17 janvier 2010

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TUNISNEWS

9 Úme année, N° 3527 du 17.01.2010

 archives : www.tunisnews.net 


Commission Nationale pour les LibertĂ©s d’Expression et d’Information: CommuniquĂ© du ComitĂ© d’orientation et de suivi

Liberté et Equité: Nouvelles des libertés en Tunisie

Assabilonline: ZouhaĂŻer Makhlouf observera une grĂšve de la faim s’il n’est pas libĂ©rĂ© en fin de peine

Appel à solidarité avec IBLA

AFP: Le corps du chef de la MINUSTAH retrouvé

AFP: DĂ©cĂšs confirmĂ© de Hedi Annabi : DelanoĂ« fait part de son “immense

Le Journal Du dimanche: L’ONU en HaĂŻti perd son chef

AFP: Commémoration à Tunis du 10e anniversaire de la mort de Bettino Craxi

Chakchouka TunisiĂšnne:  Azza Zarrad, mĂšre Courage – Femme au mille mirages

Dr Mustapha Benjaafar: Pour sortir de l’impasse

Mouwatinoun: Le projet de budget 2010 vu par Pr. Mahmoud Ben Romdhane

 


Tunisie : Commission Nationale pour les LibertĂ©s d’Expression et d’Information CommuniquĂ© du ComitĂ© d’orientation et de suivi (Traduit de l’arabe)

 


Les membres du ComitĂ© d’orientation et de suivi de la « Commission Nationale pour les LibertĂ©s d’expression et d’information « (CNLEI) se sont rĂ©unis et ils ont passĂ©s en revue les initiatives prises depuis le lancement de « l’Appel pour les libertĂ©s d’expression et d’information » et les perspectives d’action de cette initiative nationale. Se fĂ©licitant du large Ă©cho  suscitĂ© par cet Appel au sein des Ă©lites tunisiennes dans la diversitĂ© de leurs sensibilitĂ©s et orientations ; les membres du ComitĂ© y ont vu la confirmation du caractĂšre prioritaire, en Tunisie,  dans les circonstances actuelles ,de la lĂ©gitimitĂ© et du caractĂšre focal de cette  revendication auprĂšs du plus grand nombre des tunisiennes et des tunisiens. Les membres du ComitĂ© ont stigmatisĂ© le rĂ©cent verdict de quatre ans de prison ferme prononcĂ© contre le correspondant Ă  Redeyef de la chaine TV-« Le DĂ©bat  Tunisien», Fahem Boukaddous, et les conditions de ce jugement, marquĂ© par de graves irrĂ©gularitĂ©s juridiques et de procĂ©dures  , qui faisait suite Ă  l’opposition de l’intĂ©ressĂ© Ă  sa condamnation par contumace. Exprimant, par ailleurs, leurs vives prĂ©occupations pour le maintien en dĂ©tention du journaliste Taoufik Ben Brik – malgrĂ© la fragilitĂ© de son Ă©tat de santĂ©- et du correspondant de presse ZouhaĂŻr Makhlouf, et dĂ©nonçant le comportement, marquĂ© par la volontĂ© de reprĂ©sailles et de vengeance Ă  leur Ă©gard et Ă  l’égard de leurs familles ; les membres du ComitĂ© rĂ©itĂšrent avec force leur demande de la libĂ©ration sans condition de ces deux victimes de procĂšs prĂ©fabriquĂ©s. Les membres du ComitĂ© tiennent Ă  rĂ©affirmer leur volontĂ© de dĂ©velopper cette initiative commune lancĂ©e par les trois journaux d’opposition dĂ©mocratiques – « At-Tarik al Jadid », « Al Mawquef » et « Mouatinoum » –  en riposte aux nouvelles pressions et tracasseries auxquels ils ont Ă©tĂ© confrontĂ©s Ă  la fin de l’annĂ©e Ă©coulĂ©e dans le but d’en perturber la diffusion. Les participants ont rĂ©itĂ©rĂ©, Ă  cette occasion, leur soutien aux revendications lĂ©gitimes de ces trois journaux relatives au financement public, Ă  la publicitĂ© des administrations et des entreprises publiques et Ă  la libertĂ© de diffusion sur l’ensemble du territoire de la rĂ©publique. Au terme de cette rĂ©union de travail, les membres du ComitĂ© ont rĂ©affirmĂ© avec force leur volontĂ© de poursuivre leur action dans le cadre de la Commission Nationale pour les libertĂ©s d’expression et d’information (CNLEI) et ils ont dĂ©battu, Ă  cette fin ,de l’opportunitĂ© et des modalitĂ©s d’initiatives importantes programmĂ©es pour les prochains mois et qui seront rendues publiques en temps opportun. Tunis, le 15 janvier 2010

Liberté pour Sadok Chourou, le prisonnier des deux décennies Liberté pour tous les prisonniers politiques Liberté et Equité 33 rue Mokhtar Atya, 1001, Tunis tel/fax : 71 340 860 liberte.equite@gmail.com tunis, le 14 janvier 2010

Nouvelles des libertés en Tunisie


1) Arrestation du lycĂ©en Abdelnacer Ben Mohammed Najeh Des agents de la police politique relevant du district de police de MĂ©denine ont arrĂȘtĂ© dans l’aprĂšs midi du mercredi 6 janvier le lycĂ©en Abdelnacer Ben Mohammed Najeh, ĂągĂ© de 18 ans pour l’emmener dans un lieu inconnu. Dans la nuit des forces de la police politique ont fait intrusion au domicile de sa famille et ont effectuĂ© une perquisition minutieuse. Ils ont saisi son ordinateur. Ce lycĂ©en, originaire des environs de MĂ©denine, est en quatriĂšme annĂ©e secondaire, filiĂšre mathĂ©matiques au lycĂ©e de la route de GabĂšs. Il a Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© alors qu’il revenait du lycĂ©e. […] Pour le bueau exĂ©cutif de l’organisation Le PrĂ©sident (traduction ni revue ni corrigĂ©e par les auteurs de la version en arabe, LT)  

Assabilonline, Tunisie ZouhaĂŻer Makhlouf observera une grĂšve de la faim s’il n’est pas libĂ©rĂ© en fin de peine


La libĂ©ration de notre correspondant en Tunisie est attendue pour le18 janvier 2010 de la prison de Messaadine, soit la date prĂ©vue dans le dossier du jugement prononcĂ© contre lui le 1er dĂ©cembre 2009, mais l’administration de la prison a menacĂ© ZouhaĂŻer de ne pas le libĂ©rer Ă  cette date. [..] Par ailleurs, le fait que la sĂ©ance en appel n’ait pas Ă©tĂ© fixĂ©e a pour but de maintenir ZouhaĂŻer en dĂ©tention alors que sa peine prononcĂ©e en premiĂšre instance de trois mois d’emprisonnement prend fin le 18 janvier 2010. […] A l’issue de la visite qu’elle lui a rendue Ă  la prison de Messaadine le 14 janvier dernier, Madame Mejda Mouaddeb a laissĂ© son mari dans un Ă©tat de grande tension dĂ»e aux pressions exercĂ©es sur lui par l’administration de la prison aux fins de le soumettre au chantage libĂ©ration contre renoncement Ă  ses activitĂ©s pour les droits de l’homme et politiques. ZouhaĂźer Makhlouf a dĂ©cidĂ© d’observer une grĂšve de la faim illimitĂ©e s’il n’Ă©tait pas libĂ©rĂ© lundi 18 janvier […] En collaboration avec MaĂźtre ImĂšne Triki Tunisie (traduction d’extraits ni revue ni corrigĂ©e par les auteurs de la version en arabe, Lt)  

APPEL A SOLIDARITE AVEC IBLA

 


Mardi 5 janvier 2010, vers 14h15, la BibliothĂšque de l’Institut des Belles Lettres Arabes de Tunis (IBLA) a Ă©tĂ© l’objet d’un Ă©norme incendie. L’explosion, Ă  l’origine  de cet incendie, a coĂ»tĂ© la vie du missionnaire  italien, Gian-Battista Maffi. 60% de la BibliothĂšque (qui compte environ 34000 monographies, dont la moitiĂ© en langue arabe et le reste dans les principales langues europĂ©ennes), seraient partis en fumĂ©e. Une premiĂšre estimation parle de 17 OOO ouvrages brĂ»lĂ©s. L’équipe de la bibliothĂšque, les chercheurs impliquĂ©s dans l’institut et dans la revue qui en porte le nom (Revue IBLA) sont affligĂ©s. C’est un espace et un outil important de la recherche en Tunisie et sur les rĂ©alitĂ©s tunisiennes, maghrĂ©bines, arabes et musulmanes qui est sinistrĂ©. Face Ă  ce drame qui frappe une communautĂ© religieuse et prive la Tunisie d’un espace de savoir et de recherche en sciences humaines et sociales trĂšs important, nous nous adressons Ă  la communautĂ© scientifique, aux universitĂ©s, aux centres de recherche, aux institutions et Ă©tablissements culturels, aux communautĂ©s religieuses, aux collectivitĂ©s publiques et territoriales, aux pouvoirs publics, Ă  toutes les bonnes  volontĂ©s pour organiser la solidaritĂ© avec l’équipe de l’Institut des Belles Lettres Arabes de Tunis (IBLA). Cet appel vise en premier lieu la mobilisation des moyens financiers nĂ©cessaires pour reconstruire la bibliothĂšque et la collecte massive d’ouvrages et de revues permettant Ă  l’institut de continuer Ă  jouer le rĂŽle qui a Ă©tĂ© le sien depuis des dĂ©cennies. Premier signataires par ordre d’arrivĂ©e : Cherif FERJANI (Professeur des UniversitĂ©s, Lyon), Claude PRUDHOMME (Professeur des UniversitĂ©s, Lyon), Jean-Dominique DURAND ((Professeur des UniversitĂ©s, Lyon), Gilbert MENYER (Professeur Ă©mĂ©rite des UniversitĂ©s, Lyon), RĂ©my BOUCHARLAT (Directeur de la MOM, Lyon), Bernard GEYER (directeur de Recherche CNRS, MOM, Lyon), Emmanuelle VILA (chercheur CNRS, MOM, Lyon), Katia ZAKHARIA (Professeur des UniversitĂ©s, Lyon), ValĂ©rie MATOYAN (ChargĂ©e de recherche CNRS, MOM, Lyon), JĂ©rĂŽme MULLER (informaticien, MOM, Lyon), Jean-Claude DECOURT (Directeur de Recherche, Mom, Lyon), Thierry BOSSIERE ( Chercheur IFPO, Alep),Dominique GONNET (Sources ChrĂ©tiennes, Lyon), Bernard MEUNIER (Sources ChrĂ©tiennes, Lyon), Issam GHEDAB (BibliothĂ©caire, MOM, Lyon), Jean-Baptiste YON (chercheur CNRS, Lyon) ; Nathalie FOURNIER (Vice-prĂ©sidente recherche, universitĂ© Lyon2), Sylvia CHIFFOLEAU (chercheur CNRS, MOM, Lyon), Laura BATTINI (chercheur CNRS, MOM, Lyon), Djamal BENMERAD (journaliste-Ă©crivain, Bruxelle), Patrick HAENNI (chercheur, Suisse), Kakary SAMBE (enseignant et chercheur, Reims), Claudette SCEMAMA (chargĂ©e de mission, Lyon), Abdalleh CHEIKH-MOUSSA (Professeur des UniversitĂ©s, Paris), Tahar BIKRI (universitaire, Paris) Vous trouverez ci-joint une prĂ©sentation de l’histoire et du rĂŽle que joue l’IBLA depuis sa crĂ©ation (prĂ©sentation reprise sur le site d’IBLA). IBLA : Un institut de recherche, une bibliothĂšque et un lieu de travail pour les jeunes du quartier, un centre de documentation et de recherche, une revue et des publications L’histoire d’IBLA commence en 1926 avec la dĂ©cision des PĂšres Blancs de crĂ©er une maison d’Ă©tudes et de recherche au Maghreb pour ceux qui y travaillent. C’est le PĂšre Henri Marchal qui y aura pensĂ© le premier, aprĂšs l’Ă©chec des PĂšres Blancs Ă  GhardaĂŻa, en AlgĂ©rie, dĂ» Ă  leur ignorance de la langue arabe. La premiĂšre communautĂ© est installĂ©e le 18 novembre 1926 Ă  la ferme de Boukhris prĂšs de La Marsa, Ă  une vingtaine de kilomĂštres de Tunis, et comporte dĂšs l’origine une composition internationale que l’IBLA garde encore aujourd’hui. Les cours commencent le 25, sous l’appellation de “Foyer d’Ă©tudes”. La maison d’Ă©tudes se dĂ©place Ă  la rue des GlaciĂšres Ă  Tunis le 18 mai 1928, oĂč elle prend officiellement le nom d’Institut des Belles Lettres Arabes (IBLA) le 30 mars 1931. Elle occupe effectivement son siĂšge actuel Ă  la rue Jamaa al-Haoua le 15 fĂ©vrier 1932. DĂ©jĂ  en 1928, le centre d’Ă©tudes publie “Les Cahiers Tunisiens et Documents Tunisiens”. En 1937 naĂźt la revue “Ibla”. BibliothĂšque privĂ©e, appartenant  aux PĂšres Blancs, elle est ouverte aux professeurs, aux chercheurs et aux Ă©tudiants du troisiĂšme cycle. Elle est consacrĂ©e essentiellement Ă  la littĂ©rature et aux sciences humaines dans le monde arabe et en particulier en Tunisie. La bibliothĂšque compte environ 34000 monographies, dont la moitiĂ© en langue arabe et le reste dans les principales langues europĂ©ennes. Les revues (dont 150 en Ă©change) sont dĂ©pouillĂ©es systĂ©matiquement. Tous les fichiers, auteurs et matiĂšres, ont Ă©tĂ© informatisĂ©s. Toutefois, les fichiers auteurs manuels continuent d’ĂȘtre tenus au jour. Dans le fichier matiĂšres, la « Tunisie » a droit a un fichier propre.  En 1949, suite aux grĂšves nationalistes, et pour empĂȘcher que les Ă©lĂšves tunisiens puissent passer le bac, les autoritĂ©s françaises, « La RĂ©sidence », ferment les lycĂ©es. Alors, des professeurs tunisiens, avec des coopĂ©rants français et des pĂšres blancs, ouvrent aux jeunes les portes de l’IBLA, et y organisent des cours, pour Ă©viter qu’ils ne manquent l’annĂ©e scolaire. Les annĂ©es qui suivent, les jeunes viendront Ă  l’IBLA pour y Ă©tudier, ce qui amĂšnera Ă  la crĂ©ation d’un fond de bibliothĂšque conçu pour rĂ©pondre Ă  leurs besoins, c’est-Ă -dire, la bibliothĂšque IBLA pour les lycĂ©ens. Elle accueille des jeunes du quartier qui peuvent venir y Ă©tudier chaque aprĂšs-midi, individuellement ou en groupe. C’est principalement en fonction des programmes scolaires que les livres et les nombreux documents de cette bibliothĂšque sont choisis. Un fichier informatisĂ© est mis Ă  la disposition des Ă©lĂšves qui s’initient ainsi, avec l’aide des responsables, Ă  des recherches de documents disponibles pour un sujet donnĂ©. Les jeunes  trouvent au sein de la bibliothĂšque une salle commune de travail, de petites salles individuelles, un soutien scolaire en cas de besoin, souvent individualisĂ© et un Ă©quipement informatique consĂ©quent  La revue Ibla est nĂ©e en 1937. Ses fondateurs avaient la certitude que la Tunisie allait devenir un jour indĂ©pendante, qu’il fallait respecter et faire connaĂźtre la culture tunisienne dans tous ses aspects et soutenir les Tunisiens en tant que protagonistes dans leur propre culture. Elle commence comme un simple bulletin de liaison polycopiĂ© entre les sympathisants europĂ©ens qui veulent connaĂźtre les Tunisiens. Elle sera lue avec attention par les colons qui souhaitent mieux employer leurs ouvriers agricoles et dont certains d’entre eux participent aux mouvements d’Action Catholique. Elle cherche Ă  Ă©clairer et Ă  rapprocher l’Ă©lite franco-tunisienne : comprĂ©hension du peuple, guide pour des contacts profonds, insertion de morale universelle. Le tirage atteint 2 500 exemplaires en 1944. Une collection parallĂšle, Le Bled, est basĂ©e essentiellement sur l’arabe dialectal.DĂšs les premiers numĂ©ros de la revue, certaines rubriques sont signĂ©es par des Tunisiens et Tunisiennes. En 1959 apparaĂźt le premier liminaire signĂ© par un Tunisien, T. Guiga, dans un numĂ©ro consacrĂ© Ă  l’Ă©ducation des adultes. À partir de 1977 le comitĂ© de lecture de la revue est composĂ© majoritairement par des Tunisiens.  Auparavant, dans la premiĂšre ” Maison d’Études “, et dĂšs 1928, des brochures avaient Ă©tĂ© distribuĂ©es aux Ă©tudiants pour leur faciliter la connaissance du milieu tunisien, de la culture arabe et de la religion musulmane. Elles contiennent des contes, des poĂ©sies et des proverbes, ainsi que des conversations. Le tout est traduit en français avec introductions et glossaires. Elles forment deux sĂ©ries: Les Cahiers Tunisiens et Documents Tunisiens. Les deux dimensions de l’IBLA deviennent claires Ă  partir des annĂ©es quarante : d’une part formation ou Ă©tude, et d’autre part relations ou rayonnement non seulement avec les musulmans, mais aussi avec l’Ă©lite europĂ©enne chrĂ©tienne.  

Invitation M. Jacques  BOUTAULT, Maire du 2Ăšme arrondissement de Paris le CRLDHT, la FIDH, la FTCR, la LDH, le REMDH, RSF, les amis(e) de Taoufik Ben Brik  vous invitent Ă  la rencontre avec Azza Zarrad Ă©pouse Taoufik Ben Brik Le Mercredi  20 janvier 2010 de 19h30  Ă  22h00 A  La salle des expositions Ă  la Mairie du 2Ăšme Arrondissement de Paris 8, rue de la Banque  – 75002 Paris– MĂ©tro Bourse. Pour la libĂ©ration immĂ©diate de

Taoufik Ben Brik et de Zouheir Makhlouf ; pour les libertés en Tunisie

Avec la participation de :  

Alima Boumediene( SĂ©natrice – Les Verts) – Aline PaillĂ© (Journaliste – France Culture), Arnaud Viviant (Journaliste –  Les Inrockuptibles), AurĂ©lie TrouvĂ©(PrĂ©sidente d’Attac), Bernard DrĂ©ano (Cedetim), CĂ©cile Duflot (SecrĂ©taire Nationale des Verts), Daniel Mermet ( Journaliste – France Inter),  Florence Aubenas(Journaliste – Nouvel  Observateur), Francine Bavay (Vice PrĂ©sidente du Conseil RĂ©gional Ile de France -Les Vert), François GĂšze (Editeur), Hassen Zarrouki (Journaliste – HumanitĂ©), Haythem Mannaa (Commission Arabe des Droits de l’Homme), Houcine Bardi (ComitĂ© pour le respect des libertĂ©s et des droits de l’homme en Tunisie), Jean Bellanger (syndicaliste) ; Jean François –Julliard (Reporters Sans FrontiĂšres), Jean Pierre Tuquoi (journaliste, Le Monde) JosĂ© BovĂ© (DĂ©putĂ© EuropĂ©en), Kamel Jendoubi (prĂ©sident du rĂ©seau Euromed des droits de l’homme), KhĂ©maies Chammari (Consultant en droits de l’Homme), Michel Tubiana (prĂ©sident d’honneur de la Ligue des Droits de l’Homme), Mouhieddine Cherbib (PrĂ©sident de la FĂ©dĂ©ration pour une CitoyennetĂ© des deux Rives) Moncef Marzouki (PrĂ©sident du CPR) , Mouloud Aounit (PrĂ©sident du MRAP), Nahla Chahal (Journaliste – Universitaire),Nicole Borvo (SĂ©natrice – PCF),  Pierre Baron (NPA), Pierre Laurent (PCF), Pouria Amir Shahi (SecrĂ©taire National des Droits de l’Homme – Parti Socialiste), Robert MĂ©nard ( journaliste),  Souheyr Belhassen (PrĂ©sidente de la FIDH), Tahar Ben Hassine (Directeur de la Chaine TV El Hiwar ETTOUNSI), Tarek Ben Hiba (Conseiller RĂ©gional – Ile-de-France groupe communiste, alternative citoyenne, rĂ©publicain et parti de gauche ) . . La liste  des participants sera mise Ă  jour ultĂ©rieurement. Animation Musicale : Mohamed Bhar.  

Le corps du chef de la MINUSTAH retrouvé

 

Publié le 16 janvier 2010 à 17h35 Agence France-Presse Port-au-Prince  
L’ONU a confirmĂ© samedi le dĂ©cĂšs du chef de la mission de paix des Nations Unies en HaĂŻti (Minustah), Hedi Annabi, de son adjoint brĂ©silien et du chef canadien des policiers de l’ONU en HaĂŻti, tous trois tuĂ©s dans le sĂ©isme de mardi Ă  Port-au-Prince. «Je suis profondĂ©ment attristĂ© de devoir confirmer la mort tragique de mon reprĂ©sentant spĂ©cial en HaĂŻti, Hedi Annabi», Ă©crit le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l’ONU, Ban Ki-moon, dans un communiquĂ© publiĂ© au siĂšge de l’organisation Ă  New York. «De nationalitĂ© tunisienne, Hedi Annabi Ă©tait un vrai citoyen du monde. Les Nations unies Ă©taient sa vie (..) et il Ă©tait un dĂ©fenseur passionnĂ© de sa mission et de son personnel», poursuit M. Ban. «Son adjoint Carlos da Costa et le chef des policiers de l’ONU, Doug Coates, (…) ont Ă©galement trouvĂ© la mort», ajoute-t-il. M. da Costa Ă©tait «une lĂ©gende dans les opĂ©rations de maintien de la paix des Nations unies.» «Pendant des dĂ©cennies, il a amenĂ© les personnes les plus brillantes Ă  rejoindre l’organisation. VĂ©ritable mentor pour des gĂ©nĂ©rations de fonctionnaires, son hĂ©ritage restera vivant pour les milliers d’hommes et de femmes qui servent le drapeau bleu (de l’ONU) aux quatre coins du monde», ajoute M. Ban. Lorsque le sĂ©isme est survenu, Hedi Annabi Ă©tait en rĂ©union avec ses principaux collaborateurs et une dĂ©lĂ©gation de policiers chinois dans l’hĂŽtel Christopher, siĂšge de la Minustah Ă  Port-au-Prince. L’hĂŽtel s’est presque entiĂšrement effondrĂ©, et une centaine de personnes y sont encore portĂ©es disparues. Ces trois dĂ©cĂšs portent Ă  40 le nombre de morts confirmĂ©es parmi le personnel de l’ONU. Environ 330 employĂ©s de l’organisation sont encore portĂ©s disparus. Il s’agit de la pire tragĂ©die qu’ait connu l’ONU. Les autoritĂ©s haĂŻtiennes estiment Ă  au moins 50.000 morts le bilan du violent sĂ©isme. Ban Ki-moon doit se rendre Ă  Port-au-Prince dimanche pour exprimer sa solidaritĂ© avec le peuple haĂŻtien et avec le personnel de l’ONU.  

DĂ©cĂšs confirmĂ© de Hedi Annabi : DelanoĂ« fait part de son “immense


 
AFP 17.01.10 | 11h14  Le maire de Paris Bertrand DelanoĂ« a fait part dimanche de son “immense tristesse” aprĂšs la confirmation du dĂ©cĂšs du diplomate tunisien Hedi Annabi, chef de la mission de l’ONU en HaĂŻti (Minustah), dans le sĂ©isme qui a ravagĂ© ce pays. “La Tunisie perd un grand diplomate et les Nations unies un infatigable promoteur de la paix : il a servi sur tous les continents, avec un dĂ©vouement et une compĂ©tence exceptionnels”, Ă©crit M. DelanoĂ« dans un communiquĂ©. “A titre personnel, c’est un ami bizertin que je perds”, ajoute le maire en rĂ©fĂ©rence au port tunisien de Bizerte (nord), sa ville natale. Hedi Annabi Ă©tait en fonctions en HaĂŻti depuis le 1er septembre 2007. Il avait Ă©tĂ© au prĂ©alable sous-secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral adjoint de l’ONU pour les opĂ©rations de maintien de la paix, de 1997 Ă  2007. NĂ© en 1944 en Tunisie, il avait rejoint l’ONU en 1981. Le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral des Nations unies, Ban Ki-moon, a confirmĂ© samedi son dĂ©cĂšs ainsi que celui de son adjoint brĂ©silien, tous deux tuĂ©s dans le sĂ©isme de mardi Ă  Port-au-Prince.  

L’ONU en HaĂŻti perd son chef


AmĂ©riques |  17 Janvier 2010 Hedi Annabi fait bien partie des victimes du sĂ©isme qui a frappĂ© Port-au-Prince mardi, dĂ©truisant au passage le QG de l’ONU. Ban Ki-moon a rendu hommage Ă  ce Tunisien nĂ© en 1944. “Il Ă©tait toujours le premier arrivĂ© et le dernier parti” : c’est par cette phrase que le secrĂ©taire gĂ©nĂ©ral de l’ONU Ban Ki -moon a saluĂ© la mĂ©moire de Hedi Annabi, diplomate tunisien et chef de la mission onusienne en HaĂŻti (Minustah), vraisemblablement mort dans l’effondrement de son quartier gĂ©nĂ©ral, mardi, Ă  Port-au-Prince. DĂšs mercredi, le prĂ©sident haĂŻtien RenĂ© PrĂ©val avait annoncĂ© la mort d’Annabi, mais l’ONU n’a confirmĂ© l’information que dimanche. Les dĂ©cĂšs de deux autres membres de la Minustah, le BrĂ©silien Luiz Carlos da Costa et le Canadien Doug Coates, ont Ă©galement Ă©tĂ© confirmĂ©s. Le sĂ©isme qui a frappĂ© le 12 janvier a dĂ©truit l’hĂŽtel Christopher, QG de l’ONU sur l’üle. Le bilan est lourd : 37 membres de l’organisation sont morts et, selon certaines sources, le chiffre pourrait monter jusqu’à 100. “Promoteur de la paix” D’abord diplomate en Tunisie, Hedi Annabi avait rejoint l’ONU en 1981, oĂč il avait pendant dix ans jouĂ© un rĂŽle dans la recherche d’un compromis politique au Cambodge. Cet homme au “professionnalisme incomparable”, selon Ban Ki-moon, Ă©tait arrivĂ© en HaĂŻti en 2007. Le maire de Paris, Bertrand DelanoĂ«, a tĂ©moignĂ© dans un communiquĂ© de sa tristesse face Ă  la disparition d’un “ami”, comme lui originaire de Bizerte, en Tunisie. Selon l’édile de la capitale, Hedi Annabi Ă©tait “un infatigable promoteur de la paix”. Aucun chef de mission de l’ONU n’avait perdu la vie depuis 2003 et une attaque Ă  Bagdad qui avait coĂ»tĂ© la vie au BrĂ©silien Sergio Vieira de Mello et 14 autres fonctionnaires des Nations unies. (Source: Le Journal Du dimanche le 17 janvier 2010)  

Commémoration à Tunis du 10e anniversaire de la mort de Bettino Craxi


 
2010-01-17 15:44:32 | AFP Le ministre italien des Affaires Ă©trangĂšres Franco Frattini a assistĂ© dimanche en Tunisie Ă  la commĂ©moration du 10e anniversaire de Bettino Craxi, ancien prĂ©sident du Conseil inhumĂ© Ă  Hammamet (60 km au sud de Tunis). Avec la famille Craxi et les ministres italiens de la Fonction publique et du Travail, et tunisiens des Affaires Ă©trangĂšres et du Tourisme, M. Frattini s’est recueilli sur la tombe de l’ancien chef de gouvernement au cimetiĂšre marin de Hammamet, station huppĂ©e oĂč il a rĂ©sidĂ© en exil de 1994 jusqu’Ă  sa mort le 19 janvier 2000. ControversĂ© dans son pays et qualifiĂ© de “grand ami” en Tunisie, Bettino Craxi passait souvent ses vacances dans sa luxueuse villa d’Hamammet, avant de s’y rĂ©fugier pour Ă©chapper Ă  la justice italienne, qui l’avait condamnĂ© par contumace Ă  un total de 27 ans de prison dans diverses affaires de corruption et de financement illicite du PSI. Atteint par le diabĂšte, il essaya en vain d’obtenir un sauf-conduit pour rentrer en Italie et mourut le 19 janvier 2000 des suites de sa maladie Ă  l’hĂŽpital militaire de Tunis. Il a Ă©tĂ© Premier secrĂ©taire du Parti socialiste italien (PSI) de 1976 Ă  1993 et fut le premier prĂ©sident du Conseil socialiste de 1983 Ă  1987.  

Azza Zarrad, mĂšre Courage Femme au mille mirages


17 janvier Ă  17h17 Le combat de l’épouse de Taoufik Ben Brik. Il faut les voir, ces quelques bouts de femmes tunisiennes qui n’aiment pas s’engager et qui ne cessent d’impressionner. Il y eut d’abord Samia Abbou. Il y a 5 ans, Mohamed est emprisonnĂ©, et cette mĂšre de deux enfants se jette dans l’arĂšne Ă  34 ans pour devenir le plus beau porte-parole de la dĂ©fense de la libertĂ© : celle de son mari, celle de sa famille. Et il y a aujourd’hui Azza Zarrad, Ă©pouse Ben Brik. Alors Azza, journaliste, a Ă©tĂ© un peu cette femme qui cultive la patience pendant que le danger guette le poĂšte !!! Et puis elle l’aime ce poĂšte si intensĂ©ment que tout est pardonnĂ© Ă  Taoufik ! Le” fou” qui affronte Ben Ali est destinĂ© Ă  une vie de calvaire. Mais Azza aime l’homme et balaie le calvaire d’un revers d’amour. Pour Ali, leur fils. Pour Khadija. Pour eux quatre. Pourtant Azza regarde, parfois impuissante, le “roussi” s’installer dans la vie de famille oĂč Taoufik adore Azza et Azza est subjuguĂ©e par Taoufik, cet homme libre qu’elle seule a su dompter. Entre ces deux-lĂ , c’est passionnel, et aucun dictateur n’y pourra rien parce que leur amour transperce tous les murs en bĂ©ton de la tyrannie la plus sauvage ! C’est pour ça que Azza Zarrad est parmi nous Ă  Paris, c’est pour cela qu’elle a laissĂ© les enfants et qu’elle est venue pour suivre sa grĂšve de la faim. Pas pour parader mais pour dire Ă  la Terre des droits de l’homme et Ă  l’Europe assise dans son confort ceci : “Que ce tortionnaire de Ben Ali libĂšre mon mari !!! Je le connais mieux que quiconque, Taoufik n’agresse jamais une femme”. Une maniĂšre de dire : la preuve je suis lĂ . Moi qui ai abandonnĂ© le journalisme pour intĂ©grer une banque, pour entretenir la famille ; moi qui ai Ă©tĂ© renvoyĂ©e du journal gouvernemental “La Presse”, de “RĂ©alitĂ©s” et au nez de laquelle les portes du “Maghreb” sont dĂ©finitivement fermĂ©es. VoilĂ  Azza, MĂšre Courage disponible et toujours extasiĂ©e face Ă  la plume folle et rĂ©voltĂ©e du poĂšte ! Elle s’efface pour que prospĂšre le crayon du Fou Chantant Warda El Jazairya et Om Kalthoum qui bercent les paroles et les gestes de Taoufik, le marginal imbibĂ© d’eau de vie
 Je veux dire aujourd’hui, moi, qui ai connu Azza il y a environ 25 ans que ce n’est pas sa plume qui s’est tue pour Taoufik ; c’est l’encre de son amour qui bave pour toutes les mĂšres et pour toutes les femmes humiliĂ©es par un rĂ©gime tunisien qui ne dit pas son nom !!! Azza s’en fout de la politique politicienne ; elle n’en a cure des jeux de sĂ©rail ; elle rit comme de l’an 40 des tergiversations diplomatiques. Elle veut rĂ©cupĂ©rer Taoufik car il est malade et car il est victime d’un procĂšs et d’une machination politiques. Sur ce point, Azza a raison. Mille fois raison, et ce qui compte pour nous tous. Et Ă  travers elle, comme Ă  travers Samia Abbou et beaucoup d’autres, le rocher fera toujours reculer la vague dĂ©chaĂźnĂ©e de l’injustice
 (Source: “Chakchouka TunisiĂšnne” le 17 janvier 2010) Lien: http://www.bakchich.info/Femme-aux-mille-mirages,09819.html  

Edito Pour sortir de l’impasse

 


Dr Mustapha Benjaafar           Rien n’est plus inquiĂ©tant en ce dĂ©but d’annĂ©e 2010 que ce blocage politique qui s’est installĂ© et perdure avec l’absence de perspectives qui l’accompagne et l’alimente. De quoi sera fait demain ? La question agite la classe politique toute entiĂšre : les rangs de l’opposition et  le propre camp du pouvoir, proches Ă  l’intĂ©rieur et amis de l’extĂ©rieur. l’incertitude est lĂ ,
 enflĂ©e par les rumeurs les plus fantaisistes et les plus alarmantes
 quels scĂ©nario de changements ‘’ possibles ‘’ ?… ‘’ probables ‘’ ?… voir ‘’ dĂ©finitivement mis au point ‘’ au sein de l’équipe dirigeante ?…          A l’origine du blocage il y a  cet entĂȘtement des gouvernants Ă  refuser tout changement prĂ©sentĂ© comme une source d’instabilitĂ© pour le pays, mais rejetĂ© en fait parce qu’il risque de  menacer les intĂ©rĂȘts du systĂšme monolithique et des personnes qui en profitent.          Le rĂ©sultat est lĂ . Des « non  Ă©lections » prĂ©parĂ©es de longue main avec une propagande aussi tapageuse que coĂ»teuse et qui a pour seul but de camoufler l’élimination programmĂ©e des voix qui dĂ©rangent, reproduisant Ă  l’identique un parlement qui n’a jamais cessĂ© d’ĂȘtre une caisse de rĂ©sonance oĂč le pouvoir monologue avec ‘’son opposition’’. Aucun moyen n’a Ă©tĂ© Ă©pargnĂ© et  le systĂšme mis en place exclut tout adversaire. D’abord par la ‘’ loi ‘’, en passant formellement par les deux chambres totalement maĂźtrisĂ©es ; ensuite,      par l’administration partisane aux ordres, empĂȘchant par la cƓrcition voire la rĂ©pression, toute possibilitĂ© d’action et de compĂ©tition, notamment sur le terrain politique. Les partis d’opposition mĂȘme lĂ©galisĂ©s sont cantonnĂ©s dans leurs locaux et leurs journaux diffusĂ©s au goutte Ă  goutte. Les associations et les syndicats autonomes ne sont pas mieux traitĂ©s. Des directions dociles y sont installĂ©es de force comme Ă  l’association des magistrats et au syndicat des journalistes. La ligue des droits de l’homme (LTDH) et le syndicat Ă©tudiant (UGET) sont empĂȘchĂ©s depuis de longues annĂ©es de tenir leurs congrĂšs. Avant les Ă©lections, et pendant la campagne Ă©lectorale, ces restrictions ont tĂ©moignĂ© de  l’énorme dĂ©calage entre le discours officiel et le vĂ©cu
Et la  ‘’ victoire ‘’ Ă©lectorale n’a malheureusement pas apaisĂ© les tensions : la vague de rĂ©pression continue Ă  faire des victimes notamment dans les rangs des journalistes et des Ă©tudiants
         L’annĂ©e 2009 se termine dans la confusion et la nouvelle annĂ©e dĂ©marre dans l’incertitude. Que faire face Ă  ce blocage ?         Le principal handicap est certes l’absence de signaux politiques traduisant une prise de conscience des menaces rĂ©elles qui pĂšsent sur l’avenir du pays et une volontĂ© d’ouverture politique pour une sortie de crise. Mais mĂȘme si l’on admet que cette volontĂ© existe, l’absence de cadre de dialogue rassemblant pouvoir et opposition se fait sentir. C’est traditionnellement au Parlement de jouer ce rĂŽle mais le contexte Ă©lectoral marquĂ© par l’hĂ©gĂ©monie du RCD ne le lui permet pas :  L’opposition, Ă  part le mouvement Ettajdid, a Ă©tĂ© exclue du jeu parlementaire, et les Ă©lections ne traduisent en rien la vĂ©ritĂ© du paysage politique du pays.          Il serait, bien sĂ»r, utopique et, surtout dans les conditions actuelles, nuisible de revendiquer de nouvelles Ă©lections lĂ©gislatives. Il est cependant plus impĂ©ratif que jamais  de dĂ©crisper le climat gĂ©nĂ©ral et d’engager un vrai dialogue politique. L’intĂ©rĂȘt national l’exige. Pour affronter les dĂ©fis Ă  venir, la Tunisie doit se rĂ©concilier avec elle-mĂȘme, retrouver son gĂ©nie et ses valeurs, mobiliser l’ensemble de ses citoyens et de ses compĂ©tences. Elle doit aussi consolider ses amitiĂ©s, les vraies. Celles qui la poussent dans le sens de l’histoire et du progrĂšs. Les deux objectifs vont de pair.          Sans tomber dans des spĂ©culations de mauvais aloi, l’ouverture peut se marquer  rapidement par la libĂ©ration des  journalistes et des Ă©tudiants, l’arrĂȘt des agressions physiques, Ă©crites et verbales contre les opposants ; et la composition de la nouvelle Ă©quipe gouvernementale, avec des personnalitĂ©s indĂ©pendantes et crĂ©dibles, aptes Ă  rĂ©amorcer le dialogue avec l’opposition et la sociĂ©tĂ© civile, pourrait y contribuer.             De son cĂŽtĂ©, l’opposition doit mesurer ses faiblesses et prendre conscience qu’elle doit resserrer ses rangs et dĂ©finir une stratĂ©gie sans Ă©quivoque, certes, mais qui doit ĂȘtre une stratĂ©gie du possible. Un premier jalon a Ă©tĂ© posĂ©, dans le feu de la campagne Ă©lectorale,  par un pacte de solidaritĂ© entre Ettajdid, le FDTL et les listes « Reforme et DĂ©veloppement ». Nous appelons ces trois partenaires Ă  faire un pas de plus, en s’ouvrant aux autres. Certes nous devons prendre le temps d’approfondir nos convergences en termes de projet de sociĂ©tĂ©, mais d’ores et dĂ©jĂ  le rassemblement  des forces pour une transition dĂ©mocratique doit ĂȘtre notre leitmotiv pour prĂ©parer les Ă©chĂ©ances de demain. (Source: Edito du “Mouwatinoun” nr 128 (Organe du FDTL))  

Le projet de budget 2010 vu par Pr. Mahmoud Ben Romdhane Relance publique :  «  On aurait pu aller beaucoup plus loin » Investissement : « la question de la bonne gouvernance démocratique »

 


Entretien conduit par Henda Arfaoui  
Le Professeur Mahmoud Ben Romdhane est l’un des Ă©minents spĂ©cialistes et experts en Ă©conomie en Tunisie. Professeur universitaire, il est Ă©galement l’un des dirigeants du mouvement Ettajdid, l’alliance de l’action militante avec la connaissance et la recherche assidue ont fait de lui l’une des figures de prou en politique et l’une des rĂ©fĂ©rence auprĂšs des organisations internationales. Il a eu l’amabilitĂ© de rĂ©pondre Ă  nos questions sur les prĂ©occupations Ă©conomiques urgentes en Tunisie surtout aprĂšs les dĂ©bats autour du budgĂ©t 2010.Les questions de l’heure Ă©tant le dĂ©veloppement rĂ©gional, le chĂŽmage, l’investissement et particuliĂšrement l’investissement dans l’enseignement et le rendement de celui-ci
 entretien  
– Quelle est votre lecture des orientations Ă©conomiques du gouvernement Ă  la lumiĂšre des dĂ©bats sur le budget 2010: seront-elles Ă  la hauteur des difficultĂ©s notamment le problĂšme du chĂŽmage ?  Par  ailleurs pensez vous que  telles qu’elles ont Ă©tĂ© prĂ©vues, elles pourraient pallier Ă  l’injustice au niveau du dĂ©veloppement rĂ©gional ?  
Les dĂ©bats budgĂ©taires ont Ă©tĂ© trĂšs courts –ils sont probablement les plus courts du monde- et ceci est une indication de l’importance accordĂ©e au pouvoir lĂ©gislatif. Je n’ai pas perçu entre le projet de budget Ă©conomique pour l’annĂ©e 2010, tel qu’il a Ă©tĂ© Ă©laborĂ© par l’Administration en novembre et la rĂ©ponse du Premier Ministre sur le projet de budget de l’Etat pour l’exercice 2010 en dĂ©cembre, de modification, mĂȘme mineure,  des orientations Ă©conomiques. La croissance Ă©conomique anticipĂ©e pour 2010 se situe Ă  4 pour cent et le nombre d’emplois additionnels Ă  70 mille pour une demande estimĂ©e Ă  84 mille. Il y aura ainsi une augmentation du taux de chĂŽmage mĂȘme si les rĂ©alisations seront Ă  la hauteur des anticipations, ce qui est loin d’ĂȘtre sĂ»r. Les mesures qui ont Ă©tĂ© prises en faveur des entreprises confrontĂ©es Ă  des difficultĂ©s liĂ©es Ă  la rĂ©duction de leurs exportations ont Ă©tĂ© nĂ©cessaires, mais elles sont loin d’ĂȘtre suffisantes. Pour 2010, il n’y a pas de nouvelle mesure conjoncturelle d’importance qui soit prĂ©vue. Il y a, Ă  mon sens, une trop grande frilositĂ© qui ne trouve aucunement sa justification car les Ă©quilibres financiers externes du pays ne sont pas une source d’inquiĂ©tude : des mesures de relance publique beaucoup plus hardies auraient pu ĂȘtre prises. En Europe et aux Etats-Unis, les politiques de relance ont gĂ©nĂ©rĂ© des dĂ©ficits budgĂ©taires de l’ordre de 9 – 10 pour cent. En Tunisie, notre gouvernement se fĂ©licite du contraire : sa limitation Ă  3,5 pour cent. A travers une politique de relance plus effective, on aurait pu engager des investissements publics dans les infrastructures pour dĂ©cloisonner les rĂ©gions intĂ©rieures et gĂ©nĂ©rer davantage d’emplois. Des deux points de vue que votre question est posĂ©e –la rĂ©duction du chĂŽmage et le dĂ©veloppement rĂ©gional- on aurait pu aller beaucoup plus loin.        -Poursuivre les rĂ©formes,   continuer Ă  endiguer les effets de la crise, se prĂ©parer Ă  l’aprĂšs crise : tel est le programme que le  gouvernement a prĂ©vu pour 2010,  et prĂ©sentĂ© par M. Mohamed Ghannouchi, le premier ministre. Pensez –vous qu’une telle stratĂ©gie trouve son application concrĂšte dans le budget 2010 ?    
Comme je viens de vous l’indiquer, je ne vois pas dans le programme du gouvernement pour 2010 de rĂ©formes ni mĂȘme de mesures nouvelles pour endiguer la crise. Il y a, cependant, des programmes et des mesures sectoriels ; mais j’avoue ne pas voir leur cohĂ©rence et leur inscription dans une stratĂ©gie d’aprĂšs crise. Encore moins prendre Ă  bras-le-corps les problĂšmes cruciaux du chĂŽmage, en particulier des diplĂŽmĂ©s de l’enseignement supĂ©rieur, de la qualitĂ© de la santĂ© publique, de la qualitĂ© de l’enseignement, du dĂ©veloppement et du dĂ©cloisonnement des rĂ©gions dĂ©favorisĂ©es, du dĂ©veloppement industriel et technologique. Ce sont ces questions qui sont aujourd’hui cruciales et dĂ©terminantes pour le positionnement de notre pays dans la scĂšne mondiale.    -Un expert  a affirmĂ© en parlant   des alĂ©as de la crise monĂ©taire sur notre Ă©conomie «  nous serons affectĂ©s non via nos banques comme en Europe et aux Etats Unis mais par le ralentissement Ă©conomique venu du nord qui fragilisera nos Ă©tablissements financiers obligĂ©s de provisionner et de ralentir leurs activitĂ©s» quel est votre commentaire Ă  cette constatation ?  
Le retentissement de la crise mondiale  ne s’est pas effectuĂ© Ă  travers les canaux financiers parce que notre systĂšme bancaire et financier est encore cloisonnĂ©. Le canal de transmission de la crise a Ă©tĂ© nos exportations. L’examen de l’encours des crĂ©dits Ă  l’économie et aux entreprises n’indique pas une contraction de ces crĂ©dits, ce qui indique que le secteur bancaire n’a pas eu une attitude de repli, et ce qui est positif. Nos Ă©tablissements financiers sont-ils fragilisĂ©s ? Ils le sont depuis longtemps, souffrant de crĂ©ances improductives considĂ©rables, approchant 24 pour cent des engagements bancaires au dĂ©but des annĂ©es 2000. La situation s’est lentement, trĂšs lentement, redressĂ©e (les mĂȘmes crĂ©ances reprĂ©sentant 15,5 pour cent des engagements en 2008), mais elle reste encore source de fragilitĂ© pour le secteur bancaire car la norme internationalement recommandĂ©e est de 2 pour cent. Pour l’instant, le secteur bancaire continue de jouer son rĂŽle et d’octroyer du crĂ©dit. Mais si la crise se poursuit encore pendant une ou deux annĂ©es, gĂ©nĂ©rant des difficultĂ©s de remboursement pour le secteur des entreprises, alors le risque d’un repli et d’un ralentissement de l’activitĂ© bancaire peut devenir prĂ©occupant.     -Une stratĂ©gie pourrait elle rĂ©ussir si elle ne met pas l’Homme Ă  la tĂȘte de ses prĂ©occupations, investir dans l’enseignement  et la formation  aussi seront elles rentables avec les programmes prĂ©vus mais dĂ©sapprouvĂ©s par les professeurs et les Ă©tudiants (IMD) ?  
Le problĂšme en Tunisie n’est pas celui de l’importance des ressources investies dans l’enseignement. Notre pays y consacre l’une des proportions les plus Ă©levĂ©es du monde de son PIB. Le problĂšme est celui du mauvais, trĂšs mauvais rendement de ces investissements. Il y a une dĂ©motivation de la part de toutes les parties prenantes – Ă©ducateurs, Ă©lĂšves et Ă©tudiants- parce que le systĂšme Ă©ducatif est un systĂšme descendant, ne recherchant aucunement la participation des intĂ©ressĂ©s. Ce dont vous parlez est l’illustration d’une poursuite de la mĂȘme politique. Son rĂ©sultat ne peut ĂȘtre que la poursuite du processus de dĂ©gradation. C’est grave pour notre pays parce que c’est lĂ  que se joue de la maniĂšre la plus dramatique son avenir.        -Les pouvoirs publics vont procĂ©der, durant l’annĂ©e Ă  venir, Ă  «une refonte radicale du code d’incitations aux investissements, afin de mieux encourager l’investissement dans les rĂ©gions de dĂ©veloppement prioritaire et dans les secteurs Ă  haut contenu scientifique et technologique et de pousser les entreprises Ă  l’innovation technologique et Ă  l’investissement dans la connaissance».Les investisseurs auront –ils le courage de rĂ©pondre Ă  de telle incitations ?  
Le problĂšme de la crise de l’investissement  en Tunisie n’est pas liĂ© Ă  une insuffisance de mĂ©canismes incitatifs, au contraire. La Banque mondiale et le Fonds monĂ©taire international n’ont cessĂ© de mettre l’accent sur la gĂ©nĂ©rositĂ© de ces mĂ©canismes en faveur des investisseurs. Le coĂ»t des incitations est, selon leurs analyses, « exorbitant ». Ce qui est posĂ©, c’est le problĂšme de la confiance de ces agents dans l’avenir. Je terminerai mon propos par une simple citation de deux derniers Rapports de la Banque mondiale concernant la question de l’investissement privĂ© en Tunisie. Le Rapport sur le DĂ©veloppement en Tunisie de 2004 souligne que « l’investissement privĂ© demeure comprimĂ© Ă  un niveau infĂ©rieur au potentiel. 
 Des faiblesses de gouvernance Ă©conomique, en particulier concernant la prĂ©visibilitĂ© et la transparence du cadre rĂ©glementaire, ainsi que la contestabilitĂ© des marchĂ©s, peuvent constituer une contrainte importante pour l’investissement privĂ©. 
 L’incertitude rĂ©glementaire, la contestabilitĂ© limitĂ©e du marchĂ©, et une intervention fortement discrĂ©tionnaire de l’Etat minent le climat de l’investissement et peuvent dĂ©courager la prise de risque par des entrepreneurs moins introduits. Reflet des incertitudes du milieu des affaires, l’investissement privĂ© a perdu de sa dynamique depuis le milieu des annĂ©es 90 ». Ce dont souffrent le plus la Tunisie et l’investissement privĂ© Ă©tranger autant que national, poursuit le Rapport, est cette absence d’ «  [ 
u]ne structure gouvernementale qui encourage l’équilibre des pouvoirs, la transparence, et la responsabilisation, notamment grĂące Ă  la participation et Ă  l’opinion de la sociĂ©tĂ© civile » qui  « est Ă  la base de l’objectif d’une meilleure prestation des services publics ». Un rapport, Ă©ditĂ© par la mĂȘme institution trois ans plus tard, consacrĂ© Ă  l’intĂ©gration mondiale de la Tunisie rĂ©itĂšrera le mĂȘme diagnostic et y mettra encore plus encore en exergue le fait que le « traitement spĂ©cial dont jouissent des individus bien connectĂ©s constitue une prĂ©occupation croissante pour la communautĂ© tunisienne des affaires et peut expliquer une partie du faible niveau de l’investissement privĂ© intĂ©rieur ».
 
La question n’est donc pas une question technique, une question d’incitations, mais une question politique : la question de la prĂ©visibilitĂ© et de la transparence du climat de l’investissement, la question de la bonne gouvernance dĂ©mocratique.
 

 

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6 novembre 2004

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