10 novembre 2010

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TUNISNEWS
10 ème année, N° 3823 du 10.11.2010
archives : www.tunisnews.net 


AISPP: Ali Ben Aoun adresse des accusations graves aux enquêteurs Syndicat de la Médecine Générale: Lettre ouverte pour Abdelatif Bouhjila Collectif Pour Une Nouvelle République: Le hold-up du 7 novembre : La psychologie d’un peuple Lassad ZITOUNI: Lettre d’Alerte à M.Saïd SAADI Le Monde: Tunisie : là où la solidarité est sanctionnée AFP: Canada: rumeurs de fermetures d’ambassades en Afrique AFP: L’islam souvent utilisé pour légitimer les violences contre les femmes AP: Côte d’Ivoire: le second tour de l’élection présidentielle reporté d’une semaine Le Monde: En Guinée, chaque camp revendique la victoire


Association Internationale de Soutien aux Prisonniers Politiques Aispp.free@gmail.com 43 rue Eldjazira, Tunis Tunis, le 8 novembre 2010

Procès de personnes accusées d’avoir réactivé le mouvement En Nahdha Ali Ben Aoun adresse des accusations graves aux enquêteurs


La sixième chambre correctionnelle du Tribunal de Première Instance de Tunis, présidée par le juge Faouzi Jebali, a examiné, lundi 8 novembre 2010, l’affaire n°19635 dans laquelle sont déférés en état d’arrestation : Ali Lahrabi, Ali Ferhat, Ali Ben Aoun et Saïfeddine Mahjoub, ainsi que, en état de fuite : Mohammed Héchmi Ben Taleb, Aymen Ben Messaoud et Mohammed Hédi Ben Abdallah, pour tenue de réunions non autorisées et participation à la reconstitution d’une association non reconnue, mise à disposition d’un local de réunions, en vertu des articles 2, 5, 7, 23 et 24 de la loi du 24 janvier 1969, des articles 1, 2, 3, 4, 5, 6, 10 et 30 de la loi du 7 novembre 1959, et de l’article 6 du décret du 21 décembre 1944 relatif à la collecte de fonds. Pour leur défense, Maîtres Boubaker Ben Ali, Béchir Ben Ltoufa, Khaled Krichi, Noureddine Bhiri, Imène Triki et Samir Dilou se sont présentés. Maître Khaled Krichi était mandaté par l’AISPP pour observer le déroulement du procès et rédiger un rapport détaillé. Le tribunal a décidé de consacrer sa première audience aux interrogatoires, en commençant par Ali Lahrabi […] Ali Lahrabi a affirmé que les procès verbaux contenaient des données erronées et qu’il n’avait pas signé le PV lu par le président, expliquant qu’il avait parlé avec Hechmi BenTaleb et critiqué l’expérience du mouvement En Nahdha et son histoire, sans plus […] puis Maître Behiri est intervenu demandant à pouvoir poser une question à son client, puisque dans les procès verbaux il est noté que tous les accusés ont été arrêtés le 25 octobre 2010 avenue Habib Bourguiba à Tunis. Il lui a répondu qu’il avait été arrêté le vendredi 15 octobre 2010 à midi à Douz, puis le juge a commencé à interroger Ali Ben Ferhat [….] il a affirmé qu’il avait été contraint de signer le procès verbal d’interrogatoire de la police sans l’avoir lu […] et il a nié avoir voulu réactiver le mouvement En Nahdha. Il a ajouté qu’il avait été arrêté le vendredi 15 octobre à Kébili. Puis ce fut le tour d’Ali Ben Aoun qui a affirmé qu’il n’avait reçu d’argent de personne […] qu’il avait été arrêté à son domicile le 12 octobre 2010 et non le 25, qu’il avait été soumis à des méthodes odieuses de torture : une fois ses habits retirés, il avait été suspendu nu à quatre reprises et Saïfeddine Mahjoub avait été obligé de le gifler. Il avait été photographié, nu, par le portable d’un des tortionnaires. On lui avait enfoncé un bâton dans l’anus et on l’avait obligé à s’asseoir sur une bouteille de verre. Lors de la consignation des propos d’Ali Ben Aoun, le juge a mentionné que le détenu avait été soumis à des formes de violence physique et morale. Samir Dilou est intervenu pour demander que soient consignés les détails de l’agression odieuse dont avait été victime son client et à l’issue de la polémique (intervention de Maître Noureddine Bhiri demandant à ce que son client soit examiné par un médecin pour noter les traces de la torture) le juge est passé à l’interrogatoire de l’accusé Saïfeddine Mahjoub qui a corroboré les propos d’Ali Ben Aoun […] A l’issue des interrogatoires la parole a été donné aux avocats qui ont demandé le report de l’examen de l’affaire pour préparer les moyens de la défense et la libération provisoire de leurs clients. Le parquet a demandé à ce que la demande soit refusée. Le juge a décidé de statuer sur les demandes de libération et de nouvelle date pour les plaidoiries à l’issue de l’audience. Pour l’association Le Président Maître Samir Dilou (traduction d’extraits ni revue ni corrigée par les auteurs de la version en arabe, LT)


Syndicat de la Médecine Générale
Communiqué de presse du 10 novembre 2010

Lettre ouverte pour Abdelatif Bouhjila


M. Lazhar Bououni Ministère de la Justice et des Droits de l’Homme 31 boulevard Bab Benat Tunis 1019 TUNISIE Malakoff, le 4 novembre 2010 Copies à: Monsieur le Président du Comité supérieur des droits humains et des libertés fondamentales Monsieur l’Ambassadeur de Tunisie à Paris Monsieur le Président de la République de Tunisie, Monsieur le Ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Nous vous écrivons pour vous demander d’intervenir pour que Monsieur Abdelatif Bouhjila obtienne au plus vite un passeport afin de bénéficier des soins dont il relève, dans le pays qu’il choisira. En novembre 2008, une délégation de responsables politiques et associatifs, accompagnée d’avocats, s’était rendue auprès de Monsieur Abdelatif Bouhjila en grève de la faim à son domicile depuis 58 jours. Ancien prisonnier politique condamné en 2001 à onze ans de prison, il avait eu une libération conditionnelle en 2007 et avait entrepris une grève de la faim pour obtenir un passeport et bénéficier de soins en dehors de la Tunisie. Sa santé était en effet très dégradée en raison des conditions d’incarcération et des nombreuses grèves de la faim qu’il avait dû mener pour l’amélioration de sa détention .Un médecin français faisant partie de la délégation avait pu l’examiner lors de cette visite. Constatant une détérioration très importante de son état de santé, tous l’avaient supplié d’arrêter et de se réalimenter. Il avait fini par accepter, mais en leur demandant de l’aider à obtenir son passeport. Depuis ce moment, de nombreuses organisations, nationales et internationales, sont intervenues en sa faveur auprès de votre gouvernement et c’est dans ce cadre que nous vous avions déjà adressé une lettre en avril 2009. Monsieur Bouhjila n’a toujours pas obtenu de passeport et il a repris le 11 octobre 2010 une grève de la faim, ce qui risque d’être dramatique pour sa santé et même sa vie. C’est pourquoi, en tant que médecins, soucieux dans notre pratique de l’accès aux soins pour tous et plus particulièrement pour les personnes les plus en difficulté, nous nous adressons à vous pour que Monsieur Bouhjila puisse obtenir au plus vite son passeport. Veuillez recevoir, Monsieur le Président, l’assurance de nos sentiments respectueux. Docteur Patrick Dubreil Président du Syndicat de la Médecine Générale Syndicat de la Médecine Générale 52 rue Gallieni 92240 Malakoff Tél. : 01 46 57 85 85 – Fax : 01 46 57 08 60 syndmedgen@free.fr www.smg-pratiques.info

Collectif Pour Une Nouvelle République

Le hold-up du 7 novembre : La psychologie d’un peuple

 (Suite et fin)


Le problème du rapport entre le pouvoir et la nation qu’il régit soulève sous un autre aspect encore la question des rapports de l’individu à la chose politique. Il s’agit de savoir quelle part d’initiative réelle on y peut attribuer au peuple. La sociologie a mis en lumière le rôle des représentations collectives dans la vie sociale, de la collaboration de tous à l’œuvre de chacun. Par le fait seul qu’ils naissent et grandissent dans le même milieu, qu’ils parlent la même langue et par là sont entraînés à distinguer ou à construire leurs concepts selon les mêmes règles ou les mêmes rythmes ; parce qu’ils sont animés aussi par des impulsions analogues, qu’ils éprouvent les mêmes besoins fondamentaux ou ressentent les contradictions et les mêmes incompatibilités intimes, les hommes et les femmes d’un même pays sont amenés à s’arrêter plus ou moins devant les mêmes problèmes, à se les poser de la même façon, à y entrevoir des solutions analogues ou à les chercher dans la même direction.

Ainsi, la conscience d’un peuple, et à plus forte raison sa vie politique, les événements de son histoire sont faits d’une multitude énorme d’actes individuels, des décisions personnelles et des actes en particulier de son élite et de ses gouvernants. Et pourtant, sous-jacent à tous ces actes, l’analyse découvre toujours des forces et des courants collectifs, des influences et des mouvements impersonnels, résidus de toute une tradition et de toute une histoire, ou l’expression d’une logique sociale parfois inconsciente. C’est l’addition de tous ces paramètres qui forme le noyau dur qui sert à structurer un mode d’agir et de réagir commun. Par là, peut s’éclaircir la question portant sur l’inhibition de tout un peuple face à l’absurdité d’un pouvoir dépourvu d’ancrage et de légitimité. Nul doute qu’une telle attitude ne soit chose immuable. Elle est en effet éminemment variable avec le temps et toujours liée à la manière dont est conçue et organisée la résistance de son élite. En attendant, le peuple ne  bouge point. Il est comme évanoui acceptant de subir les asseaux décidés d’une bande de délinquants sans moral ni vergogne. Jusqu’à quand ? Nul ne le sait. Cependant, on peut toujours se référer à l’hymne national pour avoir un début de réponse :« Si le peuple un jour proclame sa volonté de vivre, le destin doit répondre à sa volonté ».                

Cependant, dans ce cadre nous voulons consacrer notre analyse à la première des deux questions : celle du pourquoi ? Car nous sommes persuadés que pour trouver le bon remède il faut faire un bon diagnostic. A ces conditions, l’une des explications qui pourrait être avancée : la Peur. En effet, les Tunisiens ont peur de Ben Ali et de son régime. Il a réussi à semer ce sentiment dans l’esprit d’une grande partie du peuple. Et cette attitude transcende les classes sociales et le niveau intellectuel des personnes. Elle touche sans différentiation aussi bien le pauvre que le bourgeois et le clerc que le simple ouvrier. Tout le monde a peur en Tunisie à tel point que parfois on frôle l’irrationnel. Certes, le pays est quadrillé non seulement par une police omniprésente, mais également par des simples citoyens (organisés par le régime) qui s’adonnent au flicage, beaucoup de personnes sont sur écoutes  téléphoniques et d’autres sont surveillés par une police politique l’une des pires au monde (cupide et servile). Mais on ne peut prétendre que l’achat d’un journal de l’opposition ou d’un livre critiquant Ben Ali et sa famille même dans une librairie en France, par exemple pourrait, sans crier gare, arriver aux yeux et aux oreilles de Ben Ali lui-même car il a réussi à placer  des caméras de surveillance dans ladite librairie. Une telle justification pourrait faire sourire quelques secondes par sa grossièreté. Toutefois, quand elle est débitée par un médecin, un avocat ou un universitaire, elle perd la drôlerie dont elle est porteuse et nous incite à la prendre pleinement au sérieux.

En politique la peur jouit d’une mauvaise réputation. Elle affecte l’esprit et la raison pour les paralyser et les rendre dans l’incapacité d’agir. L’inaction devient alors la caractéristique première d’un sentiment mal maîtrisé. Avoir peur c’est être terrorisé, ne plus parvenir « d’être » et « d’exister ». Ce sentiment nivelle, aplatit et rend l’individu sans différence ni singularité. « C’est le noir en plein jour ». Point de discernement. On se sent mal, mais on se trouve dans l’impossibilité de s’en extirper. Cet asservissement lié à ce sentiment nous envoie à la posture de l’esclave chez Hegel. « Dans Phénoménologie de l’esprit », le philosophe Allemand analyse les critères qui différencient le maître de l’esclave. Le maître c’est celui qui n’a pas peur de mettre sa vie en danger pour retrouver ou prouver sa liberté, alors que l’esclave tremble pour sa vie et accepte pour la préserver d’aliéner sa liberté. Mais quelle vie ? Une vie de soumission de servilité sans limite. Bref, une vie de misère.

Or de quoi le Tunisien a-t-il peur ?

D’abord, il a peur d’être abandonné par  ses amis, son entourage, de se trouver en un clin d’œil seul et de mourir (socialement) à ciel ouvert. Ensuite, il a peur de perdre les êtres qui lui sont chers, son travail, ses biens et sa situation. Enfin, il a peur d’être humilié mis plus bas que terre, ridiculisé, torturé. Bref, perdre sa dignité. La chose la plus frappante ce que toutes ces raisons ne sont point une fiction. Elles désignent une réalité politique. Et plusieurs Tunisiens en sont des victimes réelles. Le régime a en effet institué le système de la punition collective. Concrètement, cela signifie que la personne qui s’engage dans un combat politique contre Ben Ali et son clan se verra appliquer cumulativement toutes ces sanctions. Mais la nouveauté sortie tout droit de l’esprit vicieux du chef lui-même, que pour amplifier la peur et l’enracinée dans l’inconscient populaire, il faut que la punition touche non seulement la personne concernée, mais également toute sa famille, tous ses proches et cela sans différentiation dans le degré de la cruauté. Résultat, pour être opposant dans le pays du « jasmin » il faut se doter d’une sacré dose de courage ou d’inconscience.

Les Tunisiens sont-ils devenus des esclaves au sens hégélien du terme?

En continuant à avoir aveuglement peur de Ben Ali, en lui obéissant sans brancher, et en lui  assurant un temps de gouvernement sans la moindre révolte, les Tunisiens pratiquent une posture de l’esclave hégélien. Mais d’un autre côté, ils semblent prendre conscience qu’il est grand temps d’inverser les schèmes et renverser l’image négative de leur peur pour en faire une force cognitive afin de mettre fin à cette situation qui n’a que trop durée. Le temps de la révolte semble sonner. Le soulèvement des habitants de la zone minière de la région de Gafsa est annonciateur de la fin de cette léthargie. Elle a clairement démontré que si le régime de Ben Ali a un savoir incontestable pour gérer par la peur et la terreur  des révoltes individuelles ou celles portées par un petit groupe à Tunis, en revanche, il est comme paralysé face un mouvement d’une grande ampleur. Les cafouillages et les multiples maladresses qui ont ponctué l’intervention des forces de sécurité de Ben Ali à Rdief-Gafsa, sont la preuve explicite que ce régime n’est point en mesure de résister à une mobilisation populaire. Il s’écroulera comme château de carte sans gloire. Et la nervosité que s’est emparée de Ben Ali et de son clan ce dernier temps exprime clairement cette angoisse. L’angoisse d’un avenir qui ne cesse d’être incertain. La Peur semble avoir changer de titulaire. « Si le peuple un jour proclame sa volonté de vivre, le destin doit répondre à sa volonté ».  Ce jour là, la Tunisie et les Tunisiens seraient débarrassés de ce régime l’un des pires que le pays ait connus dans toute sa longue histoire.  

Collectif Pour Une Nouvelle République


lundi 8 novembre 2010

Lettre d’Alerte à M.Saïd SAADI


Monsieur Saïd SAADI Président du Rassemblement pour la Culture et la Démocratie Monsieur le Président, Vous venez d’effectuer une visite privée en Tunisie qui à votre insu, aura été, selon des sources concordantes, l’objet d’une récupération politicienne regrettable de la part de votre hôte. Par acquit de conscience, je voulais vous en tenir informé. Car, connaissant votre parcours militant au sein du mouvement démocratique algérien et la Ligue Algérienne des droits de l’Homme, j’ai l’intime conviction qu’un homme ayant combattu dans son propre pays, autant que vous, l’autoritarisme et l’ostracisme, ne saurait cautionner la culture de ces maux, chez un peuple frère voisin. J’ai quitté la Tunisie en 2001 après y avoir été astreint à faire taire mes convictions politiques libérales. Au parti Social Libéral j’assumais la présidence de l’organisation de la Jeunesse (O.J.S.L), membre de la Fédération Internationale de la Jeunesse Libérale et Radicale, (I.F.L.R.Y). C’est après avoir appelé en 1997 avec la majorité des fédérations, pour la réforme du P.S.L, afin qu’il soit rehaussé au rang, dont il fut digne, c’est à dire un parti de l’alternance, que je me suis fait attirer les foudres du système. Dans cette conjoncture le ministère de l’intérieur multiplia les manœuvres extirpant le P.S.L de sa substance militante et finira par porter à sa tête en 2006 Mondher Thabet, un trotskyste, sans histoire ni légitimité, connu dans le milieu estudiantin, pour ses services rendus aux bourreaux de bureau, la police politique, durant les années de braises. Je me permets aujourd’hui de vous adresser cette missive, car consterné par la récupération politicienne discourtoise ; dont fut l’objet votre visite, présentée, sans scrupule par votre hôte, Mondher Thabet, comme l’expression d’un satisfécit que votre parti, le Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (R.C.D), aurait décerné au régime tunisien. Certes, ces manœuvres démontrent si besoin est, l’agonie d’une dictature minée par ses crises et contradictions intrinsèques, confiant, contre avantages de natures diverses, aux plus « assoiffés » parmi ses inconditionnels, la tâche de lui refaire une face ! Pourtant, il n’y a rien de caché ni d’ambiguë sous le soleil tunisien. Depuis le coup d’Etat militaire du 7 novembre 1987, le régime Tunisien fait office d’un système liberticide. C’est un fait avéré, régulièrement rappelé et confirmé dans les rapports des organisations internationales (Human Right Watch, Amnesty Internationale, FIDH, etc….) en charge des droits humains. En Tunisie les libertés d’expression et d’association sont réduites à peau de chagrin. La magistrature y est domestiquée et l’administration soumise depuis un demi siècle aux ordres du parti au pouvoir. Un parti n’ayant rien à envier aux comités staliniens de l’ex Europe de l’Est. Dans la Tunisie de sieur Thabet, lorsqu’on est réellement démocrate, on s’engage à courir le risque de se retrouver reclus dans les ténèbres des sous-sols jalousement entretenus par le système pour y faire découvrir à sa dissidence réelle les pratiques moyenâgeuses de la torture physique et psychologique…. Néanmoins, 23 ans après la mise à sac de la société civile tunisienne par la dictature du 7 novembre 1987, votre hôte, Sieur Thabet, trouve de quoi vous raconter son admiration pour le système qui fit de moi, depuis une décennie, un Exilé. C’est bien la preuve que sieur Thabet trouve largement son compte chez la tyrannie. Faux libéral, cet individu, dont la mission première serait de parasiter les derniers remparts de la société civile Tunisienne, au prix d’une promotion sociale négociée aux frais et dépens du contribuable, s’est déclaré depuis quelques jours, partisan d’une abrogation constitutionnelle octroyant au Général Zine El Abdine Ben Ali une mandature à vie. Voici, Monsieur Said Saadi, à mon corps défendant, le portrait intime (réel) de sieur Thabet. Enfin il m’est regrettable, d’apprendre que des pourparlers auraient été entamés à l’initiative de votre hôte et son épouse, en vue de vous associer à un projet s’inscrivant, officiellement, dans la dimension maghrébine. Le Maghreb démocratique, que nous appelons de nos vœux, vous en conviendrez, n’est pas une entreprise que l’on pourrait construire avec le concours des inspirateurs zélés d’une répression policière hypothéquant au peuple tunisien, depuis une vingtaine d’années, ses droits citoyens élémentaires. Aussi, connaissant ce personnage et ses thèses négatrices des droits culturels des minorités Berbères et Amazigh de Tunisie, je ne crois pas qu’il soit une relation crédible avec laquelle vous pourriez développer des projets participant d’une vision démocratique du Maghreb des cultures et de la diversité. Dans l’attente de vous lire je vous prie de croire Monsieur Saïd SAADI en mes sentiments de très haute estime et les plus dévoués Paris le 8 novembre 2010 Lassad ZITOUNI


Tunisie : là où la solidarité est sanctionnée


par jean-marie fardeau, Human Rights Watch
09.11.10
 
 

En 2008, menés par des dirigeants syndicaux charismatiques, des milliers de mineurs au chômage de la région de Gafsa (au sud de la Tunisie) ont manifesté pendant sept mois de façon intermittente, réclamant la fin du népotisme, du sous-développement et de la pauvreté causés par la négligence du gouvernement. Pendant sept mois, la Tunisie a connu une mobilisation de masse sans précédent en 23 années de pouvoir ininterrompu du Président Zine El Abidine Ben Ali.

Mais, au lieu d’entendre ces appels à la justice et aux réformes, le gouvernement a réagi en arrêtant plus de 300 personnes, dont le journaliste Fahem Boukaddous, qui continue de languir dans la prison civile de Gafsa après sa condamnation à quatre ans d’emprisonnement pour avoir simplement rendu compte de la situation. L’indignation publique n’ayant montré aucun signe de fléchissement, le Président Ben Ali a fini par accorder une mise en liberté conditionnelle aux dirigeants syndicaux, dans un geste qualifié par la presse progouvernementale de « grande marque de générosité ». Ces libérations restent conditionnelles : un délit aussi banal qu’une infraction à la circulation routière pourrait ramener ces personnes en prison pour y purger le reste de leur peine. Les autorités tunisiennes exercent un contrôle permanent sur les syndicats indépendants, qui subissent les mêmes brimades que n’importe quelle autre organisation de la société civile tunisienne exprimant des critiques : pressions et parfois passages à tabac. Il n’existe aucun syndicat indépendant en dehors de la Confédération syndicale nationale. Le seul syndicat qui à l’origine était indépendant, le Syndicat national des journalistes tunisiens, ne l’est pas resté longtemps. Début 2009, il a publié un rapport critique sur le contrôle omniprésent et souvent répressif exercé sur les médias par le gouvernement. Quelque temps après, les autorités ont manœuvré pour remplacer le comité de direction de ce syndicat par une nouvelle équipe favorable au gouvernement. Comme dans toute dictature, le pluralisme politique, y compris sous la forme des syndicats, est perçu comme une menace. Officiellement, le gouvernement se borne à exiger de tout nouveau syndicat qu’il soumette ses statuts au gouverneur local. Les autorités sont tenues par la loi de délivrer un reçu. Dans la pratique, cependant, le gouvernement utilise cette exigence comme un moyen pour empêcher les groupes d’obtenir un statut légal. Soit les autorités refusent d’enregistrer les demandes, soit elles ne délivrent pas le reçu. Lorsqu’en septembre, Human Rights Watch a demandé au gouvernement des clarifications sur les raisons pour lesquelles la Confédération générale tunisienne du travail n’est pas considérée comme ayant une existence légale, le gouvernement a répondu, comme l’on pouvait s’y attendre, qu’il n’avait jamais reçu leur dossier. En octobre 2009, un tribunal à Manouba a condamné 17 étudiants à des peines de prison après que la police a violemment dispersé un sit-in organisé pour protester contre le refus arbitraire de logement à un groupe d’étudiantes. Le 21 octobre 2010, une cour d’appel de la ville tunisienne de Monastir a reporté pour la quatrième fois l’examen des inculpations de cinq étudiants syndiqués de la faculté de Mahdia, rattachée à l’Université de Tunis, le jour même où Human Rights Watch publiait dans la capitale un rapport sur la situation des syndicats dans le pays. Le gouvernement a arrêté les étudiants, les a accusés de voies de fait et destruction de biens lors d’une manifestation en 2007, et les a condamnés à une peine d’emprisonnement de vingt mois. Leur véritable « crime », toutefois, était d’avoir organisé une manifestation pacifique contre le refus de l’université d’autoriser la tenue du congrès annuel de leur syndicat. Pareil scénario est fréquent en Tunisie, où le respect apparent de la loi se substitue à son application effective et où le pouvoir judiciaire fait étalage de procès dont l’issue est fixée à l’avance. Chaque fois que je me rends en Tunisie, je suis frappée par la façon dont des militants, jeunes et vieux, résistent face à une oppression aussi aveugle. Ils sont douloureusement conscients que les atteintes aux droits humains commises par leur gouvernement continueront sans doute de passer inaperçues et d’être ignorées en raison des alliances du gouvernement tunisien avec les capitales occidentales en matière commerciale et antiterroriste.  Par Rasha Moumneh Rasha Moumneh est chercheuse à la division Moyen-Orient et Afrique du Nord de Human Rights Watch. Elle est basée à Beyrouth et a récemment rédigé un rapport intitulé : « Le prix de l’indépendance : Les syndicats professionnels et étudiants sont réduits au silence en Tunisie » (www.hrw.org/fr ). (Source: LeMonde.fr le 10 novembre 2010) lien:http://www.lemonde.fr/idees/chronique/2010/11/09/tunisie-la-ou-la-solidarite-est-sanctionnee_1437464_3232.html  


Canada: rumeurs de fermetures d’ambassades en Afrique

 


AFP / 10 novembre 2010 20h52 MONTREAL – Le Canada envisagerait de fermer plusieurs ambassades en Afrique, dont celle au Cameroun, selon l’opposition et la presse canadiennes qui déplorent la sous-représentation du pays sur le continent. Une telle démarche s’inscrirait dans une réorientation de la politique étrangère d’Ottawa vers l’Amérique Latine, souhaitée par le gouvernement conservateur. Et qui pourrait s’être accentuée après l’échec du Canada à se faire élire au Conseil de sécurité, attribué entre autres au vote de nombreux pays en développement, remarque mercredi le quotidien The Globe and Mail. Aucune information officielle en ce sens n’a été rendue publique par le ministère des Affaires étrangères, mais des rumeurs persistantes – qui citent aussi les missions de Lusaka et de Tunis – avaient conduit l’opposition à poser la question au parlement au chef de la diplomatie Lawrence Cannon. La réponse de celui-ci au député libéral Mauril Bélanger n’a pas apporté de démenti ferme. « Nous regardons en permanence où nous pouvons servir le mieux les intérêts canadiens à l’étranger (…) De nouveaux postes s’ouvrent, d’autres sont fermés. Nous le faisons en toute connaissance de cause pour défendre les intérêts du Canada », a dit M. Cannon il y a deux semaines déjà. « Le ministre n’a pas nié » les fermetures, qui pourraient être au nombre de sept, dont quatre en Afrique, a affirmé M. Bélanger mercredi à l’AFP. « Le gouvernement Harper veut s’orienter vers l’Amérique Latine et les Caraïbes. Je veux bien, mais pas au dépens de l’Afrique », a-t-il ajouté, citant les engagements internationaux du Canada concernant l’aide au développement en Afrique pris au sommet du G8 à Kananaskis en 2002 et la présence de nombreux immigrés d’origine africaine au Canada. Le Canada n’a que 21 représentations diplomatiques en Afrique, a souligné le parlementaire, dénonçant la « sous-représentation » de son pays. Selon lui, une ligne de crédit d’un milliard de dollars ouverte à l’Angola n’a pas été utilisée faute d’appui diplomatique sur place et, si l’ambassade de Tunis est fermée, les entreprises canadiennes risquent de rater d’importants appels d’offres à venir. « En Afrique, l’économie est en bonne partie étatique. Nous avons besoin de l’appui de notre pays », a dit à l’AFP Lucien Bradet, président du Conseil canadien pour l’Afrique, représentant des entreprises privées, qui déplore les fermetures des ambassades au Gabon en 2006 et au Malawi en 2009.


L’islam souvent utilisé pour légitimer les violences contre les femmes


TUNIS, 9 nov 2010 (AFP) – 09/11/2010 22:36 Une association féministe tunisienne a dénoncé mardi le recours à la religion pour « légitimer » les violations des droits de l’homme dans le domaine sexuel dans les pays musulmans, et exprimé sa solidarité avec l’Iranienne menacée de lapidation pour adultère. « La religion est souvent utilisée comme un puissant instrument de contrôle et d’oppression sexuelle dans le but de légitimer les violations des droits de l’homme dans le domaine de la sexualité », a affirmé dans une déclaration l’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD). Cette déclaration était publiée à l’issue d’une réunion sur le thème: « les droits sexuels, de la violence des lois à la violence de la société », à laquelle ont participé des ONG, des militants, des avocats et des défenseurs des droits de l’homme. Association féministe revendiquant sa laïcité, l’ATFD a mis en cause une montée des conservatismes, les inégalités, la politisation de la religion, ainsi que l’islamophobie, qui accentuent, selon elle, « le recours à la sexualité comme outil d’oppression ». « Il est temps de considérer les droits sexuels comme des droits humains », a affirmé Ahlem Belhaj. Selon ce médecin psychiatre qui intervenait pendant la réunion, 166 cas d’abus sexuels sur des enfants de moins de 15 ans ont été recensés en 2008 en Tunisie. L’ATFD a aussi exprimé sa solidarité avec Sakineh Mohammadi-Ashtiani menacée de lapidation en Iran, « avec les femmes palestiniennes opprimées et avec toutes les victimes de mariages forcés » dans les pays musulmans. Selon elle, 40 associations dans douze pays ont appelé mardi à une « lutte commune » pour « les droits sexuels et corporels dans les société musulmanes ».


Côte d’Ivoire: le second tour de l’élection présidentielle reporté d’une semaine


AP 09/11/10 17:56 ABIDJAN (AP) — Le second tour de l’élection présidentielle a été reporté d’une semaine pour donner davantage de temps à la réalisation de tâches logistiques, comme le transport de matériel électoral et l’impression des bulletins de vote. Le Premier ministre Guillaume Soro a annoncé mardi que le scrutin était reporté au 28 novembre par décret présidentiel, la commission électorale ayant fait savoir qu’elle n’aurait pas suffisamment de temps pour organiser le second tour. Samedi dernier, le Conseil constitutionnel avait certifié les résultats du premier tour de l’élection présidentielle du 31 octobre, et fixé la date du second tour au 21 novembre, une semaine plus tôt que prévu. Lors du premier tour, le président sortant Laurent Gbagbo a obtenu 38% des voix, contre 32% au chef de l’opposition et ancien Premier ministre Alassane Ouattara. Aucun candidat n’ayant obtenu la majorité absolue, les deux hommes seront opposés au second tour. L’ancien président Henri Konan Bédié a été éliminé au premier tour après avoir recueilli 25% des suffrages. AP


En Guinée, chaque camp revendique la victoire


Face à l’impatience grandissante de leurs partisans suspendus à l’annonce des résultats définitifs, les états-majors des deux candidats à l’élection présidentielle du 7 novembre, l’ancien premier ministre Cellou Dalein Diallo et l’opposant historique Alpha Condé, distillent « leurs » propres chiffres, invérifiables et divergents. Un point commun entre les deux camps, toutefois : chacun revendique la victoire et prépare la contre-attaque en cas d’annonce défavorable par la commission électorale nationale indépendante (CENI), synonyme de défaite lors de cette première élection démocratique depuis l’indépendance de 1958.

Mardi en fin d’après-midi, une foule compacte se pressait devant le siège de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) à Conakry, le parti de Cellou Dalein Diallo. Transistor collé aux oreilles, les yeux rivés sur le balcon où les silhouettes de leurs leaders apparaissaient brièvement, les militants attendaient anxieusement d’en savoir un peu plus. « Le premier tour a eu lieu le 27 juin, il y a une éternité. Maintenant on veut savoir le résultat même si on sait déjà qu’on a gagné », expliquait Hamza Bah, un jeune militant et chauffeur d’une mototaxi. CLIVAGES COMMUNAUTAIRES ATTISÉS Il y a plus de quatre mois, le candidat UFDG avait fait le plein des voix dans sa communauté peule (environ 40 % des dix millions de Guinéens). Fort de la discipline de son électorat, il était arrivé largement en tête (44 %) laissant penser à une victoire facile. Affaibli par la concurrence d’autres candidats chassant également sur les terres des Malinkés (40 % de la population), son adversaire au deuxième tour, Alpha Condé, n’avait lui recueilli que 18 % des suffrages. Depuis, l’opposant historique à tous les régimes dictatoriaux ou militaires qui ont dirigé sans discontinuer l’ancienne colonie française a radicalisé ses discours de campagne en maniant les stéréotypes et en attisant les clivages communautaires. Pari dangereux en terme de stabilité, mais pari potentiellement gagnant, qui lui a, semble-t-il, permis de rassembler un électorat dispersé en jouant sur le sentiment anti-Peul d’une partie de la population. A l’annonce des résultats très partiels portant sur moins de 10 % des votants, communiqués mardi soir par la CENI, les propos tenus par Amara Dinbaté, directeur commercial d’une brasserie, montrait que le message d’Alpha Condé avait été entendu, jusque dans ce bar au bord de l’océan. « Les Peuls ont déjà le pouvoir économique, ils ne peuvent pas tout avoir, la responsabilité politique en plus », disait-il, concentré sur la télévision retransmettant en direct la conférence de presse de la CENI. « Et s’ils essaient de nous voler la victoire, on leur bottera les fesses », avertissait ce quadragénaire membre de la minorité Soussou. RÉGULARITÉ DU VOTE CONTESTÉE Fortement implantés à Conakry et dans la région de Basse-Côte, les Soussous sont en position d’être faiseurs de roi compte tenu du poids comparable, au sein de la population, des Peuls et des Malinkés dans un vote caractérisé par son ethnicisme. Or, les premiers résultats semblent indiquer que les Soussous n’ont pas suivi l’appel de leur candidat au premier tour, Sidya Touré (14 % le 26 juin), rallié à Cellou Dalein Diallo. Les Soussous auraient voté assez massivement en faveur d’Alpha Condé. Faut-il y voir un lien ? L’UFDG est passée à l’offensive en contestant la régularité du vote, notamment dans le Nord de la Guinée. Ce fief d’Alpha Condé a été le théâtre de violences intercommunautaires en octobre, soldées par l’exode de quelques milliers de Peuls. « Nos représentants ont eu peur le jour du vote et n’ont pas pu être présents dans les bureaux de vote. Par ailleurs, nous avons la preuve que le camp d’en face avait mis en place des bureaux de vote fictifs pour bourrer les urnes, nous avons donc porté plainte devant la Cour suprême pour défendre notre victoire et faire prévaloir la vérité des urnes », affirmait Bah Oury, vice-président de l’UFDG. « Si, au final, les scores des deux candidats sont assez proches, on peut s’attendre à une bataille de recours judiciaires qui retarderaient la proclamation du nom du vainqueur et ouvrirait une période d’incertitude porteuse de violences potentielles », s’inquiète un observateur étranger. « Chaque candidat dispose d’une niche de contestation », confirme Moktar Diallo, représentant modéré de la société civile guinéenne. Si Cellou Dalein Diallo avance la question du vote des personnes déplacées, Alpha Condé pourra soulever celle relative à une partie de l’électorat originaire de son fief du Nord, mal recensée et qui n’a pas reçu de cartes d’électeur. Environ 70 000 Guinéens n’ont pas été autorisés à voter dimanche. « L’avenir dépendra de la capacité de chacun des deux candidats à créer le chaos », estime Moktar Diallo.  

Christophe Châtelot
 
(Source: : Le Monde.fr | 10.11.10 | 16h25  •  Mis à jour le 10.11.10 | 18h56)

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