13 avril 2008

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TUNISNEWS
 8 Úme année, N°  2881 du 13.04.2008
 archives : www.tunisnews.net


AISPP:  ProcĂšs des 11 et 12 avril AISPP:  Aref Azizi, rĂ©apparaĂźt, Tarek Rjeb disparaĂźt Abdelkarim Harouni: Commentaires relatifs au rapport du comite des droits de l’homme de l’ONU du 28.03.2008 concernants la Tunisie Reuters: Tunisia jails 19 men for al Qaeda links Le Temps: Face aux plaintes des enseignants – Tenue dĂ©cente en classe : est-ce trop demander ? Le Temps: DĂ©tournement de fonds de 36 millions de dinars Aujourd’ hui le Maroc: Comment les dĂ©tenus de la Salafiya Jihadia ont transformĂ© les prisons en Ă©mirats autonomes Webmanagercenter :PIB des pays du Maghreb s’établit Ă  plus de 303 milliards de dollars en 2007 20minutes: L’eau au Maghreb, la banque mondiale tire la sonnette d’alarme Montreal Express: Les immigrants du Maghreb durement touchĂ©s par le chĂŽmage


Liberté pour tous les prisonniers politiques

Liberté pour Abdallah Zouari, le journaliste exilé dans son propre pays

 Association Internationale de Soutien aux Prisonniers politiques

43 Rue Eldjazira, Tunis

e-mail : aissptunisie@yahoo.fr

 

 

Tunis, le 12 avril 2008

 

 

* La premiĂšre chambre du Tribunal de PremiĂšre Instance de Tunis, prĂ©sidĂ©e par le juge HĂ©di Ayari, a rendu tard dans la soirĂ©e d’hier, vendredi 11 avril, son jugement dans l’affaire n°14985 en condamnant Ă  l’emprisonnement

 

– pour une durĂ©e de huit ans : Abdeljelil Aliaoui, nĂ© le 27 juin 1984, Hafedh Samoudi, nĂ© le 17 mai 1983, Sami Kdiri, nĂ© le 2 mars 1976, Mokhtar Akkouri, nĂ© le 23 octobre 1985, Nejmeddine Bargougui, nĂ© le 6 mars 1979, et Ali Omri, nĂ© le 9 fĂ©vrier 1983

 

– pour une durĂ©e de six ans : Ramzi Brini, nĂ© le 30 janvier 1985, Ghassen Siliane, nĂ© le 17 juillet 1987, Mohammed Ali Horchani, nĂ© le 4 mai 1971

– pour une durĂ©e de quatre ans : Ali Lafi, nĂ© le 3 juin 1977, Habib Hafsi, nĂ© le 12 janvier 1984, Ramzi Romdhani, nĂ© le 18 avril 1977

– pour une durĂ©e de trois ans : Khatib Boukhari, nĂ© le 30 aoĂ»t 1955 (pour mise Ă  disposition d’un local de rĂ©union pour les membres d’une organisation en rapport avec les infractions terroristes et pour ne pas avoir alertĂ© les autoritĂ©s immĂ©diatement des informations en sa possession sur des faits ou la commission d’infractions terroristes)

– pour une durĂ©e d’un an : LaĂŻd Jaouadi, nĂ© le 14 novembre 1975, Hassib Chebbi, nĂ© le 6 juin 1984, Gammoudi Hmed, nĂ© le 16 aoĂ»t 1981, Mourad Saadi, nĂ© 15 juillet 1986, Abdessalam Bali, nĂ© le 9 juin 1984 (pour ne pas avoir rĂ©vĂ©lĂ© immĂ©diatement aux autoritĂ©s les informations en leur possession sur des faits ou la commission d’infractions terroristes)

 

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– et tous les condamnĂ©s Ă  une peine de contrĂŽle administratif pour une durĂ©e de cinq ans.

 

– en prononçant un non-lieu en faveur d’Oussama Ben Khatib Boukhari

 

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* la quatriĂšme chambre criminelle du Tribunal de PremiĂšre Instance de Tunis, prĂ©sidĂ©e par le juge Mehrez Hammami, a examinĂ© aujourd’hui, 12 avril 2008 :

 

 

– l’affaire n°15168, dans laquelle sont dĂ©fĂ©rĂ©s :

 

LaĂŻdi Ben SaĂŻd, nĂ© Ă  Kebili le 1er janvier 1976, KhaĂŻreddine Lajimi, nĂ© Ă  KĂ©bili le 5 juillet 1979, Abdelhamid Lajimi, nĂ© Ă  Kebili le 1er septembre 1976, Amor Ben Latif, nĂ© Ă  Douz le 26 janvier 1986, Farid Najeh, nĂ© Ă  Kebili le 2 juin 1987, Khaled Madhi, nĂ© Ă  KĂ©bili le 1er juin 1977, Mabrouk Lanouer, nĂ© Ă  KĂ©bili le 13 septembre 1985, JemaĂŻ Bouzaiane, nĂ© Ă  Gafsa le 3 dĂ©cembre 1978, Anouar Ferjani, nĂ© Ă  Metlaoui le 13 aoĂ»t 1985, Salah Aloui, nĂ© Ă  Metlaoui le 2 juillet 1984, Mohammed Aloui, nĂ© Ă  Metlaoui le 27 fĂ©vrier 1987, Mohammed Kherfani, nĂ© Ă  Metlaoui le 9 juin 1983, Aymen Souidi, nĂ© Ă  Kebili le 26 mai 1985, en Ă©tat d’arrestation

 

 

Belgacem Dkhil, né à Fatnassa le 6 août 1978 ( en liberté)

Ibrahim Azzouz, né à Kebili le 25 août 1988, Ismaïl Gnifid, né à Médenine le 20 mars 1984, Hassen Ben Jomaa, né à Kébili le 1er mars 1986, Nasr Farah, né à Kébili le 10 avril 1976, (en fuite)

 

 

En vertu de la loi du 10 dĂ©cembre 2003, dite « antiterroriste ». En premiĂšre instance, les accusĂ©s avaient Ă©tĂ© condamnĂ©s Ă  des peines allant de 5 Ă  14 ans d’emprisonnement [
] MaĂźtres Abdelfattah Mourou, Mohammed Fadhel SaĂŻhi, Choukri BelaĂŻd et Abderraouf Ayadi se sont prĂ©sentĂ©s pour les dĂ©fendre. Le tribunal a dĂ©cidĂ© de repousser l’audience au 19 avril 2008.

 

 

– L’affaire n°15245 dans laquelle sont dĂ©fĂ©rĂ©s Mohammed Amine Rahoui, nĂ© le 22 janvier 1975, Ramzi Romdhani, nĂ© le 18 avril 1977, Mokhtar Naffati, nĂ© le 28 novembre 1984, Nourane Abdellouf, nĂ© en MacĂ©doine le 30 juillet 1984. Le tribunal a dĂ©cidĂ© d’examiner Ă  l’issue de la sĂ©ance les demandes de mise en libertĂ© prĂ©sentĂ©es par MaĂźtres Samir Ben Amor et Anouar Kousri et de fixer la date de la prochaine audience.

 

 

– l’affaire n°15344 dans laquelle sont dĂ©fĂ©rĂ©s Ramzi Romdhani, nĂ© le 18 avril 1977, Hechmi Amri, nĂ© le 29 mars 1977, Bassem Dridi, nĂ© le 25 novembre 1981. AprĂšs les plaidoiries de MaĂźtres Samir Ben Amor et Mondher Cherni, le juge a dĂ©cidĂ© de passer aux dĂ©libĂ©rations et au prononcĂ© du jugement.

 

 

Pour la commission de suivi des procĂšs

 

Le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l’Association

 

MaĂźtre Samir Dilou

 

(Traduction d’extraits ni revue ni corrigĂ©e par les auteurs de la version en arabe, LT)

 


Liberté pour tous les prisonniers politiques

Liberté pour Abdallah Zouari, le journaliste exilé dans son propre pays

Association Internationale de Soutien aux Prisonniers politiques

43 Rue Eldjazira, Tunis

e-mail : aissptunisie@yahoo.fr

Tunis, le 12 avril 2008

L’association a appris de l’ex prisonnier Tej Azizi que le frĂšre de ce dernier, le docteur Aref Azizi, mĂ©decin de santĂ© publique Ă  l’hĂŽpital de Jelma Ă  Sidi Bouzid avait Ă©tĂ© libĂ©rĂ© ce matin, 12 avril 2008. Il avait Ă©tĂ© kidnappĂ© sur la voie publique au centre ville, extrait de la voiture de l’hĂŽpital le matin du 4 avril 2008 alors qu’il revenait de la zone rurale de Falta oĂč il effectuait des consultations Ă  l’extĂ©rieur. Sa maison avait Ă©tĂ© investie par les forces de la police politique qui n’ont pas dĂ©clinĂ© d’identitĂ©. Des disques, aux dires de sa famille, des jeux pour enfants et des chansons de Sami Youssef, avaient Ă©tĂ© saisis, ainsi que l’unitĂ© centrale de son ordinateur. Aref Azizi a dĂ©clarĂ© aprĂšs sa libĂ©ration dans la nuit du samedi qu’il avait Ă©tĂ© conduit Ă  la brigade de la SĂ»retĂ© de l’Etat au ministĂšre de l’IntĂ©rieur oĂč il avait Ă©tĂ© interrogĂ© sur les sites Internet sur lesquels il surfe, puis il avait Ă©tĂ© remis en libertĂ©, et il devait revenir au ministĂšre de l’IntĂ©rieur le lundi matin pour rĂ©cupĂ©rer les piĂšces saisies, c’est alors qu’il avait Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© le 7 avril 2008 jusqu’à aujourd’hui.

La mÚre du prisonnier politique Tarek Rjeb, qui effectue une peine de deux ans pour appartenance au parti de la libération islamique, que des inconnus avaient enlevé son fils Mehrez Rjeb, un ingénieur, à la cité Tadhamoun le 25 mars 2008.

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Pour la commission de suivi des procĂšs

Le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l’Association

MaĂźtre Samir Dilou

(traduction d’extraits ni revue ni corrigĂ©e par les auteurs de la version en arabe, LT)


 

COMMENTAIRES RELATIFS AU RAPPORT DU COMITE DES DROITS DE L’HOMME DE L’ONU DU 28.03.2008 CONCERNANTS LA TUNISIE

 

 
ABDELKARIM HAROUNI Ex-SecrĂ©taire GĂ©nĂ©ral de l’Union GĂ©nĂ©rale Tunisienne des Etudiants (U.G.T.E.) Ex-Prisonnier politique dans l’affaire Ennahdha, libĂ©rĂ© Ă  Tunis le 7.11.2007 Tandis que le prochain rapport pĂ©riodique de la Tunisie est prĂ©vu pour le 31 Mars 2012, le prĂ©sent rapport a Ă©tĂ© prĂ©sentĂ© aprĂšs 13 ans d’absence de dialogue avec le ComitĂ© des droits de l’homme de l’ONU, 13 ans de violation des libertĂ©s et des droits hors contrĂŽle des institutions internationales et en l’absence de toute rĂ©fĂ©rence au rapport prĂ©cĂšdent ou Ă©valuation des rĂ©sultats concrets obtenus. Le ComitĂ© a Ă©voquĂ© dans son introduction du prĂ©sent rapport le recours de l’Etat tunisien Ă  : « des explications additionnelles qui lui ont Ă©tĂ© fournies au prĂ©alable et au cours de l’examen du rapport, mĂȘme si certaines des rĂ©ponses ont Ă©tĂ© incomplĂštes » et a notĂ© en fin de rapport que « L’État partie s’est engagĂ© Ă  s’efforcer de donner au ComitĂ© des renseignements plus dĂ©taillĂ©s sur les rĂ©sultats concrets obtenus ». Le bilan Ă©tablit par le rapport du ComitĂ© sur la situation des droits de l’homme en Tunisie est nettement nĂ©gatif d’abord parce que quatre points seulement sont considĂ©rĂ©s positifs contre quatorze points nĂ©gatifs. Et que ces quatre points sont essentiellement d’ordre juridique concernant la garde des enfants, la transmission de la nationalitĂ© par la femme et des rĂšgles de succession et l’adhĂ©sion au Protocole facultatif se rapportant Ă  la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination Ă  l’égard des femmes et Ă  la Convention relative aux droits des personnes handicapĂ©es et l’intention de l’Etat de lever ses rĂ©serves Ă  la Convention sur les droits de l’enfant mais dans la pratique, il se limite Ă  la satisfaction sur le moratoire sur la peine de mort depuis 1991. A ce niveau du rapport, l’état a fait deux engagements : « l’engagement solennel renouvelĂ© par le PrĂ©sident de la RĂ©publique affirmant qu’aucune condamnation Ă  la peine capitale ne sera exĂ©cutĂ©e » ainsi que « l’engagement de la dĂ©lĂ©gation de l’Etat partie d`inviter divers rapporteurs spĂ©ciaux des Nations Unies, Ă  entreprendre, dans le cadre de leur mandat, des missions en Tunisie, y compris le Rapporteur SpĂ©cial sur la torture ». Ces engagements seront-ils respectĂ©s ? Alors que les 14 points nĂ©gatifs sont d’ordre pratique et reflĂštent que la situation des droits de l’homme en Tunisie est loin d’ĂȘtre compatible avec le respect des libertĂ©s et des droits garantis par la constitution et les conventions internationales. Ces points concernent : le fonctionnement du ComitĂ© SupĂ©rieur des Droits de l’Homme et des LibertĂ©s Fondamentales, l’adhĂ©sion au premier Protocole facultatif se rapportant au Pacte, la violence conjugale, la torture et les traitements cruels inhumains ou dĂ©gradants, l’usage d’aveux obtenus sous la torture et ce Tunisie 2 zeitouna@bluewin.ch devant toutes juridictions, la garde Ă  vue, l’abolition de la peine de mort, la dĂ©finition des actes terroristes et les mesures prises au titre de la lutte contre le terrorisme, le contrĂŽle des prisons et l’accĂšs des ONG aux lieux de dĂ©tention, l’indĂ©pendance de l’appareil judiciaire en particulier vis-Ă -vis du pouvoir exĂ©cutif, les restrictions directes et indirectes Ă  la libertĂ© d’expression, le Code Ă©lectoral, les actes d’intimidation et de harcĂšlement des dĂ©fenseurs et des organisations des droits de l’homme et les restrictions imposĂ©es au droit de rĂ©union et manifestation pacifique et l’enregistrement des associations des Droits de l’Homme. A partir des prĂ©occupations, le rapport dĂ©montre l’existence de problĂšmes majeurs, structurels et durables en Tunisie liĂ©s aux libertĂ©s individuelles et collectives et aux droits de l’homme notamment : I- Le problĂšme de la transparence par l’absence de statistiques dĂ©taillĂ©es comme dans les cas de torture, de violences contre les femmes, condamnations prononcĂ©es par les tribunaux Ă  l’encontre d’agents de l’Etat reconnus coupables d’actes de torture ou de mauvais traitements, et des rĂ©parations octroyĂ©es aux victimes, Ă  cet effet, « le ComitĂ© regrette l’absence de donnĂ©es statistiques sur le nombre de plaintes pour torture soumises aux autoritĂ©s et enregistrĂ©es par ces derniĂšres ». A ce niveau, « L’État partie s’est engagĂ© Ă  s’efforcer de donner au ComitĂ© des renseignements plus dĂ©taillĂ©s sur les rĂ©sultats concrets obtenus ». D’autres part, le rapport souligne l’absence de visites des ONG nationales que dire des ONG internationales et recommande de leur permettre d’avoir un accĂšs aux lieux de dĂ©tention, Ă  l’exception du C.I.C.R. qui n’a obtenu l’autorisation de visites qu’en 2005. Et enfin, le ComitĂ© prie « l’État partie de publier et de diffuser largement le texte du cinquiĂšme rapport pĂ©riodique et des prĂ©sentes observations finales auprĂšs du grand public ainsi qu’auprĂšs des autoritĂ©s judiciaires, lĂ©gislatives et administratives du pays et de faire distribuer le sixiĂšme rapport pĂ©riodique auprĂšs des organisations non gouvernementales qui travaillent dans le pays » car ce genre de rapports n’est ni publiĂ© ni diffusĂ©, ni commentĂ© en Tunisie . II – le problĂšme de la crĂ©dibilitĂ© les contradictions entre le discours officiel et la pratique, entre l’état lĂ©gal et l’état rĂ©el renforcent la crĂ©dibilitĂ© des informations parvenues au ComitĂ© de sources non gouvernementales, le rapport donne beaucoup d’exemples tels que : « Le ComitĂ© est inquiet des informations sĂ©rieuses et concordantes selon lesquelles des cas de 1. torture et de traitements cruels, inhumains ou dĂ©gradants sont commis sur le territoire de l’État partie. Selon certaines de ces informations: (a) des magistrats refusent d’enregistrer des plaintes de mauvais traitements ou de torture ; (b) des enquĂȘtes diligentĂ©es Ă  la suite de telles plaintes dĂ©passent les dĂ©lais raisonnables, et (c) des supĂ©rieurs responsables de la conduite de leurs agents, en violation des dispositions de l’article 7 du Pacte, Ă©chappent Ă  toute enquĂȘte et Ă  toute poursuite. Il regrette l’absence de donnĂ©es statistiques sur le nombre de plaintes pour torture soumises aux autoritĂ©s et enregistrĂ©es par ces derniĂšres ».Tunisie 3 zeitouna@bluewin.ch « Le ComitĂ© est prĂ©occupĂ© par des informations selon lesquelles, dans la pratique, des aveux 2. obtenus sous la torture ne sont pas exclus comme Ă©lĂ©ment de preuve dans un procĂšs. Le ComitĂ© note, en outre, que de tels aveux ne sont pas prohibĂ©s explicitement par la lĂ©gislation de l’État partie ». « Au cours de ces pĂ©riodes de privation de libertĂ©, les dĂ©tenus n’ont pas accĂšs Ă  un avocat. Selon 3. de nombreuses informations communiquĂ©es au ComitĂ©, les garanties lĂ©gales des personnes privĂ©es de libertĂ© ne seraient pas respectĂ©es en pratique. Ainsi, les pĂ©riodes lĂ©gales pour la garde Ă  vue auraient Ă©tĂ© dĂ©passĂ©es, dans certains cas, sans que les personnes arrĂȘtĂ©es puissent subir des examens mĂ©dicaux et/ou sans que leurs familles en soient informĂ©es ». « Le ComitĂ© se dĂ©clare prĂ©occupĂ© par les nombreuses informations faisant Ă©tat des mauvaises 4. conditions de dĂ©tention dans certains Ă©tablissements pĂ©nitenciers ». « Le ComitĂ© est prĂ©occupĂ© par la question de l’indĂ©pendance de l’appareil judiciaire. Le 5. ComitĂ© est aussi prĂ©occupĂ© du fait que le poids du pouvoir exĂ©cutif est toujours trop important au sein du Conseil SupĂ©rieur de la Magistrature, malgrĂ© la rĂ©forme de 2005 ». « Le ComitĂ© est prĂ©occupĂ© par certaines dispositions du Code de la presse ainsi que de leur 6. application en pratique contraires Ă  l’article 19 du Pacte ». « Le ComitĂ© est prĂ©occupĂ© que plusieurs organisations et dĂ©fenseurs des droits de l’homme ne 7. puissent exercer librement leurs activitĂ©s, y compris leur droit de manifester pacifiquement, et soient victimes de harcĂšlements et d’intimidations, et mĂȘme parfois d’arrestations». « Le ComitĂ© est prĂ©occupĂ© des informations selon lesquelles un nombre trĂšs limitĂ© 8. d’associations indĂ©pendantes aient Ă©tĂ© officiellement enregistrĂ©es par les autoritĂ©s, et qu’en pratique, plusieurs associations de dĂ©fense des droits de l’homme dont les objectifs et les activitĂ©s ne sont pas contraires au Pacte rencontrent des obstacles dans l’obtention d’un tel enregistrement». III –  Le problĂšme de l’objectivitĂ©  

l’Etat essaie de justifier ses violations des libertĂ©s et des droits de l’homme par ce qu’elle appelle «l’extrĂ©misme religieux» tandis que le ComitĂ© insiste dans l’introduction de son rapport « que ceci ne saurait servir de justification Ă  des dĂ©rogations ou Ă  des restrictions non autorisĂ©es par le Pacte ». De mĂȘme, au sujet du «terrorisme», Le ComitĂ© « se dĂ©clare prĂ©occupĂ© par le peu de prĂ©cision quant Ă  la dĂ©finition particuliĂšrement large des actes terroristes contenue dans la Loi sur le terrorisme et le blanchiment d’argent (Loi n° 2003-75). Le ComitĂ© est prĂ©occupĂ© en particulier du fait qu’au titre des dispositions de cette loi:

– les avocats sont dĂ©liĂ©s de leur secret professionnel, et obligĂ©s de tĂ©moigner sous peine ‱ d’emprisonnement.

– les enquĂȘteurs et les magistrats peuvent garder l’anonymat». Dans ce cadre, le ComitĂ© ‱ recommande que « La dĂ©finition des actes terroristes ne devrait pas conduire Ă  des interprĂ©tations permettant de porter atteinte, sous le couvert d’actes terroristes, Ă  l’expression lĂ©gitime des droits consacrĂ©s par le Pacte ». D’autres part et concernant le phĂ©nomĂšne de la violence conjugale, « Le ComitĂ© note que la situation des femmes victimes de violence appelle une attention plus soutenue » car le discours officiel sur la situation de la femme en Tunisie essaie toujours de minimiser les problĂšmes dont souffrent les femmes dans notre sociĂ©tĂ©.

Au niveau des recommandations, le rapport du ComitĂ© nous permet d’établir une liste de revendications principales :

1- l’abolition de la torture et la garantie « que toutes les allĂ©gations de torture et de 1. traitements cruels, inhumains ou dĂ©gradants font l’objet d’enquĂȘtes, menĂ©es par une autoritĂ© indĂ©pendante, et que les responsables de tels actes, y compris leurs supĂ©rieurs hiĂ©rarchiques, soient poursuivis et sanctionnĂ©s et que les victimes reçoivent une rĂ©paration y compris une indemnisation adĂ©quate ».

2- l’interdiction de « l’usage d’aveux obtenus sous la torture, et ce devant toutes juridictions. Il 2. devrait s’assurer en pareil cas que le fardeau de la preuve n’incombe pas aux victimes » et l’annulation des lois exceptionnelles et anticonstitutionnelles comme Loi sur le terrorisme et le blanchiment d’argent (Loi n° 2003-75).

3- l’abolition de la peine de mort prononcĂ©e contre Saber Ragoubi (24 ans) condamnĂ© dans 3. l’affaire de Slimane, dans les plus brefs dĂ©lais, conformĂ©ment Ă  « l’engagement solennel renouvelĂ© par le PrĂ©sident de la RĂ©publique affirmant qu’aucune condamnation Ă  la peine capitale ne sera exĂ©cutĂ©e ».

4- élargissement des « mesures de contrĂŽle et de suivi dans les lieux de privation de libertĂ©, 4. notamment en permettant aux ONG nationales (L.T.D.H., A.I.S.P.P., C.N.L.T., LibertĂ© et EquitĂ© 
) d’avoir un accĂšs aux lieux de dĂ©tention » ainsi que l’autorisation aux ONG internationales (Amnesty International, Human Rights Watch, FĂ©dĂ©ration Internationale des Droits de l’Homme 
) de visites les locaux de police et les prisons. Et le respect de « l’engagement de la dĂ©lĂ©gation de l’Etat partie d`inviter divers rapporteurs spĂ©ciaux des Nations Unies, Ă  entreprendre, dans le cadre de leur mandat, des missions en Tunisie, y compris le Rapporteur SpĂ©cial sur la torture ».

5 – prise des dispositions pour garantir l’indĂ©pendance de l’appareil judiciaire, en particulier 5. vis-Ă -vis du pouvoir exĂ©cutif.

6- « mettre un terme aux restrictions directes et indirectes Ă  la libertĂ© d’expression .L’article 6. 51 du Code de la presse devrait ĂȘtre harmonisĂ© avec l’article 19 du Pacte ».

7- la réforme de la constitution et du Code électoral pour garantir des élections libres, 7. transparentes et justes sur tous les niveaux : présidentiel, législatif et local.

8- « mettre fin aux actes d’intimidation et de harcĂšlement et respecter et protĂ©ger les activitĂ©s

pacifiques des organisations et dĂ©fenseurs des droits de l’homme. Les informations faisant Ă©tat d’actes d’intimidation et de harcĂšlement devraient faire rapidement l’objet d’enquĂȘtes » et la levĂ©e des restrictions imposĂ©es au droit de rĂ©union et manifestation pacifique et la formation d’associations civiles et de partis politiques.

9- la lĂ©galisation sans exception des associations des droits de l’homme.9.

10- la publication et la diffusion du texte du cinquiÚme rapport périodique ainsi que le rapport du 10. Comité auprÚs du grand public et des organisations non gouvernementales qui travaillent dans le pays.

Avant de conclure, il serait important de signaler quelques insuffisances dans ce rapport telle que l’absence totale de statistiques, la nĂ©gligence de l’examen des droits Ă©conomiques, sociaux et culturels, le silence sur les dizaines de cas de dĂ©cĂšs dans les locaux de la police et les prisons de dĂ©tenus politiques et de droit commun, l’ignorance des centaines de procĂšs politiques contre les opposants et surtout les islamistes tout le long des deux derniĂšres dĂ©cennies, le harcĂšlement sĂ©curitaire et social des ex-dĂ©tenus et leurs familles sous prĂ©texte du contrĂŽle administratif au dĂ©triment de leurs droits au travail, aux soins, Ă  l’enseignement ainsi que les restrictions sur le droit de mouvement Ă  l’intĂ©rieur et Ă  l’extĂ©rieur du pays, l’usage de lois anticonstitutionnelles comme la loi des partis, la loi des mosquĂ©es, la loi contre le terrorisme de 2003, le dĂ©cret 108 portant atteinte Ă  la libertĂ© individuelle de la femme, la loi de la presse et la loi Ă©lectorale.

En conclusion, ce rapport du 28 mars 2008 qui rĂ©sume les observations finales du COMITÉ DES DROITS DE L’HOMME de l’ONU aprĂšs examen du cinquiĂšme rapport pĂ©riodique de la Tunisie dans les sĂ©ances du 17 et 18 mars 2008 vient s’ajouter Ă  d’autres rapports des organisations internationales qui prouvent la nĂ©cessitĂ© primordiale de profondes rĂ©formes au niveau des lois et des pratiques et l’assainissement du climat gĂ©nĂ©ral dans le pays dans tous les domaines politique, Ă©conomique, social et culturel dans le cadre du respect des libertĂ©s individuelles et collectives et des droits de l’homme en commençant par la libĂ©ration de tous les prisonniers politiques sans exception et le retour de tous les exilĂ©s et la rĂ©habilitation de tous les droits civils, politiques et sociaux par la promulgation d’une amnistie gĂ©nĂ©rale.

Abdelkarim Harouni

Tunis le 5 avril, 2008

 


Tunisia jails 19 men for al Qaeda links

 Reuters, le 13 avril 2008 à 14h59

 

TUNIS, April 13 (Reuters) – A Tunisian court has jailed 19 men for up to eight years for having links to al Qaeda’s North Africa wing, a defence lawyer said on Sunday.

 

“Tunis court judge Hedi Ayari announced the verdict to jail the 19 men between one and eight years for having links with al Qaeda and setting up a Jihadist cell,” lawyer Samir Dylo Said, adding the verdict was pronounced on Saturday.

 

The defendants, who were arrested in late 2006, had pleaded not guilty.

 

Local lawyers say about 1,000 people have been arrested since 2003 on terrorism charges including recruiting fighters for the Iraqi insurgency against U.S.-led forces.

 

Fourteen gunmen were killed in and around Tunis in clashes in late 2006 and early 2007, rare breaches of security in a country most Europeans know only as a tranquil holiday destination.

 

Thirty Tunisian Islamists said by police to have been involved in the clashes were found guilty in December of belonging to a terrorist group. One was sentenced to death while the remainder were sentenced to long prison terms.


Face aux plaintes des enseignants

Tenue décente en classe : est-ce trop demander ?

 

Rendre l’uniforme obligatoire dans nos Ă©coles semble une idĂ©e bizarre pour les jeunes d’aujourd’hui, enfants de la mode et de la publicitĂ©, habituĂ©s au port de vĂȘtements dernier cri ; l’idĂ©e peut Ă©galement choquer ceux qui, au nom de la libertĂ© et des droits de l’enfant, ne veulent pas imposer un modĂšle vestimentaire aux jeunes.

 

 Pourtant, l’uniforme ne doit en aucune maniĂšre remplacer le tablier bleu actuel (entendre mini-tablier !) que portent nos filles (les garçons en sont exemptĂ©s, allez chercher pourquoi !), mais c’est une tenue scolaire unifiĂ©e, pas forcĂ©ment de mĂȘme couleur, mais de coupe identique et de mĂȘme style, que les Ă©lĂšves (filles et garçons) doivent porter Ă  l’Ă©cole. Il ne s’agit pas non plus d’un retour Ă  la blouse grise des annĂ©es soixante !

 

Aujourd’hui, plusieurs pays dans le monde, soucieux d’Ă©tablir l’Ă©galitĂ© et une certaine conformitĂ© parmi les Ă©lĂšves, instituent le port d’un uniforme scolaire en vue de lutter contre les tenues indĂ©centes et souvent provocatrices de la plupart des Ă©lĂšves surtout du cycle secondaire (collĂšge et lycĂ©es), et par lĂ  mĂȘme attĂ©nuer ou supprimer les diffĂ©rences sociales (du moins Ă  l’Ă©cole) entre les Ă©lĂšves dont certains, richement habillĂ©s, sont enclins Ă  s’exhiber devant leurs camarades, ce qui peut entraĂźner chez les uns un sentiment de frustration et une sorte de jalousie et d’animositĂ© chez les autres. Il est Ă©vident que l’Ă©cole est faite pour Ă©tudier, pas pour faire Ă©talage de son niveau social.

 

Certains pays ont dĂ©jĂ  pris l’initiative en instaurant dans les Ă©coles le port d’uniformes. La Suisse, le QuĂ©bec, l’Allemagne sont les pays oĂč l’uniforme revient Ă  la mode aussi bien dans les Ă©coles publiques que privĂ©es. MĂȘme en France, le retour de l’uniforme est Ă©galement revenu sur le terrain. Quelques dĂ©putĂ©s ont dĂ©posĂ© en dĂ©cembre 2006 une proposition de loi visant Ă  instaurer le port obligatoire d’une tenue commune Ă  l’Ă©cole ; ce projet est apparemment en cours d’Ă©tude, alors que dans ses dĂ©partements et territoires d’outre-mer, le port de l’uniforme est gĂ©nĂ©ralisĂ© sans que cela ne semble entraver la libertĂ© de chacun.

 

Une Ă©norme pression liĂ©e aux vĂȘtements et Ă  la mode

 

D’ailleurs dans la plupart des pays arabes, l’uniforme est en vigueur depuis de longues dates et la question ne se pose pas : l’uniforme fait bien partie du quotidien scolaire. La majoritĂ© des parents dans ces pays,  approuvent l’idĂ©e, car il est dans leur intĂ©rĂȘt de diminuer les dĂ©penses excessives effectuĂ©es pour l’achat des vĂȘtements de marques Ă  leurs enfants dont les caprices vestimentaires ne cessent jamais, surtout quand les conditions matĂ©rielles de la famille sont modestes ! Mais il est vrai que dans nos Ă©coles, il existe une Ă©norme pression liĂ©e aux vĂȘtements et Ă  la mode. Cette pression peut-ĂȘtre Ă©pouvantable, notamment pour ceux dont les parents manquent de moyens et qui peuvent se trouver exclus…Et puis la plupart de nos enfants n’ont pas encore la notion d’argent. L’essentiel pour eux est d’ĂȘtre bien habillĂ©, d’ĂȘtre Ă  la mode comme tout le monde. Ils ont peut-ĂȘtre raison puisqu’ils voient les adultes (leurs propres parents) se concurrencer avec les voisins du quartier ou les collĂšgues au travail pour l’acquisition du dernier modĂšle de voiture ou d’un tĂ©lĂ©viseur LCD ou mĂȘme d’un home cinĂ©ma pour ĂȘtre toujours Ă  la page. Tel pĂšre tel fils ! Les enfants ont donc le mĂȘme raisonnement. Imaginez qu’il y a des parents chez nous qui payent 150 dinars et peut-ĂȘtre plus pour l’achat d’une paire de chaussures de sport Ă  leur fils, sans parler des jeans importĂ©s et des autres accessoires, pour la simple raison que le fils des voisins en possĂšde dĂ©jĂ  ! Que de fois un Ă©lĂšve vient signaler Ă  l’administration le vol de son survĂȘtement signĂ© ou ses chaussures de marque au vestiaire ! C’est que les actes de vol d’objets de valeur (vĂȘtements signĂ©s ou autres) sont trĂšs frĂ©quents dans nos Ă©coles !

 

L’idĂ©e du port obligatoire d’un uniforme se confirme donc dans plusieurs pays du fait que beaucoup d’Ă©lĂšves (filles ou garçons) dĂ©passent souvent les limites en faisant fi aux instructions administratives et au rĂšglement interne de l’Ă©tablissement en se permettant de s’habiller d’une maniĂšre vulgaire et de mauvais goĂ»t, en portant parfois des habits dĂ©notant un air fantaisiste ou je-m’en-foutiste.

 

 La parade continue

 

Dans nos collĂšges et lycĂ©es, il arrive parfois que des Ă©lĂšves viennent en classe avec des T-shirt achetĂ©s Ă  la fripe portant au dos des inscriptions malsaines ou des images incommodes, ou ils circulent Ă  l’Ă©cole, Ă  leur aise, affublĂ©s de nippes multicolores sans se soucier des rĂ©actions des autres. MalgrĂ© la bonne volontĂ© de l’administration pour mettre fin Ă  ces abus vestimentaires, la parade continue.

 

Les profs ne cessent de se lamenter des Ă©lĂšves irrespectueux et provocateurs (garçons et filles) qui gardent leur casquette en classe, alors qu’en principe, ils doivent l’enlever une fois entrĂ©s en cours. On se demande s’il y a encore des parents qui veillent Ă  ce que leurs enfants, garçons ou filles, portent des tenues dĂ©centes lorsqu’ils vont Ă  l’Ă©cole ! Au cas oĂč l’Ă©lĂšve serait exposĂ© aux sanctions pour avoir portĂ© des vĂȘtements non-conformes aux normes scolaires, les parents sont informĂ©s de la mĂ©conduite de leur enfant et certains sont offusquĂ©s par le fait qu’on leur rappelle leurs responsabilitĂ©s envers l’apparence vestimentaire de leurs enfants, prĂ©textant qu’ils vivent une adolescence tourmentĂ©e et qu’on devrait ĂȘtre souple avec eux. D’autres parents se montrent nĂ©anmoins plus comprĂ©hensifs et coopĂ©ratifs et pensent sĂ©rieusement qu’avec l’uniforme scolaire un certain respect sera instaurĂ© dans nos Ă©coles, ce qui manque beaucoup Ă  l’heure actuelle. Pourtant, pas mal de parents sont malheureusement outrepassĂ©s par leurs enfants et sont traitĂ©s par ces derniers de rĂ©actionnaires et de rĂ©trogrades chaque fois qu’ils veulent leur imposer un modĂšle.

 

Donc si un jour, le ministĂšre de l’Education et de la Formation entreprend l’instauration d’un uniforme scolaire, cela va-t-il vraiment remettre un peu d’ordre dans nos Ă©coles ? Il faut vivre l’expĂ©rience pour pouvoir juger. De toute façon, une chose est sĂ»re, dans les pays oĂč les Ă©lĂšves sont soumis Ă  une mĂȘme tenue scolaire, le respect mutuel, la primautĂ© de « l’ĂȘtre » sur « le paraĂźtre », l’Ă©galitĂ© et la solidaritĂ© sont considĂ©rĂ©s comme des valeurs universelles ajoutĂ©es Ă  celles que l’Ă©cole est supposĂ©e inculquer aux enfants.

 

Hechmi Khalladi

 

(Source : « Le Temps » (Quotidien – Tunis), le 13 avril 2008)

 


 
EnquĂȘte :

Comment les détenus de la Salafiya Jihadia ont transformé les prisons en émirats autonomes

 GrĂšves de la faim en sĂ©rie, sit-in rĂ©pĂ©titifs, mobilisation des associations des droits de l’Homme, corruption des gardiens de prison 
 Une stratĂ©gie d’enfer a Ă©tĂ© montĂ©e par les dĂ©tenus de la Salafiya Jihadia pour faire chanter l’Etat. Les temps ne se prĂȘtent certes pas Ă  l’humour, mais l’anecdote vaut son pesant 
 d’enseignements. C’est arrivĂ© lundi 7 avril, quelques heures seulement aprĂšs l’annonce de l’évasion spectaculaire des neuf islamistes de la prison de KĂ©nitra. Une dizaine de familles des dĂ©tenus de la Salafiya Jihadia Ă©taient venues, Ă  la premiĂšre heure, faire le pied de grue devant la prison d’Oukacha, Ă  Casablanca. Motif : tenir un sit-in, en protestation «contre les conditions de dĂ©tention catastrophiques» des leurs. Mais contre toute attente, «un rassemblement gĂ©ant des services de sĂ©curitĂ©, notamment des Ă©lĂ©ments des Forces auxiliaires, nous a donnĂ© un Ă©trange sentiment que ce sont ces services qui Ă©taient en sit-in !», ironise un responsable de l’Association «Annassir», en charge de la dĂ©fense des dĂ©tenus islamistes. Les familles protestataires, apparemment sans nouvelles au sujet de la grande Ă©vasion de la prison de KĂ©nitra, n’ont eu d’autre choix que de rebrousser chemin. Depuis ce jour-lĂ , les temps semblent avoir changĂ©. La fuite, sans prĂ©cĂ©dent, de la prison de KĂ©nitra, a montrĂ© que les dĂ©tenus salafistes, mĂȘme Ă  l’intĂ©rieur de prisons, sont devenus dangereusement machiavĂ©liques et autrement capables du pire. L’évasion du 7 avril, Ă  nulle autre pareille, vient toutefois lever un coin du voile sur une stratĂ©gie d’enfer. Cette stratĂ©gie, que les dĂ©tenus jihadistes ont orchestrĂ©e, avec le soutien (Ă©vident) de complicitĂ©s Ă  l’extĂ©rieur, a eu, hĂ©las, un succĂšs diabolique, tant et si bien que les prisons oĂč ces salafistes purgent de lourdes peines sont devenues des Ă©mirats autonomes. Alors, en quoi consiste cette stratĂ©gie ? GrĂšves de la faim en sĂ©rie, sit-in devant les prisons, noyautage du milieu associatif, corruption des gardiens de prison, – entre autres moyens de «pression» -, sont utilisĂ©s par les dĂ©tenus de la Salafiya Jihadia pour faire chanter l’Etat. Les grĂšves de la faim ne se comptent plus sur le bout des doigts. La grĂšve la plus retentissante est celle qu’a connue, en novembre 2007, la prison civile de SalĂ©. La pression des prisonniers salafistes, appuyĂ©e par quelques associations en mal de cĂ©lĂ©britĂ©, a Ă©tĂ© telle que le ministĂšre de la Justice a engagĂ© une enquĂȘte sur la dĂ©tĂ©rioration supposĂ©e des conditions carcĂ©rales Ă  la prison « Zaki », oĂč croupissent des Ă©lĂ©ments dangereux ayant d’ailleurs reconnu leur implication dans les attentats terroristes du 16 mai 2003 qui ont fait 45 morts. Mais cette grĂšve, dont la premiĂšre Ă©tincelle a jailli au sein de la prison de SalĂ©, sera, Ă©trangement, Ă©tendue trĂšs rapidement Ă  toutes les prisons nationales. Un curieux effet boule de neige.Les dĂ©tenus salafistes, Ă©parpillĂ©s sur les prisons d’Oukacha, Sidi Kacem, KĂ©nitra, pour ne citer que ces pĂ©nitenciers, se joindront aussitĂŽt Ă  la grĂšve de la faim pour monter la pression sur les autoritĂ©s. RĂ©sultat ? Les autoritĂ©s ont «promis» de satisfaire « les principales revendications » des dĂ©tenus de la prison de SalĂ©, dont le fameux droit Ă  «l’intimitĂ© conjugale». Reste, un point fondamental Ă  soulever: comment les salafistes dĂ©tenus dans d’autres prisons du pays ont pu ĂȘtre informĂ©s, aussitĂŽt, que leurs «frĂšres», incarcĂ©rĂ©s Ă  SalĂ©, Ă©taient en grĂšve de la faim? Un membre d’une association de dĂ©fense des prisonniers islamistes rĂ©pond par un sourire trĂšs significatif. «Mais les tĂ©lĂ©phones portables circulent trĂšs librement dans les prisons», a-t-il affirmĂ©. Avant d’ajouter, le regard narquois : «Ce n’est pas moi qui est responsable du sous-paiement des gardiens de prison». VoilĂ , c’est dit. Reste que le problĂšme est beaucoup plus complexe que la prĂ©caritĂ© des fonctionnaires de prison. D’autres Ă©lĂ©ments non moins fondamentaux entrent en jeu. En voici un, encore plus bouleversant : les jihadistes, qui ont encore du sang sur les mains, aprĂšs avoir participĂ©, de prĂšs ou de loin, aux crapuleux attentats terroristes du 16 mai, veulent profiter des dividendes de l’évolution au Maroc des droits de l’Homme qu’ils ont toujours adorĂ© abhorrer. Ils ont rĂ©ussi Ă  « embarquer » de flamboyants acteurs associatifs pour les rallier Ă  leur «cause». Pour le sort des victimes tragiques du terrorisme, et des larmes intarissables de leurs familles, bonjour l’amnĂ©sie ! «On risque de ne plus parler que du «droit des prisonniers islamistes» Ă  des conditions de dĂ©tention dignes de la personne humaine», s’alarme un proche d’une victime du 16 mai. «On revendique des droits pour des dĂ©tenus qui se sont permis, sans repentance aucune, d’îter Ă  d’autres le droit le plus fondamental : le droit Ă  la vie», s’est-il rĂ©voltĂ©. Certains chevaliers preux des droits de l’Homme ont poussĂ© l’irresponsabilitĂ© jusqu’à rĂ©clamer le droit de personnes condamnĂ©es pour terrorisme Ă  bĂ©nĂ©ficier du statut de «dĂ©tenus d’opinion». La belle affaire ! C’est au nom de ce fameux statut que les prisonniers salafistes ont dĂ©fendu, bec et ongles, leur «droit» Ă  ne pas ĂȘtre logĂ©s Ă  la mĂȘme enseigne avec des dĂ©tenus de droit commun. Mais cette astuce cache, sans doute, une autre finalitĂ© : en voulant rester confinĂ©s dans des pavillons Ă  part entiĂšre, les dĂ©tenus «puristes» voulaient se donner une force facile Ă  fĂ©dĂ©rer dans leur bras de fer avec les autoritĂ©s. L’union fait la force. Le rĂ©sultat ? C’est, dĂ©sormais, connu : Les prisons sont devenues de vĂ©ritables «émirats» salafistes. Annassir : Une association pour les dĂ©tenus islamistes Créée par les familles des dĂ©tenus islamistes, Annassir est une association dont le but est de dĂ©fendre les droits des dĂ©tenus islamistes emprisonnĂ©s dans le cadre de la loi antiterroriste, notamment aprĂšs les attentats du 16 mai Ă  Casablanca. Elle a reçu l’autorisation des autoritĂ©s de tenir son assemblĂ©e constitutive en 2004. Outre la dĂ©fense des droits des dĂ©tenus islamistes, elle s’est tracĂ©e comme but l’éradication des causes de l’extrĂ©misme dans la sociĂ©tĂ© marocaine. Les membres d’Annassir, (plus d’une centaine de familles avaient assistĂ© Ă  l’assemblĂ©e constitutive) s’engagent pour la sensibilisation de l’opinion publique et des dĂ©cideurs nationaux quant Ă  sa dĂ©marche et ses objectifs. La sensibilisation concerne aussi bien les partis politiques, les associations, la presse que les autoritĂ©s publiques mais aussi les organisations internationales. L’association classifie les dĂ©tenus, dans le cadre des procĂšs antiterroristes, selon trois catĂ©gories. Les Chioukh de la Salafiya, les personnes soupçonnĂ©es d’avoir des liens avec des groupes terroristes et les personnes qui ont effectivement projetĂ© d’attenter Ă  l’ordre public. Son prĂ©sident, Abderrahim Mouhtade, est un ancien membre de la Chabiba Islamiya. CondamnĂ© en 1989 Ă  perpĂ©tuitĂ©, il fut graciĂ© en 1994 par feu SM le Roi Hassan II.  En 2004, il est Ă©lu prĂ©sident de l’association Annassir. PubliĂ© par : M’Hamed Hamrouch NumĂ©ro de Parution: 1647 Date de publication : 11-4-2008
(Source: “Aujourd’ hui le Maroc” (Quotidien – Maroc) le 11 avril 2008) URL de cet article: http://www.aujourdhui.ma/couverture-details61046.html

 

PIB des pays du Maghreb s’établit Ă  plus de 303 milliards de dollars en 2007

 

303 milliards de dollars, c’est tout simplement le Produit IntĂ©rieur Brut (PIB) cumulĂ© de la Tunisie, de la Libye, du Maroc, de l’AlgĂ©rie et de la Mauritanie en 2007, pour une population estimĂ©e Ă  83 millions d’habitants, ce qui nous fait environ 3.650 de dollars par habitant.  

En effet, et selon le gouverneur de la Banque centrale du Maroc, M. Abdellatif Jouahri, l’Union du Maghreb arabe (UMA) a enregistrĂ© au terme de l’annĂ©e 2007 un taux moyen de croissance d’environ 4,30% alors que ses rĂ©serves en devises ont totalisĂ© quelque 220 milliards de dollars.

 

Cependant, la rĂ©gion a enregistrĂ© Ă©galement un taux d’inflation qui s’est Ă©tabli Ă  6,10% malgrĂ© la dynamique Ă©conomique. Et autre point nĂ©gatif, malgrĂ© le dynamisme des Ă©conomies des pays de l’UMA, le chĂŽmage, qui constitue une des grandes prĂ©occupations des responsables politique maghrĂ©bins ; le taux de chĂŽmage moyen des 5 pays est estimĂ© Ă  11,30% en 2007.

 

Par ailleurs et sur le plan de Ă©changes intermaghrĂ©bins, le patron de la BCM a indiquĂ© qu’il s’est situĂ© aux alentours de 5 milliards de dollars Ă  prix courants en 2006, alors qu’au cours de cette annĂ©e le commerce des cinq pays qui composent l’UMA avec le reste du monde a avoisinĂ© 192 milliards, ce qui ne reprĂ©sente que 2,6% dans le total des Ă©changes maghrĂ©bins avec le reste du monde.

 

Ceci dit, il y a quelque part une consolation pour la rĂ©gion, c’est que les marchĂ©s des capitaux connaissent un essor soutenu au Maroc et en Tunisie. Mais lĂ  aussi, le Royaume chĂ©rifien semble se dĂ©tacher du reste des autres pays du Maghreb, puisque ‘’la Bourse de Casablanca, avec une capitalisation Ă©quivalente Ă  97% du PIB, est de loin la plus grande place de la rĂ©gion’’, rappelle M. Jouahri.

 

Le secteur du microcrĂ©dit n’est pas en reste, puisque le montant des prĂȘts consentis par ces institutions s’établirait Ă  environ 750 millions de dollars au profit de 1,5 million de personnes.

(Sourced: webmanagercenter le 12 avril 2008)


L’eau au Maghreb, la banque mondiale tire la sonnette d’alarme

Rapport alarmant de la banque mondiale sur l’eau au Maghreb et au Moyen orient, la banque mondiale qui appelle les gouvernements de toute cette rĂ©gion Ă  entreprendre des rĂ©formes politiques profondes pour Ă©viter les consĂ©quences de graves pĂ©nuries d’eau Ă  l’avenir. Une meilleure gouvernance de l’eau dans la rĂ©gion du Maghreb et au Moyen orient, c’est une urgence et c’est le sens de l’appel lancĂ© par la banque mondiale. L’eau denrĂ©e prĂ©cieuse dans toute une rĂ©gion qui en utilise beaucoup plus qu’il n’en reçoit ; dans un rapport sur l’eau, dans ce qu’on appelle la rĂ©gion MENA (Maghreb, Moyen orient), la banque mondiale appelle les gouvernements Ă  de profondes rĂ©formes politiques pour mieux rationaliser la gestion de l’eau, essentiellement dans l’agriculture, car la situation est alarmante. Les barrages et les moyens moins conventionnels seront donc les nouvelles ressources Ă  mobiliser. Illustration tout d’abord au Maroc ou s’est dĂ©roulĂ© il y a 11 ans, en mars 1997 le 1er forum mondial de l’eau, le roi Hassan 2 Ă©voquait alors le dĂ©fi redoutable que constituait la prĂ©servation et l’utilisation de cette ressource devenue de plus en plus rare, le Maroc et sa politique des barrages, notamment politique et stratĂ©gie de l’eau, Ă©rigĂ©e en prioritĂ© absolue depuis 1967 dans le royaume. L’autre grand pays du Maghreb en proie Ă  ce problĂšme, l’AlgĂ©rie qui mise actuellement notamment sur les ressources alternatives, un programme de rĂ©alisation de stations de dessalement d’eau de mer est en cours, 13 stations devraient ĂȘtre opĂ©rationnelles dans tout le pays d’ici 2009.

(Source:  20minutes.fr le 12 avril 2008)

 

Les immigrants du Maghreb durement touchés par le chÎmage

Un groupe réclame des mesures gouvernementales plus efficaces

par Anne-Marie Tremblay Le chĂŽmage chez les personnes originaires du Maghreb atteint des records, frĂŽlant les 28 %. Une situation que dĂ©plore le rĂ©sident de Saint-LĂ©onard et candidat pĂ©quiste dans Jeanne-Mance-Viger lors des derniĂšres Ă©lections, en mars 2007 Kamal El Batal. Il a joint sa voix Ă  celle de plusieurs personnalitĂ©s maghrĂ©bines regroupĂ©es sous la banniĂšre du Centre de recherche-action sur les relations raciales (CRARR) pour dĂ©noncer cette situation. RĂ©unis pendant la Semaine d’action contre le racisme, ils ont tenu Ă  dĂ©noncer la situation du chĂŽmage qui affecte tout particuliĂšrement les communautĂ©s maghrĂ©bine, haĂŻtienne et la communautĂ© noire originaire d’Afrique. Un problĂšme montrĂ©alais qui n’est pas sans affecter l’est de la mĂ©tropole, dont Saint-LĂ©onard. « Le tissu dĂ©mographique de Saint-LĂ©onard se modifie. On constate que plusieurs nouveaux arrivants francophones s’y Ă©tablissent. » Des immigrants qui proviennent principalement des trois communautĂ©s les plus durement touchĂ©es par le chĂŽmage. ScolarisĂ©s, mais sans boulot Les chiffres parlent d’eux-mĂȘmes. Alors que plus de 96 % des immigrants provenant du Maghreb parlent français, plus de la moitiĂ© maĂźtrisent Ă  la fois le français et l’anglais, soutient Kamal El Batal. Toujours selon les donnĂ©es compilĂ©es par le CRARR, 45 % des immigrants de cette rĂ©gion du globe dĂ©tiennent une qualification universitaire ou technique, contre 31 % pour le reste de la population. « Nous avons donc une communautĂ© jeune et hautement qualifiĂ©e qui vit sous le seuil de la pauvretĂ©. Il y a quelque chose qui ne va pas ! » Ce n’est pas la premiĂšre fois que Kamal El Batal livre bataille sur la question de l’emploi. Agronome de formation, l’homme s’Ă©tait dĂ©jĂ  fait remarquer en modifiant son nom pour celui de Marc Tremblay, Ă  la tĂȘte de son CV. Sa candidature, d’abord refusĂ©e par la CoopĂ©rative fĂ©dĂ©rĂ©e du QuĂ©bec, avait Ă©tĂ© sĂ©lectionnĂ©e aprĂšs ce changement. L’entreprise a d’ailleurs Ă©tĂ© condamnĂ©e par la Commission des droits de la personne pour son comportement. Et l’agronome n’est pas le seul Ă  subir ce type de discrimination. La Dre Lamia Ouamara, Ă©galement prĂ©sente lors de l’Ă©vĂ©nement, n’a toujours pas de place en rĂ©sidence alors qu’elle a rĂ©ussi tous les examens de qualification. Le CRACC revendique donc des mesures plus musclĂ©es de la part du gouvernement pour aider les nouveaux arrivants Ă  se sortir de l’impasse. Le groupe de pression a d’ailleurs rencontrĂ© la ministre de l’Immigration, Yolande James, Ă  ce sujet, mais il est ressorti insatisfait des solutions proposĂ©es. En tĂȘte de liste, ils revendiquent un systĂšme qui permettrait de mesurer les avancĂ©es en matiĂšre d’emploi. « Il y a une panoplie de programmes gouvernementaux, mais on ne sait pas quels sont les rĂ©sultats rĂ©els. » MalgrĂ© les millions injectĂ©s, le chĂŽmage n’a pas cessĂ© d’augmenter depuis les cinq derniĂšres annĂ©es, ajoute Kamal El Batal. « Avec 40 000 immigrants au chĂŽmage Ă  MontrĂ©al, on est en train de crĂ©er des arrondissements tiers-mondistes. » (Sources: Montreal Express mis en ligne le 12 avril 2008 Ă  9:32)  

 

 

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