10 mai 2006

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TUNISNEWS
7 ème année, N° 2179 du 10.05.2006

 archives : www.tunisnews.net


Ordre National des Avocats de tunisie: Communiqués Vérité-Action: Les avocats tunisiens défendent leur bastion Marguerite Rollinde: Tunisie: La police politique s’en prend aux avocats Amities Franco-Irakiennes: Des personnalités menacées de mort en raison de leur opposition  à  la politique israélienne en Palestine,  et à l’occupation de l’Irak Reuters: Pakistan arrests three (One of them a Tunisian, NDLR) suspected militants Reuters: Two sentenced in Spain for 2002 Tunisia bombing AP: Spanish court sentences two for collaborating in Tunisia synagogue bombing AP: Emigration : 26 clandestins sierra-léonais échouent sur les côtes tunisiennes TAP: Remportant un brillant succès hier à l’Assemblée générale de l’ONU en obtenant le score le plus élevé des voix Le Temps: La Chaire Ben Ali pour le dialogue des civilisations et des religions répond à Michelle Bismuth  Sharon Otterman: Politics in Tunisia Jeune Afrique :Que faire des islamistes ? Jeune Afrique :Le temps des « égaux » Jeune Afrique : 12 mai 1881: la France instaure son « protectorat » sur la Tunisie AFP: Colonisation: la polémique persiste après les déclarations de Bouteflika

AFP: Le parti au pouvoir en Turquie attaque un octogénaire qui dénonce sa politique

 
     ORDRE NATIONAL DES AVOCATS DE TUNISIE          Palais de Justice – Tunis                                                                                                                 Tunis le: 09/05/2006
  COMMUNIQUE (traduction)
La Conférence des Sections réunie le Mardi 09 Mai 2006 au Palais de Justice.
Après avoir examiné l’interdiction faite par la police politique au Bâtonnier, aux Membres du Conseil de l’Ordre et aux Membres des sections régionales des Avocats d’Assister au débat de la Chambre des Députés réuni cet après midi pour examiner le projet de loi relatif à la création de l’Institut des Avocats en dressant des barrages fermant l’accès au siège de la chambre des députés avec l’usage du harcèlement, de la violence verbale et la menace d’user de la violence physique :
– Dénonce ces pratiques comme étant un précédent grave dont doivent répondre les auteurs. – Considère que de telles pratiques constituent un atteinte non seulement aux structures du Barreau, mais aussi à la Chambre des Députés, Institution Constitutionnelle émanation au prix d’une lutte acharnée et de sacrifices du peuple tunisien. – Rappelle que le droit d’Assister aux débats de la Chambre des Députés est consacré par les lois du pays et les conventions internationales.                                                          Pour la Conférence des Sections                                                                                                           Le Bâtonnier                                                                                                                                                              ABDESSATTAR BEN MOUSSA

     ORDRE NATIONAL DES AVOCATS DE TUNISIE          Palais de Justice – Tunis                                                                                                               Tunis le: 09/05/2006  
COMMUNIQUE (traduction)
La Conférence des Sections réunie le Mardi 09 Mai 2006 au Palais de Justice.
Après avoir Passé en revue les événements survenus ce matin et notamment :
– les agressions physiques et verbales émanant de la police politique visant certains avocats pendant le sit-in organisé ce jour au palais de justice à l’appel du Conseil de l’Ordre. – l’interdiction faite aux avocats de joindre la Maison du Barreau. – L’interdiction faite au Bâtonnier et aux structures élues du Barreau pour prendre contact avec le Ministère de la Justice en vue de signifier la protestation des avocats à l’encontre du projet de loi relatif à la création de l’Institut des Avocats et qui devrait être soumis par le Gouvernement pour approbation à la chambre des députés dans l’après-midi :
1/ Dénonce ces agressions, comme étant une pratique courante et incessante tendant à porter atteinte à la profession, et à leurs structures élues démocratiquement. 2/ Considère que le refus du Ministre de la justice de recevoir les représentants des structures du Barreau comme une preuve tangible du refus et de l’absence de tous dialogue et une politique délibérée du Ministère de prendre unilatéralement toutes les décisions ce rapportant à la profession.
                                                       Pour la Conférence des Sections                                                                                                           Le Bâtonnier                                                                                                                                                              ABDESSATTAR BEN MOUSSA
Tel : 71.560.315      Palais de Justice Bd. Beb Benet 1006 Tunis   Fax : 71.568 .923 cpra.onat.1@yahoo.fr

   ORDRE NATIONAL DES AVOCATS DE TUNISIE          Palais de Justice – Tunis                                                                                                               Tunis le: 09/05/2006 COMMUNIQUE (traduction)
 
La Conférence des Sections réunie le Mardi 09 Mai 2006 au Palais de Justice de Tunis.  Après avoir examiné les derniers développements relatifs à la présentation par le Gouvernement du projet de lois portant création de l’Institut des Avocats à la Chambre des Députés pour approbation. Et après avoir constaté qu’aucune prise en compte n’a été faite par le Ministère des réserves émises sur le dit-projet aussi bien par le Conseil de l’Ordre des Avocats que par la Commission des Lois près de la Chambre des Députés recommande : 1/ D’organiser un sit-in à la Maison du Barreau à partir du 09/05/2006. 2/ D’organiser un mouvement de protestation dans toutes les Cours d’Appel du Pays. 3/ D’organiser une journée de protestation nationale au Palais de Justice de Tunis le Mardi 23/05/2006. 4/ De Boycotter les Commissions d’office et de redynamiser le Boycott de l’aide juridictionnelle. 5/ De présenter des plaintes au nom des avocats victimes d’agressions policières. 6/ D’activer la compagne de solidarité internationale. 7/ Lance un appel à tous les avocats pour appuyer leurs structures élues et à se mobiliser afin de défendre leurs revendications légitimes.                                                        Pour la Conférence des Sections                                                                                                           Le Bâtonnier                                                                                                                                                              ABDESSATTAR BEN MOUSSA

 


 
Vérité-Action
 

Suisse

Tél. +41797032611

 

Les avocats tunisiens défendent leur bastion

 

Vérité-Action exprime son regret et sa vive préoccupation suite à l’élection de la Tunisie avec 171 voix au conseil des droits de l’homme par l’Assemblée générale de l’ONU. Paradoxe de cette étonnante élection qui intervient au même moment où à Tunis, les forces de l’ordre agressaient les avocats rassemblés dans le palais de justice pour protester contre le projet de loi portant création d’un institut de formation. Un sit-in est organisé depuis hier et devrait se poursuivre jusqu’à la réponse à leurs revendications.

 

Le projet adopté par la chambre des députés, hier soir, porte préjudice à l’indépendance de la profession et menace son avenir. Il consiste à créer un institut de formation du barreau géré et contrôlé par les autorités publiques. Chose que les avocats tunisiens contestent. L’ordre des avocats avait, auparavant revendiqué son droit à discuter et à donner l’aval à ce projet dans une lettre adressée conjointement au président de la république et au parlement.. Or, le gouvernement en place, dans une volonté de mettre la main sur cette corporation « dérangeante », a décidé d’ignorer leurs appels en soumettant le projet à la chambre des députés pour votation sans que les avocats disent leur mot. Selon nos sources les avocats proches du pouvoir tentent de diviser le barreau en soutenant le projet. 

 

Ces faits graves s’inscrivent dans une politique suivie depuis quelques années visant la marginalisation des avocats. L’institut devrait, selon le barreau, assurer la formation des futurs avocats sous la direction de l’ordre des avocats pour garantir sa crédibilité et l’indépendance de la profession. Le projet voté hier à Tunis constitue une atteinte grave aux efforts des hommes de ce métier qui luttent sur tous les fronts pour les libertés et les droits de l’homme dans le pays. A travers ce nouvel institut, le régime tunisien opte pour le bras de fer afin de mettre à bat ce dernier bastion.

 

Eu égard à ces événements, Vérité-Action tout en réitérant son inquiétude face à l’accès de la Tunisie au conseil des droits de l’homme,  exprime sa solidarité avec le barreau tunisien et ses militants et,

 

         rejoint les avocats dans leurs revendications pour un institut de formation qui répond aux normes internationales et aux attentes des avocats

         dénonce les nombreuses mesures prises par le régime pour porter atteinte à l’indépendance du barreau

         appelle à une plus grande solidarité internationale avec les avocats tunisiens qui militent pour protéger leur noble métier

         rappelle à l’opinion publique internationale que le gouvernement Tunisien enfreint toutes les lois en matière de libertés et représente, de ce fait, un membre sans crédibilité aucune au sein du Conseil des droits de l’homme.

 

Fribourg, le 10 mai 2006

 

Pour Vérité-Action

Safwa Aïssa, présidente


Tunisie

La police politique s’en prend aux avocats

   

Maître Radhia Nasraoui, jointe au téléphone ce mardi 9 mai à 19h, m’a transmis les informations suivantes.

 

Le Conseil de l’Ordre de Tunis avait appelé les avocats à un sit in dans l’enceinte du Palais de Justice pour protester contre un texte de loi qui devait être voté cet après midi concernant l’Institut de formation des avocats.

 

Cette loi constitue une menace contre l’indépendance du Barreau en plaçant cet Institut sous tutelle du ministère de la Justice et du ministère de l’Enseignement supérieur. Les membres du Conseil de l’Ordre conduits par le bâtonnier devaient se rendre au ministère de la Justice pour déposer une protestation contre le projet de loi qui devait être voté cet après midi.

 

De très importantes forces de police sont alors intervenues pour bloquer la sortie du Palais de Justice empêchant la délégation de se rendre au ministère. Les avocats ont alors forcé la sortie en scandant des slogans du type « Barreaux indépendants, policiers dehors » et en chantant l’hymne national. Les très nombreux policiers présents ont alors tabassé des avocats, dont certains membres du Conseil de l’Ordre.

 

Le Bâtonnier a réagi en envoyant un télégramme de protestation pour dénoncer les agressions et l’acharnement dont sont victimes les membres du Barreau et pour réclamer le retrait du projet. A l’heure actuelle, le sit in continue dans la Maison du Barreau avec quelques dizaines d’avocats.

 

D’après maître Radhia Nasraoui, le local est encerclé par des dizaines de voitures officielles et banalisées, et une présence policière plus imposante que ce qu’elle a jamais connu.

Les avocats se disent décider à maintenir un sit in tournant jusqu’au retrait de la loi.

 

Ils appellent au soutien de tous les Barreaux à l’étranger ainsi que des ONG et de tous les démocrates.

 

(Source : Alerte électronique reçu ede Mme Marguerite Rollinde le 9 mai 2006 à 20:08:55)


 

AMITIES FRANCO-IRAKIENNES

 

Communiqué :

 

Des personnalités menacées de mort

en raison de leur opposition

à  la politique israélienne en Palestine,

et à l’occupation de l’Irak

 

PROCES LE JEUDI 11 MAI 2006

devant la 10ème chambre correctionnelle

à partir de 13h30, au Palais de justice de Paris

(Métro : Cité)

 

Entre 2002 et 2004, un certain Raphaël Schoemann a adressé des menaces de mort à une quinzaine d’intellectuels, d’hommes politiques ou de militants connus pour leur engagement en faveur de la paix au Proche-Orient.

 

Ils ont reçu une balle de 22 LR, insérée dans un carton portant la mention : « La prochaine n’arrivera pas par la poste ».

 

Les personnes « visées » sont : Eyal Sivan, Isabelle Coutant-Peyre, Ginette Hess-Skandrani, Maria Poumier, Lucien Bitterlin, Monique Chemiller-Gendreau, Alain Lipietz, Gilles Munier, José Bové, Annie Coussemant, Mondher Sfar, Jean-Claude Willem.

 

Raphaël Schoemann a été arrêté et a reconnu les faits. La police a découvert à son domicile un arsenal comprenant divers types d’armes de guerre avec réducteur de son et visée laser, ainsi que des caisses de munitions.

 

L’homme, âgé de 64 ans, n’a pas été placé en garde à vue. Il a simplement été mis en examen, et… laissé en liberté provisoire.

 

Il accuse les personnes menacées de mort d’être des « antisémites » ou des « négationnistes » sous prétexte qu’elles critiquent la politique israélienne.

 

L’instruction n’a pas été menée sérieusement. La plupart des victimes n’a pas été entendue par le Juge. Certaines lui auraient sans doute fait part de leurs soupçons concernant l’appartenance de Raphaël Schoemann à la « Ligue de Défense juive », une organisation terroriste et raciste fondée par le rabbin américano-israélien Kahane.

 

Nous pensons que les médias devraient assister au procès

et à en rendre compte

comme ils le feraient si les mêmes menaces de mort avaient été proférées

contre des juifs français ou des pro israéliens …

Contact : Gilles Munier  – 06 19 74 45 99

 


 

Pakistan arrests three (

One of them a Tunisian, NDLR

) suspected militants

 REUTERS, le 10 mai 2006 à 17h24 ISLAMABAD, May 10 (Reuters) – Pakistani security forces arrested three suspected militants, including a Tunisian believed to belong to al Qaeda, in the troubled tribal region of North Waziristan, a senior security official said on Wednesday.   There was no immediate official comment from the government or the military.   The senior security official, who spoke to Reuters on condition of anonymity, said the Tunisian, identified as Abdul Rehman Saifuddin, was caught along with an Afghan and a Pakistani on Tuesday in the region bordering Afghanistan.The Tunisian is believed to be a known al Qaeda operative, but not very senior, the official said.   Last month, a Pakistani helicopter attack close to Miranshah, the main town in North Waziristan, killed an Egyptian al Qaeda member wanted for involvement in the 1998 bomb attacks on U.S. embassies in East Africa.   Pakistani security forces have killed over 300 militants, including around 75 foreigners, in North Waziristan since the middle of last year, and clashes with militants have intensified since early March.   REUTERS

 

Two sentenced in Spain for 2002 Tunisia bombing

 REUTERS, le 10 mai 2006 à15H55 MADRID, May 10 (Reuters) – A Spanish court sentenced two men to a total of 10 years in prison on Wednesday for their part in a suicide bombing in Tunisia in 2002 which killed 21 people, 14 of them German tourists.   The court sentenced Ahmed Rukhsar, a 41-year-old Pakistani living in Spain, and Enrique Cerda Ibanez, a 43-year-old Spaniard, to five years each for collaboration with a terrorist organisation.   A member of the Islamic Army for the Liberation of Holy Places, a radical group linked to al Qaeda, drove a tanker truck filled with cooking gas to a synagogue before detonating the truck, court documents said.   The blast on the Tunisian island of Djerba destroyed North Africa’s oldest synagogue and also killed five Tunisians and two Frenchmen.   REUTERS

Spanish court sentences two for collaborating in Tunisia synagogue bombing

 Associated Press, le 10 mai 2006 à 17h47  MADRID, Spain (AP) _ Spain’s National Court on Wednesday handed down prison sentences of five years each to a Spaniard and a Pakistani for collaborating in the suicide bombing of a synagogue on the Tunisian resort island of Djerba in 2002, which killed 21 people.    The two, Spaniard Enrique Cerda Ibanez and Pakistani Ahmed Ruksar, were found guilty of sending money to Issa Ismail Muhamad, identified as « Isaac of Karachi, » who is believed to have financed the Djerba attack.    According to the sentence, « Isaac of Karachi » told Cerda to open bank accounts for carrying out transactions. It adds that Khalid Shaikh Mohammed, the senior al-Qaida operative accused of masterminding the Sept. 11 attacks, had Cerda’s telephone number and gave it to Nizar Naouar, the Tunisian who allegedly drove the truck bomb in the Djerba attack.    Ruksar, who ran a shop for making international calls in the northern Spanish town of Logrono, was also found guilty of supplying money to « Isaac of Karachi, » the court document said.    In the attack, which was claimed by al-Qaida militants, 14 Germans, five Tunisians and two French citizens were killed and 30 persons injured.   Associated Press
 

 

Emigration : 26 clandestins sierra-léonais échouent sur les côtes tunisiennes

 

Associated Press, le 9 mai 2006 à 20h41

TUNIS (AP) — Partis du littoral libyen pour tenter de gagner les côtes italiennes, 26 candidats à l’émigration illégale originaires de la Sierra-Leone ont échoué « ces derniers jours » sur la plage de

Salakta, dans la région de Mahdia du littoral du centre tunisien, après que leur embarcation eut été prise dans une violente tempête, a rapporté lundi l’hebdomadaire tunisien Assabah Al Ousboui.

 

Des unités des services de sécurité ont secouru les rescapés qui ont été pris en charge par une équipe médicale. Selon les premiers éléments de l’enquête, les émigrants avaient pris leur départ de la plage de Zouara, en Libye et comptaient gagner l’île italienne de Lampedusa.

 

Le journal fait par ailleurs état de la condamnation de deux à quatre ans de prison ferme de cinq Tunisiens rescapés d’une tentative d’émigration illégale vers l’Europe au cours de laquelle

deux autres clandestins avaient péri. Le drame date de juin dernier. Le moteur avait pris feu et l’embarcation avait chaviré.

 

AP

 

 

Remportant un brillant succès hier à l’Assemblée générale de l’ONU

en obtenant le score le plus élevé (*) des voix

 

La Tunisie élue membre du Conseil des droits de l’homme de l’ONU 

Ce brillant succès de la Tunisie est un témoignage de considération pour la conception globale des droits de l’homme du Président Zine El Abidine Ben Ali et pour sa foi en la complémentarité des dimensions politique, économique, culturelle et sociale des droits humains, et en la nécessité d’en diffuser la culture à tous les niveaux

 

NEW YORK (TAP) – La Tunisie a été élue, hier, au cours de la réunion de l’Assemblée générale de l’ONU, à New York, membre du Conseil des droits de l’homme de l’ONU.

 

Ce conseil se compose de 47 Etats, élus pour un mandat de trois ans. La Tunisie a obtenu, à cette occasion, 171 voix, soit le score le plus élevé des élections à ce conseil. (*)

 

Ce brillant succès de la Tunisie est un témoignage de considération pour la conception globale des droits de l’homme du Président Zine El Abidine Ben Ali et pour sa foi en la complémentarité des dimensions politique, économique, culturelle et sociale des droits humains, et en la nécessité d’en diffuser la culture à tous les niveaux.

 

La protection et le développement des libertés et des droits de l’homme, ainsi que la diffusion de leur culture ont constitué un leitmotiv du processus de promotion de la vie politique, du renforcement des fondements de la République et du raffermissement de l’Etat de droit et des institutions en Tunisie.

 

La réforme étant un effort renouvelé et une action continue, comme l’a réaffirmé le Président Zine El Abidine Ben Ali, à maintes reprises, la Tunisie s’est attelée, depuis l’avènement du Changement, à emprunter cette voie. C’est ainsi que des réformes profondes ont été introduites dans les différents secteurs, touchant aussi bien les législations que les institutions, et que des initiatives avant-gardistes ont été prises par le Chef de l’Etat en vue de hisser la Tunisie au plus haut niveau du progrès, joignant ainsi l’acte à la parole, en concrétisation des objectifs ambitieux fixés dans son programme «Pour la Tunisie de demain».

 

Aussi, les efforts, durant l’ère du Changement ont-ils été axés sur la promotion et la sauvegarde des droits de l’homme, ainsi que sur leur enrichissement continu dans tous les domaines, partant de la conviction que l’élément humain est la finalité de toute réforme et que les droits de l’homme sont un tout indissociable, où aucun des droits ne prévaut sur les autres.

 

La réforme fondamentale de la Constitution, initiée par le Président de la République et plébiscitée par le peuple tunisien, à l’occasion du premier référendum populaire de l’histoire de la Tunisie indépendante, organisé en mai 2002, est venue accorder la place qui sied aux droits de l’homme et aux libertés, en élargissant la protection de la vie privée des personnes, en consacrant la confidentialité de la correspondance et en protégeant les données personnelles, outre le renforcement du pluralisme politique et la garantie de la neutralité des membres du Conseil constitutionnel, auquel est confiée la mission du suivi des différentes étapes des élections présidentielle et législatives.

 

De surcroît, la solidarité entre les Tunisiens a constitué un enjeu de premier plan et l’un des principaux volets du dispositif des droits de l’homme. Le Président de la République a, à cet effet, veillé à raviver ce principe et à enraciner sa culture, ce qui a érigé l’expérience tunisienne dans ce domaine en modèle pour les autres pays du monde.

 

La voie empruntée par la Tunisie a permis au pays d’entrer de plain-pied dans la modernité. Cette réussite est le fruit de l’attachement du Président Ben Ali à accorder aux droits de l’homme une place centrale dans le projet civilisationnel du Changement du 7 novembre 1987.

 

(Source : « La Presse » du 10 mai 2006)

 

(*) Remarque de TUNISNEWS

 

FAUX et ARCHIFAUX: La Tunisie n’a obtenu que 171 voix !!! Elle était devancée dans son groupe (Africain) par plusieurs pays: Djibouti (172), Gabon (175), Mali (178), Maurice (178), Maroc (178), Afrique du Sud (179), Sénégal (181), Ghana (181), Zambie (182), tandis que l’Inde a fait (173 voix) dans le groupe asiatique.

 

MAIS POURQUOI LES RESPONSABLES DES MEDIAS OFFICIELS TUNISIENS DOIVENT–ILS MENTIR SUR UN SUJET PAREIL ??? C’EST INCROYABLE. C’EST INADMISSIBLE. C’EST HONTEUX.

 

« On nous écrit au Temps »

 

La Chaire Ben Ali pour le dialogue des civilisations et des religions répond à Michelle Bismuth

 

En réponse à l’E-Mail émanant de Madame Michelle Bismuth, que votre journal Le Temps a publié, le 7 mai 2006, nous vous soumettons cette lettre en guise de réponse.

 

Chère Madame,

 

Grâce au journal Le Temps, j’ai lu  votre lettre émouvante. Il me fait plaisir et honneur de vous saluer en votre qualité de compatriote loin du pays. Peut-être, êtes-vous encore au Canada ! Dans votre message, vous parlez d’Arabes et de Juifs. Pour être conforme et fidèle à l’histoire, il me paraît plus juste de parler de Tunisiens Musulmans et de Tunisiens Juifs. Car ethniquement et culturellement, nous participons des mêmes souches méditerranéennes. La distinction est plutôt religieuse. Or, il me paraît fondamental  de faire le départ entre le politique et le religio-culturel. Ce sont deux univers différents, dont l’amalgame n’a pas fini de générer les pires incompréhensions et les dérives les plus catastrophiques. Le conflit israélo-palestinien relève du politique alors que l’arabité, l’Islamité et la judaïcité participent du culturel et  du religieux.

 

Vous êtes citoyenne  tunisienne de religion juive comme je suis citoyen tunisien de religion musulmane. Comme les miens, vos ancêtres parlaient sûrement la langue du pays : l’Arabe. Certains de nos compatriotes, utilisaient parfois ce qu’on appelle le judéo-arabe, c’est-à-dire, le parler tunisien écrit en caractères hébraïques. Il y a, d’ailleurs, toute une littérature tunisienne dite judéo-arabe, un véritable trésor de notre patrimoine. Quels que soient les vicissitudes et les avatars communautaires, nous sommes tous les enfants du pays. Nous nous devons de nous réclamer de Carthage et de Kairouan et du point de vieux religieux, nous nous disons enfants d’Abraham. Nous avons reçu en héritage, des mosquées et des synagogues, le Coran et la Thora et tous les prophètes  bibliques, et post – bibliques sans exclure les Evangiles et les églises dont les vestiges présents partout, nous rappellent d’illustres figures comme celles de Cyprien, Tertullien et Augustin.

 

Voilà pourquoi,  Juifs et Musulmans de Tunisie, nous devons, la main dans la main, travailler ensemble pour le rapprochement des peuples et le dialogue des cultures. Ce faisant, nous pourrons aider les  autres à s’accepter et à vivre, côte à côte, dans le respect des différences, la justice et la paix. Telle est d’ailleurs, la mission de la Chaire Ben Ali pour le Dialogue des Civilisations et des Religions.

 

Pr. Dr. M’hamed Hassine FANTAR

Titulaire de la Chaire du Président Ben Ali pour le Dialogue des Civilisations et des Religions.

 

(Source : « Le Temps » du 10 mai 2006)


Politics in Tunisia

By Sharon Otterman May 8, 2006, 19:00 GMT   TUNIS, Tunisia (UPI) — Sipping a cappuccino in a Parisian-style cafe in the capital here is a good place to contemplate the conundrum that is modern Tunisia. The capital of this Muslim nation of 10 million, tucked between Algeria and Libya, is one of the most Westernized and secular corners of the Arab world. Its wide boulevards are lined with manicured trees and crisscrossed by sleek trams. Unlike most other Arab countries where nearly all women wear headscarves, in Tunis women walk by in tight jeans and sparkling earrings, their hair cascading down their backs.   But lest you think you have accidentally landed on the other side of the Mediterranean, observe what happens when the government — particularly President Zine el-Abidine Ben Ali, comes up in conversation.   \’Do we have to whisper?\’ I asked my Tunisian friend, who was speaking about a recent case involving a political dissident. We were in a trendy bar, drinking beers. \’It`s just habit,\’ he said, his lips barely moving. \’No need for everyone to hear what we are going to say.\’   Tunisia may project a sense of liberalism, but it remains closed politically. Ben Ali, who has run the country since 1987, places strict limits on the nation`s media and political opposition. Phones are tapped and many Internet sites — including Human Rights Watch and Amnesty International — are blocked. E-mails that mention the president`s name are unlikely to go through. Liberal democracy activists are regularly harassed and intimidated. Islamist opposition politicians are jailed or exiled.   \’It is theater,\’ said Kadija Cherif, who heads a feminist organization called the Tunisian Association of Women Democrats, explaining the tension between the appearance and reality of Tunisia. \’The regime wants to show to the world there is democracy, that there is civil society, but at the same time, they do the opposite. They want to control all the people, all the organizations.\’   Three years ago, Cherif was battered by police. Sometimes when she travels, she finds her passport is not valid. The police cut her phone line regularly and listen to her calls. Her Internet connection has been shut off since November. Her crime? Along with some 100 other female activists, she calls for equal rights for women and small steps toward democracy, particularly freedom of speech and association.   \’Whether you are moderate or radical, the government cannot accept your activity and the response is the same. All activists are treated this way for the past 10 years. The government confiscates their cars, fires them from their jobs, goes after their husbands, or wives, or even their children,\’ she said.   Tunisia has a strong relationship with the United States and France, its former colonial ruler. Tourists flood into the country, with about 5 million visiting per year. The economy has been relatively well managed. It is outpacing its neighbors, growing at some 5 percent annually.   The regime is stable because it has three pillars of support, said Hamadi Redissi, a professor of political science at the University of Tunis. Women, who benefit from the most liberal laws toward women in the Arab world; labor unions, which back the government`s French- socialist style policies and constantly rising minimum wage; and business owners, who rely on the regime to give them the advantages they need to function.   Rendissi argues that the police in Tunisia enforce but are not at the foundation of Tunisia`s political bargain. Indeed, the security presence is subtle here, mostly consisting of lurking plain-clothes intelligence officers and traffic police on BMW motorcycles. Yet activists know what will happen to those who step out of line.   In the Parisian-style cafes, politics does not, in fact, come up very often, activists say. Most Tunisians look to their neighbors for examples of how much worse things can be: to Libya, an isolated police state, and Algeria, whose war against its own radical Islamic political forces lasted a decade and took 200,000 lives.   As in other parts of the Arab world, the Tunisian regime has made the choice for its citizens a stark one: either side with us, or open the way to Islamist politicians who will usher in socially repressive systems and perhaps pursue their aims with violence. Opposition figures like Cherif, who seek to undermine the government`s claims to secular legitimacy, must be shut down, because they represent a third way which the government does not want to discuss.   But can the regime legislate in favor of modernity and secularism without also allowing in the ideas of liberalism? Nearly all Tunisians speak French, and in the cities, the rhetoric of the small group of democracy activists — likely less than 1,000 people — is informed by extensive reading of Western political thought and mellifluent ideals of the French revolution: liberty, equality, and fraternity.   Even in the small, largely Berber town of Tozeur in the country`s south, liberal ideas, conveyed in French, are penetrating. Along a curved street there, a Berber storekeeper with blackened teeth invited me into his shop, not to hawk souvenirs, or offer tea, but to show me his current reading: a dog-eared copy of Descartes, Plato`s Phedra in French, and an Arabic tome by Ibn Khaldun, Tunisia`s most famous philosopher, who blended anthropology, sociology, and history in the 14th century.   The case of Tunisia brings to mind the long-standing question of what people value more: stability or freedom. For now, most Tunisians appear to back the political bargain here, and for that reason, some thinkers see little movement toward reform on the horizon.   \’We spend time each evening with our friends, and drink our wine. There is nothing else to do,\’ said Redissi, sighing, when asked how he lives as an intellectual under such conditions. \’Few are really interested in talking about democracy. In fact, there is very little to talk about.\’   Copyright 2006 by United Press International   (Source: Alerte électronique d’aprés un Feature de l’agence UPI) URL: http://news.monstersandcritics.com/africa/article_1162255.php/Politic


 

Que faire des islamistes ?

par RIDHA KÉFI

La question divise la gauche et l’extrême gauche depuis la libération de nombreux dirigeants d’Ennahdha…

La classe politique tunisienne éprouve les pires difficultés à adopter une position commune à l’égard des islamistes d’Ennahdha (Renaissance). Alors qu’on le croyait définitivement démantelé, ce parti refait parler de lui depuis la libération conditionnelle, par vagues successives à partir de 2003, de nombre de ses dirigeants.

 

Après avoir purgé l’essentiel de leur peine, des hommes comme Ali Laaraiedh, Zied Daoulatli ou Hamadi Jébali, l’ancien directeur de l’hebdomadaire El-Fajr, organe du mouvement aujourd’hui interdit, reprennent peu à peu leurs activités, ébauchant même un dialogue, à défaut d’une véritable alliance, avec certains mouvements de l’opposition laïque, libérale et de gauche. Ceux-là mêmes, qui, au début des années 1990, soutinrent la politique d’éradication menée par le régime…

 

Le mouvement Ennahdha a été fondé en juin 1981. Onze ans plus tard, en août 1992, 277 de ses militants ont été traduits devant des tribunaux militaires sous l’accusation de complot visant à renverser le gouvernement. 265 d’entre eux ont été condamnés à de lourdes peines d’emprisonnement : jusqu’à vingt ans, voire, pour une minorité d’entre eux, à perpétuité. De nombreux dirigeants ont néanmoins réussi à échapper aux vagues d’arrestations successives et à trouver refuge dans des pays étrangers, notamment européens. Après un séjour en Algérie et au Soudan, Rached Ghannouchi, leur « émir », s’est pour sa part installé à Londres, où il vit toujours.

 

Ainsi réduits à la prison, à l’exil ou à la clandestinité, les islamistes tunisiens sont restés presque invisibles pendant une quinzaine d’années. Au moins, à l’intérieur du pays. Mais ils refont aujourd’hui surface et s’efforcent d’infiltrer les structures estudiantines, syndicales et associatives. En espérant reprendre bientôt leur place sur l’échiquier politique. Me Samir Dilou, un proche d’Ennahdha, a par exemple pris part à la grève de la faim observée, en novembre 2005, par huit personnalités pour protester contre ce qu’ils estimaient être l’absence de liberté politique et de liberté d’_expression.

 

Cette agitation a débouché sur la création du « Mouvement du 18-Octobre pour les droits et les libertés », une plate-forme démocratique au sein de laquelle cohabitent des militants de gauche (Me Nejib Chebbi, chef du PDP), d’extrême gauche (Hamma Hammami, chef du POCT) et islamistes (Zied Daoulatli).

 

Plus récemment, les grèves de la faim observées par d’ex-détenus islamistes comme le journaliste Abdallah Zouari, un ancien collaborateur d’El-Fajr assigné à résidence près de Zarzis, dans l’extrême sud du pays, depuis sa libération, en 2003, et de l’universitaire Moncef Ben Salem, emprisonné entre 1990 et 1993, ont trouvé un franc soutien auprès de certaines composantes de la gauche.

 

En décembre 2004, les autorités elles-mêmes ont engagé une esquisse de dialogue avec Ennahdha : Amer Laaraiedh, l’un des dirigeants du mouvement en Europe, a été reçu par Afif Hendaoui, l’ex-ambassadeur de Tunisie à Berne. Mais cette rencontre, qui n’a jamais été annoncée officiellement, n’a pas eu de suite. Elle a seulement provoqué un débat chez les islamistes sur l’intérêt d’une reprise des pourparlers avec les autorités.

 

Aujourd’hui, ces mêmes autorités critiquent vivement le rapprochement en cours entre la gauche et les islamistes. Lors d’une rencontre à Tunis, le 11 mars, le ministre d’État Abdelaziz Ben Dhia, conseiller spécial auprès du chef de l’État et porte-parole de la présidence, a stigmatisé ce qu’il appelle une « alliance contre nature entre l’extrémisme religieux et l’extrême gauche ». « L’Histoire nous enseigne, a-t-il expliqué, que lorsque les gauchistes s’allient aux fondamentalistes religieux, ils finissent toujours par être avalés par eux. »

 

Ce rapprochement commence à susciter des remous jusque dans les rangs de la gauche. Ses partisans, tel Me Néjib Chebbi, soutiennent qu’Ennahdha doit pouvoir jouir du droit à l’existence et à l’_expression libre, en toute légalité démocratique, au même titre que les autres composantes de l’opposition. Ils estiment que l’unité d’action avec les islamistes est non seulement souhaitable, mais nécessaire pour lutter contre l’éparpillement de l’opposition. Il est vrai que la gauche peut difficilement compter sur ses seules forces. Et qu’elle a besoin de l’apport des islamistes, seuls en mesure de mobiliser un grand nombre de gens.

 

À l’appui de son analyse, le chef du PDP invoque l’accession des islamistes au pouvoir en Turquie, en Palestine et, demain peut-être, au Maroc, sans parler de leur présence, dès aujourd’hui, dans les Parlements et/ou les gouvernements de nombreux autres pays comme l’Algérie, l’Égypte, la Jordanie et l’Irak. Si donc, explique encore Chebbi, les militants de gauche sont inéluctablement appelés à cohabiter un jour ou l’autre avec eux, il convient de s’accorder dès maintenant sur les « règles fondamentales de cette cohabitation », dans le cadre d’un « pacte démocratique réunissant tous les Tunisiens et délimitant les fondements intangibles de la société démocratique ». Soit : l’égalité des sexes, la liberté de conscience, l’interdiction des châtiments corporels, les rapports entre l’islam et de l’État, la protection des minorités, etc.

 

Cette approche est très loin de faire l’unanimité. À preuve, un texte intitulé « À propos d’une dérive » diffusé sur Internet par un groupe d’intellectuels « sans obédience partisane, mais appartenant à la famille de la gauche démocratique tunisienne ». Les signataires soulignent leur opposition à une « alliance à tout prix » avec les islamistes. Parce que ces derniers continuent de « vouer aux gémonies tous les démocrates et tous les îlmaniyîn [agnostiques, laïcs], de « se vanter du recul de la si haïssable îlmaniya [laïcité] face à la déferlante islamiste dans le monde musulman » et de « réaffirmer leur fidélité aux pères fondateurs du fondamentalisme dans sa version la plus obscurantiste ». De même, ces mêmes islamistes se gardent bien de renier de façon claire leur « soutien aux fauteurs de guerres civiles et aux assassins de démocrates dans le monde musulman » et de renoncer publiquement à leur « programme d’islamisation de l’État et de la société ».

 

Bref, oui au dialogue avec les islamistes afin de bien marquer les différences idéologiques entre les deux camps, mais pas d’alliance politique avec eux tant qu’ils continueront de réclamer l’application de la charia et de « mener une politique double » : démocratisme de circonstance, d’un côté ; fidélité à l’islam politique, de l’autre.

 

La relance de ce vieux débat n’est pas pour déplaire aux autorités, qui voient l’opposition donner d’elle-même « l’image d’une nébuleuse chaotique et rongée par les luttes intestines » (Chebbi dixit).

 

(Source : Jeune Afrique N°2365 du 7 au 13 mai 2006)


 

 

TUNISIE

Nouveaux puits pétroliers

 

Ils s’appellent Adam, Hawa, Nour, Dalia… Ces nouveaux gisements pétroliers, bien que modestes, contribuent à hauteur de 30 % de la production nationale tunisienne, qui tourne autour de 70 000 barils par jour.

 

Ils permettent de compenser un tant soit peu le déclin naturel des gisements « historiques » d’El-Borma ou d’Ashart. Situés dans le bassin de Ghadamès, dans le sud du pays, ils confirment l’existence en Tunisie de plusieurs nouveaux « horizons » de recherche pétrolière onshore et offshore qui attirent une quarantaine de compagnies internationales.

 

Selon des sources officielles, on découvre deux à trois nouveaux gisements par an. C’est assez pour consolider les réserves prouvées (425 millions de barils), mais insuffisant pour satisfaire la demande croissante (90 000 barils/jour).

 

Résultat, le pays est importateur net de pétrole. Et l’essence coûte de plus en plus cher : le litre a franchi, le 26 avril, la barre du dinar pour se vendre à 1,050 dinar (un prix équivalent aux prix européens en termes de parité de pouvoir d’achat). 

 

(Source : Jeune Afrique N°2365 du 7 au 13 mai 2006)


 

Le temps des « égaux »

par SAMIR GHARBI

 

La première visite à Paris d’un Premier ministre tunisien marque un tournant dans les relations entre les deux pays.

 

La visite officielle que Mohamed Ghannouchi a faite à Paris du 3 au 5 mai était la première d’un Premier ministre tunisien depuis l’indépendance du pays, en 1956. Alors, en dépit de la tourmente politique qui balaie actuellement la France (voir pp. 19-22), les autorités des deux pays n’ont lésiné ni sur leur temps ni sur les moyens. Le chef du gouvernement était accompagné d’une importante délégation comprenant notamment quatre ministres : Mohamed Nouri Jouini (Développement et Coopération internationale), Afif Chelbi (Industrie, Énergie et PME), Taïeb Hadhri (Recherche scientifique, Technologie et Développement des compétences) et Hatem Ben Salem (Affaires européennes). Mais aussi une vingtaine de chefs d’entreprise, dont Hédi Djilani (président du patronat et homme d’affaires), Leyla Khaïat (Femmes chefs d’entreprise) et Foued Lakhoua (Chambre tuniso-française).

 

Ce débarquement en force n’est pas le fruit du hasard. Pour la première fois depuis un demi-siècle, la balance commerciale entre les deux pays est favorable à la Tunisie : 2 757 millions d’euros, d’un côté, 2 591 millions, de l’autre. Cet excédent de 166 millions ne s’explique pas uniquement par les ventes d’hydrocarbures et de biens agricoles, mais aussi par les exportations de produits industriels finis : prêt-à-porter, composants électroniques, équipements automobiles et même matériel électroménager.

 

Pour accueillir ses partenaires ragaillardis par leur performance, la France n’a rien négligé : entretien de plus d’une heure, à l’Élysée, avec le président Jacques Chirac, séance de travail et déjeuner à Matignon avec Dominique de Villepin, signature d’accords de coopération à Bercy, rencontre avec les patrons français : Laurence Parisot, présidente du Medef ; Jean Burelle, le président du Medef International ; Éric Hayat du comité Tunisie. Tout cela, bien, sûr, en présence des ambassadeurs des deux pays, Raouf Najar et Serge Degallaix.

 

Après avoir rappelé l’importance de la coopération bilatérale, Ghannouchi a indiqué que son pays souhaite désormais entretenir avec son partenaire des rapports d’égal à égal. Ou win-win (« gagnant-gagnant ») comme l’on dit aujourd’hui. « Nous sommes solidaires. Si la France perd de la compétitivité, nous en perdrons aussi. Nous ne voulons plus des entreprises qui se délocalisent, mais de celles qui investissent dans l’intérêt des deux pays. Nous ne venons pas prendre des emplois en France pour les transférer en Tunisie, nous voulons en créer en Tunisie et en France », a déclaré le chef du gouvernement, au siège du Medef.

 

Hédi Djilani, le président du patronat, a pour sa part salué, c’était de circonstance, « le tandem franco-tunisien créateur de richesses et d’emplois », mais en n’omettant pas une utile mise en garde : « Attention, si nous ne créons pas, ensemble, l’espace économique Euromed, nous paierons, ensemble, la note face aux blocs asiatique et américain. » Cela signifie que l’Europe devrait regarder à la fois vers l’Est et vers le Sud afin de créer un marché unique d’un milliard de consommateurs.

 

Pour Éric Hayat, la Tunisie n’est plus seulement « le pays du jasmin et du textile », mais aussi celui de l’intelligence et de l’électronique. « Le pays change tous les jours, mais son image, elle, reste identique », a-t-il déploré. C’est à cause de cette image obstinément influencée par le tourisme que, par exemple, il ne viendrait pas à l’idée d’un investisseur anglo-saxon de créer une entreprise de logiciels en Tunisie.

 

« J’ai senti le président et le Premier ministre français déterminés à amplifier notre relation, à un moment où la Tunisie lance de grands projets et se tourne vers des secteurs d’activité à haute valeur ajoutée », a déclaré Ghannouchi. « Nos entretiens ont été confiants, fructueux et orientés vers l’avenir », a répondu Villepin. Quant à Chirac, il a salué « les relations exemplaires entre les deux pays », confirmant au passage le soutien de la France à la politique de réforme économique conduite par le président Ben Ali et à ses « nécessaires prolongements dans les domaines des droits de l’homme et de l’État de droit ».

 

(Source : Jeune Afrique N°2365 du 7 au 13 mai 2006)


 

 

Ce jour-là

12 mai 1881: la France instaure son « protectorat » sur la Tunisie

 

12 mai 1881: la France instaure son « protectorat » sur la Tunisie

 

TUNISIE – 7 mai 2006 – par RIDHA KÉFI

 

«Vous ne pouvez laisser Carthage entre les mains des Barbares ; vous serez contraint de vous en emparer », souffle le ministre britannique des Affaires étrangères à l’oreille de son collègue français. Nous sommes en mars 1878, pendant le Congrès de Berlin, à l’issue duquel la France va obtenir le feu vert des puissances européennes pour mettre à exécution son plan d’occupation de la Tunisie.

 

Au début de 1881, la France est d’autant plus pressée de passer à l’action que les prétentions italiennes sur la Tunisie, cette régence autonome de l’Empire ottoman, se précisent. « Nous avons chaque semaine un casus belli sur la frontière. Il dépend de nous de le faire valoir », écrit le consul de France Théodore Roustan. Ce casus belli, Roustan va le trouver sans peine à la suite d’une querelle à la frontière entre la Tunisie et l’Algérie, territoire français depuis 1830. Selon la version française, les tribus tunisiennes des Khroumirs ont pénétré en territoire algérien afin d’exercer des représailles à la suite d’une sombre affaire de vol de bétail. Les « horribles outrages » que, selon Roustan, les Khroumirs auraient perpétrés le 30 mars 1881 n’ont jamais été prouvés, mais qu’importe : le consul français saute sur le prétexte et informe le palais du Bardo de la volonté française de châtier les agresseurs et de rétablir la sécurité sur la frontière.

 

Le 20 avril, trente et un mille soldats français y sont massés. Quatre jours plus tard, ils pénètrent en territoire tunisien. Le 26, le Kef est occupé, l’armée tunisienne bat en retraite. Le 1er mai, une escadre tricolore mouille devant Bizerte. Le 3, le général Bréart y débarque. Le 11, ses huit mille hommes sont aux portes de Tunis. L’officier demande une audience à Mohamed Sadok Bey. L’entrevue a lieu le 12 mai 1881, à 16 heures, au palais beylical de Kassar Saïd. Après lecture du projet de traité soumis par le gouvernement français, le général Bréart annonce au souverain que l’ultimatum expire à 21 heures. Faisant fi de l’opposition de nombreux dignitaires, mais aussi de la population, prête à résister, le bey cède. Vers 19 heures, deux heures avant l’expiration de l’ultimatum, ce prince sans caractère et sans instruction appose sa signature au bas du traité établissant officiellement le protectorat français.

 

En vertu de ce texte, l’État tunisien renonce à sa souveraineté sur les plans militaire, diplomatique et financier. Les Français mettront deux ans pour mater le soulèvement des régions du Centre et du Sud qui échappent encore à leur contrôle. Le 8 juin 1883, la convention de La Marsa entérine leur mainmise sur le pays. Ce nouveau texte oblige le bey à apposer son sceau sur « toute réforme administrative, politique, financière et juridique » jugée utile par la France. Les cadres administratifs tunisiens sont maintenus, mais ils sont doublés par des fonctionnaires français. En apparence, le bey conserve ses prérogatives, mais la réalité du pouvoir exécutif est détenue par le résident général français. Ce n’est donc plus d’un « protectorat » qu’il s’agit, mais d’une annexion pure et simple.

 

La lutte politico-militaire pour l’indépendance sera déclenchée en 1934. Il faudra attendre le 20 mars 1956 pour qu’après l’abrogation des traités du Bardo et de La Marsa celle-ci soit enfin proclamée.

 

(Source : Jeune Afrique N°2365 du 7 au 13 mai 2006)


Colonisation: la polémique persiste après les déclarations de Bouteflika

AFP, le 9 mai 2006

ALGÉRIE – 9 mai 2006 – AFP – Poursuivant sa polémique avec la France, le président algérien Abdelaziz Bouteflika a posé comme préalable à la signature d’un traité d’amitié des excuses officielles de Paris pour les crimes commis sous la colonisation.

 

Il « eût sans doute mieux valu » que la France « présente ses excuses » pour son « oppression colonialiste », a affirmé M. Bouteflika dans un message à l’occasion du 61e anniversaire, lundi, des massacres du 8 mai 1945, commis par l’armée française dans l’est algérien.

 

Le président algérien a souligné que des « excuses publiques et solennelles pour le crime de colonialisme commis contre notre peuple » sont un « droit élémentaire de l’Etat-Nation algérien », ajoutant que les Algériens ne sauraient « succomber aux sirènes d’une amitié cannibale ».

 

Au lendemain des déclaration de M. Bouteflika, la presse algérienne estimait mardi que le traité d’amitié que les deux pays prévoient de conclure reste tributaire des excuses officielles de la France, certains journaux n’hésitant pas à affirmer que ce projet est « désormais enterré ».

 

Le quotidien francophone Liberté affirmait que la déclaration de M. Bouteflika avait été « une cinglante réplique à la France du +23février+ », en allusion à la loi du 23 février 2005 soulignant le « rôle positif » de la colonisation.

 

Pour ce journal, le traité d’amitié « ressemble de plus en plus à l’arlésienne », relevant qu’aucune réaction officielle aux derniers propos de M. Bouteflika n’a été enregistrée à Paris.

 

Le quotidien arabophone Ech-chourouk qualifie pour sa part d' »impensable » la signature d »un traité d’amitié si elle n’est pas précédée d »‘excuses ».

 

Abondant dans le même sens, Le Quotidien d’Oran affirme qu’il « ne saurait y avoir de traité d’amitié entre l’Algérie et la France que lorsque ce dernier (..) demande pardon aux Algériens des crimes commis » durant la colonisation.

 

Le traité d’amitié entre les deux pays, prévue fin 2005, peine à se concrétiser en raison de la polémique née de la loi du 23 février 2005 qui ne s’est pas apaisée malgré l’abrogation de son article controversé.

 

Ce traité est « désormais enterré », note encore ce journal, arguant qu’il est « impensable » que le président Français Jacques Chirac, « en dernière année de son mandat », fasse « au nom de la France l’acte de repentance exigé comme préalable par son homologue algérien » sans tenir compte « de l’opposition qui s’exprime contre une telle démarche au sein de sa propre famille politique ».

 

L’hospitalisation de M. Bouteflika, du 19 au 25 avril à Paris, peu de temps après qu’il eut dénoncé un « génocide de l’identité » algérienne durant la colonisation, avait suscité de vives réactions en France.

 

Le chef de la diplomatie française Philippe Douste-Blazy avait appelé M. Bouteflika à ne pas « galvauder » le terme « génocide » tandis que le président de l’Assemblée nationale Jean-Louis Debré avait qualifié d' »inutile agression » les propos du président algérien.

 

Depuis la promulgation de la loi du 23 février, M. Bouteflika avait demandé à plusieurs reprises à la France de faire acte de repentance « pour les crimes » commis durant la colonisation.

 

Fin février 2005, l’ambassadeur de France en Algérie, Hubert Colin de Verdière, avait rendu hommage, à Sétif (300 km à l’est d’Alger), aux victimes des massacres du 8 mai 1945, démarche inédite pour un haut responsable français. Il avait alors parlé de « tragédie inexcusable ».

 

Des milliers d’Algériens ont été tués le 8 mai 1945 lors de la répression par les forces françaises de manifestations pro-indépendantistes.

 

AFP


 

Le parti au pouvoir en Turquie attaque un octogénaire qui dénonce sa politique

 

AFP, le 10 mai 2006 à 09h59

ANKARA, 10 mai 2006 (AFP) –  Le parti islamo-conservateur au pouvoir en Turquie a décidé de poursuivre en justice un octogénaire qui a fustigé la politique gouvernementale en évoquant une dérive islamiste en Turquie, rapporte mercredi la presse turque.

 

La colère du parti de la justice et du développement (AKP) a été provoquée par une lettre de deux pages collée au livre d’or dans la maison natale de Mustafa Kemal Atatürk, le père fondateur de la Turquie moderne, à Salonique.

 

Ce document, particulièrement critique envers l’AKP, a été découvert et déchiré du livre par le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan qui a visité la semaine dernière cette ville grecque où s’est déroulé le sommet annuel du Processus de coopération en Europe du Sud-Est (SEECP).

 

La lettre de Mehmet Fethi Dördüncü, un ouvrier à la retraite de 82 ans, accuse l’AKP d’être constitués d' »infidèles » voulant « se servir de l’islam comme un bouclier » et d' »exploiter les sentiments religieux » des Turcs, selon des extraits publiés par les journaux. Il s’en prend particulièrement à M. Erdogan qu’il accuse d’être un « esclave » des Etats-Unis et de l’Union européenne.

 

Lundi, à l’issue d’un conseil des ministres, le porte-parole du gouvernement et ministre de la Justice Cemil Cicek a appelé implicitement les députés et les ministres à poursuivre en justice l’auteur de la lettre controversée, affirmant qu’il s’agissait là d' »une sorte de communiqué d’une organisation illégale ».

 

Interrogé par les journaux, plusieurs ministres se sont dit déterminés à lancer des poursuites pénales pour calomnies: « Bien sur je vais saisir la justice », a notamment dit le vice-Premier ministre Mehmet Ali Sahin, cité par le quotidien Sabah.

 

Un autre député, Mahmut Durdu, ne se contentera pas de le traîner en justice. Il a promis de lui « cracher à la figure », selon le journal.

 

M. Erdogan, dont l’AKP est arrivé au pouvoir en 2002, est un ancien islamiste qui renie aujourd’hui son passé, préférant se qualifier de « conservateur démocrate ».

 

AFP


 

Pétition contre la publicité sexiste

 

AFP, le 10 mai 2006 à 11h35

Berne (ats) Les jeunes du Parti évangélique populaire ne veulent plus voir de femmes nues sur des affiches. Ils ont lancé une pétition visant à bannir de l’espace public toute publicité sexiste qui réduit notamment la femme au rôle d’objet, indiquent-ils mercredi dans un communiqué.

 

Les gens, les enfants en particulier, doivent pouvoir ne pas être agressés par de telles publicités, selon les jeunes du PEV. La pétition sera remise au Conseil fédéral et aux Chambres lors de la

session d’hiver.

 

(Source: www.romandie.com, le 10 mai 2006)


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