13 mai 2000

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le lien du journal almustaqbal:

http://www.almustaqbal.com/11-05-00/f14.html

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Accueil Le Monde

Format pour impression

 
L’Algérie a refusé l’accès de son territoire à Taoufik Ben Brik

 

Mis à jour le vendredi 12 mai 2000

TAOUFIK BEN BRIK n’a pas quitté Paris. Le journaliste tunisien, qui souhaitait se rendre à Alger jeudi 11 mai et y cesser sa grève de la faim débutée le 3 avril, avant de revenir à Tunis, s’est vu interdire d’embarquer dans l’appareil d’Air Algérie par des responsables de la compagnie. « On nous a dit que la réservation avait sauté. Un employé m’a expliqué qu’il avait reçu instruction d’empêcher l’embarquement », a indiqué le directeur du quotidien algérien El Watan, Omar Belhouchet, qui accompagnait le journaliste tunisien. Empêché de se rendre à Alger, Taoufik Ben Brik « continue » sa grève de la faim, a annoncé le secrétaire général de Reporters sans frontières (RSF), Robert Ménard. Le journaliste a retrouvé jeudi l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, où il était hospitalisé depuis une semaine.

Si l’Algérie n’a fourni aucune explication au refus d’accueillir M. Ben Brik, il existe aux yeux du directeur d’ El Watan une « entente Alger-Tunis » visant à « mettre en place un régime de restriction ». Le journaliste tunisien est « un symbole » pour ses confrères du monde arabe, et les autorités « craignent que son arrivée à Alger ne permette aux journalistes algériens de soulever le problème de la liberté d’expression », a ajouté M. Belhouchet. Le président Bouteflika doit effectuer une visite officielle en Tunisie le 15 mai.

MANIFESTATION AU MAROC

Le fait est que les journaux privés algériens ont pris fait et cause pour M. Ben Brik : annonce de la remise au dissident tunisien du prix annuel d’ Al Khabar, le principal quotidien arabophone du pays, ou encore lecture à Boston (Etats-Unis) par M. Belhouchet d’une lettre du journaliste tunisien à l’occasion de la Journée mondiale pour la liberté de la presse, le 3 mai.

Au Maroc, l’affaire Ben Brik mobilise aussi une partie de l’opinion. Jeudi, la police anti-émeute a dispersé sans ménagement une manifestation pacifiste organisée par des militants des droits de l’homme en soutien à Taoufik Ben Brik. Une demi-douzaine de manifestants, dont deux femmes, ont été sérieusement blessés.

Visiblement désarçonné par la décision des autorités algériennes, le journaliste tunisien n’avait pas décidé, vendredi matin, de sa conduite à venir. Il peut choisir de poursuivre son combat en France. Mais ses déclarations véhémentes, il y a quelques jours, contre le président Chirac, accusé d’être le principal soutien du président tunisien Ben Ali, ont été regrettées par le ministre des affaires européennes, Pierre Moscovici, qui les a qualifiées de « propos qui portent une appréciation inexacte et ouvertement polémique », lors des questions d’actualité au Sénat, jeudi. Dans ces conditions, le journaliste pourrait choisir de cesser sa grève de la faim et tenter de revenir dans son pays. Le 15 mai, le frère de Taoufik, Jalal, doit passer devant la cour d’appel de Tunis. Ce pourrait être le prétexte d’un retour sans escale à Alger.

Florence Beaugé et Jean-Pierre Tuquoi

Le Monde daté du samedi 13 mai 2000

Retour haut de page

Paris, occupation du siège du RTF

Des opposants tunisiens ont brièvement occupé, hier après-midi, à Paris, le siège du Rassemblement des Tunisiens en France (RTF) pour protester contre les atteintes aux libertés en Tunisie, a constaté l’AFP. Les opposants tunisiens, 40 selon la police et 200 selon les organisateurs, ont volontairement évacué les locaux après une brève occupation, puis se sont rassemblés devant le siège du RTF, qu’ils considèrent comme étant une émanation du Rassemblement constitutionnel démocratique de Tunisie (RCD, au pouvoir). Les manifestants, auxquels s’est joint l’évêque français Jacques Gaillot, ont crié des slogans hostiles aux autorités tunisiennes.  » Je suis ici pour soutenir le combat de Taoufik Ben Brick et pour dénoncer ce qui se passe en Tunisie. Je salue le courage de ceux qui relèvent la tête et qui parlent « ,a déclaré Mgr Gaillot à l’AFP.

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Quotidien National d'Information

Taoufik Ben Brick interdit d’entrée en Algérie

D’abord choqué, puis totalement effondré au point qu’il ne s’est pas présenté à la conférence de presse convoquée au siège de Reporters sans frontière (RSF) jeudi à 13 h, Taoufik Ben Brick a versé des larmes dans la voiture qui le ramenait de l’aéroport de Roissy vers Paris. L’Algérie a réussi là où Ben Ali a échoué : faire pleurer le journaliste en lui interdisant l’accès à notre pays sous un prétexte fallacieux : refus d’embarquement à bord du vol d’Air Algérie de jeudi vers Alger. Et qui plus est, nos gouvernants se refusent à assumer leur acte : pas d’explication officielle justifiant cette décision.

Hier, Ben Brick a délivré le message suivant, lu aux journalistes (peu nombreux) par Roberd Menard de RSF dans les locaux de l’organisation :  » Pendant toute cette grève de la faim, j’ai essayé de montrer que je n’étais pas trop affaibli. Je suis trop affecté aujourd’hui pour montrer cette image de moi. Il y a dix ans que je n’ai pas pleuré. Il est hors de question que je pleure devant mes confrères. Je ne veux pas donner ce spectacle-là. Je ne verrai personne. Je m’excuse car, parmi les journalistes présents, je compte beaucoup d’amis. J’ai besoin de me reposer, loin de tout, de réfléchir. Pour l’instant, la seule chose que je peux confirmer, c’est que je continue ma grève de la faim. J’avais dit que je l’arrêterai en Algérie, et donc, faute d’Algérie, je la continue à Paris.  » Taoufik a été réadmis hier après-midi à l’hôpital la Pitié-Salpêtrière dans le même service dirigé par le professeur Piette.

Omar Belhouchet, le directeur de publication d’El Watan, qui devait accompagner le journaliste, a ensuite révélé qu’il a été contacté la veille par des responsables d’Air Algérie afin de le  » persuader  » de ne pas laisser Ben Brick prendre le vol pour Alger. Il n’en a pas tenu compte. Muni de deux billets, les deux hommes se sont donc présentés pour accomplir les formalités d’enregistrement à l’aéroport de Roissy jeudi matin. Et là, un responsable d’Air Algérie leur annonce que la réservation de Ben Brick a été annulée sur  » instructions d’Alger.  » Dans le point de presse, Omar Belhouchet a indiqué :  » Loin de moi était l’idée que les autorités algériennes allaient interdire la venue de Taoufik à Alger « . Et de se demander si à travers cette affaire, les autorités algériennes ne  » craignaient  » pas que l’arrivée du journaliste tunisien en Algérie ne  » permette aux journalistes algériens de poser davantage la question de la liberté de la presse « . Ajoutant :  » Démonstration !est faite que, face à nous, journalistes algériens, on cherche à mettre en place un Maghreb des restrictions et des manquements à la liberté de la presse (…). Nous allons réagir. Nous ferons tout pour qu’il aille à Alger. « 

Taoufik Ben Brick est donc condamné à rester momentanément en France. Nul doute qu’une chape de silence va s’abattre sur son combat. Sur le plan diplomatique, en revanche, le socialiste Pierre Moscovici, ministre des Affaires européennes, a réagi aux déclarations faites par Taoufik Ben Brick :  » Nous regrettons des propos qui portent une appréciation inexacte et ouvertement polémique sur la politique française à l’égard de la Tunisie.  » Pierre Moscovici a ajouté que  » la France souhaitait qu’une évolution politique accompagne le succès du développement économique et social que la Tunisie a su réaliser au cours de ces dix dernières années. Cette ouverture, c’est aux Tunisiens eux-mêmes d’en fixer le rythme, les contenus et les modalités, mais elle est à la fois aujourd’hui indispensable et possible « . Une chose est sûre, avec cette nouvelle mésaventure vécue par Taoufik Ben Brick, l’Algérie ne sort pas grandie. Le procédé utilisé pour l’empêcher de prendre le vol en directio!n d’Alger est déshonorant. En outre, il est évident que Abdelaziz Bouteflika a cédé aux pressions de son  » frère  » Ben Ali auquel il doit rendre visite prochainement. Et dans ce cas, à l’instar des autorités françaises, il voyait d’un mauvais œil la venue du journaliste à Alger. Pourtant, le chef de l’Etat a eu plus d’égards à l’endroit de l’intégriste Ghanouchi, ne craignant alors nullement les foudres de Ben Ali. Mais il est vrai que Taoufik Ben Brick défend des valeurs qui ne sont pas celles de Ghanouchi. Toute la différence est là !

Hassane Zerrouky

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Editorial

Inqualifiable

Par Omar Belhouchet

L’acte du gouvernement algérien d’empêcher Taoufik Ben Brik d’embarquer sur Air Algérie est très grave. Le tort causé à l’Algérie, à son image de «marque» par une décision injustifiée, à peine croyable, n’a pas son pareil. Cet acte nous replonge dans le statut d’une nation fermée, peu soucieuse du respect des principes les plus élémentaires de la vie. Ce coup tordu porté aux journalistes algériens jette un énorme discrédit sur la politique «d’ouverture» du président de la République, qui dit vouloir faire du respect de la liberté de la presse, des principes humanitaires et des droits de l’homme, une pièce maîtresse de son dispositif politique. Les dégâts ne s’arrêtent, malheureusement, pas à ce seul niveau. Au plan de la politique économique, cette grossière et maladroite intrusion de la politique dans la vie d’une entreprise publique, pourtant autonome — Air Algérie — fait d!outer à présent de la volonté des pouvoirs publics de réformer réellement l’économie nationale, son administration… Le discours libéral du gouvernement est pris en défaut. Comment veut-on attirer et rassurer les capitaux privés algériens et étrangers avec une telle démonstration de force de l’administration, qui fait penser aux années 70 alors que, hélas ! le terrorisme demeure encore un repoussoir ? Ben Brik était en règle avec les lois de notre pays. Passeport, réservation en poche, et de plus invité par les journalistes, il souhaitait ardemment, depuis quelques semaines déjà, se rendre en Algérie pour remercier ses collègues pour leur soutien et y cesser la grève de la faim. Cette jonction entre journalistes maghrébins fait peur. Les autorités algériennes paniquent face à cette exceptionnelle mobilisation au profit de leur collègue tunisien. Ben Brik était devenu, dans cette partie du monde arabe, un symbole des luttes en faveur de la liberté de la presse. Le pouvoir algé!rien cherche aussi à faire plaisir au président Ben Ali, très embarrassé et très amoindri, en Tunisie et à l’étranger, par l’initiative du journaliste. Peine perdue ! … Le président algérien est aujourd’hui interpellé à la veille de l’importante visite qu’il s’apprête à effectuer dans un vaste pays, le Canada, très attaché au principe des libertés. Ben Brik doit visiter l’Algérie, c’est son droit, et c’est la demande pressante des journalistes algériens. Le président Ben Ali, lui, n’a jamais refusé à un journaliste algérien l’accès du territoire tunisien. Etait-il demandeur d’un tel cadeau de la part de Bouteflika ?

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Ben Brik interdit d’entrée en Algérie

image01.jpg (15167 octets)Taoufik Ben Brik est déclaré persona non grata en Algérie. C’est une décision que les autorités algériennes n’ont assumée ni publiquement ni officiellement. L’interdiction s’est manifestée à travers le refus de monter à bord d’un avion d’Air Algérie assurant la liaison Paris-Alger. Les agents de la compagnie aérienne à Paris déclarent avoir reçu «des instructions d’Alger» pour refuser la carte d’accès au journaliste tunisien. D’où viennent ces «instructions» ? Nul ne le sait. Air Algérie, compte tenu de la législation internationale régissant la navigation aérienne, risque des sanctions.

Par Fayçal Metaoui

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La presse algérienne partagée sur l’affaire Ben Brick

ALGER, 13 mai (AFP) – La presse algérienne était partagée samedi sur le refus des autorités d’autoriser le 11 mai le journaliste tunisien Taoufik Ben Brick de venir à Alger remercier ses confrères algériens de leur soutien à sa grève de la faim.

Le quotidien gouvernemental El Moudjahid, dans un éditorial intitulé « Pour qui roule Ben Brick », estime que la déclaration du journaliste tunisien sur Ali la Pointe, devenu héros de la guerre d’indépendance (1954-1962) après avoir été dans sa jeunesse un petit truand de la Casbah d’Alger, a « provoqué l’indignation générale ».

Dans une déclaration au quotidien français Libération Taoufik Ben Brick avait notamment affirmé qu’Ali la Pointe avait été un « proxénète de la Casbah qui a tenu tête aux paras français pendant la bataille d’Alger et qui envoyait ses prostituées poser des bombes ».

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BEN BRICK A PORTE DES « COUPS PLUS DURS QUE LES
PARACHUTISTES FRANÇAIS » A ALGER
 
ALGER, 12 MAI (AFP) — LE JOURNALISTE TUNISIEN TAOUFIK BEN BRICK A PORTE
«DES COUPS PLUS DURS QUE LES PARACHUTISTES FRANÇAIS » A ALGER PENDANT LA
GUERRE D’ALGERIE (1954-1962), A AFFIRME JEUDI UNE ORGANISATION LIEE AUX
COMBATTANTS ALGERIENS DE LA GUERRE D’INDEPENDENCE.

L’ORGANISATION NATIONALE DES ENFANTS DE CHOUHADA (LES COMBATTANTS TUES
PENDANT CETTE GUERRE) A VIOLEMMENT DENONCE, DANS UN COMMUNIQUE, LES
DECLARATIONS DU JOURNALISTE TUNISIEN A DES JOURNAUX FRANÇAIS.

« IL EST REGRETTABLE DE LIRE DANS CERTAINS JOURNAUX (FRANÇAIS) PARUS CE
DEUDI 11 MAI UNE DECLARATION IMMORALE DU JOURNALISTE TUNISIEN BEN BRICK
QUI A PORTE PREJUDICE A TOUS LES ALGERIENS ET TOUTES LES ALGERIENNES EN
ATTRIBUANT AU CHAHID (MARTYR) SYMBOLE ET HEROS `ALI LA POINTE’ DES
QUALIFICATIFS PREJUDICIABLES A LA GRANDEUR DES VALEUREUX CHOUHADA »,
AFFIRME CETTE ORGANISAT!ION.

ELLE ESTIME QUE LES PROPOS DU JOURNALISTE TUNISIEN SONT COMME « UN COUP
PLUS DUR QUE CELUI PORTE PAR LE COLONIALISME ENNEMI ET SES FORCES
PARACHUTISTES » PENDANT LA GUERRE D’INDEPENDENCE, NOTAMMENT PENDANT LA
BATAILLE D’ALGER EN 1957. LORS DE CETTE BATAILLE ALI LA POINTE, ANCIEN
TRUAND REPENTI, Y DIRIGEAIT DES COMMANDOS DU FRONT DE LIBERATION NATIONALE
(FLN).

DANS UNE DECLARATION AU QUOTIDIEN LIBERATION TAOUFIK BEN BRICK, EMPECHE
JEUDI D’EMBARQUER A PARIS SUR UN VOL D’AIR ALGERIE A DESTINATION D’ALGER,
AVAIT NOTAMMENT AFRFIRME QU’ALI LA POINTE AVAIT ETE UN « PROXENETE DE LA
CASBAH QUI A TENU TETE AUX PARAS FRANÇAIS PENDANT LA BATAILLE D’ALGER ET
QUI ENVOYAIT SES PROSTITUEES POSER DES BOMBES ».

CES PROPOS SONT JUGES « GRAVES ET IRRESPONSABLES PARTOUT EN ALGERIE ET CE
QU’ILS PORTENT ATTEINTE DIRECTEMENT A LA MEMOIRE DES SYMBOLES DE LA
REVOLUTION (GUERRE D’INDEPENDENCE), A LA DIGNITE DES MARTYRS ET AU COMBAT
ET A L’HO!NNEUR DES MUDJAHIDATE » (COMBATTANTES), A ESTIME L’AGENCE ALGERIE
PRESSE SERVICE (APS), DANS LE PREMIER COMMENTAIRE D’UN ORGANE OFFICIEL
ALGERIEN SUR L’AFFAIRE BEN BRICK.

CE JOURNALISTE, QUI COMPTAIT ACHEVER SA GREVE DE LA FAIM A ALGER, SE
RENDRE SUR LA TOMBE D’ALI LA POINTE ET REMERCIER DES JOURNALISTES
ALGERIENS POUR LEUR SOUTIEN, L’AVAIT ENTAMEE LE 3 AVRIL A TUNIS POUR
PROTESTER CONTRE LE « HARCELEMENT » DONT IL S’ESTIME ETRE VICTIME DANS
L’EXCERCIE DE SON METIER.

AFP 11353 GMT MAI 00

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De quoi accuse-t-on la Tunisie ?

CABALE PERNICIEUSE

Un Tunisien installé au Maroc rectifie ici le tir. Les campagnes de dénigrement qui visent la Tunisie ne sont nullement fondées. Des efforts restent à faire, il l’admet. Mais ce n’est pas une raison pour les médias ­ français surtout ­ de s’attaquer au pays, à son Président et ses institutions. Les amis de la Tunisie, dont le Maroc, sont appelés à tenir compte de l’évolution des choses en Tunisie.

Depuis quelque temps, on assiste à un cirque médiatique. En effet, certains médias français ont fait de la Tunisie et de son Président leur cible préférée. Dans la ligne de mire, ce n’est point la défense d’une quelconque noble cause qui est visée, mais bel et bien l’orchestration d’une campagne proprement scandaleuse où la désinformation et le cynisme le disputent à la calomnie et à l’indignité.
Dans quel but ? Personne ne le comprend vraiment, tant la cabale est pernicieuse et les desseins sont inavoués. Ainsi, le plus insignifiant mouvement individuel de protestation en Tunisie est-il fréquemment décortiqué, exagérément gonflé et déformé, pris pour prétexte à toutes sortes d’extrapolations mensongères contre ce pays et ses dirigeants, alors que des faits similaires ou autrement plus graves sont traités, sous les mêmes cieux, comme des faits divers ou passés sous silence.
Le prétexte, cette fois-ci, est la grève de la faim d’un journaliste, contr!e lequel une action en justice a été engagée pour publication et diffusion, de mauvaise foi, de fausses nouvelles portant atteinte à l’ordre public.

Intox

Depuis une semaine, la justice a statué sur son cas et il se déplace à l’étranger librement, mais la campagne continue, menée par quelques journalistes français donc certains, tristement célèbres, qui prétendent connaître la Tunisie et le peuple tunisien et relayée aveuglément par des chaînes de télévision, versées dans la provocation et « l’information spectacle ».
Le Maroc, lui, connaît bien ces professionnels de la désinformation, de l’intox et des ragots pour avoir injustement subi dans le passé proche, leur courroux ou leurs vociférations dosées comme un venin savamment distillé.
De quoi s’agit-il en fait et quel est le cheval de bataille pour ces messieurs ? L’on parle des droits de l’Homme bafoués, de la presse muselée, de la liberté d’expression et d’association interdite, de la démocratie martyre !
Pourtant, nous connaissons bien la Tunisie et nous sommes constamment à l’écoute de ce qui s’y passe. Ce pays n’a jamais prétendu que tout y !est parfait, ni avoir réalisé tous les objectifs en matière des droits de l’Homme et de démocratie, et quel autre pays dans le monde entier peut-il s’en targuer ?
La vérité est toute autre! Le Président Zine El Abidine Ben Ali a, à maintes reprises, fustigé l’auto-censure pratiquée par nos journalistes tunisiens et il l’a répété avec force, lors d’une rencontre avec les professionnels du secteur, à l’occasion de la célébration de la journée mondiale de la presse, en les appelant à se défaire de ce réflexe, à écrire librement et à débattre de toutes les préoccupations de la société tunisienne, sans exclusive, sans tabous ni quelconques restrictions mais dans la rigueur, l’objectivité et la responsabilité qu’exige la déontologie de la profession, le seul interdit étant l’atteinte à l’honneur des gens. Qui peut s’en offusquer ?

Complémentarité

Quant aux accusations colportées contre la Tunisie, concernant les droits de l’Homme et les libertés, faut-il le rappeler, que ce pays a opté pour une approche globale et intégrée tendant aussi bien à la réalisation du développement économique et social que la défense des droits civils et politiques, dans le cadre de la mise en uvre d’une stratégie d’ensemble où tous les droits de l’Homme sont considérés comme indivisibles, interdépendants et complémentaires.
Cette approche établit donc des liens indissociables entre les impératifs de développement et d’ouverture démocratique, évoluant progressivement vers le raffermissement des droits et libertés de l’individu.
Dans ce cadre, de nombreuses mesures ont été introduites en vue de la consolidation du pluralisme et des libertés, toutes les libertés, y compris la réforme du code de la presse.
Les partis de l’opposition et leurs organes de presse bénéficient de financements publics pour accroître leur!s ressources et leur permettre d’accomplir leurs activités. Ils occupent 20% des sièges à la chambre des députés, grâce notamment aux initiatives du chef de
l’État et tout indique que leur présence sera davantage marquée dans les conseils municipaux à l’occasion des élections locales qui auront lieu le 28 de ce mois.

Amalgame

Certains esprits malveillants, il faut le dire, ont souvent stigmatisé les restrictions à la liberté de circulation, dans un amalgame voulu confondant les champs d’action des deux pouvoirs exécutif et judiciaire. Pourtant, ils savent pertinemment que la Constitution tunisienne consacre le principe de l’indépendance de la justice et garantit la liberté de fonder des associations dont les conditions d’exercice sont organisées par la loi.
Le régime d’autorisation a été remplacé depuis 1988 par le régime déclaratif et la dissolution des associations relève uniquement de la compétence judiciaire, pour des motifs graves prévus par la loi. Le droit à la libre circulation et à la détention d’un passeport, également garanti par la Constitution, a été renforcé par une réforme de la loi y relative, conférant à la justice le droit exclusif de retirer le passeport ou de prononcer une interdiction de voyager, par souci d’assurer le bon déroulement de l’instruction !ouverte à l’encontre de la personne concernée.

Tolérance

Il importe de signaler ici que le Président Ben Ali a toujours déclaré avec conviction son refus de s’immiscer dans les affaires en justice et ne peut intervenir que lorsque le juge se sera prononcé, pour exercer son droit de grâce, conformément à une démarche humaniste qui privilégie la tolérance et le pardon. Il l’a fait pour des centaines de détenus, malgré la gravité de leurs agissements bien connus par les donneurs de leçons.
Ceux qui critiquent la Tunisie doivent se rendre à l’évidence que le processus de réforme engagé n’est pas encore arrivé à son terme et qu’un projet de société développée, tolérante et ouverte ne se construit pas du jour au lendemain et qu’il exige engagement, persévérance et patience.
La Tunisie mérite, par conséquent, la compréhension, les encouragements et la confiance de ses partenaires, de ses amis et de ses frères. Les Marocains viennent en premier.

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Allocution du Président Zine El Abidine Ben Ali
à l’ouverture de la Réunion périodique du Conseil des ministres

12 mai 2000


Au Nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux.

Avant d’entamer l’examen de l’ordre du jour de la réunion, je voudrais évoquer quelques points qui préoccupent l’opinion publique.

S’agissant du premier point, un citoyen s’est adressé, au cours de cette semaine, au bureau d’accueil de la Présidence et a demandé avec insistance à être reçu par le Président de la République pour lui remettre un message. On m’a fait, en effet, parvenir ce message qui a pour objet l’obtention d’une licence concernant un café.

Ce monsieur ayant acheté un café d’un autre citoyen, a voulu changer à son nom la licence de l’établissement qui était au nom de son prédécesseur. On lui a répondu qu’il n’était pas possible de lui délivrer une telle licence, car le café se trouve près d’une mosquée, qui avait été construite avant le café. Cela se passait! en 1998.

Au bout de plusieurs vaines tentatives, et pour se décharger de la responsabilité, quelqu’un lui a dit de s’adresser à la Présidence où la licence demandée se trouvait, lui a-t-on assuré, sur le bureau du Président. N’est-ce pas là un comportement indigne ?

En vérité, pareils cas se sont multipliés : chaque fois que quelqu’un présente une demande pour l’obtention d’une licence en vue de l’ouverture d’un café ou d’un quelconque autre commerce, son vis-à-vis administratif refuse de la lui délivrer, sous prétexte d’avoir reçu des instructions à ce sujet. Parfois même, ce refus est accompagné d’un signe du doigt en direction de la photo du Chef de l’Etat, pour faire entendre à l’intéressé que ces instructions « viennent d’en haut ». Mais, maintenant on va encore plus loin et on n’hésite pas à lui dire : « votre dossier est sur le bureau du Président ».

Il s’agit là, en réalité, d’un comportement irresponsable. Car, en fait, il n’existe pas d’instructions! particulières venues de haut lieu, dans le cas d’espèce. Il y a seulement la loi qui doit être appliquée. Il faut avoir le courage de dire à la personne concernée, quand il le faut, qu’elle n’a pas le droit d’obtenir la licence demandée, parce que la loi ne le permet pas. Mais lorsque ce droit est évident, qu’il soit accordé, un point c’est tout. Pourquoi se dérober à ses responsabilités en prétendant que le dossier de l’intéressé se trouve sur le bureau du Président ou que l’on a reçu des instructions ?

Nous n’avons jamais obligé qui que ce soit à assumer des responsabilités. Si quelqu’un sent qu’il est dans l’incapacité d’assumer ses responsabilités, eh bien qu’il demande à en être déchargé et nous l’en déchargerons, quels que soientt sa position, son grade, sa fonction ou son niveau.

Voilà le point que je voulais évoquer et j’espère que nous n’aurons pas à y revenir.

Je vous invite à attirer l’attention des fonctionnaires et des administrations sur cet!te question et à les appeler à assumer leurs responsabilités en ayant assez de courage pour dire au citoyen, lorsqu’il le faut, que le droit n’est pas de son côté.

A cet égard, je me rappelle qu’en 1987, à l’époque du Changement, un autre citoyen a été confronté à la même situation.

Pendant 5 ans, il n’ a pas cessé d’adresser des requêtes, croyant faire l’objet d’une injustice. Or, il s’est avéré que ce qu’il demandait était contraire à la loi. Quand nous l’avons appelé et que nous lui en avons parlé, il a vite compris et s’est engagé à ne plus écrire de nouvelles requêtes.

Ainsi, il nous suffit de bien recevoir le citoyen et de lui donner les renseignements et les explications qu’il souhaite. S’il a droit à quelque chose, on lui donne satisfaction. Sans problème.

En vérité, messieurs les membres du gouvernement devraient suivre de près le comportement des fonctionnaires relevant de leurs départements, de façon à ce que ceux-ci ne se dérobent plus d!evant leurs responsabilités et cessent de parler d' »instructions venant de haut lieu ».

D’ailleurs, « de haut lieu » ne signifie pas forcément du Chef de l’Etat. Il peut s’agir du chef direct, du ministre, du directeur général, du directeur, etc… Alors, lorsque la personne concernée n’a pas droit à quelque chose, qu’on le lui dise carrément, sans détours.

Pour ce qui est précisément des licences relatives aux cafés, il y a un cahier des charges à respecter. J’ai, en effet, annoncé, dans mon programme électoral, qu’on n’aurait plus à attendre un an ou deux pour obtenir une licence de commerce, mais qu’on serait tenu, à cet effet, à un cahier des charges. Si les conditions qui y figurent sont remplies, on peut s’adonner tranquillement à son activité commerciale, sans problème.
Il se peut évidemment qu’il y ait des questions touchant à l’environnement ou à l’urbanisme, etc.. dont il faut tenir compte. Autrement, la voie serait, sans doute, ouverte à l’anarchie.
Tel est le premier point que j’ai voulu soulever. Le second concerne le passeport. J’ai eu à en parler par le passé. En réalité, le passeport est à considérer comme une pièce d’identité. Chaque citoyen a droit à un passeport et à exercer sa liberté de circuler. Il s’agit d’un droit inaliénable.

Si le détenteur du passeport est l’objet de poursuites judiciaires, même le magistrat – et M. le Ministre de la Justice est là pour l’attester- ne peut procéder au retrait de ce document. Il peut seulement interdire le voyage. Chaque citoyen a droit à un passeport et il importe de lui en délivrer. Si un problème d’ordre judiciaire, si un détenteur du passeport est l’objet de l’objet de poursuites judiciaires, il appartient au magistrat d’interdire le voyage. Des plaintes, des suppliques sont enregistrées chaque jour où leurs auteurs déclarent que leurs passeports leur ont été retirés.

Au cours de ma récente visite au Portugal et à l’issue d’une rencontre avec le Préside!nt de la République, je me suis trouvé face à une vingtaine de journalistes. J’ai pensé que j’allais être interrogé sur la teneur des entretiens, sur la coopération tuniso-portugaise ou d’autres questions. La première question qui m’a été posée a été celle-ci : Pourquoi n’avez-vous pas accordé un passeport à telle personne ? Après vérification, il m’a été donné d’apprendre que l’intéressée a obtenu son passeport. Vous constatez, là, l’importance accordée par l’opinion publique au passeport.

Chaque jour des lettres me parviennent concernant ce probème. Un tel est chômeur et n’a pas de ce fait obtenu son passeport ; un autre ayant commis par le passé un crime et ayant purgé la peine y afférente n’a pas lui aussi obtenu son passeport. D’autres pour je ne sais quoi encore.

Si quelqu’un a été condamné et qu’il a purgé la peine prononcée à son encontre, pourquoi ne lui délivre-t-on pas son passeport ? Ce document, comme je viens de le souligner, est une pièce d’identit!é. Il arrive parfois qu’on le produise à la place de la carte d’identité.

Délivrez donc au citoyen qui le demande son passeport!

Pourquoi donc faut-il que telle personne, chômeur de son état, se voie interroger pourquoi elle cherche à obtenir un passeport? C’est son problème. Peut-être que c’est pour aller travailler à l’étranger. Peut importe donc ce que cette personne compte entreprendre par la suite !

Il en est de même d’un condamné ayant purgé sa peine. Qu’il décide de sa vie librement.
Enfin et même de l’étranger, certains ont fait connaître qu’ils ne disposent pas de passeport. N’est-ce pas plus utile, plus intéressant qu’on leur délivre un passeport tunisien plutôt que de les laisser s’adresser à des ambassades étrangères pour en obtenir? Où est le problème? Il importe de réexaminer cette question. Il importe que les mentalités changent. Le citoyen tunisien a nettement évolué. Il est aujourd’hui en mesure de connaître ses droits et ses devoirs. !Il importe que l’on se mette au diapason de cette évolution.

S’il se trouve qu’il a un droit et dont il ne jouit pas, il faut faire en sorte qu’il en bénéficie.

S’il n’a pas droit à une requête qu’il présente, qu’on lui fasse savoir qu’il n’y a pas droit. L’on ne doit pas se dérober à ses responsabilités arguant du fait que des instructions viennent d’en haut, ou d’ailleurs. Ces pratiques ont atteint un point tel qu’on en vient à dire « votre dossier est sur le bureau du Président »!

Malheureusement et nonobstant mon respect pour les membres du gouvernement, certains ministres sont allés jusqu’à sacrifier à cette pratique. Il s’est trouvé que cette information a été donnée à quelqu’un qui me connaît. Il est entré en contact avec moi pour voir où en est son dossier. Vérification faite, son dossier ne m’était point parvenu. Pourquoi donc fuir ses responsabilités. Pourquoi n’a-t-on pas eu le courage de lui faire savoir qu’il était en infraction avec la loi.

Il se trouve que quelqu’un a présenté une demande pour lancer une radio privée. D’après ce que j’ai appris et suite aux éléments de réponse qui m’ont été fournis, il s’est avéré qu’il n’ y a pas droit. Pourquoi lui avait-on dit, dans ce cas que la question outrepassait les prérogatives du responsable de ce secteur? Est-ce qu’il y a quelqu’un d’autre habilité à prendre la décision qui s’impose. Moi-même, je ne peux pas prendre cette décision. Si la loi se trouve transgressée par telle ou telle décision, moi-même je ne peux rien entreprendre.

Pourquoi laisse-t-on ce monsieur dire qu’il a demandé ceci et qu’on lui a répondu cela? Il suffirait pourtant que l’attaché de presse du ministère dise que ce que ce monsieur prétend n’est pas exact. C’est que, pour les citoyens, leur appréhension des choses les amènent à vite conclure que si le ministre a fait savoir que la question outrepasse ses prérogatives, c’est que la décision est du ressort d’une autorité qui le dépasse.! Or l’attaché de presse aurait dû préciser que ce monsieur ne dit pas la vérité, qu’il ne s’est jamais présenté à nos services, autrement il lui aurait été signifié que la loi ne permet pas l’accès à sa demande.

Pour ce qui est de la personne qui est intervenue pour dire que telle personne a été privée de son passeport. et qui a suscité une grande couverture médiatique avec des journalistes qui recueillent ses propos et des télévisions qui lui consacrent des reportages. En fait, il s’agit d’un simple cas: le citoyen, lui, était titulaire de son passeport mais il était en relation avec une femme dont je ne citerai pas le nom qui a perdu son passeport. Cette femme s’est présentée aux services concernés du ministère de l’Intérieur qui lui ont demandé de présenter une attestation de perte, ce qui est une procédure normale car, dans ce genre de situation, il faut faire les investigations nécessaires pour vérifier si, par exemple, le passeport en question n’a pas été vendu, p!ar exemple. A la fin, donc, des investigations nécessaires, l’intéressé a obtenu un nouveau passeport.

Il faut apprendre à traiter de tels cas et nous voyons qu’à chaque fois qu’un problème est examiné, une solution lui est vite apportée. Dans cette affaire, l’attaché de presse du ministère concerné aurait dû réagir aux éléments d’informations donnés et dire qu’ils étaient inexacts. Quant j’ai fait part de cela aux services concernés, ils m’ont répondu que l’attaché de presse du ministère n’est pas appelé à réagir à tout ce qui se dit et à toute rumeur propagée. Mais c’est malheureusement ainsi. Que faire alors, Laisser la balle dans le camps de l’administration ?

Le citoyen tunisien est aujourd’hui conscient de ses droits et de ses devoirs. S’il a droit à quelque chose, il doit en bénéficier et s’il n’y a pas droit, il faut le lui dire clairement en lui donnant les raison légales à cela. Le citoyen désormais ne plus ‘s’accommoder de certaines pratiques administr!atives, du genre : le faire venir et revenir inutilement ou qu’un fonctionnaire, pour s’en débarrasser, lui dit que son dossier n’est plus entre ses mains mais entre celles du ministre ou du Président. Le fonctionnaire doit assumer ses responsabilités à l’égard du citoyen conformément aux dispositions de la loi.

Il y a également d’autres questions que nous ne manquerons pas d’évoquer le moment venu, telle celle de la corruption. Le fait d’aborder cette question ne signifie aucunement que tous les fonctionnaires et corps constitués tels que la garde nationale, la police ou la douane soient concernés. Dieu merci, ces différents corps sont intègres mais il faut reconnaître l’existence en leur sein de quelques brebis galeuses qu’il est impératif de combattre afin qu’il n’y ait pas l’équation : « Administration-corruption », comme peuvent le laisser entendre certaines nouvelles expressions dans le parler tunisien relatives aux billets de banque de 5 et 10 dinars. Ces pratiques! ne signifient aucunement que toute l’administration soit sale et corrompue.

Il y a également parmi ces questions celle relative au commerce parallèle. Le ministre du Commerce est parmi nous. Oui, je le répète, nous n’appréhendons aucune question ni celle de la corruption ni celle du commerce parallèle, ni aucune autre. Ces questions n’ont aucune corrélation politique et nous n’encourageons ni le commerce parallèle ni la corruption.


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