16 avril 2008

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TUNISNEWS
 8 ème année, N°  2885 du 16.04.2008
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FTCR : Contre la violence et l’intimidation – En soutien à la solidarité contre les injustices,  à la liberté d’expression et d’information

Human Rights Watch Letter to Saudi Minister of Interior Prince Nayef bin Abd al-‘Aziz Al Sa’ud on Tunisian Detainee

Al Khabar: Des tunisiens crient à la gloire du Président Bouteflika et de l’Algérie

Tribune de Genève: Le nouveau Conseil des droits de l’homme affronte la critique

AFP: France: Islam, 9 ans, écarté d’un jeu télé pour son prénom (presse)

AFP: La littérature arabe suscite la curiosité à la Foire du livre de Londres


 FTCR
 Communiqué du 17 avril 2008

Contre la violence et l’intimidation En soutien à la solidarité contre les injustices,  à la liberté d’expression et d’information

 

A l’occasion des manifestations de protestation populaire de la région du bassin minier de Gafsa en Tunisie, et dans un contexte de tensions dues à l’aggravation de la situation du pouvoir d’achat et à la hausse des prix, la question de la résistance à la violation des droits et libertés fondamentaux s’impose avec une acuité renouvelée. Verrouillage permanent de la liberté d’expression et d’information en Tunisie, confiscation du droit de manifestation pacifique, du droit de s’organiser et du doit à l’action politique, syndicale et associative : Voici déjà le lot des Tunisiens depuis des décennies. Des signes nouveaux, particulièrement inquiétants, se manifestent en outre ces derniers temps: –   La mobilisation d’effectifs et de moyens de répression énormes en réponse à des manifestations pacifiques telles que marches, sit-in, grèves, rassemblements et grèves de la faim; l’usage du tabassage, des arrestations arbitraires, de la menace et de l’intimidation à grande échelle visant les populations des régions mobilisées. Cette gestion par la violence et la répression du mécontentement social est appliquée ces jours-ci principalement à la région minière de Gafsa (villes de Redeyef et Oum Larayes), aux expressions de contestation sociales et politiques et, également, aux expressions et manifestations de solidarité en Tunisie mais aussi à l’étranger là où vivent des communautés émigrées tunisiennes. Les autorités semblent réduites à un point où la menace, l’intimidation, la diffusion et l’instrumentalisation de la peur font office de politique sociale et de principal investissement public. –   Faire l’autruche et contraindre l’ensemble de la population à faire de même. Ceci est manifestement en train de devenir la devise officielle en Tunisie. Les autorités tunisiennes, à l’heure de la mobilité et de la mondialisation de l’information, ont recours pour faire face au peuple aux techniques archaïques de l’enfermement et du bâillonnement. Outre le véritable blocus imposé à la région minière et le black-out médiatique observé par l’ensemble des organes de la presse nationale, les autorités renouent avec la persécution et l’étouffement de la presse critique : Non contentes d’avoir procédé à la saisie de trois numéros de l’hebdomadaire Al-Mawkef ces dernières semaines en raison de la publication d’article sur le prix des produits de première nécessité et d’autres sur la révolte du bassin minier, elle viennent de susciter des poursuites pour « délits de presse » à l’encontre de ce même titre le menaçant de dépens pouvant aller jusqu’à près d’un demi million de dinars (env. 270 000 €). Sachant que ce journal d’opposition ne bénéficie d’aucune aide ni ressource publicitaire, ces mesures sont de toute évidence destinée à le faire disparaître. La FTCR dénonce la fuite en avant que représentent ces évolutions, elle réaffirme sa détermination à relayer toutes les luttes pour les droits et les libertés fondamentales. Elle considère la solidarité face à l’oppression comme un droit inaliénable et un devoir moral et politique, notamment de la part de celles et ceux, émigré-e-s, qui se solidarisent de leurs sœurs et frères dans le pays d’origine. Aucune intimidation et aucune menace dont fera l’objet n’importe quelle personne se solidarisant avec les luttes tunisiennes ne restera sans réponse et aucune personne faisant l’objet de pressions dont nous aurons connaissance ne restera isolée. La FTCR considère que l’un des principaux enjeux du moment est de lever le blocus de l’information et de briser l’isolement imposé aux populations du bassin minier. Elle fera tout son possible pour diffuser les informations sur l’évolution de la situation et appelle toutes celles et tous ceux qui le peuvent à soutenir ces luttes selon leurs moyens. Elle dénonce les violations répétées de la liberté d’informer et de s’exprimer, et assure de son soutien face aux tentatives d’étouffement dont il fait l’objet le journal Al-Mawkef et son équipe de rédaction.

Human Rights Watch Letter to Saudi Minister of Interior Prince Nayef bin Abd al-‘Aziz Al Sa’ud on Tunisian Detainee

April 11, 2008    H.E. Prince Nayef bin Abd al-‘Aziz Al Sa’ud  Minister of Interior  PO Box 2933  Riyadh 11134  Saudi Arabia    Your Excellency:    Human Rights Watch is writing this open letter to you about a Tunisian man being held in a jail in al-Medina who in our view would be at risk of persecution and of torture if returned to Tunisia.    Saudi authorities arrested Moujahid Ben Khaled on December 8, 2007 in Mekka and have been holding him since then in custody. According to our information, there are no charges pending against Ben Khaled in Saudi Arabia, although it is possible he is being held on suspicion that he lacks a valid visa.    Ben Khaled left Tunisia legally on September 29, 2004 and entered Saudi Arabia on a pilgrim’s visa, according to his family. Once there, he tried unsuccessfully to enroll in the Islamic university in al-Medina al-Munawwira. Since then he had been trying to gain admission to a university program while pursuing religious studies privately, his family stated.    Tunisian police had repeatedly harassed Ben Khaled because of his religiosity and his beard, detaining and insulting him on several occasions but never formally arresting him or bringing him to trial, his family said. This harassment, they stated, was the main reason Ben Khaled decided to leave his studies at the University of Tunis and pursue them abroad.    Ben Khaled was born on August 31, 1983 and carries Tunisian national identity card 07096315, issued February 19, 2003.    Ben Khaled’s father, Khaled Ben Khaled, is a former prisoner, having been convicted three times in Tunisia during the 1990s of membership in an unlicensed Islamist organization. He lost his post at the Ministry of Agriculture in 1993 after his first conviction. Like many other former political prisoners, Khaled Ben Khaled was prevented from finding employment following his release. Authorities confiscated his passport in 1994 and his efforts to recover it have failed.    While Ben Khaled’s family says they know of no charges pending against Moujahid in Tunisia, they state that police regularly visit their home in Fouchana, near Tunis, most recently on April 2, to ask for news of Moujahid.    These police visits to the family home, Moujahid’s history of being harassed by the Tunisian police, and the likelihood that his arrest in Saudi Arabia would arouse the suspicions of Tunisian authorities, give Human Rights Watch reason to fear that Moujahid risks being mistreated if Saudi authorities were to return him to Tunisia.    Many human rights organizations, including Human Rights Watch, have documented that Tunisia persecutes persons involved in nonviolent opposition activities or who are suspected of having Islamist sympathies. Many such persons are subjected to torture under interrogation. The U.S. State Department County Reports on Human Rights Practices for 2007 states,    according to human rights organizations, security forces tortured detainees to elicit confessions and discourage resistance. Reported abuses included sexual abuse; sleep deprivation; electric shock; submersion of the head in water; beatings with hands, sticks, and police batons; suspension, sometimes manacled, from cell doors and rods resulting in loss of consciousness; and cigarette burns….Consistent with an effort to extract information or coerce confessions, reports of torture were more frequently associated with the initial phases of interrogation/investigation and in pretrial detention centers more than prisons….Political prisoners, Islamists, and persons detained on terrorism-related charges allegedly received harsher treatment than other prisoners and detainees.     The Convention against Torture, of which Saudi Arabia is a signatory, states in Article 3, “No State Party shall expel, return (« refouler ») or extradite a person to another State where there are substantial grounds for believing that he would be in danger of being subjected to torture.”    We therefore urge you not to return Ben Khaled to Tunisia against his wishes. If he has committed an offense in Saudi Arabia, he should be promptly charged and granted a fair trial. In any event, we urge you to allow him either to remain in Saudi Arabia, where he still hopes to pursue his studies, or to travel to a third country where he would not be at risk of persecution based on his religious practices or political beliefs.    We would welcome any information you can provide on the judicial status of Ben Khaled, along with assurances that he will not be sent to a country where he would be at risk of torture or persecution on the basis of political or religious beliefs.    We thank you for your consideration.    Sincerely yours,    /s/    Joe Stork  Director, Middle East & North Africa division  Human Rights Watch 

 

Où en est l’unité du Maghreb ?

Mardi 29 avril 2008 de 19h à 22h

 Salle CICP 21 ter rue voltaire 75011

75011 Paris

Métro : Rue des Boulets Rue de Montreuil

Du 27 au 30 avril 1958 s’est tenu une conférence à Tanger qui a adopté une résolution sur l’unité du Maghreb.

Cette réunion a rassemblé les 3 principaux partis qui luttaient pour l’indépendance de leurs pays.

Cinquante ans après, l’unité du Maghreb n’est toujours pas obtenue sous aucune forme fédérale ou autre ? Quelles sont les raisons subjectives et objectives qui ont empêché l’unité du Maghreb de se réaliser ? Commémorer le 50ème anniversaire de la conférence de Tanger est pour les signataires l’occasion de réaffirmer que l’unité du Maghreb est une aspiration légitime des peuples qui doit se traduire en une volonté politique qui met en ouvre la construction du Maghreb des peuples uni, démocratique, progressiste, moderne et prospère.

Pour comprendre le passé, les raisons de l’échec et les conditions de la réussite de l’ouvre du Maghreb Uni, nous vous invitons à un Forum avec des intervenants spécialisés des pays concernés.

Intervenants :

Sophie Bessis

– Mohamed Harbi

– René Gallissot

– Raymond Bennaïm Premiers signataires :

Associations : Arts et Cultures des Deux Rives (ACDR), Association des Marocains de France (AMF), Association des Tunisiens de France (ATF), Association des Travailleurs Maghrébins de France (ATMF), CEDETIM, Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’Hommes en Tunisie (CRLDHT), FACS, Fédération des Tunisiens Citoyens des Deux rives (FTCR), Mouvement des Indigènes de la République (MIR), Rencontre culturelle Euro-Arabe, Solidarite Algérienne en Europe (SAE), Union des Travailleurs Immigrés Tunisiens (UTIT), Association des Tunisiens de France – Paris (ATF-Paris), Institut Mehdi Ben Barka.

Partis politiques :

ETTAJDID, PCOT, PSU, OCR,PDP,FDTL


 

Des dizaines d’entre eux fuient leur pays pour se réfugier dans le nôtre

Des tunisiens crient à la gloire du Président Bouteflika et de l’Algérie

 

Les dizaines de familles tunisiennes habitant au long de la côte frontalière Est de la commune de Bir El Ater, à 89 kms au sud de la wilaya de Tébessa, ont entrepris de traverser le douar de « Aïcha Oum Chouicha », qui n’est qu’à 700 mètres sur le point de contiguïté des frontières entre les deux pays.

Une khaïma (tente) a été dressée autour de laquelle se sont regroupées ces familles qui ont assuré qu’elles ont fui l’enfer de la pauvreté, du chômage et de la propagation des maladies, demandant à rencontrer le consul tunisien à Tébessa et la wali de Gafsa en Tunisie.

Juste après l’entrée des Tunisiens fuyant leur pays, pour porter des revendications sociales selon leurs dires, les brigades des garde-frontières les ont encerclés pour les empêcher de pénétrer davantage à l’intérieur du territoire algérien, mais ils leur ont procuré en revanche toutes les conditions pour protéger leur vie, et ils ont été bien traités selon ce qu’ont assuré des témoins oculaires à El Khabar.

Lorsque les responsables de la sécurité de la région ont interrogé ces Tunisiens, ils ont appris que la raison principale qui les a poussés à l’immigration collective est la fuite de l’enfer de la pauvreté et de la faim.

Les évènements se sont poursuivis après l’entrée de 60 Tunisiens qui ont demandé à rencontrer le consul tunisien en Algérie et le wali de leur wilaya Gafsa, mais le wali a refusé de se déplacer sur place afin d’écouter leurs préoccupations.

El Khabar s’est déplacé sur les lieux et a constaté l’emplacement de ces familles, de même que le drapeau algérien a été levé par les ressortissants tunisiens devant une tente dressée sur place, et lorsque nous avons révélé notre identité, les cris des Tunisiens se sont élevés, à la gloire de l’Algérie et du président Bouteflika.

Un témoin oculaire a déclaré que des confrontations entre les habitants de certaines communes de Gafsa et les forces antiémeute tunisiennes ont causé la mort de quatre personnes parmi les rangs des contestataires, sans parler des dizaines de blessés, après que des groupes de jeunes aient tenté d’attaquer les établissements publics administratifs et financiers.

D’un autre côté, des sources de la région ont lié l’action des 60 Tunisiens à la décision des garde-frontières tunisiens qui ont grandement paralysé l’activité des contrebandiers dans la wilaya de Gafsa, ce qui a gelé l’activité économique et commerciale, et influé sur les conditions de vie des Tunisiens dans cette wilaya limitrophe.

 

Par A. Z/S. R/ Traduit par F.L

 

(Source : « Al Khabar » (Quotidien – Algérie), LE 16 AVRIL 2008)

Lien : http://www.elkhabar.com/quotidienFrEn/lire.php?idc=107&ida=105893


Genève

Le nouveau Conseil des droits de l’homme affronte la critique

 

DROITS DE L’HOMME – Testé pour la première fois, le mécanisme de contrôle des Etats montre déjà ses limites, selon les ONG.

 

Pour la première fois depuis sa création, le Conseil des droits de l’homme a commencé à passer au crible de «l’Examen périodique universel» (EPU) une série de seize pays (1). Un moment qualifié «d’historique» par le président Dorus Romulus Costea. L’enthousiasme est vite retombé.

 

A peine inauguré, ce nouveau mécanisme prometteur est déjà l’objet de sévères critiques. «Il a été détourné par les Etats pour en faire un exercice de courtoisie et de mollesse», ont protesté plusieurs associations tunisiennes écœurées de voir leur pays passer l’épreuve sans encombre. Ce ne sont pas les seules protestations.

 

«Notre déception est totale», a également déclaré Nabeel Rajab, du Centre pour les droits de l’homme de Barheïn, l’un des pays également appelé à rendre des comptes. Mêmes protestations du côté des ONG indiennes. «Pendant l’examen, notre pays a proféré des semi-vérités ou même des mensonges concernant les castes, les Dalits, et les pouvoirs spéciaux de l’armée», s’est plaint Vrinda Grover. Les uns comme les autres n’ont guère apprécié «l’exercice d’auto-absolution» auquel se sont livrés leurs pays respectifs.

 

«Comme nous le craignions, le Conseil des droits de l’homme est tombé dans tous les pièges», déplore Antoine Madelin, de la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH). Des regrets qui font échos aux mises en garde de la haut-commissaire aux droits de l’homme, Louise Arbour. Laquelle n’a pas manqué de rappeler qu’avec l’EPU, c’était «la crédibilité du système des Nations Unies pour les droits de l’homme qui était en jeu».

 

S’il y a matière à critiques, beaucoup considèrent dans l’enceinte onusienne qu’il serait prématuré de jeter tout de suite le bébé avec l’eau du bain. «L’EPU reste un instrument intéressant. C’est un acquis. Aujourd’hui, tous les pays doivent rendre des comptes», rappelle Raphaël Saborit, porte-parole du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE).

 

Les représentants des grandes ONG confessent sortir de cette première semaine avec un sentiment «mitigé». Mais la plupart souhaitent attendre la fin de la semaine et l’examen d’autres pays avant de dresser un bilan «définitif». «C’est un peu trop tôt», reconnaît Julie de Rivero, de Human Right Watch.

 

Reste que personne n’a vraiment intérêt à ce que le Conseil échoue. Et surtout par la Suisse qui a tout mis en œuvre pour que cette nouvelle structure fasse oublier les errements de l’ancienne Commission. Plutôt que de parler d’échec certains, même au sein des ONG, préfèrent évoquer des «réglages encore à faire». «Nous avons fait de notre mieux pour prendre en considération toutes les critiques et avoir un débat franc et direct. les défis sont énormes», a reconnu le brésilien Rogerio Sottili.

 

(1) Bahreïn, Equateur, Tunisie, Maroc, Indonésie, Finlande, Royaume-Uni, Inde, Brésil, Philippines, Algérie, Pologne, Pays-Bas, Afrique du Sud, République tchèque et Argentine.

 

La phrase

 

Les efforts en matière de développement sont mal structurés.

 

L

es efforts des Nations Unies pour un développement durable global n’ont ni le financement, ni les structures suffisantes. La Suisse est parvenue à cette conclusion dans le cadre d’un débat à l’Assemblée générale sur la cohérence du système de l’ONU. «Actuellement, l’aide au développement est redistribuée à de trop nombreuses organisations», estime l’ambassadeur de la Suisse auprès de l’ONU, Peter Maurer.

 

Quarante-sept agences de l’Organisation des Nations Unies (ONU), deux fonds monétaires, cinq divisions de la Banque mondiale, deux agences de développement régional et 97 autres organisations multilatérales se partagent le gâteau. AJ

 

(Source: “Tribune de Genève » (Quotidien – Suisse), le 14 avril 2008)

 


 

France: Islam, 9 ans, écarté d’un jeu télé pour son prénom (presse)

    AFP, le 16 avril 2008 à 12h02

 

 

PARIS, 16 avr 2008 (AFP) – Les parents d’un enfant français de neuf ans, Islam Alaouchiche, ont décidé de porter plainte pour discrimination, estimant que leur garçon avait été écarté de la sélection d’un jeu télévisé en raison de son prénom, relate mercredi le journal Le Parisien.

 

Depuis plusieurs mois, l’enfant, domicilié à Colombes en région parisienne,  rêvait de participer au jeu « In ze boite », diffusé par une chaîne privée spécialisée pour les jeunes, Gulli.

 

Le producteur, Angel Productions, avait retenu Islam dans l’ultime sélection le 16 février, avant l’enregistrement de l’émission.

 

Selon la mère du garçon, citée par Le Parisien, une personne chargée du casting lui aurait alors dit: « Il y a un problème. Votre fils ne peut pas garder son prénom. S’appeler Islam pour un garçon c’est comme porter le voile pour une fille ».

 

Un autre membre de l’équipe a ajouté qu’il « représentait une religion qui n’est pas aimée par les Français », toujours selon le quotidien.

 

La maison de production aurait alors proposé à la mère de rebaptiser l’enfant « Mohammed » ou « Sofiane », ce que la mère aurait refusé.

 

« Au moment de partir, on nous a dit: +On vous rappellera+ », ce qui n’a jamais été fait, a-t-elle encore raconté. Selon elle, son fils « s’est senti rejeté et a eu l’impression qu’on le prenait pour un « terroriste ».

 

Fadela Amara, secrétaire d’Etat à la Ville, d’origine algérienne, a vivement condamné l’incident. « Ca me scandalise, je trouve ça dégueulasse! », a-t-elle dit au quotidien. « C’est une vraie violence faite à un petit bout de chou nié dans sa propre identité », a-t-elle dit.

 

Angel Productions a affirmé de son côté, que si « Islam n’a pas été retenu, ce n’est pas à cause de son prénom, mais parce qu’il y avait plus de postulants que de places disponibles », tout en admettant « des mots qui ont blessé un petit garçon ».

 


 

 

La littérature arabe suscite la curiosité à la Foire du livre de Londres

AFP, le 16 avril 2008 à 06h50

 

Par Lucie GODEAU

 

LONDRES, 16 avr 2008 (AFP) – La Foire du livre de Londres, évènement annuel de l’édition qui se tenait jusqu’à mercredi, a mis à l’honneur cette année la littérature arabe : un pari audacieux alors que ces auteurs commencent tout juste à susciter la curiosité en Grande-Bretagne.

Pour sa 37e édition, la London Book Fair, un salon réservé aux professionnels et qui a attiré 23.500 visiteurs l’an dernier, a invité 22 pays et territoires d’expression arabe à présenter leur littérature.

Les organisateurs précisent que si le Salon du livre de Paris était consacré cette année à Israël, il s’agit d’une pure coïncidence.

« Le vrai objectif est de vendre les droits pour les traductions des auteurs arabes en anglais et d’autres langues », explique Emma House, responsable de l’organisation de la foire.

Malgré quelques succès en anglais, comme « L’Immeuble Yacoubian«  de l’écrivain égyptien Alaa al-Aswani, traduit en 21 langues dont l’anglais, les auteurs arabes sont très peu à se frayer leur chemin

chez les éditeurs britanniques.

Penguin espère avec « Les Filles de Riyadh », de la jeune Saoudienne Rajaa Al-San’a, à paraître en juin, convaincre les lecteurs, grâce à ce roman qui lève le voile sur le quotidien des jeunes Saoudiennes et s’est révélé un vrai phénomène de société en Arabie saoudite.

Mais la tâche reste rude alors que seulement 4% des fictions publiées en Grande-Bretagne sont des traductions, toutes langues confondues.

La London Book Fair a organisé 20 séminaires, invité des auteurs en vue et les principaux éditeurs du monde arabe pour faire connaître cette littérature aux professionnels occidentaux.

« Les éditeurs britanniques nous disent que la littérature arabe reste un défi pour eux, qu’ils ont des difficultés à identifier les oeuvres intéressantes, les réseaux de distribution, et ils manquent

de personnel pour lire les oeuvres en arabe », explique Sarah Ewans,

directrice régionale du British Council pour le Proche-Orient et l’Afrique du Nord.

Pourtant, la responsable de l’organisation culturelle britannique, qui oeuvre au rapprochement avec le monde arabe, a observé « depuis deux ou trois ans une vraie hausse de l’intérêt« 

pour cette littérature.

Plusieurs pays, comme le Liban, Oman, ou l’Arabie saoudite ont installé un stand à la Foire pour faire connaître leurs auteurs.

« Le marché est potentiellement très grand » pour les auteurs arabes, veut croire Margaret Obank, directrice de la maison d’édition Banipal qui édite des auteurs arabes contemporains traduits en anglais.

« Après le 11 septembre 2001, les gens se sont réveillés, se sont dits: +Mon dieu on a ignoré cette partie du monde+ », explique-t-elle.

« Cela a pris quelques années, mais maintenant les gens réalisent qu’il y a une littérature là-bas« .

Pourtant, la traduction reste une barrière énorme pour la communication entre les cultures occidentales et arabes. Un rapport du programme de développement des Nations unies (PNUD) de 2003 soulignait qu’environ 50 livres en arabes par an seulement étaient traduits chaque année dans une autre langue.

Et le monde arabe souffre également d’un énorme déficit de traduction des ouvrages occidentaux. Selon ce même rapport, en un an, on traduit plus d’ouvrages en Espagnol (environ 10.000) que d’ouvrages occidentaux en arabe sur l’ensemble du dernier millénaire.

Samuel Shimon, l’auteur d' »Un Irakien à Paris », qui vient de paraître en français chez Actes Sud, espère que le succès de son roman en France l’aidera à se faire connaître en Grande-Bretagne.

« Tout le monde me demande qui a les droits de mon livre, il y a un vrai intérêt », observe l’auteur irakien.

 

AFP

 

 

 

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