12 mars 2006

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TUNISNEWS
6 ème année, N° 2120 du 12.03.2006

 archives : www.tunisnews.net


Voix libre: Le prisonnier d’opinion Hachmi Mekki en danger de mort Nejib Chebbi: Amorce d’un débat L’Audace: Douze ans d’information sur la Tunisie – Pour que survive L’Audace… O. F: « Ben Dhia, tout les monde sait qui sont les vrais traîtres de la nation » Le Temps: Congrès de l’Association Tunisienne des jeunes avocats (ATJA) La Presse: Forte participation au scrutin La Presse: Parti des Verts pour le Progrès : Répartition des tâches au sein du B.P.  La Presse : Aujourd’hui « La Presse » a 70 ans

 

Voix libre

 

APPEL URGENT

Le prisonnier d’opinion Hachmi Mekki en danger de mort

Voix libre appelle toutes les organisations et les personnalités engagées dans la défense  des droits Humains à mener des actions urgentes  pour sauver le prisonnier politique tunisien Hachmi Mekki atteint d’un cancer de plèvre  « Mesotheliome ». Le prisonnier politique Hachmi Mekki, né en 1958 et père de trois enfants purge depuis 1995 une de 37 ans de prison pour appartenance au mouvement islamique Ennahdha. Suite à une dégradation grave de son état de santé, il a été admis, le 3 février 2006, à l’hôpital de l’Ariana où son attente a été diagnostiquée. A la surprise de sa famille, au lieu de continuer son traitement à l’hôpital le prisonnier politique Hachmi Mekki est transféré le jeudi 6 mars 2006 à la prison civile 9 avril en dépit de l’aggravation de son état. Hachmi Mekki  est mis sous morphine en raison des douleurs importantes dues à sa maladie. Il est, en outre, totalement impotent et souffre d’une anorexie. En contactant sa femme voix libre a appris que l’état de Monsieur H M s’est tellement dégradée au point de ne pouvoir quitter sa cellule pour la visite à la prison de 9 avril. Voix libre, tout en rappelant les antécédents du régime tunisien quant aux calvaires réservés aux prisonniers politique notamment les malades privés de soin et de médicament jusqu’à la mort, nous citons à titre d’exemple les cas de Lakhdar Sdiri, Habib Raddadi, Abdelmajid ben Tahar, Lotfi Idoudi…,exhorte toutes le consciences libres à travers le monde de mener une action rapide afin que M H M puisse se faire soigner en le libérant lui permettant ainsi de passer le restant de sa vie parmi les siens

Président

Dr Ammed Amri

 

 

Nous avons reçu de la part de Me Néjib Chebbi la contribution suivante en réponse au texte collectif « à propos d’une dérive » que nous avons publié dernièrement.

 

Amorce d’un débat

 

J’ai cru déceler un véritable cri de détresse dans le texte collectif « à propos d’une dérive ». C’est pourquoi je m’empresse de répondre à ses auteurs, espérant pouvoir les rassurer et les inviter à examiner de plus près les choix qui s’offrent aujourd’hui à la gauche tunisienne.

 

Aussi vais-je relever au préalable notre accord sur l’essentiel, à savoir:

 

         qu’une politique ferme face à l’autoritarisme est «le seul choix (laissé à la gauche) pour redresser le pays, imposer le respect des droits humains, impulser une véritable démocratisation des institutions et engager la société tunisienne sur la voie de la justice sociale »

         que la triple revendication (liberté d’association, liberté d’_expression et libération des prisonniers politiques) portée par le mouvement du 18 octobre constitue « le socle indérogeable pour toute vie démocratique future dans le pays et pour l’émergence d’une citoyenneté tunisienne véritable »

         que «La citoyenneté est l’accès de toutes et de tous à tous les droits » et qu’à cet égard «le mouvement islamiste an-Nahdha doit pouvoir jouir du droit à l’existence et à l’_expression libre dans la légalité démocratique, au même titre que toutes les composantes de l’opposition non reconnue, et participer ainsi aux débats, à la confrontation d’idées, qui sont l’essence même de toute démocratie ».

         et enfin que le débat avec les islamistes est « non seulement souhaitable mais  nécessaire ».

 

A quoi se ramènent donc nos divergences. J’ose affirmer qu’elles se limitent à deux questions et à deux questions seulement.

La première concerne la « précipitation » que nous aurions mise  à passer une alliance avec les islamistes. La seconde concerne, quant à elle, ce débat pernicieux avec les islamistes puisqu’il « postule le consensus avant toute discussion, (…) mettant (ses protagonistes) sur les rails  d’on ne sait quel  pacte démocratique  ».

 

Ce sont là deux questions intimement liées, qui se conditionnent mutuellement et que nous tenterons d’examiner successivement.

 

Unité d’Action et Alliance

 

Nous n’allons pas nous quereller sur les mots. Convenons pour la clarté du débat qu’une unité d’action se distinguerait d’une alliance par l’étendue de son programme et sa durée dans le temps. Dans ce sens et parce que ses membres ont délibérément limité leur entente à trois revendications libérales de base et ont conditionné l’avenir de leurs rapports par l’issue d’un débat sur des questions hypothéquant l’avenir de la démocratie dans notre pays, le collectif  du 18 Octobre constitue aujourd’hui une unité d’action qui écarte  pour le moment toute entente sur un programme alternatif et relègue à l’avenir toutes les questions relatives à la transition démocratique ( réformes constitutionnelles, réformes législatives,  d’élections libres, etc..).

 

Cette unité d’action est elle prématurée ? Nos amis, auteurs du texte, semblent le penser mais le simple bon sens et les besoins les plus élémentaires de la lutte politique dans notre pays semblent indiquer le contraire.

 

Sur un plan de simple logique, il n’est point de doute que dans une dictature de type présidentialiste, tous les pouvoirs sont confondus entre les mains du chef de l’exécutif qui se soumet toutes les institutions au moyen des services de sécurité. Dans un tel régime la règle est de confisquer aux citoyens leurs libertés fondamentales et de les soumettre à toutes formes de pression. Dans une telle situation toutes les forces victimes de l’oppression ont intérêt à joindre leurs efforts pour recouvrer leurs droits. Leur éparpillement ne peut profiter, en toute vraisemblance, qu’au maintien du statu quo. Dans le cas de notre pays, l’ensemble des formations politiques souffrent de l’oppression et ont un intérêt évident à unir leurs efforts pour activer une libéralisation de la vie politique. Les islamistes parce qu’ils subissent à l’étape actuelle la plus forte pression sont intéressés, plus que d’autres, par l’établissement de telles alliances. Mais la gauche l’est-elle moins ? A elles seules, ses forces propres sont elles capables de provoquer, dans un temps prévisible, une libéralisation qui se fait attendre depuis plus de quinze ans ? Si tel n’est pas le cas que peut-elle craindre de joindre ses efforts à ceux d’autres tunisiens auxquels elle reconnaît le droit d’exister et de participer pacifiquement à la vie politique ? Le bon sens serait incapable de trouver une seule raison qui justifierait cette réticence. A moins que l’on craint, sans vouloir trop le reconnaître, que cette libéralisation ne profite à des adversaires idéologiques ou politiques et que l’on préfère s’en protéger à l’abri du statut quo! On ne saurait trop le soutenir sans piétiner ses propres credo démocratiques et tomber dans l’attitude éradicatrice dont on se défend avec la dernière énergie.

 

Sur un plan plus pragmatique, deux expériences récentes sont venues prouver, par la positive, que cette unité d’action répondait aux exigences de la lutte pour la liberté dans notre pays et qu’elle était, à ce titre, source d’une grande mobilisation. Je veux parler du sit in des avocats d’avril 2005 qui a réuni des avocats d’obédiences diverses (communistes, islamistes, nationalistes, libéraux et autres… ) et qui en raison de cette unité, de cette diversité et de la justesse de la cause qui les a réunis ( l’affaire Abbou) a pu mobiliser tout le corps des avocats et dans son sillage la magistrature elle-même.

 

La deuxième expérience est celle de la grève de la faim du mois d’octobre qui s’est distinguée par la même diversité et par une capacité de mobilisation encore inégalée. Des centaines de tunisiennes et de tunisiens, de toute obédience, de différents secteurs d’activité et de différentes régions du pays, ont défilé quotidiennement dans le local des grévistes pour leur apporter soutien et exprimer leurs attentes et leurs espoirs pour l’avenir du pays. Et les tunisiennes et les tunisiens ne se sont pas contentés de soutenir cette lutte, ils y ont pris part dans le cadre de comités formés à travers tout le pays et dans l’émigration.

 

L’espoir soulevé par le mouvement d’Octobre ne s’est pas limité aux seuls tunisiens, il a gagné leurs amis démocrates étrangers et soulevé une véritable vague de sympathie dans différents pays maghrébins, arabes, européens voire nord américains. En témoignent la série d’articles parus dans la pesse internationale, les reportages diffusés dans les médias, les manifestations de soutien dans plus d’une capitale et les visites de délégations internationales aux grévistes eux-mêmes. Toutes ces forces ont loué la clarté des revendications, leur caractère judicieux, impérieux et unitaire. La délégation du Collectif du 18 Octobre qui s’est rendue en Europe au lendemain de la grève a pu mesurer l’enthousiasme et l’attente qu’a provoqué ce mouvement  chez les forces rencontrées, Communistes, Socialistes, Verts, Trotskystes, Syndicalistes, Sénateurs, Députés de toute obédience. Aucun de ces partenaires n’a soulevé de réserve à propos de la participation des islamistes au mouvement. Toutes ont au contraire loué le caractère unitaire du mouvement qui a mis fin à l’éparpillement de l’opposition tunisienne qui donnait jusqu’alors « l’image d’une nébuleuse chaotique et rongée par les luttes intestines ». Tous ont souligné qu’ils comprenaient que l’union de tous était nécessaire pour l’émergence des conditions d’une compétition véritable. Le même espoir, la même attente exprimés par les tunisiens eux-mêmes !

 

La simple logique, donc, tout comme l’expérience pratique ne semblent pas plaider en faveur du caractère prématuré, voire périlleux  de cette unité d’action mais attestent, au contraire, qu’elle constitue un impératif qui a par trop tardé à se manifester et qui est porteur d’un grand espoir démocratique dans notre pays.

 

Un débat avec les islamistes pourquoi ?

 

Nous n’avons abordé jusque là la question de l’unité d’action avec les islamistes que sous l’angle des impératifs de la tactique politique, une tactique qui n’a rien de politicien mais qui répond aux besoins les plus impérieux de la lutte pour les libertés dans notre pays.

Nous allons envisager maintenant les rapports avec les islamistes d’un point de vue plus stratégique.

 

Les islamistes sont des tunisiens, nous en avons convenu, nous n’allons pas les jeter à la mer. Nous reconnaissons au contraire leur droit à la participation politique, voire leur droit éventuel à être portés au pouvoir par les urnes. Cela est déjà le cas en Turquie et en Palestine, cela pourrait être le cas au Maroc en 2007. Nous allons donc cohabiter avec eux et pour cela convenir avec eux des règles fondamentales de cette cohabitation, en clair des termes du pacte démocratique qui doit unir tous les tunisiens. Un pacte qui délimite les fondements intangibles de la société démocratique, dans le cadre desquels et dans les limites desquels se déroulera la compétition entre forces politiques rivales. La démocratie ne peut s’établir ni se stabiliser sans un consensus national sur son contenu. C’est ce consensus qui doit constituer le substrat du pacte démocratique d’aujourd’hui et de la constitution de le deuxième république de demain.

 

Le débat avec les islamistes doit avoir ce contenu prioritaire. Nous devons déployer tous nos efforts – et le cas échéant  exercer toutes les pressions en notre pouvoir– pour parvenir à un accord qui fera que la démocratie ne soit pas un simple tremplin pour quelque forme de totalitarisme que ce soit. La démocratie moderne, celle que nous voulons, loin d’être une forme d’arbitraire populiste constitue au contraire l’exercice d’une souveraineté populaire limitée et encadrée par les droits inaliénables des individus et des minorités.

 

Sur la base d’un tel pacte et dans le cadre d’une telle constitution l’alternance entre équipes portant des programmes différents, reflétant des intérêts sociaux et des ancrages culturels différents, pourra se dérouler pacifiquement et périodiquement.

 

Les islamistes tunisiens sont ils prêts à cette aventure ? C’est précisément là l’objet et l’objectif du débat. Il n’est pas nécessaire d’en anticiper les résultats mais tous les observateurs attestent d’une évolution favorable qui autorise l’espoir.

 

Est-ce renier ses convictions démocratiques ou de gauche que d’envisager les problèmes politiques d’un point de vue national, c’est-à-dire sous l’angle des intérêts globaux de la communauté nationale à laquelle appartiennent tout autant la gauche que la droite, les libéraux que les conservateurs ? Est-ce se renier que de tenir compte des impératifs de la transition démocratique et, d’un point de vue plus stratégique, de ceux de la stabilisation démocratique et de s’y atteler dès aujourd’hui ?   Nous sommes nombreux à ne pas le penser et à croire au contraire.

 

Les rédacteurs du texte collectif pensent que l’unique rôle de la gauche (et du débat qu’elle devrait engager avec les islamistes) devrait consister à présenter un projet alternatif « et à la politique autoritaire du régime et au projet totalitaire de l’islam politique », que préconiser « un pacte démocratique avec les islamistes » c’est « gommer les différences » avec eux et « faire la politique sans les idées ». Ils soupçonnent ceux qui prônent cette politique de « parier » sur les  desseins géopolitiques « imaginés pour nous par des puissances tutélaires où la donne de l’islamisme modéré est considérée comme incontournable ».

 

Ces assertions me semblent procéder d’une conception intellectualiste de la politique qui perd de vue les données du contexte. S’il est vrai, d’un point de vue principiel et théorique, que la raison d’être de chaque courant est de présenter un projet alternatif à tous les courants rivaux et concurrents, il est non moins vrai que son rôle ne peut se limiter à cet impératif de propagande mais consiste au contraire à proposer de manière prioritaire des solutions pratiques aux problèmes que connaît un pays donné à un moment donné de son histoire. Aussi des projets de société différents peuvent-ils  converger à un moment donné sur un programme politique commun. La politique, comme le sport ne se jouant qu’à deux, les blocs se constituent plus sur les programmes politiques que sur les choix idéologiques ou « projets de société ». Et pour parler concrètement de la situation de la Tunisie d’aujourd’hui, où l’autoritarisme de l’Etat bloque toute _expression libre, ne pas donner la priorité aux besoins de la libéralisation de la vie politique et de la transition démocratique et ne pas constituer les blocs selon ce critère prioritaire c’est tout bonnement compromettre toute concurrence véritable entre projets sociaux rivaux et réduire la lutte politique à des querelles de chapelles sans incidence appréciable sur la vie des gens.

 

Nous ne pouvons par ailleurs occulter plus longtemps l’évolution qu’a connue l’islam politique au cours des quinze dernières années, ni la place qu’il occupe dans l’évolution des sociétés islamiques vers la démocratie. L’Union Européenne a procédé, de son côté, à une réévaluation de ce phénomène sur la base d’études circonstanciées. Ces études font état d’une différenciation au sein de la mouvance islamiste entre Jihadisme, Soufisme et Islam politique. Ce dernier se distinguerait du Jihadisme par l’abandon de la violence comme moyen de lutte politique et par l’adoption du cadre national (marocain, égyptien, tunisien, etc..) comme cadre de son évolution. Il se distinguerait du Soufisme (qui se réfugie quant à lui dans la sphère de l’édification de l’individu) par son investissement du champ politique. Ignorer ces appréciations et bien d’autres plus anciennes, notamment les études des islamologues américains, à un moment où les islamistes commencent à accéder au pouvoir au moyen des urnes, comme cela est le cas aujourd’hui en Turquie, en Palestine et très probablement demain au Maroc, et persister à considérer que ceux qui tiennent compte de cette évolution confirmée par l’expérience de leur propre pays comme de simples spéculateurs qui « parient sur les desseins que préparent les puissances étrangères pour notre région » c’est tout bonnement se cacher la réalité et condamner le projet de gauche et sa culture à n’être qu’ une simple nostalgie. Il est évident à ce propos que l’évolution du seul discours islamiste ne constitue point une garantie suffisante pour l’avènement de la démocratie et sa stabilisation. C’est le rapport de force qui oblige tout un chacun à respecter ses engagements. Il est instructif de noter à ce propos que la réussite de l’expérience turque tient aussi bien à l’évolution de l’islamisme turc qu’au contexte interne et international dans lequel se trouve la Turquie. Il est de même important de remarquer que Hamas n’a remporté la victoire électorale qu’à 59 000 voix de différence et qu’elle a à gérer la moitié de l’électorat palestinien encadré par le Fath et les organisations de gauche dans un contexte international de moins en moins favorable aux tentations totalitaires. Et au Maroc demain,  le PJD n’aura pas à exercer le monopole exclusif du pouvoir mais sera obligé de le partager avec le Trône et de gérer une opinion encore encadrée par des partis de gauche ou simplement séculiers.

 

La préparation de la société démocratique de demain passe donc par un dialogue qui n’exclut personne en vue de sceller précisément un pacte démocratique qui délimite avec clarté les fondements intangibles de la démocratie (égalité des sexes, liberté de conscience, bannissement des châtiments corporels, rapport de l’Islam avec l’Etat, etc.) et que tout un chacun s’oblige à respecter quelque soit la majorité dont il pourrait jouir à un moment ou un autre de notre vie nationale. Une fois ce pacte scellé, la garantie du bon fonctionnement du système dépendra bien évidemment du rapport force entre protagonistes. Mais il faudra au préalable l’avoir débarrassé de tout ce qui bloque son fonctionnement normal et cela demeure tributaire de l’unité des forces qui ont intérêt à l’avènement la démocratie.

 

C’est pourquoi j’ai toujours pensé – et défendu – que l’unité d’action doit évoluer vers un pacte alternatif et que d’impératif tactique, elle devrait se muer en alliance pour la démocratie. Cette conviction me semble dictée par les besoins de l’évolution de notre pays. Je ne vois pas la gauche prendre une part significative à cette évolution sans qu’elle n’assume son rôle dans la préparation de ses conditions. Et si tel est l’enjeu des manœuvres qui se trament aujourd’hui sous nos yeux comment imaginer que la gauche puisse acquérir son unité et la conserver sans s’entendre d’une manière ou d’une autre sur les choix qui s’offrent à elle ? C’est pourquoi il me paraît futile d’essayer de faire l’économie de ce débat en recourant aux anathèmes du genre  « faire la politique sans les idées » ou « spéculer sur les desseins que nous préparent les étrangers » ou encore « caresser la bête dans le sens du poil dans un dessein électoraliste » !!…

 

Les idées exposées dans ces quelques lignes, qui n’engagent que leur auteur, n’ont point pour objet d’attiser une polémique préjudiciable à l’unité de la gauche. Leur seule ambition est d’inviter des camarades inquiétés par l’évolution prise depuis le tournant de la grève du 18 Octobre à examiner de plus près le rôle politique de la gauche à ce moment précis – et peut être crucial – de l’évolution de notre pays. Les auteurs du texte «  à propos d’une dérive » ont eu le mérite d’ouvrir le débat, j’espère y avoir apporté ma modeste contribution.

 

Nejib Chebbi

Le 10 mars 2006


 

Douze ans d’information sur la Tunisie :

 

Pour que survive L’Audace…

 

Avec le numéro que le lecteur a entre les mains, l’Audace boucle sa douzième année. C’est en effet le 28 février 1994 que parut le premier numéro, daté de mars 1994. Depuis que Slim Bagga est en France, le constat patent de l’inexorable désertification médiatique en Tunisie lui inspirait l’idée de fonder une publication en exil. De fait, on se rendra rapidement compte à quel point la scène tunisienne était assoiffée d’une information autre, d’un regard à la fois objectif et désintéressé, autant qu’on puisse l’être.

 

Les première années du journal ont été exaltantes. L’Audace a rapidement gagné sa place dans les kiosques à l’étranger. Il est devenu le premier produit de contrebande vers la Tunisie. Des chancelleries étrangères en en redemandaient. Sauf celle des Etats-Unis à Tunis qui, à partir du 11 septembre et la publication dans le mensuel d’un article critique, avait renoncé à son abonnement…

Les lecteurs tunisiens « de l’intérieur » ont peaufiné, comme ils le font encore aujourd’hui, leur réseau pour s’assurer un exemplaire, quelquefois original, mais le plus souvent pirate[1]. Certains des expatriés se voient délestés de leur cargaison du journal à la douane.

De proche en proche, des acteurs tunisiens jusque dans les cercles proches du pouvoir, ont vu dans l’Audace un moyen inespéré de faire parvenir à l’opinion des aspects cachés de la vie politique intérieure. Il va sans dire que l’opposition a aussi, toutes obédiences confondues, matérialisé le credo de la publication : être « la voix des sans-voix ». L’exemple le plus frappant de cette perception de notre journal est le dossier devenu célèbre après avoir été repris par le Canard Enchaîné, des « Sept familles qui pillent la Tunisie » (N° 35 de décembre 1997 et 42/43, de juillet/août 1997). C’est là que les institutions financières internationales avaient accentué leur intérêt pour la bonne gouvernance en Tunisie.

 

Ce succès n’a pas été sans heurts. Et d’abord sur le plan interne. Slim Bagga s’est pris la tête avec quasiment tous ceux qui ont collaboré avec le journal. D’abord les copains de la première heure : Mezri Haddad, Wicem Souissi et Amor Mezzi. Le premier surtout ne se cachait pas d’un paternalisme hautain à l’égard du journal. Il avait tenté de se l’approprier à la barbe de son fondateur. Mais comme la tentative avait fait long feu, il s’était cru capable de concurrencer l’Audace par un journal éphémère qu’il avait appelé La Voix de l’Audace. Après une rupture fracassante, s’opère une réconciliation mélodramatique, avant une série de ruptures définitives.

L’hostilité à l’égard du journal et les ripostes de sa direction donnent lieu à pas moins de cinq procès en diffamation, dont deux où Slim Bagga est plaignant.

 

Tableau des affaires judiciaires de l’Audace :

 

Plaignant

Contre

Date

Date jugement

Verdict

Observations

Wicem Souissi

L’Audace

1998

Procès abandonné

 

 

Serge Adda

L’Audace

26/01/2000

05/07/2000

Demandeur débouté

 

M. Haddad

AlJour’a

26/06/2001

23/01/2002

Plaignant condamné aux entiers dépens

 

Slim Bagga

Afrique/Asie

10/09/2002

26/10/2004

4090 euros pour le plaignant

En appel, dommages portés à 5090 euros

Slim

La Gazette du Maroc

2003

En instance

**

Prévenu absent

 

1-       Wicem Souissi contre l’Audace, pour publication non autorisée.

Le plaignant avait rompu avec l’Audace. Il avait cependant fait paraître un article dans Libération que l’Audace avait repris dans sa revue de presse internationale. Wicem a monté la direction de Libération pour qu’elle porte plainte. Un entretien de Slim avec le patron de Libération, Serge July, avait permis de circonscrire le problème. Ce dernier avait donné instruction pour que cesse toute poursuite contre le journal.

Depuis, on n’a plus revu la signature de W. Souissi à Libé…

 

2-       Serge Adda contre l’Audace (Slim) et Le Monde (Jean-Pierre Tuquoi

A la parution de « Notre ami Ben Ali, Slim avait interviewé son co-auteur Jean-Pierre Tuquoi. Celui-ci avait nié avoir accepté aucune modification significative dans les éditions suivantes du livre et avait affirmé que « ce que raconte Serge Adda est faux… », formulation que l’intéressé avait estimé diffamatoire. Cela n’avait pas empêché le tribunal de le débouter de toutes ses demandes. L’Audace était purement et simplement relaxé.

 

3-       Mezri Haddad contre l’Audace :

Mezri reprochait à l’Audace de l’avoir diffamé dans un article de cheikh Salah Karker en 2001, exposant les sorties mondaines de celui qui se présentait comme un opposant, à l’ambassade de Tunisie à Paris, où il se goinfrait de baklawa, et autres délices interdits aux militants qui peuplaient les geôles de M. Ben Ali.

Pour des raisons de formes, le tribunal n’était même pas entré en matière, mais il a également mis en avant la bonne foi du journal pour condamner le plaignant, qui réclamait 120 000 francs, aux entiers dépens.

 

4-       Slim contre Afrique/Asie (Simon Malley)

Ce mensuel rallié à Ben Ali et profitant de ses largesses avait repris contre Slim Bagga l’accusation d’être un membre d’AlQaïda. Il a été condamné à 4090 euros, porté à 5090 euros en appel.

 

5-       Slim contre La Gazette du Maroc :

Cette même affaire est en cours contre la Gazette du Maroc, dont le responsable s’abrite de l’autre côté de la Méditerranée pour faire traîner le procès. Il risque cependant de faire condamner son distributeur à sa place… A suivre.

 

Avec l’appui indéfectible de son infatigable avocat, Maître William Bourdon, celui-là même qui avait failli mettre la main sur Khaled Ben Saïd, ancien consul tortionnaire à Strasbourg, Slim a emporté toutes les affaires ayant déjà été jugées.

Personnage controversé (Lire son point de vue par ailleurs), Slim a réussi à faire vivre un média tunisien indépendant sans aucun soutien institutionnel. Le saltimbanque du journalisme tunisien a refusé la facilité de demander une maison à la Cité Al-Ghazala, ce qui est l’horizon suprême d’un journaliste tunisien « normal ». Il aurait assurément pu faire des affaires avec Ben Ali. A cet égard, l’itinéraire comparé d’un Mezri Haddad, par exemple, met au grand jour toute la différence entre les deux hommes, tout à l’honneur de Slim.

 

Pour l’instant, l’Audace a tenu le coup. Vaille que vaille. Mais un journal n’est rien sans ses lecteurs et ses amis. C’est pourquoi je m’adresse à tous ceux qui ont pu s’éloigner à un moment ou à autre, alors qu’ils étaient de bonne foi. A tous ceux qui ont contribué à la distribution, à la diffusion et à la notoriété du journal. Aucune querelle avec Slim n’est de nature à jeter le bébé avec l’eau du bain. A tous ceux qui ont des reproches personnels, des griefs de comportement à Slim, l’Audace est un acquis national que nous devrions tous aider à durer. C’est un outil unique pour communiquer entre nous et avec les autres. Que ceux qui ne sont pas abonnés s’abonnent pour assurer l’indépendance et la pérennité du titre. Que ceux qui ont des arriérés de paiement à son égard s’en acquittent. Qu’aucune animosité personnelle ne nous amène à jeter le bébé avec l’eau du bain. Mais dans le même temps, que ceux qui ont des remarques, des critiques, des suggestions à faire sur le contenu éditorial n’hésitent pas à s’exprimer, car l’Audace est la propriété de ses lecteurs qui partagent les idéaux de liberté, de dignité et de démocratie pour une Tunisie libre, diverse, réconciliée et apaisée.

Il n’est ainsi pas normal que le journal ne contienne une rubrique permanente de courrier des lecteur sans parler de la version arabe que nous sommes impatients de restaurer. Bien d’autres améliorations sont dans les tiroirs, mais les moyens ne sont pas à la hauteur de cette ambition, surtout en prévision des grandes dates qui nous attendent à l’horizon 2009.

C’est pour cette raison que j’accompagne personnellement cette entreprise reste debout dans le champs de ruines engendré par la tortiocratie du général Ben Ali dans le paysage médiatique tunisien.


 


[1] Comme une publication associative, l’Audace fait partie des rares journaux à se féliciter d’être piraté ! Il est évident que les lecteurs en capacité de s’abonner ou de se payer leur exemplaire n’hésiteront pas à le faire.

 

(Source :  L’Audace  du mois de Mars 2006)

 


« Ben Dhia, tout les monde sait qui sont les vrais traîtres de la nation »

 

(En réaction à un plaidoyer de ben dhia (son titre honorifique que je connais pas et je n’ai pas envie de le savoir) paru dans un quotidien torchon de la cité que je n’ai pas envie non plus de lui faire de la publicité gratuite. Mes excuses pour l’honnêteté intellectuelle) 

 
Les tunisiens, les gouvernements étrangers, les diplomates connaissent bien les vrais traîtres. Ils savent bien :
 
Qui a hypothéqué et asservi l’économie de la Tunisie en contractant des dettes au nom du peuple et de ses générations futures : presque 70 % des revenus des tunisiens proviennent de l’étranger et qu’une grosse partie a cherché et chercherait refuge ailleurs qu’en Tunisie. De quelle autonomie et d’indépendance parles-tu lorsque vous êtes accablé par des dettes. Lorsque tu supplies et tu mendies auprès des puissances étrangères pour qu’il vous accorde des aides pour vous nourrir, vous loger et vous vêtir en invoquant la menace du péril de l’intégrisme islamique si les tunisiens n’auront pas à manger.
 
Qui permet aux financiers étrangers d’acquérir et racheter pour une croûte de pain nos usines chèrement payées par nos compatriotes.
 
Qui met en risque notre économie et surtout notre approvisionnement en hydrocarbures par l’insuffisance de notre production locale qui ne couvre que 46% de nos besoins en produits pétroliers (à prendre à maxima).
 
Qui a fait des concessions et accorder des indemnisations à coup de hectares agricoles à Mornag et ailleurs aux juifs qui ont quitté volontairement, de leur propre gré, la Tunisie pour s’installer en France et en Israêl. La contrepartie est qu’ils vous soutiennent et prennent la défense de votre maître ben ali. Puissant lobbying oblige.
 
Qui a invité Sharon et les shloumo et interdit à nos compatriotes en exil de revoir leur pays, le pays de leurs parents et grands parents.
 
Qui permet et allait permettre aux américains d’installer leurs base militaires chez nous en Tunisie, de faire de la Tunisie une base arrière du Mossad, de la CIA et sans oublier la Mafia russe, italienne.
 
Qui fait appel aux techniciens et aux experts américains de la répression et de la torture, pour instruire vos flics et barbouzes et leur apprendre comment torturer leurs compatriotes (tout le monde voyait les voitures de l’ambassade des Etats-Unis rentrer et sortir de vos casernes du côté Place Pasteur entre autres).  
 
Qui ferme les yeux et encourage, voire organise nos jeunes compatriotes à traverser la mer pour se rendre en Europe, sachant qu’ils allaient à la mort, et qu’ils vont joncher les rivages en cadavres.  
 
Qui a salit l’image des tunisiens et tunisiennes que l’on pointe comme des trafiquants de drogue, des voitures de luxe, des objets sexuels pour les pédérastes et les maquereaux.
 
Qui interdit et expulse nos compatriotes des hôtels et des clubs de vacances pour que les touristes occidentaux s’amusent et profitent aisément et pas trop cher sans que la mauvaise graine tunisienne les emmerde et les dérange.
 
Qui se prosterne et se prostitue auprès des européens et américains pour quelques euros et quelques dollars de subventions, de bourses, de missions et de prises en charge pour que les mercenaires universitaires de ton parti puissent se rendre en Europe et en Amérique.
Qui fait déguerpir ses flics et ses voyous coupeurs de route dès qu’un diplomate américain pointe le bout de son nez pour venir assister à une conférence de presse, à un procès, rendre visite à un ou des grévistes de la faim.
 
Qui supplie les ambassades installées en Tunisie de ne pas inviter les membres de la vraie opposition tunisienne en même temps que ses chiffe molles, c’est-à-dire les ministres, les secrétaires d’Etat, et les hauts fonctionnaires de sa majesté ben ali.
 
Qui… et qui … la liste est longue. Et ne comptons pas sur vos mercenaires journalistes de l’écrire et de le dire à haute voix et noir sur blanc. Ils sont tellement lâches. Ils le chuchotent ailleurs tout en se moquant de ta gueule. Car ils savent comme tous nos autres tunisiens les vrais traîtres et vendus de la république tunisienne.
 
Ben dhia, moi à ta place, j’aurai coupé ma main depuis longtemps, depuis que tu es aux services de tes maîtres, déjà du temps de bourguiba qui fut passé maître de la traîtrise et qui se fait entourer par les traîtres et s’il n’existait, il a l’art de les créer. N’est ce pas de Gaulle qui a dit en confidence que ce petit homme (parlant de bourguiba) fera bien l’affaire de la France en Tunisie. N’est ce pas bourguiba, ton maître de l’époque qui a appelé les militaires français pour mater la révolte de Gafsa en 81 ou 80 (j’ai oublié la date exacte, j’ai même oublié quel l’année de la fausse indépendance de notre pays, gavage novembériste oblige).
N’est ce pas, ben dhia que ce sont les amérloques qui ont installé à Carthage ton chef bien aimé, une nuit du 7 novembre 1987. N’est-il pas vrai qu’ils ont une envie maintenant de le faire déguerpir. Ne me dites pas que les américains ne connaissent pas la réalité tunisienne. Ils savent très bien quant est-ce que tu vas déféquer. Ils savent très bien que le jour du 24 février 2006 toi, ganzoui et les autres, vous aviez mobilisé une énorme force de flics en uniformes, en civil, à pied et en véhicules d’interventions. Ils ont vu que vos flics tabasser à sang les gens, nombreux qui sont venus manifester. Ils ont aussi vu les bus de transport public (SNT), perquisitionnés et remplis de flics. Mais ils ont vu aussi que des tunisiens et tunisiennes cloués des heures et des heures dans les arrêts des bus qui ne viennent pas. Désolé de te décevoir, ces gens là (diplomates européens et américains, opérateurs des satellites audiovisuels) voient et entendent tout. Ils connaissent mieux que toi ce qui se passe en Tunisie.
Pour conclure, les leçons du patriotisme à bas prix venant de ta vile personne ne sont que souffle de vent dans le désert de Tunisie.
 
Les inquisitions et autres vociférations sur l’absence de patriotisme et d’intelligence des opposants pour le compte des ambassades européennes et américaines, ne font plus recette ici et ailleurs. Car tout le monde sait, qu’à part défendre et crier fort la cause des tunisiens, victimes d’une répression inégalée ailleurs, ils n’ont pas à divulguer les bombes atomiques que la Tunisie possédait secrètement. Ils n’ont rien à donner en contrepartie. La dictature de ton régime a tout donné. Ce sont des braves tunisiens et tunisiennes qui n’ont trouvé aucune main tendue pour les écouter et les réconforter des malheurs que leur fait subir la dictature de ton maître bien aimé. Ce sont des parias du régime, que s’ils étaient des vrais traîtres, ils auraient pu chercher leurs bonheurs ailleurs et oublier à jamais l’enfer de la dictature tunisienne. Ils en ont, je t’assure et j’assure mes compatriotes, toutes les possibilités de le faire, mais, ils adorent leur pays et ils se sacrifient pour leur patrie !
 
Mais au fait, qui peut mieux surenchérir dans le marché de la traîtrise et de l’intelligence qu’un régime totalitaire qui, par sa nature, accapare tout. Ne soit pas myope et regardes ce qu’ont fait Saddam, Mobutu et les autres. Ils ont tout donné aux étrangers, la terre, la mer, les mines, les armes, les personnes et le reste.

O.F

Tunis le 12 mars 2006

 


 

Congrès de l’Association Tunisienne des jeunes avocats (ATJA)

 

Entre les défenseurs d’un boycott avec présence sur les lieux et le Comité directeur sortant au sein de l’Association tunisienne des jeunes avocats appelés à renouveler leur équipe dirigeante conformément aux statuts de l’association, le coup de théâtre qui avait empêché, samedi 4 mars 2006, le parachèvement de l’assemblée générale en passant au vote, le torchon brûlait, hier.

 

Une décision souveraine informant de la tenue des élections le 11 et non le 18 mars 06, ne semblait pas satisfaire la liste de la « Concorde ». Une histoire de litige et de divergences qui ont atteint hier à l’Arcopole à Tunis son paroxysme et son épilogue, d’un point de vue purement légal. Des centaines de jeunes avocats ont répondu présents en allant voter.

 

Le forfait des uns n’aura rien changé à la satisfaction des autres. Le débat continue. Les intérêts de la profession sont le principal  enjeu, objectivement parlant, entre membres d’un même corps de métier où les différences de point de vue sont source de richesses.

 

Le comportement des électeurs est en soi porteur de message. Il semble que la majorité pense davantage à ses soucis et difficultés comme intervenant fraîchement venus au barreau.

 

 Plus que des enseignements à tirer la masse, d’habitude silencieuse, a tranché en votant en grand nombre pour une élection qui a trop duré et qui a failli traîner encore une fois en longueur.

 

Entre la génération des  années quatre vingt et celle de 2006, la conscience des intérêts professionnels a pris le dessus sur les préférences partisanes.

 

Plus de 600 ont voté.

 

Un basculement est à saisir par les observateurs, faute d’être compris par certains leaders d’Opinion encore nostalgiques de la période où les discours faisaient bouger les foules, étudiants compris.

 

Consolation pour les partants ? Encouragement pour les tenants de la ligne corporatiste ? Chacun en tirera les enseignements qu’il veut.

 

Un fait est là : les élections d’hier bien que boycottées par les partisans de la « Concorde » ont été suivies par pratiquement six cents votants, selon quelques estimations  quelques minutes après la fin de l’heure du vote qui avait démarré dès 9H du matin.

 

Une nouvelle page est ouverte en attendant le prochain rendez – vous électoral.

 

H.B.

 

(Source : « Le Temps » du 12 mars 2006)


 

Assemblée élective des jeunes avocats – Malgré certaines tentatives d’intimidation

Forte participation au scrutin

• Par rapport à la dernière élection, le premier de la liste qui a remporté hier le scrutin a doublé ses voix

 

La Presse – Le comité directeur de l’Association tunisienne des jeunes avocats a tenu, hier matin, aux Berges du Lac de Tunis, son assemblée élective.

 

L’élection, qui devait se dérouler initialement le samedi 4 mars 2006 à la bibliothèque de l’Ordre national des avocats où se sont toujours tenues ces élections, a été reportée.

 

Toutefois, un petit groupe composé d’environ 30 avocats a envahi la bibliothèque empêchant ainsi la tenue de cette élection.

 

Face à cette situation, le bureau de vote élu directement et démocratiquement par l’assemblée générale tenue le 3 mars 2006, a décidé d’organiser l’élection à la salle n°10 du Tribunal de première instance de Tunis.

 

De nouveau, le même groupuscule a empêché par la force l’organisation de l’assemblée élective. Le comité directeur sortant a décidé alors le report de cette élection.

 

Ainsi, par voie de presse, l’Association tunisienne des jeunes avocats qui est indépendante du conseil national de l’Ordre des avocats, a annoncé pendant plusieurs jours la convocation des jeunes avocats pour leur assemblée élective qui s’est déroulée hier aux Berges du Lac de Tunis où, faut-il le rappeler, s’est tenue le 3 mars l’assemblée générale de ladite association.

 

De nouveau, hier, le même groupement a tenté de faire obstacle à cette élection. Toutefois, face à la mobilisation de la quasi majorité des jeunes avocats, cette nouvelle tentative a échoué et l’élection s’est bien déroulée démocratiquement et dans la transparence totale. «Nous avons enregistré une forte participation, ce qui prouve que l’écrasante majorité des avocats désavoue les agissements irresponsables et les tentatives d’intimidation», nous a déclaré un jeune avocat.

 

Selon un autre jeune avocat, la liste qui a remporté la dernière élection a recueilli 300 voix. Cette fois-ci, le premier de la liste gagnante triomphe, en remportant deux fois plus de voix que lors de l’élection 2004-2006, ce qui représente un record par rapport aux précédentes élections.

 

D’ailleurs, selon un jeune avocat, «il est regrettable et inadmissible qu’un groupuscule qui prétend revendiquer la démocratie tente d’imposer son diktat à la majorité et refuse la voix des urnes».

 

C’est la liste «Le barreau, d’abord» composée de jeunes avocats voulant défendre la profession et les véritables préoccupations des jeunes avocats qui a largement remporté, hier, l’élection malgré les tentatives de certaines parties qui ont été totalement désavouées par la grande majorité des jeunes avocats.

 

A signaler enfin que le scrutin s’est déroulé en présence de plusieurs journalistes représentant la presse nationale et internationale, ainsi que d’un huissier-notaire.

 

Mouldi M’BAREK

 

Le nouveau comité

 

C’est La liste «Le barreau, d’abord» qui a obtenu hier le plus grand nombre de voix pour l’élection des 9 membres du comité directeur de l’Association tunisienne des jeunes avocats.

 

L’autre liste dite «La liste de la concorde» a essuyé un cuisant échec.

 

Voici les noms et le nombre de voix remportées par la liste «Le barreau, d’abord» :

 

1) Me Lotfi El Arbi 549 voix

 

2) Me Rafik Baccar 529 voix

 

3) Me Mohamed Saïdana 525 voix

 

4) Me Mounir Ben Smida 519 voix

 

5) Me Akram Marzouk 515 voix

 

6) Me Khaled Ben Saâd 503 voix

 

7) Me Mohamed Ben Smida 499 voix

 

8) Me Zahira Ben Brahim 490 voix

 

9) Me Haïthem Khedir 487 voix.

 

Il est à noter que le nombre de votants s’est élevé à 599 dont 6 bulletins ont été déclarés nuls.

  

(Source : « La Presse » du 12 mars 2006)

 


Parti des Verts pour le Progrès :

Répartition des tâches au sein du B.P. 

• Remerciements et considération au Président Ben Ali

 

La Presse –  Dans un communiqué en date du 9 mars, le Parti des Verts pour le Progrès indique que son comité constitutif s’est réuni, en ce jour, et débattu de plusieurs points inscrits à l’ordre du jour, avant de prendre un certain nombre de décisions dont notamment :

 

– Le comité constitutif est considéré comme un bureau politique chargé de gérer les affaires du parti jusqu’à la tenue du congrès constitutif.

 

– La création prochaine d’un comité constitutif élargi composé des membres du bureau politique et de ses cadres. Ce comité sera appelé à évaluer régulièrement les activités du parti, à arrêter sa stratégie et à choisir la date de la tenue du congrès constitutif.

 

Le bureau politique, qui adresse ses vifs remerciements et sa considération au Président Ben Ali, a annoncé, dans le même communiqué, qu’il a procédé à la répartition des tâches comme suit:

 

M. Mongi Khammassi (secrétaire général)

 

Melle Amel Lakhal (secrétaire général adjoint)

 

M. Faouzi Ezzeddine (chargé de l’information)

 

M. Néjib Zghonda (chargé des affaires extérieures)

 

M. Fethi Dergachi (chargé des finances)

 

M. Chaker Saïd (chargé des études et de la formation)

 

M. Ryadh Hammoudia (chargé des structures)

 

Melle Karima Hosni (chargée de la jeunesse)

 

M. Ali M’rad et Melle Cherifa Marzouki (membres du B.P.).

 

(Source : « La Presse » du 12 mars 2006)


 

 

Aujourd’hui « La Presse » a 70 ans

Témoin privilégié

Par Zohra BEN ROMDHANE

 

La Presse fête aujourd’hui son 70e anniversaire. Lancé le 12 mars 1936, le journal a non seulement réussi à traverser le temps, sans jamais subir d’interruption, mais il a, au fil des ans, élargi considérablement son audience. Au point d’acquérir la notoriété d’un grand quotidien national, solide et crédible, parce que authentiquement tunisien.

 

C’est que dans sa quête d’une information objective et par son refus de céder à la tentation du sensationnalisme, le journal, bien que francophone, n’a cessé de gagner la confiance d’un lectorat certes multiforme mais qui, par-delà les différentes générations qui le forment, partage une sacrée exigence de rigueur morale et professionnelle. Ce qui lui vaut un rayonnement national et international certain.

 

C’est donc, à la lumière d’indicateurs objectifs que La Presse peut être aujourd’hui fière des 22. 730 numéros qui auront accompagné l’évolution de notre pays, retraçant de près les principaux chapitres de son histoire et reflétant la marche de son peuple vers plus de progrès et de liberté. N’a-t-il pas été le média le plus prompt à saisir les enjeux du Changement et à en répercuter la déclaration historique, un certain 7 novembre 1987.

 

Et il n’est que plus exaltant pour toute l’équipe du journal que ce 70e anniversaire intervient au moment même où notre pays s’apprête à célébrer, le 20 mars prochain, avec faste, le cinquantième anniversaire de son indépendance. Une commémoration qui prend d’autant plus de relief dans un monde en pleine mutation et où la notion de souveraineté nationale ne cesse d’être écornée sous les coups de boutoir de ce qu’on appelle aujourd’hui la mondialisation.

 

En ces temps d’interrogation où les valeurs les plus sacrées de l’humanité servent d’alibi pour asservir les peuples, et où l’amalgame constitue le principal mode d’emploi de la culture régnante, rester égal à soi même est, sans doute, une performance dont peut légitimement se prévaloir notre journal, dans la fidélité aux principes qui ont fondé notre indépendance nationale et qui fondent aujourd’hui le processus du Changement conduit par le Président Ben Ali.

 

La sérénité que fait ressortir l’évaluation de notre approche journalistique, de notre lecture des événements, à travers une ligne éditoriale qui constamment privilégie la modération et le recul, est justement ce qui caractérise le plus La Presse, qui fait son originalité et son succès d’audience. Autant d’atouts qui lui attirent la confiance des annonceurs et renforcent l’image de sérieux dont le créditent ses lecteurs.

 

Par-delà les amalgames qui fleurissent autour du concept de «liberté d’_expression», aujourd’hui à la «Une» de tous les combats, en particulier de ceux qui en sont les premiers fossoyeurs, notre journal reste confiant dans ses choix politiques et éthiques.

 

C’est qu’en adhérant aux choix civilisationnels du Changement, La Presse s’est inscrit dans une dynamique d’avenir, en se faisant le porte-voix des valeurs qui feront le XXIe siècle. Celles de la liberté corrélée avec la tolérance, la solidarité et le respect de l’Autre. Ce qui lui vaut d’ailleurs aussi d’entrer de plain-pied dans la nouvelle culture numérique. Avec un leadership d’audience avéré, son site web, un des plus visités, sinon le plus visité, se présente comme une véritable vitrine de la Tunisie moderne et recueille une adhésion remarquable des Tunisiens aux quatre coins du globe. L’acquisition d’un Computer-to-plate (CTP) et bientôt celle d’une rotative dernière génération, marqueront sans nul doute une nouvelle mutation qualitative dans l’environnement professionnel de l’institution.

 

Fort de ces nouveaux atouts de la performance et de la modernité, ainsi que d’une nouvelle génération d’hommes et de femmes qui prennent le relais de plumes prestigieuses ayant fait du journal une véritable «école», La Presse poursuivra sa marche sereine. Malgré la grave crise mondiale qu’affronte le secteur en raison des mutations technologiques, malgré les campagnes tendancieuses d’une presse douteuse.

 

A la faveur du climat de liberté et de pluralisme qui prévaut dans notre pays, du plein essor qui marque notre société dans tous les domaines, de la créativité et de l’ingéniosité de notre peuple qui trouvent dans le processus continu de réformes matière à épanouissement et explosion de talents, et last but not least à la faveur de la politique d’appui constant et d’encouragement aux médias du Président Ben Ali, notre journal est assuré de conforter sa position dans le paysage médiatique national. La diversité des tendances et l’explosion de titres ne feront que mieux distinguer La Presse en tant que titre sérieux de grande tradition et avec des lecteurs fidèles. Ce qui incite la famille du journal à toujours se renouveler pour être en phase avec leurs besoins et attentes en matière d’information et d’analyse, de culture et de détente.

 

Aussi, en ce jour anniversaire, sied-il à notre institution de rendre hommage à tous les lecteurs de La Presse sans lesquels leur journal ne serait pas ce qu’il est aujourd’hui, mais aussi à tous ceux qui ont contribué à le faire – à quelque niveau que ce soit – et à tous ceux et celles qui, aujourd’hui, apportent leur touche et contribuent à sa pérennisation. Dans le respect de la déontologie et de l’exigence de qualité et de rigueur. La nôtre et celle de nos lecteurs. Afin que La Presse continue à être le témoin privilégié de la «Tunisie d’aujourd’hui et de demain».

 

(Source : « La Presse » du 12 mars 2006)

 


Un site web pour la ville de Hammamet

 

Les villes tunisiennes accusent un réel retard dans l’utilisation des TIC et leur adhésion au web. En effet des grandes villes comme Sousse ou Sfax, ne disposent pas jusqu’ aujourd’hui d’un site web.

 

L’ASM, Association de Sauvegarde de la Médina de Hammamet vient de mettre en ligne un nouveau site web : www.asmhammamet.org.tn

 

Ce site réalisé en langue française et anglaise, expose les activités de l’ASM de Hammamet, l’histoire et le patrimoine de la ville du Jasmin.

 

Le site est très intéressant, incluant des photos anciennes de la ville et des témoignages de personnalités ayant fait leur passage par Hammamet.

 

Il devient urgent qu’on lance une action nationale, afin de doter chaque ville, ou du moins chaque gouvernorat d’un site officiel.

 

 T.B.

 

(Source : www.webmanagercenter.com , le 10 mars 2006 à 16h24)

 

2250 sites web tunisiens en un an !

 

Entre fin 2004 et fin 2005, l’Internet tunisien a vu la naissance de 2250 sites web ! Du moins selon les statistiques les plus récentes du ministère des Technologies de la Communication que nous lisons sur le site officiel www.infocom.tn

 

Ainsi, le nombre de sites recensés à fin 2005, selon le ministère, passe de 1775 en 2004 à 4028 en 2005. En un an, et à en croire ce site, la Tunisie a réalisé plus que le double de ce qui a été réalisé entre 1996 (où l’on ne comptait que deux sites) et 2004.

 

Un annuaire tunisien officiel répertoriant l’ensemble de ces sites serait le bienvenu et l’ATI pourrait envisager sa création.

 

 R.B.H.

 

(Source : www.webmanagercenter.com , le 10 mars 2006 à 03h15)

 

L’île de Djerba se dote d’un site web

 

L’Association de Sauvegarde de Djerba, qui a fêté ses 30 ans, a réalisé un CD-ROM sur son activité.

 

Il faut rappeler que cette association a élaboré plusieurs études historiques, archéologiques, touristiques et environnementales sur l’île de Djerba.

 

Elle vient de réaliser un site web et a édité plusieurs publications, pour faire connaître ses programmes et ses projets, notamment le centre de documentation qu’elle a créé sur l’île, l’observatoire de développement durable, ainsi que le centre d’architecture des mosquées de l’île.

 

T.B.

 

(Source : www.webmanagercenter.com , le 16 février 2006 à 06h04)


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