18 avril 2011

TUNISNEWS
10 ème année, N°3982 du 18.04.2011


Mouvement Des Libéraux Démocrates Tunisien: Declaration du 18 avril 2011 – pour une alternance liberale en Tunisie

AP:Tunisie: le général Ammar promu chef d’état-major interarmées

AP: Trois responsables libyens de la sécurité se réfugient en Tunisie

AFP:Migrants tunisiens: tension entre Rome et Paris qui campe sur ses positions

Mahmoud BEN AMMAR: Pour jauger la paix, il faut juger les parrains

ZaGhLouL: Article de Souhail Ftouh


REVUE DE PRESSE

MOUVEMENT DES LIBERAUX

DEMOCRATES TUNISIENS

DECLARATION DU 18 AVRIL 2011

POUR UNE ALTERNANCE LIBERALE EN TUNISIE


 

Depuis quelques mois un changement politique décisif initié par une jeunesse avide de libertés est en marche en Tunisie, l’engageant dans un processus de rupture d’avec un demi siècle d’autocratie et de pensée unique. Néanmoins les forces vives doivent faire preuve de la plus grande vigilance pour que ce processus soit mené à bon port. Afin qu’elle soit définitivement épargnée aux méfaits du régime déchu la Tunisie devrait procéder à la refonte de son contrat politique. Expression d’un profond mal-être social, la révolution tunisienne, qui aura accéléré le changement dans plusieurs pays, demeure confrontée au spectre des esprits chagrins de l’ancien régime.

 

Fidèle aux martyres de la liberté, le Mouvement des Libéraux Démocrates Tunisiens (M.L.D.T), qui milite pour une société laïque et moderne, soumettra à l’occasion des prochaines échéances électorales son projet de gouvernance à l’approbation et éventuellement l’adhésion des citoyens. Le M.L.D.T revendique depuis sa fondation l’approche d’une société solidaire, plurielle, tolérante et pluriculturelle, une approche découlant d’une réflexion cohérente sur les défaillances ayant privé notre société d’épouser son époque, et au service d’objectifs programmatiques clairs parmi lesquels :

 

– La consécration constitutionnelle du respect de la dignité humaine

 

– L’indépendance de la justice

 

– La liberté d’entreprendre

 

– La parfaite égalité entre les sexes.

 

– Un développement régional équitable

 

– Le droit à un revenu minimum de solidarité (R.M.S)

 

– La reconnaissance des minorités

 

– La promotion et la diffusion de la culture de la paix.

 

Au cours de nos longues années d’exil, nous étions, plus que jamais, attentifs aux aspirations de la Tunisie profonde. Il en sera de même lorsque prochainement l’injustice de l’éloignement que nous avons subie, à cause de notre opposition radicale au modèle policier du régime déchu, sera définitivement révolue, et nous aurons la possibilité de poursuivre notre combat, là où on l’avait commencé pour une alternance libérale et démocratique. Nous invitons aujourd’hui les démocrates tunisiens à redonner sa place au débat public, responsable, dépassionné, authentique et sans tabou, comme outil de choix pour conduire la Tunisie vers le progrès.

Pour toutes ces considérations nous avons pris la décision de nous porter candidat à la magistrature suprême en Tunisie.

 

Nous y croyons, parce que la Tunisie mérite bien une gouvernance exprimant les vraies aspirations du peuple, Nous y croyons car nous sommes fidèles au message des martyres tombés pour une Tunisie sans exclusion ni marginalisation….

 

Nous y croyons !

 

Adel ZITOUNI

 

Pour le Mouvement Des Libéraux Démocrates Tunisien


Tunisie: le général Ammar promu chef d’état-major interarmées


De The Associated Press – le 18 avril 2011
TUNISIA, Tunisia — Le général Rachid Ammar, chef de l’armée de terre, a été promu lundi chef d’état-major interarmées, selon le décret publié au Journal officiel.
Devenu l’une des figures les plus populaires en Tunisie à la faveur du rôle joué par l’armée dans le soulèvement qui a conduit à la chute du régime de l’ex-président Zine el Abidine ben Ali au début de l’année, le général du corps d’armée Rachid Ammar, 60 ans, « continuera d’assumer la fonction de chef de l’armée de terre ».
Des informations de presse affirment que le général Ammar avait refusé de donner l’ordre aux militaires de tirer sur les manifestants pendant la révolution du Jasmin, comme le lui demandait l’ancien président, qui a fui en Arabie Saoudite le 14 janvier après 23 ans au pouvoir. AP

Trois responsables libyens de la sécurité se réfugient en Tunisie


De The Associated Press – Le 18 avril 2011
TUNIS, Tunisie — Trois responsables sécuritaires libyens ont fait défection et sont arrivés en Tunisie, a rapporté lundi l’agence officielle tunisienne TAP.
Selon l’agence, il s’agit d’un colonel, d’un capitaine et d’un sous-officier appartenant au corps de la sécurité intérieure arrivés dimanche au port d’El Ketf de la localité de Ben Guerdane proche de la frontière libyenne.
Ils étaient venus à bord d’une embarcation transportant 20 Libyens ayant fui les combats entre les forces pro-Kadhafi et les rebelles.
La TAP avait fait état vendredi de l’arrivée dans le même port de cinq officiers de l’armée libyenne qui se sont réfugiés en Tunisie en compagnie de 13 de leurs compatriotes.
Au cours des deux derniers jours, quelque 3000 Libyens, la plupart des femmes et des enfants, ont franchi la frontière tunisienne fuyant l’intensité des tirs d’obus qui ciblaient leurs maisons dans l’ouest libyen, selon l’agence. En une semaine, elle recense «un flux sans précédent» de 11 000 Libyens qui ont été installés dans des camps de réfugiés à Dhiba et à Rémada (sud tunisien) tandis que d’autres ont été accueillis par des familles de la région.

Migrants tunisiens: tension entre Rome et Paris qui campe sur ses positions


AFP le 18/04/2011 à 10:58,

PARIS – Paris campait lundi sur ses positions dans son différend avec Rome au sujet des Tunisiens débarquant en Europe, après avoir provoqué l’ire de l’Italie en bloquant un convoi de migrants mais reçu le soutien de la Commission européenne.

La décision de suspendre dimanche pendant quelques heures la circulation des trains depuis Vintimille (Italie), alors qu’un convoi de migrants tunisiens accompagnés de militants français et italiens allait traverser la frontière, a fâché Rome, qui a protesté contre une « violation des principes européens« .

« La France ne souhaite pas » de tensions avec l’Italie, a déclaré lundi le ministre de l’Intérieur, Claude Guéant. Mais, a-t-il insisté, « nous faisons une application à la lettre et dans l’esprit des accords » de Schengen dans le dossier des migrants tunisiens.

A l’approche d’un sommet entre Nicolas Sarkozy et Silvio Berlusconi prévu le 26 avril à Rome, le ministre italien des Affaires étrangères, Franco Frattini, a estimé qu’une « ombre » planait sur les relations entre les deux pays.

« Il faudra (en) ressortir en réaffirmant la volonté de l’Italie et de la France de travailler ensemble, en tant que pays fondateurs de l’Union européenne« , a-t-il jugé dans une interview à La Repubblica (gauche).

La tension monte depuis une dizaine de jours entre Paris et Rome qui, confronté à un afflux de plus de 20.000 Tunisiens depuis janvier, a décidé de leur délivrer des permis de séjour temporaires valables dans tout l’espace Schengen pour qu’ils puissent rejoindre « amis et parents » en France et ailleurs en Europe.

La France s’est irritée de cette initiative, ralliant plusieurs autres pays européens à sa cause, et a martelé qu’elle ne laisserait passer que les migrants disposant d’un passeport et de ressources suffisantes.

Dans ce dernier rebondissement, Paris a reçu lundi le soutien de la Commission européenne, qui a jugé que la France avait « le droit » de suspendre dimanche de façon temporaire le trafic ferroviaire avec l’Italie.

La France a expliqué « que c’était une interruption très temporaire (…) et que maintenant le trafic passe normalement« , et il semble « que ça ne tombe pas sous le règlement de contrôle des frontières Schengen« , a déclaré la commissaire européenne aux Affaires intérieures, Cecilia Malmström.

Paris a justifié cette suspension des trains par des risques de désordre public, en raison de la présence de manifestants voulant accompagner en France les immigrés tunisiens.

Côté italien, l’épisode a été mal vécu: « Paris gifle Rome« , titrait en Une La Repubblica, dénonçant l’affrontement de « deux populismes« , italien et français.

« C’est un peu facile pour l’Italie d’être généreuse avec le territoire des autres« , a répliqué en France Christian Estrosi le député-maire UMP de Nice, près de Vintimille.

Le Parti socialiste français a dénoncé une décision « pas acceptable » et fustigé « les égoïsmes qui se développent en Europe« . « La France, qui joue perso, a une politique qui détériore ses relations avec ses voisins« , a estimé le député PS Jean-Marie Le Guen.

« Nous travaillons naturellement avec l’Italie, tous nos partenaires et les institutions européennes, ainsi qu’avec les pays d’émigration, pour trouver des solutions durables, conformes au droit et à la dignité des personnes, aux tensions migratoires que nous connaissons actuellement« , a assuré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Bernard Valero.

La tension franco-italienne intervient au moment où le discours du gouvernement français se durcit sur l’immigration, à un an de la présidentielle de 2012, sur fond de montée du Front national.


Pour jauger la paix, il faut juger les parrains


 
Un dicton populaire, grossier et ubuesque, dépeint allègrement la conduite des industriels de la farce : « si la masturbation rend sourd, son paroxysme procure cécité ». Des détraqués bien de chez nous, habitués ou non à exposer volontiers leur tronche d’obsédés, nous inondant de facéties, depuis la fuite du baudet en chef n° 2,
ZABA BABA. Le n° 1, faut-il le rappeler, étant toujours détenu par « BOUNGUIBA », champion toutes catégories.
Imaginons ce beau monde, aligné comme sur une ligne de départ de course, dans des starting-blocks, prêts à l’accomplissement de la besogne, ensemble, tête en avant, en professionnels males, surtout. C’est pratiquement la scène qui s’offre, aujourd’hui encore, dans nos contées. Parmi les auteurs, nos responsables aux commandes, figurent en bonne place.
Absence de liberté de pensée, d’expression, d’entreprise, d’organisation et constitution d’entités solidaires, mépris des droits de l’homme des plus élémentaires, hold-up sur les ressources et biens de citoyens dignes, se battant contre l’injustice, voire sur toute richesse en vue, publique ou privée, ont eu pour résultat l’appauvrissement outrageux, le chômage généralisé et l’esclavage caractérisé, des temps
modernes. C’est ce magma volcanique qui a produit l’éruption. La REVOLUTION.
Maintenant que les causes et les effets, ne sont plus un secret pour personne, nos « responsables provisoires », toujours renouvelés depuis le 14 Janvier 2011, cranent encore consacrer leurs efforts, au rétablissement du calme et de la paix, parmi une population désœuvrée, ne voyant pas grand-chose bouger. Et pour cause !
C’est pour pouvoir reconstruire, dit-on au cénacle. Et préparer de probables élections cardinales, tant attendues.
Et le premier ministre provisoire, Béji KAID ESSEBS, de nous parachuter un ancien chef de cabinet de l’intérieur, sous le tristement célèbre et ex ministre Abdallah KALLEL, auteur d’innombrables et abominables exactions commises, au même sinistère du malheureux passé récent.
C’est que nos cranes d’œuf aux destinées, nous resservent gracieusement les anciennes recettes. La solution sécuritaire se trouvant toujours au bout de la matraque.
Spécialité « BENAVI ».
A ceux-là, faut-il encore ressasser, qu’historiquement, jamais on n’avait installé une stabilité sereine, sans JUSTICE souveraine. Indépendante.
Jamais la solution sécuritaire seule, n’avait perduré.
Le gourdin, utilisé à outrance, comme outil de conduite, même face à un bourricot, finit inéluctablement par déclencher les célèbres et mortelles ruades. La roue de l’Histoire n’a qu’un sens de
rotation. Vers l’avant.
Comme l’iniquité, depuis le départ du « protectorat français » en 1956(dont l’époque serait examinée ultérieurement), a continué de plus belle jusqu’au 14 Janvier, il serait long et fastidieux, pour
notre JUSTICE, d’instruire tous les dossiers suspects en même temps.
Il y en a néanmoins, qui ne peuvent attendre. Les affaires en rapport avec les crimes de guerre, contre l’humanité, de trahison…et financiers nécessitent célérité, sévérité exemplaire et pragmatisme. En dehors des familles BEN ALI, TRABELSI et alliées MABROUK, ZARROUK, MATRI, CHIBOUB etc., les nombreux acolytes de la tronche d’Aziz MILED, M’ZABI …et autres ABDENNADHER, aux 4 coins du pays, doivent également rendre des comptes, eux qui ont aussi usurpé à la masse, les fortunes en possession, y compris par l’entremise de banques complices.
 
Ainsi, les domaines bancaires, d’assurances, commerciaux, d’import-export, de l’immobilier, agricoles, industriels…et de transports terrestre, maritime et aérien, doivent faire l’objet d’attentions particulières.
Il est clair, que seuls les tribunaux doivent avoir la charge d’éplucher ce capharnaüm, et nullement la police antiémeute. Il faut procéder en compte à rebours, jusque l’époque « bourguibienne ». En séances publiques, SVP.
Le commencement ne peut être mieux, que par le baudet en chef 2. Une fois rapatrié, en compagnie de l’oseille dans sa besace, le peuple se calmera, en attendant la suite élucidée.
Tous les mass-médias, et surtout la télé, ont le droit et devoir de transmettre, sans entrave, à partir des salles d’audience. Mais comment faire avec ces chaines, comme le reste, principalement détenues par des « amis » du Zinoche ? Décidément, la masse populaire n’a que la colère, en propriété.
La Police aura la charge de finir le travail des tribunaux et pas l’inverse. Il est de son devoir de veiller à l’application des décisions.
Pas mal de boites d’idées improvisées, assènent leçons et actions, rivalisant avec le chronomètre, avant que cela advienne. Folliculaires, politiques et théologiens pondent sans rire, des déjections à l’adresse d’une foule, qu’ils croient déjà avoir de nouveau domestiquée. L’indécence ? Ça a un nom.
Que de curiosités, dans ce microcosme tunisien : monsieur BOUEBDELLI propriétaire d’ « usines éducationnelles » privées, une fois plumé de ses établissements, découvrit subitement qu’il ne
vivait plus dans une démocratie. Rien que cela. Et nous sort un chef d’œuvre intitulé « Le jour où j’ai découvert que la Tunisie n’était plus une démocratie ». Vu le curieux du titre, je n’avais pas tardé à en lire
une photocopie, depuis sa sortie. L’ouvrage était censuré par ZABA, cela va sans dire.
Au bout de 57 Piges, je dois avouer que l’époque de démocratie que monsieur BOUEBDELLI aurait connue en Tunisie, je ne m’en souviens point. C’est probablement l’âge !
Je crois, que l’erreur n’est pas intentionnelle, alors qu’il voulait probablement dire : le jour où j’ai découvert que le Parrain ne partageait plus le gâteau. Pour que cela ne se reproduise plus, celui que j’appellerais monsieur Education pour rejetons de sangsues, a fini par créer un parti politique. Il n’est pas le seul, dans ce cas d’espèce. A chaque fois que la barque d’un complice chavire, par la volonté du maitre, on change de camps. On tourne casaque.
Encore et toujours, la décence.
Même les RCDistes maintenant, s’y sont mis. Ils n’arrêtent plus de partout manifester (tiens donc !), pour défendre leur droit (de continuer à massacrer et spolier), rivalisant avec leurs victimes dont ils participaient à l’écrabouillement, au service du chef de CLAN, Zinochet de Zinochette. Allons donc, soyons sérieux, messieurs dames !
Croyant devoir finir l’entreprise du Parrain, Ils disent même vouloir reprendre la main, sans tarder.
Peut être que monsieur KAID ESSEBSI, pourrait en placer , comme ministres, en remplacement des existants, afin de préparer le terrain à un nouveau « BENAVI ».
Rappelons qu’à ces gens, la justice a apposé une fin de non recevoir et l’article XV a répondu. PLUS JAMAIS DE BANDE ORGANISEE AUX COMMANDES ! C’EST CLAIR et NET !
Leur place est certainement en prison.
Nombreux de cet acabit, sont encore dans l’administration, occupant toujours les mêmes postes clé. Est-ce bien logique ?
Tout RCDiste doit être interdit de « manifester » ses états d’âme criminels. Personne ne peut affirmer, que ces êtres étaient jusque récemment de simples abonnés dans l’RCD, « parti » créée par ZABA. Peut-on autoriser des criminels de droit commun à proclamer un programme maffieux, en pleine rue ? Eux, qui tardent à passer devant la justice. L’état tunisien, provisoire ou définitif, doit confisquer pour rétribuer à qui de droit, toute possession illégale, née d’une spoliation, un favoritisme, un délit d’initié ou autres bassesses.
Cela ne constituerait que le coté matériel des réparations à accomplir, à l’égard des victimes de l’absurde. Pour rétablir tant soit peu, une justice sociale.
Les professions libérales (médecine, ingénierie et barreau surtout), ne font pas exception de ce bazar. Népotisme, clientélisme et ostracisme font partie de l’arsenal, pour donner libre cours à la kleptomanie. Moyennant des conventions exclusivistes, des praticiens sont surchargés de travail bien payé, tandis que d’autres, à qui on est prompt à envoyer le fisc, se tournent le pouce à longueur de journée.
Parfois de nuit aussi, n’arrivant pas à dormir. Confrères et consœurs de la camorra, doivent donc casquer, à une caisse, que l’état doit produire au plus vite, pour reverser à ceux dont le droit au travail a été volé. Il s’agit là d’un sujet d’importance, que je traite dans des colonnes de journaux, depuis 1988. Sans résultat, jusqu’ici.
Car une vie, cela n’a pas de sens sans équité.
Transiger au lieu de rendre justice, ne peut qu’accentuer le non droit et la rancune. Je voudrais demander à nos légalistes, si beaucoup d’affaires ne risquent pas la prescription, au bout d’un temps.
Zinochet faisait bâtir en nombre des mosquées, pour à la fois un paraitre religieux, inapproprié dans tous les cas pour un criminel de son espèce, mais surtout comme trappe où sa milice vient à chaque
prière de l’aube, cueillir dans des fourgonnettes, un maximum de jeunes prosélytes, futur carburant de la gégène et autres générosités.
Paradoxalement, actuellement, ces lieux sembleraient ne plus suffire pour les prières, et des troupes paraissent avoir plaisir à occuper les chaussées alentours, à chaque appel de muezzin. Voitures et piétons sont alors pris au piège, ne pouvant plus circuler.
Des salafistes auraient récemment agressé dans une rue de Tunis, Nouri BOUZID, un réalisateur ciné, pour désaccord sur fond de religiosité. Il aurait été servi à l’aide d’une barre de fer.
Beaucoup d’histoires du genre circulent désormais dans la Tunisie révolutionnaire. A ces êtres, je voudrais demander, s’ils ont amené quelque chose à la REVOLUTION ? La désolation ? Pas un humain n’en voudrait. NON merci. OUI à L’ISLAM, NON à l’EXTREMISME. La relation de l’homme avec dieu, ne peut être administrée, ni téléguidé par quiconque. Aucune procuration n’a été délivrée par le créateur, donc, bande d’humains.
A examiner nos entourloupes, on commettrait un ouvrage. De grâce, donc, que chacun comprenne, que la raison principale de cette Révolution était la réalisation de la LIBERTE et de la DIGNITE. Imposer quoi que ce soit, par la force, ne peut qu’être catégoriquement rejeté. Foutons nous la paix les uns aux autres, et œuvrons à préparer un avenir commun, dans l’acceptation de la différence, la cohésion sociale et l’amour de la nation.
Des cranes d’œuf, apôtres du publique et communautaire toucher rectal, par l’entremise du médius, faute d’index médical, parce qu’à mille lieus de la médecine, ni d’un savoir quelconque, mis à part celui de la déviation psychotique de dépravés, se pointent souvent gueule grande ouverte, pour asperger l’atmosphère d’exhalaisons pestilentielles.
Aussi bien en Tunisie qu’à l’étranger, en vaillants ambassadeurs du pays, ces ramassis homo gènes, le majeur toujours sélectionné et prêt à l’emploi, pour servir un ami de la troupe. Ils se pérennisent en
conclave. Ainsi donc, aucun contact avec aucune autre culture n’affleure le cervelet. Pas une langue, ni idée n’a droit de passage vers un semblant de tête.
Quand ils s’expatrient en ânes, ils se rapatrient en mulets, parfois diplômés. Sans transition vers l’humain, très souvent.
C’est parmi cette racaille, passée maitresse en matière de bassesse, s’entrainant à distiller un lexique diffamatoire, oral ou écrit, qu’ils servent généreusement à des gens de famille, et aux combattants de première heure, ayant dédié toute leur existence à défendre la dignité de l’homme, contre le despotisme, qu’ils élisent domicile. Beaucoup parmi ces créatures, sont des folliculaires.
Ils doivent au maitre, bourses d’études et victuailles, fournis par les « ambassades ». Ils le rendent bien, allant jusqu’à faire les détectives et fabriquer des « rapports ». Des têtes de QI comparables. D’un niveau lamentable. On en trouvait dans des torchons de caniveau, également, genre Koul Ennas, Echourouk et autres Elhadath. Mais au fait, de quelles têtes s’agirait-il ? Bonne question !
 
Dr
Mahmoud BEN AMMAR (RABAM)

Article de Souhail Ftouh


Etonnant de lire un article de Souhail Ftouh sur « Le voile en Tunisie » émanant de JSS news, agence de presse pro-israelienne, à l’heure où on apprend que Leila Trabelsi est un agent du Mossad, la Tunisie n’a que trop souffert de ses collabos qui faisaient taire toute voix anti-sioniste, le drame de Gaza est le plus flagrant. A quand le jugement de ces sionistes qui se drapent sous la liberté d’expressin pendant qu’à Gaza on meurt…Ce Souhail Ftouh ne cachent pas ses sympathies voir le site ci-dessous:
http://identitejuive.com/qui-etes-vous-souhail-ftouh/
ZaGhLouL

Migrants tunisiens: « La France interprète les accords Schengen »


 

La France a arrêté un convoi de migrants à la frontière italienne invoquant un risque de trouble à l’ordre public. Flavien Meunier, avocat spécialiste du droit communautaire, commente la position française.

La France a-t-elle le droit de refuser l’entrée sur son sol de migrants tunisiens en provenance d’Italie?

A Vintimille, l’Italie a appliqué de façon stricte les accords Schengen: elle a accueilli les migrants tunisiens sur son sol et leur a délivré des visas dits Schengen. Ces visas sont valables dans tous les pays signataires – dont fait partie la France – de la convention de libre circulation des personnes.

En théorie, selon les accords Schengen, la France doit accepter ces migrants sur son territoire. Mais dans ce cas précis, pour bloquer l’afflux des Tunisiens sur son sol, elle a invoqué un risque de trouble à l’ordre public à l’intérieur de ses frontières. C’est un peu le parapluie qu’on sort à la première averse!

Avec cet argument, la France ne conteste pas les accords Schengen mais prend des largesses dans l’interprétation de cette convention.

D’après la Commission européenne, « les accords Schengen ont été respectés »…

Je suis très surpris par la décision de la Commission européenne. Les risques invoqués par la France ne me paraissent pas justifiés. La décision de suspendre la circulation des migrants tunisiens est disproportionnée: le droit européen reconnaît à un Etat la possibilité d’interdire l’accès à son territoire si une personne – recherchée par Interpol, par exemple – représente un risque direct pour l’ordre public. Ce n’est vraisemblablement pas le cas des migrants tunisiens débarqués en Italie.

De plus, chaque migrant a obtenu un visa temporaire par l’Italie. Or, la France a empêché l’ensemble du groupe de pénétrer sur le sol français. Une interdiction systématique, contraire aux accords Schengen.

L’Italie peut-elle engager des recours?

Malgré la décision de la Commission européenne, l’Italie peut, en effet, mais c’est peu probable, déposer un recours devant la Cour de Justice européenne, au Luxembourg, pour contester la décision de la France. Dans cette hypothèse, le Parlement européen pourrait voter une motion appuyant la démarche italienne.

Et les Tunisiens qui souhaitent entrer en France?

Chaque Tunisien, individuellement, peut aujourd’hui saisir un juge italien ou français pour faire valoir ses droits. Il devra alors présenter le visa délivré en Italie qui lui donne le droit de circuler à l’intérieur des pays signataires des accords Schengen. Si cette personne ne présente aucun risque de trouble à l’ordre public français, rien ne pourra l’empêcher de circuler librement en France.

Source : « L’express » le 18-04-2011

La difficile rédemption de la diplomatie française en Tunisie


 

Les ressentiments des Tunisiens à l’égard de la France ne cessent de se creuser. Les voyages-éclairs des ministres français ne suffisent pas à cicatriser les plaies.

Les ressentiments des Tunisiens à l’égard de la France ne cessent de se creuser. Beaucoup d’entre eux sont agacés par le défilé des ministres – Christine Lagarde, Laurent Wauquiez, Pierre Lellouche, Nathalie Kociusko-Morizet, Frédéric Lefebvre – ces dernières semaines. Ces voyages-éclairs ne suffisent pas à cicatriser les plaies. « On ne vient pas pour donner des leçons mais pour écouter quels sont leurs besoins » avait déclaré Laurent Wauquiez à son arrivée à Tunis. Ils ont pour but de faire croire que la France veut se racheter… mais sans tirer son carnet de chèques !

Certes, la France a débloqué, le 11 février, 350.000 euros pour une « aide sociale d’urgence« . 350.000 euros ! Une somme qui provoque la risée des Tunisiens. « C’est du foutage de gueule », affirme un homme d’affaires tunisien. « C’est une somme ridicule et dérisoire. A peine le prix de deux appartements au Lac. »

 

Perte de confiance totale

La confiance entre la France et la Tunisie ne cesse de se détériorer. Les Tunisiens n’arrivent pas à oublier que Michèle Alliot-Marie a proposé une coopération policière à la Tunisie deux jours avant la chute de Ben Ali. Ni ses révélations gênantes sur ses vacances en fin d’année en Tunisie, alors en pleine révolution.

Sans oublier les déclarations insultantes contre la presse du tout nouvel ambassadeur français à Tunis, Boris Boillon. Et bien que ce dernier se soit excusé, nombreux sont les Tunisiens qui demandent son rappel. Et manifestent, en scandant : « Dégagez petit Sarko ! » « Dégage Boris« , « C’est vous qui faites honte à la France ». Trois mille Tunisiens ont réclamé le 19 février, à Tunis, son départ. Et 19.000 « amis » squattent le site Facebook avec le slogan « Boris Boillon dégage ! ».

 

La nomination d’un nouvel ambassadeur saluée…

Pour mettre un terme à cette dégringolade de la confiance, Nicolas Sarkozy avait eu une idée lumineuse : nommer Yves Marek, un diplomate de carrière dont le père, arrêté par Ben Ali en 1986 a été, de ce fait, aveugle et paralysé. On lui avait demandé de monter des dossiers contre le Premier ministre afin de faciliter l’arrivée de Ben Ali au pouvoir. Il a refusé. Dès que l’information sur l’éventuelle nomination d’Yves Marek a filtré, elle a provoqué un véritable phénomène populaire.

Car le choix est astucieux. Agé de 44 ans, diplômés de Sciences-Po, énarque, passionné d’échecs, Yves Marek, qui a quitté Carthage après le bac, est un « enfant du pays ». Les quotidiens tunisiens ont même annoncé son arrivée comme certaine. « Ce serait la première bonne nouvelle depuis trois mois dans les relations franco-tunisiennes », écrit l’un d’eux. 20.000 « j’aime » sur Facebook et on se félicite déjà de l’arrivée de son potentiel remplaçant de Boris Boillon sur les forums Internet tunisiens.

Des centaines de messages de bienvenue sont adressés à ce futur ambassadeur. En vrac sur la Toile : « M. Marek, vous êtes en Tunisie chez vous. L’essentiel est de faire partir ce M. Boillon », « J’espère que cette nouvelle va se concrétiser. Boillon est une honte pour nous », « Bravo la France, et Bravo pour Marek, ce fils du bled qui est le bienvenu chez nous. Il a l’avantage de bien connaître notre pays et notre peuple. C’est un atout formidable ! ». De mémoire de diplomate, on n’a jamais vu un ambassadeur potentiel – donc pas encore nommé officiellement ! – ainsi fêté par la population du pays d’accueil, surtout un ambassadeur réputé proche de Sarkozy et qui de surcroît n’aime guère les diplomates.

 

…mais bloquée

Pourtant, cette nomination est bloquée. Par qui ? Par Jean-David Levitte, conseiller diplomatique de l’Elysée, notoirement proche du régime de Ben Ali, qui a usé de tout son poids pour imposer celui qui était ambassadeur en Irak et qui voudrait protéger son poulain ? Par la volonté d’Alain Juppé, qui a gardé le directeur de cabinet de Michèle Alliot-Marie, et qui semble être l’otage des diplomates qui ne veulent pas être désavoués dans leur méfiance à l’égard d’une révolution qu’ils n’ont pas prévue ?

 

En tout cas, une chose est sûre : la non nomination d’Yves Marek, suspect de trop de sympathie pour le changement de régime en Tunisie, et qui a été appelé à une autre ambassade prestigieuse indique-t-on au Quai d’Orsay, confirme bien qu’aucun changement n’est prévu et que Boris Boillon continue d’avoir toute la confiance d’Alain Juppé.

 

Côté tunisien, de toute manière, on n’attend plus grand-chose de la France et l’opinion tunisienne a vécu l’accord passé entre son populaire Premier ministre Caïd Essebsi et Berlusconi sur l’immigration comme un petit pied de nez à la France. Pour Alain Juppé, qui avait fait une visite réussie place Tahrir, la Tunisie reste un terrain miné. Ses deux précédents voyages ont été repoussés. Celui qu’il effectuera mercredi parviendra-t-il à rétablir la confiance perdue ?

Source : « Le Nouvel Observateur » Le 18-04-2011

Pourquoi les Tunisiens quittent-ils leur pays ?


 

Depuis que le courageux peuple tunisien a renversé Ben Ali et sa clique, les médias relatent avec insistance l’arrivée à Lampedusa de milliers deTunisiens fuyant leur pays. On a beau chercher à se renseigner, il est impossible de trouver dans les médias les causes exactes à cet exode.

Causes politiques ? les anciens fidèles du régime autocratique ont-ils peur d’être persécutés ?

Causes économiques ? la Tunisie, il est vrai, n’a pas la chance de posséder du pétrole.

Peut-être les unes et les autres ?

En fait, il serait temps d’éclaircir cette affaire : les peuples européens – et non leurs gouvernements – ont soutenu l’admirable lutte des démocrates tunisiens en janvier dernier et ne comprennent pas les raisons de cet exode vers Lampedusa.

Or, les médias ne parlent que de naufrages, de conditions pénibles (cf. Courrier International du 27.03.2011, Le Monde du 30 mars de la même année) qui existent dans les camps de la petite île italienne, et, depuis ce matin – cf. voir Le Post – , de la querelle franco-italienne à propos des accords de Schengen (http://fr.wikipedia.org/wiki/Convention_de_Schengen).

L’arrivée de ces pauvres gens – dont la plupart ne traversent pas la mer de gaieté de cœur – a, en Europe, des conséquences surtout politiques : raidissements de la droite « dure » et montée des partis populistes qui, comme leur nom l’indique recrute surtout dans les couches populaires appauvries par la crise et la politique ultra-libérale de Bruxelles. Même l’Europe du Nord connaît cette poussée de l’ultra-droite (cf. résultats des élections législatives en Finlande). Et en France, ce n’est pas l’alliance « objective » (pour des raisons évidemment opposée) entre le PS et le MEDEF sur l’immigration dite légale (lire la position du PSdans un communiqué et celle de Laurence Parisot.qui stoppera la montée en puissance de la droitisation du corps électoral.

Aussi semble-t-il important de savoir pourquoi des milliers et des milliers de citoyens quittent un pays instruit et devenu démocratique en prenant des risques énormes pour tenter de joindre une Europe qui répugne à les accueillir.

Ne serait-il pas plus judicieux que nous aidions la Tunisie nouvelle à asseoir sa démocratie et son économie afin que les Tunisiens restent chez eux plutôt que de venir gonfler la cohorte des sans-papiers de l’Union Européenne ? Cela coûterait-il plus cher aux budgets nationaux ? Et cela freinerait presque certainement l’arrivée intempestive de dizaines de milliers de migrants dans une Union Européenne à bout de souffle psychologiquement, économiquement et politiquement.

On ne peut donc que souscrire à la déclaration de M. Bechir Amsallem, responsable d’une association venant en aide à des clandestins tunisiens , qui conseille d’entamer un dialogue avec les réfugiés

Source : « Le Post » Le 18-04-2011

La Tunisie, laboratoire de la transition démocratique dans les pays arabes?


 

 

Par Raouf Laroussi*

La manière dont se fera la transition démocratique en Tunisie, où la reconstruction politique a déjà commencé, aura une influence sur la recomposition de la carte politique du monde arabe.

Quand on est tunisien et qu’on a vécu la chute du dictateur Ben Ali suite à une déferlante populaire défiant un régime qui interdisait le moindre souffle de liberté, et quand on entend des voix qui murmurent que cette chute n’aurait pu avoir lieu sans le soutien des États-Unis, on ressent, d’abord, un pincement au cœur, puis on commence à se poser des questions. Le pincement au cœur s’explique par le sentiment d’être spolié d’un objet précieux qu’on aime à croire avoir gagné de haute lutte. Cet objet qui s’appelle délivrance de la dictature et ouverture d’une voie vers la liberté et la démocratie.

La dictature mise à nu L’on a naturellement envie de sentir que le peuple est maître de son destin et que sa volonté a poussé le dictateur à la fuite. Et, pour l’avenir, on préfère être sûr que, s’étant libéré par sa propre volonté, le peuple puisse décider de son avenir sans ingérence ni influence. Quant aux questionnements, ils s’imposent d’eux-mêmes à notre raison. Dans un monde globalisé, un monde où les intérêts des nations sont si interdépendants et où les ingérences visibles ou cachées sont si fréquentes, peut-on croire à une neutralité complète de différents pays ou coalitions? Certains indices permettent de répondre partiellement à cette interrogation. En effet, pour ce qui est de la France, ancienne puissance colonisatrice et principal partenaire économique de la Tunisie, on a la certitude que la révolution tunisienne lui fut complètement étrangère. Les affaires que faisaient encore, fin 2010, les parents de la ministre des Affaires étrangères française avec un homme d’affaires proche du clan Ben Ali en Tunisie et le soutien sécuritaire qu’elle proposait au régime du dictateur en plein soulèvement populaire pour l’aider à mâter ce soulèvement ne laissent aucun doute sur la position française. Ceci permet même de constater que la classe dirigeante française ramait dans le sens inverse du courant qui traversait la Tunisie. La grande question est de savoir quel rôle ont joué les États-Unis d’Amérique dans la chute de Ben Ali. Il semble que l’administration Obama a au moins veillé affectueusement sur la montée crescendo de la vague de protestation de la jeunesse tunisienne. En amont de cette vague, les câbles diplomatiques américains distillés par Wikileaks ont, en officialisant les rumeurs de corruption tous azimut du régime de Ben Ali et en le qualifiant de quasi-mafia, fourni à la jeunesse tunisienne le carburant nécessaire à une mobilisation sans précédent sur Facebook. Facebook qui a été lui-même protégé par une mise en garde solennelle du département d’État des États-Unis dès lors que la cyber-censure de Ben Ali a entamé le piratage des comptes des jeunes tunisiens sur le réseau américain. Ainsi mise à nu, la dictature a été définitivement abandonnée quand le mouvement de révolte est arrivé à sa culminance en conseillant au dictateur de respecter la volonté du peuple de manifester pacifiquement et en poussant au ralliement de l’armée aux côtés des manifestants. L’épilogue de la révolution tunisienne a été salué par un standing ovation au Sénat américain: le premier épisode de la transition en Tunisie s’est passé d’une manière quasi-parfaite! Osons admettre qu’une convergence de la volonté populaire tunisienne et des intérêts américains a précipité la chute d’une dictature sévère qu’on ne pensait pas voir s’écrouler si vite. Et essayons, dans la suite, d’examiner les ressorts de cette volonté populaire et les contours de la stratégie américaine dans notre région. Cette stratégie qui mise probablement sur la Tunisie comme le laboratoire idéal pour observer un nouveau modèle de transition démocratique dans le monde arabe.

Les ressorts de la volonté populaire Ben Ali est arrivé au pouvoir en démettant le leader Habib Bourguiba de ses fonctions de chef de l’Etat. De formation militaire et policière, son ascension politique est essentiellement liée à la lutte contre l’intégrisme islamique qui est apparu pendant les années 80. Son régime, né dans la lutte anti-intégriste, a pu se maintenir grâce au soutien occidental. Après les dix premières années pendant lesquelles il a assis son autorité, son régime qui commençait à s’essouffler reçut un nouvel élan inespéré avec les attentats du 11-Septembre qui ont entrainé une mobilisation mondiale contre le terrorisme à teinte islamiste. Plus encore, Ben Ali eut l’occasion de se prévaloir de son succès face à l’intégrisme islamique en Tunisie. Dans ce contexte, Ben Ali eut les mains libres pour modeler le système de gouvernement de la Tunisie à sa guise. Quel résultat 23 ans après? Le régime tissé par Ben Ali portait en lui les détonateurs qui ont conduit à sa chute. Ainsi, construit autour du népotisme et de la corruption, ce régime a fini par semer l’exaspération dans toutes les couches de la population, des plus démunies aux plus nanties. Contrôlant fermement l’espace politique et associatif grâce, d’une part, à un parti unique étroitement contrôlé, à des partis politiques de décor et à un tissu associatif satellitaire et, d’autre part, à ses organes sécuritaires qui traitaient ses opposants politiques soit par l’intimidation et la répression soit en tentant de les corrompe, Ben Ali a étouffé toute initiative d’organisation politique ou associative libre. Sur le plan économique, le climat des affaires créé par le clan Ben Ali a détruit la confiance des investisseurs locaux et dissuadé un grand nombre d’investisseurs étrangers, induisant une perte de croissance économique, un grave déséquilibre régional et augmentant de manière catastrophique le taux de chômage des jeunes. De plus, parmi les demandeurs d’emploi, les diplômés de l’enseignement supérieurs ne cessaient d’augmenter d’année en année en raison, d’une part, de l’impasse économique et, d’autre part, de la politique éducative sciemment orientée vers la facilitation de l’obtention du baccalauréat et de l’accès aux études d’enseignement supérieur dans le but d’amadouer les familles tunisiennes férues de l’éducation de leurs enfants. Pourtant, si l’on se fie au témoignage de Amor Chadli dans l’ouvrage qu’il vient de publier ‘‘Bourguiba, tel que je l’ai connu’’, Abdelaziz Ben Dhia a déjà tiré la sonnette d’alarme en 1985 sur l’état de l’université tunisienne, alors qu’il était ministre de l’Enseignement supérieur depuis 7 ans. Dans un rapport à ce sujet, il a constaté la baisse grave du niveau des étudiants et proposé d’instaurer un concours d’accès à l’enseignement supérieur après le baccalauréat. L’ensemble de ces éléments accumulés en 23 ans de pouvoir absolu a constitué le détonateur de l’explosion populaire contre le pouvoir du dictateur corrompu. La révolution a donc été provoquée par une volonté populaire.

L’alliance des dictatures D’autres aspects relatifs aux relations extérieures de la Tunisie commençaient à dévoiler la vraie nature du régime de Ben Ali. En effet, quand on examine, rétrospectivement, ce qui se tramait dans le camp des dictatures du sud de la méditerranée, on observe qu’une solidarité s’établissait entre elles face à un Occident constamment accusé d’ingérence et d’atteinte à la souveraineté nationale de leurs pays dès lors qu’il est question de respect des droits de l’homme. Ainsi, en novembre 2009, en réponse à des critiques européennes du régime de Ben Ali suite à l’arrestation d’un journaliste tunisien, le peuple tunisien a eu droit à un discours de la part de son président où il annonçait, comme l’a relaté le journal d’information en ligne Mediapart (1), que «son pays avait saisi l’Union du Maghreb arabe et l’Union africaine contre une ‘‘ingérence dans ses affaires intérieures’’ et ‘‘atteintes à sa souveraineté’’… Et c’est sans surprise que, dans cette affaire, l’autre raïs, le Libyen, le colonel Kadhafi vient en soutien du frère Ben Ali. Kadhafi le fait en plus au nom du conseil de l’Union du Maghreb arabe (Uuma), de l’Union africaine (UA) et de la Communauté des Etats sahélo-sahariens (Cen-Sad), dont il assure la présidence tournante, et qui se dit «scandalisé, préoccupé face à l’ampleur attribuée par des parties étrangères à une affaire banale concernant une altercation entre deux personnes en Tunisie, comme si ces parties étaient responsables des citoyens dans les Etats africains et arabes». La Tunisie fait appel au soutien de Kadhafi contre l’Occident! Bourguiba devait se retourner dans sa tombe! Cette dérive de la diplomatie tunisienne était révélatrice du tournant pris par le régime. Et cette dérive est d’autant plus douloureuse que le peuple tunisien se rappelle la leçon magistrale administrée par Bourguiba au colonel libyen un certain 15 décembre 1972. Ce jour là, lors d’une visite à Tunis, Kadhafi, dans l’espoir d’enrôler la Tunisie à un projet d’union arabe, prononce un discours surprise dans la grande salle de cinéma Le Palmarium abritant plus de 2.000 personnes. Bourguiba, qui écoute ce discours à la radio depuis le palais présidentiel de Carthage, se précipite au rassemblement pour répliquer. Arrivé en catastrophe à la tribune, il explique publiquement à Kadhafi qu’il ne sert à rien de chercher une union arabe illusoire et de vilipender vainement une puissance telle que les Etats-Unis d’Amérique qui peut à tout moment lui donner une raclée, insistant sur la nécessité pour les dirigeants des pays arabes de commencer par renforcer l’éducation de leurs peuples et par la maîtrise de la science et de la technologie qui constituent le fondement de la puissance des nations. En fait, les événements des derniers jours du régime de Ben Ali et les hommages qui revenaient dans ses discours au soutien du dictateur voisin montraient que la dérive diplomatique n’était que la partie visible d’une solide complicité des deux dictateurs. Le regret exprimé par Kadhafi après la chute de Ben Ali n’a alors plus rien d’étonnant. Ce regret préparait peut-être le terrain à une autre aventure extraterritoriale du dictateur éploré par la chute de son ami. Il trahissait, de toute façon, la crainte d’une contagion qui ne tarda pas à apparaitre en Libye.

La révolution tunisienne dans la stratégie américaine Comme signalé plus haut, les Etats-Unis ont été favorables ou du moins neutres face à la révolte populaire en Tunisie. La question est de savoir quel intérêt a ce pays dans le changement de régime en Tunisie. La suite des événements dans la région arabe avec la révolution similaire de l’Egypte, l’insurrection libyenne et les autres soulèvements en cours dans d’autres pays arabes suscitent invariablement une attitude américaine qui conseille aux dictateurs de céder le pouvoir. Cette constance de la position américaine, toutefois légèrement adaptée à la situation particulière de chaque pays, laisse entrevoir une stratégie américaine visant le soutien à une transition démocratique dans les pays arabes. Il est alors permis de se demander si la révolution tunisienne n’a pas été voulue comme expérience de laboratoire permettant de mieux téléguider celles qui devaient lui emboiter le pas. Une expérience qui réunissait tous les éléments de réussite: un régime honnis par un peuple parmi les plus éduqués et les plus connectés du monde arabe, un modèle de société moderne et ouvert sur l’Occident initié par Bourguiba depuis l’indépendance du pays où la femme a le statut le plus avancé dans le monde arabe, une proximité économique et culturelle avec l’Europe, un rôle marginal dans le conflit arabo-israélien et aucun enjeu pétrolier. L’option américaine de soutenir une démocratisation du monde arabe procède certainement du constat que le temps des dictatures soutenues pour jouer le rôle de rempart au terrorisme islamiste est révolu et que ces dictatures sont devenues, au contraire, nuisibles à l’image des Etats-Unis auprès des peuples arabes et constituent désormais un facteur d’hostilité à son égard prompt à alimenter le terrorisme. Les événements qui se déroulent sous nos yeux au Yémen, en Libye, en Syrie et qui s’étendront certainement plus tard à d’autres pays arabes et notamment à l’Algérie dont le régime, à l’image de Kadhafi soutenant Ben Ali, essaie de retarder la chute du dictateur libyen, nous permettront certainement de mieux comprendre ce «printemps arabe» et de mieux saisir les différents ressorts qui la sous-tendent. La manière dont se fera la transition démocratique en Tunisie et en Egypte, où la reconstruction politique a déjà commencé, aura certainement une influence sur la recomposition de la carte politique du monde arabe et notamment sur les ajustements des positions stratégiques des grandes et moyennes puissances vis-à-vis de notre région.

* Universiraire, Ecole Nationale d’ingénieur de Tunis

Source : « Kapitalis » Le 18-04-2011

Tunisie: Journée d’étude sur les révolutions et les transitions démocratique


 

Une journée d’étude sur «les révolutions et la transition démocratique» a été organisée vendredi à Gammarth, dans la banlieue nord de Tunis, la capitale de la Tunisie. Cette rencontre a été axée sur la présentation de témoignage de différentes personnalités ayant vécues une transition démocratique dans leurs pays, à savoir l’Espagne, la Pologne, l’Allemagne de l’Est, la Roumanie et le Maroc à travers un membre du commission vérité et réconciliation formée dans ce pays à la suite du décès du roi Hassan II. La journée a été organisée par la Fondation allemande Konrad Edenhaver, en collaboration avec la Chair de l’UNESCO pour les études comparatives des religions. Elle visait à jeter la lumière sur les expériences antérieures en matière de transition démocratique pour en tirer profit dans le processus démocratique pour l’expérience tunisienne après la chute du président de la Tunisie, Zine El Abidine Ben Ali, le 14 janvier dernier. Les participants qui regroupent des représentants de partis politiques, de militants de la société civile tunisienne ont appelé la nécessité d’œuvrer à diffuser la culture démocratique à travers l’association des différentes composantes de la société dans le processus de transition. Ils ont souligné l’importance d’instaurer un contact véridique et transparent entre les institutions publiques et toutes les franges du peuple et d’étudier les questions de dédommagement aux victimes du régime du président Ben Ali et aux martyrs de la révolution. Ils ont souligné l’obligation de rompre avec les pratiques qui étaient en vigueur avant la révolution du 14 janvier, notamment l’oppression, la marginalisation et de déterminer les priorités tout en mettant l’accent sur le rôle des acteurs en ce qui concerne les comptes à demander aux responsables ainsi que le rôle des médias dans un débat culturel sérieux sur la question. En guise de conclusion, les participants ont plaidé pour considérer toute expérience comme unique à l’instar des expériences de la seconde moitié du 20ème siècle, notamment l’expérience de l’ancien camp communiste (Pologne, Allemagne de l’Est et Roumanie) qui sont des expériences qui se ressemblent dans la structure du parti unique de nature global imposé par les mouvements de syndicats et de démocratie. Ils ont appelé l’élite tunisienne à inventer un modèle au cours de la phase de transition démocratique que connaît le pays et invité à œuvrer au retour de la confiance dans la suprématie du droit pour réussir la révolution et le processus de transition démocratique.

Source : « Afrique en ligne » Le 18-04-2011

Télécoms : la Tunisie nationalise


 

La confiscation des avoirs du clan Ben Ali ramène le secteur des télécoms, libéralisé, dans le giron de l’État tunisien.

Actionnaire majoritaire de Tunisie Télécom (65 %) et, depuis la fuite de Sakhr el-Materi, administrateur de 25 % du capital de Tunisiana, l’État tunisien prend le contrôle d’Orange (51 %), le troisième opérateur du pays. C’est le résultat de la confiscation des avoirs de Marouane Mabrouk et de son épouse Cyrine Ben Ali, ordonnée par un décret publié le 18 mars. Une décision qui, pour devenir définitive, devra être confirmée par une commission dont le rapport n’est attendu que dans six mois.

Après avoir été libéralisé, le secteur des télécoms serait donc en pleine nationalisation, avec à la clé d’inévitables conflits d’intérêt pour l’État. S’il semble acquis que la situation ne pourra perdurer, la plus grande incertitude demeure quant à la stratégie que choisira le gouvernement pour en sortir.

Chez Tunisiana, des sources internes laissent entendre que le qatari Qtel, actionnaire majoritaire, accepterait de racheter les parts auparavant détenues par Sakhr el-Materi ; il serait en revanche hostile à l’arrivée dans le capital d’un autre opérateur. Mais la préoccupation principale est l’obtention de la licence 3G. Dans cette perspective, accueillir un partenaire tunisien pourrait être un atout de taille.

Du côté d’Orange, les enjeux sont encore plus cruciaux. France Télécom, détenteur de 49 % du capital, peut craindre une prise de contrôle par un concurrent si les 51 % étaient vendus au plus offrant. D’autant que le contrat de licence lui interdit de devenir majoritaire dans sa filiale tunisienne avant 2014.

Source : « Jeune Afrique » le 18-04-2011

Tunisie : la justice après les caciques du RCD


 

La liste des ex-responsables du RCD à avoir affaire avec la justice tunisienne s’allonge de jour en jour. Derniers en date : Mohamed Ghariani, Abderrahim Zouari et Hamed Karoui. À qui le tour ?

Déjà interdits pour la plupart d’activités politiques, les ex-dirigeants du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), l’ancien parti au pouvoir aujourd’hui dissous, vont devoir rendre des comptes à la justice tunisienne. Après Mohamed Ghariani, ex-secrétaire général du parti, arrêté sous l’accusation de détournement et d’extorsion de fonds, malversations, spoliation et abus de pouvoir, l’ancien ministre (et également ex-secrétaire général du RCD) Abderrahim Zouari a été à son tour placé sous mandat de dépôt, le 13 avril, pour les mêmes motifs.

L’ancien Premier ministre tunisien Hamed Karoui, qui fut vice-président du parti, a également été entendu. Selon des sources judiciaires, les prochains sur la liste pourraient être Chedli Neffati, un ancien secrétaire général, et Oussama Romdhani, ancien ministre de la Communication et homme lige d’Abdelwahab Abdallah, l’omnipotent conseiller de Ben Ali, lui-même emprisonné depuis deux mois.

Source : « Jeune Afrique » Le 18-04-2011

Tunisie. Ouverture demain du procès de Fadya Hamdi, victime ou provocatrice?


 

Le procès de Fadya Hamdi s’ouvrira demain. C’est l’agent de l’ordre qui en giflant Mohamed Bouazizi et en l’humiliant, à poussé le jeune marchand ambulant à s’immoler par le feu.

Cela s’est passé le 17 décembre 2010. L’acte désespéré de Bouazizi, marchand ambulant de fruits à la station de taxi de Sidi Bouzid, ville du centre-ouest de la Tunisie, a causé sa mort quelques jours plus tard dans un hôpital de Tunis. Il a également déclenché le vent de révolte qui a emporté Ben Ali et sa smala et inauguré le «printemps arabe». Le juge d’instruction chargé de l’affaire a décidé de la garder en détention, car les charges retenues contre elle sont suffisantes à ses yeux pour la priver de liberté. La prévenue a été incarcérée le 30 décembre, sur ordre de l’ancien président, après avoir entendu la version des faits de la bouche même de Manoubia Bouazizi, la mère du suicidaire. Le juge d’instruction a entendu 8 témoins, 6 d’entre eux ont témoigné en faveur de Fayda Hamdi et les deux autres l’ont accablée. Si c’était un vote, elle l’aurait emporté par 80% des voix. Seulement voilà, en matière de justice, le juge est censé appliquer la loi en dehors de toutes autres considérations, qu’elles soient sociales ou humanitaires.

Source : « Kapitalis » Le 18-04-2011

Le bourguibisme de Béji Caid Essebsi contre la menace islamiste


 

Après le départ mouvementé de Mohamed Ghannouchi, l’arrivée de Béji Caid Essebsi à la tête du gouvernement de transition a annoncé une nouvelle ère dans la Tunisie de l’après Ben Ali. Le premier ministre a hypnotisé la population tunisienne par son discours ferme mais rassurant. En quête perpétuelle d’un père, les nostalgiques de Bourguiba ont ainsi pu apprécier le charisme et l’éloquence de ce loup de la politique. Béji Caid Essebsi a sans nul doute redoré le blason de la diplomatie tunisienne, en prenant, par exemple, des positions fermes concernant la situation en Libye ou en concluant un accord jugé comme «un coup de maître» avec Silvio Berlusconi concernant la migration massive de Tunisiens vers l’île de Lampedusa. Pour la première fois depuis le départ de Ben Ali, les Tunisiens ont eu le sentiment de vivre dans un pays stable où le premier ministre pouvait même se permettre de faire une petite tournée dans le Maghreb. Pas étonnant donc, que dans les semaines qui ont suivi sa nomination, un calme olympien ait régné sur la Tunisie; et que l’agitation sociale qui avait caractérisé le gouvernement Ghannouchi se soit sensiblement apaisée. Le gouvernement dirigé par Béji Caïd Essebsi a «cloué le bec» à toutes les contestations révolutionnaires. Dans une troisième tentative d’instaurer un sit-in contre la politique du premier ministre à la Kasbah, lieu devenu symbolique de la contestation populaire, les manifestants n’ont pas réussi à unir comme lors des précédents épisodes, traduisant ainsi une volonté des Tunisiens à se reposer sur l’expérience du Premier ministre. Avant même d’avoir commencé, ce mouvement de protestation semblait voué à l’échec, ce qui a sans nul doute favorisé les dérives qui s’en suivirent. Réunissant des fondamentalistes religieux et des ultra-gauchistes proches du parti ouvrier POCT, le mouvement de protestation de la Kasbah n’a pas été suivi et beaucoup de Tunisiens qui avaient massivement appelé aux sit-in Kasbah 1 et Kasbah 2 ne se sont plus reconnus dans ce troisième volet.

Une centaine de personnes réclamant un Etat islamique Sur l’avenue Habib Bourguiba, d’où la manifestation devait démarrer, un groupe de quelques centaines de personnes se sont mêlées à la foule, réclamant l’instauration d’un état islamique et parasitant le mouvement par une prière géante en face du ministère de l’Intérieur sous l’œil conciliant des forces de l’ordre. On ne pouvait imaginer plus grand climat de terreur que ces fondamentalistes religieux menés par un imam improvisé et clamant un discours rétrograde. Ces dérives ont naturellement amené à décrédibiliser totalement ce mouvement de contestation qui s’est soldé par un autre sit-in appelant à se battre contre la menace islamiste et à préserver les acquis du bourguibisme.

Béji Caid Essebsi semble avoir bien profité de cette bataille idéologique qui a opposé les Tunisiens et de la baisse de vigilance qui s’en suivit pour prendre des décisions importantes qui n’auraient certainement pas été acceptées quelques semaines auparavant. Ainsi, la nouvelle du limogeage du ministre de l’Intérieur Farhat Rajhi, très apprécié par les Tunisiens, et son remplacement par Habib Essid, ancien Ministre sous Ben Ali, a été accueillie en silence. Béji Caid Essebsi semble définitivement avoir pris les rênes du pays, et le temps où le peuple réclamait et le gouvernement appliquait est définitivement révolu. Etrange comportement d’un homme prônant la démocratie, arrivé au pouvoir sans avoir été élu et n’hésitant pas à rappeler aux Tunisiens que les décisions du gouvernement ne regardent que lui. Un terrain propice aux cadres du parti de Ben Ali En agissant ainsi, le premier ministre donne raison aux adeptes du conspirationnisme qui s’adonnent aux spéculations les plus invraisemblables. Il n’en reste pas moins que sa nomination à la tête du gouvernement semble parfaitement bien servir les intérêts des anciens cadres du RCD et leur offre un terrain propice à leur retour sur la scène politique, d’autant plus que Béji Caid Essebsi se positionne ouvertement contre leur exclusion. La bataille politique a donc bien commencé en Tunisie. La manipulation se mène dorénavant sur le terrain, exacerbée par les médias. Pendant que les Tunisiens se battent contre les épouvantails religieux, les néobourguibistes menés par Béji Caid Essebsi s’installent sournoisement dans la conscience collective comme le seul rempart contre une éventuelle menace islamiste. On prend les mêmes et on recommence… Tout comme ils fermaient les yeux du temps de Ben Ali, les Tunisiens seraient prêts à pactiser avec le «diable» et être conciliants avec ses héritiers au nom d’une menace qui n’existe peut-être pas. On ne peut nier que la société tunisienne apparaît aujourd’hui comme nettement plus conservatrice. Mais dans une Tunisie qui a perdu l’habitude de voir les signes ostentatoires de religiosité, violemment réprimés par Ben Ali, les fondamentalistes religieux donnent la sensation d’être plus nombreux et plus démonstratifs. Et force est de constater que l’on vit à une époque où un fondamentaliste religieux constitue inconsciemment ou non une menace contre les libertés. Cependant, il est important de ne pas céder à une vision manichéenne et réductrice de la politique où le bourguibisme, laïcisant, et l’islamisme, rétrograde, constituent les seuls choix possibles. La bataille politique encore balbutiante doit inclure d’autres visions plus modérées, plus libérales mais n’excluant pas l’islam qui demeure ancré dans la culture tunisienne.

Source. « Liberation » Le 18-04-2011

Avenir des membres du parti RCD, exclus de la vie politique tunisienne


 

À un peu plus de trois mois des élections du 24 juillet prochain, le Premier ministre tunisien par intérim n’a pas caché son inquiétude, hier, quant aux conséquences de l’exclusion de la politique des membres du parti au pouvoir, RCD, durant le règne de Zine El-abidine Ben Ali.

Le débat que vit la Tunisie sur le sort des membres du parti RCD du président déchu, Ben Ali, dont des centaines avaient manifesté, la veille à Tunis, pour protester contre leur exclusion des prochaines élections, n’a pas laissé de marbre le Premier ministre tunisien par intérim, Beji Caïd Essebsi. En ouvrant les travaux de la première conférence des gouverneurs des 24 régions du pays, le successeur de Mohamed Ghannouchi a fait part de ses inquiétudes quant aux conséquences de l’exclusion de la vie politique des membres du parti au pouvoir du temps du président Ben Ali, le RCD. Il a estimé que cette décision prise par la Haute commission chargée d’organiser les élections du 24 juillet risquait de “déséquilibrer” le paysage politique et ne serait “d’aucun apport” aux partis nouvellement créés. Le 24 juillet, les Tunisiens seront appelés à élire une assemblée constituante qui doit ensuite rédiger une nouvelle Constitution pour fixer le cadre d’une seconde République tunisienne, après la chute du régime du président Zine El-Abidine Ben Ali, le 14 janvier dernier. La veille, Beji Caïd Essebsi avait jugé que cette question devait faire l’objet d’une “réflexion approfondie”, précisant au passage que le gouvernement de transition trancherait vendredi prochain. Pour rappel, le 12 avril dernier, la Haute commission chargée de préparer l’élection d’une assemblée constituante a décidé d’exclure de la candidature toute personne ayant assumé une responsabilité dans le gouvernement ou dans le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD) durant les 23 ans de règne de Zine El-Abidine Ben Ali. Après un très vif débat sur la durée de l’exclusion, car certains voulaient placer la barre aux dix dernières années, le vote a vu les tenants de la période complète du règne de Ben Ali depuis 1987 l’emporter. Dans le même ordre d’idées, la commission a également décidé d’écarter tous les signataires d’une pétition de soutien à une nouvelle candidature de Ben Ali en 2014. À la fin du mois écoulé, Caïd Essebsi avait indirectement plaidé pour le RCD, estimant que le parti avait été dévoyé par le clan Ben Ali, en déclarant que “beaucoup de patriotes en ont été écartés, et dans le RCD, il n’y a pas que des monte-en-l’air”. Ceci étant, la justice avait dissous le 9 mars, à la demande des nouvelles autorités, le RCD, lequel, lorsqu’il dominait la scène politique, revendiquait plus de deux millions d’adhérents pour 10 millions d’habitants. Fondé le 27 février 1988 par Ben Ali, le RCD avait succédé au Parti socialiste destourien (PSD) lui même successeur en 1964 du Néo-Destour, fondé le 2 mars 1934 par Habib Bourguiba. Les inquiétudes de Beji Caïd Essebsi interviennent au lendemain de la visite à Tunis du président en exercice de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), et chef de la diplomatie de Lituanie, Audronius Azubalis, qui a estimé que la Tunisie doit “faire très attention” à la façon de traiter les personnes qui ont soutenu l’ancien régime. “Je n’ai pas de conseils à donner, mais je sais que c’est un grand défi”, a-t-il notamment déclaré à la presse.

Source : « Liberte-Algerie » Le 18-04-2011

Tunisie : Le rééchelonnement de la dette est  »hors de question »


 

Le ministre tunisien des Finances, Jalloul Ayed, a affirmé qu’il est hors de question que la Tunisie rééchelonne sa dette.

« Nous sommes en mesure d’honorer notre dette cette année et dans l’avenir», a déclaré le ministre à l’agence Reuters en marge de la réunion de printemps du Fonds monétaire international.

Il a également souligné qu’il espérait que le déficit budgétaire de la Tunisie ne devrait pas dépasser 5 pour cent du produit intérieur brut en 2011, et que, pour le gouvernement, il faudrait 1,3 milliard de dollars pour faire face au financement budgétaire de ses besoins à court terme.

Tunisie s’attend à une croissance de 1 pour cent à 1,5 pour cent « au mieux » cette année, a-t-il dit, et elle a besoin de 4 milliards de dollars en prêts à l’étranger pour se remettre sur pieds à la suite de la Révolution du 14 janvier.

Source : « African Manager » le 18-04-2011

Tunisie : l’approche économique et sociale du mouvement Ettajdid


 

Le mouvement Ettajdid est un parti politique démocratique, progressiste et moderniste. Créé en 1920, le mouvement a participé à toutes les élections législatives depuis 2001.

Il est surtout connu pour ses critiques de l’ancien régime. Quels sont les idéaux de ce mouvement? Quel sera sa stratégie quant aux réformes économiques ? Pour répondre à toutes ces questions, Investir en Tunisie a interrogé Mahmoud Ben Romdhane, économiste et membre du secrétariat du mouvement Ettajdid. Selon Mahmoud Ben Romdhane, la devise du parti repose sur un trio complémentaire : la démocratie, la progression et la modernité. D’abord ‘’démocratique’’, il défend les valeurs de la République, à savoir la liberté, la solidarité et la justice sociale. Il est démocratique parce qu’il accorde un réel pouvoir d’initiative à ses structures décentralisées et à ses commissions spécialisées –Jeunes, Femmes. ‘’Progressiste’’, car il œuvre pour une société solidaire. Il défend, en priorité, les catégories sociales défavorisées et marginalisées. ‘’Moderniste’’, parce qu’il lutte pour une société du XXIème siècle, fondée sur la pleine égalité entre hommes et femmes et dans laquelle le droit est un droit positif, œuvre de l’effort humain, libre de toute instrumentalisation de la religion à des fins partisanes. Le programme d’Ettajdid projette de fonder une Tunisie prospère au profit de tous ses citoyens, libre et démocratique, solidaire, régionalement et mondialement rayonnante. Il convient d’abord de faire sortir les régions défavorisées de la misère et du sous-développement. Pour se faire, un nouveau schéma national d’aménagement du territoire doit être très rapidement mis en place pour intégrer pleinement ces régions dans l’espace national et les doter des infrastructures nécessaires (réseau routier et autoroutier, voies de chemin de fer, moyens de communication, pôles technologiques, zones d’activités industrielles et artisanales). La question de l’emploi est centrale dans le plan économique et social d’Ettajdid. En particulier dans les régions défavorisées. Elle passe par le rééquipement des régions, les recrutements dans l’administration. C’est pour améliorer la qualité des services publics. Elle passe aussi par les recrutements dans les nouvelles institutions décentralisées et dans les travaux et services d’utilité publique. Tous ces recrutements doivent se faire sur la base de critères préalablement définis en coopération avec les représentants des organisations d’usagers, des syndicats et des organisations de jeunesse. Pour favoriser l’investissement et créer de la richesse, de nouvelles conditions doivent être remplies. C’est sur la base d’un nouveau climat de l’investissement favorisant l’initiative privée nationale et internationale. Sur cette base, il devient possible de rapprocher le taux d’investissement privé domestique, plafonné à 11 – 12 % au cours des deux dernières décennies, de son potentiel (20 %) dans un délai très bref (2013) et d’atteindre un taux global d’investissement de 30 à 35 %, ce qui permettrait rapidement à notre pays d’avoir une croissance économique proche de 10 % et de réduire son taux de chômage de manière spectaculaire.

Source : « Investir en Tunisie » Le 18-04-2011

Festival de Cannes : « une pensée particulière » à la révolution tunisienne


 

« Une pensée particulière » sera réservée à la Tunisie qu’à l’Egypte et au Japon lors de la 64e édition du festival de Cannes, ont annoncé les organisateurs de cette édition qui se tiendra du 11 au 22 mai 2011, cités samedi par la presse locale.

« Pour rendre hommage aux jeunes de la révolution, 30 courts métrages produits récemment par de jeunes réalisateurs tunisiens seront projetés en marge du festival » souligne Lotfi Layouni, président de la chambre syndicale des producteurs de films, en précisant que la Chambre syndicale des producteurs de films a concocté un programme varié pour cet événement international.

Outre ce programme cinématographique, la Tunisie participera au village international du festival de Cannes où chaque pavillon national se transforme en petite ambassade où chaque pays peut présenter et mettre en valeur son identité culturelle, ses institutions et la diversité de sa création et défendre les couleurs de son cinéma.

Au niveau de l’animation, la ville de Cannes accueillera dans ses rues et artères des spectacles de folklore et du patrimoine musical de Tunisie ainsi qu’un défilé de mode.

Sorce : « Quotidien du peuple » le 18-04-2011

Tunisie : Une bonne récolte céréalière de 2 millions de tonnes


 

La Tunisie s’attend à une récolte de blé de près de 2 millions de tonnes cette année grâce à une pluviométrie plus abondante qu’en 2010, réduisant d’autant le recours à l’importation de céréales.

Selon le ministre de l’Agriculture, Mokhtar Jallali, la Tunisie a des stocks de blé suffisants jusqu’en juillet, ajoutant que la récolte sera bonne cette année.

Cela permettra au pays d’économiser 400 millions de dinars sur les importations de céréales cette saison », a-t-il dit.

Source : « African Manager » Le 18-04-2011

Caïd Essebsi propose de ramener la parité à 30% et craint un

déséquilibre du paysage politique en cas d’exclusion totale des ex-RCD

 


 

C’est ce vendredi que le conseil des ministres examinera le projet de décret-loi au sujet de la loi électorale, adopté par la Haute instance pour la réalisation des objectifs de la Révolution, de la réforme politique et de la transition démocratique. Nombre de dispositions, notamment celles relatives au financement des partis, la parité hommes-femmes (50-50) et à l’exclusion de tout le personnel politique sous Ben Ali et les responsables de l’ex-RCD (depuis 23), suscitent divers débats. Le projet de la Haute instance sera-t-il adopté tel quel ou fera-t-il l’objet de révision par le gouvernement ? Le Premier ministre, M. Béji Caïd Essebsi vient de livrer sa première réaction.

 

« L’institution du principe de parité dans les listes électorales de l’assemblée nationale constituante est une décision « progressiste et audacieuse », a estimé M. Caid Essebsi relevant toutefois que toutes les régions ne seront pas aptes à respecter cette condition d’où le risque d’annulation de plusieurs listes. Il a proposé l’adoption du principe de la parité au taux de 30% au moins. » S’adressant samedi aux gouverneurs lors de leur première conférence après le 14 janvier, le Premier ministre a également évoqué l’exclusion des anciens responsables du Rassemblement Constitutionnel Démocratique des prochaines échéances électorales. Il a souligné à cet égard que «cette décision, bien qu’elle soit importante, risque toutefois de provoquer un déséquilibre du paysage politique et qu’elle ne serait d’aucun apport pour les partis nouvellement créés. »

 

Cette décision, a-t-il estimé, servira plutôt les intérêts d’un parti ou d’une catégorie déterminés. Il a appelé à approfondir la réflexion autour de cette question, de poursuivre la discussion et d’être à l’écoute de toutes les parties. Cette question fera l’objet d’une décision vendredi prochain.

 

Certains partis politiques, a-t-il dit, sont plus « actifs et mieux préparés que les autres » pour s’engager dans la vie politique et les prochaines échéances électorales. Il s’agit d’un aspect qui devrait être pris en considération afin d’assurer les meilleures conditions de l’opération électorale loin de toutes formes d’abus, a-t-il soutenu. Une commission nationale indépendante pour l’organisation des prochaines élections sera mise en place prochainement en vue de superviser les élections en collaboration avec l’ONU, l’Union Européenne et des experts, a-t-il précisé.

Source : « Leaders » Le 18-04-2011

Caïd Essebsi joue-t-il au Bourguiba ?


 

 

Par Raouf KHALSI

Cruelle, coquine, naturellement déroutante, l’Histoire sait se révolter elle aussi ; elle n’est jamais aussi rebelle que lorsqu’elle donne l’impression d’être asservie par les caprices et la cupidité des hommes… C’est le cours de l’Histoire qui avait déposé Bourguiba. Et c’est sa marche inexorable qui a renversé Ben Ali. Les coïncidences ? Elles ne sont jamais fortuites ; elle les provoque et les met savamment en scène.

Il y a deux ans, Béji Caïd Essebsi publiait un livre sur Bourguiba : « Habib Bourguiba : le bon grain de l’ivraie ». Le titre, à lui seul, résume tout : il fait référence au Coran, XIII-17 : « L’écume se disperse au gré du vent, quant à la matière utile aux hommes, elle imprègne le sol pour le féconder ».

Mais c’était aussi une sorte d’avertissement à un Ben Ali, obnubilé, lui aussi, par l’obsession d’une présidence à vie.

Deux ans après la parution de ce livre, où Caïd Essebsi ressuscitait un Bourguiba enterré deux fois tout en sortant lui-même de l’oubli, voilà que l’Histoire, toujours coquine, le replace provisoirement aux commandes d’un pays qui vient de vivre la plus grande Révolution de son histoire et de déclencher, surtout, comme dans un effet domino, la fin de ce qu’on appelle « l’exception arabe ». Mais la symbolique est là, elle aussi : Bourguiba ressuscite le 6 avril dernier, alors que celui qui n’a jamais été son préféré, ni « son fils spirituel » et qui a même osé quitter le PSD et se quereller avec lui, dirige le pays.

Du coup, c’est l’inévitable jeu des syllogismes ; les comparaisons systématiques. Voilà qu’aux yeux de tous ceux qui ne savent pas que Bourguiba et Caïd Essebsi étaient fâchés, le Premier ministre « incarne, aujourd’hui, l’idéologie bourguibienne, certes éclairée, mais procédant, quand même, d’une dictature ». L’équation, à leurs yeux, est simple : on remplacerait la dictature de Ben Ali par celle bourguibienne !

On épie, alors, les gestes de Caïd Essebsi. On essaie de lire dans sa gestuelle et derrière ses lunettes ; on l’accuse de ne guère vouloir répondre à certaines questions et on va même plus loin : on le soupçonne de vouloir faire revenir les Rcédistes ! Or, lui – et pas uniquement Rajhi – a contribué à l’abolition du RCD, parce que, justement, il n’en a jamais fait partie et qu’il avait même quitté le PSD ! Et finalement, tout ce procès d’intention procèderait de quelques similitudes entre Bourguiba et Caïd Essebsi. Sauf que Bourguiba est unique, dans le bien et dans le mal. Caïd Essebsi, lui, est un politique atypique, singulier et un tantinet excentrique. Il est un fait psychanalytique avéré, néanmoins, et il s’appelle le phénomène d’identification… Et quelque part, Caïd Essebsi en subit les déterminismes… Ce n’est, donc, pas lui qui ressuscite Bourguiba, pas plus qu’il ne cherche à provoquer une quelconque résurgence du bourguibisme. Car Bourguiba a toujours rodé, hanté les murs de Carthage, au point que Ben Ali a été habiter à Sidi Bousaïd. Déjà, en 2000, Michel Camau écrivait ce morceau d’anthologie au Monde diplomatique : « Faute de comprendre le sens du temps retrouvé et de s’y conformer par un cérémonial digne de l’enjeu, ils ont libéré le fantôme de Bourguiba devenu figure emblématique d’opposition ». C’était, après le 8 avril 2000, jour de ces funérailles honteuses de Bourguiba.

Source : « Le Temps » Le 18-04-2011

«Il faut un acte de citoyenneté»

Lien : http://www.letemps.com.tn/article-55122.html


 

Thema – M.Abdessattar Ben Moussa, ex-bâtonnier et membre de l’Instance supérieure

de la réalisation des objectifs de la Révolution, de la réforme politique et de la transition démocratique


 

L’Instance Supérieure de la réalisation des objectifs de la Révolution de la réforme politique et de la transition démocratique a adopté lundi dernier, le projet du décret-loi relatif à l’organisation le 24 juillet 2011 des élections de l’Assemblée constituante. Des articles de ce décret ont suscité une polémique notamment celui du mode de scrutin relatif à l’exclusion des responsables Rcédistes et de la parité hommes / femmes sur les listes électorales.

Pour en savoir plus nous avons invité Me Abdessattar Ben Moussa, membre de cette instance choisi sur la liste des indépendants. Interview.

·Le Temps : l’Instance a choisi pour l’élection de l’Assemblée constituante le mode de scrutin proportionnel. Qu’en pensez-vous ?

Me Abdessattar Ben Moussa : j’aurais préféré le scrutin uninominal à deux tours qui permet aux compétences d’accéder à l’Assemblée constituante bien qu’il présente certaines défectuosités du fait qu’il favorise les candidats fortunés et les liens familiaux. Mais le mode de scrutin choisi est en quelque sorte équitable et permet aux petits partis politiques d’être représentés à l’Assemblée. Mais le risque avec ce scrutin est qu’il n’y aura pas une majorité et cela ne facilite pas l’accord sur les principes de la constituante on aura recours implicitement aux alliances au sein de l’Assemblée.

En 1956, l’Assemblée constituante représentait un front national uni. Mais elle a tenu 33 audiences pour élaborer l’article 1 de la Constitution et 3 ans pour élaborer la constitution et en plus il y avait Bourguiba qui façonnait les textes.

·Mais, aujourd’hui, il n’y a pas Bourguiba…

– La tâche va être plus difficile. Car la composition de l’Assemblée constituante sera hétérogène représentant des courants souvent opposés. Ce qui, à mon avis, nécessite l’élaboration d’un Pacte de citoyenneté qui trace les principes essentiels qui répondent aux aspirations de la Révolution. A savoir les fondements du régime républicain, la séparation des pouvoirs, l’alternance, l’indépendance de la justice, la sauvegarde des droits économiques et sociaux, le droit syndical, le droit à la grève et aussi l’égalité entre les hommes et les femmes et l’équilibre régional.

* Quel est votre avis sur l’interdiction décidée par l’Instance à ceux qui ont occupé une responsabilité dans les structures du RCD de se présenter comme candidats aux élections de l’Assemblée constituante ?

– Il ne faut pas oublier que l’Instance a un rôle consultatif, cela veut dire que le président de la République a décidé par le biais des décrets-lois qui peuvent être accompagnés de décrets explicatifs parce que le projet adopté par l’Instance n’est ni clair, ni précis. On a préféré dès le début que le rôle de l’Instance soit décisif afin qu’elle engage sa responsabilité. Toutefois, j’espère que le décret-loi et le décret reflèteront l’esprit du projet adopté par l’instance. Car, toute modification peut engendrer des conséquences néfastes.

* Que pensez-vous de la parité homme / femme sur les listes électorales ?

– Cet article a été adopté à la majorité absolue. Cette parité va favoriser la présence de la femme dans l’Assemblée constituante. Mais cela ne va profiter qu’aux grands partis qui ont des militants un peu partout.

* Parlons de la situation dans le pays. Comment la jugez-vous ?

– Commençons par le secteur de l’information. Il fonctionne comme avant le 14 janvier. On ne sait pas jusqu’aujourd’hui, comment le président déchu s’est évadé avec sa famille alors qu’il a commis des crimes énormes qui nécessitent comme l’a affirmé le ministre de la Justice, la peine capitale. On remarque chez nous une absence de volonté politique pour juger les responsables impliqués dans la corruption et les actes criminels commis contre le peuple tunisien. La justice sous l’ancien régime ne s’appliquait qu’aux pauvres, alors, que les détenteurs du pouvoir politique et économique étaient exempts de toute poursuite. L’emblème de cette justice pendant des décennies était « pauvre justice, justice des pauvres ». Heureusement qu’aujourd’hui la Révolution essaye de mettre fin aux deux poids deux mesures. Mais, elle avance à une cadence de tortue. Le parquet n’a pas encore ordonné des poursuites contre les criminels et même les plaintes déposées par les familles des martyrs ou par les avocats depuis le mois de février connaissent une grande lenteur dans l’instruction alors qu’en Egypte l’instruction se fait rapidement tout en respectant le droit à la défense. Le juge d’instruction s’est déplacé lui-même à l’hôpital pour interroger Hosni Moubarak et le jour de l’audience a été fixé. Par ailleurs, la réhabilitation de la justice nécessite la restructuration du Conseil supérieur de la magistrature. Ce Conseil était et reste encore sous la mainmise de l’exécutif. La restructuration nécessite donc l’adoption d’un décret-loi qui instaure l’indépendance totale de ce conseil et l’élection de tous ses membres par les magistrats. C’est à ce moment qu’on pourra parler de l’indépendance de la justice.

* Quel rôle ont joué les avocats pendant la Révolution ?

– Dès le début, les avocats de Sidi Bouzid et de Kasserine ont participé aux manifestations. Ils étaient souvent aux premiers rangs. Par la suite les avocats de tout le pays ont joué un rôle important dans la chute du régime despotique. Quant à l’avenir, le rôle du barreau doit être agissant dans la sauvegarde de la Révolution et contre toutes les manœuvres internes et externes qui la visent. Il doit jouer aussi un rôle important dans la préservation des acquis de la Révolution. Je crois fermement que le barreau ne peut être que le garant de la démocratie, de la justice et de la liberté et tout avocat qui ne croit pas à ces principes n’a pas sa place au barreau.

Source : « Le Temps » le 18-04-2011

 

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