10 juillet 2007

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TUNISNEWS
8 ème année, N° 2604 du 10.07.2007

 archives : www.tunisnews.net


  Comité des Familles des Victimes de la loi sur le Terrorisme: Communique’ Communiqué de Me Chawki Tabib, avocat au barreau de Tunis NouvelObs: Nicolas Sarkozy quitte Alger salué par Abdelaziz Bouteflika AFP: Tunisie: après Alger, Nicolas Sarkozy à Tunis, accueilli par Ben Ali AFP:Sarkozy affirme la sécurité d’Israël, le droit des Palestiniensà une patrie (presse) AFP: Première visite à Alger du président Sarkozy depuis son élection Reuters:Sarkozy pushes energy, trade ties on Maghreb trip AFP:France: Sarkozy veut que l’immigration économique passe à 50% du flux total AP: :Nicolas Sarkozy entame mardi sa première tournée au Maghreb Interview de M. Nicolas Sarkozy accordée au quotidien As Sabah La Presse: Entretien avec le  Président Nicolas Sarkozy Interview de Sarkozy à El Watan et El Khabar (Algérie) Libération:Sarkozy en visite symbolique en Algérie et en Tunisie Libération: Au Maroc, le Rafale vaut bien un voyage AFP:Le président Bush souhaite le développement des relations avec la Libye Bassem Khlaf: La citoyenneté
 


Comité des Familles des Victimes de la loi sur le Terrorisme
Communique’  

Le CFVLT informe que le prisonnier politique Maher Beziouche a été transféré dimanche 8 juillet de la prison de Mornaguia à celle de Harboub à Médenine dans le cadre d’un transfert punitif après qu’il eut insisté pour pouvoir faire la prière en groupe. La prière collective est interdite dans les prisons tunisiennes, non pas en vertu de la loi, mais en vertu de dispositions pénitentiaires illégales et contraires à la Constitution. La famille du prisonnier politique Maher Beziouche habite à Tunis et le trajet pour se rendre à la visite lui occasionnera des dépenses importantes et sans fin, d’autant que nous sommes en été. Le prisonnier Maher Beziouche fait l’objet d’une affaire pendante devant la Cour d’Appel de Tunis, qui a reporté l’audience de ce matin, pour lui et ses co-inculpés, au 28 septembre prochain. Le CFVLT félicite madame Samia Hammouda, épouse du prisonnier politique Mohammed Abbou, qui a obtenu sa licence de droit et lui souhaite plein succès pour libérer son mari prisonnier et lui faire recouvrer la liberté. CFVLT (traduction ni revue ni corrigée par les auteurs de la version en arabe, LT)

 

Communiqué de Me Chawki Tabib, avocat au barreau de Tunis

 
Tunis, le 9 juillet 2007 Mes chers confrères, chers amis, Avant toute chose, je souhaite adresser mes sincères félicitations à Me Abderrazek Kilani, ainsi qu’a tous les membres de son conseil, nouvellement élus président et membres du conseil de la section régionale des avocats de Tunis. Je leur souhaite à tous plein et entier succès dans leurs projets. Ils savent qu’ils pourront  compter sur ma loyauté et mon engagement au service de la profession. Ces élections ont été, une fois de plus, l’occasion d’illustrer l’attachement des avocats de Tunisie en faveur des valeurs démocratiques.  Je remercie toutes celles et tous ceux qui m’ont apporté leurs suffrages : j’ai été sensible à leur témoignage d’amitié et je leur suis gré de la confiance qu’ils ont mis en moi dans le cadre de ces élections professionnelles. Je dois dire ma gratitude toute particulière aux confrères et fidèles amis qui n’ont pas ménagé leur peine et leur temps pour m’assister et me soutenir. Qu’ils en soient remerciés ici publiquement surtout qu’ils m’ont honoré en évitant de tomber dans le piége des réactions regrettables auxquelles certains candidats et leurs supporteurs ont eu recours. Bien sûr, je maintiendrai ma ligne de conduite, celle qui a toujours guidé mes actes : la déontologie, le respect des confrères, la défense de nos règles professionnelles, la liberté d’action et d’expression, les critères de compétence et la défense des droits de l’homme. Sachez que je reste mobilisé pour poursuivre mes actions dans cette direction, avec pour seul objectif de servir la profession d’avocat et de défendre les intérêts des confrères. Cette campagne a été le fruit d’un travail commun de tous ceux qui ont en partage la volonté de promouvoir la démocratie, l’indépendance et la modernité. Ce travail n’a pas été vain : il a semé ce qu’un jour nous récolterons ensemble si nous restons liés par cette lueur d’espérance. Le site Internet www.chawkitabib.info continuera à fonctionner : accessible gratuitement à tous, il sera une fenêtre ouverte sur le monde. Notre profession a tant besoin d’ouverture, de solidarité, de générosité et de compétences. Le grand barreau tunisien et la section de Tunis sont composés d’hommes et de femmes libres et modernes, qui vont de l’avant sans jamais oublier le passé et l’histoire dont nous sommes issus. Je suis, aujourd’hui comme hier, à l’écoute de tous et de chacun, les yeux rivés sur l’avenir pour que vive la section de Tunis de l’ordre des avocats. Avec mes fidèles pensées confraternelles. Chawki Tabib


Sommaire du  numéro 73 d’el Khadra.

EN ATTANDANT LA DEUXIEME REPUBLIQUE

Par Biju http://www.elkhadra.org/enattandant.htm

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Aux humbles la patrie reconnaissante

Par Faouzia http://www.elkhadra.org/auxhumbles.htm

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Kippa à pointe 3

http://www.elkhadra.org/kippaapointetree.htm ——————————————————————————————————————

LA TUNISIE DE PAPA

Par SONIA http://www.elkhadra.org/latunisiedepapa.htm ——————————————————————————————————————

Résister, c’est créer

Par Fadila http://www.elkhadra.org/resistercestcree.htm —————————————————————————————————————- LAÏCITE Sur le forum d’ELKHADRA http://www.elkhadra.org/laicite.htm —————————————————————————————————————— CHRONIQUES ORIENTALES http://www.elkhadra.org/chroniqueorientales.htm —————————————————————————————————————— LA SEGUIA Nour el houda http://www.elkhadra.org/seguia.htm ——————————————————————————————————————

Tout Est A Faire

Par Bilel http://www.elkhadra.org/toutestafaire.htm  

 


Nicolas Sarkozy quitte Alger salué par Abdelaziz Bouteflika

 

NOUVELOBS.COM | 10.07.2007 | 18:59

Les deux présidents ont notamment évoqué les dossiers de l’énergie et de l’Union méditerranéenne. Nicolas Sarkozy continue à Tunis sa visite au Maghreb.

Le président français, Nicolas Sarkozy, a effectué, mardi 10 juillet à Alger, sa première visite hors d’Europe depuis son élection le 6 mai. Il a été accueilli par son homologue algérien Abdelaziz Bouteflika, pour une visite de travail de quelques heures en Algérie.

Le président Sarkozy a eu un tête-à-tête avec le président algérien, suivi d’un déjeuner à la résidence d’Etat de Zeralda, sur la côte ouest d’Alger. A l’issue de leur rencontre, Nicolas Sarkozy a déclaré : « Le président Bouteflika m’a fait part de la volonté de l’Algérie de préparer l’après-hydrocarbures et d’être considéré comme un partenaire économique, d’être un pays émergent avec une industrie, avec des services, et (de) sa volonté que la France aide l’Algérie sur la route de son développement ». Le président français a également souligné la volonté de la France de coopérer avec l’Algérie en matière d’énergie, sous tous les aspects, énergie d’aujourd’hui – le gaz -, l’énergie de demain – le nucléaire civil -, en matière agro-alimentaire, en matière d’industrie » et la disponibilité » des entreprises françaises « à investir massivement ».

L’Union méditerranéenne

Le projet d’Union méditerranéenne de Nicolas Sarkozy figurait également au programme de la journée. Sur ce point, Le président français a également annoncé son objectif d’organiser au « premier trimestre 2008 » une rencontre des chefs d’Etat et de gouvernement des pays riverains de la Méditerranée « qui donnerait corps à ce projet d’Union de la Méditerranée ».

Il a indiqué avoir « voulu recueillir l’avis, les conseils » du président algérien, prenant soin d’indiquer que ce projet ne se substituait pas aux organisations régionales existantes et qu’il visait, comme l’ont fait les Européens il y a 60 ans, à « construire la paix et le développement ».

Soulignant qu’il n’était pas de la génération de la guerre d’Algérie (1954-1962), il a lancé: « je viens ici ni pour blesser ni pour m’excuser ».

« Les Algériens ont beaucoup souffert, je respecte cette souffrance mais il y a eu aussi beaucoup de souffrance de l’autre côté, il faut la respecter. C’est l’histoire, c’est le passé, maintenant construisons l’avenir », a-t-il ajouté.

L’enjeu du Sahara occidental

Mais selon des commentateurs, il est peu probable que ses efforts en ce sens aboutissent en Algérie s’il ne change pas la politique française sur le Sahara occidental. Sous la présidence de Jacques Chirac, Paris apportait un franc soutien au projet de Rabat d’octroyer une autonomie sous souveraineté marocaine aux 260.000 habitants du territoire. Les indépendantistes du Front Polisario, appuyés par l’Algérie, veulent un référendum avec l’option de l’indépendance. Le conflit saharien fait obstacle aux échanges commerciaux inter-maghrébins : les frontières terrestres du Maroc et de l’Algérie, fermées en 1994 dans un contexte de tensions militaires, le restent aujourd’hui. L’ex-Premier ministre algérien Redha Malek, dont les propos reflètent les positions officielles sur le Sahara, a déclaré à Reuters que Nicolas Sarkozy serait jugé sur cette question à Alger.

Par ailleurs, Nicolas Sarkozy a indiqué que les ministres des Affaires étrangères avaient « fait un point » sur les visas délivrés aux Algériens voulant se rendre en France, une question toujours sensible en Algérie.

 

(Source : NOUVELOBS.COM, le 10.07.2007 à 18h59)

 


Tunisie: après Alger, Nicolas Sarkozy à Tunis, accueilli par Ben Ali

 

 

TUNIS (AFP) – 10/07/2007 à 17h50

Le président français Nicolas Sarkozy est arrivé mardi en fin d’après-midi à Tunis pour une visite « d’amitié et de travail » au cours de laquelle il s’entretiendra avec son homologue Zine El Abidine Ben Ali, a constaté l’AFP.

Le président Sarkozy a été accueilli par le président Ben Ali, à son arrivée en provenance d’Alger, première étape d’un premier voyage hors d’Europe depuis sa prise de fonction à l’Elysée le 16 mai.

M. Ben Ali a salué son hôte avec une longue et chaleureuse poignée de mains au bas de la passerelle de l’avion présidentiel qui a atterri à 16H30 GMT à l’aéroport de Tunis-Carthage, décoré aux couleurs nationales des deux pays.

Après une brève cérémonie solennelle avec salut aux drapeaux, hymnes nationaux et revue d’un détachement des trois armes, les deux présidents ont brièvement échangé des propos avant de se quitter.

Ils devaient ensuite se retrouver au Palais présidentiel de Carthage, en banlieue nord sur la baie de Tunis, pour des entretiens formels suivis d’un dîner de travail élargi.

Au menu, les relations bilatérales et un tour d’horizon de questions régionales et internationales, notamment le projet d’une Union méditerranéenne proposé par M. Sarkozy.

L’Algérie et la Tunisie sont les deux étapes d’une première visite du chef de l’Etat français au Maghreb qui devait initialement inclure le Maroc.

L’objectif de ce voyage est double, selon le porte-parole de l’Elysée David Martinon: réaffirmer « l’amitié profonde » de la France pour les pays du Maghreb et présenter le projet d’Union méditerranéenne, un « axe majeur de la politique étrangère » de M. Sarkozy.

M. Sarkozy, accompagné du ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner et de la secrétaire d’Etat aux Droits de l’Homme Rama Yade, a salué le Premier ministre Mohamed Ghannouchi, présent à l’accueil avec les membres de son gouvernement.

Le président français, qui n’a pas fait de déclaration à son arrivée, devait gagner en cortège son lieu de résidence à Gammarth, en front de mer, empruntant un parcours fortement gardé.

M. Sarkozy doit quitter Tunis mercredi à 08H30 GMT pour Paris.

 

© 2007 AFP

 


 

Sarkozy affirme la sécurité d’Israël, le droit des Palestiniensà une patrie (presse)

AFP, le 10 juillet 2007 à 12h16
TUNIS, 10 juil 2007 (AFP) – Le président français Nicolas Sarkozy a affirmé que la sécurité d’Israël et le droit des Palestiniens à disposer d’une patrie sont les « principes forts » à la base d’un retour de la paix au Proche-orient, dans des entretiens publiés mardi par deux quotidiens tunisiens. « La Tunisie et la France ont développé des visions très proches fondées sur un certain nombre de principes forts: la sécurité d’Israël et le droit des Palestiniens à une patrie », a déclaré M. Sarkozy dans un entretien à La presse de Tunisie (progouvernemental) Interrogé sur la situation au Proche-Orient, « un des sujets de tension dans la région euro méditerranéenne », le président français a évoqué « la réconciliation nationale en Irak et le dialogue entre toutes les parties au Liban ». « Nous savons que nous pouvons compter sur nos amis tunisiens, qui ne ménagent pas leurs efforts à titre bilatéral, comme dans les enceintes méditerranéennes et au sein de la Ligue arabe », a-t-il ajouté. Le président Sarkozy commence mardi après-midi une visite « de travail et d’amitié » à Tunis, seconde étape après l’Algérie d’un premier voyage hors d’Europe depuis sa prise de fonction le 16 mai. Sur les moyens de concrétisation de son projet d’Union méditerranéenne, il a estimé que « l’avenir de l’Europe et de la France, j’en suis convaincu, se joue aussi, et peut-être d’abord en Méditerranée ». AFP

 
 

France: Sarkozy veut que l’immigration économique passe à 50% du flux total

AFP, le 9 juillet 2007 à 21h39
PARIS, 9 juil 2007 (AFP) – Le président Nicolas Sarkozy veut  « fixer chaque année des plafonds d’immigration » et qu’à terme  l’immigration économique représente « 50% du flux total des entrées »  en France alors qu’actuellement l’immigration familiale représente  environ 70% des entrants. Cet objectif a été immédiatement dénoncé par plusieurs  associations d’aide aux immigrés comme une grave atteinte aux droits  de la famille. M. Sarkozy a détaillé ses objectifs dans une lettre de mission  au ministre de l’Immigration, Brice Hortefeux, cosignée par le  Premier ministre François Fillon et rendue publique lundi par la  présidence française. Il s’inscrit dans la politique de maîtrise de  l’immigration voulue par M. Sarkozy. « Vous fixerez chaque année des plafonds d’immigration selon les  différents motifs d’installation en France et vous viserez  l’objectif que l’immigration économique représente 50% du flux total  des entrées à fin d’installation durable en France », souligne M.  Sarkozy dans sa lettre. M. Hortefeux a affirmé récemment que 185.000 titres de séjour  avaient été délivrés en 2005, dont 94.500 au titre du regroupement  familial, 49.900 aux étudiants et 13.000 au titre de l’immigration  économique, le reste représentant essentiellement des demandeurs  d’asile. Selon un rapport officiel datant de janvier, 135.900 étrangers,  non compris les demandeurs d’asile, ont été admis au titre du séjour  permanent en 2005 en France dont 95.400, soit environ 70%, au titre  du regroupement familial. La France « doit accueillir des étrangers auxquels (elle) peut  donner un travail, qui ont besoin de se former en France ou qui  répondent à ses besoins économiques », estime M. Sarkozy, qui a prôné  pendant sa campagne présidentielle la poursuite de sa politique d' »immigration choisie ». « Vous vous inspirerez à cet effet de la politique entreprise par  certains de nos partenaires, par exemple le Canada ou la Grande-Bretagne, qui examinent les candidatures à l’immigration au regard d’un certain nombre de critères, y compris d’origine géographique, et déterminent en conséquence des priorités, » ajoute la lettre. L’association SOS Racisme a immédiatement exprimé sa « plus vive inquiétude », estimant que cet objectif de 50% remettait « très gravement en cause le regroupement familial ». Un chercheur spécialiste de l’immigration Patrick Weil a pour sa part souligné qu' »aucun pays au monde » n’atteignait le taux de 50% d’immigration économique et que la France ne pourrait le faire qu’en « violant massivement le droit à une vie de famille normale ». « C’est une question de statistiques (…) », poursuit-il, expliquant qu’en France, les chiffres de l’immigration économique ne portent que sur les travailleurs. Contrairement au Canada, les personnes à charge sont comptabilisées dans le regroupement familial, ajoute ce chercheur spécialiste de l’immigration, qui a déjà dénoncé à plusieurs reprises les projets de M. Sarkozy en matière d’immigration. Un nouveau projet de loi sur la maîtrise de l’immigration voulue par M. Sarkozy prévoit un durcissement des conditions de regroupement familial en France et renforce les textes existants. Il sera examiné par le Parlement en septembre. AFP


 

Première visite à Alger du président Sarkozy depuis son élection

AFP, le 10 juillet 2007 à 04h00
ALGER, 10 juil 2007 (AFP) – Le président Nicolas Sarkozy arrive mardi en fin de matinée à Alger pour sa première visite en Algérie depuis son accession à l’Elysée le 16 mai. Son programme comprend un tête-à-tête avec le président algérien Abdelaziz Bouteflika, qui se prolongera par un entretien élargi aux délégations algérienne et française, et sera suivi d’un déjeuner offert à la résidence d’Etat de Zeralda, une zone balnéaire à l’ouest d’Alger. Nicolas Sarkozy sera accompagné du ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner et de Rama Yade, secrétaire d’Etat aux Droits de l’homme. Le dernier tête-à-tête entre MM. Sarkozy et Bouteflika remonte à la visite effectuée en novembre à Alger par le nouveau président français, alors qu’il était encore ministre de l’Intérieur dans le gouvernement de Dominique Villepin. Il avait duré plus de cinq heures et s’était terminé par une chaude accolade entre les deux hommes d’Etat. Les présidents Sarkozy et Bouteflika « se connaissent et s’apprécient », souligne-t-on de source diplomatique à Alger. Ce premier déplacement hors d’Europe de Nicolas Sarkozy, est une visite surtout symbolique qui marque sa volonté d’associer plus fortement les pays du Maghreb à l’Europe. L’objectif de cette visite, qui se poursuivra en Tunisie, après avoir été amputée d’une étape au Maroc, est double, selon le porte-parole de l’Elysée David Martinon: réaffirmer « l’amitié profonde » de la France pour les pays du Maghreb et présenter le projet d’Union méditerranéenne, un « axe majeur de la politique étrangère » de M. Sarkozy. Aucun accord n’est attendu, mais les questions énergétiques (nucléaire civil, gaz), ainsi que le problème lancinant des visas devaient figurer dans les discussions. L’Algérie veut nouer un « partenariat d’exception » avec la France après l’enterrement discret d’un projet de « traité de paix et d’amitié » controversé, rendu impossible par le refus de Paris de se repentir pour les « crimes » commis par la colonisation française en Algérie. Ce « partenariat d’exception » avait été évoqué par le président Bouteflika dans un message à M. Sarkozy le 8 juin, à la veille de la réunion du G-8 à Heiligendamm (Allemagne). Alger souhaite un plus grand engagement des industriels français en Algérie. « L’Algérie ne doit pas être un comptoir commercial. Les entreprises françaises doivent investir dans d’autres secteurs que les hydrocarbures », a estimé M. Redha Hamiani, président du Forum des chefs d’entreprises algériens (OPCE), à la veille de la visite de M. Sarkozy.


Sarkozy pushes energy, trade ties on Maghreb trip

Reuters, le 10 juillet 2007 à 12h51  
By William Maclean ALGIERS, July 10 (Reuters) – French President Nicolas Sarkozy flew to top Africa trade partner Algeria on Tuesday on his first visit outside Europe since his May election seeking to promote his idea of a Mediterranean Union and boost energy ties. Sarkozy, welcomed by President Abdelaziz Bouteflika, is also expected to seek to widen trade links in a strategic region on Europe’s southern flank that has long been a French commercial preserve but is now also opening to Chinese and U.S. investors. « We’ve decided on an ambitious road map, » Sarkozy told Algerian newspapers, referring to a slew of proposals on trade, investment, energy, and security with the gas-exporting nation. He was ready to go « further » to build military cooperation and was « very open » to more arms sales to Algeria. Sarkozy will have a working lunch with Bouteflika and then go straight to Tunis for supper with Tunisian President Zine al-Abidine Ben Ali. He returns to France on Wednesday morning. Algeria is a former French colony while Tunisia, like France’s closest Maghreb ally Morocco, was once a protectorate. Sarkozy had been due to go on to Morocco but Rabat postponed it due to scheduling problems. The Moroccan move surprised many in the region, and diplomats said the real reason was Rabat was annoyed Sarkozy was starting his tour in regional rival Algeria. There has been no official comment from Rabat. NO APOLOGY Morocco’s leaders are close to Sarkozy’s predecessor Jacques Chirac and enjoyed Chirac’s support on the Western Sahara dispute, the main bone of contention in Moroccan-Algerian ties. Sarkozy wants a new style in France’s Africa policy, which he has said under Chirac was a cosy network of personal ties. In an interview with Algeria’s El Watan and El Khabar newspapers, Sarkozy defended France’s longstanding refusal to apologise for colonial misdeeds in Algeria, saying leaders should focus on the future and not « beat their breasts ». Algeria, France’s touchiest former overseas possession, has long demanded France apologise for killings during 132 years of colonial rule which ended with independence in 1962. Sarkozy said: « Young people on either side of the Mediterranean are looking to the future more than the past and what they want are concrete things. » « They’re not waiting for their leaders to simply drop everything and start mortifying themselves, or to beat their breasts, over the mistakes of the past because, in that case, there’d be lots to do on both sides. » Sarkozy’s aides say he will explain his as yet vague plan for a Mediterranean Union — a formal partnership involving southern European countries and their North African neighbours. Former Algerian Prime Minister Redha Malek said Algeria’s response to Sarkozy’s Mediterranean Union plan would depend on a solution to the Western Sahara conflict, long the main cause of tension between regional rivals Morocco, which annexed Western Sahara in 1975, and Algeria. Sarkozy also said French energy firms should have closer ties to Algerian oil and gas giant Sonatrach. « We need to secure our gas supplies for the future, while Algeria can count on guaranteed and certain access to the French market and beyond to the European market, » he said. REUTERS

Nicolas Sarkozy entame mardi sa première tournée au Maghreb

 
Associated Press, le 9 juillet 2007 à 14h24 par Hassane Meftahi ALGER (AP) — Nicolas Sarkozy sera à Alger et Tunis mardi pour sa première tournée au Maghreb, réduite à ces deux étapes après l’annulation surprise de sa visite au Maroc. C’est la première visite du président français hors du continent européen.  A Alger, Nicolas Sarkozy doit s’entretenir avec son homologue Abdelaziz Bouteflika, qu’il a déjà rencontré à quatre reprises lors de ses précédents déplacements en Algérie, alors qu’il était ministre de l’Economie puis de l’Intérieur.  Depuis plus de deux ans, les relations algéro-françaises connaissent des tensions à répétition, alimentées notamment par la polémique sur la colonisation et son corollaire, la question de la mémoire.  La loi française du 23 février 2005, dont un article, abrogé depuis, mentionnait le rôle « positif » de la colonisation, avait accentué cette polémique. Alger a renouvelé à maintes reprises ses exigences de voir la France reconnaître ses « crimes » en Algérie sous le régime colonial.  Au lendemain de son élection, le nouveau locataire de l’Elysée a exclu toute idée de repentance. « Je veux en finir avec la repentance qui est une forme de haine de soi, et la concurrence des mémoires qui nourrit la haine des autres », avait affirmé Nicolas Sarkozy.  En raison de ces tensions, la signature du traité d’amitié entre Alger et Paris, prévue initialement avant la fin 2005, a été reportée sine die. Ce traité est bel et bien enterré, et la France compte proposer un « partenariat ambitieux » de coopération à l’Algérie, selon son ambassadeur à Alger, Bernard Bajolet.  Concrètement, le traité sera remplacé par une convention de coopération pour une période de 10 ans, à partir de 2007, qui définit le cadre et les domaines de coopération, notamment la formation des élites algériennes, la création de pôles d’excellence en Algérie, et la coopération décentralisée entre des régions françaises et des villes algériennes.  Il sera aussi question entre Nicolas Sarkozy et Abdelaziz Bouteflika d’émigration, de lutte antiterroriste et du projet d’Union méditerranéenne cher au président français.  « Cette union aurait vocation à travailler étroitement avec l’Union européenne et à avoir un jour avec elle des institutions communes », avait-il expliqué pendant la campagne présidentielle. « Les piliers de cet espace de solidarité et de coopération seraient une politique commune d’immigration concertée, le développement économique et commercial, la promotion de l’Etat de droit dans la région, la protection de l’environnement et le co-développement ». Dans cette Union de la Méditerranée, la Turquie, dont il rejette l’entrée dans l’UE, « trouverait tout naturellement sa place ». Autre sujet d’actualité: le conflit du Sahara-Occidental qui devrait être également au centre des entretiens au moment où le Maroc et le Polisario ont entamé des négociations sous les auspices de l’ONU à New York.  Les présidents Bouteflika et Sarkozy évoqueront également la coopération énergétique entre les deux pays. L’idée d’un rapprochement entre la compagnie pétrolière public algérienne Sonatrach et Gaz de France (GDF) sera au menu des entretiens, même si Alger reste pour le moment hostile à cette proposition.  Le président français est attendu mardi en fin d’après-midi à Tunis, pour un dîner de travail avec le président Zine El Abidine Ben Ali. Nicolas Sarkozy pourrait notamment mettre sur la table la question des droits de l’Homme, à en croire son porte-parole David Martinon: « aucun sujet ne sera tabou dans ses contacts ».  


 


 

Officiel. ITW Assabah de Sarkozy en Tunisie.

 

Interview de M. Nicolas SARKOZY, Président de la République, accordée au quotidien tunisien As Sabah à l’occasion de son déplacement au Maghreb les 10 et 11 juillet.

C’est le document officiel

Paru le mardi 10 juillet 2007

QUESTION – Immédiatement après votre élection, vous avez évoqué, dans un message à votre homologue, le Président Zine El Abidine BEN ALI, un projet de création d’une Union Méditerranéenne regroupant les pays de la région. Pouvez-vous nous donner les grandes lignes de ce projet et ses rapports éventuels avec le partenariat euroméditerranéen en cours ? Comment voyez-vous le rôle de la Tunisie dans un tel ensemble ?

LE PRESIDENT – J’ai toujours pensé qu’il fallait faire de la Méditerranée un espace de coopération. J’ai plusieurs fois eu l’occasion de le dire : en tournant le dos la Méditerranée, l’Europe a cru tourner le dos à son passé ; elle a en fait tourné le dos à son avenir. L’avenir de l’Europe et de la France, j’en suis convaincu, se joue aussi, et peut-être d’abord, en Méditerranée.

 

Le projet d’Union de la Méditerranée a reçu un très bon accueil tant chez nos partenaires méditerranéens au sein de l’Union que dans les pays du Sud de la Méditerranée. A cet égard, je me réjouis que le Président BEN ALI se soit, lui aussi, montré particulièrement intéressé par ce projet. Par la position centrale qu’elle occupe en Méditerranée, à la jonction des deux bassins de notre mer commune, mais aussi parce qu’elle s’est toujours impliquée avec beaucoup de dynamisme dans les instances méditerranéennes, la Tunisie a un rôle déterminant à jouer dans la construction de cette Union. Et je ne doute pas qu’elle le fera.

 

L’objectif de cette Union, c’est de faire de la Méditerranée un espace de coopération et de solidarité. La France et la Tunisie partagent cette même ambition, d’une Méditerranée qui unisse au lieu de diviser et qui favorise le partage plutôt que de creuser le fossé entre pauvres et riches. Nous constatons tous que les institutions actuelles n’ont pas été à la hauteur de cette ambition, même si elles ont permis un certain nombre de progrès. Ces progrès doivent être conservés. Mais l’Union Méditerranéenne doit nous permettre d’aller au-delà. Sur la méthode je suis convaincu que cette Union doit se construire, comme l’Europe en son temps, sur des solidarités concrètes. Nous devons développer des projets concrets dans des domaines où un accord est possible rapidement : le développement durable ou l’intégration énergétique par exemple. Sur ces grands enjeux collectifs, nous pouvons obtenir très vite des progrès visibles.

 

QUESTION – La Tunisie et la France ont noué des relations fortes qui en ont fait des partenaires privilégiés. Comment voyez-vous les perspectives de cette coopération ?

 

LE PRESIDENT – L’approfondissement du partenariat entre nos deux pays est une priorité pour moi. Il y a entre la France et la Tunisie une amitié très forte, faite de respect et de confiance mutuelle, qui doit être préservée et développée.

 

Plus que jamais, la France doit être aux côtés de la Tunisie dans la « bataille pour l’intelligence ». Cette bataille se joue d’abord dans l’enseignement supérieur. Les autorités tunisiennes l’ont bien compris et s’efforcent à la fois d’assurer l’accueil d’un nombre toujours plus grand d’étudiants et de maintenir un niveau de qualité qui a déjà fait ses preuves. Regardez, par exemple, l’excellente formation des cadres de haut niveau à travers les classes préparatoires et les écoles d’ingénieurs.

 

Une des nouvelles priorités de notre coopération est donc la professionnalisation des formations supérieures, c’est-à-dire une plus grande diversification des cursus, la recherche de nouveaux débouchés, ou encore le développement des enseignements technologiques et des licences professionnelles.

La « bataille pour l’intelligence », c’est aussi le renforcement de la capacité scientifique des chercheurs tunisiens par un partenariat structuré entre équipes et institutions dans des domaines prometteurs comme les technologies de l’information et de la communication ou les biotechnologies.

 

Une nouvelle impulsion doit être également donnée à la coopération en matière de recherche et d’innovation autour de projets relevant principalement des secteurs de l’énergie, de l’agroalimentaire, du textile et de la chimie.

 

C’est dans cette optique que la Tunisie et la France ont signé des accords de partenariat impliquant des pôles de compétitivité.

 

Ces processus de modernisation et de mise en réseau visent à assurer la construction progressive d’un véritable espace euro-méditerranéen de l’enseignement supérieur et de la recherche, au sein duquel la relation franco-tunisienne doit avoir un rôle moteur. C’est la raison pour laquelle le projet d’université franco-tunisienne avec l’université de Paris-Dauphine est, à mes yeux, si important. Il permettrait d’augmenter encore le rayonnement régional de la Tunisie.

 

Enfin, je souhaite que la France renforce son concours au programme de modernisation de l’administration publique tunisienne qui permettra l’adoption de modes de gestion modernes et efficaces et l’exploitation de nouvelles techniques liées à l’électronique.

 

QUESTION – Certains des immigrés d’origine maghrébine et arabe en France disent redouter l’éventualité d’un durcissement de la politique d’immigration de la France. Ces appréhensions sont-elles justifiées ?

 

LE PRESIDENT – La communauté tunisienne en France, près de 600.000 personnes, est l’une des plus importantes communautés étrangères. Parmi eux, deux tiers sont des double nationaux ce qui atteste d’une bonne intégration au sein de la société française. Les exemples de réussite de Tunisiens en France sont nombreux dans la culture, le système universitaire, la recherche, dans les affaires ou encore dans la haute-couture. 

Le vote des Français a montré qu’ils souhaitent pouvoir mieux choisir et contrôler les personnes candidates au séjour sur leur territoire. C’est, je crois, la condition d’une meilleure intégration de ces hommes et de ces femmes dans la nation française, mais aussi d’un plus grand respect de leur dignité.

 

QUESTION – La France s’est caractérisée, au cours des dernières décennies, par une politique active dans ses relations avec le Monde arabe. Peut-on s’attendre à une continuité dans la politique extérieure française sur ce sujet, notamment pour ce qui est de la question palestinienne et de la situation en Irak et au Liban ? Quels rôles pourraient jouer la France et la Tunisie pour le règlement juste et durable des conflits au Moyen-Orient et dans le monde ?

 

LE PRESIDENT – Sur les crises du Moyen-Orient, la Tunisie et la France ont développé des visions très proches, fondées sur un certains nombre de principes forts : la sécurité d’Israël et le droit des Palestiniens à une patrie, la réconciliation nationale en Irak, et le dialogue entre toutes les parties au Liban. Nous savons que nous pouvons compter sur nos amis tunisiens, qui ne ménagent pas leurs efforts à titre bilatéral, comme dans les enceintes méditerranéennes et au sein de la Ligue arabe.

 

QUESTION – La guerre contre le terrorisme a suscité, en Occident, une vague d’incompréhension voire d’intolérance vis-à-vis des Musulmans, ce qui a rendu difficile le nécessaire dialogue entre les civilisations et entre les religions. Comment voyez-vous l’avenir de ce dialogue ? Dans quelle mesure est-il possible de prévenir ces effets pervers de la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme qui l’alimente ?

 

LE PRESIDENT – La lutte contre le terrorisme passe, bien sûr, par l’action des services qui assurent la sécurité de nos nations respectives, et les relations qu’ils entretiennent sont, à cet égard, essentielles, car le péril est commun et pèse sur toutes nos sociétés.

 

Mais la répression ne saurait suffire. C’est bien souvent l’ignorance, et la méconnaissance de l’autre qui favorisent les comportements extrémistes. Au-delà des actions que mènent les gouvernements, j’estime qu’il incombe à chacun, et en particulier aux médias, d’assumer ses responsabilités en la matière et de favoriser la connaissance, la compréhension et le respect mutuels sans lesquels il n’est point de réel dialogue.

La Tunisie, de par sa culture, son histoire et sa situation géographique est, par excellence, terre de tolérance. Cet héritage l’a certainement aidé à saisir l’urgence du dialogue des cultures dans un contexte régional et international marqué par les violences et les incompréhensions. C’est pour cela qu’elle mène une politique volontariste en la matière et a accueilli plusieurs colloques remarquables autour de ce thème, rassemblant des représentants de tous les pays de la région et de toutes les religions.

 

(Source : l’E-kiosk de martin grall – Journalisme participatif citoyen, le 10 juillet 2007=

Lien : http://journalimeparicipatifoucitoyen.blog.20minutes.fr/archive/2007/07/10/officiel-itw-as-sabah-de-sarkozy-en-tunisie.html


Tunisie-France Dans un entretien avec La Presse

 

 
Sarkozy : «L’amitié qui unit la Tunisie et la France est une chance pour nos deux pays… elle est surtout une promesse pour l’avenir» «La Tunisie joue un rôle positif dans la région parce qu’elle y mène une politique pacifique et consensuelle… Elle porte la voix de la modération et contribue largement à promouvoir la paix» • Au cœur de la relation entre la France et la Tunisie, il y a les Tunisiens de France et les Français de Tunisie… Ils sont les premiers ambassadeurs de l’amitié entre nos deux pays • Par la position centrale qu’elle occupe en Méditerranée, à la jonction des deux bassins de notre mer commune, mais aussi parce qu’elle s’est toujours impliquée avec beaucoup de dynamisme dans les instances méditerranéennes, la Tunisie a un rôle déterminant à jouer dans la construction de cette union. Et je ne doute pas qu’elle le fera • En tournant le dos à la Méditerranée, l’Europe a cru tourner le dos à son passé, elle a en fait tourné le dos à son avenir. L’avenir de l’Europe et de la France, j’en suis convaincu, se joue aussi et peut-être, d’abord, en Méditerranée A la veille de sa visite en Tunisie, La Presse a adressé quelques questions au Président Nicolas Sarkozy auxquelles il a accepté de répondre et qui ont été l’occasion d’exprimer la volonté de la France d’approfondir ses relations avec la Tunisie et de favoriser une plus grande concertation entre les deux pays. Le Président français a, par ailleurs, notamment évoqué le rôle de premier plan que la Tunisie joue en faveur de la paix et du dialogue entre les peuples.   La Tunisie et la France entretiennent, de longue date, des relations d’amitié et de coopération solides, souvent qualifiées d’exemplaires. Quelles sont à votre avis les perspectives de renforcement et d’élargissement de ces relations ? Quelles sont les nouvelles priorités de la coopération entre les deux pays ?   Vous avez raison de souligner la force de l’amitié qui unit la Tunisie et la France parce qu’elle est une chance pour nos deux pays. Cette relation si spéciale plonge ses racines dans notre longue histoire commune. Mais elle est surtout une promesse pour l’avenir. Cette relation, nous devons continuer à l’enrichir et à la faire prospérer. C’est l’un des principaux objectifs de ma visite en Tunisie et au Maghreb, première région hors d’Europe que je visite depuis ma prise de fonctions. S’agissant des priorités de la coopération franco-tunisienne, nous les avons choisies ensemble, en cohérence avec le «XIe Plan» établi par les autorités tunisiennes. Cette approche concertée est essentielle. L’idée, c’est bien sûr que cette coopération réponde le mieux possible aux besoins des Tunisiens. On le voit avec les priorités qui ont été définies: la mise à niveau du secteur productif et des infrastructures de base, l’environnement, la coopération universitaire et la recherche et la gouvernance économique. Dans le domaine international, nous devons travailler ensemble principalement sur l’approfondissement des relations euroméditerranéennes et la définition de ce que pourra être l’Union méditerranéenne. Je veux ajouter un dernier point qui me semble essentiel. Au cœur de la relation entre la France et la Tunisie, il y a les Tunisiens de France et les Français de Tunisie. Je vous rappelle que ce sont près de 600.000 Tunisiens, dont deux tiers sont des binationaux, qui vivent en France. Avec les 20.000 Français de Tunisie, ils sont les premiers ambassadeurs de l’amitié entre nos deux pays.   L’un des sujets de tension dans notre région euroméditerranéenne est la situation au Moyen-Orient, devenue des plus préoccupantes. Quelle appréciation faites-vous de cette question ? Quel rôle pourrait-on attendre de la Tunisie et de la France, qui ont toujours été des partenaires privilégiés, pour ramener la paix et la sécurité dans cette région ?   Sur les crises du Moyen-Orient, la Tunisie et la France ont développé des visions très proches fondées sur un certain nombre de principes forts : la sécurité d’Israël et le droit des Palestiniens à une patrie, la réconciliation nationale en Irak, et le dialogue entre toutes les parties au Liban. Nous savons que nous pouvons compter sur nos amis Tunisiens, qui ne ménagent pas leurs efforts à titre bilatéral, comme dans les enceintes méditerranéennes et au sein de la Ligue arabe.   Quelles appréciations faites-vous des initiatives et des efforts de la Tunisie dans la région arabe et méditerranéenne et dans le monde, en vue de promouvoir la paix et la solidarité internationales, ainsi que la tolérance et le dialogue entre les civilisations ? La Tunisie joue un rôle positif dans la région parce qu’elle y mène une politique pacifique et consensuelle. Elle n’entretient aucun contentieux avec ses voisins, pas plus qu’avec l’ensemble des pays du pourtour méditerranéen. Elle porte la voix de la modération dans les différentes enceintes méditerranéennes et contribue ainsi largement à promouvoir la paix dans cette région. Comme la France, la Tunisie est activement engagée au sein des Nations unies. En contribuant régulièrement, comme elle le fait, à des opérations de maintien de la paix, la Tunisie participe concrètement à la promotion de la paix et de la sécurité dans le monde. Ces dernières années, la Tunisie s’est également engagée sur le front du dialogue entre les peuples, en organisant notamment plusieurs colloques sur ce thème. Cette réflexion est essentielle à un moment où le monde en a particulièrement besoin.   Vous vous êtes engagé, dès votre accession à la magistrature suprême, à vous «battre pour l’Union de la Méditerranée, pour l’avenir de l’Afrique, parce que le destin de l’Afrique et de l’Europe, incontestablement, sont liés». Pouvez-vous nous préciser les contours de cet engagement, et les actions que vous entendez mettre en œuvre pour le réaliser ? J’ai toujours pensé qu’il fallait faire de la Méditerranée un espace de coopération. J’ai plusieurs fois eu l’occasion de le dire : en tournant le dos à la Méditerranée, l’Europe a cru tourner le dos à son passé; elle a en fait tourné le dos à son avenir. L’avenir de l’Europe et de la France, j’en suis convaincu, se joue aussi, et peut-être d’abord, en Méditerranée. Le projet d’Union de la Méditerranée a reçu un très bon accueil tant chez nos partenaires méditerranéens au sein de l’Union que dans les pays du sud de la Méditerranée. A cet égard, je me réjouis que le Président Ben Ali se soit, lui aussi, montré particulièrement intéressé par ce projet. Par la position centrale qu’elle occupe en Méditerranée, à la jonction des deux bassins de notre mer commune, mais aussi parce qu’elle s’est toujours impliquée avec beaucoup de dynamisme dans les instances méditerranéennes, la Tunisie a un rôle déterminant à jouer dans la construction de cette union. Et je ne doute pas qu’elle le fera. L’objectif de cette union, c’est de faire de la Méditerranée un espace de coopération et de solidarité. La France et la Tunisie partagent cette même ambition d’une Méditerranée qui unisse au lieu de diviser et qui favorise le partage plutôt que de creuser le fossé entre pauvres et riches. Nous constatons tous que les institutions actuelles n’ont pas été à la hauteur de cette ambition, même si elles ont permis un certain nombre de progrès. Ces progrès doivent être conservés. Mais l’Union méditerranéenne doit nous permettre d’aller au-delà. Sur la méthode, je suis convaincu que cette union doit se construire, comme l’Europe en son temps, sur des solidarités concrètes. Nous devons développer des projets concrets dans des domaines où un accord est possible rapidement: le développement durable ou l’intégration énergétique par exemple. Sur ces grands enjeux collectifs, nous pouvons obtenir très vite des progrès visibles.   Propos recueillis par Mohamed GONTARA (Source: La Presse (quotidien -Tunis) le 10 juillet 2007)

 

 

Interview de Sarkozy à El Watan et El Khabar (Algérie)

 

Interview de M. Nicolas SARKOZY, Président de la République, accordée aux quotidiens algériens El Watan et El Khabar à l’occasion de son déplacement au Magreb les 10 et 11 juillet.

Paru le mardi 10 juillet 2007

QUESTION – Monsieur le Président, vous allez vous rendre en Algérie, étape d’une tournée maghrébine, qui sera la première en dehors de l’Union Européenne. Concrètement, qu’attendez vous de cette visite d’autant qu’on a évoqué à maintes reprises le désir de Paris d’opérer une refondation dans ses relations avec Alger ? Qu’entendez-vous par asseoir une relation exceptionnelle avec Alger alors que les rapports paraissent ternes sur le plan politique et que l’idée de « traité d’amitié » est abandonnée ?

Par ailleurs, vous avez proposé la mise en place d’une « Union Méditerranéenne ». Sur quel type de construction un tel projet peut-il aboutir ? Est-il possible de parler d’une coopération avec la rive sud de la Méditerranée alors que l’Europe ressemble à une forteresse et pensez-vous que la politique européenne de voisinage est à même d’être une alternative au processus de Barcelone qui a échoué ?

 

LE PRESIDENT – On peut faire l’amitié sans un traité d’amitié. Ce qui importe surtout, c’est de donner au partenariat entre les deux pays un contenu concret qui soit perceptible par les Algériens et par les Français. Pour atteindre cet objectif, nous nous sommes fixés une feuille de route ambitieuse, mais aussi, je crois, réaliste, qui recouvre tous les domaines de la coopération entre les deux pays : formation des cadres, échanges économiques et investissements, énergie, coopération en matière militaire et de sécurité, circulation, etc. Nous avons aussi défini une méthode pour réaliser ce programme, comprenant une série d’échanges de visites aux niveaux politique et technique afin de faire mûrir tous ces projets en vue d’une autre visite que j’ai proposée au Président BOUTEFLIKA de faire à la fin de cette année. Un objectif (le partenariat d’exception) ; un contenu ; une méthode pour sa mise en œuvre : voilà ce que je propose pour les relations franco-algériennes dans les prochains mois.

L’approfondissement de nos relations bilatérales avec chacun des partenaires du sud et la mise en chantier de l’Union Méditerranéenne sont deux démarches complémentaires. La Méditerranée est notre deuxième espace de solidarité, après l’Europe, et les deux se recoupent d’ailleurs largement. La prospérité, la stabilité, la sécurité des deux rives de la Méditerranée sont interdépendantes. Notre histoire, notre vie culturelle, nos sociétés, sont mutuellement imprégnées. Notre mer commune est aussi un enjeu écologique majeur. Ensemble, nous pouvons faire mieux pour développer les échanges commerciaux, culturels et humains, prévenir les crises et mieux gérer celles qui existent déjà ou se déclarent. Vous m’interrogez sur l’architecture de ce projet. J’ai bien sûr quelques idées, mais elles sont encore préliminaires, et si j’ai souhaité faire très rapidement une première tournée maghrébine, c’est justement pour consulter nos partenaires de la rive sud, et en priorité ceux qui en constituent pour nous le cœur, dont l’Algérie, par laquelle je commencerai ma visite, et qui est appelée, si elle le veut bien, à jouer un rôle clé dans cette nouvelle initiative. Là aussi, il ne s’agira pas de refaire, ni de défaire, ce qui a déjà été fait, mais de redonner vigueur à ce qui existe, de voir quelles structures seraient les mieux à même d’assurer le pilotage du dispositif et de décider d’ores et déjà de quelques initiatives concrètes. Sur tout cela, les conseils et l’expérience du Président BOUTEFLIKA me seront très précieux.

 

QUESTION – Dans l’une de vos déclarations vous dites : « Je veux en finir avec la repentance qui est une forme de haine de soi et la concurrence des mémoires qui nourrit la haine des autres « . Cette manière de voir les choses n’est-elle pas un frein à une amélioration réelle des relations avec l’Algérie surtout qu’Alger demande à la France de reconnaître les crimes commis durant la colonisation qui a duré 132 ans ?

 

LE PRESIDENT – Les jeunes générations, de part et d’autre de la Méditerranée, sont tournées vers l’avenir, plutôt que vers le passé, et ce qu’elles veulent, ce sont des choses concrètes. Elles n’attendent pas de leurs dirigeants que, toutes affaires cessantes, ils se mortifient en battant leur coulpe pour les erreurs ou les fautes passées, parce qu’à ce compte, il y aurait beaucoup à faire, de part et d’autre. Cela ne veut pas dire qu’il faut occulter le passé, car toute grande nation, et cela vaut pour la France comme pour tout autre pays dans le monde, doit assumer son histoire, avec sa part de lumière et sa part d’ombre, et certainement qu’il y a eu beaucoup d’ombres, de souffrances et d’injustices au cours des 132 années que la France a passées en Algérie, mais il n’y a pas eu que cela. Je suis donc pour une reconnaissance des faits, pas pour le repentir, qui est une notion religieuse et n’a pas sa place dans les relations d’Etat à Etat. Le travail de mémoire doit donc continuer, mais dans la dignité et l’objectivité, à l’abri des polémiques et des tentatives d’instrumentalisation politique. Ce cheminement doit aussi se faire des deux côtés, car il ne s’agit pas d’avoir une partie qui doit accepter sans discuter la vérité de l’autre. C’est seulement ainsi que l’on pourra avancer, peu à peu, vers une lecture commune de l’histoire, dont il ne faut pas se cacher qu’elle prendra du temps. Je veillerai de mon côté à ce que ce travail se fasse, pour ce qui dépend de l’administration française, par exemple à travers la coopération entre les deux Directions des archives. Les médias ont aussi leur rôle à jouer et ils ont déjà beaucoup fait pour éclairer les opinions publiques. Un regard plus lucide et objectif sur le passé, des deux côtés de la Méditerranée, fera beaucoup pour parvenir à des relations apaisées entre les deux pays. Mais je crois tout autant qu’il ne faut pas faire des questions de mémoire un préalable car, dans ce cas, nous pénaliserions tous les Algériens et les Français qui attendent de nous des avancées rapides dans nos relations.

 

QUESTION – Etes-vous satisfait du niveau des rapports économiques et de l’engagement français en Algérie, cela sachant que des critiques sont régulièrement émises par rapport notamment à la frilosité des entreprises françaises (celles-ci préfèrent l’activité commerciale) à investir directement en Algérie ? Par ailleurs, vous avez émis le souhait d’un rapprochement entre Sonatrach et Gaz de France. Vous vous êtes dit d’accord aussi pour que la France coopère avec l’Algérie dans le domaine nucléaire civil durant la campagne présidentielle. Est-ce toujours votre position ? Comment voyez-vous l’évolution de la coopération énergétique entre l’Algérie et la France ?

 

LE PRESIDENT – L’Algérie est notre premier partenaire économique sur le continent africain. Mais cette situation est loin d’être acquise, car nos entreprises font face à une forte concurrence et les dernières années ont montré une tendance à l’érosion de leurs positions. Il leur faut donc faire preuve de plus de dynamisme et d’imagination que jamais. Les entreprises françaises devront ainsi, de plus en plus, s’engager, comme elles ont commencé à le faire, dans des formes nouvelles de partenariat avec leurs homologues algériennes. Les investissements en font partie et je souhaite que les nôtres se développent. A cet égard, nos entreprises ne sont pas si  » frileuses « , puisqu’en 2006 elles ont été les premiers investisseurs hors hydrocarbures et les deuxièmes, hydrocarbures inclus, derrière les Etats-Unis. On peut faire mieux, j’en suis persuadé. Mais cela suppose aussi de lever certains obstacles à l’investissement, qu’il s’agisse du foncier, de la protection de la propriété intellectuelle ou de la concurrence provenant du secteur informel. D’autre part, au-delà des grands contrats qui répondent aux programmes gouvernementaux très ambitieux de modernisation des infrastructures et présentent de fantastiques opportunités pour les entreprises françaises, je crois fortement à la nécessité de développer la présence de nos PME, qui assurent déjà 50 % de nos exportations, et de les encourager à se rapprocher des PME algériennes. Je souhaite l’élaboration d’une véritable stratégie pour encourager ce rapprochement entre PME françaises et algériennes.

 

Quant à l’énergie, j’ai eu l’occasion de souligner, avant même mon élection, son importance pour la relation entre les deux pays. Elle est en effet de nature à structurer celle-ci et illustre le lien d’interdépendance qui existe entre eux. Or, nous sommes complémentaires : la France dispose de la technologie nucléaire, alors que l’Algérie commence à penser à l’après-pétrole. D’autre part, nous avons autant besoin de sécuriser nos approvisionnements en gaz pour le futur que l’Algérie de pouvoir compter sur un accès sûr et garanti au marché français et, au-delà, européen. On ne peut donc que souhaiter un rapprochement entre les compagnies françaises -GDF, mais aussi Suez et TOTAL- et la Sonatrach.

 

QUESTION – La France est-elle prête à vendre des armes à l’Algérie, un pays qui a tendance à diversifier ses sources d’achat ? Et quelles seront, à l’avenir, les grandes lignes de la coopération dans le domaine militaire ?

 

LE PRESIDENT – Je serai très ouvert aux demandes algériennes, de la même façon qu’à celles des deux pays voisins, dès lors qu’elles contribuent à l’objectif de renforcer la sécurité régionale et la stabilité de ces pays, qui est pour moi une priorité. Nos entreprises ont été approchées pour de nombreux projets de fourniture d’équipements modernes, dans les domaines naval, aérien et terrestre, ainsi que pour des propositions de partenariats industriels. Il faut reconnaître que peu ont abouti jusqu’à ce jour et je serais très heureux d’en voir un plus grand nombre se réaliser. En ce qui concerne la coopération militaire avec l’Algérie, je suis prêt à aller plus loin, car je veux accompagner celle-ci dans ses efforts de professionnalisation et de modernisation de ses forces et faire face, à ses côtés, aux enjeux de sécurité en Méditerranée et au défi de la lutte contre le terrorisme et les trafics. Ainsi, je souhaite l’aboutissement de l’accord qui avait commencé à être discuté avant mon élection, car il permettrait de renforcer la confiance entre les forces armées des deux pays, d’intensifier le dialogue stratégique et de développer les actions de coopération déjà engagées, notamment en matière de formation des cadres.

 

QUESTION – Selon des sources françaises, près de 350.000 Algériens vivent en situation irrégulière en France. Allez-vous opter pour une solution policière et radicale pour le traitement de ce problème, d’autant que vos déclarations, lors de la campagne électorale pour la présidentielle, ont suscité la crainte d’assister à des refoulements massifs ? Quelle signification donnez-vous à ce qui est appelé « l’immigration choisie » ? Qu’en sera-t-il de la libre circulation des personnes notamment pour les conditions d’octroi de visas aux ressortissants algériens ?

 

LE PRESIDENT – On ne peut ignorer la question des personnes en situation irrégulière. C’est une réalité, qui pose un certain nombre de problèmes en France et à l’égard de laquelle j’ai pris des engagements vis-à-vis du peuple français qui m’a élu. Pour autant, je souhaite résoudre cette question de façon concertée avec les pays d’origine et avec le maximum d’humanité. Mon objectif est de faciliter, et non pas de rendre plus difficile, la circulation entre les deux pays et, au-delà, entre la France et les pays du Maghreb. Cet objectif est même une partie intégrante de mon projet d’Union Méditerranéenne. Mais ceci comporte une contrepartie, à savoir une coopération sans faille pour lutter contre l’immigration illégale et les filières clandestines. L’équation est très simple : plus nous serons convaincus que les Algériens, Marocains ou Tunisiens auxquels nous accordons un visa rentreront dans leur pays à l’issue de leur séjour et plus facilement seront réadmis ceux entrés sans visa ou en situation irrégulière, plus nous serons généreux dans l’attribution des visas. Je vous rappelle que lors de la visite que j’ai effectuée en Algérie en novembre dernier en qualité de ministre de l’Intérieur, je m’étais engagé à œuvrer en faveur de la levée de la consultation Schengen, qui alourdissait les délais, et c’est maintenant chose faite. J’avais aussi annoncé la réouverture de notre Consulat général à Oran et celle-ci est prévue pour septembre prochain. Il nous faut aussi transférer en Algérie les tâches qui sont encore assurées à Nantes et généraliser la biométrie. Notre objectif est d’y parvenir avant la fin de cette année. De plus, nous avons augmenté le nombre de visas de circulation de plus d’un an (34000 en 2006) et allons continuer à le faire, pour tous les Algériens, hommes d’affaires et universitaires notamment, qui contribuent à nourrir la relation bilatérale. J’encourage d’ailleurs nos amis algériens à faire de même.

 

Quant à l’immigration choisie, c’est autre chose, puisque, par définition, il ne s’agit pas de circulation, c’est-à-dire de personnes de passage, mais de celles qui sont appelées à rester chez nous un certain temps. Il est normal que, pour celles-là, et comme c’est le droit de tout pays souverain, nous décidions des critères qui vont nous amener à les sélectionner. C’est ce que font par exemple le Canada, les Etats-Unis ou l’Australie. Il faut d’ailleurs bien distinguer cette immigration, destinée à répondre aux besoins de la société et de l’économie françaises, de la situation des Algériens qui séjournent en France pour se former et ont vocation à retourner dans leur pays pour contribuer à son développement à l’issue de leurs études ou de leur période de formation. En effet, il ne s’agit pas pour nous d’alimenter la  » fuite des cerveaux « , bien au contraire, tout en sachant qu’il appartient au pays d’origine de créer l’environnement professionnel et social qui amènera les cadres ainsi formés à avoir envie d’y retourner.

 

QUESTION – Plusieurs pays et ensembles, de puissance diverse, oeuvrent actuellement à intensifier leurs relations avec la zone Maghreb. Comment la France perçoit-elle ses futurs rapports avec cette région sans donner l’impression d’évoluer dans un terrain conquis ? Et quelle est, selon vous, la meilleure solution pour régler définitivement le conflit du Sahara occidental ?

 

LE PRESIDENT – Il y a plusieurs questions dans votre question. En ce qui concerne la première, il serait bien aventureux pour nous de considérer le Maghreb comme un  » terrain conquis « . Notre histoire avec cette région nous enseigne une certaine prudence. Non seulement nous ne prétendons pas à des rapports exclusifs, mais ceux-ci ne seraient pas sains. Sur le plan économique, nos entreprises font face à une vive concurrence, et c’est une bonne chose pour l’Algérie. Dans le domaine linguistique, je souhaite évidemment que l’Algérie reste un grand pays francophone -et nous ferons tout ce que nous pourrons pour l’y aider-, mais il est bon aussi que de plus en plus de jeunes Algériens sachent l’anglais et légitime aussi que l’Algérie affirme son identité arabo-islamique et poursuive ses efforts en matière d’enseignement de la langue arabe. D’ailleurs, nous souhaitons nous-mêmes renforcer l’enseignement de l’arabe en France, qui correspond à une ancienne tradition mais aussi à de vrais besoins.

 

Quant à la question du Sahara Occidental, il est en effet grand temps d’y trouver une solution durable, car sa persistance fait de toute évidence obstacle au rapprochement entre les pays du Maghreb qui pourront plus facilement relever les défis auxquels ils font face, qu’il s’agisse des aspirations de leur population ou de la lutte contre le terrorisme. La résolution 1754, adoptée à l’unanimité par le Conseil de Sécurité le 30 avril dernier, a représenté une avancée. La première session des négociations directes sous l’égide des Nations Unies, qu’elle a prescrites, s’est déroulée près de New York les 18 et 19 juin et nous l’avons saluée. Un nouveau rendez-vous a été pris. J’espère très sincèrement que ces discussions vont aboutir à une solution raisonnable, acceptable par chacune des parties, et je suis certain que tous les pays de la région qui ont une influence sur ce dossier, dont l’Algérie, auront à cœur d’y contribuer.

(Source : l’E-kiosk de martin grall – Journalisme participatif citoyen, le 10 juillet 2007=

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Sarkozy en visite symbolique en Algérie et en Tunisie Il y défendra son projet d’«Union méditerranéenne» sans passer par Rabat.

 
Par ANTOINE GUIRAL La diplomatie au pas de charge de Nicolas Sarkozy n’est pas du goût de tous. Le chef de l’Etat français débute ce matin en Algérie une tournée express au Maghreb qui devait le conduire en moins de 48 heures à Alger, Tunis et Rabat. Finalement, il a dû renoncer à son étape marocaine. Officiellement, le roi Mohammed VI, en tournée dans le nord du royaume, s’est retrouvé confronté à des «problèmes d’agenda» de dernière minute. En réalité, les Marocains ont peu apprécié de n’être que la dernière étape de la caravane sarkozyste. Qui plus est, celle-ci ne daignait pas passer la moindre nuit sur son territoire. Du coup, Nicolas Sarkozy se rendra pour une visite officielle au Maroc «dans la deuxième quinzaine d’octobre», assurait l’Elysée en fin de semaine. «Réunification».  Pour son premier déplacement hors d’Europe, le président de la République a symboliquement choisi le Maghreb, où il compte vendre son projet d’ «Union méditerranéenne», appelé à être l’une des grandes réalisations internationales de son quinquennat. Il s’agit de jeter les bases d’une union économique et politique sur le modèle de celle de l’Union européenne. «Je veux être le président d’une France qui engagera la Méditerranée sur la voie de sa réunification après douze siècles de divisions et de déchirements», avait-il lancé à Toulon durant la campagne présidentielle en détaillant ce projet dont il a fait aujourd’hui un objectif stratégique de la diplomatie française. Il espère aussi que les nombreux ­Maghrébins de France, avec qui ses relations restent délicates depuis la crise des banlieues, seront sensibles à cette initiative. Avec le président algérien, Abdelaziz Bouteflika, qu’il a rencontré à de multiples reprises depuis 2002, les sujets qui fâchent sont rares. Tous deux n’avaient pas attendu le départ de Chirac de l’Elysée pour enterrer le traité d’amitié franco-algérien cher à l’ex-président français. Sarkozy l’a dit et répété : il n’y aura pas de repentance avec lui, puisque «les fils n’ont pas à s’excuser pour les fautes de leur père». Persuadé que les «actes comptent plus que les mots», il préfère les contrats et les accords de coopération aux grandes déclarations de principe. Le nucléaire civil et les partenariats gaziers seront au cœur de leurs échanges. Tout comme la lutte contre le terrorisme. Après avoir annoncé (et obtenu) la consultation communautaire préalable sur les visas lors de son précédent voyage en novembre 2006, Nicolas Sarkozy devrait faire d’autres petits gestes sur la rapidité de délivrance des visas et les autorisations de séjour pour les familles ayant des parents en France. «Tabou».  En Tunisie, où il ne passera que quelques heures, le président viendra d’abord «renforcer les coopérations» et saluer un dirigeant ami de la France qui ne sort que très rarement de son pays. Avec le sulfureux Zine Ben Ali, qu’il connaît également bien pour s’être rendu en Tunisie du temps où il était ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy assure pouvoir tout dire. «Aucun sujet ne sera tabou dans ses discussions, y compris sur la question des libertés et des droits de l’homme», assure l’Elysée. Le chef de l’Etat a emmené avec lui son ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner et la secrétaire d’Etat aux Droits de l’homme, Rama Yade, va les rejoindre. Mais pas Rachida Dati, d’origine maroco-algérienne, ni Brice Hortefeux, ministre de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Codéveloppement. Le journaliste Jean Daniel, lui, est bien du voyage. (Source : « Libération »  (Quotidien – France), le 10 juillet 2007)

Au Maroc, le Rafale vaut bien un voyage

 
Par J.-D.M. Le report de la visite de Nicolas Sarkozy au Maroc pourrait finalement arranger les affaires des industriels français de l’armement. «On ne vend pas un Rafale à l’occasion d’un séjour de quelques heures, surtout après une étape en Algérie. Mieux vaut une visite d’Etat plus solennelle», estime-t-on dans ces milieux.             Le Maroc négocie en effet avec la France l’achat de dix-huit avions de combat Rafale. Le Royaume serait ainsi le premier client à l’exportation pour le dernier-né de Dassault. Les discussions se poursuivent avec les banques : il s’agit d’un montage financier complexe, qui implique notamment l’Arabie Saoudite. Riyad devrait en effet «aider» financièrement le Maroc à acheter ses avions de combat. Si le Maroc tient autant à s’équiper en Rafale, c’est parce que l’Algérie vient de moderniser son parc aérien, avec l’achat de Sukhoï Su-30 russes. Face auxquels les vieux Mirage F1 marocains feraient piètre figure. (Source : « Libération »  (Quotidien – France), le 10 juillet 2007)

 


 


Le président Bush souhaite le développement des relations avec la Libye

 
AFP,  le 10 juillet 2007 à 08h14 TRIPOLI, 10 juil 2007 (AFP) – Le président américain Georges W. Bush a souhaité le développement des relations entre Washington et Tripoli, dans un message écrit au dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, a rapporté mardi l’agence officielle libyenne Jana. Le message a été remis au leader libyen par la conseillère du président Bush pour la sécurité intérieure et la lutte antiterroriste, Frances Townsend, a précisé l’agence. M. Bush a exprimé dans son message « l’enthousiasme » et le « désir » de son pays de développer et consolider ses relations avec la Libye dans l’intérêt des deux peuples. « Nous avons accompli beaucoup depuis le retour des relations entre les Etats-Unis d’Amérique et la grande Jamahiriya et je pense que nos peuples ont tiré profit du développement de ces relations », a-t-il ajouté. Selon Jana, le président américain a « vanté les positions historiques et courageuses » du colonel Kadhafi sur les questions internationales, notamment la « renonciation volontaire » de Tripoli à tout programme d’armes de destruction massive en décembre 2003. La Libye, avec qui les Etats-Unis avaient rompu leurs relations diplomatiques durant près d’un quart de siècle, est depuis citée régulièrement par Washington comme un modèle à suivre en matière de désarmement. Les relations diplomatiques entre les deux pays ont été renouées formellement le 28 juin 2004 et plusieurs compagnies américaines ont remporté depuis des contrats de prospection et de production d’hydrocarbures en Libye. Mais les deux capitales sont représentées encore par des bureaux de liaison et non au niveau d’ambassades. Le message de M. Bush intervient à la veille du procès en appel des infirmières et du médecin bulgares condamnés à mort en Libye pour propagation volontaire du sida, la Cour suprême libyenne devant rendre mercredi son verdict dans cette affaire. Le président américain, qui avait appelé en juin dernier à la libération des infirmières, avait été invité aussitôt par Tripoli à « rester en dehors de ce dossier » au centre de tractations euro-libyennes.  

La citoyenneté
 
Bassem Khlaf     khlafbassem@yahoo.fr   La laïcité est une hérésie. Les laïques sont des apostats. Les islamistes sont unanimes. Cette méthode n’est pas une nouveauté chez les idéologues de l’islam. Ils ont fait de même avec les nationalistes et la gauche. C’est la façon la plus rapide de chlore le débat.   Par contre, ce qui est inquiétant c’est les voix d’intellectuels de gauche, de plus en plus nombreux, qui appellent à abandonner cette valeur. « La laïcité est un concept français qui repose sur la séparation de l’église catholique administrée par un clergé ayant à sa tête un pape, alors qu’en islam rien de tel : ni autorité religieuse équivalente au pape et au clergé, ni église, si bien le concept de la laïcité se trouve étranger dans l’espace où nous vivons. » c’est l’avis de beaucoup d’intellectuels tunisiens même de gauche disait Ahmed Mohjer. C’est plus exactement la position de Allal Fassi, figure historique du salafisme marocain, reprise par le philosophe Mohamed Abed Jabri. Le deuxième argument avancé par cette frange d’intellectuels est plutôt politique. Ils prétendent, que notre principal ennemi, aujourd’hui est le despotisme, la dictature et l’absence des libertés. Et pour faire face à ces maux, il faut réaliser « Le compromis historique ». S’allier avec tous ceux qui veulent combattre pour arracher les droits politiques et les libertés. Gramsci, n’a-t-il pas appelé à un bloc historique avec l’église pour combattre la pauvreté dans le sud de l’Italie.   Effectivement, en islam il n’y a ni autorité religieuse équivalente au pape et au clergé, ni église. Est-ce pour autant, on doit conclure qu’on n’est pas concerné par la laïcité ? L’islam, n’est pas une théocratie dans le sens ou le pouvoir est considéré comme venant directement de dieu, et exercé par ceux qui sont investis de l’autorité religieuse ( ce qui est le cas de l’Iran, ou le chiisme est religion d’Etat). Aussi le pouvoir n’est pas considéré comme une volonté populaire. En Islam le pouvoir (pas seulement le pouvoir politique, mais toutes autorités) est celui des Textes. Donc pour ceux qui nous disent que la laïcité ne nous concerne pas. Puisqu’en Islam aucune autorité religieuse n’est reconnue officiellement. Nous leurs répondons que la laïcité qu’on appelle de nos vœux est celle de la séparation de l’Etat des TEXTES. Qui font office d’église en terre d’Islam.   Quant au « compromis historique » qui est revenu à la mode ces jours ci. Nous disons à ceux qui l’utilisent pour justifier leur alliance avec les islamistes. Regardez l’expérience iranienne. Que sont devenus aujourd’hui, tous ces mouvements progressistes et de gauche qui ont soutenu la révolution chiite ? Notre incapacité de changer, de faire évoluer ou d’influencer le régime ne n’autorise pas une compromission dangereuse avec les courants rétrogrades.   Chaque société a une valeur structurante à la quelle se référent  ses membres. Cette valeur peut être l Etat, La Religion ou la Culture. Le peuple Tunisien d’avant l’ère coloniale n’avait ni confiance, ni estime pour l’Etat. Il le craint plus qu’autres choses. Aussi la religion savante, idéologique et entraînante, ne le mobilisait pas. Sa valeur structurante était sans doute la culture traditionnelle. La colonisation, n’a rien changé à cet état de fait, sinon un mépris de plus en plus important vis-à-vis de l’Etat. Avec l’indépendance, et l’arrivé de l’élite nationale au pouvoir. Une politique de développements humains a réussi à changer les mentalités. Le tunisien commence à croire à son pays, À son Etat. Il est devenu fier d’appartenir à cette patrie. Ce changement rapide et spectaculaire s’est réalisé grâce à une ferme volonté politique de changement et à l’adhésion sans faille des intellectuels. Désormais, on est tunisien avant tout. Chez nous on parle de la Nation Tunisie. Ailleurs c’est la Nation Arabe, ou Musulmane. Aujourd’hui, cette valeur est menacée. Aucun compromis, aucune alliance n’est salvatrice que celle qui a pour objectif  de consolider, de protéger et de défendre la notion de citoyenneté.


 

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