13 octobre 2004

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TUNISNEWS

  5 ème année, N° 1607 du 13.10.2004

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المجلس الوطني للحريات بـتونس: اعتداءات بالجملة على الحريات عشيّة انطلاق الحملة الانتخابية

حركة النهضة بتونس: بن علي يجدّد حربه على الإسلام في حملته الانتخابية بيان مشترك حول الاعتداء على السيد السّيد حمّة الهمّامي

اللجنة العربية لحقوق الإنسان: تونس: توقيف الدكتور منصف المرزوقي ثم الإفراج عنه الشرق الأوسط: محكمة الاستثمار العربي ترفض دعوى شركة سعودية ضد الحكومة التونسية القدس العربي : اول حكم لمحكمة الاستثمار العربية منذ تأسيسها يثير استياء مستثمر سعودي قاضي الحكومة التونسية

الحياة: موريتانيا تهدد بالانسحاب من اتحاد المغاربي الحياة: الجزائر تدرس « اقتراحات » فرنسية لتقليص التهديد الإرهابي الآتي من المتوسط الحياة: الجزائر تُصعّد ضد المغرب وتنتقد « هذيان المخزن »

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احمد جابر: مقاربة الديموقراطية وإشكالاتها العربية


La tragédie des prisonniers politiques en Tunisie:  Dixieme  partie CPR: Moncef Marzouki serait jugé selon la loi antiterroriste
AP: Un opposant tunisien affirme avoir été ag ressé par la police; les autorités démentent Reuters: Interview – Tunisia president candidate battling for democracy AFVIC: Les Autorités tunisiennes ordonnent l’enterrement de  52 cadavres de ressortissants marocains victimes du drame de chatt meryem. Réalités: «Ils ont choisi l’Islam» de Sofiène Ben Mrad : La preuve par les Européens Réalités: Hommage à Paul Sebag, le pionnier de la sociologie en Tunisie Houria Bouteldja: l’instrumentalisation coloniale et néo-coloniale de la cause des femmes


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Les prisonniers à « caractère spécial »

Ou

La tragédie des prisonniers politiques en Tunisie

Un livre contre la violence du déni

Dixieme  partie

Les actions de revendications 

  sont sauvagement réprimées  

  

    j’ai entamé une grève de la faim pour protester contre les conditions inhumaines de détention, car on m’a mis dans une cellule où il n’y avait ni aération ni lit, ni matelas mais seulement trois couvertures très sales.    

   Plusieurs pages seront nécessaires pour mettre en mots les actions de résistance et de revendications individuelles et collectives contre la politique de terreur, de destruction et d’anéantissement des prisonniers car la survie physique et psychologique passait par ces combats, ces refus et ces désobéissances ; il fallait s’accrocher à la vie, voire même frôler la mort pour avoir la vie, choisir de côtoyer la mort parfois pour montrer qu’on a rien à perdre et qu’on peut aller jusqu’au bout pour faire reculer ceux qui brandissent son étendard.    

   Les prisonniers de droit commun s’automutulaient, avalaient des objets ou menaçaient de s’immoler pour avoir quelques droits. 

   Les prisonniers islamistes toujours dans cette stratégie d’utilisation de ce corps, tant attaqués et visés par les     tortionnaires, multipliaient les grèves de la faim.   

   Mokhtar Lamouchi a dépassé les 90 jours et a été atteint de paralysie, Ridha KHémiri a succombé à sa grève…    

   De l’autre côté du corps, la position des autorités était l’indifférence parfois la répression pour obliger les prisonniers à arrêter leur grève. Parfois leur attitude consistait à maintenir le prisonnier en vie (juste en vie) sous perfusion. 

      Ces actions étaient, au début, individuelles et revendiquaient généralement des droits dits et permis par le règlement interne des prisons, puis elles devenaient collectives au sein d’une chambrée, ou au sein de la prison, parfois même nationale et les revendications posaient petit à petit le problème de fond et donc la revendication majeure qui est la libération des prisonniers politiques et l’amnistie générale.  

  
Témoignage du prisonnier Ridha Boukadi 

       Le 20 juillet 1998, prison de Tunis    

   J’ai été transféré à la prison de Sfax pour complément d’interrogatoire. Dès mon arrivée, j’ai entamé une grève de la faim pour protester contre les conditions inhumaines de détention, car on m’a mis dans une cellule où il n’y avait ni aération ni lit, ni matelas mais seulement trois couvertures très sales.    

   Très vite ma santé s’est détériorée et mes pertes de connaissance se sont répétées. Après quelques jours de grève, j’ai été transféré à nouveau à la prison de Tunis où j’ai arrêté ma grève de la faim.    

      Témoignage du prisonnier Adel Soufi 

       Le 20 Août 1998, prison de Tunis    

   J’ai été transféré du secteur B au secteur Dp le plus surpeuplé et où beaucoup de prisonnier étaient atteints de maladies cutanées contagieuses. Quand j’ai refusé d’obéir, j’ai été condamné à 35 jours d’isolement (du 20 août au 25 septembre 1998). Et chaque fois que je comparaissait devant le comité de discipline le sous directeur Hichem Ouni me demandait de regagner le secteur Dp et de lui écrire de là bas et quand je répondait que j’étais devant lui et qu’il connaît mon problème, il renouvelait automatiquement ma peine, la dernière fois il a juré que même si je restais 100 jours en isolement, il ne me transférerait jamais du secteur Dp. Quand j’ai regagné ma cellule, j’ai commencé une grève de la faim que j’ai arrêté après deux jours à la suite d’une promesse de me mettre dans un autre secteur autre que le Dp. On m’a transféré de ce secteur après une semaine.    

    Témoignage du prisonnier Tawfik Chaïb    

    Mois de ramadan 1998    

   Au mois de Ramadan, on a fait la prière ensemble (quelques prisonniers islamistes), nous avons été dénoncés par le principal de la cellule au directeur du secteur Mohammed Jhinaoui qui a rédigé un rapport où il m’accusait d’avoir conduit la prière.    

   A la suite de ce rapport j’étais condamné à 10 jours d’isolement dont six en grève de la faim. Quand j’ai comparu devant le comité de discipline, le capitaine Hichem Duni m’a demandé si je ne savais pas que la prière collective était interdite. Quand, j’ai répondu qu’il    n’y avait aucune loi qui interdit au prisonnier de pratiquer ses rites religieux, il a crié : “dans ce cas va la pratiquer dans le cachot”.    

    Témoignage du prisonnier Abdellah Zouari    

    1996, prison de Jendouba    

   En 1996, j’ai commencé une grève de la faim qui a duré cinquante et un jour revendiquant l’amélioration de mes conditions de détention et la fin de mon isolement ; j’ai été plusieurs fois perfusé de force (9 l de sérum), et malgré les promesses répétées du directeur de la prison Riadh Lammari ma situation est restée inchangée. 

       Témoignage du prisonnier Mounir Labidi    

    Année 1999, prison de Tunis    

   EN 1999, j’ai été transféré à la prison de Tunis, qui sert à la détention de personnes en attente de jugement. Dès le premier jour on m’a obligé à partager un lit avec un prisonnier de droit commun dans une cellule ne contenant que 14 lits pour soixante personnes et une seule toilette.    

   Les prisonniers changeaient chaque jour ce qui faisait de la cellule un véritable bourbier et un vivier de poux et de maladies contagieuses. On était trois prisonniers islamistes à être transférés à cette cellule. On a usé de tous les moyens pour infléchir la décision de l’administration, on a vu le directeur Sadok Atig pour lui exposer la situation, mais nos demandes sont restées sans réponses. Tirant les conclusions que nôtre quête serait sans réponse, on a commencé une grève de la faim, et ce n’est qu’au dixième jour qu’on a été reçu par le directeur adjoint Hichem Ouni, nous avons exposé de nouveau la         situation dans ses plus infimes détails, mais il a seulement répondu en ironisant que c’était le prix à payer quand on fait de la politique et il a refusé de nous faire consulter par un médecin malgré notre état de santé. Le prisonnier Fethi Gazouani, devant cette attitude cynique et irresponsable, a frappé sa tête sur la porte blindée tellement fort qu’il en a perdue conscience, le sang couvrant sa tête, son visage et sa poitrine.    

   Ce n’est qu’après cet épisode tragique, que le directeur adjoint a ordonné à quelques gardiens de nous conduire à l’infirmerie, où le médecin de la prison a constaté le mauvais état de santé dans lequel nous étions. Les gardiens, suite à ce constat, ont voulu nous nourrir de force, à notre refus, il nous ont enchaîné des quatre membres. Nous sommes restés enchaînés deux jours. Même le prisonnier Fethi Gazouani a du subir cette punition malgré sa blessure qui continuait à saigner. Au troisième jour on est venu nous promettre une réponse positive à nôtre demande dans les plus bref délais.    

    Deux mois d’attente se sont écoulés avant que nous reprenions à nouveau notre grève de la faim.    

    Témoignage du prisonnier Hassouna Naïli    

    J’étais incarcéré dans la chambrée 2G à la prison de Tunis. Quand j’ai demandé à ce que j’obtienne un lit individuel, l’administration a pris la décision de nous transférer (14 prisonniers) à la cellule 4C. Mais quand quelques uns parmi nous ont refusé d’entrer dans la cellule pour cause de surpeuplement, on a été conduit au cachot et incarcéré dans une cellule de 4m/2,5m. On    étaient parfois 21 prisonniers dans cette cellule, on suffoquaient à cause de la chaleur, car on était en pleine saison d’été (20 juillet 1998). J’ai passé vingt jour dans cette situation ; Ne supportant plus la situation, j’ai commencé une grève de la faim malgré que j’étais traité pour quatre maladies : l’hypertension artérielle, taux de triglycérides et d’acide urique élevés dans le sang, troubles du rythme cardiaque. Le médecin de la prison m’a prévenu que je cours droit devant vers un accident cérébral. Rapidement mon état général s’est détérioré et j’ai fini par tomber complètement inconscient, à mon transfert à l’infirmerie et après consultation, le médecin a notifié de me mettre rapidement sous perfusion, mais les gardiens m’ont rapidement ramené au directeur adjoint Hichem Ouni qui m’a ordonné d’arrêter ma grève de la faim. A mon refus, il m’a proposé de m’incarcérer en isolement, j’ai répondu que j’ai vécu deux ans et demi en isolement et ça complètement détruit mon organisme (absence d’aération et de lumière, huit minutes de promenades le matin et huit minutes le soir)… Après dix jours de grève, il m’ont proposé la cellule 17 de la prison restreinte à condition de passer un ou deux jours à la cellule 14 (pour ne pas perdre la face), j’ai accepté, et le soir même ils m’ont transféré à la cellule 17.    

    Témoignage du prisonnier Mounir Labidi    

    1996, prison de Bourj Erroumi    

   En 1996, le directeur de la prison Fayçal Rommani, nous a informé que la prière de l’aube était interdite avant 8 heures, il justifiait sa décision par le fait que ça dérangeait les autres prisonniers malgré que nombreux parmi eux qui passaient des nuits blanches à regarder la télé, à jouer aux cartes ou au domino.   

      Cette décision était la goutte qui a fait déborder le vase et sans nous consulter on a tous ou presque commencé une grève de la faim. Quelques prisonniers qui ont préparé des bouteilles de shampoing et de lessive pour les boire en cas d’attaque des gardiens. La grève a duré sept jours et le huitième jours ils ont fait sortir de force quelques dizaines de prisonniers islamistes (la prison abritait à peu près quatre cent prisonniers islamistes). Ils les ont obligés à se mettre à genou et à ramper.    

   Ils les tabassaient à coups de matraques tandis que les chiens étaient déchaînés contre les prisonniers, les cris de douleurs de ceux-ci arrivaient droit dans nos coeurs, comme s’ils ne passaient pas par nos oreilles Ils ont ensuite transféré la moitié des détenus (deux cents) à d’autres prisons. Quant à nous, nous n’avons jamais été inquiétés de nouveau pour l’accomplissement de la prière de l’aube.    

    Témoignage du prisonnier Mouhiddine Ferjani    

    Le 16/12/1996, prison de Mahdia    

   le 16/12/1996 et au neuvième jour de grève de la faim d’environ deux cents prisonniers islamistes qui revendiquaient l’amélioration des conditions de leur détention, rapprochement de leur famille et la levée d’interdiction des livres. A six heures du soir, le directeur de la prison Slim Ghania accompagné de 50 gardiens armés de bâtons, de matraques et de chiens attaquèrent toutes les cellules où il y avait des prisonniers islamistes… les faisaient sortir à coup de matraques… les obligèrent à courir, malgré leur état de faiblesse, de la cellule vers le quartier d’isolement, les rassemblèrent    dans la cour et commencèrent à les tabasser. C’était un véritable massacre, plusieurs prisonniers furent blessés, eurent les os fracturés et ont perdu connaissance. Les gardiens obligèrent les prisonniers à l’arrêt de leur grève en les gavant de lait froid malgré le temps qu’il faisait cette nuit.    

   A leur retour à leur cellule, les prisonniers ont été reçu par deux rangées de gardiens qui prenaient les prisonniers en sandwich à coup de poings et matraques. Dans les cellules les détenus sont privés de leur lits et passèrent la nuit par terre.    

   Plusieurs prisonniers ont failli “y passer” à cause de leurs tares (cardiaques, diabétiques, insuffisances rénales, asthmatiques…) dont Habib Raddadi, Halim Kacem, Abdelhamid Abdelkarim, Moheddine Ferjani, Mohammed Mahjoub…    

      Témoignage du prisonnier Abderrahmane Idriss    

    1997, prison de Tunis    

   En 1997, j’étais incarcéré dans une chambrée qui comptait 90 prisonniers alors qu’elle n’est faite pour abriter le tiers.    

   Aller aux toilettes par exemple n’était pas fonction du besoin et de son “imminence” mais fonction des opportunités de la longueur de la file d’attente et des fenêtres de temps que représentaient des tranches horaires telles que de 2 h à 4 h du matin.    

   Il n’était même pas la peine de traiter et de “combattre” les poux à cause du surpeuplement et de la saleté, ou     changeait de vêtement jusqu’à trois fois par jour et rien n’y fait. Plusieurs contacts avec les responsables pour les sensibiliser à cette situation intolérable et plusieurs courriers à l’administration requérant l’amélioration des conditions de détention étaient restés sans réponses.    

   Après avoir à maintes fois menacé de faire une grève de la faim, nous sommes passer à l’acte et tous les prisonniers, à l’exception de ceux qui étaient en isolement, ont participé à cette action. La première mesure de l’administration était de nous priver de voir nos familles pour empêcher la propagation de l’information à l’extérieur et à l’étranger. Puis le directeur Sadok Atig accompagné de ses adjoints faisaient sortir les prisonniers islamistes de chaque cellule pour leur demander d’arrêter la grève, promettant l’amélioration de la situation, le cas contraire c’est le tabassage et “l’engravement” de force.    

   Quelques uns parmi nous ont essayé d’exposer de nouveau la situation, mais il ont été transféré au cachot, et le reste des prisonniers ont été obligés à arrêter la grève par la force (on les attachait puis on les engavait par force au lait chaud, parfois c’est l’injection intramusculaire) quelques prisonniers se sont blessés en frappant leur tête contre le mûr d’autres ont avalé des produits toxiques.    

   Ceux qui ont été mis en isolement ont continué leur mouvement ce qui a valu à soixante d’entre eux, un transfert à la prison de Rgime Maatoug (le désert tunisien), et malgré les pressions et les sanctions, ils n’ont pas arrêté la grève, ils ont alors été “dispatchés” sur plusieurs prisons.    

   Ce mouvement malgré qu’il n’a rien rapporté sur le court    terme a eu un grand échos à l’intérieur et à l’extérieur des prisons.   

    Témoignage du prisonnier 13    

    1996, prison de Kasserine    

   J’ai été transféré à la prison de Kasserine le 14 juin 1996 où j’étais incarcéré dans la chambrée 2 C. Le traitement des prisonniers était “normal” jusqu’à la désignation d’un nouveau directeur le lieutenant Fouad Ben Mustapha. Sa réputation l’a précédée, il était un véritable tortionnaire, il aimait torturer, il “voulait” torturer. C’est quelqu’un qui a balayé d’un coup de pieds le Coran en interpellant un prisonnier islamiste “Est ce ça votre livre pornographique”. Ses galons de massacreur, il les a surtout acquis aux prisons de Kef et Medenine (Harboub).    

   Dès les premiers jours, il a dirigé une véritable compagne de fouilles humiliantes et dégradantes pour les prisonniers.    

   Le 2 septembre 1996, une nième fouille commençait et quelques prisonniers ont été frappés “gratuitement”, le directeur lui même a obligé quelques prisonniers à se déshabiller devant leurs camarades, c’était l’étincelle et tout le monde a décidé la confrontation avec ce directeur tyrannique.    

   A midi les prisonniers ont refusé la nourriture et se sont cloîtrés dans leur chambrée, ils ont fermé les portes de l’intérieur en les barricadant par les lits. Des slogans contre le directeur et revendiquant le respect des droits des prisonniers ont été criés et malgré les promesses du directeur de régler tous les problèmes si les prisonniers  arrêtaient leur mouvement, tous ont décidé de n’arrêter l’action qu’à l’arrivée du directeur général des prisons.    

   A une heure du matin la colonel Mohamed Laatiri (vise directeur général) et commandant Ali Ben Issa, accompagnés du responsable de la sécurité sont arrivés et ont utilisé le mégaphone pour parler aux prisonniers à cause de l’intensité des slogans.    

   Ils ont insisté au près des prisonniers pour arrêter leur mouvement et constitué un comité pour présenter leurs demandes aux responsables. Devant le refus catégorique des prisonniers, ils leurs ont demandé de garder leurs sang froid jusqu’à l’arrivée du directeur général.    

   Au matin et pour la première fois du café et du lait ont été servis pour le petit déjeuner, mais de nouveau refusé par toutes les cellules.    

   L’action a continué jusqu’à l’arrivée, dans l’après midi, du directeur général accompagné du responsable de l’administration pénitentiaire générale et des responsables locaux (le préfet, le secrétaire général local du parti au pouvoir, les deux responsables locaux de la gendarmerie et de la police…).    

   Le directeur général a visité toutes les chambrées (il a demandé à ses accompagnateurs de rester dehors). Il a écouté attentivement les plaintes des prisonniers, il a constaté par lui même les traces des violences subites (traces de sang sur les vêtements, hématomes sur tout le corps, dents cassées…). Il a promis de sanctionner tous ceux dont l’enquête révélerai la culpabilité.    

   Concernant le changement du directeur, il a répondu que ce n’était pas possible dans l’immédiat.    

   Le lendemain des changements ont été constaté dans le quotidien des prisonniers, amélioration de la nourriture accès aux journaux, courrier reçu dans le temps mais ça n’a duré qu’une semaine après tous les prisonniers de Kasserine ont été “dispatchés” sur toutes les prisons tunisiennes. Après quelques semaines le directeur de la prison de Kasserine a été remplacé.    

      Témoignage du prisonnier Adel Soufi    

    Mai 1996, prison de Bourj Erroumi 

   L’administration de la prison de Bourj Erroumi a décidé durant le moi de mai d’interdire la prière de l’aube avant 8 heures. Les vingt prisonniers islamistes de la cellule 4A (qui abritaient en plus quatre vingt prisonniers de droit commun) ont décidé une grève de la faim non annoncée pour prévenir une réaction de l’administration qui étoufferait l’action dès le début.    

   Après une semaine, les gardiens armés de matraques ont investi la cellule et nous ont demandé de sortir avec nos affaires, dans le chaos de la situation cinq prisonniers ont avalé de la lessive en liquide et du shampooing, ils ont été transféré rapidement au cachot où ils ont été tabassés par les gardiens, mais l’infirmier constatant leur mauvais état de santé en a informé le directeur, d’autant plus que le prisonnier Abdelhafidh Ben Khlifa s’était blessé en frappant sa tête contre le mur. Le directeur a ordonné de les transférer vers l’infirmerie et a dirigé un gardien vers son adjoint pour lui demander de ne pas frapper les prisonniers.    

   Pour le reste des prisonniers ils ont été transféré dans    d’autres cellules et l’administration s’est rétractée quant à l’exécution de sa décision.    

    Témoignage du prisonnier Tawfik Chaïb 

       Prison du Kef    

   A la prison du Kef, les prisonniers islamistes incarcérés dans les chambres 4,5 et 6 puis 7 et 8 ont commencé une grève de la faim pour protester contre leurs conditions de détention. Le directeur général accompagné du commandant Ali Ben Aïssa s’est rendu lui même à la prison pour prendre connaissance de la situation. A la suite de cette visite quelques améliorations ont été constatées dans la nourriture et dans le comportement des gardiens vis à vis des prisonniers mais ça n’a duré que quelques jours. Signalons que le directeur de la prison, son adjoint ainsi que le responsable de sécurité sont accusés de plusieurs vols et l’administration générale a ouvert une enquête les concernant.    

    Témoignage du prisonnier Maher Khalfi 

       Décembre 1996, prison de Tunis    

   A la prison de Tunis j’étais incarcéré au secteur C, nos conditions de détention étaient très dures : surpeuplement, saleté, maltraitance, interdiction de journaux et de livres…    

   Constatant que nos demandes d’amélioration de la situation étaient restées sans réponses, nous avons décidé à l’occasion de la journée mondiale des droits de l’Homme le 10/12/1996, de commencer une grève de la faim. 

   Au cinquième jour le directeur Belhsan Kilani a    rencontré trois prisonniers de chaque chambrée, il a ensuite accepté les demandes des uns et refusé celles des autres pour semer la discordance entre les prisonniers mais sans grand réussite. La grève a duré de 7 jours à 22 jours suivant les chambrées. Par la suite les prisonniers et selon la politique d’éloignement pratiquée dans de pareille situation, ont été transférés dans d’autres prisons.


المجلس الوطني للحريات بـتونس

  تونس في 13 أكتوبر 2004   

اعتداءات بالجملة على الحريات عشيّة انطلاق الحملة الانتخابية

 

اعتداء بوليسي على حمة الهمامي

قام أعوان من البوليس السياسي بالاعتداء بالعنف الشديد على حمة الهمامي الناطق الرسمي باسم حزب العمال الشيوعي مساء الإثنين 11 أكتوبر 2004 بمدينة بنعروس. حيث استوقفه عون من البوليس كان يمتطي دراجة نارية لحق به وهو يهمّ بامتطاء وسيلة نقل وطلب منه أوراق هويته. غير أنّ حمة الهمامي بعد أن اطلع على بطاقة البوليس المهنية عرّفه بنفسه ولم يسلّمه أية وثيقة. عند ذلك انهال عليه على حين غفلة عنصر آخر من أعوان البوليس بضربة عنيفة على مؤخرة رقبته وأخرى على جانبه ومزّقا ثيابه وحاولا افتكاك حافظة أوراقه وملفّا كان بحوزته في حين نشلا بطاقات شخصية وأوراقا نقدية كانت في جيبه وافتكّا نظاراته وغادرا المكان على متن الدراجة النارية وألقيا بما انتزعاه منه في اتجاهه. وقد وقعت الحادثة على مرأى ومسمع من المواطنين. هذا وقد ذكر حمة الهمامي أنّ المعتدين كانوا أثناء إيقافه على اتصال برؤسائهم.  

إيقاف الدكتور منصف المرزوقي بالمطار وتحرير محضر ضدّه

تم صبيحة الأربعاء 13 أكتوبر 2004 بمطار تونس قرطاج إيقاف منصف المرزوقي رئيس حزب المؤتمر من أجل الجمهورية وهو يتهيّأ للسفر إلى « جينيف » واستنطاقه لمدّة 3 ساعات حيث تم تحرير محضر ضده بشأن تكوين جمعية غير مرخص فيها وعقد اجتماعات بدون رخصة وثلب السلط الرسمية  وقد تم تعطيله عن موعد سفره في الساعة 11 .  

منع مترشح للرئاسة من حقه في الدعاية الانتخابية

رفضت السلطات التونسية تسليم الإيداع القانوني للبيان الانتخابي لمرشّح حركة التجديد والمبادرة الديمقراطية محمد علي الحلواني. حيث تخضع الدعاية الانتخابية في تونس لأحكام مجلة الصحافة الصادرة بالقانون عدد 32 لسنة 1975 ( الفصل 29 من المجلة الانتخابية). وبإصرار السيد محمد علي الحلواني على نصّ بيانه الأصلي وعدم استسلامه لإملاءات الإدارة انطلقت حملته الانتخابية دون تعليق بيانه.   والمجلس الوطني للحريات : –         يذكّر بأنّ الاعتداء البشع على حمة الهمامي قد تم تدبيره بكيفية تحصّن الفاعلين من العقاب وتجعلهم مجهولين. كما أنّه يأتي بعد يوم واحد من انطلاق الحملة الانتخابية وحديث رئيس الدولة عند افتتاحها عن « تعزيز حقوق الإنسان وتوسيع دائرة الحريات العامّة والفردية… » ويطالب بالتحقيق الفوري في مصدر الاعتداء الذي تعرض له حمة الهمامي ومحاسبة المعتدين. –         يطالب بوقف الملاحقات المتكررة ضد الدكتور منصف المرزوقي وإلغاء كل تتبع عدلي ضده. –         يلفت الانتباه إلى الظروف التي تجري فيها الانتخابات في ظلّ إرادة سياسيّة لاتحترم الحريات الأساسية العامة والفردية وانحياز الإدارة والقمع المتواصل. و يعتبر أنّ من حق السيد محمد على الحلواني ممارسة حريته الكاملة في الدعاية الانتخابية لمشروعه دون وصاية أو رقابة من السلطات.   عن المجلس الناطقة الرسمية سهام بن سدرين  


 

بسم الله الرحمن الرحيم حركة النهضة بتونس بيان

بن علي يجدّد حربه على الإسلام في حملته الانتخابية

 

في مناخ اجتماعي وسياسي يحكمه الرعب جراء توالي تسلط أجهزة القمع على عموم المواطنين وعلى الحياة الاعلامية والاقتصادية والثقافية وبالخصوص على المعارضة السياسية الجادة وبالاخص على أبناء حركة النهضة وأنصارها وفي طليعتهم مئات المساجين الذين مضى عليهم حوالي خمسة عشر عاما خاضعين لخطة موت مبرمج وعائلاتهم لخطة تنكيل وتجويع بلغت حد حمل الزوجات على تطليق الازواج تحت طائلة التهديد بالاغتصاب وتلفيق تهمة الزنا كما حصل مع السيدة كوكب العريفي زوجة السجين السيد علي النفاتي المضرب عن الطعام منذ نهاية سبتمبر احتجاجا على منعه من إعادة عقد قرانه على زوجته التي طلقت مكرهة شأن العديد من أمثالها.. ناهيك تنكيلا ما يعانيه أكثر من عشرة آلاف سجين قد انهوا مدة محكوميتهم ليجدوا أنفسهم في سجن أكبر ملاحقين محرومين من كل حقوقهم.  – وفي أجواء استقبال رمضاني تجلله أحزان كثيرة لدى التونسيين جراء وقائع أخبار مأساوية تنقلها وسائلها الاعلام: تتمثل في تتابع أخبار قوارب الموت التي ما تفتأ رغم المهمة البوليسية النشطة التي تعهدت بها الحكومة ازاء القوى الغربية بإحباط المحاولات المتكررة التي يقوم بها مئات الشبان كل اسبوع فرارا إلى أوربا من جنة المعجزة التنموية التي يتحدث عنها البيان الانتخابي الرئاسي، وآخرها غرق قارب يحمل حوالي ثمانين شابا ثبتت وفاة أكثر من خمسين منهم التهمتهم الحيتان والباقي لا يدرى مصيرهم وقد سبقهم الى نفس المصير منذ بضعة أيام قارب مماثل يحمل عشرات الشباب.  – ويكتمل المشهد السياسي البائس في تونس بالنظر إلى إمعان السلطة في سياسات القمع ضد المعارضين الجادين .. وفي هذا السياق جاء الاعتداء بالعنف الشديد على السيد حمّة الهمّامي زعيم حزب العمال الشيوعي كما يتواصل نفي الصحفي المناضل عبد الله الزواري في منطقة قاحلة بأقصى الجنوب التونسي مفصولا عن عائلته التي تقطن بالعاصمة وخاضعا لمراقبة مستمرة على مدار الساعة. ضمن هذه المشاهد والأجواء ألقى رئيس الحزب الحاكم خطابه الانتخابي الذي تعهد فيه علنا بمواصلة حربه على الحجاب والرموز الإسلامية مدغدغا مشاعر أعداء الإسلام والحرية داخل البلاد وخارجها بذريعة مقاومة « كافة مظاهر الغلو والتعصب بما في ذلك اللباس الآتي من خارج البلاد تقليدا وعنوانا سياسيا للتطرف » ونسي الرئيس أن يحدد أي صنف من الملابس الآتية من الخارج التي سيتصدى دولته لحربها وهو يعلم أن معظم التونسيين لولا أن منّ الله عليهم بفضلات اللباس القديمة الآتية من الخارج لعجزوا عن ستر عوراتهم. ومتى كان اللّباس الساتر لباس العفة بضاعة مستوردة من الخارج حتى تقحم الدولة أنفها في أخص خصوصيات النسوة اللاهم إلا إذا اعتبرنا الاسلام ذاته بضاعة قادمة من الخارج. قبلنا كل شيء آت من الخارج إلا الاسلام ، وكذا الديمقراطية!؟ وحركة النهضة إزاء كل ذلك: –         تعبر عن شديد أساها لمأساة آلاف الشبان التونسيين الذين التهمتهم الحيتان أو ستلتهمهم فرارا من جحيم البطالة وترفع خالص تعازيها الى عوائلهم مبتهلة الى الرحمن الرحيم أن يتغمد موتاهم بواسع رحمته، وأن يخلفهم فيهم والمسلمين خيرا. –         تندد بإمعان الدولة في محاربة الاسلام دين الامة من خلال إصرارها على تطبيق قانون منع الحجاب وشن حرب لا هوادة فيها ضد حاملاته وصلت الى حد الطرد الجملي من معاهد العلم ومن مراكز الشغل وحتى الحرمان من التداوي في المشافي العمومية بما في ذلك منع الحوامل من الوضع كل ذلك بزعم محاربة التطرف! ومع ذلك لا يزالون يتبجحون بشعار تحرير المرأة مع ما في سياسة حظر الحجاب من عدوان صارخ على أخص خصوصيات حرياتها الإنسانية حرية الضمير ويتفرع عنه حقه في حرية الاعتقاد وحقه في التعبير العلني عنه. وليس اللباس الشرعي للمرأة المسلمة غير تعبير ديني عن دينها الذي اختارته. –         تدعو إلى إصلاحات ديمقراطية جادة تعيد الكرامة للمواطن والسيادة للشعب بدء بإصدار عفو عام. –         تعبر عن تضامنها الكامل مع كل ضحايا القمع من المعارضين السياسيين ونشطاء المجتمع المدني. ورفضا لكل تلك السياسات المتفرعة عن الديكتاتورية والانفراد بالسلطة في تجاهل كامل لكل نداءات الإصلاح، تجدد حركة النهضة نداءها لكل التونسيين أن يقاطعوا مهزلة الانتخابات الرئاسية والتشريعية التي لن تأتي بجديد وما هي إلا تكريس للتزوير والقمع والنهب وتفسيخ مقومات الشخصية الوطنية والاستهتار بمقتضيات التضامن العربي. قال تعالى: « إن أريد إلا الاصلاح ما استطعت وما توفيقي إلا بالله عليه توكلت واليه أنيب » هود ‏29‏ شعبان‏، 1425 الموافق ‏13‏ أكتوبر‏، 2004 حركة النهضة بتونس الشيخ راشد الغنوشي

 


 

بيـــــــان

إن الأحزاب الممضية على هذا البيان: بعد الاطلاع على الاعتداء الذي تعرّض له السّيد حمّة الهمّامي الناطق الرسمي باسم حزب العمال الشيوعي التونسي على الساعة الرابعة والنصف من يوم الإثنين 11 أكتوبر 2004 بجهة بن عروس والمتمثل في ضربه وشتمه ومحاولة افتكاك محفظته وملفّا كان يحمله وتمزيق ثيابه وتكسير نظاراته الطبية والاستيلاء على مبلغ مالي قدره 60 دينار اُنتزع من جيبه بمعية بطاقة تعريفه وبعض وثائقه الشخصية. مع العلم أن هذا الاعتداء تمّ على يد عونَيْ أمنٍ بالزي المدني استظهرا ببطاقتهما المهنيتين وكان أحدهما يحمل بيده أغلالا. 1)   تستنكر هذا الاعتداء الفظيع الذي يقصد منه تلجيم الأفواه في مثل هذا الظرف « الانتخابي » الأحزاب الديمقراطية من إبداء رأيها في القضايا الجوهرية للبلاد. 2)   تؤكد أن مرتكبي هذا الاعتداء ما كانوا ليتصرفوا بمثل ذلك الشكل لولا شعورهم بالإفلات من العقاب. علما وأن الاعتداءات على نشطاء حقوق الإنسان والمعارضين السياسيين أصبحت خلال السنوات الأخيرة ظاهرة بارزة للعيان. 3)   تطالب بفتح تحقيق في الموضوع وتتبع الجناة ووضع حد لمثل هذه الممارسات التي لا يمكن أن تنجح في إسكات صوت الديمقراطيين في تونس. تونس في 12 أكتوبر 2004

الإمضاءات: التكتل الديمقراطي من أجل العمل والحريات حزب المؤتمر من أجل الجمهورية الحزب الديمقراطي التقدمي حزب العمال الشيوعي التونسي
للاتصال: حمه الهمامي           جوّال: 0021698339960           قـار: 0021670860416

 

اللجنة العربية لحقوق الإنسان

تونس: توقيف الدكتور منصف المرزوقي ثم الإفراج عنه  
 
قامت السلطات التونسية قبل ظهر اليوم باعتقال الدكتور منصف المرزوقي، أحد قياديي اللجنة العربية لحقوق الإنسان ورئيس « المؤتمر من أجل الجمهورية »، في مطار تونس العاصمة عند توجهه إلى باريس على متن الطائرة الفرنسية مع الدكتور مصطفى بن جعفر للمشاركة في تجمع للمعارضة التونسية في العاصمة الفرنسية. وقد سمحت السلطات للدكتور بن جعفر بالسفر. كان الدكتور منصف المرزوقي، الرئيس السابق للرابطة التونسية لحقوق الإنسان والمتحدث السابق باسم المجلس الوطني من أجل الحريات وأول من تولى رئاسة اللجنة العربية لحقوق الإنسان (1998-2001) قد عاد إلى تونس في 29/9/2004 بعد غياب ثلاث سنوات في منفاه الباريسي للمشاركة في ما أصبح يعرف بالمقاطعة النشطة لعملية التجديد للرئيس بن علي إثر تعديل الدستور بشكل يسمح له بالترشح لولاية جديدة. إن اللجنة العربية لحقوق الإنسان تستنكر عملية التوقيف هذه والتي تبعت أسبوعين من الهرسلة والمضايقات والاستدعاء من قبل أجهزة الأمن التونسية. وتستنكر طريقة الاستجواب التي استمرت ثلاثة ساعات تعرض فيها زميلنا للتهديد بالمحاكمة وفق قانون مكافحة الإرهاب وغير ذلك من التهم قبل أن تأتي أوامر للمحقق بإعلام منصف بالإفراج عنه وقدرته على السفر خارج البلاد. وقد وصل الدكتور منصف مساء اليوم للعاصمة الفرنسية باريس في 13/10/2004


Congrès Pour la République

Moncef Marzouki serait jugé selon la loi antiterroriste

 

 
La chasse au président du Congrès Pour la République (CPR) le Dr Moncef Marzouki se poursuit et prend de jour en jour des dimensions invraisemblables. Après les filatures, les convocations, les intimidations, les entraves au déplacement et à l’expression qui n’ont pas réussi à intimider le Dr Marzouki, le régime tunisien vient de passer à la vitesse supérieure. Tout d’abord, en arrêtant le Dr Marzouki alors qu’il s’apprêtait à prendre l’avion pour Paris  afin d’assister à une rencontre de l’opposition tunisienne sur les élections du 24 octobre, et pour participer à une émission sur les mêmes élections à la chaîne Eljazira (une invitation qui vient d’être annulée). Empêché de prendre le vol de 11 heures, alors que le Dr Mustapha Ben Jaafar voyageant pour les mêmes raisons, a pu embarquer sans être inquiété, le président du CPR a été conduit au poste de police de l’aéroport et interrogé durant trois heures. A la fin de l’interrogatoire un procès verbal lui a été notifié, son vis-à-vis lui faisant remarquer qu’il allait être jugé pour trois motifs d’inculpation : -le maintien d’un parti non reconnu; -la participation à une réunion non autorisée ; -l’utilisation de propos (communiqué du 2 octobre) constituant une « atteinte au moral de la nation ». Il faut rappeler que le dernier chef d’inculpation (passible de douze ans de prison) renvoie à la nouvelle loi antiterroriste qui avait soulevé un tollé lors de sa promulgation le 10 décembre 2003.  Toutefois, le Dr Marzouki a été autorisé à voyager, il a pu gagner la France en début de soirée.   Le CPR qui craint pour la sécurité de son président et de tous ses militants passibles des mêmes poursuites, n’entend pas céder au chantage et à l’intimidation. Il continuera à défendre les idéaux pour lesquels il a été créé : la dignité du citoyen, la souveraineté du peuple, la légitimité de l’Etat.   Le Congrès Pour la République renouvelle sa position de boycott actif des pseudo élections du 24 octobre. Le climat d’agitation et de terreur dans lequel se déroule cette supercherie ne fait que le renforcer dans sa position. Il appelle à nouveau ses compatriotes à boycotter cette nouvelle atteinte à leur dignité.   Par ailleurs, et fidèle à ses principes, le CPR a décidé de ne pas participer à la rencontre du 14 octobre qui aura lieu à Genève pour dénoncer l’exclusion d’un parti politique écarté pour ses idées.   Paris, le 13 octobre 2004 Chokri Hamrouni, responsable de la coordination du CPR.

 

Conférence: Démocratie et alternance politique en Tunisie

 

A l’occasion des élections présidentielles et législatives en Tunisie prévues le 24 octobre 2004,

 

La C U A E

Avec le soutien de

 

L’Union des Tunisiens de Suisse

 

et

 

Le Comité Tunisie en Suisse

 

Sous le thème :

 

Démocratie et alternance politique en Tunisie :

 

Quelles alternatives ?

 

Vous invite à une conférence animée par :

 

– Hamma Hammami,

 

potre parole du Parti Communiste ouvrier de Tunisie (PCOT)

 

– Mustapha Ben Jaafar,

 

sécretaire général du Forum Démocratique pour le Travail et les Libertés

(FDTL)

 

– Moncef Marzouki,

 

Président du Congrès Pour la République (CPR)

 

– Abdelmajid Hawachi,

 

membre au bureau politique du Parti Démocratique Progressiste (PDP)

 

 

jeudi 14 octobre 2004 à 19h30

 

Uni Mail – Salle R070

 

Bd du Pont – d’Arve 40 – Genève

 

 

Organisation : CUAE

Avec le soutien de : Union des Tunisiens en Suisse – Comité Tunisie en Suisse


 

ReveilTunisien.org - Nawaat.org

Appel à contribution

 

A l’occasion de la mascarade électorale du 24 octobre 2004, les équipes de Réveil Tunisien et de Nawaat s’associent pour la parution d’un numéro spécial sous le thème :

 

« Non à Ben Ali... Boycottons ensemble ! »

 

La parution simultanée de ce numéro aura lieu le jeudi 21 octobre 2004 sur les deux sites. Tou(te)s les ami(e)s de la cause démocratique tunisienne sont invité(e)s à y participer par leurs contributions, quelle qu'en soit la forme : articles, images, clips, cartoons, flash, etc.

 

N’hésitez pas à exprimer votre sentiment sur la situation actuelle de la Tunisie, vos idées, vos suggestions, votre vison de l’avenir et les alternatives que vous entrevoyez. Les résultats du 24 octobre sont d’ores et déjà acquis, cependant la vie – nos vies – ne vont pas s’arrêter pour

autant.

 

Le temps a toujours joué contre les tyrans et l’Histoire a toujours été du coté des luttes pour la liberté.

 

Tou(te)s les ami(e)s qui désirent contribuer à ce numéro spécial peuvent envoyer leurs contributions soit à la rédaction du site de Nawaat, soit à celle de RéveilTunisien, soit aux deux rédactions (en sachant que dans les trois cas, elles seront publiées sur les deux sites).

 

Pour des raisons d’ordre pratique, le dernier délai pour la réception des contributions est fixé au mercredi 20 octobre 2004 à 12h.

 

Merci d’avance à tous les contributeurs (trices).

 

 

La rédaction de Nawaat

contact@nawaat.org

 

La rédaction de Réveil Tunisien

contact@reveiltunsien.org

 


Excuses et correction

 

Dans son édition du 12 octobre 2004, TUNISNEWS a publié un article signé par  Naoufel Boustangi, diffamatoire envers Mr. Abdelmajid BOUDEN, Avocat international et promoteur d'Investissements.
L'article  a été immédiatement retiré de cette même édition et des archives. L'équipe de TUNISNEWS présente ses sincères excuses à M. Bouden et à ses lecteurs.

 

REACTION DE ABDELLATIF BEN SALEM ET MAHERBAAL

C' est une manipulation faite par des personnes agissant pour le compte du régime tunisien. Constatant que toute attaque lancée à travers ses journaux officiels ne serait pas crédible, les autorités ont profité d'un débat ouvert dans Tunisnews, média indépendant, pour tromper la vigilance de son équipe réduite et distiller des contre- vérités, des allégations sans fondements et cette diffamation attentatoire à l'honneur de M. Bouden. La société ABCI au capital de 20 millions de US$, présidée à l'époque par M. Bouden, avait réalisé le plus gros Investissement Etranger Direct en Tunisie dans les années 80 en faisant l'acquisition de 50% du capital de la Banque Franco-Tunisienne. La résistance opposée par ce dernier au racket de la famille Ben Ali a déclenché, à son encontre et celui de la société qu'il dirigeait, les foudres des autorités tunisiennes qui se sont  traduites entre autres par une chasse à l'homme sans merci organisé par la police et la justice de Ben Ali à son encontre et par la confiscation sous la contrainte et par la fraude de l'Investissement d'ABCI. Contrairement aux tribunaux tunisiens, et à ce jour, tous les tribunaux étrangers et internationaux, saisis au fond, ont, sans exception, donné raison à ABCI et à M. Bouden. Le site de la Banque Mondiale (www.worldbank.org/icsid/cases/pending.htm ) indique que le différend entre l'Investisseur étranger ABCI et l'Etat tunisien avait été enregistré le 06 avril 2004, par le Tribunal international de la Banque Mondiale siégeant à Washington, le CIRDI (Centre International de Règlement des Différends relatifs aux Investissements). La Banque Mondiale a offert sa médiation pour régler le différend à l'amiable. Les mafieux prédateurs de l'Etat tunisien, s'arrogeant frauduleusement, l'exclusivité du « patriotisme » et de la « démocratie » et ne voulant pas lâcher le morceau confisqué, se répandent en calomnie contre M.Bouden pour le seul fait qu'il avait joué les trouble-fêtes, osé leur résister et donné le « mauvais exemple » en montrant qu'il y a une autre voie que la soumission, celle de la dignité et du respect de son bon droit.

 


Un opposant tunisien affirme avoir été agressé par la police; les autorités démentent

 

      

Associated Press, le 12.10.2004 à 19h28

     

            TUNIS (AP) — L’opposant tunisien Hamma Hammami s’est plaint d’avoir été agressé lundi sur la voie publique par un policier qui lui aurait asséné des coups sur le cou et le dos à l’aide de menottes.

            Selon un communiqué du Parti communiste des ouvriers de Tunisie (PCOT, extrême gauche, non reconnu), dont M. Hammami est le porte-parole, l’incident s’est produit dans à Ben Arous (banlieue sud de Tunis).

            Alors qu’un policier lui demandait sa carte d’identité, « un autre agent, arrivé par derrière, lui a asséné des coups sur le cou et le dos, proférant des insultes devant des passants », ajoute le communiqué.

            M. Hammami dit avoir eu les lunettes brisées et la chemise déchirée. Et les agents « ont oublié de lui restituer les 60 dinars (40 euros) qu’ils lui ont enlevé de sa poche », a-t-il ajouté.

            De sources officielles, on démentait catégoriquement cette version des faits: il ne s’agissait que d’un contrôle de routine dicté par « l’apparence suspecte d’une personne qui portait un chapeau dissimulant son visage et tenait un sac dans chaque main ». Hamma Hammami, après avoir été « prié de décliner son identité, a poursuivi son chemin », poursuivait-on de mêmes sources.

« L’intéressé n’a subi aucune violence ou mauvais traitement. Toute allégation contraire est infondée », affirme-t-on côté officiel.

            Condamné en février 2002 à deux ans et trois mois de prison pour divers délits liés à son appartenance au PCOT, M. Hammami, époux de l’avocate et militante des droits de l’Homme Radhia Nasraoui, a bénéficié moins d’un an après d’une libération conditionnelle.

            Comme deux autres formations de l’opposition, une légale et l’autre non reconnue, le PCOT appelle au boycott des élections présidentielle et législatives du 24 octobre.

 


INTERVIEW-Tunisia president candidate battling for democracy

By Lamine Ghanmi

 

Reuters, le 13.10.2004 à 15h31

            TUNIS, Oct 12 (Reuters) – Mohamed Ali Halouani knows he has no chance of beating Tunisia’s president at the ballot box but sees the campaign as a chance to strengthen the pro-democracy opposition, stunted by decades of de facto single party rule.

            Soft spoken Halouani, a philosophy teacher, says he is the flag bearer of an opposition striving to push the North African country into a genuine multi-party democracy.

            Four candidates — incumbent Zine al-Abidine Ben Ali and three others, including Halouani — will compete in the Oct. 24 election that critics and human rights group say is anything but free and fair.

            « What’s most significant for us, beyond the results of the poll, is the change the election will bring about to public opinion and the mood of people, » Halouani, leader of the secular Attjadid party, told Reuters in an interview.

             « Our aim is that our campaign shakes up the political landscape. People will see in me an opponent striving … for a true democracy, not one that looks like a stage setting, » the 47-year-old university teacher said.

            Critics accuse Ben Ali of creating a de facto police state disguised with a veneer of democracy after replacing president for life Habib Bourgiba in 1987 when he was pronounced senile. He was the sole presidential candidate in 1989 and 1994.

            « The country has to move towards a real democracy. The authorities say we have a democratic system but we have only a formal and ineffective democracy, » Halouani said.

            Authorities are accused of controlling the media for years while only giving a tiny amount of airtime or newspaper exposure to opposition candidates during the official campaign, which began on Oct. 10.

            The government reject this and is keen to credit Ben Ali with bringing economic, political and social prosperity to millions of Tunisians in a region of turmoil and inequality.

            The government says the president is committed to building a democracy gradually, stressing that Ben Ali, re-elected by 99.5 percent against two contenders in 1999, further opened up the multi-candidacy presidential race this year.

            « The elections will reinforce further the state of law and democracy in Tunisia. The polls will energise the country’s political life, » Interior Minister Hedi M’Henni told reporters.

            Halouani says he is the first contender in 48 years to break a political taboo — criticising a sitting president who enjoys a public aura seen bordering on a personality cult.

            « We tell the people that, despite difficulties and obstacles, we are in a republic and we have the right to compete as a candidate against the president, » said Halouani who is backed by figures in the human rights community, trade union groups and liberal circles in Tunis and other cities.

            No opinion polls have been taken for the election, which coincides with a parliamentary ballot. However, it is expected to give the ruling party another big majority.  

 


 

Affaire de Chott Mériem :

53 morts et 11 disparus

 

Tunis – Le Temps: L’affaire des émigrés clandestins de Chott-Mériem continue de défrayer la chronique. Bien que les drames de l’émigration clandestine soient fréquents, celui de Chott Meriem retient plus d’attention de par le nombre des victimes.

 

Avec les six nouveaux corps retirés de l’eau, le nombre des morts est, aujourd’hui, de 53 alors que celui des disparus est réduit à onze.

 

Par ailleurs, l’interrogatoire se poursuit avec le “capitaine” de l’embarcation qui a réussi à rejoindre la côte à la nage, sauvant sa peau, d’une manière providentielle. Selon ses déclarations, il se serait entendu avec l’organisateur du voyage de la mort (MK) de lui remettre le reliquat de son dû à son retour en Tunisie. Mais la nature en a voulu autrement.

 

On rappelle que le dénommé MK qui a réussi à échapper aux mailles de la police est traqué par cette dernière dans la région du Cap Bon où il se serait réfugié après avoir quitté sa ville natale (Hergla) en compagnie d’une autre personne.

 

Rappelons que l’aventure, qui a commencé à Chott Meriem, s’est terminée par le naufrage de l’embarcation, sachant que sur les 75 occupants (70 Marocains et 5 Tunisiens), onze seulement, ont eu la vie sauve.

 

(Source : Le Temps du 13 octobre 2004)

 


Commission communication Afvic
Le 12/10/2004  

Les Autorités tunisiennes ordonnent l’enterrement de  52 cadavres de ressortissants marocains victimes du drame de chatt meryem.

 

 
 Le 11 octobre 2004 les autorités de Tunis, ont procéder à l’enterrement de 52 cadavres de ressortissant marocains, après accord des autorités marocaines et sans consultations des familles.   D’après les informations que nous avons pu cueillir sur place, 8 personnes ont été identifiés alors que les autres ont été enterrés avec un Numéro de série. Un prélèvement d’ADN a été effectué sur l’ensemble des cadavres. D’après nos sources Les prélèvements D’ADN ont été transféré au laboratoire de la sécurité nationale le samedi 09 octobre 2004.   Afvic, condamne cette précipitation et dénonce avec énergie le mutisme des autorités Marocaines, qui au lieu de procéder à l’identification des Marocains morts a cause des politiques menées depuis quatre décennies et qui ont causé le départ massif des jeunes. Semble se réjouir de la décision tunisienne d’enterrer dans la précipitation la preuve de l’échec des politiques de cannibalisme économique et de la répression policière.   Les familles non encore informé par cette opération d’enterrement, se sont réunies dés 7h00 du matin devant le domicile du gouverneur de Khouribga. Les familles cherchaient une lueur d’espoir les informant sur le devenir de leurs enfants.   Afvic a reçu à 11h35 la liste des 179 personnes détenues en Tunisie et à tenue en urgence une réunion avec les familles qui pensent que leurs enfants pourraient être victime du drame de Shatt Meryem. Avec une forte présence sécuritaire plus de 500 personnes ont participé à cette réunion.   Suite à une invitation du gouverneur de la province, Afvic a participé à une réunion , qui s’est tenue à 13h30, à laquelle ont participé tous les responsables au niveau de l’ensemble des services sécuritaire de la ville. Afvic a reçu la promesse de la collaboration des autorités locales et la coordination avec la société civile. Afvic à condamner fortement l’absence totale des responsables au niveau des autorités de Rabat qui n’ont pas pris en considération la souffrance des familles depuis le 03/11/2004. Le chef de la sécurité provinciale a confirmé que l’enquête encours à permis d’identifier un réseau de passeur et qui sont activement recherché au Maroc et à l’Etranger.   Afvic a demandé à tous ses coordinateurs au Maroc et à l’Etranger de mener une compagne de communication et de solidarité avec les victimes de Shatt Meryem AFVIC/PFM GSM :+212 65656518 Tel : 023 49 1261 FAX  :+212 23491287 AFVIC 34 Rue Moulay Abdellah KHOURIBGA 25000 MAROC

 


 

Inauguration du centre d’appel du groupe américain  » Stream  »

Renforcer la capacité de la Tunisie à attirer davantage de projets à haute valeur ajouté

 

Un centre d’appel du groupe américain  » Stream  » a été inauguré, dans la capitale, mardi le 12 octobre 2004, par M. Mohamed Nouri Jouini, ministre du Développement et de la Coopération internationale en présence de l’ambassadeur des Etats-Unis à Tunis et Mme Toni Protman, présidente du groupe.

 

M. Jouini, s’est félicité de la concrétisation de ce projet dans un des domaines cibles en matière d’investissement extérieur précisant que la Tunisie a été choisie pour abriter ce projet après une étude comparative avec d’autres pays concurrents.

 

Ce projet, a-t-il dit devrait permettre l’emploi de 600 diplômés de l’enseignement supérieur et ne manquera pas de renforcer la capacité de la Tunisie à attirer davantage de projets à haute valeur ajouté, exprimant la disposition des services de son département à offrir leur assistance pour garantir le succès de ce projet.

 

Selon la présidente du groupe américain,  » Stream  » figure parmi les plus grandes compagnies américaines opérant dans ce domaine et compte 21 centres d’appel repartis dans différents pays.

 

M. Protman a affirmé que la Tunisie a été choisie en raison de l’environnement favorable à l’investissement et les incitations qu’elle offre aux investisseurs outre son infrastructure moderne dans le domaine de la communication et des compétences scientifiques qu’elle possède .

 

(Source: le site official www.infotunisie.com, le 12 octobre 2004)

 

 


 

LA TUNISIE PERD 4 PLACES DANS LE CLASSEMENT MONDIAL DE LA COMPETITIVITE

Europe du Nord, Etats-Unis, Taïwan, champions 2004 de la compétitivité (WEF)

 

AFP, le 13.10.2004 à 13h31

 

                GENEVE, 13 oct (AFP) – Les pays d’Europe du Nord, les Etats-Unis  et Taïwan se classent aux premières places du palmarès mondial de la  compétitivité, publié mercredi à Genève par le Forum économique  mondial (World Economic Forum, WEF).

            Pour la deuxième année consécutive, la Finlande grimpe sur la  plus haute marche du podium. « Ce pays allie à une excellente gestion  macroéconomique des institutions publiques de qualité », souligne le  WEF dans un communiqué. « Quant à son secteur privé, il est toujours  partant pour adopter de nouvelles technologies ».

            Avec la Suède, le Danemark et la Norvège, les pays du nord de  l’Europe occupent les six premières places du classement de 104  pays. Celui-ci a été effectué à partir de l’opinion de 8.700 chefs  d’entreprise de la planète à qui l’on a demandé d’évaluer les  performances des pays suivant des critères économiques, sociaux ou  administratifs.

            Ce palmarès est censé refléter le potentiel de croissance de  l’économie d’un pays dans les cinq à huit prochaines années.

            Les Etats-Unis, numéro un en 2002, restent encore à la deuxième  place cette année, leur « suprématie technologique étant en partie  écornée par le bilan en demi-teinte des institutions publiques » et  de l’économie.

            La Suisse reste en tête du classement pour les pays d’Europe  occidentale, reculant toutefois d’un cran au 8ème rang. Le  Royaume-Uni gagne 4 places et s’inscrit en 11ème position, malgré de  mauvais points pour ses infrastructures et le niveau d’éducation de  sa main d’oeuvre.

            L’Allemagne, mal notée en ce qui concerne la flexibilité du  travail, reste à la 13ème place, le Canada passe de la 16ème à la  15ème et la Belgique de la 27ème à la 25ème.

            La France en revanche recule de la 26ème à la 27ème place. Elle  « semble éprouver malgré ses efforts des difficultés à se relancer  dans la course à la compétitivité », observe le WEF. « Elle ne pourra  sortir de l’ornière qu’à condition d’engager des réformes de grande  envergure: meilleure gestion des ressources publiques, (…)  flexibilité du marché de l’emploi et simplification du régime  fiscal ».

            En « perpétuel déclin », l’Italie recule de la 41ème à la 47ème  place, devancée par bon nombre de pays d’Europe centrale ou  d’Afrique. Le WEF incrimine particulièrement « les entraves à  l’indépendance du corps judiciaire, le népotisme rampant dans le  secteur public et le coût économique du crime organisé » dans la  Péninsule. 

            Des dix pays qui ont adhéré en mai dernier à l’UE, l’Estonie  progresse de la 22ème à la 20ème place, devant Malte (32ème), la  Slovénie (33ème) et Chypre (38ème).

            En Asie, Singapour perd une place mais reste 7ème, alors que le  Japon en regagne deux pour pointer 9ème, bénéficiant du « redémarrage  spectaculaire de son économie » après une décennie de morosité. La  Chine en revanche recule de la 44ème à la 46ème place, du fait de  « fortes carences institutionnelles: problèmes de solvabilité du  secteur bancaire, bureaucratie pléthorique et prolifération des  contrôles administratifs ».

            En Amérique latine, le Chili bondit de 6 places pour s’inscrire  en 22ème position, loin devant les autres pays du continent qui  reculent dans l’ensemble sous l’effet de « l’instabilité politique,  la paralysie bureaucratique et la corruption endémique ».

 

            En Afrique, l’Afrique du Sud gagne une place pour atteindre le  41ème rang, juste devant la Tunisie qui perd 4 places et le  Botswana, qui recule de la 36ème à la 45ème.  


 

  Tenue correcte (Sic !) à l’Université Les étudiants ont été avisés par les directions de leurs facultés qu’il est exigé de porter une tenue correcte pour entrer au sein de la faculté. Ainsi, aussi bien le voile que les tee-shirts et chemises sans manches ou encore les jupes et shorts courts sont interdits. Pour les hommes, il est exigé que leur barbe soit rasée. Tout manquement à cette réglementation entraine la suspension de l’étudiant et pourrait entrainer, au besoin,des procédures judiciaires. En attendant le prononcé du jugement, la suspension de l’étudiant reste maintenue.

 

(Source : Réalités N° 978 du 23 septembre 2004)

 

Faux problèmes de journalistes   Plusieurs journalistes et réalisateurs tunisiens se sont étonnés de l’image qu’a donnée d’eux le cinéaste tunisien Mokhtar Ladjimi dans son film “ Bab El Arch ”, projeté lundi dernier en compétition officielle des Journées Cinématographiques de Carthage. Les problèmes des journalistes évoqués par le film, de piètre qualité du reste, ne reflètent aucunement leur réalité vécue, bien ternie dans le film, absolument non conforme, ce qui démontre le grand manque de recherche du cinéaste auprès des intéressés. On s’est étonné fortement de la sélection officielle de ce film alors qu’une autre belle œuvre tunisienne était en lice pour cette sélection, “ Le Prince ” de Mohamed Zran qui mérite amplement une distinction à laquelle on l’empêche de prétendre !

 

(Source : Réalités N° 980 du 7 octobre 2004)

Pétition à Radio Sfax

  Une pétition circule actuellement à Radio Sfax pour demander à la direction de cette station d’engager des procédures pour d’éventuelles poursuites judiciaires contre l’hebdomadaire ayant publié un fait-divers relatif à leur consoeur décédée il y a quelques semaines. Ils accusent le journal d’avoir causé la mort de leur consoeur suite à la lecture d’un article mensonger, selon eux. Ils demandent également qu’on arrête d’attenter à la réputation des gens dans certains journaux tunisiens .

 

(Source : Réalités N° 980 du 7 octobre 2004)

 

Aide pour les pays du Maghreb   La Commission Européenne, les Pays-Bas et le Haut Commissariat aux réfugiés vont aider les pays d’Afrique du Nord à développer leur système d’asile pour faire face à l’afflux d’immigrants. L’aide, d’un montant d’un million d’euros, financée à 80% par Bruxelles et 20% par les Pays-Bas, vise à aider la Mauritanie, l’Algérie, le Maroc, la Tunisie et la Libye à adopter une législation sur l’asile, former des officiers capables de traiter les demandes etc… Le HCR mène déjà ce genre de projets dans plusieurs pays d’Afrique et d’Europe de l’Est. Il est noter que seuls 10% des gens demandant l’asile dans l’Union Européenne sont reconnus comme réfugiés, le reste étant des immigrants économiques.

 

(Source : Réalités N° 980 du 7 octobre 2004)


       

في جلمة

تلميذ يدخل القسم مخمورا ويتطاول على مربية ويعبث بالتجهيزات

 

شهدت مدينة جلمة يوم أول أمس الاثنين (11 أكتوبر) حادثة غريبة تمثلت في دخول تلميذ الفصل بحالة سكر وتهكمه على المربي وتهشيمه لبلور النوافذ واحداث الهرج وتعطيل السير العادي للدرس. وتأتي هذه الحادثة بعد أيام قليلة من قيام تلميذ مرفوت باقتحام مؤسسة تربوية كائنة بجهة سيدي علي بن عون وتعنيفه لأستاذته على مرأى ومسمع من زملائه قبل أن يلقى عليه القبض. وكشفت المعطيات المتوفرة فيما يخص حادثة جلمة أن تلميذا يدرس بالسنة الثانية ثانوي بالمعهد الثانوي بجلمة ويبلغ عمره التاسعة عشر عاقر الخمرة ثم توجه الى المؤسسة التربوية المذكورة لمتابعة حصة في التاريخ والجغرافيا.

 

وفعلا دخل التلميذ المشاغب الفصل رفقة أترابه دون أن يتفطن لأمره أي كان في البداية غير أنه بدأ في التهكم من أستاذه حال مباشرة الأخير تقديم الدرس.

 

ولئن حاول المربي وضع حد لتصرفاته غير أن المشبوه فيه تطاول عليه حتى أدرك الأستاذ أنه أمام شخص مخمور (!!) فحاول الاتصال بالادارة لإرغامه على مغادرة القسم.

 

ويبدو أن هذا الاجراء الاداري لم يرق للتلميذ فعمد الى تهشيم بلور النوافذ قبل أن ينجح أعوان الحرس الوطني بجلمة في وضع حد لهيجانه وتطاوله على المربي الذي يشهد له الجميع بالكفاءة والجدية في العمل.

 

وبانطلاق التحريات معه اعترف المظنون فيه بما نسب إليه في انتظار تقديمه للعدالة وبالتوازي مع ذلك ينتظر أن يتخذ مجلس القسم قرارا اداريا في شأنه ليكون عبرة لغيره.

 

ص. المكشر

 

(المصدر: جريدة الصباح التونسية الصادرة يوم 13 أكتوبر 2004)


 

قضاء إداري:

 

اغلاق نزل فتح أبوابه لشبكة دعارة

تونس «الشروق»: ألقى اعوان الامن القبض على مجموعة من الشبان والنساء بأحد نزل العاصمة للاشتباه بتورطهم في تعاطي البغاء والتورط في قضايا أخلاقية اخرى. فتمت احالتهم على القضاء العدلي، فيما قرر رئيس بلدية تونس شيخ المدينة غلق النزل لمدة ثلاثة اشهر الا ان صاحب النزل لم يرض بهذا القرار فرفع أمره للقضاء الإداري. وقد استند العارض في طلبه الإذن بتوقيف تنفيذ القرار الصادر عن رئيس بلدية تونس شيخ المدينة، الى ان الوقائع التي انبنى عليها القرار والمتمثلة في الدعوى الاخلاقية غير ثابتة خاصة وقد قضت المحكمة على المتهمين بعدم سماع الدعوى، اضافة الى خرق أحكام الفصل 74 جديد من القانون الاساسي عدد 68 لسنة 1995 المؤرخ في 24 جويلية 1995 والمتعلق بتنقيح واتمام القانون الاساسي للبلديات بمقولة ان المخالفة المرتكبة لا تدخل تحت طائلة هذا الفصل. كما ينعى العارض على القرار فقدانه لكل تعليل وخرقه لمبدإ توازي الصيغ والشكليات وخرقه لأحكام القانون المنظم لتراتيب النزل والبيوت المؤثثة. ويضيف الشاكي ان القرار من شأنه ان يتسبب في نتائج يصعب تداركها اذ ان غلق النزل من شأنه ان يقضي على سمعته التجارية ويتسبب في تجميد حسابات صاحبه والحدّ من دخله وينجرّ عنه كذلك حرمانه وحرمان خمسة عائلات تشتغل بالنزل من مورد رزق. وبعد ان اطلع رئىس المحكمة على التقرير المدلى به من قبل رئىس بلدية تونس شيخ المدينة الوارد على كتابة المحكمة الإدارية بتاريخ 2 أكتوبر 2003 والذي تضمن ان حالات تدخل رئىس البلدية الواردة بالفصل 74 وردت على سبيل الذكر وليس الحصر اضافة الى ان قرار الغلق وقع اتخاذه استنادا على الفصل 47 من القرار الصادر في 30 افريل 1942 والمتعلق بتنظيم البغاء داخل الايالة التونسية. اما بخصوص التعليل فقد اشار رئىس البلدية الى ان ما ذكر في قرار الغلق يعتبر تعليلا واضحا وكافيا. لقد اقتضى الفصل 39 (جديد) من قانون المحكمة الادارية انه يجوز للرئىس الاول لهذه المحكمة ان يأذن بتوقيف التنفيذ الى حين انقضاء آجال القيام بالدعوى الاصلية او صدور الحكم فيها، اذا كان طلب ذلك قائما على اسباب جدية في ظاهرها وكان تنفيذ المقرر المراد توقيف تنفيذه من شأنه ان يتسبب للمدّعي في نتائج يصعب تداركها. ورأت المحكمة في الختام انه بصرف النظر عن طبيعة النتائج التي قد يتسبب فيها القرار المراد توقيف تنفيذه فإن عدم ارتكازه على مطاعن جدية في ظاهرها يحول دون الاذن بتوقيف تنفيذه اذ ان الوقائع التي انبنى عليها لم يتم نفيها بصورة قطعية باعتبار ان التقرير الذي رفعه رئيس مصلحة وقاية الاخلاق بإدارة الشرطة العدلية الى رئيس البلدية يشير الى عديد الاشخاص الذين تم ضبطهم بحالة تلبّس داخل غرف النزل وبالتالي فإن تبرئة شخصين لا ينفي التجاوزات الاخلاقية التي حصلت بالنزل. كما ان اختصاص السلطة المصدّرة للقرار ثابت بموجب القرار المؤرخ في 30 افريل 1942 الامر الذي يتجه معه رفض المطلب لذلك اصدر الرئىس الاول للمحكمة الإدارية بتاريخ 11 اكتوبر 2003 القرار القاضي برفض المطلب. إعداد: منجي الخضراوي

 

(المصدر: صحيفة الشروق التونسية الصادرة يوم 13 أكتوبر 2004)

 


 

اول حكم لمحكمة الاستثمار العربية منذ تأسيسها يثير استياء مستثمر سعودي قاضي الحكومة التونسية

 

القاهرة من عصمت صلاح الدين: أثار أول حكم تصدره محكمة الاستثمار العربي امس الثلاثاء منذ تأسيسها قبل نحو ربع قرن استياء مستثمر سعودي طالب رجال الاعمال العرب بتوجيه استثماراتهم الي خارج المنطقة. وأعلنت المحكمة التي تأسست عام 1980 ولم تنظر في أي قضية منذ ذلك الحين حكمها برفض الدعوي المقامة من شركة تنمية للاستشارات الادارية والتسويقية وهي شركة سعودية ضد الحكومة التونسية ولجنة تنظيم دورة ألعاب البحر الابيض المتوسط لعام 2001. ونص الحكم الذي أصدرته هيئة المحكمة المؤلفة من ثلاثة قضاة أردني وقطري وسوداني بأغلبية الاصوات علي رفض طلب المدعية (السيد عادل صالح المداح ـ شركة تنمية للاستشارات الادارية والتسويقية) ضد المدعي عليها الاولي والثانية بكامل أجزائها والزام المدعية بمصاريف الدعوي أمام محكمة الاستثمارات العربية . وعقب النطق بالحكم قال المداح وهو رئيس شركة تنمية لرويترز ان هذا الحكم رسالة للمستثمرين العرب بعدم التوجه لهذه المحكمة. وعلي المستثمرين العرب اعادة النظر في الاستثمار في العالم العربي . وكانت شركة تنمية قد رفعت الدعوي أمام محكمة الاستثمار في أوائل عام 2003 لمطالبة الحكومة التونسية ولجنة تنظيم الدورة الرياضية بتعويض نحو 79 مليون دولار مقابل عدم تمكينها من تنفيذ عقدها المبرم في 1999 الذي يشمل احتكار حقوق البث التلفزيوني لانشطة دورة البحر المتوسط (تونس 2001) فضلا عن النشاط الاعلاني وطبع التذاكر. وتقول الشركة وفقا لمستندات قدمتها للمحكمة ان تونس خالفت العقد لمنحها رعاية الدورة للخطوط الجوية التونسية بصورة مباشرة وليس من خلال شركة تنمية. ودفع الجانب التونسي بأن الشركة لم تسدد المبلغ المطلوب مقابل احتكار رعاية الدورة وهو 4.5 مليون دولار. ووفقا لنصوص الاتفاقية الموحدة لاستثمار رؤوس الاموال العربية في الدول العربية التي أقرت عام 1980 والمؤسسة لمحكمة الاستثمار فان أحكام هذه المحكمة تكون واجبة النفاذ وليس لاطراف الدعوي حق الاستئناف. ونصت الاتفاقية علي أنه لا يكون لحكم المحكمة قوة الالزام الا بالنسبة لاطرافه وفي خصوص ما تفصل فيه من نزاع. ويكون لهذا لحكم قوة النفاذ في الدول الاطراف ويجري تنفيذه فيها مباشرة كما لو كان حكما نهائيا . وأرفق رئيس المحكمة الاردني فايز حسين المبيضين قرارا مخالفا للحكم الذي أيده العضوان عبد الرحمن الخليفة وهو سوداني ومبارك الهاجري وهو قطري يذكر فيه أن طرفي الدعوي قد أخلا بالتزاماتها التعاقدية وأنه لا بد من تحديد الاضرار التي نجمت عن ذلك. وقال المبيضين في قراره الذي تلقت رويترز نسخة منه لما كان الطرفان لم يتقدما بدعوي خلال سريان الاتفاق يطالب أي طرف الاخر الذي ماطل بالتنفيذ ويستصدر حكم فسخ العقد يبقي العقد قائما… ولما كان تعنت الطرفين ومماطلة كل طرف في تنفيذ الالتزام الواجب عليه هو خطأ يستوجب المسؤولية العقدية المتمثلة بجبر الضرر الذي لحق بالطرف الاخر… لهذا وخلافا لرأي الاكثرية المحترمة أري أن تقوم المحكمة باختيار عدد من أهل الخبرة والفن ليقوموا بتقدير التعويض العادل لجبر أي ضرر لحق بأي طرف نتيجة مخالفات نصوص العقد . ولم تتضح علي الفور الآثار القانونية التي يمكن أن تترتب علي قرار المبيضين. ومن الانتقادات الرئيسية التي توجه لجامعة الدول العربية أنها أصدرت ألوف القرارات منذ تأسيسها في منتصف الاربعينيات ولكن لم يلتزم أعضاؤها بكثير منها. وهذا ما أوضحه تعقيب من أحد المحامين اذ تساءل لماذا يتوجه المستثمرون العرب الي محكمة باريس (لتسوية النزاعات التجارية) ولم يلجأوا قط للمحكمة العربية . وكانت مواقف طرفي أول دعوي تقام أمام المحكمة توحي بأن هذه النصوص لن تري النور حتي قبل صدور الحكم. ففي رد علي سؤال عن الاجراء الذي ستتخذه تونس اذا صدر ضدها الحكم ذكر محامي اللجنة التونسية عبد المجيد التركي لرويترز ان ذلك معناه نهاية محكمة الاستثمار، وقال ستقبر المحكمة العربية .

 

(المصدر: صحيفة القدس العربي اللندنية الصادرة يوم 13 أكتوبر 2004)

 


 

محكمة الاستثمار العربي ترفض دعوى شركة سعودية ضد الحكومة التونسية

 

رئيس المحكمة يخالف رأي الأغلبية ويتيح رفع التماس لرفع الضرر عن الجانب السعودي

 

جدة: محمد الشمري

 

أصدرت محكمة الاستثمار العربي أمس حكما برفض الدعوى المقدمة من قبل شركة تنمية للاستشارات الإدارية والتسويقية، وهي شركة سعودية، ضد الحكومة التونسية ولجنة تنظيم دورة ألعاب البحر الأبيض المتوسط لعام 2001، كما قررت إلزام الشركة المدعية بدفع تكاليف الدعوى. وفيما صدر الحكم بالأغلبية، قرر المستشار فايز حسين المبيضين، رئيس المحكمة، مخالفة رأي أغلبية الأعضاء، واعتبر أن الحكم مجحف بحق الشركة المدعية. وقال: «خلافا لرأي الأكثرية المحترمة أرى أن تقوم المحكمة باختيار عدد من أهل الخبرة والفن ليقوموا بتقدير التعويض العادل لجبر أي ضرر لحق بأي طرف نتيجة مخالفات نصوص العقد». من جهته، أوضح لـ «الشرق الأوسط» عادل المداح، رئيس مجلس إدارة شركة تنمية، أن شركته سترفع طلب التماس لتعديل القرار الذي وصفه بالمجحف، وذلك استنادا لرأي رئيس المحكمة المخالف لقرار الأغلبية التي رفضت الدعوى.  

وقال المداح إن «تنمية» تطالب الحكومة التونسية بـ 79 مليون دولار، وذلك نتيجة المخالفات التي ارتكبتها الحكومة التونسية والأضرار التي لحقت بـ «تنمية»، نتيجة عدم التزامها بالعقد المبرم معها عام 1999. وتعود تفاصيل القضية إلى تعاقد «تنمية» مع الحكومة التونسية عام 1999، بهدف استثمار حقوق البث الإذاعي والتلفزيوني والإعلامي والإشهاري لدورة ألعاب البحر الأبيض المتوسط «تونس 2001 وتوابعها». وبيّن المداح أن «تنمية» اكتشفت بعد التعاقد بشهر واحد، أن الحكومة التونسية متعاقدة منذ أربعة أشهر مع الخطوط التونسية بموضوع العقد ذاته، على الرغم من وجود توطئة في مقدمة العقد تنص على أنه «لم يسبق للحكومة أن تعاقدت بأي صفة حول موضوع هذا العقد مع أي طرف كان». وأضافت أن الحكومة التونسية عمدت إلى إلغاء العقد من جانب واحد، وهو ما يخالف بنود الاتفاق ـ على حد قوله.  

وقال: «إن تجربتنا، التي لا نرجو لغيرنا من المستثمرين أن يعاني مثلها، تجعل من الاستثمار في الدول العربية مخاطرة»، معتبرا أن قرار المحكمة الصادر أمس، مدعاة لإحجام العرب عن الاستثمار في المنطقة في ظل عدم الإنصاف الذي يواجهه المستثمرون العرب. وعقب النطق بالحكم قال المداح إن هذا الحكم «رسالة للمستثمرين العرب بعدم التوجه لهذه المحكمة»، معتبرا أن «على المستثمرين العرب إعادة النظر في الاستثمار في العالم العربي». ومن الانتقادات الرئيسية التي توجه لجامعة الدول العربية أنها أصدرت ألوف القرارات منذ تأسيسها في منتصف الأربعينات ولكن لم يلتزم أعضاؤها بكثير منها.  

يشار إلى أن القرار الصادر عن المحكمة أمس، هو الأول منذ إنشائها عام 1980، وهو ما يعني أن أيا من المستثمرين العرب لم يلجأ إليها في أي قضية، مفضلين اللجوء إلى محكمة باريس لتسوية النزاعات التجارية، وهو ما لم يفعله المستثمر السعودي الذي رفع القضية للمحكمة العربية التي خذلته بحكم أغلبية أعضائها أمس.

 

(المصدر: صحيفة الشرق الأوسط الصادرة يوم 13 أكتوبر 2004)

 


موريتانيا تهدد بالانسحاب من اتحاد المغاربي

 

الرباط – محمد الأشهب      

 

هددت موريتانيا بتعليق عضويتها في اتحاد المغرب العربي, احتجاجاً على ما تعتبره ضلوع ليبيا في المحاولة الانقلابية التي اعلنت نواكشوط احباطها أخيراً. وأبلغت مصادر ديبلوماسية مغاربية « الحياة » ان موريتانيا أبدت انزعاجاً لعدم تفهم الدول الاعضاء في الاتحاد لموقفها من المحاولة الانقلابية. ويعتقد بان نواكشوط ابلغت الامين العام للاتحاد التونسي الحبيب بلعراس موقفها الانتقادي لشركائها ازاء عدم اعلان التضامن معها.

 

وبحسب المصادر ذاتها, تسعى الرباط, التي ترتبط بعلاقة جيدة مع موريتانيا وليبيا, الى القيام بمبادرة جديدة للتوسط بينهما والتخفيف من الصعوبات التي تواجه الاتحاد المغاربي الذي من المقرر ان يعقد قمته المؤجلة منذ 1995 في ليبيا, لكن مصير هذه القمة, كما سابقاتها يظل معلقاً بسبب التوتر الراهن بين الرباط والجزائر.

 

وكان الموفد الليبي علي عبدالسلام التريكي اجتمع اول من امس في طنجة مع العاهل المغربي الملك محمد السادس ووضعه في صورة الموقف الليبي من التطورات الموريتانية.

 

وعلى صعيد العلاقات المغربية – الجزائرية, نشرت صحيفة « الاتحاد الاشتراكي » الناطقة باسم حزب « الاتحاد الاشتراكي » عضو الائتلاف الحكومي في الرباط ان معاودة انتشار الحشود العسكرية الجزائرية على الحدود بين البلدين اتخذ منحى جديداً مع اتجاهه الى المناطق الجنوبية حيث وقعت « حرب الرمال » بين البلدين العام 1963. وقالت الصحيفة, نقلاً عن « معلومات متطابقة » ان ثلاث وحدات جزائرية انتقلت في ناقلات جند من وهران شمال غربي الجزائر إلى الجنوب.

 

على صعيد آخر, قالت المصادر إن المغرب رفض عرضاً من جنوب افريقيا لترتيب لقاءات بين مسؤولين مغاربة ومن جبهة « بوليساريو », معتبراً أن أي جهد خارج نطاق مساعي الامم المتحدة لحل النزاع في الصحراء الغربية لن يكون مناسباً. يذكر ان العلاقة بين الرباط وبريتوريا شهدت توتراً بعد اعتراف جنوب افريقيا بـ »الجمهورية الصحراوية ».

 

(المصدر: صحيفة الحياة الصادرة يوم 13 أكتوبر 2004)


الجزائر تدرس « اقتراحات » فرنسية لتقليص التهديد الإرهابي الآتي من المتوسط

 

الجزائر – محمد مقدم      

 

تنظر الجزائر في اقتراحات حملها وزير الداخلية الفرنسي دومينيك دوفيلبان بهدف تقليص التهديدات الإرهابية الوافدة من الضفة الجنوبية للبحر المتوسط. ويُتوقع أن يعرض الوزير الفرنسي اقتراحات مماثلة خلال زيارته لبقية عواصم الاتحاد المغاربي.

 

وأعلن مصدر رسمي, أمس, أن دوفيلبان بحث مع نظيره الجزائري يزيد زرهوني في « تقويم التعاون في المجال الأمني » و »جملة من القضايا التي تخص مكافحة الإرهاب, الهجرة غير الشرعية ». وتشير مراجع على صلة بالملف أن السلطات الفرنسية تسعى, ضمن تكتل دول الحوض الغربي للمتوسط والذي يضم أيضاً إسبانيا وإيطاليا ومالطا, إلى الخروج بأرضية اتفاق مع دول الاتحاد المغاربي لمعالجة التهديدات الإرهابية وقضايا الهجرة.

 

واستقبل رئيس الحكومة أحمد أويحيى في الصباح الوزير الفرنسي الذي انتقل ظهراً إلى مبنى رئاسة الجمهورية حيث استضافه الرئيس عبدالعزيز بوتفليقة على مأدبة غداء. وحل مساء في ولاية قسنطينة (450 كلم شرق العاصمة) حيث زار الجامعة الإسلامية والتقى كبار الباحثين والأساتذة في الشريعة الإسلامية. وكان دوفيلبان أبدى لدى وصوله إلى الجزائر, مساء الإثنين, استعداد باريس للنظر في الطلبات التي تقدمها الجزائر في إطار مكافحة الإرهاب, مشيراً إلى أن بلاده بدأت في تنفيذ التزاماتها في هذا المجال. وشدد على أن ملف التعاون لمكافحة الإرهاب « يندرج حالياً ضمن أولوياتنا ».

 

على صعيد آخر, بدأ مسؤول أميركي بارز في ملف مكافحة الإرهاب زيارة للجزائر هي الأولى منذ هجمات 11 أيلول (سبتمبر) 2001. وقالت مصادر مطلعة لـ »الحياة » ان كوفر بلاك, المكلف مكافحة الإرهاب في وزارة الخارجية الأميركية, سيحضر اجتماع خبراء الحكومات والدول حول مكافحة الإرهاب في القارة الافريقية الذي ستنطلق أشغاله اليوم الأربعاء. وسيعرض المسؤول الأميركي خلال لقائه المسؤولين في الحكومة وأجهزة الأمن والاستخبارات, قضايا مكافحة الإرهاب في الجزائر ومنطقة دول الساحل الإفريقي.

 

ومن المقرر أيضاً ان يبدأ المستشار الألماني غيرهارد شرودر, الجمعة, زيارة رسمية للجزائر هي الأولى لمسؤول ألماني منذ تردي الأوضاع الأمنية مطلع التسعينات. ويُتوقع أن يبحث مع الرئيس بوتفليقة في العلاقات السياسية وتعزيز التعاون الاقتصادي إضافة إلى بعض القضايا الإقليمية والدولية.

 

إلى ذلك, اعتقلت قوات الأمن في سكيكدة (550 كلم شرق) ثلاثة مسلحين من « الجماعة السلفية للدعوة والقتال » بعد مطاردة دامت ليلة الإثنين – الثلثاء بعد محاصرتهم في ضواحي مشتة وادي شادي في بلدية عين الزويت (غرب ولاية سكيكدة). وذكرت مصادر أمنية أن المجموعة التي تنشط تحت قيادة المدعو « بلمفعي » (معروف أيضاً بـ »الجيدوكا »), كانت وراء سلسلة هجمات على بعض المداشر النائية مثل تمالوس وبوشطاطة والزويت.

 

(المصدر: صحيفة الحياة الصادرة يوم 13 أكتوبر 2004)


الجزائر تُصعّد ضد المغرب وتنتقد « هذيان المخزن »

 

الجزائر – محمد مقدم      

 

تصاعدت حدة التوتر بين الجزائر والمغرب, منذ مساء الأحد, مع إصدار السلطات الجزائرية تعليقاً رسمياً هددت فيه بأنها لن تلتزم الصمت مستقبلاً إزاء ما وصفته بـ »هذيان وهستيريا المخزن », في إشارة الى المؤسسة الملكية المغربية.

 

وانتقد تعليق وزعته وكالة الأنباء الجزائرية الرسمية بشدة تصريحات محافظ التخطيط المغربي أحمد الحليمي عليمي عن إفراط الجزائر في التسلح ودورها المزعوم في محاولة الإنقلاب على الملك الراحل الحسن الثاني مطلع السبعينات وصلتها بجبهة « بوليساريو ». ووصفت تصريحاته بـ »الهذيان الشرس الحاقد » واعتبرت أن « هذه خطوة لا يمكن السكوت عنها ».

 

وفي شأن مزاعم عن دور قامت به الإستخبارات الجزائرية في محاولة الإنقلاب على الحسن الثاني مطلع السبعينات, قال المصدر الرسمي ان هذه المزاعم « تضيف إلى الضغينة والافتراء وحتى الشتيمة لروح الراحل الملك الحسن الثاني الذي لم يلجأ أبداً إلى مثل هذه السلوكات على رغم اختلاف وجهات نظره مع الجزائر ».

وفي خصوص اتهام الجزائر في شأن « الإفراط في التسلح », ذكر التعليق الرسمي أن الرباط طالما « اشترت أسلحة من دون أن تتدخل الجزائر في ذلك », وان الجزائر « ليست في حاجة إلى استشارة المغرب ولا إلى موافقته حتى تقوم بعصرنة جيشها وعتاده ».

 

لقاء في جنوب افريقيا

 

وأكدت الجزائر, أمس, أن قادة « بوليساريو » كانوا « طرفاً في سلسلة مطولة من اللقاءات كانت جد واعدة وعقدت على مدى ثلاثة عقود مع كبار القادة المغربيين ». وكشفت لقاء كان من المقرر أن يُعقد في 6 أيلول (سبتمبر) الماضي في جنوب افريقيا بين المغرب و »بوليساريو ». وقالت ان اللقاء كان « بطلب » من المغرب الذي قرر « أن يلغيه في آخر لحظة ».

 

وأكدت أن « الجزائر تساند وستواصل مساندتها حق الشعب الصحراوي في تقرير مصيره » وان « الطرفين المعنيين بالنزاع هما المملكة المغربية وجبهة بوليساريو لا غير » وان « قضية الصحراء الغربية ليست ولن تكون ذريعة حرب بين الجزائر والمغرب ».

 

(المصدر: صحيفة الحياة الصادرة يوم 12 أكتوبر 2004)

 


للصائم فرحتان

المصافحة الثالثة

 الهادي بريك/ المانيا

نواصل بسط بعض ما تيسر من فقه الصوم الميسرو فقرات البرنامج ا ليومي للصائم  .

8 ــ القاعدة هي كما روى البخاري عن إبن عباس وعكرمه  » الفطر مما دخل وليس مما خرج « .

9 ــ الحقن والابر: أجمع الفقهاء على أنها إذا كانت للتداوي  لا تفطر وكذلك إذا كانت للتقوية بما فيها من  » فيتامينات  » وإختلفوا في حقن أو إبر الوريد المغذية بين قائل بالتفطير وقائل بعدم ذلك واستند هؤلاء إلى قاعدة  أن الفطر مما دخل من المنفذ المعتاد وليس من سواه .  

10 ــ من أكل أو شرب ناسيا يصح صومه ولا قضاء ولا كفارة عليه إذ روى الجماعة عن أبي هريره عنه  «  من نسي وهو صائم فأكل وشرب فليتم صومه فإنما أطعمه الله وسقاه « .

11 ــ لا يوجب القضاء والكفارة معا سوى الجماع عند جمهور الفقهاء لحديث متفق عليه عن أبي هريره معروف في المجال ولا أورده هنا لطوله وضيق المجال .

12 ــ تعمد الافطار دون عذر يوجب القضاء دون الكفارة .

مستحبات الصوم :

1 ــ  تعجيل الفطور فليس من البر مثلا الامتناع عن الافطار حتى إستكمال الاذان لمن يسمعه .

2 ــ تأخير السحور إلى حد طلوع الفجر  وليس من البر شح المحاسبة بالثواني والدقائق اليسيرة .

3 ــ التنزه عن اللغو وما في حكمه في اللسان والسمع والبصر  وسائر ما يفسد سريرة الصائم ويحول قلبه عن ربه سبحانه ومن وقع في ذلك يستغفر مع كل عود جديد ولا يبطل صومه.

4 ــ البعد عن الاختلاف في مطالع الاهلة  وعدد ركعات التراويح فوحدة المسلمين مقدمة على كل المفرقات فلو تفرق الناس إختلفت قلوبهم ولو توحدوا هداهم الله لما إختلفوا فيه من الحق بإذنه  

5 ــ يجوز تقديم أداء زكاة الفطر  قبل رمضان وبعد دخوله إلى يوم العيد والعبرة هنا بمصلحة المزكى له فكلما روعيت مصلحته سواء نقدا أو عينا كان أداؤها حسنا مرضيا عند ربك وبذلك قال ابوحنيفة والشافعي والزيدية قياسا على زكاة المال وقال بعض الحنابلة بداية من منتصف الشهر.

فقرات البرنامج اليومي للصائم :

1 ــ صوم الجارحة من بصر وسمع ولسان ويد :  » من لم يدع قول الزور والعمل به فليس لله حاجة في أن يدع طعامه وشرابه  » ( البخاري عن أبي هريره ). وقصة المرأتين اللتين قاءتا دما وعبيطا أمامه عليه السلام معلومة وأخرجها أحمد عن عبيد مولاه عليه السلام .

2 ــ الصلاة المكتوبة والمنفولة جماعة وفي المسجد بأشد ما يكون الحرص ومنها القيام وخاصة التراويح والجماعة فيها أفضل وركعتين على الاقل قبل دخول  الفجر ولو بقدرهما فالفريضة في رمضان بسبعين فريضة والنافلة بفريضة فلا يسع باغي الخير غير الاقبال في موسم زرع  .

3 ــ تلاوة  القرآن بأكثر ما يكون ا لحرص ولعل الانسب في ذلك ختمه تلاوة شخصية غير تلاوة التراويح مرة واحدة في رمضان ولا شك أن حضور القلب وحصول التدبر من أبلغ مقاصد التلاوة فمن لا يستطيع القراءة فليستمع إ لى الاشرطة حتى يختمه .

4 ــ المثابرة على حد أدنى من الاذكار وخاصة عقب الصلوات من تسبيح  وتحميد وتهليل وتكبير وحوقلة وحسبلة  وصلاة وسلام على النبي عليه السلام و علىالدعاء فهو مخ العبادة  .

5 ــ تفطير صائم والمقصود من لايجد طعاما ولبلوغ المقصود كل يوم يفضل أ ن يتخذ كل صائم له صندوقا يضع فيه مع حلول كل إفطار ما تيسر له ثم يصرفه إلى مستحقيه ولا شك أن التزاور والصلة بين الجيران والاقرباء والاصدقاء من أجل العبادات ولكن المحتاج أولى بالطعام .

6 ــ الاعتكاف لمن يقدر عليه وتجديد النية له عند دخول المسجد وخاصة في العشر الاواخر والاكثار من الانفاق بقدر الاستطاعة وصلة الرحم وإصلاح ذات البين والاعتمار لمن يقدر عليه.

 تقبل الله صالح عملك وإلى مصافحة  تالية أستودعك الله  صومك وقيامك وتلاوتك ومواساتك .


تساؤلات

 

عمر الخيام

 

ما إن راجعت قصة حياة زين المافيوزيين بن علي من مصادرها الحقيقية حتى خامرتني هذه التساؤلات ؛ ـ ما هي نوعية المهمة التي كلفت بها وكالة الاستخبارات المركز ية الأمريكية ، سي آي آي، سفير تونس في بولندا في 1981؟ ـ من الذي همس في اذن بورقيبة اسم بن علي ليعينه وزيرا أول في خريف 1987؟ ـ من هي الجهات التونسية المتورطة في عملية اغتيال أبي جهاد في العام 1988؟ ـ لماذا اغتيل الطالب التونسي مروان بن زينب في 1989؟ ـ ما هو دور الأجهزة التونسية في اغتيال أبي إياد في شهر يناير 1991؟ ـ من الذي قتل المنصف بن علي، شقيق دكتاتور قرطاج، في 1997؟ ـ من الذي أصدر أمر اغتيال الصحفي التونسي رياض بن فضل في مايو 2000؟ ـ لماذا قتل علي السعيدي في ديسمبر 2001؟ ـ من الذي يقف وراء اسقاط المروحية العسكرية التي أودت بحياة قيادة الجيش التونسي برمتها في ابريل 2002؟ (المصدر: منتدى تونيزين بتاريخ 13 أكتوبر 2004 على الساعة 03 و09 دقيقة)

 


 

Vient de paraître :

La recherche scientifique et l’information en Tunisie : la production scientifique des chercheurs tunisiens en sciences humaines et sociales 1956-1987

 

Prof. Wahid GDOURA

 

ISBN 9973-32-043-3 (620 p.)

 

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Préface

 

Prof. Emérite Abdeljelil Temimi

 

La thèse de Doctorat d’Etat de M. Wahid Gdoura, sous notre direction, a demandé plus de dix ans de travail et de recherches ; elle représente un acquis scientifique certain pour l’Université tunisienne, sans doute parce qu’elle traite des réalités de la recherche scientifique dans notre pays, depuis son accession à l’indépendance en 1956 jusqu’à l’avènement du 7 novembre 1987, en épluchant la production des chercheurs tunisiens dans toutes les spécialités en sciences humaines et sociales.

 

Cette question, certainement difficile, a demandé beaucoup de volonté et n’a pas manqué de placer notre chercheur dans l’embarras.

 

L’aventure de Wahid Gdoura commence lorsqu’il se met à collecter des fonds de documents variés et originaux, tels que les archives des ministères de tutelle, ceux de l’Education Nationale puis ceux de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique. Monsieur Gdoura, confronté à maintes difficultés, fut amené à redoubler d’efforts pour collecter de la matière et pour pouvoir disposer, ainsi, du « strict minimum » d’informations fondamentales et essentielles nécessaires pour traiter de cette thématique. Il entama alors la seconde étape d’analyse des péripéties de la recherche scientifique dans notre pays d’après l’indépendance, par l’étude des caractéristiques de la société tunisienne, longtemps soumise, durant le Protectorat français, à un plan d’analphabétisation systématique, visant à réduire les chances de prise de conscience de l’intérêt du savoir , de la recherche et du progrès.

 

Toutefois, lors de l’indépendance politique du pays, le jeune état tunisien a réagi par une vaste campagne d’alphabétisation, pour former le nouveau citoyen tunisien. L’extension horizontale de l’enseignement a tout naturellement donné lieu dans un premier temps, à une explosion du nombre d’élèves puis du nombre d’étudiants qui ont pu accéder à l’université. Et de ce fait plusieurs universités, facultés et centres de recherche furent créés et animés par une nouvelle génération d’enseignants spécialistes dans diverses branches des sciences humaines et sociales. Ces pionniers ont pu assurer des enseignements de qualité et contribuer à la régénération et à la production des connaissances dans notre pays.

 

C’est à la lumière de ces données, que Wahid Gdoura a mené une étude bibliométrique approfondie voire exhaustive pour rendre compte de la production scientifique nationale depuis l’indépendance de notre pays jusqu’à 1987. Il a pu analyser profondément le processus de la recherche scientifique dans chaque discipline et aborder les différentes étapes vécues par la communauté des chercheurs tunisiens. Il s’est arrêté sur les obstacles qu’elle a dû affronter et qui expliquent le rendement, jugé limité, de la production scientifique aussi bien à l’échelle régionale qu’internationale.

 

Le discours de l’Etat tunisien relatif à la recherche scientifique n’était qu’un discours de bonnes intentions; en témoigne le contraste flagrant entre les textes officiels et le discours politique déclaré. Vue l’absence de planification et de mise en œuvre d’une politique réelle et cohérente de la recherche scientifique durant la période 1956-1987, nous pouvons avancer que l’Etat tunisien a consciemment sous-estimé la recherche scientifique, ce secteur n’a pas été inscrit parmi ses priorités stratégiques.

 

Le chercheur Gdoura aborde, au cours de son travail, plusieurs questions, tels que le bilinguisme pratiqué par ces chercheurs, et l’usage peu fréquent de la langue arabe dans les écrits scientifiques d’avant 1970. Il s’interroge sur les fluctuations du Centre d’Etudes et de Recherches en Sciences Economiques et Sociales (CERES), ainsi que sur les composantes du système de recherche scientifique qui s’est avéré précaire et incapable de répondre aux exigences de ce qu’on appelle aujourd’hui la société du savoir. Il montre que le maintien du « rideau de fer » entre les spécialités a empêché la création d’équipes de recherches interdisciplinaires et a réduit, par là même, les chances de coopération et de partenariat scientifiques, susceptibles de favoriser l’examen de plusieurs questions théoriques, et la redéfinition du cadre épistémologique en rapport avec l’évolution du progrès scientifique sur la scène internationale.

 

Dans le domaine de l’édition, l’auteur nous fournit des données pertinentes sur les publications scientifiques dans notre pays en analysant les divers obstacles qui ont entravé les activités éditoriales et en expliquant les multiples raisons du peu de rayonnement de la recherche scientifique tunisienne à l’étranger. Sur un autre plan, le chercheur Gdoura étudie l’attitude des décideurs qui a quasiment « oublié » le financement des activités de recherche en sciences humaines et sociales, à tel point qu’ils ont consacré 90.72 % du budget de la recherche scientifique, dans notre jeune pays, aux sciences exactes. De ce fait, ils nous ont privé de deux opportunités, la première consiste à développer les recherches en sciences humaines susceptibles d’ offrir des potentialités exceptionnelles de créativité intellectuelle.

La deuxième réside dans la disproportion entre les énormes ressources du budget de la recherche et le peu de rendement des chercheurs en sciences exactes, qui n’a pas été à la hauteur des réalisations internationales ; les pertes en furent multiples.

 

L’auteur n’a pas omis d’analyser les caractéristiques de la production scientifique en sciences humaines et de constater la médiocre contribution des chercheurs dans certaines disciplines et dans la régénération de connaissances, en particulier ceux qui ont assumé les responsabilités de conception ou de création de l’Université et planifié ses activités. Aujourd’hui, il nous est permis de reconnaître à quel point l’Université a vécu repliée sur elle-même et fermée aux courants intellectuels, du fait de l’absence de tradition de « coopération » scientifique sur la scène maghrébine, arabe et internationale. Les choix de ces décideurs, en manque de lucidité, ont peu réussi et ont fini par étouffer l’université tunisienne et par la marginaliser aussi bien à l’échelle arabe qu’internationale.

 

Ce sont là quelques grandes lignes de force de cette thèse universitaire originale et novatrice, vouée à être la première référence scientifique en matière d’évaluation objective. Il est recommandé aux universités maghrébines, arabes et même internationales d’encourager à procéder à des études d’avant-garde de ce genre, en vue de jeter des lumières sur la production scientifique de leurs chercheurs, sur la nature de leur contribution, aussi minime soit-elle, et sur les causes de ses revers.

 

Je félicite Wahid Gdoura d’avoir mené à son terme cette thèse ; ses compétences en bibliothéconomie et sciences de l’information et ses diverses publications scientifiques régulières l’ont aidé sans doute à mieux aborder ce dossier. Sa vocation a fait de lui l’un des pionniers dans ce domaine, non seulement dans notre pays mais aussi dans le monde arabe. Sa persévérance en matière de recherche et sa manière de soulever de nouvelles problématiques en science de l’information l’ont conduit à se ranger parmi les éminents spécialistes dans le monde arabe.

 

Le lecteur est invité à s’arrêter sur les dizaines de tableaux et graphiques pertinents qui traduisent bien une aptitude à comprendre l’itinéraire de la recherche et de la production scientifique en sciences humaines et sociales, depuis l’indépendance de notre pays. De ce fait, nous avons voulu, par la publication de cette thèse, transmettre un message scientifique et civilisationnel fort aux chercheurs intéressés par le développement des disciplines des sciences humaines et sociales dans les espaces universitaires arabes. Un tel message témoigne bien du vrai rayonnement du savoir aux niveaux arabe et international, tel que assumé par des fondations et des instituts ayant cru au rôle de la science dans l’échange culturel. C’est aux directeurs et recteurs d’universités qu’incombe la responsabilité du rayonnement scientifique de leur pays.

 

*      *      *

Par la même occasion, je dois présenter mes vifs remerciements à la Direction de l’Arab Tunisian Bank et à son Président M. Farid Ben Tanfous, qui ont bien saisi, avec un sens très élevé et une vision futuriste l’importance de cette thèse magistrale dans le processus du rayonnement de la connaissance et de la recherche historique dans notre pays, lorsqu’ils ont apporté leur concours pour la publication de ce travail par leur compréhension et soutien, ils inaugurent une louable tradition dans notre pays, lorsque les institutions bancaires apportent leur soutien, et s’est ce qui font les institutions bancaires turques et françaises en assument les frais de publication de grands travaux scientifiques dans leur pays ; que M. Farid Ben Tanfous et sa Direction trouvent ici notre profonde reconnaissance.

 

Prof. Emérite Abdeljelil Temimi

 


 

«Ils ont choisi l’Islam» de Sofiène Ben Mrad : La preuve par les Européens

 

M.Bouamoud   Attendu sa valeur historique et la lumière qu’il jette sur le sujet devenu par ces temps-ci si brûlant qu’est l’Islam, la chaîne de télévision TV 5 le diffusera vers le début du mois de novembre, alors que les JCC l’ont in extremis programmé dans la section “ Le marché du film ”. Sans être défaitiste ou fataliste, il y a fort à parier que le Monde arabo-musulman dans son ensemble restera – en tout cas pour bien des années à venir – incapable (et le mot n’est pas excessif) de convaincre les Européens et les Occidentaux de l’idée que l’Islam – le vrai – n’a absolument rien à voir avec ces malheureuses images d’un certain 11 septembre 2001. Comment le leur dire ? Comment y parvenir alors que c’est une organisation arabe qui a revendiqué le malheur de ces attentats ? Comment leur dire que l’Islam (le texte qui en découle) est une invite à la vertu, non une incitation à la haine ? Entreprise , il faut le reconnaître, par trop délicate car, d’avance, vouée à l’échec. Prétexte ou pas, la guerre contre l’Irak est encore là pour nous persuader de la difficulté de la tâche. Avouons-le : dans le monde entier, c’est aujourd’hui l’image de l’Islam qui est entachée, ébréchée, racornie, et il faudra du temps – beaucoup de temps – pour, d’abord, la ‘‘rapetasser’’, ensuite la réhabiliter. Situation d’autant plus incommode et complexe que toutes les nations sont à présent dans l’obligation de composer entre elles ; dans ce qu’on a qualifié de “ village planétaire ”, le mot d’ordre est drastique : joue ou quitte !… Or, quitter veut dire mourir à petit feu, c’est le fameux “ s’adapter ou périr ”. C’est dire – et tout le monde le sait – que le Monde arabo-musulman n’a maintenant qu’une alternative unique : jouer le jeu de la mondialisation malgré cette étiquette négative que lui ont collée Européens et Occidentaux par quelques organisations arabes interposées. Mais est-ce une raison assez valable pour laisser perdurer cette image dont a été affublé l’Islam ? Que faire ? Une idée originale et fort salutaire a effleuré l’esprit de Sofiène Ben Mrad, en l’occurrence réalisateur d’un document qui – c’est certain – fera date et, en tout cas, invitera plus d’un à réfléchir par deux fois sur la question. En ‘‘détective privé’’, il a été un peu partout en Europe chercher ces grands noms connus du monde entier et qui “ ont choisi l’Islam ”. Il les a interrogés, interviewés, filmés. Il s’agit de grandes personnalités européennes qui se sont à un moment de leur existence converties à l’Islam. La liste est longue, mais on peut en citer quelques-uns : Frédéric II, Jacques Berque, Maurice Béjart, Alphonse de Lamartine, Virgil Georghiu etc. A la fois documentaire sur les origines de l’Islam en Europe et témoignages vivants, le film ambitionne d’asséner la preuve – et c’est vraiment le moment – que l’Islam n’eût guère pu être adopté par ces Français, Italiens, Allemands, Espagnols et autres si vraiment il avait été cette image si négative qu’on présente aujourd’hui de lui dans le monde entier. Ce sont donc des Européens et des Occidentaux qui livrent, de par leurs conviction et conversion, la véritable image de l’Islam, une image qui exhorte à la tolérance, l’amour d’autrui, l’ouverture et la solidarité entre les peuples. «Ils ont choisi l’Islam» de Sofiène Ben Mrad / Production : Tuniscope Communication (Source : Réalités N° 980 du 7 octobre 2004)

 


 

Hommage à Paul Sebag, le pionnier de la sociologie en Tunisie

 

Mohamed Kerrou

 Aux yeux de plusieurs “ générations ” de sociologues tunisiens, Paul Sebag incarne à la fois la rigueur, la probité scientifique, la modestie et la vaste érudition. Le souvenir qu’il laisse est celui d’un chercheur exceptionnel et d’un enseignant universitaire appliqué. Qui de ceux, ayant eu la chance d’être ses étudiants, ne se souvient des petites fiches rédigées à l’aide d’un crayon—doublé d’une gomme et minutieusement taillé – et servant de support au “ maître ” pour dicter ses leçons et éventuellement les reprendre au fil de l’énonciation ou de l’écoute attentive des remarques critiques? Les cours magistraux qu’il professait étaient, pour les apprentis sociologues que nous étions, une source intarissable de “ gai savoir ”. La voix de Sebag —un petit bonhomme au caractère vif et attentionné, chaussé de lunettes épaisses et vêtu humblement— nous guidait dans les méandres de la connaissance des grands sociologues, fondateurs et précurseurs de la “ scienza nuova ” (Auguste Comte, Durkheim et Weber mais aussi Ibn Khaldoun, Montesquieu, Marx et Saint-Simon). Le Professeur Sebag (“ Sabbagh ” pour les avertis) était doté non seulement d’un grand savoir théorique mais également d’une connaissance empirique sans pareille. Le terrain de la ville de Tunis lui était si familier que toute théorisation de notre part devenait saugrenue par rapport à la réalité concrète qu’il cernait en profondeur et avec esprit de finesse. A la suite de l’un de ses cours matinaux, au milieu des années 1970, je me rappelle que nous étions un petit groupe d’étudiants—pour la plupart intensément engagés dans le mouvement étudiant de l’époque et friands de la production intellectuelle paraissant aux fameuses Editions Maspero—amenés ce jour-là à l’accom-pagner, sans que cela soit prévu et au petit bonheur, dans sa “ descente ” vers la médina, sur le chemin qui le menait, à pas lents, de la Faculté des Lettres du 9 avril à son domicile situé dans la “ ville européenne ”. On découvrait ainsi, en suivant ses paroles et ses gestes de véritable “ maestro ”, l’immense connaissance urbanistique, historique et sociologique qu’il avait de la “ vieille ville ”. Rien n’échappait à son regard et à ses commentaires : les échoppes, les ruelles, les quartiers, les médersas, les mosquées, les maisons et surtout les individus et les familles qui y vivaient. Il connaissait tout, absolument tout le monde—le Beldi incrusté dans le tissu urbain comme le Jéridi ou le Douiri fraîchement citadinisés—au point de déstabiliser nos convictions “révolution- naires”; lui, l’ancien communiste que l’on affectionnait par “ affinité sélective ” et par refus de la pensée dominante. Certes, nous découvrions parfois, au fil d’une discussion voire d’une polémique, son côté franchement conformiste qui découlait à la fois de son réalisme pratique et de sa courtoisie. Néanmoins, nous gardions pour le professeur et le savant—il avait déjà cessé d’être politique depuis des années—l’admiration et le respect qu’il méritait et qu’il ne cesse encore aujourd’hui de susciter, après sa disparition. L’itinéraire scientifique de Paul Sebag est réellement un itinéraire hors-pair, comme en témoignent ses nombreuses et régulières publications, embrassant des champs aussi variés que la sociologie, l’histoire, la géographie et la littérature. Par cette féconde conjugaison des savoirs humains, il pratiquait l’interdisciplinarité sans jamais la réclamer en tant que telle. Son esprit positiviste l’éloignait, en effet, de tout discours redondant et stérile. Ses écrits étaient toujours basés sur des faits observables et jamais sur des assertions hasardeuses ou des intuitions poétiques. Effectuées d’abord au sein de l’Université de Tunis puis, au lendemain de son départ en France, à l’Université de Lille, où il continua d’enseigner en tant que maître assistant—quelle leçon de modestie et de distanciation avec la quête effrénée des titres aca- démiques !—ses travaux de recherche commencent par un essai de monographie de la Tunisie publié en 1951 alors qu’il était professeur au Lycée Carnot de Tunis. Dans ce premier livre se retrouve l’assurance de sa démarche, l’abondante documentation et la perspective large et globale qui tient compte des conditions naturelles, des grands évènements historiques tels que la colonisation qui a bouleversé le paysage du pays, de l’assise économique, de l’enseignement et de la culture, sans oublier la structure politique héritière du nationalisme triomphant. Au lendemain de l’Indépendance, l’intérêt de Sebag s’oriente vers l’étude de la condition des salariés, l’industrialisation et l’extension des faubourgs (Borgel, Saïda Manoubia et Sidi Fathallah) formant une ceinture autour de la Capitale et où pullulent les constructions de fortune appelées “ gourbis ” et quelques maisons en dur. C’est là que se jouent effectivement les transformations de la condition ouvrière et de la morphologie urbaine. Adoptant une méthodologie serrée, le sociologue étudie alors, avec une grande précision, la forme de l’habitat, les origines et les structures de la population, les niveaux de vie en relation avec le travail et l’emploi, la vie familiale et la différenciation sociale ainsi que l’intégration à la vie citadine de ces masses d’origine rurale. Tout est passé au peigne fin et tous les types de documents (cartes, plans, vues aériennes, archives de la police, questionnaires, interviews, observa- tions) sont savamment utilisés. Par là, Sebag fonde la sociologie tunisienne de la ville et de l’espace urbain qu’il ne cessera de développer le long de sa carrière de recherche, notamment avec sa magistrale “Monographie de la Hara” (1959), sa merveilleuse investigation de la Grande Mosquée de Kairouan (1963) et sa monumentale “Histoire de la ville de Tunis” (1998). Cet ouvrage de près de 700 pages était, à l’état de manuscrit, destinée dès le début des années 1970 à être une thèse de doctorat d’Etat en géographie qu’il n’a jamais, en chercheur très exigeant, voulu soutenir mais qu’il a enfin publiée, en la transformant en une histoire urbaine avec une structure différente. Il s’agit d’un travail colossal qui a nécessité pas moins d’un demi-siècle de collecte de documents, de réflexion et de rédaction. Il a été enfin publié à la satisfaction de nombreux chercheurs, enseignants, praticiens, décideurs et habitants de Tunis qui attendaient de le lire et de mieux se connaître. Depuis sa parution, c’est une référence incontournable pour tous ceux qui s’intéressent à la ville de Tunis et aux cités de la Méditerranée. En parallèle à la ville et à l’urbain, Paul Sebag affectionnait les récits des voyageurs ayant visité Tunis, du XVIIème au XIXème siècles (Davis Nathan, Guilleragues, Benjamin II, Jean Thévenot, Laurent d’Arvieux, le Père de la Motte), et l’histoire des Juifs tunisiens, des origines à nos jours (1991). Ce sont là, à mon sens, les axes principaux de la longue et stimulante recherche de Paul Sebag, qui s’intéressait par ailleurs à des tas d’autres thèmes : les expéditions maritimes arabes, les monnaies, les hôpitaux, la course “ barbaresque ”, voire les contes persans. Au soir de sa vie, en 2001 et 2002, le pionnier de la sociologie tunisienne publie deux témoignages de valeur : “Les souvenirs et documents des communistes de Tunisie de 1939 à 1943” et “Les noms des Juifs de Tunisie”. La boucle est ainsi bouclée d’une vie scientifique pleine, sereine et extrêmement riche. Le maître est parti mais l’œuvre demeure. Elle est là, à la disposition des chercheurs invités à assimiler l’héritage de Paul Sebag et de ses contemporains, pour pouvoir investir de nouveaux objets et de nouveaux territoires dans le domaine des sciences de l’homme et de la société. (Source : Réalités N° 978 du 30 septembre 2004)

 


De la cérémonie du dévoilement à Alger (1958) à Ni Putes Ni Soumises : l’instrumentalisation coloniale et néo-coloniale de la cause des femmes

 

Par Houria Bouteldja

Collectif féministe « les Blédardes »

1. Le dévoilement, une violence coloniale

13 mai 58 à Alger, place du Gouvernement : des musulmanes montées sur un podium pour brûler leur voile. L’enjeu de cette mise en scène est de taille : il faut pour les autorités coloniales que les femmes algériennes se désolidarisent du combat des leurs. Leur exposition sert de langage : celui d’une puissance coloniale qui oeuvre pour gagner les femmes à l’émancipation et à la pérennité de la « civilisation française ». Réaction épidermique de la société algérienne : maintenir – et c’est vital – les femmes hors de l’invasion coloniale pour préserver l’être algérien. « Certaines, décrit Franz Fanon, dévoilées depuis longtemps reprennent le voile affirmant ainsi qu’il n’est pas vrai que la femme se libère sur l’invitation de la France et du Général de Gaulle ».

 

Aujourd’hui, 40 ans après l’indépendance, les méthodes ont changé dans la forme, mais pas dans le fond, car l’esprit colonial, toujours vivace, continue d’imprimer l’inconscient français. Duplice, il invoque constamment les grands principes qui fondent la République, mais préside à toutes les entreprises politiques qui disqualifient les fils et filles d’indigènes et valorisent un républicanisme franco-français prétendument universaliste. Ainsi, le corps des musulmanes, écartelé au nom des nobles principes de la République, s’est peu à peu défiguré, perverti en banal objet médiatique, figure repoussoir d’une idéologie franco-centrée décidément incapable de penser l’altérité et de penser sa responsabilité dans ce qui fait l’autre et son identité contrariée.

 

2. Ni putes ni soumises : association féministe ou appareil idéologique d’État ?

C’est d’ailleurs ce racisme post-colonial qui permet de comprendre l’omniprésence, dans le discours des dirigeants de Ni Putes Ni Soumises sur le voile, et plus largement sur les méfaits de la « culture de cité », du thème du « rappel » des règles ou de la « ré-affirmation » des principes.

 

En effet, comme l’a remarqué Pierre Tévanian, il est à première vue paradoxal, si l’on reste sur le strict terrain de la laïcité, qu’une loi nouvelle, marquant une rupture avec les textes de loi fondateurs de la laïcité (en introduisant un devoir de laïcité de la part des élèves), ait pu être considérée comme un « rappel » ou un « retour » aux sources :

« La question ne peut être éludée : si les textes fondateurs des années 1880 et 1905 ne justifient pas l’interdiction du port de signes religieux par les élèves, qu’est-ce donc qui devait être « retrouvé », « réaffirmé » ou « rappelé » ? L’une des réponses possibles est la suivante : ce qui, des années 1880-1905, devait être « réaffirmé », c’est un certain ordre symbolique qu’on peut qualifier de colonial, dans lequel certaines populations, considérées comme sous-humanisées du fait de leur référence musulmane, sont vouées au statut de serviteurs dociles et invisibles ou à celui de « cible » et de « bouc émissaire ».

 

Un ordre symbolique dans lequel, de toute façon, les personnes de couleur ou identifiables comme « musulmanes » sont réduites au rang d’instrument au service de l’homme pleinement homme, autrement dit au statut d’objet parlé, étudié, commenté (et le plus souvent diffamé et insulté), et non de sujet parlant.

 

On peut, si l’on garde à l’esprit ce passé colonial qui n’est pas passé, comprendre l’intensité des grandes campagnes médiatiques et politiques qui ont été menées ces derniers mois sur le thème de la « restauration » de « la République » : la campagne centrée sur le voile, mais aussi celles menées sur le thème du sexisme et de l’antisémitisme en banlieue. Tout se passe comme si, au tournant du siècle, les classes dirigeantes (quel que soit le pôle : PS ou UMP) avaient été prises de panique devant la mise en crise de cet ordre symbolique colonial, et devant l’émergence de diverses manifestations identitaires, religieuses, culturelles, sociales et politiques dont le point commun était la rupture avec le devoir de « réserve » et d’ »humilité » imposée aux descendants de colonisés.

 

Parmi ces faits sociaux qui ont littéralement semé la panique, figurent la visibilité grandissante de la pratique de l’islam, mais aussi les mobilisations contre la guerre en Irak ou contre la politique israélienne, mais aussi la popularité croissante qu’ont pris des combats politiques initiés par les immigrés eux-mêmes, ou par leurs enfants, notamment les combats contre la double peine, le combat pour le droit de vote des étrangers, et la lutte des sans-papiers. Il faut également mentionner la réouverture du « dossier » colonial, notamment en 2001, année marquée par un long débat sur la torture et par une importante manifestation commémorant le crime d’octobre 1961. »(1)

C’est dans ce contexte qu’apparaissent, les Ô combien opportunes « Ni Putes Ni Soumises ».

 

Si l’on se souvient de la véhémence des réactions de l’UMP parisienne, mais aussi du courant chevènementiste, face à ce début de retour critique sur la période coloniale, on comprend mieux le rôle qu’a joué ce  » mouvement  » courant 2002 : celui d’un appareil idéologique au service d’une classe dirigeante prise de panique face à une remise en question grandissante de la légitimité de l’État (notamment du fait de la montée d’une abstention massive), et face à l’émergence d’une génération de « jeunes issus de la colonisation » affichant sans complexe leurs revendications et demandant de nouveau des comptes à la République.

 

Les Ni Putes Ni Soumises ont aidé cette classe dirigeante à s’emparer du voile islamique, mais aussi de la question du sexisme et de celle de l’antisémitisme, afin de littéralement remettre à leur place ces « jeunes  » trop  » arrogants  » : à la place des accusés et non plus des accusateurs, à la place des objets de discours et non plus des sujets parlants. Ce « rappel à l’ordre colonial » constitue une espèce de revanche historique, un « on vous l’avait bien dit ! », une « reconquête » de ces arabes « injustement » émancipés de la France.

 

3. Le retour de « l’Arabe » voleur, violeur et voileur

Souvenons-nous des images rapportées par des équipes de télévision parties en expédition « visiter » les « territoires perdus de la République » après la mort de Sohane et les premières affaires de viols collectifs : de jeunes hommes (d’origine maghrébine ou d’Afrique noire) laissant transparaître une hétérosexualité violente, une nature agressive et bestiale contre lesquelles des femmes, mi héroïnes, mi victimes vont se dresser telles des amazones de cités : les ni Putes ni Soumises. Leur credo : la lutte contre le sexisme des banlieues et le « fascisme vert ». Ces combats, convenons-en, sont plus que légitimes (si tant est que l’on évalue à sa juste mesure l’influence dudit fascisme, et qu’on dise clairement quels groupes peuvent être ainsi qualifiés, et sur la base de quels critères).

 

Ce qui dérange en revanche, c’est l’essentialisme de leur discours. Les extrapolations qu’il permet ne sont pas sans rappeler les constructions idéologiques du début du 20ème siècle qui décrivaient l’indigène comme une bête, esclave des ses sens, déjà violeur, voleur et bientôt (avec la guerre d’indépendance algérienne) voileurs de femmes. C’est la qu’intervient le « génie » politique de cette machine à broyer les luttes sociales des quartiers qu’est SOS racisme : mettre dans la bouche même de femmes issues de cette immigration post-coloniale, promues auxiliaires des classes dirigeantes comme le furent jadis les bachagas, les paroles racisantes, les mises à l’index péremptoires et les propos islamophobes que le politiquement correct en vigueur chez les élites ne saurait souffrir ou assumer pleinement. Faites entrer l’accusé ! c’est le père, le frère, le compagnon bientôt le fils.

 

Cette image pourrait prêter à sourire s’il elle ne suscitait chez nous, filles et fils de migrants post-coloniaux, une profonde amertume. Elle n’est, en effet, que le nouveau chapitre d’une longue série de manœuvres politiques et idéologiques visant à disqualifier les colonisés et leurs descendants immigrés ou « issus de l’immigration », pour la seule gloire d’une France décidément incapable de renoncer aux privilèges de la domination.

 

En effet, l’ordre colonial en Algérie s’appuyait sur un système législatif rigoureux visant à l’émiettement progressif du peuple algérien. La stratégie du « diviser pour mieux régner » passait par la mise en concurrence des différentes composantes de la société. Ainsi, dès 1871, par le décret Crémieux, les autochtones juifs se voyaient accorder le droit à la pleine citoyenneté, ce qui eut comme effet immédiat, par les privilèges afférents, de les couper du corps social majoritaire et d’activer les tensions communautaires, quasi-inexistantes jusque là. Ce funeste épisode, prélude à une douloureuse amputation identitaire, non seulement privera l’Algérie de la quasi-totalité de sa composante juive, mais trouvera dans le conflit israélo-palestinien un exutoire. Ironie de l’histoire : c’est sur le sol français, lieu du « pêché originel » qu’est l’entreprise coloniale, que les communautés juives et musulmanes soldent les comptes d’une histoire enfouie mais toujours au bord de l’explosion.

 

De la même façon fut construit le mythe kabyle, groupe ethnique ontologiquement supérieur aux arabes car proche de « l’Occident chrétien », blond aux yeux bleus, etc. Dans le cadre de cette même stratégie, la machine coloniale conçut ses supplétifs au sein même du corps social. Ceux que l’on appellera Harkis feront ainsi le sacrifice de leur âme, plus sûrement victimes de rapports de force dans le cadre de la guerre coloniale que pleinement consentants.

 

Enfin, et sans doute trop tard pour en bénéficier pleinement la machine de propagande, comprit le bénéfice qu’elle pouvait tirer d’une campagne de libération de la gente féminine : atteindre le cœur même de la résistance algérienne en proposant comme ennemis aux femmes musulmanes, épines dorsales de la résistance, leurs propres maris, pères ou frères afin de les détourner de l’oppression coloniale. Cette entreprise de division du corps social est toujours en oeuvre dans la France de 2004. La société post-coloniale vivant en France en est à la fois victime et témoin car c’est en son sein que se situe le véritable ennemi. Ce sont les Ni Putes Ni Soumises qui l’affirment. La messe est dite !

 

4. Un  » féminisme du dominé « 

Les NPNS ? un ersatz de féminisme excluant et les putes et les soumises (entendez : les voilées), valorisant ce faisant une féminité conforme aux normes dominantes et confortant les politiques de discrimination « républicaines » à l’endroit de ces deux catégories hérétiques de femmes (2).

 

En d’autres termes, un féminisme bon marché, taillé pour les femmes de quartiers. Ce qui le caractérise ? d’une part, l’essentialisme sexuel et la mollesse de ses positions philosophiques. Car les femmes de quartiers populaires, encastrées dans une « inoxydable féminité  » (3), ne revendiquent que des droits minimaux, caractéristiques d’une citoyenneté au rabais : l’intégrité physique, le choix des tenues vestimentaires (ou plus exactement le droit de faire « le bon choix », celui de la jupe courte, car le choix de porter le voile sans être insultée ou déscolarisée ne fait pas partie de l’agenda des Ni putes ni soumises), et enfin la pacification des relations avec l’autre sexe. Tiens ! en parlant de sous-citoyenneté, Chirac n’avait-il pas dit à propos du peuple tunisien (ex-peuple colonisé) que « le premier des droits de l’Homme, c’est de manger, d’être soigné, de recevoir une éducation et d’avoir un habitat » ? et d’autre part, l’omerta (mot que Fadéla Amara affectionne) faite sur l’ensemble des violences sexistes qui traversent toutes les couches sociales de notre société et mises en évidence par l’excellent rapport sur les violences sexistes, « Liberté, égalité, sexualités » (4), exemptant ainsi le sexisme des « autochtones » de toute auto-critique et validant l’idée d’un sexisme exogène et importé par l’immigration musulmane.

Epilogue…

 

Le 7 février 2004, Fadéla Amara, présidente des Ni Putes Ni Soumises, et en lice avec Pierre Rosanvallon, Jean-Claude Guillebaud et Claude Nicolet (5), recevait des mains de Jean-Louis Debré, l’homme des coups de hache contre l’Église Saint Bernard et du durcissement des lois Pasqua sur le séjour des étrangers, le prix du Livre Politique de l’année.

 

Le week-end dernier, c’était au tour de Valérie Toranian (directrice de rédaction du magazine « Elle », Corinne Lepage (ancienne ministre et laïcarde acharnée), Bernard Stasi (ancien ministre et principal promoteur de la loi sur les signes religieux), Laure Adler (directrice de France Culture) et enfin Dominique de Villepin (ministre de l’intérieur) de lui régler son pourboire en lui rendant hommage pour bons et loyaux services.

 

Notes :

(1) P. Tévanian,  » De la laïcité égalitaire à la laïcité sécuritaire. Le milieu scolaire à l’épreuve du foulard islamique « , in L. Bonelli, G. Sainati, La machine à punir. Discours et pratiques sécuritaires, L’esprit frappeur, 2004

(2) Lois Sarkozy qui criminalisent les prostituées et loi interdisant les signes religieux à l’école alors même que femmes voilées et prostituées sont reconnues victimes de leur situation respective.

(3) N. Guénif, « Ni putes, ni soumises, ou très pute, très voilée ? », Cosmopolitiques n°4 juillet 2003.

(4) Eric Fassin, Clarisse Fabre, Belfont 2003.

(5) Pierre Rosanvallon est professeur au Collège de Fance, Jean-Claude Guillebaud, journaliste, essayiste et fondateurs de « Reporters sans frontières », Claude Nicolet, historien des institutions et des idées politiques.

 

(Source : le site oumma.com, le mercredi 13 octobre 2004)


 

ANALYSE

Chirac, avocat inconstant des droits de l’homme

Jean-Michel Bezat

C’est une vieille et tortueuse histoire que celle des relations de Jacques Chirac et des droits de l’homme. Une histoire dans laquelle la Realpolitik l’a toujours emporté sur ses appels répétés à défendre ces droits « partout où ils sont menacés » quand les intérêts économiques et géostratégiques de la France étaient en jeu. Une histoire qui, au fil du temps, a fini par dessiner le portrait d’un avocat inconstant des droits de l’homme. Le chef de l’Etat en a écrit une nouvelle page au cours de la visite d’Etat qu’il a effectuée du 8 au 12 octobre en République populaire de Chine.

Imagine-t-on aujourd’hui M. Chirac lancer à Hu Jintao ces mots de François Mitterrand au lendemain du massacre de la place Tiananmen : « Un régime qui, pour survivre, fait tirer sur sa jeunesse n’a pas d’avenir » ? Sa méthode, il l’a rappelée lors de son séjour : « L’efficacité dans ce domaine exige une certaine discrétion. » C’est donc dans son huis clos avec le président chinois qu’il a abordé cette épineuse question, lui glissant une liste de personnes pour lesquelles la France sollicite la mansuétude des autorités de Pékin. Et il a attendu d’être à Hongkong, mardi, pour souligner que son régime et son statut d’autonomie étaient « une chance » pour la démocratisation de toute la Chine.

Dès son élection, en 1995, M. Chirac a décidé de solder le contentieux franco-chinois de l’après-Tiananmen, usant d’artifices sémantiques pour justifier son pragmatisme. Si les valeurs des droits de l’homme sont « universelles », nuance-t-il en 1996 lors d’une visite de Li Peng à Paris, « elles peuvent s’exprimer sous des formes différentes ». Cette casuistique s’explique moins par la sinophilie affichée du président que par le double enjeu que représente, à ses yeux, l’empire du Milieu : le marché le plus prometteur de la planète et l’un des piliers du « monde multipolaire » qu’il appelle de ses vœux.

A la « confrontation polémique » sur les droits de l’homme, il préfère donc le « dialogue constructif », assorti de nombreux gages d’amitié envers Pékin : la France se garde bien d’attaquer la Chine au sein de la commission des droits de l’homme de l’ONU, plaide inlassablement pour la levée de l’embargo sur les ventes d’armes, rappelle sans cesse l’unicité de la Chine, fustige le « surarmement » et les initiatives « dangereuses » de Taïwan (comme l’organisation récente d’un référendum sur le renforcement de ses capacités de défense), tient pour négligeables les progrès démocratiques de l’île nationaliste…

RELATIVISME CONTRE UNIVERSALISME

La volonté d’ancrer la Russie aux portes de l’Europe justifie, là encore, quelques entorses aux « valeurs universelles » que M. Chirac exalte à l’envi dans les enceintes où il est de bon ton de défendre les droits de l’homme. En 1995, il avait trouvé des accents gaulliens pour flatter « la très grande nation russe », se bornant à « regretter » le désastre humain de la première guerre de Tchétchénie (1994-1996). Cinq ans plus tard, il y eut bien quelques haut-le-cœur à Paris devant les atrocités commises par l’armée russe dès le début de la deuxième guerre, en 1999, mais l’indignation fut de courte durée après la quarantaine diplomatique imposée à la France par Vladimir Poutine, fraîchement élu.

Depuis, le soutien au Kremlin – renforcé par la « guerre contre le terrorisme » – est allé crescendo jusqu’à ce jour de juin 2003 où M. Chirac n’a pas hésité à placer la Russie au « premier rang des démocraties ». Il faut désormais tendre l’oreille pour l’entendre dénoncer les exactions en Tchétchénie ou critiquer la dérive autoritaire du régime de M. Poutine. L’indignation qui a suivi la prise d’otages et la mort des écoliers de Beslan (Ossétie du Nord) rend désormais assourdissant son silence sur les méthodes des forces russes dans le Caucase.

Le chef de l’Etat est-il sincère quand il affirme, le 14 juillet 2001, qu’« il n’y a pas des droits de l’homme ici, des droits de l’homme là ». Et que cette notion « tient à la nature même de la personne humaine »? Il pense, en tout cas, que le modèle démocratique forgé en Europe à partir de la fin du XVIIIe siècle n’est pas immédiatement transposable partout. Ce relativisme, qui contredit l’universalisme de son discours, il l’avait déjà exprimé en 1990 en jugeant que « le multipartisme est une sorte de luxe que les pays en voie de développement n’ont pas les moyens de s’offrir ». Dans le vieux débat entre partisans d’une liberté formelle et tenants d’une liberté réelle, M. Chirac choisit les seconds. Jusqu’à théoriser une approche gradualiste – certaines associations diraient « cynique » – des droits de l’homme.

M. Chirac est en effet persuadé que le développement économique est le plus sûr fourrier des progrès démocratiques – et non l’inverse. Le pain d’abord, la liberté ensuite. Cette analyse explique le soutien inconditionnel au « modernisme » de son homologue tunisien, Zine El-Abidine Ben Ali, régulièrement reconduit avec plus de 99 % des suffrages à la tête d’un pays où, sous couvert de lutte contre l’islamisme, opposants, syndicalistes et journalistes sont muselés ou emprisonnés. « Le premier des droits de l’homme, c’est de manger, d’être soigné, de recevoir une éducation et d’avoir un habitat. De ce point de vue, la Tunisie est très en avance sur beaucoup de pays », soulignait-il à Tunis, le 3 décembre 2003 – jour où l’opposante Radhia Nasraoui entrait dans son 50e jour de grève de la faim.

Reconnaissons au président de la République quelques beaux faits d’armes sur le front des droits de l’homme. Comme ce vibrant appel, en juillet 1995, à une intervention militaire en Bosnie pour protéger les enclaves musulmanes des assauts de la soldatesque serbe, qui permit d’éviter d’autres Srebrenica. Mais que de silences depuis, malgré l’usage immodéré qu’il fait d’un discours – éthique et compassionnel – embrassant la défense des droits de l’homme et la diversité culturelle, le souci de l’environnement et l’aide aux pays pauvres…

Cette préoccupation éthique est « le corrélat d’une pensée qui s’enfle aux dimensions du monde », résume le philosophe Yves Michaud dans un essai intituléChirac dans le texte : la parole et l’impuissance(Stock, septembre 2004). L’éthique ! Au lendemain des attentats du 11-Septembre, M. Chirac défendait que cette morale supérieure est moins « un modèle occidental » qu’« un humanisme ». Elle est, assurait-il, « de tous les peuples, de toutes les nations, de toutes les religions ». Mais elle s’est arrêtée, le temps d’une visite d’Etat, aux portes de l’empire du Milieu.

 

(Source: “Le Monde” du 14.10.04)

 


نهاية المقاومة في العراق؟

 

محمد كريشان  

ليس من السهل علي كثيرين أن يروا مقاتلي جيش المهدي التابع للزعيم الشيعي السيد مقتدي الصدر في مدينة الصدر وهم يتقدمون لتسليم أسلحتهم طواعية الي ممثلي الحكومة العراقية المؤقتة التي كان زعيمهم السيد مقتدي الصدر قد وصفها بالعميلة رافضا التعاون معها الي يوم الدين. وليس من السهل كذلك علي كثيرين أن يتابعوا أخبار المفاوضات الجارية حاليا بين أهالي مدينة الفلوجة التي ظلت عصية الي الآن وممثلي حكومة علاوي بهدف الوصول الي اتفاق مشابه يقي المنطقتين ويل استمرار الغارات الأمريكية التي تقتل النساء والأطفال بدعوي قصف مقرات من تصفهم بالارهابيين. ومما يزيد بالتأكيد من لوعة المتحسرين علي هذا المشهد هذا الترويج، غير البريء بالمرة، لخبر المقابل المالي لكل من يعيد سلاحه وذلك بهدف الامعان في تصوير هؤلاء المقاتلين للرأي العام الداخلي والخارجي علي حد سواء بأنهم لا يعدوا أن يكونوا مجموعة من اللصوص وقطاع الطرق ليس الا.  

ربما كان من بين هؤلاء المتحسرين علي ما يجري في مدينتي الصدر والفلوجة من كان يفضل أن تبقي المدينتان صامدتين الي ما لا نهاية ولكن لا يبدو هذا بالكلام الواقعي في ظل الاختلال الفظيع في موازين القوي وما بات يلاقيه الأهالي المدنيون من ويلات دفعت بكثير من العائلات الي هجر بيوتها وحتي التشرد، لا سيما في الفلوجة. ولكن هناك فرقا كبيرا بين محاولات تركيع بؤرتي التوتر هاتين، كما يسميهما البعض، وبين الخوف أو التوهم بأن ذلك يعني بداية الطريق لاخماد مقاومة الاحتلال ككل بل ربما ـ وفي ذلك مفارقة عجيبة قد لا تكون اتضحت الآن بما فيه الكفاية ـ من شأن الاتفاق علي تسوية الوضع الأمني في كل من مدينتي الصدر والفلوجة أن يخدم المقاومة في كل أنحاء العراق وذلك للعوامل التالية:  

ـ الاتفاق سيخلص المقاومة من هذا التصنيف الطائفي والمناطقي بأنها تارة شيعية وتارة أخري سنية ليحول المقاومة في النهاية الي الفضاء الوطني الأرحب بعيدا عن مسميات المثلث السني وأنصار الصدر وجماعة الزرقاوي لكي تصبح حالة وطنية عامة يمكن أن تتحرك في أي مكان وأي وقت. ـ الاتفاق سيخفف بلا شك من حالة شعبية قد نشهدها في المستقبل، وهي ليست موجودة الآن علي الأقل بشكل واضح، قد تميل الي تحميل العناصر المسلحة وزر جلب المصائب للمناطق السكنية التي ينطلقون منها. وهذه الحالة غير قائمة الآن لأن عجرفة القوات الأمريكية وتخبطها في التصرف مع المناطق الآهلة لم تترك أحدا غيرها يمكن أن يلام أو يصب عليه الأهالي جام غضبهم . ـ استمرار العمليات المسلحة المتفرقة علي هذا الطريق أو ذاك، في هذه المدينة أو تلك، علي هذه الدورية أو هذا الرتل العسكري سيجعل المقاومة رديفا ملازما لاستمرار الاحتلال ويخلصها من تشويهات تحاول ربطها، حسب التعبيرات المتداولة، اما بحالة انفعالية هوجاء (جماعة الصدر سواء في النجف أو مدينة الصدر) أو بعناصر عربية ارهابية متسللة الي البلاد (الفلوجة) أو بفلول النظام السابق (سامراء).  

بامكان الحكومة المؤقتة أن تتنفس مؤقتا الصعداء وتأمل في أن ما جري في مدينة الصدر ولاحقا ربما في الفلوجة ما هو الا مقدمة لفرض حالة أمن عامة تمهد لانتخابات نهاية كانون الثاني (يناير) المقبل وبامكان القوات الأمريكية أن تتنفس الصعداء، مؤقتا هي الأخري، لأنها تخلصت من احراجات متزايدة باتت تعمق من مأزق الرئيس بوش علي أبواب الانتخابات الرئاسية الشهر المقبل ولكن من الوهم الكبير أن يظن الاثنان أن الأمر بات تحت السيطرة بل قد يكون العكس هو ما حصل اذا استطاعت المقاومة أن تنقل المعركة الي مواقع غير تقليدية ولا محددة وبالتالي تتحول هذه المقاومة الي حالة عامة تضرب في كل المدن مما يزيد في جحيم بقاء الاحتلال لفترة أطول في هذا البلد الذي لم يستقبل قواته بالورود كما توقعوا ولن يشيعهم أيضا بالورود … فما من بلد فعلها مع قوات غازية بعد حرب ظالمة والعراقيون الأجدر علي الاطلاق في تكريس هذه القاعدة الذهبية التي تعامي عنها بوش وبلير ومن سايرهم أو دعمهم.

 

(المصدر: صحيفة القدس العربي الصادرة يوم 13 أكتوبر 2004)

 


الأوروبيون يغتسلون في الحمام التركي

 

د. أحمد القديدي (*)

 

بمناسبة اقتراب مواعيد حاسمة لانضمام تركيا للاتحاد الأوروبي، وانعقاد اللجنة الخاصة بهذا الملف يوم الأربعاء 6 أكتوبر ببروكسل، واستعدادا للقمة الأوروبية للبت في الموضوع يوم 17 ديسمبر القادم، حمي الوطيس السياسي، والإعلامي في باريس، وبعض العواصم الاخرى في القارة العريقة ما بين مؤيد، ومعارض، ومتردد، ومتشكك، ومناوئ ومن لا رأي له. فالأمر بالنسبة للاتحاد الأوروبي ليس هينا بل إن الصحيفة الباريسية الكبرى/لو فيجارو نعتته بأنه أخطر قرار تتخذه أوروبا منذ إعلان الحرب العالمية الثانية، وتقول نفس الصحيفة على لسان أحد قرائها: «كيف نقبل بأن تكون لأوروبا حدود مباشرة مع العراق، وسوريا، وإيران؟» أو رسالة قارئ آخر يتساءل قائلا: «لو افترضنا بأن تركيا بالفعل ديمقراطية، فما الذي يمنع وصول حكومة تركية غدا لسدة الحكم بالانتخاب الديمقراطي الحر، وتنفذ برنامجا دينيا متشددا، ومتطرفا باسم نفس المبادئ الديمقراطية! فكيف ستتصرف أوروبا وهي محكومة بميثاقها؟!»، وعلى صعيد الرأي العام الفرنسي دائما أجرى معهد استطلاع الرأي «ايبسوس دراسة للاتجاهات السائدة حول هذا الملف فجاءت النتائج بأن 56% من الفرنسيين ضد انضمام تركيا للاتحاد بينما المؤيدون 36%، والبقية لا رأي لهم، وتعلق صحيفة» لو فيجارو على هذه النتائج قائلة: إن فرنسا مصابة بالسكيزوفرينيا (انفصام الشخصية) في هذا الموضوع لأن الحكومة وراء رئيسها «جاك شيراك تؤيد دخول تركيا بينما يعارضه الفرنسيون. أما الطبقة السياسية فهي كذلك منقسمة، وتحاول أن تخفي حرجها من تهمة معاداة تركيا لأنها بلاد مسلمة، فالجميع عندما يبدأون بطرح رأي في القضية لابد من أن يحذروا سامعيهم أو قارئيهم بأنهم أبعد ما يكونون عن العنصرية ضد الإسلام، ثم يشرعون في كلام يذكرنا بفن السير على الحبل الذي نراه في السيرك، فيتفننون في ضبط النفس والتزام التوازن حتى لا يسقطوا يمينا أو شمالا تحت التهمة الكريهة بأنهم معادون للإسلام، لكنهم على كل حال يوضحون مواقفهم للرأي العام بأن تركيا لا تقع في القارة الأوروبية، كما أن فرنسا لا يمكن أن تنضم للاتحاد الإفريقي، ولا للاتحاد الأمريكي الشمالي لمجرد أن لها جزراً تابعة للجمهورية الفرنسية هنا وهناك في تلك المحيطات النائية.

 

أما البعض الآخر المجاهر بموقفه الواضح من رفض المسلمين، فيقولون صراحة أن سبعين مليون تركيا مسلما سيغيرون الثقافة المسيحية السائدة في دول الاتحاد لتصبح فرنسا مثلا تحمل اسم الابنة الكبرى للإسلام عوض تسميتها التاريخية المعروفة «الابنة الكبرى للكنيسة»، وسيتقرر مصير الاتحاد بمراعاة الشعوب المسلمة، وسيكون الاتحاد هدفا يسيرا لموجات المهاجرين غير الشرعيين الذين سوف يستسهلون التسلل إلى دول أوروبا عبر تركيا المفتوحة بالثقافة، والتاريخ، والتجارة لمسلمي العالم، وذلك أيسر على المهاجرين الذين يتدفقون يوميا في الوقت الراهن على أوروبا من حدودها الايطالية والأسبانية، وهناك صنف من أصحاب القرار الأوروبي – مثل السكرتير العام للاتحاد المسؤول عن ملف توسيع الاتحاد الذي يقول أن هناك قيما لا يمكن التنازل عنها أبدا، ويعدد هذه القيم فيضيف: إنها قيم الديمقراطية، والحرية، وحماية حقوق الأقليات، والمساواة بين الرجل، والمرأة، واحترام مبدأ الانتخاب الحر، والتداول السلمي على السلطة، وصيانة الحق في التعبير، وتفسر صحيفة اليسار/ليبيراسيون كلام الرجل عن القيم (افتتاحية يوم الأربعاء 6 اكتوبر) فتقول: «إن تركيا ليست مخيفة لأنها بلاد مسلمة، ولكن لانها لم تتحول بعد إلى دولة علمانية وديمقراطية، فنحن لا نرفضها لأنها مسلمة بل لأننا نشك في قدرتها على أن تصبح كما نشاء لها أن تكون أي دولة حديثة، ومتقدمة مستجيبة تماما لنواميس الاتحاد الأوروبي، فلنترك لها الباب مفتوحا، ولا نتسرع»، ويتبارى رسامو الكاريكاتير السياسي أيضاً في التعبير عن رأيهم، فقد رسم أحدهم الراية التركية بهلالها لكن بتعويض النجمة بالاثنتي عشرة نجمة التي يتضمنها علم الاتحاد، ورسم الثاني مئذنة المسجد الأزرق تحيط بها النجوم الاثنتا عشرة كتعبير عن أن الأمر بهذا الشكل فيه نوع من التناقض، والعبث!

 

أما الأتراك في هذه السوق السياسية فمواقفهم متباينة لا على الأصل أي الانضمام إلى الاتحاد، بل على الأسلوب المتبع من الحكومات التركية المتعاقبة إزاء هذا الملف منذ ثلاثين عاما، فبعض النخب التركية تقول: «نفضل أن نكون الأوائل في العالم الإسلامي على أن نكون الأخيرين في القارة الأوروبية!» أو النخب التي استمعت إليها أثناء زيارتي الأخيرة لتركيا تقول: «ولن ترضى عنك اليهود ولا النصارى حتى تتبع ملتهم» مضيفين بأن الاندماج الكامل في الاتحاد ثمنه باهظ أي المطلوب منا الذوبان التام في الكيان الأوروبي والإلقاء بعيدا بكل تاريخنا، وحضارتنا، وديننا، واعتناق تقاليد أخرى بما فيها دون فرز أو اختيار! «وفي مجال الإصدارات نقرأ العديد من المجلات السياسية والاستراتيجية، والكتب القيمة ولعل أفضلها ما صدر عن معهد العلاقات الدولية، والإستراتيجية بباريس (ايريس) بعنوان: الموعد التركي الحاسم مع الاتحاد الأوروبي، والذي تقول مقدمته أن الملف أصبح مجالا للمزايدات، والمضاربات بل وخدمة أهداف انتخابية لهذا أو لذاك من أصحاب المطامع السياسية، ونكاد نخسر رهانا تاريخيا بامتداد الاتحاد الأوروبي إلى تخوم القارة الآسيوية، وإلى الثقافة الإسلامية العريقة.

 

(*) جامعي تونسي مقيم بالدوحة

 

(المصدر: صحيفة الشرق القطرية الصادرة يوم 13 أكتوبر 2004)

 


مستقبل الديمقراطية في بلادنا لا يبشر بالخير

 

فهمي هويدي

 

مستقبل الديمقراطية في العالم العربي والاسلامي لا يبشر بالخير. ذلك ان مختلف الشواهد تدل على أن كل ما يقال عن الاصلاح السياسي، لا تكاد ترى له ترجمة حقيقية على أرض الواقع، وانما هو في احسن احواله تعبير عن مسايرة الريح السائدة والتجاوب الانشائي مع شعارات المرحلة. وهو تجاوب لا يتجاوز حدود الخطاب الاعلامي والسياسي، ولا يغير شيئا من ركائز البنيان القائم، خاصة مسألة احتكار السلطة. في الاسبوع الماضي مررنا بمشهدين انتخابيين يعبران عن هذا الذي أدعيه، في تونس أطلقت حملة الانتخابات الرئاسية والاشتراعية التي يفترض اجراؤها في الرابع والعشرين من الشهر الجاري. وكان ترتيب أمر هذه الحملة قد تم في العام 2002، بتعديل للدستور ألغى النص على تحديده فترة تولي الرئيس للسلطة بمدتين فقط، بحيث فتح الباب لشغل هذا المنصب الى ما شاء الله، وبمقتضى ذلك التعديل فإن الرئيس بن علي صار من حقه ان يرشح نفسه لولاية ثالثة ورابعة وخامسة.. الخ. وقد لفت الانتباه في الحملة الانتخابية التي بدأت يوم السبت الماضي أمران، اولهما، ان احزاب المعارضة دعت الى مقاطعتها، لافتقادها الحياد والشفافية. وثانيهما، ان الذين شاركوا في المنافسة على رئاسة الجمهورية تعرضوا لصور متفاوته من التضييق، حتى ان احدهم قال في حوار أجرته معه قناة «الجزيرة» في (10/10)، ان قرارا صدر بمنعه من توزيع بيانه الانتخابي، كما ان معاونيه منعوا بدورهم من توزيع صوره على الناس، الامر الذي يعني ان الناخبين لن يسمعوا له صوتا ولا صورة، وما حدث معه تكرر مع غيره من المرشحين، ويعني ايضا ان المشهد الانتخابي الذي تم في العام 1999 سوف يتكرر هذه المرة، وهو المشهد الذي حصل فيه منافسو الرئيس الثلاثة مجتمعين على نسبة للاصوات لم تتجاوز واحداً في المائة! في الاسبوع نفسه أجريت الانتخابات الرئاسية الافغانية، التي ترشح لها الرئيس الحالي حامد كرزاي و17 منافسا آخرون، لكن كرزاي خاضها وحيدا لأن اثنين من المرشحين انسحبا لصالحه، في حين انسحب الـ 15 الآخرون احتجاجا على اساليب التزوير والتلفيق التي رتبت لضمان فوز الرئيس الحالي، وكان هذا الترتيب معلوما للكافة منذ عام تقريبا، ليس فقط لأنه يمثل طموحا لكرزاي، ولكن ايضا لأنه كان مطلبا اميركيا قدر لي ان اكون قريبا منه وتلك قصة تستحق ان تروى. ذلك انني كنت في زيارة لكابول في شهر سبتمبر (ايلول) العام الماضي، وتصادف ان زار العاصمة الافغانية في ذلك الوقت وزير الدفاع الاميركي دونالد رامسفيلد، وتداولت الاوساط السياسية والدبلوماسية معلومات مفادها ان رامسفيلد جاء ليشدد على امرين، اولهما ضرورة اجراء الانتخابات الرئاسية في شهر اكتوبر (تشرين الاول). والثاني ضمان نجاح الرئيس حامد كرزاي في تلك الانتخابات، لأن نجاحه يعني استمرار الولاء للولايات المتحدة (التي أتت به الى السلطة)، باعتبار ان ذلك من شأنه ان يوفر ورقة مهمة للرئيس الاميركي جورج بوش في انتخابات التجديد له، تعزز ادعاءه بأنه حقق نجاحات في مكافحة الارهاب وإشاعة الديمقراطية في المنطقة، وقد اشرت الى ذلك في مقال كتبته وقتذاك، وقلت فيه ان اضطراب الاوضاع في العراق لن يمكن الرئيس بوش من الحديث عن «انجاز» حققه هناك، ولذلك فإن واشنطن شديدة الحرص على ان تبرز ذلك الانجاز في افغانستان. من المفارقات ذات الدلالة في هذا الصدد، ان الرئيس كرزاي كان موقفه ضعيفا للغاية في العملية الانتخابية، لأنه لم يكن يحظى بتأييد البشتون الذين ينتمي اليهم، باعتبار انه جاء على ظهر الدبابات الاميركية، ولأنهم اكثر ميلاً الى «طالبان»، وفي الوقت ذاته فإن حلفاءه الطاجيك تخلوا عنه، وتحولوا الى مساندة منافسه القوي يونس قانوني الذي هو من ابنائهم، وهو ما يعني ان كرزاي خاض الانتخابات معتمدا على الدعم الاميركي المستمر له، بأكثر من اعتماده على ارادة الشعب الافغاني. خارج هذه الدائرة يلاحظ المرء ما يلي: * تم تعديل الدستور في لبنان للتمديد للرئيس الحالي اميل لحود بعد انتهاء ولايته. * ان ثمة حديثا متواترا في الجزائر عن ادخال تعديلات على الدستور لتمكين الرئيس الحالي عبد العزيز بوتفليقه من الاستمرار في السلطة، بعد انقضاء مدته (في عام 2006). وقد تعززت تلك الفكرة حين قال بوتفليقه في احد تصريحاته الاخيرة انه يعتبر النظام السياسي المتبع في تونس مثله الاعلى. ان احتكار السلطة اصبح مسلكا شائعا لدى اغلب قيادات الانظمة الجمهورية، بحيث بات مستقرا ان أي اصلاح سياسي يراد تطبيقه ينبغي ان يتم من خلال المؤسسات السياسية القائمة، التي أثبتت قدرة عالية على التكييف مع مختلف النظم الثورية والاشتراكية والاستبدادية والديمقراطية. حيث يبدو أنه لم يعد مهما كثيرا طبيعة النظام السياسي أو هويته، وانما صار الاهم ان يظل القاعدون على الكراسي في اماكنهم، لا يتزحزحون عنها، وطالما انها مسألة لافتات ترفع ومواسم تتغير بين الحين والاخر، فلا بأس من تغيير اللافتات لتتماشى مع أحدث صيحات عالم السياسة. لا يخلو الأمر من مفارقة، لأن هذه الممارسات تقع وسط اجواء يشيع فيها الادعاء بأهمية الاصلاح السياسي، وضرورة اعادة النظر في خرائط المنطقة، وهو الادعاء الذي روجت له الابواق الاميركية، بزعم ان الاوضاع غير الديمقراطية تشكل التربة الحقيقية لنمو الارهاب، واستئصال جذور ذلك الارهاب يتطلب اشاعة قيم الديمقراطية أولاً لبث قيم المشاركة والتسامح والتداول وغير ذلك، وهو كلام جميل لا ريب، لكن كثيرين ينسون ان المصالح الاميركية تقف قبل كل ذلك، ولذلك فإنها تحتل الاولوية القصوى في التعامل مع أي نظام، وهو ما يعني ان واشنطن تضع تلك المصالح نصب اعينها، فحينما تحققت في ظل نظام ديمقراطي أو غير ديمقراطي فهي معه، راعية وداعمة ومباركة. لا تثريب عليهم بطبيعة الحال، حيث الدفاع عن مصالحهم امر بديهي، ولم يقل أحد انهم مسؤولون عن اصلاح اوضاعنا السياسية وان زعموا ذلك، وواهم ومغفل من يصدق ذلك الزعم، اذ الاصل ان نغير نحن ما بأنفسنا اولا، حتى تتغير احوالنا وتتحسن. اننا اذا اردنا ان نعيش في اجواء ديمقراطية حقيقية فينبغي ألا نتوقعها هبة من احد، لا في الخارج ولا في الداخل، فالديمقراطية الموهوبة هي مولود هش وفاقد المناعة، يمكن العصف به بمنتهى السهولة، فضلا عن ان من يهبها بوسعه ان يمنعها، اما الديمقراطية الحقيقية فلا تتوافر الا اذا تم تحصيلها من خلال نضال يتصدى له اهل الغيرة والحمية، الذين يكونون مستعدين لدفع ثمن نضالهم. الشرط الثاني الواجب توفره هو ألا تختزل الديمقراطية في اجراءات وهياكل، حيث ثبت ان أيسر وسيلة لتزوير الديمقراطية هي اتخاذ اجراءاتها واقامة مؤسساتها وهياكلها، ثم تفريغ ذلك كله من مضمونه، ولا سبيل لتجنب ذلك المصير البائس، ولا بالدخول الى الديمقراطية من باب اطلاق الحريات العامة، التي تمكن المجتمع من أن يرفع صوته عاليا، ممارسا لحقه في المشاركة والنقد والمساءلة، وحين يستعيد المجتمع عافيته على ذلك النحو فإن حركته وأنشطته تنمو نموها الطبيعي، فتترجم الى مؤسسات أهلية أو تجمعات سياسية، تصبح قادرة على تثبيت قوائم الحرية وقطع الطريق على أي محاولة للعبث بمقدراته، سواء بالعدوان على القانون أو تزوير ارادة الشعب في أية انتخابات. وحين يتحقق ذلك، أو تلوح بوادر تحقيقه، عندئذ فقط سيكون بوسعنا ان نتفاءل بمستقبل الديمقراطية في بلادنا.

 

(*) كاتب ومفكر من مصر

 

(المصدر: صحيفة الشرق الأوسط الصادرة يوم 13 أكتوبر 2004)


مقاربة الديموقراطية وإشكالاتها العربية

 

احمد جابر (*)

 

« أزمة الديموقراطية في البلدان العربية », كتـــاب حرّره علي الكواري (دار الساقي) بهدف « تنمية تيار ديموقراطي… من خلال الحوار » وإتاحة الفرصة امام « مشروع تنمية افضل ونمو معرفي حـول مفهوم الديموقراطية ». اما الهاجس الأبعد الذي يقلق « الكتاب » فهو الوصول الى نقطة يتاح عندها الوقوف « على ارضية مشتركة لتأصيل الديموقراطيــة, من دون تعدّ على ضوابط نظام الحكم الديموقراطي ومن دون تضحية بثوابــت الأمــة ومصالحها الحيوية ». هذه المزاوجة « تقود الكتاب », لدى استعراض اوراقه, التي يتنقل اصحابها بين « إضاءات » على السلفية وتحفظاتها على المشروع الديموقراطي, وبين مفاصل « للمشروع الديموقراطي » وحقائق موضوعية تمنع نفاذ « فلسفته العامة » وتحول دون ترجمتها الى « فلسفة بتطبيقات عملية ».

قد يكون من الجائز التساؤل مع « الكتاب », هل نحن امام « ازمة الديموقراطية في البلدان العربية »؟ ام ان من الأنسب القول اننا امام معضلة الديموقراطية مع العالم العربي؟ الفارق بين السؤالين؟ هو فارق الوضعية بين « واقف على العتبــة » ممتنع عليه الدخول, على رغم محاولاته!! وبين « مقيم في الدار », يحاول « حياكة لغة مشتركة مـــع الجيران ». بعض ما في « الكتاب » يكاد يقول اننـــا لم نعرف الديموقراطية بمعناها الأساسي, اي اننا لم نعرف « جوهرها » وتجلياتـه, من دون ان ننفــي اننا لمحنا بعض ظلالها. يقول « الكتاب » ان المشاركة في صناعة القرار هي المعنى الأساسي للديموقراطية, وأن استبعاد الخاسرين المتأثرين بالقرارات عن دوائر صنعها يشكل انتهاكاً اساسياً للديموقراطية » والحال ان الاستبعاد والإقصاء والاختزال, سمات متحكمة بالحياة السياسية العربية, اي بما يأخذنا الى القول « بافتقاد الديموقراطية » في اصقاعنا الاستبدادية. في السيـــاق عينه, سياق « الفقر الديموقراطي » يميز الدكتور فواز جرجس في ورقته بين « تنظير ليبرالي عجز في بلادنا » وبين ديموقراطية لم تتبلور, بسبب « جفاف ينابيع التعددية في تراثنا » حتى بان « كأن الأرض العربية تخاصم الديموقراطية » بحسب معالجة الدكتور محمد الرميحي, الذي ميز هو الآخر بين الليبرالية والديموقراطية, من حيث تشديد الليبرالية « على الحرية الفردية وقدسيتها » مع ما يرافق ذلك من حريات اقتصادية وعلاقات متجتمعية موائمة.

في حديث العوائق, استحضر « الكتاب » جملة مـــــن المعضلات, التي ما زالت تواجه « الفكر العربــي » عموماً, في مجالاته النظرية والعملية. من المعضلات: مسألة العلاقة بين الإسلام والديموقراطية, والوقوف امام التراث والمعاصرة, ومسألة الديموقراطية والنخب العربية, وإمكان الحوار بين اطياف المجتمع العربي, من اسلاميين وعلمانيين وما بينهما, وإمكان اللقاء بين يساريين وقوميين وسلفيين, وما الى افكارهم, المتقاطعة او المتباينة, لقد تبين من خلال استعراض المعضلات الآنفة, ان « التوليفة بين النظرات المختلفة مستعصيــة لذلك, كان « نهج تجزئة الفكرة الديموقراطية وتفكيكها والتدرج في التطبيق, فكراً وممارسة وتداول سلطة » هو الأقرب الى الواقع, بحسب عصام العريان. ولعل هذا « التفكيك » الممهد للفهم هو ما حاوله سعد الفقيه, عندما استعرض « نظرات الطيف السلفي, الموزع على سبعة تيارات » لكل منها اجتهاده, حيال ما يطرحه المشروع الديموقراطي من تساؤلات, وما يتطلبه من ممارسات وتطبيقات ».

لقد اصاب بعض « أهل الكتاب » عندما لخصوا الامر بالقول: « ان التباين بين الفكــر السلفــي والطــرح الديموقراطي كامن في اصل فلسفـــة الفكرتين وليس فــي التفاصــيل او التطبيقــات » كــذلك وضع البعض اصبعه على موضع الـــداء عندمــا وجّه نظره صوب « البنــى الاجتاعيــة والثقافــة السائدة عندنا, والتي هي من امنع الحصون التي تقف في وجه اختراق القيم الديموقراطية للمجتمع ». وفي التلخيص, لم يعفِ البعض النخب العربية, التي طوعت, او دجنت, فالتحقت, كذلك, جرى التطرق الى دورها الذي تخلــــت عنه على صعيدي الفكر والممارسة السياسية, هذه النخب اقترح لها الفضل شلق « دوراً تمثيلياً وليس دوراً انقاذياً » ولعله ربط دورها بالمعرفة اولاً, وبالانخراط في العمل السياسي ثانياً, ففي هذين المجالين, محك اختبارها الديموقراطي, وقدرتها على الاستجابة للواقع المتحرك « بأفكارها الكثيرة التي يتطلبها الحوار, لأن الاستبداد تلزمه فقط, بضعة افكار للتحكم بالناس ». والحال ان الاستبداد العربي, حكم وما زال من خلال بضعة افكار ميتة, ومن خلال قتله لكل الافكار الحية في الوقت نفسه.

من « الافكار الميتة » الاستبدادية, محاربة الديموقراطية باسم محاربة الاستعمار, وربط الديموقراطيـــة بالتفــاوت الاجتماعــي الــذي احدثتــه الليبرالية الاقتصادية, لذلك حوربـــت « باســم الخبز والعدالة الاجتماعية » النتيجة, هي الادقاع الذي يرسف فيه المجتمع العربي على كل الصعد.

لقد ضيّق اصحاب « الافكار الميتة » رقعة المفكر فيه, بحسب محمد أركون, ووسعوا مساحة اللامفكر فيه, وفي ذلك بعض من اسباب تخلفنا. ذلك انه عندما يحجر على العقل, يصير كل شيء خارج « المألوف » تهديداً وافداً للساكن الاصيل, كذلك « يؤسطر الجديد » فيصير وصفة شافية لكل « الامراض ». لا نعدم وسيلة لاستشكاف ما لدى بعض « الاطباء السلفيين والديموقراطيين » من علاجات تصف ما لديها بأنه « البديل, قبله لا شيء وبعده كل شيء » على هذا المنهاج يصير « النموذج الاسلامي, او الديموقراطي وعداً, بدل ان يكون برهاناً لخطاب علمي » له سياقه المحسوس ودلالاته العملية.

ضمن بيئة اللااستقرار الفكري والاقتصادي والاجتماعي, بل ضمن توترها الدائم من الصعب التأسيس لمشروع ديموقراطي, « فاستقرار الديموقراطية يلزمه بيئة مستقرة وسلمية ». هذا لأن التحول الديموقراطي, نتاج تراكم تدريجي هادئ, وليس محصلة « لانقلاب ثوري » يطيح اول ما يطيح, بالمشروع الديموقراطي الموعود. لقد عايش العالم العربي أنماطاً انقلابية, وما زال يعاني من آثار اقامتها, تمزقاً في الهوية, واقامة في التخلف, وتدهوراً في مختلف مناحي الحياة الاقتصادية والعلاقات الاجتماعية. لقد رسخت « الانقلابية » الاسطورة والكاريزما وضخمت الدعاية, عندما عجزت عن الانجاز, واستحضرت « الانقلابية » التراث, وبعثت كل المؤود من العلاقات القبلية, في وجه « التغيير » عندما قصّرت عن التقدم, وعندما تخلفت عن اللحاق بركب المعاصرة, ثم لبست « عباءة الدين » لتجعل كل تطاول على شرعياتها المفقودة تطاولاً على الدين نفسه.

لقد وقع ذلك على أرضية عربية موائمة, اذ لا معنى للحديث عن « حفنة من المغامرين » أخذوا الاجتماع العربي على حين غرة. لقد صفّق « التقدميون » للانقلابية قبل غيرهم, ولم « يــــذرف أحــد دمعة على الليبرالية العربية الجنينية ». « التقدميون » انفسهم تنقلوا بين ماركسية وقومية وسلفية, اي انهم ظلوا « أبناء ترحال ثقافي » بين التيارات, وهذا إن دل على شيء فإنما يدل عـــلى عــدم تأصيل ثقافي أصلي لدى « النخبة » التي يناط بها عادة تقديم الافكار وممارستها. يعيدنا ذلك الى اصل السؤال: كم هو ممكن تشكل نخبة « مغنية » أو « مصنعة » خارج سياق الحراك الاجتماعي المحدد؟ وهل بالامكان « صوغ افكار نهضوية, خارج صياغة النهضة الاجتماعية الشاملة؟ » لعل التجربة الأوروبيـة تقدم المثال على ارتباط متبادل بين « حضارة الغرب وأفكارها », كذلك فإن « العصر الذهبــــي العربي » يقدم الدليل ذاته: لقد كانت الافكـــار كبيرة وعظيمة عندما كانت الانجازات في كــل الميادين عظيمة هي الأخرى. هذا الارتباط, او التفكر فيه, مغيب لدى الناظر العربي اليوم, بل ثمة قطيعتان بحسب محمد أركون: الأولى مع تاريخ الفــكر والثقافة العربية والثانية مع تطور الفكر الغربي, ومع هاتين القطيعتين, وفي ظل الاستبداد الأعمى وتواصله مع « تراثنا الفلسطيني, أسند الى العقل وظيفة التبرير وليس وظيفة النقد او التساؤل… ».

مشروع ديموقراطي للوطن العربي؟ أم مشروع إسلامي؟ أم حاصل جمعهما وخلاصة اجتماعهما؟ اقتراحات يمكن, كما فعل « الكتاب » استكشاف المعقـــول فيها, واللاممكــن منهــا. لكــن ذلك لا يحجــب السؤال الدائم: عن اية بنيــة مجتمعــية يــدور الحديث؟ الاجوبة كامنة هنا, لأن التأصيل سيكون ضمن البيئة المجتمعية وليس خارجهــا. علــى هذا السبيل يمكننا القول ان الاجتمـــاع العربــي امتنع ايضاً على الفكرة الاسلامية, عندما خالطت الاسلام كل العصبيات الموروثة, وعندما خضع لكل الاجتهادات, المعلومة وغير المعلومة, أليس الاجتهاد تفسيراً اجتماعياً وسياسياً بمقيـــاس مصالح القائمين به؟ وخاضعاً لمستوى تحصيلهم, ولأحكام البيئة التي يصدرون عنها ومستوى تطورها؟… من شأن ذلك ان يعيد البحث الى نقطة انطلاقه فيلاحظ مع « توكفيل » انه من دون « مستوى تطور, حتى التعددية تمأسس وتعمق التقسيمات العرقية والاقليمية القائمة ». لذلك فإن كل فكرة كبيرة, اسلامية كانت ام ديموقراطية ليس من شروطها بحسب « كابلان » ان تجعل المجتمع اكثر تحضراً, بل ان تفضح دوماً صحة المجتمعات بلا رحمة.

اذا كانت الثقافة دليلاً على صحة المجتمعات, فمجتمعنا سقيم بالتأكيد, واذا كانت الديموقراطية « مرآة للحرية وللمسؤولية » فمجتمعنا بلا مرايا « ابتدائية ». يبقى ان مسيرة النهوض العربي طويلة وشاقة, وحتى ذلك الحين, لا بأس من تلاقح الافكار وتأمين البيئة الحاضنة للاختمار, بعيداً من ادعاء امتلاك الحقيقة المطلقة. بخاصة ان معرفة الحقائق ستظل نسبية.

كاتب لبناني.

 

(المصدر: صحيفة الحياة اللندنية الصادرة يوم 13 أكتوبر 2004)


 

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