18 août 2008

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TUNISNEWS

8 ème année, N° 3009 du 18.08.2008

 archives : www.tunisnews.net  


Liberté et Equité: Encore une victime de la négligence sanitaire : Abdelkarim Métoui n’est plus AISPP: Procès du 15 août C.R.L.D.H. Tunisie: La justice tunisienne inflige une lourde peine d’emprisonnement à Zakia Dhifaoui et à ses coinculpés… Comité national de soutien des populations du Bassin minier: Les jugements dans l’affaire n° 3477

Hend Harouni:Groupe ACAT-Montélimar: carte postale  Slim Bagga: Le gendarme à Saint-Tropez  Houcine Ghali: Il y a des centaines de Kerkennah en Tunisie Business news: Hammam-Lif : passé glorieux, présent honteux Tout Sur l’Algérie: Hocine Aït Ahmed : «l’assassin de Mécili était porteur d’un ordre de mission signé par Hassani». INTERVIEW Reuters: L’UE envisage de geler l’aide à la Mauritanie AFP: « Nour », le feuilleton turc qui fait fureur dans le monde arabe AFP: Serbie: un livre jugé offensant par les musulmans retiré de la vente


 

Sauvez la vie du prisonnier politique et ingénieur Ridha Boukadi   Liberté et Equité Organisation de droits de l’homme indépendante 33 rue Mokhtar Atya, 1001 Tunis Tel/fax: 71 340 860 Adresse électronique: liberte.equite@gmail.com   Tunis, le 17 août 2008  

Encore une victime de la négligence sanitaire : Abdelkarim Métoui n’est plus

 

 
 Dimanche 17 août 2008, Abdelkarim Métoui, un ex prisonnier politique, est décédé à presque 62 ans des suites d’un cancer qui n’avait été décelé que dernièrement. Le défunt est originaire de Métouia dans le gouvernorat de Gabès au sud de la Tunisie, et il résidait à Jbel Lahmar, une banlieue de la capitale. Ex dirigeant du mouvement En Nahdha, il avait été incarcéré à la fin de l’année 1990 et condamné pendant l’été 1992 par le tribunal militaire à 6 ans d’emprisonnement qu’il avait effectués en tournant dans toutes les prisons tunisiennes. Il avait été affecté de diverses pathologies comme le diabète et n’avait pas reçu les soins requis pendant son incarcération et après sa sortie de prison. Son fils, alors mineur, avait été emprisonné dans la même prison que lui. […] Pour les condoléances, prière de contacter la famille du défunt au 24 230 250 Pour le bureau exécutif de l’organisation Le Président Maître Mohammed Nouri (traduction d’extraits ni revue ni corrigée par les auteurs de la version originale, LT)

Liberté pour tous les prisonniers politiques Liberté pour Abdallah Zouari, le journaliste exilé dans son propre pays Association Internationale de Soutien aux Prisonniers politiques 43 Rue Eldjazira, Tunis e-mail : aispptunisie@yahoo.fr Tunis, le 15 août 2008
 
[…] La chambre criminelle estivale du Tribunal de Première Instance de Tunis, présidée par le juge Abderrazak Ben Mena, a examiné aujourd’hui 15 août 2008: * l’affaire n°15944 dans laquelle est déféré Maher Abdelhamid, accusé d’adhésion hors du territoire de la République à une entente ayant fait du terrorisme un moyen de réaliser ses objectifs, d’utilisation du territoire de la République pour recruter des personnes pour commettre une action terroriste hors du territoire de la République, d’utilisation d’un nom, d’un mot et d’un symbole pour désigner une organisation terroriste, son activité et ses membres. L’accusé à refusé de se lever lorsqu’il a été appelé et a déclaré que lui-même comme les autres accusés en vertu de la loi du 10 décembre 2003 faisaient une grève de la faim pour protester contre leur mauvaises conditions d’incarcération et leurs procès iniques. Le juge a décidé de fixer une nouvelle audience et que l’accusé soit interrogé […] puisque il n’avait pas été interrogé, ayant été condamné par défaut à 3 ans d’emprisonnement. La défense a relevé que les procès verbaux rédigés par les agents de l’administration de l’Etat après la livraison de Maher Abdelhamid par les autorités syriennes ne se trouvaient pas dans le dossier. […] Pour la commission de suivi des procès Le secrétaire général de l’Association Maître Samir Dilou (traduction d’extraits ni revue ni corrigée par les auteurs de la version en arabe, LT)

C.R.L.D.H. Tunisie Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’Homme en Tunisie membre du Réseau Euro-méditerranéen des Droits de l’Homme 21ter rue Voltaire – FR-75011 PARIS  – Tel/Fax : 00.33.(0)1.43.72.97.34 contact@crldht.org / www.crldht.org Communiqué
La justice tunisienne inflige une lourde peine d’emprisonnement à  Zakia Dhifaoui et à ses coinculpés, criminalisant ainsi toute solidarité avec les populations du bassin minier du sud-ouest tunisien (en lutte pour leurs droits). Le prononcé du jugement dans l’affaire de  Zakia Dhifaoui et de ses co-inculpés est  tombé le 14 août 2008  comme un couperet sur les têtes des prévenus : Zakia DHIFAOUI, membre de la LTDH- section de Kairouan, membre du Forum démocratique pour le travail  et la liberté (FDLT), un parti d’opposition légal, membre de l’Association de lutte contre la torture en Tunisie (ALTT) ;  Abdelaziz AHMADI, enseignant, Mammar AMIDI, instituteur, Fawzi AL MAS, technicien à la Société des Phosphates de Gafsa, Abdessalem DHAOUADI, enseignant, Kamel BEN OTHMANE, enseignant, Nizar CHBIL, ouvrier. La justice tunisienne aux ordres a fait montre, encore une fois, de sa servilité et de sa soumission : huit mois de prison ferme pour Zakia Dhifaoui et six mois de prison ferme pour chacun de ses co-inculpés pour  « insubordination, troubles de l’ordre public, entraves à un fonctionnaire dans l’exercice de ses fonctions, détérioration des biens d’autrui et atteinte aux bonnes moeurs». Le juge a donc fait fi des accusations de torture et de mauvais traitement formulées par les détenus en particulier à l’encontre de Mohamed El Youssefi, chef du district policier de Gafsa. Ce dernier a été accusé de harcèlement sexuel et de menace de viol à l’égard de Zakia Dhifaoui ; il a également été désigné par les autres détenus pour leur avoir extorqué des aveux sous la torture afin de les contraindre à signer des PV. Le seul «crime» de ces citoyens est d’avoir participé à une marche pacifique de soutien au mouvement de protestation sociale dans le bassin minier de Gafsa, dans le sud-ouest de la Tunisie. Les personnes condamnées risquent toutes de perdre leurs emplois. Cette piètre mise en scène judiciaire vise à sanctionner sévèrement, d’une façon exemplaire et disproportionnée, des citoyens dont le forfait est d’avoir manifesté pacifiquement leur sympathie et leur soutien aux populations du bassin minier de Gafsa, Moulares  Rédeyef …ainsi qu’aux dizaines de personnes arrêtées ou en cours de jugement. Leur faute sans doute aussi est d’avoir eu le courage de dénoncer publiquement la torture et les mauvais traitements qui leur ont été infligés par les policiers. S’en prenant de la sorte à ses détracteurs, démocrates et défenseurs des droits humains, le régime de M. ben Ali cherche à les traîner dans la boue, à les discréditer aux yeux de l’opinion publique aussi bien nationale qu’internationale, à les précariser définitivement sur le plan social et économique, enfin, à leur ôter toute liberté. Les autorités espèrent ainsi porter un coup fatal à l’élan de solidarité que manifestent de plus en plus nombreux, les Tunisiens, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays. Ainsi, les autorités ont procédé  à l’arrestation de M. Ess’ghaier Belkhiri, 29 ans, originaire de Redeyef et résident à Nantes,  le vendredi 01 aout 2008 à son arrivée au port de la Goulette en Tunisie. Il a, ensuite, été transféré à Gafsa où il a comparu, le lundi 4 août 2008, devant le  juge d’instruction du tribunal de première instance de Gafsa qui a ordonné son incarcération. Poursuivi pour sa solidarité avec la lutte des populations du bassin minier, il est accusé, tout bonnement de « financement de rébellion ». Son acte de solidarité s’est ainsi transformé en un crime passible de 20 ans de prison. C’est avec la même détermination que les autorités cherchent  à impliquer judiciairement les personnes qui, de près ou de loin, manifestent leur soutien et leur sympathie aux populations du bassin minier du sud ouest tunisien. L’arbitraire n’a manifestement pas de limites. Mettant à profit « la trêve estivale », le régime a organisé la chasse à tous ceux qui osent s’opposer à son pouvoir despotique ou tout simplement qui expriment leur différence. Nous reviendrons ultérieurement sur le triste bilan répressif de l’été 2008. Le CRLDHT exige la libération immédiate de Zakia Dhifaoui et de ses co-équipiers  et leur exprime son soutien et son entière et indéfectible solidarité. Il exige la libération de Ess’ghaier Belkhiri et l’arrêt de toutes les poursuites judiciaires à son encontre. Le CRLDHT condamne encore une fois l’instrumentalisation outrancière de la justice tunisienne par le régime de M. BEN ALI à des fins politiciennes répressives ainsi que les parodies judiciaires faites d’incriminations mensongères de droit commun contre les syndicalistes, les animateurs du mouvement de protestation du bassin minier, les démocrates défenseurs des droits humains et opposants politiques. Le CRLDHT appelle à la mobilisation de toutes les organisations politiques, syndicales et de défense des droits de l’homme, à tous les ami(e)s de la Tunisie afin d’exiger la libération de tous les détenus du bassin minier et l’arrêt des procédures judiciaires à l’encontre des citoyens, syndicalistes, défenseurs des droits de l’homme qui leur ont manifesté leur solidarité Paris, le 18 août 2008.

Comité national de soutien des populations du Bassin minier

Les jugements dans l’affaire n° 3477 : 8 mois de prison ferme pour Zakia Dhifaoui et 6 mois pour les autres inculpés·

 

Le Tribunal de première instance de Gafsa, présidé par le juge Abdelkader Hadfi, a examiné, jeudi 14 août, l’affaire n° 3477 dans laquelle passaient en état d’arrestation : Zakia Dhifaoui (enseignante), Faouzi Massi (technicien), Nizar Chebil (ouvrier), Abdesselam Dhaouadi (enseignant), Kamel Ben Othman (enseignant), Abdelaziz Ahmadi (enseignant) et M’ammar ‘Amidi (instituteur). Toutes les personnes inculpées ont nié en bloc les faits allégués et ont déclaré qu’ils ont subi des actes de torture, qu’ils ont été contraints à signer des procès verbaux sans pouvoir les lire. Zakia Dhifaoui a déclaré qu’elle a été victime de harcèlement sexuel et de menaces de viol de la part du commissaire de police Mohamed Yousfi. Les avocats (Mohamed Jmour, Chokri Belaïd, Lazhar Akremi, Ali Kalthoum, Houcine Tabbassi, Saïda Garrache, Naceur Laouini, Abdarraouf Ayadi, Abdelfattah Mourou, Mohamed Abbou, Mondher Charni, Khaled Krichi, Souhail M’dimagh, Farid Allagui, Faouzi Mokaddemi, Ridha Raddaoui et le Bâtonnier Abdessattar Ben Moussa) ont passé en revue les atteintes à la loi et la nullité des procès verbaux établis par la police. §      En effet, la police judiciaire a procédé aux arrestations et aux interrogatoires sans recevoir un mandat formel du Procureur de la République, ce qui est contraire à la lettre de l’article 11 du Code de Procédure pénale. §      Les aveux des personnes inculpées leur ont été arrachés sous la torture, le harcèlement sexuel et les menaces de viol, en contradiction avec l’article 15 de la Convention internationale contre la torture, ratifiée par l’Etat tunisien. §      Des procès verbaux identiques et dupliqués comportant les mêmes fautes d’orthographe, les mêmes slogans… §      Contrairement à ce qui est indiqué dans les procès verbaux, toutes les personnes ont été interrogées dans les commissariats de Gafsa et non à Metlaoui. §      Faouzi Massi se trouvait le 27 juillet au marché hebdomadaire de Tozeur et non à la ville de Redeyef comme indiqué dans son procès verbal. §      Toutes les arrestations ont été effectuées 4 à 5 heures après la marche organisée par les femmes à Redeyef. Quant au fond de l’affaire, la défense a déploré le recours à des décrets datant de l’époque coloniale (notamment le décret beylical du 02 avril 1953) pour juger les citoyens du bassin minier, en contradiction avec l’article 34 de la Constitution tunisienne et avec le principe de souveraineté. Il ressort de ce procès que les autorités ont commencé par imputer aux prévenus des accusations relevant du droit commun, pour, à la fin les accabler d’inculpations telles que l’insurrection, l’atteinte à la sûreté intérieure et le complot. La défense s’est indigné contre des inculpations relevant de l’atteinte aux bonnes mœurs à l’encontre de personnes appartenant au corps enseignant. Au terme des plaidoiries, le tribunal a prononcé les peines suivantes : §      Huit mois de prison ferme pour Zakia Dhifaoui, §      Six mois de prison ferme pour les autres co-inculpés. La majorité des avocats ont jugé les peines très lourdes. Les inculpé-e-s se sont vu-e-s refuser les circonstances atténuantes ce qui pose, à nouveau, le principe d’indépendance de la justice. Etaient présents lors du procès, les parents des détenus ; une délégation du Forum démocratique pour le travail et les libertés emmenée par son Secrétaire général, monsieur Mustapha Ben Jaafar, ainsi que M. Khalil Zaouia ; une délégation du Syndicat national de l’Enseignement secondaire en la personne de son Secrétaire général, le camarade Chadhli Kari accompagné de Taïeb Bouaïcha et Lasaad Yaacoubi ; le syndicat régional de l’Enseignement secondaire de Gafsa ; le syndicat de base  de l’Enseignement secondaire de Redeyef ; un représentant du Comité national de soutien des populations du Bassin minier, Abderrahmane Hedhili. Les camarades Omar Gouider et Fethi Titaï n’ont pas pu accéder à la salle d’audience. Le camarade Messaoud Romdhani n’a pas pu rejoindre la ville de Gafsa en raison du contrôle et du harcèlement policier permanent dont il est victime depuis le mois de mai. Pour le Comité national de soutien des populations du Bassin minier Abderrahmane Hedhili.

Tunis le 18 août 2008-16 chabane 1429 Nous remercions le Groupe ACAT-Montélimar pour sa carte postale du 13 août, 2008 Notre carte postale envoyée au groupe ACAT – Montélimar le 21 juillet,  2008 n’est pas arrivée à destination … Hend Harouni

Montélimar le 13 août 2008, Famille HAROUNI : Amor, Abdelkarim, Hend Cité 2626, esc. B, app. 4B Sidi Amor 2089 Le Kram Tunisie Chers amis, Au nom du groupe de Montélimar, je vous adresse notre soutien. Nous savons qu’Abdelkarim et toute votre famille subissent un véritable siège policier et que ces pratiques sont parfaitement illégales et inhumaines et traumatisent toute la famille. Nous savons que la police tente d’extorquer  d’Abdelkarim  des engagements contraires aux droits constitutionnels. Nous pensons à vous, nous prions pour vous et vous soutenons dans votre douloureuse mais ferme résistance. Croyez en notre amitié. Je vais écrire aux autorités. Pas de carte reçue de vous, mais des mails. Merci Gérard  M .

Le gendarme à Saint-Tropez

par Slim Bagga

Disons-le sans ambages: la saga féérique que nous allons vous conter n’a pas de quoi enchanter les enfants et encore moins les adultes tunisiens. De plus, nous ne sommes pas en 1964, mais bien en 2008. Et les acteurs n’en sont pas Louis De Funès (Ludovic Cruchot), ni Geneviève Grad (Nicole Cruchot), mais le Maréchal des Logis-chef Zine El Abidine Ben Ali, son épouse Leïla, leurs gendres et alliés qui ont empoché la République sous le regard impuissant d’une population médusée.

Eh oui! Hammamet, Sidi Bou Saïd, sont devenus si étroits et exigus que notre royale famille des Ben Ali et consorts a décidé de « s’exiler » à Saint-Tropez pour ses vacances dorées…

Alors deux questions à nos yeux fondamentales s’imposent comme une évidence:

1/ Combien ont coûté à l’Etat, donc aux contribuables ces vacances dignes des Mille et une Nuits?

2/ Et qu’est ce qui se trame à travers l’ascension fulgurante du gendre à peine déniaisé des Ben Ali, Sakhr Materi? En un mot, lorsqu’un comploteur aujourd’hui chef de l’Etat passe ses vacances avec son gendre qui n’est autre que le rejeton d’un ex-comploteur, (Moncef Materi avait comploté contre Bourguiba en 1962 et fut emprisonné; Ben Ali l’a réhabilité), de quoi peut-il être question?

Le coût de la virée dans le Var

Il y a sans nul doute une incohérence, une tare, une anomalie physique et congénitale au système Ben Ali. L’homme qui épie tous 10 milllions de Tunisiens dans leurs vies privées et publiques ne rend de compte à personne alors qu’il est le premier à devoir en rendre. Aucune institution publique et constitutionnelle ne vérifie ses actes, ses dépenses, ses frasques et celles incalculables de sa famille.

Un exemple parmi mille: Que Leïla Trabelsi, les filles Ben Ali-Trabelsi ou le gendre en vogue Sakhr Materi usent et abusent de l’avion présidentiel, cela n’a aucune importance aux yeux du Maréchal des Logis, chef Ben Ali, puisque cet avion n’est plus celui de la Présidence en tant qu’institution républicaine, mais celui du Président-époux, du Président-papa, du Président-beau-papa et même, à l’occasion, du Président-Papa Noël.

Il en va de même du Trésor public, de la Banque centrale, du système bancaire étatique et privé, dans une Tunisie privatisée au profit d’un clan de mafieux et de voyoux qui s’abritent dans la Grande Maison Ben Ali-Trabelsi.

Nous évoquions donc le coût des vacances royales à Saint-Tropez, dont seul le Trésor public connaît le montant exact. Quelques chiffres cependant permettent assez aisément d’avoir une évaluation approximative de cette virée, puisque l’on sait que la villa a beau avoir été louée pour 18 000 euros (36 000DT) par Sakhr Materi, l’hôte prestigieux, les intendances pour loger les flics, les militaires, les cuisiniers et même …les coiffeurs s’élèvent à près de 50 000 euros (100 000DT). Les coiffeurs? Bien sûr, car au moment où l’économie tunisienne touche les fonds, Ben Ali demeure soucieux de la régularité de sa mèche et de sa raie après ses plongeons matinaux. Mais passons, il y a plus grave…

De plus, il fut loué une trntaine de limousines Citroën C6, équipées des meilleures options à 3000 euros (6000DT) mensuels l’unité. Voilà donc 1000 000euros hors carburant de plus (200 000DT). Comptez l’avion présidentiel à la disposition de Ben Ali pour ses quelques apparitions télévisées lors du Congrès du RCD ou de la visite de l’autre agité Gueddafi en Tunisie, mais surtout à la disposition de l’homme d’affaires Sakhr Materi; comptez le stationnement de cet engin en « taxi away » à l’aéroport varois. Arrondissez en prévoyant les frais de bouche et quelque argent de poche pour les jeux dans les casinos. Il faut bien que les petits « Zoufris » profitent et tentent leur chance. Et nous voilà face à une facture bien salée à régler par les caisses de l’Etat, au profit d’un homme dont le seul mérite est d’avoir aligné en 20 ans la Tunisie sur la Birmanie et la Corée du Nord…

Alors combien donc ont coûté les vacances de Ben Ali, Leïla et leurs « bébés »? Un milliard? Deux milliards? Mille milliards de mille sabords!!!

Au moment où la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM), par exemple, est en cessation de paiement, et que les cliniques refusent d’hospitaliser les assurés pour non remboursement des frais, une telle virée présidentielle est du meilleur effet…

NDLR: Demain, nous publierons la 2ème partie de ce texte relatant de ce qui se trame au sein de la famille présidentielle, entre Sakhr Materi et le couple royal


IL Y A DES CENTAINES DE KERKENNAH EN TUNISIE

 

Ainsi donc, après 52 ans d’indépendance, l’île de Kerkennah a enfin eu droit à un soupçon de développement suite à la visite du président de la République. Pour améliorer les conditions de vie des citoyens kerkéniens, Ben Ali a amené dans ses bagages les réalisations suivantes :  » Extension et renforcement des services du réseau d’eau potable; forage d’un puit profond pour le développement de l’agricuture en irrigué dans la zone d’Ouled Ezzeddine;élargissement et amélioration de la route reliant El Attaya auy Imadas d’Echargui,augmentation de la part annuelle des fonds communs allouée à la municipalité de Kerkennah, et enfin préservation et maintenance de certains monuments religieux « . Cette bonté magnanime du président de tous les Tunisiens amène plusieurs remarques : D’abord, il est flagrant que ces miettes jetées aux habitants de Kerkennah expriment d’une manière flagrante l’absence de stratégie, de plan et de polique de développement à l’échelle nationale. J’étais à Kerkennah et j’affirme que les infrastructures de cette île n’ont subi aucun changement depuis l’aube de l’indépendance. Il y a quelques hôtels fréquentés surtout par des vieux britanniques, des villas de riches kerkenniens et sfaxiens et puis basta. Les routes datent de l’époque de la colonisation et les jeunes kerkenniens émigrent en grand nombre dans le reste du pays. Kerkennah est l’unique ville où la population dimunie chaque année face au marasme qui guête les gens et au chômage qui bat son plein. Le fait de voir le président de la République venir, après vingt ans de règne, visiter Kerkennah avec quelques promesses de réalisations tap à l’oeuil mais sans réelle transformation, en dit long sur la polique suivie par l’Etat pour un développement équitable des régions dites de l’ombre. En effet, comment expliquer le retard énorme pris par les régions de l’intérieur, du Nors et du Sud face à l’expansion démesurée du grand Tunis et du Sahel, si non par une polique régionaliste et qui n’obéit à aucune stratégie d’ensemble. Et puis, ces petits projets annoncés à gande pompe à la délégation de Kerkennak ne résoudront aucunement les vrais provlèmes de l’île. En effet, l’essentiel n’a pas été abordé, à savoir la création d’emplois avec l’implantation d’industries manufacturières dans le domaine de la pêche ainsi que l’octroi de crédits incitant les jeunes à travailler dans la mer. Enfin, Kerkennah n’est que le symbole de centaines de délégations dans le pays qui n’ont jamais été concernés par les plans de développement. Alors à qui le tour dans quelques mois pour une visite présidentielle à grande pompe pour d’infimes réalisations? Houcine Ghali, Genève
 

 

Hammam-Lif : passé glorieux, présent honteux

 

 
Par Nizar BAHLOUL Il fut un temps où Hammam-Lif fut l’une des plus belles villes de Tunisie. Ville de résidence des Beys. Je ne sais plus à partir de quelle date sa déchéance a commencé, mais déchéance il y a et depuis qu’elle a commencé, elle ne s’est jamais arrêtée. J’insiste sur le mot déchéance en dépit des protestations officielles et officieuses que cette opinion (pas vraiment subjective) pourrait déclencher. Poussière, saletés, routes crevassées, absence quasi-totale de verdure, pollution sonore et maintenant pollution maritime. Il n’est pas impossible qu’une source officielle nous dise qu’il n’existe de pollution que dans nos têtes, mais je préfère croire mes yeux que ce démenti, si démenti il y aura. Rien qu’à voir la plage, il y a de quoi être dégouté avec cette mousse crasseuse jaunâtre et cette eau de couleur sombre. Très sombre. Comparée à la plage de Kélibia, de Korba ou de Bizerte avec leur sable blanc et leur eau limpide, d’une extraordinaire transparence, on dirait qu’on est sur deux continents différents. La différence est nette et visible à l’œil nu, même la nuit, lorsque l’eau sombre de la plage de Hammam-Lif prend des couleurs phosphorescentes. Un peu comme le caméléon. Ne cherchez surtout pas à la sentir, car c’est un parfum qui vous rappelle plutôt le petit coin et Jacob Delafon que le parfum marin auquel vous pourriez vous attendre. Oubliez donc totalement la signification du nom de la ville en arabe, « bain du nez » ! Officiellement, cette plage n’est pas impropre et on peut s’y baigner. Beaucoup s’y baignent, d’ailleurs. Les pauvres ! Beaucoup d’autres cependant, y compris parmi les riverains, préfèrent aller ailleurs. Très loin. N’est-il pas dramatique de parcourir des dizaines de kilomètres pour se baigner, alors qu’on habite en face de la plage ? Mais il n’y a pas que la plage qui souffre à Hammam-Lif. Pas loin de là, il y a la corniche. Il fut un temps où l’accès n’était réservé qu’aux piétons. C’est le cas encore, mais par intermittence. Tout dépend du préposé chargé d’interdire l’accès. En fonction des jours, cet accès peut être ouvert ou fermé. Mais qu’elle soit fermée ou non aux automobilistes, la corniche de Hammam-Lif ne garde que le nom et a perdu tout son charme. Entre les belles bâtisses transformées par les résidents en commerces, les vendeurs à la sauvette (qui ne se sauvent plus puisque personne ne court derrière), les odeurs de friture et le bruit (appelé musique) craché par les baffles, vous avez le tableau. Et cette pollution sonore dure une bonne partie de la nuit. Toutes les nuits. Plus loin, au centre-ville, on dirait que le temps s’est arrêté. Les nostalgiques trouveront les mêmes cafés, les mêmes gargotes, les mêmes épiciers, les mêmes glibettiers (échoppes de fruits secs), le même bruit du train de l’époque soviétique et les mêmes saletés. Ce n’est pas encore Naples et ses tonnes de poubelles et il ne faut pas que ça le devienne. Peut-être que la mairie fait son travail, mais je la plains, car en dépit de l’effort que son personnel fournit, le résultat ne se voit pas vraiment à l’œil nu du visiteur. Et c’est quelque part normal quand on connait son peu de moyens et le montant de ses dettes. Plus loin encore, au coin de la rue de Salambo et de la RN1, se dresse une bâtisse qu’on appelle Hammam Essouri, faisant office de bain public. Il fut un temps, pas si lointain que cela, ce Hammam Essouri était une station thermale de référence. L’eau qui y coule était brûlante et venait directement de la montagne d’à côté. Si on le réhabilite, et s’il est géré par un spécialiste selon les normes actuelles, ce bain public pourrait être une référence en Afrique du Nord, voire en Méditerranée. Il est en décrépitude ! Et l’hôtel qui se trouve dans la même bâtisse est fermé. Il n’est pas le seul bâtiment en décrépitude. Le restaurant la Sirène l’est également. Idem pour le Casino du centre-ville, transformé en bar. La bâtisse qui fait le plus mal au cœur est cependant La Maison du Bey. Habitée pendant un bon bout de temps par des squatteurs, devenue « oukala » ensuite, cette bâtisse est aujourd’hui fermée et se trouve à l’abandon. Cette maison aurait pu être un musée. Imaginez un musée sous une montagne verdoyante et deux sources (Ain El Ariane et Ain El Bey, avec un très bon taux de chlorure de sodium), près d’une station thermale à quelques mètres de la plage. De quoi faire rêver n’importe quel voyagiste ! Avec moins d’atouts que ceux-là, des cités méditerranéennes sont devenues des stations touristiques de référence où l’on se bouscule et où l’on paie le prix fort pour y séjourner. Avec tous ces atouts, pourtant, Hammam-Lif se permet des merveilles architecturales à l’abandon, des rues sales, une atmosphère polluée et une plage aux couleurs et odeurs agressant continuellement yeux, oreilles et narines. Ça rappelle un peu ce qu’était la triste la Goulette il y a quelques années. La Goulette a été sauvée ou est en voie de l’être. Il est grand temps d’en faire de même avec Hammam-Lif. C’est de notre patrimoine qu’il s’agit. Nos aïeux nous l’ont légué et on se doit de le léguer tel quel, voire dans un meilleur état, à nos enfants, aux générations futures. — Business news en date du 18.08.08.
 
(Source: Le site « Business news » (Tunisie) le 18 aout 2008)


 
 

 

Hocine Aït Ahmed : «l’assassin de Mécili était porteur d’un ordre de mission signé par Hassani». INTERVIEW

Dans un entretien à toutsurlalgerie.com, le leader du FFS, Hocine Aït Ahmed, revient sur l’évolution de l’affaire Mécili, avec notamment l’arrestation et l’inculpation en France de Mohamed Ziane Hassani, commanditaire présumé de cet assassinat.

Selon M. Aït Ahmed, l’assassin de Mécili était porteur d’un ordre de mission signé par Hassani. Le chef du FFS estime également que le gouvernement français n’a pas joué un rôle déterminant dans l’évolution de ce dossier et dit redouter que Mohamed Ziane Hassani quitte le territoire français avant la tenue de son procès. Interview

Par lounes guemache

Vingt et un ans après l’assassinat de l’avocat Ali Mécili, Mohamed Ziane Hassani, commanditaire présumé de cet acte a été arrêté jeudi en France. Quelle est votre réaction ? Je suis euphorique !  Ce réveil de la justice française après 21 ans de déni de justice est un véritable triomphe de la justice. J’espère maintenant que les choses iront jusqu’au bout. Pour moi, il n’y a pas de justice sans éthique de la justice. Au lieu de se gargariser de droits de l’Homme, il faut commencer par civiliser la politique et garantir l’indépendance de la justice des deux cotés de la Méditerranée.  Mohamed Ziane Hassani est-il le seul commanditaire de cet assassinat ou pensez-vous que d’autres personnes devraient être également convoquées par la justice française? C’est l’affaire de la justice française. Mais le dossier a établi sans ambages la complicité d’autres personnes dans ce dossier. Je fais confiance au juge en charge du dossier. Quant aux commanditaires politiques, c’est une autre histoire. C’est l’histoire d’une police politique qui a pris en otage la justice de notre pays depuis l’indépendance. Pourquoi, selon vous, la justice française a-t-elle mis plus de 20 ans pour lancer des mandats d’arrêt contre des commanditaires et auteur présumés de cet assassinat ? Vous savez, la lâcheté des deux États a réussi à effacer la mémoire de l’exécution de Mécili au point où son épouse, Annie Mécili, n’est même pas parvenue à faire publier le moindre texte dénonçant l’impunité du commanditaire de l’exécution de son mari. C’est précisément pour lutter contre cette amnésie érigée en mode de gouvernance et de gestion de la société qu’il m’a paru de salubrité publique, 20 ans après l’assassinat de Ali, de rééditer et étoffer le livre « L’affaire Mécili » que j’avais publié en 1989, avec de nouveaux éléments. Force est donc de constater que ce meurtre n’est pas une bavure ni un accident de parcours. C’est au contraire une constante depuis l’indépendance. C’est une volonté des tenants du régime de détruire le politique jusqu’à l’idée même de la politique. Au besoin, par l’exécution de ceux qui menacent les fondements de leur régime. C’est-à-dire, des personnes capables de penser et de mener des combats politiques autonomes pour les droits de l’homme et la démocratie. Vous avez régulièrement dénoncé l’impunité accordée par la France aux commanditaires et auteur présumés de l’assassinat de M. Mécili. Comment peut-on expliquer cette attitude des autorités françaises ? Dans cette affaire, il y a tous les ingrédients d’un vrai polar «barbouzo-totalitaire»  qui se déroule derrière les murs de la raison d’Etat et des déraisons des contrats. Que dire notamment de M. Pasqua, qui avait envoyé à Alger le tueur alors que son implication ne faisait aucun doute puisqu’il était porteur d’un ordre de mission de la police politique signé précisément par le « sieur » Hassani qui vient d’être arrêté à Paris. Par ailleurs, plus significatif encore, le coup de téléphone de ce ministre de l’Intérieur français à l’ambassadeur d’Algérie à Paris rien que pour le rassurer sur le fait que l’Algérie n’avait rien à faire dans cette histoire. C’est de là qu’a commencé la connivence. Le changement de président en France, avec l’arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy en 2007, a-t-il contribué à débloquer ce dossier ? Je crois que les choses ont été menées à son insu. Je crois que les initiatives viennent du nouveau juge Thouvenot qui a repris le dossier au juge Bruguière. Ce dernier avait refusé de faire aboutir les choses. A mon avis, le pouvoir politique français n’a pas joué un rôle déterminant dans cette évolution du dossier. Je crois qu’il a même été dépassé par l’initiative du juge Thouvenot. C’est pour cela que nous craignons pour l’avenir. Craignez-vous que Mohamed Ziane Hassani quitte le territoire français avant la tenue de son procès ? Cela pourrait évidemment bien se produire, sans exclure une planification préalable des deux cotés. La justice française a décidé de lancer un mandat d’arrêt contre M. Hassani à la suite du témoignage en 2003 de Mohamed Samraoui, un ancien responsable des services secrets algériens aujourd’hui exilé en Allemagne. Avez-vous d’autres éléments pouvant renforcer la thèse d’une implication de M. Hassani dans cet assassinat ? J’ai tout écrit sur cette affaire. Déjà en 1989, dans « L’Affaire Mécili ». J’ai rajouté des choses dans mon livre, réédité récemment. C’était très clair. On a cité des noms, comment ils se sont réunis, etc. Mais je crois que l’élément qui a fondé la conviction du juge est le témoignage de Samraoui en 2003. Quand il a raconté comment il avait accompagné Hassani pour aller voir Amalou, le tueur et le convaincre d’accepter 800 000 francs pour son « boulot » en attendant le reste. Qu’attendez-vous du procès de Mohamed Ziane Hassani ? J’espère que ça sera la fin de l’impunité. Dans cette affaire, en tout cas. Que ça sera le succès de la justice. Au moment où le refus de l’impunité gagne du terrain sur le plan international, comment la France pourrait-elle faire sur ce problème de l’impunité une discrimination exceptionnelle sur l’Algérie sans avouer clairement que la vie des Algériens ne vaut la vie des autres peuples ?

(Source : « Tout Sur l’Algérie », (Quotidien électronique – France), le 17 août 2008)

Lien :http://www.toutsurlalgerie.com/algerie-ait-ahmed-4519.html


L’UE envisage de geler l’aide à la Mauritanie

 
Reuters, le 18 août 2008 à 14h44 BRUXELLES, 18 août (Reuters) – Le commissaire européen au Développement Louis Michel va demander le gel de l’aide humanitaire et de l’accord sur la pêche avec la Mauritanie, en représailles au renversement du président et du gouvernement par des militaires le 6 août dernier, a dit un porte-parole de la Commission. « Nous allons (…) demander que les activités de coopération menées actuellement soient gelées, à l’exception de ce qui est limité à l’action humanitaire ou bénéficie directement à la population », a précisé Martin Selmayr. Il a ajouté que les gouvernements des Vingt-Sept arrêteraient leur décision le mois prochain. Bruxelles a alloué une aide de 156 millions d’euros à la Mauritanie pour la période 2008-2013 et a accepté de payer un droit de pêcher dans les eaux mauritaniennes d’un montant annuel de 75,25 millions pendant les quatre prochaines années. L’Union européenne avait déjà gelé son aide en 2005, après un précédent coup d’Etat. Les fonds avaient été débloqués lorsque le gouvernement conduit par des militaires s’était engagé à organiser des élections et libérer les prisonniers politiques.  


« Nour », le feuilleton turc qui fait fureur dans le monde arabe

 

 
AFP, le 18  août 2008 à 06h31 Par Rana MOUSSAOUI BEYROUTH, 18 août 2008 (AFP) – On ne parle que d’eux. Ce ne sont ni des champions olympiques ni des gagnants de la Star’Ac. Il s’agit de Nour et Mohannad, héros d’un feuilleton turc doublé en arabe qui tient en haleine depuis des mois des millions de téléspectateurs à travers le monde arabe. De Beyrouth à Alger, en passant par Ramallah ou Djeddah, ils sont des millions à ne pas rater un seul épisode de cette saga familiale qui raconte les péripéties d’un jeune couple turc tiraillé entre tradition et modernité. « J’adore! » s’exclame Safaa Abdel Hadi, une Cairote de 65 ans. « C’est aussi glamour que les feuilletons mexicains ou américains, et en plus, la famille dans +Nour+ est musulmane, on a donc plus d’affinités avec les personnages ». « Ils nous ressemblent », renchérit Ibtissam Issa, ménagère libanaise de confession chrétienne. « J’aime leur attachement à la tradition et leur solidarité en tant que famille », explique-t-elle. La série montre toutefois une femme qui quitte la maison conjugale avec son bébé pour vivre seule dans un appartement et une autre femme qui tombe enceinte avant le mariage, de quoi choquer certains fans. « Il ne faut pas se leurrer, le feuilleton reflète bien une culture et des problèmes occidentaux, pas les nôtres », affirme Nadia Abdel Rahmane, une Egyptienne de 34 ans. Pour ne pas heurter les « sensibilités » du public arabe, la société de doublage à Damas a pris soin de censurer les passages intimes dits « inappropriés ». « Sama production » a réussi un coup de maître en choisissant de doubler en arabe parlé, moins cérémonieux que l’arabe littéraire, avec l’accent syrien, apprécié des téléspectateurs arabes en raison des feuilletons syriens à succès des dernières années. Et c’est surtout l’acteur Kivanç Tatlitug, alias Mohannad – blond, yeux bleus, sourire ravageur – qui fait palpiter le coeur de ces dames, au point que des télévisions arabes ont fait état de demandes de divorce de maris… jaloux. Le phénomène est tel, que le mufti d’Arabie saoudite a lancé récemment une fatwa contre ce feuilleton jugé « subversif » et « anti-islamique », affirmant que toute chaîne qui le diffuse est « ennemie de Dieu et de son prophète ». Paradoxalement, c’est bien une chaîne satellitaire saoudienne, la MBC, qui diffuse la série et qui a même organisé un dîner à Dubaï en l’honneur des deux acteurs principaux au printemps dernier, provoquant une hystérie générale. Fatwa ou pas, la « Nourmania » fait des ravages. Au souk de Tunis comme à Jérusalem-est, des t-shirts frappés des photos de Mohannad et Nour se vendent comme des petits pains. A Naplouse, en Cisjordanie, plusieurs cafés portent désormais les noms des deux tourtereaux, qui, dans la version originale, s’appellent Gümüs et Mehmet. « Je vends plus de 500 photos des héros de +Nour+ par jour, et surtout celle de Mohannad. Les filles en raffolent », assure Hussein, près de l’Université de Damas. Une agence de voyage à Nazareth a même profité de l’aubaine pour promouvoir ses voyages organisés en Turquie. Elle inclut dans son programme une visite au magnifique yali (résidence au bord du Bosphore) où se déroule l’action. Dans les restaurants et les cafés à Beyrouth, c’est bien « Nour » qui apparaît sur les écrans plutôt que les JO de Pékin. « Ce genre de feuilleton reflète une dualité entre modernité et tradition que les Arabes vivent mais n’assument pas », affirme Melhem Chaoul, sociologue libanais spécialiste des médias. Il nous soulage en quelque sorte de cette angoisse ». « Des femmes qui travaillent mais sont opprimées par leurs maris ou des hommes machistes forcés d’accepter l’égalité avec la femme s’identifient à ces personnages », ajoute-t-il. Pour Souheir Farraj, réalisatrice palestinienne, « +Nour+ montre de jeunes musulmans libéraux, et les téléspectateurs d’ici semblent aspirer eux aussi à cette réalité ». AFP


 

Serbie: un livre jugé offensant par les musulmans retiré de la vente

 
AFP, le 18  août 2008 à 15h07 BELGRADE, 18 août 2008 (AFP) – Un roman consacré à l’une des épouses du prophète Mahomet a été retiré de la vente en Serbie à la suite des protestations de la communauté musulmane locale, a annoncé lundi la presse serbe. « Le joyau de Médine » (The jewel of Medina), de l’écrivain et journaliste américaine Sherry Jones, consacré à Aïcha, l’une des épouses de Mahomet, a suscité la colère de la communauté musulmane serbe. Selon la radio et la télévision B92, l’un des responsables de la communauté musulmane de Serbie, le mufti Muamer Zukorlic, a estimé que l’ouvrage s’efforçait de « désacraliser une chose considérée comme intouchable par tous les musulmans ». « Manifestement, certains veulent rejoindre les rangs de ceux qui ont produit les caricatures au Danemark, et bien sûr, il s’agit d’une insulte pour tous les musulmans du monde, en particulier pour nous ici en Serbie », a-t-il ajouté. Le directeur de la maison d’édition Beobuk, Aleksandar Jasic, a présenté ses excuses à la communauté musulmane, soulignant qu’il n’avait « pas l’intention de blesser », et a espéré que « l’affaire en resterait là ». Il a assuré que le livre ne serait plus disponible dans une seule librairie du pays. Le mufti Zukorlic a accepté ces excuses lundi et a lancé un appel au calme, selon les agences Tanjug et Beta. « Nous espérons que cette affaire servira de leçon pour que ce genre de choses ne se produise plus jamais », a-t-il ajouté. Selon la presse serbe, l’éditeur américain Random House a renoncé à publier ce livre qui devait paraître début août. Son édition serbe devait être la première mondiale. La publication en septembre 2005 de douze caricatures de Mahomet dans un quotidien danois, le Jyllands-Posten (conservateur), avait été jugées blasphématoires par de nombreux musulmans. Ces dessins satiriques ont soulevé en janvier-février 2006 une vague de protestations violentes et meurtrières sans précédent contre le Danemark dans les pays musulmans. La communauté musulmane de Serbie réside essentiellement dans le sud du pays, dans la région du Sandzak. AFP

 

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