9 mars 2009

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TUNISNEWS

8 ème année, N° 3212 du 09.03.2009

 archives : www.tunisnews.net  


Tunisie :La répression s’intensifie contre le mouvement étudiant – Communiqué commun

AFP:Tunisie: froid et neige, distribution d’aide aux pauvres dans le nord-ouest

Reuters: Iraq settles debt claims with Tunisia at 10.25 pct

Prof. Taoufik BACHROUCH: Démocratie et pauvreté

Houcine Bardi : Tunisie : LE COURAGE D’INFORMER     

AFP: Liban: lancement de la reconstruction du camp palestinien de Nahr al-Bared

Reuters: Liban – Le camp palestinien ravagé de Nahr al Bared reconstruit

Islam-democracy: Bi-Partisan Group of Prominent Scholars and Experts Urge President Obama  to Make Democracy in the Middle East a Top Priority


Liste actualisée des signataires de l’initiative du Droit de Retour : http://www.manfiyoun.net/fr/listfr.html Celles et Ceux qui veulent signer cet appel sont invités à envoyer leur: Nom, Pays de résidence et Année de sortie de la Tunisie sur le mél de l’initiative : manfiyoun@gmail.com


 

Forum démocratique pour le travail et les libertés
INVITATION
  Le Docteur Mustapha Benjaafar, secrétaire général du Forum démocratique pour le travail et les libertés (FDTL), parti d’opposition tunisien membre de l’Internationale Socialiste, sera à Genève pour débattre des thèmes suivants au cours d’une conférence-débat : –          Les élections présidentielles et législatives d’octobre 2009, quelles perspectives ? –          Point sur l’état des libertés, vie politique, médias… –          Situation sociale à la lumière des derniers développements ( mouvement de contestation dans le bassin minier de Gafsa, Émeutes à Lampedusa, grèves de la faim des étudiants…)   La conférence-débat aura lieu le jeudi 12 mars 2009 à 19h à l’adresse suivante: Maison de quartier des Paquis 50 rue de Berne 1201 Genéve, Suisse   VENEZ NOMBREUX…

Tunisie :

La répression s’intensifie contre le mouvement étudiant

 Depuis le 11 février 2009, cinq syndicalistes étudiants observent une grève de la faim dans le minuscule local de l’union générale des étudiants de Tunisie (UGET). Exclus de l’université à cause de leurs activités syndicales, ils exigent leur réintégration dans leurs études.

 Comme partout en Tunisie, les libertés syndicales, d’opinion et d’expression au sein de l’université sont placées sous haute surveillance policière. Avec la création du corps de la police universitaire en 1987, des postes ont été installés dans chaque établissement pour contrôler les étudiants et surveiller de près leurs faits et gestes.

 L’année dernière, le régime a empêché la tenue du 25ème congrès de l’UGET, d’abord, en avril, puis en août 2008. Le but de la manœuvre est d’étouffer toute forme d’organisation syndicale étudiante autonome et indépendante.

 Les militants de l’UGET sont particulièrement dans le collimateur du régime de Ben Ali et font l’objet d’intimidations et de harcèlements systématiques. Ces dernières années, plus de vingt d’entre eux ont été définitivement exclus de l’Université tunisienne, après avoir participé et animé des meetings, des grèves et d’autres formes de protestation à l’université.

 13 militants ont reçu des convocations pour comparaître devant des conseils de discipline, suite à la grève générale à laquelle l’UGET avait appelée le 26 février dernier. D’ailleurs, quand ce ne sont pas les conseils disciplinaires qui répriment les étudiants, c’est la justice aux ordres qui s’en charge. Plusieurs militants de l’UGET ont été victimes de procès d’opinion et condamnés à des peines de prison ferme. Le secrétaire général du syndicat étudiant et deux des cinq grévistes de la faim sont actuellement poursuivis, ils seront jugés le 25 mars dans des affaires montées de toutes pièces.

 Après plus de trois semaines de grève de la faim, l’état de santé des grévistes suscite de vives inquiétudes. Le régime tunisien fait toujours la sourde oreille à leurs revendications légitimes. Il rejette toute discussion. Il a par contre opté pour une campagne médiatique calomnieuse à l’encontre des militants de l’UGET et de leur organisation.

 Nous, organisations signataires, exprimons notre entière solidarité avec les militants de l’UGET en grève de la faim. Nous tenons les autorités tunisiennes pour responsables de toute détérioration de leur santé.

 Nous exigeons :

  • la réintégration des grévistes de la faim et de tous les étudiants exclus en raison de leurs activités syndicales.
  • La libération des étudiants condamnés pour leur opinion et pour engagement syndical.
  • L’arrêt des conseils de discipline et des poursuites à l’encontre des militants étudiants.
  • Le respect du droit de l’UGET à tenir son congrès en toute indépendance et la garantie des libertés syndicales au sein de l’Université tunisienne.

                      Paris, le 9 mars 2009     

        Premiers signataires :   

  • Les Jeunes Verts
  • Union des Etudiants Communistes
  • Association pour la taxation des transactions financières et pour l’aide aux citoyens (Attac)
  • Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples (MRAP)
  • Centre d’études et d’initiatives de solidarité internationale (CEDETIM)
  • Mouvement des Quartiers pour la Justice Sociale (MQJS)
  • Confédération Nationale du Travail (CNT)
  • Union syndicale Solidaires
  • Association de Défense des Droits de l’Homme au Maroc (ASDHOM)
  • Comité pour le respect des libertés et des droits de l’homme en Tunisie (CRLDHT)
  • AMF
  • Association des Travailleurs Maghrébins de France (ATMF)
  • Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives (FTCR)
  • Association des Tunisiens de France (ATF)
  • Parti Communiste des Ouvriers de France (PCOF)
  • Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA)
  • Les Verts
  • Parti Communiste Français (PCF)
  • Parti Démocratique Progressiste (PDP)
  • Parti Communiste des Ouvriers de Tunisie (PCOT)

 

Tunisie: froid et neige, distribution d’aide aux pauvres dans le nord-ouest

AFP, le 6  mars 2009 à 18h43 TUNIS, 6 mars 2009 (AFP) – Une vague de froid s’est abattue vendredi sur la Tunisie avec pluies et chutes de neige sur les hauteurs du nord-ouest, région limitrophe de l’Algérie où les autorités ont acheminé des aides aux familles pauvres, apprend-on de source officielle. Des températures proches de zéro ont été enregistrées dans plusieurs régions avec des pluies orageuses accompagnées de vents dépassant parfois les 100 km/h, a indiqué l’Institut national de météorologie. Plusieurs centimètres de neige recouvraient vendredi les hauteurs de Ain Drahem, Tabraka et le Kef (nord-ouest) et des vents de sable entravaient la visibilité sur les routes du sud désertique. Le mauvais temps persistera samedi avec des températures basses et des pluies, chute de grêles sur certaines régions et tourbillons de sable dans l’extrême sud. Pour la deuxième fois en moins d’un mois, les autorités ont fait distribuer des aides aux plus démunis parmi des habitants des zones montagneuses frontalières de l’Algérie. A la suite d’intempéries à la mi-février, des secours constitués de couvertures, vêtements et produits alimentaires ont été acheminés dans plusieurs zones touchées par le froid.  

 

Iraq settles debt claims with Tunisia at 10.25 pct

 

Reuters, le 9 mars 2009 à 12h36 LONDON, March 9 (Reuters) -Iraq said on Monday it had reached a bilateral agreement with Tunisia under which it would pay 10.25 percent of outstanding Saddam Hussein-era debt, the latest in a series of similar agreement with creditors. Iraq said that the deal was comparable to accords reached with Paris Club creditor countries which have called for the cancellation of 80 percent of Saddam-era debt with the remainder to be repaid over a 23-year period. It gave no details of how much was outstanding with Tunisia. « Under the terms of this settlement, Tunisia’s claims were cancelled in exchange for a cash payment by Iraq equal to 10.25 percent of the outstanding amount, » Iraq’s Ministry of Finance said in a statement. Iraq said that over the past four years it had resolved its debt issues with 59 countries. It said it had also settled more than 13,000 Saddam-era commercial claims totalling $20.9 billion. The United States, Malta, Slovakia and Cyprus have already cancelled the entirety of the Saddam-era claims against Iraqi, the Ministry of Finance said in its statement. Last week, the Iraqi parliament defied government objections to cut the oil-dependent country’s budget by $4.2 billion, or nearly 7 percent, due to falling oil prices. Iraqi Prime Minister Nuri al-Maliki said over the weekend he was « uncomfortable » with the move, fearing it would in danger efforts to shore up security with reconstruction and jobs. REUTERS

Démocratie et pauvreté

 Prof. Taoufik BACHROUCH   La question ne se pose-elle pas plus que jamais de savoir si le peuple tunisien n’est pas déjà en butte à des prémices de difficultés sociales qui se traduiraient à terme par une recrudescence de la pauvreté et par suite des manques, des privations et des exclusions, surtout quand le seuil de pauvreté se conjugue déjà avec le chômage de longue durée. Le filet social tendu en des temps où le taux de croissance économique était de l’ordre de 5% est-il à même de répondre aux demandes additionnelles d’assistance publique qui se profilent à l’horizon, et ce en l’absence d’un dispositif de protection des chômeurs, jeunes et moins jeunes, en cours et à venir ? Comme lors de la crise de 1929 qui ne sévit particulièrement en Tunisie que dès 1933, pour frapper les années ultérieures, par un effet à retardement qui rendrait compte de l’émergence de Néo-Destour. Tout donne à penser que nous traverserions une période de latence, que le pire à Dieu ne plaise serait à venir, sans que des mesures énergiques aient été prises et portées à notre connaissance pour conjurer la menace qui se profile, comme si gouverner n’est pas prévoir. Il faut s’attendre en bonne logique à une diminution du pouvoir d’achat des économiquement faibles, surtout avec le renchérissement des prix qui obère par les temps qui courent le panier de la ménagère. C’est sur ce terrain que de surcroît seront jugés bientôt les autorités publiques. Que font-elle de concret pour nous protéger ? La possibilité a été offerte depuis longtemps de disposer d’un vêtement décent. Le problème de l’habillement a été en effet résolu puisque la majorité du peuple tunisien, hommes et femmes confondus, s’habille à la fripe, en s’appropriant les hardes des nantis vivant dans les pays riches ?  L’habillement d’emprunt est devenu un trait constitutif de l’identité tunisienne : s’affubler en se fringuant des restes vestimentaires des autres est considéré comme étant un signe de modernité, même d’occasion. Ainsi personne ne pourra nier que nous portons des habits usagés qui n’ont pas été taillés à notre mesure (comme nos chaussures neuves faites avec des moules formatées sur des pieds occidentaux), ceux que des âmes charitables appartenant à des pays riches nous ont laissés de bon coeur dans le dessein leur donner une seconde vie et faisant d’une pierre deux coups, moderniser plus avant nos pratiques vestimentaires jusqu’aux plus intimes. La réincarnation vestimentaire est un critère objectif de métempsychose pouvant servir à identifier la pauvreté déguisée dont on se sert pour alléger le portefeuille du père de famille. En arriverons-nous à leur demander un jour, sous la pression des nécessités, de nous envoyer leur rebut alimentaire ? Certes la majorité du peuple tunisien est encore en mesure de satisfaire ses besoins vitaux en terme de nourriture (sous-nutrition=1800 calories par jour, malnutrition= 2400 calories quotidiennes) et de logement. Les pauvres sont définis comme vivant dans des conditions difficiles. C’est une manière d’occulter le problème du seuil de pauvreté, non seulement par rapport aux besoins minimaux objectifs, mais aussi et au-delà par rapport aux besoins souhaités, ceux en vertu desquels on aspire par vanité à faire comme les autres, sinon plus. En la matière les statistiques tunisiennes posent un problème de méthode et de critères. On vient de l’admettre en haut lieu pour une plus grande rigueur. Les statistiques internationales sont bien plus fiables, mais vieillissent sans que leur actualisation soit la règle. C’est pourquoi l’indice synthétique de pauvreté humaine reste énigmatique, incertain et peu fiable : indices numériques et/ou volumétriques, vieille pauvreté, nouvelle pauvreté, précarité. On nous annonce l’existence dans le tournant du siècle de 1 327 zones d’ombres, de plus de 1 2000 000 personnes vivant dans des « conditions difficiles », mais la création de seuls17 719 emplois seulement à leur intention. Qu’en est-il au jour d’aujourd’hui ? Les manques en termes de niveaux de vie relatifs aux hommes et aux femmes appellent une attention particulière, moins politicienne, et d’une exactitude plus respectueuse du genre humain. Disons pour fixer les idées, et en dépit des aléas statistiques et des querelles de chiffres entre « économcistes » et « humanicistes » pour faire bref, que la décroissance annuelle moyenne du seuil de pauvreté est passée de -10,1% entre 1975 et 1980, à -6,4% entre 1980 et 1990 et à -7,7% entre 1995 et 2000. Ce qui revient à dire que l’indice du seuil national de pauvreté est tombé de 30% en 1960, à 22,2% en 1975, à 12,9%à 1980, et à 7,7% en 1985, (recul du taux de pauvreté entre 1975-1985 : fin de l’ère du bourguibisme social), puis à 6,7% en 1990, à 6,2 en 1995, à 4,2 % en 2000/2004 et à 3,8% en 2008 (soit une décélération du rythme durant cette période, à l’ère du mondialisme démocratique). On espère parvenir à rabaisser ce seuil à 2% en 2015. S’agissant de sa répartition géographique, la pauvreté concerne plus les milieux urbains (là où les équipements de base ne manquent pas, thèse de l’INS), et y touche plus de 5% de la population (soit l’équivalent de 74% de l’ensemble des pauvres) ; et dans une moindre mesure les milieux ruraux qui retiendraient les 26% restants, soit près de 3% des habitants. La Banque mondiale prétend le contraire. En souffrent partout notamment les chômeurs (y compris les diplômés dont 42,5 % sont au chômage de longue durée d’après les chiffres de 2004), les ouvriers agricoles et les ouvriers non agricoles.  Cependant les inégalités régionales ne sont pas négligeables ; elles oscillent en matière de pauvreté entre 2,3% et 8,7%, d’après l’enquête nationale sur le budget, la consommation et le niveau de vie des ménages, entreprise en 2000. Les régions relativement les moins pauvres sont le Nord-Ouest, le Centre-Est et le Grand Tunis. Les régions comparativement les plus pauvres sont le Sud et le Centre-Ouest. Le Nord-Est occupe une position médiane avoisinant la moyenne nationale qui est rappelons la de 4,2%. Mais 2009 n’est plus 2000. Les plus nantis (20%, estimés à 747 000 personnes en tout nous dit-on de source officielle et accaparant 47% de la consommation) sont considérés comme riches parce qu’il sont censés pouvoir dépenser plus de 11 dinars par jour et par tête. En somme un travailleur qui gagne 340 dinars (l’équivalent de 200 euros, alors que le seuil de pauvreté est fixé en France à 817 euros) par mois pour subvenir à ses seuls besoins personnels est considéré comme un nanti. Il faut une bonne dose de niaiserie pour y ajouter foi. Mais qu’en est-il d’un père de famille qui gagne par exemple le double et dont la femme ne travaille pas et dont progéniture est au chômage ? Les plus démunis (20%, soit 376 000 personnes en tout affirme-t-on ne disposant que de 7% de la consommation totale) sont considérés comme pauvres dès lors qu’il sont censés ne pouvoir dépenser qu’un dinar par jour et par tête (à peine de quoi se payer un seul casse-croûte quotidien au thon ou un bol de lablabi sans option oléicole, ou les deux tiers d’un chapatti ordinaire au plus). La CIA Word Factbook (2004-2008) estime quant à elle que 7% des tunisiens sont pauvres. Au vu de ces critères, les membres de la classe moyenne (se situant entre les plus riches et les plus pauvres, soit 60% en nombre et 46% en part de consommation) disposeraient d’une plage allant de plus de un dinar à près de onze dinars.  En son sein se trouvent ceux qui ne sont pas candidats à l’aide sociale et qui n’ont pas de matelas nécessaire pour traverser éventuellement la crise de leur pouvoir d’achat ; d’où la tentation grandissante des prêts à la consommation (l’endettement affecte en 2006 le tiers de la population active). Entre la réalité vécue et les élucubrations chiffrées, il y a de quoi perdre son latin. Une remise en ordre s’impose. Une telle approche pose le problème de la fiabilité et de la disponibilité de l’information sur la pauvreté vraie et actualisée à l’échelle nationale et locale. La mesure de la pauvreté ne doit pas reposer sur de simples critères monétaires et surtout plus sur le PIB, car cela pose le problème de l’inégalité sociale de la répartition des richesses. Ne jouons pas avec la pauvreté en en modifiant le baromètre pour en réduire artificiellement l’indice par calcul politique, surtout quand les gens déclarent que la vie devient de plus en plus dure. La pauvreté se constate sur le terrain et les organismes caritatifs sont par malheur inféodés au pouvoir. Le mode d’évaluation et le calcul statistique laissent perplexes, faute d’un contrôle indépendant. De toute façon le décalage entre la réalité et les statistiques nourrit le doute et alimente une tension sociale latente. Convenons que la pauvreté est une forme de violation des droits de l’homme et d’atteinte à la dignité des citoyens défavorisés. Déjà en 1998, tous les gouvernements et tous les parlements du monde ont considéré en chœur que la pauvreté « porte atteinte à la dignité et aux droits inaliénables et égaux de tous les êtres humains ». De la parole à l’acte il y a loin. Le « monitoring » social n’en est qu’à ses débuts. La lutte contre la marginalisation a un long chemin devant elle.  Prof. Taoufik BACHROUCH  (Source: « Mouwatinoun » organe du FDTL  (Hebdomadaire – Tunis)  nr 95)

Tunisie : LE COURAGE D’INFORMER

                     

Par Houcine Bardi               MAITRE Houcine BARDI nous a rendu une aimable visite au siège de notre journal « MOUATINOUN » le lundi 12 janvier  2009, à la veille du procès des militants du bassin minier. De retour en France,  il a publié un long rapport sur les conditions de la presse en TUNISIE .voici de larges  extraits  de ce rapport… Deux presses coexistent en Tunisie. La plus docile bénéficie d’importantes subventions étatiques et de revenus publicitaires conséquents, d’origine publique comme privée. L’autre se bat depuis de nombreuses années pour faire entendre une voix différente. Est-il utile de préciser que cette dernière survit dans des conditions économiques difficiles, en l’absence notamment des avantages accordés à la première ? Les médias tunisiens indépendants du pouvoir ne sont pas libres de mener leur activité d’information .Leur diffusion restreinte ne leur permet pas d’avoir accès à une audience importante  ….Les journaux appartenant à des partis légaux d’opposition, à l’instar des hebdomadaires Al-Maoukif et Mouwatinoun, sont difficiles à trouver dans les kiosques du fait de pressions exercées aussi bien sur les distributeurs  que sur les marchands de journaux. Et les sites Internet critiques envers le pouvoir sont tout simplement inaccessibles dans le pays. Une délégation de Reporters sans frontières s’est rendue à Tunis, en fin d’année 2008, à la rencontre de cette presse d’opposition traquée par les services de police et trahie par la justice. L’organisation appelle à un soutien politique de la communauté internationale. La surveillance exercée par le régime tunisien sur les opposants et la presse indépendante n’a pas faibli depuis la précédente visite de l’organisation en juin 2005… La presse d’opposition, élément de décor du pluralisme tunisien Certes, en apparence, quelques progrès on tété accomplis. Mais en apparence seulement. La création avec l’accord des autorités, en janvier2008, du Syndicat des journalistes tunisiens(SJT), dirigé majoritairement par des indépendants, a été perçue comme « un pas dans la bonne direction ». L’Association des journalistes tunisiens (AJT), dissoute au moment de la création du syndicat, était considérée comme une marionnette entre les mains des autorités. Le responsable des affaires sociales au sein du nouveau syndicat, Habib Chebbi, confie les difficultés de l’action syndicale en Tunisie : « Nous n’avons d’autre choix que de dialoguer, même quand les promesses qui nous sont faites ne sont pas tenues. Aujourd’hui, le syndicat veut d’abord s’attaquer aux chantiers sociaux: titularisation de journalistes pigistes de longue durée,projet de couverture sociale, etc. Nous n’avons pas encore commencé à parler des libertés. » C’est pourtant sur ce terrain que l’on pourra mesurer l’indépendance et l’efficacité de cette nouvelle organisation professionnelle. L’existence d’une presse privée indépendante, renforcée par l’apparition de nouveaux titres, pourrait également être considérée comme un signe d’ouverture. Sauf que, dans les faits, les autorisations ne sont distribuées qu’à un cercle très fermé. Selon Soukaina Abdessamad, secrétaire générale du SJT, « les licences ne sont pas accordées à des hommes de métier, mais aux proches du pouvoir »…  Mustapha Ben Jaafar, secrétaire général du Forum démocratique pour le travail et les libertés (FDTL, opposition légale) et directeur de l’hebdomadaire Mouatinoun (Citoyens),l’organe de son parti, parle de « pluralisme de façade ». La pression internationale exercée sur le régime tunisien aura permis la naissance d’une presse d’opposition, mais « le pouvoir finit par reprendre ce qu’il a cédé »,ajoute-t-il. La délégation de Reporters sans frontières n’a pas pu se procurer Mouatinoun  dans les kiosques de la capitale tunisienne. Il n’était disponible qu’à l’aéroport. « Nous vivons presque comme si nous étions un parti clandestin. Nous ne bénéficions pas d’un financement public pour le journal. Nous sommes invisibles pour l’Agence tunisienne de communication extérieure (ATCE), l’organe chargé notamment de la distribution de la publicité des entreprises publiques, rebaptisé ‘agence tunisienne de la censure’ par la presse d’opposition. » Depuis son lancement en 2007, Mouatinoun n’a cessé de réduire son tirage ; la distribution est assurée en partie par les militants du FDTL. La publicité des entreprises privées n’est certes pas distribuée par l’ATCE, mais elle est, selon Mustapha Ben Jaafar, officieusement gérée selon les mêmes prérogatives, à savoir le degré d’allégeance des rédactions au pouvoir. Il n’existe pas, en Tunisie, d’organisme indépendant chargé de certifier les chiffres de ventes des journaux. La distribution de la publicité se fait donc de manière arbitraire par l’ATCE. De leur côté, les hommes d’affaires n’achètent pas d’encarts publicitaires dans la presse d’opposition, de peur d’être accusés de la financer… .Zakia Dhifaoui, membre du FDTL et collaboratrice occasionnelle de Mouwatinoun, a eu à subir la prison pour avoir couvert et participé à une marche de soutien au mouvement de protestation de Gafsa. Elle a été arrêtée le 27 juillet 2008 à Redeyef (chef-lieu de Gafsa), et condamnée à huit mois de prison pour « insubordination ,trouble de l’ordre public, entrave à un fonctionnaire dans l’exercice de ses fonctions et atteinte aux bonnes moeurs ». Elle a passé cent deux jours en détention, avant de bénéficier d’une mesure de grâce accordée à l’occasion du « 21e anniversaire du Changement ». Tout un symbole. Zakia Dhifaoui a été profondément marquée par les conditions de son interpellation et son séjour en prison qu’elle a qualifiées d’ »inhumaines ». « J’ai été interrogée pendant plusieurs heures sur mon activisme politique et sur les raisons de ma présence à Redeyef. Les agents voulaient  savoir de quelle manière j’avais pu entrer dans la ville. Même si je n’avais pas participé à la marche de soutien, j’aurais tout de même été arrêtée. Les autorités auraient trouvé un autre prétexte pour le faire », a affirmé la militante, dans un entretien accordé à Reporters sans frontières. Depuis sa sortie de prison, Zakia Dhifaoui n’a pas été en mesure de reprendre son poste d’enseignante à Kairouan (Centre)….. En 1991, Moncef Ben M’Rad avait publié un éditorial intitulé “Le courage d’informer”, dénonçant la saisie dont sa publication venait de faire l’objet. « Le numéro 87 de Réalités, qui devait être mis en vente ce jeudi 10 octobre, a été saisi. Le motif officiel invoqué était : ‘la diffamation d’une autorité officielle’. (…) Nous ne pouvons que nous élever avec la plus grande fermeté contre cette dernière saisie ; nous continuons à croire que la Tunisie est notre droit et que l’information objective est notre devoir. Notre combat continue de manière banale car nous ne sommes pas des héros mais des citoyens qui veulent un pays plus libre, plus prospère, plus juste, plus démocratique », avait écrit le journaliste à l’époque. Rien n’a changé depuis, si ce n’est que la liberté de ton dont faisait preuve Moncef Ben M’Rad est devenue un luxe qui se paie cher.
 
(Source: « Mouwatinoun » organe du FDTL  (Hebdomadaire – Tunis)  nr 95)

Liban: lancement de la reconstruction du camp palestinien de Nahr al-Bared

AFP, le 9 mars 2009 à 14h56 NAHR AL-BARED (Liban) – Les travaux de reconstruction du camp de réfugiés palestiniens de Nahr al-Bared dans le nord du Liban ont été lancés lors d’une cérémonie lundi, près de deux ans après les violents combats qui s’y sont déroulés entre l’armée libanaise et un groupuscule islamiste. Des représentants de l’agence des Nations unies pour les réfugiés (UNRWA), du gouvernement libanais et de l’ambassade de « Palestine » au Liban ont posé la première pierre de la reconstruction. Le camp avait été rasé lors des affrontements de 2007 entre l’armée et le Fatah al Islam qui en avaient chassé ses quelque 31.000 habitants. La cérémonie marque « la promesse sincère d’un nouveau départ pour les réfugiés qui ont perdu leurs maisons et leurs sources de revenus », a assuré Karen Abou Zayd, commissaire générale de l’UNRWA. Elle a toutefois souligné que, faute de financement, les travaux ne permettront initialement que le retour d’un quart des 27.000 personnes encore réfugiées à l’extérieur de Nahr al-Bared. « Le financement que nous avons reçu jusqu’à présent ne suffit que pour reconstruire deux des huit secteurs couverts par le projet », a-t-elle déploré, appelant « les pays donateurs à faire preuve de davantage de générosité ». L’UNRWA a demandé 450 millions de dollars pour reconstruire Nahr al-Bared et ses environs, mais n’a recueilli jusqu’à présent que 120 millions. « Des milliers d’habitants devront encore vivre comme réfugiés dans les prochains mois », a souligné Mme Abou Zayd. Selon l’agence onusienne, plus de 50% de la superficie du camp a été déblayée des ruines et des mines grâce à l’action de l’UNRWA et de Handicap International. En marge de la cérémonie organisée sous haute surveillance de l’armée, quelque 300 habitants du camp ont manifesté pour réclamer l’accélération des travaux de reconstruction. Une bousculade s’est produite lorsque des manifestants ont tenté de s’approcher des barbelés installés par l’armée pour empêcher l’accès à la cérémonie, poussant des soldats à tirer en l’air. « Nous réclamons l’allègement des mesures de sécurité à l’entrée du camp et un engagement sérieux pour la reconstruction du camp, car il y a des milliers de personnes qui vivent encore dans des entrepôts et des logements temporaires », a affirmé à l’AFP Othman Badr, responsable du Comité de réfugiés de Nahr al-Bared. Les combats à Nahr al-Bared avaient duré plus de trois mois et fait plus de 400 morts, dont 168 soldats libanais. La reconstruction doit durer environ trois ans, avait affirmé à l’AFP en février Ziad al-Sayegh, conseiller auprès du Comité de dialogue libano-palestinien (gouvernemental).  

Liban – Le camp palestinien ravagé de Nahr al Bared reconstruit

Reuters, le 9 mars 2009 à 15h30 par Nazih Siddik NAHR AL BARED, Liban, 9 mars (Reuters) – L’Agence de l’Onu pour les réfugiés de Palestine (UNRWA) et le gouvernement libanais ont posé lundi la première pierre du projet de reconstruction du camp de Narh al Bared, un an et demi après la fin des combats dévastateurs qui ont permis à l’armée d’en chasser les extrémistes du mouvement intégriste Fatah al Islam. Les maisons des 30.000 habitants du camp de réfugiés situé sur la côte méditerranéenne à proximité de Tripoli, dans le nord du Liban, avaient été rasés durant les combats. Des retards de financement et la nécessité de déblayer les décombres ont retardé le début de la reconstrution et laissé un moment penser à certains de ses habitants qu’elle n’aurait jamais lieu. « C’est un symbole. Nous sommes tout à fait résolus à voir ce camp reconstruit. C’est aussi une réponse à 5.000 personnes qui auront l’occasion de regagner leur foyers dans les 12 à 16 mois qui viennent », a déclaré Salvatore Lombardo, directeur de l’UNRWA au Liban, peu avant le lancement des travaux. La reconstruction ne débutera que dans un mois, les terrains devant une nouvelle fois être sondés pour s’assurer qu’ils ne recèlent plus aucune munition non explosée et les autorités libanaises doivent encore délivrer de nouveaux permis de construire. « Espérons que ces formalités ne prendra pas plus d’un mois et que nous pourrons alors signer le contrat avec l’entreprise de construction retenue », a dit Lombardo. Les terrains sur lesquels Nahr el Bared s’est développé jusqu’à accueillir 770.000 réfugiés palestiniens chassés d’Israël en 1948 appartenait à l’origine à des Libanais. L’UNRWA a reçu pour le moment 52 millions de dons pour cette opération, soit de quoi reconstruire un ou deux quartiers de ce qui avait fini par devenir un immense bindonville insalubre. ABRIS DE FORTUNE Plus de 400 personnes ont trouvé la mort dans les 15 semaines de combats qui ont fait rage à partir de mai 2007 entre le Fatah al Islam et l’armée libanaise, qui a subi de lourdes pertes pour reprendre le contrôle du camp aux activistes intégristes de la mouvance Al Qaïda. Aujourd’hui les anciens habitants du camp vivent dans des abris de fortune fournis par l’UNRWA, dans des garages et chez des parents. Le coût total de la reconstruction du camp est estimé à plus de 200 millions de dollars dont l’UNRWA espère que les pays arabes du Golfe fourniront la plus grande partie. Les forces libanaises veilleront à ce que les activistes du Fatah al Islam n’y trouvent plus refuge, alors que la sécurité était autrefois assurée, comme dans les 11 autres qui compte le Liban, par les factions palestiniennes elles-mêmes. « Le Liban entend désormais recouvrer son autorité et sa souveraineté sur chaque pouce de son territoire », a déclaré le mois dernier  Khalil Makkaoui, directeur de la commission du dialogue libano-palestinien. « Une fois reconstruit, ce camp sera placé entièrement sous l’autorité du gouvernement libanais. Il n’y aura plus d’armes et de gangs. » De nombreux refugiés de Nahr al Bared et de la zone adjacente baptisée « le nouveau camp », où les réfugiés tentent de relancer une activité économique, se plaignent que les barrages de l’armée entravent le libre commerce. Selon Lombardo, le Premier ministre libanais Fouad Siniora a exprimé son intention d’améliorer cette situation lors d’un récente rencontre avec des délégués du camp en présent d’officiers de l’armée et de la police. « Mais cela ne s’est pas encore traduit par des changements significatifs sur le terrain », déclaré le responsable de l’UNRWA.  

CONTACT: Radwan Masmoudi, 202-251-3036, masmoudi@islam-democracy.org Shadi Hamid, 202-470-2509, shadi.hamid@pomed.org

Bi-Partisan Group of Prominent Scholars and Experts Urge President Obama  to Make Democracy in the Middle East a Top Priority

Press Conference Tuesday, March 10, 2:30-3:30 p.m. National Press Club, Lisagor Room 529 14th Street NW, Washington, DC 20045 Washington – March 5, 2009 – More than 80 scholars and experts—including Egyptian democracy activist Saad Eddin Ibrahim and former deputy prime minister of Malaysia Anwar Ibrahim —are urging President Obama to adopt a consistent and credible policy that supports democracy in the Arab and Muslim world. The group will formally issue an open letter to the president at a press conference Tuesday, March 10, at 2:30 p.m. at the National Press Club in Washington. “For decades, the United States and Europe have been coddling and supporting dictators in the Arab world, and this has been disastrous for the region and for U.S.-Islamic relations,” said Radwan Masmoudi, president of the Center for the Study of Islam and Democracy and a co-convener of the letter.  The letter states that for decades the United States has “supported repressive regimes that routinely violate human rights, and that torture and imprison those who dare criticize them.” The signatories call on the administration to make supporting democracy and its proponents in the Middle East a top foreign policy priority, even in countries that are U.S. allies such as Egypt, Jordan, and Saudi Arabia. The authors call on the United States to “use its considerable economic and diplomatic leverage to put pressure on its allies in the region when they fail to meet basic standards of human rights.” “Because of its association with the Bush administration, there is a temptation to move away from any discussion of democracy promotion in the Middle East.  That would be a mistake, » said Shadi Hamid, director of research at the Project on Middle East Democracy and a letter co-convener. The letter lauds the President’s initial efforts to reach out to the Arab and Muslim world, but cautions that the U.S. must demonstrate its commitment to democratic reform through actual policy changes. The letter demonstrates strong support across the ideological spectrum for a renewed commitment to supporting democratic reform in the region, and for supporting the political inclusion of moderate Islamist groups. Among the more than 80 signatories are: Francis Fukuyama of Johns Hopkins University; Morton Halperin, former director of policy planning at the State Department; Jennifer Windsor, executive director of Freedom House; Peter Beinart, contributing editor at The New Republic; Georgetown Professor John L. Esposito, and democracy expert Larry Diamond of Stanford University; author and blogger Matt Yglesias, and Robert Kagan of the Carnegie Endowment for International Peace. Several of the co-signers will be available during the news conference to answer questions from the media about the policy recommendations included in the open letter, including Saad Eddin Ibrahim, Radwan Masmoudi, Jennifer Windsor, Larry Diamond, Geneive Abdo, and others. Link to the open letter:   http://islam-democracy.org/documents/pdf/Letter_to_Pres_Obama_about_Democracy_-_3-5-09.pdf
# # # CSID – www.islam-democracy.org ♦ 1625 Massachusetts Ave, NW, Suite 601 ♦ Washington, DC  20036 POMED – www.pomed.org  ♦ 1820 Jefferson Pl NW ♦ Washington, DC  20036  

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