15 juillet 2008

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TUNISNEWS
8 ème année, N°2975 du 15.07.2008
 archives : www.tunisnews.net 


Liberté et Equité:Les dépouilles de huit martyrs tunisiens font partie de l’échange

Liberté et Equité:Arrestation de monsieur Mohammed Gueloui, membre du bureau exécutif de Liberté et Equité

AFP:Danemark/caricatures: maintien en détention de deux Tunisiens

AMNESTY INTERNATIONAL TUNISIE: Nouveau Comité Exécutif d’AMNESTY INTERNATIONAL TUNISIE

Sami Ben Abdallah: TAREK DHIAB  démis de ses fonctions. Des rumeurs évoquent son arrestation et sa libération ainsi qu’un contrôle fiscal…

Reuters: Tunisair confirme une commande de 16 avions

AFP: Airbus: Tunisair confirme sa commande ferme de 10 A320, 3 A330 et 3 A350

AFP:Union pour la Méditerranée: Lancée dans un climat d’espoir, mais route semée d’embûches Moncef Marzouki

: Démocratie entre deux rives Le Temps (Quotidien – Suisse) : ETATS-UNIS. L’organisation parle de «crimes de guerre» dans un rapport secret dévoilé par une journaliste américaine.

Au terme de sa 3ème semaine de grève de la faim Wahid Brahmi, prisonnier politique, Menacé de mort

afriquenligne.fr: Tunisie: Le président Ben Ali reçoit le Trophée de la CISA AFP: Béchir, 3e président en exercice rattrapé par la justice internationale

Libération : El-Béchir, encore loin de la justice: Cour pénale internationale. L’inculpation du président soudanais risque d’être symbolique.

AFP: France: plusieurs arrestations de militants anti-Assad à Paris

AFP: Assad à Paris: une reconnaissance du rôle incontournable de la Syrie au PO (presse)

Alternatives Citoyennes :Un pacte pour l’immigration aux fondements de l’Union pour la Méditerranée

Reuters: Invité controversé du défilé, Assad moque un « tapage politique »

AFP: L’UPM lancée dans un climat d’espoir, mais sa route reste semée d’embûches  

AFP: L’UE partagée entre la Méditerranée et ses ambitions à l’Est

AFP:Sommet de l’UPM: la presse internationale salue les « coups diplomatiques »

AFP: Proche-Orient: pour Damas, son rôle indispensable est désormais reconnu

AFP: Turquie: 86 suspects dans le procès « Ergenekon » (procureur)

Reuters : Plus de 80 personnes inculpées de complot en Turquie


Sauvez la vie du prisonnier politique et ingénieur Ridha Boukadi Liberté pour Slim Boukhdhir, la plume libre Liberté et Equité Organisation de droits de l’homme indépendante 33 rue Mokhtar Atya, 1001 Tunis Tel/fax: 71 340 860 Email : liberte.equite@gmail.com Tunis, le 14 juillet 2008

Les dépouilles de huit martyrs tunisiens font partie de l’échange

 
Monsieur Mohammed Anouar Lajmi, père du martyr Baligh Lajmi a contacté l’organisation Liberté et Equité et a sollicité une intervention pour que sa famille ait droit a se voir remettre la dépouille de son fils à l’occasion de l’opération d’échange entre le Hezbollah et la résistance nationale libanaise, et l’armée d’occupation d’autre part. […] Parmi les dépouilles qui seront remises, figurent celles de huit martyrs tunisiens : Sami Ben Tahar Elhajj Ali, originaire de Midoun, Jerba, né le 28 mai 1967, étudiant, mort en martyr avec six de ses camarades le 19 janvier 1995 dans une opération contre l’occupant israélien […] Riyadh Ben Hechmi ben Jemaa, originaire de Sfax, né le 2 mars 1968, étudiant, mort en martyr avec six de ses camarades le jeudi 19 janvier 1995 dans une opération contre l’occupant israélien. […] Kamel Ben Saoudi Badri, originaire de Metlaoui dans le gouvernorat de Gafsa, né le 27 janvier 1975, mort en martyr le 27 janvier 1996 dans une opération contre l’occupant |[…] Baligh Ben Mohammed Anouar Lajmi, originaire de Sfax, 22 ans, lycéen, mort en martyr le 27 janvier 1996 dans une opération contre l’occupant. […] Miloud Ben Najeh, Originaire de Médenine, mort en martyr dans une opération d’avions planeurs du Front Populaire pour la Libération de la Palestine-Commandement Général conte l’occupant […] le 27 novembre 1987. Omrane Ben Kilani Mokaddemi, originaire de Mdhillat, dans le gouvernorat de Gafsa, né en 1962, mort en martyre le 26 avril 1988 dans une opération contre l’occupant , en représailles contre l’assassinat du dirigeant palestinien Abou Jihad en Tunisie […] Khaled Ben Salah Jelassi, né en janvier 1964 à Nasrallah dans le gouvernorat de Kairouan, mort en martyr le 28 décembre 1988 dans une opération contre l’occupant [..;] Fayçal Hachaïchi, étudiant à la faculté de sciences de Tunis, né à Gabès, mort en martyr le 8 juillet 1993 dans une opération contre une patrouille de l’occupant au sud Liban […] Pour le bureau exécutif de l’organisation Le chargé des questions de libération dans la nation arabe et dans le monde Maître Hatem Fkih (traduction d’extraits ni revue ni corrigée par les auteurs de la version originale, LT)

Sauvez la vie du prisonnier politique et ingénieur Ridha Boukadi Liberté pour Slim Boukhdhir, la plume libre Liberté et Equité Organisation de droits de l’homme indépendante 33 rue Mokhtar Atya, 1001 Tunis Tel/fax: 71 340 860 Email : liberte.equite@gmail.com Tunis, le 14 juillet 2008

Arrestation de monsieur Mohammed Gueloui, membre du bureau exécutif de Liberté et Equité

 
[…] Aujourd’hui, lundi 14 juillet 2008, maître Mohammed Nouri et messieurs Mohammed Gueloui, Ali Isbaï et Oussama Ellouze se sont vus interdire l’entrée dans la ferme de maître Nouri, sise à Slimane. Puis, Monsieur Mohammed Gueloui, membre du bureau exécutif de Liberté et Équité a été arrêté au prétexte d’un avis de recherche à son encontre, même chose pour Oussama Ellouze, et ils ont été conduits au district de Grombalia dans le gouvernorat de Nabeul et n’ont pas été relâchés à l’heure où nous écrivons ces lignes […] Pour le bureau exécutif de l’organisation Le Secrétaire général, monsieur Zouhaïer Makhlouf (traduction d’extraits ni revue ni corrigée par les auteurs de la version originale, LT)

AFP, le 14 juillet 2008 à 13h50 Danemark/caricatures: maintien en détention de deux Tunisiens

 
COPENHAGUE, 15 juil 2008 (AFP) – Le tribunal de première instance de Copenhague a décidé mardi de maintenir en détention deux Tunisiens soupçonnés d’avoir projeté un attentat contre le dessinateur d’une des douze caricatures controversées de Mahomet, a-t-on appris de source judiciaire. Les deux hommes, âgés de 26 et 36 ans, résidant au Danemark, sont détenus depuis leur arrestation le 12 février sur recommandation des services de renseignements danois (PET). Ils sont soupçonnés, sans avoir été inculpés, d’avoir planifié un attentat contre le dessinateur danois Kurt Westergaard, auteur de l’un des douze dessins satiriques du prophète publiés le 30 septembre 2005 dans le quotidien danois Jyllands-Posten. Le PET a réclamé leur incarcération, estimant qu’ils constituaient une menace pour la sécurité de l’Etat, en attendant leur expulsion sur décision administrative du gouvernement vers leur pays d’origine. Ils ne sont pas inculpés car le PET a refusé de les poursuivre en justice afin de ne pas dévoiler ses sources et ses méthodes de travail. Suite à une décision de la Cour suprême obligeant le PET à apporter des preuves de leurs accusations, le tribunal de première instance de Copenhague s’était saisi lundi de l’affaire pour la deuxième fois. « Leur privation de liberté est légale », a estimé la juge Marianne Madsen, dans un communiqué, notant que les informations fournies par la police nationale et le PET lundi, « ont rendu suffisamment vraisemblable le fait que les deux Tunisiens étaient en train de préparer une attaque terroriste contre un des dessinateurs des caricatures de Mahomet ». La Cour a constaté par conséquent que les deux hommes représentaient un danger pour la sécurité de l’Etat. AFP

Nouveau Comité Exécutif d’AMNESTY INTERNATIONAL TUNISIE

 
j’ai le plaisir de vous informer qu’a  l’issue de l’assemblée générale élective de la section tunisienne  d’Amnesty International qui s’est tenue les 5 et 6 juillet  2008, s’est dégagé un nouveau comité exécutif pour  les années 2008-2010 et qui est composé de: 1- Mohamed Habib Marsit : Président. 2-Laamari Laaouayti: Vice Président 3- Hachemi Ben Fraj: Secrétaire Général 4-Nefissa Gaddour : Secrétaire Générale Adjointe 5-Hicham Osman : Trésorier 6- Najete Hosni: Trésorière Adjointe 7- Adel Mabrouk : Membre Meilleures Salutations LOTFI AZZOUZ Directeur Exécutif AMNESTY INTERNATIONAL TUNISIE 67, rue Oum Khalthoum, Escalier B ,3 ème étage Tunis 1000 TEL: (+216) 71 353 417 FAX: (+216) 71 352 671 MOBILE: (+216) 98 911 226 SKYPE: lotfi.azzouz


Dossier preparé par Sami ben Abdallah

TAREK DHIAB  démis de ses fonctions  Des rumeurs évoquent son arrestation et sa libération ainsi qu’un contrôle fiscal…

 
Résumé : Tarek Dhiab (Vice-président de l’Esperance Sportive de Tunisie) a refusé de serrer la main du ministre du sport M. Abdallah Kaabi. Il a été démis de ses fonctions et écarté du Club. Selon des interventions des forumiens sur les forums sportifs tunisiens, le président du Club, M. Hamdi Meddeb aurait résisté au début et refusé de démettre Tarek Dhiab de ses fonctions avant de céder vers la fin devant les fortes pressions dont il aurait été victime. Les dernières rumeurs Selon, les dernières rumeurs qui courent  sur les forums sportifs, « Hamdi Meddeb aurait présenté sa démission aux autorités de tutelle ». Quant à Tarek Dhiab, « il aurait été  arrêté cet après midi en se rendant au parc B avant d’être relâché ». Sur le forum de L’Espérance sportive de Tunisie, un forumien a publié aujourd’hui l’information suivante: « Le grand  Tarak Dhiab a été arrêté par un policier pour un contrôle de routine hier soir à la Marsa et cet agent l’a accusé de lui avoir proposé un pot de vin. Résultat: Tarek Dhiab est resté au poste de police jusqu’a minuit!Mr.Hamdi Meddeb (Président du Club)  a eu la visite surprise  30 agents du fisc l  » Sami Ben Abdallah

Espérance : Tarek Dhiab démis de ses fonctions

Le président de la section football de l’Espérance Sportive de Tunis a officiellement quitté son poste dans lequel il aura exercé pendant seulement quelques mois. Tarek Dhiab aurait confié à son entourage qu’il ne supportait plus certains agissements dans le monde du ballon rond. Rappelons que lors de la remise de la coupe, Tarek avait refusé de serrer la main du ministre Abdalah Kâabi. Hamdi Meddeb a jugé cet acte entièrement irresponsable, d’où la décision d’évincer Tarek Dhiab. Ler nom de son successeur n’est encore pas connu. source:gnet.tn 13-07 :Tarak s’en va Le retour de Tarak à l’EST n’a pas beaucoup durée, déjà à son arrivée à l’espérance , plusieurs responsables sportifs se sont opposés à son retour, car Tarak est quelqu’un qui n’a pas froid au yeux et osent faire des critiques, mais Hamdi El Meddeb à fait la sourde oreille, et a fait un bras de fer digne d’homme de la trempe du président espérantiste, qui refuse qu’on lui dictent des ordres, mais la véritable goute qui a fait déborder le verre, a été lors de la finale, lorsque Tarak a refusé de serrer la main du ministre des sports Abdallah Kâabi, mettant ainsi le président espérantiste dans une très mauvaise posture, et l’obligeant à se séparer momentanément de l’ex gloire du foot Tunisien Tarak Dhiab. Source :http://www.infosfoot.net/fr/flash_cible1.php?nom=428

Mr. Tarak Dhieb démis de ses fonctions

    13-07-2008  Mr. Tarak Dhieb, vice-président chargé de la section Football est officiellement démis de ses fonctions. Le président du Club, Mr. Hamdi Meddeb a pris de son propre chef cette décision depuis vendredi soir. Des membres du bureau directeur et de la commission technique de recrutement ont alors été chargés d’informer Mr. Tarak Dhieb de cette décision. Mr. Dhieb, apprenant la décision prise de l’évincer s’est dit « de toutes façons lassé par certains comportements, agissements et maux rongeont le milieu sportif tunisien en général, et l’Espérance Sportive de Tunis en particulier ». Le nom du successeur de Mr. Dhieb est encore inconnu, mais nous apprenons que des contacts ont eu lieu avec Mr. Zied Tlemçani. Décidément, à l’Espérance, nous n’arriverons pas à fixer une date précise pour commencer à reconstruire. Dernière mise à jour : ( 14-07-2008 ) http://www.taraji.net/content/view/362/112/  Sur  http://www.e-speranza.net/

La caravane casse, les supporters aboient

juillet 15th, 2008 Il y a quelques années, certains dirigeants de l’Espérance ont essayé de nous faire transmettre un message consistant à dire que le rôle des supporters sang et or se limite à une assistance massive dans les stades, un soutien inconditionnel et une patience sans limite pour nos protèges. Les temps d’instrumentalisation sont révolus ! Nous pensons naïvement que le rôle des supporters est beaucoup plus subtil que cela. Certes le public doit être derrière son équipe, la supporter et essayer de l’aider mais il ne doit pas rester un spectateur passif, il doit essayer de s’impliquer sans pour autant perturber la vie du club. La question sous-jacente qui se pose tout naturellement est la suivante : Quelles sont les limites des supporters, quelles sont les lignes à ne pas franchir ? Quelles que soient les définitions que nos responsables vont nous fournir, nous pensons qu’il est de notre devoir aujourd’hui de faire comprendre aux uns et autres qu’une très grande frange de supporters espérantistes sont derrière notre éternel petit prince car nous avons un respect illimité pour l’homme et une admiration complète pour le joueur. Depuis sa nomination à la tête de l’équipe dirigeante de la section de football. Certains n’arrêtent pas de nous attendre au tournant, guettant le moindre « faux pas » pour faire des pressions sur notre président visant à éloigner le petit prince du parc B. Ceci ne date malheureusement pas d’hier, ça a déjà commencé quelques jours après son intronisation, ils avaient annonce la couleur très tôt. En effet, suite à la déclaration de Tarek sur les carences flagrantes de l’équipe dirigeant l’équipe nationale, certains ont utilisé tous les moyens pour l’écarter de l’Espérance (c.f notre article truth hurts). Mais notre président avait fait preuve de beaucoup d’abnégation et détermination, il a tenu à son petit prince. On avait gagné une petite bataille mais certainement pas la guerre !! En effet, on a appris de source très sure que le meilleur joueur sang et or de tous les temps a été démis de ses fonctions vendredi. Nous ignorons les vraies raisons mais nous ne pouvons pas cacher notre stupéfaction et notre frustration. Certains prétendent que c’est à cause de son geste malheureux lors de la remise du trophée, cela ne nous semble pas plausible !! Beaucoup de questions nous transpercent l’esprit : Que s’est-il vraiment passé ? Pourquoi cette fois Monsieur Hamdi Meddeb n’a pas soutenu Tarek. On attend impatiemment un communiqué détaillé de la part de notre bureau directeur concernant cette affaire. Nous n’accepterons pas d’être de simples spectateurs passifs, il s’agit d’un problème concernant tout le peuple espérantiste, il s’agit de l’avenir de notre équipe de cœur !! (Source: The e-speranZa Team Jul 14 2008, 21:47 PM)23:48 PM)  

 

Nul n’est prophète dans son Equipe

juillet 13th, 2008 | Hier l’Espérance a perdu deux à zéro à Sousse contre l’Etoile minimisant ainsi ses chances d’accéder à la phase des poules de la coupe de la CAF. En d’autres temps cela nous aurait intéressé au plus haut point, nous nous serions penché sur le rendement de l’équipe en général, que nous aurions disséqué, sur celui des joueurs en particulier, nous nous serions intéressé à la tactique adoptée, au coaching, à l’impact d’une telle défaite sur le moral des troupes. Mais aujourd’hui  cette défaite devient tout simplement anecdotique En effet Hamdi Meddeb (conseillé par des personnes animées par le seul amour de l’Espérance)a fini par céder en limogeant son vice président Tarak Dhiab, le meilleur joueur tunisien de tous les temps, Tarek DHIAB, celui dont la venue à la tête de la section foot a été saluée par tous les espérantistes, celui dont la nomination a procuré aux espérantistes peut être plus de joie que les performances sportives tellement les espérantistes étaient confiants que cet homme compétent, rigoureux, et honnête allait apporter à leur club. Malheureusement aujourd’hui tous les espérantistes sont tristes, ils doivent déchanter Tarak ne sera plus des leurs parce qu’il a dit tout haut ce que tout le monde pense tout bas, parce qu’il aurait commis un crime de lèse majesté dans les tribunes d’honneur du stade de rades, parce qu’il a refusé de faire des courbettes à ceux la mêmes qui ont tout fait pour l’évincer. Nous retiendrons de tout cela que la volonté du peuple espérantiste aussi nombreux soit- il ne pèse rien par rapport à la volonté des experts en combines ou plutôt de l’expert en combines celui qui n’a jamais accordé la moindre importance aux sentiments des espérantistes ,celui qui a déclaré qu’il n’était pas là pour faire plaisir à deux pelés et un tondus qui faisaient le déplacement avec l’équipe , celui qui a déclaré que le public de l’espérance n’avait qu’a mettre la main à la poche (comble de l’ironie) s’il voulait garder ses meilleurs joueurs accusant  ce même public d’être près de ses sous. Apres l’éviction de Tarak, à deux reprises en 1993 et en 2008, celle de Ben Yahia en 1997, celle de Maaloul en 1994 force est de constater qu’à l’espérance il n’y a de place que pour les bénis oui oui dans leur espérance à eux pas celle que nous aimons et vénérons. (Source: The e-speranZa Team Jul 13 2008, 21:47 PM)


Reuters, le 14 juillet 2008 à 13h39 Tunisair confirme une commande de 16 avions

 
FARNBOROUGH (Angleterre), 15 juillet (Reuters) – Tunisair a confirmé mardi une commande de 16 avions à Airbus et la signature d’un partenariat industriel qui permettra de créer 200 emplois en Tunisie dans le secteur aéronautique. La compagnie aérienne a signé au cours d’une conférence de presse organisée au salon de Farnborough l’achat de trois A350 XWB-800, de trois A330-200 et de dix A320. Sur la base des prix catalogues, purement indicatifs, la transaction est évaluée à près de deux milliards de dollars. Un accord de principe sur cette vente avait été conclu fin avril à l’occasion de la visite du président Nicolas Sarkozy en Tunisie . « Dans cette conjoncture difficile, cette commande prouve notre confiance dans les avions que nous avons achetés, notre stratégie de long terme et le marché du transport aérien », a déclaré Nabil Chettaoui, P-DG de Tunisair. La hausse quasi continue des prix du pétrole ces douze ,Mderniers mois exerce une pression forte sur les compagnies. Plusieurs d’entre elles ont dû réduire leur activité depuis le début de l’année. Nabil Chettaoui a souligné que les nouveaux avions commandés permettraient à son groupe de renforcer son offre vers l’Asie et l’Amérique du Nord ainsi que son positionnement régional. Le dirigeant a également confirmé la signature d’un partenariat industriel entre Tunisair et Airbus grâce auquel 200 emplois seront créés dans le secteur aéronautique en Tunisie. Une porte-parole du constructeur européen a déclaré à Reuters que le partenariat porterait sur les composants, sans donner davantage de détails. REUTERS

 AFP, le 14 juillet 2008 à 12h52 Airbus: Tunisair confirme sa commande ferme de 10 A320, 3 A330 et 3 A350

 
FARNBOROUGH (Grande-Bretagne), 15 juil 2008 (AFP) – Le transporteur aérien Tunisair a de nouveau confirmé mardi la commande ferme de 10 moyen-courriers A320 et 6 long-courriers: 3 A330-200 et 3 A350-900, auprès de l’avionneur européen Airbus, lors du Salon de Farnborough. Cette commande avait déjà été annoncée mais en tant que « lettre d’intention » pour une commande ferme, le 29 avril dernier à l’occasion de la visite du président français Nicolas Sarkozy en Tunisie. Le directeur commercial de Airbus, John Leahy, a estimé cette commande à « 2 milliards de dollars ». Cet accord est accompagné d’un partenariat industriel pour développer l’industrie aéronautique en Tunisie qui vise à créer 2.000 emplois sur place, a rappelé Fabrice Brégier, directeur général délégué d’Airbus, qui avait alors accompagné M. Sarkozy. Le patron de Tunisair, Nabil Chettaoui, a par ailleurs affirmé sa confiance dans la croissance du transport aérien en dépit de la cherté du pétrole. AFP

AFP, le 15 juillet 2008 Union pour la Méditerranée Lancée dans un climat d’espoir, mais route semée d’embûches  

Par Christophe de Roquefeuil, AFP Paris (afp) Lancée en grande pompe sous le signe de la paix, l’Union pour la Méditerranée doit encore régler de nombreuses questions-clé. Elle doit notamment démontrer qu’elle peut répondre aux défis d’une région aux écarts économiques considérables et aux profondes divisions politiques. « Nous en avions rêvé, l’Union pour la Méditerranée est maintenant une réalité », s’est félicité dimanche le président français Nicolas Sarkozy, hôte du sommet qui a réuni 43 pays. Il a toutefois reconnu qu’il y avait encore « beaucoup de travail ». Son ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner a salué un « événement magnifique ». Mais il a déploré que la rivalité israélo- palestinienne, qui a déjà plombé ces dernières années la coopération euro-méditerranée, ait provoqué un « blocage de dernière minute » dans la rédaction de la déclaration finale. Financement à trouver Les questions institutionnelles devraient occuper une bonne part des travaux de mise en place de l’UPM dans les prochains mois. Le choix d’un site pour le secrétariat général, que se disputent le Maroc, la Tunisie, Malte et l’Espagne, reste à régler. Les ministres des Affaires étrangères de l’UPM doivent se retrouver en novembre pour tenter de résoudre ce point. La question du financement des projets régionaux destinés à donner un contenu concret à l’UPM (environnement, transports, protection civile) n’est pas non plus verrouillée. M. Kouchner a reconnu que pour faire avancer l’UPM « il faudra trouver des idées et des moyens » et promis que « toutes les voies seront explorées ». Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a toutefois estimé que la dynamique créée par l’UPM allait aider à dégager des « ressources additionnelles ». Exercice de rééquilibrage Reste également à démontrer que le lancement de projets de coopération ciblée suffira à combler l’immense écart de développement de cette région, où le revenu moyen par habitant est de 26 000 dollars au nord, contre 7000 dollars par an au sud. Le président égyptien Hosni Moubarak a souligné dimanche que la population des pays du sud méditerranéen allait augmenter de 100 millions de personnes d’ici 2030. Un défi de taille pour une Europe à la démographie poussive, confrontée à une forte pression migratoire venue du sud. Le chef de la diplomatie suédoise Carl Bildt a salué « une approche plus ambitieuse » pour la coopération euro-méditerranéenne, mais a prévenu que le lancement de l’UPM « ne vas pas changer le monde » du jour au lendemain. Conflit autour d’Israël L’UPM risque aussi de se heurter aux mêmes écueils que le processus de Barcelone, lancé en 1995 pour tenter de relancer la politique méditerranéenne de l’UE, victime notamment des tensions israélo-arabes. La querelle de fin de sommet entre Israéliens et Palestiniens sur la dénomination « d’Etat national » pour qualifier Israël a une nouvelle fois montré la difficulté de traduire en pratique les envolées sur les espoirs de paix. A Beyrouth, le quotidien As-Safir a estimé que l’UPM pourrait connaître le même sort que « la Déclaration de Barcelone qui a achoppé sur le conflit arabo- israélien ». Antoine Basbous, directeur de l’Observatoire des pays arabes, souligne quant à lui que l’UE reste comme avant confrontée à la difficulté de travailler avec une rive sud minée par ses rivalités internes, dominée par « des dirigeants plus soucieux de sanctuariser leurs régimes que de développer leurs pays ». Cap sur l’Est L’UPM pourrait encore pâtir de la volonté affichée de certains pays européens de renforcer la coopération avec l’Europe de l’Est et caucasienne. « Cette année est une année méditerranéenne, alors l’année prochaine sera une année orientale », a prévenu le vice-Premier ministre tchèque Alexandr Vondra, dont le pays remplacera en janvier 2009 la France pour la présidence de l’UE. AFP  

Démocratie entre deux rives

Moncef Marzouki médecin, écrivain, opposant tunisien.

 
On peut être pour ou contre l’Union méditerranéenne de milles façons, il n’en demeure pas moins que le projet est en soi une bonne idée. Créer une structure de rencontre entre voisins aux relations difficiles et aux cultures différentes, dessiner un nouvel espace de coopération sur des questions aussi cruciales que la protection de la nature et le développement durable : qui pourrait trouver à y redire ? Pour les intellectuels arabes et surtout maghrébins de ma génération, la création d’une maison commune permettrait enfin de réconcilier leur inné culturel arabo-musulman et leur acquis occidental. On feint de croire que les Arabes et les Israéliens ne sont pas à couteaux tirés, ou que les chefs d’Etats arabes assis à côté d’Ehud Olmert sont représentatifs de leurs peuples. Or, la première loi enseignée par l’histoire stipule qu’on ne construit pas les unions politiques avec des partenaires en guerre larvée, et sans perspective sérieuse de paix. La deuxième loi, dont fait fi ce projet d’Union méditerranéenne, dit qu’on ne fait d’unions politiques négociées qu’entre des régimes démocratiques. Seuls de tels régimes, à l’écoute de leurs peuples, gérant le pouvoir comme une fonction temporaire et non comme un privilège qu’on ne lâchera que contraints et forcés, peuvent concéder des abandons de souveraineté et accepter librement des lois communes. Si l’unité arabe ou maghrébine est toujours un rêve, c’est à cause de l’impossibilité de réunir cette condition fondamentale, chaque dictature ne cherchant qu’à asseoir un pouvoir sans partage sur sa «propriété». On ne peut davantage unir des dictatures et des démocraties. Ce n’est pas par hasard si l’unité européenne n’a démarré qu’après la chute des régimes nazi et fasciste. L’entrée de l’Espagne ou du Portugal dans l’Union européenne n’aurait pu se faire avec des hommes tels que Franco ou Salazar. Or, voilà une bien curieuse Union qui veut réunir sous le même toit les premières démocraties de la planète et ses dernières dictatures. Des esprits pragmatiques peuvent nous objecter ici que la politique comme la vie avance en bricolant. L’UM pourrait avancer en créant la première des conditions de son existence, à savoir la paix au Proche-Orient. On ne voit pas en quoi elle serait un meilleur cadre de négociations que tous ceux qui existent déjà. Le conflit est si profond, si complexe, que la question du cadre est tout à fait secondaire. Ce n’est pas en faisant l’UM qu’Arabes et Israéliens feront la paix, mais en faisant la paix qu’ils feront l’UM. Quid de la seconde condition ? L’UM pourrait-elle faire avancer lentement mais sûrement le processus de démocratisation sur la rive sud, et ce par la persuasion ? Si tel était le cas, nous autres démocrates arabes approuverions sans hésiter la nouvelle structure. Malheureusement, nous avons toutes les raisons de croire que, non seulement l’UM ne va pas promouvoir la démocratisation de nos pays, mais qu’elle en sera au contraire un frein. La ville choisie, Tunis, pour en abriter le secrétariat est une cité en état de siège policier depuis 1991, où les libertés fondamentales ont cessé d’exister, où les militants des droits de l’homme sont chassés à courre par des hommes de main d’un dictateur qui se prépare, en 2009, à être élu pour la cinquième fois avec 99 % des suffrages. Lors de sa visite à Tunis au mois de juin, Nicolas Sarkozy a exprimé tout haut ce que les dirigeants occidentaux pensent tout bas. Le message implicite, reçu par les dirigeants tunisiens, était on ne peut plus clair : pour votre combat contre l’islamisme, tout vous sera pardonné, y compris votre combat contre la démocratie. L’ardoise effacée de Kadhafi, les yeux doux à Bachar Al-Assad, Hosni Moubarak ou Abdelaziz Bouteflika, sont autant de facteurs de légitimation internationale pour des hommes qui n’ont plus depuis longtemps aucune légitimité interne. L’appui franc et massif aux pires dictatures arabes, entériné et renforcé par l’UM, n’est en fait que la continuation d’une stratégie occidentale qui a existé bien avant l’apparition du tsunami islamiste, présenté aujourd’hui comme l’explication de la frilosité d’un Occident craignant à la fois le terrorisme et le résultat d’élections libres à la palestinienne. On soutient aujourd’hui Ben Ali ou Kadhafi comme on a soutenu hier Saddam, sans états d’âme. D’où notre amusement à entendre des hommes comme Hubert Védrine appeler l’Occident, et notamment l’Europe, à cesser d’être «gentil» et «naïf» en voulant contraindre des Etats rétifs et des peuples immatures à adopter cette valeur occidentale qu’est la démocratie. Contrairement aux idées reçues, le processus de démocratisation de nos sociétés est un fait objectif dû aux transformations sociales et technologiques, ainsi qu’à la naissance d’un fort courant d’idées, après la défaite de 1967, prônant l’appropriation par les Arabes de cette technique de gouvernement et de gestion sociale efficace qu’est la démocratie. Non seulement ses adeptes n’étaient pas une cinquième colonne de l’Occident, mais leur combat s’est développé sous le regard indifférent, voire hostile, des ambassades et des chancelleries occidentales, notamment américaines et françaises. Pire, le travail des démocrates arabes pendant trente ans, pris entre le marteau de l’islamisme et l’enclume de la dictature, a failli être entièrement détruit par l’intervention américaine en Irak, intervention qui a rendu le mot de démocratie lui-même détestable aux oreilles de millions d’Arabes. Aujourd’hui, l’UM parachève dans l’esprit de nos peuples cette image de plus en plus détestable d’un Occident cynique, aux valeurs à géométrie variable, qui déroule le tapis rouge sous les pieds des derniers dictateurs de la planète, se donnant bonne conscience en intervenant ponctuellement pour tel ou tel cas humanitaire. L’UM, dont M. Moubarak risque d’être le coprésident et M. Ben Ali le secrétaire général, va donc rendre plus difficile la situation des démocrates arabes. Une partie de la jeunesse arabe, voyant cette nouvelle alliance entre les anciens occupants et ces véritables régimes d’occupation interne que sont les dictatures, l’interprétera comme dirigée contre leur lutte pour la seconde indépendance, et sera encore plus sensible aux arguments de l’islamisme, qui se présente comme le seul mouvement de résistance à la dictature et à l’hégémonie. Heureusement, l’UM ne risque pas de nous causer des dégâts irréversibles. Nous connaissons bien nos dictateurs pour leur faire confiance en matière de blocage et de stérilisation. Au pire, ils feront du nouveau «machin» une pompe à fric et un cadre supplémentaire pour la coopération policière, au mieux, ils en feront un édifice fermé pour congé illimité dès la fin de la séance d’ouverture. L’idée est pourtant bonne. Elle est nécessaire pour promouvoir la paix, la stabilité et la coopération entre de vieux peuples beaucoup plus proches qu’ils ne le croient. Elle doit continuer son chemin pour devenir un jour une belle réalisation. Cela suppose qu’elle devienne l’affaire des sociétés civiles des deux rives rattrapant le gâchis des uns et des autres. (Source : « Libération » (Quotidien – France), le 15 juillet 2008) Lien :http://www.liberation.fr/rebonds/338393.FR.php


Un document du CICR le dit: les Etats-Unis ont torturé 

ETATS-UNIS. L’organisation parle de «crimes de guerre» dans un rapport secret dévoilé par une journaliste américaine.

 
Blaise Chevrolet, Washington Le mot «torture» est lâché. La menace de traduire en justice des membres du gouvernement américain est brandie. Dans un livre intitulé La Face cachée, à paraître mardi aux Etats-Unis, la journaliste Jane Mayer dévoile un rapport secret du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), dont les conclusions sont sans appel. L’organisation y confirme «catégoriquement» le recours à la torture par les Etats-Unis contre des membres présumés d’Al-Qaida. Elle lance également un avertissement: «Les membres de l’administration Bush qui ont autorisé ces pratiques pourraient être coupables de crimes de guerre.»  Enchaînés au plafond Selon la journaliste du New Yorker, le CICR a rédigé son rapport après une visite à Guantanamo à la fin de l’année 2006. Il l’a transmis ensuite à la CIA, qui l’a remis au président George W. Bush et à la secrétaire d’Etat, Condoleezza Rice. Sur la base militaire, les délégués ont rencontré plusieurs prisonniers, dont Abu Zubaydah, considéré comme l’un des lieutenants d’Oussama ben Laden. Grâce à leurs témoignages, ils ont reconstitué le traitement infligé aux détenus dans les prisons secrètes de la CIA, avant leur arrivée à Guantanamo. Abu Zubaydah a assuré avoir été soumis au moins à dix reprises au «waterboarding», cette pratique qui consiste à mettre la tête d’un détenu sous l’eau pour simuler la noyade. Après son arrestation, il a d’abord été enfermé dans une caisse où il ne pouvait que rester «replié en position fœtale», selon le récit de la journaliste. Au total, le CICR s’est entretenu avec 14 prisonniers. Onze d’entre eux ont dit avoir été privés de sommeil, en étant soumis à longueur de journée «à une lumière très forte et du bruit qui déchirait leurs tympans». Certains ont dénoncé les nombreuses heures passées «enchaînés au plafond». Pour Jane Mayer, ces pratiques sont contraires aux Conventions de Genève et même à la loi américaine. Aux Etats-Unis, le mot «torture» est tabou, même après la diffusion des images de la prison irakienne d’Abou Ghraib il y a quatre ans. La presse a tendance à utiliser le terme «abus», y compris quand elle se réfère au «waterboarding». Jusqu’à présent, les seuls Américains à avoir été jugés et condamnés pour «abus» n’étaient que de simples soldats, souvent présentés comme des «moutons noirs» qui n’avaient pas bien compris les consignes. En 2005, George Bush s’était notamment exclamé haut et fort: «Nous ne torturons pas.» Le CICR embarrassé Interrogé par Le Temps, le CICR n’a pas caché son embarras. «On ne discute jamais publiquement du contenu de notre dialogue confidentiel avec les autorités», a répondu l’organisation, sans nier ou confirmer l’authenticité du rapport. Elle «regrette toutefois que l’ouvrage attribue au CICR des informations sur les détenus alors que la divulgation de telles informations n’est pas la pratique de l’organisation et que la journaliste n’a jamais approché le CICR.» En d’autres termes, l’origine de la fuite est à chercher du côté de l’administration américaine, où les règlements de comptes se multiplient à l’approche de la fin du mandat de l’actuel président américain. Dans La Face cachée, Jane Mayer démontre à quel point certains responsables ont travaillé dans la peur. Elle cite notamment l’exemple de l’ancien ministre de la Justice, John Ashcroft. Il craignait tellement d’être sur écoute qu’il en est arrivé à utiliser un langage codé pour parler à ses collaborateurs. Pour la journaliste, la lutte contre le terrorisme s’est transformée en «une guerre contre les idéaux américains». Elle vise notamment le vice-président Dick Cheney et son entourage. «Pour la première fois dans l’histoire, les Etats-Unis ont autorisé des responsables du gouvernement à tourmenter physiquement et psychiquement des prisonniers, faisant de la torture une loi nationale dans tous ses aspects sauf le nom», dénonce Jane Mayer. (Source : « Le Temps » (Quotidien – Suisse), le 14 juillet 2008)

Au terme de sa 3ème semaine de grève de la faim Wahid Brahmi, prisonnier politique, Menacé de mort

 
Chers amis de la liberté et défenseurs de la dignité humaine Je vous présente le cas d’un prisonnier politique, Wahid Brahmi, 24 ans, étudiant en 2e année français à l’Institut supérieur des études appliquées en humanités de Gafsa (Université de Gafsa), et membre du Parti Démocrate Progressiste (PDP, Fédération de Sidi Bouzid) Adresse : Wahid Ahmed Mohamed BRAHMI, prisonnier no 4750, Majmaa A, Aile 4, Chambre 03, Prison civile de Tunis à Mornaguia, 1110. Il purge une peine de 2 ans 4 mois de prison dans les affaires numéros : 6824, 6825 et 6845. Les chefs d’inculpation sont : 1/ Diffusion de fausses nouvelles annonçant des actions criminelles contre des personnes (sans preuves sauf la parole des journaux « Aljoumhouria » et « Alhadath ») 2/ Affichage au sein de l’université d’un « tract » imprimé à l’ordinateur et portant son nom en bas (rien ne prouve que c’est lui qui l’a affiché). Il est actuellement en danger de mort puisqu’il est en grève de la faim depuis le 18 juin dernier pour protester contre ses conditions d’incarcération. A la dernière visite de son père à la prison de Mornaguia près de Tunis le 9 juillet 2007, Wahid a été amené au parloir sur une chaise roulante parce qu’il n’avait plus la force de marcher. Les raisons de cette grève de la faim sont multiples : – les conditions de détention en isolement ou avec des criminels de droit commun violents, – des gardiens l’agressent régulièrement, – ses plaintes ne sont pas prises en compte, en particulier sa plainte contre trois agents de police de Gafsa (400 km au sud-ouest de Tunis) qui l’avaient sodomisé lors de sa détention préventive et dont il connait les noms. Ces tortionnaires se nomment: Belgacem Rabhi, Rachid et Mohamed. Le supplicié n’a pas réussi à connaitre les noms de famille des deux derniers. Les noms de ses trois tortionnaires ont été transmis par nos soins, par une correspondance officielle,  à Monsieur le Ministre de l’intérieur qui n’a pas donné suite à notre plainte. Voici dans ce qui suit les moments saillants du calvaire que vit Wahid Brahmi depuis de longs mois : 12 février 2007 : Wahid a disparu pour sa famille. Il a été arrêté par la police politique à Gafsa où il a été torturé, obligé de signer des aveux et maintenu au secret sans contact avec sa famille ou un avocat de son choix. Mai-juin 2007 : Il a été jugé en première instance et condamné à 4 ans de prison ferme à une date inconnue sans la présence d’un avocat choisi par lui ou par sa famille. Sans la présence, ni la connaissance de sa famille non plus. 30 juin 2007 : En appel, il a été condamné à 2 ans et 4 mois toujours en secret et sans avocat de son choix et sans que sa famille le sache. 2 juillet 2007 : Le  Juge d’Application des peines lui a fait signer une demande de pourvoi en cassation sans qu’il y ait l’intervention d’un avocat. On ne connait aucune suite à ce pourvoi. Juillet et Août 2007 : Wahid a mené une grève de la faim durant 40 jours à la prison de Gafsa pour protester contre l’injustice de son incarcération et contre la torture sauvage qu’il a subie et qui était destinée à l’humilier et à détruire sa résistance. Août 2007 : Ayant eu pitié de lui, un gardien de prison a téléphoné au frère ainé de Wahid pour lui faire savoir son lieu de détention. 27 août 2007 Son père lui  rend visite pour la première fois, soit presque 7 mois après sa disparition. Fin de l’été 2007 : Il a été transféré de la prison de Gafsa à la prison de Mornaguia, moins dure mais loin du domicile de ses parents, ce qui rend les visites difficiles. Depuis : Il subit des pressions de la part de ses geôliers et des pressions pour qu’il démissionne de son parti politique, le Parti Démocrate Progressiste (PDP). Parmi les supplices auxquels il est soumis régulièrement, on relève l’absence d’eau pour se laver, l’interdiction de douche, l’isolement et le refus de soins. 18 juin 2007 : Devant le refus de l’administration pénitentiaire de donner suite à toutes ses demandes concernant ses conditions d’incarcération, et devant la détérioration de ces conditions, Wahid n’a trouvé de solution que d’entamer, de nouveau, une grève de la faim illimitée. Au nom des droits humains universels et au nom des valeurs de  justice qui nous unissent, tous, citoyens du Monde, de tous bords, faisons tous un effort pour sa libération et pour que justice lui soit rendue. Tunis, le 12 juillet 2008

Tunisie: Le président Ben Ali reçoit le Trophée de la CISA

 
La Convention internationale du sport en Afrique (CISA) a décerné vendredi au président tunisien, Zine El Abidine Ben Ali, le « Blason de la meilleure politique de développement des installations sportives en Afrique ». Le trophée dit « JAPPO Award », décerné pour la première fois à un chef d’Etat, lui a été remis par le président de la CISA, Diamil Faye, au cours d’une cérémonie organisée au palais présidentiel de Carthage, banlieue nord de Tunis, à l’occasion de la célébration de la Journée nationale du savoir. M. Faye, cité par l’agence de presse tunisienne TAP, a justifié cette distinction par « l’intérêt accordé par le président tunisien au mouvement olympique et aux domaines de la jeunesse, du sport et de l’éducation ». Selon lui, « cette approche a permis à la Tunisie d’organiser avec succès, les grandes manifestations sportives continentales et mondiales ». Il a également relevé « les multiples initiatives (qu’il a) prises et qui ont eu un large écho sur le plan international, dont notamment celle, adoptée à l’unanimité en 2003 par l’assemblée générale de l’ONU et qui vise à garantir aux enfants et aux jeunes, le droit à l’exercice de l’éducation physique et du sport dans des conditions propices ». Le président de la CISA s’est par ailleurs félicité de l’inscription dans les programmes scolaires en Tunisie d’un cours sur le mouvement olympique et ses valeurs universelles, une « expérience unique en son genre en Afrique et dans le monde arabe », a-t-il noté. Selon la TAP, les JAPPO Awards, créés par la société JAPPO en 2007 et décernés par la CISA, sont destinés à récompenser les personnes ou institutions sportives, en Afrique et dans le monde, qui ont le plus contribué au développement du sport africain. Ils sont attribués dans quatre catégories: fair play, actions humani- taires dans le sport, promotion du sport et meilleure politique en matière d’infrastructure sportive. La CISA, regroupe les grands décideurs et experts du monde sportif, membres du comité international olympique (CIO), de l’Association des comités nationaux olympiques (ACNOA), des fédérations sportives, internationales, continentales et nationales, des associations sportives, du Conseil Supérieur du Sport en Afrique (CSSA), de la Conférence des ministres de la jeunesse et du sport des Etats ayant le français en partage (CONFEJES).  

AFP, le 14 juillet 2008 à 13h59 Béchir, 3e président en exercice rattrapé par la justice internationale

 
KHARTOUM, 14 juil 2008 (AFP) – Le président soudanais Omar el-Béchir, contre qui le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) a réclamé lundi un mandat d’arrêt pour génocide et crimes contre l’humanité commis au Darfour, est le 3e président en exercice rattrapé par la justice internationale. CHARLES TAYLOR: Le président libérien Charles Taylor a été inculpé en mars 2003 de onze chefs d’accusation de crimes de guerre et crimes contre l’humanité par le Tribunal spécial pour la Sierra Leone (TSSL). Il occupait alors la présidence du Liberia, poste auquel cet ancien chef de guerre avait été démocratiquement élu en 1997. Il est actuellement jugé par le TSSL à La Haye. SLOBODAN MILOSEVIC: Le président yougoslave Slobodan Milosevic, élu en 1997, a été inculpé en mai 1999 par le Tribunal pénal international (TPI) pour l’ex-Yougoslavie pour des crimes de guerre et crimes contre l’humanité commis par l’armée yougoslave contre des civils au Kosovo. Son procès fleuve, qui rassemblait des accusations pour tous les conflits ayant déchiré l’ex-Yougoslavie dans les années 1990, a été brusquement été interrompu par la mort de l’accusé dans sa cellule de détention en mars 2006. Par ailleurs, le Sénégal a été mandaté par l’Union africaine(UA) en juillet 2006 pour accueillir le procès de l’ancien président tchadien Hissène Habré au pouvoir de 1982 à 1990, et réfugié au Sénégal après son renversement en décembre 1990. Il est poursuivi pour « crimes contre l’humanité ». Hissène Habré avait été inculpé en 2000 à Dakar pour « complicité d’actes de tortures » mais la justice sénégalaise s’était déclarée en 2001 « incompétente » pour juger des crimes commis hors du Sénégal. En avril 2008, le Sénégal a procédé à des changements constitutionnels qui devraient permettre de juger l’ex-président tchadien. Hissène Habré est également visé par une instruction en Belgique.
 
AFP


 
El-Béchir, encore loin de la justice

Cour pénale internationale. L’inculpation du président soudanais risque d’être symbolique.

 
CHRISTOPHE AYAD C’est une véritable bombe judiciaire qu’a lancée hier le procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Luis Moreno-Ocampo, en annonçant avoir demandé l’inculpation et l’arrestation du président soudanais, Omar el-Béchir, pour «génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre» au Darfour. C’est aussi un pari risqué qu’il prend, car la charge symbolique et les implications politiques de telles accusations, visant de surcroît un président en exercice, sont telles que d’intenses pressions vont s’exercer sur la CPI dans les semaines à venir. Un panel de juges de la Cour doit ainsi se prononcer d’ici «deux ou trois mois», selon le procureur, après avoir examiné les éléments de preuves fournis. Les juges pourront accepter ou rejeter la demande d’inculpation et d’arrestation du procureur, ou encore réclamer un complément d’information. Embûches. Luis Moreno-Ocampo entame une route semée d’embûches. Cette demande d’inculpation est une double première pour la CPI : d’abord pour génocide, ensuite contre un chef d’Etat en exercice. Le traité de Rome, fondateur de la Cour qui fêtera son dixième anniversaire jeudi, permet des poursuites contre des chefs d’Etat. Mais la CPI ne dispose pas de sa propre force de police, ce qui la rend dépendante du bon vouloir des Etats. En cas de confirmation de l’inculpation, qui aura le courage d’arrêter le président El-Béchir lors d’un déplacement à l’étranger ou de sa participation à un sommet international ? Ce n’est que l’un des innombrables casse-tête créés par l’initiative du juge argentin, qui s’était fait connaître pour avoir poursuivi les généraux de la dictature dans son pays, avant de devenir le premier procureur de la CPI. Moreno-Ocampo a aussi voulu, par cette démarche spectaculaire, redorer le blason d’une institution dont le bilan est plutôt mitigé. Nombre d’observateurs, tel Human Rights Watch dans un récent rapport, lui reprochent sa lenteur, son incapacité à avoir débuté un procès et son absence de stratégie. Après avoir inculpé des sous-fifres, comme de «petits» chefs de guerre congolais, subi des revers comme le report sine die du procès prévu en juin contre le Congolais Thomas Lubanga, le procureur Ocampo semble décidé à passer à la vitesse supérieure. Il s’en prend à de hauts responsables, qu’il tient pour les instigateurs et les donneurs d’ordre, à l’instar de l’ex-vice-président congolais, Jean-Pierre Bemba, arrêté à Bruxelles en mai, et aujourd’hui le président soudanais. Mais ce changement de cap suscite l’inquiétude des dirigeants africains et arabes, qui se sentent les premiers visés, voire des chancelleries occidentales, qui estiment que la justice doit savoir s’incliner devant les nécessités diplomatiques, lorsque la paix est en jeu. Le Soudan a, bien sûr, immédiatement annoncé son «rejet» des accusations d’Ocampo et son refus de coopérer avec la CPI ; mais il a aussi menacé d’une «réaction», ce qui ne laisse pas d’inquiéter. Cibles. Or le pays compte 10 000 Casques bleus au Darfour et autant au Sud Soudan, qui font de parfaites cibles en cas de représailles de Khartoum. Même le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, s’est inquiété des «répercussions négatives» d’une telle initiative : la CPI a pourtant été saisie par le Conseil de sécurité du cas du Darfour. Lui seul peut décréter une suspension des poursuites pour une durée d’un an, renouvelable. Une telle issue, sur laquelle mise Khartoum, signerait la fin du rêve d’une justice internationale. Elle pourrait aussi inciter Omar el-Béchir à rester au pouvoir ad vitam æternam, puisque c’est le meilleur moyen de ne pas finir derrière les barreaux, comme l’ont prouvé les cas du Serbe Milosevic et du Libérien Taylor. Déjà, un front de soutien au Soudan se dessine, rassemblant la Chine, la Russie, les pays arabes et une majorité d’Africains. A l’opposé, l’Union européenne a apporté un soutien prudent à Moreno-Ocampo. Bernard Kouchner, au nom de la France, a été le plus en pointe : «Il [El-Béchir] doit respecter les recommandations de la Cour et c’est tout !» Washington, qui passe son temps à dénoncer le «génocide» au Darfour mais ne reconnaît pas la CPI, s’est montré plus circonspect, appelant tout le monde «à garder le calme». Même la CPI ? (Source : « Libération » (Quotidien – France), le 15 juillet 2008) Lien :http://www.liberation.fr/actualite/monde/339080.FR.php


AFP – Lundi 14 juillet, 18h15

France: plusieurs arrestations de militants anti-Assad à Paris

 
PARIS (AFP) – La police a procédé lundi à plusieurs arrestations de militants français qui protestaient à Paris contre la présence du président syrien Bachar al-Assad dans la tribune d’honneur du défilé militaire du 14 juillet, la fête nationale. Le secrétaire général de l’organisation de défense de la liberté de la presse Reporters sans Frontières, Robert Ménard, a été interpellé sur les Champs-Elysées, peu avant le début du défilé lundi matin, en compagnie d’une dizaine de militants de RSF qui criaient « Liberté en Syrie ». Selon un communiqué de RSF, « les manifestants ont tenté de brandir les photos de journalistes emprisonnés en Syrie, en Tunisie, en Egypte et au Maroc, avant d’être évacués sans ménagement par les forces de l’ordre ». « On n’est pas contre la présence de Bachar al-Assad à Paris, mais contre le fait qu’il soit reçu à la tribune présidentielle » a déclaré à l’AFP Vincent Brossel, responsable du bureau Asie-Pacifique de RSF. « C’est quand même le 14 juillet, la prise de la Bastille symbole de la lutte contre l’autoritarisme et on retrouve un des pires dictateurs du Moyen Orient à la tribune célébré comme si c’était un démocrate », s’est insurgé M. Brossel avant d’être lui-même interpellé par la police. Tous les dirigeants ayant participé au lancement dimanche à Paris de l’Union pour la Méditerranée (UPM) ont été invités par M. Sarkozy a assister au défilé du 14 juillet. Par ailleurs, une quinzaine de militants de l’association de lutte contre le sida Act up ont été arrêtés alors qu’ils voulaient manifester devant l’ambassade de Syrie à Paris « pour dénoncer l’homophobie régnant dans ce pays », a affirmé l’association dans un communiqué. Act up a expliqué qu’elle avait prévu de se rendre dans les ambassades de « la plupart des États de l’Euroméditerrannée invités au défilé du 14 juillet ». La présence aux cérémonies du 14 juillet de M. Assad, qui dirige un des régimes les plus répressifs du monde arabe, a été vivement critiquée par l’opposition de gauche en France et des organisations des droits de l’Homme.

AFP, le 14 juillet 2008 à 09h49 Assad à Paris: une reconnaissance du rôle incontournable de la Syrie au PO (presse)

 
DAMAS, 14 juil 2008 (AFP) – La visite du président Bachar al-Assad à Paris est une « reconnaissance » du rôle incontournable de la Syrie au Proche-Orient, s’est félicité lundi le quotidien syrien officiel as-Saoura dans un éditorial. « C’est une reconnaissance du rôle de la Syrie dans la région, de l’utilité de ce rôle pour la communauté internationale. Pour sortir la région de l’impasse, il a fallu chercher la Syrie », écrit le journal. Le président syrien a participé dimanche à Paris au lancement de l’Union pour la Méditerranée (UPM), en présence d’une quarantaine d’autres dirigeants européens et du bassin méditerranéen. Le président français Nicolas Sarkozy, lors d’une rencontre avec M. Assad, a évoqué « des efforts syriens pour trouver une solution politique à la tension entre l’Occident et l’Iran à propos de son dossier nucléaire », souligne as-Saoura. Après les rencontres de M. Assad à Paris, notamment avec le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon, les dirigeants libanais, turc, chypriote et qatari, « il est clair que la Syrie s’apprête à une vaste action politique et diplomatique dans la région au moment où elle dirige l’action arabe commune en tant que présidente du sommet arabe » qui s’est tenu en mars dernier dans la capitale syrienne, poursuit le quotidien. Le journal du parti au pouvoir, al-Baas, qualifie pour sa part lundi M. Assad de « vedette » du sommet de l’UPM. « Plusieurs médias ont dit que le président Assad était la vedette de ce sommet. C’est la réalité, puisque M. Assad a suscité l’intérêt des médias qui lui ont consacré la place la plus large », affirme al-Baas dans un éditorial.  
AFP


 

Un pacte pour l’immigration aux fondements de l’Union pour la Méditerranée Une politique humiliante, « inhumaine et devenue dangereuse », jusqu’à quand ?

 
Nadia Omrane Au moment où nous mettons en ligne cet article, les ministres de l’intérieur européens viennent d’adhérer à un Pacte commun sur l’immigration proposé par M. Brice Hortefeux à Cannes le 7 juillet. Ce texte, compromis flou, sera ratifié en septembre par les chefs des 27 États de l’Union. Voici l’ossature de la nouvelle politique européenne commune de contrôle des frontières, fondée sur l’expulsion massive des sans-papiers et sur les razzias contre les embarcations clandestines d’étrangers, en échange d’une immigration de travail à prix cassés sur le territoire européen, de travailleurs très qualifiés et d’hyper diplômés venus du sud. Président de l’Union européenne depuis le 1er juillet, M. Nicolas Sarkozy se propose de faire signer par ses homologues un Pacte commun sur l’immigration. Faudra-t-il rectifier en un Pacte contre l’immigration ? Déjà le Parlement européen n’a-t-il pas ratifié une scandaleuse Directive du retour rebaptisée plus justement Directive de la honte [1] ? Cette orientation recommande à tous les États européens de pénaliser les immigrants en situation irrégulière, en les enfermant dans des centres de rétention pour un délai de 6 à 18 mois et d’assortir leur expulsion d’Europe d’une interdiction de séjour de 5 ans. Même les mineurs non accompagnés ne sont pas épargnés ! Certes, il faut bien une homogénéisation de la règle de circulation, dans un espace Schengen élargi à 27 États qui ne sauraient tolérer un manquement à la loi. Pourtant, à propos de ces sans-papiers, reconnaissons que si quelques poignées peuvent relever plus d’Interpol que d’une gestion sociale de l’immigration, le plus grand nombre – ils seraient 1 million à séjourner illégalement en Europe – sont les victimes de la misère de leurs pays d’origine, de l’incurie de leurs gouvernants et de réseaux de trafiquants. Mais une fois stabilisés tant bien que mal, ils contribuent en Europe à la croissance nationale, les économistes chiffrant à 0,1% de croissance par 50 mille travailleurs immigrés la part de ces pauvres déplacés dans l’enrichissement des pays qui les rejettent ! Ils paient aussi leurs charges et impôts et leur régularisation massive en Espagne ou en Italie, si parcimonieuse et au cas par cas en France, ne contribue pas selon les spécialistes à un appel d’air. Ainsi, un sociologue observait récemment que les immigrants marocains et sub-sahariens en Espagne n’étaient pas arrivés par les Canaries ou par Tanger, comme leur congénères récemment régularisés, mais d’Amérique latine par le port d’Amsterdam ! L’affaire des sans-papiers dans la restauration française justifie la présence de ces cuistots et plongeurs en eau pas si trouble que cela, puisqu’ils sont bien visibles dans l’île de la Jatte à Neuilly. Dans le bâtiment aussi, les immigrants forment une main d’œuvre à bas coût, déplaçable au gré des chantiers et l’Espagne leur doit son boom de l’immobilier. Ce dernier exemple illustre et explique les raisons économiques et non juridiques (le respect de la loi), encore moins faussement humanitaires (la protection de ces pauvres hères contre le trafic des passeurs), enfin en aucun cas philanthropique (récupération par les pays du Sud d’une main d’oeuvre plus qualifiée par son stage en Europe), bref, les véritables raisons du glissement de la tolérance envers une immigration clandestine à la régulation d’une immigration choisie : l’Europe a toujours besoin d’immigration, mais les aléas de la prospérité ou de la crise en déterminent le niveau. Même la droite européenne, fût-ce sous la menace sécuritaire, n’a jamais plaidé en faveur d’une immigration zéro. Pour un continent vieillissant et qui a besoin d’une jeunesse vigoureuse pour se reproduire et surtout salariée pour payer les retraites de ses seniors, il faut de nouveaux bras sur le marché du travail. Les secteurs cités plus haut ont grand besoin de cette main d’œuvre, de même qu’est requis un personnel de soin, d’assistance et de proximité. La France, pour parler d’elle, aurait besoin d’ici 2012 de 300.000 nouveaux immigrants. Mais la crise économique tasse aujourd’hui la demande qui, jusqu’ici, permettait de fermer les yeux sur la clandestinité. Ainsi, la crise de l’immobilier rejette aujourd’hui en Espagne les maçons maghrébins et africains tolérés sur les chantiers jusqu’à présent. « Le renard dans le poulailler » La solution apparaît dès lors de désengorger la demande pléthorique clandestine dans des secteurs à besoin de main d’œuvre et d’aller cueillir celle-ci en ses plus beaux états, sur place au Sud. Cela s’appelle aussi aller faire son marché de consommateur chez le producteur. Mais qu’en termes triviaux ces choses-là sont dites alors que, sur le site électronique de l’ambassade de France, les protocoles de cet « échange concerté » (avec qui ?) et les liens vers la « Carte compétences et talents », vers les installations professionnelles et vers l’immigration saisonnière, fournissent des renseignements utiles sur la procédure de visa. On y apprendra – c’est important – que les compétences étrangères pourront partir en famille pour un séjour de 3 ans renouvelable une seule fois. Ceci est un bon point, quand on connaît les affres du regroupement familial. Mais on note aussi que les candidats devront accompagner leur dossier d’un projet élaboré de retour dans leur pays, où ils sont censés faire fructifier l’expérience acquise en Europe. On apprendra également que, selon le degré de diplôme, une expérience professionnelle plus ou moins longue est requise : 5 ans pour la Licence, pas d’expérience pour un Doctorat. On apprendra de plus qu’un travailleur de longue expérience dans les secteurs demandeurs en France pourra s’y installer au même titre qu’un petit patron détenteur d’un capital de 300.000 euros minimum et susceptible d’ouvrir une PME offrant 2 nouveaux emplois au moins. On apprendra enfin que les travailleurs saisonniers pourront partir pour un séjour de 6 mois renouvelable s’ils ont donné satisfaction. Les compétences les plus sollicitées sont les médecins et chirurgiens, gynécologues obstétriciens, ophtalmologues, chirurgiens dentistes, médecins anesthésistes, ainsi que des infirmiers de haute qualification. Les informaticiens et les experts en services financiers (audits bancaires dont on a tant besoin chez nous) sont également convoités. L’ANAEM (Agence nationale pour l’accueil des immigrants), rue de Khartoum, encadre les demandeurs. Toutefois, ceux-ci ne se bousculent pas puisqu’en 6 mois, sur quelques dizaines de candidatures, seuls 17 jeunes gens sont partis. Car ces jeunes diplômés ne sont plus trop attirés par les mirages de la Ville lumière. Ils en savent les attraits et l’épanouissement qu’ils pourraient en tirer, mais ils en connaissent aussi la galère, le racisme, et ils se sentent plus utiles au chevet de leur pays malade d’un développement dévoyé et de tyrannies. Les médecins, particulièrement, savent qu’ils seront déclassés et sous-payés, à qualification égale et travail égal, par rapport à leurs confrères européens exerçant en France. On notera en effet, à titre d’exemple qu’il y a davantage de médecins béninois dans l’Ile-de-France que dans tout le Bénin et l’ONG Oxfam attire l’attention sur le dépeuplement programmé de l’Afrique de près d’un million de cadres par cette hémorragie « choisie » ! Car la principale critique de ce refus de partir concerne l’impudence avec laquelle « le renard vient (s’ébaudir) dans le poulailler ». Nos jeunes connaissent la fable : de l’immigration choisie, ils ne font pas tout un fromage ! Bien loin de nos gouvernants qui boivent comme petit lait les promesses de Nicolas Sarkozy et bien loin de nos opposants politiques qui les analysent en termes de « siphonage » de la substantifique moelle du pays, la jeunesse tunisienne se demande quelle mouche la piquerait au point d’abandonner un pays où ils se sentent de plus en plus retenus par une forme de qualité de vie : consommation sous toutes ses facettes (loisirs culturels et sportifs, voyages organisés au bout du monde), accès facile à la propriété, travail moins harassant (le Parlement français vient de prévoir 235 jours/an de travail pour les cadres sur au moins 41 annuités) et perspectives de carrière auprès d’investisseurs du Golfe : Dubaï arrive, la France, l’Europe ont raté le coche ! Comble de l’arrogance, la France plaide aujourd’hui, par la voix de Brice Hortefeux, pour un contrat d’accueil qui exigerait du postulant à l’immigration une forme d’adhésion à l’identité française ! Quel aplomb, mais à la pré-signature à Cannes le 7 juillet du pacte sur l’immigration par les ministres de l’intérieur des 27 États européens, Brice Hortefeux, VRP de la cocarde tricolore, a dû retirer son contrat d’accueil et d’intégration ! Quant à l’aide au retour promise pour se débarrasser des importuns qui s’incrusteraient en France, elle se résume bien souvent à quelques centaines d’euros avec un plafond de 5000 euros et un parcours d’obstacles semé d’un relevé de données biométriques pour ficher les bénéficiaires de cette aide au retour [2], « définitif » s’entend ! Voilà donc remise en perspective cette nouvelle politique d’immigration, ce pacte prétendument concerté qu’un député français, à la séance du 26 juin de l’Assemblée nationale, qualifiait de « politique inhumaine et devenue dangereuse ». Entre temps, en effet, le drame du centre de rétention de Vincennes a pointé l’enfermement dans des conditions insalubres et indignes, même si les centres français apparaissent comme la vie de château au regard par exemple des centres de Malte, voire des centre des pays du Sud auxquels se délègue la rétention administrative (il y en aurait 7 en Tunisie). Voilà ce qui fait répondre à une Union pour la Méditerranée (qui aurait un tel fondement) par une Méditerranée des luttes [3]. Entre ces deux excès, ira-t-on jusqu’à s’affronter dans cet espace de paix où le Sud a – car il nous faut être lucide sans être dupe – tout à gagner d’être arrimé à la rive Nord ? Le processus de Barcelone se clôt dans un échec mais tout reste ouvert pour la future Union pour la Méditerranée. Notes : [1] Voir le site consacré à cette Directive à: http://www.directivedelahonte.org [2] Lire à ce sujet l’article de Meryem Marzouki paru dans la revue Plein droit, n°76, mars 2008, p.24-26 : « Biométrie : corps étrangers sous contrôle ». Disponible en ligne à http://www-polytic.lip6.fr/article.php3?id_article=221. [3] Voir la Déclaration commune d’un certain nombre d’associations et de syndicats dont, pour la Tunisie, l’ATF (Association des Tunisiens en France) et la FTCR (Fédération des Tunisiens citoyens des deux rives) : « Pour une Union méditerranéenne des luttes pour la paix, les libertés et la justice sociale ! ». Disponible en ligne à http://www.demosphere.eu/node/8754. (Source : « Alternatives Citoyennes », Journal en ligne, le 9 juillet 2008) Lien :http://www.alternatives-citoyennes.sgdg.org/2008-07/090708-w.html


Reuters, le 14 juillet 2008 à 09h34 Invité controversé du défilé, Assad moque un « tapage politique »

 
PARIS, 14 juillet (Reuters) – Invité controversé du défilé du 14 juillet sur les Champs-Elysées, le président syrien Bachar al Assad a ironisé dimanche sur les critiques de certains militaires et de défenseurs des droits de l’homme, qu’il voit comme un « tapage » franco-français sans importance. « Je dois dire que c’est simplement un tapage politique, le 14 juillet a été instrumentalisé, ça a été un prétexte », a-t-il dit sur France Inter. Même si le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner a fait part de ses réticences, il était bien présent aux rencontres du week-end, a souligné Bachar al Assad: « donc ce sont des raisons franco-françaises sur lesquelles je ne m’attarderai pas ». Certains militaires voient d’un mauvais oeil sa présence car le régime syrien est vu comme responsable de l’assassinat d’un ambassadeur de France au Liban en 1981 et d’un attentat au Liban en 1983 où avaient péri 58 militaires français. Les associations de défense des droits de l’homme relèvent que le régime de Damas est réputé être très dur envers ses opposants. Le président syrien a voulu adresser un « message » aux Français sur les principes de sa fête nationale. « Nous leur demandons d’être objectifs et réalistes par rapport à ce qui se passe au Proche-Orient: est-ce que l’occupation des territoires fait partie des principes prônés par le 14 juillet? », a -t-il dit, dans une allusion à l’occupation par Israël depuis 1967 du plateau syrien du Golan et des autres territoires conquis lors de cette guerre. « Est-ce qu’isoler des pays fait partie des principes démocratiques? Est-ce qu’on doit dire aux Européens ce qu’ils ont envie d’entendre ou ce qu’on a à leur dire? Est-ce que les faux slogans qui ont été utilisés par les Etats-unis, c’est ce qui est prôné par les principes de la Révolution française? Non », a-t-il dit. Il a précisé qu’il souhaitait que la France joue au Proche-orient le rôle qu’il voit comme « traditionnel » en faisant référence à la politique de Charles de Gaulle. « Il y a beaucoup d’aspects rayonnants qui reflètent le 14 juillet et non pas tout ce tapage qui ne reflète en rien la Révolution française »./TL

AFP, le 14 juillet 2008 à 13h04 L’UPM lancée dans un climat d’espoir, mais sa route reste semée d’embûches

 

 
Par Christophe de ROQUEFEUIL  
PARIS (AFP) – Lancée en grande pompe sous le signe de la paix, l’Union pour la Méditerranée doit encore régler de nombreuses questions-clé de fonctionnement et démontrer qu’elle peut répondre aux défis d’une région aux écarts économiques considérables et aux profondes divisions politiques. Evènement « Nous en avions rêvé, l’Union pour la Méditerranée est maintenant une réalité », s’est félicité dimanche le président français Nicolas Sarkozy, hôte du sommet qui a réuni 43 pays, tout en reconnaissant qu’il y a encore « beaucoup de travail ». Son ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner a salué un « événement magnifique ». Mais il a déploré que la rivalité israélo-palestinienne, qui a déjà plombé ces dernières années la coopération euro-méditerranée, ait provoqué un « blocage de dernière minute » dans la rédaction de la déclaration finale. Les questions institutionnelles devraient occuper une bonne part des travaux de mise en place de l’UPM dans les prochains mois. Le choix d’un site pour le secrétariat général, que se disputent le Maroc, la Tunisie, Malte et l’Espagne, reste à régler. Les ministres des Affaires étrangères de l’UPM doivent se retrouver en novembre pour tenter de résoudre ce point. La question du financement des projets régionaux destinés à donner un contenu concret à l’UPM (environnement, transports, protection civile etc.) n’est pas non plus verrouillée. M. Kouchner a reconnu que pour faire avancer l’UPM « il faudra trouver des idées et des moyens » et promis que « toutes les voies seront explorées ». Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a toutefois estimé que la dynamique créée par l’UPM allait aider à dégager des « ressources additionnelles ». Reste également à démontrer que le lancement de projets de coopération ciblée suffira à combler l’immense écart de développement de cette région, où le revenu moyen par habitant est de 26.000 dollars au nord, contre 7.000 dollars par an au sud. Le président égyptien Hosni Moubarak a souligné dimanche que la population des pays du sud méditerranéen allait augmenter de 100 millions de personnes d’ici 2030. Un défi de taille pour une Europe à la démographie poussive, confrontée à une forte pression migratoire venue du sud. Le chef de la diplomatie suédoise Carl Bildt a salué « une approche plus ambitieuse » pour la coopération euro-méditerranéenne, mais a prévenu que le lancement de l’UPM « ne vas pas changer le monde » du jour au lendemain. L’UPM risque aussi de se heurter aux mêmes écueils que le processus de Barcelone, lancé en 1995 pour tenter de relancer la politique méditerranéenne de l’UE, victime notamment des tensions israélo-arabes. La querelle de fin de sommet entre Israéliens et Palestiniens sur la dénomination « d’Etat national » pour qualifier Israël a une nouvelle fois montré la difficulté de traduire en pratique les envolées sur les espoirs de paix. A Beyrouth, le quotidien As-Safir a estimé que « le rêve de Sarkozy pourrait connaître le même sort » que « la Déclaration de Barcelone qui a achoppé sur le conflit arabo-israélien ». Antoine Basbous, directeur de l’Observatoire des pays arabes, souligne quant à lui que l’UE reste comme avant confrontée à la difficulté de travailler avec une rive sud minée par ses rivalités internes, dominée par « des dirigeants plus soucieux de sanctuariser leurs régimes que de développer leurs pays ». L’UPM pourrait encore pâtir de la volonté affichée de certains pays européens de renforcer la coopération avec l’Europe de l’est et caucasienne. « Cette année est une année méditerranéenne, alors l’année prochaine sera une année orientale », a prévenu le vice-Premier ministre tchèque Alexandr Vondra, dont le pays remplacera en janvier 2009 la France pour la présidence de l’UE.


AFP, le 13 juillet 2008 à 18h58

L’UE partagée entre la Méditerranée et ses ambitions à l’Est

 

Par Amélie BOTTOLLIER-DEPOIS PARIS, 13 juil 2008 (AFP) – Les couronnes de laurier tressées à l’Union pour la Méditerranée (UPM) lancée dimanche n’empêchent pas certains Etats membres de l’Union européenne de préférer tourner leur regard vers l’Est, qui pourrait remplacer le Sud dans les priorités européennes dès 2009. Ensemble « nous allons construire la paix en Méditerranée, comme hier nous avons construit la paix en Europe », a déclaré le président français Nicolas Sarkozy à l’ouverture du sommet. Alors que certains dirigeants européens sceptiques restent prudents sur leur appréciation de cette nouvelle Union, M. Sarkozy a assuré qu’ils avaient tous les mêmes intérêts. S’adressant en particulier à la chancelière allemande Angela Merkel, il a assuré que tous les membres de l’UPM avaient « un même intérêt : que la paix et la stabilité règnent dans la Méditerranée ». « Cette conférence est un très bon commencement pour une nouvelle étape de la coopération », a répondu Mme Merkel, qui avait de toute façon réussi à imposer avant ce sommet une version de l’UPM remaniée, plus à son goût que le projet initial français. Elle a également reconnu que le processus de Barcelone, lancé en 1995 par l’UE et qui visait déjà à créer un partenariat euro-méditerranéen, s’était « un peu endormi ». « Le monde ne va pas être changé par cette réunion aujourd’hui », a déclaré de son côté le ministre suédois des Affaires étrangères Carl Bildt, même s’il a espéré que la région entière serait « changée avec le temps ». La Suède a d’ailleurs proposé en mai avec la Pologne un projet de partenariat européen vers l’Est pour tenter d’équilibrer l’initiative française. Ce projet polono-suédois, qui a fait immédiatement l’unanimité des 27 contrairement au projet français, vise à renforcer les liens de l’UE avec l’Ukraine, la Moldavie, l’Azerbaïdjan, l’Arménie, la Géorgie, voire le Bélarus s’il se démocratise. La Commission européenne a été chargée de présenter des propositions pour le lancer concrètement au printemps 2009, moment où la République tchèque, qui préfère ouvertement regarder vers l’Est que vers le Sud et dont le Premier ministre Mirek Topolanek était absent dimanche, assurera la présidence tournante de l’UE et probablement aussi de fait celle de l’UPM. « Cette année est une année méditerranéenne, alors l’année prochaine sera une année orientale », avait prévenu il y a quelques semaines le vice-Premier ministre tchèque et ministre des Affaires européennes, Alexandr Vondra. « Peut-être que les Tchèques ne feront pas tous les efforts pour promouvoir l’Union pour la Méditerranée », a estimé dimanche une source européenne. Mais « il est possible de faire avancer les deux processus en parallèle », a-t-elle tempéré. A condition que les sommes nécessaires à la réalisation des projets puissent être rassemblées, ce qui est loin d’être gagné. Bruxelles, qui a fini par se rallier au projet, a en effet prévenu que très peu des fonds communautaires seraient détournés pour l’UPM. La plus grande partie des 9 milliards d’euros prévus pour les pays méditerranéens sur la période 2007-2013 sont des aides « nationales » et seuls environ « 340 millions d’euros » seront disponibles pour de nouveaux projets « régionaux », uniquement pour la période 2010-2013, a ainsi confirmé dimanche la commissaire européenne aux Relations extérieures Benita Ferrero-Waldner. Même l’Espagne, traditionnel soutien de la politique méditerranéenne de l’UE, a mis des bâtons dans les roues de Nicolas Sarkozy, en réclamant notamment que le secrétariat de l’UPM revienne à Barcelone –en compétition avec la Tunisie, le Maroc et Malte. AFP

AFP, le 14 juillet 2008 à 12h14 Sommet de l’UPM: la presse internationale salue les « coups diplomatiques »

 
La presse internationale a salué lundi les « coups diplomatiques » réalisés pour la paix au Proche-Orient au sommet de lancement de l’Union pour la Méditerranée (UPM) dimanche à Paris, mais est restée prudente sur le succès à long terme de cette nouvelle institution. Le « sommet gargantuesque » a accouché d’une « série de percées et coups diplomatiques », estime le quotidien britannique l’Independent, citant notamment la promesse de libération de prisonniers palestiniens par Israël et l’établissement de relations « normales » entre la Syrie et le Liban. « La Méditerranée investit dans la paix », renchérit le journal catalan La Vanguardia, quand le quotidien espagnol ABC consacre sa photo de Une à l’Israélien Ehud Olmert et au Palestinien Mahmoud Abbas, entourés du président français Nicolas Sarkozy. « Les portes fermées entre Damas et Beyrouth se sont ouvertes à Paris », se félicite de son côté le quotidien libanais As-Safir, proche de l’opposition pro-syrienne. Mais attention: « Le rêve de Sarkozy pourrait connaître le même sort » que « la Déclaration de Barcelone qui a achoppé sur le conflit arabo-israélien ». Même réserve pour le quotidien italien La Repubblica (gauche), qui analyse les avancées faites ce week-end sur la situation au Proche-Orient sous le titre: « Une espérance fragile ». Ce n’est « rien de plus qu’un début », estime pour sa part le journal allemand Frankfurter Rundschau. « Le nouveau Club Med de M. Sarkozy a un long chemin à parcourir s’il veut être beaucoup plus qu’un simple forum de discussions ou qu’un moyen de transférer des fonds européens vers le Maghreb », ajoute le journal britannique Guardian. Le sommet de l’UPM est en tout cas un « succès diplomatique » pour le président Sarkozy, selon le quotidien italien Corriere della Serra. « En prenant un gros risque », le président français « a offert un succès à l’UE » qui permet de donner « un coup de pouce au processus de Barcelone qui stagnait depuis des années », renchérit le journal allemand Süddeutsche Zeitung. « Paris a volé la vedette internationale », ajoute le quotidien libanais Ad-Diyar, alors que Tunis-Hebdo publie un commentaire analysant « l’absence quasi-totale » des Etats-Unis, « dans les tractations diplomatiques sans précédent entre les leaders du bouillonnant Proche-Orient et la vieille Europe ». La réception du président syrien Bachar al-Assad suscite des commentaires beaucoup plus contrastés. Saluée par la presse syrienne, qui, comme le quotidien officiel as-Saoura, y voit une « reconnaissance » du rôle incontournable de la Syrie au Proche-Orient », elle est décriée par certains journaux français. « Par la grâce d’une invitation au sommet (…) il se voit du jour au lendemain célébré comme le champion de la paix », relève ironiquement le quotidien français Libération. La Berliner Zeitung ne cache pas non plus son scepticisme devant cette « surprenante réhabilitation d’Assad, qui relève d’un certain pragmatisme, mais d’aucune politique qui soit claire et ferme dans ses principes ».

AFP, le 14 juillet 2008 à 12h36 Proche-Orient: pour Damas, son rôle indispensable est désormais reconnu

 
Par Roueida MABARDI La Syrie s’est félicité lundi du succès de la visite de son président Bachar al-Assad à Paris et de son rôle désormais reconnu d’acteur indispensable dans la recherche de la paix au Proche-Orient. Pour le quotidien officiel syrien As-Saoura, « c’est une reconnaissance du rôle de la Syrie dans la région, de l’utilité de ce rôle pour la communauté internationale. Pour sortir la région de l’impasse, il a fallu chercher la Syrie ». Le journal du parti au pouvoir, al-Baas, a qualifié M. Assad de « vedette » du sommet l’Union pour la Méditerranée (UPM) auquel le président syrien a participé dimanche avec 42 autres dirigeants européens et du bassin méditerranéen, après avoir été reçu la veille par son homologue français Nicolas Sarkozy. En dépit des critiques, M. Assad était présent lundi à la tribune officielle avec les autres invités de la France pour le défilé du 14 juillet. A l’occasion de son retour sur la scène internationale, M. Assad a donné son accord pour l’ouverture historique de relations diplomatiques entre Damas et Beyrouth. Il a eu dimanche des discussions indirectes avec le Premier ministre israélien Ehud Olmert l’intermédiaire du Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan. Se posant en acteur incontournable pour la paix dans la région, M. Assad s’est dit prêt à entretenir avec Israël des relations « normales » avec échange d’ambassades et traités bilatéraux, lors d’un entretien diffusé dimanche par la chaîne de télévision Al-Jazira. Mais il a affirmé qu’il ne cèdera « aucun pouce » du territoire et qu’il ne fera « aucune concession concernant la souveraineté de la Syrie sur le Golan ». En échange de la paix, la Syrie exige la restitution intégrale du plateau du Golan conquis par l’armée israélienne en juin 1967 et annexé par l’Etat hébreu en 1981. « La Syrie est partie intégrante de la solution des questions du Proche-Orient. Tout pays qui souhaite régler les problèmes du Proche-Orient doit parler avec la Syrie », a-t-il également affirmé sur la chaîne publique française France 2. Cependant, certains ont exprimé leur scepticisme. La chancelière allemande Angela Merkel a demandé des « actes » au président Assad après l’annonce de relations diplomatiques entre la Syrie et le Liban. Au sein de la majorité libanaise antisyrienne on estime même que « rien n’a changé ». « Cette mesure ne vise qu’à rompre l’isolement du régime de Damas et ouvrir la voie à des négociations » pour éloigner la menace du tribunal international chargé de juger les assassins de l’ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri pour lequel Damas a été pointé du doigt, a estimé un ministre de la majorité dans le nouveau gouvernement libanais, Wael Bou-Faour. Un député de la majorité, Ahmad Fatfat, a jugé que « le plus important reste la délimitation de la frontière entre la Syrie et le Liban et la fin de l’ingérence de Damas dans les affaires » libanaises. Des observateurs évoquent toutefois une « évolution » dans la politique de la Syrie. « La participation de la Syrie à la conférence d’Annapolis, le rapprochement avec le Liban, les pourparlers de paix avec Israël » sont autant de décisions visant à rompre son isolement international et à améliorer la situation économique, selon un diplomate arabe. Le retour de Damas sur la scène internationale pourrait permettre de signer l’accord d’association avec l’UE d’ici la fin de l’année, a indiqué une source européenne, estimant que la Syrie était le seul « gagnant-gagnant » du lancement de l’UPM. Les négociations sur cet accord sont terminées, mais le texte a été gelé après l’assassinat en février 2005 de Rafic Hariri.

AFP, le 14 juillet 2008 à 14h22 Turquie: 86 suspects dans le procès « Ergenekon » (procureur)

 
ISTANBUL (AFP) – Le procureur en chef d’Istanbul a annoncé lundi l’envoi devant un tribunal correctionnel d’un acte d’accusation nommant 86 suspects dans l’enquête sur le réseau dit « Ergenekon », accusé de vouloir renverser le gouvernement turc.   Le document, long de 2.455 pages, soutient que les accusés ont créé une « organisation terroriste armée » et tenté d’utiliser « la force et la violence pour renverser le gouvernement ou l’empêcher de remplir ses fonctions ». Le procureur en chef Aykut Cengiz Engin a déclaré lors d’une conférence de presse qu’il ne pouvait entrer dans le détail de l’acte d’accusation, qui devra d’abord être approuvé par le tribunal devant lequel il a été envoyé. L’enquête dans l’affaire « Ergenekon », qui a vu plusieurs personnalités connues – anciens militaires, journalistes, hommes d’affaires – arrêtées, a été interprétée par plusieurs analystes comme un bras de fer entre le gouvernement islamo-conservateur et les milieux ultra-kémalistes. Plusieurs analystes ont accusé le gouvernement du Parti de la justice et du développement (AKP), lui-même menacé d’interdiction par la Cour constitutionnelle, d’utiliser « Ergenekon » afin de mettre la pression sur ses adversaires pro-laïques. L’acte d’accusation, résultat de plus d’un an de travail de trois procureurs, accuse les suspects d’actes de violence tels des attentats à la bombe contre le quotidien pro-laïque Cumhuriyet et une attaque armée contre le siège de la cour d’appel au cours de laquelle un juge avait trouvé la mort. Le but, selon les médias, aurait été de créer des tensions en Turquie avec des manifestations illégales, des assassinats et des attaques contre les forces de l’ordre afin de provoquer une intervention de l’armée turque – auteur de quatre coups d’Etat en autant de décennies. Selon M. Engin, « l’organisation terroriste mentionnée dans l’acte d’accusation n’est pas une organisation classique dans le sens séparatiste ou idéologique », mais vise simplement à renverser le gouvernement. Il a précisé que 48 des 86 accusés étaient en garde à vue, mais ne les a pas nommés, tout en déclarant qu’une vingtaine d’autres suspects arrêtés au début de ce mois n’étaient pas inclus dans le document présenté lundi. Les dernières personnes placées en garde à vue dans l’affaire « Ergenekon » – dont deux généraux quatre-étoiles à la retraite, des journalistes et des hommes d’affaires – feront l’objet d’une annexe à l’acte d’accusation, a-t-il dit. Le bureau du procureur d’Istanbul enquête sur cette affaire depuis la découverte en juin 2007 d’explosifs dans une maison sur la rive asiatique d’Istanbul. Selon des informations parues dans les médias turcs, le but aurait été d’inciter les militaires, méfiants devant le passé islamiste de l’AKP et de son chef, le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, à renverser le gouvernement. L’AKP a toujours nié vouloir installer un régime islamiste en Turquie et affirme être fidèle au principe de la séparation de l’Etat et de la religion, une des fondations de la république. Mais les ténors de la laïcité – dont l’armée et la plupart des juristes et universitaires – demeurent sceptiques, montrant en exemples les efforts du gouvernement pour obtenir la levée de l’interdiction du port du voile et l’interdiction des boissons alcoolisées dans des établissements situés dans des municipalités administrées par l’AKP. Ces points font partie de l’acte d’accusation visant la fermeture de l’AKP présenté devant la Cour constitutionnelle, qui pourrait rendre son verdict dès le mois prochain.

Plus de 80 personnes inculpées de complot en Turquie

 Par Daren Butler Reuters – Lundi 14 juillet, 20h17

 
ISTANBUL (Reuters) – La justice turque a inculpé 86 personnes de complot visant à renverser le gouvernement, que les militants laïques accusent d’acheminer le pays vers un régime islamique par des moyens détournés.   Certains adversaires du gouvernement, qui nie tout dessein islamiste secret, voient dans l’affaire contestée du complot une riposte à des procédures judiciaires qui pourraient se traduire par l’interdiction du parti AKP au pouvoir et la mise à l’écart du Premier ministre Recep Tayyip Erdogan et du président Abdullah Gül. Le procureur en chef d’Istanbul, Aykut Cengiz Engin, a remis le dossier d’inculpation lundi à un tribunal après des mois de conjectures sur cette affaire. « L’acte d’accusation couvre des crimes tels que formation de groupe terroriste armé (…) et tentative de renverser le gouvernement par la force », a dit Engin lors d’une conférence de presse dans le jardin d’un tribunal d’Istanbul. Ces 50 dernières années, des coups de force militaires ont renversé quatre gouvernements élus en Turquie, pays à majorité musulmane mais officiellement laïque aspirant à entrer dans l’Union européenne. L’acte d’accusation vise le groupe ultra-nationaliste Ergenekon, auquel les médias se sont intéressés il y a un an après la découverte d’une cache d’explosifs à Istanbul. Ce document de 2.500 pages désigne 86 accusés dont 48 sont en détention préventive. Parmi eux figurent le dirigeant d’un petit parti nationaliste, le rédacteur en chef d’un journal nationaliste et des officiers militaires en retraite. On ignore quelles charges sont retenues contre les accusés pris individuellement. Certains sont aussi inculpés d’incitation à l’insurrection armée, d’assistance à un groupe terroriste et de détention d’explosifs. Vural Ergul, avocat d’un suspect, a mis en cause l’enquête sur cette affaire après le dépôt de l’acte d’accusation, rapporte l’agence anatolienne de presse. SÉRIE DE COMPLOTS « Ce qui devrait faire l’objet d’un examen, c’est la façon dont sont piétinés les droits des suspects, dont leur sécurité personnelle est compromise et dont le principe du droit démocratique est réduit en miettes dans l’enquête », a dit Ergul. La semaine dernière, deux généraux en retraite, des hommes d’affaires et des journalistes sont venus s’ajouter à la liste des personnes mises en détention pour implication présumée dans le complot. Tous les suspects ont tenu des propos critiques au sujet du parti AKP, issu de la mouvance islamiste. Les dernières personnes arrêtées font l’objet d’un acte d’accusation distinct en cours d’établissement. Des procureurs militaires ont sollicité les dossiers judiciaires concernant les généraux en retraite, a rapporté la chaîne NTV. Le bruit court que des tribunaux militaires pourraient aussi enquêter sur les faits incriminés. La puissante armée turque nie tout lien avec Ergenekon. L’AKP, considéré avec la plus grande méfiance par une armée qui se pose en garante de l’ordre laïque, dément avoir exercé la moindre pression pour peser sur l’enquête, selon Anatolia. D’après des médias, Ergenekon est accusé d’une série de complots visant à renverser Erdogan, élu avec une forte majorité en 2002, par le biais de désordres civils qui obligeraient l’armée à intervenir. Engin a dit que des restrictions légales interdisaient de fournir plus de précisions sur l’affaire. Une cour d’assises d’Istanbul doit faire savoir si elle juge l’acte d’accusation recevable ou non. Dans le cadre d’autres procédures, l’AKP (Parti de la justice et du développement) pourrait être frappé d’interdiction pour activités antilaïques, tandis qu’Erdogan et Gül risquent d’être écartés de la vie politique. Osman Can, rapporteur de la Cour constitutionnelle, remettra mercredi son rapport sur l’interdiction éventuelle de l’AKP, rapporte le journal Hurriyet. Un verdict est attendu début août. Les militants laïques turcs rejettent l’argument de l’AKP voulant qu’il ait rompu avec ses racines islamistes. Ils citent, pour preuve de ses intentions, le fait que le parti a tenté de faire autoriser le port du foulard islamique sur les campus universitaires. Avec Mustafa Yukselbaba, version française Philippe Bas-Rabérin

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