11 août 2006

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TUNISNEWS
7 ème année, N° 2272 du 11.08.2006

 archives : www.tunisnews.net


El Maoukef: Agression

Balha Boujadi: l’unanimisme stupide n’a rien de glorieux

Dehliz: En réponse à  S. Charfi Waki: Al-Jazeera, chaîne du diable ?

Site du Parti du Travail de Belgique: Dix belges sous les bombes israéliennes

 
 Cliquez ici pour accéder au reportage exceptionnel de l’AISPP sur la catastrophe humanitaire des prisonniers politiques Tunisiens 


 
Agression
Madame Faqraoui, mère d’un prisonnier politique, le jeune Zyed Faqraoui, a assuré que son fils était en grève de la faim illimitée à la prison de Borj El Amri depuis le 5 juillet 2006, pour protester contre les affaires de terrorisme montées contre lui et les mauvaises conditions d’incarcération, notamment avec la propagation de la gale. Elle a aussi fait état d’une agression dont avait été victime son fils, perpétrée par un agent pénitentiaire dénommé : « KH, S ». Elle a dit que l’état de son fils avait empiré dangereusement et elle n’a pas caché ses craintes pour la vie de ce dernier. (Source : El Maoukef du 5 août 2006)
(Traduction ni revue ni corrigée par les auteurs de la version riginale, LT

 

L’UNANIMISME STUPIDE N’A RIEN DE GLORIEUX

BALHA BOUJADI « La guerre est la forme collective et violente de la conversation » Alexandre Amoux Quand j’ai écrit mon papier «Je ne comprends plus rien» (Tunisnews du 6 août courant), j’avais pour seul but de rompre avec cet unanimisme stupide qui a fait des peuples arabes (élites et masses) un troupeau d’excités derrière un nouveau Zaim ou caïd, en l’occurrence Hassan Nasrallah et ses milices. Je suis démocrate, et mes principes démocratiques ne peuvent pas concevoir que 300 millions de personnes soient du même avis, humainement c’est impossible et idéologiquement c’est trop grave, car c’est un signe d’immaturité et de sous développement culturel. Je peux même dire que c’est un signe d’hypocrisie et de malhonnêteté intellectuelle. Tout le monde faisait l’apologie de la guerre et de la dite «résistance» d’une façon sadique et presque maladive, et personne, vraiment personne, n’évoquait l’erreur grave de ce parti fasciste, et je sais de quoi je parle, car j’ai beaucoup d’amis libanais et qui m’ont raconté des choses horribles sur l’agissement de cette milice qui possède ses propres tribunaux et ses propres prisons et avec ça on peut imaginer toutes les pratiques maffieuses  de ces fous de Dieu. Les apôtres de la mort et de la guerre, les barbus qui ont organisé la «conquête de Manhattan» et les recruteurs des poseurs des bombes dans les rues de Bagdad et des métros de Madrid et de Londres se sont appropriés des antennes de Aljazeera et consoeurs pour prêcher leur message destructeur et démolisseur contre tout le monde : les juifs, les chrétiens, les américains, les régimes arabes, les russes, les chinois… tous sont devenus des ennemis à abattre au nom de la «résistance» et de cette culture de la mort et de la guerre élaborée dans les grottes de Tora Bora et les salons de thé du Caire par les islamistes et les idéologues de la guerre des civilisations. Heureusement, qu’après mon article, le débat s’est animé et on a pu déceler des honnêtes intellectuels, femmes et hommes, qui ont eu le courage de contrecarrer ceux qui prétendent que cette nation arabe n’a aucun salut en dehors de la guerre sainte et les actions terroristes, il y’en a eu même quelqu’un, un sociologue de surcroît, Jebeur Gafsi, qui a disserté des théories sur les bienfaits de la guerre, moi, qui suis un simple citoyen ignorant, je peux lui donner vingt-cinq milles bienfaits de la paix. Il a fallu que deux femmes, (la femme est l’avenir de l’homme, disait Aragon) Mme Saloua Charfi et Mme Raja Ben Slama, aient le courage de dire ce qu’elles pensent en signant leurs propres articles et faisant front à toutes les critiques (mêmes de quelques unes de leurs étudiantes) pour que le débat soit plus équilibré et que chacun défend ses arguments d’une façon civilisée et qu’on devient des humains libres et émancipés, personne n’est discriminée pour ses idées ni pour ses convictions. Personnellement je suis anti-islamiste, et je pense que la guerre de Hezbollah est un exemple saillant de l’aventurisme donquichottesque d’une idéologie en pleine autodestruction, la preuve est qu’aucun libanais ne s’est identifié à cette guerre, moralement ils se sont unis pour défendre l’idéal d’Etat et de citoyenneté mais jamais d’un parti de libération décadent et archaïque. L’opinion publique mondiale s’est manifestée contre la guerre disproportionnée et les bavures de l’armée israélienne, mais elle n’a jamais soutenu Hezbollah et son idéal islamiste jihadiste. Il faut enseigner à nos enfants de dire « Non à la guerre » là où elle soit. Aucune gloire de guerre n’égale une journée de paix. Notre nation arabe a fait cinq guerres contre Israël, avant celle du Liban et je n’ai vu aucun bienfait cité par notre petit sociologue Jabeur Gafsi, au contraire, la situation est de plus en plus dramatique au niveau socioculturel, économique ou politique. Toujours on attend un Zaïm, comme l’a expliqué Ibrahim Abdessamad, depuis Nasser à Saddam en passant par Kadhafi et Assad et terminant par Ben Laden, Zarqaoui et « Samahat Essayed » Hassan Nasrallah qui a dépensé une fortune en Katiouchas qui auraient pu servir à construire des écoles et des universités pour lutter contre l’analphabétisme  et l’ignorance de ces masses misérables de la communauté chiite au Liban et ailleurs. Chaque Katioucha coûte 500.000 dollars, faites vos comptes. BALHA BOUJADI, Le 11 août 2006 balhaboujadi@yahoo.es

En réponse à  S. CHARFI

Pour ne pas abuser de votre temps et ne pas vous perturber dans les préparatifs de votre « expédition d’aide » au Liban, je serai très bref bien que ce genre de personnification des débats et de « droit de réponse » – qui n’est pas respecté dans la revue Réalités à laquelle vous collaborez- me soient sincèrement pénibles. Sur les conditions de confort et la clim dont vous parlez, sachez, madame, que je travaille dans des conditions extrêmement pénibles et que je n’ai pas les moyens de m’offrir les conditions de confort auxquelles, il me semble, vous êtes habituée dans les différents postes d’exercice (université, bureau d’études, journal…). Donc comme vous pouvez vous rendre compte, je ne peux me permettre, avec mes moyens – dont je ne me plains pas ouel Hamdou Lellah-, de penser à voyager au Liban (ni même à Tozeur) bien que l’envie ne me manque pas. A cet effet, je ne vous saurais que gré de bien vouloir intervenir auprès d’une des ONG (qui vous sont familières) pour pouvoir bénéficier d’une aide pour voyager. Mais je vous préviens. Vous pourriez très bien être taxée de terroriste, vous aussi, pour assistance à un islamiste (barbu et obscurantiste) et nous serions tous les deux dans le même camp[1]. Le Liban (avec la Palestine) est l’unique démocratie dans le monde arabe[2]. La diversité d’opinions et d’ethnies y est tout à fait consommée et les critiques au parti Hizb Allah sont légitimes. Mais face à une destruction massive d’un pays qui ne semble épargner personne, les libanais, contrairement aux pseudo démocrates arabes, peuvent dissocier –et c’est en partie grâce justement à cette culture démocratique- le patriotisme[3]  de la liberté d’action. Le règlement des comptes, en ces moments et comme l’a préconisé l’état sioniste et ses subalternes idéologiques, ne peut qu’enfoncer irrémédiablement le Liban.
Rappelons-nous de ce qui s’est passé en Irak lors de l’agression américaine et imaginons que les massacres du Liban aient été pérpétrés dans un pays comme la Tunisie, la kaddara Allah. Avec des commentaires et des chroniques aussi « progressistes » et sans s’immiscer et juger les intentions[4], je m’abstiens à formuler les scénarios qui me traversent l’esprit. Allah Youster. Enfin, bon voyage quand même et j’espère que votre aide aux libanais sera limitée aux activités humanitaires. DEHLIZ[5] [1]. Les citoyens tunisiens voulant se rendre en Irak pour renforcer les rangs des résistants à l’occupation américaine ont été incarcérés pour des périodes inimaginables. [2] Et ce n’est pas par hasard que les Etats Unis et Israel s’acharnent sur ces pays, l’Irak et la Syrie. Ces derniers étant, certes, des dictatures mais des dictatures, contrairement aux autres régimes arabes, positives qui ont pu, comme le Cuba, l’Iran et la Corée du Nord (qui forment, selon Bush, l’axe du mal), s’inscrire dans un processus de développement technologique et scientifique respectable capable d’absorber l’influence néfaste des néo-conservateurs et des sionistes.  [3] Le vrai, pas celui parrainé par le régime tunisien et ses acolytes et brandi contre toute aspiration à la liberté et à la dignité. [4] Comme le savent si bien faire les services préventifs et les propagonistes de la « démocratie » de notre pays. Jha a dit  » il faut frapper le ligoté  » car s’il se libère il nous fera voir de toutes les couleurs. Exemple: Ah si ces barbus s’octroiraient le pouvoir! [5]  Vous voyez que je suis obligé, à contre coeur, d’utiliser un pseudonyme de peur de représailles. Je ne suis peut être pas aussi courageux que vous. Mais rien qu’en scrutant même superficiellement vos analyses et critiques, on se rend compte facilement pourquoi, même en voyageant ensemble au Liban, nous ne serons pas dans le même camp. N’est ce pas choquant dans un pays où vous ne cessez d’apologiser les tendances progressistes.      

Al-Jazeera : chaîne du diable ?

vendredi 11 aout 2006, 14h29 Par Waki,
Cet article a été rédigé par un reporter d’AgoraVox, le journal média citoyen qui vous donne la parole.
Al jazeera, la désormais fameuse chaîne pan-arabe d’information continue (originaire du Qatar), qui enregistre un succès phénoménal dans la plupart des pays arabes, traîne dans le monde occidental une réputation détestable. Pourquoi ?
Originaire du Maroc dans lequel j’ai longtemps vécu, je réside actuellement en France où je m’abreuve quotidiennement de LCI, iTélé, TF1, France 2 et autres. Je suis également un grand consommateur de CNN et BBC world. J’ai donc voulu challenger mes a priori sur Al Jazeera pour voir si réellement la ligne éditoriale de cette chaîne est tendancieuse, si une consommation quotidienne d’Al Jazeera développe des sentiments antisémites ou pro-terroristes.
Ce que j’y ai vu (couverture de la guerre au Liban), c’est un traitement extrêmement qualitatif avec des images d’une grande qualité, des analyses intéressantes et contradictoires, une richesse d’information sans équivalent dans les grandes chaînes occidentales, une couverture en direct au cœur du conflit avec des reportages du Liban sud et d’autres du nord d’Israël. La réalité vous saute à la gueule sans filtre ni fard. Des journalistes très professionnels dignes des meilleurs networks américains. Des jingles, des trailers et une charte graphique très impressionnants de modernité et de dynamisme.
J’y ai vu une revue de presse israélienne avec un panorama très large des quotidiens de ce pays, les points de vue belliqueux y sont présentés tout comme les prises de positions pacifistes sans que la journaliste ne favorise l’un ou critique l’autre. J’y ai vu des officiels israéliens ou Américains expliquer le pourquoi de cette guerre et leurs regrets pour les victimes civiles.
J’y ai vu un débat contradictoire entre un palestinien pro-resistance qui défend l’attitude héroïque de Hezbollah et un égyptien anti-terroriste enseignant dans une université US qui dénonce les conséquences des provocations stériles de Hezbollah sur la vie des civils libanais. Ce type de débat est au cœur de la philosophie de la chaîne : la parole à tous, y compris aux tenants des thèses les plus extrêmes et la contradiction au bénéfice de l’intelligence collective.
J’y ai vu en plein bombardement israélien, un reportage sur la brigade Golani, l’unité d’élite de Tsahal, et sur le courage légendaire et les exploits héroïques de ses hommes !!!
J’y ai vu des civils israéliens de Jaffa qui disent leur terreur des bombardements de Hezbollah.
Mais j’y ai aussi vu des images très choquantes sur la réalité dramatique du Liban sud et sur la sauvagerie des bombardements de Tsahal et c’est peut-être ce type d’image qui dérange certains dirigeants occidentaux. Il est vrai que cette réalité est révoltante et que sa vision peut attiser la colère des foules arabes.
Peut-être que l’occident n’a plus l’habitude de se voir à travers le regard de l’autre, et qu’un ton éditorial arabe avec une autre culture, une sensibilité différente, d’autres intérêts, une autre vision du monde, paraît être une vision déformée de la réalité dépeinte par les médias occidentaux.
Peut-être plus simplement, l’irruption simultanée d’Al-qaeda et Al-jazeera dans le monde occidental, la proximité même des deux noms dans des langues latines ou anglo-saxonnes et la diffusion des prises de paroles d’Al-qaeda à travers les ondes d’Al-jazeera a fini par créer une sorte de confusion : « Al-jazeera, porte-parole officiel d’Al-qaeda ».
Peut être que le Logo d’Al-jazeera, si élégant et réussi pour des yeux arabes, peut effrayer certaines pupilles européennes : une calligraphie qui évoque le coran, la sharia, les fatwas et une flamme qui évoque l’enfer, le feu, le terrorisme ? Avis aux sémiologues, il y a là une bonne étude à mener 😉
Peut-être que les grandes chaînes occidentales ne voient pas d’un très bon oeil l’irruption d’une concurrence nouvelle et qu’elles contribuent de ce fait à sa mauvaise réputation. Après tout, qui applaudit l’arrivée d’un concurrent ?
Pour ma part, je n’en démords pas. Al Jazeera est une excellente chaîne d’information et je suis ravi que les Arabes aient enfin la possibilité de s’exprimer librement dans le monde arabe sur les affaires qui les concernent et qu’ils arrivent à livrer aux peuples environnants leur vision du monde par son biais : une vision forcément riche et complexe où le meilleur côtoie le pire…mais une vision qui contribue par sa spécificité à la diversité et à l’équilibre du monde. Source : http://fr.news.yahoo.com/11082006/326/al-jazeera-chaine-du-diable.html http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=12305 (NB : AgoraVox c’est l’equivalent francophone de AKHBARUNA.NET  )
 
(Source: Alerte electronique de M. Imed Daimi le 11 08 2006)


Dix belges sous les bombes israéliennes

 

Jo Cottenier, membre de la direction du PTB, a accompagné au Liban huit jeunes de la région d’Alost. Dans le camp de réfugiés palestiniens de Rashedieh, ils ont été pris sous les bombardements israéliens. « C’est grâce à nos amis palestiniens que nous avons pu revenir si vite en Belgique ». Récit.

Julien Versteegh 20-07-2006

Qu’est-ce qui vous a amené à être au Liban ?

Il s’agissait d’un voyage organisé à l’initiative de An Muylaert, médecin du travail, activiste pour le problème des réfugiés palestiniens. Nous accompagnions huit jeunes de 18 à 23 ans de la région d’Alost et qui n’avaient jamais été au Liban. Nous étions partis faire un camp de travail volontaire dans le camp de réfugiés palestiniens de Rashidieh, à 10 km de la frontière israélienne. Près de 20 000 personnes y vivent sur une superficie de 1 km2. Nous y étions accueillis par l’organisation Beit Atfal Assomoud qui s’occupe d’enfants, de jeunes et mène l’éducation autour des droits légitimes du peuple palestinien.

Nous sommes arrivés au Liban le 3 juillet. Les jeunes se sont très vite familiarisés avec les palestiniens sur place. Ils ont organisé des jeux, des chants, des danses avec les jeunes du camp. Nous avons organisé un pic nick dans les montagnes. Le matin il y avait des animations, l’après-midi des visites de familles pauvres, des discussions, des échanges culturels. Deux jeunes du groupe se sont occupés de repeindre les maisons des familles les plus pauvres.

Nous avons visité la frontière israélienne où des palestiniens expliquaient que leur village n’étaient pas loin de l’autre côté.

Puis sont arrivés les bombardements…

Le matin du 12 juillet, nous étions occupés à des animations avec les enfants. Tout à coup, les palestiniens nous disent qu’il y a un fameux problème, que deux soldats israéliens ont été capturés et qu’il y a des tirs et des bombardements à la frontière. Au loin, nous pouvions voir la fumée des bombardements sur la frontière.

Des avions nous ont survolé. Des jeunes de notre groupe ont vu l’armée libanaise tirer sur les avions. La situation était très délicate. Nous avions la responsabilité d’un groupe de huit jeunes. Nous avons décidé d’appeler l’ambassade pour savoir ce qu’ils nous conseillaient de faire. Je leur ai téléphoné. D’abord ils étaient paniqués de nous savoir dans un camp palestinien…

A part cela, ils ne savaient pas nous conseiller. Ils nous disaient de rester sur place. Mais les palestiniens nous ont conseillé de partir immédiatement, de ne prendre aucun risque. Ils nous ont fourni un bus avec un chauffeur.

La route vers Beyrouth était déjà bombardée. Nous avons dû faire un grand détour par des chemins de montagnes poussiéreux.

Heureusement, nous connaissions beaucoup de gens sur place, principalement dans les camps de réfugiés palestiniens. Nous téléphonions à chaque déplacement pour annoncer notre arrivée. A chaque fois, nous étions accueilli à bras ouverts. Nous pensions que les évènements se limiteraient au sud du pays. Nous avons logé dans le camp de Mar Elias à Beyrouth. Nous sommes arrivés mercredi après-midi à Mar Elias. Notre avion était prévu le samedi matin. Nous pensions être en sécurité. Mais le jeudi matin à 6 heures, nous avons été réveillé par les bombardements sur l’aéroport.

Les bombardements semblaient ciblés. Mais lorsque nous avons appris que l’aéroport de Beyrouth avait été détruit, nous avons finalement décidé de partir directement vers Damas et la Syrie. Nos amis palestiniens du PYO (organisation des jeunes du Front Populaire de Libération de la Palestine) nous ont aidé pour réserver un bus vers Tripoli, dans le nord. Ils ont contacté le camp de Nar El Baret pour annoncer notre arrivée. La route entre Beyrouth et Damas était coupée. Nous avons donc décidé d’aller vers le nord franchir la frontière. De Nar El Baret, nous avons contacté une compagnie de transport. C’était un combat pour avoir un mini bus. Nous avons payé 325 dollars pour une réservation pour le lendemain. Nous avons logé dans le camp de Nahr El Bared. Le lendemain, vendredi, le bus devait arriver à 10 heures. A midi, il n’était toujours pas là. Les palestiniens ont réussi à négocier un arrangement. L’ambassade belge était en contact avec nous. Mais elle courait derrière les évènements et ne prenait aucune initiative. Ils n’ont même pas demandé les noms des membres du groupe. A part nous dire que nos initiatives étaient bonnes, ils ne faisaient rien.

Finalement notre bus est arrivé à 14 heures. A 16 heures nous étions à la frontière syrienne. Mais tout était bloqué. Nous avons fait les derniers kilomètres à pied à travers un flot de milliers de personnes en fuite.

Pendant 12 heures, nous avons attendu un visa pour pouvoir quitter le Liban. C’était une bataille pour changer de l’argent, avoir des dollars, pour avoir le visa. C’était le chaos complet. Il nous a fallu des heures pour comprendre qu’il fallait payer pour passer. Nous avons payé 50 dollars et 30 euros pour avoir notre visa.

 

A quatre heures du matin, nous avons enfin pu entrer en Syrie. Arrivés à 7 heures du matin à Damas, dans le camp de réfugiés de Yarmouk où nos amis du PYO nous attendaient.

 

Nous avons raté l’avion et attendu un jour de plus pour prendre le suivant. Mais nous sommes les premiers Belges à être rentré à Zaventem dimanche soir. Et ceci c’est grâce à nos amis palestiniens qui nous ont admirablement bien aidés. Nous ne nous sommes jamais senti en danger.       Comment expliquer l’offensive israélienne ?

 

C’était préparé depuis longtemps. Les Israéliens ont différents objectifs, dont celui de détruire la force de frappe du Hezbollah. La capture de deux soldats n’est qu’un prétexte.

Cela reflète leur esprit colonialiste pour lequel un Israélien vaut 100 libanais. Pour deux soldats, la réaction israélienne est complètement démesurée.

C’est un coup monté et préparé. Israël a des ambitions régionales qui sont soutenues par les grandes puissances occidentales. Ils veulent déstabiliser le gouvernement libanais qui est très déjà très fragile. On y retrouve le Hezbollah et des ennemis féroces du Hezbollah.

Dans l’histoire, Israël a déjà essayé d’imposer au Liban une dictature à la botte d’Israël. Aujourd’hui ils semblent refaire la même chose, en essayant de complètement déstabiliser le gouvernement et forcer une partie de celui-ci à combattre le Hezbollah. Il y a aussi la volonté de façonner un nouveau Moyen-Orient à la solde des Etats-Unis.

Aujourd’hui, à travers le Liban, ils ciblent la Syrie et l’Iran. Les Etats-Unis veulent instaurer un contrôle global sur la région. C’est pour cela qu’il faut être solidaire de la lutte palestinienne et de ceux qui les soutiennent.

 

Le Hezbollah est présenté comme une menace dans la région. Avez-vous eu l’occasion de le rencontrer ?

Nous avions demandé avant le voyage une rencontre avec quelqu’un du Hezbollah. Nous nous sommes rendus à Saïda où nous avons été reçu par le dirigeant du Hezbollah du Sud Liban, le sheik Nabil Kaouk. Nous avons discuté une heure ensembl au cours d’une entrevue très amicale et très ouverte.

Le Hezbollah se déclare complètement solidaire de la lutte palestinienne. Il est scandalisé par les événements de Gaza. Quand une famille palestinienne est massacrée sur une plage de Gaza tout les médias parlaient du Mondial de football. Mais quand un soldat israélien se fait enlever, la communauté internationale parle du terrorisme palestinien ou du terrorisme du Hezbollah.

Le Hezbollah veut continuer le combat pour faire respecter les résolutions de l’ONU et la création de l’état palestinien.

Le Hezbollah est une force politique importante dans la vie politique libanaise. Leur conception de la société n’est évidemment pas la nôtre, ils veulent une société islamique. Mais si l’on interroge les progressistes libanais, tous ont beaucoup d’admiration pour la capacité d’action du Hezbollah. Après une heure d’entrevue avec le sheik, trois télévisions libanaise sont arrivées dans le bureau : Al Manar, LBC et TV News. Nous sommes passés sur les trois chaînes avec un message de soutien à la lutte palestinienne.

Le Hezbollah est le seul parti libanais qui a la volonté et la capacité de résister à Israël. Et la question est la suivante : soit on résiste, soit on accepte l’injustice. Israël ne reconnaît pas les élections libres palestiniennes. Une partie du gouvernement palestinien a été arrêté. Israël massacre sans que personne ne bouge. C’est dans ce contexte que le Hezbollah a kidnappé deux soldats israéliens.

Mais leur rôle est contesté dans la vie libanaise. Le Hezbollah a deux ministres au sein du gouvernement. Mais beaucoup s’opposent au Hezbollah. Israël et les Etats-Unis exigent que le Hezbollah respecte la résolution de l’ONU 1557 qui exige son désarmement. Le Hezbollah dit qu’il acceptera lorsque toutes les résolutions concernant les palestiniens seront appliquées, y compris le retour des réfugiés.

Il semblerait pourtant que l’Iran et la Syrie sont derrière toute cette affaire…

 

C’est évident que la Syrie et l’Iran soutiennent le Hezbollah. Mais Israël a un soutien combien plus important des Etats-Unis. Israël possède l’arme atomique et des armes sophistiquées.

Le soutien de la Syrie et de l’Iran n’explique pas l’énorme soutien de la population libanaise pour le Hezbollah. Car le Hezbollah ne ferait pas ce qu’il fait s’il ne comptait sur un grand soutien parmi la population. Le Hezbollah s’est constitué comme organisation de résistance lors de l’invasion israélienne du Liban en 1982. Il me semblera très difficile de venir à bout du Hezbollah. L’attaque israélienne ne fera que renforcer les ressentiments à l’égard d’Israël.

Une expérience comme celle-là doit laisser des traces…

Pour le groupe c’était une aventure incroyable. L’ambiance était très chaleureuse. Mais c’était très triste de devoir abandonner tous ces amis. Nous avons vécu en première ligne le début des hostilités. Le fait de vivre cela nous a laissé une sensation unique. Nous avons pu comprendre la question palestinienne, la question du Hezbollah et la brutalité de l’armée israélienne qui bombarde n’importe quoi.

Le groupe est prêt à retourner là-bas. Les parents ont vu que nous avions été responsables par rapport aux jeunes. Ces jeunes qui n’étaient pas politisés sont aujourd’hui convaincus de la justesse de la lutte palestinienne et de la résistance à Israël.

référence

PTB

Site officiel du Parti du Travail de Belgique

http://www.ptb.be/scripts/article.phtml?lang=2&obid=31903 www.ptb.be/


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