C.R.L.D.H. Tunisie: Harcelement a lâaeroport Tunis-Carthage au retour  de Khemais Chammari en Tunisie CCTE: L’opposant tunisien Saafi Dbouba, le plus ancien dĂ©tenu Ă Kirklareli est libre depuis ce matin aprĂšs aprĂšs plus de trois ans de dĂ©tention AP: Tunisie: controverse autour d’une loi rĂ©primant les atteintes Ă la sĂ©curitĂ© Ă©conomique Xinhuan: Adoption d’un projet de loi sur la sĂ©curitĂ© Ă©conomique JDD: Tunisie: Une loi sur la sĂ©curitĂ© Ă©conomique African Manager: Tunisie : Ce quâil est entendu par sĂ©curitĂ© Ă©conomique ! Reuters: Tunisia bans telling foreigners not to invest Sihem Bensadrine: New Tunisian Law Deems Human Rights Activists âTraitorsâ NouvelObs: Taoufik Ben Brik s’adresse au prĂ©sident Ben Ali.
Omar Khayyam: Le militantisme préventif est né !
C.R.L.D.H. Tunisie
ComitĂ© pour le Respect des LibertĂ©s et des Droits de lâHomme en Tunisie
membre du RĂ©seau Euro-mĂ©diterranĂ©en des Droits de lâHomme
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crldht@gmail.com / www.crldht.org
HARCELEMENT A LâAEROPORTÂ TUNIS-CARTHAGE
AU RETOURÂ Â DEÂ KHEMAIS CHAMMARI EN TUNISIE
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TUNIS – Mardi 15 juin 2010. ArrivĂ© sur le vol Paris- Tunis dâAir- France de 14h 20â, KhĂ©mais CHAMMARI ,membre honoraire du RĂ©seau Euro Med des droits de lâhomme(REMDH) et co-fondateur de la Fondation Euro Med de soutien aux dĂ©fenseurs des droits de lâhomme(FEMDH) , a Ă©tĂ© soumis, durant 65 minutes , Ă un contrĂŽle douanier « poussé» qui a pris les allures dâun vĂ©ritable harcĂšlement : bagages, dossiers – y compris professionnels – soumis Ă une fouille tatillonne et « directives Ă©crites strictes » pour effectuer « une fouille corporelle totale » dont la seule motivation est celle dâune brimade policiĂšre sadique, humiliante pour les agents des douanes contraints de se plier Ă des ordres aberrants. A dĂ©faut dâobtenir satisfaction, ces derniers en ont Ă©tĂ© rĂ©duits en effet Ă procĂ©der Ă une fouille des bas ( de contention), des chaussettes et des chaussures de KhĂ©mais CHAMMARI astreint ,en raison de ses difficultĂ©s de locomotion, Ă une « assistance chaise » !
Le butin de cette sĂ©ance qui ne grandit pas ceux ,en haut lieu, qui en ont donnĂ© lâordre, a consistĂ© en la saisie du livre rĂ©cemment publiĂ© par le lâInstitut du Caire des droits de lâhomme ( Cairo Center for Human Rights) Ă la mĂ©moire du grand militant des droits Mâhamed Essayed Said et auquel KhĂ©mais chammari a contribuĂ© par un Ă©mouvant tĂ©moignage. Et pour la deuxiĂšme fois en deux ans, lâintĂ©ressĂ© sâest vu dĂ©livrer ( la premiĂšre fois, il sâagissait du livre de BĂ©atrice Hibou « La force de lâobĂ©issance : Economie politique de la rĂ©pression en Tunisie ») un « reçu de marchandise en retenue provisoire » qui, « passĂ© un dĂ©lai de 4 mois , sera vendu aux enchĂšres publiques » !! Mais, au-delĂ des dĂ©tails scabreux et grotesques de ce nouvel Ă©pisode ( K.C est soumis Ă des pressions arbitraires depuis le mois dâavril 2009), le caractĂšre provocateur et la volontĂ© dâhumiliation qui caractĂ©rise ces « taalimates » ( ordres) sont rĂ©vĂ©lateurs de la hargne du pouvoir de lâEtat- Parti à lâĂ©gard des dĂ©fenseurs et des opposants consĂ©quents Ă sa politique rĂ©pressive et despotique .
 Le CRLDHT , qui dĂ©nonce avec force et indignation cette nouvelle atteinte aux droits les plus Ă©lĂ©mentaires de K.C, saisit cette occasion pour rĂ©itĂ©rer lâexpression de son mĂ©pris et de son dĂ©gout pour la campagne de diffamation officielle et hystĂ©rique dont les dĂ©fenseurs font systĂ©matiquement lâobjet et qui a atteint la semaine derniĂšre son niveau le plus vil avec la publication en (trĂšs mauvais) français dâ un supplĂ©ment Ă un torchon de la place directement contrĂŽlĂ© par les officines du pouvoir.   Câest Ă lâaune de ce niveau lamentable, indĂ©cent et lĂąche (parce que assurĂ© dâune totale impunitĂ©) de sa « presse de caniveau » quâil convient de juger dâune politique gouvernementale de « communication » qui porte un tort et un prĂ©judice considĂ©rables Ă lâimage de la Tunisie.
Celle- ci est davantage Ă©cornĂ©e par ces pratiques et par lâadoption au parlement le 15 juin , Ă la va-vite, de lâamendement scĂ©lĂ©rat de lâarticle 61 bis du Code PĂ©nal (nous y reviendrons bien sĂ»r en dĂ©tail) , que par lâexercice lĂ©gitime et inaliĂ©nable de la libre critique Ă lâĂ©gard dâun pouvoir totalitaire qui pille et dĂ©shonore notre pays.         Â
 PARIS ,le 15-06-2010
L’opposant tunisien Saafi Dbouba, le plus ancien dĂ©tenu Ă Kirklareli est libre depuis ce matin aprĂšs aprĂšs plus de trois ans de dĂ©tention
– Appel Ă l’aide ÂNous venons d’apprendre que l’opposant tunisien M. Saafi Dbouba a Ă©tĂ© libĂ©rĂ© ce matin mercredi 16 juin 2010 du camp de dĂ©tention de Kirklareli en Turquie. Cette libĂ©ration a eu lieu suite Ă une grĂšve de la faim entamĂ©e depuis le 27 du mois dernier pour exiger la fin de sa dĂ©tention. (Voir notre communiquĂ© en date du 1er Juin 2010 publiĂ© par Tunisnews). Elle intervient Ă peine un mois aprĂšs celle de M. Malek Charahili qui a bĂ©nĂ©ficiĂ© d’une dĂ©cision de la Cour europĂ©enne. Rappelons que M. Dbouba a fui la Tunisie en 1990 suite Ă la rĂ©pression anti-Nahda et il a pu finalement s’installer en Turquie en 1996 oĂč il a obtenu la protection de l’UNHCR. Mais en juin 2007, il a Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© par les autoritĂ©s turques qui l’ont soupçonnĂ© de liens avec un mouvement terroriste, accusation qui a Ă©tĂ© vite rejetĂ©e par les tribunaux turques en janvier 2008, mais au lieu d’ĂȘtre libĂ©rĂ© et dĂ©dommagĂ©, il a Ă©tĂ© aussitĂŽt mis en dĂ©tention en vue de son expulsion en Tunisie. Mais cette procĂ©dure a Ă©tĂ© stoppĂ©e par la Cour europĂ©enne qui statue actuellement sur l’illĂ©gitimitĂ© de sa dĂ©tention et sur la procĂ©dure d’expulsion. Si nous nous fĂ©licitons de ce pas important pour le recouvrement de ses droits, la situation de MM. Dbouba et Charahili reste nĂ©anmoins prĂ©caire, car ils ne peuvent jouir de droits sociaux ou mĂ©dicaux, comme d’autres nationalitĂ©s. Ils ne peuvent travailler pour subvenir Ă leurs besoins. En plus ils sont soumis Ă un contrĂŽle administratif contraignant et assignĂ©s dans la ville de Kirklareli. Nous demandons aux autoritĂ©s turques de bien voiloir mettre fin Ă ces mesures contraires au droit humanitaire de l’hospitalitĂ©. Nous invitons les ONG et les OG concernĂ©es ainsi que les lecteurs de ces lignes Ă envoyer toute sorte d’aide matĂ©rielle et morale Ă ces deux opposants rĂ©fugiĂ©s en Ă©tat de prĂ©caritĂ© prĂ©occupante. Voici leur contact : M Saafi Dbouba : tĂ©l GSM: +90 53 99 70 79 44 â e-mail : sabrisami2009@yahoo.com M. Malek Charahili : TĂ©l. GSM : +90 53 87 91 40 74 â e-mail : kerim_haji@yahoo.fr. Et merci d’avance. Paris, le 16 Juin 2010 Le Bureau
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Tunisie: controverse autour d’une loi rĂ©primant les atteintes Ă la sĂ©curitĂ© Ă©conomique
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Adoption d’un projet de loi sur la sĂ©curitĂ© Ă©conomique
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Tunisie: Une loi sur la sécurité économique
Tunisie : Ce quâil est entendu par sĂ©curitĂ© Ă©conomique !
Tunisia bans telling foreigners not to invest
Wed Jun 16, 2010 1:53pm GMT By Tarek Amara TUNIS (Reuters) – Tunisia has made it a crime for anyone to incite foreigners not to invest in the country, give it loans or sign trade deals with it, in new legislation that government opponents say could be used to stifle criticism. The legislation comes at a time when Tunisia’s application to the European Union for “advanced status,” which would give it preferential trade terms, could be complicated by opposition allegations about the government’s human rights record. Justice and Human Rights Minister Lazhar Bououni said the amendments to the penal code, which were adopted by parliament on Tuesday, are in line with legislation in other countries and are needed to protect Tunisia’s citizens. “The country’s vital interests are anything that has to do with its economic security,” the TAP official news agency quoted the minister as saying in parliament. He denied that the legislation in any way limited freedom of expression. Examples of crimes under the new law include “inciting foreign parties not to give a loan to Tunisia, or to not invest in the country, as well as incitement to boycott tourism and obstructing Tunisia’s efforts to obtain advanced partner status with the EU,” the agency quoted Bououni as saying. Tunisian President Zine al-Abidine Ben Ali says that he is committed to democracy and free speech. His supporters say he enjoys widespread popularity for making the country one of the wealthiest and most stable in the region. Some opposition parties and international human rights organisations say the Tunisian authorities suppress dissent and harass their opponents, allegations the government denies. FREEDOM OF SPEECH Human rights campaigner and Ben Ali opponent Mohamed Abbou said the law could be used to imprison anti-government activists who seek help from foreigners. “This law is very dangerous to the freedoms in the country, this law is not clear and could criminalise people giving declarations to foreign media,” he told Reuters. “If rights are not respected here in Tunisia, you cannot criminalise those who go to foreign organisations.” Lawyer Samir ben Amor told Reuters anyone found guilty of the offences set out in the new law could be sentenced to between five and 12 years in prison. If the EU grants Tunisia “advanced status” it would mean lower trade barriers, as well as more access to aid and cooperation in areas ranging from science and technology to energy and education. Tunisia is sensitive to criticism of its human rights record from foreign countries, especially former colonial power France. Many of Ben Ali’s opponents have ties to the media and to rights campaigners in France. On the eve of a presidential election in October last year, which he went on to win, Ben Ali accused some of his opponents of betraying their country by soliciting help from abroad to damage Tunisia’s reputation.
By Sihem Bensadrine
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On 15 June, the Tunisian parliament adopted a bill criminalizing any advocacy work conducted by human rights defenders with bodies such as the European Union, with whom Tunisia has signed an association agreement. The bill likens lobbying to sharing intelligence with the enemy, and can be punished by up to five years in prison.
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On 15 June 2010, the Tunisian Chamber of Deputies adopted a new law that was first presented by President Ben Ali only a few short weeks before. The law will âsanction any Tunisian who establishes deliberate contacts with foreign parties instigating to harm Tunisiaâs vital interests and economic security,â according to Tunisiaâs official news agency.Â
This amends Article 61 bis. of the Penal Code, which already punishes âanyone who has undertaken, by any means whatsoever, to undermine the integrity of the Tunisian territory or has met agents of a foreign power, the purpose of the result of which is to undermine the military or diplomatic situation of Tunisia.â
The Tunisian Minister of Justice, in explaining the law to parliament, said that âthis amendment aims to penalize implicit or explicit contacts with a foreign state, an institution or a foreign organization, inciting them to affect the vital interest of Tunisia.â
What was the need for an additional article to the Penal Code? It already punishes the distribution of intelligence to the enemy, even in peacetime â including economic espionage. Who are these foreign parties that are âenemiesâ of Tunisia, and what secrets does this little country have to hide? Tunisia maintains diplomatic relations with all countries of the world except Israel. Who is this hidden enemy and who are the spies?
We find the answer in the media smear campaign that explained the official announcement: the âenemyâ must be the European Union, because the spies are human rights defenders who recently returned from lobbying the EU presidency in Madrid.
Indeed, from 25-28 April a group of advocates representing independent Tunisian NGOs (LTDH, ATFD, CNLT, CRLDHT, FTCR and OLPEC) conducted an advocacy mission in Madrid to the Spanish presidency, with the support of the Euro-Mediterranean Human Rights Network (EMHRN) and the AsociaciĂłn para la CooperaciĂłn con el Sur – Las Segovias (ACSUR).
The purpose of our advocacy mission was to show EU officials that the advanced status claimed by Tunisia in its partnership with the EU should not be given as a reward for dictatorship. Tunisia should devote its efforts to making real progress on its human rights performance and respect for the rule of law, which have seen serious setbacks recently. The lobby was a routine activity, one that followed similar efforts within the Euromed partnership, as enshrined in the Association Agreements signed between the EU and Tunisia in 1998.
But the Tunisian authorities have become allergic to criticism of their performance on human rights, seeking at any cost to benefit from this âadvanced statusâ without meeting the obligations that accompany it. They even sent a delegation of about twenty devotees to disrupt the Madrid conference, who called the activists âtraitors!â
On 11 May 2010, the EU-Tunisia Association Council met in Brussels to evaluate the partnership and to explore the advanced status application that Tunisia had submitted on 19 March. The Councilâs final declaration states:
âProtection of human rights and fundamental freedoms, as well as strengthening the rule of law is one of the fundamental pillars of the EU-Tunisia partnership. The EU underlines that the advanced status is associated with stronger commitment of the parties. In this context, it urges the Tunisian government to intensify its efforts towards reforms, particularly in terms of pluralism and democratic participation, independence of justice, freedom of expression and association and protection of human rights defenders.â[1]
In the same statement, the Council said: âThe EU refers to the commitments taken by Tunisia on the recommendations of the Universal Periodic Review of the UN Council of Human Rights in 2008 and welcomes the visit to Tunisia by the UNâs Special Rapporteur for the Promotion and Protection of Human Rights and Fundamental Freedoms in the fight against terrorism, in January 2010. The EU urges Tunisia to host also other special Rapporteurs of the United Nations Council of Human Rights.â
Recall that the Tunisian government committed itself, during the 2008 UN periodic review, to invite UN Special Rapporteurs, including those for torture, human rights and judicial independence. Only the Special Rapporteur for âTerrorism,â Martin Scheinin, actually received an invitation, in January 2010. After his visit, he said: âThe most disturbing experience during my mission was the existence of serious discrepancies between the law and what was reported to me as happening in reality.â
Clearly, the European Council criticized the Tunisian government for not respecting the rule of law and human rights, indicating that if they wish to benefit from an advanced status with the EU, they have to make substantial progress in this field.Â
These poor results did not live up to the expectations of Tunisian diplomats, and created anger in the palace of Carthage, especially as the memorandum Tunisia submitted to Brussels on 19 March 2010 received clear support from its traditional allies, France, Spain and Italy.
The Tunisian authorities saw the councilâs response as a snub and blamed this setback on the human rights defenders who were in Madrid in late April.
A mere week after the Association Council meeting, the Tunisian President proposed the amendment to Article 61. And the Tunisian parliament has never in 23 years rejected a law proposed by President Ben Ali.
The announcement of this new law was accompanied by a hysterical campaign against the âtraitorsâ who threaten the âeconomic securityâ of Tunisia. It was not only the gutter press that engaged in a smear campaign against âtraitorsâ[2]. The public television station also organized a ânational debate,â during which guests called for the lynching of traitors and the withdrawal of their nationality in an explicit reference to the lobbying carried out in Madrid.
The most worrying aspect of this law is that it refers to the Stateâs partners â with whom Tunisia has signed an association agreement – as âforeign partiesâ with whom no contact is permitted.
This attitude is inconsistent with the EU Guidelines on human rights defenders. The guidelines explicitly recognize and support the role of human rights activists in the consultation process between the EU and third countries with which it has signed agreements. Paragraph 5 states: âThe work of human rights defenders often involves criticism of governmentâs policies and actions. However, governments should not see this as a negative.â
Moreover, the EUâs guidelines make explicit reference to the UN Declaration âon the Right and Responsibility of Individuals, Groups and Organs of Society to Promote and Protect Universally Recognized Human Rights and Fundamental Freedoms,â adopted by the General Assembly in December 1998. The declaration states in Article 5:
âFor the purpose of promoting and protecting human rights and fundamental freedoms, everyone has the right, individually and in association with others, at the national and international levels: [âŠ](c) To communicate with non-governmental or intergovernmental organizations.â
 Article 9 paragraph 4 continues:
âTo the same end, and in accordance with applicable international instruments and procedures, everyone has the right, individually and in association with others, to unhindered access to and communication with international bodies with general or special competence to receive and consider communications on matters of human rights and fundamental freedoms.â
But the Tunisian authorities are no longer bothered by contradictions. However, one thing is clear: this is the surest way to never have advanced status as claimed.
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*Sihem Bensedrine is a Tunisian writer, journalist and editor- in-chief of Radio Kalima
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[1] DĂ©claration du Conseil de lâEurope 9143/10 8e session du Conseil d’association UE-Tunisie.
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[2]Â Â Â Naming Kamel Jendoubi, Sihem Bensedrine, Khemais Chamari and Omar Mestiri
(Source : IPI: International Press Institute Wednesday, 16 June 2010)
Taoufik Ben Brik, opposant, journaliste et Ă©crivain tunisien, s’adresse au prĂ©sident Ben Ali.
Ca parleâŠĂ§a parleâŠĂ§a ne parle que de ça. Je perds le nord Renseignez-moi, gens de bien. DâoĂč vient ce tintamarre ? Câest du cĂŽtĂ© 61 bis, cousinâŠAĂŻe⊠AĂŻe âŠAiiieâŠLe 61 bis, ce nâest pas pĂ©nard, câest pĂ©nal. Lâimpasse. Les bas fonds. Le trottoir. La zone. Une courte balade dans ces recoins du bazar et on est cuit. Les gens du 61 bis ne sont pas des plaisantins, mon fils. On ne badine pas avec les wahed wa settine mouquarrer. Ce sont des durs. DĂ©guerpis vite, avant quâil ne soit trop tard. Te voilĂ prĂ©venu. Ne viens pas pleurnicher comme une gonzesse, si on te placarde lâĂ©tiquette de traĂźtre, de vendus, ou de taupesâŠCâest mal parti pour les malappris. A lâentrĂ©e du 61 bis, un Ă©criteau qui vous cingle : interdit aux chiens, aux poĂštes, aux journalistes, aux musiciens, aux comĂ©diens, aux Ă©crivains. Nâentre ici que les kawadas. Je traduis : “tout Tunisien qui Ă©tablit dĂ©libĂ©rĂ©ment des contacts avec des parties Ă©trangĂšres pour inciter Ă porter prĂ©judice aux intĂ©rĂȘts vitaux de la Tunisie. Sont considĂ©rĂ©s comme intĂ©rĂȘts vitaux du pays, tout ce qui touche Ă sa sĂ©curitĂ© Ă©conomique.” Du beau linge. Te voilĂ dans de beaux draps. Je ne la sens pas cette charabia. Je nâai pas lâintention dâen boire. Ca sent la menace. Le PĂ©ril. LâAfter day. Jâaimerai bien rĂ©pliquer : ” câest Ă moi que tu parles !” Mais je ne suis pas Taxi Driver. Alors, je dis Mabrouk !
Je les entends chuchoter : “câest inĂ©dit. Câest HâŠĂ©norme. Il faut lâĂ©bruiterâŠcrier Ă lâignominieâŠA lâaide”. On se croirait presque aux temps de lâImam Ali dans ses mieux dires : “Mais voici venir le jour terrible oĂč la discorde arrive comme une furie⊠Elle brise tout ce qui sâoppose Ă sa fureurâŠAu plus sage de la fuir quand le plus pervers sây engage⊔ Câest nouveau ça. New new le bidule. Faux, faux le dinar. Circulez, il nây a rien Ă lorgner. Je pourrai vous lâaffirmer comme Confucius, il y a 23 siĂšcles : “je transmets et nâinvente rien”. Comment inventer dans un pays oĂč il nâ ya rien de neuf sous le soleil. Rien de nouveau au pays du renouveau. Ben Ali, lâartisan du renouveau, nâa rien dâun nouveau. Câest ancien. Câest vieux votre machin.
Comme le Dr Parnassus, il se fait vieux jeu. Il ne se rĂ©invente plus. Que des remakes. Les mĂȘmes tours de passe- passe, toujours les mĂȘmes cabrioles. Lâimagination vient-elle Ă lui manquer ? Lui faudrait-il un pendu ou un autre pari avec Balthazar pour “lifter” son manĂšge ambulant vieux dâun quart de siĂšcle ?
Vous pouvez répondre ce que vous voulez, mais une chose est certaine, le vieux reste inégalable au jeu du rouge et noir et rien ne va plus. Irremplaçable. Incontestable. Imbattable. Un pro. Le maitre. Le patron. Et, nous tous, nous sommes des noobs. God of war.
Avec rien, mais pas rien, il continue Ă faire la joie de tous les ringards de la planĂšte. Il a lâattrape-nigaud le plus flamboyant. Qui peut lui rĂ©sister ? Avec lâarticle 61 bis du code pĂ©nal, le vieux fait croire Ă ses partenaires du jour, europĂ©ens, quâil entre en rogne, quâil rue dans les brancards, quâil voit rouge, quâil ne comprend plus rien et quâil va zigouiller ces vendus, ces traĂźtres Ă la patrie qui lui gĂąchent son bon kif ! Un vĂ©ritable Crazy Horse qui dĂ©terre la hache de guerre. HughâŠ
Jâimagine la dĂ©tresse des Chamberlain de Strasbourg et de Bruxelles. Ils vont dare-dare et fissa plier et cĂ©der Ă la Furheur de lâavant dernier roi dâEcosse Sidi Zine Dada. Quand mĂȘme, ils ne vont pas sacrifier pour quelques euros de plus, les trois derniers rescapĂ©s de Las Vargas : Kamel Jendoubi, Sihen Bensedrine et Khemais Chammari : “On lui donne son STATUT AVANCE et quâon nâemparle plus. Les droits de lâhomme, ce nâest quâun dĂ©tail de lâhistoire. La gĂ©ographie nâen prend pas compte. Dâailleurs, ils ont les droits de la femme. Câest suffisant pour ces pâtits tunisiens gloutons qui mangent dĂ©jĂ Ă leur faim. Et puis, les droits de lâhomme, notre bonhomme les a gommĂ©s. Ils sont inexistants. Comment est-ce quâon va les rĂ©inventer? No problem. Dites-lui que câest dans la poche, il va se calmer.”
Chapeau bas le be-nali. Si un jour on va vous canoniser ce ne serait surement pas pour vos autoroutes et vos ponts penchĂ©s mais pour vos parades. Uniquement pour elles. Cette aisance avec laquelle vous avez rĂ©ussi Ă bluffer tout le monde et Ă leur faire croire que lâincroyable est croyable, câest du gĂ©nie pur et dur. Rien Ă dire ni Ă redire. En fait, votre systĂšme, si systĂšme y en a, repose sur un leurre : brandir la menace. Le dĂ©sert des tartaresâŠComme si les Tartares ne sont pas depuis belle lurette, ici, dans la demeure.
A lâaube de votre rĂšgne, vous nous avez fait croire au pĂ©ril islamiste, et nous sommes tous tombĂ©s dans le panneau. Ainsi vous avez pu extirper et enterrer lâembryon dâune RĂ©publique – ou ce qui en reste sans quâon ne sâaperçoive de rien. Que du vent qui poursuit le vent. Ca, câest du haut vol. Bravo lâartiste. Et parce que vous ĂȘtes un gĂ©nie sorti directement de notre thĂ©iĂšre, vous avez su jouer de la cupiditĂ© de tous les Aladins ( Charfi, Jazi, Rouissi, Zmerli, Smaoui, Laabidi, Najjar, Haddad) pour dĂ©cimer les rangs dâune rĂ©sistance squelettique, morbide.
Pour faire croire aux incrĂ©dules quâil y a encore des tĂȘtes brulĂ©es et des enfoirĂ©es, vous nous refilez bon an, mal an, un prisonnier emblĂ©matique : Ali Laaridh, NĂ©jib Hosni, Moncef Marzouki, Hamma Hammami, Jalloul Azzouna, BĂ©chir Essid, Salah Hamzaoui , Mohamed Moada, Khemais Chammari, Mohamed Hedi Sassi, Khemais Ksila, Jalel Zoghlami, Sihem Bensedrine, les syndicalistes du bassin minier de Gafsa et des Ă©tudiants Ă profusion. Mieux, vous miroitez sans cesse que la sociĂ©tĂ© civile vivote encore en neutralisant LTDH, en dĂ©clarant parti non grata, le PDP, ou en interdisant le CNLT. Merci Zizou.
Reste votre chef dâĆuvre. Vous avez crĂ©e le faux semblant le plus crĂ©dible de tous les temps. Vous avez rĂ©ussi Ă faire dire par la bouche des autres que la presse en Tunisie est en danger. On se croirait aux AmĂ©riques ou en Europe oĂč la presse est menacĂ©e. Comment avez-vous rĂ©ussi ce coup de prestidigitateur ? Câest simple : vous nâavez pas cessĂ© dâembastiller par ci un cameraman endimanchĂ©, par lĂ un plumitif. Un jour, câest lâinternaute Zouheir Yahyaoui, un autre ce sont les internautes de Zarzis, sans oublier les dernier vocifĂ©rateurs Ă qui vous avez donnĂ© le titre de journaliste ( sans la fonction ) comme Abdallah Zouari, Hamadi Jebali, Mohammed ABou, Zakia Dhifaoui, Oum Zied, Sihem Bensedrine, Hamma Hammami, Omar Mestiri, Tahar Belhassine, Si Mastpha, Zouheir Makhlouf, Fahem Boukadous âŠLe dernier journaliste que jâai rencontrĂ© câĂ©tait Kamel Laabidi. En 1993. Omar SâHabou lâa prĂ©cĂ©dĂ© en 1991.
En embastillant ceux qui manient lâexpression sans avoir pour autant la libertĂ© (dâailleurs, ils sâen moquent comme de lâan quarante) vous avez crĂ©e une fausse rĂ©alitĂ© : le mĂ©tier de journaliste est en danger. Donc, il est fort possible de restaurer la maison de Salah Hajja et celle de Mohamed Ben Salah. En rĂ©alitĂ©, le mĂ©tier de journaliste en Tunisie est Kaput, mon gĂ©nĂ©ral. Vous lâavez exterminĂ©, gazĂ©. Câest lâholocauste du journalisme. Dachau. Ne mâen parlez plus. Point virgule.
LĂ oĂč vous vous ĂȘtes surpassĂ©, câest lorsque vous avez neutralisĂ© en une seule pichenette et les juges et les avocats. Et ce nâest pas Mokhtar Yahyaoui qui va me contredire. LâinouĂŻ, câest que Chawki Tabib, Radhia Nasraoui, Ayachi Hammami, NĂ©jib Chebbi, Abderrazek Kilani, Chokri Belaid, Bechir Essid, Nasser Laouini, Mohamed Nouri, Mokhtar Trifi et les autres tĂ©nors du barreau sâimaginent exercer leur mĂ©tier en plaidant Ă huis clos face Ă un juge figĂ©, prĂ©fabriquĂ©, en cire. Il nâen est rien. Lâavocat en Tunisie a disparu. Un cadavre exquis. Un cher dĂ©funt pour qui on porte la robe noire en signe de deuil. Un spectre qui hante encore les dĂ©dales du palais de justice et qui crie injustice. Un pantin dĂ©sarticulĂ© et risible : Ana al amid⊠Ana al amid⊠Ana al amidâŠDu grand Fellini.
En pourchassant Raouf Ayadi, Mohamed Abbou, Anouar Kousri, Abdelwahab Maatar, Taieb Jallali ou en interdisant Ă mon frĂšre Jalel dâexercer, vous crĂ©ez lâillusion du danger.
Lâillusion, voilĂ le secret de votre longĂ©vitĂ©. A croire que vous avez lu Tchouang-Tseu : « on parvient Ă la perfection par la sĂ©rĂ©nitĂ© dans le dĂ©sordre. » vous avez compris comme Confucius, un autre sage oriental quâon “gouverne un grand pays comme on cuit les petits poissons” Que dire alors dâun petit pays qui est le mien ? On ne cuit pas les petits poissons. On les mange tout cru. En fait, il nây a pas de poissons chez nous. Il nây a que des langues de chat trempĂ©es dans un bol de lait bien chaud.
Comme tout fin prĂ©dateur-dictateur, vous crĂ©ez vos ennemis⊠mĂȘme sâils nâexistent pas. Lâinstinct vous le dicte. Car seul, on nâexiste pas. Un est Ă©gal Ă zĂ©ro. Pour que le singleton perdure il lui faut un antagoniste. Et dire quâEtienne de la BoĂ©tie nous a mis en garde- en vain – il y a de cela cinq siĂšcles : “Voir un million dâhommes, servir misĂ©rablement, ayant le col sous le joug, non pas contraint par une plus grande force, mais aucunement (ce semble) enchantĂ©s et charmĂ©s par le seul nom dâun , duquel ils ne doivent ni craindre la puissance puisquâil est seul, ni aimer les qualitĂ©s puisquâil est en leur droit inhumain et sauvage.”
Pour divertir la galerie, Ă©gayer la tourbe et tenir en haleine la cour, vous nous faĂźtes toujours croire Ă lâaprĂšs Ben Ali, sous Ben Ali. Vous voulez du changement, je vous en donne Ă gogo. Il y a eu le coup dâEtat mĂ©dical, le coup dâEtat Ă©lectoral, le coup dâEtat constitutionnelâŠensuite, La suite : probablement un coup dâEtat conjugal ou familial. Au choix les anchois.
Je vous plains, monsieur le prĂ©sident. Je ressens ce que vous ressentez : cette solitude terrible. Vous passez vos jours et vos nuits Ă souffler sur la braise pour quâelle ne se transforme pas en cendre.
Nous sommes votre braise. Votre raison de vivre. Votre flamenco. Si jamais le foyer sâĂ©teint, câest la fin. Lâau-delĂ . Le crĂ©puscule des Dieux sans les walkyries de Wagner.
Que vous reste-t-il pour maintenir le brasier : une, deux, trois buches ? Tout ce 61 bis pour menacer ces trois cabotins : Kamel, Sihem, Khemaies? Vous plaisantez, jâespĂšre ! Ces Dreyfus made in Tunisia., vous les triturez et traitez de traĂźtres, de vendus, dâagents de puissances Ă©trangĂšres. TraĂźtres Ă qui ? A la patrie ? A Ben Ali ? A la Nation Arabe ? Ils ont vendu la cause palestinienne ? En arabe, câest encore mieux : Al Khiana. Ăa sonne comme Al Qiama. Al khiana veut dire traĂźtrise, infidĂ©litĂ©, changer de camp, dĂ©loyal, adultĂšre, le contraire de confiance, renĂ©gat, vendu, tourner casaqueâŠ
A ce que je sache ces trois coquins ne vous ont jamais jurĂ© loyautĂ© ou fidĂ©litĂ©. Ils nâont jamais Ă©tĂ© de votre bord. Au contraire, depuis votre ascension, ils nâont jamais cessĂ© de vous croiser. Ils sont pareils Ă ce serviteur de Marc Aurel qui nâarrĂȘte pas de susurrer Ă lâoreille de CĂ©sar : “Vous nâĂȘtes quâun hommeâŠVous nâĂȘtes quâun homme⊠Vous nâĂȘtes quâun homme⊔ Un filet de trapĂ©ziste pour que vous ne tombez pas dans la folie des Dieux.
ScĂšnes de la vie conjugale. Sihem lâinfidĂšle, Kamel le dĂ©loyal, Chammari le rĂ©nĂ©gat. Câest du dĂ©lire. Sihem nâest pas votre concubine, Kamel nâest pas votre ami et KhĂ©mais nâest pas un cousin. Un ennemi qui vous combat ne peut pas ĂȘtre un traĂźtre. Et sâils vous embĂȘtent tant, vous nâavez quâĂ les chasser de votre tĂȘte. Car ils nâexistent que pour vous. Dites un, deux, troisâŠDisparaissez. PfffâŠPfff⊠Vous vous ĂȘtes piĂ©gĂ©s vous-mĂȘme. Et nous avec. Lâillusionniste illuminĂ©. Rideau .Câest fini. Reposez-vous maintenant. Il Ă©tait une fois au 61 bis.
Taoufik Ben Brik
(Source: Nouvelobs.com le 16 juin 2010)
Les dizaines de membres de ce comitĂ©, prĂ©sidĂ© par Mme Lise Garon, une Ă©crivaine et chercheuse quĂ©bĂ©coise, retraitĂ©e de lâenseignement universitaire, viennent des quatre coins de la planĂšte Terre (Tunisie, Canada, France, Belgique, Maroc, AlgĂ©rie, Suisse, Ăgypte, Liban, Jordanie, USA etc. ). La “star” de ce comitĂ© est sans doute lâĂ©crivain Ă©gyptien Alaa Aswany, qui se dit prĂȘt Ă se dĂ©placer Ă Tunis pour sortir son ami TaĂŻeb des geĂŽles lugubres du gĂ©nĂ©ral Ben Ali.
Le comitĂ© a publiĂ© son communiquĂ© numĂ©ro zĂ©ro aujourdâhui, rĂ©clamant la libĂ©ration immĂ©diate et sans conditions de TaĂŻeb Moalla. Le seul hic de cette affaire câest que TaĂŻeb Moalla ne se trouve pas Ă Tunis mais Ă QuĂ©bec !
En effet, câest la premiĂšre fois dans lâhistoire du militantisme pour les droits humains et la libertĂ© de la presse quâun comitĂ© de libĂ©ration se constitue avant lâarrestation efffective dâun journaliste. Le pore-parole de ce comitĂ©, un certain Omar K., explique que la crĂ©ation prĂ©maturĂ©e de ce comitĂ© – les pieds du journaliste nâayant pas encore foulĂ© le sol tunisien – est une rĂ©plique Ă la guerre prĂ©ventive du rĂ©gime tunisien contre ses opposants rĂ©els et virtuels.
Le communiquĂ© a Ă©tĂ© faxĂ© aujourdâhui Ă une vingtaine de reprĂ©sentations diplomatiques de la Tunisie Ă lâĂ©tranger ainsi quâĂ la PrĂ©sidence de Carthage et au MinistĂšre de lâIntĂ©rieur tunisien. Les autoritĂ©s tunisiennes nâont pas encore rĂ©agi. TaĂŻeb Moalla, contactĂ© par tĂ©lĂ©phone Ă la rĂ©daction du Journal de QuĂ©bec sâest contentĂ© de dĂ©clarer : ” La guerre de ma libĂ©ration nâaura pas lieu“. Wait and see !
Omar Khayyam
http://omarkhayyam.blogsome.com/2010/06/16/communique-numero-zero/
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