem Bacha, accusés d’adhésion à une entente ayant fait du terrorisme un moyen de concrétiser ses objectifs. En première instance, ils avaient été condamnés à des peines allant de deux à cinq ans d’emprisonnement. Après les plaidoiries de Maîtres Abdelfattah Mourou, Samir Ben Amor et Tarek Rezgui, le juge a décidé de lever la séance pour le délibéré et le prononcé du jugement. Pour la commission de suivi des procès Le secrétaire général de l’association (traduction ni revue ni corrigée par les auteurs de la version en arabe, LT)

Liberté pour tous les prisonniers politiques Liberté pour Abdallah Zouari, le journaliste exilé dans son propre pays Association Internationale de Soutien aux Prisonniers politiques 43 Rue Eldjazira, Tunis e-mail : aispptunisie@yahoo.fr  
 
Tunis, le 18 avril 2008 * La deuxième chambre criminelle du tribunal de première instance de Tunis, présidée par le juge Abderrazak Ben Mena, a rendu son jugement hier jeudi 17 avril dans : – l’affaire 14935, en condamnant Oualid Rajili (en état d’arrestation) à trois ans d’emprisonnement, et Brahim Gaïed, Nabil Latrèche et Abdennacer Rahman (en liberté) à deux ans avec sursis et à une peine de contrôle administratif de cinq ans. *la douzième chambre de la Cour d’Appel de Tunis, présidée par le juge Ridha Derouiche, a prononcé des peines d’emprisonnement, hier jeudi 17 avril dans : – l’affaire n°10786 : Mohammed Ben Ahmed : quatre ans, Abdelwahab Ayari : 3 ans, Youssef Mahmoudi : confirmation du jugement prononcé en première instance, mais sa peine de contrôle administratif a été supprimée. * la vingt septième chambre criminelle de la Cour d’Appel de Tunis, présidée par le juge Mannoubi Hamidane, a examiné aujourd’hui, vendredi 18 avril 2008 : – L’affaire n°11042 dans laquelle sont déférés Khaled Layouni, Khaled Ghannoudi, Mohammed Ali Talbi, Monji Mansouri, Chaker Jendoubi, Makram Dakhlaoui, Mounir Eucchi, Mohammed Rabah, Saber Ksila, en vertu de la loi du 10 décembre 2003, dite « anti terroriste ». L’acte d’accusation comporte les chefs suivants : adhésion sur le territoire de la République à une organisation terroriste ayant fait du terrorisme un moyen de réaliser ses objectifs, d’entraînements militaires en Tunisie et à l’étranger en vue de commettre des infractions terroristes sur le territoire de la République, l’utilisation du territoire de la République pour recruter et entraîner des personnes en vue de commettre une action terroriste sur le territoire de la République, de fourniture d’armes, d’explosifs, de munitions et autres matières et équipements similaires à une organisation en rapport avec les infractions terroristes, de fourniture d’informations et de renseignements à une organisation en rapport avec les infractions terroristes. Maîtres Abdelfattah Mourou, Anouar Aouled Ali, Anouar Kousri, Radhia Nasraoui, Samir Ben Amor et Samir Dilou se sont présentés pour assurer leur défense. Le juge a décidé de repousser l’examen de l’affaire au 22 avril 2008. En première instance, les condamnations allaient de 2 à 10 ans d’emprisonnement. – L’affaire n°10959 dans laquelle sont déférés Mohammed Adhari, Mohammed Rahim, Mohammed Haykel Sahraoui, Aymen Mzali, Rochdi Turkmen, Zouhaîer Marzouki, Atef Trabelsi, Tarek Ouergli (en état d’arrestation) ainsi que Mourad Loghmari et Ahmed Bettaieb (en fuite). Maîtres Abdelfattah Mourou et Ben Amor se sont présentés pour assurer leur défense. Le juge a décidé d’examiner à l’issue de la séance les demandes de mises en liberté et de fixer la date de la prochaine audience. Ces accusés avaient été condamnés en première instance à des peines de cinq ans d’emprisonnement. Pour la commission de suivi des procès Le secrétaire général de l’Association Maître Samir Dilou (traduction ni revue ni corrigée par les auteurs de la version en arabe, LT)

Sauvez la vie du prisonnier politique et ingénieur Ridha Boukadi Liberté pour Slim Boukhdhir, la plume libre Liberté et Equité Organisation de droits de l’homme indépendante 33 rue Mokhtar Atya, 1001 Tunis Tel/fax: 71 340 860 Email : Liberte_équite@yahoo.fr  
 
Tunis, le 17 avril 2008 L’ex prisonnier politique Kamel Houki a été convoqué par le district de la Sûreté d’El Omrane jeudi 17 avril 2008 à midi et demi .Des agents de la Sûreté se sont rendus sur son lieu de travail pour lui faire part de cette convocation orale que l’ex prisonnier a considérée comme un élément de la chaîne de pressions exercées sur lui pour le harceler dans son travail et le priver de gagne pain. La police politique lui a déjà fait parvenir des convocations orales injustifiées. C’est pour cette raison que cette fois-ci monsieur Kamel Houki ne s’est pas rendu à cette convocation, affirmant que le poste devait envoyer des convocations écrites motivées et datées. […] Pour le bureau exécutif de l’Organisation Maître Mohammed Nouri (traduction d’extraits ni revue ni corrigée par les auteurs de la version en arabe, LT)  

Sauvez la vie du prisonnier politique et ingénieur Ridha Boukadi Liberté pour Slim Boukhdhir, la plume libre Liberté et Equité Organisation de droits de l’homme indépendante 33 rue Mokhtar Atya, 1001 Tunis Tel/fax: 71 340 860 Email : Liberte_équite@yahoo.fr Tunis, le 17 avril 2008  

Poursuite du calvaire de Slim Boukhdhir

 
Le journaliste Slim Boukhdhir est toujours soumis à l’isolement à la prison de Sfax, dans une cellule obscure, dépourvue d’eau et d’air pur, qu’il partage avec des deux détenus de droit commun, remplacés de temps à autre par deux autres droits communs. Si l’administration de la prison lui a fourni une télévision, il est toujours privé de son droit à se doucher de façon régulière : il a contracté la gale dont il ne peut venir à bout avec les médicaments qui lui sont prescrits à la prison en raison de la saleté des lieux. […] Pour le bureau exécutif de l’Organisation Maître Mohammed Nouri (traduction d’extraits ni revue ni corrigée par les auteurs de la version en arabe, LT)
 

Sauvez la vie du prisonnier politique et ingénieur Ridha Boukadi Liberté pour Slim Boukhdhir, la plume libre Liberté et Equité Organisation de droits de l’homme indépendante 33 rue Mokhtar Atya, 1001 Tunis Tel/fax: 71 340 860 Email : Liberte_équite@yahoo.fr Tunis, le 19 avril 2008  
 
* Pendant la prière du matin vendredi 18 avril 2008, un groupe d’agents de la police politique ont encerclé la mosquée El Amen à Fouchana dans le gouvernorat de Ben Arous et arrêté des jeunes gens âgés de 18 à 30 ans qui avaient participé à la prière. Ils les ont conduits au district de la Sûreté de Fouchana et ils n’ont été relâchés que vers onze heures du matin. * Mardi 1er avril 2008, monsieur Mohammed Hédi Samaoui, professeur de physique au lycée El Morane à Jbel Lahmar a été arrêté et emmené dans un lieu inconnu. * Monsieur Chadi Ben Mohammed Néjib Bouzouita, originaire de Nabeul, travaillant dans un commerce d’artisanat est en butte à des persécutions et des provocations de la part du dénommé Abderrazak Chaabane, chef de la brigade d’orientation du district de la Sûreté de Nabeul qui ne cesse de le provoquer en lui adressant des convocations orales et en le menaçant de l’arrêter, lui et sa famille. Cela a été jusqu’à une agression physique devant son commerce au vu et au su de tous. […] Pour le bureau exécutif de l’Organisation Maître Mohammed Nouri (traduction d’extraits ni revue ni corrigée par les auteurs de la version en arabe, LT)


 

Tunisie – La foire du livre fait le ménage

Sébastien Cometti, le samedi 19 avril 2008 à 04:00 A une semaine du coup d’envoi de la Foire internationale du livre de Tunis, plusieurs milliers d’ouvrages « obscurantistes » viennent d’être écartés. Les organisateurs de la 26e Foire internationale du livre, qui se tiendra du 25 avril au 4 mai prochain, ont passé un grand coup de balai. Lors d’une conférence de presse tenue jeudi pour la circonstance, ces derniers ont annoncé avoir écarté plusieurs milliers d’ouvrages religieux présentés par quelque 25 maisons d’édition et qualifiés de « médiocres » et « obscurantistes ». « La Foire de Tunis ne peut en aucun cas accepter la participation d’ouvrages qui propagent des discours idéologiques obscurantistes, contraires aux valeurs essentielles de la société tunisienne », a justifié Boubaker Ben Fraj. Sans ambages, le directeur de l’événement a assimilé les ouvrages religieux incriminés, dont il a refusé de préciser les pays de provenance, à du « charlatanisme, voire à des atteintes à l’islam ». 408 éditeurs français « Nous n’avons pas de problème avec le livre religieux, car la Tunisie est un pays d’islam dans son image vraie », insiste Boubaker Ben Fraj. Dans le détail, la Foire du livre de Tunis accueillera cette année quelque 1.027 maisons d’édition venues de 32 pays arabes, africains, européens, américains et asiatiques. Des organisations internationales spécialisées seront également de la partie. Selon les organisateurs, la Foire internationale du livre enregistre une augmentation de 25 % du nombre de professionnels présents sur le site. Avec 408 éditeurs présents, la France sera très bien représentée. A ses côtés, des « petits nouveaux » tels le Portugal, la Suisse, la République tchèque et la Roumanie. Parmi les prestigieux invités de l’événement figurent les écrivains français Eric Emmanuel Schmitt et Gilbert Sinoué, l’Egyptien Baha Taher et le Tuniso-Suédois Jonas Hassen Khemiri. Evolution du livre oblige, la Foire « accordera une place importante aux supports électroniques en plus du livre traditionnel ». (Source: Le journal « France Soir » (Quotidien / France) du samedi 19 avril 2008 n°19776 page 17 )

La Tunisie tente de préserver son islam tolérant

 

Mourad Sellami: Tunis – En Tunisie, les synagogues juives et les églises chrétiennes côtoient les mosquées. Les minorités, juive et chrétienne, pratiquent librement leurs cultes religieux. Ce constat de tolérance est assuré par la Constitution qui garantit l’inviolabilité de la personne humaine, assure la liberté de conscience et protège le libre exercice des cultes. Un islam de tolérance et d’ouverture qui a été mis en péril ces dix dernières années par la montée en puissance de l’islamisme radical dans le monde arabo-musulman. Des dizaines de jeunes Tunisiens ont rallié les aires de combat en Afghanistan, en Tchétchénie ou en Bosnie, comme aujourd’hui en Irak. A l’intérieur du pays, les « kamis »* ont fait, timidement, leur apparition dans les rues des villes tunisiennes depuis quelques années, en signe d’approbation pour ces idées extrémistes. Chez les femmes, les voiles islamiques commencent à prendre la place du « safsari » tunisien traditionnel**. Ce changement inquiète nombre de Tunisiens car il touche à la base de leur société, fondée sur la diversité religieuse et sur une législation – presque – laïque ; deux principes aujourd’hui attaqués par les musulmans radicaux qui les considèrent comme incompatibles avec l’islam. Car où trouve-t-on encore aujourd’hui dans le monde arabe une communauté juive de près de six mille personnes ? En Tunisie, cette dernière réside en partie dans l’île de Djerba ; ainsi qu’une communauté chrétienne dont le nombre dépasse les vingt mille entre catholiques, protestants et Grecs orthodoxes. Elles partagent toutes un respect mutuel de la culture et des rites de chacun à tel point que les Tunisiens musulmans assistent aux fêtes chrétiennes et juives, surtout Noël et le pèlerinage judaïque à la Gheriba (Djerba). Cette approche tolérante et libérale concerne aussi le statut de la femme. Le premier président de la Tunisie Habib Bourguiba a promulgué en 1956 le Code de Statut Personnel « CSP » : l’unique législation instituant la monogamie dans le monde arabo-musulman. Le CSP a été encore renforcé par l’actuel président Ben-Ali. Par ailleurs, la Tunisie est l’un des rares pays au monde où il n’y a pas de mariage religieux. Seule une autorité civile peut proclamer le mariage même s’il se déroule, parfois, dans une mosquée. Ces acquis, les Tunisiens ne sont pas prêts à les perdre face à la montée d’un islamisme radical qui se sert des programmes satellitaires pour condamner la liberté de culte et la présence de touristes non musulmans en Tunisie, ainsi que pour appeler à mettre un terme aux lois laïques. La société civile défend la modernité sociale et la tolérance. Des colloques ont été organisés par les universités sur la coexistence des religions et le respect de la différence culturelle. Des dizaines de pétitions ont circulé pour affirmer l’attachement aux acquis de la femme tunisienne et ont appelé à les renforcer. Le pouvoir politique, lui, a adopté une attitude sécuritaire . Il a mis en veilleuse toutes les activités et les revues qui risquent de se faire noyauter par les intégristes, interdit les manifestations religieuses comme les cercles d’explication de l’Islam et des paroles du prophète Mohamed, restreint l’utilisation des mosquées aux cinq prières quotidiennes, écarté des prêches du vendredi*** les Imams dont l’appartenance intégriste est soupçonnée. Il a même interdit le port du voile aux femmes dans les établissements scolaires, universitaires et administratifs. Pour de nombreux observateurs des droits humains, ces mesures coercitives laissent la part belle à l’arbitraire et font peu cas de la liberté individuelle de culte. Or c’est en donnant le rôle de la victime aux intégristes, qu’elles renforcent l’attrait de l’extrémisme aux yeux des jeunes en quête d’identité ou d’opposition et ne font que contrer de manière apparente la montée du phénomène. Une lutte de fond, basée sur un argumentaire religieux tolérant, est nécessaire pour éradiquer les ramifications de l’intégrisme au sein de la société. Il faudrait exploiter la modération de l’Islam malékite et puiser dans la culture populaire tolérante pour clamer la coexistence pacifique de toutes les couches sociales et le respect de l’autre dans la différence. La Tunisie a toujours été un carrefour des civilisations. Cette richesse culturelle aiderait à favoriser la coexistence de toutes les cultures et les religions dans le respect mutuel. Seul ce discours permettra d’éviter l’éventuel sentiment de compassion que pourraient susciter des extrémistes qui veulent semer la discorde dans la société en qualifiant de mécréants ceux qui ne les suivent pas. Une attitude trop dure ferait courir le risque que ces salafistes soient pris pour des victimes de l’intolérance, punis pour leur conviction religieuse. Le combat pour la tolérance en Tunisie vit, aujourd’hui, une autre phase plus nuancée que celle qui a été menée pour la libération de la femme. Et c’est, encore et toujours, par la force de l’argument qu’il est impératif de la mener et de la réussir. * Robe longue portée par les hommes en Afghanistan et au Pakistan, de Peshawar ** Morceau de tissu avec lequel la femme s’enveloppe en Tunisie pour se dérober au regard des hommes *** Le vendredi, la prière du milieu de la journée est précédée par deux prêches de l’Imam prédicateur. Elles comportent des recommandations pour la vie quotidienne. *Mourad SELLAMI est un journaliste tunisien, travaillant pour le quotidien en langue française Le Temps. On le trouve souvent sur le site www.letemps.com.tn. Mourad SELLAMI – CGNEWS
 
(Source: (Source: le portail “/www.emarrakech.info (Maroc), le 19 avril 2008) Lien : http://www.emarrakech.info/La-Tunisie-tente-de-preserver-son-islam-tolerant_a14555.html


Preserving religious moderation in Tunisia

Tunisia is struggling to preserve its religious tolerance in the face of the rise of radical Islam, writes Mourad Sellami (*).

In Tunisia, synagogues and churches stand side by side with mosques. Jewish and Christian minorities freely practice their religious rituals. This tolerant climate is ensured by the constitution which provides for habeas corpus, guarantees freedom of conscience and protects freedom of religious practice. But this open atmosphere for religious practices has been challenged in recent years by the rise of radical Islam in the Arab-Muslim world. Dozens of young Tunisians have joined conflicts in Afghanistan, Chechnya and Bosnia over the past decades, and are flocking to Iraq in particular today. Within the country, the kameez (knee-length shirts worn by men in Afghanistan and Pakistan) is making an appearance on the streets of Tunisian cities as symbols of support to the people of these countries. For women, religious headscarves are now replacing the traditional Tunisian safsari (a large piece of white cloth worn by women over their head and clothes). These changes worry a vast number of Tunisians, because they concern the pillars of their society, based on religious diversity and – almost – secular legislation. These two principles are under attack by more radical Muslims, who regard them as discordant with Islam. Where else in the Arab world today would you find a Jewish community almost 6,000 strong? In Tunisia, the main body of the Jewish community lives on the island of Djerba, alongside a Christian community numbering over 20,000, comprised of Catholics, Protestants and Orthodox Greeks. They share a mutual respect for the culture and rituals of the other faiths. In fact, Muslim Tunisians attend Christian and Jewish festivals, primarily Christmas and the Jewish pilgrimage to Djerba. This tolerant and liberal approach also applies to the status of women. In 1956, the first president of Tunisia, Habib Bourguiba, promulgated the Personal Status Code (CSP), the one and only piece of legislation instating monogamy in the Arab-Muslim world. The incumbent president, Zine El Abidine Ben Ali, has further strengthened the CSP. In addition, Tunisia is one of the few countries in the world where religious ceremonial marriages are not conducted. Weddings are performed only by civil authorities, although they sometimes take place in a mosque. The Tunisian people are not prepared to give up this rule of civil law under the pressure of a rising radical Islam that is using satellite TV channels to condemn religious freedom and the presence of non-Muslim tourists in Tunisia, and calls for the end of secular legislation. Civil society supports the concept of a modern and tolerant society. Universities have staged seminars on the co-existence of religions and respect for cultural differences. And dozens of petitions have been circulated to promote support for the maintenance of women’s rights in Tunisia and to call for their further strengthening. The government has opted for extreme security measures. Any activities and media which could likely be infiltrated by fundamentalists – religious activities such as Islamic discussion circles and discussions for the elucidation of the words of the Prophet Muhammad – have been frozen. And the use of mosques has been restricted to the five daily prayers. Any imams who may be suspected of religious extremism have been disbarred from Friday predication, when mid-day prayers are preceded by two predications by the preaching imam, and include precepts for daily life. Headscarves are banned in schools, universities and government offices. For many human rights observers, such coercive measures have scant regard for religious freedom. By casting extremists in the role of victims, they glamorise extremism in the eyes of young people in search of identity or opposition. Such measures offer only cosmetic protection against rising fundamentalism. An in-depth, pro-active discussion, based on tolerant religious discourse, is necessary to eradicate the ramifications of fundamentalism within society. The moderation of the Maliki brand of Islam (one of four main schools of Islamic jurisprudence) and the generally tolerant culture of the Tunisian people should be used to proclaim peaceful co-existence for all social classes and respect for others, including their differences. Tunisia has always been at the crossroads of various civilisations. This cultural diversity should be conducive to the peaceful co-existence of all cultures and religions on the basis of mutual respect. Only such a policy is capable of warding off the feelings of sympathy that may be garnered by extremists whose agenda is to create contention in society by branding as infidels all those who do not follow them. If a hard-line policy were adopted, the extremists might as appear as victims of intolerance, punished for their religious beliefs. The ongoing struggle for tolerance in Tunisia is more nuanced than the fight for women’s rights ever was. Now, as before, it is vital to wage and win this struggle by the force of argument. (*) Mourad Sellami is a Tunisian journalist working for the French-language daily “Le Temps”. His articles can be found at www.letemps.com.tn . This article was written for the Common Ground News Service (CGNews) and can be accessed at www.commongroundnews.org (Source: le portail “Menassat.com” (Liban), le 16 avril 2008) Lien : http://www.menassat.com/?q=news-articles/3488-preserving-religious-moderation-tunisia  


 

 

CENTER FOR THE STUDY OF ISLAM AND DEMOCRACY 9th Annual Conference Political Islam and Democracy – What do Islamists and Islamic Movements want?  

Wednesday, May 14, 2008 George Washington University Washington, D.C. 20052 Foggy Bottom-GWU Metro (Orange and Blue Lines) TENTATIVE PROGRAM 8:00 a.m. – 8:30 a.m. Registration 8:30 a.m. – 9:00 a.m. Welcoming Remarks Dr. Asma Afsaruddin, Chair, Program Committee Dr. Radwan Masmoudi, CSID President 9:00 a.m. – 10:30 a.m. Panel 1 The Muslim Brotherhood and Democratic Evolution Chair: Asma Afsaruddin « The Muslim Brotherhood in Syria and the concept of Democracy » – Radwan Ziadeh, Senior Fellow, United States Institute of Peace, rziadeh@usip.org « The program of Muslim Brotherhood « Political Party » from A Human Rights Perspective » – Bahey eldin Hassan, Cairo Institute for Human Rights Studies (CIHRS), bahey@cihrs.org « Idealism versus pragmatism in the political efforts of Muslim Brotherhood movements » – Anas Altikriti, The Cordoba Foundation, anas@fastmail.fm « Changes within MB due to contextual changes between 2005 and 2007 » – Ibrahim El-Houdaiby, Ikhwan-Web, Egypt, houdaiby@yahoo.com 10:30 a.m. – 11:00 a.m. Break 11:00 a.m. – 12:30 p.m. Panel 2 The Intersection of Religion and Democracy: Islamist Discourses Chair: Najib Ghadhban « Why Jihad not Democracy » – Nelly Lahoud, Goucher College, nlahoud@goucher.edu « The Sovereignty of God: Constitutional Processes in Islam and Christianity » – Mark Gould, Haverford College, mgould@haverford.edu 12:30 p.m. – 2:00 p.m. Luncheon 12:30 p.m. – 2:00 p.m. Roundtable Discussion Conditions for Engaging Islamist Leaders and Thinkers: How to Encourage and Support Muslim Democrats? Confirmed Speakers: Mohammed Ayoob, author of « Many Faces of Political Islam: Religion and Politics in the Muslim World » Saadeddine Ibrahim, Founder and Director of the Ibn Khaldoun Center, Egypt, « From Taliban to Erdogan » Carl Gershman, President of the National Endowment for Democracy, USA Joshua Muravchik, author of « Exporting Democracy: Fulfilling America’s Destiny », USA 2:00 a.m. – 3:30 p.m. Panel 3 Negotiating Democracy: the North African Context Chair: Tony Sullivan « The Algerian Islamic Movement and ‘Political Islam’: An Insider’s Perspective » – Anwar N Haddam, President and co-founder of the Movement for Liberty & Social Justice, Algeria, anhaddam@yahoo.com « Inclusion and Institutional Constraints: Moderation of the Moroccan Justice and Development Party » – Feriha Perekli, Indiana University-Bloomington, fperekli@indiana.edu « The Challenges and Opportunities Moroccan Islamist Movements Pose to Women’s Political Participation » – Laurel Rapp, The OneVoice Movement, Laurel@OneVoiceMovement.org « Shariah and democracy: the experiences of Indonesia and Morocco » – Yusuf Fernández, European Islamic Media Network, yusuf@webislam.com 3:30 p.m. – 4:00 p.m. Break 4:00 a.m. – 5:30 p.m. Panel 4 Implementing Democracy: Prospects and Prognosis Chair: Robert Schadler « Islamic Movements and Democracy in Central Asia: Integration or Isolation? » – Anthony C. Bowyer, International Foundation for Election Systems, anthony@ifes.org « The Maldives – Reform Deferred? » – Ahmed Shaheed & Jonathan Upton, founding member of the pro-democracy New Maldives faction, Charlie@thecampaigncompany.co.uk « The (Im)Possibility of Islamist Politics in Turkey » – Hatem Ete, METU, Ankara, Turkey, etehatem@yahoo.com « Islamists and a Pluralist Society: Hezbollah and Jama’ah al-Islamiyah’s Consociational Experience in Lebanon » – Eric Bordenkircher, UCLA, eborden@ucla.edu   7:00 p.m. – 9:30 p.m. Annual Banquet Dinner (Washington Marriott Hotel, 1221 22nd Street) Dialogue with Moderate Islamist Leaders – Viewpoints on Shari’ah, Democracy, and Religious Freedom in Islam Confirmed Banquet Keynote Speakers: Mohamed Saad Elkatatny, Head of the MB Parliamentary Delegation, Egypt Abderazzak Makri, Movement for the Society of Peace, Algeria Mohamed Yatim, Deputy Secretary General, Party of Justice and Development, Morocco Abdelmajeed M’nasra, Movement for the Society of Peace, Algeria Co-Sponsors: This conference is co-sponsored by the Heinrich Boell Foundation, The Kingdom Foundation, and the Muslim Students Association (MSA) of George Washington University. ____________________________ Registration Form To register online click on https://secure.entango.com/donate/6gHYxfvsaMJ Name & Title:_______________________________________________________________ Institution:_________________________________________________________________ Address:___________________________________________________________________ City: _____________________________State____________________ Zip: ____________ Tel.:______________________________________________________________________ Fax: _________________________ E- mail:______________________________________   Pre-Registration …………………………………By April 30 On-site Registraton ……………………………………………………………………After April 30 Registration w/o Dinner Banquet Dinner Only CSID Member ?  $75.00 ?  $100.00 ?  $50.00 ?  $ 50.00 Non-Member ?  $100.00 ?  $150.00 ?  $80.00 ?  $ 70.00 A Couple ?  $140.00 ?  $180.00 ?  $110.00 ? $ 100.00 Student ?  $ 40.00 ?  $50.00 ?  $20.00 ?  $ 30.00 Registration includes lunch, banquet dinner, and coffee breaks, but does not include lodging. Payment must be received by April 30 to qualify for pre-registration rates. Please mail registration form with payment to: CSID Conf. Registration- 1625 Massachusetts Avenue, N.W., Suite 601, Washington, D.C. 20036

 

 

Home – Accueil الرئيسية

Lire aussi ces articles

6 mars 2007

Home – Accueil – الرئيسية TUNISNEWS 7 ème année, N° 2479 du 06.03.2007  archives : www.tunisnews.net AISPP: Pour mettre fin aux

En savoir plus +

Langue / لغة

Sélectionnez la langue dans laquelle vous souhaitez lire les articles du site.

حدد اللغة التي تريد قراءة المنشورات بها على موقع الويب.