CRLDHT: RĂ©union – 61 bis, impasse de la dĂ©mocratie – 2010 Tunisie Assabilonline: La Famille de lâEx-Prisonnier, Walid Ben Tahar Jarray DĂ©clare la Disparition de Son Fils Ouest France: Une militante tunisienne des droits de l’homme agressĂ©e au Forum mondial de Nantes Abdo Maalaoui: Savez vous que la Tunisie exploite la grande mine dâor Ă ciel ouvert ! El PaĂs : Les limites de la cyberdissidence (Traduit de lâespagnol Par Abdelatif Ben Salem) AFP: Attaque meurtriĂšre dans le Sahel, l’Aqmi revendique MAP: AQMI continue de poser une menace “persistante” dans les rĂ©gions du Maghreb et du Sahel AFP: Les troubles liĂ©s Ă la branche d’Al-QaĂŻda au Maghreb islamique
CRLDHT
ComitĂ© pour le respect des libertĂ©s et des droits de l’homme en Tunisie
Membre du RĂ©seau Euro-mĂ©diterranĂ©en des Droits de lâHomme
21ter rue Voltaire â FR-75011 PARIS  – Tel/Fax : 00.33.(0)1.43.72.97.34
crldht@gmail.com / www.crldht.orgÂ
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INVITATION
REUNION PUBLIQUE
Le vendredi 2 juillet 2010 Ă 20h Au FIAPÂ
61 BIS, IMPASSE DE LA DEMOCRATIE – 2010 TUNISIE
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Le 15 juin 2010, le Parlement tunisien a votĂ© une loi visant lâajout dâun paragraphe additionnel Ă lâarticle 61 bis du Code pĂ©nal, qui sanctionnerait « tout Tunisien qui entretiendrait, sciemment, des relations avec des parties Ă©trangĂšres en vue de les inciter Ă porter atteinte aux intĂ©rĂȘts vitaux de la Tunisie. Sont considĂ©rĂ©s comme intĂ©rĂȘts vitaux tout ce qui relĂšve de la sĂ©curitĂ© Ă©conomique de lâĂtat ». Toute personne qui Ă©tablirait intentionnellement des contacts explicites ou implicites avec des agents dâun Etat Ă©tranger, une institution ou une organisation Ă©trangĂšre dans lâobjectif de les inciter Ă porter atteinte aux intĂ©rĂȘts vitaux de la Tunisie est dĂ©sormais passible de 5 Ă 12 ans dâemprisonnement. Cette loi votĂ©e dans un dĂ©lai record (moins dâun mois aprĂšs son adoption par le Conseil des ministres le 19 mai 2010) vise Ă criminaliser la libertĂ© dâexpression  au moment oĂč la Tunisie a engagĂ© des nĂ©gociations avec lâUnion europĂ©enne en vue dâobtenir le statut de « pays avancé ». Autant dire que cette loi cible directement les dĂ©fenseurs des droits de lâhomme dont certains sont trainĂ©s nommĂ©ment dans la boue par la presse officielle comme par celle de caniveau dans une totale impunitĂ©.
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Le CRLDHT  VOUS INVITE A UNE REUNION PUBLIQUE
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Le vendredi 2 juillet 2010 à 20h Au FIAP
30 rue Cabanis – 75014 PARISÂ â Â Metro GlaciĂšre
Salle Lisbonne
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Avec la Participation de :
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Mme Souhair BELHASSEN, Présidente de la FIDH
Mme Sihem BEN SEDRINE, Porte Parole du CNLT
M. KhĂ©maies CHAMMARI, Consultant international en droits de lâHomme
M. Kamel JENDOUBI, Président du CRLDHT et du REMDH
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La réunion sera animée par Me Houcine BARDI
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Avec le soutien de :
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Associations : FTCR â ATF â SolidaritĂ© Tunisienne â AMF –ATMF â ASDHOM â Organisation Internationale des ExilĂ©s Tunisiens â ATF Paris.
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Partis Politiques : CPR â ETTAJDID France â Mouvement ENNAHDHA â PCOT â PDP â FDTL.
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 La Famille de lâEx-Prisonnier, Walid Ben Tahar Jarray DĂ©clare la Disparition de Son Fils
Une militante tunisienne des droits de l’homme agressĂ©e au Forum mondial de Nantes
Savez vous que la Tunisie exploite la grande mine dâor Ă ciel ouvert !
Par Abdo Maalaoui, Ex-exilé
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Cette mine dâor Ă ciel ouvert, qui nâa pas nĂ©cessité dâinvestissement, ni une machinerie lourde, ni des ouvriers ! Son lego est reprĂ©sentĂ© par un cheval arabe (comme celle de la voiture de course italienne la Ferrari), alors comme disait le proverbe ; « un cheval arabe qui court, qui laboure et qui ne mange pas de seigle âŠÂ ».Â
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Câest la premiĂšre mine dâor Ă©cologique et renouvelable, cettemine dâor nous gĂ©nĂšre annuellement plus de 4 milliards de $ (en devises et en nature) ! Nous remercions le gouvernement tunisien qui lâa baptisĂ©e en honneur des 1,200,000 tunisiens qui triment Ă lâĂ©tranger : « Mouwatinina fi el Kharej Mine Gold», sa matiĂšre premiĂšre est «la sueur des expatriĂ©s tunisiens».
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MalgrĂ© que je le sais depuis 38 ans ! Nous remercions le gouvernement tunisien de certain nombre de services et dâavantages qui nous offrent surtout pour nous rappeler notre Culture et nous permettre de renforcer nos liens avec le pays, malgrĂ© notre absence. Le gouvernement organise des Ă©vĂ©nements de temps Ă autre en Tunisie ou Ă lâĂ©tranger par lâintermĂ©diaire de nos Consulats ou les cellules de RDCâŠÂ Souvent les bons tunisiens (touansa el ndhafs) sont invitĂ©s comme dans un club privĂ©âŠ
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Je viens de me rendre compte que je suis un «travailleur tunisien» Ă lâĂ©tranger ? Ce nâest pas grave, je suis fiĂšre … d’aider mon pays malgrĂ© que mon gouvernement et dâautres « tabalas » m’accusent d’ĂȘtre traĂźtre Ă la Patrie ! MalgrĂ© que les membres de mon gouvernement tunisien ont votĂ© une loi qui peut m’envoyer en prison si jâose demander la possibilitĂ© de mâinformer sur notre belle mine dâor et lâutilisation de cette somme colossale que nous avons envoyĂ©e Ă notre beau et petit pays⊠Presque trois fois le revenu de lâindustrie touristique ?
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Je suis fiĂšre que mes frĂšres et sĆurs expatriĂ©s tunisiens aident la Patrie. Je rĂȘve du jour ou les dirigeants de mon gouvernement tunisien soient reconnaissant publiquement de ce que nous apportons Ă notre Ă©conomie en devise par annĂ©e, s’il vous plait !!!
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C’est une source de revenu simple, qui n’a besoin d’aucune infrastructure lourde ou lĂ©gĂšre sauf le transfert d’une banque Ă une autre banque ou par Western Union… Ce transfert gĂ©nĂšre des revenus aux institutions financiĂšres (frais de transfert), des revenus au gouvernement (diverses taxes).
Je suis comblĂ©, nous sommes devenus des vaches Ă lait, chacun de ses organismes utilisent notre lait pour fabriquer des produits dĂ©rivĂ©s et Ă valeur ajoutĂ©e ! Mieux mĂȘme quâune vache Ă lait⊠parce que nous offrons le lait mais nous accommodons pour trouver nos aliments concentrĂ©s ⊠Câest fantastique ??
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Nous sommes conscients et un peu intelligent pour comprendre aussi que ces revenus en devises permettent le remboursement en devise de la dette nationale que le gouvernement tunisien a contractĂ© pour faire des grands projets sinon câest lâinsolvabilitĂ© et la faillite technique de mon pays.⊠Dieu merci mes frĂšres et sĆurs expatriĂ©(e)s soyez sages, gĂ©nĂ©reux et continuons dâenvoyer la valeur de notre sueur Ă la Tunisie ! Un jour vous allez ĂȘtre rĂ©compensĂ©s au Paradis, ce que tu donnes aujourdâhui, tu le recevras demain en triple. Eh ! les incroyants et les infidĂšles jâai entendu le Saint Imam Ă la TV Zaitouna nous on a confirmĂ© que lâAmour de la Patrie est une priĂšre « iiibaada » ?
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En contre partie de ses devises… on nous a donnĂ© en Ă©change des dinars (coĂ»t d’impression de l’argent officiel : 25 millimes le dinar)… je comprends argent contre argent.. papier contre papier et souvent dâordinateur Ă un autre ordinateur .. câest fantastique !.. On ne voit mĂȘme pas la couleur de la valeur de notre sueur : On mâa dit que câest la technologie et câest le progrĂšs, on a trouvĂ© mĂȘme un nom : Lâargent Ă©lectronique.. Mais moi je nâai pas versĂ© de la sueur Ă©lectronique, jâai versĂ© de la vraie sueur «la vraie eau colorĂ©e brune, chaude et salĂ©e » !
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Le gouvernement a met Ă la disposition de notre communautĂ© tunisienne Ă l’Ă©tranger un MinistĂšre avec une petite administration / j’ai oubliĂ© le nom officiel de ce MinistĂšre / il fonctionne avec petit budget annuel de moins de 500,000 Euros … sur le 1,200,000 dâexpatriĂ©s tunisiens, il y a peu ĂȘtre un (1) pour 10,000 expatriĂ©s tunisiens qui connaissent ce «MinistĂšre des exilĂ©s» .. Mais on mâa confirmĂ© quâil est dirigĂ© par une Ă©quipe sympathique et serviable ⊠On nâa pas besoin que notre «MinistĂšre des cinglĂ©s» fasse de la publicitĂ© ⊠parce quâil travaille dans la discrĂ©tion et il sait gouverner nos Ă©motions.
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Ce nâest pas comme le MinistĂšre et les sociĂ©tĂ©s du tourisme qui fait trop de bruit pour gĂ©nĂ©rer presque des miettes une fois que le transport et les frais de sĂ©jour sont acquittĂ©s de nos «concurrents» de touristes Ă©trangers «avares, sans Ăąmes, ni sourire» âŠ
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Seigneur : Je viens de me rendre compte pourquoi les autoritĂ©s tunisiennes nous accueillent Ă la Goulette avec «Tabla wa zoukra» ⊠dĂ©s notre arrivĂ©e ? Ah⊠mon beau pays ! Je verse une larme, je mâincline pour prier et je me sens vraiment fiĂšre du gouvernement de ma Patrie qui mâa royalement accueilli⊠et Ă mon for intĂ©rieur : « Mort tu es la bienvenue », je suis enfin en Tunisie, stressĂ© avec le ventre un peu serré !
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Pour vous prouver quâaucun des expatriĂ©s tunisiens nâest traĂźtre Ă la Patrie⊠Le touriste Ă©tranger avare, sans Ăąme est souriant parce quâil a hĂąte de quitter la Tunisie, il sait le petit malin quâil nous a «fourrĂ© et son petit argent a fini » !âŠ
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Quant aux expatriĂ©s tunisiens chacun de nous est malheureux de partir et souvent en cachette on verse des barrages de larmes en souvenir de ceux et celles que nous avons aimĂ© et nous avons laissĂ© dans la Patrie, je sais quâils sont entre bonne main, je sais quâils sont gardĂ©s, surveillĂ©s, encadrĂ©s par lâOncle SAM amĂ©ricain et assistĂ© par le grand frĂšre SAMir tunisien) ! Je sais que les deux sont des « mlaakiiits / des tordus» !!! Mais quâest-ce quâon peut faire, ils faut retourner verser notre sueur afin que nous puissions envoyer une partie de la valeur de notre sueur en Tunisie⊠!!!Â
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N.B : Ma promesse (forcĂ©e) que jâai signĂ© avec la P.P tunisienne de ne pas Ă©crire sur Tunisnews durant un an est respectĂ©e ⊠Jâai dĂ©cidĂ© de ne plus faire de la politique surtout contre le Pouvoir en place⊠Avec la promulgation de cette nouvelle loi ⊠Je dĂ©clare publiquement que jâadore ma Patrie : La Tunisie⊠Mais jâai la difficultĂ© avec son honnĂȘte gouvernement et son dynamique RCD⊠!
Les limites de la cyberdissidence
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Ernesto HernĂĄndez Busto
Traduit de lâespagnol Par Abdelatif Ben Salem
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En surestiment le potentiel des blogueurs sur le Net dans leur combat contre les rĂ©gimes autoritaires, les mĂ©dias ont peut-ĂȘtre pĂȘche par excĂšs dâenthousiasme. De Cuba Ă lâIran, ceux-ci ont dĂ» faire face Ă des contrefeux allumĂ©s par les dictatures.
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Au cours des derniers mois, ceux qui sâintĂ©ressent Ă la capacitĂ© des nouvelles technologies a lancer des dĂ©fis aux rĂ©gimes autoritaires, ont assistĂ© Ă une polĂ©mique fort intĂ©ressante qui a rĂ©uni des experts, des Ă©crivains et bien entendu des blogueurs tels que Evgueni Morosov et Clay Shirky. Les mĂ©dias anglo-saxons ( Prospect, The Wall StreetJournal, Foreign Policy ) ont publiĂ© les arguments dĂ©veloppĂ©s aux cours de ces dĂ©bats qui ont touchĂ© des Ă©vĂ©nements aussi Ă©loignĂ©s les de autres comme les mobilisations postĂ©lectorales en BiĂ©lorussie en 2006, ou les manifestations des moines bouddhistes en Birmanie en 2007, ou la RĂ©volution verte qui a secouĂ© le rĂ©gime iranien aprĂšs lâĂ©lection de Ahmadinejad il y a tout juste un an, mais qui ont toutefois un dĂ©nominateur commun : le rĂŽle important dĂ©ployĂ© par les nouvelles technologies de communication tant sur le plan de leur organisation que sur celui de la diffusion quasiment instantanĂ©e de lâinformation sur la rĂ©pression gouvernementale.
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AmplifiĂ©s par des larges Ă©chos mĂ©diatiques, les attentes de ceux qui virent dans ces nouveaux mĂ©dias, la clef dâune nouvelle forme de combat politique, glamour qui plus est, capable dâaffranchir la sociĂ©tĂ© civile par la voie des protestations de masse, ont Ă©tĂ© quelque peu frustrĂ©es. Le rĂ©sultat est quâaucun de ces mouvements nâa Ă premiĂšre vue rĂ©ussi Ă dĂ©faire le moindre rĂ©gime politique, mĂȘme sâils ont contribuĂ© Ă en affaiblir certains et Ă en discrĂ©diter dâautres aux yeux de lâopinion internationale. Pessimiste Ă outrance, Mozorof, est allĂ© mĂȘme jusquâĂ rendre responsables de cet Ă©chec, les partisans de la cyberdissidence et lâenthousiasme excessif des mĂ©dias, qui non seulement ont portĂ© un coup trĂšs dur aux causes quâils sont censĂ©s promouvoir et faire connaĂźtre, mais en provoquant aussi le rĂ©sultat exactement contraire de ce quâils attendaient : une rĂ©pression accrue et une extension des limites de la surveillance autoritariste.
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Dans un article paru dans la derniĂšre livraison du Foreign Policy consacrĂ© Ă lâIran, Golnaz Esfandiari a dĂ©crit « la rĂ©volution Twitter » de lâannĂ©e passĂ©e comme « lâĂ©vĂ©nement idĂ©al » pour nombre de journalistes et chercheurs spĂ©cialisĂ©s dans la matiĂšre, « une de ces histoires qui sâĂ©crivent toutes seules. » Mais tout semble indiquer en effet que la presse occidentale a exagĂ©rĂ©ment gonflĂ© lâimpact rĂ©el de Twitter en tant que canal de transmission dâinformation utilisĂ© par les activistes se trouvant sur le terrain.
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Quâelle que soit notre position face Ă ce dĂ©bat, il nous faut applaudir lâenthousiasme de Shirky Ă propos de la naissance de « lâorganisation sans organisation », de la « nouvelle structure civique » ou de la « maladie technologique auto immunisante », mais il nous faut Ă©galement partager le pessimisme de Mozorov et dâautres, lorsquâils suggĂšrent lâidĂ©e que les Etats autoritaires demeurent suffisamment forts pour contrer le mĂ©contentement populaire et Ă©touffer les voix des cyberdissidents.
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Personne ne peut nier Ă©videmment que la scĂšne de la contestation politique dans les sociĂ©tĂ©s bloquĂ©es Ă subi au cours des derniĂšres annĂ©es, une profonde mutation en rapport avec lâusage des nouveaux moyens de communication technologique. Jâemploie Ă dessein le terme « mutation » pour mieux souligner quâil ne sâagit pas du tout dâun nouveau mode destinĂ© Ă vĂ©hiculer le vieux discours de la dissidence classique. Ni de disposer de « nouveaux outils » plus sĂ»rs et plus rapides que les manifestes et les samizdats distribuĂ©s sous le manteau, mais de bien noter que ces nouveaux « outils » ont donnĂ© rĂ©ellement naissance Ă des nouvelles formes dâorganisation sociale au pouvoir contagieux, et qui, en plus du fait de se traduire ou pas par des manifestations de masse, elles concourent Ă la reconstruction du tissu de la sociĂ©tĂ© civile.
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Mais il nâest pas exclu quâĂ court terme, la nouveautĂ© de ces outils et lâattraction mĂȘme quâelles exercent sur les cyberdissidents soient porteuses de germes de leur propre Ă©chec, en tant que les rĂ©gimes autoritaires avaient rĂ©ussi Ă fournir la preuve de leur capacitĂ© Ă mettre leurs techniques de rĂ©pression en adĂ©quation avec ces nouvelles technologies, en exploitant les avantages dâune dĂ©mocratie quâils sâobstinent pourtant Ă en refuser lâaccĂšs Ă leurs propres citoyens. Des telles sociĂ©tĂ©s peuvent, comme câest le cas pour un pays comme la Chine , concevoir par exemple des clones locaux (mais soumis Ă un contrĂŽle strict) des sites les plus cĂ©lĂšbres de la Web 2.0 dans le style de Facebook ou de YouTube, et Ă©riger en mĂȘme temps, au nom de lâimpĂ©ratif de sĂ©curitĂ© nationale, une Grande et infranchissable Muraille CybernĂ©tique. Dans dâautres cas, comme pour le rĂ©gime iranien, une grande armĂ©e quasiment invisible de mercenaires rĂ©munĂ©rĂ©s et de « croyants sincĂšres » sâĂ©tait vue confiĂ©e la mission de traquer, de dĂ©busquer les dissidents et de polluer les dĂ©bats organisĂ©s sur le Net, parfois mĂȘme, de monter de toute piĂšce de faux « évĂšnements » quâelle exploite Ă sa maniĂšre pour discrĂ©diter ses adversaires. Ce qui est dĂ©plorable cependant, câest quâĂ maintes reprises, ces actions ont Ă©tĂ© menĂ©es grĂące Ă la connivence des compagnies occidentales comme Nokia et Siemens qui avaient vendu Ă lâIran la technologie et le Know–How nĂ©cessaires pour maintenir Internet sous contrĂŽle total.
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Depuis le mois de septembre, les Gardiens de la RĂ©volution iranienne ont la haute main sur le rĂ©seau des tĂ©lĂ©communications qui commande lâaccĂšs Ă la Toile , aux tĂ©lĂ©phones cellulaires et aux rĂ©seaux sociaux. « Lâhistoire du cyberjihad iranien », faisait remarquer il y a peu Abbas Milani, « est passĂ©e, presque inaperçue dans les mĂ©dias occidentaux malgrĂ© sa grande importance » Milani a parfaitement raison, jâai moi-mĂȘme participĂ© il y a quelques mois Ă une rencontre organisĂ©e sous lâĂ©gide du Georges Bush Institute, de Freedom House et du Berckman Center rattachĂ© Ă Harvard University, et jâai pu me rendre compte Ă cette occasion, que la principale prĂ©occupation des blogueurs et des experts avec qui jâai pu mâentretenir, Ă©tait la vente par des individus dĂ©pourvus de toutes scrupules, des technologies de pointe aux gouvernements qui pratiquent la censure comme la Chine , la Syrie ou lâIran et lâusage chaque jour plus liberticide quâils font de ces nouveaux mĂ©dias.
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Pour ce pays, il sâagit en rĂ©sumĂ©, de faire la guerre contre la rĂ©volte digitale avec ses propres armes. Cette stratĂ©gie sâest avĂ©rĂ©e efficace mĂȘme pour un prĂ©sident comme Hugo Chavez qui est passĂ©, en moins dâun mois, du statut de censeur impĂ©nitent de la Toile Ă celle dâun blogueur cĂ©lĂšbre dĂ©tenteur dâun compte Ă Twitter. MalgrĂ© cela, la balance penche en AmĂ©rique Latine, plutĂŽt du cĂŽtĂ© des internautes, ce qui est favorise le dĂ©veloppement de la contestation sociale.
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MĂȘme la sociĂ©tĂ© cubaine, dont la participation Ă lâessor des nouvelles technologies de communication demeure marginale â il faut rappeler que les statistiques les plus optimistes concernant lâaccĂšs Ă Internet citent le chiffre de 10% de la population et quâune heure de connexion au rĂ©seau coĂ»te environ la moitiĂ© dâun salaire moyen â a trouvĂ© sa place sur la carte de la cyberdissidence grĂące aux initiatives dâune Ă©lite dĂ©terminĂ©e Ă profiter au maximum des avantages dĂ©mocratiques offerts par ces nouveaux mĂ©dias. Â
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InspirĂ©s par Yoani SĂĄnchez et dâautres blogueurs, de nombreux jeunes cubains nâont plus peur dâexprimer leurs opinions. A cuba, lâusage des tĂ©lĂ©phones portables pour consigner la chronique quotidienne de la rĂ©pression est en augmentation constante, et les dâinformations contrĂŽlĂ©es qui ont « filtré » Ă lâextĂ©rieur sont de plus en plus abondantes. Quand Ă Twitter, il continue sa progression. Le castrisme a des bonnes raisons de sâinquiĂ©ter au cas oĂč la dissidence traditionnelle cubaine se rĂ©sout Ă faire cause commune avec les blogueurs sur plusieurs fronts de lutte, en exploitant le mĂ©canisme des appelĂ© « cascades dâinformations », dĂ©crit par Susanne Lohman et appliquĂ© par Shirky Ă lâactivisme digital. Câest pour cela que le rĂ©gime cubain a dĂ©cidĂ© de se mettre au diapason, en adoptant la mĂȘme stratĂ©gie que celle suivie par lâIran : organisation dâune contre-offensive cybernĂ©tique incluant la rĂ©novation complĂšte de ses sites web ; une prĂ©sence accrue dans les rĂ©seaux sociaux ; des plateformes des blogs officiels spĂ©cialement conçues pour la calomnie et la diffamation des blogueurs indĂ©pendants ; des cybercommandos dâintervention rapide formĂ©s dâĂ©tudiants issus de lâUniversitĂ© des Sciences InformatiquesâŠPour lâheure ces mĂ©thodes nâont pas rĂ©ussi Ă rĂ©duire lâactivitĂ© des blogueurs, toutefois le rĂ©gime continue de faire reculer la date de la connexion par cĂąble Ă bande large avec le Venezuela â renvoyĂ©e aujourdâhui pour 2011 – et la blogosphĂšre cubaine donne des signes, pour le malheur des partisans comme des adversaires, dâune influence somme toute assez faible
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Est-ce que ces indicateurs suffisent pour attribuer Ă Internet un rĂŽle clef dans la contestation politique de notre Ă©poque ? La mutation rendue possible par ces nouvelles technologies dâinformation est un signal tout Ă fait encourageant, mais cette mutation ne coure-t-elle pas le risque de stagner dans des actions confuses et sans public clairement dĂ©fini ? Dans les sociĂ©tĂ©s autoritaires, la confusion entre « message » et « mĂ©dium » ne semble pas avoir favorisĂ© lâinstauration dâune libertĂ© capable dâaller au delĂ dâun projet alternatif Ă la presse officielle. Au bout du compte, lâusage politique de la Toile sâest avĂ©rĂ© beaucoup plus prĂ©gnant Ă lâintĂ©rieur quâĂ lâextĂ©rieur des systĂšmes pourvus dâindices Ă©levĂ©s de dĂ©mocratie et de transparence. Les spĂ©cialistes sont chaque fois plus nombreux Ă se poser la question sur la potentialitĂ© de vaincre un rĂ©gime grĂące Ă cette espĂšce dâillusion dĂ©mocratique (et narcissique) quâInternet favorise. Peut-ĂȘtre que sur ces scĂšnes virtuelles oĂč lâespace consacrĂ© Ă la propagande libertaire est forcĂ©ment rĂ©duit et susceptible dâĂȘtre facilement contrĂŽlĂ©, il faut revenir aux bonnes vieilles mĂ©thodes du dissident traditionnel : organiser des grĂšves, descendre dans la rue, oser lancer des dĂ©fis dont la rĂ©ussite serait la moins tributaire possible de leur Ă©cho mĂ©diatique.
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Ernesto HernĂĄndez Busto, est essayiste (laurĂ©at de Casa de America 2004). Il Ă©dite depuis 2004 le blog des activitĂ©s cubaines PenĂșltimos DĂas.com
Traduit de lâespagnol Par Abdelatif Ben Salem
Courtesy El PaĂs 29 juin 2010Â Â Â Â Â Â Â Â Â Â Â Â Â Â Â Â Â Â Â Â Â Â Â Â Â Â Â Â Â Â Â Â Â Â Â Â Â Â Â Â Â Â Â Â Â Â Â Â Â Â Â Â
Attaque meurtriĂšre dans le Sahel, l’Aqmi revendique
AQMI continue de poser une menace “persistante” dans les rĂ©gions du Maghreb et du Sahel
Les troubles liĂ©s Ă la branche d’Al-QaĂŻda au Maghreb islamique
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