15 septembre 2008

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TUNISNEWS

8 ème année, N° 3037 du 15.09.2008

 archives : www.tunisnews.net  


Zakia Dhifaoui condamnée en appel à quatre mois et demi de prison  – Communiqué FTCR: Procès Zakia Dhifaoui et co-accusés Mouwatinoun: Zakia en prison…pourquoi ? Tribune des droits humains: Protestation contre une nomination au Comité des droits de l’homme de l’ONU Tribune des droits humains: Radhia Nasraoui « L’antiterrorisme favorise la montée de l’islamisme »  Yahyaoui Mokhtar: Tunisie : Une phase postdespotique plutôt que postmoderne kobziste Mustapha Benjaâfar: Ensemble pour le changement !! Taoufik BACHROUCH:  Démocratie et souveraineté Dr Khelil Ezzaouia: CNAM :  quel apport pour les hopitaux publics ? Sami Ben Abdallah: La maladie de Bourguiba,  un secret d’Etat, la vérité interdite AFP:Tunisie: huit groupes étrangers sur les rangs pour un port en eaux BusinessNews: Tunisie : Parution bientôt de deux nouveaux journaux AFP: Mauritanie: 12 soldats tués dans une embuscade tendue par Al-Qaïda Taïeb Moalla: Québec | Notre-Dame-de-Belmont – Premier cimetière musulman?


 

 
Tunisie : bienvenue au pays de l’égalité de traitement entre les hommes et les femmes !

Zakia Dhifaoui condamnée en appel à quatre mois et demi de prison

   

 
Au pays où les femmes « bénéficieraient » des mêmes droits que les hommes, Zakia Dhifaoui ne fait pas l’exception face à la machine répressive du pouvoir tunisien. Zakia Dhifaoui a été arrêtée le 27 juillet dernier après sa participation à une manifestation de femmes à Redeyef, au bassin minier de Gafsa. Cette région connaît un mouvement de protestation populaire depuis janvier dernier. Elle a été condamnée par le tribunal de première instance de Gafsa à huit mois de prison, aujourd’hui, elle est condamnée en appel à quatre mois et demi. Zakia Dhifaoui reste en prison, et comme le pouvoir tunisien excelle dans le châtiment de ses opposants, elle perd aussi son travail. Zakia Dhifaoui ne pourra plus enseigner, elle n’a plus le droit d’exercer dans la fonction publique car condamnée à une peine supérieure à trois mois de prison. Comme d’autres enseignants arrêtés, elle n’a pas pu effectuer sa rentrée scolaire aujourd’hui, privée de ses élèves qui lui ont adressé une lettre de soutien et de reconnaissance, ce lundi 15 septembre. Nous dénonçons la condamnation arbitraire de madame Zakia Dhifaoui et nous exigeons sa libération immédiate. Nous appelons les femmes et l’ensemble des citoyens à accroître leur mobilisation pour la libération de Zakia Dhifaoui. Nous réitérons notre soutien aux luttes légitimes des populations du bassin minier de Gafsa et exigeons la libération de tous les prisonniers.    
Paris, le 15 septembre 2008  

Premiers signataires : ATMF ; ATTAC, CNT, FTCR, LCR, MRAP, Union syndicale SOLIDAIRES    

MESSAGES DE SOUTIENS A ENVOYER A :zakiadhifaoui@ras.eu.org 


     

Signez s’il vous plait la pétition pour libérer Zakia Dhifaoui:

http://freezakiadhifawi.blogspot.com/2008/09/pitition-internationallibere-zakia.html

 

 

Procès Zakia Dhifaoui et co-accusés

Bonjour,  
Nous venons d’apprendre qu’à l’issue du procès de ce lundi 15 septembre 2008, Zakia Dhifaoui écopera de 4 mois et 15 jours de prison ferme ce qui implique qu’elle perdra son poste d’enseigante. Pour ses six co-accusés, trois ont été condamnés à trois mois de prison ferme plus 3 mois de sursis. Les trois autres ont eu chacun trois mois de sursis. Nous vous communiquerons les détails des peines dès leur réception. Merci de relayer cette information le plus largement possible. Zakia et tous les autres prisonniers du Bassi Minier continuent à avoir encore besoin de toute notre solidarité.  
Pour la FTCR Mouhieddine CHERBIB  


 

Zakia en prison…pourquoi ?

 
Zakia Dhifaoui est en prison. Militante de la premiere heure au FDTL, responsable au sein de la fédération régionale à Kairouan où elle est correspondante du journal Mouatinoun, elle est aussi très active dans le champ associatif ( LTDH, ATFD et AI) et syndical ( UGTT). C’est pour tout cela qu’elle a été arbitrairement arrêtée quelques heures après avoir couvert dans la ville de Rdeyef une manifestation pacifique qui a rassemblé plusieurs certaines de femmes en solidarité avec les familles des militants emprisonnés à la suite du mouvement de contestation sociale qui s’est développé dans la région du bassin minier de Gafsa tout au long du premier semestre de 2008. La suite, on la connait. Un interrogatoire musclé dans les locaux de la poBVV lice à Gafsa suivi d’un simulacre de procès semé d’irrégularités touchant aussi tien la procédure que le fond et aboutissant, le 14 Août 2008, à une condamnation à huit mois de prison ferme qui par sa sévérité a surpris tous les observateurs et en premier lien les avocats venus en grand nombre pour révéler le vide juridique et dénoncer le non droit. L’instrumentalisation de la justice pour régler ses comptes avec les opposants est une pratique coutumière du pouvoir. C’est l’acharnement contre Zakia et la sanction «  exemplaire » dont elle est victime qui suscitent surprise et indignation. L’explication est dans la frilosité extrême du autorités à propos de tout ce qui touche la situation dans le bassin minier. Une frilosité qui frise l’obsession, et suscite toute sorte de dérapages allant jusqu’à extorquer des aveux sous la menace de viol… Les autorités en veulent à tous les activistes. C’est un fait établi et les exemples ne manquent pas. Elles ont tout fait pour isoler Rdeyef, la ville la plus remuante. Elles en veulent à Zakia d’être venue «  d’ailleurs »  et d’avoir franchi l’infranchissable frontière cadenassée de Rdeyef. Comment expliquer autrement qu’elle fut seule à être arrêtée parmi les centaines de femmes présentes à la manifestation du 27 juillet ? Il y a aussi le « crime de solidarité » avec ceux et celles que le pouvoir a décidé de combattre. Là aussi Zakia a enfreint la règle imposée du chacun pour soi dans un pays où le pouvoir veut décider de tout et prétend  être à la fois l’Etat et la société. C’est aujourd’hui mercredi 10 septembre que  Zakia passe devant la cour d’appel de Gafsa. La voix de la raison et du droit finira t- elle par se faire entendre. Mouatinoun (Source : « Mouwatinoun » (Hebdomadaire – Tunis), organe du FDTL, N° 73 du 10 septembre 2008) 


 
Ci-après le papier de Juan Gasparini, citant Abdel Wahab Hani: ‘Protestation contre une nomination au Comité des droits de l’homme de l’ONU‘, suivi de l’interview que Maître Radhia Nasraoui a donné à Carole Vann, en marge de la 9e session du Conseil des droits de l’homme: ‘L’antiterrorisme favorise la montée de l’islamisme’, dans la ‘Tribune des droits humains’; les liens sont en bas des textes,
Cordialement, AW Hani
 

Protestation contre une nomination au Comité des droits de l’homme de l’ONU

 
Tdh (Tribune des droits humains)
15 septembre 08

Juan Gasparini/Tdh – Abdel Wahab Hani, au nom des ONG Alkarama (Dignité) et Commission Arabe des Droits de l’Homme, a profité de la rencontre la semaine dernière entre les ONG et le président du Conseil, le Nigérian Martin Uhomoibhi, pour protester contre la nomination du diplomate égyptien Ahmed Amin Fathalla comme membre du Comité des Droits de l’Homme de l’ONU. Il s’agit d’un organe formé par des personnalités indépendantes en charge de contrôler l’application du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, l’un des deux piliers de l’ONU. M. Fathalla est actuellement ambassadeur d’Égypte aux Pays Bas.

Cette pratique de faire élire des diplomates dans des Comités qui surveillent le respect des traités par les États, est souvent critiquée par les ONG, qui y voient un manque d’indépendance, due à leurs engagements avec les gouvernements dont ils sont fonctionnaires. Cela représente à leurs yeux « une violation du critère de haute moralité inscrit dans l’article 28 du Pacte ».

M. Fathalla n’est pas le seul cas égyptien. Il y a aussi Naéla Gabr, ancienne ambassadrice à Genève, aujourd’hui assistante du ministre égyptien des affaires étrangères pour les organisations internationales et membre du Comité aux Nations Unies sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW).

D’autres pays suivent la même pratique. C’est le cas de l’ambassadeur d’Équateur à Washington, M. Luis Gallegos Chiriboga, membre du Comité de l’ONU contre la torture, et de M. José Augusto Lindgren Alves, ancien ambassadeur du Brésil à Sofia, toujours diplomate en poste à Brasilia et membre du Comité de l’ONU contre la discrimination raciale. L’Algérien Lazhari Bouzid, élu en même temps au Comité des droits de l’homme de l’ONU avec l’Égyptien Fathalla, est sénateur dans son pays. Selon Abdel Wahab Hani, « il s’active dans la diplomatie parlementaire de l’État algérien et ses déclarations vont dans le sens de la défense des thèses officielles algériennes qui nient les crimes et les violations les plus graves des droits de l’homme dans le pays, mettant en cause son indépendance et l’impartialité de ses jugements ».

(Source: ‘Tribune des droits humains’ le 15 septembre 2008)

Lien: http://www.humanrights-geneva.info/Protestation-contre-une-nomination,3473

 

« L’antiterrorisme favorise la montée de l’islamisme »

 
14 septembre 08 – De passage à Genève dans le cadre de la session d’automne du Conseil des droits de l’homme, l’avocate Radhia Nasraoui témoigne des dérives persistantes de la lutte contre le terrorisme menée en Tunisie.

Propos recueillis par Carole Vann/Tribune des droits humains – En marge de la 9ème session du Conseil des droits de l’homme, Amnesty International, la Commission internationale des juristes et la Fédération internationale des droits de l’homme, organisaient vendredi 12 septembre une table ronde sur les violations persistantes commises au nom de la lutte contre le terrorisme.

L’une des participantes, l’avocate tunisienne Radhia Nasraoui, fondatrice de l’Association de lutte contre la torture en Tunisie (ALTT), explique les répercussions du 11 septembre sur la profession des magistrats dans son pays. Interview.

Qu’est-ce que les attentats du 11 septembre ont changé en Tunisie ?

Une loi « relative à la contribution à l’effort international de lutte contre le terrorisme et le blanchiment d’argent », entrée en vigueur le 10 décembre 2003 permet d’emprisonner les gens sans qu’il n’y ait de charges contre eux. Les autorités peuvent accuser n’importe qui d’appartenance aux réseaux terroristes sans preuves.

Cette loi viole les principes élémentaires permettant d’assurer des procès équitables. Elle permet aux magistrats, témoins, enquêteurs de cacher leur identité sous prétexte de mesures de protection. Du coup, la personnes inculpée est privée de son droit de récuser un juge ou un témoin.

Normalement, en Tunisie, une personne peut récuser un juge ou un témoin pour manque d’objectivité si elle peut prouver qu’ils ont, par exemple, un litige familial ou de voisinage.

De même avec cette nouvelle loi, si l’enquêteur pratique des actes inhumains sur l’inculpé, ce dernier n’a plus la possibilité de porter plainte contre son tortionnaire puisqu’il ne peut l’identifier.

Autre problème : l’atteinte au secret professionnel des avocats. La loi au 10 décembre prévoit que quiconque ne dénonce pas une personne susceptible d’être dans des réseaux terroristes, cela même si elle est tenue au secret professionnel, est punissable de 5 ans de prison ou plus. Le rôle de l’avocat est presque anéanti.

Est-ce que ces abus des autorités entraînent une montée de l’islamisme en Tunisie ?

Absolument. Beaucoup de jeunes que je défends n’étaient pas pratiquants avant d’entrer en prison. Ils n’avaient aucune activité politique et ne considéraient pas du tout le pouvoir comme ennemi. Mais les tortures et mauvais traitements les ont tellement humiliés qu’ils sont maintenant sous influence des détenus salafistes [salafisme, mouvement revendiqué par les Frères musulmans qui prône un retour aux sources de l’islam] Ces jeunes détenus me disent : j’ai été arrêté injustement. Si un jour je sors de prison, je combattrai ce régime.

Il y a pourtant des gens intelligents au pouvoir. Comment expliquez-vous une telle dérive ?

Le pouvoir a besoin de créer des « terroristes » pour se présenter aux gouvernements européens et aux Américains comme le rempart contre le terrorisme. Leur message : « Nous emprisonnons tous ceux qui peuvent constituer un danger pour vous. Vous devez nous y aider. » C’est ainsi que Ben Ali parvient à rester président à vie. Ce régime n’a pas de vision à long terme.

Lors de son Examen périodique universel devant le Conseil des droits de l’homme en mars dernier, la Tunisie s’est engagée à inviter le rapporteur spécial chargé de la protection des libertés dans la lutte contre le terrorisme. Elle a aussi invité Human Rights Watch à visiter ses prisons. Ces visites ont-elle eu lieu ?

Le gouvernement tunisien n’a pas encore trouvé d’accord avec Human Rights Watch. Et rien n’a encore été fixé pour le rapporteur spécial.

Il semble que la peine capitale n’est plus appliquée en Tunisie. Pourtant il y a eu plusieurs condamnations à mort en 2008. Qu’en est-il ?

Il y a bien eu une dizaine de condamnation à mort cette année. La Tunisie se targue de ne plus appliquer la peine capitale, mais près d’une centaine de condamnés attendent dans les couloirs de la mort dans des conditions inhumaines, certains y sont depuis plus de dix ans. Ils n’ont droit à aucune visite ni de leur famille ni de leur avocat. Ils ne peuvent recevoir aucun courrier. Ils sont coupés de tout contact avec l’extérieur, certains en perdent la raison.

(Source: ‘Tribune des droits humains’ le 14 septembre 2008)

Lien: http://www.humanrights-geneva.info/L-antiterrorisme-favorise-la,3470


Tunisie : Une phase postdespotique plutôt que postmoderne kobziste

Un mauvais diagnostic du mal ne peut produire la guérison du patient, mais plutôt aggraver son cas. Si cela est vrai pour l’individu il l’est aussi pour la société. Plus complexe certes, mais les moyens et les connaissances disponibles aujourd’hui sont normalement en mesure d’apporter le diagnostic adéquat pour faire face aux problèmes que cheque société peut rencontrer.

A la lecture du dernier texte de Sami Ben Abdallah « Du postmodernisme au kobzisme et le désespoir mobilisateur » j’ai l’impression qu’il voulait accuser le malade du mal dont il fait semblant de chercher le remède. Le mal dans une société comme chez tout être vivant quand il affecte quelqu’un se sent dans son corps tout entier, mais cela ne signifie pas pour autant qu’à chaque fois il y a métastase et que le corps lui-même est condamné. Notre société aussi si elle va mal et quel que soit le mal dont elle peut être atteinte, ce n’est pas une raison suffisante pour accuser son corps social dans son ensemble de kobzisme ou je ne sais quel désespoir destructeur – car je ne vois pas comment un désespoir peut être qualifié de mobilisateur.

Dans une société organisée si rien ne va plus c’est qu’un organe est atteint ou une fonction n’est pas assumée convenablement. Il ne sert à rien de cacher la vérité que tout le monde la connaît déjà. La Tunisie va mal est son mal se situ bien au niveau de la tète, sommet du pouvoir. Ce n’est pas une simple migraine ni une sinusite chronique. C’est l’organe du pouvoir, le sommet de l’Etat qui est en décalage par apport à l’évolution de la société. Une dictature primaire qui cherche à se perpétuer en se dissimulant derrière un discours trompeur qui n’a plus d’emprise sur la réalité que par la peur et la terreur et la répression quotidienne.  Le kobzisme c’est de ne pas oser le dire et non en se détournant par dégout et mépris comme le font la majorité des tunisiens connaissant la bassesse des représailles dont ils peuvent faire l’objet préférant sauver leur dignité à défaut de pouvoir exercer les attributs de leur souveraineté confisquée.

En fait, le texte de Sami Ben Abdallah, s’il évite d’appeler les choses par leur noms, n’abouti pas moins à la même conclusion à la charge de la dictature dont le despotisme et la mauvaise gestion sont maintenant la menace la plus concrète sur l’avenir du pays et la cause principale du désenchantement des tunisiens. Je ne voulais pas revenir sur le fond du sujet abordé par l’auteur, mais sur cette attitude qu’ont certains auteurs, se disant démocrates, à minimiser les luttes et les sacrifices consentis chaque jour dans ce pays pour s’opposer à la dictature et contenir ses néfastes dessins. Le jour même où celui-ci écrivait son texte le pays est endeuillé par la mort d’un jeune tombé sous les balles des tortionnaires de la dictature. Que veut-on de plus quand on est dans un pays ou on peut mourir pour la simple coïncidence de se trouver dans un rassemblement pacifique de citoyens qui ne font que crier leur mécontentement? N’y a-t-il pas plutôt un défaut dans le raisonnement de certains mécontents de la situation dont souffre le pays en croyant que les autres doivent servir de chaire à canon.

Il serait aussi temps d’approfondir notre jugement sur la dictature et son système d’oppression  par le dépassement du constat de ses simples manifestations pour la juger sur ses véritables fins et ses objectifs dissimulés. Si Bourguiba, paranoïaque qu’il été, peut être considéré en malade mental comme il l’a été officiellement déclaré pour expliquer son accrochement au pouvoir peut-on dire la même chose de son successeur prétendant à un cinquième mandat après 22 ans de pouvoirs absolus ?

Les Ben Ali, les Trabelsi, les Chiboub, les Mabrouk, les Matri et les Jilani dont peut de tunisiens ont entendu parler avant et qui sont devenus les milliardaires qu’ils sont aujourd’hui, ce n’est pas par pur coïncidence qu’ils se trouvent être tous les gendres, les frères et les beaux frères du président. C’est ce que voit les tunisiens dans le pouvoir aujourd’hui, un pouvoir qui pille le pays au profit de quelque familles. Les choses sont claires et ne nécessitent pas de grands efforts pour deviner l’essence du mal qui ronge la société et les réduits au besoin tout en affichant les plus extravagants bilans de prospérité pour leur pays.

Si cette prospérité été à la portée de tout tunisien pourquoi on ne trouve pas aucun parent ou proche d’un opposant qui à pu en profiter autant ou pensez vous qu’ils étés tous plus démunis que les proches de Ben Ali quand il a pris le pouvoir pour ses proches et ses amis ? Non, ce ne sont pas les affaires qui rapportent en Tunisie, c’est le pouvoir qui rapporte le plus. Pour oser se dresser contre lui on doit prévoir tout sacrifier, ceux qui ce sont trompés se sont vite retourné pleurnicher en lui léchant les souliers pour récupérer leurs statuts et leurs biens confisqués. C’est un pays otage ou personne n’est exempté, ce n’est pas la mondialisation ni la lutte des classes comme certains pensent naïvement, plus on est riche plus on est accablé et strictement surveillé jusqu’à se compromettre pour être considéré des leurs, du bord des pilleurs.

Je dirais plutôt qu’on est en phase postdespotique que postmoderne kobziste. Tous ces discours savants ne servent au bout du compte qu’a disperser l’attention d’une réalité brute qu’on a du mal à accepter. Yahyaoui Mokhtar – Tunis le 15 septembre 2008

(Source: ‘Tunisia Watch’ le blog du juge Yahyaoui Mokhtar le 15 septembre 2008)

http://tunisiawatch.rsfblog.org/


 
 

Ensemble pour le changement !!

 
Mustapha Benjaâfar Après avoir fait entériner par le parlement, à la veille la veille de la célébration de la fête de la République, une loi exceptionnelle qui, sous couvert de pluralisme des candidatures aux élections présidentielles, désigne les concurrents potentiels du candidat officiel, le pouvoir a confirmé, au cours de l’été, son entêtement à jouer seul en contrôlant le jeu de ses alliés comme cela fut le cas au congrès du MDS et en interdisant toute marge de mouvement à ses opposants comme l’attestent les procès en série intentés contre tous ceux qui ont bougé aussi bien dans le bassin minier de Gafsa que dans d’autres régions du pays. L’affaire montée contre notre camarade Zakia Dhifaoui  s’inscrit dans le cadre de cette stratégie d’intimidation tous azimuts. ni son statut de femme ni celui de responsable dans un parti légalisé et, qui plus est, « frère » en tant que membre de l’Internationale Socialiste au même titre que le RCD, n’ont pu lui éviter une condamnation ubuesque à huit mois de prison ferme. Cette tragique et condamnable campagne d’été contre les opposants a suscité une forte mobilisation de la société civile, particulièrement des d’avocats toujours prêts à rappeler que les droits humains et les libertés ne sont pas négociables. Cette mobilisation doit continuer et se développer. Cependant elle ne doit pas pour autant occulter l’enjeu majeur du prochain rendez vous de 2009, d’autant plus que le pouvoir essaie par tous les moyens de nous convaincre que tout est déjà décidé  et qu’il n’y a plus qu’à se soumettre, comme le laisse entendre le « défi » lancé par le congrès du RCD.  Notre devoir d’opposition et notre responsabilité nous appellent à relever ce défi et rassembler nos forces pour les mettre au service d’un objectif d’intérêt national : faire une brèche dans l’édifice de l’autoritarisme et progresser dans le sens d’une vraie transition démocratique en exigeant le changement des règles du jeu et des conditions antidémocratiques actuelles qui régissent  l’organisation des élections. Cela est nécessaire, cela est possible. A une seule condition, difficile mais réalisable : dépasser les équations personnelles et les intérêts de chapelles qui ont jusque là freiné notre progression et ruiné les chances de l’action collective. Et cette volonté de dépassement existe chez un grand nombre de militantes et de militants qui aspirent à un vrai changement démocratique. Tous les scénarios pourront alors se discuter. Le temps presse ! Alors  mettons nous autour d’une table pour définir  une stratégie commune et allons de l’avant ! (Source : « Mouwatinoun » (Hebdomadaire – Tunis), organe du FDTL, N° 73 du 10 septembre 2008)

 

Démocratie et souveraineté

Taoufik BACHROUCH Depuis le XIXe siècle, la Tunisie politique s’est constituée assurément sans le peuple directement, quoique en son nom, n’en déplaise à ceux qui prétendent le contraire. La souveraineté a été étatique et prétendument populaire. Que constate- t-on en effet depuis un siècle et demi ? La construction de l’Etat réformé s’est faite d’abord au nom du despotisme constitutionnel : les sujets n’ont pas été transmués en citoyens. La construction de l’Etat National s’est faite ensuite au nom d’une certaine idée post coloniale de l’unité nationale, incarnée par un chef charismatique tutélaire : l’Etat Providence a minoré le peuple au plan politique. Le gouvernement de l’Indépendance a simplement amplifié nombre de tendances lourdes initiées sous le Protectorat. Puis ce fut l’Etat mondialiste, qui se propose de déconstruire une démocratie sociale laborieusement mise en place précédemment par l’Etat Providence, en agissant au nom du peuple et pour son bien comme toujours, mais sans le peuple réellement, à partir du moment où les élections sont toujours discutables, parce que procédant d’une démocratie restreinte, partielle et partisane. Pourtant la Constitution de 1959 parle d’une « démocratie fondée sur la souveraineté du peuple » ; elle précise que la « souveraineté appartient au peuple tunisien qui l’exerce conformément à la constitution » ; mais elle ajoute que l’Etat est souverain dans les limites de la raison d’Etat. La confusion entre Peuple et Etat a été lourde de conséquences. L’on voit aujourd’hui apparaître une conception de la souveraineté qui se détache de celle de l’Etat. La raison en est que l’Etat tend aujourd’hui à ne plus être déterminé que par sa propre volonté. Lorsque les élites locales préfèrent donner le change à l’Occident qu’encourir ses foudres. Le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes est en passe de perdre de sa pertinence, surtout quand les nouvelles règles de droit formulées au sein des organisations internationales sont sujettes à caution. Le droit international et en train de mettre à mal la hiérarchie des normes traditionnelles, d’où l’insécurité juridique que pointent surtout les opérateurs économiques étrangers. Posons la question de notre volonté d’indépendance de toute puissance extérieure, surtout quand les actes extérieurs dérogent aux lois nationales et aux conditions essentielles d’exercice de la souveraineté souveraine. Aujourd’hui l’Etat est incapable de promouvoir sa politique économique en dehors des relations internationales sources de prédations économiques. La mondialisation a fini par perturber notre perception de la souveraineté. La politique à géométrie variable de contrôle des Etats (droit d’ingérence et sanctions par exemple) et la clause de conformité (édictée par l’OMC) ont entraîné une véritable perte de souveraineté. Qui défendra le peuple des nuisances induites ? La multiplication des traités crée une brèche dans laquelle le droit d’ingérence peut s’engouffrer. Lorsqu’un pays dépend à hauteur de 80% de ses exportations, à hauteur de 70% de ses importations et à hauteur de 80% de son tourisme de l’Union Européenne notre chère marraine, la souveraineté n’est jamais sauve. Le Forum social africain n’a-t-il pas revendiqué le renforcement de l’Etat souverain comme puissance publique protectrice en lutte contre l’injustice sociale et en tant que cadre de l’affirmation des peuples. La prééminence exclusive de l’Etat sur le Peuple n’est pas saine.  Le problème est que les experts et autres consultants ont pris l’habitude de promouvoir le bien collectif, au doigt et à l’œil, sans que le peuple soit véritablement associé au destin qu’ils lui proposent. Point d’enquêtes d’opinions à l’appui de leurs recommandations. Ils admettent volontiers que la souveraineté du peuple a tout à gagner même de son affectation par le droit international. Surtout quand notre Constitution convient que « les traités dûment ratifiés ont une autorité supérieure à celle des lois ». Cela suppose que les Chambres soient élues sans un parti hégémonique qui ignore l’alternance.  Nos élites dirigeantes, celles qui comptent, semblent oublier que la démocratie veut dire que c’est le peuple qui commande, et non pas les détenteurs de fait du pouvoir dirigeant en son lieu et place. En démocratie, la dictature de la majorité élue est injuste. Le caractère suprême de la puissance étatique souffre du peu de place que la volonté du peuple occupe en son sein. La société civile tend aujourd’hui à lui porter ombrage (pouvoir d’influence des ONG) en se substituant à lui. Maintenant qu’elles sont aux commandes, qu’elles disposent de l’ensemble des rouages compris dans la puissance d’Etat, et qu’elles n’entendent pas s’en dessaisir (ENA oblige), puisque tirant leur force de la position qu’occupe dans l’Etat le titulaire suprême de la puissance étatique, la souveraineté du peuple est escamotée dans les faits. Notre peuple n’occupe pas toujours une position souveraine. Sa souveraineté est devenue aliénable en l’absence d’une démocratie vraie. Ce qui pose problème c’est d’abord notre indépendance vis-à-vis des puissances étrangères, c’est aussi la puissance de l’Etat à savoir ce qu’il peut faire et ce qu’il ne peut pas faire par rapport à un système de références allogènes, et c’est enfin la place qu’occupe le peuple dans la hiérarchie des pouvoirs qui le gèrent. Revenons à nos fondamentaux, à l’homme citoyen dont la réalité se fait attendre. Mais voila que nous en sommes restés au stade d’une certaine forme de despotisme éclairé tardif qui partout ailleurs a fait faillite, face à une saine conception de la démocratie représentative, notamment celle qui réserve une place de droit aux minorités politiques en son sein. Face au nombre de traités supranationaux conclus, spécialement ceux qui portent atteinte aux conditions essentielles d’exercice de la souveraineté nationale, la position d’infériorité des lois intérieures par rapport aux traités mérite débat.  Nos traditions nationales souffrent encore d’une forte carence démocratique : c’est un trait de la personnalité tunisienne depuis le temps des premières réformes où de simples consuls faisaient la pluie et le beau temps. Nous nous sommes trop accommodés du fait que la loi ne soit pas l’expression de la volonté générale, selon l’expression consacrée. Et c’est à ce niveau qu’il faudrait entreprendre un travail de fond pour que le gouvernement despotique se transforme en une démocratie souveraine qui a pour principe, en paraphrasant Montesquieu, la vertu politique comme renoncement à soi-même, comme amour des lois et de la patrie et comme préférence continuelle de l’intérêt public au sien propre. Il suffit d’inverser cette proposition pour définir la nature profonde d’une bonne partie de nos élites locales. Une démocratie en gestation certes puisqu’il en est question, mais un accouchement exemplaire qui se fait attendre assurément. Evitons une césarienne pour instaurer la souveraineté du peuple par le truchement de représentants représentatifs de tous et de chacun. Chaque député est-il vraiment le représentant du peuple (une collection de citoyens doués d’une volonté)? Alors qu’il est défini comme le représentant de la Nation entière (notion abstraite). Quoique sécantes, les deux notions ne sont pas forcément superposables. La souveraineté du peuple est l’incarnation de l’indépendance nationale en dernier ressort. La norme la plus élevée d’un ordre juridique ne doit pas trouver son fondement dans le droit international, expression d’une souveraineté hégémonique qui nous dépasse. La hiérarchie des normes nous posera problème à force de ballotter la souveraineté entre peuple législateur (théorie démocratique dévoyée) et peuple constituant (garant des seuls droits fondamentaux et encore). Le moment est venu de trancher entre la souveraineté de l’Etat qui prévaut et la souveraineté du peuple minorée. La souveraineté n’a de sens que si on précise à qui elle revient en priorité et en dernier ressort. Avec un dèmos faible point de démocratie vraie. Les défis que les élites locales auront à affronter désormais porteront sur le fait de savoir si, sans le concours du peuple, elles seront les vrais maîtres du pays. Sans lui, elles ne tiendront plus jamais de pouvoir au-delà des apparences, et dans tous les cas de figure, l’atrophie de leur pouvoir amoindrira la souveraineté nationale et par suite la volonté du peuple mis par elles sous leur coupe. Même bien élues, elles perdront pied face aux forces néolibérales, celles de la puissance des finances, du commerce et des médias, celle stimulée par les nouvelles technologies, la spéculation inadmissible et l’affairisme douteux, toutes choses qui ne reconnaîtront ni frontières, ni Etats, ni peuples, ni cultures nationales, ni consciences vives, ni valeurs. La nouvelle société de la connaissance sera de surcroît de nature à modifier l’essence de leur pouvoir, à leur insu, et au détriment du peuple. Ne perdons pas de vue la révolte de Ali ben Ghedahim qui répondit à sa manière à l’implacable et si injuste mondialisation du XIXe siècle. Il manqua alors une force d’interposition crédible entre le pouvoir et la société saignée à blanc, face à la montée des périls suscités par une Etat budgétivore se disant réformateur. Elle nous manque toujours, à une police pléthorique près. Le projet d’une souveraineté plus active du peuple reste plus d’actualité que jamais. Notre démocratie a déjà le regard vide et seule la souveraineté du peuple l’animera et le revivifiera. Est-ce utopique de jauger la souveraineté à l’aune de la volonté populaire ? Il est nécessaire que surgisse une force socio-économique, politique et culturelle, qui se pense de manière autonome des détenteurs du pouvoir. Il manque à nos velléités démocratiques un projet national fort. Mais lorsque les appareils sécuritaires constituent la seule force pour contenir le peuple…    (Source : « Mouwatinoun » (Hebdomadaire – Tunis), organe du FDTL, N° 73 du 10 septembre 2008)

CNAM :  QUEL APPORT POUR LES HOPITAUX PUBLICS ?

 
Dr Khelil Ezzaouia La dernière phase de la réforme de l’assurance maladie vient d’entrer en vigueur le 1er juillet dernier. 75% environ des assurés sociaux ont choisi ou se trouvés d’office  dans la filière publique. Les structures de soins dépendants du ministère de la santé publique vont devoir assumer cette situation. Ces structures sont-elles capables d’être à la hauteur des défis et quels sont les moyens financiers mis à leur disposition afin de pouvoir assumer une qualité de soins digne des sacrifices financiers consentis ? Le ministère de la santé publique et le ministère des affaires sociales ont signé le 19 juin 2008 un accord concernant les modalités de paiement par la CNAM des soins des affiliés sociaux. Cet accord est censé apporté un bol d’oxygène pour les finances des hôpitaux et dispensaires publics. Cependant la lecture de cet accord permet hélas de constater que l’augmentation des cotisations de l’assurance maladie ne va pas modifier de manière significative les finances des hôpitaux. La convention concerne la facturation des établissements publics de santé(EPS) et les hôpitaux régionaux. Elle exclut les dispensaires et les hôpitaux de circonscription pour lesquels la CNAM paie un forfait annuel au ministère de la santé. Pourtant ces structures de petites tailles ont la possibilité d’une gestion comptable analytique très aisée et on ne comprend pas pourquoi ils ont été exclus du système de facturation des soins nettement plus rentable. Ces structures assurent actuellement plus de six millons de consultations par an et ne verront pas une amélioration de  leur ressources financières sauf par une augmentation de la subvention budgétaire de l’état ce qui n’est pas envisageable acuellement. Pour ce qui est des EPS et des hôpitaux régionaux, la CNAM  s’engage à participer au budget de fonctionnement des hôpitaux à hauteur de 240 milliards par an sur présentation d’une facturation agréée par la caisse. Ce budget est ventilé sur les 20 EPS et les 34 hôpitaux régionaux avec une somme variable en fonction de l’importance et de l’activité de ces structures. Sont payés en dehors de ce plafond certains soins concernant les actes de chirurgie cardiaques, la cardiologie interventionnelle, la greffe d’organe, les examens d’IRM et de scanner, certains soins d’hématologie cancérologique et la lithotritie (traitement des calculs rénaux par laser). Ce système déjà en vigueur bien avant la réforme a démontré ses limites puisque le budget alloué est consommé au terme des 9 premiers mois de l’année et les hôpitaux continuent à assurer les soins des patients sans être remboursés par la cnam. A titre d’exemple l’hôpital Charles Nicolle pour l’année 2005 a présenté une facturation approuvée par les caisses de l’ordre de 16,6 milliards alors que le budget alloué était de 13 milliards soit un manque de 2,6 milliards (25% des soins n’ont pas été remboursé par les caisses). Pour l’année 2006, le budget alloué par les caisses est passé à 15 milliards et la facturation à près de 20 milliards soit un manque de 5 milliards. La convention actuelle alloue 16,9 milliards par an  à cet hôpital central et stratégique du pays ce qui ne permet pas de couvrir une activité de soins de l’importance de celle de 2006 avec la flambée des couts de la santé. L’hôpital charles nicolle accuse aujourd’hui un déficit de 15 milliards. On s’attendait à ce que cette réforme apporte un soutien financier notable à nos structures de soins de 3ème niveau à savoir les hôpitaux universitaires, mais on constate que les prix ne sont pas à la hauteur de la qualité requise et des besoins des malades et des budgets. En effet, la convention stipule que les soins en ambulatoire à savoir la consultation médicale, les explorations biologiques et radiologiques (hors IRM et scanner) ainsi que les médicaments sont facturés de manière forfaitaire à 30 dinars. C’est ce que paie la CNAM pour uniquement la consultation d’un médecin spécialiste privé ! En clair, nos hôpitaux et les malades continueront à souffrir d’un déficit budgétaire chronique et exponentiel. La mise à niveau des hôpitaux même si elle se réalise ne permettra pas de sortir du cercle vicieux sauf par une reprise de la participation de l’état au budget de fonctionnement des hôpitaux. Enfin, l’assuré social qui ne peut choisir que la filière publique a augmenté sa contribution à la caisse de 1,75% sans amélioration notable prévisible des prestations espérées. (Source : « Mouwatinoun » (Hebdomadaire – Tunis), organe du FDTL, N° 73 du 10 septembre 2008)

 
Une page méconnue de l’Histoire de la Tunisie :

La maladie de Bourguiba,  un secret d’Etat, la vérité interdite

 
     ‘Ceux qui ne comprennent pas leur passé sont condamnés à le revivre ‘(Goethe)   Le rapport médical établi en 1969, le célèbre psychiatre parisien Jean Delay, concluait à : ‘ une sénilité incompatible avec l’exercice du pouvoir suprême ‘ dés 1969. Bourguiba était atteint aussi du Parkinson:’Il sera ensuite frappé par la maladie de Parkinson, qui l’oblige à garder une petite bille au creux de la paume droite pour éviter que sa main ne s’engourdisse’.   Des proches et Ministres de Bourguiba savaient parfaitement  toute la vérité sur sa maladie et sur son incapacité d’assurer les charges de Président de la République depuis 1969. Ils l’ont encouragé à s y maintenir pour pouvoir avoir tous ses pouvoirs et se constituer des fortunes inestimables sur le dos des Tunisiens.    ‘il [ Bourguiba] échafaude des projets grandioses, se croit capable de tout entreprendre et de tout réussir. Les objections sont écartées d’un geste, les difficultés et les contraintes sont abolies ‘. Simultanément, ‘il s’irrite à la moindre contrariée et même sans cause extérieure il peut passer en un instant du rire aux larmes, de l’insouciance au découragement passager, de la générosité à l’agressivité malveillante ‘. Réservé et plein de tact, il peut soudain manifester une attitude brutale et injurieuse ; ‘ les images défilent, les souvenirs surgissent en désordre, les mots se pressent en une logorrhée intarissable ‘ (Bernard Cohen, ‘Le pouvoir d’un seul’)   ‘il [ Bourguiba] a voulu le silence absolu autour de ce qui se passait dans sa tête. Mieux, il a souvent invoqué des troubles cardiaques ou respiratoires pour déguiser la véritable maladie qui le tenait loin de son bureau de travail, voire de son pays. dans les années 70, son premier ministre hedi nouira ‘ inventait ‘ des cures à l’étranger qu’il était censé suivre alors qu’il était en réalité livré à la dépression. Lui-même s’est d’abord révolté devant le diagnostic médical : lorsque les médecins de l’hôpital militaire de washington parlèrent de ‘ sénilité précoce ‘, il se fâcha et partit consulter en Suisse et en France. Il apprit ainsi, par la bouche des spécialistes de la clinique Bel-Air (près de Genève) du Docteur Ajuria Guera et ceux de l’équipe Delay , qu’il présentait un terrain favorable à ce genre de psychose’ (Bernard Cohen, ‘Le Pouvoir d’un seul’)   ‘Le 4 janvier 1971, partant se soigner aux Etats-Unis, il signa tout à la fois le projet de révision constitutionnelle et un décret déléguant “provisoirement” ses pouvoirs au Premier ministre Nouira. Le ministre de l’Intérieur, Mestiri commit alors l’insigne erreur de lui demander à voix basse de le nommer ministre d’Etat. Bourguiba lui répondit qu’il verrait cela à son retour. Le démon de la succession et de la sous-succession allait resurgir ainsi à chaque circonstance. A la commission supérieure du PSD, le problème de la santé du Président se posa insidieusement, sur la base de rumeurs laissant prévoir une imminente incapacité présidentielle. Le ministre de l’Intérieur demanda maintes fois que le rapport des médecins de Washington nous parvienne au plus vite : “la commission et le peuple tunisien ont le droit de savoir”. Le Premier ministre répondit inlassablement que le problème ne regardait que la famille directe de Bourguiba. Nous fûmes quelques-uns à le soutenir. D’autres camarades, comme d’habitude, se bornaient à écouter en attendant les événements. Les réunions suivantes devinrent de plus en plus houleuses : certains rapportaient des bribes du rapport médical qui concluait à “une sénilité incompatible avec l’exercice du pouvoir suprême”.Tahar BELKHOJA, « Les trois décennies Bourguiba »,Editeur Publisud, date de parution : Septembre 1996, Page 195   L’homme Bourguiba-Paix à son âme- n’est pas en cause. C’est de ‘l’homme politique’ Bourguiba qu’il s’agit…   www.samibenabdallah.com     « Dans ses entretiens privés comme dans ses discours publics, les harangues de ce grand tribun [ Bourguiba] n’étaient jamais monotones, il les émaillait de cris, de rires ou de pleurs. Contrôlant ou jouant ses émotions, il pouvait larmoyer à la seconde et glisser sans transition de la colère aux sanglots ». Tahar BELKHOJA, « Les trois décennies Bourguiba » , Editeur Publisud, date de parution : Septembre 1996, page 13 Tahar Belkhoja, proche collaborateur de Bourguiba durant 30 ans et ancien ministre de l’intérieur n’est pas le seul à faire pareil constat des supposés «dons de tribun de Bourguiba ». La majorité des Tunisiens  ont pensé la même chose durant des années.  Cependant, un tel constat paraît à plusieurs égards «surréaliste ». Un grand tribun est forcément un excellent «acteur » mais dans le cas de Bourguiba, l’histoire « officielle » de la Tunisie, par complaisance, par mépris pour la vérité et par habitude de cultiver les mensonges omet de rappeler une grande partie de la vérité.  S’il fut incontestablement un grand tribun et un des brillants hommes politiques qu’avait connut la Tunisie, Bourguiba devait quitter le pouvoir au mieux à la fin des années 50, au pire à la fin des années 60. Car Habib Bourguiba  était «malade » ! Les meilleurs spécialistes américains et français ont diagnostiqué chez lui «une sénilité précoce », le Parkinson et la psychose maniaco-dépressive…. incompatibles avec « l’exercice du pouvoir suprême » dés 1969. Lorsqu’on lit la description clinique de l’affection- «il s’irrite à la moindre contrariété et même sans cause extérieure il peut passer en un instant du rire aux larmes, de l’insouciance au découragement passager, de la générosité à l’agressivité malveillante »- l’état de Bourguiba devient compréhensible…le drame qu’à connut la Tunisie aussi. Quand il ‘émaillait [ses discours] de cris, de rires ou de pleurs. Contrôlant ou jouant ses émotions, il pouvait larmoyer à la seconde et glisser sans transition de la colère aux sanglots » -comme l’écrit  Tahar Belkoja  proche collaborateur de Bourguiba et Ministre durant 30 ans, il ne s’agissait pas de « dons  de tribun ». Il s’agissait tout simplement des symptômes de la maladie. D’ailleurs comment ne pas penser à la maladie  à voir Bourguiba – lors de ses conférences publiques en 1973 devant les étudiants de l’IPSI (ces futurs journalistes) et en présence des membres du gouvernement , exposer en public – sans aucun respect pour la fonction présidentielle qu’il exerce- les détails de l’assassinat de son rival Salah Ben Youssef. Un assassinat qu’il a cautionné des années avant ! Comment  ne pas s’interroger à propos de l’état mental de Bourguiba, en voyant le supposé Président de la République parler en public « du testicule qu’il a en moins, des dessous de sa  seconde femme qu’il reniflait en cachette dans sa cellule (avant l’indépendance) les jours de déprime… ».( Aziz Krichen, ‘le syndrome bourguiba’, Cerès productions ,avril 1993, page 34) ; ou en 1985,  lorsque ‘son engouement pour Najet Khantouche (une proche de Mohamed Sayah, ancien Ministre de Bourguiba.Mohamed Sayah avait introduit cette femme chez Bourguiba) défraiera la chronique des salons tunisois. Cadre du parti destourien, mariée à un jeune avocat ambitieux. Son inclination ne lui semble aucunement répréhensible, et il prend un jour à parti le ministre des télécommunications, devant témoins, en s’indignant de n’avoir pu joindre la jeune femme au téléphone alors qu’elle se trouvait en Jamaïque ! ‘Page 60« Bourguiba, le pouvoir d’un seul », Bernard Cohen Ou en en janvier 1986, quand il entre dans une grande colère contre son épouse wassila et la menace de divorce. (..) ‘wassila bourguiba se voit reprocher d’avoir donné une interview à l’hebdomadaire Jeune Afrique quatre ans auparavant, dans laquelle elle défendait le principe d’une alternance démocratique ! le président affirme qu’il n’a pas été au courant, qu’il vient d’apprendre l’existence de cette prise de position publique[4 ans après!]qui, à l’époque, avait pourtant fait grand bruit… ‘Page 63-64, « Bourguiba, le pouvoir d’un seul » Bernard Cohen. Il lui arrivait des moments où il perdait complètement sa lucidité et sa mémoire ! Non, ce n’était pas dû au « naufrage de la vieillesse », mais au traitement de la psychose maniaco-dépressive  dont il fût atteint depuis 1969. « Bourguiba subit une dizaine de séances d’électrochocs pratiqués sous somnifères ; son psychiatre a décidé de prendre le risque d’induire les troubles de mémoire qu’un tel traitement peut entraîner. Et, de fait, comme s’en rappelle un des rares témoins alors dans le secret, « bourguiba semblait avoir tout oublié quand il se réveillait d’une séance. Il ne savait même plus qui était Boumediene »[ le président algérien] !Page 63-64, « Bourguiba, le pouvoir d’un seul » Bernard Cohen. Le drame de la Tunisie n’est-il pas cette politique du mensonge que plus d’un cultive ? Les thuriféraires de Bourguiba lui ont fait mal deux fois. La première quand ils n’ont pas exigé son départ dés la fin des années 60 parce qu’il lui était impossible d’assurer les responsabilités qui lui incombaient. Et une deuxième fois, après la mort de Bourguiba quand ils ont vu dans les souffrances de l’homme « des dons de grand tribun ou de comédien » !  c’est  Tahar  Belkhoda qui se rappelle encore : « Durant tout l’automne 1976, le Président avait été frappé d’une de ses crises de dépression qui l’affectaient périodiquement, depuis cinq ans. Enfermé au palais de Carthage, il ne recevait presque plus personne. J’étais un des rares qu’il faisait appeler chaque après-midi. Et pour moi, qui l’avais connu dans toute la plénitude de ses moyens, il offrait un spectacle poignant. Dans sa chambre à coucher, vêtu simplement d’un slip et d’un tee-shirt blanc, il était assis dans une quasi-obscurité. Il se levait de temps en temps pour tourner autour de sa chaise, sans vraiment écouter. A ces phases de confusion, succédaient des moments de lucidité, où il s’extériorisait sans retenue, parlant de tout avec une étonnante franchise, sans rien éluder ni ménager personne.» page 91« Les trois décennies Bourguiba » ,Editeur Publisud, date de parution : Septembre 1996, Tahar Belkhoja Tahar Belkhoja  ajoute dans un autre passage : « Bourguiba nous reçut aussitôt, Nouira et moi même, et entra d’emblée dans une de ses colères noires que nous redoutions tous. (..)Le Président, balayant sa colère, se mit à pleurer à chaudes larmes.(..) La scène était tragi-comique. Avec son incroyable talent de comédien, Bourguiba jouait le père désespéré par la discorde de ses fils, qu’il veut ramener à la raison » page 97. « Les trois décennies Bourguiba » ,Tahar Belkhoja En 1988, M. Ben Ali  dira à propos de Bourguiba: QUESTION : Cela dit, on pouvait très bien s’attendre à la fin du règne de Bourguiba et être surpris par votre accession au pouvoir. Pouvez-vous me dire quand vous en avez eu l’idée ? REPONSE : J’ai eu le sentiment en 1984 que le Président Bourguiba n’était plus en possession de toutes ses facultés. Je le voyais tous les matins. Au cours de nos entretiens, il lui arrivait d’oublier des décisions prises ensemble la veille, de s’étonner lui-même des nominations dont il avait pris l’initiative, de revenir sur des dispositions déjà entrées en application. Interview accordée par le Président Zine El Abidine Ben Ali à l’hebdomadaire « Le Nouvel Observateur » (Edition du 9-15 septembre 1988) Non, il ne s’agissait pas du « naufrage de la vieillesse » ! Bourguiba était un des grands hommes politiques tunisiens, mais il a cessé de l’être depuis 1969. Il devait partir au lendemain de l’indépendance et non trente ans plus tard. Car depuis 1969, les médecins étaient unanimes :  Bourguiba était malade.   Bourguiba est le premier à instrumentaliser sa maladie. «  à chaque crise politique ou sociale, toute la responsabilité est attribuée à un ministre, coupable evidemment puisque le president, lui, « se reposait » ou « sortait d’une longue convalescence » ou « avait été contraint de se soigner à l’étranger » page 166, Bourguiba, ‘le pouvoir d’un seul’, Bernard Cohen    Il était pourtant malade depuis 1969 et les médecins qu’il a consulté étaient formels : «  Sa sénilité était incompatible avec l’exercice du pouvoir suprême ».Des proches et Ministres de Bourguiba savaient parfaitement  toute la vérité sur sa maladie et sur son incapacité d’assurer les charges de Président de la République depuis 1969. Ils l’ont encouragé à s y maintenir pour pouvoir avoir tous ses pouvoirs et se constituer des fortunes inestimables sur le dos des Tunisiens. Sami Ben Abdallah Le rapport médical établi en 1969 concluait à : “une sénilité incompatible avec l’exercice du pouvoir suprême” dés 1969. « Bourguiba, le pouvoir d’un seul », par Bernard COHEN, 246 pages – Format 13,5 x 22 cm – Editions FLAMMARION,  Collection Grandes Figures Historiques. Extrait pp 149-156,retranscrit par Samui Ben Abdallah à cause de la possible censure du livre. Pour ceux qui le peuvent, Sami Ben Abdallah vous recommande d’acheter le livre. Le célèbre psychiatre parisien Jean Delay raccompagne à la porte un patient barbu, qui s’affuble d’un chapeau melon : il vient d’achever une des nombreuses consultations qui, depuis 1969, visent à circonscrire la psychose maniaco-dépressive dont souffre Habib BOURGUIBA. Car la barbe est postiche, le couvre-chef est un déguisement : le chef de l’Etat tunisien et ses plus proches conseillers (c’est l’un d’eux qui rapporte la présente anecdote)ont décidé que tout serait fait pour dissimuler la maladie du « combattant suprême ». elle n’a pourtant rien d’extraordinaire : cette affection, qui touche environ une personne sur cent, est souvent héréditaire, et la famille BOURGUIBA la connaît depuis longtemps. Accès maniaque, puis dépression mélancolique : le président tunisien s’installe dans ce rythme épuisant, irrégulier, et les médecins vont essayer d’enrayer très vite l’évolution de l’état dépressif à caractère suicidaire.   BOURGUIBA subit une dizaine de séances d’électrochocs pratiqués sous somnifères ; son psychiatre a décidé de prendre le risque d’induire les troubles de mémoire qu’un tel traitement peut entraîner. et, de fait, comme s’en rappelle un des rareté moins alors dans le secret, « BOURGUIBA semblait avoir tout oublié quand il se réveillait d’une séance. Il ne savait même plus qui était Boumediene » ! c’est sans doute pourquoi, quelque temps après, il voudra rassembler tous ses souvenirs dans le corpus des conférences sur « ma vie, mes idées, mon combat ». après ce tir de barrage contre l’engrenage maniaco-dépressif, Bourguiba est traité par antidépresseurs tricycliques, et se voit prescrire un traitement de long cours à base de lithium. Jean Delay, alors considéré comme l’un des meilleurs psychiatres au monde, le suit avec Pierre Deniker ; il a écrit en compagnie de ce dernier une méthode chimiothérapique en psychiatrie, il est l’auteur d’un essai sur les dérèglements de l’humeur. entre 1946 et 1970, i est le médecin chef de Sainte-Anne. Lorsqu’on lit la description clinique de l’affection, on ne peut manquer d’en trouver les traces dans la vie politique du chef d’Etat : au début de l’accès maniaque, «il échafaude des projets grandioses, se croit capable de tout entreprendre et de tout réussir. Les objections sont écartées d’un geste, les difficultés et les contraintes sont abolies ». Simultanément, «il s’irrite à la moindre contrariée et même sans cause extérieure il peut passer en un instant du rire aux larmes, de l’insouciance au découragement passager, de la générosité à l’agressivité malveillante «. Réservé et plein de tact, il peut soudain manifester une attitude brutale et injurieuse ; « les images défilent, les souvenirs surgissent en désordre, les mots se pressent en une logorrhée intarissable » ; » des anecdotes, des acquisitions scolaires (tirades ou poèmes écrit par cœur) sont évoqués de façon quasi automatique et récitées pour le plaisir ». la ressemblance avec ce que nous connaissons de BOURGUIBA est frappante, mais voici que le maniaco-dépressif, après s’être « orienté vers des thèmes de grandeur, de mission religieuse ou humanitaire », s’engage dans la phase dépressive : « il a perdu le goût de la vie, son champ de conscience est envahi par une tristesse foncière faite tout à la fois d’ennui, de regrets et de désespoir ». L’avenir » lui paraît inexorablement bouché », il se répète : « il n’y a pas de solution à mon état, on ne peut rien pour moi ». la mort peut lui apparaître comme un « châtiment nécessaire » », il maigrit, il dort mal, il préfère d’ailleurs exprimer son trouble au travers de symptômes somatiques que de se lancer dans une « autopréciation » à laquelle il répugne culturellement. Les spécialistes affirment que la psychose maniaco-depressive est très répandue au Maghreb : avec des successions d’abattement et de fébrilité, elle répond aux fluctuations psychologiques qui fondent le complexe de Jugurtha »… BOURGUIBA s’est battu contre elle en secret. (..) Quoi qu’il en soit, la seule mention d’une affection mentale de BOURGUIBA était inconcevable dans la presse tunisienne : si disert à propos de ses différents problèmes de santé physique, il a voulu le silence absolu autour de ce qui se passait dans sa tête. mieux, il a souvent invoqué des troubles cardiaques ou respiratoires pour déguiser la véritable maladie qui le tenait loin de son bureau de travail, voire de son pays. Dans les années 70, son premier ministre Hedi Nouira « inventait » des cures à l’étranger qu’il était censé suivre alors qu’il était en réalité livré à la dépression. Lui-même s’est d’abord révolté devant le diagnostic médical : lorsque les médecins de l’hôpital militaire de Washington parlèrent de « sénilité précoce », il se fâcha et partit consulter en Suisse et en France. Il apprit ainsi, par la bouche des spécialistes de la clinique Bel-Air (près de Genève) du Docteur Ajuria Guera et ceux de l’équipe Delay , qu’il présentait un terrain favorable à ce genre de psychose. (..) Le 14 mars 1967, il connaît une première crise cardiaque(il y aura une nouvelle alerte le 27 novembre 1984). Le professeur Lenègre, qu’il consultait souvent à paris, vient à Tunis et se montre rassurant ; mais des spécialistes français se montrent très pessimistes en privé et le jugent déjà condamné. le président américain Johnson met à sa disposition le médecin-général Thomas Mattingly. Deux ans plus tard, en mai 1969, c’est une hépatite virale qui l’immobilise près de deux mois. Il sera ensuite frappé par la maladie de Parkinson, qui l’oblige à garder une petite bille au creux de la paume droite pour éviter que sa main ne s’engourdisse. (..) De 1969 à 1980, le président a passé un temps considérable à l’étranger pour raisons de santé : il est à Genève en mars – avril 1972, en juin – juillet 1973, en janvier – février, puis en mai 1974, en juin 1976, d’octobre 1976 à janvier 1977, en décembre 1979, en mai 1980. (..) La première grave manifestation de sa psychose maniaco-dépressive a bouleversé son entourage proche ; son épouse, en robe de chambre ( c’était la nuit, au palais de Carthage), s’est précipitée chez Ahmed Mestiri pour le mettre au courant et décider de la conduite à adopter. Jusqu- alors, Habib BOURGUIBA avait cependant cédé à de fréquentes bouffées de colère et de désespoir, accompagnées de larmes. Il pouvait entrer en de tels états « sur commandes ». (..) BOURGUIBA a lui-même raconté comment il allait, après ses cours de droit à Paris (alors qu’il était jeune), assister à l’enseignement de professeurs de  l’hôpital Sainte-Anne, et notamment de Georges Dumas. Disciple de De Janet et ennemi de la psychanalyse, il s’oppose à l’approche « sexualisante » de l’école de vienne, ce qui répond à la propre sensibilité de BOURGUIBA. Un des malades qu’il présente à ses cours impressionne très fortement le jeune tunisien : « il se prenait pour napoléon … ». se rappellera-t-il plusieurs années après. Or, BOURGUIBA vieillissant aimait à dire quand il faisait allusion à son ectopie testiculaire : «  je suis comme Napoléon.. ».   www.samibenabdallah.com


 

Tunisie: huit groupes étrangers sur les rangs pour un port en eaux

AFP 15.09.08 | 19h01

Huit groupes étrangers ont été présélectionnés pour la construction et l’exploitation d’un port en eaux profondes sous forme de concession à Enfidha, dans le centre-est de la Tunisie, sur la Méditerranée. Ces entreprises originaires du Canada, Danemark, Emirats arabes unis, Italie, Koweit et Portugal n’ont pas été identifiées lors d’une conférence de présentation du projet, lundi, à Gammarth (nord de Tunis). Parmi ces investisseurs potentiels, seul s’est fait connaître sur le net Dubaï Ports World, troisième opérateur portuaire mondial, filiale de la société Dubaï World du gouvernement de Dubaï (Emirats arabes unis). Le délai des offres financières a été fixé au 25 décembre prochain. Le port dont la réalisation démarrera avant fin 2009 pour un coût global estimé à 1,4 milliard d’euros, a vocation d’être un axe économique régional et de drainer une partie des activités de transbordement des conteneurs en Méditerranée centrale. Le port vise à intégrer la Tunisie dans le réseau des autoroutes de la mer, prévu dans l’Union pour la Méditerranée et contribuera à ‘combler un déficit de capacité portuaire en Méditerranée centrale’, a indiqué le ministre du Transport Aberrahim Zouari. Le port sera érigé sur un terrain extensible de 1.200 hectares concédé par l’Etat, à côté d’une zone franche d’activités sur 2.000 hectares, et aura une capacité d’accueil de 5 millions de conteneurs par an. Selon l’étude faisabilité réalisée par le Hollandais ‘Royal Hasa-Koning’, l’Etat tunisien recevra une redevance annuelle fixe et une autre variable selon la densité du trafic du port. Le gouvernement se chargera de l’exécution de certains ouvrages hydrauliques pour parer à des risques écologiques pouvant atteindre la nappe phréatique de la région d’Enfidha, situé en aval d’une plaine agricole. Selon le ministre du Développement et de la Coopération internationale, Mohamed Nouri Jouini, le projet appelé à créer un centre international de commerce et de services ‘s’inscrit dans le cadre d’un plan du gouvernement pour garantir une meilleure position et une intégration accrue’ de la Tunisie en Méditerranée.


Tunisie : Parution bientôt de deux nouveaux journaux

 
Deux nouveaux titres enrichiront bientôt le paysage médiatique tunisien de la presse papier. Le premier, au nom de Rou’a (Visions) sera lancé par le professeur et membre de la Chambre des Conseillers, Ridha Mellouli. Il s’agit d’un magazine mensuel de réflexion, d’analyses, de politique, de société et de culture. En langue arabe et en quadrichromie, le premier numéro de Rou’a est prévu pour le début de l’année 2009. Quant au deuxième titre, il portera le nom de ‘Tunisien’. Il s’agit d’un hebdomadaire bilingue d’informations et d’opinions, paraissant le jeudi. Il sera édité par le Parti des Verts pour le Progrès et dirigé par son secrétaire général, Mongi Khamassi. Le premier numéro devrait être dans les kiosques à partir du mois d’octobre. (Source : « BusinessNews » (portail d0infos économiques – Tunis), le 15 septembre 2008) Lien :http://www.businessnews.com.tn/home/view_article_Business?=&a=1078844


Mauritanie: 12 soldats tués dans une embuscade tendue par Al-Qaïda

 
15/09/2008 à 13:28:00 GMT NOUAKCHOTT (AFP) – Douze soldats mauritaniens qui patrouillaient dans l’extrême nord de la Mauritanie ont été tués lundi dans une embuscade tendue par ‘des éléments de l’ex-GSPC’ (rebaptisé Branche d’Al-Qaïda au Maghreb islamique), a-t-on appris de source sécuritaire. L’unité mauritanienne était ‘en mouvement de patrouille ordinaire sur la frontière nord’ quand l’attaque s’est produite, près de la localité de Tourine, à 70 km à l’est de la ville de Zouérate, selon la même source. L’attaque a fait 12 morts côté mauritanien, a-t-elle ajouté, sans préciser si les assaillants avaient subi des pertes. La patrouille était ‘composée de 22 à 23 militaires’ dont une dizaine ont regagné leur base au terme de l’attaque, a indiqué la même source, selon laquelle un convoi militaire fait actuellement route vers la frontière marocaine pour se rendre sur les lieux de l’attaque, la plus grave depuis trois ans. En 2005, le Groupe salafiste de prédication et de combat (GSPC) algérien avait revendiqué l’attaque menée contre une base militaire dans le nord-est de la Mauritanie, qui avait fait quinze morts, deux disparus et 17 blessés dans les rangs de l’armée et cinq morts parmi les assaillants. A la mi-août, le chef d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), Abdelmalek Droukdel, avait exhorté les Mauritaniens à se ‘préparer à la guerre’. Il avait estimé, dans un communiqué diffusé sur internet, que les auteurs du coup d’Etat en Mauritanie, perpétré le 6 août, avaient probablement eu ‘l’approbation de l’Amérique, de la France et d’Israël’. Fin août, le chef présumé de la branche mauritanienne d’Al-Qaïda, El Khadim Ould Esseman, avait appelé les musulmans à ne pas reconnaître ‘le régime mécréant’ dirigé à Nouakchott par le général Mohamed Ould Abdel Aziz, dans une lettre rédigée en prison et transmise à l’AFP. Pays réputé calme, la Mauritanie s’était trouvée fragilisée par trois attaques terroristes fin 2007-début 2008 qui avaient fait sept morts – quatre touristes français et trois militaires mauritaniens. Début avril, en périphérie de Nouakchott, des échanges de tirs entre forces de l’ordre et jihadistes présumés s’étaient soldés par la mort d’un policier et de deux islamistes.
 

 
Québec | Notre-Dame-de-Belmont

Premier cimetière musulman?

 
Taïeb Moalla(Journal de Québec)
 
Une partie du cimetière Notre-Dame-de-Belmont, où reposent notamment les ex-premiers ministres Jean Lesage et Louis-Alexandre Taschereau, pourrait devenir un cimetière musulman. Depuis quelques semaines, les responsables du Centre culturel islamique de Québec (CCIQ) négocient avec les gérants du cimetière situé à Sainte-Foy en vue d’acquérir une portion de terrain de 120 000 pieds carrés qui servirait de cimetière pour la communauté musulmane de la ville. La transaction de 900 000 $ pourrait cependant avorter à cause de la «Contribution pour fins de parcs», une taxe qui permet «d’aider la municipalité à établir, agrandir et aménager des parcs ou des terrains de jeux ainsi qu’à protéger des espaces naturels». Dans les faits, la vente d’une partie du cimetière obligerait les gestionnaires de Belmont à débourser 1,3 million de dollars au titre de cette «contribution», une somme de loin supérieure au bénéfice escompté pour la transaction. L’autre choix serait de céder une partie du terrain à la Ville, ce qui ne convient pas non plus aux dirigeants du cimetière. «Le projet (de vente) avancera si la Ville décide de collaborer. Le problème est que la taxe correspond à 10 % de la valeur de la propriété. C’est un non-sens (…). On débourserait pour aider une communauté. C’est illogique», regrette Renald Julien, directeur général de la Corporation qui regroupe deux cimetières, dont Notre-Dame-de-Belmont. Ce dernier demande à Québec une «dérogation», voire un changement à la loi provinciale qui autorise cette taxe. Un vieux projet Du côté du CCIQ, le responsable des relations externes, Mustapha Skakni, rapporte que son organisme a envoyé une lettre à la Ville «il y a quatre ou cinq semaines pour lever le problème». M. Skakni rappelle que la communauté musulmane caresse ce projet de cimetière depuis de nombreuses années. Actuellement, en cas de décès, deux possibilités s’offrent aux proches d’un défunt : le rapatriement vers le pays d’origine ou un enterrement à Laval, dans le seul cimetière musulman de la province. «Dans le premier cas, ça coûte autour de 10 000 $, ce qui est très cher. L’enterrement à Laval est compliqué à cause de la distance et des procédures à suivre. Avoir un cimetière ici devient de plus en plus un besoin, surtout avec l’augmentation des membres de la communauté musulmane (de 5 000 à 6 000 âmes)», soutient M. Skakni. Peu au fait des détails entourant ce dossier, Paul-Christian Nolin, porte-parole du maire Régis Labeaume, a promis de nous rappeler aujourd’hui. Même son de cloche du côté du porte-parole de la Ville de Québec, Jacques Perron. Les préceptes de l’islam préconisent que les fidèles soient enterrés dans un cimetière qui leur est propre. À défaut, un carré musulman dans un cimetière catholique – à condition que la séparation entre les deux soit nette – peut faire l’affaire, au dire de M. Skakni. (Source: Canoë (Canada) le 15 septembre 2008)

 

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