Afef Bennaceur: Carte de visite El Watan: Lâavocat tunisien Tarek Labidi refoulĂ© Ă lâaĂ©roport dâAlger AFP: Terrorisme et statut de rĂ©fugiĂ© ne sont pas incompatibles (justice UE) Le Monde: L’arrĂȘt sur les biens mal acquis ouvre des perspectives pour les ONG anticorruption Bassam Bounenni: Lâenseignement de lâhistoire et la fiertĂ© dâĂȘtre Tunisien CrĂ©ation du Forum Maghreb Europe “AverroĂšs ” Kapitalis: CĂ©rĂ©monie Ă la mĂ©moire des Juifs de Tunisie victimes des nazis Tunivisions: Le Dr BĂ©chir Jarraya reçoit un prix pour ses travaux sur la maladie de Parkinson RealitĂ©s: Entretien avec Tahar Belkhodja 4Ăšme partie
AFP: Egypt rights groups say fair November election unlikely
Carte de visite
Gafsa, le 8 novembre 2010
Lâavocat tunisien Tarek Labidi refoulĂ© Ă lâaĂ©roport dâAlger
LâAlgĂ©rie devient-elle une citĂ© interdite aux militants des droits de lâhomme maghrĂ©bins ? Lâavocat et membre du conseil national pour les libertĂ©s en Tunisie, Tarek Labidi, a Ă©tĂ© interdit dâentrĂ©e en AlgĂ©rie. Une grave atteinte Ă la libertĂ© de circulation des personnes. InvitĂ© par la Ligue algĂ©rienne de dĂ©fense des droits de lâhomme (Laddh) pour participer Ă un sĂ©minaire de formation sur le thĂšme de «La bonne gouvernance et la sociĂ©tĂ© civile au Maghreb», lâavocat tunisien a Ă©tĂ© tout simplement refoulĂ© Ă lâaĂ©roport dâAlger par la police des frontiĂšres, jeudi dernier, sans que la moindre explication lui soit fournie. Le prĂ©sident de la Laddh, Mustapha Bouchachi, a condamnĂ© fermement «ces entraves rĂ©pĂ©tĂ©es et injustifiĂ©es Ă la libertĂ© de circulation». Tarek Labidi nâest pas le premier militant tunisien Ă ĂȘtre interdit du territoire algĂ©rien. Le 4 avril 2009, la journaliste et militante des droits de lâhomme, Siham Bensedrine, a, elle aussi, connu le mĂȘme sort. Elle devait prendre part Ă un sĂ©minaire, mais a Ă©tĂ© renvoyĂ©e Ă son arrivĂ©e Ă lâaĂ©roport dâAlger en provenance de Paris. Les frontiĂšres entre les pays du Maghreb deviennent infranchissables pour les militants politiques dâopposition. Hocine Zehouane lâa appris, lui aussi, Ă ses dĂ©pens. Parti pour dĂ©fendre le journaliste tunisien, le 19 novembre 2009, Taoufik Ben Brik a Ă©tĂ© refoulĂ© de lâaĂ©roport de Tunis. Une preuve de «fraternitĂ© des rĂ©gimes contre lâaction des dĂ©fenseurs des droits de lâhomme dans lâespace maghrĂ©bin pour casser la vraie solidaritĂ© des militants politiques et les activistes des droits de lâhomme et celle des peuples».  Source: âEl Watanâ (Quotidien – Algerie) Le 09-11-2010) Lien: http://www.elwatan.com/actualite/l-avocat-tunisien-tarek-labidi-refoule-a-l-aeroport-d-alger-09-11-2010-98322_109.php Â
Terrorisme et statut de réfugié ne sont pas incompatibles (justice UE)
 Par Bassam Bounenni
L’arrĂȘt sur les biens mal acquis ouvre des perspectives pour les ONG anticorruption
La dĂ©cision vise d’abord les prĂ©sidents du Gabon – Omar Bongo aujourd’hui dĂ©cĂ©dĂ© et son fils Ali qui lui a succĂ©dĂ© -, du Congo – Denis Sassou-Nguesso – et de GuinĂ©e Ă©quatoriale – Teodoro Obiang Nguema -, mais il s’agit d’un arrĂȘt de principe aux consĂ©quences potentiellement vastes.
Il autorise en effet une ONG telle que Transparency International Ă mettre en cause les “biens mal acquis” en France par des potentats de toutes origines. La plus haute juridiction judiciaire française considĂšre en effet que des dĂ©tournements de fonds publics commis par des chefs d’Etat constitue un prĂ©judice pour les ONG qui luttent contre la corruption. La Cour de cassation estime en effet que si les dĂ©lits poursuivis Ă©taient Ă©tablis, ils “seraient de nature Ă causer Ă l’association Transparence International France un prĂ©judice direct et personel en raison de la spĂ©cificitĂ© du but et de l’objet de sa mission”.
Cet arrĂȘt ouvre donc de nouvelles perspectives aux militants luttant contre la corruption. Il rĂ©sulte lui-mĂȘme de trois annĂ©es de bataille juridique entre les ONG et les autoritĂ©s françaises, peu dĂ©sireuses de voir mis en cause des chefs d’Etat considĂ©rĂ©s comme des “amis de la France”.
FLOTTE DE VOITURES DE LUXE
L’enquĂȘte de l’Office central de rĂ©pression de la grande dĂ©linquance financiĂšre, menĂ©e en 2007 et rĂ©vĂ©lĂ©e parLe Monde en fĂ©vrier 2008, dressait l’inventaire impressionnant des biens possĂ©dĂ©s en France par ces chefs d’Etat et leur famille. Il Ă©tait ainsi Ă©tabli qu’Omar Bongo et ses proches possĂ©daient 33 biens immobiliers (appartements, maisons, hĂŽtel particulier), qu’ils dĂ©tenaient 11 comptes bancaires ainsi qu’une considĂ©rable flotte de voitures de luxe.
Le prĂ©sident congolais, lui, dĂ©tenait au total 18 biens tandis que le prĂ©sident Obiang se distinguait par les trois Bugatti Ă 1 million d’euros piĂšce fabriquĂ©es spĂ©cialement pour son fils Teodoro.
La dĂ©couverte la plus spectaculaire se situait entre les Champs-ElysĂ©es et la plaine Monceau, dans le 8e arrondissement de Paris. LĂ , un hĂŽtel particulier a Ă©tĂ© acquis le 15 juin 2007 pour la somme de 18,875 millions d’euros par une sociĂ©tĂ© civile immobiliĂšre (SCI). Celle-ci associe deux enfants du prĂ©sident gabonais, Omar Denis, 13 ans, et Yacine Queenie, 16 ans, son Ă©pouse Edith, qui se trouve ĂȘtre la fille du prĂ©sident congolais Denis Sassou Nguesso, et un neveu de ce dernier, Edgar Nguesso, 40 ans.
Cette enquĂȘte de police avait Ă©tĂ© diligentĂ©e Ă la suite de la plainte dĂ©posĂ©e en mars 2007 par trois associations : Sherpa, groupement de juristes spĂ©cialisĂ©s dans la dĂ©fense des droits de l’homme, Survie, spĂ©cialisĂ©e dans la dĂ©nonciation des turpitudes de la “Françafrique”, et la FĂ©dĂ©ration des Congolais de la diaspora, qui dĂ©nonce l’opacitĂ© financiĂšre du rĂ©gime de Brazzaville.
Sur la base d’un rapport du ComitĂ© catholique contre la faim et pour le dĂ©veloppement (CCFD) recensant les avoirs dĂ©tournĂ©s par plusieurs chefs d’Etat, elles accusent Omar Bongo, Denis Sassou-Nguesso et Teodoro Obiang-Nguema, de “recel de dĂ©tournement d’argent public”. Le parquet de Paris a ouvert une enquĂȘte prĂ©liminaire en juin 2007. Mais cette premiĂšre plainte a Ă©tĂ© classĂ©e sans suite en novembre 2007.
Une deuxiĂšme, assortie d’une constitution de partie civile, a Ă©tĂ© dĂ©posĂ©e en dĂ©cembre 2008 par Transparence International France (TIF) ainsi que par un contribuable gabonais, Gregory Ngbwa Mintsa. Ce dernier a alors Ă©tĂ© interpellĂ© et incarcĂ©rĂ© au Gabon pendant douze jours.
En mai 2009, Françoise Desset, doyenne des juges d’instruction du pĂŽle financier de Paris, a jugĂ© recevable la plainte de TIF tout en rejetant celle de M. Ngbwa Mintsa. Une information judiciaire pouvait alors s’ouvrir. Mais le parquet, placĂ© sous l’autoritĂ© du ministĂšre de la justice, avait fait appel et obtenu satisfaction en octobre 2009 par un arrĂȘt de la cour d’appel de Paris qui avait stoppĂ© dans l’Ćuf l’instruction. C’est cette derniĂšre dĂ©cision, que la Cour de cassation a censurĂ© mardi.
Suite a une sĂ©rie de rencontres et concertations en marge de confĂ©rences internationales dans plusieurs villes MaghrĂ©bines et EuropĂ©ennes, le « Forum AverroĂšs â pour la MĂ©diterranĂ©e occidentale » est crĂ©e par les signataires de ce document .
 Les 10 fondateurs de ce rĂ©seau sont les membres de son comitĂ© directeur .Ils seront soutenus par un ComitĂ© dâOrientation consultatif et des experts dans les affaires internationales , europĂ©ennes et maghrĂ©bines  .Â
Lâobjectif du Forum
Lâobjectif visĂ© est de constituer un rĂ©seau de communicants, dâintellectuels, dâexperts et de spĂ©cialistes sur les questions de relations internationales en MĂ©diterranĂ©e occidentale.
Dans cette perspective, lâambition est de :
–        Participer au rapprochement des cultures des deux rives mĂ©diterranĂ©ennes .
–        Unir nos forces afin de dĂ©velopper la fraternitĂ©, lâĂ©galitĂ© et la non discrimination entre les peuples et les personnes .
–        Contribuer Ă crĂ©er les conditions de la paix et de la prospĂ©ritĂ© dans la rĂ©gion .
–        Renforcer la dĂ©marches des pays concernĂ©s vers lâEtat de droit .
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La stratégie du Forum
Ce rĂ©seau a pour vocation non seulement dâorganiser des confĂ©rences et des sĂ©minaires, de conduire des Ă©tudes, dâassurer des consultances dans les domaines prĂ©citĂ©s, mais aussi de constituer une force de proposition dâinitiatives dans la rĂ©gion considĂ©rĂ©e, vers tous dĂ©cideurs politiques ou privĂ©s europĂ©ens ou maghrĂ©bins.
Cadre Juridique et matériel:
Le Forum est organisĂ© sous forme dâun rĂ©seau, notamment Ă travers internet, sans statut particulier ni structure juridique. Il est dirigĂ© par un comitĂ© directeur tandis quâun comitĂ© dâorientation, Ă travers un avis consultatif, apporte des recommandations pour le choix des prioritĂ©s Ă traiter et des activitĂ©s Ă organiser.
Le comite directeur est constitué de 10 membres provenant chacun dâun des dix pays participant Ă lâinitiative 5+5.
Un comite dâorientation, comprenant 15 membres au plus, rassemble des spĂ©cialistes et des experts des questions concernant les relations internationales en MĂ©diterranĂ©e occidentale, quelle que puisse ĂȘtre leur nationalitĂ©.
Ces membres sont cooptĂ©s par le comitĂ© directeur Ă travers une consultation de vive voix ou par lâintermĂ©diaire dâinternet. Si nĂ©cessaire il est procĂ©dĂ© Ă un vote.
Le rĂ©seau est ensuite complĂ©tĂ© par des experts et dâautres spĂ©cialistes sollicitĂ©s en fonction des besoins liĂ©s aux activitĂ©s du Forum.
Les membres ayant ainsi rejoint le rĂ©seau restent membres du Forum tant quâils le souhaitent et tant que le comitĂ© directeur ne dĂ©cide pas une Ă©ventuelle radiation.
Les activités :
Le Forum a vocation d organiser :
–        Des Ă©tudes
–Â Â Â Â Â Â Â Â Des colloques
–        Des sĂ©minaires
–        Des confĂ©rences
–        Des groupes de travail spĂ©cialisĂ©s
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A terme, il peut ĂȘtre conduit Ă crĂ©er un Centre dâĂ©tudes, sous forme de sociĂ©tĂ© commerciale et de services privĂ©e ( SARL) , destinĂ© Ă gĂ©rer des travaux de consultance, de conseil ou dâanalyse commandĂ© par des tiers.
Les membres fondateurs composant le comité directeur
Tunisie : Kamel Ben Younes( coordinateur du Forum ) , Universitaire ,Historien Géographe de formation ,expert en communication , Journaliste Reporter International , Directeur Exécutif Association Etudes Internationales en Tunisie , membre de bureaux d ONG en Tunisie , dans les régions Arabo Islamique, en Afrique  en Europe et aux USA.
AlgĂ©rie : – Aziz Derwez Expert international , Ă©conomiste et ex ministre . (AlgĂ©rie)
Maroc : Mohamed Ben Hammou Universitaire ,Président du Centre Marocain des Etudes Stratégiques et de la Fédération Africaine des Etudes Stratégiques.
Mauritanie : Mohamed Ben Salem ,Journaliste , PrĂ©sident de lâAssociation des Etudes Arabes et Africaines et vice prĂ©sident du Syndicat des journalistes en Mauritanie.
Libye : Mustafa Fetouri ,Universitaire , Ecrivain , membre de l Académie libyenne des etudes strategiques.
France : Jean François CoustilliĂšre , Contre-amiral (2S), Enseignant et directeur de sĂ©minaires universitaires, PrĂ©sident ou membres de bureaux dâONG de relations et dâEtudes Euro MĂ©diterranĂ©ennes. Expert des questions de sĂ©curitĂ© dans la RĂ©gion Euro Med.
Espagne : Regina Laguna, Avocat , Journaliste pendant 22 ans, Universitaire spécialiste en justice et égalité des genres ,expert dans les études internationales et européennes.
Italie : – Alberto De Filippis (Italie) â EuronewsÂ
Portugal : Luisa Meireles, Universitaire et écrivain Expert dans les questions Euro Med.
Malte:
Les membres composant le comitĂ© dâorientation
Les membres du comitĂ© dâorientation seront cooptĂ©s parmi les personnes proposĂ©es et spĂ©cifiquement :
– Habib Kchaw (Tunisie) – expert en sciences Ă©conomiques et sociales, Homme dâaffaires investisseur dans 4 pays Maghrebins + EU , exChercheur au Centre d Etudes de UGTT ( Union des Syndicats en Tunisie ) .
-Belkacem IratniUniversitaire expert dans les affaires internationales et Africaines  Ex Directeur General de Bourse d Algerie
– Mohammed Mbarek Zidan (Diplomate . Expert International Libye)
– IvĂĄn MartĂn (Espagne )  chercheur associĂ© de lâInstituto Complutense de Estudios Internacionales (ICEI) Ă Madrid. Il est professeur universitaire dâĂ©conomie internationale et chercheur spĂ©cialisĂ© sur les relations Ă©conomiques euro-mĂ©diterranĂ©ennes, les Ă©conomies du Maghreb et lâemploi et les marchĂ©s de travail dans les pays arabes mĂ©diterranĂ©ens. Il fait partie des conseils de rĂ©daction des revues Confluences MĂ©diterranĂ©e et Mediterranean Politics.
– Moncef Sellimi (Tunisien en Allemagne ) – Journaliste a DW,Tunisien et ex correspondant reporter au Maroc pendant 20 ans-
– Isabel Werenfels (Allemagne) â politologue et chercheur Ă lâInstitut des Affaires Internationales et de la SĂ©curitĂ© (SWP) Ă Berlin, enseignante Ă la Freie UniversitĂ€t Berlin, elle est aussi membre du Conseil de Fondation de l’IHEID Ă GenĂšve. Sa recherche porte sur les dĂ©veloppements internes des Etats du Maghreb et sur les relations euro-mĂ©diterranĂ©ennes.
– Mirra Banchon Ramirez (Allemande d origine Espagnole ) – correspondante de DW Espagnol + Eng a Bruxelles et de medias EU divers –
– SĂ©bastien Abis (France)â analyste politique, expert des questions euro-mĂ©diterranĂ©ennes â
– Ahmed Mustafa – Reporter a BBC et Ă©crivain analyste politique et gĂ©ostratĂ©gique dans les medias anglophones et arabes du GCC â
_ Maria Franciosi, journaliste et écrivain , Consultante d études et de communication a Bruxelles , auteur de plusieurs livres et études socio économiques et politiques sur les relations Nord Sud. Expert dans le dossier de la migration.
Cérémonie à la mémoire des Juifs de Tunisie victimes des nazis
Le Dr Béchir Jarraya reçoit un prix pour ses travaux sur la maladie de Parkinson Distinction européenne pour le Dr Jarraya en Allemagne
Le docteur Tunisien BĂ©chir Jarray, spĂ©cialiste en neurochirurgie et exerçant Ă lâhĂŽpital Henri-Mondor de Paris, vient de recevoir, vendredi 05 novembre, un prix qui concrĂ©tise ses travaux. Il sâagit du prix du meilleur travail scientifique en Neurochirurgie pour les praticiens de moins de 40 ans. Il est attribuĂ© par «Association of Neurosurgical Societies» (EANS) et le laboratoire «Braun» dans le cadre dâune cĂ©rĂ©monie organisĂ©e Ă Francfort.  La maladie de Parkinson est une maladie handicapante qui affecte physiquement et psychiquement le malade, et se rĂ©percute sur son entourage. Elle touche plus particuliĂšrement les seniors sans quâil y ait un traitement efficace. Cette maladie cible le systĂšme neurologique central et lâaffaiblit petit Ă petit, entrainant des troubles moteurs. Elle se traduit par la destruction des cellules produisant la dopamine ; hormone responsable entre autre du bon dĂ©roulement des fonctions motrices.  Le docteur tunisien et son Ă©quipe ont dĂ©couvert une nouvelle thĂ©rapie qui, injectĂ©e dans le cerveau, stimule durablement la dopamine (le manque de cette hormone est le dĂ©clencheur du Parkinson). TestĂ©e sur 18 singes atteints, ce traitement leur a permis de rĂ©cupĂ©rer 80% de leurs capacitĂ©s motrices. Les essais cliniques sur des patients humains ont traduit une rĂ©ussite Ă©quivalente.  Parmi les personnalitĂ©s cĂ©lĂšbres atteintes de la maladie Parkinson on note le Pape Jean Paul II, le boxeur Mohamed Ali Clay ou encore le dĂ©funt homme dâĂ©tat Yasser Arafat.  Cette dĂ©couverte pourrait peut ĂȘtre mettre fin une bonne fois pour toute Ă cette maladie gĂȘnante qui affecte principalement les personnes du 3Ăšme Ăąge, surtout en prenant en considĂ©ration la tendance de la population mondiale au vieillissement.
Entretien avec Tahar Belkhodja 4Ăšme partie
Dans cette quatriĂšme partie Tahar Belkhodja, ancien Ministre de Bourguiba, revient sur la politique dite dâouverture du dĂ©but des annĂ©es quatre-vingt, les conditions qui ont fait quâil y ait une fraude massive lors des Ă©lections lĂ©gislatives de 1981 et surtout sur les actions et les ambitions du Premier Ministre de lâĂ©poque Mohamed Mzali et ce avant lâĂ©pisode douloureux de la rĂ©volte du pain en janvier 1984. Comme dâhabitude, Tahar Belkhodja ne mĂąche pas ses mots. Câest sa part de vĂ©ritĂ© quâil veut fonder, assure-t-il toujours, sur des faits avĂ©rĂ©s et indiscutables. Bonne lecture La fin des annĂ©es soixante-dix sâest mal terminĂ©e pour la Tunisie. Du jeudi noir (le 26 janvier 1978) au commando de Gafsa le 28 janvier 1980, le pays a connu deux annĂ©es assez terribles et puis vint subitement la politique dite dâouverture au dĂ©but de la dĂ©cennie des annĂ©es quatre-vingt. Etait-ce une dĂ©cision de Bourguiba ou de son nouveau Premier Ministre Mohamed Mzali ou bien le systĂšme a-t-il tirĂ© les consĂ©quences de ces annĂ©es de braise ?
Ce nâest pas la premiĂšre fois que la conjoncture nous impose un changement suite Ă un mĂ©contentement populaire, malgrĂ© la prĂ©tention du parti Ă tout encadrer et tout rĂ©gimenter. La premiĂšre fois câĂ©tait en 1970 aprĂšs la fin du collectivisme. Nous en avons dĂ©jĂ parlĂ© (voire la deuxiĂšme partie de cet entretien NDLR). Le 26 janvier 1978 a montrĂ© la fragilitĂ© du pays et la dĂ©liquescence de lâEtat. Ensuite le principal artisan de la politique des annĂ©es soixante-dix, le Premier ministre HĂ©di Nouira ne pouvait plus assumer sa mission pour raison de santĂ©. Vous voulez dire que Si Nouira nâĂ©tait pas tombĂ© gravement malade, Bourguiba ne lâaurait pas changĂ© ? Absolument. Pour Bourguiba câĂ©tait une surprise totale. Tous ses plans tombaient Ă lâeau. Pour lui HĂ©di Nouira Ă©tait son dauphin et il nâavait pas du tout lâintention de sâen sĂ©parer. Constatant que HĂ©di Ă©tait gravement atteint, Bourguiba avait nommĂ© Mohamed Mzali comme coordinateur en attendant un probable retour de Nouira. Pourquoi Mzali et pas quelquâun dâautre ?
Bourguiba nâavait pas beaucoup de choix. Il pensait que Nouira pouvait guĂ©rir. Il devint lui-mĂȘme Premier ministre estimant que la convalescence de Nouira ne prendrait que quelques semaines. Cela avait durĂ© moins dâun mois. Il sâest rendu compte quâil ne pouvait pas assumer cette tĂąche. Il a imaginĂ© le titre de coordinateur, une sorte de Premier ministre par intĂ©rim, pour indiquer quâil nâavait pas changĂ© de dauphin. Au dĂ©but il avait pensĂ© Ă Mohamed Sayah. Câest Wassila qui lâen dissuada. Sayah Ă©tait trop impliquĂ© dans les Ă©vĂšnements doulereux quâavait connus la Tunisie et nâavait pas bonne presse auprĂšs de la jeunesse et des syndicalistes. Câest Ă ce moment-lĂ quâil avait pensĂ© Ă Mzali.
Je voudrai rĂ©tablir ici une vĂ©ritĂ© historique. Mohamed Mzali a prĂ©tendu que Bourguiba lui avait dit le jour de sa nomination en tant que coordinateur : Mohamed je voudrais que tu occupes ce siĂšge (celui de Bourguiba) aprĂšs ma mort. Le PrĂ©sident ne pouvait pas lui dire cela sinon il lâaurait nommĂ© Premier Ministre et non pas coordinateur. Ce nâest que quelques semaines aprĂšs que Bourguiba sut que HĂ©di Nouira ne pouvait plus assumer son ancienne charge et câest seulement Ă ce moment-lĂ que Mzali fut nommĂ© Premier ministre. Lâouverture, câest le choix de Mzali ou de Bourguiba ?
Quand Bourguiba nomme quelquâun, câest toujours dans un but prĂ©cis et pour accomplir une tĂąche particuliĂšre. Il faut rappeler aussi que Bourguiba a fait rentrer au gouvernement presque tous les ministres dĂ©missionnaires de dĂ©cembre 1977. Je crois mĂȘme quâil les a presque imposĂ©s Ă Mzali. Hamed Karoui, Mansour Maalla et moi-mĂȘme avions proposĂ© Ă Mzali de nous rĂ©unir en comitĂ© restreint afin de prĂ©senter au PrĂ©sident un projet de rĂ©formes au cĆur desquelles figure lâacceptation dâun certain pluralisme politique en Tunisie. Quel Ă©tait la position de Mzali sur cette question ?
On ne peut pas savoir. DĂšs que Mzali fut nommĂ© Premier ministre il ne pensait plus quâĂ une seule chose : le dauphinat qui devait lâamener automatiquement Ă la PrĂ©sidence de la RĂ©publique. Tout ce qui consolidait cet objectif Ă©tait le bienvenu. Il ne pouvait pas refuser lâouverture du systĂšme. De toutes les façons il nâĂ©tait pas question pour nous de changer de rĂ©gime ou dâimaginer une alternative Ă Bourguiba, mais uniquement de libĂ©raliser la vie politique dans le pays. Qui Ă©tait concernĂ© par ce pluralisme?
Ahmed Mestiri et son parti le Mouvement des DĂ©mocrates Socialistes. Nous avons conçu cette fameuse phrase que devait prononcer le PrĂ©sident devant le CongrĂšs du parti en avril 1981 comme quoi il ne voyait pas dâinconvĂ©nient dans le multipatisme. Vous avez donc dĂ©cidĂ© de la tenue dâun congrĂšs du partiâŠ
Oui. Il fallait annoncer solennellement lâouverture politique dans un congrĂšs du parti. Et Bourguiba devait prononcer cette phrase programme lors de son discours. Quelques temps avant Mzali est venu nous dire quâil y avait un problĂšme. Chedly Klibi, le principal rĂ©dacteur des discours de Bourguiba, ne voulait pas inclure cette phrase sans lâaval explicite du PrĂ©sident. Plus trad, nous avions compris que la rĂ©ticence venait plutĂŽt du cĂŽtĂ© de Mzali, car il voyait en Ahmed Mestiri, le chef de lâopposition libĂ©rale, son principal rival pour la succession de Bourguiba. Cela va se vĂ©rifier plus tard. De toutes ses façons, Bourguiba accepta cette idĂ©e avec enthousiasme et quand il dit cette phrase tous les congressistes se levĂšrent et applaudirent longuement. Dans quelles circonstances avez-vous rejoint le gouvernement en dĂ©cembre 1980 ?
JâĂ©tais ambassadeur en Allemagne aprĂšs le triste Ă©pisode de la confrontation avec lâUGTT (voir la troisiĂšme partie de cet entretien NDLR). Je savais dâexpĂ©rience que mon passage Ă lâĂ©tranger ne pouvait pas durer et que Bourguiba, comme toujours, allait me rĂ©intĂ©grer dans le gouvernement. Bourguiba Ă©tait convaincu que Mzali avait besoin de poids lourds comme BĂ©ji CaĂŻd Essebsi et moi-mĂȘme pour mener Ă bien sa tĂąche, car on doutait un peu de ses capacitĂ© Ă sâen sortir tout seul. Pourquoi BĂ©ji CaĂŻd Essebsi, alors quâil Ă©tait plutĂŽt proche de Mestiri ?
Avant la crĂ©ation du Mouvement des DĂ©mocrates socialistes en 1978 il y avait deux tendances dans cette mouvance libĂ©rale.Il y avait ceux qui voulaient rester dans le Parti Socialiste Destourien et le rĂ©former de lâintĂ©rieur. CâĂ©taient BĂ©ji CaĂŻd Essebsi, Habib BoularĂšs, Sadok Ben Jemaa et Hassib Ben Ammar. En face il y avait Mestiri qui prĂŽnait la crĂ©ation dâun nouveau parti. Avant 1980 le pouvoir voulait faire imploser le mouvement de Mestiri. Wassila Bourguiba, certainement avec lâaval de son mari, avait chargĂ© BĂ©chir Zarg El Ayoun (lâun des vieux compagnons de Bourguiba NDLR) de sâoccuper de cette affaire. Sadok Ben Jemaa Ă©tait lâami de Zarg El Ayoun. Il sâest ralliĂ© au projet du pouvoir et avait rĂ©ussi Ă convaincre ses amis politiques de faire de mĂȘme. Le deal Ă©tait : rester dans le parti et vous reviendrez aux premiers postes des responsabilitĂ©s. La promesse Ă©tait faite en 1979 et il fallait la tenir. Câest pour cela quâon a profitĂ© de la volontĂ© de Bourguiba pour me faire rĂ©intĂ©grer le gouvernement pour procĂ©der Ă un remaniement qui a permis aux anciens amis de Mestiri de rejoindre lâĂ©quipe gouvernementale.
Je devais hĂ©riter, personnellement, du ministĂšre de lâInformation et de la Culture quâoccupait avant moi Foued Mbazzaa, mais Mzali lâa scindĂ© en deux pour nommer BĂ©chir Ben Slama Ă la Culture et me donner simplement le secteur de lâinformation. Vos expĂ©riences passĂ©es dans le gouvernement Ă©taient plutĂŽt liĂ©es au ministĂšre de lâIntĂ©rieur. Pourquoi ce passage de la sĂ©curitĂ© Ă lâinformation ?
Jâai su aprĂšs que Bourguiba voulait me nommer Ministre de la DĂ©fense, mais Mzali nâen voulait pas. Il devait avoir, pour je ne sais quelles raisons, une peur bleue de ma personne. Quelles Ă©taient Ă ce moment-lĂ , les principaux chantiers de la rĂ©forme pour le gouvernement ?
RĂ©ussir une certaine forme de pluralisme. Pour ĂȘtre prĂ©cis, je dirais rĂ©ussir le rassemblement en faisant participer les libĂ©raux, qui ne pouvaient ĂȘtre que minoritaires Ă nos yeux, Ă la gestion politique du pays, soit avec nous au gouvernement, soit dans le cadre dâune opposition lĂ©gale. Nous Ă©tions tous dâaccord, au gouvernement, quâil fallait ouvrir le systĂšme politique et intĂ©grer, avec nous, les libĂ©raux. Le pouvoir Ă©tait-il pour quelque chose dans la scision du mouvement dâAhmed Ben Salah ?
Non, pour nous Ben Salah Ă©tait fini du temps mĂȘme oĂč jâĂ©tais ministre de lâIntĂ©rieur. Je profite de cette occasion pour dire que la prĂ©tendue tentative dâassassinat dont il dit avoir Ă©tĂ© victime en Suisse nâest que pure affabulation. La preuve est le communiquĂ© du Gouvernement FĂ©dĂ©ral suisse qui dĂ©ment toutes les allĂ©gations de Ben Salah.
Ben Salah prĂ©tend que Bourguiba avait envoyĂ© BĂ©chir Zarg El Ayoun pour lâassassiner en Suisse et que ce dernier fut arrĂȘtĂ© par le gouvernement fĂ©dĂ©ral. Il affirme mĂȘme que Bourguiba est allĂ© personnellement en Suisse pour ramener Zarg El Ayoun.. Comme dĂ©lire on ne fait pas mieux. Il est certain quâon cherchait Ă lâĂ©poque dâĂȘtre informĂ© sur les agissements de Ben Salah Ă lâĂ©tranger, mais cela nâa jamais dĂ©passĂ© ce stade.
Cela Ă©tant la scission au sein de son mouvement Ă©tait purement interne.Elle a vu le jour dans la foulĂ©e du procĂšs du Mouvement de lâUnitĂ© populaire de Ben Salah en 1976. Et la levĂ©e dâinterdiction sur le parti communiste tunisien, qui lâavait dĂ©cidĂ©e ?
Cela nâĂ©tait pas stratĂ©gique. La seule chose importante Ă lâĂ©poque câĂ©tait la volontĂ© de sâouvrir sur le mouvement des libĂ©raux. Revenons aux Ă©lections gĂ©nĂ©rales de 1981. Qui avait dĂ©cidĂ© cette fraude massive qui avait privĂ© le MDS dâune victoire Ă©lectorale ?
Ce nâĂ©tait pas une fraude massive, mais plutĂŽt un retour aux mĂ©thodes dâantan. Câest-Ă -dire ?
Quand nous avons convenu dâintroduire une dose de pluralisme, nous pensions que le systĂšme Ă©tait suffisamment fort et quâil avait avec lui la majoritĂ© de la population. CâĂ©tait cela aussi ce que pensait Bourguiba. Dans sa volontĂ© de rassemblement, il voulait rĂ©intĂ©grer dâune maniĂšre ou dâune autre Ahmed Mestiri et ses amis. Il fallait donc enclencher un processus Ă©lectoral qui devait nous amener Ă ce rĂ©sultat. Câest pour cela que nous avons adoptĂ© une loi Ă©lectorale qui permet le panachage des listes, afin que nous ayons la possibilitĂ© dâintĂ©grer des Ă©lĂ©ments des listes opposantes et quâelles puissent remporter quelques siĂšges au nouveau Parlement, mais pas battre le PSD. CâĂ©tait cela notre philosophie. On pensait que les choses allaient se passer ainsi.
Au MinistĂšre de lâInformation jâavais fait appliquer la loi de maniĂšre transparente et Ă©quitable entre les diffĂ©rentes listes pour la campagne officielle Ă la radio et Ă la tĂ©lĂ©vision.
Ce que nous nâavions pas bien perçu Ă lâĂ©poque est lâerreur de faire de la capitale un objet de duel entre Ahmed Mestiri du cĂŽtĂ© des libĂ©raux et BĂ©ji CaĂŻd Essebsi du cĂŽtĂ© du PSD.
On nâavait pas cherchĂ© Ă nous concerter avec Mestiri avant le lancement de la campagne Ă©lectorale. Nous nous sommes dit que chacun joue son rĂŽle.
LâatmosphĂšre du pays avait changĂ© au cours de la campagne Ă©lectorale. Mestiri ne disposait pas dâun appareil de propagande consĂ©quent, mais il avait rĂ©ussi Ă ĂȘtre percutant dans ses interventions radiotĂ©lĂ©visĂ©es.CâĂ©tait un homme qui parlait de lâavenir de la jeunesse, des problĂšmes Ă©conomiques, de lâagriculture etc⊠Son discours avait fait de lâeffet sur les gens. En plus de cela Mestiri avait bĂ©nĂ©ficiĂ© dâun socle Ă©lectoral important. Les capitales, chacun le sait, sont toujours frondeuses et sanctionnent assez souvent les partis, au pouvoir. Pendant que Mestiri parlait dâavenir, Mzali parlait lui de bilan.
En cours de campagne on a commandĂ© auprĂšs de spĂ©cialistes français des enquĂȘtes dâopinion intĂ©rieures. Ces sondages nous Ă©taient dĂ©favorables. Quels Ă©taient les pourcentages ?
CâĂ©taient des sondages qualitatifs. Ils prĂ©disaient un raz de marĂ©e vert (la couleur du MDS. NDLR) aussi bien Ă Tunis que dans les autres grandes villes du pays. Driss Guiga, le Ministre de lâIntĂ©rieur de lâĂ©poque, avait les mĂȘmes informations.Il avait avisĂ© le Premier ministre, mais Mzali disait que ces renseignements ne valaient rien. Il pensait que lâopinion Ă©tait avec lui. Pourquoi Mzali nâa-t-il pas tenu compte de ces avertissements ?
Mzali ne voulait pas que ce processus Ă©lectoral dĂ©bouche sur un rĂ©sultat positif. Le regrettĂ© Me Abderrahmane Hila qui figurait sur la liste de Mestiri, pour ne prendre quâun seul exemple avait subi beaucoup de pressions pour quâil se retire Ă la toute derniĂšre minute afin que Mestiri ne puisse pas le remplacer et verrait ainsi sa liste totalement invalidĂ©e. Câest Hassen Belkhodja, probablement sous lâinstigation de Wassila, qui contacta Hila. Ce dernier vint me voir et je lui dĂ©conseillai vivement de faire cela. Je lui avais dit quâil perdrait tout crĂ©dit. Ensuite on lâa menacĂ© de rendre public des dossiers dâordre privĂ©. Il Ă©tait dans tous ses Ă©tats. Je lui ai conseillĂ© dâaller voir Mestiri et de se retirer Ă temps afin que le MDS pourvoie Ă son remplacement et que la liste de Mestiri sur Tunis ne soit pas invalidĂ©e. CâĂ©tait une tentative du Palais ou de Premier MinistĂšre ?
CâĂ©tait une tentative du Premier ministre et de lâappareil du parti. Moi je nâĂ©tais pas dans le parfum car on ne me faisait pas confiance.
Deux jours avant le scrutin, Mzali quitta la capitale et sâinstalla Ă Monastir sous prĂ©texte quâil Ă©tait tĂȘte de liste alors que son second, Mongi Kooli, pouvait faire ce travail sans aucun problĂšme.Je dois dire que le Ministre de lâIntĂ©rieur, Driss Guiga Ă©tait trĂšs disciplinĂ© vis-Ă -vis du Premier minsitre. Il nâa jamais voulu le doubler, ce qui nâĂ©tait pas, pour ĂȘtre honnĂȘte, mon cas. Jâavais mes entrĂ©es au Palais et un contact direct avec le PrĂ©sident et je mâen servais. Driss Guiga avait insistĂ© auprĂšs de Mzali pour quâil informe le PrĂ©sident de la situation et quâil rĂ©unisse le bureau politique pour cela. Mzali ne voulait rien entendre. La veille des Ă©lections, Driss Guiga et Mansour Rouissi, gouverneur de Tunis, informĂšrent Bourguiba de la situation. Ils lui dirent que si les Ă©lections se passaient normalement le parti allait perdre la capitale. En plus Ă Tunis, le MDS avait pris ses prĂ©cautions pour placer des observateurs dans tous les bureaux de vote. Guiga dit au PrĂ©sident que certaines autres rĂ©gions risquaient de tomber. Bourguiba se mit en colĂšre. On nâa pas convenu de cela, leur dit-il. Il ne faut pas quâil y ait un changement radical de rĂ©gime, leur assĂ©na-t-il. OĂč est le Premier Ministre ? demanda Bourguiba. On lui dit quâil Ă©tait Ă Monastir pour sâoccuper de sa campagne. Le PrĂ©sident avait tout compris. Il leur dit : Il faut que le parti gagne la totalitĂ© des circonscriptions comme dâhabitude. Le jour du vote on envoya la milice provoquer les observateurs. La police laissait faire sans broncher. A 11 heures du matin Ahmed Mestiri dĂ©cide de retirer tous ses observateurs, ce qui est une erreur Ă mon avis. Les observateurs partis, on fit des urnes ce quâon avait lâhabitude de faire.
Câest un Ă©norme gĂąchis. Câest une mauvaise gestion politique dâune espĂ©rance extraordinaire. Cela est dĂ» Ă un scĂ©nario diabolique du Premier Ministre. Il voulait Ă©liminer Mestiri de la course Ă la succession de Bourguiba. Mzali savait quâil ne faisait pas le poids devant Mestiri et il fallait que cette volontĂ© de rassemblement Ă©choue. Câest ma lecture des Ă©vĂšnements. Câest pour cela que le choix de BĂ©ji CaĂŻd Essebsi comme tĂȘte de liste Ă Tunis Ă©tait mauvais. Il fallait sâentendre avec Mestiri sur un modus vivendi afin de faire rĂ©ussir cette expĂ©rience, ce que nous nâavons pas fait. Lâintention Ă©tait mauvaise et cela dĂšs le dĂ©but du processus Ă©lectoral. AprĂšs la proclamation des rĂ©sultats qui donnaient Ă toutes les listes de lâopposition confondues moins de 5%, aviez-vous pensĂ© Ă dĂ©missionner?
Nous avons demandĂ© la rĂ©union du bureau politique du PSD, Mzali avait dit que les rĂ©sultats Ă©taient lĂ et quâil fallait tourner la page. Il Ă©tait comblĂ© parce que son scĂ©nario avait rĂ©ussi. On Ă©tait quelques uns Ă interpeler Driss Guiga, surtout Mansour Moalla, en lui disant : donnez-nous les vrais chiffres, pour quâon sache rĂ©ellement quelles sont nos faiblesses. Driss Guiga nous disait : je suis un ministre de Bourguiba. Jâai fait mon rapport au PrĂ©sident. Si vous voulez connaĂźtre quelque chose demandez-le au PrĂ©sident. Il sâen tenait Ă cette posture. Nous Ă©tions trĂšs Ă©nervĂ©s. Nous avions pensĂ© dĂ©missionner, mais cela ne faisait quâaccroitre les difficultĂ©s du PrĂ©sident et ne pouvait quâarranger ceux qui ont conçu ce scĂ©nario diabolique. Et si câĂ©tait Ă refaire ?
Notre dĂ©mission nâaurait rien changĂ©. Nous avons perdu un processus de dĂ©mocratisation et la possibilitĂ© dâun vĂ©ritable changement. Câest cela qui compte. Nous Ă©tions tous coupables, Ă des degrĂ©s divers de nâavoir pas su gĂ©rer un processus de dĂ©mocratisation que le PrĂ©sident avait voulu.
Il nâest pas digne de dire que câest Bourguiba qui avait ordonnĂ© la fraude ou que câest Wassila qui avait changĂ© les rĂ©sultats. Il faut reconnaĂźtre quâĂ cette pĂ©riode lĂ nous nâĂ©tions pas suffisamment compĂ©tents pour rĂ©ussir ce processus de dĂ©mocratisation. Dans ces conditions Ă quoi cela servait-il de rester au gouvernement ?
Nous nâĂ©tions pas Ă notre premiĂšre dĂ©ception et ma dĂ©mission nâaurait rien changĂ©. Que gardez-vous de votre passage au ministĂšre de lâInformation ?
CâĂ©taient des moments extraordinaires : le congrĂšs du PSD et les Ă©lections de 1981 entre autres. Heureusement que je suis parti en juin 1983 bien avant les Ă©meutes du pain de janvier 1984 qui ont fait beaucoup plus de victimes que le jeudi noir du 26 janvier 1978.
Au ministĂšre de lâInformation je me suis entourĂ© de gens trĂšs valables : Abdallah Amami, Mongi Ben Othmane, Abdelaziz Barouhi et dâautres.A mon arrivĂ©e le journalisme et les journalistes Ă©taient dans de mauvais draps. Je pense avoir redonnĂ© confiance aux professionnels de la presse. On a pu dĂ©mocratiser un tant soit peu les pratiques journalistiques. Câest pour cela quâon a parlĂ© Ă ce moment lĂ du printemps de lâinformation. On a changĂ© les journaux tĂ©lĂ©visĂ©s. On a organisĂ© des dĂ©bats politiques en direct, dont le dernier âsur la Caisse gĂ©nĂ©rale de compensationâ en mai 1983 a Ă©tĂ© la cause directe de mon dĂ©part du gouvernement.
On a fait pas mal de choses, mais jâĂ©tais seul Ă le faire. Je ne pouvais pas rĂ©ussir car le gouvernement et son chef ne marchaient pas. On a pu quand mĂȘme affranchir les agences de presse Ă©trangĂšres du contrĂŽle de lâagence officielle. On a imposĂ© la deuxiĂšme chaine de tĂ©lĂ©vision française, Antenne 2, malgrĂ© le refus du Premier Ministre⊠Il faut savoir que lâInformation nâest quâun aspect de la gestion politique. Si les autres rouages sont grippĂ©s, alors lâinformation seule ne peut rien faire. Jâai quand mĂȘme rĂ©ussi Ă stopper un tout petit peu lâinsatiabilitĂ© mĂ©diatique de Mzali en interdisant Ă son attachĂ© de presse lâaccĂšs aux locaux de la TĂ©lĂ©vision. Pourquoi ?
Jâai appris quâil venait visionner le tĂ©lĂ© journal pour lâarranger selon les dĂ©sirs du Premier Ministre. Mon passage fut parsemĂ© de beaucoup de problĂšmes avec le Premier ministre et le groupe qui Ă©tait autour de lui. La goutte qui a fait dĂ©border le vase fut son intervention intempestive dans un dĂ©bat tĂ©lĂ©visĂ© en direct pour dĂ©savouer son Ministre Mansour Moalla et affirmer pĂ©remptoirement que le prix du pain nâaugmentera pas. Six mois aprĂšs le prix du pain doublera.
(A suivre) CinquiĂšme et derniĂšre partie La rĂ©volte du pain, la dĂ©liquescence de lâEtat et le bilan des trois dĂ©cennies de Bourguiba (Source: âRealitĂ©sâ Le 08-11-2010)
Lien : http://www.realites.com.tn/
Egypt rights groups say fair November election unlikely
CAIRO, Nov 9, 2010 (AFP) – A coalition of Egyptian rights groups said on Tuesday that a government crackdown on opposition candidates will prevent a fair parliamentary election later this month. The Forum of Independent Human Rights Organisations charged in a press conference that violations in the poll, which will be held on November 28, “started early for these elections.” Gamal Eid, the director of the Arab Network for Human Rights Information, noted in particular the broad powers granted to the interior ministry and “restrictions on independent candidates belonging to the Muslim Brotherhood and those who splintered from the National Democratic Party.” The Brotherhood, the country’s largest opposition movement, is fielding 134 candidates, registering them as independents to get around a ban on religious parties. The ruling NDP is running about 800 candidates for the 508 seats. “This climate cannot lead to a fair and free election,” said Magdi Abdel Hamid, the director of the Egyptian Association for Community Participation Enhancement. Bahieddine Hassan, director of the Cairo Institute for Human Rights Studies, said there was a climate of “terror” in the media after the dismissal of an opposition newspaper editor and the suspension of several satellite stations. “It is a farce rather than a legislative election,” he said. The Muslim Brotherhood, which controls a fifth of parliament, has accused the government of arresting dozens of its members since it announced it would run for election. The last election in 2005 was marred by violence and allegations of fraud by judges who supervised the ballot count
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