17 juillet 2006

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TUNISNEWS
7 ème année, N° 2247 du 17.07.2006

 archives : www.tunisnews.net


Luiza Toscane: SOS *MOHAMMED AKROUT VA M-O-U-R-I-R-* Kalima: L’affaire du Yacht volé – La Tunisie ne doit pas devenir une république bananière Kalima: Sélection policière dans les concours – Interdit de concours, il vend ses diplômes  Zizou: Zizou from Damascus Mokhtar Yahyaoui:Du Terrorisme… L’autre ! Hichem Ben Yaïche: Israël, déraison d’Etat Biju : A propos de cette annonce de Tunisnews Réalités: Interdisez … interdisez… Réalités: La censure au nom de l’Islam

 
 Cliquez ici pour accéder au reportage exceptionnel de l’AISPP sur la catastrophe humanitaire des prisonniers politiques Tunisiens    


*URGENT* *URGENT* *URGENT* *URGENT*

*MOHAMMED AKROUT VA M-O-U-R-I-R-*

*SOS*  *SOS* *SOS* *SOS*

 

* *

*En dépit des multiples appels lancés depuis un mois maintenant par l’Association Internationale de Soutien aux Prisonniers Politiques (AISPP) ou par voie de presse ou encore par le biais d’Internet,

l’administration pénitentiaire reste sourde aux revendications basiques exprimées par le prisonnier politique Mohammed Akrout, en grève de la faim depuis le 7 juin dernier, soit depuis quarante jours.*

 

*Après avoir constaté une brutale détérioration de son état au cours des dernières semaines (incapacité à se tenir debout, douleurs thoraciques, écoulement de sang par la bouche) lors des visites, sa famille en est maintenant à envisager le pire : en effet, Mohammed Akrout n’a pas été

conduit au parloir la semaine dernière et l’administration pénitentiaire n’a pas été en mesure,- ou n’a pas voulu- leur administrer la preuve que leur parent était toujours vivant.*

 

*Mettez-vous à la place des siens, terrifiés à l’idée que Mohammed Akrout va M-O-U-R-I-R. Et il mourra si rien n’est fait, il mourra si ce silence perdure, il mourra s’il n’est pas hospitalisé d’urgence, il

mourra s’il n’est pas soigné, il mourra s’il n’est pas libéré, enfin.*

* *

 

*Luiza Toscane, 17 juillet 2006//*

 

*/ /*

*/ /*

 

*Proposition d’action :*

 

*Ecrire au ministre de la Justice (fax : 00 216 71 568 106), e-mail : mju@ministeres.tn

 

*Envoyer des copies au CICR tunis.tun@icrc.org et à tous les médias.*

 

*/ /*

*/Suggestion de courrier :/*

*/ /*

 

*/Monsieur le Ministre/*

*/ /*

*/Alerté(e) de l’aggravation brutale de l’état du prisonnier Mohammed Akrout, incarcéré à la prison du 9 avril à Tunis, je tiens à vous faire part de ma vive inquiétude quant à sa santé et son pronostic vital./*

 

*/Mohammed Akrout est incarcéré depuis quinze années et il a contracté en prison plusieurs maladies qui auraient nécessité qu’il puisse consulter un médecin, suivre un traitement et observer un régime

alimentaire approprié. Il n’en a rien été.

 

Aux problèmes de santé se sont ajoutées des brimades qu’il aurait été possible d’éviter :

interception de la correspondance, non-accès aux livres et aux visites directes, éloignement de la prison du domicile familial, sans compter l’absence d’hygiène de sa cellule et les mauvais traitements dont il a été victime./*

 

*/Mohammed Akrout est en grève de la faim depuis le 7 juin pour que lui soient accordés les droits des prisonniers tels que garantis par la loi tunisienne, et son état s’est dégradé de jour en jour. La semaine dernière, sa famille n’a pu lui rendre visite et n’a pu obtenir la preuve que Mohammed Akrout était vivant./*

 

*/Je demande aux autorités tunisiennes de libérer Mohammed Akrout immédiatement afin qu’il soit hospitalisé d’urgence et que sa famille puisse être rassurée sur son sort./*

 

*/Je vous prie d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de…../*


 

L’affaire du Yacht volé

La Tunisie ne doit pas devenir une république bananière

 
Par Sihem Bensedrine et Omar Mestiri   Au lendemain de la publication par l’hebdomadaire français « Le canard enchaîné » de la nouvelle de la saisie dans le port de Sidi Bou Saïd du yacht volé, près d’un mois auparavant en corse, les sources officieuses tunisiens s’estimèrent acculées à faire paraître sur cette affaire trois lignes alambiquées. Les Tunisiens sont, depuis lors, maintenus dans un brouillard épais, ayant toutefois reçu l’assurance médiatique que la justice tunisienne « continue à faire son travail » et que la fortunée victime de ce vol avait fini par récupérer son bien.   La presse de l’opposition, n’a pas davantage cherché à éclairer leur lanterne. Ils devront se satisfaire de l’explication, un peu courte, que les deux voleurs, français, qui ont dérobé et piloté le bateau se sont, depuis, évanouis dans la nature. Le Tunisien, bien protégé, à qui ils laissèrent tout le loisir de profiter de leur exploit durant plusieurs semaines, l’a fait, quant à lui, en toute innocence.   Au-delà de l’état lamentable de nos médias, cette affaire révèle surtout de graves dysfonctionnements, incompatibles avec un Etat de droit. Dysfonctionnement de la justice, de l’administration des douanes, de la banque centrale, du fisc…   Que le neveu de la femme du Président tunisien ait une prédilection avérée à se fournir en voitures et bateaux dans les circuits peu recommandables, c’est un aspect qui, dans un Etat de droit, dépasserait le champ d’intérêt des tabloïds pour relever de la justice.   L’ambassade tunisienne à Paris s’est empressée de nier toute « implication de la famille présidentielle à cette infraction » (Cf déclaration au journal l’Express) ; certains officiels allant jusqu’à accuser le propriétaire de mauvaise foi en vue de récupérer indûment une prime d’assurance (Assabah et Achourouq).   Le Yacht « Princess V58 » d’une valeur de plus d’un million d’Euros appartenant au banquier français, Bruno Roger a été volé le 5 mai 2006 au port Corse de Bonifacio, est entré dans le port de Sidi Bou Saïd le 9 mai. Il a fallu qu’un enquêteur privé de la compagnie d’assurance le retrouve maquillé au port de plaisance de sidi Bou Saïd pour que la police tunisienne autorise Interpol à saisir le bateau le 26 mai.   La justice tunisienne s’est abstenue à jouer le rôle qui lui est dévolu.   Coupable jusqu’alors d’incurie manifeste, les autorités tunisiennes sont accusées par une source française proche de l’enquête, citée par l’AFP, de manque de coopération qui a entraîné des difficultés dans l’exécution de la commission rogatoire internationale. De fait, le refus manifeste d’engager les procédures contre monsieur Imed Trabelsi, qui bien entendu, n’a même pas été entendu ni par la police, ni par la justice, demeure le point clé de cette affaire.   Une source judiciaire affirme que la commission rogatoire « n’a été transmise aux autorités tunisiennes que le 2 juin » et qu’elle « est en cours d’examen par les autorités compétentes, en Tunisie, conformément aux procédures d’usage ». Usage à géométrie variable ! Quand on sait avec quelle célérité l’avocat Mohamed Abbou a été enlevé et déféré devant le juge d’instruction (le jour même) pour un délit d’opinion, on s’étonne de cette lenteur pas vraiment « conforme aux procédures d’usage » !   Côté français, les «amitiés» et les complicités ont joué ; selon « Le Canard enchaîné », le parquet d’Ajaccio a été saisi pour ouvrir une information judiciaire pour « vol en bande organisée » et pas pour recel, délit, laissé à la compétence de la justice tunisienne, qui n’a encore engagé aucune procédure à ce sujet.   Côté autorités douanières, la question qui se pose est de savoir comment ce grand bateau a pu entrer dans le territoire tunisien sans que la douane tunisienne réputée sévère et efficace, n’ait posé aucune question, ni procédé à aucune enquête ou exigé le paiement d’une quelconque taxe ? Il est vrai que les passe-droits dont jouissent les proches et la famille de Ben Ali sont devenus légendaires et certains hauts fonctionnaires de la douane ont « sauté » pour s’être avisés d’appliquer la loi à tout le monde.   Les fonctionnaires de la douane de l’aéroport de Tunis, auraient été il y a quelques mois malmenés par certains membres de la belle famille du président. Ces derniers voulaient faire entrer un grand nombre de tapis persans, sans débourser, en faisant jouer leurs relations, traitant de tous les noms d’oiseaux les officiers qui ont voulu faire leur travail. Ces mêmes agents de la douane reçoivent des instructions pour passer à une fouille minutieuse, parfois corporelle, les opposants à la recherche d’un document ou d’un livre, confisquant au passage ces « marchandises illicites » que sont les documents personnels ou les livres (en exemplaires uniques) des intellectuels tunisiens dissidents.   De nombreuses autres questions se posent au niveau de la banque centrale sur la régularité des transferts de capitaux ; comment ces sommes importantes ont été transférées pour l’achat d’un bateau en situation irrégulière? Au niveau du fisc, est-ce que la déclaration fiscale de ce jeune de moins de 40 ans reflète des revenus qui l’autorisent à acheter un « jouet » de cette valeur ? Comment a été constituée sa fortune personnelle? Quand on sait avec quelle ardeur les comptes de certaines entreprises tunisiennes – pas assez dociles – sont épluchés et l’arbitraire des redressements fiscaux dont ont accable les avocats indépendants, on ne peut que s’étonner de ce laxisme à l’égard de ces privilégiés.   Dans un système démocratique, l’affaire du yacht aurait entraîné une crise majeure et conduit à une cascade de démissions. Rien de tout cela chez nous ; l’opposition s’est même astreinte à une discrétion qui tranche remarquablement avec le triomphalisme des derniers mois. C’est également un dysfonctionnement.   Cela fait déjà un moment que la corruption a fait son entrée par la grande porte, gagnant l’administration et faussant les règles économiques, que les proches du Palais bénéficient de l’impunité judiciaire et fiscale… cela, les Tunisiens s’y sont quelque peu résignés. Mais que cette corruption entache de façon aussi grossière l’image du pays à l’étranger, incitant à assimiler la Tunisie, un pays longtemps bien administré, à une république bananière, voilà qui affecte beaucoup de Tunisiens.   (Source : Kalima, N° 43 mis en ligne le 16 juillet 2006)

Sélection policière dans les concours :

Interdit de concours, il vend ses diplômes

 
Sihem Bensedrine   Comme chaque année, au début du mois de juillet, la Tunisie fête la journée du savoir pour honorer les lauréats de différents niveaux et disciplines, une tradition qui remonte au début de l’indépendance et consacre le choix d’éducation des citoyens tunisiens et valoriser l’ascension sociale par les études.   Cette année, Hussein Ben Amor, n’est pas de la fête ; il s’installe devant la statue d’Ibn Khaldun, érigée à la place de l’indépendance en plein centre de la capitale, et se met à vendre ses diplômes à la criée « 3 dinars une licence » ! « 5 dinars la maîtrise » !   En moins de dix minutes, il est cerné par une vingtaine de policiers en civil qui lui arrachent les pancartes dont il s’était vêtu où l’on pouvait lire « je ne renoncerais pas à mon droit à la réussite et au travail », « le professeur est recalé et son élève réussit ». Les vêtements déchirés avec les pancartes, il est traîné au poste de police le plus proche. « Alors tu veux offrir un festival aux touristes ? » l’interpelle le chef de poste. « Vous m’avez volé mon pain, je ne vais plus me taire, je n’ai plus rien à perdre » réponds-il avec un aplomb qui surprend les policiers ! Il est interrogé sur sa vie depuis sa naissance jusqu’à la minute de son acte de rébellion contre ce système qui veut l’éliminer. Il passe plus de 8 heures en garde à vue où il repasse le film de sa jeune existence et de ses espoirs déçus, pressé par les questions des policiers.   Issu d’une famille modeste de 5 enfants avec un père handicapé, il avait décidé très jeune de sortir de la précarité et d’élever le niveau social de sa famille ; ce défi, il comptait le relever par les études. Brillant élève, souvent lauréat de sa promotion, il travaillait pendant les vacances comme manœuvre dans les chantiers ou comme aide pêcheur dans les petits chaluts à Sfax, la capitale économique du Centre, éloignée de 150 km de sa Mazzouna natale dans le gouvernorat défavorisé de Sidi Bouzid, pour financer ses études. Il passe son bac brillamment et suit des études de sciences informatiques. Il obtient son master en réseaux et systèmes de communication mais entre temps il passe en conseil de discipline et se fait exclure pour activités syndicales ; Le jeune Hussein n’est pas indifférent à la chose publique et l’injustice le révolte. Il parvient cependant à se faire engager comme vacataire dans un institut supérieur (ESSTT) où il enseigne la matière « analyse et conception des systèmes d’information » et « bases de données » durant 3 ans jusqu’en février 2006 où son directeur lui annonce une rupture de contrat : « nous n’avons rien à vous reprocher sur le plan de votre compétence scientifique ; ça nous dépasse, il semble que vous soyez un élément dangereux ! » ; Il avait effectivement été convoqué au ministère de l’Intérieur et s’est vu reprocher son « laxisme » et sa complicité à l’égard des étudiantes voilées qu’il avait refusé d’exclure des classes pour port du voile.   Hussein a parfaitement compris que son activisme syndical et ses choix idéologiques le rattrapaient et qu’il ne fait pas bon d’être ou d’avoir été un contestataire dans ce pays où l’administration est gérée comme un bien privé ; Il décide de passer son CAPES, un concours d’aptitude à l’enseignement qui lui permet d’intégrer l’enseignement secondaire pour avoir une fonction régulière ; Il sait qu’il n’aura aucune difficulté ; Il enseigne depuis trois ans la principale matière dont le coefficient compte pour la moitié dans tout le concours ;   A la proclamation des résultats il est foudroyé : il est recalé alors que 40 parmi ses propres élèves sont admis ! Un sentiment paradoxal le saisit ; il est fier que ses 40 élèves aient réussi, c’est en quelque sorte la récompense de sa efficacité en tant que professeur, mais vit comme une humiliation son échec personnel ; Il répète comme un automate à qui veut l’entendre « Les élèves sont plus compétents que leur prof ! » Il écrit à qui de droit : le ministre de l’enseignement, le président de la république ; un cri de détresse que personne n’entend ! C’est alors qu’il choisit d’aller vendre ses diplômes sur la place publique et rejoindre la masse des diplômés chômeurs, notamment ceux d’entre eux qui subissent la ségrégation politique.   Ils sont aujourd’hui plus de 100 000 selon les sources officielles. Le triple selon les sources syndicales ; 54 000 se sont inscrits cette année pour passer la session du CAPES, seuls 2700 ont été admis ;   Si le problème de l’emploi des jeunes diplômés des universités tunisiennes se pose avec une acuité de plus en plus grande ces derniers temps, au point de figurer dans la liste des préoccupations de la Banque mondiale, il n’en demeure pas moins que le plus scandaleux reste cette ségrégation politique qui fait dire aux universitaires que c’est le ministère de l’Intérieur qui décerne les diplômes en Tunisie et non les institutions universitaires ;   Plusieurs ONG de droits humains ont publiquement relevé ces pratiques qui imposent aux institutions universitaires de soumettre la liste des candidats admis aux différents concours au ministère de l’Intérieur avant leur proclamation définitive. Ces derniers les épurent de tous les éléments « contestataires » en se référant à leurs fichiers.   (Source : Kalima, N° 43 mis en ligne le 16 juillet 2006)

Zizou from Damascus

 
Je suis à Damas ! Plus exactement au jardin de la résidence de l’ambassadeur de Tunisie. On a réussi a capter un réseau wifi du palais du président Assad qui se trouve de l’autre cote du mur. Il fait chaud et y a des manifestation monstres dans les rues. On part d’un moment a l’autre à l’aéroport destination Tunis ( arrivée prévue a 19h30).   La journée d’hier fut très éprouvante…   Départ pour l’ambassade a 7h30. Le bus était déjà là… plusieurs personnes sont arrivées dès 6h du matin. La traversée de Beyrouth fut émouvante ! le passage sur les ponts encore non bombardé en fut le point d’orgue. Les rues, avenues étaient vides. Complètement désertes. On dirait un couvre feu.   On passe devant plusieurs lieux bombardés. L’émotion en fut plus grande.   Le personnel de l’ambassade était fatigué mais très dévoué. Ils ont joué la transparence. Chacun avait le choix de partir ou de ne pas le faire. Une femme et deux de ses filles ont décidé de ne pas le faire ( très VIP pour prendre des risques selon certains). Le reste du monde était partant.   Une attente… pénible a commencé. il est déjà neuf heures ! Plusieurs personnes manquent à l’appel. D’autres tunisiens viennent d’appeler ! Que faire ? Les attendre et prendre plus de risques? Ou les laisser tomber ! Le groupe était solide mais stressé ! Allez, on attend encore plus !   10h30 ! Ca bombarde ! la tension monte ! surtout qu’on n’est plus à la région sécurisée. Les autres tunisiens ne sont pas encore là ! On va acheter à manger ! on essaye de sympathiser ! Le groupe était formé de femmes enceintes, de bébés, de petits enfants sans parents, de tunisiens ( jet set 😉 en vacances à Beyrouth, de tuniso-libanais et de Libanais mariés a des tunisiens. Devant une telle détresse on finit par s’oublier et ne plus penser à soi.   12h30 ! Ca y est les derniers sont arrivés ! Ils venaient de Sour ( Tyr). Ils ont passé 6 heures sur les routes de montagne et ont fini par rejoindre Beyrouth ( c’est une femme et 3 enfants). Un véritable exploit sachant l’état des routes du sud et la fréquence des bombardements.   On prend le départ pour Damas. Personne de l’ambassade ne va venir avec nous. Je me place à côté du chauffeur et j’essaye d’aider les petites filles et les mamans sur place. On prend une route de montagne via Baabdet, Shoueir. La route est vide au départ et puis est devenue très chargée. On commence à descendre la montagne, la tension monte, la vallée du Beka3 a plus grand risque d’attaque. On est découvert et une cible facile même si les routes du Beka3 qui ont été bombardées l’ont été sans aucune perte humaine.   On arrive a Zahlé, plusieurs membres du groupe demandent une pause casse-croûte et pipi. Le chauffeur qui était tout le temps en contact avec ses collègues pour connaitre les routes à suivre nous arrête à Chtoura (Bombardée 3 heures plus tard). Une atmosphère nonchalante règne sur le groupe. Mes chers compatriotes fument, boivent du café, mangent et plaisantent ! Il nous reste 50 Km à traverser ! On prend la route ! On passe à coté du cratère laissé par le bombardement de la route de Damas et nous voila au poste frontière libanais de masna3.   To be continued…   (Source : le blog de « Zizou From Djerba », le 17 juillet 2006 à 03h44 AM) URL: http://zizoufromdjerba.blogspot.com/

Du Terrorisme… L’autre !

 
Par Yahyaoui Mokhtar   Avec chaque nouveau premier ministre israélien nous avons maintenant l’habitude de s’attendre à son baptême de sang. C’est ainsi, que les dirigeants de l’Etat hébreux, avaient pris l’habitude de procéder pour asseoir leur autorité et prouver leur sens du devoir et du Pouvoir. Tuer des palestinien, tuer des arabes, voila le seul palmarès auquel ils excellaient. ils font saisir la première occasion pour le prouver et de la leurs capacités à leur faire subir le plus de destruction dans leurs infrastructures et de démolition de leurs maisons.   L’histoire d’Israël tel que peut se représenter ses voisins, depuis sa création, ressemble à la mythique Minerve qui naquit tout armée en poussant un hurlement de guerre. elle ne leurs aura porté que ruine et désolation jusqu’à maintenant. Forte d’une supériorité technique et militaire démesuré par apport à son minuscule poids dans ce territoire hostile à l’infinie ou elle est venue s’incruster, conforté d’un soutient international sans faille qui le met au-dessus de toute responsabilité internationale pour ce qu’elle fait. Un statut unique au monde aujourd’hui qui commence à faire poser des questions sur l’identité des véritables commanditaires et bénéficiaires de ce sinistre rôle qu’on lui à réservé.   Ce jeu macabre à l’arrogant, qui cache mal un complexe innée d’infériorité, fini tôt ou tard par exaspérer. Contribuant d’avantage à déstabiliser toute une région qui ne manque pas de raisons de déstabilisation, ses dernières aventure guerrières, à Gaza comme au Liban, ont tout l’air de faire la mèche à une poudrière. On pourrait se demander quand Israël va elle commencer d’exister vraiment et le sera-t-elle jamais ?   Jusqu’à présent elle n’a fait que chercher à s’imposer, une stratégie qui normalement ne pourra pas durer à l’infinie.   Aujourd’hui qu’elle détient dans ses prison l’essentiel d’un gouvernement et d’un parlement démocratiquement élus et plus de 11 000 détenus palestiniens la presse internationale ne semble s’inquiété que pour son soldat séquestré pour accrédité la légitimité de son invasion de Gaza et sa destruction. Avec la séquestration de deux autres soldats au nord c’est tout un pays qui est envahi et mis à feu et à sang avec une curieuse complicité qui crie à la provocation alors qu’elle ne s’est jamais soucier auparavant du sort de Samir Kintar qu’on revendique la libération ni de la restitution de ces 20Km² de Chabaa pour que l’accord de paix signé soit définitivement scellé. Mais veut-on vraiment de l’instauration de la paix dans cette région ? cette guerre unilatéralement déclenchée sur deux front et qui n’a rien à voir avec ce qui à été présenté comme prétexte pour les déclencher n’est que la réponse à cette question.   L’occident peut bien ne pas aimer Hamas ni Hizb ellah, cela ne changerait rien à l’avis des palestiniens ni à celui des libanais, mais si nous aussi nous procédons par leur propre logique pour classer en terroriste tout dirigent ou parti ou pays occidental qui ne nous inspire aucune sympathie et qui s’allient à nos dictateurs et soutiens nos tortionnaires pour perpétuer notre oppression et l’exclusion de nos sociétés de l’exercice de leur libre souveraineté dans la gestion de leur pays, on finira par avoir chacun ses terroristes et la lutte contre le terrorisme n’aura servi qu’a deviser le monde en camps opposés. De telle attitude son en train de creuser davantage le fossé entre les civilisation à se demander si l’occident aujourd’hui ne cherche pas à parvenir par les pompeuses promesse de démocratie qu’il nous agitait à parvenir aux objectifs qu’il à échouer à réaliser par la colonisation.   Quelqu’un peut-il aujourd’hui expliquer comment on ne s’inquiète pas de la possession de la bombe nucléaire par un pays aussi facile en va en guerre alors qu’on remuait ciel et terre pour empêcher la possession d’une telle technologie sous contrôle des inspections internationaux et pour des stricte usages civils alors qu’on l’avait encouragé auparavant quand elle été dominé par un dictateurs qui leur été acquis.   On ne peut que sentir la frustration devant de tels comportements et de la prévalence de ce critère des deux poids deux mesure qui ne fait que saper l’universalité de l’homme et de sa liberté car personne n’ignorait que la vie même de ces soldats séquestrés est plus chères pour leurs ravisseur qu’à ceux qui prétendent faire le nécessaire pour les libérer. Autrement le faible à-t-il le droit de revendiquer justice si personne ne s’en occupait.   Pour l’instant, silence… on tue sous l’égide de l’ONU.   Yahyaoui Mokhtar – Tunis 16 Juillet 2006   (Source : le blog de Mokhtar Yahyaoui, le 16 juillet 2006 à 09h53 PM) URL: http://yahyaoui.blogspot.com/
 

Israël, déraison d’Etat

Ivres de leur puissance, les dirigeants israéliens actuels pensaient être capable de redessiner la carte géopolitique de la Palestine et imposer leur vision de ce conflit, via une pax hebraica en bonne et due forme. Patatras, échec de cette vision unilatéraliste. Explications. Si Sharon est encore à l’article de la mort – pour cause de coma profond et irréversible –, le sharonisme, lui, est encore à l’œuvre en Israël. Sauf que les héritiers, manquant de légitimité et d’autorité, sont lancés dans un concours d'(hyper)puissance pour montrer au peuple de la région qu’en matière d’asymétrie, l’Etat hébreu doit détenir le pouvoir absolu. Mais ce pays est en train de tomber dans son propre piège. De quoi s’agit-il ? Après l’échec du processus d’Oslo, censé conduire à la paix, les dirigeants israéliens se sont laissés, progressivement, gagner par cette conviction qu’en l’absence d' »interlocuteur valable », du côté palestinien, Israël doit « tracer » unilatéralement son chemin. Cette culture de l’unilatéralisme s’est forgée à partir de deux conditions incitatrices : l’extraordinaire et unique appui de l’Administration Bush – un tel soutien ne s’est jamais produit à ce point dans l’histoire des Etats-Unis –, et puis, la construction du « mur de séparation », lequel va installer définitivement Israël, avec Ariel Sharon en architecte en chef, dans cet état d’esprit. En effet, pour ce pays, le monde arabe n’existe plus et ne représente plus une menace, au moins pour les cinquante ans à venir (1). Tirant les leçons de ce rapport de force, et profitant du contexte géopolitique régional, Ariel Sharon réactualise ainsi ses plans et renvoient aux calendes grecques toute idée de l’Etat palestinien. De ce point de vue, l’évacuation des colonies du Gaza et le redéploiement des implantations des colons en Cisjordanie préfigurent ses choix et confirment cette orientation. La disparition d’Ariel Sharon de la scène politique ne modifiera en rien cette doctrine totalement adoptée et défendue par l’institution militaire et les services de renseignement. Au cœur de cette équation doctrinale, deux hommes – Dan Halutz, chef d’état-major, et Yuval Diskin, chef des services de sécurité – mènent du bout du nez Ehud Olmert et son gouvernement. L’imprimatur politique n’est qu’un habillage. En définitive, ce sont eux le vrai pouvoir. Ivres de leur puissance, les dirigeants israéliens actuels pensaient être capable de redessiner la carte géopolitique de la Palestine et imposer leur vision de ce conflit, via une pax hebraica en bonne et due forme. A quoi cependant a-t-on assisté ces derniers jours ? Depuis l’installation du Hamas au pouvoir, le 29 mars dernier, l’Etat hébreu avait accéléré l’exécution de ses plans : l’asphyxie politique du nouveau pouvoir palestinien. On peut, sans la moindre hésitation, critiquer, regretter ou déplorer ce choix. Mais, ce dernier, se doit-on de dire, s’est fait électoralement et démocratiquement… par le peuple palestinien. Et bien, non, cela n’est pas du goût d’Israël qui n’a pas perdu une seconde pour « délégitimer » cette autorité, en entreprenant une vaste guerre psychologique pour « isoler » internationalement le Hamas, et en poursuivant  la politique des assassinats ciblés des dirigeants de ce mouvement. En lançant son opération « Pluie d’été », le 28 juin dernier, suite à une audacieuse action militaire contre des soldats israéliens, les dirigeants de l’Etat hébreu révèlent à quel degré ils tiennent pour « quantité négligeable » les Palestiniens. Les moyens militaires utilisés – chars, aviation, missiles, drones, et toute la panoplie sophistiquée de l’armada israélienne – visent à « choquer et séduire » l’ennemi pour qu’il ne recommence plus jamais. Sauf que dans cette volonté de rétablir son « pouvoir de dissuasion », Israël met à nu, sans presque se rendre compte, la négation de cet autre palestinien. Et, c’est loin d’être une figure de rhétorique ! Toutes ces dernières semaines, l’aviation et les missiles « ciblent » systématiquement la destruction des infrastructures civiles – centrale électrique, routes, ponts, ministères, usines, réservoirs de carburant, etc.- sans bien évidemment parler des frappes militaires au milieu de la population civile, laquelle vit, ces derniers mois, au bord de la famine. Cette situation n’émeut plus personne. Toutes les bonnes consciences – les intellectuels moralisateurs et vigie de la barbarie humaine – ont mystérieusement déserté les colonnes de journaux, et se sont carrément tus. Ce qui explique bien le parti pris et l’attitude sélective en matière d’indignation publique, particulièrement en France et aux Etats-Unis. Seuls quelques Israéliens humanistes et courageux dénoncent, dans la presse, la course vers l’abîme de l’Etat d’Israël. Devant tant de violence accumulée et intériorisée en Palestine, comme toujours dans cette aire hyperinflammable, c’est la région qui est en train de prendre feu, après l’opération du Hezbollah contre des militaires israéliens. On peut exprimer toutes sortes d’opinion sur l’opportunité ou non de cette action. Mais, là encore, Israël, fidèle à son dogme – un coup porté, mille donnés en retour – se déchaîne sur le Liban en détruisant l’essentiel de ses centres vitaux. Sans que personne ne bouge ou dénonce ce comportement d' »enfant gâté ». Bien évidemment, la morale en géopolitique, et particulièrement dans sa version militaire, n’a guère sa place ici. Le cynisme et le froid calcul sont la règle dans ce type de situation. Mais il n’empêche, l’usage disproportionné  de la force par Israël – et c’est un euphémisme – montre que les dirigeants de ce pays ne sont plus dans le réel. Dans ce déploiement de forces, les militaires israéliens « délivrent » leur message, marquent les lignes rouges et préemptent les termes des discussions politiques à venir. Les tout prochains jours vont nous permettre de voir la « profondeur stratégique » de l’opération israélienne et comment ce pays souhaite rebattre les cartes Hamas, Hezbollah, Syrie, Iran. Malgré sa suprématie absolue, Israël croit qu’on peut gommer aisément la résistance du peuple palestinien ou faire l’impasse sur lui. L’enfer que vit ce dernier est moralement inacceptable. Il y a, dans cet aveuglement israélien, une dimension suicidaire, parce qu’elle est bâtie sur l’autisme et la négation. L’ethnocentrisme qui enferme ce pays est en train de se transformer en « prison juive » (2). Qui chassera ces vieux démons de la tête des dirigeants actuels d’Israël ? Le moment de vérité est arrivé !         Hichem Ben Yaïche benyaiche@hotmail.com (1) Les Arabes n’ont apparemment plus aucune prise sur les événements. Leurs difficultés actuelles d’agir et de trouver une position commune confirment le jugement israélien.  (2) Lire à ce propos le livre de Jean Daniel « Prison juive » (Ed. Odile Jacob). Autre introduction possible Les moyens militaires utilisés – chars, aviation, missiles, drones, et toute la panoplie sophistiquée de l’armada israélienne – visent à « choquer et à séduire » l’ennemi pour qu’il ne recommence plus jamais. Son pouvoir de dissuasion tient à ce dogme. Explications.
 
 
(Source : Le Quotidien d’Oran, 18 juillet 2006)

A propos de cette annonce de Tunisnews du 16 juillet 2006

 

Biju
UNE VIDEO INTITULEE « TUNISPOLICE » SUR le site bien connu www.youtube.com A VOIR ABSOLUMENT !!! Tunisian policemen is doing his work…. http://www.youtube.com/watch?v=oHK39S2sxAU   « Oui l’unanimisme des fois est toujours vecteur des pires conneries,il n’y’a pas à applaudir ces dérives sensationnalistes de la pire espèce, c’est beauf et poujadiste , mesquin à vomir. Ce pauvre con est un flic corrompu et tout ce que l’on veut, c’est un voleur, un tortionnaire, une crapule, mais le fond du problème reste le même c’est un pauvre imbécile qui s’est fait stupidement piégé et je ne vois vraiment pas l’intérêt ou la victoire de foutre ce genre de sous-fifre dans la merde, c’est une mentalité et une morale qui est du même niveau que celle des sicaires du régime, ok on a rigolé un bon coup, ce type le moindre mal qui puisse lui arriver c’est de perdre son taf et le pain de ses enfants, je dis bien le moindre mal et c’est très cher payé sur le plan humain pour ces trois secondes marrantes certes mais irresponsables et stupides, parce qu’elles sont de la même facture que les pratiques du système.je disais que la perte du boulot pour cet imbécile est le moindre mal , mais qui peut garantir qu’il ne passe pas en conseil de discipline et de se retrouver à Borj Erroumi pour un bon bout de temps ? Qui peut le garantir? Et quel point on aurait marqué contre la dictature ? Franchement le racolage et la multiplicité des discours de certains finiront par désespérer tous les bouges tunisiens, là où se trouvent des milliers comme ce connard qui danse et qui sont somme toutes que des victimes et des otages de ben Ali. Espérant seulement que cet idiot s’en tirera bien, ce qui vraiment m’étonnerait dans cette logique où la dictature panique sur tout. J’espère aussi avec toute humilité que les responsables de ce site que je respecte vraiment ont calculé les conséquences d’un aussi dramatique dérapage, qui en tout état de cause est plus que nuisible, et n’honore pas ses auteurs. »   C’est ce que j’avais écrit le 16 janvier 2006 lors d’un débat sur cette vidéo sur le forum Taht Essour de NAWAAT, car cette vidéo  fut mise pour la première fois en ligne  sur ce site  par un forumier  et aidé techniquement  par d’autres personnes. (http://www.nawaat.org/forums/index.php?showtopic=10361).   Ce qui me choque encore plus quand à sa diffusion avec autant de retard par Tunisnews qui ne doit absolument  pas s’abaisser à ce genre de racolage indigne, le combat  pour la démocratisation de la Tunisie est au-dessus  de cette forme de désespoir et la fin ne justifie jamais les moyens, surtout qu’en la circonstance,  la fin, le but atteint est plus que négatif sur le plan de la stratégie et sur le plan encore plus important de la morale publique.   Après nos protestations un cache fut mis  sur le visage de ce pauvre crétin de flic suicidaire, mais c’était trop tard le mal était fait, les services de ben Ali avaient eu tout le temps nécessaire pour localiser ce pauvre crétin et lui faire sûrement  son affaire, ce qui est plus que sûr;  et même en faire un cas d’école  pour  ses collègues de l’appareil répressif ,  pour glorifier le système paternaliste et reconnaissant envers ceux qui le servent ,   et faire des opposants  des individus irresponsables et faibles. Comme par hasard il y a un mois  un site tunisien  confidentiel  qui joue au légataire testamentaire avait remis cette vidéo en circulation comme si c’était un scoop et l’affaire du siècle !   Et à ma très grande surprise voilà qu’aujourd’hui au delà de toute éthique,  l’excellent TUNISNEWS se mette de la partie et n’hésite pas de  procéder de cette façon indigne. Ce n’est pas en jettent un pauvre flic en pâture  qu’on réussira  à démonter la dictature,cette dernière aimerait nous fixera ses contradictions  et nous isoler de ses forces,  qui loin de là et je n’ai aucune peine à le croire ,ne  lui sont pas acquises corps et âme dans leur majorité ,tous ces bidasses , tous ces gendarmes et tous ces flics sont avant tout des tunisiens , fils du peuple  et qui ne méritent pas dans leur immense majorité ni mépris ni haine gratuite, aucun doute là-dessus ce genre de vidéo aide amplement la propagande de ben Ali et ses sicaires .   Je crois sincèrement que la différence entre les démocrates et  la dictature se jouera aussi sur ce genre de détails, cette vidéo qui « suicide » inhumainement un imbécile parmi les milliers de ses semblables qui sont au service de la dictature par nécessité alimentaire, j’en suis certain ,a motivé encore plus ses collègues témoins de ses malheurs pour réprimer et considérer tous les opposants tunisiens comme des ennemis mortels , je dirais même que cette vidéo  aussi ignoble que celles pornographiques de ben Ali, car elle est plus qu’inutile , elle est criminelle dans le subconscient collectif des tunisiens produit l’effet contraire de ce que d’aucuns  primaires attendent d’elle, si nous aussi ,si  notre camp n’est plus capable d’humanité , de lucidité  et de pragmatisme , notre combat est vain, ben Ali a gagné sur tous les plans, en usant les mêmes méthodes que lui  nous  devenons ses semblables et chez moi on dit que ceux qui se ressemblent s’assemblent. Cette vidéo ne change rien au système mais quelque part elle assassine un individu isolé,  et psychologiquement,  « instruit » ses collègues quant à la véracité du discours liberticide de la dictature qui fait de tous ses opposants des traîtres à la patrie. Encore une fois  nous n’avons rien à gagner dans ce genre de militantisme de bricolage, de suffisance, de facilité et de médiocrité.   La vidéo de l’AISPP  est un chef d’œuvre car sans tomber dans le  pathos  elle démontre l’âme sombre d’un système qui détruit notre nation et qui donne naissance à des mutants  qui se limitent aux bas instincts, comme ce débile de flic ou plus encore ceux qui se croient plus intelligents que lui, ceux  qui ont tourné cette vidéo sans protéger l’individu aux dépens du système, ceux qui l’ont  produite et diffusé sans aucune rigueur morale  ni humanisme, en fait ils ont utilisé les mêmes et horribles pratiques  pédagogiques du tout au sensationnalisme et la mise en scène et qu’importe les dégâts sur le plan humain, ils chassent l’ombre et non la proie, ils pratiquent en quelque sorte une forme de délation  nuisible  à laquelle sont réduits des millions de tunisiens, et qui est une des sources, voire la source  la plus importante de la survie de la dictature.
 
 

Réponse de la rédaction de TUNISNEWS :

 

Nous respectons parfaitement le point de vue de M. Biju mais nous estimons qu’il fallait montrer cette vidéo à nos lecteurs. Il se peut que ce policier soit sanctionné ( juste lui tirer les oreilles) par ses supérieurs mais il se peut aussi qu’il soit même récompensé… En fait, il a donné la preuve à ses chefs et au monde entier qu’il est un pur produit de l’Ere nouvelle et un vrai représentant « officiel » de la Tunisie qui Chante et Danse…

Interdisez … interdisez…

 
Par Zyed Krichen   En Occident, l’invention de l’imprimerie a été une grande avancée pour la liberté de pensée. La parution du livre a permis la généralisation progressive du savoir et de la contestation de l’ordre établi. La technique et la liberté semblaient aller de pair.   Il faut croire que chez nous c’est l’inverse qui s’est produit. L’introduction de l’imprimerie au milieu du XIXème siècle et la généralisation de l’écrit au début du XXème siècle ont pourchassé des zones de liberté de pensée.   La longue liste de la censure au nom de l’Islam (voir notre document en page 20) de 1925 à nos jours laisse rêveur. De la philosophie au cinéma en passant par la littérature et les arts, aucun genre n’a été épargné. Aucune violence aussi. De l’interdiction d’une œuvre à la condamnation à mort d’un penseur on aura vu, en terre d’Islam, toutes les horreurs de l’obscurantisme. Pour une civilisation du livre, c’est le paradoxe absolu. Pourtant, et sans magnifier le passé, les trois premiers siècle de l’Islam, qui ont vu l’âge d’or de sa civilisation, n’ont connu rien de tel. Les pouvoirs politiques ont assassiné des dissidents et des révolutionnaires; mais on n’a jamais assisté à des autodafés de livres et la liberté de pensée n’a jamais aussi grande. Le débat philosophique et théologique n’a fait l’économie d’aucun sujet brûlant: de la véracité de la prophétie à la nature même de la divinité, toutes les doctrines avaient des défenseurs, des tribunes et des leaders…   Que dire de la liberté joyeuse de la littérature arabe? On pouvait tout dire, tout écrire tout chanter… de l’amour des femmes, du sexe, du vin et même des garçons… de la raillerie du sacré et de la dévotion… L’âge d’or était aussi celui d’un certain dandysme éclectique et raffiné que nous a admirablerment rapporté Abou Hayane Attaouhidi.   A voir certaines images à la Télévision et à lire cette liste immonde de la censure, on pourrait penser que l’Islam n’a produit que fanatisme et intolérance.   A cette liste on pourrait ajouter une autre tout aussi longue, sinon plus, des livres du patrimoine musulman interdit aujourd’hui en terre d’Islam.   Certains pays n’aiment pas du tout les philosophes. Ibn Rochd (Averroès), Ibn Sina (Avicenne), Al Farabi, Ibn Baja et d’autres sont toujours prohibés dans certains pays, sans parler de Zakaria al Razi, considéré comme un irrévérencieux athée…   Cette géhenne des livres concerne aussi les théologiens. Les fleurons de l’Ecole rationaliste (Mutazila) ne sont plus diffusés dans certains pays. Même Al Ashâri, pourtant l’un des principaux théologiens de l’orthodoxie sunnite, est considéré comme un déviant rationaliste et donc interdit d’édition…   Quant à la littérature, il serait plus court de citer les ouvrages permis et licites tant la liste de l’interdit est longue.   Cela touche même de grands pays comme l’Egypte et les œuvres maîtresses de notre culture comme “Les mille et une nuits”. Abou Nawas, Bachar Ibn Bord, Al Asfahani, Al Maâri et des centaines d’autres sont interdits de librairie au XXème siècle.   Même les livres de l’historiographie musulmane sont suspects dans certains pays. On médit du Grand Tabari, non dans un esprit de critique historique, mais parce que l’on considère que certaines de ses narrations sont trop osées et qu’il aurait dû les taire.   Ainsi ce tableau noir de la censure, qui mérite d’être complété et mis à jour, ne concerne pas uniquement les créations contemporaines mais, aussi, tout un pan de notre patrimoine.   Le fait que notre pays, aujourd’hui, soit épargné par ces pratiques d’un autre âge ne doit pas occulter le danger que représente cette régression intellectuelle.   Les Chinois —qui ont désormais la cote en ce début du XXIème siècle— disent : “mieux vaut allumer un cierge qu’insulter l’obscurité”.   (Source : « Réalités » N° 1072 du 13 juillet 2006)

La censure au nom de l’Islam

 
Ryadh Fékih   Depuis l’interdiction, en 1925, du livre ‘‘Islam et principes de gouvernement’’ du cheikh d’Al-Azhar Ali Abd ar-Raziq, où ce dernier proposait la séparation entre la religion et l’Etat, un principe de bonne gouvernance adopté par l’humanité un siècle plus tôt, on ne compte plus, dans le Monde musulman, les cas de censure religieuse, qui va de l’interdiction de diffusion au bannissement, à l’emprisonnement voire à l’exécution pure et simple.   C’est pour protester contre cette forme de censure, souvent exercée aux prétextes d’atteinte à l’Islam, d’“humiliation” du Prophète ou de Dieu ou d’infraction à la charia, que nous avons jugé utile d’inventorier, ici, tous les cas d’atteinte à la liberté de pensée qui, de 1925 à nos jours, ont été enregistrés dans le Monde musulman ou ont été attribués à des Musulmans aux quatre coins du monde.   La liste, établie selon un ordre chronologique, est aussi longue que les victimes de l’intolérance religieuse en pays d’Islam sont nombreuses. Elle peut paraître exhaustive, elle n’est certainement pas complète. Aussi invitons-nous nos lecteurs à la compléter, si nécessaire. Nous espérons cependant qu’elle finira par s’arrêter. Inchallah !   Il faudra pour cela que nos sociétés respectent davantage la liberté de pensée et promulguent des lois qui la protègent contre les “imams sporadiques, ou un illettré coranique fatwatant”, selon l’expression du psychanalyste tunisien Fethi Benslama.       1925 :   – Le cheikh d’Al-Azhar Ali Abd ar-Raziq est radié de l’Université et interdit de publication par ses pairs pour avoir proposé une séparation entre la religion et l’État. Son livre incriminé, ‘‘Islam et principes de gouvernement’’ est interdit pour hérésie.   1926 :   – Interdiction du livre de Taha Hussein ‘‘La poésie pré-islamique’’. L’écrivain est expulsé en 1931 de l’Université par le ministre de l’Education pour son interprétation trop rationaliste de la littérature pré-islamique et du texte coranique.   1946 :   En Iran, l’historien, juriste et linguiste Ahmad Kusravi est accusé d’incroyance par le groupe terroriste Fida’iyyani Islam. Il est assassiné, en mars, au prétexte d’une fatwa pour hérésie.   1973 :   En Algérie, le poète Jean Sénac est assassiné par des islamo-nationalistes.   1975 :   Au Maroc, le 18 décembre, Omar Benjelloun, leader de l’Union socialiste des forces populaires (USFP) et directeur du journal ‘‘Al-Mouharrir’’, est poignardé à mort par un groupe faisant partie de ‘‘La Jeunesse islamique’’.   1977 :   En février, le président de l’Université de Damas, en Syrie, est assassiné sur le campus par des islamistes.   1981 :   – En Egypte, le livre de Fikri Al Aqad ‘‘Histoire de la langue arabe’’ est interdit. L’auteur écrivait que certains mots du Coran étaient d’origine égyptienne.   1982 :   – Ata Nourian, homme de lettres et membre de l’Union des écrivains iraniens, est exécuté en raison de ses convictions politiques anti-islamistes.   1984 :   – En Iran, Ali Dashti, auteur d’un livre très critique envers l’Islam, meurt en prison de mauvais traitements à 83 ans.   1985 :   – En Janvier 1985, au Soudan, l’écrivain Mahmoud Mohammed Taha est condamné à mort et pendu à Khartoum,. a plus de 80 ans. Il avait écrit un livre sur l’histoire de l’Islam où il défendait l’idée de séparation du politique et du religieux (traduit en français sous le titre ‘‘Un Islam à vocation libératrice’’, éd. L’Harmattan, Paris, 2002). L’auteur défendait aussi l’idée que le message spirituel du Prophète, tel qu’il fut révélé à La Mecque, est universel, mais que toute la construction juridique élaborée à côté, dans un contexte historique précis, n’était plus en phase avec la vie des Musulmans aujourd’hui.   – La même année, le tribunal des mœurs du Caire condamne à la prison l’éditeur et l’imprimeur des ‘‘Mille et Une Nuits’’ pour atteinte à la pudeur et pour corruption des mœurs des jeunes. Le tribunal ordonne la destruction de 3.000 exemplaires saisis de ce monument de la littérature populaire, ainsi que l’emprisonnement de l’éditeur et de l’imprimeur.   1987 :   – Autodafé à l’Université d’Ispahan, en Iran : 80.000 livres jugés attentatoires à l’Islam sont brûlés.   1988 :   – Un livre est publié en Arabie Saoudite qui jette l’anathème sur plus d’une centaine d’écrivains arabes, morts ou vivants, accusés de scientisme, d’apostasie sinon de haine de l’Islam: Salama Moussa, Shibli Shmmayyil, Naguib Mahfouz, Lofti as-Sayyid, Muhammad al-Jabiri, Shakir Shakir, Saïd Aql, Adonis etc. Ces auteurs sont toujours interdits dans le royaume wahhabite.   1989 :   – Le 14 février, le roman de Salman Rushdie, ‘‘Les Versets sataniques’’, est déclaré blasphématoire par l’ayatollah Rouhallah Khomeyni, guide de la République Islamique d’Iran, qui appelle au meurtre de l’auteur ainsi que tous les éditeurs du roman. Trois millions de dollars sont offerts en récompense à celui qui donnera la mort à Rushdie (un million seulement si c’est un non-Iranien).   La vie de l’écrivain indien sera, pendant des années, celle d’une bête traquée. Il a cependant la chance de bénéficier de la protection de la police de la Grande-Bretagne, son pays d’adoption. Ses traducteurs italien et japonais, moins chanceux, seront tués, respectivement, à Milan et à Tokyo, en 1991. Le recteur de la Mosquée de Bruxelles et son adjoint sont tués, à leur tour, sur les ordres des services de renseignement iraniens, le 29 mars 1989. Leur crime : ils voulaient trouver une issue théologique à la fatwa, en déclarant simplement que Rushdie devait être jugé et se repentir comme l’exige la juridiction islamique concernant la loi sur le blasphème et l’apostasie.   Le livre a fait l’objet d’autodafés au cœur même de l’Europe. Des émeutes à Bombay, en Inde, contre le livre, font douze morts en février 1989. En 1993, des intellectuels et des poètes alévis et kurdes sont brûlés vifs dans l’incendie d’un hôtel à Sivas, en Turquie, où une réunion se tenait avec le traducteur des ‘‘Versets sataniques’’. Le dessinateur satiriste Asaf Koçak, militant des Droits de l’Homme et adversaire des islamistes, y trouve la mort.   La fatwa contre Rushdie est toujours en cours parce que déclarée irrévocable, le seul pouvant l’abroger, Khomeyni, étant mort.   “L’appel au meurtre contre Rushdie a ouvert une jurisprudence par laquelle il est devenu loisible à n’importe quel imam spontané de prononcer une sentence de mort à l’encontre de n’importe quel intellectuel supposé musulman renégat, n’importe où dans le monde ”, fait remarquer, à juste titre, Fethi Benslama.   – En février de cette même année 1989, les écrivains iraniens Amir Nikaiin, Monouchehr Behzadi, Djavid Misani et Abutorab Bagherazdeh sont exécutés. La même année, deux poètes iraniens sont aussi exécutés : Saïd Soltanpour et Rahman Hatefi. Tous pour leurs idées libérales jugées attentatoires à l’esprit et à la lettre de l’Ilam.   1990 :   – En Egypte, Nasr Hamed Abou Zeid, professeur d’Université, qui a “commencé à penser l’Islam de l’intérieur et à présenter une voie profondément réformiste” (l’un des ouvrages, ‘‘Critique du discours religieux’’, a été traduit en français, éd. Actes Sud, Sindbad, Paris 1999), est menacé de mort par les islamistes pour avoir voulu historiciser le Coran.   1991 :   – En 1991, au Soudan, Ajjabna Mohammed est accusé d’apostasie et renvoyé de l’Université. Rejeté par sa famille, il tente de s’enfuir. En prison, il subit des tortures pour revenir à l’Islam.   1992 :   – En janvier, une délégation de savants d’Al-Azhar demande la saisie de huit publications traitant de l’islam.   – Le 8 juin, l’écrivain Farag Foda, quarante-sept ans, est criblé de balles, qui atteignent également son fils Ahmad, quinze ans, et un ami de ce dernier. Quelques jours auparavant, l’intellectuel laïc avait été déclaré “apostat” par le cheikh de la mosquée d’Al-Azhar au Caire. Les universitaires d’Al-Azhar condamnent certes, les conditions du meurtre de Foda, mais ils estiment aussi qu’il était un apostat, et qu’il méritait une mort légale. Son assassinat est revendiqué par Al-Gamaa al-Islamiya (Groupe islamique). En décembre de la même année, ses œuvres, rééditées en hommage, sont interdites et saisies, sur ordre d’Al-Azhar et “au nom de l’Islam, religion de l’État”.   – Le 3 septembre 1992, sur la grande place de la ville de Qatif, en Arabie Saoudite, le poète Sadiq Melallah a été décapité au sabre par les autorités de ce pays, pour crime de blasphème et d’abjuration.   – Freydoun Farrokhzad, poète et homme de spectacle iranien, est assassiné en Allemagne, en raison de ses activités artistiques considérées comme blasphématoires.   1993 :   – En Algérie, l’année est particulièrement mortelle pour les écrivains, journalistes, universitaires et artistes. Parmi les victimes, assassinées pour la plupart par des activistes islamistes, on citera Tahar Djaout (écrivain et rédacteur en chef du magasine ‘‘Ruptures’’), Djilali Liabès (sociologue), Ahmed Asselah (directeur des Beaux-Arts), M’hamed Boukhobza (sociologue), Salah Djebaïli (recteur de l’université Bab-Ezzouar à Alger), Youssef Sebti (poète et écrivain), Abdelkader Alloula (dramaturge et metteur en scène), Mahfoudh Boucebci (psychiâtre), Salah Chouaki (inspecteur de l’Education nationale), Azzedine Medjoubi (dramaturge), Dilalli Belkhanchir (pédiatre), Abderahmane Faredeheb (économiste), Ferhat Cherkit, Youssef Fathallah, Lamine Lagoui, Ziane Farrah, Abdelhamid Benmenni, Rabah Zenati, Saad Bakhtaoui, Abderrahmane Chergou, (journalistes)… Et la liste est malheureusement longue. Merzag Baghtache, journaliste et écrivain, a plus de chance : il est “seulement” blessé dans un attentat.   – En Iran, un dessinateur satirique, Manouchehr Karimzadeh, est condamné à dix ans de prison pour avoir dessiné un footballeur dont le visage ressemblait vaguement à celui de Khomeyni. Le directeur du journal est fouetté, de même que le dessinateur. Les peines ont ensuite été réduites.   – En Arabie Saoudite, une bande dessinée publiée dans ‘‘Arab News’’ provoque l’arrestation de deux employés indiens. Selon les théologiens, elle remettait en cause l’existence de Dieu. Les deux hommes sont condamnés à 300 et 500 coups de fouet. Sous la pression internationale, ils sont pardonnés par le roi.   – Toujours en Arabie saoudite, en mai, le professeur M. Al Awaji, intellectuel réformateur, est condamné à quatre ans d’emprisonnement, démis de ses fonctions et son passeport confisqué.   – Le 24 septembre, un groupe d’islamistes du Bangladesh prononce une fatwa contre Taslima Nasreen, la condamnant pour blasphème. Sa tête est mise à prix. Sous la pression des manifestations islamistes, un mandat d’arrêt est lancé contre elle en juin 1994. Médecin, écrivain, auteur notamment de ‘‘Rumeurs de haine’’, ses chroniques dans la presse, ses critiques de la condition faite aux femmes, de la religion et du pouvoir religieux, puis son livre ‘‘Lajja’’, paru en 1993, qui relate les exactions contre la minorité hindoue au Bangladesh au nom d’Allah, provoquent la haine des fondamentalistes musulmans. Lors du Salon du livre de Bangladesh, ses livres sont brûlés en public. Un comité “Détruisez Taslima” est mis en place. Elle n’a plus le droit de se rendre au Salon du Livre. Les fondamentalistes détruisent les librairies qui vendent ses livres. Après une campagne de haine sans précédent, le gouvernement confisque le passeport de l’écrivain et lui ordonne de cesser d’écrire si elle veut garder son poste de médecin dans un hôpital public. Elle est alors contrainte de s’exiler. Depuis, elle continue son combat pour la laïcité et pour la liberté des femmes.   1994 :   – En France, en janvier, les organisations musulmanes et dans les pays musulmans sont scandalisés par la top model Claudia Schiffer, qui défile avec une robe sur laquelle sont écrits des fragments de versets coraniques. La maison de haute couture Chanel s’excuse, fait brûler les trois robes et exige la restitution de toutes les images de la robe. Son P-DG déclare “qu’en aucun cas son respect de la religion musulmane ne l’aurait porté à commettre un sacrilège ou à offenser la communauté musulmane”.   – En Iran, en mai, l’universitaire et militant des droits de l’homme E. Sahabi est arrêté pour avoir participé à un colloque en Allemagne. Il sera jugé et condamné à la prison pour délit de “manifestation anti-révolutionnaire”.   – En Egypte, le 14 octobre, Naguib Mahfouz, alors âgé de 83 ans, Prix Nobel de littérature en 1988, est poignardé à la gorge, au Caire, par un jeune intégriste. Cette tentative d’assassinat a été revendiquée par Al-Gamaa al-Islamiya. En 1959, puis en 1988, juste après son prix Nobel, certains romans de l’écrivain égyptien avaient été censurés par Al-Azhar.   – En Iran, Saiidi Sirjani, écrivain, essayiste et romancier iranien, est assassiné en prison pour avoir publié à l’étranger ses ouvrages interdits en Iran.   1995 :   – En avril, une fatwa d’excommunication est prononcée contre le poète Mohammed Alvi par le mufti Shabbir Siddiqi d’Ahamdabad, pour une phrase dans un poème écrit dix-sept ans auparavant : “O Dieu, si tu es trop occupé pour nous rendre visite, envoie un bon ange pour nous guider”.   – Déclaré apostat, le 14 juin, par la Haute Cour égyptienne, qui lui ordonne de se séparer de sa femme – celle-ci étant musulmane ne pouvait rester mariée à un “apostat” –, l’écrivain Nasr Hamed Abu Zeid a vu sa condamnation confirmée par la Cour de cassation du Caire en août 1996. Un mois plus tard, le tribunal des référés de Guizeh a ordonné un “ sursis à exécution ”, mais un avocat islamiste a interjeté appel de cette décision, qui a été confirmée en décembre 1996 par un autre tribunal. L’écrivain et sa femme, tous deux universitaires, se sont réfugiés depuis aux Pays-Bas.   – En Iran, Ahmad Miralai, homme de lettres et traducteur de la littérature étrangère en persan, est assassiné en raison de ses activités littéraires.   1996 :   – En Iran, quatre et écrivains et éditeurs sont assassinés en raison de leurs activités intellectuelles jugées subversives. Il s’agit de Ghafar Hosseini, Reza Mazlooman, Ebrahim Zalzadeh et Ahmad Tafazoli.   – Au Koweït, l’‘‘Arab Times’’ publie une bande dessinée américaine sur le Viking Hagar. Ce dernier y est représenté en prière et une voix sort des nuages pour dire après un long silence : “Pardon ?”. Une émeute est organisée contre le journal. Ses locaux sont détruits. Le directeur est poursuivi par la foule. Il essuie même des coups de feu. De son côté, Ahmed al-Baghdadi, enseignant d’université accusé de “dévalorisation de la religion”, “d’insulte ou de dérision envers les préceptes de la religion” et de “blasphème”, est arrêté et relâché à plusieurs reprises.   1997:   – L’université Al-Azhar dresse une liste de 196 livres devant être interdits pour des raisons morales et religieuses. Parmi ces ouvrages, ‘‘Dieu du Temps’’ d’Al-Qimany, coupable de dérision envers la religion puis hérésie de “réécriture de la tradition musulmane”. Le livre est saisi dans les imprimeries.   1998 :   – Au Pakistan, Ayub Masih est condamné à mort pour blasphème.   – En Egypte, l’écrivain Ala’a Hamed est poursuivi pour “injure envers l’Islam” dans l’un de ses romans.   – En Iran, les écrivains, journalistes et universitaires Pirouz Davani, Hamid Pour, Hajizadeh, Majid Sharif, Darius, Parvaneh Foruhar, Mohammad Jafar Pouyandeh et Mohammad Mokhtari sont assassinés par des fondamentalistes religieux à cause de leurs écrits.   – En Turquie, en décembre le journaliste Nuredin Sirin est condamné à vingt mois de prison pour avoir écrit : “Nous devons soutenir les opprimés même s’ils sont athées.”   1999 :   – En Iran, en février, le religieux réformateur Hadi Khamenei est battu à Qom par des étudiants islamistes. En novembre, le journaliste Chamsolvaezin est condamné à trois ans de prison pour propagande anti-islamique. Le même mois, Hassan Eshkevari, religieux, est accusé d’apostasie, de blasphème et d’hérésie. Il sera condamné à la prison en août 2000.   2000 :   – Au Koweït, en janvier, deux femmes écrivains, Leyla Othman et Alia Shaib, sont condamnées à un mois de prison pour outrage aux mœurs et à la religion.   – En Jordanie, en février, le poète Mossa Hawamda est accusé d’apostasie par un tribunal.   – En Egypte, en avril, l’écrivain Haydar Haydar est déclaré apostat par des islamistes égyptiens et condamné à mort pour son roman ‘‘Festin pour les algues marines’’, où l’un des personnages dit : “Les lois des divinités bédouines, l’enseignement du Coran, c’est de la merde”. Le livre, édité pour la première fois en 1983 à Chypre, devait alors être réédité par le ministère égyptien de la Culture. C’est un journaliste du périodique ‘‘Ach-Chaab’’, organe du parti de l’Action (d’obédience islamiste), qui a lancé le premier cri de guerre contre le roman dans un article intitulé : “Qui fait le serment de mourir avec moi ? Puissent vos mains être coupées ! Il ne reste plus que le Coran…” Le 17 mai, l’Académie des recherches islamiques, sous l’autorité d’Al-Azhar, émet une déclaration, diffusée par le bureau du Grand Imam de l’université, Mohammed Sayyid Tantaoui. Le roman est considéré comme contrevenant à l’Islam – littéralement, pour “être sorti de ce qui est connu en matière de religion” (khuruj ‘amma hua maalum min ad-din). L’Académie incrimine le ministère de la Culture. Des milliers d’étudiants d’Al-Azhar manifestent. Suite à cette affaire, le ministère de la Culture interrompt l’impression de trois autres romans condamnés pour atteinte à la pudeur.   Le recteur d’Al-Azhar appelle à un cérémonial d’autodafé du roman dans un lieu public. “La liberté d’expression est bienvenue, mais tous les hommes de lettres doivent comprendre que cette liberté est restreinte par le respect de Dieu, du Prophète et des valeurs religieuses”, déclare le recteur de l’université Al-Azhar.   – En Algérie, en juin, une fatwa de mort est prononcée contre le cinéaste Mahmoud Zemmouri, réalisateur du film ‘‘100 % Arabica’’ consacré au raï.   – Au Pakistan, en octobre, l’universitaire Younus Shaik est arrêté et condamné à la prison à vie pour ses écrits jugés blasphématoires.   2001 :   – En janvier, Le ‘‘Diwan’’ d’Abou Nuwas est exposé dans la Foire du Livre au Caire, tout en étant interdit à la vente.   – Agissant comme une instance suprême de censure publique, l’Académie d’Al-Azhar des recherches islamiques n’autorise pas la diffusion d’un livre sur ‘‘La femme dans la pensée de Khomeyni’’ et fait appel au “Comité de la censure sur les œuvres artistiques” pour qu’il saisisse un livre intitulé ‘‘Appel à la réflexion et à la méditation du Coran et de la tradition du Prophète’’.   – L’écrivain féministe égyptienne Nawal Saadaoui fait l’objet d’une plainte formulée par les islamistes. Une audience est fixée pour le 18 juin 2001. Elle est reconnue coupable d’atteinte à la religion. Elle est encore menacée de mort par les intégristes.   – Toujours en Egypte, l’écrivain Salaheddin Mohsen et la prédicatrice Manal Manea sont condamnés à trois ans de prison pour athéisme et blasphème contre l’Islam. Ils avaient pris des libertés avec l’exégèse du texte coranique.   2003 :   – En Arabie Saoudite, le 27 mai, le rédacteur en chef d’‘‘Al-Watan’’, Jamal Khashoggi, est limogé, moins de deux mois après sa nomination, pour avoir autorisé la publication d’articles critiquant ouvertement l’establishment religieux, notamment les “moutawa” (police religieuse). Le gouvernement saoudien a cédé à la pression des religieux ultraconservateurs qui avaient condamné le journaliste, l’accusant notamment de “se moquer […] des gens vertueux” et de “propager le mal et la corruption”.   – En Arabie Saoudite, fin juillet, le grand mufti interdit à l’auteur réformiste Abdulaziz al-Qasim d’exprimer ses vues dans le quotidien ‘‘Al-Madina’’. Cette interdiction s’inscrit dans une large campagne d’intimidation des médias saoudiens engagée après l’attentat du 12 mai à Riyad.   – Mohammed al-Harbi, enseignant saoudien, est condamné à 750 coups de fouet, trois ans et quatre mois de prison pour “atteinte à l’intégrité de l’islam”.   – Mohammed al-Souheimi, enseignant saoudien, est condamné à 300 coups de fouet, trois ans de prison et interdiction d’exercer pour apostasie.   – En Iran, la journaliste irano-canadienne Zahra Kazemi est assassinée pendant sa détention, en raison de ses activités journalistiques. Elle avait été durement torturée par les autorités policières iraniennes.   2004 :   – Ahmad Bayat Mokhtari, poète et musicien iranien, est enlevé et écrasé sous une voiture à Chiraz, en raison de ses activités artistiques.   – Le 30 octobre, Nabil el-Fayadh, chercheur et écrivain, auteur de plusieurs ouvrages interdits en Syrie et dans d’autres pays arabes, est arrêté par les services de renseignements à Damas. Comme lors des précédentes interpellations, l’incarcération fait suite aux plaintes déposées par l’un des savants en religion les plus intégristes, Mohammed Saïd Ramadan el-Bouti, de l’Université de la Charia de Damas. L’écrivain a par ailleurs été menacé de mort à plusieurs reprises par le cheikh wahhabite Khatib Khodra.   – Le 2 novembre, le cinéaste néerlandais Theo Van Gogh est assassiné, à Amsterdam, par un islamiste marocain pour avoir réalisé un film, ‘‘Submission’’, dénonçant la soumission des femmes dans l’Islam. Les derniers travaux de Van Gogh visaient à dénoncer le manque d’intégration des musulmans néerlandais dans la société et le danger que constitue l’Islam radical pour l’Europe moderne et démocrate.   Alors qu’il était à bicyclette, un fils d’immigrant marocain musulman, Mohammed Bouyeri , l’a blessé avec une arme à feu, puis l’a poursuivi de l’autre côté de la rue où il l’a égorgé. Il l’a alors poignardé en laissant une liste de personnes à qui il destinait le même sort, notamment la scénariste du film, Ayaan Hirsi Ali, députée hollandaise, d’origine somalienne, aujourd’hui réfugiée aux Etats-Unis. Cette lettre se termine par: “Je suis certain, O Amérique, que tu périras / Je suis certain, O Europe, que tu périras / Je suis certain, O Hollande, que tu périras / Je suis certain, O Hirshi Ali, que tu périras / Je suis certain, O infidèle fondamentaliste, que tu périras”.   2005 :   – Le 30 septembre 2005, le quotidien conservateur danois ‘‘Jyllands-Posten’’ publie douze caricatures du Prophète Mohammed. S’ensuivent des demandes d’excuses, des menaces de mort et des manifestations à Copenhague. Le 20 octobre, plusieurs ambassadeurs de pays musulmans protestent officiellement auprès du gouvernement danois.   Le 29 décembre, la Ligue Arabe proteste. Le 21 janvier, l’Union internationale des oulémas au Caire appelle au boycott des produits danois et norvégiens, car un magazine norvégien vient également, devant la montée médiatique, de publier en janvier les caricatures. Le 1er février, ce sera, pour les mêmes raisons, au tour d’autres journaux européens de les publier. Malgré les “excuses” et “regrets” exprimés par les journaux incriminés, et les déclarations ambiguës des gouvernements danois et norvégiens, qui cherchent à ménager la chèvre et le chou, les pays arabes réclament des sanctions, rappellent leurs ambassadeurs. Pis : des émeutes éclatent et des ambassades de pays incriminés sont brûlées au Moyen-Orient, faisant des morts et des blessés… parmi les émeutiers musulmans. Quant aux citoyens originaires de pays où ces caricatures ont été publiées, ils deviennent officiellement une cible potentielle pour les intégristes.   2006 :   Le 23 janvier, la journaliste Elham Afrotan, responsable de l’hebdomadaire ‘‘Tamadone Hormozgan’’, est emprisonnée, avec six autres collaborateurs de son journal.   Induite en erreur par le titre d’un article émanant d’un site Internet qui prônait la lutte contre le sida, la rédaction du journal en a fait une reprise dans sa page “santé”. Il s’agissait d’un article satirique comparant la venue de l’ayatollah Khomeyni au… sida. Les journalistes ont été appréhendés à Bandar-Abbas, au sud du pays, après la publication de l’hebdomadaire. Les médias proches du pouvoir, organisations gouvernementales et écoles coraniques en ont profité pour organiser des manifestations, qui ont abouti à la mise à sac et à l’incendie du siège du journal.   – Le 12 février dernier, Ali Afsahi, critique de cinéma et ancien rédacteur en chef de la revue culturelle et sportive iranienne ‘‘Cinama-Varzech’’ (suspendue en 2000), a été arrêté sans motif officiel. Le journaliste avait déjà été arrêté le 30 décembre 2000, et condamné à quatre mois de prison par le Tribunal spécial du Clergé pour ses écrits subversifs.   (Source : « Réalités » N° 1072 du 13 juillet 2006)


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