13 mai 2006

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TUNISNEWS
7 ème année, N° 2182 du 13.05.2006

 archives : www.tunisnews.net


Ordre National des Avocats:  Communiquè

La chronique d’Amnesty: Tunisie – Les droits de la femme en Tunisie, modèle ou alibi ?

Déclaration commune des Verts De France, du Maroc et de Tunisie   Dr. Sahbi Amri: L’Albatros

Le Journal : A CANAL 7, avant son déménagement – Ne prenez pas tout avec vous !

Le Journal : Desamorcer la rumeur Réalités: De la liberté de presse, encore une fois Réalités : Néjib Bouziri : “ Je reproche à Bourguiba de n’avoir pas encouragé la démocratie ” Taïeb Moalla: Une réponse insuffisante pour les Palestiniens

 

   ORDRE NATIONAL DES AVOCATS DE TUNISIE          Palais de Justice – Tunis                                                                                                                   Tunis le: 09/05/2006   

COMMUNIQUE (traduction) N°4

 

  Le Conseil de l’Ordre des Avocats réunis le samedi 13/05/2006 au Palais de justice à tunis. Après avoir examiné les derniers développements consistant principalement en: 1/  le blocus permanent par les forces de police en civil et en tenue de la maison du Barreau. 2/ les agressions dont étaient victimes certaines confrères qui a nécessité le transfert d’urgence à l’hôpital de Me. Abderrazak KILANI, Membre du Conseil de l’Ordre et de notre confrère Ayechi HAMMEMI. –                      dénonce ces pratique abusives et qui manifestent une violation flagrante des règles légales élémentaires. –                      Invite l’intervention du Ministre de l’intérieur afin de prendre les mesures nécessaires pour la levée du blocus de la Maison du Barreau et de cesser toute agression à l’encontre des Avocats. –                      Lance un appel à tous les Confrères pour manifester leurs soutien et solidarité avec leurs structures légitimes afin de préserver leurs intérêts et activer d’avantage le sit-in.                                                                           Pour le Conseil de l’Ordre                                                                                                           Le Bâtonnier                                                                                                                                                              ABDESSATTAR BEN MOUSSA     Tel : 71.560.315      Palais de Justice Bd. Beb Benet 1006 Tunis   Fax : 71.568 .923 cpra.onat.1@yahoo.fr  


TUNISIE

Les droits de la femme en Tunisie, modèle ou alibi ?

 

Violaine de Marsangy

 

Le Code du statut personnel fête ses 50 ans en Tunisie. En bousculant les traditions, il a joué un rôle majeur pour l’émancipation des femmes, mais les mentalités n’évoluent pas aussi vite que les lois et les droits des femmes restent ternis par les atteintes à la démocratie.

 

Depuis son indépendance, la Tunisie s’enorgueillit de ce qu’elle considère comme une exception dans le monde arabo-musulman : son Code du statut personnel, promulgué le 13 août 1956. Le président Habib Bourguiba entreprend alors une réforme sociale sans précédent.  » Auparavant, le statut personnel était régi par trois juridictions : les droits musulman, rabbinique et français « , explique Nebila Mezghani, professeure à la faculté de Droit et des Sciences politiques de Tunis. Le courant réformiste de l’époque marque un point d’arrêt à ce pluralisme législatif.  » L’objectif de Bourguiba était de bâtir un projet de société fondé sur l’égalité entre l’homme et la femme « , précise Zohra Ben Romdhane, directrice du quotidien La Presse. Ainsi, dès 1956, la polygamie est abolie, la répudiation de la femme interdite, le mariage forcé abrogé et le divorce légalisé. La scolarité devient obligatoire pour les garçons comme pour les filles. L’année suivante, le mariage civil est instauré.

 

Au fil des années, le Code du statut personnel évolue. En 1966, la notion d’intérêt de l’enfant fait son apparition en cas de divorce. En 1981, la mère devient tutrice de son enfant à la mort de son époux. Après Bourguiba, Ben Ali poursuit les réformes et, en 1993, une série de mesures voit le jour. C’est ainsi que certaines prérogatives de tutelle des enfants sont accordées à la mère. L’obligation pour une femme d’obéir à son mari est abolie et l’épouse obtient le droit de codiriger la vie du couple. Enfin, depuis 1998, une mère peut transmettre son nom patronymique à ses enfants.

 

En dehors du Code du statut personnel, d’autres avancées significatives existent. Dès 1956, les femmes obtiennent le droit de vote. En 1973, l’avortement est dépénalisé pour toutes les Tunisiennes. En 1993, lors de la réforme du Code pénal, l’article 207 qui accordait à l’époux qui tuait sa femme, prise en flagrant délit d’adultère, des circonstances atténuantes et ne prévoyait qu’une peine d’emprisonnement de cinq ans, est abrogé. Le lien conjugal devient dorénavant une circonstance aggravante. Par ailleurs, le droit des femmes au travail est renforcé.

 

L’ensemble de ces mesures trouve ses racines dans l’histoire du pays. Dès 1930, au nom des valeurs de l’Islam, l’intellectuel Tahar Haddad encourage l’émancipation des femmes, dénonçant  » le voile du deuil jeté sur la femme « . Par la suite, les évolutions législatives seront réalisées avec l’accord des autorités religieuses.  » Nous avons su trouver un équilibre subtil entre nos valeurs authentiques musulmanes et les droits de l’Homme.

 

Le Code du statut personnel se réclame de l’Islam « , précise Zohra Ben Rhomdane. La directrice de La Presse estime que, tout en renforçant les droits de la femme, et grâce à l’Islam, la Tunisie a su mettre en place des garde-fous pour que la famille reste une valeur fondamentale. Le Code du statut personnel a permis, selon elle, d’endiguer les extrémismes du fondamentalisme intégriste mais aussi du libéralisme, en sauvegardant la famille. Il subsiste néanmoins quelques imperfections dans cet arsenal juridique. En matière d’héritage notamment, un garçon reçoit deux fois plus qu’une fille. Il n’existe pas non plus de loi sur la parité.

 

D’autre part, les mentalités ont-elles évolué aussi vite que les textes législatifs ? Pas si sûr. En effet, même si la loi autorise une femme à épouser un non musulman, dans la pratique le futur mari doit prononcer une conversion de principe. Pour beaucoup de familles, les filles doivent être vierges avant leur mariage. Les violences faites aux femmes, toujours très répandues dans la sphère privée, restent souvent impunies selon des militantes du droit des femmes. Enfin, des épouses de militants islamistes présumés, emprisonnés ou en exil, sont harcelées et certaines ont été contraintes au divorce.

 

De plus, peut-on parler de droits des femmes dans un pays qui muselle son opposition par la force et où hommes comme femmes subissent des restrictions concernant l’exercice de leurs droits civils et politiques ? Les voix contestataires estiment que les droits des femmes ne sont qu’un alibi, qu’ils sont la seule carte que le pouvoir répressif de Ben Ali peut brandir afin de défendre un semblant de démocratie. Une militante s’insurge :  » Comment une femme peut-elle être heureuse dans un pays non démocratique ? « 

 

(Source : La chronique d’Amnesty (mai 2006))

 

Déclaration commune des Verts De France, du Maroc et de Tunisie

 

Paris, le 11 mai 2006 Les Verts français, marocains et tunisiens se sont réunis jeudi 11 mai au siège national des Verts, respectivement représentés par Patrick Farbiaz, délégué aux relations internationales des Verts, Zinedine M’Jati , délégué aux relations internationales du Parti des verts pour le développement (Maroc) et Abdelkader Zitouni, coordinateur national de «Tunisie Verte ».   Les Verts de Tunisie, du Maroc et de France ont constaté leurs convergences politiques sur les questions des rapports euro-méditerranéens., de la démocratie et de l’écologie au Maghreb.   Ils ont réitéré leur soutien au combat menée par «Tunisie Verte » le seul parti écologiste de Tunisie pour son droit à la reconnaissance et à sa légalisation. Ils dénient toute légitimité au parti fantoche créé par la dictature de Ben Ali.   Ils sont réaffirmé leur soutien à la lutte pour les droits de l’homme menés par le peuple tunisien et l’ensemble des forces démocratiques, notamment par la Ligue des Droits de l’Homme de Tunisie   Ils ont décidé d’unir leurs forces et ont mis en place un programme d’action qui passera par une conférence internationale de solidarité avec le parti « Tunisie Verte » durant la conférence non gouvernementale de l’immigration à Bouznika les 30 juin et 1er juillet au Maroc   -un atelier sur l’écologie au Maghreb pendant les journées d’été des verts en France du 28 au 30 août .   -proposer au congrès du Parti vert en Europe un atelier sur la politique euro-méditerranéenne des partis verts en Suisse   -Les trois partis prévoient une convention sur l’écologie au Maghreb. Ils soutiennent la création du Forum Social Maghrébin et participeront au Forum Social Mondial de Nairobi en janvier 2008.   -Enfin ils appellent à la libération immédiate, de Claude Yabanda, militant vert emprisonné en République centrafricaine depuis le 29 Avril.     Pour les Verts de France              Patrick Farbiaz                       Délégué aux relations internationales    Pour «  Tunisie Verte » Abdelkader Zitouni Coordinateur national    Pour le Parti des Verts du Maroc Zinedine M’Jati Délégué aux relations internationales

 

Ben Arfa refuse la Tunisie

 

Le jeune joueur lyonnais a fait le choix de ne pas accepter l’invitation de Roger Lemerre (sélectionneur de la Tunisie). Pourtant présent dans la présélection tunisienne, le numéro 18 de l’OL ne participera pas au mondial 2006.

 

Flatté mais ne s’estimant pas encore prêt pour une compétition de cette ampleur, le jeune Hatem a jusqu’à ses 21 ans pour trancher définitivement entre la tunique bleue et la rouge.

 

J.J

 

(Source : le site http://www.sportsnews69.com/ (Lyon-France), le 13 mai 2006 à 3h53)

URL: http://www.sportsnews69.com/+Ben-Arfa-refuse-la-Tunisie,1186+.html


 

Le groupe Belge Jean de Nul gagne le projet TAPARURA

 

Suite à un appel d’offres international portant sur la première phase de la composante dépollution du projet Taparura à Sfax, sur une zone d’intervention de 260 ha, nous apprenons que c’est le groupement Jean de Nul Belgique-Envisan Belgique Somatra / GET Tunisie, qui a été choisi par le ministère de l’Equipement, pour la réalisation de ce projet.

 

Ce projet présidentiel, décidé en 1992 et lancé le 6 avril dernier, porte sur la rationalisation d’enlèvement de phosphogypse, pour que Taparura soit prête en 2008, à fin d’y entamer l’aménagement d’une corniche, d’espaces urbains, de zones vertes et d’une infrastructure routière.

 

On apprend également que les travaux vont démarrer en juin 2006, grâce à un prêt de 32 millions d’euros, soit l’équivalent de 52 MDT, accordé par la Banque européenne d’investissement (BEI).

 

Il faut noter que les rejets de pollution ont affecté 130 hectares, l’équivalent de 6 fois la superficie de la Médina de Sfax, et ont tranché aussi 400 ha de superficie marine.

 

Pour ce qui est du projet, on signale que cette première phase du projet Taparura va durer 28 mois et portera sur 260 ha, ou l’excavation de 90 ha de la plaque de phosphogypse, et sa couverture sur 72 ha par du sable pour stabiliser la côte, le nettoiement du littoral, et la reconversion de cette colline d’une hauteur de 15 mètres, en zone verte de 72 ha.

 

En outre, un canal de drainage d’une longueur de 3.300 m sera construit pour évacuer les eaux pluviales en dehors de la zone du projet.

 

T.B.

 

(Source :  www.webmanagercenter.com , le 13/05/2006 à 01h20)


 

L’Albatros

Dr. SAHBI AMRI

 

Si , depuis quelques années , j’ai pu avoir accès d’intervention par téléphone à des débats politiques télévisés dans des chaînes satellitaires, nombreux compatriotes et militants savouraient le contenu de mes allocutions qui sortaient de l’ordinaire.

 

Mais, personne ne pouvait avoir ni le courage ni l’audace de présenter des propos de critiques aussi virulente à l’autorité au pouvoir à partir de l’intérieur du pays.

 

Cette attitude a été qualifiée par une frange d’hostiles au régime et de révoltés contre eux-mêmes comme étant une forme de manipulation policière dont j’étais chargé d’assurer une mission de mercenaire.

 

Mais, au fait, ce n’était qu’un réflexe de lâcheté qui exprimait la stérilité et l’incapacité des faisant-fonctions d’opposants politiques associés aux faux défenseurs des droits de l’homme en Tunisie.

 

Une autre gamme de cette entité a eu l’occasion de se présenter en direct sur scène, à l’étranger, pour parler et tourner autour du pot dans ses propos et éviter de traiter le fond du sujet Tunisien afin de poser le véritable diagnostic et formuler une conduite à tenir objective ou un programme de réformes fondamentales adéquates.

 

En fait , ce  spectre de candidats à l’anti-propagande officielle n’a pu exprimer , en majeure partie , que de l’opportunisme à composante de malaises personnels et un désir de revanche spéculatrice d’une crise politique dont nombreuses gueules de la «  société civile » ont fait partie .

 

Personne ni des victimes ni des professionnels des tribunes  n’osait et n’oserait soulever ce sujet pour diriger les doigts d’accusation et de complicité à des commanditaires, à des conseillers et à des ministres qui se sont transformés de coupables et complices en opposants politiques et en défenseurs de leurs propres victimes.

 

Personne n’osait et n’oserait parler de l’extase et de l’euphorie de la ligue Tunisienne des droits de l’homme au moment où ses membres passaient des nuits de noces avec les bourreaux du régime transformés brusquement en  ennemis.

 

Ces candidats à l’innocence présumée étaient, en majeure partie, complices actifs et coordinateurs avec l’autorité policière pour maintenir le decrescendo au profit des violations et pratiques indéniables de leurs tuteurs au niveau de certains foyers du système politique.

 

Il est vrai que j’ai osé lever le ton pour me faire entendre au moment où les symboles de la fameuse opposition politique et des défenseurs des droits de l’homme faisaient la compétition aux hautes nominations dans la pyramide de l’autorité au pouvoir pour mieux déchiqueter la société civile et abolir toute voix de protestation et de contestation contre les cumuls de dérives et d’aberrations de l’abus de pouvoir existant.

 

Si j’ai pu franchir personnellement l’obstacle du mur du  silence de l’anonymat par défi et courage, au moment où nombreux incognito ne savaient manipuler un clavier d’ordinateur et n’entendaient même pas parler de la presse électronique à l’Internet, je ne cherchais, en l’occurrence, à me faire démarquer de la foule mais surtout à exprimer un malaise et une douleur d’une partie de cette foule dont je fais partie.

 

Je ne cherchais pas à me faire entendre, mais surtout à me faire comprendre.

 

Nombreux ont fait la sourde oreille, d’autres ont simulé une naïveté traînant à l’idiotie. J’étais sincère mais en même temps, j’étais plus que naïf.

 

 Je subissais un rejet de greffe aux décombres de la société civile car, je n’étais ni Islamiste-Nahdhaoui ni RCDiste ni autre.

 

Je n’étais que moi-même.

 

 Et , je ne savais que les barons manipulateurs du baromètre de la société civile en Tunisie ne jugeaient ni l’honnêteté , ni la crédibilité , ni la détermination , ni la classe socio-intello des hostiles aux méthodes musclées du pouvoir , mais simplement , ils jugeaient la couleur et l’étiquette attribuée par les clans de l’exclusion et les groupuscules de tutelle et de domestication .

 

Refusant cette situation, je souffrais en solitaire.

 

Nombreuses ONG et des personnalités internationales m’ont soutenu, par des communiqués, dans ma peine après avoir inondé tous les moyens d’informations et de communications des détails de l’évolution de ma situation personnelle et familiale. Je défiais la haute sphère du régime politique en étalant son linge sale avec des preuves irréfutables. Des compressions policières, judiciaires et fiscales ont contraint ma vie professionnelle et familiale pour m’anéantir.

 

Des propositions de vie en famille en réfugiés politiques à l’exil m’ont été adressées pour me sauver de l’atmosphère de cette pression infernale.

 

Mais, je n’ai pu accepter cette rude épreuve de fuite par la possession d’un document de voyage qui me priverait de remettre les pieds en Tunisie, ma chère patrie.

 

Je garde, pour toujours, beaucoup d’estime et de considération à tous ceux et celles qui m’ont soutenu et continuent à le faire en ces circonstances actuelles de transition de ma situation personnelles privée.

 

Profitant de mon silence provocateur prémédité pour mieux découvrir la vérité de certains politophytes, les grandes gueules des brebis galeuses n’ont pas manqué à répandre à mon égard ,en toute hypocrisie et fictions, leur mauvaise haleine.

 

J’estime que j’ai le plein droit d’agir à ma façon strictement personnelle sans léser ni porter atteinte à personne.

 

Je n’ai, jusqu’à présent, aucun engagement à l’égard de personne.

 

Car, je n’ai trouvé, en Tunisie et  à ce jour, l’enceinte politique capable d’entretenir et de renforcer mes idées patriotiques d’intégrité, de transparence, de loyauté et de fermeté avec fierté et courage confectionnant une conduite pure et dure.

 

Je sais que la lâcheté des uns me traite dans les sombres coulisses  d’intégriste , de terroriste ,  d’Islamiste ,  de Nahdhaoui  ,  de traître ,  de fou  ,  de policier , de chargé de mission , de faisant-fonction d’agent de renseignements généraux , de contrebandier , d’escroc , de medecin-tortionnaire , … mais ce dont je suis certain , c’est que je n’ai fait de mal à personne et que je n’ai rien à me reprocher .

 

 De même, je n’ai de compte à rendre à personne.

 

Par ailleurs , je tiens à dire tout haut et en toute fierté que je n’ai , durant ma vie , jamais ni participé , ni contribué , ni stimulé , ni provoqué , ni incité , ni collaboré à amplifier les malheurs des victimes du revirement politique en Tunisie des années 1990 pour me reconvertir ensuite en faux défenseurs des droits de l’homme et en faux opposant politique séquestrant les tribunes et les plateaux des chaînes de télévisions  afin de divulguer des conneries de simulation d’innocence de complicité à des culpabilités criminelles et à des dérives financières manifestes.

 

 Une véritable compétition à l’innocence et à l’immunité à l’impunité judiciaire a transformé la société civile en poubelle de l’autorité au pouvoir.

 

Après avoir usé des performances sadiques d’une entité de serviteurs inconditionnels des faux opposants et des faux défenseurs des droits de l’homme recrutés dans son enceinte à partir de la société civile, l’autorité au pouvoir  se permettait de les régurgiter en toute répugnance pour les voir se recoller à leurs foyers synthétiques d’origine après un dépassement de leurs dates de péremption.

 

Cette frange d’opportunistes et de grimpeurs d’échelle de la société civile a vraiment fait de victimes en Tunisie. Elle prétend , actuellement ,  pouvoir faire passer son message médiatique hypocrite de l’immoralité manifeste par des discours parsemés de slogans que le peuple a toujours ignoré en creusant un clivage entre une société civile hybride non représentative de ses aspirations légitimes à la démocratie et au respect des droits de l’homme .

 

C’est honteux, c’est malsain et c’est plus que mesquin.

Nombreux visages de cette société civile devraient se retirer du paysage politique s’ils se sentent vraiment des patriotes qui comptent aboutir vraiment à l’instauration de reformes démocratiques fondamentales.

 

Ils devraient cesser de faire semblant de ne pas comprendre le message médiatique discret et le repli constant et permanent du peuple face à son refus de soutien et d’appui à de nombreuses actions de rachat de cette société civile.

 

Celle-ci  constitue vraiment, dans l’état actuel des circonstances, un obstacle à l’épanouissement de la démocratie en Tunisie par la manipulation de l’égoïsme, son  esprit de revanche et de duel personnel  de ses composantes.

 

Une autorité harcelée au pouvoir local par les chahuts de groupuscules de dissonance a toujours répondu par la compression agressive et abusive qui a toujours fait des victimes par la marginalisation et l’exclusion.

 

Le cumul des incidents et des exactions n’a ciblé ceux qui se sont bien branchés à des foyers bien particuliers à l’étranger et notamment en France.

 

Les militants off Shore se condensent de plus en plus, dans le pays, en s’appuyant sur l’ambiguïté de leur soutien financier étranger suspect et en simulant la vertu patriotique d’autodétermination des ressources et d’indépendance de conduites.

 

L’opposition Off Shore bénéficie de la protection de ses tuteurs à l’étranger. Par contre , ceux qui n’ont personne à les soutenir devaient soit quitter le pays , soit subir le destin de la compression sociopolitique induite par les provocations chroniques qui entretiennent les turbulences de la crise.

Si j’étais passé à Paris en Mars 2006 accompagné de Hamadi Ferjaoui, je n’ai pas ramené avec moi une liste de noms de suspects ou de recherchés par la police ou la justice Tunisienne pour les remettre aux services sécuritaires Français.

 

 Je n’ai eu aucun contact avec les milieux de la diplomatie Tunisienne, du RCD , des renseignements généraux et de la mafia locale en France .

 

 Je n’étais pas aussi muni d’une liste de prisonniers et de leurs familles pour demander l’aumône et virer des sommes colossales d’argent collecté à des fins personnelles.

Je ne suis pas venu à Paris pleurnicher sous le mur du Parlement Européen et dans les bureaux de ses représentants.

 

Je ne suis pas aussi venu à Paris détecter les noms des analphabètes qui ne cessent de signer des communiqués brûlant tout en ne savant tenir ni un stylo ni formuler des phrases correctes ni en langue française ni en langue arabe arabe.

 

Je ne suis pas venu à Paris exposer un marché ou un compromis.

 

De même, je ne suis pas venu tendre un piège à quiconque.

 

Pourtant, l’un des intrus au groupe a osé prendre la dérive de la corruption pour extirper de l’argent à deux victimes désirant rentrer en Tunisie en toute sécurité et sérénité.

 

Pourtant, c’est un opposant politique qui se prend pour défenseur des droits de l’homme chargé du dossier Tunisien à la ligue de son département en France.

 

Je me contenterai, pour le moment, de ce bref aperçu de la texture d’une frange de ces faux-jetons présumés opposants politiques Tunisiens à l’étranger.

 

Je le dis et je le redis haut et fort en toute fierté que je suis digne d’être arabe, musulman et Tunisien.

Je ne perçois ni une pension des foyers suspects ni une charité des Emirs des pays du Golf au Moyen Orient au nom des victimes de la répression policière et judiciaire en Tunisie.

 

Je ne suis ni prisonnier ni tributaire de personne.

 

Certaines grandes gueules infectes n’ont cessé d’exprimer la stérilité de leur état d’esprit en m’accusant d’avoir tendu la main au Président Zine El Abidine Ben Ali pour profiter de sa générosité.

 

 Je ne vais pas, en conséquent, satisfaire leur soif d’indiscrétion pour qu’elles se maintiennent, encore plus, dans la voie de leur tort.

 

Mes avocats, issus du milieu de l’opposition politique, sont au courant de l’origine de mes ressources qui viennent de se débloquer par un verdict judiciaire en Février 2006.

 

Par ailleurs, le fait de changer de camp sur le plan politique n’est qu’une __expression de déception à l’égard d’une opposition qui tourne en rond pour ne pas avancer et vivre de la spéculation du marketing politique ainsi que de la tutelle des manœuvres de la nostalgie coloniale de certains foyers de la gériatrie politique d’une France incapable sinon impuissante à renouveler sa société civile.

 

Les Tunisiens ne sont en mesure de payer les frais de l’impotence politique de l’Hexagone.

 

Si Paris et les principales villes de France ont brûlé depuis quelques mois, les manifestations du projet CPE témoignent d’une discordance et d’un asynchronisme intrinsèque de générations et d’un système de commande  combiné à une planification stérile qui ont trop perdu de  leurs potentialités et de leur crédibilité non seulement locales mais aussi sur la scène locorégional Euro-Méditérranéenne.

 

Dans ce contexte, la nécessité d’une résolution Tuniso-tunisienne des divergences politiques est indispensable à l’abri des duels personnels et à l’écart de l’esprit de revanche et de vengeance qui réveillerait  des susceptibilités régionales et de clans.

 

C’est toute une culture et un nouvel état d’esprit qui devrait être élaborés en  piliers d’une relance en vue de l’instauration des réformes fondamentales dans un cadre de respect et de sérénité des parties intervenantes.

 

Toutefois, Tunisnews (*) s’est chargé, depuis plus d’un mois, de jouer le rôle de l’espion après mon retour de Paris en Mars 2006.

 

Son équipe s’est occupée de ma filature par Internet à la recherche d’une forme d’indiscrétion pour satisfaire la vertu de la soif des chargés de missions.

 

Elle a osé chercher des informations et des détails concernant le motif de mon passage à Paris en Mars 2006 ainsi que les gens que j’ai pu contacter sans penser me poser directement et franchement la question au début de ses investigations policières.

 

Son attitude m’a vraiment surpris et déçue.

 

Mais au fait, elle a exprimé, par un acte réflexe, une crainte inexpliquée au service d’inconnus.

Cependant, après désistement de réponse de la part des personnes avec qui j’ai eu des entretiens amicaux et fraternels, Tunis News s’est souvenu de mon adresse e-mail pour me demander des informations et des éclaircissements à propos de l’objectif de ma visite à Paris de Mars 2006 .

 

Mais, pour des raisons de finesse et de délicatesse relationnelle, je continue, pour le moment, à ignorer la question en laissant le champ libre aux spécialistes de la spéculation et des hystéries politiques pour vider encore plus leurs sacs de haine et de doute afin de mieux user encore des malheurs des autres en tant que marchandises d’intérêts et de profit personnels.

 

Une tentative de marginalisation de l’objectif de ma visite a, aussitôt, échoué au nom de la liberté de l’information et du respect des droits de l’homme. Quel gâchis ?

 

Certains autres chargés de mission ont été à l’affût de mes pas dès mon arrivée à la Ville-Lumière au nom de la sympathie artificieuse de présumés compatriotes qui ne se connaissent à l’étranger ou ailleurs que pour se salir.

 

Mais, un mini-troupeau de Jahalout et de Zabalout s’est procuré la mission scandaleuse flagrante de la lâcheté et de l’opportunisme obsessionnel pour se faire distinguer de la foule afin de rendre un service aux manipulateurs de l’arrière-plan.

 

Leur tentative de fuite vers l’avant ne pourrait anéantir et supprimer leur culpabilité et leur complicité à l’aggravation de l’état de leurs victimes.

 

Cette attitude hypocrite n’exprime, au fait, que leurs souffrances personnelles intrinsèques d’isolement, de solitude, de laissé-pour-compte et d’abandon.

 

Régurgité du pouvoir et par tous les milieux de la société civile, l’un parmi eux présume avoir une solution provisoire magique de vieux jeu  qui pourrait lui porter l’unique secours pour son cas échéant.

 

Il s’est transformé, en toute bassesse d’esprit, en archiviste des aberrations et des abus de pouvoir dont il a participé en toute complicité au moment où il se collait encore les fesses à ses fonctions de serviteurs sadiques.

 

Sans le savoir ou en toute idiotie, il a pu confectionner un document authentique de sa propre culpabilité de complice actif aux dérives et aux violations dénoncées par les victimes d’aberrations et d’abus de pouvoir.

 

Sa naïveté présume envahir la scène médiatique à la recherche d’une innocence sans autocritique ni remord.

 

Il prétend avoir toutes les solutions miraculeuses.

 

La banque mondiale a souvent triché ses écrits et ses théories.

 

 A son tour, le Président Georges W. Bush a toujours meublé ses discours et interventions télévisées par les théorèmes et les axiomes d’un Tunisien détraqué qui se croit super-intelligent et superman.

 Mais, il ne s’agit que d’un faux-jeton  qui a pris la peine de jouer le rôle gratuit du porte-parole de l’actuel Ambassadeur Américain en Tunisie.

 

Cet étourdi de  faisant-fonction d’avocat de Mister Hudgston n’a cessé de lécher les bottes aux diplomates Occidentaux accrédités à Tunis pour se faire passer en tant que victime du régime politique et de libéral ouvert au dialogue, à la compétition démocratique et la liberté d’__expression.

Mais, au fait, il ne s’agit que d’un raté souffrant d’une multitude d’affections psychiatriques d’instabilités comportementales et caractérielles.

 

Il a certainement omis ses dérives financières, ses pratiques de tortionnaire dans les locaux de la police et de la garde nationale ainsi que ses abus de pouvoir avant qu’il ne soit révoqué de ses fonctions de haut responsable au RCD dans la principale zone industrielle de la banlieue de Tunis.

Les larmes du crocodile n’ont jamais été ni une forme ni une preuve de remord et d’autocritique pour se taper une nouvelle virginité artificielle d’innocence.

 

Ce charlatan de la politique n’est qu’un schizophrène qui suit depuis quelques années un traitement chez un psychiatre connu à Tunis.

 

En effet, à titre indicatif et pour ne plus revenir au sujet d’un politophyte aux neurones rouillés et aux méninges coincées, il m’est nécessaire d’ajouter que sa réputation est de renommée exceptionnelle en affaires de …..

 

Je laisserai le soin à un ex-haut responsable du RCD régurgité des viscères de l’autorité au pouvoir de déclarer honnêtement et publiquement ses origines provinciales  afin d’aider son psychiatre au véritable diagnostic puis au traitement  adéquat et de préciser ensuite ses caractéristiques comportementales personnelles. 

 

Son recours au faux nom et au double-nom pour signer des faux articles sur les colonnes de Tunis News n’est qu’un vieux jeu de primate qui témoigne non seulement de la lâcheté mais aussi de la confirmation de l’aggravation de l’atteinte schizophrène.

 

L’écho de résonance de ses articles n’intéresse personne et il n’est pas nécessaire de créer des faux noms et des personnages virtuels pour se donner de l’importance à l’Internet. Il devrait se contenter de faire le domestique de Mister Hudgston.

 

Bon !  Revenons au sérieux !

 

J’ai certainement omis de prendre l’autorisation de certains barons de l’obscurité à l’étranger pour être plus à l’aise et plus tranquille à Paris.

 

Mais certains mégalomanes de l’état major virtuel des micro-representativités déchiquetées en plusieurs morceaux de groupuscules à l’exil n’ont cessé de me faire parvenir leur hystérie hallucinatoire maniaco-dépressive pour pousser un peu plus leur indiscrétion et leur malhonnêteté de valets au service de foyers suspects afin de meubler les lacunes de leur oisiveté.

 

On dirait que j’avais des comptes à rendre et que je devais justifier mes actes et intentions.

 Pourtant, les barons de l’hostilité au régime ne m’ont jamais prêté considération et ils trouvent, en conséquent, le culot d’inciter leurs vaguemestres et leurs domestiques de m’offenser et de se demander les raisons qui m’ont poussé à déclarer médiatiquement mon changement de camp.

Quelle démocratie attendue sous le toit de ces faux militants qui se cachent derrière les claviers de leurs ordinateurs pour diffuser des fanfares de communiqués incitant les Tunisiens à l’insurrection et au suicide pour leur tapisser le retour en Tunisie sur les tapis rouges de sang de leurs victimes.

Mais, le comble, c’est que j’ai découvert l’inattendu en déceptions et en remords à ma dernière visite à Paris.

 

Certes, je ne suis pas anonyme, mais en même temps, je ne suis ni un serviteur du Palais de Carthage, ni l’un des officiels du Régime Politique ni le vaguemestre de l’Opposition Tunisienne et ni le domestique des faisant-fonctions de défenseurs des droits de l’homme en Tunisie.

 

Si j’ai pu toucher à un monopole aussi sensible des victimes de la complicité de la société civile en Tunisie avec un régime policier et à un fond de commerce privé, je ne connaissais vraiment pas exactement les propriétaires ou les co-propriétaires qui se sont emparés des libertés personnelles dans le monde des affaires des droits de l’homme et de l’opportunisme politique.

Mes contacts à Paris ou ailleurs ne concernent personnes.

 

Initiative Parisienne ou Bolivienne …

Initiative Présidentielle ou de Planctons …

Nouvelle épreuve policiaro-milicienne ou attentat à la pudeur politique …

Sale coup des vieux loups …

Tentative policière du dernier quart-d’heure ou secours du FBI et du Mossad …

Nouvelle manœuvre sécuritaire ou réveil d’Ariel Sharon de son coma profond …

Sorcellerie ou Astrologie policière du Ministère de l’intérieur.

Processus de manipulation Sioniste en Tunisie ou manœuvre Hitlérienne …

 

CECI NE REGARDE PERSONNE.

 

Personnellement, je n’ai jamais demandé à personne de me rendre des comptes.

La réciproque devrait être respectée.

 

L’indiscrétion , des spéculateurs du monopole des souffrances des autres , n’est que la résultante d’une sensation de menace d’atteinte à leurs intérêts et profits personnels d’un fond de commerce tiré sous silence d’une crise chronique qui submerge le paysage politique en Tunisie depuis une longue durée .

 

Les barons de l’hostilité au pouvoir et les professionnels de la commercialisation des  malheurs des autres aux foyers de charité continuent à se baigner dans le vide lacunaire et le néant des esprits tordus pour exprimer une stérilité obsessionnelle tant que la société civile Tunisienne est infectée par des souches de mauvaises graines qui se heurtent depuis bien longtemps à un gros clivage avec la population locale Tunisienne.

 

Dr. SAHBI AMRI

Cité El-Wouroud . Sidi Bouzid 9100

Tel. 00.216.98.22.27.51

 

(*) Réponse de TUNISNEWS

 

Cher Monsieur Sahbi AMRI,

 

Nous n’avons ni le temps, ni la volonté, ni les moyens de vous « espionner ». Tout le monde savait que vous étiez à Paris et que vous aviez rencontré un certain nombre de tunisiens. On a demandé à certains d’entre eux de bien vouloir informer l’opinion publique de l’objet de votre démarche qui était au centre des discussions, des spéculations et de l’intérêt public.  

 

Cher Monsieur Sahbi AMRI,

 

Ce n’est ni de l’espionnage, ni de la filature, ni de l’investigation policière comme vous prétendez, ça s’appelle tout simplement « chercher l’information qui a un intérêt public » par des moyens journalistiques. 

 

Cher Monsieur Sahbi AMRI,

 

Vous affirmez que notre démarche visait à « satisfaire la vertu de la soif des chargés de missions ». Excusez-nous notre ignorance, mais notre niveau de français ne nous a pas permis de comprendre cette phrase. Auriez vous la gentillesse de nous l’expliquer ? mais en attendant, nous vous assurons que nous ne sommes chargés d’aucune mission !

 

Vous dites que TUNISNEWS a « osé chercher des informations et des détails concernant le motif de mon passage à Paris en Mars 2006 » …. Pourquoi utiliser des gros mots du type « OSER » ? On a tout simplement essayé d’obtenir des informations pour informer nos concitoyens intrigués par votre « mission ». C’est notre droit le plus absolu et le plus élémentaire comme citoyens et comme moyen d’information.

 

Cher Monsieur Sahbi AMRI,

 

nous ne nous sommes pas adressés à vous directement pour vous poser la question, car on estimait que vous étiez très occupé avec vos 2 amis à Paris. D’ailleurs, on vous a posé les mêmes questions dés qu’on a pu comprendre que vous étiez rentré en Tunisie.

 

Vous prétendez qu’il y a eu  « désistement de réponse» (Sic !) de la part des personnes avec qui vous aviez eu « des entretiens amicaux et fraternels ». Ceci n’est pas exact du tout.

 

En fait, certains n’ont pas répondu à notre question, d’autres ont refusé de répondre et quelques uns ont même réagi positivement à notre requête. Mais à la rédaction, nous avons décidé de ne rien publier les infos qu’on a recueillies car à la fin nous avons estimé que nous n’avons pas pu rassembler une information suffisante, crédible et complète sur ce sujet pour être portée à l’attention de nos lecteurs.

 

Cher Monsieur Sahbi AMRI,

 

Libre à vous d’ignorer la question que nous vous avons posée mais vous n’avez aucun droit de nous accuser de vouloir « marginaliser l’objectif de votre visite ». Vous faites votre travail … à nous de faire le nôtre.  Tout simplement.

 

L’équipe de TUNISNEWS

13 mai 2006

 

DESAMORCER LA RUMEUR

 Par M’hamed JAIBI    Encore une rumeur aussi tenace que totalement fausse. Comme la très grande majorité de «nos» rumeurs. Mais une rumeur qui mériterait d’être lestement désamorcée, tellement elle attriste les candidats au mariage, à une époque où l’on ne se marie plus beaucoup.   Selon cette rumeur qui envahit nos cités, nos facs et nos cafés, nul n’est désormais en mesure de convoler en justes noces s’il n’a accompli son service militaire. Et la «mesure» colportée de bouche en oreille présente «l’avantage» d’écarter toute discrimination entre filles et garçons. Puisque, s’il est vrai que c’est au garçon que l’on interdit de contracter mariage, sa bien aimée en paie le tribut exactement dans les mêmes conditions.   Il y a quelques années, on avait parlé de faire faire le service militaire aux filles, histoire de garantir l’égalité et la parité entre les deux sexes. Cela avait soulevé un tollé chez les demoiselles, mis de la joie dans les conversations entre garçons et «révolté» les parents conservateurs, hommes et femmes. Surtout qu’il s’agissait d’un conservatisme de bon aloi, tombant à pic pour sauver les «chérubin(e)s».   Revenons à nos moutons (de panurge) qui se font avoir à tout bout de champ par la rumeur de tout un chacun. Soyez rassurés, l’officier d’état civil ou le notaire n’exigera pas de vous votre attestation de service militaire au moment de la signature. Et tant mieux. Imaginez la tête de vos invités subitement privés de sucreries tunisiennes et de dragées savamment emballées dans de la dentelle enturbannée de satin.   Cela dit, l’échéance indiquée par la rumeur approche : le 1er juillet, et il serait de très bon goût que les pouvoirs publics démentent officiellement et à haute voix la chose. Pour que nos statistiques en matière de mariage des jeunes en âge de se marier, n’en prennent pas un nouveau coup.   Rumeurs et informations ont la mauvaise habitude de faire bon ménage. Or, fort heureusement, nous avons, depuis quelques mois, de nouveau, un ministère chargé de l’information, même si son nom est bien plus long et compliqué. Pourquoi ce département, qui s’est illustré par son ouverture et son dynamisme, ne prendrait pas sur lui de répertorier les rumeurs et les informations posant problème.   Ce n’est qu’en clarifiant les choses qu’on arrivera à convaincre les citoyens que les informations vraies sont celles publiées par nos journaux et diffusées par nos stations radio et télé.   Quant aux rumeurs et aux décisions de non droit qui viendraient à voir le jour, non seulement les médias doivent en faire rapidement état, mais il s’agit de voir les départements ministériels concernés faire toute la lumière à leur sujet.   Pour crédibiliser l’information nationale et consolider toujours davantage les fondements de l’Etat de droit. Car aucune rumeur, aucune mise en cause, aucune critique ou insinuation ne doit rester sans explications.   (Source : « Le Journal », N° 26 du Samedi 13 mai 2006) URL : http://www.gplcom.com/journal/fr/

A CANAL 7, avant son déménagement

NE PRENEZ PAS TOUT AVEC VOUS !

Par Jamel ARFAOUI (*)   La construction et l’équipement du nouveau siège de la télévision tunisienne, au Nord-Hilton, a représenté un défi pour les protagonistes de cet ambitieux projet.   Mais le plus grand défi, dont nous attendons impatiemment la réalisation, ce sera lorsque les responsables, quels que soient leurs postes et leurs fonctions, commenceront à déménager leur matériel et leurs bureaux. Et nous formulons le vœu qu’ils ne prennent pas tout avec eux, et en particulier, qu’ils n’emportent pas «la routine», «le manque d’initiative», «l’hésitation», «la peur» et «la mise au frigo», afin de se lancer, ainsi, dans la créativité, l’audace et l’incitation des jeunes à exploiter au mieux leurs compétences sans peur d’échouer ou d’être pénalisés. Une grande frange de Tunisiens fuient –contre leur gré– vers d’autres chaînes. Et nous en observons, aujourd’hui, la répercussion dans nos rues. Et il suffit d’écouter les conversations et les «fatouas» qu’évoquent les Tunisiens dans leurs réunions privées, et même publiques, pour se rendre compte de l’ampleur du phénomène.   Notre télévision a besoin d’une révolution qui mette fin aux vieilles méthodes et tourne le dos au langage du passé. Le monde change autour de nous, autant que dans notre pays. Le taux des lettrés a beaucoup augmenté, et de nouveaux horizons se sont ouverts devant eux, leur donnant les moyens de comprendre et d’analyser les événements internes et internationaux.   Il est tout à fait possible pour nous de concevoir un nouveau dictionnaire de notre langage télévisé répondant à toutes les attentes. Les compétences sont disponibles. Ceux qui doutent n’ont qu’à consulter la longue liste de nos journalistes TV émigrés au Golfe, pour comprendre qu’on est capable de briller et qu’on est tout à fait sérieux, pourvu qu’on nous accorde un minimum de confiance, d’intérêt et d’écoute.   Le Tunisien, qui s’est montré capable d’exporter l’escargot et les grenouilles à l’autre bout du monde, est capables de tous les miracles.   Notre pays, avec ses grands chantiers de construction de ponts, d’autoroutes et d’hôpitaux, et malgré ses moyens limités et la flambée des prix du pétrole, est capable de tenir tête à toutes les tornades. Il ne peut donc en aucune manière craindre quelques lapsus ou une petite critique hors sujet qui seraient diffusés par la télévision. Essayez et vous verrez. Tout le monde s’habituera et les responsables aussi, prendront goût à la différence et même aux différends. Nos ancêtres n’ont-ils pas dit que dans la différence réside la clémence. Et nous dirions, aujourd’hui, que dans la différence se trouve le progrès et le meilleur chemin de la réforme.   Nous avons quoi donner au monde et nous pouvons bien corriger le mal-entendu avec qui que ce soit, à condition de savoir «commercialiser» notre «produit» et, plus important, comment le présenter. En Tunisie, nous avons un code du statut personnel progressiste, une femme libérée, un enseignement développé, une couverture sociale assurée, des hôtels magnifiques et un peuple qui déteste la violence. Mais le plus important, c’est que la Tunisie bénéficie d’une élite dans tous les domaines : la médecine, l’ingénierie, la sociologie et la philosophie. La Tunisie n’était-elle pas, et ne demeure-t-elle pas, l’un des rares pays arabes affectant la moitié de ses ressources à l’enseignement ?   Il se trouve, cependant, que notre télévision, avec ses programmes, ses variétés et ses informations, nous masque toutes ces réalités et nous cantonne ainsi dans une position –que nous ne voulons pas qualifier– que nous sommes loin de mériter.   Nous entendons chaque jour cette _expression et de toutes les bouches quand on évoque notre télévision nationale : «nous méritons mieux que ça».   Oui, nous méritons mieux que ça.   Enfin, une information à l’intention des décideurs de notre télévision, et nous les prions de bien vouloir l’analyser. La semaine dernière, un sondage touchant 10 pays arabes, asiatiques, européens et américains, a dégagé que «25% des téléspectateurs et des lecteurs ont cessé, pendant l’année dernière, de suivre une quelconque source d’information dès qu’ils ont perdu confiance en la fiabilité de ses comptes-rendus».   (*) Traduit de l’arabe par les soins de la rédaction.   (Source : « Le Journal », N° 26 du Samedi 13 mai 2006)
 

 

De la liberté de presse, encore une fois

Par Zyed Krichen Les célébrations sont un pain béni pour les journalistes (trouver une idée n’est pas toujours évident), mais, à la longue, cela risque d’être lassant… Que dire de plus pour ce 3 mai, Journée Mondiale de la Liberté de presse? En Tunisie le diagnostic est invariant depuis quelques années. Tout le monde s’accorde à dire que le secteur de l’information ne va pas bien. Il y a des frémissements par ci et là. La volonté politique de promouvoir le secteur a été réaffirmée à maintes reprises par le Président Ben Ali en personne, mais manifestement quelque chose ne tourne pas rond dans la sphère des médias. L’Association des Journalistes Tunisiens vient de rappeler ce constat dans son cinquième rapport sur l’état de la liberté de presse en Tunisie (voir notre dossier dans les deux parties arabe et française du magazine). Le journalisme en Tunisie est un peu à l’image du conflit israélo-palestinien : il a besoin d’une feuille de route. Comme on ne le sait que trop bien, hélas, une feuille de route a elle aussi besoin de bonnes intentions et d’un canevas pour les premiers pas. Que faut-il faire maintenant pour que le processus démarre définitivement? L’Association des journalistes a focalisé sur les conditions matérielles et professionnelles pour l’exercice du métier. Elle est, en cela, dans son rôle naturel. Mais on peut craindre que cela soit insuffisant pour enclencher les premiers pas. Par quoi commencer ? Au moment où des commissions réfléchissent sur l’avenir du secteur, il est indispensable de prendre le bon chemin. Le talon d’Achille réside dans le texte de loi qui fait d’une personne physique l’unique détentrice d’un titre de presse. Cette disposition réglementaire a eu un double effet pervers: – l’impossibilité pour plusieurs compétences professionnelles de pouvoir lancer un nouveau projet éditorial, – l’incapacité pour les entreprises de presse d’atteindre la taille critique qui leur permetttrait de diversifier leur produit et de conquérir de nouveaux marchés. L’actuelle loi oblige, de fait, l’entreprise de presse à demeurer personnelle, ou au mieux familiale. Qui voudra investir dans une entreprise où le propriétaire historique reste l’unique décideur économique? Il faut dire haut et fort que cette disposition est une aberration dans le monde d’aujourd’hui, car elle empêche tout bonnement l’entreprise de presse d’être une entreprise tout court… Le libre accès à la propriété d’un titre de presse et le remplacement de la personne physique par l’actionnariat sont les deux leviers qui permettront une transformation du paysage médiatique dans notre pays. Loin de nous est l’abandon de l’idée de toute réglementation. La presse est certes un produit économique, mais pas tout à fait comme les autres. Le secteur a besoin d’un cahier de charges pour épargner à nos médias une concurrence sauvage et déloyale. C’est sur ce point, nous semble-t-il, que les énergies doivent converger. Le tout est de résoudre en faveur du citoyen/consommateur l’équation suivante: – Le libre accès à la propriété d’un titre. – La constitution d’un noyau dur d’actionnariat dont les journalistes (organisés dans une société de rédacteurs) représenteraient, pourquoi pas, une minorité de blocage. – Soutenir les entreprises de presse qui veulent acquérir de nouveaux marchés. – Création d’un comité de régulation indépendant pour veiller au respect du pluralisme et à la transparence des acquisitions ou des fusions et de toutes activités financières liées aux médias. – Encourager l’accès à la Bourse des entreprises de presse afin qu’elles drainent, elles aussi, l’investissement direct étranger. – Réfléchir à une plus grande équité et efficacité dans l’octroi de la publicité publique. Ces quelques pistes, et d’autres, sont susceptibles d’accompagner ce changement radical dans les médias, devenu nécessaire et urgent, sans heurts. Elles permettront de sauvegarder les intérêts vitaux du pays, des journalistes, des entreprises de presse et enfin —et surtout— des lecteurs/auditeurs/téléspectateurs. Ces nouvelles pistes ont aussi l’avantage de poser, différemment, les handicaps au plein épanouissement de la profession et des professionnels. Si ces premiers pas sont franchis, nul doute que la célébration du prochain 3 mai aura une toute autre allure.

 

(Source : Réalités N° 1063 du 11 mai 2006)

 


“ Je reproche à Bourguiba de n’avoir pas encouragé la démocratie ”

 

Néjib Bouziri était membre du Néo-Destour et ambassadeur durant vingt-huit ans. Juriste, docteur en droit, il a été membre de la délégation tunisienne chargée des négociations avec la France sur l’autonomie interne de la Tunisie 1954-1955, membre du comité de la cellule destourienne de la Marsa et également du cabinet de Mongi Slim, ministre de l’Intérieur, en 1955-1956, au moment du conflit Bourguiba/Ben Youssef, chef de cabinet au ministère des Affaires étrangères 1957-1958 et ambassadeur de Tunisie à Bonn en 1961-1963, année durant laquelle Ben Youssef est assassiné de sang-froid dans un hôtel à Francfort. C’est en tant que témoin de ces évènements importants qu’il a eu l’amabilité de témoigner. Le 4 septembre 1954, les négociations sont ouvertes à Carthage, et à partir du 8 à Paris. Mongi Slim, Mohamed Masmoudi (Néo-Destouriens) et Aziz Djellouli (Indépendant proche du Néo-Destour) font partie de la délégation. Quels étaient les autres membres qui avaient participé aux négociations ? Et pourquoi, à votre avis, la délégation n’était-elle que destourienne ? La délégation officielle était composée des trois ministres que vous avez cités. Ces ministres avaient des cabinets qui préparaient les dossiers aux négociateurs. Mais il était arrivé que des syndicalistes de l’UGTT ou de l’UNAT venaient de Tunis au cours des négociations. Ceci étant dit, la délégation officielle n’était constituée que des trois ministres en question dont deux destouriens et un indépendant. Il est normal que les négociations aient été menées par le Néo-Destour puisque c’est le parti qui a mené la lutte contre la colonisation et qui est la principale force politique dans le pays. Le seul qui n’était pas destourien participait d’une façon normale aux négociations mais le dernier mot appartenait au représentant du Parti. La reprise des négociations, qui s’interrompirent du fait que le 5 février, le cabinet de Mendès-France était tombé et qui reprirent après l’avènement, le 23 du même mois, du cabinet Edgar Faure, était en réalité menée, du côté tunisien, par Bourguiba. Comment la délégation a-t-elle travaillé ? Etait-ce sous les seules commandes de Bourguiba ? Ou avait-elle une certaine liberté d’initiative ? Les négociations continuaient avec les mêmes négociateurs mais étant donné que Bourguiba était en France au même moment, il était normal qu’il soit constamment au courant de l’évolution des négociations et des difficultés auxquelles elles se trouvaient confrontées comme celles relatives aux municipalités que les Français voulaient mixtes selon le principe de la co-souveraineté. Bourguiba s’y était fermement opposé. Toutefois, on ne peut pas dire que Bourguiba ait pris en charge les négociations. Il était consulté et donnait des instructions aux négociateurs destouriens quand ils se trouvaient devant des questions difficiles à résoudre. On ne peut pas vraiment dire qu’il y a eu une nette séparation qui s’est établie au niveau de la délégation tunisienne. Mais pour quelles raisons alors Edgar Faure a-t-il terminé directement les négociations avec Bourguiba qui, tout en étant transféré près de Montargis, n’avait plus, en réalité, le statut de détenu mais de négociateur ? Parce que Bourguiba était à Paris, qu’il y avait ces questions délicates à résoudre et qu’il fallait que ce soit le président lui-même qui engage la Tunisie. Félix Garas, dans son livre “ Bourguiba et la naissance d’une nation ” (1956), note que Salah Ben Youssef a donné son accord à Mongi Slim sur le discours de Carthage et qu’il aspirait à être le “ véritable maître des négociations ” tout en faisant savoir “ en sous-main ” à Mendès France que Bourguiba était dépassé et qu’il était prêt à un arrangement ” (cité par Charles-André Julien). Confirmez-vous ces propos ? J’étais à Paris au moment des négociations. Taïeb Mhiri et Ahmed Tlili étaient venus de Tunis et ont décidé d’aller rencontrer Salah Ben Youssef à Genève. Je les y ai accompagnés. Nous avons discuté avec lui pour qu’il accepte le principe des conventions et leur but qui était l’autonomie interne de la Tunisie. Ben Youssef s’est montré évasif et a déclaré qu’il allait rentrer au Caire pour régler des affaires et qu’il comptait regagner la Tunisie. Pour le reste, je ne peux me prononcer. Selon toujours Charles-André Julien, les positions “ rigides ” de Ben Youssef séduisaient beaucoup de militants. Il écrit : “ Au sein de la commission (des négociations), Mongi Slim ne demeura pas insensible à ses appels ”. Je m’inscris en faux complètement contre ces propos. Il n’est pas exact que beaucoup de militants étaient sensibles à la position de Salah Ben Youssef. Au contraire, la plupart des militants ont approuvé la position définie par le Bureau politique du Néo-Destour. Peut-être sur une question ou deux, le ministre indépendant, Aziz Djellouli, nationaliste sincère et intègre, se montrait plus nationaliste que les destouriens. Il est même rentré à Tunis pour manifester ses réserves sur certaines questions. Mais ensuite les choses se sont rétablies. A ma connaissance, Mongi Slim n’a jamais été d’accord avec Salah Ben Youssef , ni approuvé ses positions extrémistes. Comment expliquez-vous que Salah Ben Youssef n’ait pas été associé aux négociations franco-tunisiennes, malgré les nombreuses déclarations qu’il a faites au Caire à ce sujet ? Ne pensez-vous pas que cela a joué un rôle dans le conflit qui l’opposera à Bourguiba et qui aboutira à son exclusion du BP du Parti (après son discours prononcé le 7 octobre à la Grande mosquée de Tunis), et du Parti lors du congrès national du Néo-Destour convoqué pour le 15 novembre à Sfax ? Salah Ben Youssef, à ma connaissance, n’a jamais voulu accepter le principe des négociations, probablement du fait qu’il a toujours voulu être le numéro un du Parti. Donc, il y avait quelque chose de personnel : ce désir de leadership. D’autre part, il y avait aussi l’influence des Egyptiens et surtout des Algériens qui souhaitaient que la lutte soit généralisée et donc n’étaient pas favorables à un accord entre la Tunisie et la France. Il a été prouvé rapidement que la réussite des négociations sur l’autonomie interne a débouché en moins d’un an après, sur l’indépendance. Et la Tunisie a ainsi énormément aidé à l’indépendance de l’Algérie, notamment par le fait que l’armée algérienne était en grande partie sur notre territoire. Ne pensez-vous pas que, comme l’ont écrit certains analystes, Bourguiba ait utilisé ce qu’on a appelé “ la sédition yousséfiste ” pour pousser les Français à précipiter l’indépendance de la Tunisie en voulant leur montrer que s’ils n’accordaient pas très vite l’indépendance à la Tunisie, le pays serait en proie à l’extrémisme ? Non pas de cette manière. Il est certain que pour nous, Néo-Destouriens, la ligne définie par le Bureau Politique, c’était que véritablement Salah Ben Youssef voulait faire la guerre civile et que nous, nous n’en voulions pas. Mais, pour Bourguiba, ça n’était pas une tactique pour obliger les Français. Il exploitait de fait la situation. Les Tunisiens comme les Français se rendaient compte que si la France restait sur des positions rigides et refusait de faire des concessions, l’extrémisme gagnerait. Dans un documentaire réalisé, en 1999, par une chaîne française, sur “ Bourguiba ”, et projeté encore une fois par la “Cinq”, le 18 mars dernier, à l’occasion du cinquantenaire de l’Indépendance, on a noté que “ le nombre de victimes lors de ce conflit dépasse celui des victimes de la colonisation française ”. Qu’en pensez-vous ? C’est tout à fait faux. J’ai vu personnellement des destouriens agressés par des Yousséfistes mais il ne faut pas croire qu’il y a eu une guerre civile. Elle aurait pu avoir lieu si Salah Ben Youssef avait été suivi par beaucoup de Tunisiens. Mais cela n’était pas le cas. Il s’agissait d’une petite minorité brutale qui a tenté d’engager le pays dans une guerre civile mais n’a pas réussi à changer la situation tunisienne. Vous avez été attaché de cabinet au ministère de l’Intérieur en 1955-1956, durant une année décisive quant au différend Bourguiba-Ben Youssef, au moment où se tenait le Congrès du Parti à Sfax. Vous avez dit vous-même que vous avez “ tout mis en œuvre pour faire échec à la réunion organisée par Salah Ben Youssef au stade municipal de Tunis avec la participation du ministre égyptien des Affaires religieuses Hassan Bakoury ”. Par quels moyens justement ? J’ai effectivement essayé de faire échouer cette réunion en arrêtant par exemple les tramways qui allaient au Belvédère et c’était efficace. N’avez-vous pas procédé à des arrestations, ou au harcèlement des participants ? Non, pas du tout. D’ailleurs, plus tard, après la fin du congrès, j’ai dû, à cause de ma maladie, garder le lit pendant quatre mois et durant mon absence, on a déposé une bombe artisanale dans mon bureau pour tenter de me tuer. Fort heureusement, elle n’a pas explosé. Pour réduire les partisans de Salah Ben Youssef, particulièrement actifs dans le Sud, Bourguiba a demandé le concours de l’armée française (il l’a déclaré lui-même au quotidien Le Monde du 30 mars 1956). Les opérations se sont déroulées durant le mois de mars 1956. Je n’ai pas connaissance de cela, mais il était certain que nous étions en droit et en devoir de combattre toute résistance qui affaiblirait la nouvelle Tunisie. Toute attaque armée contre le régime devait être combattue, même avec l’aide extérieure. 1955-1956, année également décisive pour la question des fellaghas. Vous avez raconté que des résistants fellaghas avaient un jour investi le ministère de l’Intérieur alors que vous vous y trouviez pour exiger que leurs revendications matérielles soient réalisées. Pourriez-vous nous donner davantage de précisions sur cet incident? J’étais dans mon bureau au ministère de l’Intérieur à la Kasbah quand le ministère a été envahi par d’anciens fellaghas, dont certains étaient armés et qui portaient des revendications. ils ne m’ont pas empêché heureusement de téléphoner. J’ai alors appelé le Parti pour qu’information en soit donnée à Bourguiba qui était à la Foire de Tunis. Bourguiba était président du parti mais n’était pas encore au gouvernement. Il était venu seul et s’était adressé à eux dans des termes sévères et les a durement sermonnés. Ils sont alors sortis la tête basse. En dehors de leurs revendications, qui pouvaient être légitimes, c’est la manière avec laquelle ils ont agi qui est condamnable. Si nous commencions l’exercice de notre souveraineté avec de tels mouvements de foule qui veulent imposer leurs points de vue, c’était quand même grave ! Vous étiez ambassadeur de Tunisie en Allemagne en 1961, année durant laquelle Salah Ben Youssef a été assassiné à Francfort. Pourriez-vous nous relater cet événement ? J’étais chez moi lorsque le représentant du FLN m’a téléphoné pour m’apprendre la nouvelle de l’assassinat de Salah Ben Youssef la veille. J’étais très surpris parce que je ne savais même pas que Salah Ben Youssef était en Allemagne. Alors je me suis adressé à notre consul honoraire allemand pour se renseigner et aussi au Procureur de la République allemande pour m’informer. Le procureur m’a dit que la famille de Ben Youssef a déclaré que l’ambassade de Tunisie n’avait pas à se mêler de cette affaire. J’ai eu deux noms que j’ai obtenus par le consul honoraire et que j’ai communiqués à Tunis. Le Dr Sadok Mokaddem, qui était alors Secrétaire d’Etat aux affaires étrangères, était en Yougoslavie et devait rentrer par Munich où était prévue une rencontre avec le maire de Munich. Il voulait l’annuler mais je l’en ai dissuadé. Et il est effectivement venu à Munich. Mais le gouvernement tunisien ne vous a pas demandé de faire votre enquête ? Non. Absolument pas. Oui, mais franchement, trouvez-vous normal que vous, en tant qu’ambassadeur, n’ayez pas de renseignements sur l’assassinat d’un citoyen tunisien en Allemagne, et a fortiori d’un homme politique tunisien très connu. Je n’avais pas d’éléments, ni d’ailleurs les moyens et la compétence de mener une enquête.. Cela s’est passé en dehors de l’ambassade, d’autant que les Allemands ont refusé de me communiquer des informations et donc de coopérer. Est-ce que vous aviez des doutes sur l’identité de ceux qui avaient fomenté le crime ? Cela pouvait venir de Tunisiens. Je n’ai pas exclu cette hypothèse puisque, d’une part, j’avais demandé à notre consul honoraire de se procurer les noms des Tunisiens qui étaient venus en Allemagne avant l’assassinat, et, d’autre part, je savais que, par le passé, Bourguiba ayant été la cible d’au moins deux tentatives de meurtre, une rumeur tenace en rendait responsable Salah Ben Youssef et ses partisans. Tous les destouriens le savaient. Qu’il y ait eu déjà, à Tunis, des gens qui voulaient rendre la pareille, cela ne m’étonne pas. Après tout, c’est Salah Ben Youssef qui a commencé et qui a voulu utiliser la force après son retour du Caire. De toute manière, personnellement, je condamne toutes les tentatives d’assassinat qui ont visé soit Ben Youssef, soit Bourguiba. A ce propos, je voudrais dire mon étonnement de voir que l’auteur du livre “ L’assassinat de Salah Ben Youssef ”, Omar Khlifi, n’a pas eu l’idée de se renseigner auprès de l’ambassadeur de Tunisie en Allemagne à cette époque-là, qu’il a attendu quarante ans pour écrire son livre et que tous ceux qu’il a cités sont décédés. En bon destourien, vous avez écrit dans un éditorial du bulletin L’Action (Bulletin des étudiants destouriens de Tunis) en 1955, à propos du Vieux-Destour et du Parti Communiste Tunisien qui se sont opposés aux conventions : “ Ces caricatures de partis qui ne peuvent exister qu’en s’opposant au Néo-Destour et en se nourrissant de cette opposition n’ont donc pas de titre de patriotisme et de gloire pour rejeter les conventions ”. Dans d’autres articles, vous avez tenu ces mêmes propos très durs vis-à-vis de ceux qui ont milité pour l’indépendance du pays. Oui, ils sont très durs. Parce qu’à l’époque, après le départ des Allemands, les communistes ont accusé les destouriens d’avoir collaboré avec les Allemands. Alors que ça n’était pas vrai. Il y avait certes des individus qui ont collaboré mais en désobéissant à la direction du Parti. Je pense que les communistes et les Vieux- Destouriens ne représentaient rien. Et je maintiens que le parti essentiel qui a mené la lutte est le parti destourien. Je pense que certains Vieux- Destouriens ou communistes que je n’ai pas connus à l’époque, au moment où j’ai écrit mon article, doivent ne pas être couverts par ma déclaration parce qu’ils ont lutté et ont été des patriotes. Vous justifiez la monopolisation de la vie politique par le parti destourien, laquelle monopolisation a caractérisé le nouvel Etat indépendant. Franche-ment, avec du recul aujourd’hui, pensez-vous que l’indépendance aurait dû enfanter un régime démocratique plutôt que consacrer un régime basé sur le monopartisme? Non, ça n’est pas ça du tout. Vous savez, quand j’étais ambassadeur à Moscou, j’ai eu l’occasion de rencontrer, au Kremlin, Mohamed Harmel, SG du Parti Communiste Tunisien, qui m’a dit que nos deux partis devaient unir les efforts. Alors, je lui ai demandé s’il se souvenait de ce qu’avait dit Staline à propos du Vatican. Staline a répondu : combien le Vatican a-t-il de divisions ? Alors, moi, je vous dis : que représentez-vous en Tunisie, par rapport au parti destourien pour qu’il y ait coopération entre les communistes et les destouriens ? Il était normal que le Parti destourien dirige la Tunisie mais je n’ai pas aimé qu’on exclue les autres. Je suis pour la franche démocratie. Je ne suis pas pour la mainmise du Parti. C’était certes une situation de fait parce que le Parti était populaire. Dans le Parti, il fallait se battre. Au Congrès du Parti de Sousse, Bourguiba a recommandé l’élection de Ahmed Ben Salah et d’Abdallah Farhat au Bureau Politique qui était à ce moment-là élu, le congrès n’a pas suivi et les deux candidats en question n’ont pas été élus. Bourguiba n’était pas satisfait de cela et a décidé de nommer, à partir de ce moment, les membres du B.P. On se battait au Parti. J’étais de ceux qui estimaient que la direction doit être collégiale. Pour moi, il n’y aucune raison d’interdire les autres partis dans le pays. D’ailleurs, il m’est arrivé, en 1955, de critiquer le culte de la personnalité de Bourguiba et sa propension à monopoliser le pouvoir et à vouloir décider seul. Il convient cependant de souligner que Bourguiba acceptait de corriger sa décision lorsqu’un responsable avait le courage et le sens du devoir de lui démontrer que sa position était erronée et infondée. Il pouvait être contrarié quand les remarques lui étaient faites, mais après réflexion, il modifiait sa position. Vous demeurez profondément bourguibiste ? Oui, parce qu’il a tant apporté à la Tunisie. Mais je reproche beaucoup de choses à Bourguiba, notamment le culte de sa personnalité ainsi que la monopolisation du pouvoir tant au niveau du Parti qu’à celui de l’Etat. Je lui reproche aussi le fait de n’avoir pas encouragé la démocratie aussi bien au niveau du Parti que du pays et d’avoir accepté d’être président à vie. Je trouve également inacceptables ses comportements à l’égard de Bahi Ladgham, de Mongi Slim et d’autres. Bourguiba a toujours été embêté par ceux qui avaient de grandes qualités comme Taïeb Mhiri, lequel était très populaire et très respecté pour son intégrité et son courage si bien qu’au congrès de Bizerte (1964) il a été élu en dépassant de très loin tous les autres. Bourguiba y a été élu par accla- mation…Au Parti par exemple, on avait le Combattant Suprême (Bourguiba), le Grand Combattant (Ben Youssef), le Zaïm de la jeunesse (Belhaouane) et le Zaïm bien-aimé (Mongi Slim). Bourguiba aurait aimé être tout cela à la fois.

 

Noura Borsali

 

(Source : Réalités N° 1063 du 11 mai 2006)


 

 

BOURGUIBA ET LES DIVERS COURANTS: CES “ IRREDUCTIBLES ENNEMIS DU NEO-DESTOUR ”

CITATIONS

 

– “ Créateur de la Tunisie, j’en ai renouvelé la substance humaine ” (cité par J.Lacouture).

 

– “ L’union des cœurs implique que nous nous bouchions nos oreilles à toutes ces tentatives de prétendus patriotes qui sous le couvert de l’arabisme et de l’islam se livrent à une propagande perfide. Ces imposteurs sont plus dangereux que les colonialistes français. Car ceux-ci ne peuvent -de par la différence de leur religion et de leur race- s’infiltrer dans nos rangs comme les autres pour y semer le désordre et la mort. ” (Discours du 26 novembre 1958).

 

– En 1966, “ un visiteur amical lui demandait s’il n’aurait pas intérêt à tenir davantage compte des objections de son entourage : “ Je le voudrais bien, fit Bourguiba, mais je ne sais pourquoi, ils n’osent pas… ”. Un silence. Puis, se ravisant : “ Et d’ailleurs, quand on a un Bourguiba, pourquoi le contredirait-on ? ” (J. Lacouture, “ Quatre hommes et leurs peuples ”, Seuil, 1969).

 

– “ Mais tandis que dans d’autres pays on fait la chasse aux communistes et on les fusille, ici nous n’avons mis fin à leur activité que lorsqu’ils ont dépassé les bornes et se sont mis à dénigrer et à mentir, pour discréditer le parti en l’accusant de choses inconcevables ”. (Discours important clôturant le séminaire de la jeunesse destourienne réuni à Tunis, 29 juillet 1963).

 

– “ L’UGTT est une organisation nationale qui s’occupe des questions professionnelles, et dont les dirigeants appartiennent, sur le plan national, au Néo-Destour ” (idem).

 

– Les gens de l’Archéo-Destour “ ont un complexe de défaite ” : depuis cinq ou six ans, ou même trente ans, ils ont joué une carte contre le Destour ; ils ne veulent pas reconnaître leur…Ils soutiennent des contre-vérités. Je crois qu’ils sont irrécupérables ” (idem).

 

– Répondant aux critiques portées contre le régime dans les milieux estudiantins, Bourguiba déclare : “ Les satisfactions que ces messieurs tirent de leur attitude négative n’ont rien de commun avec le bonheur qu’on trouve dans une libre soumission à la discipline afin de transformer un pays sous-développé en une nation moderne ” (Idem).

 

– En cherchant à détruire l’homme et le Parti qu’ils tiennent pour responsables de leur défaite, les yousséfistes ne craignent pas de mettre la Patrie en péril(Discours du 18-1-1963).

 

– Sous prétexte qu’ils avaient pris la montagne, les fellagas s’imaginent qu’ils sont eux-mêmes l’Etat et que nous sommes des usurpateurs (Idem).

 

– Bourguiba envisagea la présidence à vie par crainte de l’effet de “ périodes électorales répétées, périodes de fièvres propices à la prolifération de microbes dangereux pour la santé du pays ” car “ les génies de ma stature ne courent pas les rues ”.

 

Noura Borsali

 

(Source : Réalités N° 1063 du 11 mai 2006)

 


 

Une réponse insuffisante pour les Palestiniens

 

 Taïeb Moalla, journaliste indépendant et analyste de la situation au Moyen-Orient

 

Les ministres des Affaires étrangères du Quartette (États-Unis, Union européenne, Russie et ONU) ont confié, mardi dernier, à l’Union européenne la tâche de créer un mécanisme « temporaire » pour acheminer des aides financières aux Palestiniens. De l’aveu même de Benita Ferrero-Waldner, la commissaire européenne aux relations extérieures, il faudra au mieux plusieurs semaines avant que cet appui financier ne soit acheminé à la population. De surcroît, les sommes amassées devront arriver directement aux Palestiniens sans passer par le gouvernement « infréquentable », dirigé par le mouvement islamiste Hamas.

Bruxelles aura besoin de beaucoup d’imagination pour pouvoir concilier ces deux impératifs : venir en aide aux Palestiniens tout en contournant leur gouvernement démocratiquement élu.

Les banques – refroidies par la perspective de sanctions états-uniennes – refusent déjà de transférer à l’Autorité palestinienne les 70 millions $US amassés par la Ligue arabe. D’un autre côté, l’idée de mandater la Banque mondiale (BM) pour payer directement les salaires des 160 000 fonctionnaires palestiniens a été avancée.

Jointe à Washington, une représentante de la BM assure que son organisme est prêt à « amorcer des consultations avec les pays donateurs, avec les Palestiniens et avec le gouvernement israélien pour discuter de la faisabilité du mécanisme proposé par le Quartette ». Mais le Hamas a (mollement) rejeté cette option par crainte d’être marginalisé.

Craignant que l’opinion internationale ne le tienne pour responsable d’une crise économique aiguë dans les territoires occupés, l’État d’Israël a décidé de débloquer une partie des retours de taxes confisqués à l’Autorité palestinienne. Cependant, ce projet doit être entériné demain par le cabinet du premier ministre Ehud Olmert. Notons que ce sont seulement 12 millions $ – sur les 50 à 60 millions $ confisqués mensuellement depuis mars dernier – qui seraient restitués.

Autre bémol, ce magot devra être utilisé exclusivement « pour l’achat de médicaments et le paiement des soins hospitaliers en Israël », selon les dires de Tzipi Livni, la ministre israélienne des Affaires étrangères. Prenant à leur tour conscience du drame humanitaire qui se joue dans les territoires occupés, les États-Unis ont décidé d’acheminer du matériel médical d’une valeur de 10 millions $ .

Si cet argent permettra aux Palestiniens de sortir la tête de l’eau, le contexte n’en reste pas moins alarmant. La lenteur de la réaction mondiale et l’absence de contenu politique susceptible de redonner espoir aux Palestiniens montrent les limites de la diplomatie internationale. La situation économique et sociale dans les territoires commandait pourtant une réponse plus rapide et plus appuyée.

Quotidien difficile

Depuis le déclenchement de l’Intifada, en septembre 2000, le quotidien des Palestiniens a rarement été aussi difficile. Une pénurie de nourriture, de médicaments et d’essence fait souffrir des populations civiles déjà fort éprouvées.

Dans la bande de Gaza, un des endroits les plus pauvres de la planète, les habitants sont désormais condamnés à fouiller dans les poubelles des hôtels. Les femmes vendent ce qui leur reste de bijoux pour subvenir aux besoins essentiels de leur famille. Les hôpitaux et les pharmacies manquent cruellement de médicaments. Et même ceux qui travaillent dans la pléthorique fonction publique palestinienne n’ont pas touché leur maigre salaire depuis deux mois et demi.

Ehud Olmert veut décréter unilatéralement les frontières définitives d’Israël, à l’horizon 2010. Cette délimitation suivrait le tracé du mur de séparation (jugé illégal par la Cour internationale de justice) et annexerait trois grands blocs de colonies en Cisjordanie.

 

Demain, l’État hébreu fêtera les 58 ans de son existence. Un anniversaire qui vient rappeler que l’avènement d’un État palestinien viable et indépendant est la seule garantie de paix dans la région.

 

(Source : « Le Soleil » (Québec), Opinions, samedi 13 mai 2006)


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