15 septembre 2010

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TUNISNEWS
10 ème année,N° 3767 du 15.09.2010


Comité national de Soutien aux populations du bassin minier: À l’occasion de la rentrée scolaire et universitaire Assabilonline: Saïd Jazi, privé de passeport depuis trente ans Kalima: Des sièges au Conseils régionaux alloués d’office aux partis pro-gouvernementaux Kalima: Restrictions policières contre les dirigeants du mouvement du bassin minier Slim Bagga: Lettre publique aux Ben Ali et aux « Benaliques » The Media Line: Veiled women bemoan persecution in Tunisia TAP: Nouvelles nominations d’ambassadeurs African Manager: Tunisie : Le conseil des hommes d’affaires tunisiens dans le Golfe est né Daily Mail : Le tourisme vu autrement « Risque à deux critères : banalisation de l’offre et tourisme de masse incontrôlé »


Comité national de Soutien aux populations du bassin minier

À l’occasion de la rentrée scolaire et universitaire


A l’occasion de la rentrée scolaire et universitaire, le comité national souhaite réussite et succès à tous et rappelle la difficile situation des syndicalistes, professeurs ou instituteurs, qui ont dirigé le mouvement social de Redeyef, ont été emprisonnés puis libérés en novembre 2009, mais n’ont toujours pas réintégré leur emploi : Taïeb Ben Othman, membre du syndicat de base de l’enseignement de base de Rédeyef Béchir Labidi, ex secrétaire général du syndicat de base de Rédeyef Tarek Halimi, membre du syndicat de base de l’enseignement de base Adel Jayar, ex membre du syndicat de base de l’enseignement secondaire de Redeyef Abid Khelifi, syndicaliste et rattaché à l’enseignement supérieur Adnane Hajji, secrétaire général du syndicat de base de l’enseignement de base et membre de l’Union Locale de Redeyef. Nous rappelons également la situation faite à Madame Zakia Dhifaoui, professeur d’histoire et de géographie à Kairouan qui a bénéficié d’une amnistie particulière et attend depuis octobre 2008 sa réintégration dans son emploi. […] Le comité national de soutien aux populations du bassin minier (traduction d’extraits ni revue ni corrigée par les auteurs de la version en arabe, LT)


Saïd Jazi, privé de passeport depuis trente ans


 

Assabilonline, Tunisie

 

Le citoyen tunisien Saïd Jazi a demandé aux autorités concernées en Tunisie à retirer son passeport dont il est privé depuis le mois de novembre de l’année 1981. Jazi nous a dit dans un courrier qu’il a adressé aux parties concernées et en Tunisie ainsi qu’à toutes les structures, organisations de droits de l’homme en Tunisie comme à l’étranger de mettre un terme à cette injustice sans fin. Jazi avait écrit aux autorités tunisiennes à ce sujet à de nombreuses occasions, la dernière remontant au 20 juin 2010, et nous l’avions publié à l’époque.

Nous rappelons que des milliers de Tunisiens sont interdits de voyage ou de passeport. Cette interdiction englobe les ex prisonniers politiques de tous les courants politiques de l’opposition et des prisonniers victimes de la dite « loi anti terroriste », ainsi que des séries de citoyens privés de leurs passeports ou de quitter le pays en raison de leurs opinions alors qu’ils n’ont été ni jugés ni emprisonnés.

 

 

Voici le texte de la lettre de monsieur Saïd Jazi

 

Nabeul, le 12-09-2010

 

A toute personne concernée

 

Mes salutations

 

Je soussigné, Saïd Ben Ammar Ben Mohammed Jazi, né le 22 janvier 1956 à Nabeul, demeurant avenue Habib Thameur, rue de Gabès, Nabeul, détenteur de la carte nationale d’identité n°01611374, vous adresse une demande d’aide à récupérer mon passeport saisi par le poste de police de Nabeul durant l’été 1981, en novembre plus précisément, on a alors refusé de me le renouveler. Ceci, à cause de mon arrestation et de ma condamnation en 1981 à deux mois d’emprisonnement pour mes idées et mes positions ne convenant pas au régime d’alors. J’étais accusé de détention et distribution de tracts appelant à l’arrêt des arrestations, des filatures et des poursuites dans les rangs de la Tendance Islamique. On m’a privé de mon droit à un nouveau passeport me garantissant la liberté de voyager à l’extérieur de mon pays, de façon totalement arbitraire et on ne m’a pas donné de reçu ! prouvant que j’avais fourni tous les documents requis pour le renouvellement de mon vieux passeport. J’ai tenté et réitéré et relancé, en vain !! La demande a été refusée sans raison convaincante et sans raison ou justification. Aujourd’hui, au bout d’une trentaine d’années, j’ai décidé de frapper à toutes les portes, à commencer par le ministre de l’Intérieur et en passant par toutes les institutions et structures de droits de l’homme pour reconquérir mon droit à un pays dont on allègue qu’il est un modèle en matière de droits et de libertés. J’ai envoyé une courrier au ministère de l’Intérieur le 20 juin 2010, dont je vous envoie copie et accusé de réception. Je n’ai reçu aucune réponse ! J’ai écrit dans le même sens au Comité Supérieur des droits de l’Homme de Tunisie le 8 septembre 2010.

Je n’appartiens ni à un parti politique, ni à rien d’autre. Je refuse la violence et le terrorisme d’où qu’ils viennent. Je suis connu dans mon pays pour ma droiture et ma bonne conduite ? Pourquoi ce traitement inhumain, illégal et immoral ? Quel est l’intérêt des autorités à confisquer mon passeport et à me priver de mes droits garantis par la Constitution du pays et les conventions internationales que mon pays a ratifiées ?

Pourquoi répond-on par l’arbitraire, l’injustice et l’oppression à quiconque a un avis ou a fait un choix opposé et s’en est exprimé de façon civilisée ?

Où est la démocratie et où sont les droits de l’homme ?

Où est l’Etat de droit et des institutions ?

Qu’en est-il du slogan du pays : « Liberté-Ordre-Justice » ?

Avec de telles méthodes le pays va-t-il de l’avant ?

Je vous lance un appel et vous exhorte à intervenir rapidement pour mettre fin à cette injustice et à cette mascarade.

Que Dieu vous récompense de tous les pas effectués dans cette voie

Recevez mes salutations

Signature : Saïd Jazi

 

En collaboration avec Saïed Mabrouk, militant des droits humains

Assabilonline

www.assabilonline.net

 

(traduction ni revue ni corrigée par l’auteur de la version en arabe, LT)

 


Des sièges au Conseils régionaux alloués d’office aux partis pro-gouvernementaux


Proposé par redaction le Lundi 13 septembre 2010 Le Conseil des Ministres a examiné le 8 septembre un projet de loi élargissant la composition des conseils régionaux aux représentants des « partis d’opposition » alliés au parti au pouvoir qui ont été élus lors des élections municipales du 9 mai dernier. Selon l’Agence Tunis Afrique Presse ce projet de loi vise à « renforcer le multipartisme » et prévoit d’élargir à 25% les sièges alloués d’office aux élus sur les listes des partis d’opposition qui ont fait allégeance au pouvoir, et qui n’ont pas obtenu le nombre de voix requises pour accéder au Conseil municipal. Il convient de rappeler que durant les dernières élections municipales dont la sincérité a été contestée par les partis d’opposition, les Autorités ont invalidé la grande majorité les listes indépendantes ainsi que les liste de la vraie opposition au régime, ne laissant quasiment en course que les listes de la fausse opposition qui a déclaré son allégeance au pouvoir.
 
(Source: le site de « Radio Kalima » le 13 septembre 2010)

Restrictions policières contre les dirigeants du mouvement du bassin minier


Proposé par redaction le Lundi 13 septembre 2010 Adnan al-Hajji, le leader du mouvement protestataire du bassin minier de Gafsa a déclaré à Kalima que son domicile est encerclé par un cordon de police en civil et il en est de même pour tous les anciens prisonniers du bassin minier, en particulier durant les jours de l’Aïd. Il a mis en garde contre ce qu’il considérait comme « une escalade injustifiée qui risque de dégénérer », soulignant que « cette gestion sécuritaire ne résoudra pas les problèmes de la région », il a également fait « assumer aux autorités les conséquences néfastes de telles pratiques »; il a en outre lancé un appel à toutes les composantes de la société civile en vue de condamner ces pratiques. M. Adnan al-Hajji est l’un des principaux dirigeants du mouvement de rébellion qui a éclaté dans le bassin minier en 2008 en réaction à la marginalisation de la région qui reste privée de programmes de développement par Tunis, revendiquant le droit au travail et à une vie décente; Les autorités avaient réagi violemment à ce mouvement, tirant sur la foule entrainant la mort de trois jeunes, blessant de nombreux citoyens et procédé à des centaines d’arrestations qui ont débouché sur des procès iniques. En novembre 2009, suite à des campagnes menées en Tunisie et à l’étranger, les prisonniers ont été graciés en vertu d’une mesure de libération conditionnelle. Mais ils n’ont pas pu réintégrer leurs professions. De son côté, le Comité national de soutien au mouvement du bassin minier a dénoncé cette gestion sécuritaire, dans un communiqué publié le 11 Septembre, ainsi que les restrictions auxquels sont soumis les anciens détenus. Il a également renouvelé sa demande de réintégrer tous les dirigeants syndicaux licenciés de la fonction publique et invité les autorités à tourner la page des arrestations et des procès arbitraires et à promulguer une loi d’amnistie générale pour le reste des prisonniers. (Source: le site de « Radio Kalima » le 13 septembre 2010) Lien: : http://www.kalima-tunisie.info/fr/News-file-article-sid-226.html


LETTRE PUBLIQUE AUX BEN ALI ET AUX « BENALIQUES »


par Slim BAGGA
 
Vous êtes vraiment des idiots. Je m’efforce de m’adresser à de prétendus responsables politiques qui n’en sont pas. Vous êtes idiots, en effet, et pas seulement des crapules. Longtemps, j’ai axé mes attaques sur vos pratiques en me basant sur votre itinéraire de voyous, de fils et filles de rien. Je ne crois pas m’être trompé, je persiste et je signe, sans pseudo, comme toujours: je vous ai identifiés comme des usurpateurs, des voleurs, des arnaqueurs, des maquereaux, des commerçants de drogue et de mort. Vous n’aimez pas la brutalité de mes mots car vous vous y reconnaissez. Mais une discussion récente avec ma fille que vous harcelez, en piratant sa boite mail, en volant ses photos de jeune baskettteuse, m’a confirmé que vous êtes aussi des imbéciles.
Voici pourquoi: à supposer que les correspondances que vous publiez partout (facebook, bilmakchouf, kol ennas, google, dailymotion, certains amis à Tunis etc) soient authentiques; à supposer que je sois le père scénarisé par Ben Ali, sa femme et leurs scribes, cela intéresse qui? Qui suis-je, qui sommes-nous pour nous consacrer autant de « Une », autant de papiers, autant d’énergie?
Vous êtes vraiment des idiots, et on ne peut rien contre la connerie; vous désarmez tout le monde par autant d’inepties. Ce couple de vaux-rien est tellement discrédité qu’on rit de vous, même lorsque vos mensonges ont un début de vérité.
Simultanément, vous donnez de la crédibilité même à ce que je peux écrire et qui soit erroné.
Mais promis pour ceux qui me lisent: je dirai toujours la vérité. Avec le couple Ben Ali,il y a un tel trésor d’infos compromettantes qu’il n’y a pas de place à l’invention, à l’imagination.
Ce n’est ni Israel, ni la France ni aucun service étranger qui me paye. C’est vous, vos frasques, vos vols, vos cupidités, vos bassesses, vos vies de bâtards de la politiques et de bâtards tout court qui me font vivre lorsque je mets des mots sur vos actes vils. Un peu d’audace peut-être de ma part pour pimenter, odorer vos crasses nauséabondes. Et puis c’est tout!
Mon Dieu, que serais je sans Ben Ali? Que serais-je sans Leila? Que serais-je sans vos bâtards et votre dernier truqué chromosomiquement? Je me souviens que lors du procès en référé contre « La Régente de Carthage », Leila Ben Ali soutenait qu’elle n’eut pas d’enfants aldutérins, que cela portait préjudice à sa notoriété de femme musulmane ». Ah Bon? Et Nesrine n’est-elle pas née en 1986, d’un père Zine El Abidine Ben Ali, époux de Naima Kefi? Et Halima? N’est-elle pas née en 1992, d’un Ben Ali encore époux de Naima Kefi? Après tout, on s’en fout. Mais vivez seuls vos saletés, et laissez les gens tranquilles. Aucun tunisien ne vous en veut personnellement, mais 99% en veulent à votre gestion, aux rapaces que vous avez lâché contre le pays, à vos mensonges et vos pratiques ostentatoires d’humilier un peuple avec son propre argent et le fruit de son labeur.
Vous êtes si idiots que vous avez raté la possibilité de me mettre à genoux…Vous êtes l’air que je respire.
Merci de m’avoir permis d’entretenir ma fille légitime. Et mes regrets pour la Tunisie que vous domestiquez parce que l’on vous craint alors que vous n’êtes rien. La preuve? Relisez ce texte, et vous y trouverez mon bras d’honneur . Et celui de ma fille Idyl par procuration…
 
Slim BAGGA

VEILED WOMEN BEMOAN PERSECUTION IN TUNISIA


A human rights group calls on government to allow women to dress as they like. As the French Senate prepares to outlaw on Tuesday the wearing of the face-covering veil or Niqab in public, a Tunisian human rights group is reporting continued harassment of veiled women and bearded men by the Tunisian government. According to the Committee for Defense of Veiled Women in Tunisia, in late August the Tunisian Political Police pressured the owner of a shoe factory in the coastal city of Nabeul to dismiss his veiled workers. The report added that on September 3, 2010 uniformed police patrolled the weekly market of Nabeul, forcing women to sign statements relinquishing their veils and forcing men to shave their beards. The report claimed that this practice has become commonplace in the weekly market. The legal basis for the police crackdown on veiled women is decree 108, a non-official law issued by President Habib Bourguiba in 1981. The decree banned the wearing of the Islamic headscarf or Hijab in public institutions, including universities and government buildings. “I personally don’t recognize this decree as a law,” Hend Harouni, a Tunisian human rights activist told The Media Line. “Allah tells us to cover ourselves. If they [the government] ask us not to cover, I don’t have to comply.” Harouni said that government habitually argues that the Hijab is not a Tunisian garment but rather a foreign introduction, whereas the traditionally Tunisian Foulard, which reveals more hair, is socially acceptable. “This is not a valid argument,” Harouni says. “Why not ban the American blue jeans for the same reason?” Harouni recounted the story of her teenage neighbor who she noticed unveiled in the market one day. “My neighbor told me that she was walking next to a police station when two plain-clothes policemen asked her for her identity card,” Harouni said. “They took her into the station, removed her headscarf, and made her sign a statement giving it up. The document she signed said that if she was caught wearing the veil again she would be punished.” Harouni says that since the incident her neighbor has not worn her veil, and is wary to discuss the matter openly. Rasha Moumneh a Middle East researcher for Human Rights Watch said that Tunisian women were regularly harassed by police for wearing the veil. “This practice is tied to the government’s political stance vis-à-vis Islamist political parties, like Al-Nahda,” she told The Media Line. “Al-Nahda was very powerful in Tunisia in a certain point in time.” Al-Nahda, also known as the Renaissance Party, shares the ideology of the Muslim Brotherhood and is outlawed in Tunisia. “The government has been trying to keep the Islamists in their ‘proper place’ and not let them raise their heads,” Moumneh said. “In trying to maintain Tunisia’s image as modern and progressive it has crushed the opposition.” Hend Harouni says that since she decided to wear the veil several years ago she has encountered no trouble with police, but has noticed the tension of veiled women on the streets of Tunis. “At the beginning of last year you could see policemen paying more attention to veiled women in bus stops,” she said. “You could tell that the women were ill at ease, fearing they would be questioned.” Harouni added that over the past decade more and more Tunisian women have decided to veil. “In the early 1990’s you almost didn’t see veils on the streets,” she said. “Now the media exposes Islam to society through TV programs which deal with religion and Islamic culture from all over the Arab world. Before, there were just the national Tunisian television stations that showed none of that.” By David E. Miller on Monday, September 13, 2010

(Source: The Media Line September 13, 2010)

Nouvelles nominations d’ambassadeurs


Communiqué de presse TAP Sans attendre la fin des vacances, le mouvement diplomatique et consulaire a été bouclé. Touchant 20 postes tunisiens à l’étranger, il porte sur la désignation de 14 ambassadeurs, 2 chargés d’affaires et 4 consuls. Une nouvelle ouverture de poste est bien significative : Sydney, pour couvrir l’Australie et les pays de la région. Les deux dernières nominations annoncées concernent l’affectation de l’ancien Maire de Tunis, M. Abbès Mohsen à La Haye où il succède à M. Mohamed Salah Tekaya, muté ambassadeur à Washington, et de Maître Abderrahmane Kraiem, membre de la Ligue des Droits de l’Homme et du Conseil Supérieur de la Communication, à Séoul où il assurera la relève de M. Mustapha Khammari, rapporte notre confrère Al Hadath. Ci-après la liste des nouvelles affectations: Ambassadeurs Addis Abeba Mokhtar Chaouachi Amman Othman Jérandi Doha Ahmed Kedidi Jarkarta Mohamed Hassairi La Valette Abderrahmane Hadj Ali La Haye Abbès Mohsen Lisbonne Mahmoud Karoui Londres Hatem Attallah Nouakchott Chafik Hajji Pékin Adel Smaoui Séoul Abderrahmane Kraiem Sydney Mohamed Chlaifa Varsovie Ali Aidoudi Washington Mohamed Salah Tekaya Chargés d’affaires Oslo Siham Seltène Yaoundé Abderrazak Landoulsi Consuls Gênes Slaheddine Ben Abid Grenoble Badii Kedidi Rome Faycal Ben Mustapha Strasbourg Ridha Zeghidane (Source: Tunivision le 15 septembre 2010) Lien: http://www.tunivisions.net/nouvelles-nominations-d-ambassadeurs,10209.html .

Tunisie : Le conseil des hommes d’affaires tunisiens dans le Golfe est né


Le conseil des hommes d’affaires tunisiens dans les pays du golfe, a tenu mardi son assemblée constitutive, au siège de l’Union Tunisienne de l’Industrie, du Commerce et de l’Artisanat (UTICA). Il s’agit de développer les exportations des produits tunisiens vers les différents pays du Golfe et de lancer une exposition permanente des produits nationaux dans chaque pays de la région. L’objectif est également, d’attirer les investisseurs du Golfe vers la Tunisie, de faciliter leur implantation dans les différents secteurs économiques ainsi que d’aider les hommes d’affaires tunisiens à investir dans ces pays. Cette structure œuvrera aussi en vue de favoriser l’emploi de la main d’œuvre tunisienne et notamment des diplômés du supérieur dans les pays du Golfe. Le président de l’Utica, Hédi Djilani a indiqué que la constitution du conseil est de nature à contribuer au développement des relations économiques entre la Tunisie et les pays du Golfe, à travers le développement des échanges commerciaux ainsi qu’à mieux faire connaître le produit tunisien. Abdelwaheb Chaabane, président du conseil d’affaires tunisien aux Emirats Arabes Unis et nouveau président du conseil des hommes d’affaires tunisiens dans les pays du golfe a souligné, de son côté, que ce nouveau conseil relève de l’UTICA, mettant l’accent sur la disposition d’aider les hommes d’affaires tunisiens à conquérir les marchés du golfe. Il convient de rappeler que la constitution de ce conseil fait suite aux recommandations de la première rencontre des hommes d’affaires tunisiens dans les pays du golfe, tenue au mois de juin dernier à Dubaï.
(Source: African Manager le 15 septembre 2010) Lien: http://www.africanmanager.com/detail_article.php?art_id=129414  

Le tourisme vu autrement « Risque à deux critères : banalisation de l’offre et tourisme de masse incontrôlé »


Responsable de l’association Déroutes & Détours (Strasbourg), Franck Michel est enseignant à l’Université de Corse. Anthropologue, il dirige dans le cadre de l’association la revue en ligne «L’Autre Voie ». Il est auteur d’une quinzaine de livres dont «Tourisme, culture et modernité en pays Toraja, Indonésie, 1997» « En route pour l’Asie, 2001 » « Désirs d’Ailleurs, 2004 » «Voyage au bout du sexe, 2006 » et « Routes, éloge de l’autonomadie, 2009 ». Il est également un grand voyageur mais un voyageur éco-responsable ! Cet homme engagé pour un tourisme durable est très actif. Il est, ici ou là, chargé de cours en socio-anthropologie ou en formations touristiques, guide-conférencier de voyages culturels et consultant en anthropologie. A travers, les différentes questions ci-dessous, Frack Michel nous livre son impression sur l’évolution de l’activité touristique et ses défis à venir, en particulier liés au développement durable ainsi que son avis sur le tourisme en Tunisie. Comment évolue l’activité touristique en cette période crise ? Les activités touristiques s’adaptent à la crise tant bien que mal. Les offres de low cost mais donc également de « low quality » prolifèrent, notamment par le biais de séjours tout compris et d’offres alléchantes proposées par les hôtels-clubs, etc. Il y a donc un risque de banalisation de l’offre mais surtout de développement d’un tourisme de masse incontrôlé et malsain. Fort heureusement, il existe aussi une demande en matière de tourisme durable ou responsable qui tend à progresser, mais la période de crise actuelle n’est pas vraiment propice à développer ce secteur à plus grande échelle. Ce tourisme, plus respectueux, est dans le contexte présent encore majoritairement réservé à des visiteurs aisés et éduqués – une clientèle essentiellement « bobo » dirons-nous – et peine par conséquent à s’étendre à d’autres couches de la population. Cela dépend certes de la crise économique mais aussi de la volonté des opérateurs touristiques, privés et publics, des régions et des Etats, de réellement vouloir proposer des alternatives au tourisme de masse. Ce dernier est souvent prédateur et destructeur mais il rapporte voire des emplois, même s’ils sont précaires. Est-ce que le comportement du tourisme a changé ? Le tourisme semble évoluer moins vite que le touriste! L’industrie touristique ne modifiera sa politique globale et ses stratégies que si leurs clients en réclament de significatifs changements. L’offre dépend de la demande, et c’est souvent cette dernière qui va susciter une modification ou une évolution de l’offre proposée. L’espoir réside donc dans le changement de comportement de la part des touristes. Celui-ci doit être encouragé au moyen d’une meilleure information sur les destinations mais aussi d’une véritable éducation au voyage. Cette dernière devrait notamment promouvoir le respect des cultures visitées et de l’environnement traversé, elle est aussi le meilleur moyen de lutter contre le racisme, les discriminations et les diverses formes d’exploitation liées au secteur touristique. La vogue du patrimoine, de l’écotourisme, du voyage solidaire, etc., est un premier pas décisif dans ce sens. Mais il importe désormais de méfier des effets marketing dont le développement durable fait l’objet ainsi que des excès constants qui émanent du capitalisme vert qui a le vent en poupe des dernières années. Quelles sont les nouvelles tendances touristiques ? Comme dit précédemment, les formes alternatives de voyage (fondées sur la mode du bio, de l’écologie, du retour à l’authenticité, voire de la simplicité volontaire, etc.) constituent le meilleur antidote au tourisme de masse actuel. Le maître mot est sans doute celui de « Slow Travel » (dans le même esprit que Slow Food), et il s’agit de voyager autrement pour voir le monde avec d’autres yeux. De ce nouveau regard, basé sur le respect mutuel, dépend aussi l’avenir de nouvelles formes de partenariat Nord-Sud. Mais aussi Sud-Sud, les plus intéressants à encourager. Une meilleure utilisation d’Internet offre –t-elle de nouvelles possibilités pour attirer le client ? Oui, bien entendu, encore faudrait-il orienter ces possibilités et cette attractivité vers des « produits culturels touristiques » intéressants et non pas vers des produits à rentabilité rapides mais dévastatrices (comme le seul tourisme balnéaire); Internet pourrait justement promouvoir des destinations et surtout des offres innovantes et respectueuses des milieux naturels et culturels. Un tourisme à visage humain n’est pas impossible à développer, et les outils tels qu’Internet ont un rôle essentiel à jouer dans cette bataille économique mais aussi éthique à venir. Ne pensez-vous pas que la bonne utilisation des nouvelles technologies ne devant pas faire oublier le facteur humain qui reste un élément déterminant dans l’immense chaîne de valeurs que constitue le tourisme ? Oui, la machine ne remplacera jamais l’humain, et c’est ce dernier qu’il faut réactiver au service du tourisme, ainsi que de la dignité des peuples et du développement des économies nationales. Que pensez-vous de la Tunisie en tant que destination touristique ? C’est une destination très prisée, certainement très rentables pour certains, mais à mon sens trop peu diversifiée car trop axée sur le tourisme balnéaire et les offres « tout compris » qui ne laissent que très peu de recettes touristiques dans les mains des habitants… La mise en place d’un tourisme plus sain serait aussi salutaire pour l’avenir du pays et là il faudrait revoir toute la politique de développement du secteur touristique. Cela passe aussi par des choix politiques et des actions innovantes en matière de développement réellement durable. La clientèle est pour l’heure sans doute plus prête à ces évolutions que les tenants économiques du secteur. Les autochtones, surtout, devraient s’approprier davantage les rênes des décisions en matière de gestion du développement touristique local.
 
(Source: Daily Mail le 15 septembre 2010)

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