9 novembre 2010

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TUNISNEWS
10 Úme année, N° 3822 du 09.11.2010
archives : www.tunisnews.net 


Afef Bennaceur: Carte de visite El Watan: L’avocat tunisien Tarek Labidi refoulĂ© Ă  l’aĂ©roport d’Alger AFP: Terrorisme et statut de rĂ©fugiĂ© ne sont pas incompatibles (justice UE) Le Monde: L’arrĂȘt sur les biens mal acquis ouvre des perspectives pour les ONG anticorruption Bassam Bounenni: L’enseignement de l’histoire et la fiertĂ© d’ĂȘtre Tunisien CrĂ©ation du  Forum Maghreb Europe “AverroĂšs ” Kapitalis: CĂ©rĂ©monie Ă  la mĂ©moire des Juifs de Tunisie victimes des nazis Tunivisions: Le Dr BĂ©chir Jarraya reçoit un prix pour ses travaux sur la maladie de Parkinson RealitĂ©s: Entretien avec Tahar Belkhodja 4Ăšme partie

AFP: Egypt rights groups say fair November election unlikely


Carte de visite


Gafsa, le 8 novembre 2010

Fahem Boukadous commence sa cinquiĂšme semaine de grĂšve de la faim illimitĂ©e, pour protester contre ses conditions carcĂ©rales et exiger sa libĂ©ration. C’est aussi un moment dĂ©terminant pour sa santĂ©, qui peut conduire Ă  l’arrĂȘt total et soudain des fonctions corporelles.
En plus des cĂ©phalĂ©es, des douleurs gastriques et musculaires, de sa perte de poids et de son Ă©puisement, il commence Ă  Ă©prouver une insuffisance respiratoire pouvant durer une heure. Mardi dernier il a eu une crise d’asthme aigue avec de la fiĂšvre. Le mĂ©decin est intervenu Ă  sept heures du soir et l’a placĂ© sous surveillance pendant plusieurs heures. Fahem a commencĂ© sa grĂšve et la poursuit parce qu’il n’a pas d’autre choix pour dĂ©fendre sa libertĂ© et sa vie. Le pouvoir a privĂ© les militants en prison et hors de prison de tous les moyens de protestation en vertu de la gĂ©nĂ©ralisation de la loi du silence depuis plus de deux dĂ©cennies.
Fahem semble plus que jamais dĂ©terminĂ© Ă  payer la facture de la victoire de ses convictions et de ses principes, notamment une presse libre et indĂ©pendante dĂ©fendant les droits de l’homme, au premier plan les droits des exclus, des pauvres, des opprimĂ©s et des sans voix.
Fahem fait endosser au rĂ©gime la responsabilitĂ© de son emprisonnement injuste et le crime de la nĂ©gligence face Ă  sa grĂšve. Quant au contenu du discours de Ben Ali lors de 23Ăšme commĂ©moration de la prise du pouvoir, notamment le passage concernant le fait qu’il n’y aurait pas de personnes condamnĂ©es pour leurs opinions dans les prisons, il a rĂ©pondu qu’il ne l’avait pas entendu et a ajoutĂ© «  Si tel Ă©tait le cas, qu’il me libĂšre et me dĂ©dommage pour les seize mois de clandestinitĂ©, les huit mois de harcĂšlement et les quatre mois d’incarcĂ©ration inique ». N’ayons qu’une seule voix Pour sauver la vie de Fahem Boukadous Afef Bennaceur (traduction ni revue ni corrigĂ©e par l’auteure de la version en arabe, LT)

L’avocat tunisien Tarek Labidi refoulĂ© Ă  l’aĂ©roport d’Alger


L’AlgĂ©rie devient-elle une citĂ© interdite aux militants des droits de l’homme maghrĂ©bins ? L’avocat et membre du conseil national pour les libertĂ©s en Tunisie, Tarek Labidi, a Ă©tĂ© interdit d’entrĂ©e en AlgĂ©rie. Une grave atteinte Ă  la libertĂ© de circulation des personnes. InvitĂ© par la Ligue algĂ©rienne de dĂ©fense des droits de l’homme (Laddh) pour participer Ă  un sĂ©minaire de formation sur le thĂšme de «La bonne gouvernance et la sociĂ©tĂ© civile au Maghreb», l’avocat tunisien a Ă©tĂ© tout simplement refoulĂ© Ă  l’aĂ©roport d’Alger par la police des frontiĂšres, jeudi dernier, sans que la moindre explication lui soit fournie. Le prĂ©sident de la Laddh, Mustapha Bouchachi, a condamnĂ© fermement «ces entraves rĂ©pĂ©tĂ©es et injustifiĂ©es Ă  la libertĂ© de circulation». Tarek Labidi n’est pas le premier militant tunisien Ă  ĂȘtre interdit du territoire algĂ©rien. Le 4 avril 2009, la journaliste et militante des droits de l’homme, Siham Bensedrine, a, elle aussi, connu le mĂȘme sort. Elle devait prendre part Ă  un sĂ©minaire, mais a Ă©tĂ© renvoyĂ©e Ă  son arrivĂ©e Ă  l’aĂ©roport d’Alger en provenance de Paris. Les frontiĂšres entre les pays du Maghreb deviennent infranchissables pour les militants politiques d’opposition. Hocine Zehouane l’a appris, lui aussi, Ă  ses dĂ©pens. Parti pour dĂ©fendre le journaliste tunisien, le 19 novembre 2009, Taoufik Ben Brik a Ă©tĂ© refoulĂ© de l’aĂ©roport de Tunis. Une preuve de «fraternitĂ© des rĂ©gimes contre l’action des dĂ©fenseurs des droits de l’homme dans l’espace maghrĂ©bin pour casser la vraie solidaritĂ© des militants politiques et les activistes des droits de l’homme et celle des peuples».   Source: “El Watan”  (Quotidien – Algerie) Le 09-11-2010) Lien: http://www.elwatan.com/actualite/l-avocat-tunisien-tarek-labidi-refoule-a-l-aeroport-d-alger-09-11-2010-98322_109.php  


Terrorisme et statut de réfugié ne sont pas incompatibles (justice UE)


 AFP, le 9 novembre 2010 Luxembourg, (AFP) – Avoir Ă©tĂ© membre d’une organisation terroriste n’empĂȘche pas de prĂ©tendre au statut de rĂ©fugiĂ© dans l’Union europĂ©enne sauf si l’on est reconnu “individuellement responsable” d’actes terroristes, a jugĂ© mardi la Cour de justice de l’Union europĂ©enne.    La justice europĂ©enne Ă©tait appelĂ©e Ă  trancher sur le cas de deux ressortissants turcs d’origine kurde, rĂ©fugiĂ©s en Allemagne, dont l’un avait Ă©tĂ© membre du Parti-Front de libĂ©ration du peuple rĂ©volutionnaire (DHKP-C) et l’autre un responsable du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK).    Ces deux organisations sont considĂ©rĂ©es comme des groupes terroristes par l’Union europĂ©enne et le Conseil de sĂ©curitĂ© de l’ONU.    Les deux anciens militants, dont les noms n’ont pas Ă©tĂ© communiquĂ©s, avaient affirmĂ© avoir quittĂ© leur organisation respective et demandĂ© le statut de rĂ©fugiĂ© en Allemagne en arguant de menaces Ă  leur encontre de la part des autoritĂ©s turques ainsi que de leur ancien parti.    Les autoritĂ©s allemandes avaient rejetĂ© la demande d’asile de l’ancien membre du DHKP-C et refusĂ© de lui accorder le statut de rĂ©fugiĂ©. Le droit d’asile et le statut de rĂ©fugiĂ© qui avaient Ă©tĂ© octroyĂ©s prĂ©cĂ©demment Ă  l’ex-militant du PKK avaient Ă©tĂ© quant Ă  eux rĂ©voquĂ©s.    L’exclusion du statut de rĂ©fugiĂ© d’une personne ayant appartenu Ă  une organisation terroriste est subordonnĂ©e Ă  “un examen individuel des faits prĂ©cis” permettant Ă  l’autoritĂ© compĂ©tente d’apprĂ©cier si le demandeur a commis ou organisĂ© un crime grave de droit commun, a rappelĂ© la Cour de Luxembourg.    Avoir Ă©tĂ© membre d’une organisation terroriste ne saurait suffire Ă  “l’évaluation individuelle des faits prĂ©cis qui devrait prĂ©cĂ©der toute dĂ©cision d’exclure une personne du statut de rĂ©fugiĂ©”, a notĂ© le tribunal.    Dans le cas de l’ancien responsable du PKK, on peut “prĂ©sumer que cette personne a une responsabilitĂ© individuelle pour des actes commis par cette organisation”, a affirmĂ© la Cour. Mais, a-t-elle ajoutĂ©, “il reste nĂ©cessaire d’examiner l’ensemble des circonstances pertinentes avant que ne puisse ĂȘtre adoptĂ©e une dĂ©cision d’exclusion” du statut de rĂ©fugiĂ©.    La Cour a Ă©galement notĂ© que l’exclusion du statut de rĂ©fugiĂ© n’est pas subordonnĂ©e au fait que la personne concernĂ©e reprĂ©sente un danger actuel pour l’Etat d’accueil. “Les clauses d’exclusion ne visent Ă  sanctionner que des actes commis dans le passĂ©”, a-t-elle soulignĂ©.    D’autre part, la Cour a indiquĂ© qu’une personne exclue du statut de rĂ©fugiĂ© pouvait obtenir le droit d’asile.  


STRICTO SENSU

 Par Bassam Bounenni

 L’enseignement de l’histoire et la fiertĂ© d’ĂȘtre Tunisien
 Comme un air de dĂ©jĂ -vu, j’ai regardĂ©, tout jeune, « Papillon » de Franklin J. Schaffner. Le personnage authentique d’Henri CharriĂšre, magistralement incarnĂ© par Steve McQueen – encore lui –, ne m’a pas Ă©bloui. Car, quelques annĂ©es plus tĂŽt, je dĂ©couvris, non sans Ă©bahissement, l’existence de plusieurs Henri CharriĂšre tunisiens qui avaient prĂ©cĂ©dĂ© le cĂ©lĂšbre aventurier français au bagne de la Guyane. Ce fut grĂące Ă  l’ouvrage de Jalloul Azzouna, « Menzel-TĂ©mime, capitale de la Dakhla », dans lequel il Ă©voque l’histoire passionnante d’un certain Sassi Bahria, contraint par les forces d’occupation française aux travaux forcĂ©s en Guyane pendant 15 ans, suite aux Ă©vĂ©nements du Jellaz, en 1911 !
Plus tard, M. Azzouna enchaĂźnera avec un recueil de rĂ©cits de rĂ©sistants originaires de sa ville natale, comme ce fut le cas, d’ailleurs, pour d’autres intellectuels, Ă©crivains ou journalistes, originaires d’autres contrĂ©es de la Tunisie. Mais, est-ce suffisant ?
La question s’impose dans la mesure oĂč l’histoire de la Tunisie, notamment de la colonisation, tel qu’enseignĂ©e dans nos manuels scolaires est lacunaire. A la limite, pĂ©jorativement sympathique. Le professeur spĂ©cialiste de l’histoire du mouvement national, Khaled Abid, a dĂ©jĂ  tirĂ© la sonnette d’alarme dans une tribune publiĂ©e par Assabah, le 20 mars dernier. Il y avertit que « l’indĂ©pendance ne fut pas un don de l’occupant ».  
En effet, nos annales d’histoire prĂ©sentent le mouvement nationaliste comme Ă©tant un simple groupe d’intellectuels politisĂ©s revendiquant l’indĂ©pendance. Et, l’épisode colonial tout entier y est relatĂ© tel qu’une agrĂ©able partie de chasse, gĂąchĂ©e par les alĂ©as de la nature. Le tout avec une chronique laconique, commençant dĂšs 1881, en passant par 1938 et 1952, date de l’assassinat de Farhat Hached, pour atterrir en 1955-1956.
Echappent, alors, des dates non moins marquantes, telles que 1907, avec les prĂ©mices du mouvement des Jeunes Tunisiens, 1943-1944 date de la Campagne de Tunisie et l’entrĂ©e des Nazis, avec son lot de dĂ©portations de dizaines de nos compatriotes de tradition juive dans les camps de concentration – le champion du Monde de boxe, Young PĂ©rez, dĂ©cĂ©da aux portes d’Auschwitz – ou encore 1952, avec les crimes contre l’HumanitĂ© commis par les Français, notamment Ă  Tazarka, et le dĂ©clenchement de la lutte armĂ©e.
Les formes d’oppression sous l’administration coloniale sont mal ou peu citĂ©es. Rares sont les jeunes tunisiens qui savent que, sous nos cieux, des femmes furent violĂ©es, des hommes torturĂ©s et/ou fusillĂ©s, des personnes ĂągĂ©es humiliĂ©es.
Des personnages aux itinĂ©raires exceptionnels sont toujours prĂ©sentĂ©s comme Ă©tant des obscurantistes. Outre le cas de Salah Ben Youssef, l’exemple non moins flagrant est celui de Cheikh Abdelaziz ThĂ albi, Ă  qui l’on doit, pourtant, une Ɠuvre littĂ©raire prolifique, mariant voyages – aprĂšs un pĂ©riple dans les Balkans, il a atteint l’IndonĂ©sie – et pensĂ©e. Plusieurs historiens relĂšvent mĂȘme qu’il a devancĂ© Tahar Haddad, avec son essai l’Essai libĂ©ral du Coran, publiĂ© en 1912 et, co-signĂ©, dans sa version française, avec HĂ©di SĂ©baĂŻ mais aussi et surtout avec l’avocat juif, CĂ©sar Benattar.
Au final, il est de plus en plus urgent de redĂ©finir l’enseignement de l’histoire, vĂ©ritable c du commencement de la construction de l’identitĂ© nationale. Une fiertĂ© ne se façonne qu’au moyen d’une conscience collective, bien ancrĂ©e, des malheurs d’antan. Il ne s’agit nullement de sombrer dans le populisme ou dans les partis pris outranciers et enragĂ©s mais de remettre les choses Ă  leur place. De reconsidĂ©rer les Ă©vĂ©nements qui ont conçu notre histoire Ă  leur juste valeur. Et rendre les jeunes gĂ©nĂ©rations de plus en plus fiers d’ĂȘtre Tunisiens, sans rancune mais aussi et surtout sans oubli.


L’arrĂȘt sur les biens mal acquis ouvre des perspectives pour les ONG anticorruption


 LadĂ©cision devrait faire grand bruit, notamment dans quelques palais africains : la Cour de cassation a donnĂ© son feu vert, mardi 9 novembre, Ă  une enquĂȘte judiciaire visant le mode d’acquisition, en France, par trois chefs d’Etat africains d’un imposant patrimoine composĂ© notamment d’immeubles et de voitures de luxe. La plus haute juridiction française a cassĂ© un arrĂȘt de la cour d’appel de Paris qui, le 29 octobre 2009, avait dĂ©clarĂ© irrecevable la plainte de l’organisation Transparency International-France pour “recel de dĂ©tournement de fonds publics” et empĂȘchait de ce fait l’ouverture d’une instruction.

 

La Cour ordonne le renvoi du dossier Ă  un juge d’instruction pour que soit instruite la plainte de l’ONG, qui considĂšre que les biens en question n’ont pu ĂȘtre acquis qu’avec de l’argent public dĂ©tournĂ©, tant la disproportion existant entre leur valeur et les revenus affichĂ©s par les chefs d’Etat en cause est grande.

La dĂ©cision vise d’abord les prĂ©sidents du Gabon – Omar Bongo aujourd’hui dĂ©cĂ©dĂ© et son fils Ali qui lui a succĂ©dĂ© -, du Congo – Denis Sassou-Nguesso – et de GuinĂ©e Ă©quatoriale – Teodoro Obiang Nguema -, mais il s’agit d’un arrĂȘt de principe aux consĂ©quences potentiellement vastes.

Il autorise en effet une ONG telle que Transparency International Ă  mettre en cause les “biens mal acquis” en France par des potentats de toutes origines. La plus haute juridiction judiciaire française  considĂšre en effet que des dĂ©tournements de fonds publics commis par des chefs d’Etat constitue un prĂ©judice pour les ONG qui luttent contre la corruption. La Cour de cassation estime en effet que si les dĂ©lits poursuivis Ă©taient Ă©tablis, ils “seraient de nature Ă  causer Ă  l’association Transparence International France un prĂ©judice direct et personel en raison de la spĂ©cificitĂ© du but et de l’objet de sa mission”.

Cet arrĂȘt ouvre donc de nouvelles perspectives aux militants luttant contre la corruption. Il rĂ©sulte lui-mĂȘme de trois annĂ©es de bataille juridique entre les ONG et les autoritĂ©s françaises, peu dĂ©sireuses de voir mis en cause des chefs d’Etat considĂ©rĂ©s comme des “amis de la France”.

FLOTTE DE VOITURES DE LUXE

L’enquĂȘte de l’Office central de rĂ©pression de la grande dĂ©linquance financiĂšre, menĂ©e en 2007 et rĂ©vĂ©lĂ©e parLe Monde en fĂ©vrier 2008, dressait l’inventaire impressionnant des biens possĂ©dĂ©s en France par ces chefs d’Etat et leur famille. Il Ă©tait ainsi Ă©tabli qu’Omar Bongo et ses proches possĂ©daient 33 biens immobiliers (appartements, maisons, hĂŽtel particulier), qu’ils dĂ©tenaient 11 comptes bancaires ainsi qu’une considĂ©rable flotte de voitures de luxe.

Le prĂ©sident congolais, lui, dĂ©tenait au total 18 biens tandis que le prĂ©sident Obiang se distinguait par les trois Bugatti Ă  1 million d’euros piĂšce fabriquĂ©es spĂ©cialement pour son fils Teodoro.

La dĂ©couverte la plus spectaculaire se situait entre les Champs-ElysĂ©es et la plaine Monceau, dans le 8e arrondissement de Paris. LĂ , un hĂŽtel particulier a Ă©tĂ© acquis le 15 juin 2007 pour la somme de 18,875 millions d’euros par une sociĂ©tĂ© civile immobiliĂšre (SCI). Celle-ci associe deux enfants du prĂ©sident gabonais, Omar Denis, 13 ans, et Yacine Queenie, 16 ans, son Ă©pouse Edith, qui se trouve ĂȘtre la fille du prĂ©sident congolais Denis Sassou Nguesso, et un neveu de ce dernier, Edgar Nguesso, 40 ans.

Cette enquĂȘte de police avait Ă©tĂ© diligentĂ©e Ă  la suite de la plainte dĂ©posĂ©e en mars 2007 par trois associations : Sherpa, groupement de juristes spĂ©cialisĂ©s dans la dĂ©fense des droits de l’homme, Survie, spĂ©cialisĂ©e dans la dĂ©nonciation des turpitudes de la “Françafrique”, et la FĂ©dĂ©ration des Congolais de la diaspora, qui dĂ©nonce l’opacitĂ© financiĂšre du rĂ©gime de Brazzaville.

Sur la base d’un rapport du ComitĂ© catholique contre la faim et pour le dĂ©veloppement (CCFD) recensant les avoirs dĂ©tournĂ©s par plusieurs chefs d’Etat, elles accusent Omar Bongo, Denis Sassou-Nguesso et Teodoro Obiang-Nguema, de “recel de dĂ©tournement d’argent public”. Le parquet de Paris a ouvert une enquĂȘte prĂ©liminaire en juin 2007. Mais cette premiĂšre plainte a Ă©tĂ© classĂ©e sans suite en novembre 2007.

Une deuxiĂšme, assortie d’une constitution de partie civile, a Ă©tĂ© dĂ©posĂ©e en dĂ©cembre 2008 par Transparence International France (TIF) ainsi que par un contribuable gabonais, Gregory Ngbwa Mintsa. Ce dernier a alors Ă©tĂ© interpellĂ© et incarcĂ©rĂ© au Gabon pendant douze jours.

En mai 2009, Françoise Desset, doyenne des juges d’instruction du pĂŽle financier de Paris, a jugĂ© recevable la plainte de TIF tout en rejetant celle de M. Ngbwa Mintsa. Une information judiciaire pouvait alors s’ouvrir. Mais le parquet, placĂ© sous l’autoritĂ© du ministĂšre de la justice, avait fait appel et obtenu satisfaction en octobre 2009 par un arrĂȘt de la cour d’appel de Paris qui avait stoppĂ© dans l’Ɠuf l’instruction. C’est cette derniĂšre dĂ©cision, que la Cour de cassation a censurĂ© mardi.

Philippe Bernard
 
(Source: Le Monde.fr | 09.11.10 | 16h18  ‱  Mis à jour le 09.11.10 | 18h01 )


 

Evennement Euro Maghrebin:
CrĂ©ation du  Forum Maghreb Europe “AverroĂšs ” Ű§ŰšÙ† ۱ێۯ
Pour la Méditerranée occidentale  

Suite a une sĂ©rie de rencontres  et concertations en marge de confĂ©rences internationales dans plusieurs villes MaghrĂ©bines et EuropĂ©ennes,  le « Forum AverroĂšs – pour la MĂ©diterranĂ©e occidentale »  est crĂ©e par les signataires de ce document .

 Les 10 fondateurs de ce rĂ©seau sont les membres de son comitĂ© directeur .Ils seront soutenus par un  ComitĂ© d’Orientation consultatif et des experts  dans les affaires internationales , europĂ©ennes et maghrĂ©bines   . 

L’objectif du Forum

L’objectif visĂ© est de constituer un rĂ©seau de communicants,  d’intellectuels, d’experts et de spĂ©cialistes sur les questions de relations  internationales en MĂ©diterranĂ©e occidentale.

Dans cette perspective, l’ambition est de :

–         Participer au rapprochement  des cultures des deux rives mĂ©diterranĂ©ennes .

–         Unir nos forces afin de dĂ©velopper la fraternitĂ©, l’égalitĂ© et la non discrimination entre les peuples et les personnes .

–         Contribuer Ă  crĂ©er les conditions de la paix et de la prospĂ©ritĂ© dans la rĂ©gion .

–         Renforcer la dĂ©marches des pays concernĂ©s vers l’Etat de droit .

 

La stratégie du Forum

Ce rĂ©seau a pour vocation  non seulement d’organiser des confĂ©rences et des sĂ©minaires, de conduire des Ă©tudes, d’assurer des consultances dans les domaines prĂ©citĂ©s, mais aussi de constituer une force de proposition d’initiatives dans la rĂ©gion considĂ©rĂ©e, vers tous dĂ©cideurs politiques ou privĂ©s europĂ©ens ou maghrĂ©bins.

Cadre Juridique et matériel:

Le Forum est organisĂ© sous forme d’un rĂ©seau, notamment Ă  travers internet, sans statut particulier ni structure juridique. Il est dirigĂ© par un comitĂ© directeur  tandis qu’un comitĂ© d’orientation, Ă  travers un avis consultatif, apporte des recommandations pour le choix des prioritĂ©s Ă  traiter et des activitĂ©s Ă  organiser.

Le comite directeur est constitué  de 10 membres provenant chacun d’un des dix pays participant Ă  l’initiative 5+5.

Un comite d’orientation, comprenant 15 membres au plus, rassemble des spĂ©cialistes et des experts des questions concernant les relations internationales en MĂ©diterranĂ©e occidentale, quelle que puisse ĂȘtre leur nationalitĂ©.

Ces membres sont cooptĂ©s par le comitĂ© directeur Ă  travers une consultation de vive voix ou par l’intermĂ©diaire d’internet. Si nĂ©cessaire il est procĂ©dĂ© Ă  un vote.

Le rĂ©seau est ensuite complĂ©tĂ© par des experts et d’autres spĂ©cialistes sollicitĂ©s en fonction des besoins liĂ©s aux activitĂ©s du Forum.

Les membres ayant ainsi rejoint le rĂ©seau restent membres du Forum tant qu’ils le souhaitent et tant que le comitĂ© directeur ne dĂ©cide pas une Ă©ventuelle radiation.

Les activités :

Le Forum a vocation d organiser :

–         Des Ă©tudes

–         Des colloques

–         Des sĂ©minaires

–         Des confĂ©rences

–         Des groupes de travail spĂ©cialisĂ©s

 

A terme, il peut ĂȘtre conduit Ă  crĂ©er un Centre d’études, sous forme de sociĂ©tĂ© commerciale et de services privĂ©e ( SARL) , destinĂ© Ă  gĂ©rer des travaux de consultance, de conseil ou d’analyse commandĂ© par des tiers.

Les membres fondateurs composant le comité directeur

Tunisie : Kamel Ben Younes( coordinateur  du Forum ) , Universitaire ,Historien  Géographe de formation ,expert en  communication , Journaliste Reporter International , Directeur Exécutif Association Etudes Internationales en Tunisie  , membre de bureaux d ONG  en Tunisie , dans les régions  Arabo Islamique, en Afrique  en Europe et aux USA.

AlgĂ©rie : – Aziz Derwez Expert international , Ă©conomiste et ex ministre . (AlgĂ©rie)

Maroc : Mohamed Ben Hammou  Universitaire ,Président du Centre Marocain des Etudes Stratégiques et de la Fédération Africaine des Etudes Stratégiques.

Mauritanie : Mohamed Ben Salem ,Journaliste ,  PrĂ©sident de l’Association des Etudes Arabes et Africaines et vice prĂ©sident du Syndicat des journalistes en Mauritanie.

Libye : Mustafa Fetouri ,Universitaire , Ecrivain , membre de l Académie libyenne des etudes strategiques.

France : Jean François CoustilliĂšre , Contre-amiral (2S),  Enseignant et directeur de sĂ©minaires universitaires, PrĂ©sident ou membres de bureaux d’ONG de relations et d’Etudes Euro MĂ©diterranĂ©ennes. Expert des questions de sĂ©curitĂ© dans la RĂ©gion Euro Med.

Espagne : Regina Laguna, Avocat , Journaliste pendant 22 ans, Universitaire  spécialiste en justice et égalité des genres ,expert dans les études internationales et européennes.

Italie : – Alberto De Filippis (Italie) – Euronews 

Portugal : Luisa Meireles, Universitaire et écrivain Expert dans les questions Euro Med.

Malte:

Les membres composant le comitĂ© d’orientation

Les membres du comitĂ© d’orientation seront cooptĂ©s parmi  les personnes proposĂ©es et spĂ©cifiquement :

– Habib Kchaw (Tunisie) – expert en sciences Ă©conomiques et sociales, Homme d’affaires investisseur  dans 4 pays Maghrebins + EU , exChercheur au Centre d Etudes de UGTT ( Union des Syndicats en Tunisie ) .

-Belkacem  IratniUniversitaire expert dans les affaires internationales et Africaines  Ex Directeur General de Bourse d Algerie

– Mohammed Mbarek Zidan (Diplomate  . Expert International Libye)

– IvĂĄn MartĂ­n (Espagne )  chercheur associĂ© de l’Instituto Complutense de Estudios Internacionales (ICEI) Ă  Madrid. Il est professeur universitaire d’économie internationale et chercheur spĂ©cialisĂ© sur les relations Ă©conomiques euro-mĂ©diterranĂ©ennes, les Ă©conomies du Maghreb et l’emploi et les marchĂ©s de travail dans les pays arabes mĂ©diterranĂ©ens. Il fait partie des conseils de rĂ©daction des revues Confluences MĂ©diterranĂ©e et Mediterranean Politics.

– Moncef Sellimi (Tunisien en Allemagne ) – Journaliste a DW,Tunisien et ex correspondant reporter au Maroc pendant 20 ans-

– Isabel Werenfels (Allemagne) – politologue et chercheur Ă  l’Institut des Affaires Internationales et de la SĂ©curitĂ© (SWP) Ă  Berlin, enseignante Ă  la Freie UniversitĂ€t Berlin, elle est aussi membre du Conseil de Fondation de l’IHEID Ă  GenĂšve. Sa recherche porte sur les dĂ©veloppements internes des Etats du Maghreb et sur les relations euro-mĂ©diterranĂ©ennes.

– Mirra Banchon Ramirez (Allemande  d origine Espagnole ) – correspondante de DW Espagnol + Eng a Bruxelles et de medias EU divers –

– SĂ©bastien Abis (France)– analyste politique, expert des questions euro-mĂ©diterranĂ©ennes –

– Ahmed Mustafa – Reporter a BBC et Ă©crivain analyste politique et gĂ©ostratĂ©gique dans les medias anglophones et arabes du GCC –

_ Maria Franciosi, journaliste et écrivain , Consultante d études et  de communication a Bruxelles , auteur de plusieurs livres et études socio économiques et politiques  sur les relations Nord Sud. Expert dans le dossier de la migration.


Cérémonie à la mémoire des Juifs de Tunisie victimes des nazis


La SociĂ©tĂ© d’histoire des Juifs de Tunisie (Shjt) organise, dimanche 5 dĂ©cembre, au MĂ©morial de la Shoah Ă  Paris, une cĂ©rĂ©monie d’hommage aux Juifs de Tunisie victimes du nazisme. Cette cĂ©rĂ©monie, organisĂ©e Ă  l’occasion de l’anniversaire de la rafle des Juifs de Tunis par les S.S. (9 dĂ©cembre 1942), se dĂ©roulera sous la prĂ©sidence de Gilles Bernheim, Grand Rabbin de France, et en prĂ©sence de Bertrand DelanoĂ«, le Maire de Paris, qui est nĂ© en Tunisie, et de diverses autres personnalitĂ©s. Durant cette cĂ©rĂ©monie, les noms des Juifs de Tunisie tuĂ©s pendant l’occupation nazie que ce soit en dĂ©portation ou dans les camps de travail, ainsi que les noms des Juifs de Tunisie morts au champ d’honneur seront rappelĂ©s. Beaucoup de juifs tunisiens ont en effet Ă©tĂ© victimes des persĂ©cutions allemandes pendant l’occupation nazie de la Tunisie, entre novembre 1942 et mai 1943, alors mĂȘme que le pays Ă©tait sous protectorat français. En six mois d’occupation, sur une population de 75.000 juifs, 4.000 Ăąmes seront envoyĂ©s aux travaux forcĂ©s dans des camps – sans compter les «Tunisiens de France» qui seront dĂ©portĂ©s Ă  Auschwitz. Rien que le 10 dĂ©cembre 1942, durant une rafle Ă  Tunis, quelque 2.000 juifs furent arrĂȘtĂ©s. Les Allemands les ont cherchĂ©s jusque dans les synagogues. Des centaines d’entre eux ont trouvĂ© la mort et plusieurs d’entre eux ont Ă©tĂ© dĂ©portĂ©s.

Le Dr Béchir Jarraya reçoit un prix pour ses travaux sur la maladie de Parkinson Distinction européenne pour le Dr Jarraya en Allemagne


Le docteur Tunisien BĂ©chir Jarray, spĂ©cialiste en neurochirurgie et exerçant Ă  l’hĂŽpital Henri-Mondor de Paris, vient de recevoir, vendredi 05 novembre, un prix qui concrĂ©tise ses travaux. Il s’agit du prix du meilleur travail scientifique en Neurochirurgie pour les praticiens de moins de 40 ans. Il est attribuĂ© par «Association of Neurosurgical Societies» (EANS) et le laboratoire «Braun» dans le cadre d’une cĂ©rĂ©monie organisĂ©e Ă  Francfort.   La maladie de Parkinson est une maladie handicapante qui affecte physiquement et psychiquement le malade, et se rĂ©percute sur son entourage. Elle touche plus particuliĂšrement les seniors sans qu’il y ait un traitement efficace. Cette maladie cible le systĂšme neurologique central et l’affaiblit petit Ă  petit, entrainant des troubles moteurs. Elle se traduit par la destruction des cellules produisant la dopamine ; hormone responsable entre autre du bon dĂ©roulement des fonctions motrices.   Le docteur tunisien et son Ă©quipe ont dĂ©couvert une nouvelle thĂ©rapie qui, injectĂ©e dans le cerveau, stimule durablement la dopamine (le manque de cette hormone est le dĂ©clencheur du Parkinson). TestĂ©e sur 18 singes atteints, ce traitement leur a permis de rĂ©cupĂ©rer 80% de leurs capacitĂ©s motrices. Les essais cliniques sur des patients humains ont traduit une rĂ©ussite Ă©quivalente.   Parmi les personnalitĂ©s cĂ©lĂšbres atteintes de la maladie Parkinson  on note le Pape Jean Paul II, le boxeur Mohamed Ali Clay ou encore le dĂ©funt homme d’état Yasser Arafat.   Cette dĂ©couverte pourrait peut ĂȘtre mettre fin une bonne fois pour toute Ă  cette maladie gĂȘnante qui affecte principalement les personnes du 3Ăšme Ăąge, surtout en prenant en considĂ©ration la tendance de la population mondiale au vieillissement.


Entretien avec Tahar Belkhodja 4Ăšme partie


Dans cette quatriĂšme partie Tahar Belkhodja, ancien Ministre de Bourguiba, revient sur la politique dite d’ouverture du dĂ©but des annĂ©es quatre-vingt, les conditions qui ont fait qu’il y ait une fraude massive lors des Ă©lections lĂ©gislatives de 1981 et surtout sur les actions et les ambitions du Premier Ministre de l’époque Mohamed Mzali et ce avant l’épisode douloureux de la rĂ©volte du pain en janvier 1984. Comme d’habitude, Tahar Belkhodja ne mĂąche pas ses mots. C’est sa part de vĂ©ritĂ© qu’il veut fonder, assure-t-il toujours, sur des faits avĂ©rĂ©s et indiscutables. Bonne lecture La fin des annĂ©es soixante-dix s’est mal terminĂ©e pour la Tunisie. Du jeudi noir (le 26 janvier 1978) au commando de Gafsa le 28 janvier 1980, le pays a connu deux annĂ©es assez terribles et puis vint subitement la politique dite d’ouverture au dĂ©but de la dĂ©cennie des annĂ©es quatre-vingt. Etait-ce une dĂ©cision de Bourguiba ou de son nouveau Premier Ministre Mohamed Mzali ou bien le systĂšme a-t-il tirĂ© les consĂ©quences de ces annĂ©es de braise ?

Ce n’est pas la premiĂšre fois que la conjoncture nous impose un changement suite Ă  un mĂ©contentement populaire, malgrĂ© la prĂ©tention du parti Ă  tout encadrer et tout rĂ©gimenter. La premiĂšre fois c’était en 1970 aprĂšs la fin du collectivisme. Nous en avons dĂ©jĂ  parlĂ© (voire la deuxiĂšme partie de cet entretien NDLR). Le 26 janvier 1978 a montrĂ© la fragilitĂ© du pays et la dĂ©liquescence de l’Etat. Ensuite le principal artisan de la politique des annĂ©es soixante-dix, le Premier ministre HĂ©di Nouira ne pouvait plus assumer sa mission pour raison de santĂ©. Vous voulez dire que Si Nouira n’était pas tombĂ© gravement malade, Bourguiba ne l’aurait pas changĂ© ? Absolument. Pour Bourguiba c’était une surprise totale. Tous ses plans tombaient Ă  l’eau. Pour lui HĂ©di Nouira Ă©tait son dauphin et il n’avait pas du tout l’intention de s’en sĂ©parer. Constatant que HĂ©di Ă©tait gravement atteint, Bourguiba avait nommĂ© Mohamed Mzali comme coordinateur en attendant un probable retour de Nouira. Pourquoi Mzali et pas quelqu’un d’autre ?

Bourguiba n’avait pas beaucoup de choix. Il pensait que Nouira pouvait guĂ©rir. Il devint lui-mĂȘme Premier ministre estimant que la convalescence de Nouira ne prendrait que quelques semaines. Cela avait durĂ© moins d’un mois. Il s’est rendu compte qu’il ne pouvait pas assumer cette tĂąche. Il a imaginĂ© le titre de coordinateur, une sorte de Premier ministre par intĂ©rim, pour indiquer qu’il n’avait pas changĂ© de dauphin. Au dĂ©but il avait pensĂ© Ă  Mohamed Sayah. C’est Wassila qui l’en dissuada. Sayah Ă©tait trop impliquĂ© dans les Ă©vĂšnements doulereux qu’avait connus la Tunisie et n’avait pas bonne presse auprĂšs de la jeunesse et des syndicalistes. C’est Ă  ce moment-lĂ  qu’il avait pensĂ© Ă  Mzali.

Je voudrai rĂ©tablir ici une vĂ©ritĂ© historique. Mohamed Mzali a prĂ©tendu que Bourguiba lui avait dit le jour de sa nomination en tant que coordinateur : Mohamed je voudrais que tu occupes ce siĂšge (celui de Bourguiba) aprĂšs ma mort. Le PrĂ©sident ne pouvait pas lui dire cela sinon il l’aurait nommĂ© Premier Ministre et non pas coordinateur. Ce n’est que quelques semaines aprĂšs que Bourguiba sut que HĂ©di Nouira ne pouvait plus assumer son ancienne charge et c’est seulement Ă  ce moment-lĂ  que Mzali fut nommĂ© Premier ministre. L’ouverture, c’est le choix de Mzali ou de Bourguiba ?

Quand Bourguiba nomme quelqu’un, c’est toujours dans un but prĂ©cis et pour accomplir une tĂąche particuliĂšre. Il faut rappeler aussi que Bourguiba a fait rentrer au gouvernement presque tous les ministres dĂ©missionnaires de dĂ©cembre 1977. Je crois mĂȘme qu’il les a presque imposĂ©s Ă  Mzali. Hamed Karoui, Mansour Maalla et moi-mĂȘme avions proposĂ© Ă  Mzali de nous rĂ©unir en comitĂ© restreint afin de prĂ©senter au PrĂ©sident un projet de rĂ©formes au cƓur desquelles figure l’acceptation d’un certain pluralisme politique en Tunisie. Quel Ă©tait la position de Mzali sur cette question ?

On ne peut pas savoir. DĂšs que Mzali fut nommĂ© Premier ministre il ne pensait plus qu’à une seule chose : le dauphinat qui devait l’amener automatiquement Ă  la PrĂ©sidence de la RĂ©publique. Tout ce qui consolidait cet objectif Ă©tait le bienvenu. Il ne pouvait pas refuser l’ouverture du systĂšme. De toutes les façons il n’était pas question pour nous de changer de rĂ©gime ou d’imaginer une alternative Ă  Bourguiba, mais uniquement de libĂ©raliser la vie politique dans le pays. Qui Ă©tait concernĂ© par ce pluralisme?

Ahmed Mestiri et son parti le Mouvement des DĂ©mocrates Socialistes. Nous avons conçu cette fameuse phrase que devait prononcer le PrĂ©sident devant le CongrĂšs du parti en avril 1981 comme quoi il ne voyait pas d’inconvĂ©nient dans le multipatisme. Vous avez donc dĂ©cidĂ© de la tenue d’un congrĂšs du parti


Oui. Il fallait annoncer solennellement l’ouverture politique dans un congrĂšs du parti. Et Bourguiba devait prononcer cette phrase programme lors de son discours. Quelques temps avant Mzali est venu nous dire qu’il y avait un problĂšme. Chedly Klibi, le principal rĂ©dacteur des discours de Bourguiba, ne voulait pas inclure cette phrase sans l’aval explicite du PrĂ©sident. Plus trad, nous avions compris que la rĂ©ticence venait plutĂŽt du cĂŽtĂ© de Mzali, car il voyait en Ahmed Mestiri, le chef de l’opposition libĂ©rale, son principal rival pour la succession de Bourguiba. Cela va se vĂ©rifier plus tard. De toutes ses façons, Bourguiba accepta cette idĂ©e avec enthousiasme et quand il dit cette phrase tous les congressistes se levĂšrent et applaudirent longuement. Dans quelles circonstances avez-vous rejoint le gouvernement en dĂ©cembre 1980 ?

J’étais ambassadeur en Allemagne aprĂšs le triste Ă©pisode de la confrontation avec l’UGTT (voir la troisiĂšme partie de cet entretien NDLR). Je savais d’expĂ©rience que mon passage Ă  l’étranger ne pouvait pas durer et que Bourguiba, comme toujours, allait me rĂ©intĂ©grer dans le gouvernement. Bourguiba Ă©tait convaincu que Mzali avait besoin de poids lourds comme BĂ©ji CaĂŻd Essebsi et moi-mĂȘme pour mener Ă  bien sa tĂąche, car on doutait un peu de ses capacitĂ© Ă  s’en sortir tout seul. Pourquoi BĂ©ji CaĂŻd Essebsi, alors qu’il Ă©tait plutĂŽt proche de Mestiri ?

Avant la crĂ©ation du Mouvement des DĂ©mocrates socialistes en 1978 il y avait deux tendances dans cette mouvance libĂ©rale.Il y avait ceux qui voulaient rester dans le Parti Socialiste Destourien et le rĂ©former de l’intĂ©rieur. C’étaient BĂ©ji CaĂŻd Essebsi, Habib BoularĂšs, Sadok Ben Jemaa et Hassib Ben Ammar. En face il y avait Mestiri qui prĂŽnait la crĂ©ation d’un nouveau parti. Avant 1980 le pouvoir voulait faire imploser le mouvement de Mestiri. Wassila Bourguiba, certainement avec l’aval de son mari, avait chargĂ© BĂ©chir Zarg El Ayoun (l’un des vieux compagnons de Bourguiba NDLR) de s’occuper de cette affaire. Sadok Ben Jemaa Ă©tait l’ami de Zarg El Ayoun. Il s’est ralliĂ© au projet du pouvoir et avait rĂ©ussi Ă  convaincre ses amis politiques de faire de mĂȘme. Le deal Ă©tait : rester dans le parti et vous reviendrez aux premiers postes des responsabilitĂ©s. La promesse Ă©tait faite en 1979 et il fallait la tenir. C’est pour cela qu’on a profitĂ© de la volontĂ© de Bourguiba pour me faire rĂ©intĂ©grer le gouvernement pour procĂ©der Ă  un remaniement qui a permis aux anciens amis de Mestiri de rejoindre l’équipe gouvernementale.

Je devais hĂ©riter, personnellement, du ministĂšre de l’Information et de la Culture qu’occupait avant moi Foued Mbazzaa, mais Mzali l’a scindĂ© en deux pour nommer BĂ©chir Ben Slama Ă  la Culture et me donner  simplement le secteur de l’information. Vos expĂ©riences passĂ©es dans le gouvernement Ă©taient plutĂŽt liĂ©es au ministĂšre de l’IntĂ©rieur. Pourquoi ce passage de la sĂ©curitĂ© Ă  l’information ?

J’ai su aprĂšs que Bourguiba voulait me nommer Ministre de la DĂ©fense, mais Mzali n’en voulait pas. Il devait avoir, pour je ne sais quelles raisons, une peur bleue de ma personne. Quelles Ă©taient Ă  ce moment-lĂ , les principaux chantiers de la rĂ©forme pour le gouvernement ?

RĂ©ussir une certaine forme de pluralisme. Pour ĂȘtre prĂ©cis, je dirais rĂ©ussir le rassemblement en faisant participer les libĂ©raux, qui ne pouvaient ĂȘtre que minoritaires Ă  nos yeux, Ă  la gestion politique du pays, soit avec nous au gouvernement, soit dans le cadre d’une opposition lĂ©gale. Nous Ă©tions tous d’accord, au gouvernement, qu’il fallait ouvrir le systĂšme politique et intĂ©grer, avec nous, les libĂ©raux. Le pouvoir Ă©tait-il pour quelque chose dans la scision du mouvement d’Ahmed Ben Salah ?

Non, pour nous Ben Salah Ă©tait fini du temps mĂȘme oĂč j’étais ministre de l’IntĂ©rieur. Je profite de cette occasion pour dire que la prĂ©tendue tentative d’assassinat dont il dit avoir Ă©tĂ© victime en Suisse n’est que pure affabulation. La preuve est le communiquĂ© du Gouvernement FĂ©dĂ©ral suisse qui dĂ©ment toutes les allĂ©gations de Ben Salah.

Ben Salah prĂ©tend que Bourguiba avait envoyĂ© BĂ©chir Zarg El Ayoun pour l’assassiner en Suisse et que ce dernier fut arrĂȘtĂ© par le gouvernement fĂ©dĂ©ral. Il affirme mĂȘme que Bourguiba est allĂ© personnellement en Suisse pour ramener Zarg El Ayoun.. Comme dĂ©lire on ne fait pas mieux. Il est certain qu’on cherchait Ă  l’époque d’ĂȘtre informĂ© sur les agissements de Ben Salah Ă  l’étranger, mais cela n’a jamais dĂ©passĂ© ce stade.

Cela Ă©tant la scission au sein de son mouvement Ă©tait purement interne.Elle a vu le jour dans la foulĂ©e du procĂšs du Mouvement de l’UnitĂ© populaire de Ben Salah en 1976. Et la levĂ©e d’interdiction sur le parti communiste tunisien, qui l’avait dĂ©cidĂ©e ?

Cela n’était pas stratĂ©gique. La seule chose importante Ă  l’époque c’était la volontĂ© de s’ouvrir sur le mouvement des libĂ©raux. Revenons aux Ă©lections gĂ©nĂ©rales de 1981. Qui avait dĂ©cidĂ© cette fraude massive qui avait privĂ© le MDS d’une victoire Ă©lectorale ?

Ce n’était pas une fraude massive, mais plutĂŽt un retour aux mĂ©thodes d’antan. C’est-Ă -dire ?

Quand nous avons convenu d’introduire une dose de pluralisme, nous pensions que le systĂšme Ă©tait suffisamment fort et qu’il avait avec lui la majoritĂ© de la population. C’était cela aussi ce que pensait  Bourguiba. Dans sa volontĂ© de rassemblement, il voulait rĂ©intĂ©grer d’une maniĂšre ou d’une autre Ahmed Mestiri et ses amis. Il fallait donc enclencher un processus Ă©lectoral qui devait nous amener Ă  ce rĂ©sultat. C’est pour cela que nous avons adoptĂ© une loi Ă©lectorale qui permet le panachage des listes, afin que nous ayons la possibilitĂ© d’intĂ©grer des Ă©lĂ©ments des listes opposantes et qu’elles puissent remporter quelques siĂšges au nouveau Parlement, mais pas battre le PSD. C’était cela notre philosophie. On pensait que les choses allaient se passer ainsi.

Au MinistĂšre de l’Information j’avais fait appliquer la loi de maniĂšre transparente et Ă©quitable entre les diffĂ©rentes listes pour la campagne officielle Ă  la radio et Ă  la tĂ©lĂ©vision.

Ce que nous n’avions pas bien perçu Ă  l’époque est l’erreur de faire de la capitale un objet de duel entre Ahmed Mestiri du cĂŽtĂ© des libĂ©raux et BĂ©ji CaĂŻd Essebsi du cĂŽtĂ© du PSD.

On n’avait pas cherchĂ© Ă  nous concerter avec Mestiri avant le lancement de la campagne Ă©lectorale. Nous nous sommes dit que chacun joue son rĂŽle.

L’atmosphĂšre du pays avait changĂ© au cours de la campagne Ă©lectorale. Mestiri ne disposait pas d’un appareil de propagande consĂ©quent, mais il avait rĂ©ussi Ă  ĂȘtre percutant dans ses interventions radiotĂ©lĂ©visĂ©es.C’était un homme qui parlait de l’avenir de la jeunesse, des problĂšmes Ă©conomiques, de l’agriculture etc
 Son discours avait fait de l’effet sur les gens. En plus de cela Mestiri avait bĂ©nĂ©ficiĂ© d’un socle Ă©lectoral important. Les capitales, chacun le sait, sont toujours frondeuses et sanctionnent assez souvent les partis, au pouvoir. Pendant que Mestiri parlait d’avenir, Mzali parlait lui de bilan.

En cours de campagne on a commandĂ© auprĂšs de spĂ©cialistes français des enquĂȘtes d’opinion intĂ©rieures. Ces sondages nous Ă©taient dĂ©favorables. Quels Ă©taient les pourcentages ?

C’étaient des sondages qualitatifs. Ils prĂ©disaient un raz de marĂ©e vert (la couleur du MDS. NDLR) aussi bien Ă  Tunis que dans les autres grandes villes du pays. Driss Guiga, le Ministre de l’IntĂ©rieur de l’époque, avait les mĂȘmes informations.Il avait avisĂ© le Premier ministre, mais Mzali disait que ces renseignements ne valaient rien. Il pensait que l’opinion Ă©tait avec lui. Pourquoi Mzali n’a-t-il pas tenu compte de ces avertissements ?

Mzali ne voulait pas que ce processus Ă©lectoral dĂ©bouche sur un rĂ©sultat positif. Le regrettĂ© Me Abderrahmane Hila qui figurait sur la liste de Mestiri, pour ne prendre qu’un seul exemple avait subi beaucoup de pressions pour qu’il se retire Ă  la toute derniĂšre minute afin que Mestiri ne puisse pas le remplacer et verrait ainsi sa liste totalement invalidĂ©e. C’est Hassen Belkhodja, probablement sous l’instigation de Wassila, qui contacta Hila. Ce dernier vint me voir et je lui dĂ©conseillai vivement de faire cela. Je lui avais dit qu’il perdrait tout crĂ©dit. Ensuite on l’a menacĂ© de rendre public des dossiers d’ordre privĂ©. Il Ă©tait dans tous ses Ă©tats. Je lui ai conseillĂ© d’aller voir Mestiri et de se retirer Ă  temps afin que le MDS pourvoie Ă  son remplacement et que la liste de Mestiri sur Tunis ne soit pas invalidĂ©e. C’était une tentative du Palais ou de Premier MinistĂšre ?

C’était une tentative du Premier ministre et de l’appareil du parti. Moi je n’étais pas dans le parfum car on ne me faisait pas confiance.

Deux jours avant le scrutin, Mzali quitta la capitale et s’installa Ă  Monastir sous prĂ©texte qu’il Ă©tait tĂȘte de liste alors que son second, Mongi Kooli, pouvait faire ce travail sans aucun problĂšme.Je dois dire que le Ministre de l’IntĂ©rieur, Driss Guiga Ă©tait trĂšs disciplinĂ© vis-Ă -vis du Premier minsitre. Il n’a jamais voulu le doubler, ce qui n’était pas, pour ĂȘtre honnĂȘte, mon cas. J’avais mes entrĂ©es au Palais et un contact direct avec le PrĂ©sident et je m’en servais. Driss Guiga avait insistĂ© auprĂšs de Mzali pour qu’il informe le PrĂ©sident de la situation et qu’il rĂ©unisse le bureau politique pour cela. Mzali ne voulait rien entendre. La veille des Ă©lections, Driss Guiga et Mansour Rouissi, gouverneur de Tunis, informĂšrent Bourguiba de la situation. Ils lui dirent que si les Ă©lections se passaient normalement le parti allait perdre la capitale. En plus Ă  Tunis, le MDS avait pris ses prĂ©cautions pour placer des observateurs dans tous les bureaux de vote. Guiga dit au PrĂ©sident que certaines autres rĂ©gions risquaient de tomber. Bourguiba se mit en colĂšre. On n’a pas convenu de cela, leur dit-il. Il ne faut pas qu’il y ait un changement radical de rĂ©gime, leur assĂ©na-t-il. OĂč est le Premier Ministre ? demanda Bourguiba. On lui dit qu’il Ă©tait Ă  Monastir pour s’occuper de sa campagne. Le PrĂ©sident avait tout compris. Il leur dit : Il faut que le parti gagne la totalitĂ© des circonscriptions comme d’habitude. Le jour du vote on envoya la milice provoquer les observateurs. La police laissait faire sans broncher. A 11 heures du matin Ahmed Mestiri dĂ©cide de retirer tous ses observateurs, ce qui est une erreur Ă  mon avis. Les observateurs partis, on fit des urnes ce qu’on avait l’habitude de faire.

C’est un Ă©norme gĂąchis. C’est une mauvaise gestion politique d’une espĂ©rance extraordinaire. Cela est dĂ» Ă  un scĂ©nario diabolique du Premier Ministre. Il voulait Ă©liminer Mestiri de la course Ă  la succession de Bourguiba. Mzali savait qu’il ne faisait pas le poids devant Mestiri et il fallait que cette volontĂ© de rassemblement Ă©choue. C’est ma lecture des Ă©vĂšnements. C’est pour cela que le choix de BĂ©ji CaĂŻd Essebsi comme tĂȘte de liste Ă  Tunis Ă©tait mauvais. Il fallait s’entendre avec Mestiri sur un modus vivendi afin de faire rĂ©ussir cette expĂ©rience, ce que nous n’avons pas fait. L’intention Ă©tait mauvaise et cela dĂšs le dĂ©but du processus Ă©lectoral. AprĂšs la proclamation des rĂ©sultats qui donnaient Ă  toutes les listes de l’opposition confondues moins de 5%, aviez-vous pensĂ© Ă  dĂ©missionner?

Nous avons demandĂ© la rĂ©union du bureau politique du PSD, Mzali avait dit que les rĂ©sultats Ă©taient lĂ  et qu’il fallait tourner la page. Il Ă©tait comblĂ© parce que son scĂ©nario avait rĂ©ussi. On Ă©tait quelques uns Ă  interpeler Driss Guiga, surtout Mansour Moalla, en lui disant : donnez-nous les vrais chiffres, pour qu’on sache rĂ©ellement quelles sont nos faiblesses. Driss Guiga nous disait : je suis un ministre de Bourguiba. J’ai fait mon rapport au PrĂ©sident. Si vous voulez connaĂźtre quelque chose demandez-le au PrĂ©sident. Il s’en tenait Ă  cette posture. Nous Ă©tions trĂšs Ă©nervĂ©s. Nous avions pensĂ© dĂ©missionner, mais cela ne faisait qu’accroitre les difficultĂ©s du PrĂ©sident et ne pouvait qu’arranger ceux qui ont conçu ce scĂ©nario diabolique. Et si c’était Ă  refaire ?

Notre dĂ©mission n’aurait rien changĂ©. Nous avons perdu un processus de dĂ©mocratisation et la possibilitĂ© d’un vĂ©ritable changement. C’est cela qui compte. Nous Ă©tions tous coupables, Ă  des degrĂ©s divers de n’avoir pas su gĂ©rer un processus de dĂ©mocratisation que le PrĂ©sident avait voulu.

Il n’est pas digne de dire que c’est Bourguiba qui avait ordonnĂ© la fraude ou que c’est Wassila qui avait changĂ© les rĂ©sultats. Il faut reconnaĂźtre qu’à cette pĂ©riode lĂ  nous n’étions pas suffisamment compĂ©tents pour rĂ©ussir ce processus de dĂ©mocratisation. Dans ces conditions Ă  quoi cela servait-il de rester au gouvernement ?

Nous n’étions pas Ă  notre premiĂšre dĂ©ception et ma dĂ©mission n’aurait rien changĂ©. Que gardez-vous de votre passage au ministĂšre de l’Information ?

C’étaient des moments extraordinaires : le congrĂšs du PSD et les Ă©lections de 1981 entre autres. Heureusement que je suis parti en juin 1983 bien avant les Ă©meutes du pain de janvier 1984 qui ont fait beaucoup plus de victimes que le jeudi noir du 26 janvier 1978.

Au ministĂšre de l’Information je me suis entourĂ© de gens trĂšs valables : Abdallah Amami, Mongi Ben Othmane, Abdelaziz Barouhi et d’autres.A mon arrivĂ©e le journalisme et les journalistes Ă©taient dans de mauvais draps. Je pense avoir redonnĂ© confiance aux professionnels de la presse. On a pu dĂ©mocratiser un tant soit peu les pratiques journalistiques. C’est pour cela qu’on a parlĂ© Ă  ce moment lĂ  du printemps de l’information. On a changĂ© les journaux tĂ©lĂ©visĂ©s. On a organisĂ© des dĂ©bats politiques en direct, dont le dernier —sur la Caisse gĂ©nĂ©rale de compensation— en mai 1983 a Ă©tĂ© la cause directe de mon dĂ©part du gouvernement.

On a fait pas mal de choses, mais j’étais seul Ă  le faire. Je ne pouvais pas rĂ©ussir car le gouvernement et son chef ne marchaient pas. On a pu quand mĂȘme affranchir les agences de presse Ă©trangĂšres du contrĂŽle de l’agence officielle. On a imposĂ© la deuxiĂšme chaine de tĂ©lĂ©vision française, Antenne 2, malgrĂ© le refus du Premier Ministre
 Il faut savoir que l’Information n’est qu’un aspect de la gestion politique. Si les autres rouages sont grippĂ©s, alors l’information seule ne peut rien faire. J’ai quand mĂȘme rĂ©ussi Ă  stopper un tout petit peu l’insatiabilitĂ© mĂ©diatique de Mzali en interdisant Ă  son attachĂ© de presse l’accĂšs aux locaux de la TĂ©lĂ©vision. Pourquoi ?

J’ai appris qu’il venait visionner le tĂ©lĂ© journal pour l’arranger selon les dĂ©sirs du Premier Ministre. Mon passage fut parsemĂ© de beaucoup de problĂšmes avec le Premier ministre et le groupe qui Ă©tait autour de lui. La goutte qui a fait dĂ©border le vase fut son intervention intempestive dans un dĂ©bat tĂ©lĂ©visĂ© en direct pour dĂ©savouer son Ministre Mansour Moalla et affirmer pĂ©remptoirement que le prix du pain n’augmentera pas. Six mois aprĂšs le prix du pain doublera.

(A suivre) CinquiĂšme et derniĂšre partie La rĂ©volte du pain, la dĂ©liquescence de l’Etat et le bilan des trois dĂ©cennies de Bourguiba (Source: “RealitĂ©s” Le  08-11-2010)

Lien : http://www.realites.com.tn/


Egypt rights groups say fair November election unlikely


CAIRO, Nov 9, 2010 (AFP) – A coalition of Egyptian rights groups said on Tuesday that a government crackdown on opposition candidates will prevent a fair parliamentary election later this month. The Forum of Independent Human Rights Organisations charged in a press conference that violations in the poll, which will be held on November 28, “started early for these elections.” Gamal Eid, the director of the Arab Network for Human Rights Information, noted in particular the broad powers granted to the interior ministry and “restrictions on independent candidates belonging to the Muslim Brotherhood and those who splintered from the National Democratic Party.” The Brotherhood, the country’s largest opposition movement, is fielding 134 candidates, registering them as independents to get around a ban on religious parties. The ruling NDP is running about 800 candidates for the 508 seats. “This climate cannot lead to a fair and free election,” said Magdi Abdel Hamid, the director of the Egyptian Association for Community Participation Enhancement. Bahieddine Hassan, director of the Cairo Institute for Human Rights Studies, said there was a climate of “terror” in the media after the dismissal of an opposition newspaper editor and the suspension of several satellite stations. “It is a farce rather than a legislative election,” he said. The Muslim Brotherhood, which controls a fifth of parliament, has accused the government of arresting dozens of its members since it announced it would run for election. The last election in 2005 was marred by violence and allegations of fraud by judges who supervised the ballot count

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