TUNISNEWS
10 Úme année,N° 3647 du 18.05.2010
AISPP: PrecĂšs du 17 mai C.I.L.A.E.: Le franco-tunisien Ahmed ELEUCH sera jugĂ© en appel le jeudi 20 mai 2010 pour lâaffaire de Sfax Reporters sans frontiĂšres: QuatriĂšme report du procĂšs de Fahem Boukadous CCTE: Malek Charahili est libre ! Abdel Wahab Hani: ĂĂŻd / Retornado Si Fathi Mbarki (ۧÙŰčۧۊۯ ŰłÙ ÙŰȘŰÙ Ù
ۚۧ۱ÙÙ) obtient son passeport tunisien  AFP: Douze interpellations d’islamistes prĂ©sumĂ©s en rĂ©gion parisienne Anouar Trabelsi : Tunisie. Une Familia en cacherait-elle toujours une autre ?
Ridha Kéfi : Tunisie. La vérité sur la crise économique
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Association Internationale de Soutien aux Prisonniers Politiques 43 rue Eldjazira, Tunis Aispp.free@gmail.com Tunis, le 17 mai 2010
La douziĂšme chambre criminelle de la Cour dâAppel de Tunis, prĂ©sidĂ©e par le juge Ridha Derouiche, a examinĂ© lundi 17 mai 2010 lâaffaire n°14752 dans laquelle sont dĂ©fĂ©rĂ©s en Ă©tat dâarrestation Hamza Ben Belgacem Ben Ali Benjaber, nĂ© le 5 novembre 1981, IsmaĂŻl Ben Mosbah Ben Mohammed Belhajj, nĂ© le 12 juillet 1986, Ouadiâ Ben HĂ©di Ben Ali Mechri, nĂ© le 21 mars 1981, Mohammed Ben Ali Ben Mohammed Ben Abdennebi, nĂ© le 22 avril 1985 et Hossine Ben Mâbarek Ben Boubaker Mâbarek, nĂ© le 3 novembre 1986, pour adhĂ©sion Ă une organisation ayant fait du terrorisme un moyen de rĂ©aliser ses objectifs, dâutilisation dâun pseudonyme pour identifier les membres de lâorganisation terroriste, de cotisations destinĂ©es sciemment Ă financer des activitĂ©s en relation avec les infractions terroristes. AprĂšs lâappel de lâaffaire, les accusĂ©s ont niĂ© lors de leur interrogatoire les faits qui leur sont reprochĂ©s, puis la parole a Ă©tĂ© donnĂ©e Ă la commission de la dĂ©fense composĂ©e de maĂźtres Romdhane Nakoussi, Amenallah Mourou et Samir Ben Amor. MaĂźtre Ben Amor a demandĂ© lors de sa plaidoirie lâannulation du jugement prononcĂ© en premiĂšre instance, un non lieu pour jonction des affaires puisque son client, Ouadiâ Mechri, avait dĂ©jĂ Ă©tĂ© dĂ©fĂ©rĂ© pour les mĂȘmes faits et les mĂȘmes accusations dans lâaffaire criminelle n°11935, quâil avait effectuĂ© sa peine et avait Ă©tĂ© libĂ©rĂ© rĂ©cemment. Il avait pourtant Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© Ă nouveau dans le cadre de cette nouvelle affaire peu aprĂšs sa libĂ©ration. Puis la parole a Ă©tĂ© donnĂ©e Ă MaĂźtres Amenallah Mourou et Romdhane Nakoussi qui ont demandĂ© lâannulation du jugement prononcĂ© en premiĂšre instance, et un non lieu du fait lâabsence de fondements aux accusations portĂ©es contre leurs clients et de la vacuitĂ© du dossier. Puis la sĂ©ance a Ă©tĂ© levĂ©e pour les dĂ©libĂ©rations. Les jeunes dĂ©fĂ©rĂ©s dans cette affaire sont originaires de GabĂšs et sont accusĂ©s dâavoir constituĂ© une cellule dans la rĂ©gion de GabĂšs. Ils ont Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©s aprĂšs les Ă©vĂ©nements de Slimane. Pour la commission de suivi des procĂšs politiques Le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral MaĂźtre Samir Ben Amor (traduction ni revue ni corrigĂ©e par les auteurs de la version en arabe, LT)
CommuniquĂ© du ComitĂ© International pour la LibĂ©ration dâAhmed ELEUCH Â
Le franco-tunisien Ahmed ELEUCH sera jugĂ© en appel le jeudi 20 mai 2010 pour lâaffaire de Sfax
           Le C.I.L.A.E (ComitĂ© International pour la LibĂ©ration dâAhmed ELEUCH) informe lâopinion publique française, tunisienne et internationale, que le docteur Ahmed ELEUCH comparaĂźtra ce jeudi 20 mai 2010 devant la Cour dâAppel de Sfax. Nous rappelons quâil avait Ă©tĂ© condamnĂ© en premiĂšre instance, Ă Sfax, le mardi 19 janvier 2010, Ă une peine de deux ans de prison avec sursis au motif quâil aurait « financĂ© un groupe qui prĂŽne la haine religieuse ».             Nous rappelons Ă©galement que ce procĂšs en appel, initialement prĂ©vu le 23 mars 2010, avait du ĂȘtre reportĂ© Ă la demande de lâavocat de lâinculpĂ©, qui nâavait pu obtenir la copie de la dĂ©cision de non lieu accordĂ© au psychiatre franco-tunisien dans une « autre » affaire. Le 25 janvier 2010, la Chambre dâappel de Tunis avait en effet acquittĂ© monsieur ELEUCH de sa condamnation Ă quatre ans dâemprisonnement ferme pour « participation Ă un groupe clandestin portant atteinte aux biens et aux personnes », ceci pour les mĂȘmes faits qui lui avaient valu dâĂȘtre condamnĂ© Ă Sfax quelques jours auparavant ! Cette innocence enfin reconnue avait mis un terme Ă de longs mois de souffrance pour le psychiatre franco-tunisien, qui Ă©tait restĂ© emprisonnĂ© sept semaines durant lâĂ©tĂ© 2009 et avait ensuite Ă©tĂ© contraint Ă de multiples allers-retours de Paris Ă Tunis pour un procĂšs en appel sans cesse reportĂ©.             Nous, collĂšgues, confrĂšres et sympathisants du docteur ELEUCH, comprendrions difficilement que ce dernier continue Ă ĂȘtre poursuivi Ă Sfax, aprĂšs avoir Ă©tĂ© innocentĂ© Ă Tunis, dans la mesure oĂč il sâagit de facto dâune seule et mĂȘme affaire, puisque dâune part le « groupe » incriminĂ© dans les deux chefs dâinculpation est le mĂȘme â lâex parti En-Nahda – et que, dâautre part, les deux concernent des faits identiques, Ă savoir la participation prĂ©sumĂ©e de monsieur ELEUCH Ă une rĂ©union politique Ă Tripoli en 1993. Nous rappelons au demeurant la vacuitĂ© de ce dossier, le seul Ă©lĂ©ment matĂ©riel retenu contre lâaccusĂ© restant Ă ce jour le tĂ©moignage dâun participant Ă cette mĂȘme rĂ©union, qui affirme que ce dernier y Ă©tait prĂ©sent.             Dans ce contexte, nous demandons Ă nos membres et sympathisants, en France et Ă lâĂ©tranger, de maintenir leur mobilisation en vue dâune rĂ©habilitation complĂšte de notre ami, collĂšgue et confrĂšre, afin quâil puisse recouvrer sans ambiguĂŻtĂ©s ses droits et sa dignitĂ©. Nous voulons croire que les autoritĂ©s judiciaires tunisiennes auront Ă cĆur, au nom du respect des droits fondamentaux des citoyens tunisiens et de lâAmitiĂ© franco-tunisienne, de fournir Ă Ahmed ELEUCH un nouveau procĂšs Ă©quitable et de prendre une dĂ©cision cohĂ©rente avec le non lieu quâelles lui ont rĂ©cemment accordĂ©.              Paris, le 18 mai 2010.             Docteur Patrick CHALTIEL,            PrĂ©sident du ComitĂ© International pour la LibĂ©ration dâAhmed ELEUCH (C.I.L.A.E.)            Site internet : http://www.liberez-ahmed-eleuch.net            Contact : liberez.ahmed.eleuch@gmail.com Â
QuatriĂšme report du procĂšs de Fahem Boukadous
Le 18 mai 2010, le procĂšs de Fahem Boukadous a Ă©tĂ© reportĂ© pour la quatriĂšme fois Ă une date ultĂ©rieure. AprĂšs une brĂšve audience, le juge a dĂ©cidĂ© dâajourner le procĂšs Ă la demande des avocats Fahem Boukadous, Ă©tant toujours hospitalisĂ© Ă Sousse. La prochaine audience a Ă©tĂ© fixĂ©e au 22 juin. (Source: Le site de “Reporters sans frontiĂšres” le 18 mai 2010)
Communiqué : Malek Charahili est libre !
Malek Charahili, aprĂšs une semaine de grĂšve de la faim, vient d’ĂȘtre libĂ©rĂ© aujourd’hui 18 mai 2010 du camp de Kirklareli aprĂšs plusieurs annĂ©es de dĂ©tention. Il est nĂ©anmoins assignĂ© dans la ville de Kirklareli, sans moyens pour subvenir Ă ses besoins. Toute aide sera la bienvenue. Il va devoir trouver un pays d’asile. Nous le fĂ©licitons et lui souhaitons bonne chance. Pour contacter Malek Charahili : TĂ©l Gsm : +90 53 87 91 40 74 – ou lui Ă©crire: e-mail : kerim_haji@yahoo.fr Paris, le 18 mai 2010. Mondher Sfar CCTE mondher.sfar@club-internet.fr
ĂĂŻd / Retornado Si Fathi Mbarki (ۧÙŰčۧۊۯ ŰłÙ ÙŰȘŰÙ Ù
ۚۧ۱ÙÙ) obtient son passeport tunisien
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Par : Abdel Wahab Hani
Notre ami ĂĂŻd / Retornado Si  Fathi Mbarki  (ۧÙŰčۧۊۯ ŰłÙ ÙŰȘŰÙ Ù
ۚۧ۱ÙÙ) a obtenu son passeport tunisien ce mardi 18 mai 2010 au Consulat gĂ©nĂ©ral de Tunisie Ă Paris, aprĂšs +) longues annĂ©es de privation du pays quâil a quittĂ© en 1991 et 17 longues annĂ©es dâexil en France oĂč il est arrivĂ©e en 1993.
A la sortie du Consulat gĂ©nĂ©ral de Paris, ĂĂŻd Mbarki nous confiait ce midi au tĂ©lĂ©phone que lâaccueil Ă©tait courtois et respectueux. Il nous a assurĂ© de son intention de rentrer au pays dans le courant de la quinzaine.
Comme de nombreux autres concitoyens, ĂĂŻd / Retornado Mbarki avait dĂ©couvert, par le pur hasard, la publication de son nom sur une pĂ©tition virtuelle dâĂ©ternisation (ŰȘŰŁŰšÙŰŻ) de la souffrance des exilĂ©s tunisiens, appelĂ©s mensongĂšrement « dĂ©portĂ©s » (Ù
ÙŰŹÙÙ۱ÙÙ) en arabe. Il a du batailler pour enlever son nom dâune dĂ©marche quâil affirme nâavoir jamais cautionnĂ©.
FĂ©licitations Ă notre ĂĂŻd et nos souhaits de promptes retrouvailles des Mbarki et de lâensemble de nos compatriotes ExilĂ©s ĂĂŻdoun / Retornados sur le sol de la MĂšre-Patrie, Illa Man Abaa (Ű„ÙۧÙÙ Ù
ÙÙ ŰŁÙŰšÙÙ). Et ceux qui ne veulent pas du Retour ne sont quâune infime minoritĂ©, moins dâune dizaine, selon lâun des apĂŽtres de la ragologie, de la diffamation et de lâintimidation, Ă©rigĂ©es en pensĂ©e politique et structurant une action politique en pleine faillite morale et en pleine dĂ©route.
Pour joindre ĂĂŻd / RetornadoSi Fathi Mbarki : fathi.mbarki@yahoo.fr, +33 6 09 48 39 31
GenĂšve, le 18 mai 2010
ĂĂŻd / Retornado, Bi Idhni Allah, Ahabba Al Mouhibboun Wa Kariha Al Karihoun
Abdel Wahab Hani
awhani@yahoo.fr, +33 6 17 96 00 37
Date de dépÎt de la demande de passeport au Consulat général de Paris : 19 juillet 2009
Douze interpellations d’islamistes prĂ©sumĂ©s en rĂ©gion parisienne
AFP | 18.05.10 | 08h56 Les policiers de la DCRI ont procĂ©dĂ© le week-end dernier et lundi en rĂ©gion parisienne Ă l’interpellation de douze islamistes prĂ©sumĂ©s sur commission rogatoire d’un juge d’instruction parisien, a-t-on appris mardi de sources proches de l’enquĂȘte. Ces interpellations ont Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©es par les policiers de la Direction centrale du renseignement intĂ©rieur (DCRI) sur commission rogatoire du juge d’instruction antiterroriste Thierry Fragnoli, selon une de ces sources. Ces personnes ont Ă©tĂ© interpellĂ©es en rĂ©gion parisienne et Ă Paris. Ces douze personnes, dont certaines sont d’origine tunisienne, ont Ă©tĂ© placĂ©es en garde Ă vue, susceptible de durer quatre jours en matiĂšre d’antiterrorisme, dans les locaux de la DCRI Ă Levallois-Perret (Hauts-de-Seine). Le juge Fragnoli enquĂȘte sur des filiĂšres d’acheminement de combattants Ă destination des zones de djihad, au Pakistan et en Afghanistan, selon une de ces sources.
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Tunisie. Une Familia en cacherait-elle toujours une autre ?
Par Anouar Trabelsi Mardi, 18 Mai 2010 09:00 Lâanachronisme est monnaie courante sous nos cieux. LâopacitĂ© â particuliĂšrement dans les questions financiĂšres â ne lâest pas moins. Familia Productions devrait-elle faire lâexception dans ce domaine, comme elle la fait dans les thĂ©matiques quâelle traite ou lâesthĂ©tique quâelle ne cesse de rĂ©-explorer ? Etre un modĂšle de transparence dans le pays est plus digne de cette boĂźte de production artistique. Ne doit-elle pas exiger dâelle-mĂȘme de joindre les actes Ă la parole avant de lâexiger des autres hommes de paroles ? ChĂšre Familia Productions, approcher socio-Ă©conomiquement votre Ćuvre nâest certes pas aisĂ© tant les Ă©gos sont enflĂ©s et les ruses, innombrables, sont inĂ©vitables. Mais lâempathie nâappelle pas nĂ©cessairement lâindulgence. LâEtat câest Nous : les contribuables. Un arbre quâon arrache Ă un jardin public, câest une veine quâon nous arrache. Un jardin public quâon cĂšde Ă un promoteur immobilier, câest de lâoxygĂšne dont on nous prive. Un rideau quâon greffe Ă la fenĂȘtre dâune voiture de fonction, câest un droit de regard quâon nous vole. Des centaines de secondes que lâon consacre au culte dâune personne â fut-il un artiste â dans la tĂ©lĂ©vision publique, câest notre miroir national commun quâon dĂ©forme, brise et notre redevance quâon dĂ©tourne. De mĂȘme, nous sommes concernĂ©s par tout millime du contribuable tunisien (comme dâailleurs le cent du contribuable europĂ©en) qui atterrit dans votre caisse et pour sa gestion. Qui plus est, il est normal quâon soit plus exigeant avec vous, qui ĂȘtes les ennemis jurĂ©s de la langue de bois, et avec votre ministĂšre de tutelle, qui est ou est censĂ© ĂȘtre lâĂ©claireur public numĂ©ro un. YaĂŻch Lahbib, lâargent que le ministĂšre chargĂ© de la Culture distribue est nĂŽtre â quâil soit gĂ©rĂ© par lâactuel ministre ou par ses prĂ©dĂ©cesseurs. Profiter du systĂšme Il nây a pas lieu de crier repentance parce quâon aurait «dĂ©noncé» lâacquisition de fonds publics pour celui qui lâĂ©crit ; ni dâavoir honte ou de se sentir «dĂ©noncé» pour celui qui le touche !! Il sâagit tout simplement de sâinfliger de la transparence que vous ne cessez dâidolĂątrer dans vos crĂ©ations. La genĂšse dâune piĂšce de théùtre ou dâun film de cinĂ©ma nĂ©cessite ruses et contrebandes et quelque malice. Et ce vis-Ă -vis des pourvoyeurs de fonds locaux avec leur logique, voire mĂȘme leur opportunisme et leur impertinence, de mĂȘme quâenvers les Ă©trangers qui opĂšrent (et orientent), eux, avec parfois plus de sournoiserie. Jâen sais quelque chose, ce fut la problĂ©matique dâun DEA soutenu Ă Grenoble en 1995 sur les mĂ©canismes de financement du cinĂ©ma tunisien⊠Profiter dâun systĂšme dâaide Ă la production, aussi utile que sophistiquĂ© et impĂ©nĂ©trable, nâest pas voler. Je vous lâaccorde. Dâailleurs, il est opportun de se demander pourquoi tolĂšre-t-on â curieusement â chez les promoteurs culturels ce qui nous rĂ©volte chez les promoteurs immobiliers ou touristiques ou les industriels de lâagro-alimentaire ou les recycleurs de dĂ©chets qui pompent aussi le contribuable tunisien. ChĂšre Familia Productions, comme votre Yahia YaĂŻch, vous ĂȘtes Ă la fois victime et tortionnaire. NĂ©anmoins, la notoriĂ©tĂ© acquise â incontestablement mĂ©ritĂ©e â ne devrait pas vous aveugler. Lâaura dont bĂ©nĂ©ficie le maĂźtre Fadhel JaĂŻbi et le vedettariat aussi particulier que constant et durable de vos comĂ©diennes Fatma Ben SaĂŻdane et Jalila Baccar, le sculptage patient de jeunes talents tels que Moez Mârabet, Basma El-Ichi ou Mohamed Ali GalaĂŻ, ne doit en aucun cas assourdir vos oreilles⊠Lâattrait que vous exercez en tant que compagnie et lâĂ©blouissement que vous gĂ©nĂ©rez en tant quâartistes citoyens ne doit pas se transformer en dĂ©magogie dĂ©vastatrice qui forme ses propres intĂ©gristes chez les comĂ©diens, les programmateurs de festivals, les Ă©tudiants de lâISAD ou dâailleurs⊠et a fortiori au sein des chercheurs universitaires ou de la corporation des journalistes et critiques culturels. LâidĂ©al⊠avortĂ© Votre famille intellectuelle et artistique, qui est un peu la mienne, souhaite dans son discours théùtral â depuis Laroussi dans ââGhassalet Ennouaderââ du Nouveau Théùtre Ă cette journaliste nĂ©vrosĂ©e merveilleusement campĂ©e par Jalila Baccar dans ââAmnĂ©siaââ, derniĂšre crĂ©ation de Familia Productions â un journalisme intĂšgre et digne, tel que celui que sâefforçait Ă respecter feue ââLâExpressionââ. Publier dans les colonnes de ce regrettĂ© magazine permettait Ă lâuniversitaire que je suis de renouer avec cet idĂ©al⊠malheureusement avortĂ©. Les titres appartiennent aux rĂ©dactions comme partout et le corps du texte Ă son signataire (sous lâĂ©gide dâun rĂ©dacteur en chef aguerri). Un papier visiblement toujours brĂ»lant, datant de 2008 titrĂ© «Quand une Familia en cache une autre», a questionnĂ© un dĂ©partement Ă©tatique sur la maniĂšre dont il gĂšre lâargent public allouĂ© aux espaces culturels. Et câest la moindre des choses, nâen dĂ©plaise Ă ses fonctionnaires Ă©rudits ! Familia Productions en faisait partie alors quâelle nâen disposait pas encore (si lâon considĂšre quâaujourdâhui les choses ont changĂ© avec lâarrangement trouvĂ© au Mondial grĂące Ă la finesse dâAbderraouf Basti) ; la compagnie et «sa trinitĂ© divine» (Jalila Baccar, Fadhel JaĂŻbi et Habib BelhĂ©di) a de mĂȘme Ă©tĂ© interpellĂ©e dans cette chronique⊠Et câest lĂ©gitime ! Ce nâest pas parce que la majoritĂ© des chroniqueurs politiques ne le font pas assez ou le font Ă demi-mots quand ils ne sont pas tout simplement complaisants Ă lâĂ©gard dâun fonds ou dâune subvention solidaire que les critiques dâart doivent se taire quant Ă des aides aux cinĂ©astes ou des subventions Ă des espaces culturels. Les marchĂ©s dâEtat en matiĂšre dâarts plastiques est un autre champ dans lequel je ne me suis pas encore aventurĂ© et qui est, semble-t-il, tout aussi problĂ©matique. Les dons dĂ©libĂ©rĂ©ment â parfois arbitrairement â accordĂ©s sans contrĂŽle en aval aux sociĂ©tĂ©s de production théùtrale, audiovisuelle ou autres, nous regardent, autant que le ministre de la Culture et de la Sauvegarde du patrimoine. Si lâon se considĂšre citoyens dâune RĂ©publique. De mĂȘme, Si Lahbib â sans jeux de mots «amnĂ©sia-ques» â, ici, vous avez des comptes Ă rendre, comme les autres. La goujaterie nâest pas une qualitĂ© souhaitĂ©e chez les mĂ©diateurs entre les artistes et la CitĂ© auxquels nous appartenons vous et moi. LâĂ©lĂ©gance et le fair-play nous conviendra mieux. La gentleman-attitude sâapprend. Par ailleurs, le «poulet dĂ©guisé» (traduction de «boulis») que je suis supposĂ© ĂȘtre vous rĂ©pond quâil souligne la rĂ©ussite de voir lâombre du mouchard â dont jâai saluĂ© la dĂ©nonciation dans un article sur ââCorps otagesââ, autre piĂšce de Familia Productions â planer encore sur la tĂȘte de lâune des plus farouches poches de rĂ©sistance du pays. Le flic que jâaurais aimĂ© ĂȘtre, par contre, et dont la figure nâest intĂ©riorisĂ©e par personne et qui nâest mĂȘme pas rĂȘvĂ©e hĂ©las, vous appelle Ă organiser une reprĂ©sentation spĂ©ciale Ă tous dĂ©chus et futurs dĂ©chus Ă la marginalisation desquels vous participer indirectement. Ăa soignera les uns et rĂ©veillera, Ă©lĂšvera, les autres. Notre salut en rĂ©sultera peut-ĂȘtre, entendez celui de lâEtat, lĂ aussi. Quant Ă la «savate» (traduction de «chleka»), elle vous rappelle un concept-clĂ© en psychologie : la projection. Votre patron â celui ou celle qui tire les vraies ficelles de la boĂźte â vous Ă©lucidera le concept ou vous prĂȘtera un livre de vulgarisation. En revanche, le «pĂ©dé» (traduction de «mouch rajel»), lui, est fier de ne pas partager les valeurs qui sont malheureusement encore les vĂŽtres, celles du machisme, de lâintimidation, du «droit de rĂ©ponse par les bras», de la menace. Merci donc pour le compliment. Enfin, le «mekri» (mercenaire), contrairement Ă vos prĂ©tentions, est toujours «à vendre», il est venu un certain samedi 15 mai Ă la CitĂ© des journalistes Ă Tunis dans le bus dâune compagnie privĂ©e et il est rentrĂ© en mĂ©tro-bus (de lâEtat, encore lui !)⊠suivi dâune longue marche mĂ©morable permettant de savourer un spectacle sidĂ©rant.
Tunisie. La vérité sur la crise économique
Lundi, 17 Mai 2010 08:33
Ridha KĂ©fi Quand lâEurope prend froid, et elle est carrĂ©ment «grippĂ©e» depuis quelque temps, il y a un risque que ses partenaires sud-mĂ©diterranĂ©ens se mettent Ă tousser. Car, dans un monde globalisĂ©, oĂč les risques systĂ©miques sont diffus, nos «petites» Ă©conomies ne sont pas Ă lâabri dâun gigantesque effet domino. Gare, donc, Ă lâinsouciance et Ă lâautosatisfaction ! «Il nây a aucun doute que lâĂ©conomie se trouve dans la situation la plus difficile depuis la Seconde Guerre mondiale, voire depuis la PremiĂšre (âŠ) Nous avons vĂ©cu et vivons des moments vraiment dramatiques (âŠ) Les marchĂ©s ne fonctionnaient plus»⊠Quand câest le prĂ©sident de la Banque centrale europĂ©enne (BCE), Jean-Claude Trichet, qui se permet des affirmations aussi pĂ©remptoires et au ton sciemment dramatique â dans une interview paru lundi 17 mai dans lâhebdomadaire allemand ââDer Spiegelââ â, on a de bonnes raisons de sâalarmer et de nourrir de sĂ©rieuses inquiĂ©tudes. Ce grand argentier, qui ne parle pas si souvent, mais qui sait toujours de quoi il parle, Ă©tablit un lien entre la crise actuelle dans la zone euro et la chute de la banque amĂ©ricaine Lehman Brothers en 2008. Comme quoi, dans une Ă©conomie mondiale globalisĂ©e, plus aucun pays nâest Ă lâabri de la contagion. Lâeffet domino Les risques systĂ©miques Ă©tant diffus et les connexions nombreuses, nos responsables ne devraient pas se contenter dâaffirmer que la crise nâa pas eu les impacts redoutĂ©s sur notre Ă©conomie â faiblement globalisĂ©e du reste â. Ils devraient prendre les devant pour prĂ©parer dâĂ©ventuelles rĂ©ponses aux effets induits des bouleversements actuellement en cours en Europe, notre principal client et fournisseur, et qui reprĂ©sente entre 70 et 80 de nos Ă©changes extĂ©rieurs. Avec la crise grecque, dĂ©jĂ installĂ©e, et celles portugaise et espagnole, que lâon annonce Ă cor et Ă cri, et leur consĂ©quence immĂ©diate, la dĂ©valorisation de lâeuro, victime dâun vaste mouvement spĂ©culatif, ne pourrait-on pas craindre un effet domino qui bouleverserait les Ă©conomies les plus solides en Europe, notamment allemande et française, et impacterait nĂ©gativement nos performances, notamment en matiĂšres dâexportations de biens et services, de recettes touristiques et dâattraction des investissements directs Ă©trangers ? La diversification de nos partenariats Ă©conomiques est une solution. Elle a dâailleurs commencĂ© Ă ĂȘtre mise en place, avec un intĂ©rĂȘt accru pour les pays africains, asiatiques, sud-amĂ©ricains… Mais les effets escomptĂ©s de cette politique ne seront pas immĂ©diats. Il nous faudra encore du temps et des investissements. En attendant, la menace est lĂ , tapie au cĆur dâune Europe Ă laquelle nous avons choisi dâĂȘtre fortement amarrĂ©s et qui, aujourdâhui, tangue dangereusement sur ses bases. Cet ensemble, hier donnĂ© en exemple pour sa soliditĂ© financiĂšre et Ă©conomique, est aux prises aujourdâhui avec des dĂ©ficits budgĂ©taires et commerciaux, une contraction de la demande, une faiblesse de lâinvestissement, un ralentissement de lâactivitĂ© avec une espĂ©rance de 1% de croissance, au meilleur des cas, pour lâexercice en cours. Les vents du nord Dans un article intitulĂ© ââLa crise de lâeuro et nousââ publiĂ© au ââQuotidien dâOranââ du 16 mai, Pierre Morville notait que le marasme Ă©conomique europĂ©en affectera «également les proches voisins de la zone gĂ©ographique Europe, les pays candidats (Turquie, pays des Balkans) mais aussi les principaux partenaires mĂ©diterranĂ©ens hors Union europĂ©enne qui font une part plus que majoritaire de leurs Ă©changes avec lâUnion, au premier rang desquels les pays du Maghreb.» 1 DâoĂč la nĂ©cessitĂ©, aujourdâhui, dâun langage de vĂ©ritĂ©. Les propos soporifiques de nos responsables sur la crise qui frappe Ă notre porte mais nâentre pas, sur le nuage qui passe loin au-dessus de nos tĂȘtes, sur la certitude des acquis et des rĂ©alisations⊠sonnent faux dans le concert dâavertissements et de mises en garde dont nous submergent les responsables et experts europĂ©ens. Au moment oĂč, dans les pays les plus dĂ©veloppĂ©s, on parle dâaustĂ©ritĂ©, de rĂ©duction des dĂ©penses publiques et de programmes dâextrĂȘme rigueur, lâopinion publique tunisienne doit ĂȘtre prĂ©parĂ©e Ă faire face, elle aussi, le cas Ă©chĂ©ant, Ă des mesures similaires. Lâinsouciance comme lâautosatisfaction nâont jamais Ă©tĂ© de bons conseils, surtout lorsque le ciel commence Ă sâobscurcir sous lâeffet dâun nuage Ă©pais et lourd, poussĂ© par des vents du nord. 1-Lâauteur va plus loin en affirmant, Ă propos du projet de lâUnion pour la MĂ©diterranĂ©e, censĂ©e renforcer lâintĂ©gration euro-mĂ©diterranĂ©enne : «tous les chantiers esquissĂ©s (transports, eau, santĂ©, agricultureâŠ) reposaient sur des financements provenant principalement dâune Ă©conomie europĂ©enne alors en croissance modĂ©rĂ©e⊠Il nâen est pas du tout de mĂȘme aujourdâhui, et dans cette situation, il ne faut pas exclure des rĂ©flexes protectionnistes de lâUE, soudains et mal maĂźtrisĂ©s.»