1 juillet 2007

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TUNISNEWS
8 ème année, N° 2595 du 01.07.2007

 archives : www.tunisnews.net


L’Audace: L’été tunisien

Réalités : Assemblée générale des avocats : Barreau à la recherche d’un bâtonnier Réalités :LA COURSE AU BATONNAT : Dix appelés pour un seul élu Réalités :La déprime du Barreau La Presse: Discours religieux: Faire preuve de lucidité contre les idées intruses Le Temps :Investissez yarhamkoum allah Le Temps :Investissements Directs Etrangers:La Chine jette son dévolu sur l’Afrique : Quels projets pour la Tunisie ? Menara: Lutte anti-drogue: L’expérience Marocaine exposée à Tunis


L’ Editorial de l’Audace:

 L’été tunisien

 

Voilà l’été qui s’installe. Saison éminemment politique. Saison de la déliquescence et de l’insouciance. Des « ajustements » de prix et des procès politiques. Depuis l’époque de Bourguiba, c’est devenu une tradition : les Tunisiens s’encanaillent sur les plages, le pouvoir règle ses comptes comme il lui plaît. 2007 ne semble pas déroger à la règle, sauf que les prisons sont déjà à nouveau repues de jeunesse neuve que l’appareil  policier et judiciaire va broyer à la manière de la machine de Kafka, dans La Colonie pénitentiaire. Ce sera bien évidemment, après les sacro-saintes vacances judiciaires.

Mais comment se fait-il que des dizaines de milliers de personnes, souvent très jeunes, soient passées par là depuis 1987 sans que naisse une riposte populaire à la mesure de la tragédie qui se joue si répétitivement derrière les murailles des prisons ? Est-il normal qu’aucune action de résistance citoyenne et de soutien aux détenus ne marque la mémoire collective ? Comment l’AISPP et  les autres structures militantes, les avocats et les sympathisants des familles éprouvées n’aient jamais réussi à mettre sur pied une action digne d’être citée en exemple, à l’instar des Folles de la Place de Mai, en Argentine, qui viennent de fêter le trentième anniversaire de leur formidable et admirable mouvement ? Est-ce l’inefficacité des acteurs ou la peur ancestrale du hakem (gouvernant) ? A quand des initiatives chocs pour enrayer la machine infernale qui ensanglante la société ?

L’été arrive donc sans que rien n’indique une évolution significative ; Ben Ali coule sa soixante onzième année, impassible, imperturbable, figé comme un menhir. Il continue à narguer la « communauté internationale » en s’essayant sur les lois internes et internationales. Et en snobant ostensiblement les instances des Nations Unies supervisant les droits de l’homme.

Depuis 1997, soit une décennie entière, Tunis boude les mécanismes spécialisés de contrôle. Les rapports dus au titre des traités ratifiés ne sont pas présentés et les courriers reçus de ces mécanismes restent sans réponse. C’est à croire que Ben Ali joue le temps en attendant que son mentor Bush achève la sale besogne en cours depuis l’arrivée des néo-conservateurs au pouvoir : vider le système onusien de sa substance.

En revanche, comme le montre le dossier de ce numéro, Ben Ali cherche à placer de faux experts indépendants ou des experts faussement indépendants dans le système tout en s’abstenant de remplir les obligations que lui impose l’adhésion librement consentie.

L’été s’installe et il n’y a pas que le pouvoir pour en profiter. Les comparses aussi s’y agitent. Ainsi, Ettajdid, masque grossier de l’ex-PCT, se prépare-t-il à tenir son congrès, toujours sous la houlette de l’inamovible apparatchik Mohamed Harmel, chef du politburo, soucieux de s’entourer de quelques pigeons qu’il qualifie d’indépendants. Il est consternant de constater qu’au crépuscule de leur vie, ces gérontocrates sont encore disposés à toutes les compromissions.

L’été arrive et il sera chaud pour les avocats tunisiens. La bataille du barreau s’annonce rude. Nombre d’arrivistes sont arrivés, comme on a pu le constater lors du naufrage de l’ATJA. Toute une génération d’anciens clients destouriens, le plus souvent dissimulés dans les lycées et des facultés viennent désormais réclamer leur récompense et proposer leurs services, à l’instar de Samir Laâbidi, Mehrez Elhammami, dit Bouga et autre Mohamed Ghariani. L’objectif est de taille cette fois-ci : mettre la main sur la dernière institution de prestige qui échappe au contrôle du pouvoir depuis le bâtonnier véreux Abdelwahab ElBéhi, lui-même serviteur zélé de la khaliya (cellule) et notable de la tortiocratie au pouvoir.

Qu’ont fait les intéressés pour échapper au sort funeste que leur prépare Béchir Takari, garde du sot ? Pas grand-chose si l’on en juge par le nombre de candidatures concurrentes. Cette incapacité à s’entendre risque d’ouvrir un boulevard au candidat de la tortiocratie. Ce serait un échec majeur pour la société civile, une sorte de coup de grâce…

Dans ces circonstances, l’arrivée au pouvoir de M. Sarkozy en France ajoute une inconnue. Jusqu’ici l’Elysée a été plus que bienveillant à l’égard du pouvoir du général Ben ali. Le résultat ultime en est une calcification mortelle et définitive de ce pouvoir dont les Tunisiens n’ont pas fini de payer le prix, y compris tout récemment encore, celui du sang.

Le nouveau président maintiendra-t-il le cap funeste qui attribue au pyromane le rôle de pompier ? La France restera-t-elle la puissance européenne qui assure l’impunité au gouvernant de Tunis tant dans les relations bilatérales qu’au niveau des instances européennes?

M. Sarkozy a placé son allocution de victoire sur le terrain des valeurs, notamment celle que nous partageons sans réserve : la lutte contre l’oppression. Saura-t-il l’appliquer aux relations franco-tunisiennes au bénéfice des deux peuples ou sera-t-il un « ami » parmi tant d’autres de l’autocrate tunisien ?

Aucun espoir n’est interdit.

Mais qu’on se le dise : les Tunisiens doivent mobiliser TOUT ce qui peut les aider à se libérer du joug du général Ben Ali, y compris – peut-être surtout – du côté de l’hyperpuissance américaine et de l’Europe unifiée et élargie, mais leur salut ne viendra que de leurs propres efforts et de leurs sacrifices. Comme des hommes et des femmes libres…

 

                                                            Khaled BEN M’BAREK

 

(Source: « L’Audace »  juin 2007)

Nicolas Sarkozy à Tunis

 
Le président français Nicolas Sarkozy effectuera une tournée africaine cet été et commencera par le Maghreb dès le mois de juillet. On croit savoir que le président Sarkozy sera à Tunis à la première quinzaine du mois de juillet. Les préparatifs vont bon train, même si la date n’est pas encore officiellement annoncée, pour faire de cette visite un franc succès. (Source : « Réalités » (Magazine hebdomadaire – Tunis), N° 1122 du 28 juin 2007)  


 Assemblée générale des avocats :

Barreau à la recherche d’un bâtonnier

 
Le plus grand rendez-vous des avocats, les élections du bâtonnier et celles des membres du bureau du Conseil de l’Ordre, auront lieu ce dimanche 1er juillet. Pour le moment, les différents candidats sont en pleine campagne pour convaincre et séduire les quelque 5.233 avocats. Les problèmes dont souffre le secteur sont nombreux et beaucoup d’entre eux datent de plusieurs années. Zoom sur une profession fortement politisée et qui n’a toujours pas pu trouver un véritable terrain d’entente avec les autorités. Ils ont été plus de 3.500 à se présenter aux urnes en 2004 pour élire le bâtonnier et le bureau du Conseil de l’Ordre des Avocats. Ils seront 5.233 cette année pour choisir parmi les dix candidats. Un record dans l’histoire des avocats qui bat le dernier record, lors des dernières élections de 2004, quand ils étaient neuf à se présenter pour le poste de bâtonnier (contre cinq en 2001). Les candidats se bousculent de plus en plus et les divergences entre eux s’accentuent. Aucun des derniers bâtonniers n’a réussi à obtenir une écrasante majorité autour de lui démontrant l’acuité des divergences entre élus et électeurs. Abdessattar Ben Moussa, actuel bâtonnier, n’a obtenu que 24 voix de plus que son prédécesseur, Béchir Essid, au sprint final. Essid est connu pour sa radicalité. Ben Moussa est connu pour sa modération. Ni l’un, ni l’autre n’a cependant réussi réellement sa mission et l’objectif tracé, qui est de résoudre les problèmes de la profession. Ils n’ont pas échoué, loin de là, mais force est de constater qu’ils n’ont pas réussi, car les problèmes finalement sont demeurés les mêmes qu’en 2004 et les mêmes qu’en 2001 dans leur écrasante majorité. A l’origine des problèmes de la profession, sa forte politisation qui a fait que les relations avec le pouvoir ne soient pas du tout au beau fixe. Quand les avocats ont élu en 2001 un radical, la profession n’a pas réussi à trouver des solutions à ses problèmes qui existaient déjà lorsque le bâtonnier était un proche du pouvoir. En 2004, ils ont tablé sur la modération en élisant Ben Moussa. Le résultat n’est pas plus satisfaisant trois ans après, comme nous le fait remarquer un avocat. « Beaucoup d’entre nous, notamment les jeunes, souffrent toujours de précarité, la question des retraites et de la couverture sociale n’a pas avancé, la question de l’entrée dans la profession a été résolue après un forcing en notre défaveur. » Prenons la question de la couverture sociale par exemple. C’est l’un des dossiers les plus épineux qui traîne depuis des lustres et qu’il faut résoudre d’urgence. Les avocats désirent une caisse sociale indépendante qui sera chargée d’accorder la pension des avocats retraités. Les autorités désirent les grouper dans les caisses actuelles à l’instar de tous les salariés du privé. Face au différend, des centaines d’avocats en âge avancé se retrouvent dans la précarité et dans l’impossibilité de faire face à leurs besoins matériels et, surtout, d’accéder dignement aux soins. La question de l’entrée dans la profession est un autre gros dossier qui tient à cœur chez les avocats et dont la solution proposée était de créer un Institut supérieur du Barreau (ou des avocats?). Les avocats voulaient cet institut afin d’unifier les entrées dans la profession. La loi du 15 mai 2006 instituant la création de cet institut n’a cependant pas répondu aux attentes. Les structures ordinales reprochent au Ministère de la Justice de ne pas les avoir associés dans l’élaboration de ce projet de loi. Autres préoccupations majeures des avocats : l’épineux problème du courtage, la nécessité de réformer la loi de 1989, le nombre des membres du Conseil de l’Ordre resté inchangé depuis des lustres bien que le nombre de robes noires ait bien augmenté etc. Reste cependant le problème majeur et de fond qui n’a toujours pas connu (et ne connaîtra pas de sitôt) une unanimité : les relations avec le pouvoir. Les avocats ne savent plus quelle voie choisir : celle de la « cordialité » avec le pouvoir en place ou celle de la confrontation. Par expérience, ils savent que ni l’une ni l’autre n’a abouti à résoudre leurs problèmes professionnels. Idem pour la voie du centre après l’élection de Ben Moussa. Ce point-là risque d’occuper la majeure partie des débats de l’Assemblée générale entre des avocats proches du pouvoir (et qui ne s’en cachent plus, comme par le passé), des avocats nationalistes, des avocats de gauche, des indépendants etc. Au lieu de débattre du fond des problèmes, on va s’attaquer et se lancer des accusations les uns aux autres, comme on peut déjà le constater dans les coulisses. Un consensus sur la stratégie à suivre est nécessaire dans un esprit de confraternité. Il faudrait donc un candidat fédérateur respectant le pluralisme et la forte diversité d’opinion des électeurs. Or pour ce faire, il faut dépolitiser totalement le débat, ce qui relève du quasi-impossible en raison de la nature même de la profession et des tendances « politiques » des avocats et de la majorité des futurs candidats, parmi lesquels on trouve de véritables opposants farouches au régime. C’est dans cette ambiance, qui ressemble à celle des quelques précédentes, qu’aura lieu l’assemblée du samedi et les élections du 1er juillet ! Une chose est certaine, l’ennui n’est pas du tout garanti ! La campagne sur le Net Une première dans le monde des avocats : la campagne électorale se déroule également sur le Net. Les défenseurs de la veuve et de l’orphelin doivent cette initiative à leur confrère Chawki Tabib qui a Internet (www.chawkitabib.info) dans lequel il a mis une sit lancé un masse importante d’informations. Destiné à annoncer sa candidature à la présidence de la section régionale des avocats de Tunis, le site de Me Tabib est également un blog de ce candidat qui se veut fédérateur. Il y propose une série de rubriques à propos de la profession, du barreau, du cadre juridique, de l’ATJA, des avocats stagiaires, des avocates etc. Ouvert aux autres, le site propose aussi un forum de discussion (avec modérateur), ainsi que des articles de presse sur la profession, des critiques sur certaines décisions officielles, des images du barreau, et même la liste des candidats officiels (avec photos) au bâtonnat, au Conseil de l’Ordre et aux sections régionales. Une première qui gagnerait fortement à être suivie par d’autres. (Source : « Réalités » (Magazine hebdomadaire – Tunis), N° 1122 du 28 juin 2007)

Nizar Bahloul

LA COURSE AU BATONNAT :

Dix appelés pour un seul élu

 
 Parmi cette pléiade de candidats, nous retrouvons ceux qui ont un passé politique d’opposant confirmé, ceux qui sont proches du pouvoir, ceux qui font partie de la gauche et l’extrême-gauche, les nationalistes arabes et les indépendants. Portraits. Maître Charfeddine Dhrif Actuel secrétaire général du Conseil de l’Ordre, la cinquantaine, apprécié de la majorité des avocats, est considéré comme quelqu’un de moderniste ayant fait ses preuves. Politiquement indépendant, il gagne le respect de ses pairs par sa droiture et son travail. Certains le voient déjà Bâtonnier d’autant qu’il bénéficie du soutien du comité directeur de l’Association tunisienne des Jeunes avocats. A la crise qui touche actuellement le Barreau, il propose avant tout une analyse exhaustive de la situation en cernant les erreurs du passé afin de mieux les éviter comme une meilleure entente entre les membres de la profession et l’Autorité. Il se dit pouvoir jouer un rôle à la fois médiateur et modérateur préconisant le respect d’un code déontologique que les défenseurs de la veuve et de l’orphelin seraient tenus de respecter afin d’éviter tout manquement à la profession. Selon lui, le futur Bâtonnier doit pouvoir résoudre la crise avec équité et neutralité en laissant de côté ses convictions politiques. Il doit également faire en sorte que certaines lois soient créées ou modifiées en pensant surtout au suivi des avocats stagiaires ayant obtenu leur diplôme récemment par les facultés de droit. Mais le plus grand défi auquel le futur Bâtonnier aura à faire face est sans doute celui de la couverture sociale qui doit être traité en deux volets : celui de la retraite et de la sécurité sociale. Le prélèvement doit s’effectuer sur les gains des affaires juridiques selon la nature des affaires et le nombre de procès que l’avocat aura menés. Maître Ibrahim Bouderbala Membre du Conseil de l’Ordre, il a participé à plusieurs élections dans le cadre de la profession. Il a collaboré étroitement, dans les années 90, avec l’ex-Bâtonnier Abdelwaheb El Bahi, ce qui lui a valu la réputation de travailleur acharné. Ceux qui le connaissent diront de lui qu’il est loyal envers ceux qui le sont. Proche du pouvoir mais sans appartenir au RCD, il se dit bon médiateur avec l’Administration, et ce grâce à ses relations. Selon lui, le Barreau a des exigences précises qui n’ont pas été prises en considération par l’autorité et le rôle du futur Bâtonnier est de les faire respecter. Il doit également traiter tous les avocats de façon égale et se détacher de ses convictions politiques afin de préserver sa neutralité et son professionnalisme pour que le Barreau ne soit pas un secteur de concurrence entre les partis. Le futur Bâtonnier doit être le garant des droits des avocats afin d’asseoir la crédibilité de la profession devant l’Administration. A la question très controversée sur les conditions requises pour être candidat au Bâtonnat, il répond que pour prétendre à ce titre, il faut avoir au moins dix ans d’ancienneté à la Cour de Ccassation. Maître Béchir Essid Il a connu un parcours politique intéressant. Opposant confirmé, il s’est présenté au Bâtonnat trois fois mais n’a été élu que pendant le mandat 2001/2004. Il a un grand sens du relationnel et peut être un atout influent dans les négociations. Sa campagne, qui a été longuement préparée, s’appuie sur des arguments convaincants comme des solutions proposées aux problèmes de couverture sociale. Ses détracteurs, par contre, pensent qu’il ne saurait pas gérer les problèmes des avocats et qu’une fois élu, il risquerait de transformer le Barreau en « une citadelle de l’opposition », comme cela a été le cas en 2002. Son cheval de bataille c’est d’imposer à l’Administration les exigences des avocats en évitant toute négociation qui pourrait engendrer des refus. Maître Mohamed Lemkacher Il s’est présenté également autrefois à la candidature pour le Bâtonnat mais n’a jamais été élu. Ancien Président de l’ATJA et ancien membre du Conseil de l’Ordre, il était à la tête de la Section des avocats de Tunis et ceux qui le connaissent parlent de transparence à son sujet, malgré les sanctions qui ont été prises à son encontre pour avoir essayé d’user de son influence dans certaines affaires. D’autres s’appuient sur son inaptitude à se faire entendre et à gérer les problèmes sérieux. Selon lui, la course électorale a présenté des avocats soucieux de défendre leurs partis politiques et non les avocats, d’où la nécessité de faire la séparation entre tendances politiques et campagne électorale pour le Bâtonnat. Le futur Bâtonnier doit résoudre d’abord les divergences existant au sein du Conseil de l’Ordre des Avocats. Ces différences d’opinion, qui étaient auparavant source d’enrichissement, sont devenues les causes principales de grands conflits. Il se propose comme médiateur entre les avocats et médiateur avec l’Autorité, prônant l’indépendance de la profession d’avec toute institution. Le point essentiel sur lequel le futur Bâtonnier doit appuyer sa campagne est celui de la Sécurité Sociale et de la Caisse de Retraite. D’après Me Lemkacher, il faudrait que tous les avocats participent de façon équitable et égale à l’alimentation de la Caisse de Retraite afin de bénéficier de ses avantages même si aujourd’hui, il n’y a pas vraiment de moyens administratifs pour vérifier que tout le monde cotise. Pour les soins médicaux, la solution serait que l’avocat adhère à la Caisse Nationale d’Assurance-Maladie comme l’ont fait d’autres secteurs libéraux. Maître Radhia Ennasraoui Elle semble être une adversaire redoutable de par ses convictions politiques et ses objectifs pour la profession. Élue trois fois au Conseil de l’Ordre des Avocats par une large majorité, elle dégage une force de caractère qui impose le respect des membres de sa profession. Ses convictions politiques sont, selon elle, un atout pour sa campagne qui pourront servir la profession. Maître Mohamed Nouri Il est le premier à avoir annoncé sa candidature au titre de Bâtonnier. Malgré la cote de popularité montante de Me Radhia Ennasraoui, il n’a pas cessé d’appeler à l’Union et à la réforme. Sa campagne s’appuie essentiellement sur sa disponibilité et son dévouement au Bâtonnat surtout que la compétition s’annonce acharnée avec les favoris. Maître Salaheddine Echekki Il est le président actuel de la Section des avocats de Tunis. De caractère réservé, il serait, selon ses confrères, l’un des plus aptes à dialoguer avec les différentes parties sans pour autant subir leur influence. Il préconise un dialogue constant entre les avocats et aussi un dialogue négociateur avec les autres institutions afin d’éradiquer au mieux les problèmes qui selon lui sont minimes. Sa souplesse et son ouverture d’esprit sont un atout mais peuvent aussi être un désavantage pour ceux qui hésitent encore. Maître Badii Jerad Il se présente pour la deuxième fois consécutive au Bâtonnat malgré le faible pourcentage d’électeurs qui ont voté pour lui. Selon certains, il ne serait pas capable d’assumer le stress d’une campagne électorale et, par la suite, un poste à responsabilité. D’autres, au contraire, le voient déjà Bâtonnier et pensent qu’il pourrait apporter un souffle nouveau à la profession. Maître Mehrez Boussiene Il se dit faire partie des indépendants et n’adhère à aucune tendance. Il fait cependant partie du cercle fermé des avocats d’affaires et n’a jamais postulé au titre de Bâtonnier. Ses qualités de médiateur, d’après ses confrères pourraient être un atout pour la profession. Maître Mansour Echeffi Il a été élu bâtonnier lors du mandat 1992/1995. Il présente à nouveau sa candidature avec bon espoir de succès. Ses confrères le voient comme un défenseur de la profession, respectueux des lois. Il a participé à nombre de procès importants, notamment à celui de Habib Ben Achour. Chacun des dix candidats, au cours de sa campagne respective se propose de résoudre les problèmes —oh combien nombreux !— de la profession : la question de la couverture et de la sécurité sociale, la question de la politisation, l’indépendance de la fonction d’avocat ainsi qu’une situation morale et matérielle peu reluisante. Ceci ne facilite guère la tâche de nos électeurs en robe noire qui ne seront fixés que dimanche 1er juillet tard dans la journée.   Monia Ben Smida (Source : « Réalités » (Magazine hebdomadaire – Tunis), N° 1122 du 28 juin 2007)

La déprime du Barreau

 
 Samedi 30 juin et dimanche 1er juillet se tiendra dans un grand hôtel de la Capitale l’assemblée générale élective des avocats tunisiens. Dix candidats seront en lice pour briguer un poste prestigieux, celui de bâtonnier des avocats de Tunisie et succéder à maître Abdessattar ben Moussa qui a décidé depuis longtemps de ne pas briguer un second mandat. Le bilan de la dernière mandature est plus que mitigé. Le bâtonnier sortant, élu en principe pour sa modération, s’est englué dans les sollicitations contraires des divers courants activistes et de son propre entourage. Il n’a pas réussi à se frayer un chemin entre le radicalisme de ses amis d’hier et le « soumissionisme» de ceux qui ont contribué largement à son élection. Son hésitation et son manque de punch et de discernement ont été largement mis en évidence dans la gestion des crises qui ont secoué la profession au cours de son mandat. Démissionnaire et donc inoffensif pour ses « partenaires adversaires » de tous bords il n’a même pas réussi à sauver sa fin de mandat et éviter la suprême humiliation de voir son projet de règlement intérieur snobé —seuls un peu plus de 500 avocats ont fait le déplacement— et finalement rejeté. Ceci met en évidence cette vérité qui se vérifie de plus en plus : les qualités requises pour se faire élire –souplesse, absence de cap bien défini, convivialité et parfois silence total– sont antinomiques avec les qualités nécessaires pour naviguer par grands vents et éviter les écueils. La profession est incontestablement en crise, tout le monde en est conscient et cette crise est beaucoup plus profonde et plus grave qu’il n’y paraît. Il est incontestable, cependant, que rien ne peut se faire, s’agissant d’un corps constitué et d’une profession réglementée, sans l’aval du pouvoir et sur ce terrain la méfiance est la règle. La loi portant création de l’Institut Supérieur du Barreau, par exemple, vieille revendication des avocats qui voulait unifier l’accès à la profession, s’est embourbée dans un marécage de méfiance et de malentendus qui traduit des deux cotés une espèce de restriction mentale discréditant tout ce qui n’est pas arraché ou imposé et qui donnerait l’impression de terrasser ou de réduire l’autre. C’est exactement le contraire d’une vraie négociation ou il ne doit y avoir ni vainqueur ni vaincu. Le nombre de candidats, 10 pour le Bâtonnat et 34 pour le Conseil de l’Ordre, est-il comme le pensent la plupart des avocats un signe de bonne santé démocratique ou est il au contraire le symbole de la multiplication des ambitions personnelles et des visées politiques. Le nombre des candidats même si on exclut les candidatures folkloriques ou complétement farfelues, reste élevé et risque de mettre beaucoup d’avocats dans l’embarras. Il risque surtout d’avoir un second tour totalement inattendu. Traditionnellement le taux d’abstention est très élevé —un peu moins de 50%— ce qui met si on excepte les candidats marginaux le second tour entre 350 et 450 voix et risque de réserver quelques surprises à ceux qui pensent jouer plusieurs chevaux à la fois au premier tour. La dispersion des voix induite par le nombre de candidats risque de donner un second tour inattendu ou sans aucune saveur. Les huit candidats qui ont leurs chances —bien que celles-ci soient inégales— se divisent en deux groupes que nous appellerons, par commodité car la réalité est beaucoup plus complexe et plus nuancée, les radicaux et les modérés. Les radicaux sont tous issus de l’ancien courant qui a porté Maître Béchir Essid à la présidence du Barreau. Ce courant qui n’a pas réussi,uni, à hisser son candidat au sommet pour un second mandat, se présente aujourd’hui en ordre dispersé. Trois candidats : Béchir Essid lui-même et deux de ses anciens plus fervents soutiens, Maître Radhia Nasraoui et Mohamed Ennouri, briguent le Bâtonnat. Ces trois candidats sont de sensibilité politique différente. Béchir Essid est nationaliste arabe, proche de la Libye et fondateur d’un mouvement —les nassériens libres— quasi confidentiel au niveau du pays mais présent au sein de l’Université où son discours chauvin et exacerbé lui attire beaucoup de sympathisants Les deux autres candidats sont sur des positions politiques diamétralement opposées : l’une, Radhia Nasraoui est de gauche voire d’extrême gauche alors que l’autre, Maître Mohamed Ennouri, est islamiste ou très proche de cette sensibilité. Ce qui est curieux, c’est que les trois candidats radicaux qui estiment que le seul et unique responsable de la dégradation de la situation du Barreau est le pouvoir et que seule la lutte peut l’amener à faire des concessions, sont des alliés au sein du Mouvement du 18 Octobre, mais ne sont pas parvenus à présenter un candidat unique pour le Barreau, ce qui dénote le surréalisme de la vie politique en Tunisie. En tout cas la logique aurait voulu que ce soit le tour de Radhia Nasraoui d’être candidate de ce courant car elle avait deux fois de suite soutenu Maître Béchir Essid et qu’elle a un profil meilleur du point de vue de la communication que les deux autres candidats. Mais Maître Essid a été catégorique : estimant qu’il est le mieux placé il a refusé toute discussion sur un éventuel désistement de sa part. Cette divergence au « sommet » a eu des effets verticaux puisque les soutiens d’hier se sont scindés en plusieurs groupes et les échanges entre ces comités de soutien ne sont pas toujours empreints d’amabilité. Mais il est notable qu’en dehors de ses concurrents directs du courant « radical », tous les candidats estiment que Béchir Essid sera au deuxième tour. Si l’on met de coté l’aspect tactique, car Béchir Essid est un bon repoussoir pour nouer des alliances occultes et convaincre « les décideurs » de sa capacité a faire face au « péril vert », il semble que la persévérance, une ténacité à toute épreuve et l’aspect « moine soldat » de ce candidat impressionne au-delà de son propre camp. Les autres candidats modérés, dont certains sont récidivistes voire multirécidivistes, alors que d’autres se présentent pour la première fois ont un énorme problème : leur interchangeabilité. Ils ont tous la même analyse et considèrent qu’il est urgent de réformer la profession et n’ont pas une hostilité particulière vis-à-vis du pouvoir. Leurs adversaires les accusent de connivence avec le pouvoir et leur nombre risque de disperser les voix de leurs soutiens et les exclure du second tour . Tout va se jouer entre eux sur la vitalité de leur réseau et sur leur capacité à apparaître comme l’homme de la situation c’est-à-dire un homme alliant fermeté, poigne et ouverture. Les avocats sont désabusés et déprimés ; ils ne croient plus à une réforme profonde et équitable de leur profession. Les dossiers en suspens (formation, couverture sociale, domaine d’intervention) risquent de le rester ou de déboucher sur des solutions boiteuses ou contestées, ce qui laisse le champ libre à toutes les manipulations et aux discours démagogiques. Les discours responsables sont discrédités ou peu audibles et les discours démagogiques ne peuvent que déboucher sur des impasses. Ceci promet de beaux jours à la profession car les «spécialistes » des deux cotés sont sur la brèche et ne s’arrêteront pas de sitôt. La profession a socialement et politiquement touché le fond. Mais comme le dit si bien Fellag, chez nous quand on touche le fond on ne remonte pas fatalement mais on s’ingénie pour creuser pour descendre davantage. La situation de certains barreaux arabes nous montre qu’en ce domaine les perspectives sont larges. (Source : « Réalités » (Magazine hebdomadaire – Tunis), N° 1122 du 28 juin 2007)

Discours religieux

Faire preuve de lucidité contre les idées intruses

 
Les travaux de la conférence interrégionale des cadres religieux des gouvernorats de Jendouba, Le Kef, Siliana et Béja s’est tenue, récemment, au centre culturel Amor-Saïdi à Jendouba, sous la présidence de M. Boubaker El Akhzouri, ministre des Affaires religieuses, en présence du gouverneur de la région. Ouvrant les travaux de la conférence, le ministre a mis l’accent sur l’intérêt majeur accordé à l’Islam en Tunisie et la haute sollicitude dont le Président Zine El Abidine Ben Ali entoure les affaires de la religion et les hommes de culte, depuis le Changement du 7-Novembre. Il a expliqué que l’organisation de cette conférence sur le thème «L’argumentation par les textes» a pour objectif d’améliorer le discours religieux, de l’élever au niveau des exigences de l’époque, de le préserver de toute atteinte et de prémunir les citoyens contre les thèses et les idées et pensées intruses. Il a insisté sur la nécessité d’éviter toute improvisation en dispensant les cours religieux et en prononçant les prêches du vendredi, de bien les préparer selon des critères et une méthodologie scientifique pour mieux expliciter les textes sacrés et la Sunna du Prophète, et de veiller à acquérir les connaissances et le savoir nécessaires dans tous les domaines, pour s’acquitter au mieux de cette mission. Le ministre a mis en exergue les conditions de l’ijtihad s’agissant en particulier d’une connaissance parfaite des objectifs de la chariaâ, d’une part, et des exigences de la réalité de la vie quotidienne, d’autre part. Il a mis en garde contre l’exploitation erronée, par certains espaces religieux, des textes sacrés et contre certaines fatwas fantaisistes qui n’ont aucun rapport avec la chariaâ. Il a appelé les cadres religieux à faire preuve de lucidité et de perspicacité pour aider les croyants à suivre la bonne voie. Ils les a également appelés à tirer le meilleur profit de la documentation très riche que recèlent les bibliothèques et des ouvrages de référence écrits par les illustres savants tunisiens, à travers l’histoire, et qui sont conformes aux textes adaptés à la réalité de la vie quotidienne et rejetant l’extrémisme et le repli sur soi. Il a mis l’accent, à ce propos, sur les efforts du ministère pour promouvoir l’information religieuse, écrite et audiovisuelle. Deux communications ont été données au cours de cette conférence. La première sur le thème «L’argumentation : les significations et les dimensions» et la deuxième sur le thème «Le Coran et le Hadith du Prophète: critères et méthodes». La conférence a débouché sur un ensemble de recommandations qui soulignent, notamment, la nécessité d’assurer une meilleure prise en charge des cadres religieux en matière de recyclage et de formation au niveau local, régional et interrégional, et d’accorder la priorité aux diplômés de l’Université de La Zitouna pour occuper les postes de responsabilité dans les mosquées. Les recommandations insistent, également, sur la nécessité d’accorder davantage d’attention aux récitateurs du saint Coran, d’encourager les associations coraniques, de poursuivre le soutien financier accordé aux monuments religieux, notamment ceux situés dans les zones rurales, et de mettre à la disposition des mosquées et des cadres religieux les ouvrages de référence et la documentation nécessaires, s’agissant en particulier des documents se rapportant au rite malékite. (Source : « La Presse » (Quotidien gouvernemental – Tunis), le 1er juillet 2007)

Investissez yarhamkoum allah (*) !

 
Par : Ridha KEFI L’information ne pouvait pas passer inaperçue : le programme du gouvernement de créer 70 000 entreprises en cinq ans (2005-2009) marque le pas. Les résultats des deux premières années sont, en effet, très en deçà de l’objectif assigné : soit la création de 14 000 entreprises par an. Pis : malgré les mesures incitatives prises à cet effet par le gouvernement, le nombre d’entreprises créées, tous les types et formats confondus, n’atteindrait même pas le quart de ce chiffre. Or, et les économistes sont unanimes sur ce point, sans une hausse conséquente de l’investissement privé, aussi bien intérieur qu’extérieur, notre pays aurait du mal à accroître son rythme de croissance économique de 5% actuellement à, au moins, 7%, taux nécessaire à la résorption de la demande additionnelle d’emploi, en hausse exponentielle à cause du baby boom des années 1980, et à la réduction du taux de chômage des 14 à 15% actuels à 10 % en 2009 : objectif ambitieux, mais pas irréalisable, que s’est assigné l’actuel gouvernement. On pourrait gloser longtemps sur les raisons de cette apathie des investisseurs ou, mieux encore, identifier les obstacles qui empêchent le rythme de création d’entreprises de passer à la vitesse supérieure : la conjoncture internationale, la bureaucratie locale, l’opacité de certaines procédures, le manque d’engagement des banques, la faiblesse – ou l’inadéquation – des instruments financiers disponibles, bref le climat des affaires qui, selon les doléances de certains, n’inciterait pas à faire le pas… Mais, dans le domaine des affaires, où l’imagination et l’innovation sont les gages du succès,  ne doit-on pas avoir le sens du risque et le goût de l’aventure ? Dans un environnement de plus en plus ouvert à la concurrence, ne doit-on pas aussi, pour espérer devancer ses concurrents potentiels, faire preuve d’esprit d’initiative, d’audace et de volontarisme ? Notre secteur privé, qui est né à l’ombre de l’administration publique, se nourrissant longtemps de ses générosités, de ses facilitations voire de ses facilités, peut-il continuer à agioter idiot, à chercher la sécurité maximale, à se complaire dans l’attentisme et à ne s’engager que sur des sentiers battus et des terrains balisés ? Sans en appeler au patriotisme économique, car nos hommes d’affaires sont suffisamment patriotes pour qu’on n’ait pas besoin de leur rappeler leurs devoirs envers un pays qui leur a tant donné, nous estimons que la Tunisie a besoin aujourd’hui d’une véritable mobilisation générale contre le chômage. Ce fléau, qui touche de plus en plus les diplômés de l’université, est souvent une source de désespoir et de colère. Conjugué à d’autres facteurs, il peut même faire le lit de l’extrémisme. Tous ces jeunes compatriotes, qui ont succombé aux sirènes du djihadisme, en Bosnie, en Afghanistan, en Irak et ailleurs, et dont beaucoup ont été arrêtés, au cours des cinq dernières années, par des services de sécurité étrangers et livrés aux autorités tunisiennes, nous apportent hélas la preuve que l’horizon bouché et l’absence de perspective sont les meilleurs agents recruteurs des réseaux terroristes. Aussi, en contribuant à la relance de la machine productive, à l’accélération du rythme de croissance, à la hausse générale des revenus et à la reprise de la consommation, nos hommes d’affaires aideront-ils à résorber le chômage, à redonner de l’espoir aux jeunes et à les prémunir contre l’angoisse du lendemain et la tentation de l’extrémisme. Il va sans dire que l’investissement extérieur, s’il est toujours le bienvenu, ne saurait, à lui seul, répondre aux besoins du pays en matière de création de richesses et d’emplois, et qu’un sursaut national, dans ce domaine, est aujourd’hui d’une grande urgence. Encore faut-il que nos investisseurs se défassent des calculs égoïstes et à courte vue et qu’ils fassent preuve de plus de générosité et d’audace. C’est l’avenir de nos enfants qui est en jeu… (*) – Que dieu vous bénisse ! (Source : « Le Temps » (Quotidien – Tunis), le 1er juillet 2007)

Investissements Directs Etrangers

La Chine jette son dévolu sur l’Afrique : Quels projets pour la Tunisie ?

 
Induite par la volonté d’imposer sa puissance économique à grande échelle, la Chine , comme ont fait déjà ses concurrents, a tourné les yeux vers l’Afrique. Le pays du dragon vient de lancer officiellement un Fonds sino-africain pour encourager ses sociétés à investir en Afrique, affirmant que son but n’était pas de faire du profit mais de soutenir un « nouveau type de partenariat stratégique » avec le continent. « Doté d’un milliard de dollars de la part de la Banque chinoise de développement, un capital qui doit aller jusqu’à cinq milliards de dollars, le Fonds de développement Chine-Afrique visera surtout à soutenir la coopération stratégique dans les domaines politique, économique et diplomatique », a déclaré le président du Fonds sino-africain, Gao Jian, à plusieurs agences de presse. « Contrairement à d’autres organisations lucratives qui cherchent à faire le plus de profits, l’objectif du fonds est d’éviter les pertes et de gagner suffisamment pour lui permettre de tourner », a-t-il ajouté. M. Gao, qui est également le vice-gouverneur de la Banque chinoise de développement, a souligné que l’Afrique représentait un important marché pour certains produits chinois. « L’économie africaine en est encore dans ses premières phases de développement. Elle a besoin des produits (de la Chine ) et ils ne sont pas chers », a-t-il dit. Echanges sino-africains Selon plusieurs observateurs, les États africains, s’ils veulent vraiment se développer, ne doivent pas seulement se contenter de vendre des matières premières à la Chine (92% des exportations de l’Afrique en direction de la Chine ) ou de lui confier des chantiers de construction ou encore de lui acheter ses produits manufacturés. Les échanges entre ces deux partenaires sont basés essentiellement sur l’extraction pétrolière, l’on est en droit de s’inquiéter sur l’avenir d’une telle coopération qui nous renvoie au passé très récent de l’aventure de l’Afrique. Rappelons qu’en 2005, les importations chinoises provenant d’Afrique se composaient comme suit : 71 % d’hydrocarbures, soit 28% des importations totales chinoises de pétrole (hors Maghreb), 13 % de métaux, 3 % de coton, 3 % de pierres précieuses, 2 % de bois et 8 % de produits divers. Ces chiffres devraient s’accroître lorsque la construction du pipeline reliant le Soudan à la mer Rouge sera achevée et lorsque les forages de la société Chinoise CNOOC entreront en phase de production. Quant aux exportations vers l’Afrique durant la même année, elles se composent de : 14 % de vêtements et chaussures, 8 % de véhicules de transport, 8 % d’équipements de télécommunications, 7 % de produits électriques, 5 % d’équipements industriels et 42 % de produits divers. Plusieurs responsables chinois ont déclaré que La Chine est prête pour une coopération gagnant-gagnant, sans visée expansionniste et impérialiste. Alors, pourquoi ne pas demander un transfert réel et total de technologie ? Echanges sino-tunisiens Le Fonds de développement Chine-Afrique, ce nouveau né, intervient un jour après la tenue récemment à Tunis (à la Maison de l’Exportateur) d’une rencontre de partenariat tuniso-chinoise, organisée par la Chambre de Commerce et d’Industrie de Tunis en collaboration avec le Conseil chinois pour la Promotion du Commerce International de Shanghai. Cette rencontre a offert l’opportunité aux entreprises tunisiennes d’établir des relations d’affaires et de développer des projets de partenariat avec leurs consoeurs chinoises dans les domaines du textile, l’industrie de l’automobile, la quincaillerie, l’industrie du bois, les matériaux de construction et les services de consulting. Il faut rappeler que les investissements Chinois en Tunisie restent en deçà des relations très fructueuses entre la Tunisie et la Chine. Le montant global des investissements Chinois et Tuniso-Chinois en Tunisie s’élève a 3088 MD pour seulement 5 entreprises dont 3 totalement exportatrices avec 309 postes d’emplois (source FIPA). L’un des grands investisseurs chinois en Tunisie est le groupe «ZTE Corporation», fournisseur international d’équipements de télécommunications, qui a lancé en Tunisie trois projets pilotes. Il s’agit de systèmes de télécommunications des plus avancés au monde. Aziz ARFAOUI (Source : « Le Temps » (Quotidien – Tunis), le 30 juin 2007)

Lutte anti-drogue: L’expérience Marocaine exposée à Tunis

 
 
L’expérience marocaine dans le domaine de la lutte contre les stupéfiants a été présentée, jeudi à Tunis, à la 21ème conférence des chefs des services arabes de lutte contre la drogue, organisée les 27 et 28 juin dans la capitale tunisienne.    M. Youssef Ennahi, chef de division anti-drogue au ministère de l’Intérieur (Direction de la migration et du contrôle des frontières) qui préside la délégation marocaine à cette rencontre a présenté à cette occasion l’expérience « pionnière et exemplaire » du Maroc dans le domaine de la lutte contre la drogue en général et contre la culture de cannabis en particulier. Il a rappelé, à cet égard, qu’entre 2003 et 2005, les superficies cultivées de cannabis ont baissé de 46 pc, passant ainsi de 134.000 à 72.000 ha et ce, grâce aux efforts continus de l’Etat et l’allocation de fonds marocains pour la lutte anti-drogue. Les efforts du Royaume dans ce domaine ont été salués par les Nations unies, a ajouté M. Ennahi, soulignant que l’expérience marocaine en la matière a suscité un grand intérêt auprès des participants à cette conférence qui ont fait part de leur souhait d’en bénéficier. A l’origine de la réussite de cette expérience, a-t-il expliqué, figurent notamment la mise en place par le Maroc, dans le cadre du programme de développement durable, d’une stratégie alternative par la réalisation de projets productifs et rentables en milieu rural. A cette occasion, la délégation marocaine a présenté au bureau arabe chargé des affaires de la drogue relevant du Secrétariat général du Conseil des ministres arabes de l’Intérieur, basé à Tunis, une recommandation portant sur l’élaboration d’une étude concernant le rôle des départements concernés des pays membres dans la lutte contre la drogue et la sensibilisation sur les méfaits de ce fléau. A l’issue des travaux de cette conférence, les participants ont appelé notamment à doter les services concernés de davantage de moyens pour lutter contre le trafic de drogue via Internet ou par voie de poste rapide. Ils ont également appelé à dynamiser la coopération entre les pays arabes dans le domaine de la lutte contre le trafic de stupéfiants, notamment à travers la formation de spécialistes en matière d’enquête sur les crimes liés au blanchiment d’argent . Ont pris part à cette rencontre des représentants de pays arabes, de la Ligue des Etats arabes et de l’Université Naif pour les Sciences de la Sécurité. En marge de cette conférence, des groupes d’action sectoriels opérationnels anti-drogue, composés de pays arabes ayant des frontières géographiques communes, ont tenu des réunions en vue d’examiner les moyens à même de renforcer davantage leur coopération dans la lutte contre le trafic de drogue.   (Source: Menara (Maroc) le 29/6/2007)

 

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