8 mai 2006

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TUNISNEWS
7 ème année, N° 2177 du 08.05.2006

 archives : www.tunisnews.net


OLPEC: Recrudescence des harcèlements contre Me Abbou et sa famille FIDH-OMCT: La Ligue tunisienne des droits de l’Homme en état de siège, à l’occasion de son 29ème anniversaire ATS: Tunisie: la Ligue des droits de l’homme encerclée Interdiction de la journée nationale de lutte contre la torture PDPInfo: Interdiction de la célébration de la journée nationale de lutte contre la torture ATS: Election mardi du Conseil des droits de l’homme: Un effet positif, affirme Amnesty AFP: Trois siècles d’esclavage blanc en Méditerranée Reuters: Colonisation-Bouteflika veut des « excuses solennelles » de Paris AFP: Femmes Solidaires se retire à cause de la présence d' »intégristes » Bilel: Pool position Mustapha Hammouche : Justice, liberté de presse et libertés Libération: Place dans la République Robert Fisk: Seen through a Syrian lens, ‘unknown Americans’ are provoking civil war in Iraq

 

L’Observatoire pour la Liberté de Presse, d’Edition et de Création en Tunisie

Tunis le 7 mai 2006

 

Recrudescence des harcèlements contre Me Abbou et sa famille

 

Les harcèlements contre Mohamed Abbou et sa famille ont repris de plus belle après la visite de la mission de l’IFEX le 20 avril 2006.

 

Samedi 6 mai 2006, un individu, que Samia Abbou a reconnu comme faisant partie des agents de la police politique, s’amuse  effrayer ses enfants en s’infiltrant dans son balcon tard dans la nuit entre minuit et une heure du matin, c’est la troisième fois que ce « visiteur de la nuit » s’applique à semer la panique dans la famille Abbou depuis la semaine dernière.

 

Par ailleurs, à l’occasion des visites hebdomadaires de madame Abbou à la prison du Kef, la police  sur la route du Kef s’acharne à décourager les avocats qui l’accompagnent à tour de rôle, en leur dressant abusivement des PV où ils risquent le retrait de leurs permis. Cette opération s’est produite cette semaine avec Me Samir Dilou et la semaine précédente avec Me Samir Ben Amor. Les autorités cherchent ainsi à faire le vide autour de Samia Abbou

 

Il est à noter que lors de la visite du  20 avril où elle avait été accompagnée par le TMG de l’IFEX, Samia Abbou a pu bénéficier de conditions normales sur la route et au parloir. Mais dès la semaine suivante, les tracasseries ont repris de plus belle.

 

Lors de sa dernière visite du 4 mai, les gardiens l’ont à nouveau interrompu, lui intimant l’ordre de ne pas évoquer les informations publiques se rapportant à Mohamed Abbou et ont tiré la sonnerie ainsi que le rideau séparant les deux grillages avant la fin du temps de visite légal.

 

De son côté, maître Mohamed Abbou continue de subir les harcèlements de ses co-détenus qui ont proféré dernièrement des menaces contre lui en présence des gardiens qui n’ont pas réagi, selon sa femme. Me Abbou dort depuis deux mois sur un sommier sans matelas, en signe de protestation contre ses conditions de détention et demande à changer de cellule. L’administration pénitentiaire lui dénie le droit aux soins médicaux et le droit de rencontrer le juge d’application des peines.

 

Rappelons que Me Mohamed Abbou a été condamné en juin 2005 à l’issue d’un procès inéquitable à trois ans et demi de prison ferme pour avoir exercé sa liberté d’_expression; La principale charge retenue contre lui repose sur une tribune qu’il avait publiée sur un site Internet, où il critique les prisons tunisiennes comparées à la prison iraquienne d’Abu Ghraieb;

 

Par ailleurs, le groupe de travail sur les détentions arbitraires des Nations unies (WGAD) saisi sur ce cas par le CNLT et la LTDH, a rendu son rapport  en novembre 2005 qui conclut à un cas de détention arbitraire caractérisée en violation de l’article 19 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et l’article 19 du Pacte International relatif aux droits civils et politiques.

 

Mohamed Abbou constitue le symbole du combat pour la liberté d’_expression en Tunisie aujourd’hui.

 

L’OLPEC

– Dénonce vigoureusement cet acharnement contre un défenseur qui est non seulement arbitrairement privé de sa liberté mais harcelé jusque dans sa cellule et sa famille subit des représailles.

– Appelle à une campagne pour sa libération immédiate.

 

Pour l’Observatoire

Le président

Mohamed Talbi

L’OBSERVATOIRE POUR LA PROTECTION DES DEFENSEURS DES DROITS DE L’HOMME (FIDH-OMCT)

 

 

COMMUNIQUE  DE  PRESSE

 

Tunisie

La Ligue tunisienne des droits de l’Homme en état de siège, à l’occasion de son 29ème anniversaire

 

Paris – Genève, le 5 mai 2006. La Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), dans le cadre de leur programme conjoint, l’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’Homme, réitèrent leur plus vive préoccupation à l’égard de la poursuite de l’encerclement des bureaux de la Ligue tunisienne des droits de l’Homme (LTDH), à Tunis.

 

En effet, depuis le 24 avril 2006, les forces de police empêchent toute personne d’entrer dans les locaux de la LTDH – exception faite de ses membres directeurs – par le barrage des rues environnantes, et le placement d’hommes en faction devant les portes de la ligue. De plus, la LTDH ne reçoit plus aucun courrier, ce dernier étant bloqué par les autorités. C’est dans ces conditions que la LTDH fête aujourd’hui son 29ème anniversaire : alors qu’elle organise, cet après-midi une réception au siège de la Ligue, toutes les personnes invitées sont systématiquement refoulées par les forces de l’ordre.

 

Cette situation, qui fait suite à l’annonce par la LTDH, le 6 avril 2006, de la tenue de son 6ème Congrès les 27 et 28 mai prochains entrave gravement les activités quotidiennes de la Ligue, dont les bureaux des sections restent eux-mêmes bloqués par les autorités depuis septembre 2005. Cette situation traduit surtout, si besoin en était, l’acharnement des autorités tunisiennes, qui ne cessent de multiplier les moyens d’action (actes de violence et de harcèlement, poursuites judiciaires, blocage de fonds, …), afin d’asphyxier la plus ancienne association indépendante de défense des droits de l’Homme tunisienne. 

 

C’est dans ce contexte que doit se tenir demain, 6 mai 2006, l’audience au fond dans le procès intenté par 22 personnes alléguant de leur appartenance à la LTDH, mais connues pour être affiliées au Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD, parti au pouvoir), dans le but d’obtenir la suspension du Congrès et de tous les travaux préparatoires à la tenue de cet événement. Une autre audience doit se tenir demain, initiée par les 20 plaignants qui se sont désistés dans la première affaire et qui ont informé la LTDH, le 14 avril 2006, qu’ils intentaient une seconde procédure sur le fond, identique à la première, pour obtenir l’annulation de la convocation du Comité directeur pour la tenue du Congrès de la LTDH, ainsi que de tous les travaux préparatoires afférents.

 

L’Observatoire exprime sa plus vive préoccupation à l’égard de cette situation, qui illustre une nouvelle fois les graves entraves posées à la liberté d’association et de réunion en Tunisie et les actes de harcèlement constants dont font l’objet les défenseurs des droits de l’Homme tunisiens.

 

L’Observatoire rappelle que la Tunisie est tenue de se conformer aux obligations internationales en matière de droits de l’Homme, en particulier le Pacte international relatif aux droits civils et politiques auquel elle est partie, et la Déclaration sur les défenseurs des droits de l’Homme, adoptée le 9 décembre 1998 par l’Assemblée générale des Nations unies, notamment son article 1 qui prévoit que « chacun a le droit, individuellement ou en association avec d’autres, de promouvoir la protection et la réalisation des droits de l’Homme et des libertés fondamentales aux niveaux national et international » et, à cette fin, « de se réunir et de se rassembler pacifiquement » (article 5b).

 

Contact presse :

FIDH : Gaël Grilhot : +33 1 43 55 25 18 / OMCT : Eric Sottas : +41 22 809 49 39

 

Fédération Internationale des Ligues des Droits de l’Homme

17, Passage de la Main d’Or

75 011 Paris, France

 

Organisation Mondiale Contre la Torture

Case postale 21 – 8 rue du Vieux-Billard

1211 Genève 8, Suisse

 

 

Tunisie: la Ligue des droits de l’homme encerclée

 

ATS, le 8 mai 2006 à 14h58

Genève (ats) La Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) et l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT) ont dénoncé lundi de nouvelles entraves à la liberté d’_expression en Tunisie. Les bureaux de la Ligue tunisienne sont encerclés.

 

Depuis le 24 avril, les forces de police empêchent toute personne d’entrer dans les locaux de la Ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH), exception faite de ses membres directeurs. Les rues environnantes sont barrées et des hommes en faction surveillent les entrées, affirment les ONG.

 

De plus, la LTDH ne reçoit plus aucun courrier, ce dernier étant bloqué par les autorités. Alors que la Ligue organisait lundi son 29e anniversaire, toutes les personnes invitées ont été systématiquement refoulées par les forces de l’ordre.

 

Cette situation fait suite à l’annonce par la LTDH, le 6 avril, de la tenue de son Congrès les 27 et 28 mai. Elle entrave gravement les activités quotidiennes de la Ligue, dont les bureaux des sections restent eux-mêmes bloqués par les autorités depuis septembre 2005, soulignent la FIDH et l’OMCT.

 

Les ONG dénoncent « l’acharnement des autorités tunisiennes ». « Elles ne cessent de multiplier les moyens d’action (actes de violence et de harcèlement, poursuites judiciaires, blocage de fonds), afin d’asphyxier la plus ancienne association indépendante de défense des droits de l’homme tunisienne », affirment-elles.

 

(Source : www.edicom.ch, le 8 mai 2006)


 

Tunisie: Interdiction de la journée nationale de lutte contre la torture

 

Les autorités tunisiennes ont déployé plusieurs barrages policiers autour de la ville de Gaâfour aujourd’hui. Elles ont décidé d’empêcher les militantes et les militants (politiques, associatifs, syndicalistes,  jeunes, etc.) d’accéder à la ville.

 

C’est au cimetière de Gaâfour devant la tombe de Nabil Barakati que les démocrates tunisiens se rassemblent tous les ans pour célébrer la journée nationale de lutte contre la torture en Tunisie. Nabil Barakati, militant du parti communiste des ouvriers de Tunisie (PCOT), est mort sous la torture le 8 mai 1987 (*) au poste de police de Gaâfour. Cette date est devenue la journée nationale de lutte contre la torture en Tunisie.

 

Au delà des intimidations et des agressions habituelles, la dictature de Ben Ali a décidé cette année d’empêcher la tenue de la cérémonie par tous les moyens. La police ne s’est pas seulement contentée d’assiéger la ville de Gaâfour, des patrouilles ont pris place aux sorties de plusieurs autres villes (14 régions au total).

 

Aux alentours de Tunis, c’est au niveau de la localité de Fouchana que les policiers ont empêché par la force Hamma Hammami et Radhia Nasraoui de poursuivre leur route vers Gaâfour.

 

Kamel Amroussia membre du bureau exécutif de l’UGET a quant à lui été arrêté au centre ville de Tunis alors qu’il s’apprêtait à se rendre à Gaâfour en compagnie d’autres militants ce matin.

 

Au total, ce sont 8 militants qui on été arrêtés ce matin avant d’être relâchés en milieu d’après-midi.

 

A Bizerte, le quartier où réside Me Anouar Kousri membre du comité directeur de la LTDH a été encerclé par un imposant dispositif policier pour l’empêcher de faire le déplacement (voir ci-dessous le communiqué de la section de la LTDH de Bizerte).

 

Me Habib Ziadi, membre du bureau directeur de la LTDH, et Abdallah Garram, syndicaliste et militant des droits de l’Homme qui sont arrivés à Gaâfour par train ont eu droit un comité d’accueil composé de plusieurs policiers qui ont pris le soin de filmer la scène avant de conduire les deux hommes manu militari à la station des « louages » pour les renvoyer à Tunis.

 

(*) A l’époque le ministre de l’intérieur en exercice était le général Zine El-Abidine Ben Ali, c’était quelques mois avant son coup d’Etat du 7 novembre 1987.

 

(Source : message diffusé par Adel Thabet rita@ras.eu.org  sur la Liste Maghreb-ddh, le 7 Mai 2006 à 18:31:18 )


 

Interdiction de la célébration de la journée nationale de lutte contre la torture

 

Un imposant dispositif policier a été mis en place par les autorités tunisiennes pour empêcher les militantes et les militants démocrates tunisiens de se rendre à la ville de Gaâfour pour célébrer cette journée et se recueillir sur la tombe de Nabil Barakati militant du parti communiste des ouvriers de Tunisie (PCOT), est mort sous la torture le 8 mai 1987au poste de police de Gaâfour.

Comme tous les ans les militantes et les militantes et politiques, associatifs, syndicalistes, jeunes, se rassemblent au cimetière de Gaâfour devant la tombe de Nabil Barakati pour célébrer la journée nationale de lutte contre la torture en Tunisie.

Au total, ce sont 8 militants qui on été arrêtés ce matin avant d’être relâchés en milieu d’après-midi.

(Source : Alerte électronique  publiée par le site pdpinfo.org, le 7 mai 2006)

 


Quand le ministère de l’Intérieur ne réagit pas

 

La citoyenne Hadda Abdelli, d’El Mourouj, a de nouveau pris contact avec la revue El Maoukif. Elle a  affirmé qu’en dépit de ses courriers adressés au service des frontières et des étrangers ainsi qu’au ministère de l’Intérieur, et malgré ses appels lancés à travers El Maoukif, pour récupérer son passeport, ce qui lui permettrait d’accomplir le petit pèlerinage, les services concernés, y compris le ministère de l’Intérieur, n’avaient pas réagi.

 

Quand les responsables vont-ils se décider à intervenir pour en finir avec l’injustice qui frappe cette femme d’âge mûr ? A qui profite cette privation de passeport qui se prolonge, alors que le passeport est un simple droit de l’homme garanti par l’ensemble des conventions et pactes internationaux ?

 

(Source : El Maoukif n°358 du 5 mai 2006)

 

(Traduction ni revue ni corrigée par les auteurs de la version en arabe, LT)

 

 

Election mardi du Conseil des droits de l’homme

Un effet positif, affirme Amnesty

 

ATS, le 8 mai 2006 à 11h08

Genève (ats) A la veille de l’élection, mardi à New York, des membres du Conseil des droits de l’homme, Amnesty International a estimé que la procédure d’élection a déjà eu un effet positif.

Plusieurs pays candidats ont annoncé de nouveaux engagements.

 

Au total, 65 pays (dont la Suisse) ont décidé de briguer les 47 sièges. Ils doivent rallier au moins la majorité absolue (96 voix) des pays membres de l’Assemblée générale de l’ONU.

 

« Même si plusieurs promesses faites par les gouvernements pour se faire élire manquent des précisions souhaitées par Amnesty, elles sont le début d’un nouveau processus dans lequel les engagements en matière de droits de l’homme jouent un rôle plus important », affirme l’ONG.

 

Examinant l’ensemble des promesses faites par les candidats à l’occasion de leur élection, Amnesty note que deux pays ont pour la première fois lancé une invitation permanente à tous les rapporteurs spéciaux de l’ONU. Deux pays se sont engagés à ratifier les Pactes de l’ONU sur les droits civils et politiques et les droits économiques et sociaux.

 

Pas moins de 17 candidats ont promis de ratifier le protocole additionnel à la Convention contre la torture. Neuf pays se sont engagés à ratifier l’un ou l’autre des deux protocoles additionnels à la Convention des droits de l’enfant. Six pays ont promis de retirer des réserves aux traités sur les droits de l’homme, souligne AI.

 

Pays controversés

 

Les engagements pris par certains pays candidats les plus controversés sont néanmoins très maigres. Cuba s’engage uniquement à promouvoir le droit à l’alimentation, les droits culturels et à présenter l’année prochaine son rapport sur les droits économiques et sociaux.

 

L’Iran prolonge son invitation aux rapporteurs spéciaux et envisage une coopération plus étroite avec le Haut Commissariat aux droits de l’homme. La Chine s’engage à modifier sa législation afin de ratifier le Pacte sur les droits civils et politiques.

 

Le seul engagement pris par la Russie est de soutenir le travail du Haut Commissariat aux droits de l’homme et de lui faire une contribution de deux millions de dollars. Quant à l’Arabie saoudite, elle promet de « poursuivre une politique de coopération active avec les organisations internationales dans le domaine des droits de l’homme ».

 

A partir du 19 juin

 

Enfin, la Tunisie annonce qu’elle contribuera pleinement à un fonctionnement efficace du Conseil des droits de l’homme. Elle adoptera aussi des mesures pour renforcer l’Etat de droit et assurer les libertés fondamentales dans le pays.

 

Selon la résolution adoptée le 15 mars, tous les pays candidats devaient présenter des engagements en matière de droits de l’homme. Les Etats ne se sont toutefois pas mis d’accord pour fixer la barre plus haut, c’est-à-dire adopter des critères précis pour faire partie du Conseil.

 

Les 47 pays élus mardi par l’Assemblée générale de l’ONU au bulletin secret siègeront pour la première fois à Genève pour une session de deux semaines à partir du 19 juin.

 

(Source : www.romandie.ch, le 8 mai 2006)


 

Colonisation-Bouteflika veut des « excuses solennelles » de Paris

par William Maclean

 

REUTERS, le 8 mai 2006 à14h17

ALGER, 8 mai (Reuters) – Le président algérien Abdelaziz Bouteflika a réitéré ses accusations de génocide durant la colonisation française de l’Algérie et réclamé des « excuses publiques et solennelles » de la France en préalable à la signature d’un traité d’amitié entre les deux pays.

 

Le mois dernier, les autorités françaises avaient réagi avec consternation à des propos similaires tenus à Constantine par le chef de l’Etat algérien sur le « génocide de l’identité algérienne ».

 

Philippe Douste-Blazy, ministre des Affaires étrangères, avait estimé qu’il fallait taire les « rancœurs » et ouvrir « une page nouvelle » de l’histoire des relations bilatérales;

Catherine Colonna, ministre déléguée aux Affaires européennes, avait mis en exergue l’inutilité d’une « querelle des mots ».

 

La France, qui fut 132 années durant la puissance coloniale de l’Algérie, s’efforce de consolider son influence diplomatique et économique dans le deuxième pays le plus vaste d’Afrique dont les richesses en hydrocarbures et les projets de développement des infrastructures attisent l’intérêt des Etats-Unis et d’autres puissances de la planète comme la Chine.

 

La nouvelle charge de Bouteflika a été lue en son nom dimanche soir par le ministre des Anciens combattants, Mohamed Chérif Abbas, à la veille de la commémoration des massacres de Sétif et Guelma, entre autres, où plusieurs milliers de nationalistes algériens furent tués le 8 mai 1945.

 

« Il est évident que depuis le 5 juillet 1962 (date de l’indépendance algérienne), chacun est maître chez soi et qu’il n’est aucunement question de notre part d’exercer quelque pression que ce soit pour obtenir ce qui semble être le droit élémentaire de l’Etat-nation algérien: à savoir des excuses publiques et solennelles pour le crime de colonialisme commis contre notre peuple », y souligne notamment Bouteflika.

 

Il ajoute que les relations entre les deux pays ne sont pas en crise, mais qu’une amitié véritable ne peut se construire qu’à deux.

 

« LES SIRÈNES D’UNE AMITIÉ CANNIBALE »

 

« Nos concitoyens et nos concitoyennes doivent savoir que si notre peuple a triomphé au prix de souffrances indicibles du colonialisme paré des oripeaux de la civilisation, ce n’est pas pour succomber aux sirènes d’une amitié cannibale », assène-t-il dans ce discours.

 

Pour le président algérien, le peuple français devrait dire: « Oui, notre aventure coloniale a été génocidaire (…) Oui, notre Etat doit se purger de sa face obscure, de sa face

colonialiste et, pour cela, comme l’ont fait d’autres Etats à travers le monde, présenter ses excuses aux peuples auxquels il a imposé son oppression colonialiste ».

 

L’ambassadeur de France en Algérie a déclaré que le massacre de Sétif était une « tragédie inexcusable ».

 

La répression menée par l’armée française a fait, selon les autorités algériennes, 45.000 morts. Des historiens européens avancent un bilan compris entre 6.000 et 20.000 morts.

 

Bouteflika avait réclamé pour la première fois en 2004 des excuses officielles de la France. Il avait renouvelé sa demande le 8 mai 2005.

 

Ces massacres sont considérés comme à l’origine du mouvement nationaliste et anticolonialiste algérien qui s’est achevé près de deux décennies plus tard au terme d’une guerre d’indépendance qui a fait 1,5 million de morts côté algérien, toujours selon Alger.

 

Dans son discours lu dimanche, Bouteflika souligne que « les problèmes qui existent aujourd’hui entre l’Algérie et la France sont devenus structurels ». « Pour autant, ajoute-t-il, l’Algérie ne saurait continuer à les souffrir comme des rhumatismes chroniques ou même sclérosés. »

 

Ses déclarations surviennent dans un contexte particulier en France, dont le passé colonial s’est retrouvé ces derniers mois au cœur de vives controverses qui se sont notamment cristallisées autour de l’article 4 de la loi du 23 février 2005 sur le « rôle positif » de la colonisation.

 

Sa précédente sortie sur le « génocide identitaire » puis son hospitalisation au Val-de-Grâce à Paris pour un bilan médical, fin avril, avait provoqué un tollé au sein de l’extrême droite française et d’une partie de l’UMP et choqué une partie de la population.

 

Note: le texte intégral en français du message de Bouteflika est disponible en ligne sur le site internet de la présidence algérienne:

www.elmouradia.dz/francais/president/activites/PresidentActi.htm

 

REUTERS


 

Trois siècles d’esclavage blanc en Méditerranée

 

AFP, le 7 mai 2006 à 06h51

PARIS, 7 mai 2006 (AFP) – Sujet longtemps tabou, négligé par les historiens, l’esclavage des Européens asservis par les musulmans en Méditerranée fit plus d’un million de victimes du XVe au XVIIe siècles, selon deux chercheurs anglo-saxons dont les travaux bousculent nombre d’idées reçues.

 

Loin des polémiques sur l’esclavage qui ont agité la France, l’Américain Robert C. Davis, professeur à l’université de Columbus (Ohio), relève les points communs entre la traite des Noirs vers l’Amérique et celle des Blancs en Méditerranée, dans « Esclaves chrétiens, Maîtres musulmans » (Ed Jacqueline Chambon).

 

« L’esclavage, à la fois en Méditerranée et des deux côtés de l’Atlantique, est apparu et a prospéré (…) presque exactement au même moment et, pourrait-on dire, pour une même raison », écrit-il. 1492 : la découverte du Nouveau Monde aboutit à la traite massive des Africains vers le continent américain. (Les historiens s’accordent sur le chiffre de 12 millions d’Africains déportés.) A la même date, la prise de Grenade marque la fin de la Reconquête de l’Espagne et l’expulsion des Maures du sud du pays vers le Maghreb.

 

« Fortes de cet apport de sang neuf, les sociétés islamiques qu’ils contribuèrent à créer dans cette région formèrent bientôt le projet de régler leur passif avec la chrétienté : elles construisirent des galères, attaquèrent des navires marchands européens, razzièrent les populations côtières et capturèrent les hommes », explique Robert C. Davis.

 

Distinction importante: si la motivation de la traite transatlantique « était avant tout commerciale, non passionnelle », « dans le trafic des chrétiens, il y avait toujours une dimension de revanche, presque de jihad », poursuit-il.

 

Capturés lors de la prise de navires ou de razzias à terre, les Européens étaient conduits vers les « régences barbaresques » d’Alger, de Tunis ou du Maroc.

 

Davis retient un nombre moyen de 35.000 « esclaves blancs détenus en Barbarie, à n’importe quelle période donnée entre 1580 et 1680 ».

 

« On nous maltraite, on nous frappe à coups de bâtons, on nous affame et on nous qualifie de chiens sans foi, (si bien) que je quitterais volontiers cette vie et Dieu seul sait ce qui va nous arriver », écrit un captif napolitain en 1651.

 

Si l’on considère « les 250 années durant lesquelles l’esclavage corsaire connut une grande portée dans le monde méditerranéen, le nombre total d’esclaves excède le million », écrit l’historien américain.

 

Dans « Captifs en Barbarie » (Ed Noir sur Blanc), Giles Milton, spécialiste de l’histoire des voyages, s’attache au récit de Thomas Pellow, un Anglais capturé en 1715 et détenu 23 ans comme esclave.

 

Milton retient également l’estimation d’un million d’esclaves blancs en trois siècles. Les témoignages sont nombreux. Ainsi, dans les années 1620, « les femmes désespérées de presque 2.000 pauvres marins » adressent une pétition au Conseil privé du roi d’Angleterre pour rappeler que leurs maris étaient « depuis fort longtemps retenus dans la plus abjecte des captivités à Salé » au Maroc.

 

En août 1916, le bombardement d’Alger par la flotte britannique mit fin à l’esclavage chrétien en Méditerranée.

 

AFP


 

Mondial 2006 – Tunisie: le Franco-Tunisien Ben Arfa pré-sélectionné

 

AFP, le 7 mai 2006 à 16h00

TUNIS, 7 mai 2006 (AFP) – Hatem Ben Arfa, l’attaquant franco-tunisien de l’Olympique lyonnais (1re division française), a été pré-sélectionné par l’entraineur de la Tunisie, Roger Lemerre, dans le cadre de la préparation au Mondial-2006 de football, a indiqué dimanche la presse tunisoise.

 

Ben Arfa (19 ans) devait rejoindre dimanche Tunis avec 18 autres joueurs (dont sept n’ont jamais été sélectionnés) pour une séance d’évaluation de trois jours, a indiqué le quotidien Le Renouveau.

 

Lemerre puisera dans cette liste de 19 pour compléter sa sélection de 23 joueurs pour le Mondial dévoilée le 15 mai.

 

Outre l’attaquant lyonnais, sacré champion d’Europe des moins de 17 ans en 2004 avec l’équipe de France, la liste des 19 compte aussi Sami Allagui (Anderlecht, 1re div. belge) et Tijani Belaïd (Inter Milan, 1re div. italienne).

 

Les « Aigles de Carthage » effectueront ensuite du 18 au 27 mai, un stage en Suisse, mais sans disputer de match. Ils reviendront en Tunisie pour un tournoi amical 30 mai au 2 juin avec la participation du Belarus, de la Libye et Uruguay.

 

Ils se rendront le 5 juin à Schweinfurt, leur camp de base en Bavière (Sud) durant le Mondial, où ils affronteront au premier tour l’Espagne, l’Ukraine et l’Arabie Saoudite (groupe H).

 

AFP


Femmes Solidaires se retire à cause de la présence d' »intégristes »

 

AFP, le 5 mai 2006

Forum Social Européen:

 

PARIS, 5 mai 2006 (AFP) – Femmes Solidaires a décidé de cesser sa participation au Forum social européen d’Athènes en raison de la présence « d’organisations et de personnalités intégristes », a annoncé l’association qui a contesté notamment la participation de Tariq Ramadan à la rencontre.

 

Femmes Solidaires dénonce dans un communiqué la tenue de « séminaires Qui vont servir de tribune à des organisations ou des intervenants Porteurs de valeurs contraires à la Charte de Porto Alègre et aux droits des femmes ». L’association regrette « la complaisance répétée des dirigeants du FSE (…) à l’égard d’organisations et de personnalités intégristes ».

 

Sabine Salmon, sa présidente, a dénoncé la présence « de personnes indésirables comme Tariq Ramadan et de séminaires qui ne nous plaisent pas du tout », en particulier le séminaire intitulé « contre

l’islamophobie et le choc des civilisations: le cas des dessins danois ».

 

Elle a également regretté la présence d' »associations de femmes pro-voile » précisant qu' »il y a un minimum de bases communes  nécessaires sur l’approche de l’Europe sociale dans lesquelles nous ne nous retrouvons pas aujourd’hui ».

 

« Nous sommes présentes au FSE d’Athènes pour y proposer des alternatives démocratiques donc laïques, pour la construction d’une autre Europe », indique l’association. Elle ajoute : « si le FSE ne soutient pas ces valeurs fondamentales, nous n’y avons plus notre place ».

 

Femmes solidaires dénonce « l’intervention politique croissante des églises et la montée des intégristes religieux en Europe qui ont pour conséquence des reculs dramatiques sur les droits des femmes ».

L’association appelle « l’ensemble des féministes, hommes et femmes, à nous rejoindre pour construire une Europe féministe et laïque donc égalitaire ».

 

Reconnue comme mouvement d’éducation populaire et bénéficiant d’un statut consultatif auprès des Nations Unies, Femmes Solidaires revendique en France 25.000 adhérentes, à travers 185 associations locales.

 

AFP

 

Site de l’association française « Femmes Solidaires » : http://www.femmes-solidaires.org

 


Sommaire du N° 54 de l’e-mag « ELKHADRA » mis en ligne le 8 mai 2006

 

Edito : Cela fait un an et 54 numéros d’ELKHADRA sur le net tunisien. Des centaines d’articles, de réflexions sociales et politiques concernant notre pays, et le monde qui nous entoure. Un an de joies exclusives, bien sûr nous eûmes notre lot, de calomnies, d’anathèmes, de coups de poignards toujours dans le dos, de plaintes, de drames de jalousie et de stupidités humaines ; mais comme on dit chez nous, la caravane passe et les chiens aboient.

A nos très chers et nombreux amis, à nos quelques malheureux ennemis, nous faisons la promesse de continuer et d’être plus que jamais les perturbateurs des arrangements, des situations et des codes établis, de la norme et du conforme. *********************** Sommaire : LIZERBOU METOU PAR BIJU http://elkhadra.org/lizermetu.htm ******************************* POOL POSITION Par Bilel http://elkhadra.org/poool.htm ****************************** PATRIOTISME ET DEMOCRATIE Par Derbali Bilel

Chokri Anna Sonia Nasser ALI Biju http://elkhadra.org/patriodemo.htm ******************* LE TEMPS DES ORTIES. Par SONIA D http://elkhadra.org/tempsorties.htm ************************ Islam politique : une reconfiguration des forces Ce rapport a été réalisé par l’équipe de veille du CERGES http://elkhadra.org/islampo.htm **************************** La perception de la Méditerranée en tunisie. Sadok Boubaker http://elkhadra.org/percep.htm ********************* BLOC-NOTES DE HOUSSINE http://elkhadra.org/bloknot.htm *********************** « L’Afrique du Nord était une des régions les plus riches du bassin méditerranéen dans l’Antiquité » Histoire : entretien avec le Pr. Le Bohec http://elkhadra.org/afrnord.htm ******************************** Silence… On «Oublie» !!! Nasreddine Ben Hadid http://elkhadra.org/silenceononblie.htm *************************** Idées en vrac sur « Pauvreté et richesse » dans le monde arabe Driss http://elkhadra.org/ideesvrac.htm *************************** دون قواعد .. دون شرف الاعتداءات الجنسية وتلفيق القضايا الجنائية للصحفيين والنشطاء « مصر ، تونس والبحرين  » http://elkhadra.org/doun.htm ************************** VIVE LA FRANCE Mohamed MOURAS http://elkhadra.org/vivefrance.htm  

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POOL POSITION

Par Bilel

La situation en Tunisie, réclame aujourd’hui une discussion ouverte, claire, transparente entre toutes les forces de progrès. Un certain nombre de facteurs – occasions manquées, paralysie idéologique, partisane, clanique, déception généralisée d’une population tunisienne déchirée entre l’être et l’avoir, entre un fatalisme factuel, et l’inconnue d’un avenir qui semble être dramatique pour tout le genre humain – se sont accumulés ; au point que l’on peut ici parler de crise existentialiste. Cette crise exige de tous les acteurs politiques , démocrates tunisiens concernés , par opposition à la dictature , par un choix d’éthique culturelle , morale , sociale et politique , une mobilisation véritable et immédiate , afin d’éviter que les conditions ne se dégradent encore plus , dans cette dérive sans nom , où nous sommes plongés sans aucune forme d’espoir ,et ce plus dramatiquement encore depuis le 7 novembre du putsch de ben Ali. Cette situation plus que jamais , aujourd’hui , doit nous interdire l’attentisme et le silence. La Tunisie, sur le plan culturel du moins, est à l’évidence dans une période de transition, période difficile pour n’importe quelle société, plus encore pour les sociétés opprimées par une dictature maffieuse et policière , comme c’est notre cas. Chacun sait, ou devrait savoir, que le vieux mode de gouvernement, patriarcale, paternaliste et clientéliste a vécu, et qu’il ne peut être conservé ou ressuscité. Depuis nombre d’années, notre peuple – notre jeunesse en particulier – attend impatiemment les réformes indispensables à l’avenir de notre pays .Et dans le cas tunisien qui dit réforme, dit forcément démocratisation totale du pays. Cependant, il faut le dire, cette transition dans l’esprit de la grande majorité des tunisiens , en marge de la frénésie propagandiste de la dictature , et ses réclusions mensongères , s’est grippée, et l’ordre ancien .Celui des traditions , des coutumes , de la région , du clan , de la tribu continue d’exercer son influence, qui fait se côtoyer en un mélange inédit et dangereux les stratégies affaiblies des forces démocratiques , et des espoirs frustrés de la majorité des militants politiques , ou de la société civile. En réalité, aucune des organisations de la société civile, ni les courants politiques de l’opposition démocratique, n’a sérieusement entrepris le travail nécessaire de reconstruction des structures politiques que le peuple tunisien mérite. Tout semble fait pour prolonger la stratégie de l’attentisme qui caractérise la politique tunisienne depuis des lustres, laissant sans solution nos problèmes qui s’accumulent. Cette stratégie suppose, en fait, que seul un événement exceptionnel, qui pourrait être dramatique, pourra sortir le pays de l’impasse où il se trouve. Ainsi en vient-on à l’attente, et à la programmation de l’échec. Nous assistons à des actes déroutants, sans logique ni orientation claire, et à la perte du soutien par le peuple des actions que l’opposition avait eu tant de mal à mettre en place, au cours d’un processus qui ne peut être profitable qu’à toutes sortes d’extrémismes, et à l’extrémisme de la dictature en premier lieu. Le déficit d’autorité qui en est résulté participe d’une façon pérenne , il faut le savoir , à l’attentisme et au renoncement qui est entrain de détruire notre jeunesse .Il faut aussi s’alarmer du fait, que cette paralysie n’est pas vraiment statique ; elle mène quelque part, et pas nécessairement dans la bonne direction , dans notre pays tous les signaux , à n’importe quel niveau et dans n’importe quel domaine , sont au rouge .Il ne s’agit pas de faire du catastrophisme comme le craint le juge M.YAHYAOUI , mais ce mal destructeur est malin et sa projection travaille dans la durée et en profondeur le corps social , en Tunisie le temps de l’analyse , cher juge , est bien révolu , aujourd’hui c’est le temps des constats ,et la pilule est amère. Il nous faut choisir aujourd’hui notre direction, si nous ne voulons pas qu’elle nous soit imposée par la suite par la surenchère d’un pouvoir indigne et aux abois , ou pire par un interventionnisme étranger qui viendra à sa rescousse . On peut, certes, comprendre que les responsables politiques des appareils du bloc démocratique, hésitent à bouleverser ce qui est perçu comme un équilibre, au profit de voies dont les conséquences ultimes sont incertaines. D’où une situation inadéquate et persistante qui, cependant, ne fait que mettre en évidence l’épuisement des vieilles structures politiques et accentue la désaffection d’un nombre toujours plus grand de citoyens , qui ne trouvent dans ce statu quo ni leur place, ni l’espoir d’un avenir normal. Ce sentiment croissant d’impuissance se traduit par le repli sur soi, et le cynisme et la colère à peine réprimée, sont porteurs , bien sûr aussi , de la lourde menace des soulèvements les plus extrémistes. Aucun équilibre ne sera sauvegardé s’il repose sur des fondements politiques qui croulent. Toute institution, tout acteur politique qui n’aura pas su comprendre cela, qui n’aura pas su agir intelligemment et vite à ce néant , prend le risque d’attiser un ressentiment populaire grandissant et, en fin de compte,sa marginalisation politique. Ceux qui, peut-être avec les meilleures intentions, ont pour premier mouvement de passer sous silence, de retarder, ou même d’arrêter le processus de réforme et de démocratisation, devraient prendre au sérieux l’exemple algérien. Une telle attitude conduit, non pas à l’ordre, mais à un plus grand mécontentement encore , à l’anarchie , au désordre et au massacre. Les énormes problèmes auxquels nous sommes affrontés sont reconnus par tous, dans la rue et jusqu’aux plus hautes sphères des milieux militants. Je n’en citerai que quelques-uns : l’exclusion économique et sociale de vastes pans de la jeunesse citadine et rurale frappée par le chômage, la tragédie d’une émigration éperdue, implacable, chez les pauvres.La perte démoralisante d’un nombre alarmant , et qui ne cesse de croître , de nos esprits les plus talentueux partis chercher leur avenir ailleurs, la plaie de l’analphabétisme généralisé, les rangs toujours plus nombreux des chômeurs diplômés, la désintégration des anciens réseaux politiques , syndicaux et sociaux, la nécessité d’intégrer les femmes plus pleinement à la vie politique et sociale, d’attirer enfin les investissements transparents et valorisants, et de faire en sorte qu’ils restent dans le pays. Ces défis ne peuvent être relevés en coulisse, ni par cécité volontaire sur les problèmes les plus graves. Ils requièrent une nouvelle forme de politique, une politique de vérité – ouverte, franche, transparente – qui encourage une participation soutenue des tunisiens, et lui donne l’espoir d’un avenir meilleur, pour elle-même et pour le pays. Ceci doit être établit dans un projet commun aux forces démocratiques , et proposé aux tunisiens en marge de la propagande de la dictature qui ruine le pays. Une question évidente angoisse les tunisiens, de quoi demain sera-t-il fait? A force de penser notre histoire en terme de processus, on arrive parfois à minimiser le taux de ce qui relève de l’initiative propre au tunisien, de son choix patriotique et civilisateur, et qui lui seul a permit à la Tunisie de survivre , et même d’exister dans le désastre. On arrive surtout à oublier que la situation de la Tunisie à tout point de vue, exige une nouvelle vigueur que les tunisiens eux-mêmes doivent donner à leurs fonctions patriotiques et civiques, intellectuelles, éthiques et morales, disparues ou anachroniques. C’est cela le sens de la restauration et de la renaissance politique de la nation. La politique, on le sait , c’est l’engagement des hommes dans la transformation de leur société. Elle est donc au centre de l’histoire, il s ‘agit pour les tunisiens de se réapproprier ce sens de la vie. La situation globale de la Tunisie est, assurément, décrite en terme générique communément appelé jadis « le mal néo-colonial » qui dure voici un peu plus de cinquante ans. Ce mal se manifeste par le fait que le peuple de ce pays fait quotidiennement face aux épreuves conséquentes à des dérives suicidaires d’une dictature qui lui a déclaré une sorte de guerre larvée. C’est aussi pour la nation tunisienne , et il ne faut pas le nier , l’imposition par la dictature de ce venin radical , qu’on peut traduire par , l’oppression, la torture , la spéculation , le pillage , la délation , la prostitution, le tribalisme, le clientélisme, le culte de la personnalité, l’arbitraire, la violence sous toutes ses formes, la corruption généralisée, l’affairisme, l’amateurisme, l’enrichissement scandaleux et illicite des uns, les plus malins , les plus barbares et les plus sauvages, au détriment des masses populaires, la vassalisation des citoyens, le vol des biens publics, la mauvaise gouvernance. A ce paradigme du mal, nous pouvons ajouter: la déliquescence et la dégénérescence du politique, le goût effréné du pouvoir pour le pouvoir, la théocratisation des centres de décision , l’application du principe  » diviser pour régner « , la désinformation, la confiscation de l’information et l’Intoxication, le radicalisme non réaliste dans le processus du changement politique, l’enfantillage et le vagabondage politique, l’absence d’un leadership politique efficace, l’explication de la situation politique de la Tunisie à double vitesse, l’une à communication interne, l’autre produite pour l’extérieur, l’omniprésence des pouvoirs de l’ombre et l’omnipotence des réseaux mafieux constitués pour soutenir les  » puissances illégitimes au pouvoir « , l’établissement d’institutions de façade pour amuser la galerie de la communauté dite internationale, la présence d’un esprit généralisé d’accoutumance au mode de production du pouvoir dictatorial, l’effondrement de l’élite intellectuelle , la fuite des cerveaux et des forces vives de la Tunisie. Les partis alimentaires composés de caciques d’une opposition de compromissions et de surenchère demeurent toujours pour la dictature des consciences à acheter, et des disponibilités thuriféraires à acheter et à manipuler pour satisfaire les exigences de la politique du ventre. Le mal, c’est celui là aussi, le tunisien dépouillé de son humanité, un vivant sans être. C’est cela la débâcle de la Tunisie, et l’animalité politique qu’on retrouve dans l’inconscient de beaucoup d’opportunistes qui sont dans la même stratégie que ben Ali. Tous ces comportements ont plongé le pays tout entier et sa population dans une crise sans précédent de leur histoire: chute quotidienne du niveau de vie, destruction complète de la personne humaine, absence de perspectives, réduction de la population à la misère, abandon de Ia jeunesse corvéable à la merci, mort de l’administration publique, mort de l’économie nationale. Aujourd’hui, le tunisien n’est plus un homme, La misère et la lutte quotidienne pour la survie l’ont transformé de telle, manière qu’il n’est plus véritable, solidaire, cordial, hospitalier et convivial . Il a perdu la quintessence de la réconciliation de l’homme avec son archéologie intime, il est devenu défaitiste, révérencieux, durci et a laissé s’éradiquer la tendresse pour lui-même et forcément pour les autres. Aujourd’hui, l’état psychique du peuple tunisien, c’est d’attendre dans la frustration et dans l’angoisse l’issue de la lutte politique pour le pouvoir que se livre en son nom une majorité de prétendants qui ne cherchent qu’à le réduire encore plus en esclavage. Il vit dans l’attentisme et le fatalisme le plus mortifère, dans ses peurs qui nourrissent dans son imaginaire son dégoût de tout changement, dans la désillusion et dans l’avenir incertain de sa propre négation en tant que citoyen. Il est temps d’inscrire dans l’histoire présente de notre patrie , un choix collectif qui modifiera substantiellement le statut politique de la Tunisie. Il est temps de rassembler toutes les forces qui souhaitent ancrer le destin de notre pays dans de nouvelles institutions politiques, modernes, responsables et démocratiques. C’est en prenant l’initiative qu’on fait l’histoire de notre pays, sinon on laisse le soin à d’autres de la faire à notre place, à leurs mesures et toujours contre nous.

 

(Source : « ELKHADRA » N° 54 mis en ligne le 8 mai 2006)

 


 

Chronique

Justice, liberté de presse et libertés

Mustapha Hammouche

 

 En Égypte, les magistrats se battent pour leur indépendance. Cette fois-ci, les Égyptiens semblent avoir entrepris le combat par le bon bout. Dans les hautes instances judiciaires du Caire, des carrières se brisent sur l’autel de l’autonomie du juge, fondement de la liberté du citoyen. Des confrères, qui soignent leur confort aux dépens de leurs principes, se chargent de les écarter, en de staliniens procès en discipline, de l’institution.

 

Les journalistes suivent. Ils résistent à l’hostilité du régime à toute émancipation démocratique des Égyptiens. Pour une fois, des élites, autres que des mouvements islamistes, s’engagent, de manière corporatiste et non pas individuelle, dans la contestation du pouvoir autocratique de Moubarak.

En Algérie, les journalistes non condamnés se félicitent de la grâce des journalistes condamnés.

 

Comme pour la concorde civile, dans ces affaires d’infidélité, c’est toujours le moins concerné qui est le plus enthousiaste : les infidélités officielles couvrent les lâchetés individuelles. La mémoire de nos collègues assassinés était le témoignage de notre engagement d’hier; l’emprisonnement et les condamnations d’autres confrères sont la preuve de notre renoncement d’aujourd’hui. Même si ces derniers ne pourront pas jouir de cette faveur formulée de manière à profiter à ses auteurs sans profiter à ses bénéficiaires désignés, nous la fêtons quand même ! En fin de compte, l’hommage s’adresse plus à un arbitraire soudain bienveillant qu’à une sagesse enfin revenue de sa dérive !

 

Libérés de leur infidélité par un communiqué, nous nous bousculons au portillon des gratitudes. On se met non seulement à frayer avec une liberté de presse subitement devenue fréquentable et même à en faire commerce. Les éditeurs invitent des magistrats à partager avec la presse des soucis qu’eux-mêmes ne sont pas sûrs de partager avec leurs journalistes et néanmoins employés. Pourtant, la presse n’a pas de problème avec la justice, mais avec le pouvoir. Dans un État de droit, la justice ne saurait avoir de litige avec une catégorie spécifique de justiciables.

 

Il est probable que, dans cette répression, l’usage abusif de la justice indispose les hommes de loi. Cette confrontation ne se justifiait que par cet état de fait. Mais elle ne saurait remplacer le débat de ce qui est réellement en jeu : l’État de droit. Si la justice était indépendante, la presse serait naturellement libre, et les citoyens et les institutions seraient naturellement protégés par elle de ses abus de liberté.

 

Certes, la cause démocratique ayant été aliénée par le clientélisme politique, il n’y a plus, à l’actif de notre élite globalement compromise, que ces ultimes résistances catégorielles.

C’est la liberté du juge qui, comme cela semble se dessiner en Égypte, devrait, en priorité, nous préoccuper. Et nous faire commencer par le commencement.

 

(Source : le journal « LIBERTE » (Algérie), le 8 Mai 2006)

URL: www.liberte-algerie.com


 

Portrait Mohamed Bouchouicha, 26 ans, commercial, demandeur d’emploi. Né à Nice de parents tunisiens, il veut faire souche, loin des arabophobes et autres francophobes.

Place dans la République

Par Alain LEAUTHIER

lundi 08 mai 2006 Mohamed Bouchouicha en 4 dates 29 octobre 1979 Naissance à Nice. Février 1987 Circoncision. 1999 Bac de gestion. 2001 Entre à l’ISCID de Dunkerque.
«Un Arabe, c’est noble, à l’origine, on a tout de même quelques siècles de culture dans les burnes.» Voilà ce que tient à dire, avec ses mots, le Niçois Mohamed Bouchouicha, 27 ans, né à l’hôpital Roch et élevé dans la cité de l’Ariane, pauvre royaume de «mauvaise réputation» où, au gré des immigrations, se succèdent tous les «je-ne-sais-quoi» montrés du doigt par les «m’as-tu-vu» réfugiés sur les collines dorées. L’Ariane en 2006, c’est beaucoup de drogue, de délinquance et de communautarisme ­ tous les ingrédients d’une guerre civile rampante à la française ­ dont habitants, policiers ou éducateurs ont, un jour ou l’autre, subi les dommages collatéraux. Et, au milieu, Mohamed, «Français musulman», en colère tout à la fois contre les arabophobes de là-bas, «en ville», et contre les francophobes d’ici, le «ghetto» où il faut bien plus d’un fil pour s’y retrouver. Prêt à montrer les dents si on méprise son nid pas douillet, le quartier de son père, Tunisien de Bizerte. Mais tout aussi désolé de voir comment certains s’y comportent. «Franchement, il y a des sauvages.» Les poubelles par la fenêtre. La violence comme un apprentissage obligatoire. Le souk fréquent, et pas le droit de s’en plaindre. Pour ceux-là, Mohamed a une appellation autocontrôlée : «Ce sont des crabes», bestioles qu’il jette dans le même panier de déshonneur que les «Français ignorants», convaincus qu’Arabe se prononce «bougnoule».
L’Ariane est une terre aride où les bons sentiments poussent plus rarement que les (mauvais) plans, mais où les noms d’école donnent l’illusion du bonheur. Aux Lauriers-Roses, la maternelle de Mohamed, l’instituteur fut «supersympa», et les petits basanés se mélangeaient aux petits blonds. Dans son CM2, ces derniers étaient plus rares. «Je me souviens quand même d’un môme très gentil qui est devenu plus tard une tête de liste du FN.» Du collège Victor-Duruy, ensuite, Mohamed a surtout retenu ses émois footballistiques. Il est bon, si bon qu’il se retrouve à l’essai dans des sections juniors à l’OGC Nice ou à l’AS Monaco. «Niet» à une possible carrière professionnelle, dira tout net son père, qui croit aux vertus d’un savoir auquel il n’a pas eu droit. A défaut, il y aura tout de même une 3e sport-études. «Un paquet de Blacks.» Et des Arabes. «C’est bien simple : entre 0 et 18 ans, je n’ai jamais eu de véritable ami européen ; des copains, oui, pendant les matchs, mais pas au-delà…» La peur de l’autre, pense-t-il sans pousser plus loin l’analyse. Et la faute aux parents. Les siens le surveillent à distance, mais tendent la laisse lorsque le pire se profile. Plusieurs fois, Mohamed a failli tomber. «J’étais un petit sauvageon avec une grande capacité à ne vouloir rien faire : les copains qui t’appellent pour aller au stade, jouer à la PlayStation ou traîner à l’hyper.» Unique sérieux dérapage, des petits vols : quatre piles, un baladeur, quelques CD. Sa mère se montre la plus sévère : le martinet et de «bonnes roustes», adoucies ensuite par «un petit bisou et un café». Le père frappe rarement. «Deux fois dans toute ma vie… sur les fesses, mais, avec ses mains de maçon, j’ai pas oublié.» Effet ? «Positif à mort», quand il compare avec les anciens potes en prison ou les enfants, passés même brièvement sur les bancs de l’école, qui se retrouvent en «complet décalage avec des parents quasi analphabètes».
Mohamed a donc appris et admis les règles, mais pas celles de la soumission. «Si tu veux garder ton sac de billes, si on veut te frapper, il faut te défendre.» Contre certains «abrutis, bronzés de merde, petits cons rouleurs» à l’Ariane. Contre les préjugés et la discrimination dans le «monde extérieur». Mohamed dit l’avoir ressenti pour la première fois en prépa HEC. Il s’y retrouve après un parcours scolaire plutôt méritant, un BEP de comptabilité, puis un bac gestion au lycée Beausite. Logiquement, la future élite commerciale est majoritairement de «souche». Et, tout aussi logiquement, la minorité se compte. «Nous étions quatre Maghrébins.» Mohamed n’ira pas à HEC, mais dans une école de commerce, à Dunkerque. La scolarité n’est pas donnée, mais on lui accorde des facilités de paiement. Son ami, son «frère», Djamel, y est également inscrit et partage avec lui un studio à Malo-les-Bains. L’ambiance le surprend agréablement : «C’est une région sinistrée, mais il y a moins de racisme que sur la Côte d’Azur. En tout cas, en ce qui me concerne, l’expérience humaine a été formidable. C’est important de constater qu’au sein de la République on vous reconnaît et on vous soutient.» La sortie des études le renvoie dans une impasse. Son stage final, six mois non rémunérés dans une grande banque nationale, ne débouche sur aucun contrat. De novembre 2004 à avril 2005, il jure avoir envoyé huit cents demandes d’emploi. Trois cents réponses. Celles qui émanent d’établissements azuréens sont toutes négatives. Mohamed songe alors avec regret à un stage effectué au Liban. «Il faut bien le dire, si on envoie un CV de l’autre côté de la Méditerranée, il y a moins de problèmes.» Mais, envers et contre tout, il se veut Français et n’envisage pas une seconde de s’exiler dans la Tunisie de ses parents. «Elle ne m’a rien donné, la Tunisie, ce n’est pas mon pays. La République me reconnaît comme Français, c’est capital à mes yeux.» Il n’a pas besoin de se convaincre que le «repli communautaire» menace tout le monde, il en a lui-même apprécié la saveur acide. Il raconte sans honte un épisode d’adolescence. Une gifle donnée à Castel-Plage, par un grand. «Un Gaulois.» Puis les représailles, épaulé par d’autres grands, «Arabes». «J’ai pris du plaisir à lui shooter dans le ventre en gueulant : « Sale Blanc ».» Sa conclusion : «Si on continue à s’ignorer, dans vingt-trente ans, c’est le Liban en France.» Pour l’éviter, il ferait plutôt confiance à Villepin, sans rejeter les socialistes, «qui ont des bonnes idées, mais qui, comme Jospin, sont trop sionistes».
En 2005, il a trouvé un emploi dans une boîte d’assurances de Nice et, au hasard d’un casting local, s’est retrouvé héros d’un documentaire diffusé par France 3 sur le parcours du combattant des «premiers emplois». Depuis, il a abandonné le sien. Intéressant et formateur, mais trop mal payé. Il veut y croire, et, en attendant, joue les arbitres lors des matchs de foot de l’Ariane, qui, pour un simple regard ou un mot, peuvent se transformer en baston générale. Il a de l’autorité. La reconnaissance de ses parents. Jure qu’il ne s’en servira jamais pour imposer ses vues à ses frangines et recule le moment d’avouer à tous que sa fiancée, et peut-être future épouse, est une Française de souche. Si tout va bien, c’est-à-dire si le travail arrive, il quittera l’Ariane, et ils vivront ailleurs. Sans rien renier, mais sans regret…    (Source: “Libération”, du 8 mai 2006)    http://www.liberation.fr/page.php?Article=380257

 

 

Seen through a Syrian lens, ‘unknown Americans’ are provoking civil war in Iraq  

By Robert Fisk 04/29/06 « The Independent«  — – In Syria, the world appears through a glass, darkly. As dark as the smoked windows of the car which takes me to a building on the western side of Damascus where a man I have known for 15 years – we shall call him a « security source », which is the name given by American correspondents to their own powerful intelligence officers – waits with his own ferocious narrative of disaster in Iraq and dangers in the Middle East. His is a fearful portrait of an America trapped in the bloody sands of Iraq, desperately trying to provoke a civil war around Baghdad in order to reduce its own military casualties. It is a scenario in which Saddam Hussein remains Washington’s best friend, in which Syria has struck at the Iraqi insurgents with a ruthlessness that the United States wilfully ignores. And in which Syria’s Interior Minister, found shot dead in his office last year, committed suicide because of his own mental instability. The Americans, my interlocutor suspected, are trying to provoke an Iraqi civil war so that Sunni Muslim insurgents spend their energies killing their Shia co-religionists rather than soldiers of the Western occupation forces. « I swear to you that we have very good information, » my source says, finger stabbing the air in front of him. « One young Iraqi man told us that he was trained by the Americans as a policeman in Baghdad and he spent 70 per cent of his time learning to drive and 30 per cent in weapons training. They said to him: ‘Come back in a week.’ When he went back, they gave him a mobile phone and told him to drive into a crowded area near a mosque and phone them. He waited in the car but couldn’t get the right mobile signal. So he got out of the car to where he received a better signal. Then his car blew up. » Impossible, I think to myself. But then I remember how many times Iraqis in Baghdad have told me similar stories. These reports are believed even if they seem unbelievable. And I know where much of the Syrian information is gleaned: from the tens of thousands of Shia Muslim pilgrims who come to pray at the Sayda Zeinab mosque outside Damascus. These men and women come from the slums of Baghdad, Hillah and Iskandariyah as well as the cities of Najaf and Basra. Sunnis from Fallujah and Ramadi also visit Damascus to see friends and relatives and talk freely of American tactics in Iraq. « There was another man, trained by the Americans for the police. He too was given a mobile and told to drive to an area where there was a crowd – maybe a protest – and to call them and tell them what was happening. Again, his new mobile was not working. So he went to a landline phone and called the Americans and told them: ‘Here I am, in the place you sent me and I can tell you what’s happening here.’ And at that moment there was a big explosion in his car. » Just who these « Americans » might be, my source did not say. In the anarchic and panic-stricken world of Iraq, there are many US groups – including countless outfits supposedly working for the American military and the new Western-backed Iraqi Interior Ministry – who operate outside any laws or rules. No one can account for the murder of 191 university teachers and professors since the 2003 invasion – nor the fact that more than 50 former Iraqi fighter-bomber pilots who attacked Iran in the 1980-88 Iran-Iraq war have been assassinated in their home towns in Iraq in the past three years. Amid this chaos, a colleague of my source asked me, how could Syria be expected to lessen the number of attacks on Americans inside Iraq? « It was never safe, our border, » he said. « During Saddam’s time, criminals and Saddam’s terrorists crossed our borders to attack our government. I built a wall of earth and sand along the border at that time. But three car bombs from Saddam’s agents exploded in Damascus and Tartous- I was the one who captured the criminals responsible. But we couldn’t stop them. » Now, he told me, the rampart running for hundreds of miles along Syria’s border with Iraq had been heightened. « I have had barbed wire put on top and up to now we have caught 1,500 non-Syrian and non-Iraqi Arabs trying to cross and we have stopped 2,700 Syrians from crossing … Our army is there – but the Iraqi army and the Americans are not there on the other side. » Behind these grave suspicions in Damascus lies the memory of Saddam’s long friendship with the United States. « Our Hafez el-Assad [the former Syrian president who died in 2000] learnt that Saddam, in his early days, met with American officials 20 times in four weeks. This convinced Assad that, in his words, ‘Saddam is with the Americans’. Saddam was the biggest helper of the Americans in the Middle East (when he attacked Iran in 1980) after the fall of the Shah. And he still is! After all, he brought the Americans to Iraq! » So I turn to a story which is more distressing for my sources: the death by shooting of Brigadier General Ghazi Kenaan, former head of Syrian military intelligence in Lebanon – an awesomely powerful position – and Syrian Minister of Interior when his suicide was announced by the Damascus government last year. Widespread rumours outside Syria suggested that Kenaan was suspected by UN investigators of involvement in the murder of the former Lebanese prime minister Rafik Hariri in a massive car bomb in Beirut last year – and that he had been « suicided » by Syrian government agents to prevent him telling the truth. Not so, insisted my original interlocutor. « General Ghazi was a man who believed he could give orders and anything he wanted would happen. Something happened that he could not reconcile – something that made him realise he was not all-powerful. On the day of his death, he went to his office at the Interior Ministry and then he left and went home for half an hour. Then he came back with a pistol. He left a message for his wife in which he said goodbye to her and asked her to look after their children and he said that what he was going to do was ‘for the good of Syria’. Then he shot himself in the mouth. » Of Hariri’s assassination, Syrian officials like to recall his relationship with the former Iraqi interim prime minister Iyad Alawi – a self-confessed former agent for the CIA and MI6 – and an alleged $20bn arms deal between the Russians and Saudi Arabia in which they claim Hariri was involved. Hariri’s Lebanese supporters continue to dismiss the Syrian argument on the grounds that Syria had identified Hariri as the joint author with his friend, French President Jacques Chirac, of the UN Security Council resolution which demanded the retreat of the Syrians from Lebanese territory. But if the Syrians are understandably obsessed with the American occupation of Iraq, their long hatred for Saddam – something which they shared with most Iraqis – is still intact. When I asked my first « security » source what would happen to the former Iraqi dictator, he replied, banging his fist into his hand: « He will be killed. He will be killed. He will be killed. »

 

(Source: “The Independent”, (Angleterre), le 29 avril 2006)


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