7 septembre 2011

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TUNISNEWS
11 ème année, N°4087 du 07.09.2011

 


Amnesty International: Document – Tunisie. Trois hommes ont été libérés mais un quatrième est toujours en détention

AI: Tunisie: bras de fer entre le gouvernement et le syndicat des forces de sécurité

Webdo: Caïd Essebsi hausse le ton et pointe les forces sécuritaires

AP: le Premier ministre annonce que la loi sur l’état d’urgence sera strictement appliquée

Kapitalis: Les Tunisiens et les inquiétudes de l’après- 23 octobre

Come4news: Démocratie en Tunisie, ou Démocratie à la Tunisienne ?

La Presse: Inventons notre propre modèle de laïcité

Rue 89: Qui sont les (nombreux) partis politiques tunisiens ?

Le Temps: Pouls de la vie politique – «Media monitoring» mené par l’Association des Femmes Démocrates – Pas encourageant du tout !

WMC: Jalloul Ayed, «Une commission a été chargée de démanteler les réseaux de la contrebande qui détruit l’économie du pays»

Document – Tunisie. Trois hommes ont été libérés mais un quatrième est toujours en détention


Action complémentaire sur l’AU 223/11, MDE 30/018/2011 – Tunisie 1er septembre 2011 Date: 14 January 2011
ACTION URGENTE
TROIS HOMMES ONT ÉTÉ LIBÉRÉS MAIS UN QUATRIÈME EST TOUJOURS EN DÉTENTION
Trois des quatre hommes arrêtés le 19 juillet à Menzel Bourguiba, une ville du nord de la Tunisie, ont été libérés. Le quatrième homme, Haitham el Mejri, est toujours en détention et risque d être jugé de manière inique par un tribunal militaire. S ‘il venait à être déclaré coupable, il pourrait être condamné à mort.
Haitham el Mejri est toujours en détention et risque un procès devant un tribunal militaire. Il a été arrêté à la suite d’affrontements entre manifestants et forces de sécurité qui ont eu lieu le 16 juillet et au cours desquels un poste et un véhicule de police auraient été incendiés. Un policier affirme avoir vu Haitham el Mejri sur les lieux des affrontements. Or, selon son avocat, au moins deux témoins ont certifié que cet homme se trouvait dans une mosquée pendant toute la durée des affrontements et qu’il n’a participé à aucun acte de violence.
Ayman Gharib , Anis el Krifi et Wa lid Boujbali, qui avaient été arrêtés en même temps que Haitham el Mejri, ont été libérés le 29 août dans l’attente d’un complément d’enquête. Leurs avocats ont bon espoir que les charges retenues contre eux soient abandonnées car il n’existe aucun élément les reliant aux crimes qu’ils sont accusés d’avoir commis.
Les quatre hommes ont été arrêtés chez eux au cours de descentes menées par des agents des forces de sécurité le 19 juillet, aux premières heures de la journée. Ils faisaient partie des nombreuses personnes interpellées à la suite des événements du 16 juillet. Alors que toutes les autres personnes arrêtées ont été libérées peu après leur arrestation, les quatre hommes ont été inculpés d’« attentat ayant pour but de changer la forme du gouvernement, d’inciter les gens à s’armer les uns contre les autres ou à provoquer le désordre, le meurtre ou le pillage ». Ils ont également été inculpés d’avoir « [rassemblé et armé] des bandes ou [s’être mis] à la tête de bandes dans le but, soit de piller les deniers de l’État ou des particuliers, soit de s’emparer de propriétés mobilières ou immobilières », et d’être membres d’une « bande, armée ou non, [qui] commet des violences contre les personnes ou contre les propriétés ». Ils ont été déférés à un tribunal militaire pour être jugés. Plusieurs des chefs d’inculpation qui pèsent sur eux sont passibles de la peine de mort.
DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS RAPIDEMENT POSSIBLE AUX DESTINATAIRES CI-APRÈS (en arabe, en anglais, en français ou dans votre propre langue) :
appelez les autorités tunisiennes à veiller à ce que Haitham el Mejri soit jugé équitablement par un tribunal civil et non militaire, sans encourir la peine de mort ;
exhortez-les à diligenter une enquête exhaustive et indépendante sur les événements qui sont à l’origine des charges retenues contre Haitham el Mejri, Ayman Gharib, Anis el Krifi et Walid Boujbali.
ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 13 OCTOBRE 2011 À :
 
Ministre de la Justice et des Droits de l’homme
Lazhar Karoui Chebbi
Ministère de la Justice et des droits de l’homme
57 Bab B’net
1006 Tunis – La Kasbah
Tunisie
Fax : +216 71 568 106
Courriel : mju@ministeres.tn
Formule d appel : Your Excellency, / Monsieur le Ministre,
Ministre de la Défense nationale
Abdelkarim Zebidi
Ministère de la Défense nationale
Boulevard Bab M’nara
1008 – La Kasbah, Tunis
Tunisie
Fax : +216 71 561 804
Courriel : defnat@defense.tn
Formule d appel : Your excellency, / Monsieur le Ministre,
 
Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques de la Tunisie dans votre pays(adresse(s) à compléter).
Nom(s), adresse(s), numéro de fax, courriel, formule d’appel
Vérifiez auprès de votre section s’il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci. Ceci est la seconde mise à jour de l’AU 223/11. Pour en savoir plus : http://amnesty.org/fr/library/info/MDE30/015/2011/fr
ACTION URGENTE
TROIS HOMMES ONT ÉTÉ LIBÉRÉS MAIS UN QUATRIÈME EST TOUJOURS EN DÉTENTION
INFORMATIONS GÉNÉRALES
Les quatre hommes cités figuraient parmi les nombreuses personnes arrêtées lors des affrontements qui ont opposé des manifestants aux forces de sécurité à Menzel Bourguiba et dans le quartier de Tadamon, à Tunis, la capitale. La plupart de ces personnes ont été libérées mais les quatre hommes ont été inculpés aux termes des articles 72, 74 et 77 du Code pénal tunisien. Ils ont été déférés à un tribunal militaire sur la base de rapports médicaux présentés par trois agents des forces de sécurité indiquant qu’ils avaient été blessés lors des événements du 16 juillet. Les articles 72 et 74 prévoient la peine capitale.
Dans la lignée du droit international, Amnesty International s’oppose à ce que des civils comparaissent devant des tribunaux militaires. De telles procédures bafouent le droit à un procès public et équitable devant un tribunal compétent, indépendant et impartial établi par la loi, que garantit l’article 14 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), auquel la Tunisie est partie.
L’article 5 du Code de la justice militaire de 1957 prévoit de nombreux cas dans lesquels des civils peuvent être jugés par des tribunaux militaires en Tunisie : pour des infractions pénales de droit commun qui concernent un militaire, pour des infractions commises dans des zones militaires, ou encore pour des infractions liées au terrorisme ou portant atteinte à la sécurité intérieure ou extérieure. Les tribunaux militaires privent les prévenus ou les accusés des garanties d’équité et de leurs droits à une procédure en bonne et due forme car leurs décisions sont définitives et ne sont pas susceptibles d’appel.
Amnesty International est également opposée en toutes circonstances à la peine capitale, quelle que soit la nature du crime pour lequel elle a été prononcée, car elle constitue le châtiment le plus cruel, inhumain et dégradant qui soit, ainsi qu’une violation du droit à la vie. Au moins 22 personnes ont été condamnées à mort en 2010. Le gouvernement maintient un moratoire de facto sur les exécutions depuis 1991 mais au moins 136 prisonniers, dont quatre femmes, étaient dans le quartier des condamnés à mort en 2010 et n’étaient pas autorisés à recevoir la visite de leurs familles ni de leurs avocats.
Noms : Haitham el Mejri
Genre : homme
 
Action complémentaire sur l’AU 223/11, MDE 30/018/2011, 1er septembre 2011

Tunisie: bras de fer entre le gouvernement et le syndicat des forces de sécurité


 
Publié le 06-09-11 à 18:10
 
TUNIS (AP) — Des militants de l’Union des syndicats des forces de sécurité intérieure ont dénoncé mardi après-midi la décision du gouvernement tunisien d’interdire toute activité syndicale aux membres des forces de l’ordre.
 
Alors que l’état d’urgence devrait être renforcé après les violences qui ont secoué plusieurs régions du pays, le Premier ministre Béji Caïd Essebsi a fustigé la manifestation organisée mardi matin par des policiers et des membres de la Garde nationale, avec notamment un sit-in place de la Kasbah, près du palais du gouvernement. Il a alors annoncé la dissolution des syndicats des forces de sécurité.
 
Lors de cette manifestation, plusieurs centaines d’agents des forces de l’ordre avaient dénoncé la poursuite des incendies volontaires de commissariats et « l’absence de décisions politiques appropriées pour faire face à ces pratiques ».
 
L’Union des syndicats a réclamé également un procès « juste et équitable » pour les 23 policiers incarcérés et accusés d’avoir tué des manifestants lors du soulèvement populaire qui a fait chuter le régime de Zine El Abidine Ben Ali en janvier dernier. « Nous voulons la libération de nos collègues arrêtés injustement », pouvait-on lire sur une pancarte. Une autre réclamait l’ouverture d’une enquête pour juger « les meurtriers des martyrs policiers » dont le nombre est estimé à dix par le syndicat.
 
Les protestataires ont aussi appelé à « l’assainissement du ministère de l’Intérieur des valets du clan des Trabelsi », en allusion à l’épouse du président déchu, Leïla Trabelsi, de ses frères et de ses neveux. Certains ont réclamé le départ du ministre de l’Intérieur Habib Essid et de hauts responsables du ministère pour n’avoir pas répondu à leurs revendications. AP

Caïd Essebsi hausse le ton et pointe les forces sécuritaires


C’est avec un retard de 15 minutes que le Premier ministre Beji Caïd Essebsi a tenu une conférence de presse afin de faire le point sur la situation actuelle que vit le pays avec les vagues de violences, parfois meurtrières, dans plusieurs régions.

Le Premier ministre a entamé son discours en expliquant que le gouvernement de transition devait tenir une série de réunions, et ce, jusqu’à la date des prochaines élections, afin de préparer au mieux cette échéance, ainsi qu’un programme économique, la rentrée scolaire et universitaire et trouver des solutions au problème du chômage.

D’autre part, il a souligné que certains partis politiques « craignaient » déjà les élections de l’Assemblée constituante et appelaient à un référendum, oubliant, néanmoins, que pour organiser un pareil scrutin, il fallait la concertation de toutes les parties de la scène politique nationale, notamment la haute instance pour la réalisation des objectifs de la révolution.

Pour Essebsi, les événements qui se sont déroulés récemment menacent l’état sécuritaire du pays. Les violents accrochages, entre tribus ou entre individus, à Jebeniana, Metlaoui, Douz, Sidi Bouzid, Sbeitla, Meknassi, Ouerdanine, ou encore Rgueb ont pour point de départ l’arrestation de quelques « bandits » de la région. Les familles et amis de ces « délinquants » se rendent en masse devant les postes de police pour réclamer leurs libérations, ce qui dégénère rapidement. Le Premier ministre s’étonne de ces pratiques, devenues de plus en plus courantes, partout en Tunisie, alors que le peuple ne cesse de réclamer l’indépendance de la justice. Et Caïd Essebsi de demander comment celle-ci peut-elle être indépendante dans ces conditions.

L’anarchie a, donc, pris le dessus dans pratiquement dans tout le pays. Ce qui a poussé le Premier ministre à demander l’application de l’état d’urgence sur tout le territoire tunisien, et ce, afin d’éviter toute forme de manifestation, de sit-in ou de grève, de nature à nuire au calme des citoyens et à la sécurité nationale. Cet état d’urgence prendra fin le 30 novembre.

Caïd Essebsi a également évoqué le cas de la Garde nationale et des forces de sécurité. Après avoir rappelé leur degré de patriotisme et leur amour pour le pays, il s’est montré étonné, à la limite indigné, par les communiqués des syndicats des forces de sécurité qui, au lieu d’appliquer les ordres, se permet de donner son avis sur l’état sécuritaire du pays et d’organiser des manifestations, de nature à mettre encore plus en péril la situation du pays.

Parallelement au discours, un sit-in, organisé par l’Union des syndicats des forces de sécurité intérieure, se tenait, aujourd’hui, mardi, en protestation contre les opérations d’incendie des postes de police et l’absence de décisions politiques pour ces cas. Il est à noter que les protestataires des forces de l’ordre ont envahi la Kasbah en scandant «A bas le gouvernement», et ce, à la fin de l’allocution du Premier ministre.

Caïd Essebsi, visiblement très remontré contre ces syndicats, a, en ce sens, annoncé, la décision « d’arrêter toute activité syndicale des forces de sécurité au vu des dangers qu’elle représente pour la sécurité du pays ».

Concernant la Garde nationale, tout en l’évoquant, le Premier ministre a lancé que ce n’est pas 4 personnes, qu’il a traitées de singes, qui mettront la pagaille. Elles donnent les ordres, commandent, et se permettent même d’éliminer leur supérieur et de le remplacer par un autre. Essebsi a insisté sur le fait que ce qui se passe au sein de cette institution est extrêmement grave. Ces «singes» doivent être identifiés et poursuivis en justice. Dans ce cadre, il a ordonné, au ministre de la Défense, l’ouverture immédiate d’une enquête approfondie pour les démasquer.

Source : « Webdo » Le 06-09-2011

le Premier ministre annonce que la loi sur l’état d’urgence sera strictement appliquée


 

AP: le 06-09-11 à 15:10

Le Premier ministre tunisien Béji Caïd Essebsi a annoncé mardi que la loi sur l’état d’urgence en vigueur dans le pays serait appliquée avec fermeté après les violences qui ont secoué ces derniers jours plusieurs régions du pays.

Il a fait part de la ferme volonté du gouvernement de veiller à ce que les élections prévues le 23 octobre pour la mise en place d’une assemblée constituante aient lieu à la date prévue.

« Je proclame l’engagement du gouvernement de réaliser l’échéance électorale et faire en sorte que le scrutin soit la première consultation libre, honnête et transparente dans l’histoire de la Tunisie », a-t-il dit.

Il a déploré qu’au moment où « les choses allaient pour le mieux, que la sécurité se rétablissait, que le tourisme reprenait et que l’on s’approchait de l’échéance électorale, les problèmes se multiplient et la suspicion se propage ».

« Pour que les élections aient lieu dans des conditions normales, il faut que la situation se stabilise et que la violence cesse », a-t-il averti.

M. Caïd Essebsi s’exprimait dans une adresse à la nation radio-télévisée retransmise en direct sur la situation dans le pays, après des violences survenues dans plusieurs villes du centre et du sud-ouest du pays à moins de deux mois de l’échéance électorale cruciale du 23 octobre.

A la suite de ces violences inter-communautaires qui ont fait deux morts et de nombreux blessés, le couvre-feu a été décrété dans trois villes Sbeitla, Douz et Metlaoui qui comptent parmi les plus pauvres de Tunisie.

Admettant que le pays traversait « une crise », le chef du gouvernement a précisé que des instructions avaient été données aux gouverneurs (préfets) pour l’application stricte des dispositions prévues dans la loi sur l’état d’urgence. En vigueur depuis le début du soulèvement populaire qui a conduit à la chute du régime de l’ancien président Zine El Abidine Ben Ali en janvier, cette loi n’était pas cependant appliquée avec fermeté.

Désormais les préfets auront la possibilité d’interdire toute grève et sit-in ainsi que les réunions susceptibles de troubler l’ordre public.

Le ministre de l’Intérieur pourra de son côté assigner à résidence toute personne présentant un danger pour la sécurité publique.

« Chacun devra respecter la loi, sinon la loi sera appliquée à son encontre », a mis en garde le Premier ministre.

Enumérant avec forces détails les troubles enregistrés dans plusieurs villes du pays, il a dénoncé ce qu’il a appelé des « pratiques nouvelles étrangères à la Tunisie ».

« Si à chaque différend on s’entre-tue, ce n’est plus la Tunisie, c’est autre chose », a-t-il dit en qualifiant la situation de « grave ». « Cela ne peut plus durer, sinon il n’y a plus d’Etat », a-t-il déclaré.

Considérant « plus grave encore » le mouvement revendicatif déclenché par la police et la garde nationale qui ont organisé mardi une manifestation devant le palais du gouvernement à la Kasbah, M. Caïd Essebsi a annoncé la dissolution des syndicats des forces de sécurité. « J’ai décidé à partir de ce jour de mettre fin à toute activité syndicale (dans le corps de la sécurité) et de traduire devant la justice tout contrevenant », a-t-il déclaré.

Affirmant que « 97% du corps de la sécurité était sain », il a pointé du doigt « un groupuscule » qui veut selon lui entraver le processus de transition démocratique


Par Kilani Bennasr*

En Tunisie, nombreux sont ceux qui s’inquiètent pour leur avenir, car depuis le 14 janvier, la situation n’est plus la même. Ils ne savent pas non plus comment elle deviendra après le 23 octobre.

Cependant la révolution tunisienne a démontré qu’un Etat, possédant des institutions et une société civile active, est à l’abri de l’anarchie et peut continuer son chemin, malgré une conjoncture spéciale, une guerre civile devant ses portes et un gouvernement provisoire formé de technocrates.

Un mystérieux «virus» La classe moyenne, les pauvres, la société civile, les intellectuels engagés, ceux sont eux qui ont fait partir l’ex-Président et c’est à eux de réagir et de rester vigilants. Aujourd’hui, une bonne partie des Tunisiens se rend compte que la Tunisie, comparée à des pays comme l’Algérie ou le Maroc, n’est plus stable. Même avec un peuple optimiste et volontaire, le vide est partout, et huit mois après la chute de Ben Ali, un mystérieux «virus» paralyse encore la vie politique et économique. Sans taxer quiconque de mauvaise volonté, mis à part les mécontents de l’après-révolution, toutes les catégories du peuple sont en train de mettre de plus en plus la main à la patte pour faire sortir la Tunisie de sa crise. Le gouvernement provisoire, les partis politiques, la classe intellectuelle indépendante, la société civile et une bonne partie du peuple acquièrent un savoir-faire «démocratique» progressif et s’auto-corrigent dans une stabilité relative. Néanmoins, dans cet amalgame révolutionnaire tunisien, on s’aperçoit du manque de prise de conscience populaire concernant le futur proche du pays, à savoir la période avant et après l’élection de l’Assemblée constituante du 23 octobre 2011.

Un effort d’information ciblée D’ici cette date, il y a lieu d’entamer, avant la campagne électorale, un effort d’information ciblée, destinée à la base électorale, sur les prérogatives de la future Assemblée constituante, sa mission, ses délais, sa composition, ses moyens, ses limites juridiques et le mode de scrutin choisi. Jusque-là le travail de la commission électorale, quoique bien fait, n’a pas dépassé la vulgarisation et la sensibilisation des Tunisiens pour qu’un plus grand nombre d’électeurs aille aux urnes. Il ne suffit pas d’inciter le citoyen à voter mais à comprendre pourquoi il vote, l’étape suivante devrait porter sur des explications claires, simples et non pas, terre-à-terre, du genre des clips vidéo, maladroits, inspirés du foot. tunisien sur le site Instance supérieure indépendante pour les élections (Isie). L’accent est mis sur des formules intelligentes patriotiques de communication médiatisée, expliquant aux citoyens tous les points importants relatifs aux élections. Elles lui rappellent que la finalité de cette révolution et de tout le projet, est la prospérité et l’union des Tunisiens et non pas l’élection de X ou de Y, encore moins le parti politique Z. A un niveau plus élevé, le peu du temps qui reste sera consacré à la multiplication des débats, animés par des spécialistes en droit constitutionnel et en sciences politiques, avec la participation de Tunisiens de tous âges et tendances. Le travail de ces ateliers sera diffusé après mise en forme sur plusieurs moyens de communication. En ce moment, à ce sujet, parmi les écrits réalisés connus, seulement quelques uns sont simplifiés pour le lecteur non juriste, ils sont tous intéressants et lancent un appel pour que le citoyen tunisien soit informé et averti avant de partir aux urnes. Dans certains passages de ces études, on regrette la passivité de, l’Instance supérieure pour la réalisation des objectifs de la révolution, de la réforme politique et de la transition démocratique. On lui reproche qu’elle s’éclipse chaque fois que la révolution est en danger et s’extirpe de son rôle de protectrice de la révolte des Tunisiens. Certes, elle est en train de réaliser un travail important mais selon des observateurs tunisiens et étrangers, elle manque de réalisme, et est réticente à affronter la foule et à se déplacer à l’intérieur du pays. Le déplacement à l’intérieur des régions éloignées et la découverte de leurs particularités par les membres de la structure centrale de cette Haute instance est un moyen pour parfaire leur connaissance du milieu, certains connaîtraient Paris et n’ont jamais visité Metlaoui ou Dhiba. La connaissance de l’intérieur servirait aussi d’exemple aux futurs membres de la Constituante et préparerait les bases de la prochaine Constitution.

Les sujets proposés au débat public Tout projet qui ne prend pas en considération «l’étude du milieu» et s’élabore sur des bases purement théoriques «universitaires», ne devrait pas être soumis au vote de la collectivité parce qu’il ne la concerne qu’en partie. Parmi les informations destinées aux citoyens et les sujets qui devraient être, d’ores et déjà, proposés au débat public, on peut citer: – le droit de vote, l’égalité des citoyens, les avantages de la démocratie, mises en garde des Tunisiens pour ne gâcher cet acquis précieux et cette occasion exceptionnelle de vote du 23 octobre; – l’engagement des partis politiques et indépendants à respecter des règles spécifiques, durant la campagne électorale, le 23 octobre et après; – quand et comment sera remplacé l’actuel gouvernement provisoire?; – quand et qui sera désigné dans le prochain gouvernement provisoire, après l’élection de l’Assemblée constituante et comment?; – qui contrôlera cette dernière?; – qui restera le garant de la révolution, le gardien du temple?; Ainsi, le but des élections du 23 octobre n’est donc pas uniquement de faire participer un plus grand effectif de Tunisiens mais aussi de responsabiliser le citoyen, de l’impliquer dans la vie politique, et de l’initier à la démocratie.

* Colonel retraité

Source : « Kapitalis » Le 06-09-2011

Démocratie en Tunisie, ou Démocratie à la Tunisienne ?


La bataille des Tunisiens, suite à la révolution du Jasmin du 14 Janvier ne fait que commencer. La date butoir annoncée par la Haute instance indépendante pour les élections approche et rien n’est encore clair pour les Tunisiens.

De même, le gouvernement provisoire de Béji Caied Essebsi ne satisfait non plus le Tunisien de l’après Ben Ali. «Les résultats du sondage montrent que le taux de satisfaction de la population à l’égard des performances du gouvernement provisoire se situe à 21%, contre 31% au mois d’avril, perdant ainsi 10 points dans la confiance des tunisiens au cours des quatre derniers mois », indique le sondage de Tunisie Afrique Presse.

A la date d’aujourd’hui, la Tunisie aux 11 millions d’habitants, compte désormais plus de 100 partis politiques. Ces derniers ne font que s’acharner de plus en plus pour dénicher des votes à la date prévue, par n’importe quel moyen.

Kamel Jendoubi, président de l’Instance supérieure indépendante des élections (ISIE), a déclaré récemment qu’il y avait un million de morts sur la liste des inscrits pour le prochain scrutin du 23 Octobre. Certains pensent d’ailleurs qu’il ne s’agit que d’une tempête dans un verre d’eau utilisée, pour mettre en doute l’intégrité de la Haute instance. En tant que citoyen Tunisien, rien ne pourra me surprendre.Quant à d’autres partis, ils distribuent des bons d’achats à 10 dinars dans les centres d’appels pour gagner des votes supplémentaires tel que Ennahdha, le parti islamiste de la Tunisie, présidée par Rached Ghannouchi.

De ce fait, la route vers l’instauration d’une démocratie en Tunisie est encore longue.Le citoyen se trouve encore confronté à une situation politique agitée et instable, qui a tendance par moment à empirer, surtout suite aux évènements qui se déroulent actuellement au Sud Tunisien. Encore un chemin de longue haleine attend les Tunisiens, pour l’instauration d’une démocratie, une démocratie qu’on espère pas à la Tunisienne.

Source : « Come4news » Le 06-09-2011

Inventons notre propre modèle de laïcité


Par O.B

De passage en Tunisie le mois de mars dernier, Mohamed Nachi, professeur tunisien de sociologie à l’université de Liège, est frappé par les confusions qui régnaient dans les discussions autour de la laïcité. De retour en Belgique, il prend l’initiative d’inviter trois de ses collègues, Jean Bauberot (EPHE, Paris), Gil Anidjar (Université de Columbia) et Cécile Laborde (Université de Londres), tous des professeurs ayant réfléchi et même publié sur la thématique du rapport entre le religieux et le politique, d’écrire un texte sur cette question des plus cruciales aujourd’hui dans le contexte de la transition démocratique. Son objectif: engager un débat serein permettant, comme il le dit lui-même, «d’apporter des réponses nouvelles adaptées à la fois à la situation postcoloniale/postrévolutionnaire actuelle et aux demandes et attentes de la société tunisienne». Il ressort des quatre articles que nous avons choisis de publier ensemble en y rajoutant un texte signé par Cyril Grislain Karray (conseiller-stratège) pour approfondir encore plus ce dossier, l’idée que la transposition du système français de la laïcité n’est pas forcément la solution pour les Tunisiens. A l’image de leur révolution exceptionnelle, à eux d’inventer un modèle qui leur est propre, inspiré d’un autre imaginaire politique, basé sur «l’art de la conjugaison» selon la formule de Gil Anidjar et surtout qui serait dégagé de toute tyrannie «une laïcité autoritaire n’est pas une véritable laïcité», écrit Jean Bauberot. Il est peut-être temps aujourd’hui de (ré) interroger ce «modèle étatique d’émancipation» en évitant de le transformer en un enjeu identitaire. Le débat que nous ouvrons aujourd’hui sur nos colonnes participe à cette réflexion.

Source : « La Presse » Le 06-09-2011

Lien : http://www.lapresse.tn/06092011/36259/inventons-notre-propre-modele-de-laicite.html


Qui sont les (nombreux) partis politiques tunisiens


Depuis le 1er septembre, les candidats à l’élection de l’Assemblée constituante prévue le 23 octobre peuvent déposer leurs listes. L’occasion de présenter les grandes lignes d’un paysage politique profondément renouvelé depuis la fin du pouvoir du RCD, le parti-Etat dissout le 9 mars.

Au monopole, succède une offre politique abondante. Du moins en quantité puisque à ce jour pas moins de 102 partis ont été autorisés. Une douzaine néanmoins constituent l’essentiel du tableau.

Parti démocrate progressiste (PDP)

Président :Ahmed Nejib Chebbi

Il a été fondé en 1983 et légalisé en 1988, sous le nom de Rassemblement socialiste progressiste. Il a été rebaptisé lors d’un profond réajustement idéologique en 2001.

Son orientation déclarée est sociale-démocrate, mais ses propositions visent essentiellement à améliorer l’efficacité du système économique, sans changement d’orientation majeure.

► Le site officiel du PDP

Ettakatol, Forum démocratique pour le travail et les libertés (FDTL)

Secrétaire général : Mustapha Ben Jaafar

Connu en Tunisie sous le terme Ettakatol, il a été créé en 1994, suite au départ de Mustapha Ben Jaafar du MDS. Il a été légalisé en 2002. Son orientation est sociale-démocrate.

Durant les dernières années du régime Ben Ali, il faisait partie d’une coalition d’opposition (le collectif du 18 octobre pour les droits et les libertés) avec le PDP, le Pcot et En’Nahdha.

► Le site officiel d’Ettakatol

Ettajdid

Premier secrétaire : Ahmed Brahim

Ancien Parti communiste tunisien, il a renoncé au communisme en 1993, opté pour une orientation sociale-démocrate, et pris l’appellation Ettajdid (le renouveau).

A la différence d’Ettakatol, il ne faisait pas partie du collectif du 18 octobre. Il anime aujourd’hui un Pôle démocrate moderniste (PDM) visant explicitement à contrer le projet islamiste.

► Le site officiel d’Ettajdid

Pôle démocrate moderniste (PDM)

Le PDM, lancé en mai, est une coalition de cinq partis :

  • Ettajdid,
  • Parti socialiste de gauche,
  • Al Wifak Al Joumhouri,
  • La Voix du centre,
  • Mouvement de la citoyenneté et de la justice.

Et d’organisations de la société civile :

  • Appel pour un pôle démocratique culturel,
  • Assez de divisions, Allons de l’avant,
  • L’Initiative citoyenne,
  • Collectif national des indépendants.

La ligne fédératrice du PDM est de faire barrage au projet islamiste. Il présente des listes de candidats.

► La page Facebook du PDM

Congrès pour la République (CPR)

Président :Moncef Marzouki

Le CPR a été créé en 2001, mais rapidement interdit, ses dirigeants ont vécu en exil en France jusqu’en 2011 (il a été légalisé le 8 mars).

Sa ligne politique contient des orientations économiques et sociales assez marquées à gauche (contrôle du crédit bancaire, redistribution sociale, coopératives agricoles… ). La réaffirmation de l’identité arabo-islamique de la Tunisie, dans une perspective nationaliste arabe, est l’une de ses priorités.

Le CPR a envisagé dans l’été une coalition avec En’Nahdha (et trois autres petits partis), avant de dénoncer violemment au mois d’août ses méthodes de financement (et celles d’Ettakatol et du PDP).

► Le site officiel du CPR (en arabe)

En’Nahdha  

Président :Rached Ghannouchi

En’Nahdha (la renaissance) est le principal parti islamiste.

Il a été créé en 1981 sous l’appellation Mouvement de la tendance islamique, mais il n’a pas été reconnu et a même fait l’objet d’une répression sévère durant les années de la présidence d’Habib Bourguiba.

Il opte en 1989 pour l’appellation En’Nahdha pour ne plus faire référence à la religion, à partir du début des années 90, il fait l’objet à nouveau d’une répression implacable, il retourne à la clandestinité et son leader s’exile à Londres.

Il a été légalisé le 1er mars 2011. Il bénéficie de la meilleure notoriété et devrait réaliser un bon score lors des prochaines élections.

Il déclare aujourd’hui se positionner sur une ligne proche de celle de l’AKP turc. Mais il reste sur des positions très conservatrices et le contexte de rupture post-dictature et d’absence d’institutions fortes est très différent de celui de la Turquie.

► Le site officiel d’En’Nahdha (en arabe)

Mouvement des démocrates socialistes (MDS)

Président : Mohamed Ali Khalfallah

Créé en 1978, par des membres du Parti socialiste destourien (le parti d’Habib Bourguiba) et par Ahmed Mestiri, il a été autorisé avec l’instauration du multipartisme en 1983.

Son orientation est plutôt social-démocrate. Il avait appelé en 1999 à soutenir la réélection de Ben Ali et disposait d’élus à la Chambre des députés. Malgré son ancienneté, il ne bénéficie que d’une faible notoriété.

Parti communiste des ouvriers de Tunisie (Pcot)

Secrétaire général : Hamma Hamami

Fondé en 1986, il est issu d’une des tendances radicales du mouvement d’extrême gauche Perpectives tunisiennes. Il a été légalisé le 18 mars.

Interdit pendant les années Ben Ali, il agit dans la clandestinité et ses militants ont subi la répression et les condamnations. Membre du collectif du 18 octobre avec En’Nahdha, il est partisan de l’intégration du parti islamiste dans le système politique.

Aujourd’hui très actif dans les manifestations et dans la société civile, son potentiel électoral est toutefois très modeste.

► Le site officiel de son journal, Al Badil (en arabe)

Parti socialiste de gauche (PSG)

Secrétaire général : Mohamed Kilani

Issu d’une scission avec le Pcot en 2006, sa ligne politique s’en distingue par le refus de toute alliance avec les islamistes. Il a été légalisé le 17 janvier.

Il fait aujourd’hui partie du Pôle démocrate moderniste.

► Le site officiel du PSG

Afek Tounes, Horizon tunisien

Président : Mohamed Louzir Porte-parole : Emna Mnif

Créé par de jeunes cadres supérieurs des milieux de l’entreprise, sa ligne politique est plutôt libérale (Etat régulateur et compétitivité économique) et sociale.

Sa position est en faveur d’une rupture avec l’ancien système (lutte contre la corruption, indépendance de la Justice…).

► Le site officiel d’Afek Tounes

Parti du travail tunisien (PTT)

Porte-parole : Abdeljalil Bedoui

Le Parti du travail a été fondé le 28 avril 2011 notamment par Abdeljelil Bedoui, économiste, membre de l’UGTT.

Parti travailliste, sa vision économique et sociale est issu du combat syndical. Il propose de remettre en question l’orientation néo-libérale de l’économie tunisienne en mettant fin au dumping social et en rééquilibrant les relations avec l’Union européenne.

Sans être lié à l’UGTT, il espère rallier la base syndicale.

► Le site officiel du Parti du travail (en arabe)

El Watan

Secrétaire général : Mohamed Jegham

El Watan (la nation) a été fondé par d’anciens cadres du RCD : Mohamed Jegham – notamment ministre de l’Intérieur (1995-97), ministre de la Défense (1999-2000) et membre du Comité central puis du bureau politique du RCD – etAhmed Friaa – ministre à plusieurs reprises, et dernier ministre de l’Intérieur de Ben Ali, du 12 au 14 janvier. Ce dernier a quitté le parti le 21 juin.

El Watan cite parmi ses valeurs la vocation arabo-musulmane de la Tunisie, la justice sociale et l’approfondissement de la démocratie.

► Le site officiel d’El Watan

L’Initiative

Secrétaire général : Kamel Morjane

L’Initiative a été fondé le 1er avril 2011 par Kamel Morjane (ancien ministre de la Défense de 2005 à 2010, et ministre des Affaires étrangères, de 2010 à 2011).

Comment classer les partis tunisiens ?

Il n’est pas forcément pertinent de classer les partis selon un axe gauche-droite. Le nationalisme peut être une valeur ambivalente. Une orientation économique de gauche peut être associée à une vision identitaire conservatrice, des partis auto-proclamés centristes sont des avatars de l’ancien régime. Un programme économique libéral peut aller de pair avec une volonté de rupture marquée avec l’ancien régime. La référence à l’islam peut, a priori, se combiner avec toute sorte d’orientation économique…

Un chercheur a tenté une cartographie de la centaine de partis existants selon différents axes (nationalistes, libéraux, socialistes…) Œuvre utile et effort louable, mais qui construit une image statique du paysage partisan. Il laisse de côté deux aspects : d’une part le caractère multidimensionnel de chacun des partis, et d’autre part la dynamique de la vie politique. (Voir la capture,cliquer pour agrandir)

Des rapprochement inattendus peuvent se nouer, non seulement en raison de considérations tactiques, mais surtouten fonction des clivages qui structureront la vie politique tunisienne :

  • la rupture avec l’ancien régime et la protection de la Révolution,
  • l’inclusion ou l’exclusion de l’islamisme dans le jeu politique, et la place de l’islam dans le socle des valeurs fondamentales
  • les orientations économiques,
  • les options constitutionnelles, etc.

Les Tunisiens vont devoir devenir des experts en manœuvres partisanes pour décrypter leur vie politique.

Source : « Rue 89 » Le 06-09-2011

 

Pouls de la vie politique – «Media monitoring» mené par l’Association des Femmes Démocrates

Pas encourageant du tout !


 

• Toujours le même leitmotiv : la ségration féminine

• Les femmes démocrates ont leur mot à dire

Les résultats d’une étude réalisée par l’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD) en collaboration avec d’autres acteurs de la société civile ont été présentés hier lors d’une conférence de presse tenue par la coordinatrice dudit « media monitoring en période de transition démocratique ».

Sana Ben Achour a expliqué qu’il s’agit, en effet, d’une étude de contenu médiatique plutôt qu’une simple observation des médias. Le but étant de donner plus de visibilité, à qui le souhaite bien, quant au paysage médiatique pendant la période pré-électorale et surtout de s’en servir comme un document référence pour la période avenir.

La présidente de l’ATFD, Ahlem Belhadj a de son côté fait remarquer que ce rapport préliminaire se veut un, tant soi peu, révélateur du sérieux de l’association qu’elle préside, laquelle a été objet de critiques acerbes depuis qu’elle a annoncé son intention de mener cette enquête. « Mais on n’est pas à notre première étude en ce sens, puisqu’on a fait presque le même travail en 2004 en collaboration avec la Ligue tunisienne des droits de l’Homme puis en 2009. On a annoncé que les élections de 2009 ne sont autres qu’un préalable pour briguer un autre mandat en 2014. Nous sommes devenues depuis en butte à des harcèlements. Cela nous a valu des persécutions sans fin et sommes devenue en butte à des harcèlements même dans nos lieux d’habitation et de loisirs. » avance Sana Ben Achour qui se dit tout comme ses compagnons de route prête à continuer sur cette même lancée. Et qu’en est-il de la question de la femme. Comme par stoïcisme, les femmes démocrates veulent se montrer présentes sur la scène médiatique même si des esprits obscurantistes veulent les priver ce droit. La sacro sainte question de la levée des réserves sur la Convention des Nations Unies contre toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW) a été rappelé par Ahlem Belhadj qui a annoncé qu’elle a été ainsi que des représentants d’un collectif d’associations pour discuter de la question avec la ministre des affaires de la femme, le matin.

Résultats de l’étude

Pour ce qui est du rapport du « media monitoring » présenté, il y a lieu de préciser que la conférence de presse a jeté la lumière sur la première partie de cette étude qui continuera jusqu’au 22 décembre. La première phase s’est étalée sur la période allant du 1et au 25 août. Deux autres suivront, pour sonder le pouls de la vie politique pendant les périodes électorale et postélectorale. A priori les résultats ne sont pas assez satisfaisants. La couverture médiatique des 17 organes de presse dont des radios, des chaînes de télévision et des journaux de presse écrite, n’ont pas, pour le moins, convaincu les 35 observateurs qui composent l’équipe de travail. Parmi eux également, des chercheurs universitaires, des formateurs aux techniques du monitoring et des formateurs aux techniques de plaidoyer et d’advocacy. L’étude a porté notamment sur des sujets ayant trait à l’inscription sur les listes électorales, la prorogation des délais d’inscription, l’affaire « Mourou », la célébration du code du statut personnel et la levée des réserves et enfin le dossier de la corruption. L’étude qui a examiné des articles des journaux, «Eshourouq», «Assabah», «Assarih», «Assahafa», «La presse», «Le temps» et «Le quotidien» pendant cette période a laissé entendre que ces organes de la presse écrite ont réservé une grande partie de leurs colonnes aux activités des partis et des relations entre les acteurs politiques, à raison de 52,83% de l’espace en question, alors que les sujets traitant du processus électoral n’ont représenté 15,13% de cet espace. « Les querelles politiques et idéologiques ont pris le dessus au détriment de l’éducation citoyenne et au débat sur la nouvelle citoyenneté du Tunisien » révèle l’étude. Pour ce qui est des radios objet de l’étude (chaîne nationale, Mosaïque, Shems Fm, Radio jeunes), on apprend à titre indicatif que 35,79% des ondes radiophoniques ont été réservées aux émissions de débats. «Il va sans dire que les radios réservent moins de place à la publicité politique qui ne représente que 0,93% du total de l’espace radiophonique. » signale-t-on. Il est à préciser, dans la foulée, pour la presse écrite, la publicité politique constitue 21,82% du total des colonnes des journaux objets de l’étude. Ce qui n’est pas du tout insignifiant.

Les télévisions objets de l’étude (Wataniya 1 et 2, Nessma et Hannibal TV) n’ont pas dérogé à la règle puisqu’elles réservent 69,53% de leurs espaces télévisuels aux émissions spécialisée dans les débats politiques, électoraux et aux talk shows.

Et qu’en est-il de la question de la femme ? L’étude a par ailleurs montré « la faible couverture médiatique des actrices politiques », lesquelles figurent à raison de 10,4% pour la radio, 10,21% pour la télévision et seulement 2,85% pour la presse écrite.

Source: “Le Temps” Le 06-09-2011

Jalloul Ayed, «Une commission a été chargée de démanteler les réseaux de la contrebande qui détruit l’économie du pays»


·Jalloul Ayed serait-il le ministre des Finances providence pour la Tunisie de la Transition? Ce mélomane averti, auteur de trois symphonies, « Magador », « Hannibal Barca » et « Parfum de Jasmin », met ses «notes» financières et recrée les monde de la banque et de la finance dans la Tunisie nouvelle comme le pianiste qu’il est lorsque, devant son piano, il pense, réfléchit, médite, avant de mettre sur papier sa vision de la nouvelle finance en Tunisie.

Non, ce n’est pas qu’un rêveur, musicien au regard perdu dans ses symphonies, il a de la vision et veut que la Tunisie en profite. «Parce que la Tunisie mérite mieux». Entretien

·WMC: Qu’en est-il du projet de la refonte totale de la fiscalité? D’autant plus que la Tunisie figure, aux dires des spécialistes, parmi les pays où il y a le plus grand taux d’imposition de par le monde?

Jalloul Ayed: Ce n’est pas vrai, la Tunisie n’a pas un taux très fort d’imposition. Ceci dit, notre fiscalité a plus besoin d’une réforme que d’une refonte qui est plus radicale. La réforme me semble nécessaire dans le contexte actuel. Nous devons recadrer la fiscalité pour qu’elle soit un outil qui favorise la réussite du plan économique et social du pays.

Elle fera partie d’un plan de réformes très ambitieux qui visera en premier lieu à lutter contre le chômage, encourager les investissements et remédier aux déséquilibres régionaux. Comment s’articuleront ces réformes et surtout la fiscale?

Cette réforme doit correspondre aux orientations économiques de la future Tunisie; elle doit soutenir le nouveau programme d’investissements. Comme tout le monde le sait, le moyen le plus sûr de lutter contre le chômage, c’est l’investissement. Elle doit également répondre à un impératif tout aussi important, à savoir la distribution équitable des ressources et dans le même temps répondre aux exigences d’une orthodoxie et un équilibre financiers devenus aujourd’hui nécessaires pour le pays. Le but est qu’il n’y ait plus de dérapages et à aucun niveau.

Lorsque vous parlez de distribution équitable des richesses, que voulez-vous dire au juste?

J’ai parlé d’une distribution équitable de ressources. En ce qui me concerne, je suis très favorable à l’instauration d’un management participatif, d’un système de rémunérations avantageux, qui engage plus les employés dans les intérêts de leurs entreprises et les rend plus impliqués et plus concernés par sa réussite. Des salariés actionnaires, il n’y a rien de plus utile pour une entreprise qui veut percer. Ce modèle a réussi surtout dans les pays anglo-saxons et il faudrait l’appliquer dans notre pays pour améliorer les performances des entreprises.

Sur un tout autre volet, j’estime que l’allocation plus juste des ressources sur le plan régional, c’est-à-dire spatiale, est indispensable tout comme le renforcement des investissements dans les régions les moins nanties.

Réduire le gap entre les différentes régions figurera certainement parmi les priorités de n’importe quel gouvernement en Tunisie, en réallouant une bonne partie des investissements dans les régions.

Quel sera le rôle du secteur privé à ce niveau?

Le secteur privé sera un principal acteur de la dynamisation des investissements dans les régions. A ce propos, le Fonds d’investissements (générationnel) que nous comptons mettre en place, même s’il utilise comme mise initiale des fonds de l’Etat, sera appelé à travailler uniquement avec le secteur privé.

Un fonds générationnel, c’est quoi exactement? Il servira à financer des projets publics, des infrastructures, à soutenir les privés?…

Pourquoi cette appellation tout d’abord? Parce que c’est un Fonds qui appartient à l’Etat et qui, par le truchement de certains leviers mis en place par l’Etat, encouragera les privés à tous les niveaux et dans tous les secteurs économiques à lancer de grands projets. C’est un Fonds «Equity» de fonds propres qui va donner une plus grande force de frappe aux investisseurs privés pour leur permettre de lancer leurs projets. Ce qui se traduit par la création de postes d’emplois et de valeurs qui seront réinvesties dans ce Fonds et ainsi de suite. C’est un Fonds perpétuel d’investissements et de réinvestissements, et toutes les richesses qui seront créées seront réinvesties.

Le Fonds générationnel, dont la mise initiale est publique, est appelé à travailler uniquement avec les privés. Il a la particularité d’accorder aux privés les meilleures conditions d’investissement en fonds propres et constitue la meilleure garantie pour nos enfants. Il sera approuvé incessamment. Il devrait rassurer tous ceux qui s’inquiètent à propos de la dette publique et ses conséquences sur l’avenir des futures générations grâce à l’investissement en fonds propres. Il apporte les réponses à leurs appréhensions.

C’est un fonds en capital et pas en dettes. C’est ce qui manquait à la Tunisie. Car, dans un projet économique, il y a deux composantes essentielles, les fonds propres et les crédits. Dans notre pays, nous avons mis en place des structures financières compétentes comme les banques pour tout ce qui est des crédits mais nous n’avons pas réellement de grands véhicules d’investissements. Ce gouvernement a lancé deux véhicules importants d’investissement qui sont la Caisse de dépôts et de Consignation, qui exige une capacité d’investissement qui dépasse celle du privé et qui ne respecte pas les critères d’acceptation des privés en matière de rendement et de taille. Le gouvernement a déjà approuvé la création de cette Caisse. La Caisse de dépôts et de consignation était depuis longtemps sur la table en Tunisie?

Le plus important était de la créer. Maintenant c’est du concret et c’est ce gouvernement qui l’a fait. Nous n’avons pas recréé la roue, elle existe ailleurs, mais il fallait passer à l’acte. Par contre, le Fonds générationnel est une création tout à fait tunisienne. Pour vous donner une idée, ce Fonds pourra d’ici quelques années pourvoir à un million d’emplois.

Quels sont, selon vous, les principes de la restructuration bancaire et financière qui ont besoin d’un coup de fouet pour se mettre au diapason des standards internationaux et assurer leur rôle en tant que moteurs de l’économie et du développement dans le pays?

Pour revenir au fonds générationnel, il y a la partie “Capital“ qui sera assurée grâce à la création de ce fonds, et d’autres qui créeront, pour leur part, d’autres fonds. Ce sont des fonds d’investissement qui professionnalisent les métiers d’investissement. Lorsque nous disons investissement, nous désignons également le capital, parce que tout seul, le capital ne servira pas à grand-chose…

La question la plus importante aujourd’hui est de savoir si le système bancaire tunisien peut accompagner le programme ambitieux d’investissements? Jusqu’à un certain niveau, oui mais ce n’est pas sûr qu’il y arrive de bout en bout. D’où l’importance de lancer au plus vite des réformes concomitantes au plan de relance de l’économie tunisienne.

Quelles sont vos priorités pour ce qui est des réformes?

La réforme du secteur financier, la réforme fiscale, la réforme de l’administration et de l’appareil de l’Etat et la réforme de la justice, ce qui instaurera des traditions de transparence et de bonne gouvernance. Ce sont des réformes nécessaires que nous sommes actuellement en train d’initier, et nous espérons que le prochain gouvernement continuera sur nos pas.

Dans le même temps, nous avons commencé à travailler car la Tunisie ne peut pas attendre. Nous devons nous atteler au travail régulier et non circonstanciel.

Pour revenir aux réformes du secteur financier, je commencerai par dire que nous nous attaquerons au marché des capitaux; un point positif à ce propos, nous commencerons à zéro et nous n’aurons pas à restructurer. Nous pouvons développer un marché obligataire dynamique pour investir dans des projets de longue haleine. Concernant le système bancaire, nous pouvons considérer qu’il tourne bien mais la Tunisie mérite mieux. Le système ne peut pas prendre uniquement sur lui la responsabilité des financements. La première chose à faire est la restructuration des grandes banques publiques, l’incitation des banques privées à se mettre en pôles et de mettre la barre très haut tant au niveau de la gouvernance, de la technologie, que du système d’information ou des produits et de services. Nous allons mettre une sorte de benchmark sur ce que nous attendons des banques, la consolidation des fonds propres sans négliger les règles prudentielles et la gestion plus rationnelle des dettes subordonnées. Nous pousserons les banques à créer des champions nationaux. Leurs bases de fonds propres actuels ne pourraient pas leur permettre de financer des grands projets dans le pays. Des rapprochements pourraient donc se faire. Nous comptons nous y atteler au niveau des banques publiques.

Le rapprochement des banques publiques a suscité pas mal de remous lorsqu’il a été décidé, il y a une année, notamment la fusion entre la STB/BH. Vous revenez à la charge?

Dans tout projet de convergences, il y a certains points sur lesquels on peut s’entendre. Dans des cas pareils, il faut restructurer, nettoyer, assainir pour que, s’il y a mariage, il se réalise dans les meilleures conditions. Ceci étant, nous pouvons commencer par baliser le terrain, en commençant par harmoniser les grands principes de gouvernance, de gestion des risques, les systèmes d’information, la gestion bilancielle. Nous devons commencer par-là, en tout état de cause, qu’il y ait fusion, rapprochement ou pas. Nous ne pouvons pas créer un champion national handicapé.

Concernant la Commission de gestion créée au sein du ministère pour gérer les entreprises confisquées, comment comptez-vous vous y prendre pour que leurs actifs ne perdent pas de la valeur? Et ne pensez-vous pas qu’il faut plus de réactivité?

Nous avons été réactifs. La Commission de gestion ne gèrera pas les actifs, elle est en charge des portefeuilles. Nous avons d’ores et déjà commencé à assurer la gestion des entreprises en question. Chaque société ou groupe aura sa propre stratégie et sa propre gestion.

Les mandataires judiciaires restent…?

Ceux qui sont compétents et qualifiés pourront assurer le management des entreprises appartenant aujourd’hui à l’Etat. D’ailleurs, certains d’entre eux souhaitent en prendre la responsabilité.

L’Etat compte-t-il les céder ou les mettre sur le marché? Ou cela serait-ce au nouveau gouvernement de le faire?

Le nouveau gouvernement sera lui-même transitoire. J’estime qu’il faudrait encourager des introductions en Bourse. Pour celles qui ne seront pas mises à la vente, il faut les mettre en portefeuille; pour les autres, les entreprises industrielles, il faut considérer les meilleures conditions et mise en Bourse.

Le commerce parallèle détruit notre tissu industriel, comment comptez-vous y parer?

C’est un grand problème, mais il accompagne le désordre qui suit les révolutions. Il y a eu beaucoup de résidus des anciens produits qui étaient importés de manière illégale. Pour ce qui est des produits de consommation courante, j’ai donné des instructions claires à mes collègues de la douane pour qu’ils sévissent. Nous allons créer une commission avec les responsables de la douane et ceux du ministère de l’Intérieur pour dépister les contrebandiers, leurs commanditaires et démanteler les réseaux pour arrêter le mal à la racine. Nous sommes très conscients du mal que ces pratiques font à notre économie.

Source : « wmc » Le 06-09-2011

 
 

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