10 avril 2010

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TUNISNEWS
9 ème année,N° 3609 du 10.04.2010
 archives : www.tunisnews.net 


Liberté et Equité:  La police politique arrête Houssem Bilel Le TMG appelle à la fin du harcèlement à l’encontre des journalistes en Tunisie TMG calls for end to harassment of journalists in Tunisia AP: Tunisie: le principal parti de l’opposition légale décide de boycotter les municipales de mai Khémaïs  Chammari: « Pinces  toi  le  nez  quand tu parles » Le Monde: Les blogueurs marocains se retrouvent dans le collimateur des autorités


 
Liberté pour tous les prisonniers politiques Liberté pour Sadok Chourou, le prisonnier des deux décennies Liberté et Equité Organisation indépendante des droits humains 33 rue Mokhtar Atya, 1001, Tunis Tel/fax : 71340 860 Liberte.equite@gmail.com Tunis, le 9 avril 2010

Nouvelles des libertés en Tunisie


2) La police politique arrête Houssem Bilel Des agents de la police politique ont arrêté mardi 6 avril 2010 le jeune Houssem Bilel, originaire de la ville de Jemmal dans le gouvernorat de Monastir et l’ont conduit dans un lieu inconnu, après avoir fait une descente au domicile de sa famille et l’avoir minutieusement perquisitionné. Ils n’ont saisi que des livres et des CD. Sa famille ignore la raison et le lieu de sa détention. […] Pour le Bureau exécutif de l’Organisation Le Président Maître Mohammed Nouri (traduction d’extraits ni revue ni corrigée par les auteurs de la version en arabe, LT)


Action commune 9 avril 2010

Le TMG appelle à la fin du harcèlement à l’encontre des journalistes en Tunisie


SOURCE: Le groupe d’observation de la Tunisie (IFEX-TMG) – Le Groupe d’observation de la Tunisie organisé par l’IFEX (TMG), une coalition de 20 membres de l’Échange international de la liberté d’expression (IFEX) – réseau mondial de défenseurs de la libre expression, a reçu des rapports faisant état du harcèlement ininterrompu des journalistes tunisiens. Deux journalistes qui travaillent pour une station de radio indépendante et un magazine en ligne de Tunisie, qui ont été les cibles de menaces et d’une agression violente, sont les dernières victimes en date d’une campagne ininterrompue de harcèlement dirigée contre les médias indépendants, selon ce que rapportent les partisans de la liberté de la presse dans le pays. Mouldi Zouabi, journaliste à Radio Kalima, a été agressé le 1er avril 2010 par un assaillant non identifié aux abords du poste de police de la ville de Jendouba, dans le nord du pays. Zouabi est resté étendu au sol, ses verres ont été brisés et il présentait des ecchymoses. Il s’est fait voler son portefeuille contenant ses papiers personnels et sa carte de presse de la Fédération internationale des journalistes (FIJ). Bien que Zouabi ait porté plainte devant le Procureur de Jendouba, il reste persuadé que les autorités se dissimulent derrière cette agression. Un autre journaliste et blogueur, Moez Jemai, correspondant du magazine en ligne Kalima et d’une station de radio de la ville de Gabes, dans le sud du pays, a reçu des menaces anonymes au téléphone. Jemai a déclaré au TMG que son interlocuteur « m’avait mis en garde et a juré de violer ma soeur Leila qui est universitaire si je ne retire pas mes articles et si je n’arrête pas de critiquer le régime politique ». Jemai a déclaré que sa pratique indépendante du journalisme, qui met à nu la corruption, est à l’origine des autres menaces proférées par les policiers le 30 mars, lorsqu’il a été mis en garde à propos de son travail à Kalima. Les reporters de Kalima continuent d’être harcelés et menacés tandis qu’ils poursuivent leur travail. Voilà les derniers gestes d’intimidation dirigés ces derniers mois contre les journalistes indépendants. Le 26 novembre, un journaliste indépendant, Taoufik Ben Brik, a été condamné à six mois de prison à la suite de la publication d’articles critiques sur la réélection en octobre du président Zine El Abidine Ben Ali. Selon les observateurs, Ben Brik a été reconnu coupable d’accusations sans aucun lien avec ses articles, d’accusations sans fondement et clairement motivées sur le plan politique. Il doit être remis en liberté d’ici au 26 avril. Fahem Boukadous, reporter à la station de télévision par satellite El Hiwar Ettounsi, a été inculpé d’avoir « formé une association criminelle susceptible de s’attaquer aux individus » à la suite de ses reportages sur une manifestation de protestation qui s’est tenue en 2008 contre le chômage et la corruption dans la ville minière de Gafsa. Il a été condamné à quatre ans de prison, mais il est en liberté en attendant une autre audition à Gafsa le 27 avril. Ce ne sont pas des incidents isolés. « Il existe un modèle établi de discrimination et d’intimidation, auquel nous nous opposons fortement, » disent les membres du TMG. « Nous lançons un appel au gouvernement tunisien pour qu’il libère Taoufik Ben Brik immédiatement, qu’il abandonne les charges contre Fahem Boukadous et pour qu’il cesse d’orchestrer des agressions contre les journalistes indépendants. » Pour tout renseignement complémentaire: Le groupe d’observation de la Tunisie Rohan Jayasekera, Chair c/o Index on Censorship London United Kingdom rj (@) indexoncensorship.org tél: +44 20 7324 2522 Le groupe d’observation de la Tunisie http://ifex.org/tunisia/tmg/ ARTICLE 19: Global Campaign for Free Expression Arabic Network for Human Rights Information Bahrain Center for Human Rights Cairo Institute for Human Rights Studies Canadian Journalists for Free Expression Cartoonists Rights Network International Egyptian Organization For Human Rights Index on Censorship Fédération Internationale des Journalistes International Federation of Library Associations and Institutions International PEN Writers in Prison Committee International Press Institute International Publishers Association Journaliste en danger Maharat Foundation (Skills Foundation) Media Institute of Southern Africa Norwegian PEN Association mondiale de radiodiffuseurs communautaires Association Mondiale des Journaux et des Éditeurs de Médias d’Information World Press Freedom Committee


TMG calls for end to harassment of journalists in Tunisia


Joint action / 9 April 2010 SOURCE: IFEX Tunisia Monitoring Group (IFEX-TMG) – The Tunisia Monitoring Group (TMG), a coalition of 20 members of the International Freedom of Expression eXchange (IFEX) – the global network of free expression campaigners, has received reports of further harassment of Tunisian journalists. Two journalists working for an independent radio and online magazine in Tunisia who have been the target of threats and violent assault are the latest victims of a continuing campaign of harassment against independent media, according to press freedom supporters in the country. Mouldi Zouabi, a journalist with Radio Kalima, was assaulted on 1 April 2010, by an unnamed attacker outside the police station in the northern town of Jendouba. Zouabi was left on the ground, with bruises and broken glasses, and his wallet with personal papers and International Federation of Journalists (IFJ) press card, were stolen. Although Zouabi registered a complaint before the Jendouba Prosecutor he is convinced that officials were behind the assault. Another journalist and blogger, Moez Jemai, a correspondent for Kalima online magazine and radio in the southern town of Gabes, has received anonymous telephone threats. Jemai told the TMG, « He threatened me and swore he would rape my sister, who is an academic, if I did not withdraw my articles and if I did not stop criticising the regime. » Jemai said his independent journalism exposing corruption is behind other threats he received from police officers on 30 March, when he was warned over his work with Kalima. Kalima reporters continue to be harassed and threatened while carrying out their work. These are the latest acts of intimidation against independent journalists in recent months. On 26 November, Taoufik Ben Brik, an independent journalist, was sentenced to six months imprisonment following publication of critical articles over the October re-election of President Zine El Abidine Ben Ali. Observers say that that he was convicted on unrelated charges that were unsubstantiated and clearly politically motivated. He is due to be freed by 26 April. Fahem Boukadous, a reporter for the satellite TV station El Hiwar Ettounsi was accused of « forming a criminal association liable to attack persons » following his reports on a demonstrations against unemployment and corruption in the mining town of Gafsa in 2008. He was sentenced to jail for four years, but is free pending another hearing in Gafsa on 27 April. These are not isolated incidents. « There is a pattern of discrimination and intimidation which we strongly oppose, » say TMG members. « We call on the Tunisian government to immediately free Taoufik Ben Brik, drop the charges against Fahem Boukadous and to stop orchestrating attacks against independent journalists. » For more information: IFEX Tunisia Monitoring Group Rohan Jayasekera, Chair c/o Index on Censorship London United Kingdom rj (@) indexoncensorship.org Phone: +44 20 7324 2522 IFEX Tunisia Monitoring Group http://ifex.org/tunisia/tmg/ ARTICLE 19: Global Campaign for Free Expression Arabic Network for Human Rights Information Bahrain Center for Human Rights Cairo Institute for Human Rights Studies Canadian Journalists for Free Expression Cartoonists Rights Network International Egyptian Organization for Human Rights Index on Censorship International Federation of Journalists International Federation of Library Associations and Institutions International PEN Writers in Prison Committee International Press Institute International Publishers Association Journaliste en danger Maharat Foundation (Skills Foundation) Media Institute of Southern Africa Norwegian PEN World Association of Community Radio Broadcasters World Association of Newspapers and News Publishers World Press Freedom Committee


Tunisie: le principal parti de l’opposition légale décide de boycotter les municipales de mai


AP 09/04/10 21:44 TUNIS (AP) — Le comité central du Parti démocratique progressiste (PDP), considéré comme la principale formation de l’opposition légale en Tunisie, a décidé vendredi de boycotter les élections municipales prévues le 9 mai. Le PDP, qui est dirigé par Maya Jribi, première femme à présider un parti politique en Tunisie, motive sa non participation par « le climat caractérisé par un verrouillage politique », dans une motion dont l’Associated Press a obtenu copie. Le parti déplore en outre « l’absence de volonté politique de rompre avec la stagnation pour engager le pays sur la voie démocratique », estimant que « le système électoral actuel consacre la domination du parti au pouvoir sur les instances représentatives ». Selon le PDP, seul des neuf partis légaux à boycotter à ce jour le prochain scrutin, les Tunisiens sont appelés à se rendre aux urnes « en l’absence totale de liberté d’expression » et alors que « le pouvoir exerce une mainmise absolue sur les médias ». Il a par ailleurs exprimé sa « grande préoccupation quant à l’opacité qui entoure l’avenir de la Tunisie », évoquant notamment « la fin du mandat de l’actuel président (Zine El Abidine Ben Ali) » qui expire en 2014, et appelé à la tenue d’une conférence nationale « sans exclusion » pour préparer le pays à « l’alternance pacifique au pouvoir ». Un appel similaire a été lancé récemment par deux autres partis d’opposition, le mouvement Ettajdid (Le Renouveau) d’Ahmed Brahim, candidat malheureux à la dernière présidentielle et le Forum démocratique pour le travail et les libertés (FDTL) du Dr Mustapha Ben Jaâfar. Au pouvoir depuis plus de 22 ans, le président Ben Ali, 73 ans, a été réélu en octobre 2009 pour un cinquième mandat de cinq ans, qui devrait être le dernier selon les dispositions actuelles de la Constitution. Celles-ci limitent à 75 ans l’âge de la candidature à la magistrature suprême.
 

« PINCES  TOI  LE  NEZ  QUAND TU PARLES »

Par Khémaïs  Chammari

Depuis des années, des amis sincères n’ont cessé de m’expliquer qu’  « on ne débat pas avec  la presse de caniveau et qu’on ne répond pas  aux viles attaques de ses éditorialistes  qui suscitent mépris et répulsion, y compris auprès de certains de  leurs mandataires ». J’ai toutefois tenu, de temps à autre, à répondre aux outrances les plus insoutenables du plus maléfique d’entre eux, directeur de deux titres qui déshonorent le métier de journaliste et j’ai même  entamé, en vain, contre lui huit procédures judiciaires restées, bien évidemment, lettre morte tant est grande l’impunité dont il bénéficie auprès d’une « justice » qui est, hélas, ce qu’elle est… !

Faisant suite à mon « billet » sur sa réaction au dépôt d’une plainte à Paris contre les présumés assassins du leader martyr Farhat Hached  ( At Tariq Aljadid n° 173 du 27 mars 2010) et intitulé « Faux et usage de faux » ; j’ai eu droit la semaine dernière à une nouvelle charge de ce plumitif, sous le titre emprunté à une répartie d’un film célèbre : «Tais toi quand tu parles !».

Feu Mohamed Mahfoud, ancien directeur du quotidien gouvernemental «La Presse » – journaliste partisan mais homme de média de talent – s’était malheureusement aventuré, il y a 22ans, à titrer de la sorte une philippique outrancière contre l’éminent intellectuel Hichem Djaïet qui avait, à l’époque, « osé » audacieusement mettre en garde contre les risques de dérive de l’Etat-RCD naissant. En réponse à cette virulente diatribe, je lui avais répondu dans l’hebdomadaire « Le Maghreb », décapité trois années plus tard, en des termes qui l’avaient contraint à reconnaitre en « aparté » qu’il n’aurait pas dû s’engager dans une polémique de ce genre. « Paix à ton âme Mohamed, nous n’étions du même bord mais tu avais du « métier » et tu étais, de surcroit, un cinéphile dont j’appréciais les commentaires et la manière ».

Et voilà qu’aujourd’hui, c’est l’autre énergumène, pour qui tu n’avais aucune estime (tu me l’as souvent dit et répété), qui reprend à son  compte – l’histoire bégaie- cette fameuse répartie destinée à déstabiliser l’adversaire et à tenter de lui clouer le bec . Et il le fait pour titrer un « encadré » ignoble mettant en cause perfidement Salah Zeghidi et moi-même . La calomnie suggérée est d’une telle bassesse que je ne peux en parler par respect pour les lectrices et les lecteurs.

Quarante sept ans de parcours politiques croisés, d’épreuves militantes et de batailles communes, de complicités mais aussi de différents, de divergences, de polémiques et d’empoignades ont tissé entre Salah et moi des rapports conflictuels mais solidaires et surtout des liens privilégiés avec celles et ceux, parmi ses proches, pour qui il a eu, par delà l’adversité, affection et tendresse. C’est paradoxal mais c’est ainsi !

 Et ce sont ces liens qui sont lâchement mis en cause par ce  personnage  à l’esprit tortueux qui sévit à la tête d’ « Al Hadath » et « Kol Ennass » en ayant recours à cette surenchère du « minable et de l’abominable » dont il est coutumier et dont ses mandataires sont, quoiqu’ils en disent, des complices  coupables.

Il est vrai que , pour en revenir à l’objet initial de cette novelle dérive ; ni lui , ni ses mandants ne peuvent comprendre que l’on se doit , par éthique et par fidélité, de placer la mémoire du leader patriote et syndical martyr Farhat Hached au dessus des  basses manœuvres politiciennes et d’officines.

Toujours est-il que  face à son lamentable « torchon », agrémenté d’une  caricature   ô combien significative, je ne répondrai pas cette fois-ci par une nième procédure judiciaire qui serait escamotée par ses protecteurs.

Je lui dirai simplement, avec mépris et dédain, en réponse à ces propos nauséabonds : « Pinces toi le nez quand tu parles ! »

(Source: « AT-TARIQ ALJADID » (Hebdomadaire – Tunisie) N°175 du 12  Avril 2010)  

 

Les blogueurs marocains se retrouvent dans le collimateur des autorités


Rabat, Casablanca Envoyée spéciale
Après deux mois et neuf jours passés en prison, Boubaker Al-Yadib a été remis en liberté, lundi 5 avril. Le blogueur marocain avait été arrêté, puis condamné à six mois d’emprisonnement par le tribunal de Guelmim, dans le sud du pays, pour avoir notamment diffusé sur Internet les photos d’une manifestation réprimée, en décembre, dans un village. Un mois plus tôt, un autre blogueur, arrêté pour les mêmes raisons, El-Bachir Hazzam, avait lui aussi recouvré la liberté. Mais pas le patron du cybercafé qui a écopé d’un an de prison ferme, ramené à huit mois en appel.

 

 

 

Créée voilà moins d’un an, l’Association des blogueurs marche sur les traces de la presse et, comme elle, subit les foudres des autorités. En juin 2009, cette association s’était mise en tête de contrôler, avec force reportages, les élections municipales, et avait créé pour cela un site. En août 2009, elle a diffusé le sondage sur le bilan du roi Mohammed VI, du magazine Tel Quel – qui sera saisi -, auquel s’était associé Le Monde.

Quelque 2 000 internautes avaient adhéré au groupe lancé pour l’occasion sur Facebook. En janvier, elle a lancé « la semaine de deuil de la presse », en signe de protestation contre les procès qui pleuvent sur les rédactions.

Non reconnue par l’administration – et donc illégale -, l’Association des blogueurs rassemble des adultes de toutes tendances qu’elle forme à l’écriture et aux reportages, bien décidée à faire bouger les lignes. « Nous avons peu de moyens mais beaucoup de projets », affirme son président, Saïd Benjebli, 30 ans, un ancien islamiste, selon lequel jusqu’à sept blogueurs sont passés par la prison. « Un blogueur, c’est un journaliste-citoyen, et notre rôle est de ne pas le laisser sans encadrement », appuie Najib Chaouki, bloggeur et représentant du bureau de l’association qui se définit comme « laïc et athée » et qui est également membre du Mouvement alternatif pour les libertés individuelles (MALI).

L’émergence de cet espace militant, cette « zone de non-droit », selon l’expression du ministre de la communication et porte-parole du gouvernement, Khalil Naciri, inquiète. « Nous ne voulons pas sévir, mais notre marge de manoeuvre est étroite, déclare le ministre.Je dois protéger une démocratie naissante. »

« Ces blogueurs sont des intégristes ! » s’indigne Jamal Eddine Naji, un universitaire spécialisé en communication et coordinateur de la commission du dialogue national Médias et société. Créée à l’automne 2009 dans le but de réformer le Code de la presse, cette instance a inclus dans ses travaux parlementaires la « blogosphère ». « Nous y sommes allés le premier jour, mais 40 % des membres de la commission appartiennent au PAM [parti de l’authenticité et de la modernité], le parti du roi, souligne Najib Chaouki. Le problème, ce n’est pas la société et la presse, mais le palais royal et la presse. »

De fait, depuis des mois, les désaccords n’ont cessé de grandir entre le pouvoir et les journalistes. Procès, amendes records, journaux saisis ou poussés à la fermeture, ont nourri la chronique de la crise. Le quotidien arabophone Akhbar Al-Yaoum reparaît sous un autre titre depuis trois mois, mais n’a jamais pu récupérer ses locaux toujours placés sous scellés ; le Journal hebdomadaire francophone, étranglé par ses dettes et confronté à la réduction drastique de ses recettes publicitaires, a dû mettre la clé sous la porte en février. Et le directeur d’Al-Michââl, Driss Chahtane, purge toujours, depuis cinq mois, une peine de prison pour avoir fait paraître des articles désobligeants sur le chef d’Etat algérien Abdelazziz Bouteflika, et la santé de Mohammed VI, malgré les appels répétés de son épouse, enceinte, au pardon royal.

« Est-ce que la presse insulte, diffame ? Oui, mais c’est à la justice de régler ça, or aucun procès ne respecte les conditions d’un procès équitable », souligne Khalid Jamaï, ancien journaliste, père d’Aboubakr Jamaï, l’un des fondateurs du Journal hebdomadaire. « Ces procès sont bidons », lâche Abderrahim Jamaï, avocat homonyme qui a souvent défendu la presse – sans jamais gagner un procès. « C’est difficile à croire, mais ça marche sans règles, soupire Ahmed Benchemsi, directeur de la publication de Tel Quel. Il faut savoir humer l’atmosphère. » Le magazine francophone, et sa version arabeNichane, qui a déjà connu cinq procès, deux saisies, une interdiction, doit souvent composer avec les « lignes rouges ».

« Il n’y a pas de sujets tabous, mais il faut savoir choisir ses termes, affirme Younes Moujahid, secrétaire général du Syndicat national de la presse marocaine (SNPM). Le roi ne veut pas de caricature, pas de Guignols chez nous. Pas d’informations non plus sur la vie privée et il ne faut pas blesser ni être vulgaire. » Un code que les blogs au Maroc, qualifiés de « poubelles de la presse » par M. Moujahid, transgressent. Or, faute de travail, de plus en plus de journalistes s’y retrouvent.

L’association des blogueurs est « une sorte d’activisme journalistique », décrypte Driss Ksikes, ancien rédacteur en chef de Tel Quel qui, après une condamnation à trois ans de prison avec sursis, a préféré se tourner vers le théâtre pour garder sa liberté. « Nous sommes dans une sorte de néo-patriotisme où l’on cherche à vendre de l’image, ajoute-t-il, et où toute critique ou velléité de critique est perçue comme une brèche. » Khalid Jamaï a cette formule sur la presse qui sonne juste : « Nous sommes devenus l’opposition et le pouvoir nous traite comme tel. »  

Isabelle Mandraud
Presse écrite modeste, Internet en expansion

300 000 exemplaires de quotidiens ont été vendus au Maroc en 2008, selon les chiffres de l’OJD Maroc (Organisme de justification de la diffusion).

191 000 exemplaires pour les hebdomadaires s’ajoutent à ce chiffre. Avec 13 lecteurs pour 1 000 habitants en moyenne, d’après Jamal Eddine Naji, universitaire spécialiste des médias, la presse est un marché modeste.

80 000 blogueurs existent, mais tous ne sont pas actifs, selon Saïd Benjebli, le président de l’Association des blogueurs. Cette dernière, créée en 2009, revendique 300 blogueurs membres.

6 millions d’internautes, selon plusieurs estimations, sur la trentaine de millions d’habitants.  

(Source: « Le Monde » (Quotidien – France) le 8 avril 2010)

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