15 novembre 2010

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TUNISNEWS    10 Úme année, N° 3828 du 15.11.2010  archives : www.tunisnews.net 


ComitĂ© National de Soutien aux Populations du Bassin Minier: Fahem Boukaddous a suspend sa grĂšve de la faim aujourd’hui Assabilonline: Arrestation de jeunes dans la rĂ©gion de la Skhira Ă  Sfax – Leurs familles ignorent ce qu’il est advenu d’eux Kalima: The Adjournment of the Journalist Mouldi Zouabi‘s Trial Kalima: On his return from Italy, Retaliation against the Lawyer Abbou in the Airport Message du Mouvement des  LibĂ©raux DĂ©mocrates Tunisiens (M. L.D.T) Ă  la 185 Session du ComitĂ© ExĂ©cutif de l’Internationale LibĂ©rale  13-14 Novembre  – Cape Ton  2010 AFP: La BAD accorde Ă  la Tunisie un financement de 240 millions d’euros AP: Le BAD accorde son pret le plus important a la Tunisie Kapitalis: Tunisie. BĂ©chir Ben Yahmed: «Ben Ali m’a ouvert les yeux» Afriscoop: Tunisie : Une EspĂ©rance pas si sportive Des destouriens honnĂȘtes:  Ben Ali, marionette ou complice Houcine Ghali: À quoi sert lÂŽaid el kebir?


Comité National de Soutien aux Populations du Bassin Minier


Le 15 novembre 2O1O

Le comitĂ© national a appris que le journaliste Fahem Boukaddous, condamnĂ© Ă  quatre ans d’emprisonnement pour avoir couvert les Ă©vĂ©nements du bassin minier, avait suspendu sa grĂšve de la faim aujourd’hui, -une grĂšve qu’il avait commencĂ©e le 8 octobre dernier, en protestation contre ses conditions d’incarcĂ©ration et pour exiger sa libĂ©ration-, suite une grave dĂ©gradation de son Ă©tat et aprĂšs avoir reçu des promesses du directeur de la prison que ses conditions seraient amĂ©liorĂ©es : octroi d’un temps de visite plus long pour la famille, remise de sa correspondance, suivi mĂ©dical, couffin remis intact

D’autre part, nous avons appris de la famille d’Hassen Ben Abdallah, condamnĂ© Ă  quatre ans et un mois d’emprisonnement, que ses conditions d’emprisonnement empiraient et qu’il souffrait de l’allergie qui prolifĂšre en prison. Il est privĂ© de correspondance et des cartes postales que lui envoient sa famille et ses amis.
Le harcĂšlement des prisonniers libĂ©rĂ©s se poursuit : blocus sĂ©curitaire visant le syndicaliste Adnane Hajji depuis sa sortie de prison, et aussi Faïçal Ben Amor, l’un des dirigeants du mouvement qui a Ă©tĂ© libĂ©rĂ©, s’est vu interdire sans motif de franchir la frontiĂšre algĂ©rienne avec des membres de sa famille ComitĂ© National de Soutien aux Populations du Bassin Minier (traduction d’extraits ni revue ni corrigĂ©e par les auteurs de la version en arabe, LT)


Arrestation de jeunes dans la rĂ©gion de la Skhira Ă  Sfax Leurs familles ignorent ce qu’il est advenu d’eux


Assabilonline.Tunis

C’est mercredi dernier, 10 novembre 2010, qu’ont Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©s dans la rĂ©gion de la Skhira, dans le gouvernorat de Sfax, Amara Ben Kilani Ben Amara, Mondher Ben Houda Ben Hamed, Faïçal Faleh, Oualid Tahri et Kamel Belgacem EnnaĂŻfer. Mondher Ben Houda est Ă©tudiant et habite Ă  Sfax, les autres sont des ouvriers de la Skhira. Ils ont Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©s ensemble sur la voie publique.
Leurs proches ont contactĂ© le district de la SĂ»retĂ© qui les ont informĂ©s qu’ils Ă©taient en Ă©tat d’arrestation, mais ne leur ont pas dit oĂč. Leurs familles craignent qu’ils ne soient soumis Ă  la torture et aux mauvais traitements et vont probablement dĂ©poser une plainte chez le procureur de la RĂ©publique de Sfax lundi 15 novembre pour demander leur libĂ©ration. [
] Tunisie, Abdessalam Toukabri 14-11-2010 (traduction d’extraits ni revue ni corrigĂ©e par les auteurs de la version en arabe, LT)


The Adjournment of the Journalist Mouldi Zouabi‘s Trial


Proposé par redaction le Dimanche 14 novembre 2010
On Wednesday November 10th, 2010, the correspondent of Radio Kalima in Jendouba : Mouldi Zouabi appeared before the First Criminal Chamber of the First Instance Court in Jendouba to answer the charges of violence filed against him by a member of the ruling party in Tunisia.
The court presided by Judge Chokri Bessadok conducted the hearing of the journalist Mouldi Zouabi and decided to postpone the hearing until November 24, 2010 upon the demand of the plaintiff.
 It is worth mentioning, that on October 6th, 2010, the district court declared itself incompetent and approved a request of the amendment of the charges filed by the plaintiff.
 Following the court refusal to consider exculpatory evidence, to proceed to the confrontation with the anonymous witnesses of the plaintiff , to order an investigation about the known facts of the assault against Mouldi Zouabi by the same plaintiff and to hear Mouldi’s witnesses , the 22 defense lawyers, withdrew from the court and denounced « a judicial masquerade ».  Reporters Without Borders on their part, branded a fabricated lawsuit, which shows once again the willingness of the Tunisian government to gag the press and to muzzle the mouths of journalists.
 The facts date back to April 1st, 2010 when the journalist was attacked outside the Central Police Station of Jendouba by a member of the notorious militia of the RCD, namely: Khalil Maaroufi.

 The complaint filed by Mouldi Zouabi was closed for lack of evidence.
 Moreover, on July 7th, 2010 he was summoned to appear before a court, following a court action brought by his abuser.  From acomplainant, Mouldi Zouabi found himself charged with physical assault and defamation. (Source: le site de “Radio Kalima” le 14 novembre 2010) Lien: http://www.kalima-tunisie.info/fr/modules.php?name=News&file=article&sid=306  


On his return from Italy, Retaliation against the Lawyer Abbou in the Airport


ProposĂ© par redaction le Dimanche 14 novembre 2010 On November10th, when he was returning from an advocacy mission in Italy, where he participated along several associations and representatives of the Tunisian civil society in a series of high-level meetings including the Presidency of the Republic, the Ministry of Foreign Affairs and the Senate and Parliament, the Human rights defender and Lawyer Mohamed Abbou suffered retaliation from the officers of the Border Police.  Indeed, they forced him to have a body search to humiliate him and confiscate his books.  One of the books that were in his possession was “the Tunisian Constitution”!  It was turned back to him after his protest. Nevertheless, a book on « Article 61bis » of the Penal Code has been confiscated. (Source: le site de “Radio Kalima” le 14 novembre 2010) Lien: http://www.kalima-tunisie.info/fr/modules.php?name=News&file=article&sid=3067


Message du Mouvement des  Libéraux Démocrates Tunisiens (M. L.D.T) à la 185 Session du Comité
ExĂ©cutif de l’Internationale LibĂ©rale  13-14 Novembre  – Cape Ton  2010 

 Monsieur Hans VAN BAALEN,  PrĂ©sident de l’Internationale LibĂ©rale

Mesdames et Messieurs les membres du comité exécutif

Honorable assistance

Chers amis

 

Permettez-moi, avant d’aborder le thĂšme de ma communication, de saluer, en chacune et chacun d’entre vous, l’engagement dĂ©terminĂ© Ă  promouvoir la culture des valeurs libĂ©rales et dĂ©mocratiques, dont l’importance pour nos sociĂ©tĂ©s n’échappe Ă  personne, dans un monde plus que jamais convulsif.  Je voudrais par ailleurs souhaiter plein succĂšs Ă  vos travaux, au titre de cette 158 eme session du comitĂ© exĂ©cutif qui se tient aujourd’hui mĂȘme Ă  cape town.         

 

Je vous adresse ce message  appelant vivement votre attention sur la dĂ©liquescence inquiĂ©tante de l’état des libertĂ©s qui prĂ©vaut depuis longtemps dans mon pays, la Tunisie,  frappant d’inertie les espaces citoyens, sans lesquels, vous en conviendrez mes chers amis, il n’y a point de dĂ©mocratie.

En Tunisie, l’on assiste dĂ©sormais aux signes avant coureurs d’un État  dĂ©faillant, Ă  son rĂŽle premier. Celui d’ĂȘtre le gardien suprĂȘme des libertĂ©s. Le droit Ă  la diffĂ©rence y est incriminĂ©. Et les espaces destinĂ©s Ă  rendre possible l’éclosion d’un dĂ©bat public libre et contradictoire, autour de la gouvernance,  s’y trouvent obstruĂ©s. Depuis l’annĂ©e 1991 toute vellĂ©itĂ© d’opposition rĂ©elle est condamnĂ©e Ă  cette atmosphĂšre dĂ©lĂ©tĂšre, la rĂ©duisant, au mieux au silence sinon Ă  l’exil. Les  journalistes  honorant strictement leur devoir d’information encourent de lourdes peines au motif, fallacieux, d’avoir troublĂ© l’ordre public.

Je voudrais aujourd’hui, mes chers amis, vous alerter, particuliĂšrement, sur le cas du journaliste Fahem Boukedous. CondamnĂ© rĂ©cemment Ă  quatre ans d’emprisonnement fermes et internĂ©, sans Ă©gard Ă  ses graves problĂšmes de santĂ©, dans la suite de sa couverture mĂ©diatique au cours de l’annĂ©e 2008, non sans courage et professionnalisme, du  mouvement social qui aura, des mois durant, secouĂ© le sud du pays. Souffrant et affaibli, M.Fahem Boukedous, actuellement en grĂšve de la faim, court des risques sĂ©rieux pour sa vie, en regard de l’insalubritĂ© du milieu carcĂ©ral Tunisien et faute de suivis mĂ©dicaux rĂ©guliers.

Dans la Tunisie, ignorĂ©e par les spots publicitaires du tourisme Ă  bons prix, un simple lien de parentĂ© avec un proche parent exilĂ©, pourrait bien suffire pour fonder l’acte d’accusation vous dĂ©clarant passible des pires traitements. J’en citerais le cas de Madame GHARBI Zouleikha, qui fut torturĂ©e en Tunisie par un haut fonctionnaire du ministĂšre de l’intĂ©rieur, de surcroit, ex-diplomate, tout simplement parce qu’elle est l’épouse d’un dissident exilĂ©. Le tortionnaire de Madame GHARBI, jamais inquiĂ©tĂ© en Tunisie, a Ă©tĂ© condamnĂ© le 24 septembre 2010 par contumace, en France, Ă  douze ans de rĂ©clusion criminelle, pour actes de torture.

      

AppelĂ©e Ă  garantir  la paix sociale, et la sĂ©curitĂ© et par  principe Ă  ĂȘtre  gardienne des libertĂ©s, la justice tunisienne est minĂ©e, par des maux ayant pour nom : soumission et dĂ©pendance au pouvoir exĂ©cutif. Dans ce contexte le gouvernement s’en prend, particuliĂšrement depuis l’annĂ©e 2005, aux magistrats qui font encore honneur Ă  leur haute et combien sensible responsabilitĂ©. Ces derniers sont l’objet d’une logique punitive, leur imposant, abusivement, des retenues sur leurs salaires et le blocage, de leur droit Ă  l’avancement.    

Les libĂ©raux dĂ©mocrates tunisiens  condamnent cette dĂ©rive autoritaire. Aussi, ils expriment leur indignation face Ă  la posture vĂ©nale et complice d’une opposition dĂ©cor faisant dĂ©libĂ©rĂ©ment office de porte-parole officieux d’un gouvernement promettant, depuis vingt ans, la perspective hypothĂ©tique d’un changement dĂ©mocratique, reportĂ© systĂ©matiquement sine die.

Les scrutins prĂ©sidentiels et lĂ©gislatifs que la Tunisie avait connus depuis le 07 novembre 1987, date Ă  laquelle M.Zine El Abdine Ben Ali avait accĂ©dĂ© Ă  la magistrature suprĂȘme, n’ont pas manquĂ© de dĂ©cevoir, et les promesses, non tenues, d’une ouverture politique Ă  l’aune du degré  d’évolution atteint par la sociĂ©tĂ©, finirent par se faner en simples dĂ©clarations dĂ©suĂštes.

En effet, depuis le 7 novembre 1987 Ă  ce jour, vingt trois annĂ©es de pouvoir absolu se sont Ă©coulĂ©es. Elles scindĂšrent la sociĂ©tĂ© tunisienne en deux sphĂšres rĂ©ciproquement hostiles, s’excluant l’une l’autre…Car ce sont vingt trois annĂ©es d’impunitĂ©, jalonnĂ©s de dĂ©nis de justice, et de mĂ©pris notamment pour les souffrances des victimes de la torture. Voici une pratique moyenĂągeuse largement employĂ©e dans les commissariats de police oĂč l’on accroche, Ă  cĂŽtĂ© des portraits du « Chef de l’État », la « DĂ©claration Universelle des Droits de l’Homme ». Depuis le 7 novembre 1987, au jour d’aujourd’hui, la sociĂ©tĂ© tunisienne aura vĂ©cu vingt trois annĂ©es d’incrimination du droit Ă  la diffĂ©rence et d’atteinte aux libertĂ©s d’expression et d’association,  vingt trois annĂ©es de braises, qui la jetĂšrent dans un conflit avec elle-mĂȘme. Un conflit dont nous craignons la phase finale, puisqu’il  n’est pas encore terminĂ© et ne pouvant l’ĂȘtre, faute de sursaut de sagesse au sommet de l’État.    

Chers amis

Cette rĂ©alitĂ©, ce mal tunisien, n’a pas lieu d’ĂȘtre, dans un pays comme la Tunisie, Ă©conomiquement Ă©mergent, ayant Ă  son actif des atouts consĂ©quents l’habilitant, en principe, Ă  une gouvernance libĂ©rale. Certes, la Tunisie dispose d’une performance macro-Ă©conomique; prometteuse ; dont on se rĂ©joui, l’inscrivant parmi les pays en dĂ©veloppement les mieux notĂ©s, et le premier en Afrique, au regard des critĂšres internationaux de compĂ©titivitĂ©.

Le statut moderne de la femme, la jeunesse de la population et la politique de scolarisation obligatoire, rĂ©duisant sensiblement le spectre de l’analphabĂ©tisme et la dĂ©perdition scolaire, autant d’acquis que les tunisiens n’en sauraient mettre Ă  profit, Ă  bon escient, faute de dĂ©mocratie et d’une politique d’investissement tant privĂ© que public, transparente et Ă©quitablement partagĂ©e entre les rĂ©gions du pays.

Si une perspective susceptible d’épargner la Tunisie aux lendemains incertains existait ce serait celle fondĂ©e sur la justice sociale et le consensus. C’est un dĂ©fi immense Ă  relever, dont la responsabilitĂ©, de notre point de vue ne peut qu’ĂȘtre partagĂ©e entre le gouvernement et l’opposition rĂ©elle. Celle-ci, nous en sommes convaincus, devrait resserrer  ses rangs Ă  l’orĂ©e des Ă©chĂ©ances politiques de l’annĂ©e 2014, autour d’un projet alternatif de rĂ©forme pour une Tunisie de la citoyennetĂ© et la justice.

 

Chers amis    

 

Le gouvernement tunisien, partenaire de l’union europĂ©enne, est, comme vous le savez,  demandeur du statut de partenaire Ă©conomique privilĂ©giĂ©. Un rang auquel seuls le Maroc et la Jordanie avait accĂ©dĂ©, en considĂ©ration de leurs avancĂ©es politiques libĂ©rales.  Nous saluons toutes les politiques dans le monde arabe allant dans le sens de l’histoire,  consolidant les libertĂ©s fondamentales et  la rĂ©conciliation nationale.

Cependant, en octroyant Ă  la Tunisie le rang de partenaire Ă©conomique privilĂ©giĂ©, qui en ferait un État quasi membre de l’Union -des valeurs- EuropĂ©ennes ;  sans qu’il  y’ est de la part de son gouvernement une volontĂ© d’amorcer un processus effectif de rĂ©conciliation et une rĂ©habilitation  des libertĂ©s ; certaines dĂ©mocraties europĂ©ennes prendraient le risque Ă©thique, de dĂ©cerner une prime Ă  un systĂšme de gouvernement, une culture de gouvernement , hostile, Ă  cette « chose dĂ» Ă  l’ĂȘtre humain du seul fait qu’il est humain » selon Paul RicƓur, la pierre angulaire de la civilisation des modernes, j’entends par lĂ  : La DignitĂ© Humaine       

Sachez, Monsieur Hans VAN BAALEN, mes chers amis, que l’engagement des LibĂ©raux DĂ©mocrates Tunisiens rejoint parfaitement votre dĂ©termination Ă  faire diffuser les valeurs libĂ©rales humanistes et de bonne gouvernance.

Je vous réitÚre mes souhaits de succÚs pour vos travaux et vous remercie pour votre attention.

Adel ZITOUNI

Exilé depuis le 23 août 1999 en France

Président du Mouvement des Libéraux Démocrates Tunisiens (M.L.D.T)

Paris – 13 novembre 2010  


La BAD accorde Ă  la Tunisie un financement de 240 millions d’euros


AFP / 15 novembre 2010 15h09 TUNIS – La Banque africaine de dĂ©veloppement (BAD) et la Tunisie ont signĂ© lundi Ă  Tunis trois accords de financement de 240 millions d’euros pour un projet routier, un systĂšme d’information sur l’eau et le dĂ©veloppement des industries culturelles. Ce financement inclut un prĂȘt de 236 millions d’euros pour un projet routier, “le plus important ayant jamais Ă©tĂ© allouĂ© par la BAD Ă  la Tunisie”, selon Bobby J. Pittman, reprĂ©sentant de la BAD dont le siĂšge provisoire est Ă  Tunis. Ce projet routier porte sur la rĂ©habilitation de 862,8 km de routes, la construction de 12 ouvrages d’art, l’amĂ©nagement de 79,4 km de pistes rurales et le dĂ©doublement de 52,6 km de routes classĂ©s, a prĂ©cisĂ© M. Pittman lors de la signature des accords avec le ministre tunisien du DĂ©veloppement, Mohamed Nouri Jouini. La rĂ©alisation de ce programme a Ă©tĂ© scindĂ©e en tranches, la premiĂšre ayant fait l’objet d’un prĂȘt accordĂ© par la Banque en juin 2008 d’un montant de 174,33 millions d’euros. Le financement de la BAD reprĂ©sente 70% du coĂ»t global du projet estimĂ© Ă  336 millions d’euros, le reste Ă©tant apportĂ© par le gouvernement tunisien. Un autre projet, concernant la mise en oeuvre du SystĂšme national d’information sur l’eau (Sineau), a bĂ©nĂ©ficiĂ© d’un don d’environ 2 millions d’euros pour permettre d’optimiser la gestion intĂ©grĂ©e des ressources en eau. Le troisiĂšme, avec un don de 306.000 euros, vide Ă  dĂ©velopper les industries culturelles.  

Le BAD accorde son pret le plus important a la Tunisie


AP:  Le 15-11-2010  
TUNIS (AP) — La Banque Africaine de DĂ©veloppement (BAD) a accordĂ© lundi Ă  la Tunisie un important prĂȘt, le plus grand jamais allouĂ© par cette institution financiĂšre au pays, dont le siĂšge “provisoire” se trouve Ă  Tunis.
L’accord de prĂȘt destinĂ© Ă  l’amĂ©lioration de l’infrastructure routiĂšre du pays, a Ă©tĂ© signĂ© par le vice-prĂ©sident de la BAD chargĂ© de l’Infrastructure, Bobby J. Pittman, et le ministre tunisien du DĂ©veloppement Ă©conomique et de la coopĂ©ration internationale, Mohamed-Nouri Jouini.
D’un montant de 236 millions d’euros, le prĂȘt prĂ©voit la rĂ©habilitation de 862,8 km de routes classĂ©es, le renforcement de 691,3 km de routes classĂ©es, la construction de 12 ouvrages d’art, l’amĂ©nagement de 759,4 km de pistes rurales et le dĂ©doublement de 52,6 km de routes classĂ©es.
Selon M. Pittman, c’est “le projet d’investissement le plus important ayant jamais Ă©tĂ© allouĂ© par la BAD Ă  la Tunisie depuis le dĂ©but de ses opĂ©rations dans le pays.”
Quant Ă  M. Jouini, il s’attend Ă  que ce projet, qui vise Ă  renforcer “le rĂ©seau routier de qualitĂ©” du pays, “contribuera Ă  l’accĂ©lĂ©ration de la croissance Ă©conomique et Ă  la crĂ©ation d’emplois, objectifs majeurs du 12e Plan de dĂ©veloppement Ă©conomique et social de la Tunisie”.
Deux autres accords de don, d’un montant global de quatre millions d’euros et prĂšs de 2,9 millions d’euros ont Ă©tĂ© signĂ©s par la mĂȘme occasion, afin de financer une Ă©tude sur le systĂšme d’informations sur l’eau et une deuxiĂšme sur le dĂ©veloppement des industries culturelles.
Au total, le portefeuille actif du Groupe de la BAD en Tunisie atteint un montant de 1,25 milliard d’euros ayant permis le financement de la rĂ©alisation de 12 projets et programmes et 12 Ă©tudes Ă©conomiques et sectorielles. BasĂ©e depuis sa crĂ©ation Ă  Abidjan, l’institution financiĂšre du continent africain Ă  dĂ©localisĂ© “temporairement” son siĂšge Ă  Tunis en 2003 en raison des troubles qui sĂ©vissaient en CĂŽte d’Ivoire.  

Tunisie : Une Espérance pas si sportive


Quelle mouche a bien pu piquer les Tunisiens le samedi 13 novembre 2010 au Stade du 7 novembre de RadĂšs en Tunisie ? L’équipe de l’EspĂ©rance sportive de Tunis et ses supporters ont offert au public sportif, lors du match de la finale-retour de la ligue africaine des champions, un bien triste spectacle. Verdict du terrain : un score de paritĂ© (1 but partout). Au regard de cela, le champion en titre, le Tout Puissant MazembĂ©, large vainqueur sur ses terres (5 buts Ă  0) Ă  Lubumbashi Ă  l’aller, a conservĂ© son titre.

Les Tunisiens n’ont visiblement pas voulu l’entendre de cette oreille. Quand on s’engage dans une compĂ©tition du genre, il faut s’attendre Ă  tout, en termes de rĂ©sultats et surtout, respecter les rĂšgles du jeu. Dans ces prĂ©ceptes, le fair-play, le respect de l’adversaire et de soi-mĂȘme, le respect des officiels du match figurent en bonne place. HĂ©las, les Tunisiens, Ă  en juger par leur comportement, ont tordu le coup Ă  ces rĂšgles d’or. Au crachat dĂ©testable du latĂ©ral droit du club tunisien, Ayman Benamor, sur un de ses adversaires du jour qui lui a valu logiquement une expulsion, se sont ajoutĂ©s d’autres comportements tout aussi indignes de l’esprit de fair-play si cher au sport-roi.
MĂȘme le service chargĂ© d’amener les joueurs blessĂ©s hors du champ de jeu ne s’est pas montrĂ© irrĂ©prochable. Le refus de certains joueurs de l’EspĂ©rance de Tunis de serrer la main des officiels Ă  la remise des mĂ©dailles, les actes de violence des supporters du club, tout cela ne donne pas une bonne image de ce club en particulier, mais aussi du football africain en gĂ©nĂ©ral. C’est une EspĂ©rance pas si sportive que cela que l’on a vu Ă  l’occasion de ce match. Comment s’étonner ou s’offusquer dans un Ă©tat d’esprit si malsain que les Africains, amoureux du ballon rond, accordent trĂšs peu d’intĂ©rĂȘt Ă  leur ligue des champions ? Et l’on se perd en conjectures sur les raisons de ce “pĂ©tage de plomb” tunisien. Ce match a-t-il servi de sorte d’exutoire pour une population en mal de libertĂ© politique ? Les problĂšmes internes au club ont-ils servi de catalyseurs et de dĂ©clencheurs Ă  ces violences ?
Quelle que soit la raison qui a dictĂ© l’action des Tunisiens, de telles violences sur fond de racisme sont dĂ©placĂ©es et inacceptables. MĂȘme l’argument de l’arbitrage dĂ©favorable Ă  leur club, Ă  l’aller, Ă©voquĂ© par certains membres de la dĂ©lĂ©gation tunisienne, ne saurait justifier de tels comportements, fĂ»t-il fondĂ©. Le football Ă©tant un sport rĂ©glementĂ©, il y a des instances habilitĂ©es Ă  recevoir et Ă  traiter de telles plaintes. Il est vrai que les relations entre les populations de l’Afrique noire et celles du Maghreb sont connues pour ne pas ĂȘtre des plus affectueuses. Il est tout autant vrai que le football soulĂšve des passions. Mais, il faut de la tenue et de la retenue en toute chose. Les Ă©carts de comportements des joueurs eux-mĂȘmes ont, sans doute, contribuĂ© Ă  attiser de façon aveugle et dangereuse la passion des supporters. Pourtant, accepter dignement sa dĂ©faite est une preuve de grandeur d’esprit.
Cela, un grand sportif doit le savoir et le communiquer Ă  ses fans. Il faut Ă©viter de dĂ©voyer l’esprit du football qui est une saine Ă©mulation. La compĂ©tition devrait se terminer en apothĂ©ose, quel que soit le vainqueur et de grands liens d’amitiĂ© devraient ĂȘtre tissĂ©s tout au long du parcours et des confrontations entre joueurs, encadreurs et supporters des diffĂ©rentes Ă©quipes engagĂ©es. En tous cas, le football africain ne sort pas grandi de cette finale.
Le prĂ©sident de la ConfĂ©dĂ©ration africaine de football (CAF), Issa Hayatou, qui a assistĂ© Ă  ce match, a eu droit Ă  sa part de mĂ©pris de la part des Ă©lĂ©ments du club tunisien. L’on espĂšre que bien informĂ© sur les incidents, puisqu’aux premiĂšres loges, la CAF saura donc prendre les dispositions qui s’imposent dans le cas d’espĂšce pour que force reste Ă  l’esprit sportif qui, rappelons-le, est fait de fair-play, de respect des rĂšgles dans la dĂ©faite comme dans la victoire. (Source : « Afriscoop » Le 14-11-2010) Lien : http://www.afriscoop.net/journal/spip.php?breve5181


Tunisie. BĂ©chir Ben Yahmed: «Ben Ali m’a ouvert les yeux»


C’est une confession faite par le fondateur et patron du groupe ‘‘Jeune Afrique’’, dans un grand entretien accordĂ© Ă  son propre magazine (N°2598-2599 du 24 octobre au 6 novembre). Elle vaut son pesant d’or.

Ridha Kéfi
Les relations entre les hommes politiques et les journalistes ne sont jamais simples. Les premiers reprochent souvent aux seconds de ne pas prendre le temps de vĂ©rifier leurs informations ou de modĂ©rer leurs positions. Les seconds reprochent aux premiers de ne pas Ă©couter assez leurs adversaires ou rĂ©flĂ©chir aux consĂ©quences de leurs actes. Mais les uns apprennent souvent des autres, mais si peu d’entre eux le reconnaissent publiquement.
Le doyen des journalistes tunisiens, le plus cĂ©lĂšbre d’entre nous, BĂ©chir Ben Yahmed, fondateur et patron du groupe ‘‘Jeune Afrique’’, vient de faire une intĂ©ressante confession Ă  ce propos dans le grand entretien (13 pages) qu’il a accordĂ© Ă  son propre magazine Ă  l’occasion de son 50Ăšme anniversaire (Jeune Afrique N°2598-2599 du 24 octobre au 6 novembre 2010).  
M. Ben Yahmed avoue s’ĂȘtre trompĂ© au sujet des islamistes qu’il avait pris, un moment, pour des sortes de communistes, «intĂšgres» et «dĂ©tachĂ©s de l’argent». Ce qui l’«a impressionné» et l’«impressionne toujours», a-t-il cru devoir ajouter, au risque de nous faire sourire. M. Ben Yahmed a donc estimĂ©, dans une vie antĂ©rieure, que les islamistes Ă©taient des gens frĂ©quentables et qu’on pourrait Ă©ventuellement dialoguer avec eux. «Au dĂ©but j’ai Ă©tĂ© sensible Ă  leur combat», souligne-t-il. Ce qui, et il l’admet aujourd’hui, fut une grande erreur.
L’«intĂ©grité» et le «dĂ©tachement de l’argent» – et M. Ben Yahmed l’admettra sans doute aussi – sont loin d’ĂȘtre des arguments susceptibles de justifier une telle erreur d’apprĂ©ciation: les dogmatiques et les exaltĂ©s sont souvent des personnes «intĂšgres» et «dĂ©tachĂ©s de l’argent», car leurs motivations sont plus idĂ©ologiques que matĂ©rielles, ce qui les rend d’autant plus dangereux. En fait, l’erreur de M. Ben Yahmed vient du fait qu’à un moment donnĂ© de sa carriĂšre – et je peux en tĂ©moigner pour l’avoir cĂŽtoyĂ© en travaillant douze ans durant sous sa direction –, il s’est confinĂ© – ou fourvoyĂ©? – dans une sorte  d’occidentalo-centrisme qui l’a coupĂ© peu Ă  peu des rĂ©alitĂ©s du monde arabo-islamique, y compris de la situation tunisienne.  
M. Ben Yahmed avoue aussi qu’en matiĂšre d’islamisme, il a un maĂźtre Ă  penser: le PrĂ©sident Zine El Abidine Ben Ali, qui lui a «ouvert les yeux» sur la «duplicité» de ces derniers, dont la modĂ©ration affichĂ©e n’est, en vĂ©ritĂ©, qu’une tactique (ou un leurre) au service d’une stratĂ©gie de prise de pouvoir.
Nous publions ici un extrait de l’entretien de M. Ben Yahmed relatif Ă  cet Ă©pisode intĂ©ressant de l’histoire de la Tunisie et de ‘‘Jeune Afrique’’, le magazine panafricain qui avait prĂȘtĂ©, dans les annĂ©es 1980, une tribune aux islamistes d’Ennahdha.   Jeune Afrique: N’avez-vous pas sous-estimĂ© la force montante des extrĂ©mistes islamiste et d’Al-QaĂŻda ?  
BĂ©chir Ben Yahmed: Oui, et le seul qui m’a corrigĂ© lĂ -dessus, c’est le prĂ©sident Ben Ali. Au dĂ©but j’ai Ă©tĂ© sensible Ă  leur combat. Avec leur petite internationale, je les ai tout de suite comparĂ©s aux communistes. Quand ils venaient me voir Ă  Tunis ou Ă  Paris, ils se dĂ©plaçaient toujours par deux, comme les communistes: l’un surveillait l’autre, tĂ©moignerait le cas Ă©chĂ©ant pour ou contre lui. Ils m’ont paru intĂšgres et dĂ©tachĂ©s de l’argent. Cela m’a impressionnĂ©, cela m’impressionne toujours.  
Et les gens d’Ennahdha?
Oui, et en un beau jour, en 1990, leur chef, Rached El Ghannouchi, qui avait Ă©tĂ© interviewĂ© par Hamid Barrada dans les locaux de Jeune Afrique, est venu me voir et m’a dit: «Je veux me rĂ©concilier avec Ben Ali. Pouvez-vous m’aider Ă  organiser ça?» À l’époque il Ă©tĂ© dĂ©jĂ  en l’exil Ă  Paris et Ă  Londres. Il m’a sĂ©duit et j’ai acceptĂ© de faire quelque chose.
J’ai tĂ©lĂ©phonĂ© de Paris Ă  Ben Ali. Je lui ai dit: «Ghannouchi me dit ĂȘtre prĂȘt au dialogue, est-ce que vous acceptez de le voir?» Il m’a dit: «Je ne veux pas parler de ça au tĂ©lĂ©phone, venez me voir.» Ce que j’ai fait. Il m’a alors dit: «Si BĂ©chir, vous-vous trompez complĂštement. Ghannouchi se prĂ©sente comme un modĂ©rĂ©, il veut vous faire croire qu’il est modĂ©rĂ©. Mais, il n’y a pas d’islamiste modĂ©rĂ©! Cela n’existe pas. Ou ils font semblant d’ĂȘtre modĂ©rĂ©s, et c’est de la duplicitĂ©, ou bien ils le sont, et alors ils se font Ă©liminer.» Et il m’a ouvert les yeux. J’ai constatĂ© par la suite qu’il avait raison sur ce plan. Ben Ali est un connaisseur, un vrai expert en matiĂšre d’islamisme.» (Source : « Kapitalis » Le 15-11-2010) Lien : http://kapitalis.com/fokus/62-national/1739-tunisie-bechir-ben-yahmed-lben-ali-ma-ouvert-les-yeuxr.html  

BEN ALI, MARIONETTE OU COMPLICE


 

 Il y a fort Ă  parier que si un jour les militants nationalistes, les destouriens menĂ©s par Bourguiba se rĂ©veillent, ils regretteront la pĂ©riode coloniale. Ils ont dĂ©vouĂ© leur vie pour l’indĂ©pendance et ont construit un Etat fondĂ© sur l’honnĂȘtetĂ© et le sens du devoir. Pour nous qui aimons le pays, quelle diffĂ©rence ! Une famille entiĂšre Ă  leur tĂȘte une dame aux mƓurs douteuses n’avait pas le sou en 1993, tachhaq ma talhak ;  elle a pris en otage l’Etat. La mĂšre, soi-disant al-Hajja (que la Mecque sacrĂ©e en soit  Ă©pargnĂ©e !) Ă©tait une harza dans un hammam. Ses enfants gouvernent la Tunisie. Tout le monde sait aujourd’hui ce qu’il en est de cette famille. MĂȘme la tĂ©lĂ©vision nationale est Ă  leur service. Le  budget de la RTT est gĂ©nĂ©reusement donnĂ© à  Belhassen Trabelsi, l’entremetteur de sa sƓur chĂ©rie, la cinquiĂšme (al-Khamsa).   Il a fondĂ© Cactus  construite en plus d’un palais Ă  Utique sur des terrains expropriĂ©s Ă  Abbas Feriani. Le clan Trabelsi est conseillĂ© par le petit homme Abd al-Wahhab Abdallah. Le malin  a placĂ© Rafiq al-Haj Kacem, Ă  sa solde au ministĂšre de l’intĂ©rieur et maintenant il nourrit l’espoir de l’occuper lui-mĂȘme. Leila manipule le prĂ©sident et elle fait le vide autour de lui. Le personnel du Palais lui rend compte et les ministres sont Ă  ses pieds. En face de cette Ă©quipe, Abd al-Aziz Ben Dhia  le chef du clan des hommes de droit. Afin de prolonger une longue carriĂšre, il a choisi l’alliance  avec Mohamed Sakh al-Materi un gosse dont la stupiditĂ© ne doit jamais ĂȘtre sous-estimĂ©e. De mĂȘme, sa soi-disant piĂ©té  n’a rien Ă  faire avec  l’islam. Et quelle religion lĂ©gitime les biens mal acquis !  Et le prĂ©sident Zine al-Abdine Ben Ali dans tous cela : une marionnette ou un complice !  Tant qu’il n’a pas rĂ©agi le prĂ©sident est l’instigateur, le principal responsable et l’arbitre d’une mafia. Il signe les dĂ©crets en son nom et donne les ordres selon sa volontĂ©. Et puis les Trabelsi, Leila en premier, n’aiment pas Ben Ali.  Ils ont assurĂ© leurs arriĂšres en plaçant de l’argent partout, Ă  DubaĂŻ, en France et ailleurs. Comment dans ces conditions, Ben Ali peut-il prĂ©sider le conseil  des ministres en prĂ©sence de ministres Ă  la rĂ©putation intacte comme Ghannouchi, Jouini et Chelbi et leur parler du sens de l’Etat  et du respect des institutions.  Les deux Ă©quipes veulent pousser Ben Ali Ă  la faute. Ils font maintenant de la surenchĂšre sur un mandat supplĂ©mentaire (toujours le dernier !) en 2014. Et Ben Ali s’apprĂȘte Ă  renier le  serment qu’il a fait en novembre 1987 : « plus jamais de prĂ©sidence Ă  vie ». Qui peut arrĂȘter ces gens !
DES DESTOURIENS HONNÊTES
 

A QUOI SERT L’ AID EL KIEBIR?


Houcine Ghali, GenĂšve

Ainsi donc, c’ est depuis des siĂ©cles que les musulmans cĂ©lĂšbrent la tradition  de l’ aĂŻd el kĂ©bir, ou aĂŻd el adhha, soixante dix jours aprĂšs la fin du ramadan, en commĂ©moration au geste d’ Abraham qui s’ apprĂȘtait Ă  tuer son fils IsmaĂ«l sur ordre de dieu. Mais Allah, clĂ©ment et misĂ©rĂ©cordieux, a fini par substituer un mouton Ă  l’ enfant. Passons d’ abord sur l’ aberration qui consiste Ă  voir dieu, qui est sensĂ© semer l’ amour et l’ affection entre les hommes, demander Ă  Abraham de tuer son fils, pour n’ importe quelle raison religieuse. Abraham a donc tuĂ© un mouton, et depuis cet Ă©vĂ©nement, cet acte est devenu, comme ça, sacralisĂ©, que des centaines de millions de musulmans doivent accomplir, faute de quoi ils cessent d’ ĂȘtre de vĂ©ritables croyants. L’ ensemble du ” clergĂ© musulman “, des ulĂ©mas jusqu’ aux simples prĂ©dicateurs et muezzins, nous dit que cet acte permet d’ aider les pauvres et prendre conscience aux riches de la misĂšre matĂ©rielle de leurs frĂšres dĂ©munis.
Belle leçon de morale et en mĂȘme temps d’ hypocrisie qui n’ a jamais rĂ©solu les problĂšmes de pauvretĂ© au sein de l’ immense communautĂ© musulmane Ă  travers le monde ni sensibiliser en quoique ce soit la gloutonnerie des riches croyants. Au contraire, le nombre de pauvres dans les pays arabes ne fait qu’ augmenter, les travailleurs musulmans toujours de plus en plus exploitĂ©s par leurs patrons musulmans et les familles qui tiennent sous leur joug des peuples entiers au nom de l’ idĂ©ologie islamique n’ arrĂȘtent pas de s’ enrichir.

MĂȘme dans sa pratique qui prĂ©tend ĂȘtre bĂ©nĂ©fique, l’ aĂŻd el kĂ©bir ou aĂŻd el idhha n’ a jamais Ă©tĂ© cĂ©lĂ©brĂ© selon les rĂšgles musulmanes. En effet, celui qui tue un mouton doit en donner le tiers aux pauvres. Cette consigne est rarement appliquĂ©e parce qu’ on privilĂ©gie les membres de sa famille et puis on festoie durant trois jours sans oublier la tradition qui consiste Ă  faire du ” gueddid ” ( conserve de viande d’ agneau dans l’ huile d’ olive ) pour les mois Ă  venir.
Cette fĂȘte n’ a donc plus rien de religieux puisqu’ elle s’ est transformĂ©e en une grande bouffe de viande  sous toutes ses formes ( mĂ©choui, osbane, couscous au mouton…) avec un congĂ© Ă  de deux Ă  trois jours et mĂȘme des beuveries spĂ©ciales chez un nombre respectable de musulmans.
Quant aux pauvres musulmans, ce n’ est pas une offrande de quelques morceaux de viande une fois par annĂ©e qui va rĂ©soudre leurs problĂšmes. Car le pauvre, c’ est quelqu’ un qui a besoin d’ ĂȘtre reconnu, d’ ĂȘtre Ă©coutĂ© et aidĂ© Ă  longueur d’ annĂ©e. Il n’ a pas besoin de compassion, mais de dignitĂ©, et cette dignitĂ© devrait ĂȘtre l’ objet d’ un programme gouvernemental, avec des impĂŽts relevĂ©s auprĂšs des riches pour Ă©radiquer dĂ©finitivement la misĂšre et l’ indigence par la crĂ©ation de l’ emploi Ă  tout un chacun.
Et puis les riches ne sont riches que matĂ©riellement, au sens moral et profond du terme. Mais ils sont aussi pauvres car ils ont souvent le coeur sec et la tĂȘte pleine de problĂšmes psychologiques. Mais l’ islam n’ a pas saisi, comme dans tous les autres domaines dont il s’ est occupĂ©, cette pertinence et c’ est pourquoi il n’ a rien rĂ©solu du problĂšme de la pauvretĂ©.  

Houcine.ghali@bluewin.ch

 
 

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