18 octobre 2006

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TUNISNEWS
7 ème année, N° 2340 du 18.10.2006

 archives : www.tunisnews.net


 

CNLT: Encore une victime de la lutte antiterroriste ACAT-France: Affaire TEBOURSKI : La Commission des recours des réfugiés a reconnu de facto que la mobilisation des ONG était fondée. Le Figaro: Les voleurs de yachts de la Riviera avaient des complicités dans les ports Al Bayane (Maroc): La Tunisie déclare la guerre au voile La Nouvelle République (Algérie),  : Le gouvernement tunisien déclare la guerre aux islamistes Balha Boujadi:La dictature de matraque contre celle des barbus Jameleddine Heni: A propos du voile islamique – Au nom des mères

Jeune Afrique: Profil –  Sarah Baatout

Des médecins chinois pour des hôpitaux tunisiens


Conseil National pour les Libertés en Tunisie Tunis, le 17 octobre 2006

Encore une victime de la lutte antiterroriste

 

 
Le CNLT exprime sa consternation face aux conditions dans lesquelles a été arrêté monsieur Mahmoud Tounakti, livré par le gouvernement bulgare le 30 août 2006. Ce citoyen a été écroué en vertu d’un jugement par défaut le condamnant à dix ans d’emprisonnement pour « s’être mis en temps de paix à la disposition d’une organisation terroriste », prononcé le 30 juin 1995 par le tribunal militaire de Tunis. Monsieur Tounakti a été jeté en prison sans motif légal, dans la mesure où il y a forclusion par prescription. Le tribunal militaire qui a reçu sur la forme l’opposition au jugement devait le déclarer entaché de nullité puisque basé sur des faits remontant à plus de dix ans et l’autoriser à le libérer.
La famille de Monsieur Mahmoud Tounakti (43 ans) affirme qu’il vivait à l’étranger depuis 1991, qu’il s’était installé en Bulgarie en 1999, où il avait acquis le droit au séjour jusqu’en 2008. Les autorités bulgares qui ont arrêté monsieur Tounakti le 28 août 2006 à Sofia sur la base d’un document émis par le gouvernement tunisien ont commis une grave violation de son droit à l’asile et ne l’ont informé d’aucune décision de renvoi pas plus que de la possibilité d’être assisté d’un avocat ou de porter un recours devant une instance judiciaire spécialisée. Elles l’ont également obligé à abandonner tous ses biens, sans compter les violences sauvages perpétrées sur lui par les agents de la Sûreté bulgare qui l’ont enlevé sur la voie publique. Le Conseil, qui considère que la situation de monsieur Tounakti révèle une fois de plus le déni des droits et aux libertés individuelles au bénéfice de la dite lutte antiterroriste, et que ce déni résulte de la coopération entre de nombreux appareils sécuritaires à travers le monde (…), exige du gouvernement tunisien la libération immédiate et inconditionnelle de monsieur Mahmoud Tounakti, et exige du gouvernement bulgare de permettre à monsieur Tounakti de recouvrer tous ses droits et d’obtenir réparation des préjudices matériels et moraux, et qu’en soient traduits en justice les responsables. Pour le Conseil La porte-parole officielle Sihem Ben Sédrine (traduction ni revue ni corrigée par les auteurs de la version originale, LT)

Importante nouvelle:

Le site pdpinfo.org attaqué

 

Un problème technique est survenu il y a quelques heures, suite à la destruction complète de la BASE DE DONNÉES du site. Nous ignorons pour l’instant les causes de cet incident. Nous avons dû revenir à une version antérieure de cette base de données.   Nous espérons remettre le contenu (articles et autres ) ainsi perdu. Nous sommes désolais pour ce qu’a occasionné cet incident comme perturbation.   Nous vous prions de rester fidèle à notre site qui essaye de contribuer à diffuser une information crédible en couvrant la situation politique, sociale, culturelle et autre en Tunisie.   Le responsable du site   (Source: message reçu du responsible du site pdpinfo.org, le 17 octobre 2006 à 14h20 heure de Tunis)

Communiqué de presse ACAT-France Contacts Sophie CROZET – Tél. : 01 40 40 02 10 – sophie.crozet@acat.asso.fr Lucile HUGON – Tél. : 01 40 40 74 10 – lucile.hugon@acat.asso.fr  

Affaire TEBOURSKI : La Commission des recours des réfugiés a reconnu de facto que la mobilisation des ONG était fondée.

 

La Commission des Recours des Réfugiés a reconnu aujourd’hui que M. TEBOURSKI[1]« a pu craindre avec raison d’être rejugé pour les mêmes faits pour lesquels il a déjà été condamné [en France], et persécuté en cas de retour [vers la Tunisie]».   Elle reconnait également le fait qu’« après son expulsion vers la Tunisie, il est resté en liberté mais a été placé sous une surveillance policière ostentatoire, sans être arrêté, [ce qui] doit être regardé comme traduisant la volonté des autorités tunisiennes de dissimuler leurs intentions réelles à son égard, compte tenu notamment de la médiatisation internationale de cette affaire ».   À l’heure où le rapporteur spécial du Conseil des droits de l’Homme de l’ONU, dans son dernier rapport sur la torture, souligne l’importance de rester vigilant contre les pratiques qui sapent le principe de non refoulement[2], l’ACAT-France déplore qu’en refusant d’avaliser les craintes de M. TEBOURSKI, ni l’OFPRA, ni le juge administratif français n’aient choisi d’empêcher son expulsion illégale. Il lui a même été refusé d’être expulsé vers un autre pays que la Tunisie, ce qu’il demandait avec force. Belle leçon de droit.   L’ACAT-France se félicite donc qu’une institution française reconnaisse enfin que M.TEBOURSKI et plus généralement toutes les personnes expulsées vers la Tunisie et susceptibles d’être accusées de terrorisme peuvent « faire l’objet de mauvais traitements au sens de l’article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’Homme».   Ainsi, tout en spécifiant que les agissements de M. TEBOURSKI étaient contraires aux buts et principes des Nations Unies, la Commission des Recours des Réfugiés a reconnu le bien fondé de ce que dénonçaient l’ACAT-France, Amnesty International et la CIMADE.   Quels que soient les faits qui puissent lui être reprochés, l’ACAT-France s’oppose de manière systématique à l’expulsion d’une personne vers un pays où elle risque d’être torturée ou condamnée à mort.   En outre, nous demandons à l’ensemble des Etats signataires de la convention contre la torture autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants de respecter leurs engagements internationaux et de protéger ainsi des individus contre la torture.   
La Tunisie n’est pas qu’un pays de soleil et de plage. C’est un pays où l’on torture et où l’on bafoue quotidiennement les plus élémentaires des droits de l’homme.
[1]Adel Tebourski, franco-tunisien, a été condamné, en France, à 6 années d’emprisonnement pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste » dans le cadre d’une affaire liée à l’assassinat du Commandant Massoud. Il a purgé sa peine, et a été déchu de sa nationalité le 19 juillet 2006, avant d’être expulsé le 7 août malgré le soutien qui lui avait été apporté par des associations de la société civile française et internationale ainsi que le Comité contre la torture des Nations-Unies   [2] Le principe de non refoulement dans le droit international relatif aux droits humains interdit le refoulement – l’expulsion – si un individu risque de subir des atteintes graves à ses droits humains (notamment la torture)  


Les voleurs de yachts de la Riviera avaient des complicités dans les ports

CHRISTOPHE CORNEVIN.

 

Des « taupes » renseignaient les voleurs sur les luxueux bateaux, allant parfois jusqu’à fournir le double des clés.

 

UN GANG de pirates des mers spécialisés dans les vols de yachts à destination de la Tunisie vient d’être démantelé par la gendarmerie maritime de Toulon au terme de dix mois de traque.

 

Depuis lundi, les militaires ont lancé dans la plus grande discrétion un coup de filet visant à interpeller les « taupes » implantées dans le milieu nautique de la Côte d’Azur pour renseigner les voleurs. Les gérants et employés de cinq sociétés de maintenance, mais aussi de vente, de bateaux de luxe ancrés dans les ports de Cannes et Bandol sont visés. Trois ont déjà été placés en garde à vue. « Ces entreprises géraient une flotte de plusieurs dizaines de navires, explique un enquêteur. Leurs responsables savaient quand leurs complices pouvaient intervenir. Ils connaissaient les emplacements et les conditions de navigation de chaque embarcation. »

 

À chaque reprise, les bateaux disparus ont été ciblés avec soin : la révision technique venait d’être effectuée, les cuves étaient gorgées de gasoil, assez en tout cas pour rejoindre les côtes africaines. Parfois, les informateurs fournissaient même un double des clefs de contact aux skippers clandestins. Enfin, les « taupes » feignaient de ne pas s’apercevoir du vol des bateaux dont ils avaient la responsabilité pendant plusieurs jours avant d’alerter les propriétaires. Ces derniers, des hommes d’affaires ou de riches héritiers, déposaient plainte à Paris. Le temps que la procédure soit transmise à une brigade spécialisée, les yachts avaient eu le temps de s’évanouir dans la nature. En général, ils faisaient escale à Malte ou en Sardaigne, où ils étaient maquillés avant d’être revendus. Entre 2001 et 2005, trente joyaux des mers ont ainsi été volés dans le Midi et en Corse.

 

À ce stade des investigations, les gendarmes ont établi qu’au moins trois superbes yachts, d’une valeur globale de deux millions d’euros, ont transité par cette filière depuis décembre dernier. Parmi eux, figure le Béru-Ma, appartenant au patron de la banque Lazard à Paris, Bruno Roger. Estimé à plus d’un million d’euros, il avait disparu dans la nuit du 4 au 5 mai dernier du port de Bonifacio. Après une escale à Cagliari en Sardaigne, il avait rejoint le port de Sidi Bou Said en Tunisie, où il a été retrouvé, puis saisi par Interpol le 26 mai.

 

« Réputation mafieuse »

 

L’opération menée depuis lundi sur le littoral méditerranéen intervient un mois après l’interpellation dans la région varoise de trois skippers français qui convoyaient les bateaux vers la Tunisie. Lors de sa garde à vue, Cédric S., l’un d’entre eux, a avoué avoir perçu 44 000 euros pour acheminer les yachts à bon port. Il a désigné Imed Trabelsi et son cousin Moaz, comme les commanditaires présumés du trafic. Membres de la famille du pré­sident Ben Ali, présentés de source proche de l’enquête comme des « Tunisiens à la réputation ma­fieuse », les deux hommes ont fait l’objet d’accusations accablantes. Sur procès-verbal, un skipper révèle notamment qu’« avec Trabelsi, nous avons évité les contrôles […] Un douanier a posé une main sur mon sac. Trabelsi l’a repoussé en lui parlant arabe, et son chef est arrivé en s’excusant ».

 

À l’occasion d’une livraison récente de bateau dans le port de Bizerte, le marin se souvient « d’un comité d’accueil fourni » notamment composé du « destinataire du bateau […] monsieur Trabelsi cousin d’Imed, du chef des douanes accompagnés de quelques-uns de ses hommes et de quelques policiers ». Alors que l’opération se poursuivait hier sur la Côte d’Azur, l’enquête pourrait prendre de nouveaux développements internationaux.

 

(Source: Le Figaro (France) du 18 octobre 2006)

Lien : http://www.lefigaro.fr/france/20061018.FIG000000226_les_voleurs_de_yachts_de_la_riviera_avaient_des_complicites_dans_les_ports.html

 


 

La Tunisie déclare la guerre au voile

 

Mercredi dernier, le Président tunisien Zine El Abidine Ben Ali s¹est prononcé contre le voile « d¹inspiration sectaire importée de l¹extérieur» afin de lutter contre l¹islamisme. Des ministres lui ont emboîté le pas, condamnant, pour les femmes, le port du hidjab et d¹une longue tenue de coton appelée «qamis» et, pour les hommes, le port de la barbe. Ils appellent également, comme le chef de l¹Etat, à revêtir les habits traditionnels.

 

Le voile est «un slogan politique affiché par un groupuscule qui se dissimule derrière la religion pour réaliser des desseins politiques», a lancé, vendredi, le ministre des Affaires Etrangères, Abdelwaheb Abdallah. Son homologue de l¹Intérieur, Rafik Belhaj Kacem, a pour sa part déclaré que ce vêtement était le «symbole d¹une appartenance politique qui se cache derrière la religion, qui en est innocente, et qui cherche à faire revenir la réalité de la société aux ères très anciennes». Ils justifient leurs inquiétudes en parlant d¹une augmentation substantielle de femmes couvrant leur tête.

 

Pour Khadija Chérif, présidente de l¹Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD), la recrudescence est réelle, mais ne date pas d¹hier. En 2003, sa structure dénonçait déjà que «un peu partout dans la rue, à l¹école dans les établissements publics, surgissent des femmes jeunes et moins jeunes qui portent «la tenue islamique».

 

Un décret contre la montée de l¹intégrisme

 

Soulignant «le droit des femmes au choix de leurs tenues», l¹association ajoutait que «cet uniforme qui veut gommer la diversité des femmes, annuler les différences, méconnaître les femmes en tant qu¹individus sexués est un symbole réducteur et de régression…». Car, pour elle, celles qui portent le voile remettent en cause le Code du statut personnel de 1956, qui a fait de la Tunisie, très tôt, un pays avant-gardiste en matière de droits de la femme.

 

L¹ATFD, qui n¹a pas changé de position, estime que les femmes qui portent le hidjab sont issues de toutes les classes sociales. «Il n¹y a malheureusement pas de sondage. Mais à notre échelle nous avons essayé de déterminer pourquoi elles le portent. On ne peut pas généraliser, mais certaines parlent de politique, de réaction contre le gouvernement, de la religion ou d¹une façon de se démarquer des Occidentaux», énumère Khadija Chérif.

 

C¹est pour éviter que le phénomène ne s¹étende plus que le gouvernement souhaite l¹application du décret 108 de 1981, qui interdit le port du voile dans les établissements publics. Au risque, pour les employées du secteur en question, d¹être licenciées. Le texte devait barrer la route à la montée de l¹intégrisme.

 

(Source : le journal « Al Bayane » (Maroc), le 18 octobre 2006)

Lien : http://www.albayane.ma/Detail.asp?article_id=58873

 


 

Le gouvernement tunisien déclare la guerre aux islamistes

De Paris, Redha Moncef

 

Le port du foulard et du hidjab sera désormais interdit dans l’ensemble des institutions et établissements publics en Tunisie. La nouvelle mesure initiée par le parti au pouvoir (RCD) vise à lutter contre l’intégrisme et l’extrémisme religieux.

 

L’interdiction de porter les vêtements islamistes n’est pas une chose récente pour le gouvernement de Ben Ali du fait qu’il existe déjà un texte en ce sens initié en 1981.

 

Ainsi, le gouvernement de Ben Ali a répondu favorablement à l’appel lancé par le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD) en matière de lutte contre une idéologie dite «islamiste».

 

Les signes religieux ne seront plus tolérés également dans le secteur de l’éducation, que se soit dans le cycle primaire, moyen, secondaire ou supérieur. L’interdiction de porter le foulard et le hidjab par le gouvernement a été accueillie favorablement par la majorité du peuple tunisien, à l’exception du milieu extrémiste.

 

Du côté des services de sécurité, les policiers de frontières refoulent sur le champ et mini militari toutes personnes étrangères portant une barbe ou enfilant une tenue islamiste.

 

Dans ce même cadre, des cadres du parti au pouvoir et des ministres multiplient les déclarations par lesquelles ils expliquaient que le hidjab, le khimar et les tenues islamistes n’a rien à voir avec la culture tunisienne.

 

Le ministre des Affaires religieuses tunisien,  Abou Baker Lakhzouri, a déclaré que «le voile est une intrusion et il fait fausse note de nature à constituer le sectarisme que nous réfutons».          

 

(Source : le journal « La Nouvelle République » (Algérie), le 18 octobre 2006)

Lien : http://www.lanouvellerepublique.com/actualite/lire.php?ida=43714&idc=4&refresh=1


 

 

LA DICTATURE DE MATRAQUE CONTRE CELLE DES BARBUS

 BALHA BOUJADI   Ces jours-ci, on a eu droit à un affrontement des titans entre deux forces qui ont pris en otage depuis des décennies ce peuple tunisien éthiquement et humainement bien supérieur à ces gouvernants et à cette pseudo opposition intégriste.  Les islamistes, comme toujours aussi lâches que jamais, se sont barricadés derrière leurs femmes pour entamer leur dernière bataille de résistance pour la libération des femmes, à leur manière surréaliste, en les voilant… Le système dictatorial en place depuis 20 ans grâce à la propagande et au matraquage, voulant montrer au monde entier qu’il a extirpé  le cancer islamiste, s’est trouvé face à un paysage tragi-comique à l’iranienne, les femmes de la génération Bourguiba et leurs filles se sont mises à l’heure de Amr Khaled et de Youssef El Karadhaoui pour défier le système policier le plus farouche par un morceau de tissu. Les femmes tunisiennes qui ont été les portes drapeau de la modernité et de la liberté à l’aube de l’indépendance, se sont trouvées face à un destin nébuleux, car elles ont été lâchées par leurs camarades, les hommes. Personnellement, dans mon entourage, je connais des jeunes filles belles, élégantes, pleine de vie et d’espoir, du jour au lendemain elles deviennent tristes, dévotes, soumises vieillies et laides. La cause de cette métamorphose est qu’elles se sont mariées et par conséquent le bonhomme d’époux a dévoilé son vrai visage et il a exigé qu’on l’obéisse au nom des règles et des rituels islamistes. Les jeunes de ma génération disaient qu’ils ne pouvaient pas se sentir libres si leurs épouses n’étaient pas également libres et émancipées.  C’était le bon vieux temps. Maintenant, la génération Ben Ali et Ghannouchi ne croit pas aux mêmes idéaux, au contraire, la liberté et l’émancipation sont des mots bannis de leur dictionnaire fasciste et leur lexique est devenu beaucoup plus métaphysique : le paradis, les anges, la torture dans les tombes… parait-il c’est plus marrant et excitant. Aujourd’hui que les islamistes se livrent corps et âme pour défendre leur voile et leur misère intellectuelle et la police de Ben Ali et leurs chiens chargent sur des jeunes filles innocentes et manipulées par les manitous des intégristes depuis leur exil à Londres et à Hambourg, le petit peuple tunisien est toujours mis à l’écart, personne ne lui demande son avis, aucun débat, aucune discussion civilisées, seulement les matraques et les coups de poing comme aux temps des cow-boy. Pauvre Tunisie. Tu ne mérites pas ça, toi qui as donné au monde Hannibal, Jugurtha, Ibn Khaldoun, Bourguiba et les autres, tu te trouves face à cet amalgame des valeurs et d’éthique, entre un fasciste terrestre et un fasciste céleste…   Pauvre Tunisie.   BALHA BOUJADI, le 18/10/2006 balhaboujadi@yahoo.es


A propos du voile islamique

Au nom des mères

 

Quoi que l’on pense du voile, pour ou contre, il ne faut pas s’en cacher, il faut le faire savoir, le crier haut et fort et sur tous les toits. Est-ce pour cela que l’on puisse dire  n’importe quoi, n’importe où et  n’importe comment ? L’argument « massue » qu’emploie les autorités tunisiennes comme certaines militantes ATFD (Association Tunisienne des Femmes Démocrates », tient à l’inauthenticité du voile en « vogue ». Ils s’inscrivent en faux contre une « hérésie » en rupture avec toutes les traditions vestimentaires du pays. La bataille rangée contre les filles voilées dans les universités , à la rue et un peu partout, est menée au nom de leurs mères, gardiennes de la tradition. Et c’est là où je ne suis plus !! Car  fustiger le hijab pour sa non conformité avec la tradition, me pose problème. Depuis quand, en effet, la filiation traditionnelle est-elle un critère d’opinion pour les forces progressistes ? Depuis quand un esprit moderne s’élève-t-il contre une pratique pour non respect de la tradition?  Quel serait le sens d’un combat pour l’égalité dans un esprit de tradition ? Tradition inégalitaire s’entend ?   Contre le voile, pour la tradition   Cet argument de la tradition est digne des traditionalistes, que les autorités tunisiennes et les forces laïques combattent avec la dernière énergie. Alors ? Alors ? Partisans des mêmes idées que leurs ennemis ?! On n’ira pas jusque-là. Seulement, les « coïncidences  » linguistiques font que c’est un peu le cas. Les uns et les autres ne peuvent heurter la sensibilité religieuse d’une population aux croyances religieuses solides et préfèrent composer avec les survivances inoffensives et domestiquées de la tradition qu’avec des irruptions vestimentaires conquérantes. D’où la prépondérance subitement donnée à la tradition !   Contre le voile, contre la tradition   Les choses se compliquent un peu lorsqu’on aborde le deuxième grief contre le voile dit islamique. Là, le maître mot est rétrograde, « un uniforme qui renvoie à des temps immémoriaux où les      pratiques patriarcales entérinées par les trois religions monothéistes et      reposant sur le contrôle des femmes et l’appropriation de leur corps ont      installé le privilège de masculinité et favorisé la normalisation sexiste      qui se perpétue siècle après siècle en particuliers dans le monde      arabo-musulman. »[1] Le hijab redevient, ainsi, l’habit traditionnel qu’il n’a jamais été !! Et ce n’est pas l’adjectif « immémoriaux » qui fera, ici, la différence entre l’ère traditionnelle et celle des premiers  temps monothéistes » . Car, « les mères, les grands-mères et les aïeules » des jeunes filles voilées étaient régentées par les mêmes rigueurs patriarcales, au moins jusqu’à promulgation par Habib Bourguiba du code du statut personnel.    Le combat contre le port du voile au nom de la modernité la plus radicale et en même temps au nom de la tradition la plus littérale ?? Inévitable contradiction à laquelle conduit un raisonnement qui veut endiguer le phénomène par tous les moyens, quitte à se délester du bon sens. Cette contradiction scandaleuse est l’un des symptômes de la furia idéologique  et/ ou de classe (politique ou économique) qui revient à propos du voile et qui n’hésitera pas à revenir dans d’autres occasions.   Le combat contre le voile n’a pas besoin d’arrière-garde politique pour être livré. En dehors des réquisitoires et des plaidoyers, de la passion juridique injectant des lois partout, le voile est un sujet d’exégèse  et de science. Sans cela, il n’est ni un butin de guerre ni un tribut de libération.    Jameleddine HENI Chercheur en psychologie cognitive [1] Déclaration de l’Association Tunisienne des Femmes Démocrates, à l’occasion de la fête de la femme 13 août 2003, signée par sa présidente Héla Abdeljawad, in Tunisnews n°1180

 

PROFIL Sarah Baatout
 

par RIDHA KÉFI   Astrophysicienne tuniso-belge, spécialiste du comportement des bactéries dans l’espace.   « Si, dans vingt ans, on envoie une équipe de six astronautes vers Mars, le voyage aller-retour durera trois ans. Il faudra leur fournir de l’oxygène, de l’eau et de la nourriture, soit l’équivalent de 5 kg par personne et par jour. Le poids de la cargaison embarquée dans la navette avoisinerait 32 t   Chaque kilo coûterait en carburant environ 8 000 euros, soit 256 millions au total. Sans parler de la nécessité de ramener sur terre quelque 40 t de déchets ! » Chef de projet au Laboratoire de radiobiologie et de microbiologie du Centre d’étude de l’énergie nucléaire (SCK-CEN), à Mol, dans le nord de la Belgique, Sarah Baatout sait de quoi elle parle. « Ce simple exemple montre l’importance du problème du recyclage sur place des déchets, tant dans les voyages interplanétaires que dans les stations permanentes sur la Lune ou sur Mars », explique-t-elle.   Depuis 1989, les chercheurs de l’Agence spatiale européenne s’efforcent d’imaginer un écosystème fermé, basé sur les bactéries et les plantes. Ce système alternatif permettrait d’utiliser les rayons solaires pour transformer les déchets (gazeux, liquides ou solides) en énergie et produire de la biomasse consommable. C’est le concept « Boucle Melissa », que pilote depuis 1988 le Pr Max Mergeay, directeur du laboratoire de radiobiologie et de microbiologie du SCK-CEN. C’est aussi sur ce concept que travaille Sarah Baatout. Son rôle consiste à étudier le comportement physiologique des bactéries dans l’espace : mesurer leur taille, étudier leur forme et leurs caractéristiques membranaires… « En pratique, nous devons d’abord nous assurer que les bactéries envoyées dans l’espace ne nuisent pas au déroulement de la mission. Il faut également prévoir un système pour détecter et éliminer celles qui passeraient d’un compartiment bactérien pur à un autre. Si ce support de vie est effectivement utilisé dans l’espace, tout doit être prévu à l’avance », commente la chercheuse.   Sarah Baatout est née en 1969 à Uccle, près de Bruxelles, d’un père tunisien (installé en Belgique depuis 1958, Slah Baatout était administrateur délégué d’une maison d’édition) et d’une mère belge, Élise Wenders, institutrice de son état. Elle a fait toutes ses études à la prestigieuse Université catholique de Louvain. Titulaire d’une licence en biologie (1990), d’une maîtrise en biochimie et biologie moléculaire (1991) et d’un doctorat en biochimie sur les cancers du sang (1996), elle a suivi des stages aux États-Unis, au Canada et en France. Depuis 1995, elle est chercheuse au SCK-CEN, un centre de recherche dépendant du ministère fédéral de l’Énergie qui compte quelque six cents collaborateurs, dont beaucoup (un tiers) de chercheurs universitaires. Simultanément, elle poursuit des recherches en biologie du développement, en radiothérapie et en biologie spatiale. Ses travaux (elle compte une soixantaine de publications) ont permis de mieux comprendre les effets physiologiques des radiations sur les cellules d’embryons et les cellules cancéreuses. En 2005, elle a obtenu le prix Adolphe-Wetrems, la plus importante distinction scientifique belge, que décerne chaque année l’Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts à un Belge de moins de 40 ans qui a fait des « découvertes ou inventions utiles dans le domaine des sciences naturelles ».   Première chercheuse du SCK-CEN à se voir attribuer cette distinction, Sarah Baatout est aussi experte au Conseil supérieur de l’hygiène (le ministère belge de la Santé), vice-présidente de la Société belge de cytologie analytique, chargée de cours à l’International School for Radiation Protection et membre du Consortium belge d’hadronthérapie (une nouvelle forme de radiothérapie basée sur l’utilisation d’ions de carbone et de protons).   Mariée depuis 1999 à Andrew Dobney, un chimiste britannique travaillant lui aussi au SCK-CEN, Sarah Baatout est mère de deux enfants. « Nous passons toujours nos vacances d’été dans la maison familiale à Béni Khiar, un village côtier près de Nabeul. C’est un paradis et un remède contre le stress », raconte Sarah. Loin des étoiles, des rayons et des bactéries, elle s’y laisse vivre sous le soleil de la Méditerranée.   (Source : Jeune Afrique, N° 2388 du 15 au 21 octobre 2006)


Des médecins chinois pour des hôpitaux tunisiens

AFP 18.10.06 | 18h37

 

La Tunisie a fait appel à des médecins chinois pour renforcer le personnel médical dans des régions dépourvues du Sud et de l’Ouest du pays, a-t-on annoncé mercredi de source officielle.

 

Des équipes formées de 35 médecins, dont des spécialistes, sont récemment arrivées en Tunisie pour être affectées dans les hôpitaux régionaux de Kebili, dans le Sud saharien, et à Sidi Bouzid (Ouest) et Jendouba (Nord-Ouest).

 

Parmi eux, certains dispenseront une formation en acupuncture dans un centre spécialisé à l’hôpital universitaire à la Marsa, près de Tunis, a-t-on précisé.

 

La mission chinoise s’inscrit dans le cadre de la coopération médicale et sanitaire établie depuis 1973 entre les deux pays.

 

Pour dix millions d’habitants, la Tunisie compte plus de 10.000 médecins de santé publique ou de libre pratique.

 

(Source : lemonde.fr, le 18 octobre 2006)


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