TUNISNEWS
9 Úme année, N° 3434 du 17.10.2009
C.R.L.D.H.Tunisie – FTCR: SaĂŻdi Walid sans-papiers expulsĂ© vers la Tunisie : il risque la prison, la maltraitance et la torture
Radhia Nasraoui: Appel Abdel Wahab HANI: L’Appel du Dr Eleuch mis en dĂ©libĂ©rĂ© Ă la sĂ©ance du 26 novembre
Kalima: LibĂ©ration des dĂ©tenus de Bizerte – La grĂšve des prisonniers se poursuit
MANIFESTE ELECTORAL DE AHMED BRAHIM NouvelObs: Tunisie : interview de Hamma Hammami Amor Harouni: LA BONNE GOUVERNANCE EN AFRIQUE DU NORD -Fermeture éclair et matraque = sécurité et stabilité- L. Derbali: Réunion de Sciences -Po du 10 octobre 2009 Réponse de Mezri Haddad
Tac 0 Tac : Elections tunisiennes : Qui paie cette campagne électorale de mauvais goût?
AFP: Tunisie/accident : 3 morts
 C.R.L.D.H.Tunisie  ComitĂ© pour le Respect des LibertĂ©s et des Droits de lâHomme en Tunisie  membre du RĂ©seau Euro-mĂ©diterranĂ©en des Droits de lâHomme  21ter rue Voltaire â FR-75011 PARIS   – Tel/Fax : 00.33.(0)1.43.72.97.34 crldht@gmail.com / www.crldht.org FTCR FĂ©dĂ©ration des Tunisiens pour une CitoyennetĂ© des deux Rives 3, rue de nantes 75019 Paris Tel/Fax : 01.40.34.18.15 – www.ftcr.eu – ftcr@ftcr.eu  CommuniquĂ©
Saïdi Walid sans-papiers expulsé vers la Tunisie : il risque la prison, la maltraitance et la torture
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Saidi Walid, un des grĂ©vistes de la Faim du CRA de Lyon (voir communiquĂ© FTCR du 15 octobre 2009), vient d’ĂȘtre amenĂ© Ă l’aĂ©roport Sotolas de Lyon pour ĂȘtre expulsĂ© vers la Tunisie. Mr Saidi aurait Ă©tĂ© condamnĂ© par contumace en Tunisie Ă 30 ans de prison pour affaires de droits communs (pour une affaire de trafic de stupĂ©fiants). Or monsieur SaĂŻdi nâa cessĂ©, depuis, de clamer son innocence et mĂȘme de demander lâasile politique en France. Nous avons toutes les raisons de penser et de craindre quâen cas de retour forcĂ© de Monsieur SaĂŻdi, ce dernier risque la torture et dâĂȘtre maltraitĂ© en prison. Nous savons, par plusieurs rapports de diffĂ©rentes organisations des droits de lâhomme, tunisiennes et internationales ( LTDH – CRLDHT – FIDH – Amnesty International ou l’arrĂȘt de la cour europĂ©enne des drois de l’homme dans l’affaire SAADI en Italie) et attestĂ©s par les nombreux tĂ©moignages de compatriotes, que la torture et la maltraitance dans les prisons tunisiennes sont, malheureusement encore, des pratiques courantes. Ces pratiques touchent dâailleurs aussi bien les condamnĂ©s pour raisons politiques que ceux de droits communs. Avec la CIMADE de Lyon nous avons alertĂ© les autoritĂ©s françaises Ă son sujet et des risques encourus en cas dâexpulsion. Or il semble que ces craintes nâont pas Ă©tĂ© prises en considĂ©ration et que SaĂŻdi Walid a Ă©tĂ© renvoyĂ© en Tunisie. La FTCR s’Ă©lĂ©ve contre lâexpulsion de monsieur SaĂŻdi Walid et rappelle la responsabilitĂ© du gouvernement français quant aux consĂ©quences qui en dĂ©coulent. Paris le 17 octobre 2009 Pour le CRLDHT KAMEL JENDOUBI Pour la FTCR Mouhieddine CHERBIB Â
 Radhia Nasraoui: Appel
(traduit de lâarabe)
Je, soussignĂ©e, Me Radhia Nasraoui, avocate et prĂ©sidente de lâassociation de lutte contre la torture en Tunisie, informe lâopinion publique que tous les accĂšs au quartier oĂč nous habitons, moi, mon mari Hamma Hammami, porte parole du parti communiste des ouvriers de Tunisie, et notre petite fille Sarra, 10 ans, sont surveillĂ©s par des dizaines de policiers en civil. Cela dure depuis le samedi 10 octobre, la veille du lancement de la campagne Ă©lectorale officielle, des agents de la police ont essayĂ© de persuader notre fille de leur ouvrir, en la terrorisant avant de tenter de forcer la porte de notre appartement. Cette escalade policiĂšre intervient suite aux dĂ©clarations de mon mari, Hamma Hammami, aux chaĂźnes de tĂ©lĂ©vision Al-Jazeera, le 25 septembre 2009, et France 24, le 26 septembre 2009, oĂč il sâĂ©tait exprimĂ© au le sujet des Ă©lections du 25 octobre 2009. A son retour de Paris, le 29 septembre 2009, nous avons Ă©tĂ© sauvagement agressĂ©s, par des dizaines de policiers en civil dans lâenceinte mĂȘme de lâaĂ©roport. Le matin mĂȘme, les quatre pneus de ma voiture ont Ă©tĂ© balafrĂ©s et les freins sabotĂ©s. Le dimanche 4 octobre, alors que je rentrais de l’Ă©tranger, mon mari et ma fille sont venus me chercher Ă lâaĂ©roport en compagnie de mon confrĂšre Abderraouf Ayadi. La voiture de ce dernier a Ă©tĂ© gravement dĂ©tĂ©riorĂ©e, un produit explosif a Ă©tĂ© introduit dans le rĂ©servoir. Le lundi, 5 octobre, plusieurs policiers ont tentĂ© de sâintroduire chez nous. Suite Ă ces nombreuses agressions, nous avons dĂ©posĂ©, mon mari et moi, une plainte le 9 octobre, mais le procureur de la RĂ©publique a refusĂ© de dĂ©livrer un rĂ©cĂ©pissĂ© Ă nos avocats comme le stipule la loi. L’aprĂšs midi, alors que mon mari sâapprĂȘtait Ă se rendre Ă Paris pour participer Ă une confĂ©rence sur les Ă©lections en Tunisie, un agent en civil sâest prĂ©sentĂ© deux fois Ă notre domicile, il nous apportait deux convocations Ă la brigade anti-criminelle. Nous avons refusĂ© ces convocations qui ne mentionnaient aucune motivation comme lâexige la loi. Le 10 octobre, mon mari a Ă©tĂ© empĂȘchĂ© de prendre lâavion sous prĂ©texte quâil Ă©tait sous le coup dâune interdiction judiciaire de quitter le territoire. Les autoritĂ©s judiciaires ont quant Ă elle niĂ© lâexistence de toutes poursuites Ă lâencontre de nous deux. Le 11 octobre, des agents de police sont revenus pour nous remettre deux convocations Ă la mĂȘme brigade, toujours sans aucun motif. Depuis, c’est le siĂšge autour de notre domicile, la prĂ©sence policiĂšre sâest sĂ©rieusement intensifiĂ©e. Les autoritĂ©s judiciaires continuaient Ă renier lâexistence de poursuites, malgrĂ© les diffĂ©rentes interrogations du bĂątonnier et du prĂ©sident de la section de lâordre des avocats de Tunis. Le directeur gĂ©nĂ©ral de la sĂ»retĂ© nationale, en personne, a dĂ©clarĂ© au bĂątonnier ne pas ĂȘtre au courant de poursuites Ă notre encontre. Le mardi, 6 octobre, Al-Hadeth, journal de caniveau aux ordres du ministĂšre de lâintĂ©rieur, connu pour ses calomnies et injures Ă lâencontre des militantes et des militants dĂ©mocrates, a publiĂ© un article qui nous insultait, mon mari et moi, ainsi que la chaĂźne de tĂ©lĂ©vision Al-Jazeera qui a diffusĂ© lâinformation sur lâinterdiction de mon mari de voyager. Cet article prĂ©tendait Ă©galement que nous sommes accusĂ©s « dâagression physique contre un citoyen » et recherchĂ©s par la justice. Cela prouve, une fois de plus, que la police agit dans une totale impunitĂ©, et que les autoritĂ©s tunisiennes, essaient de faire taire les opposants, et de les discrĂ©diter auprĂšs de lâopinion publique. FidĂšles Ă leurs vieilles mĂ©thodes, elles leurs fabriquent des affaires de droit commun pour tenter de faire croire quâils ne sont pas poursuivis pour leurs idĂ©es. Câest aussi un moyen de leur interdire de voyager. Je tiens Ă©galement Ă informer lâopinion publique que ces autoritĂ©s, qui nâhĂ©sitent pas Ă monter des affaires Ă notre encontre, refusent de donner suite aux nombreuses plaintes dĂ©posĂ©es par nous et dâautres militants, suite aux diffĂ©rentes agressions physiques et morales que nous endurons. Cette rĂ©pression que nous vivons tĂ©moigne du climat politique dans lequel les Ă©lections du 25 octobre se prĂ©parent. Je lance un appel aux personnalitĂ©s et aux forces dĂ©mocratiques en Tunisie et Ă lâĂ©chelle internationale pour s’Ă©lever contre cette dangereuse escalade rĂ©pressive et nous soutenir pour exiger : –        La levĂ©e du siĂšge policier autour de notre domicile. –        LâarrĂȘt des prĂ©tendues poursuites dont nous sommes lâobjet. –        Lâouverture dâenquĂȘtes sĂ©rieuses relatives aux diffĂ©rentes plaintes que nous avons dĂ©posĂ©es. Tunis, le 16 octobre 2009 Radhia Nasraoui
(Source: Albadil express le 17 octobre 2009)
L’Appel du Dr Eleuch mis en dĂ©libĂ©rĂ© Ă la sĂ©ance du 26 novembre
Par: Abdel Wahab HANI Le Tribunal de premiĂšre instance de Tunis a dĂ©cidĂ©, aujourd’hui jeudi 15 octobre, de mettre en dĂ©libĂ©rĂ© le prononcĂ© de son jugement concernant l’Appel interjetĂ© par le Dr Eleuch. Et ce, suite Ă sa condamnation en premiĂšre instance aprĂšs opposition de son jugemnt par contumace il y a quelques annĂ©es. La Cour s’est retirĂ©e en fin de matinĂ©e et le Dr Eleuch, qui a comparu en Ă©tat de libertĂ©, a pu regagner sa Sfax natale. LĂ©galiste, le Dr Eleuch suit la procĂ©dure judiciaire qui lui vaut des dĂ©placements entre Paris, son lieu de rĂ©sidence, Sfax, la ville de rĂ©sidence de ses parents, et Tunis, le siĂšge de La Cour devant laquelle l’affaire est instruite. L’opposition (terme juridique signifiant ‘faire Opposition Ă un jugement par contumace’ et non ‘acte politique d’Opposition’) et l’Appel du Dr Eleuch sont devenus l’indicateur de la bonne volontĂ© des autoritĂ©s de tourner la page des affrontemnts politiques du dĂ©but des annĂ©es 1990. Et de permettre ainsi le retour de centaines d’exilĂ©s, aprĂšs la libĂ©ration, en novembre passĂ©, du dernier lot des prisonniers politiques de la mĂȘme pĂ©riode. Paris-GenĂšve, le 15 octobre 2009, 46e anniversaire de l’Ă©tablissemnt de la souverainetĂ© nationale sur l’intĂ©gralitĂ© du territoire national, par l’Ă©vacuation du dernier soldat français de la base aĂ©ro-navale de Bizerte Abdel Wahab Hani
awhani@yahoo.fr
Libération des détenus de Bizerte
La grĂšve des prisonniers se poursuit
Le 15 octobre 2009 Les services de sĂ©curitĂ© ont relĂąchĂ© dans lâaprĂšs midi de jeudi un groupe dâex prisonniers politiques incarcĂ©rĂ©s en vertu de la loi antiterroriste, au terme de deux jours de dĂ©tention sĂ©curitaire devenue une habitude Ă lâoccasion du dĂ©placement du prĂ©sident Ben Ali Ă Bizerte pour la commĂ©moration de la fĂȘte de lâEvacuation du 15 octobre. De nombreux jeunes de Ras Jbel, Menzel Bourguiba, Tinja Ă Bizerte et Oum HĂ©ni avaient Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©s Ă leurs domiciles ou sur leurs lieux de travail mardi dernier sans prĂ©sentation de justification lĂ©gale pour les dĂ©tenir. Kalima a appris que le jeune Mahfoudh Ayari nâavait pas Ă©tĂ© relĂąchĂ© jeudi aprĂšs midi. Par ailleurs la grĂšve de la faim se poursuit pour la seconde semaine dâaffilĂ©e Ă la prison de Borj Er Roumi [âŠ] Source : revue «ăKalima «ăă en ligne, du 15 octobre 2009 (traduction dâextraits ni revue ni corrigĂ©e par les auteurs de la version en arabe, LT)
MANIFESTE ELECTORAL DE AHMED BRAHIM
Candidat du mouvement Ettajdid/Initiative Nationale pour la DĂ©mocratie et le ProgrĂšs à  la PrĂ©sidence de la RĂ©publique  Â
Tunisiennes, Tunisiens, Â
     Jâai lâhonneur de me prĂ©senter Ă vous en tant que candidat aux Ă©lections prĂ©sidentielles, dâune opposition claire, ferme, audacieuse, et responsable. Je me prĂ©sente Ă vous avec la ferme volontĂ© de donner Ă ces Ă©lections prĂ©sidentielles une portĂ©e pluraliste, dans un esprit de compĂ©tition rĂ©elle. De mĂȘme, je voudrais vous soumettre un autre diagnostic des problĂšmes des Tunisiens pour relever les dĂ©fis auxquels le pays est confrontĂ©. Je voudrais, par le dialogue avec vous, formuler des propositions et des solutions Ă mĂȘme de rĂ©pondre Ă votre espoir et Ă vos aspirations de vivre la tĂȘte haute en tant que citoyens libres dans une sociĂ©tĂ© juste. Â
     Je me soumets Ă vos suffrages tout en Ă©tant parfaitement conscient de la difficultĂ© des conditions dans lesquelles se dĂ©roulent les Ă©lections, des limites Ă la concurrence loyale et de lâabsence de lâĂ©galitĂ© des chances entre les candidats. Â
Je compte sur vous, sur votre soutien ferme Ă mes cĂŽtĂ©s, contre la conception archaĂŻque des Ă©lections que lâon observe chez certaines forces dâarriĂšre-garde prisonniĂšres de lâesprit du parti unique, qui veulent vous faire croire un seul choix est possible et  cherchent Ă faire de ces Ă©lections une copie des prĂ©cĂ©dentes en les transformant en plĂ©biscite qui justifie le statu quo. Â
Chers compatriotes,
La situation du pays, comme toutes les Tunisiennes et tous les Tunisiens ne peuvent lâignorer, se caractĂ©rise par une accumulation de problĂšmes que supportent, Ă des degrĂ© divers , lâensemble des catĂ©gories du peuple, Ă lâexception dâune minoritĂ© qui met Ă profit sa proximitĂ© par rapport aux centres de dĂ©cision pour amasser des fortunes avec une rapiditĂ© surprenante, et cela au dĂ©triment de lâintĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral.
Dans le mĂȘme temps, la majoritĂ© des Tunisiennes et des Tunisiens vivent dans un Ă©tat dâinquiĂ©tude en raison de la persistance du flĂ©au du chĂŽmage qui frappe le tiers des jeunes, notamment les diplĂŽmĂ©s de lâenseignement supĂ©rieur en raison de lâinĂ©galitĂ© des perspectives de dĂ©veloppement entre les diffĂ©rentes rĂ©gions du pays et de la chute du niveau de lâenseignement Ă ses diffĂ©rents niveaux, de la rĂ©duction des possibilitĂ©s dâaccĂšs aux soins pour un nombre croissant de familles, de la faiblesse des mesures prises pour la lutte contre la pauvretĂ©, de la dĂ©tĂ©rioration du pouvoir dâachat pour la population Ă revenus modestes, de lâabsence dâun rĂ©gime fiscal juste en faveur des salariĂ©s, des artisans et des petites et moyennes entreprises, de la dĂ©gradation des services de transport public, etc. Sâajoute Ă cela la prĂ©occupation lĂ©gitime devant la prĂ©caritĂ© du travail, qui se manifeste par lâaccroissement du recours Ă la sous-traitance et au licenciement massif et collectif des travailleurs et dâautres problĂšmes qui sâaccumulent, et dont la rĂ©solution nĂ©cessite des orientations autres que les orientations actuelles du pouvoir.   Â
Tunisiennes, tunisiens,
Vous ĂȘtes en droit de vous interroger sur les raisons de la persistance des choses dans leur Ă©tat et dâexprimer votre dĂ©sapprobation Ă ce sujet, comme vous ĂȘtes fondĂ©s Ă demander Ă chaque candidat dâexprimer ses propositions en toute franchise et dans le respect de votre intelligence et de votre maturitĂ©, aprĂšs que les vieilles solutions ont montrĂ© leurs limites et leur inefficacitĂ©.
En ce qui me concerne, jâai la ferme conviction que notre pays regorge de potentialitĂ©s et dâĂ©nergies Ă mĂȘme de consolider les rĂ©alisations, de les amĂ©liorer et de relever les dĂ©fis du dĂ©veloppement global et juste dans de meilleurs conditions et avec de plus grandes chances de rĂ©ussite. Cela ne sera possible que si lâon change le mode de gouvernance actuel, avec ce qui le caractĂ©rise comme pouvoir personnel et hĂ©gĂ©monie du parti au pouvoir, sans aucune forme de contrĂŽle, en plus des restrictions imposĂ©es aux forces vives afin de les empĂȘcher de participer activement Ă la dĂ©finition des choix de la nation et au contrĂŽle de leur exĂ©cution. Â
I- Une approche diffĂ©rente face aux dĂ©fis du dĂ©veloppement Ă©conomique  Â
A part ce quâexige le traitement des rĂ©percussions de la crise mondiale, il y a des points faibles antĂ©rieurs Ă cette crise dont les plus importants sont la stagnation continue de lâinvestissement, qui nĂ©cessite un climat susceptible Ă rĂ©instaurer la confiance chez toutes les composantes du processus Ă©conomique, de lâinvestisseur au travailleur , et ceci en garantissant la transparence totale dans les activitĂ©s Ă©conomiques et le respect des rĂšgles de la concurrence, sans monopole, falsification ou « interventions » , sur la base du principe que la loi est au dessus de tous , quelque soit la proximitĂ© au pouvoir. Â
Afin dâassurer la rĂ©ussite du dĂ©veloppement global, il est impĂ©ratif de procĂ©der Ă une reforme fiscale qui allĂšge le poids des impĂŽts sur les salariĂ©s et les revenus modestes et qui soit plus ferme Ă lâencontre des grandes fortunes.  Â
Il est impĂ©rieux aussi de mettre en place une politique nouvelle dâencouragement aux agriculteurs, notamment dans le domaine de la production cĂ©rĂ©aliĂšre et des produits de base, condition nĂ©cessaire pour la rĂ©alisation de lâautosuffisance alimentaire.
Jâappelle aussi Ă ce que lâEtat assure son rĂŽle stratĂ©gique, notamment dans les secteurs vitaux, afin de rĂ©aliser le dĂ©veloppement durable, la protection de lâenvironnement et la garantie dâun dĂ©veloppement juste qui permette Ă tous de profiter de lâeffort national, sans distinction ni marginalisation dâaucun citoyen ni dâaucune rĂ©gion. A ce propos, je propose un nouveau plan dâamĂ©nagement du territoire dont le but essentiel serait de faire sortir les rĂ©gions dĂ©favorisĂ©es au sud ouest et au nord ouest du pays de leur isolement et de leur marginalisation.  Â
II- RemĂ©dier aux problĂšmes sociaux dans le sens de la justice  Â
Donner la priorité absolue Ă la lutte contre le chĂŽmage par lâadoption de rĂ©formes urgentes, Ă cĂŽtĂ© des rĂ©formes Ă©conomiques afin dâaugmenter la crĂ©ation dâemplois tout en garantissant la transparence des concours dâentrĂ©e Ă la fonction publique et de recrutement dans les entreprises publiques. Â
Dans cet ordre dâidĂ©es, il est nĂ©cessaire de mettre Ă niveau les bureaux de travail, par lesquels doivent transiter toutes les opĂ©rations de recrutement, et cela selon des critĂšres justes et clairs,  non sur la base dâintervention, dâallĂ©geance ou de « pistons ».  Â
Il est impĂ©ratif que notre systĂšme dâenseignement retrouve tout son Ă©clat, quâil redevienne attractif pour les jeunes, les familles et les enseignants et quâil reprenne sa mission principale qui consiste Ă Ă©lever le niveau scientifique des jeunes et Ă assurer sa fonction « dâascenseur social » en permettant lâobtention dâun travail dĂ©cent qui soit conforme aux compĂ©tences acquises et aux sacrifices consentis par lâĂ©tudiant et sa famille. Il est aussi nĂ©cessaire que lâuniversitĂ© recouvre son autonomie et son immunitĂ© Ă travers une gestion dĂ©mocratique oĂč des enseignants et des Ă©tudiants Ă©lus par leurs pairs administrent lâensemble de leurs affaires dans un climat ou les libertĂ©s acadĂ©miques seront entiĂšrement garanties. Â
Se pencher sĂ©rieusement sur le secteur de la santĂ© afin de procĂ©der Ă la mise Ă niveau des Ă©tablissements publics dĂ©jĂ existants et de doter les rĂ©gions dĂ©favorisĂ©es, principalement le sud, le nord ouest et le centre ouest, dâĂ©tablissements hospitaliers rĂ©gionaux dotĂ©s de tous les Ă©quipements modernes nĂ©cessaires et dâĂ©quipes mĂ©dicales dans toutes les spĂ©cialitĂ©s. Il est indispensable de mettre en place un systĂšme de couverture mĂ©dicale Ă mĂȘme dâassurer les soins nĂ©cessaires aux couches dĂ©favorisĂ©es.. Â
Limiter les inĂ©galitĂ©s sociales par la dynamisation des politiques de lutte contre la pauvretĂ©, en considĂ©rant cela comme un droit que de la sociĂ©tĂ© doit assurer au citoyen et non comme un don instrumentalisĂ© par le parti au pouvoir et par lâadministration Ă Â des fins clientĂ©listes de contrĂŽle .  Â
CrĂ©er une caisse dâassurance contre le chĂŽmage au profit des victimes des licenciements Ă©conomiques. Adopter des mesures sĂ©rieuses pour amĂ©liorer le pouvoir dâachat des faibles revenus Ă travers lâaugmentation du SMIG, la rĂ©vision de la grille dâimposition pour tous les salariĂ©s et lâaugmentation des allocations familiales, dont le montant nâa pas variĂ© depuis des dĂ©cennies . Â
LâEtat doit assumer toutes ses responsabilitĂ©s vis-Ă -vis de nos concitoyens rĂ©sidant Ă lâĂ©tranger, en dĂ©fendant leurs droits sociaux, politiques et culturels contre les phĂ©nomĂšnes de racisme, en prenant en charge lâĂ©ducation de leurs enfants dans des Ă©tablissements tunisiens afin de prĂ©server leur identitĂ© nationale et garantir leur droit, en tant que citoyens tunisiens, dâĂȘtre reprĂ©sentĂ©s au parlement .  Â
III : Pour la rĂ©alisation dâune renaissance culturelle et civilisationelle Â
– Mener une politique dâĂ©radication sĂ©rieuse de lâanalphabĂ©tisme et combattre le vide culturel rampant, en encourageant la crĂ©ativitĂ© et les crĂ©ateurs et en mettant en place un environnement libĂ©rĂ© de toutes formes de bureaucratie et de contrĂŽle, afin de garantir la libertĂ© de pensĂ©e, dâexpression et dâĂ©dition tout en encourageant lâeffort et la crĂ©ativitĂ© en matiĂšre dâart, de savoir et de science. Â
– Renforcer et dĂ©velopper les aspects progressistes rĂ©alisĂ©s dans tous les domaines notamment par le renforcement des droits de la femme, lâinstitution de lâĂ©galitĂ© parfaite entre la femme et lâhomme dans les domaines de la vie active, la protection de ces droits contre tout risque de remise en cause sous lâimpulsion de lectures dogmatiques de lâislam et dâautres dĂ©rapages fondĂ©s sur la manipulation des sentiments religieux et leur instrumentalisation contre la modernitĂ©, la pensĂ©e Ă©clairĂ©e, la rationalitĂ© et lâesprit tolĂ©rant de notre patrimoine arabo-musulman.Â
– Lancer une campagne nationale pour le rĂ©tablissement des valeurs de libertĂ©, de respect de lâautre, la propagation des valeurs de travail, de solidaritĂ©, de dĂ©vouement au service de la communauté et lutter contre la corruption et lâenrichissement rapide acquis par des moyens peu honnĂȘtes.
A cet Ă©gard, il est nĂ©cessaire dâactiver la loi dâavril 1987 portant obligation Ă chaque responsable de dĂ©clarer tous ses biens dĂšs sa nomination, loi restĂ©e lettre morte qui a besoin dâĂȘtre appliquĂ©e et Ă©largie aux familles des responsables et leurs proches.  Â
IV : RĂ©aliser une rĂ©forme politique globale, condition nĂ©cessaire pour remĂ©dier Ă lâensemble des problĂšmes posĂ©s  Â
    Il est clair que le dĂ©veloppement Ă©conomique et social est Ă©troitement liĂ© au climat politique du pays. Ainsi, les rĂ©formes globales comme celles que je vous propose ne peuvent rĂ©ussir que dans la mesure oĂč certaines conditions sont rĂ©unies, tel un Etat rĂ©gi par le principe de la bonne gouvernance et une atmosphĂšre gĂ©nĂ©rale oĂč le tunisien sent que le prĂ©sent et lâavenir de notre pays dĂ©pend de la seule volontĂ© des citoyens. Â
La remise en confiance du citoyen passe inĂ©luctablement par des dĂ©cisions Ă mĂȘme de dĂ©tendre lâatmosphĂšre gĂ©nĂ©rale et de rendre lâespoir Ă toutes et Ă tous, telles que la libĂ©ration immĂ©diate des prisonniers du bassin minier, la promulgation dâune Loi dâamnistie gĂ©nĂ©rale pour toutes les personnes qui on Ă©tĂ© jugĂ©es pour leurs opinions. Il est aussi impĂ©ratif dâapporter des solutions Ă tous les litiges concernant lâindĂ©pendance des composantes de la sociĂ©tĂ© civile, notamment la Ligue tunisienne des droits de lâhomme, le syndicat des journalistes et lâassociation des magistrats. Ceci nâest possible que si lâon procĂšde Ă des rĂ©formes substantielles et globales dont : Â
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le respect des libertĂ©s individuelles et publiques, de la libertĂ© dâexpression et dâorganisation et la reconnaissance lĂ©gale des partis qui en on fait la demande.
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la cessation de la mainmise du parti au pouvoir sur lâappareil de lâEtat.
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la consĂ©cration effective de la sĂ©paration des pouvoirs par un rééquilibrage qui met fin aux pouvoirs excessifs de lâexĂ©cutif au dĂ©triment des pouvoirs lĂ©gislatif et judiciaire.
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La garantie de lâindĂ©pendance de la justice.
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La libĂ©ration du secteur de lâinformation de la mainmise de lâEtat en le transformant en un secteur public reflĂ©tant la diversitĂ© et la richesse de la sociĂ©tĂ©.
ChĂšres Ă©lectrices, chers Ă©lecteurs. Â
Câest parce que je mâengage Ă agir en vue de concrĂ©tiser de telles rĂ©formes politiques , Ă©conomiques , sociales et civilisationnelles dans les plus brefs dĂ©lais que je vous invite Ă mâapporter votre soutien et Ă voter pour moi, afin que ces rĂ©formes soient le prĂ©lude clair Ă lâouverture dâune nouvelle page dans lâhistoire de notre peuple ; une page dont nous tracerons ensemble les lignes et dans laquelle nous inscrirons les objectifs au service du peuple et non en faveur dâune minoritĂ© de privilĂ©giĂ©s ; des objectifs qui puissent consolider la souverainetĂ© de notre pays, lui assurer la place quâil mĂ©rite dans le concert des nations et lui permettre dâavoir une influence positive en faveur des causes justes, en premier rang des quelles la question de la libĂ©ration nationale en Palestine et en Irak en vue de rĂ©aliser les aspirations de nos peuples pour la construction de lâunitĂ© du Maghreb sur des bases dĂ©mocratiques, qui mobilisent toutes ses potentialitĂ©s et respectent sa diversitĂ©, faisant de notre Maghreb une force agissante aux plans rĂ©gional et mondial.  Â
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PRESIDENTIELLE EN TUNISIE
Tunisie : interview de Hamma Hammami
Hamma Hammami, porte parole du Parti communiste des ouvriers de Tunisie et directeur du journal Al badil interdit depuis 1990, a passĂ© dix ans dans les geĂŽles de Bourguiba et de Ben Ali et dix autres dans la clandestinitĂ©âŠ
Hama Ă©tait assis, le voilĂ debout. Oser lutter. Oser vaincre. Oser braver. Comment surmonter sa peur dâĂ©chouer ? Il nâavait que des dettes, donc rien Ă perdre, câĂ©tait le moment. A la vie, Ă la mort ! Et le voilĂ parti. Barjot, hurluberlu, nâempĂȘche, grĂące Ă lui, nous avons tenu. Le voilĂ parti dans la clandestinitĂ©. Il a Ă©tĂ© tabassĂ© Ă lâaĂ©roport de Carthage. On lâa accusĂ© dâavoir massacrĂ© un malabar. La “Crim” le cherche partout. Câest un criminel dangereux. Lâennemi public n°1. Normal. Il vient de dĂ©noncer au monde, Ă travers Al Jazeera, son complice : Ben Ali. A Tunis, le chef de la “Crim” et des criminels, câest lui. Lui, Dios, pardi. Hamma Hammami, porte parole du Parti communiste des ouvriers de Tunisie (PCOT – non reconnu) et directeur du journal Al badil (Lâalternative) interdit depuis 1990, a passĂ© dix ans dans les geĂŽles de Bourguiba et de Ben Ali et dix autres dans la clandestinité⊠Est ce que vous comptez participer au prĂ©sidentielles de 2009 ? – Hamma Hammami : Des Ă©lections prĂ©sidentielles en octobres prochain ? Il nây en aura pas ! Il sâagit tout simplement dâune « moubayaa » (plĂ©biscite). Qui peut douter de la victoire du GĂ©nĂ©ral avec un score avoisinant les 100% ? Tout est fait pour que Ben Ali, lâauteur du coup dâEtat mĂ©dical du 7 novembre 1987, reste prĂ©sident Ă vie. Tout le reste, entre autre la prĂ©sence de trois candidats « dĂ©signĂ©s » par Ben Ali, nâest que dĂ©cor. Dans quel contexte se dĂ©roulent les Ă©lections de 2009 ? – Ni le contexte politique, ni le contexte juridique actuel, ne permettent la tenue dâĂ©lections libres et transparentes. DerriĂšre le dĂ©cor pluraliste, le rĂ©gime de Ben Ali fait tout pour museler le peuple tunisien et ces forces dĂ©mocratiques. La police politique rĂšgne sur la sociĂ©tĂ© par la terreur. La justice est infĂ©odĂ©e au pouvoir et est constamment utilisĂ©e pour rĂ©primer les opposants, les syndicalistes, les militants des droits de lâhommeâŠetc tout en garantissant une impunitĂ© totale aux tortionnaires et aux mafiosi de la « famille royale ». Les activitĂ©s des partis dâopposition, des associations indĂ©pendantes et de tout autre organisation ou personne insoumise au rĂ©gime du GĂ©nĂ©ral sont souvent interdites par la force. La libertĂ© dâexpression est systĂ©matiquement bafouĂ©e, les mĂ©dias sont mĂ©ticuleusement contrĂŽlĂ©s et les journalistes sont obligĂ©s au silence sous peine de se voir virĂ©s, intimidĂ©s, traduits en justice ou mĂȘme agressĂ©s. DerniĂšrement, les sbires de Ben Ali ont organisĂ© un putsch contre le bureau exĂ©cutif dĂ©mocratiquement Ă©lu du Syndicat national des journalistes tunisiens, lâont chassĂ© par la force de la police du siĂšge du syndicat et sont allĂ© jusquâĂ agresser sont prĂ©sident Neji Bghouri. Dans des conditions pareilles, les propos de Ben Ali sur les « Ă©lections libres et transparentes qui vont consolider les acquis dĂ©mocratiques de la Tunisie » ne sont quâune supercherie. Pour tromper lâopinion publique internationale, sur la vĂ©ritable volontĂ© du peuple tunisien et de ses forces dĂ©mocratiques, les petits Goebbels de Carthage ne manquent pas de moyens â et de financements pour la plus part puisĂ©s dans les caisses de lâEtat et des organismes publics- : campagnes de tĂ©lĂ©grammes de « soutien Ă la candidature de Ben Ali et de reconnaissance envers sa bienfaisance » envoyĂ©s presque quotidiennement par des organisations politiques, associatives, culturelles, rurales, sportives, patronales ou mĂȘme syndicales fantoches qui nâont pour rĂŽle que de servir de dĂ©cor pluraliste et moderniste pour Ben Ali et sa clique ; articles publicitaires achetĂ©s dans des journaux Ă©tranger par lâintermĂ©diaire de lâAgence tunisienne de communication externe (ATCE) et repris dans les mĂ©dias locaux en grande fanfare comme « tĂ©moignages sur les avancĂ©es de la Tunisie grĂące Ă la politique avant-gardiste du prĂ©sident » ; prix et mĂ©dailles Ă©manant dâorganisations Ă©trangĂšres, souvent crĂ©es pour lâoccasion, vantant « le soutien constant quâaccorde Ben Ali aux causes humanitaires et aux droits de lâhomme en Tunisie et dans le monde entier » ! dĂ©cidĂ©ment, les apprentis sorciers du grand gourou du 7 novembre ne reculent devant rien pour maquiller la situation de la Tunisie sous Ben Ali et faire croire quâil existe un « consensus absolu » autour de lui et que son perpĂ©tuation Ă la tĂȘte de lâEtat « rĂ©pond Ă une aspiration populaire gĂ©nĂ©rale ». Ces Ă©lections sont elles lĂ©gales ? – Lâarsenal juridique qui rĂ©glemente les Ă©lections prĂ©sidentielles (et aussi celles lĂ©gislatives) est taillĂ© sur mesure pour assurer Ă Ben Ali la prĂ©sidence Ă vie. La candidature aux prĂ©sidentielles est soumise Ă des conditions « constitutionnelles » qui ne peuvent ĂȘtre remplies que par Ben Ali. Pour Ă©viter la candidature unique et donner lâillusion dâune compĂ©tition dĂ©mocratique, le rĂ©gime, au lieu dâun amendement de la constitution et du code Ă©lectoral pour Ă©liminer les conditions rĂ©dhibitoires et instaurer un cadre juridique favorable Ă la tenue de vraies Ă©lections dĂ©mocratiques longuement revendiquĂ© par le mouvement dĂ©mocratique, recoure Ă chaque Ă©chĂ©ance Ă©lectorale depuis 1999 Ă des « lois constitutionnelles exceptionnelles », lois « jetables » qui changent Ă chaque fois, et qui instaurent des conditions « allĂ©gĂ©es » pour soi-disant « consolider le pluralisme politique et lâavancement dĂ©mocratique » en permettant Ă dâautres candidats de se prĂ©senter, Ă©videmment ces conditions sont soigneusement concoctĂ©es pour ne permettre quâaux candidats dĂ©signĂ©s par Ben Ali de les remplir. Notons aussi que le câest le ministre de lâintĂ©rieur, qui est aussi le prĂ©sident de la compagne Ă©lectorale de Ben Ali et de son parti, qui chapote lĂ©galement lâorganisation de ces Ă©lections. Lâadministration est totalement au service du parti au pouvoir. Bref, lorsquâ un peuple nâest pas libre, il ne peut y avoir dâĂ©lections libres ; En octobre prochain, le dictateur va sâauto Ă©lire. A qui profite le crime ? – Cette mascarade Ă©lectorale ne profite en rien au peuple tunisien privĂ© de sa libertĂ© et de tous ces droits fondamentaux mais plutĂŽt Ă une poignĂ©e de familles qui entourent Ben Ali (les Ben Ali, les Trabelsi, les Matri, les Mzabi, les Oukil, les Mâhiri, les Mabrouk âŠetc.) et qui ont mis la main, avec lâaide du dictateur et sous sa protection, sur une grande partie des richesses du peuple. Ben Ali lui-mĂȘme a ramassĂ©, selon la Forbes, une fortune Ă©valuĂ©e en 2007 Ă 5 milliard de dollars. La dĂ©mocratie est lâennemi redoutable de tous ces pilleurs, ils redoutent dâĂȘtre dĂ©noncĂ©s, jugĂ©s ou Ă©loignĂ©s du pouvoir. Câest pour cela quâils ne veulent ni dâune presse libre, ni dâune justice indĂ©pendante, ni dâĂ©lections dĂ©mocratiques. Aujourdâhui, avec la crise Ă©conomique mondiale et ses retombĂ©es sociales, le pourrissement de la dictature et son isolement de plus en plus flagrant, le vieillissement de Ben Ali qui pose la question de sa succession, le pouvoir devient de plus en plus rĂ©pressif, le caractĂšre policier de lâEtat de plus en plus frappant. MĂȘme ceux qui sâillusionnent le plus sur les prochaines Ă©lections reconnaissent que le contexte actuel est plus sombre par rapport Ă toutes les prĂ©cĂ©dentes. Il ne faut pas oublier que Ben Ali et sa clique jouissent de la protection et du soutien des gouvernements occidentaux, ceux de la France, des Etats-Unis, de lâItalie âŠetc. En Tunisie, plus de 3000 entreprises Ă©trangĂšres participent au pillage du pays et Ă lâexploitation de son peuple. Ces entreprises, qui, en majoritĂ©, interdisent aux travailleurs tunisiens leurs droits les plus Ă©lĂ©mentaires, ont besoin dâune dictature qui « maintient lâordre » pour quâils puissent exploiter Ă fond ces travailleurs. Rappelez-vous que Sarkozy a saluĂ© en 2007 « les pas rĂ©alisĂ©s par Ben Ali en matiĂšre de dĂ©mocratie ». Berlusconi a fĂ©licitĂ© derniĂšrement son ami « le dĂ©mocrate Ben Ali ». Les gouvernements occidentaux ne veulent que dâun pouvoir qui sert leurs intĂ©rĂȘts Ă©goĂŻstes en Tunisie et dans la rĂ©gion. La dĂ©mocratie en Tunisie nâa pas seulement le rĂ©gime de Ben Ali comme ennemi, mais aussi les puissances impĂ©rialistes occidentales complices et protectrices du GĂ©nĂ©ral. Il y a quand mĂȘme des partis qui appellent Ă la participation – Si les rĂ©sultats des Ă©lections sont connus dâavance, si câest Ben Ali qui choisit lui-mĂȘme ses concurrents (dâailleurs lâun dâeux nâa pas cessĂ©, lors mĂȘme de la prĂ©sentation de sa candidature, de faire lâĂ©loge de Ben Ali), sâil nây aucune garantie de la transparence de ces Ă©lections, toute participation devient superflue, elle ne peut servir politiquement que de dĂ©cor pluraliste Ă la dictature. Nous avons appelĂ© au boycott de cette mascarade et Ă la poursuite de la lutte pour un vĂ©ritable changement dĂ©mocratique. Ce changement ne peut ĂȘtre que lâĆuvre du peuple tunisien, organisĂ© autour dâun programme politique sâattaquant aux fondements de la dictature et appelant Ă une assemblĂ©e constituante qui mettra la base dâune rĂ©publique dĂ©mocratique. Aujourdâhui, la tenue dâĂ©lections libre exige, en premier lieu, que ce soit mis fin Ă la prĂ©sidence Ă vie. Ben Ali doit partir ! En second lieu, toutes les entraves Ă la libertĂ© de candidature doivent ĂȘtre enlevĂ©es. En troisiĂšme lieu, la libertĂ© doit ĂȘtre donnĂ©e au peuple pour quâil puisse choisir librement ses reprĂ©sentants. Tous les candidats qui se prĂ©sentent sur dĂ©cision de Ben Ali ne tiennent compte dâaucune de ces exigences, ils se prĂ©sentent Ă cĂŽtĂ© de Ben Ali et non contre lui, et ne font que de le soutenir quâils le savent ou pas ! Les Ă©lections lĂ©gislatives diffĂ©rentes-elles des prĂ©sidentielles ? – Les Ă©lections lĂ©gislatives ne diffĂšrent en rien des prĂ©sidentielles. Elles se dĂ©roulent dans le mĂȘme contexte politique et juridique. On sait dâavance que le RCD, parti de Ben Ali, gagnera 75% des siĂšges. Les 25% restants seront comme dâhabitude redistribuĂ©s par le palais aux autres partis du dĂ©cor « Ă chacun selon le degrĂ© de sa loyautĂ© ». Faut-il savoir que la libertĂ© de candidature est absente aussi pour les Ă©lections lĂ©gislatives, lâadministration Ă la solde de Ben Ali filtre mĂȘme les listes prĂ©sentĂ©es par les partis reconnus et surtout ceux qui gardent une ligne plus « radicale » envers le rĂ©gime, plusieurs de leurs listes prĂ©sentĂ©es sont refusĂ©es sous des prĂ©texte ridicules. Les compagnes Ă©lectorales de ses partis sont entravĂ©es de mille maniĂšres et mĂȘme interdites par la force, ils ne jouissent presque dâaucune couverture mĂ©diatique et les spots tĂ©lĂ©visĂ©s que leur garantit la loi dans les chaines publiques sont diffusĂ©s Ă des horaires oĂč il y a le moins de tĂ©lĂ©spectateurs, cela sâils ne sont pas carrĂ©ment annulĂ©s par dĂ©cision de la direction de la chaine. Cela ne reprĂ©sente quâun simple Ă©chantillon de ce quâendurent les vĂ©ritables partis dâopposition reconnus (les partis non reconnus nâayant pas le droit de se prĂ©senter mĂȘme par des listes indĂ©pendantes) lors des Ă©lections. Bref, tout est fait pour que le parti de Ben Ali garde son hĂ©gĂ©monie totale sur la chambre des dĂ©putĂ©s dont les membres sont « Ă©lus », lâautre chambre, celle des conseillers, ayant ces membres nommĂ©s par le « prĂ©sident de la rĂ©publique ». De toutes les façons, le pouvoir lĂ©gislatif, de part la composition de ses institutions, les fonctions que lui accorde la constitution et le contexte politique gĂ©nĂ©ral, ne joue quâun rĂŽle infime dans la vie politique et ne sert que de façade institutionnelle Ă la dictature autocratique de Ben Ali. Pensez vous quâil va y avoir une participation massive ? – Le peuple tunisien nâaccorde aucune importance Ă ces Ă©lections. Il est totalement indiffĂ©rent. Elles ne reprĂ©sentent aucun enjeu pour lui. Il sait que sa voix nâa aucun poids et que les rĂ©sultats sont connus dâavance. En plus, il ne sâattend Ă rien de Ben Ali, sauf peut ĂȘtre une accentuation de la rĂ©pression, du chĂŽmage, de la marginalisation, de la dĂ©gradation des services publiques, lâapprofondissement des Ă©carts entre les riches et les pauvres et entre les rĂ©gions⊠La crise Ă©conomique pĂšse beaucoup sur les masses populaires, un grand nombre dâentreprises a fermĂ©, les prix se sont envolĂ©s, Les services publics se dĂ©tĂ©riorent de plus en plus⊠Face Ă cette situation, les jeunes nâont quâun seul « rĂȘve » celui de la « harga » (partir clandestinement vers lâEurope) en prenant le risque de pĂ©rir au large de la MĂ©diterranĂ©e ou de finir dans les centres de dĂ©tention qui les attendent sur lâautre rive. La drogue, le crime, surtout le vol, sont devenus des flĂ©aux qui frappent la sociĂ©tĂ© et surtout les jeunes. Pour les travailleurs, les petits fonctionnaires, les petits agriculteurs⊠ils ont de plus en plus de peine Ă vivre convenablement, ils sont souvent obligĂ©s de chercher un deuxiĂšme boulot en dehors de leur occupation principale. Cependant, les signes de misĂšre et dâappauvrissement sont de plus en plus apparents. LâannĂ©e derniĂšre, le soulĂšvement du Bassin minier (gouvernorat de Gafsa au sud de la Tunisie) contre le chĂŽmage, la misĂšre et la corruption, a Ă©tĂ© sauvagement rĂ©primĂ© ; au moins quatre jeunes ont Ă©tĂ© tuĂ© par la police et des dizaines blessĂ©s, des centaines de jeunes, syndicalistes et autres activistes du mouvement ont Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©s, torturĂ©s et traduits devant les tribunaux qui les ont condamnĂ©, aprĂšs des simulacres de procĂšs, Ă de lourdes peines. Les principaux dirigeants du mouvement contestataire, des jeunes et des syndicalistes pour la plus part, croupissent encore en prison dans des conditions mĂ©diocres. Y a-t-il un recours contre Ben Ali ? – Il nây a pas de dictateur qui est parti tout seul. En 53 ans dâ« indĂ©pendance » les tunisiens nâont connu que deux prĂ©sidents-dictateurs et un seul parti au pouvoir. La seule voie du changement, câest que le peuple tunisien prend son destin entre ses mains et se soulĂšve contre ses oppresseurs. Y a-t-il une personne que vous auriez aimĂ© Ă©lire, Ă part vous bien sĂ»r ? – Tous les tunisiens et les Tunisiennes sans exceptions. MĂȘme Ben Ali sâil se recoud une nouvelle virginitĂ©. Propos recueillis par Taoufik Ben Brik
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(Source: NouvelObs le 17 octobre 2009)
 LA BONNE GOUVERNANCE EN AFRIQUE DU NORD
-Fermeture éclair et matraque = sécurité et stabilité-
Ecrit par Amor Harouni Tunis, le 17 octobre, 2009 Lâinstitution «ăKennedy School of Governmentă» relevant de ăHarvardănous prĂ©sente son rapport annuel sur la bonne gouvernance et propulse la Tunisie au 1er rang de lâAfrique du Nord. Jâaimerais savoir, par qui ont Ă©tĂ© donnĂ©es ces statistiques. Il semble quâelles ont Ă©tĂ© fournies par les officiels, et comme de coutume, visites organisĂ©es, diners, dĂ©bats puis cadeaux pour lâobtention dâĂ©loges pseudo crĂ©dibles Ă©trangĂšres neutres. Seulement, le vrai problĂšme semble ĂȘtre nĂ©gligĂ© du fait quâaucune autre institution indĂ©pendante nâa Ă©tĂ© consultĂ©e Ă ce sujet. Dâautres part, ce rapport parle de toutes ces performances, prĂ©cisĂ©ment depuis lâavĂšnement du 7 novembre 1987, ce qui veut dire que le leader Bourguiba, artisan de lâindĂ©pendance de la Tunisie a Ă©tĂ© simplement ignorĂ© et nâa rien rĂ©alisĂ© (câest ce quâon appelle lâingratitude). A mon humble avis, cette institution devrait rĂ©viser sa stratĂ©gie, et ce pour prĂ©server sa crĂ©dibilitĂ© qui lui est mondialement reconnue, surtout en ce qui concerne les Ă©lections dites libres et Ă©quitables, lâĂ©tat de droit, la participation et les droits de lâhomme. Pour justifier mes dires, en voici un Ă©chantillon parmi tant dâautres qui se comptent par milliers. Le cas que je soulĂšve, est celui de mon fils Abdelkarim Harouni, IngĂ©nieur Principal en gĂ©nie civil, Ex-SecrĂ©taire GĂ©nĂ©ral de lâUnion GĂ©nĂ©rale Tunisienne des Etudiants (UGTE). EmprisonnĂ© depuis 1992 par un jugement inĂ©quitable du tribunal militaire de Tunis (condamnĂ© Ă perpĂ©tuitĂ©, et relĂąchĂ© en novembre 2007, accusĂ© dâăappartenance Ă un parti politique Islamiste Tunisien Ennahdha et dâopposition Ă la rĂ©forme de lâEnseignement supĂ©rieur de Ben Dhia Ă lâĂ©poque et actuel ConseillĂ© SpĂ©cial du PrĂ©sident de la RĂ©publique. Et alors commença lâharcĂšlement collant et continu, filatures avec lâinterdiction aux droits Ă la parole, au travail, pas dâactivitĂ© politique ni dans le domaine des droits de lâhomme (Abdelkarim est lâactuel SecrĂ©taire GĂ©nĂ©ral de lâAssociation IndĂ©pendante des Droits de lâHomme «ăLibertĂ© et Equité㻠à Tunis), ni dĂ©clarations Ă la presse ou aux chaines tĂ©lĂ©visĂ©es, ni mĂȘme Ă lâinternet. En deux mots, il ne reste plus quâĂ lui faire contingenter lâoxygĂšne. DĂšs le jour de son mariage le 14 aout 2009, les ennuis ont commencĂ© Ă pleuvoir dâabord au logement quâil a louĂ© Ă El Menzah V, par lâintermĂ©diaire du fils du propriĂ©taire qui est un ex-dĂ©tenu de droit commun et ce, par tous les moyens illĂ©gaux (telle que coupure de courant, menace de coupure dâeau, pose dâobstacles et de dĂ©chets mĂ©nagers devant la porte dâentrĂ©e et vocifĂ©rations, insultes, menaces, tapages, en plus de scandales sous lâemprise de lâalcool causant des ennuis insupportables Ă mon fils Abdelkarim et son Ă©pouse ainsi quâĂ tout le voisinage). Toutes ces pratiques, font suite aux pressions exercĂ©es par la police politique civile selon les dĂ©clarations de son pĂšre. DerniĂšrement, Lundi 5.10.2009, 3 voitures de la police civile Ă©taient garĂ©es juste Ă proximitĂ© du lieu de travail dâAbdelkarim situĂ© dans les Berges du Lac et Ă sa sortie de lâĂ©tablissement, il a Ă©tĂ© accostĂ© en pleine rue et emmenĂ© par force au commissariat des lieux sans prĂ©sentation de convocation officielle rĂ©clamĂ©e par mon fils et a Ă©tĂ© retenu pendant 3 heures aux fins de renseignements et interrogatoires et il lui a Ă©tĂ© intimĂ© lâordre de ne pas faire de dĂ©clarations aux mĂ©dias, ni activitĂ©s politiques et lâordre de «ărester sageă» et dans le cas contraire, il sera poursuivi en justice (justice sâil yâa). A cet effet, il leur a rĂ©pondu quâil tenait tout simplement Ă avoir son droit Ă lâexpression tout en respectant la loi sâagissant toujours dâun droit constitutionnel Ă tous les citoyens et pas autrement. Pour le reste, je vous laisse le soin de deviner la suite (Ă chacun dâinterprĂ©ter les choses Ă sa façon). En conclusion, je dirais que de tels procĂ©dĂ©s ne reflĂštent pas le contenu initial du rapport prĂ©citĂ©. Par ailleurs, ces comportements insensĂ©s, immoraux et illĂ©gaux ne font guĂšre honneur Ă ceux qui les pratiquent. Donc, un seul remĂšde radical sâimpose, câest quâil faut rectifier prĂ©cisĂ©ment le tir car tout ceci est incontestablement en violation de la convention des droits de lâhomme.
Réunion de Sciences -Po du 10 octobre 2009
Par L. Derbali Comme Ă nos habitudes la rĂ©union dĂ©butera avec un retard consĂ©quent, nous autres tunisiens, nous devons comprendre que la ponctualitĂ© fait partie de l’engagement vĂ©ritable et du respect des convictions,notre participation Ă ce genre de rĂ©union sans risque est importante, y assister en grand nombre dĂ©range absolument la dictature, les nĂŽtres, les opposants dĂ©mocrates au pays, en TUNISIE, eux qui courent de vrais risques, qui vont du tabassage organisĂ©, Ă l’arrestation, Ă la torture et mĂȘme Ă la disparition pure et simple, rĂȘvent de pouvoir organiser pareille rĂ©union, oĂč tout un chacun peut s’exprimer librement, l’indiffĂ©rence et l’attentisme des militants dĂ©mocrates d’occident sont irresponsables et criminels mĂȘme, vis Ă vis du nĂ©cessaire et vital combat pour la libĂ©ration de la TUNISIE. Mais ceci dit, il faut reconnaĂźtre quand mĂȘme que les tĂ©nors de l’opposition tunisienne Ă©taient Ă l’heure, ne manquait Ă l’appel et c’est significatif, que le candidat d’ETTAJDID, qui avait dĂ©lĂ©guĂ© Ă cette rĂ©union un de ses adjoints, trĂšs talentueux d’ailleurs, a miĂšvre et frileuse prestation de l’icĂŽne BRAHIMI d’ETTAJDID derniĂšrement sur TV7, la tĂ©lĂ© de BEN ALI est d’une mĂ©diocritĂ© sans nom , insipide pauvre et misĂ©rable , son adjoint donc, qui le reprĂ©sentait Ă la rĂ©union de Sciences-Po , a su paradoxalement, le paradoxe c’est la participation d’ETTAJDID Ă des Ă©lections qu’il sait et qu’il dit truquĂ©es, trĂšs bien prĂ©senter la situation tunisienne actuelle, et les drames que vivent les tunisiens, la dĂ©magogie du discours d’ETTAJDID, c’est justement la dĂ©nonciation de l’horreur de la dictature, et son acception totale des rĂšgles du jeu imposĂ©es par BEN ALI, ce dictateur qui fait l’aumĂŽne Ă ce parti de trois “postes” de dĂ©putĂ©s, illĂ©gitimes aussi, parce qu’ils ne sont pas Ă©lus par les tunisiens, comme toutes les potiches de cette assemblĂ©e nationale de la dĂ©route et de l’humiliation. Donc nous sommes habituĂ©s Ă la suffisance politique d’Ettajdid, ce rassemblement de groupuscules qui se dit de gauche et qui en fait,  participe, qu’il le veuille ou non, au dĂ©cor du pĂ©plum dictatorial de l’Emperator de CARTHAGE.Dans le marigot politicien tunisien, il n’existe ni subtilitĂ©s, ni nuances, en cela la rĂ©union de Sciences-PO a donnĂ© la preuve qu’il est plus que temps pour l’opposition dĂ©mocratique tunisienne, de nettoyer les Ă©curies d’Augias, sur ce gros problĂšme d’intendance, j’ai encore l’impression que M.MARZOUKI qui avait saisi l’occasion de mettre tout le monde d’Ă©querre, a encore une guerre d’avance sur les autres.Mais ce qui est trĂšs grave, et ce qui dĂ©crĂ©dibilise un tant soi peu cette rĂ©union, c’est l’absence des islamistes, est-ce dĂ» Ă une erreur” de casting” des organisateurs, ou bien Ă une censure et Ă une exclusion de fait du champ politique tunisien de cette mouvance, par les habituels arpenteurs et autres stratĂšges de ce que doit -ĂȘtre l’opposition tunisienne? Dans tous les cas de figure, l’absence d’un courant tunisien, quel qu’il soit, et encore plus celui qui porte une lĂ©gitimitĂ© historique que beaucoup d’autres n’ont pas, l’islam politique, qui a une rĂ©alité évidente dans la sociĂ©tĂ© tunisienne, fausse quelque part le jeu politique Ă l’intĂ©rieur de l’opposition dĂ©mocratique, c’est clair, il ne faut pas sortir de Sciences-Po pour comprendre cela. Certains disent que le PDP de AHMED NEJIB CHEBBI, ou de MAYA JRIBI? Allez savoir, le PDP est dans une opacitĂ© totale, mĂȘme une chienne ne reconnaĂźtrait pas ses chiots; certains affirment donc que l’Ă©mir de LONDRES, avait donnĂ© l’Amen et les clefs d’ENNAHDA au PDP, mais cette cuisine opportuniste ne lĂ©gitime rien, et les caciques de ce parti, ENNAHDA d’antan, ont une vue passĂ©iste et complĂštement erronĂ©e des valeurs dĂ©mocratiques et rĂ©publicaines, qui en matiĂšre politique et des droits de l’homme, ne peuvent souffrir de COMBINAZIONE , il faut ĂȘtre rĂ©aliste, pragmatique, et jusqu’Ă nouvel ordre, selon les islamistes de l’intĂ©rieur, ceux qui survivent dans les mouroirs de la dictature, et dans cette prison Ă ciel ouvert qu’est la TUNISIE occupĂ©e par BEN ALI et ses sbires, selon ces militants islamistes de l’intĂ©rieur, de gauche comme de droite, l’homogĂ©nĂ©itĂ© politique dans l’islam militant est une vue de l’esprit , ENNAHDA aujourd’hui, reprĂ©sente avec ses caciques Ă l’Ă©tranger, un courant parmi tant d’autres, croire que les puissants courants rĂ©formistes ou rĂ©volutionnaires, ceux de JEBALI, CHOURROU ou bien ceux de HAROUNI ect…soient prĂȘts Ă se soumettre aux agapes, aux dĂ©rives, aux arrangements et aux compromissions d’un GANNOUSCHI empĂȘtrĂ© dans l’archaisme WAHABITE, c’est manquer de jugement et dĂ©figurer les rĂ©alitĂ©s du terrain en TUNISIE. MARZOUKI, bien avant tout le monde, avait saisi et compris la complexitĂ© du problĂšme, quand il se fĂ©licitait du ralliement de la majorité des islamistes aux valeurs rĂ©publicaines et leur acceptation sans aucune condition de l’absolu de l’alternative dans le respect des institutions qui doivent prĂ©valoir dans toute sociĂ©tĂ© libre. Certaine choses dites sous influence par le jeune animateur BELHASSEN SLIM, petit fils de l’ancien dictateur et mĂ©galomane BOURGUIBA restent du domaine du copinage, et du simple point de vue thĂ©orique de ce qu’est la situation tunisienne rĂ©elle ou plutĂŽt ce qu’elle doit “ĂȘtre” selon certaines considĂ©rations idĂ©ologiques, trĂšs minoritaires dans notre pays, d’autres diront tout simplement aliĂ©nĂ©s? Faut-il rappeler, encore une fois, Ă ce jeune homme de trente ans, que nous vivons aujourd’hui sous la botte et les serres de cette dictature de l’infĂąme BEN ALI, grĂące Ă la suffisance, l’aveuglement et la folie mĂ©galomane de son oncle le combattant suprĂȘme de la nouille, et que sa tante l’ignare et vulgaire SAIDA SASSI fait partie de ce la TUNISIE a produit de plus honteux ( c’est juste pour remettre les choses en ordre historique) .Oui certains se sont mĂ©langĂ©s les pinceaux dans certaines “donnĂ©es” et formulations chiffrĂ©es que le RCD et la dictature ne renieraient pas, tellement les chiffres sont trafiquĂ©s et biaisĂ©s par l’administration de la monarchie maffieuse qui fait la pluie et le beau temps dans notre pays.Les donnĂ©es Ă©conomiques et les comptabilitĂ©s Ă©tablis par le forum de DAVOS, le FMI du sioniste STRAUSS KHAN, il est venu en personne, passer qq jours de vacances avec sa trĂšs militante femme A.SINCLAIR Ă HAMMAMET, donner un prix d’excellence, rien que cela, à la dictature et Ă son ami intime BEN ALI, qui l’avait dĂ©corĂ© Ă son tour de l’ordre du mĂ©rite tunisien, une mĂ©daille en chocolat et les mots n’ont plus de sens dans notre pays colonisĂ©, et c’est bien ce genre d’individu immoral , ce sioniste qui avoue que chaque matin en se rasant, il prie pour la grandeur de l’entitĂ© sioniste, une entitĂ© de nĂ©onazis, qui prĂ©tend à gouverner la FRANCE dans un proche avenir.Il faut comprendre que dans la toile d’araignĂ©e sioniste, les dictatures mercenaires comme celle de BEN ALI, peuvent tout se permettre, surtout de donner aux organisations internationales des bilans comptables et des chiffres trafiquĂ©s Ă l’usure, pour masquer les apparences et prĂ©tendre Ă une fausse respectabilitĂ©, Ă charge pour les gens comme STRAUSS KHAN, d’adouber ces horreurs, de faire l’apologie de ces mensonges et de cette propagande mensongĂšre qui blanchit les dictatures arabes, et avilissent, participent Ă la colonisation de nos peuples, en bref les dĂ©cideurs de ces organisations, sont vraiment juges et parties, ces maĂźtres Ă penser de BEN ALI qui favorisent la soumission, la dĂ©flation, l’attentisme et le renoncement du plus grand nombre, qui rĂ©duisent la majoritĂ© des tunisiens Ă la misĂšre, ce qui provoquent de temps en temps des situations justes et dĂ©mocratiques, salutaires, comme ceux de REDEYEF, et du BASSIN MINIER, un jour il sera le tour de la TUNISIE toute entiĂšre de se rĂ©veiller Ă sa dĂ©chĂ©ance, il n’y’a pas de doutes lĂ -dessus, et ceux des dĂ©mocrates tunisiens qui participent au cirque Ă©lectoral de BEN ALI, doivent comprendre qu’ils sont de plus en plus larguĂ©s, la conscience collective de la trĂšs grande majoritĂ© des tunisiens se chargera, le jour “J”, de renvoyer chacun Ă ses responsabilitĂ©s.Au train oĂč vont les pillages, la spĂ©culation et les crimes des familles rĂ©gnantes, crimes Ă grande Ă©chelle, des voyous comme les TRABELSI, les BEN ALI, les MATERI et compagnie, fatalement, pousseront notre peuple Ă se dĂ©faire radicalement de ces tares, et le moyen le plus probant, sera toujours celui de l’Ă©tat de droit, enfin pour ceux qui sont dĂ©mocrates et aiment la TUNISIE , ceux qui ne lui souhaitent aucun massacre et aucune violence . Donc pour revenir Ă nos moutons et revenir à la mĂ©diocre prestation de SEDDIK OMMAYA et sa finalitĂ©, il est clair, cela fut toujours clair, pour ceux qui sont lucides et vivent la question tunisienne, que la question Ă©conomique rĂ©sulte  d’un profond arbitraire idĂ©ologique, et que le vrai dĂ©bat n’est pas celui lĂ , mais c’est un dĂ©bat de fond d’ordre, sĂ©mantique ment, CULTUREL et POLITIQUE, tout le reste y compris l’Ă©conomique et le social ne pourront ĂȘtre traitĂ©s qu’en tenant compte de ces absolus, ce qui revient Ă dire, que dĂ©noncer les dĂ©rives Ă©conomiques, sociales ect …de la dictature ne peuvent ĂȘtre de fond, que dans projet global de mobilisation de la nation tunisienne, un projet politique et culturel qui travaillera Ă imposer ses attentes, Ă la dictature, et par voie de consĂ©quence au monde entier, comme les ukrainiens, gĂ©orgiens et d’autres peuples rĂ©cemment libĂ©rĂ©s, les tunisiens ont plus besoin de libertĂ©s et de justice que de pain; le raisonnement des gens dĂ©tachĂ©s de la rĂ©alitĂ© tunisienne comme O.SEDDIK , ne peuvent ĂȘtre que dans le jugement thĂ©orique et surannĂ©, tellement, les rapports de force sont Ă©vidents dans la permanence des constats simplistes d’une certaine gauche qui prend ses rĂȘves pour des rĂ©alitĂ©s, et qui semble ignorer que le mur de BERLIN est tombĂ© depuis longtemps, la TUNISIE n’a pas besoin de la dictature, et pas plus d’un terrorisme culturel qui veut exclure tout ceux qui sont dans les fondements civilisateurs de leur Histoire, ou du moins de leurs ĂȘtre intĂ©rieur, ces exclusions dogmatiques et bornĂ©s qui nous parlent d’intĂ©grisme et de terrorisme dans l’affaire tunisienne, aussi bizarre que cela puisse paraĂźtre, sont partagĂ©es par la dictature et une certaine gauche salonnarde, elles poussent , et donnent une idĂ©e puĂ©rile du quotidien des tunisiens qui seraient dans l’attente, je le cite” d’une transition littĂ©rale”, il semble ignorer que cette fumeuse thĂ©orie de “transition littĂ©rale” ne sera en TUNISIE qu’un simple passage de relais entre les actuelles familles rĂ©gnantes en TUNISIE, ou bien, on se rĂ©veillera sous la botte d’un pouvoir nommĂ© par l’Ă©tranger; ce qu’il faut comprendre, c’est en cela que la question tunisienne est d’ordre cultuel et politique, c’est que jamais il n’y’ a eu de fin de rĂšgne de BOURGUIBA dans tout l’espace politique tunisien, celui de la dictature, comme celui de l’opposition, toujours l’ emploi de ces mĂȘmes outils rouillĂ©s par les compromissions, la frilositĂ© des Ă©go et la mĂ©diocritĂ© des rĂ©flexions.C’est un nĂ©gationnisme historique que de situer l’ISLAM politique tunisien vers le fin de rĂšgne de BOURGUIBA, de faire l’amalgame entre lui et ENNAHDA; il faut remonter dans le temps pour comprendre qu’il a existé d’une maniĂ©rĂ© sensible, organisĂ©e et intellectuelle, bien avant le colonialisme, et plus prĂ©s de nous, il faut bien lire T.HADDAD, ABULKACEM CHABBI, AHMED CHABBI et M.TALBI…Quand au jeune animateur SLIM BELHASSEN qui suppose que les Ă©vĂ©nements de REDEYEF et du bassin minier ont mis la TUNISIE Ă feu et Ă sang, alors qu’il ne s’agit que de la pure propagande d’aprĂ©s lui, il est victime de ces genres d’interprĂ©tations fantasques, dĂ» d’une part, à l’ignorance justement du dĂ©ficit culturel et politique qui frappe la plus part des tunisiens des cĂ©nacles et des lobbys, et d’autres part, à la faute des grands partis de l’opposition dĂ©mocratique qui sont restĂ©s spectateurs d’un mouvement spontanĂ© qui ne se reconnait nullement dans leur politique . C’est maintenant une date rĂ©fĂ©rence pour tous les tunisiens dignes et Ă©pris de justice, la rĂ©volte du bassin minier, n’avait pas la prĂ©tention de dĂ©truire le pays ou la rĂ©gion, mais plus que cela, rĂ©veiller les consciences et parler Ă la TUNISIE, parler au monde, sur ce plan, mission accompli, sur ce plan lĂ tout est clair, le plus important dans la conscience collective des tunisiens, est que toute la propagande de cette dictature criminelle est mise Ă terre.Oui les martyrs de ce mouvement, les torturĂ©s et les embastillĂ©s, ont arrachĂ© le masque de la tyrannie tunisienne, ce mouvement n’a mĂȘme pas mis la rĂ©gion Ă feu et Ă sang, tout simplement parce que c’est un mouvement pacifique, un mouvement civil et citoyen, hors de la norme esclavagiste de BEN ALI et ses complices.Ceux qui avaient mis la rĂ©gion Ă feu et Ă sang, ceux qui ont les moyens de mettre le pays Ă feu et Ă sang et qui n’hĂ©sisteront pas Ă le faire, ce sont les forces rĂ©pressives au service de ben Ali, ces forces abjectes qui avaient tirĂ© sur la foule, nous sommes plusieurs Ă ne pas dĂ©sespĂ©rer qu’une prise de conscience de la majoritĂ© de ces troupes rĂ©pressives, l’Ă©ventualitĂ© de cette prise de conscience met Ă mal tout le pouvoir tunisien illĂ©gitime; Ă ne pas en douter. Bref, en ce qui concerne l’Ă©conomie et contrairement à ce que veulent nous faire croire certains, l’endettement de la TUNISIE bat tous les records, il est dramatique et nous pouvons affirmer que l’avenir ne sera pas rose; tous les voyants sont au rouge, et ce n’est pas la dĂ©magogie alimentaire de MEZRI HADDAD, qui se prend pour SOCRATE et DiogĂ©ne qui pourra endormir qui que ce soit, l’intervention de ce mercenaire de la plume est toujours de la mĂȘme cuvĂ©e des traĂźtres et des repentis, voilĂ un intĂ©griste, un zĂ©lateur de la folie mauve qui s’acharne, le pauvre, Ă se donner une existance propre, mais beaucoup d’entre nous savent comment ce pauvre type avait Ă©tĂ© retournĂ© par les services de la tyrannie, sa famille et leur bouge de MELLASSINE, je tiens Ă dire que la pauvretĂ© n’est pas un crime, ce qui est un crime impardonnable, c’est de vendre son Ăąme, donc la famille de l’opposant Ă l’Ă©poque MEZRI HADDAD, Ă©tait dans une misĂ©re noire et endĂ©ttĂ©e jusqu’Ă l’os, la plus part de ses membres, par l’injustice de BEN ALI, risquaient la prison, pourri comme elle est cette dictature, elle proposĂąt un deal au plumtif qui se prend pour un penseur, il l’accepta vite fait, homme sans conscience, MEZRI fut retourné comme un vulgaire poncif, il ne fut pas le seul, beaucoup de ces pseudos intellectuels de gauche, genre BESSIS sautĂ©rent sur l’occasion.Le surmoi de MEZRI n’a d’Ă©gal que la noirceur de son Ăąme et la dĂ©bilitĂ© de sa mĂ©galomanie, il Ă©tait Ă cette rĂ©union de Sciences-Po, l’officiel et l’officieux de la dictature crĂ©pusculaire, d’ailleurs, il commence Ă marchander sa nuisance de sicaire de sĂ©rie”B” Ă pas mal d’opposants.Nous avons eu droit, aussi, au plaidoyer dĂ©chirant d’un A.N.CHEBBI, trĂšs clair et trĂšs juste d’ailleurs, mais qui baigne dans la plus affreuse contradiction, en vieux politicien, il aurait dĂč Ă©viter de se mettre Ă table avec le diable, M. BEN JAAFER dans son rĂŽle de composition habituel, celui du sage ne convainquera jamais personne, l’heure Ă©tait aux pleureuses et aux veuves Ă©plorĂ©es, BEN ALI les a tous eu, comme toujours, Ă croire qu’ils sont sadomasochistes.Moncef marzouki Ă la barre, comme Ă ses habitudes, clair, passionnĂ©, passionnant et flomboyant, a renvoyĂ© par l’argumentaire et un brin d’ironie, tout ce beau monde, les flics missionnĂ© de la dictature,  comme les cocus de l’opposition Ă leurs chĂ©res Ă©tudes.Puis pour clore le tout, aprĂ©s l’exceptionnel passage de MARZOUKI, redoutable orateur par la vĂ©racitĂ© de ses propos, sous l’oeil avisĂ© et malicieux de maĂźtre AYADI, un homme intĂ©gre et courageux; l’applaudimĂ©tre, pour MARZOUKI, à fait trembler les vieux murs de cette vĂ©nĂ©rable institution; nous eĂ»mes droit Ă une seconde louche du fatiguĂ© et fatiguant A.N.CHEBBI, ce dernier traita MARZOUKI de donneur de leçons, et de planquĂ© Ă l’Ă©tranger, toujours la mĂȘme rengaine, la mĂȘme mĂ©disance, les mĂȘmes rĂ©flexes verbaux employĂ©s par la dictature, et ceux des opposants qui se prennent pour l’Ă©vangile, BRAVO pour le cacique du PDP, A.N.CHEBBI, pour qui, les tunisiens dĂ©mocrates et opposants vivant Ă l’Ă©tranger, ne peuvent en aucun cas avoir droit Ă la parole, et avoir un avis contraire; je crois qu’il est temps pour le dorĂ©navant prĂ©sident d’honneur du PDP de regagner ses pĂ©nates, de profiter de sa retraite, il est temps aussi pour le PDP de se rĂ©former et de permettre l’Ă©mergence en son sein de militant rĂ©alistes et lucides, l’opportunisme n’a jamais payĂ©. 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Réponse de mezri haddad
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Bien malin celui qui a postĂ© pour Tunisnews le compte rendu que le site Afrik.com vient de faire sur la rencontre du 10 octobre Ă Sciences-Po. La manĆuvre est subtile autant que les cibles visĂ©es sont clairement dĂ©signĂ©es. Pour que lâillusion soit parfaite, le recĂ©leur et convoyeur de cette vraie fausse information a bien pris la prĂ©caution dâocculter le droit de rĂ©ponse que jâai utilisĂ© et qui se trouve pourtant sur le site en question. Câest par ce droit de rĂ©ponse, qui ne devait pas excĂ©der les 500 caractĂšres et que les visiteurs occasionnels dâAfrik.com ont pu lire, contrairement aux nombreux lecteurs de Tunisnews, que je vais donc commencer cette mise au point. Voici ce quâon y lit : « Par ses simplifications abusives, votre compte rendu ne relĂšve point de lâinformation mais du militantisme politique. Je ne vais donc pas le discuter mais seulement exercer un droit de rĂ©ponse. Primo, je ne suis pas un conseiller de Ben Ali mais un libre penseur engagĂ© dans le dĂ©bat politique tunisien. A ce titre, jâai dĂ©fendu ce que vous appelez le rĂ©gime et ce que jâappelle lâEtat. Secundo, je nâai pas esquivĂ© le sujet que je suis censĂ© traiter mais Ă©vitĂ© le piĂšge que certains voulaient me tendre ». Venons- en maintenant Ă lâessentiel. Et dâabord le titre dont on me gratifie, celui de « proche du rĂ©gime ». Si lâon veut jouer au jeu bien hasardeux du qui est proche de quoi, il faudrait y aller avec transparence et loyautĂ© en disant Ă©galement qui est proche du Quai dâOrsay ? Qui est proche du PS ou de lâextrĂȘme-gauche française ? Qui est proche des RG français ? Qui fut proche des nĂ©oconservateurs amĂ©ricainsâŠetc ? Lorsquâon surfe sur les vagues de la morale, il faut avoir la culotte propre ! Ce nâest pas que cette proximitĂ© avec le rĂ©gime me dĂ©range, bien au contraire, je lâassume et jâen suis plus que fier. Câest plutĂŽt parce que cette qualitĂ© occulte mon es-qualitĂ© : philosophe, ou penseur politique, ou directeur dâun centre de gĂ©opolitique chypriote, ou simplement journaliste. Je rĂ©cuse donc lâexpression proche du pouvoir parce que je la trouve stupide, rĂ©ductrice et trompeuse Ă bien des Ă©gards. Tant quâĂ faire, que lâon me dĂ©signe par lâexpression gramscienne dâintellectuel organique qui, mĂȘme si elle mâest dĂ©favorable, signifie au moins quelque chose dans les sciences politiquesâŠet marxistes ! Celui qui a trouvĂ© mon introduction âcar je nâĂ©tais quâĂ lâintroduction lorsque jâai Ă©tĂ© courtoisement invitĂ© Ă conclure- « mĂ©prisante » et « ridicule » ignore des prĂ©cĂ©dents similaires et davantage encore lâironie socratique. Un prĂ©cĂ©dent : lors dâun dĂ©bat tĂ©lĂ©visĂ© avec certains opposants sur la chaine Al-Mustaquilla (le 2 septembre 2001), lorsque lâanimateur mâa prĂ©sentĂ© comme Ă©tant « proche du rĂ©gime ». Jâavais eu pratiquement les mĂȘmes propos que ceux rĂ©cemment tenu Ă Sciences-Po. Khaled Ben Mbarek, tĂ©moin des deux scĂšnes, sâen souvient peut-ĂȘtre. Second point que je souhaite clarifier, le fait dâavoir lĂąchement esquivĂ© le sujet que je devais traiter : les acquis de lâĂšre Ben Ali. Devrais-je rappeler ici quâĂ cette question « dĂ©licate » et trop « compromettante », jâai dĂ©jĂ consacrĂ© un essai de 432 pages que certains nâont pas fini de lire et un autre, moins connu, au titre Ă©vocateur, « La Tunisie, des acquis aux dĂ©fis » ? Je nâavais par consĂ©quent aucune difficultĂ© Ă traiter, avec force argumentative et exemples incontestables, cette question qui nâest problĂ©matique que pour les incapables ou les inclassables. Pourquoi donc je ne lâai pas abordĂ© ? Pour Ă©viter in extremis le piĂšge qui se tramait et sur lequel je ne vais pas mâattarder par Ă©gard aux organisateurs. Je promets seulement Ă ceux qui sont restĂ©s sur leur faim quâils seront rassasiĂ©s : quâils suivent bien les tĂ©lĂ©visions, les radios et les journaux français dans les jours qui viennent et ils verront que, parler des acquis de lâĂšre Ben Ali, nâest pas du tout un exercice pĂ©rilleux que je mâinterdis. Dâores et dĂ©jĂ , ils peuvent regarder le dĂ©bat que je viens dâavoir avec Souhayr Belhassen sur la chaine de tĂ©lĂ©vision française Public SĂ©nat (rediffusion le 18 octobre Ă 12h et le 19 octobre Ă 14h30). Ils constateront que les acquis de lâĂšre Ben Ali sont non seulement valides, mais dĂ©fendables par la prĂ©sidente de la FIDH en personne. Mezri Haddad  Â
Elections tunisiennes : Qui paie cette campagne électorale de mauvais goût?
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By Mkarriz (âŠ) au port de La Goulette, la cĂ©rĂ©monie dâaccostage dâun bateau, baptisĂ© âFidĂšles Ă Ben Aliâ, qui a embarquĂ©, hier matin du port de Bizerte, dans le cadre de la campagne Ă©lectorale pour les Ă©lections prĂ©sidentielle et lĂ©gislatives. Les 400 jeunes, filles et garçons, qui Ă©taient Ă bord de ce bateau (âŠ) La Presse Leila Ben Ali a prĂ©sidĂ©, lundi, au port de La Goulette, la cĂ©rĂ©monie dâaccostage dâun bateau, baptisĂ© « FidĂšles Ă Ben Ali »Je suis on ne peut plus scandalisĂ© par ce passage! Je me demande qui paie ce bateau qui voyage de Bizerte Ă Tunis? Qui loge et nourrit les 400 personnes qui Ă©taient Ă bord? Ce nâest certainement pas une croisiĂšre touristique! âDans le cadre dâune campagne Ă©lectoraleâ!! On OSE en organiser une, mais pour quoi faire? Pour se moquer des gens. Des gens qui paient, les contribuables!? Mais qui paient toutes ces banderoles polluantes, ces affiches agressantes et de mauvais goĂ»t? Qui oserait dĂ©penser des millions pour des torchons? Qui exactement, si ce nâest une bande en manque de reconnaissance qui veut se faire plaisir sur le dos des citoyens? Qui paient ces dĂ©placements, ces dĂźners, ces rassemblements? Qui Ă part les contribuables qui comme vous et moi voyons notre argent payer des niaiseries pour satisfaire les caprices de gens sans scrupules alors que ça devrait amĂ©liorer la vie de tous les Tunisiens! On a le droit de demander une reddition de comptes Ă tous ceux qui gĂšrent notre argent. Notre argent: nos taxes et impĂŽts doivent ĂȘtre investis pour amĂ©liorer les services aux citoyens. Moi, je refuse catĂ©goriquement ces façons de faire et je dis haut et fort que les responsables doivent rendre des comptes pour nous dire dâune façon transparente combien dâargent a Ă©tĂ© dĂ©pensĂ© dans toute cette campagne. Rien ne doit passer sous silence!
M (Source : le blog « Tac 0 Tac » (censuré en Tunisie), le 15 octobre 2009) Lien :http://tacotac.wordpress.com/2009/10/14/qui-paie-cette-campagne-electorale-de-mauvais-gout/
Tunisie/accident : 3 morts
AFP 17/10/2009 Trois personnes ont Ă©tĂ© tuĂ©es et cinq sont portĂ©es disparues dans l’effondrement vendredi d’une usine Ă Hammam-Sousse (160 km au sud Tunis), a-t-on appris de source gouvernementale. Quinze personnes ont Ă©tĂ© blessĂ©es et trois ont Ă©tĂ© sauvĂ©es des dĂ©combres sur le chantier d’extension en hauteur du bĂątiment, selon l’agence tunisienne TAP, citant des “informations prĂ©liminaires”. Selon des sources locales, ce bilan pourrait s’alourdir car l’effrondrement de l’Ă©tage en construction s’est produit dans une fabrique de meubles en activitĂ© employant quelque deux cents personnes.