7 octobre 2009

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TUNISNEWS

9 ème année, N° 3424 du 07.10.2009

 archives : www.tunisnews.net  


Liberté et Equité: Nouvelles des libertés en Tunisie Abdel Wahab Hani : L’Appel du Dr Ahmed Eleuch reporté au 15 octobre Khaled BEN M’BAREK: Lettre ouverte aux « concurrents » du général Ben Ali Samir HAMMOUDA: Lettre ouverte au CRLDHT NouvelObs: Oum Ziad : l’experte des Trabelsi Le Temps Suisse: «Les élections sont une pure mascarade» La Liberté : A quand le grand soir de Tunis ? AFP: Tunisie: pèlerinage à la Mecque suspendu pour les Tunisiens (officiel) Reuters: Grippe – Les Tunisiens privés de pèlerinage à La Mecque AFP: Tunisie: recettes en hausse (+3,6%) malgré un recul des entrées (ministre)

Le livre de Mohamed Bouebdelli:

« Le jour où j’ai réalisé que la Tunisie n’est plus un pays de liberté »

est disponible au kiosque du Montparnasse, angles du Boulevard Montparnasse et de la rue du Départ à Paris.
Rappelons que le site www.bouebdelli.org a été censuré en TUnisie.


Liberté pour le Docteur Sadok Chourou, le prisonnier des deux décennies Liberté pour tous les prisonniers politiques Liberté et Equité Organisation de droits de l’Homme indépendante 33 rue Mokhtar Atya, 1001, Tunis Tel/fax : 71 340 860 Adresse électronique : liberte.equite@gmail.com Tunis, le 5 octobre 2009   

Nouvelles des libertés en Tunisie

1) Grève de la faim de prisonniers d’opinion à la prison de Borj Er Roumi Lundi 5 octobre 2009, des prisonniers d’opinion de la prison de Borj Er Roumi ont commencé une grève de la faim illimitée pour protester contre les mauvais traitements qui leur sont infligés par des agents de la prison qui mettent chaque semaine l’un d’entre eux au cachot sans motif 2) Arrestation d’ex prisonniers d’opinion à El Alia Les jeunes Aymen Limam, Hichem Blidi, Mustapha et Hassam Mihoub, Hamdi Ben Houssine et Bassam Elachr, originaires d’El Alia dans le gouvernorat de Bizerte, ont été arrêtés il y a douze jours. Leurs familles ignorent la raison et le lieu de leur détention. […] 4) Ali Ramzi Bettibi poursuit sa grève de la faim Ali Ramzi Bettibi, ex prisonnier d’opinion, continue sa grève de la faim pour le douzième jour d’affilée […] Depuis le onzième jour, son état s’est détérioré il a des vertiges et perd connaissance lors de la station debout. Il ressent des douleurs aiguës au cœur à la suite de crises répétées alors qu’il était en prison […] ces douleurs sont revenues ces jours-ci Pour le bureau exécutif de l’Organisation Le Président Maître Mohammed Nouri (traduction d’extraits ni revue ni corrigée par les auteurs de la version en arabe, LT)


 L’Appel du Dr Ahmed Eleuch reporté au 15 octobre
Par: Abdel Wahab Hani Le Tribunal d’Appel de Tunis vient de reporter à la séance du 15 octobre l’Appel interjeté par Dr Ahmed Eleuch. Ce dernier a comparu ce matin en état de liberté, à la faveur d’une décision de justice rendu le 16 septembre dernier. Psychiatre, Psychothérapeute, Universitaire, Ecrivain et Educateur, Dr Eleuch a regagné Tunis après une longue vie en exil en France. Il a été arrêté à sa descente d’avion le 30 juillet dernier. La libération du Dr Elecuh, le 16 septembre, a été largement bien accueillie par la communauté des exilés tunisiens aux quatre coins du globe. L’opposition des jugements in abstentia et les Appels qu’il a interjeté sont très largement suivis à l’intérieur comme à l’extérieur du pays. Le cas Eleuch représente le baromètre de la capacité du gouvernement, mais aussi de l’opposition, à gérer le reliquat des affrontements politiques du début des années 90, entre le pouvoir et l’opposition islamiste. Le dénouement positif du cas du Dr Eleuch, que nous appelons de nos voeux, serait un signe potisitf hautement apprécisé, en premier lieu par des centaines d’exilés qui projettent de regagner le pays après près d’une vingtaine d’années d’exil forcé. A l’inverse, une complication du cas Eleuch enverrait un signal très négatif, à la communaté des exilés, à la communauté nationale et aux partenaires étrangers de la Tunisie, à moins de trois semaines des élections générales, présidentielles et législatives, du 25 octobre 2009, théoriquement les dernières pour le Président sortant Zine El Abidine Ben Ali. Paris, le 5 octobre 2009 Abdel Wahab HANI awhani@yahoo.fr +33 (0)6 17 96 00 37


Avis aux Médias

  La section canadienne du Parti démocrate progressiste (PDP) organise une réception pour :  Souligner le lancement de la campagne du PDP aux législatives de 2009.  Célébrer le lancement de la Radio-Web « Radio-ElAmal » du PDP, à partir du Canada.  Fêter le 1000 000 nième visiteur du site www.pdpinfo.org (censuré par les autorités tunisienne) Le combat de la liberté en Tunisie est long et difficile, mais nous ne perdrons jamais espoir, car nous sommes convaincus que le peuple tunisien mérite mieux… Rendez-vous : le samedi 10 octobre 2009


Avis aux Médias La section canadienne du Parti démocrate progressiste (PDP) organise

une Journée de sensibilisation pour la communauté tunisienne au Québec

Le samedi 10 octobre 2009

 À l’occasion de la tenue des élections législatives 2009, le Parti démocratique progressiste (PDP), a présenté 26 listes de candidats couvrant ainsi la totalité des 26 circonscriptions électorales pour les législatives qui auront lieu le 25 octobre prochain comme le prévoit le code électoral tunisien. L’administration tunisienne supposée être indépendante a décidé, comme lors des élections législatives précédentes de 2004, de jouer le jeu de l’exclusion des listes du PDP. En effet elle a invalidé 20 des 26 listes enregistrées par les candidats du PDP au cours des premiers jours du début des dépôts des candidatures et cela sans aucune justification. Le PDP considère cette décision comme éminemment politique et émanant des instances de l’État. Celle-ci ont toujours fait preuve de subordination et liens étroits avec le parti au pouvoir, le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD) qui s’accapare toutes les institutions de l’État constituant ainsi un PARTI-ÉTAT hégémonique et contrôlant. Dans ce cadre politique fermé et exclusif, notre parti s’inscrit dans une lutte inégale et continue de défendre la liberté des citoyens tunisiens à choisir leurs représentants et à vivre dans un état démocratique. Il va continuer ses actions afin de briser ce cercle vicieux dans lequel le pouvoir actuel les a cantonnés en utilisant tous les moyens légaux et légitimes dont ils dispose. Nous rappelons que le pouvoir a déjà écarté le candidat de notre parti aux présidentielles de 2009. M. Ahmed Néjib Chebbi a en effet été exclu au moyen d’une loi sur mesure. Ce qui dévoile les intentions de ce pouvoir envers les listes du PDP aux législatives. Notre section canadienne du PDP s’engage ainsi à soutenir notre parti, et à cet effet, elle organise une journée de sensibilisation pour la communauté tunisienne résidante au Canada afin de l’informer de la situation politique alarmante de notre pays d’origine. Pour plus d’informations, veuillez contacter le Bureau du PDP au Canada Courriel: be.pdp@pdpinfo.org au par téléphone : 514-963 8059 / 514-652 1861


Besançon, le 6 octobre 2009

Lettre ouverte aux « concurrents » du général Ben Ali

Si Mostfa, Sid’Ahmed, Si Néjib, chers compatriotes, Depuis les premières « élections » législatives et présidentielles organisées en 1989, il s’est toujours trouvé quelqu’un pour dire qu’il ne faut pas jouer la chaise vide et qu’il faut tenter de réformer de l’intérieur… Depuis, le général Ben Ali a toujours pris ces gens-là comme témoins d’une forme de régularité de SES élections. C’était, nous disait-on, un moyen de promouvoir le processus démocratique. La loi électorale a été actionnée comme miroir aux alouettes, comme un éternel début potentiel, comme la promesse d’une maturité en devenir… A chaque fois, Ben Ali est le premier surpris par la facilité avec laquelle ça marche… Il n’a même pas besoin de recourir à autant de répression qu’il l’a toujours prévu et préparé, puisqu’une bonne frange de la société politique, toutes tendances confondues, entre dans son jeu, se montre aussi crédule et court éperdument après on ne sait quels dividendes électoraux… Chers compatriotes, Ben Ali se prépare à vous utiliser contre vous-mêmes et contre votre peuple pour demeurer au pouvoir, avec une certaine légitimité qu’il tire de vous et de votre présence à ses côtés, même en tant que challengers. Comment pouvez-vous admettre que les résultats de ces « élections » sont décidées d’avance jusqu’au moindre détail pour ensuite vous précipiter pour y participer à quelque titre que ce soit ? Comment ne craignez-vous pas pour la part quelconque de crédibilité que vous pouvez revendiquer auprès de l’opinion tunisienne ? Etes-vous à ce point disposés à compromettre une vie de lutte militante pour un résultat qui pourtant ne fait pas l’ombre d’un doute ? Est-il possible qu’un militaire insignifiant se joue d’éminents intellectuels comme vous ? Compteriez-vous sérieusement rivaliser avec les agents Bouchiha, Mouada, Thabet ou Inoubli ? Même le Tajdid, cher Sid’Ahmed Brahim, se voit doublé par le parti écolo fantoche de Khammaci, qui se présente miraculeusement presque dans toutes les circonscriptions et qui est parti pour récupérer une bonne partie des sièges qui auraient pu être attribués à l’ex-PCT, qui montre des velléités d’autonomie. Messieurs, même mus par la meilleure bonne volonté du monde à son égard, le général s’est débrouillé pour vous éliminer d’une course présidentielle pourtant gagnée d’avance et très haut la main par lui. Il vous a ainsi évité, sauf à Sid’Ahmed Brahim, la grande humiliation des zéros virgule quelques poussières qu’il avait infligé à d’autres avant vous. Allez-vous vous laisser faire ? L’expérience ne vous est-elle d’aucun secours ? N’avez-vous pas pitié de votre propre amour propre ainsi avili ? Et n’allez surtout pas prétendre protester après coup ! Ben Ali aura beau jeu, comme à chaque fois depuis 1989, de vous traiter de mauvais joueurs. Vous entrez dans le jeu uniquement pour gagner, mais si vous perdez vous renversez la table. Pour une fois, il faudra reconnaître à cet instant que sa logique est plus cohérente que la vôtre. Messieurs, vous avez chacun une vie d’activisme politique et il peut être possible que ce soit votre dernière campagne « électorale », du moins en tant que responsable de vos formations. Profitez-en pour rétablir la valeur de l’action politique dans notre pays, pour déposer devant l’Histoire votre témoignage véridique que JAMAIS sous le général de renseignement Zine Ben Ali aucune élection digne de ce nom n’a vu le jour, jamais aucun vrai parlement n’a été élu, aucune institution n’a été authentiquement républicaine. Profitez-en, Messieurs, pour sortir du magma gluant des marchandages, des compromissions, du faux témoignage rémunéré en sièges – c’est le cas de la dire – sonnants et trébuchants. Nombre de milieux étrangers ont les yeux fixés sur vous, vous font confiance et souvent accordent leur perception de la réalité tunisienne et leurs prises de position avec l’idée que vous leur donnez sur la situation dans notre pays. Votre présence aux côtés de Ben Ali laisse à penser à beaucoup d’entre eux qu’il s’agit d’une course démocratique pour quelque alternance, même purement virtuelle. Dès lors, les étrangers ne peuvent plus se montrer plus tunisiens que les Tunisiens. Ce slogan détestable nous l’avons entendu des années durant dans les années 90-2000, souvent de gens dont la sincérité ne pouvait souffrir d’aucun soupçon. Jusqu’à quand allez-vous reproduire ce schéma à la Sisyphe ? Quand est-ce que vous allez rejoindre les aspirations de la masse des Tunisiens qui, même accablés d’impuissance, cherchent divers modes de contestation, parfois ostensible, pour signifier leur ras-le-bol et leur soif d’un changement désespérément attendu depuis deux décennies ? N’avez-vous pas vu que des jeunes Tunisiens ont pris les armes face à cette banquise bénalienne qui s’apparente à un Désert des Tartares ? Messieurs, chers compatriotes, L’ennemi de la liberté s’apprête à nous gouverner encore de cinq ans en cinq ans et ne se voit pas exister hors du pouvoir. Il est ligoté dans une logique absolument implacable : ce qu’il a commis envers le peuple tunisien lui vaudrait devant un tribunal régulier un châtiment proportionnellement adapté à la souffrance tragique provoquée. Or, il sait qu’un éventuel successeur ne peut construire aucune espèce de légitimité s’il ne commence par débénaliser le pays au Kärcher et à la soude caustique. La solution qui semble d’ores et déjà être mise en œuvre c’est la succession monarchique.  Mais que faire en l’absence d’un héritier mâle en âge de prendre la relève ? Ben Ali ne semble nullement rassuré à l’idée de lancer l’une de ses filles dans l’arène. Reste LA solution : un gendre jeune et (plus ou moins) politiquement vierge, qui doit tout à son beau-père et grand-père de ses enfants, donc qui, certainement en sera le protecteur… j’ai nommé le désormais fameux Sakhr El Matri. Je vous appelle solennellement, dès ce mercredi à Paris, à proclamer, avec le CRLDHT et nos amis de France et d’ailleurs, notre hostilité commune résolue à la transmission monarchique de la Tunisie au gendre de l’actuel Régent ou à tout autre. Il est de votre responsabilité de ne pas laisser pourrir la situation comme cela se passe en Egypte et en Libye, où l’on n’est pas loin de considérer que les dés sont jetés. Le peuple tunisien doit être mis en garde contre ce sort funeste que l’on prépare pour ses générations à venir. Mais nul ne vous écoutera si vous êtes en même temps impliqués, même à votre corps défendant, dans une falsification caractérisée de la volonté populaire par de médiocres faussaires dont l’avenir du pays est le dernier des soucis. Je suis encore une fois navré de ne pouvoir être parmi vous en cette soirée de mercredi, mais je suis soulagé à l’idée d’avoir pu vous communiquer une partie de ma détresse que nul ne parte au secours du peuple tunisien en cette épreuve dite électorale. Je vous suis reconnaissant de m’avoir écouté. Khaled BEN M’BAREK, réfugié politique depuis 16 ans, antitortiocrate privé de son pays et qui n’y rentrera que quand la liberté y rentrera, tête haute, dignité et honneur intacts pour témoigner contre Ben Ali et ses courtisans et ses rabatteurs, tous honnis jusqu’au siècle des siècles…


Lettre ouverte au CRLDHT

Cher(e)s ami(e)s, cher(e)s camarades, Vous avez décidé d’organiser demain soir une réunion publique dans laquelle vous prenez parti pour ceux qui participent. Vous avez décidé d’exclure de votre réunion publique les forces politiques qui boycottent ces élections : le PCOT, le CPR et notre collectif. C’est une attitude sectaire et non démocratique. Le CRLDHT est censé promouvoir les libertés  et la démocratie en Tunisie et donner  la parole à toutes les forces démocratiques. Même si nous supposons que les  membres de votre comité ont opté pour la participation, ce que vous n’aviez pas encore déclaré, ma critique revient sur le fond de la question : votre rôle devrait être celui de défendre les libertés en Tunisie, la liberté pour tous, pour ceux qui participent aux élections comme pour ceux qui boycottent. Au contraire, nous  remarquons que votre Comité n’a invité à sa réunion que les trois partis légaux. Il a pris le soin d’en exclure les partis non reconnus par la dictature, les partis les plus persécutés en Tunisie. Ainsi ceux qui sont interdits en Tunisie, sont  aujourd’hui exclus par le comité pour le respect des libertés et des droits de l’homme en Tunisie ! Si on peut comprendre les raisons pour lesquelles vous donnez la parole aux participants, nous ne voyons pas celles pour lesquelles vous écartez ceux qui appellent au boycott des élections de votre réunion. Faut-il comprendre que nous ne sommes pas aussi crédibles que ceux qui participent à la mascarade actuelle ? Faut-il comprendre que le PDP, le Forum et Ettajdid, eux, avaient le droit de participer aux élections et que les autres n’avaient pas le droit de les boycotter ?! Nous ne trouvons aucune explication raisonnable à votre attitude, qui nous ignore de cette façon alors que nous sommes bâillonnés et tabassés par Ben Ali et sa police. Il est vrai, que dans d’autres occasions, le CRLDHT a organisé  des réunions et des débats avec  les différentes composantes démocratiques tunisiennes, en donnant l’occasion à tous de s’exprimer. C’est pour cette raison aussi que nous sommes surpris par votre choix sectaire d’aujourd’hui. Où est le mal à ce que notre collectif, ou le PCOT ou le CPR ou le mouvement ENAHDHA, soient invités à votre  réunion publique et à ce que nous puissions donner notre point de vue ?! N’est-il pas plus démocratique de refléter le vrai paysage politique  tunisien ? Nous avons choisi de répondre présents à l’occasion de cet événement politique, que sont les élections organisées par Ben Ali, précisément en appelant au boycott. A ce niveau notre action peut légitimement mériter de votre comité les mêmes attentions que celles que vous portez à ceux qui participent aux élections. Une autre question me préoccupe personnellement : Comment le PDP et  le Forum, qui sont deux composantes du 18 octobre, ont-ils pu accepter que votre comité n’invite ni le PCOT, ni le CPR, ni Ennahdha? Pour moi il n’y a qu’une seule explication : c’est que le  sectarisme triomphe toujours, cet art que les opposants tunisiens savent si bien manier ! Cher(e)s ami(e)s, je vous le dis en toute camaraderie : par votre attitude vous ajoutez la division à la division. Longue vie, donc, au sectarisme, vive la division, que Ben Ali en profite, que les démocrates tunisiens en prennent plein les poumons ! Samir HAMMOUDA, membre du collectif pour le boycott. Le 06/10/09

 


 

Oum Ziad : l’experte des Trabelsi

Oum Ziad, la cerbère du temple de la résistance. Une journaliste fauchée, une frêle robuste. Un Atlas qui te fumait d’un coup cent cigarettes brunes sans broncher. Une criminelle de guerre. Un boucher qui nous égorgeait. Même ensanglantés, elle nous fouettait : « soulevez la dalle ». Oum Ziad n’imaginait pas de vie plus digne d’intérêt ou de sens que celle de ses amis rebelles, et pour cette raison, vous vous sentiez souvent exaltés, grandis en sa présence.

A quoi riment ces élections ?

– C’est un pied de nez fait à Dame Démocratie, encore un ! Admirez le tableau. Du côté des « présidentiables » il y a : le vieux ZABA(Ben Ali) et sa smala vorace qui veulent rester au pouvoir, les deux « tayyès » (prétendants) qui se présentent contre lui tout en appelant à voter pour lui, et Ahmed Brahim. Je me demande ce qu’il fout dans cette fête foraine ! Du côté du microcosme qui s’oppose à ces élections et qui appelle au boycott, les rangs sont dispersés, car les gens de principe ne sont pas légion par ici, ils réussiront tout juste à jouer les trouble fête et c’est ce que je suis en train de faire en ce moment. Le peuple quant à lui est beaucoup plus futé que les politiciens. Il ne s’attarde pas sur les simagrées des uns et des autres. Demandez lui ce qu’il en pense il vous répondra :  » quelles élections ? Ah oui oui bien sûr… les élections… excusez-moi je dois partir, j’ai à faire » Et il est vrai que le bon peuple a fort à faire avec la crise économique, la vie chère, Ramadan et la rentrée scolaire qui l’ont mis à sec. ZABA « gagnera » les élections avec les pourcentages qu’il aura choisis et sera félicité par tous les chefs d’Etat du  » monde libre », sa tribu prolifère continuera à s’en mettre plein les poches tout en continuant à préparer la succession du Manitou qu’on dit malade. Et les opposants et autres tapageurs retourneront gentiment à leur grisaille coutumière s’ils ne se dépêchent pas de se remettre dans la tête et une fois pour toutes qu’il y a une vie politique après les élections de ZABA et en dehors d’elles, que cette vie doit évoluer dans le sens du changement radical et que cela ne peut se faire que dans le cadre d’une coalition nationale de toutes les forces qui oeuvrent pour une vraie vie démocratique.

Pourquoi nous en sommes arrivés là ?

– Nous n’y sommes pas arrivés, nous y avons toujours été. Ce n’est pas génétique évidemment, mais c’est l’aboutissement d’un cheminement historique mal négocié. Nous attendons toujours notre renaissance qui consisterait, comme l’ont fait toutes les nations du monde moderne, à rompre définitivement avec notre passé autoritariste sur le plan politique et de la gouvernance. Les essais dans ce sens sont encore bien timides et très souvent contrecarrés. L’épisode colonial nous a été très néfaste dans le sens où il a opéré une déformation très grave dans la conscience de nos peuples qu’on remarque encore aujourd’hui par le fait de l’hégémonie occidentale en général et américaine en particulier : vous réussissez mieux à mobiliser les gens contre l’envahisseur étranger que contre le dictateur local. Nous avons développé des anticorps contre le gros colosse intrus mais pas grand-chose contre le petit tyran qui reste, somme toute  » le fils du Bled » et mieux que le « Roumi mécréant ». L’Etat post colonial aurait très bien pu être l’occasion d’une vraie modernisation qui serait allée au-delà de la scolarisation et de l’émancipation de la femme pour jeter les bases d’une vie démocratique où Ben Ali n’aurait jamais pu trouver sa place. Hélas, Habib Bourguiba était trop rigide pour le permettre et ses vis-à-vis étaient trop indolents pour le faire céder sur quoi que ce soit.

Résultat : pourrissement de la situation avec la montée de l’intégrisme religieux et autres crises sociales successives peu avant et durant les années 80.. Et les alouettes étaient toutes rôties pour ZABA, et elles le sont encore plus par le quadrillage policier qu’il a installé dans le pays, par la main mise de ses hommes et femmes sur tous les secteurs du pays (l’économie, l’administration, la justice …) ainsi que par la faiblesse de ses vis-à-vis, j’allais dire leur mollesse. Nous sommes en train de passer de la dictature policière à une situation innommable où les bandes de malfrats font la loi.. C’est plus qu’alarmant.

Y a-t-il une personne que vous auriez aimé élire .. à part vous bien sûr ?

– Je ne m’élirai jamais par amour pour la Tunisie car les critiques sont de très mauvais gestionnaires. Oui, j’avais des idoles, des candidats de prédilection.. Plus maintenant. Je ne crois pas que, de mon vivant, la Tunisie verra de vraies élections démocratiques. Mais si c’était le cas, je me verrais bien dans la campagne électorale d’un p’tit jeune de moins de 60 ans, tout neuf : laïc, cultivé, généreux, qui a beaucoup d’humilité et qui croit au travail de groupe. Il me semble décrire là quelqu’un de bien précis, mais je tairai son nom.. C’est trop risqué pour lui et surtout pour mon diabète qui ne supporterait pas les feux croisés des vieux prétendants.

A quoi rime votre sympathie pour les islamistes ?

– Méchante question où vous vous faites le porte parole d’une frange de notre gauche éradicatrice. Je suis une militante des droits humains et je me dois de défendre un islamiste lorsqu’il est victime de la répression ou privé de sa liberté. Un islamiste c’est un être humain ou je me trompe ! Je suis de ce pays et dans ce pays dans tous les sens du mot et je me dois de reconnaître que la composante islamiste est une composante réelle (ni la plus grande ni la plus petite) dont l’éradication risque de faire apparaître des groupes extra radicaux prêts à faire sauter notre baraque et celle des autres aussi. Je suis démocrate, j’essaie de l’être en tout cas, et un démocrate n’a pas le droit d’écarter ses rivaux et encore moins de reléguer cette tâche à l’oppresseur de tous. En démocratie, tout le monde a le droit d’être, et c’est le peuple Tunisien qui fera le bon choix. C’est ma conviction profonde et arrêtez d’agiter devant nous les fantômes des barbus tueurs qui sévissent dans d’autres pays. Il n’y a pas (encore) de barbus tueurs en Tunisie. Donc ce n’est pas une contre voie, j’essaie tout simplement d’être conséquente avec mes principes de tolérance et de respect de la différence et je ne crois pas que Victor Hugo aurait été contre. A propos de ce surnom, jeune étudiante, j’ai été reçue par Bourguiba (à sa demande, je tiens à le préciser). C’est lui qui m’a prédit d’être « la » Victor Hugo de Tunisie. Bourguiba était un visionnaire, mais là il n’a pas fait mouche. Je ne suis pas devenue la Victor Hugo Tunisienne. D’ailleurs si j’avais pu m’accomplir en tant qu’écrivaine j’aurais plutôt ressemblé à Rabelais dans sa fantaisie, son rire tonitruant et ses inventions verbales (en langue Arabe bien sûr ). Au lieu de ça je me suis laissé prendre dans le piège de l’écriture journalistique éphémère et me voici en train de gaspiller mon talent (si talent il y a ) à taper sur une dictature médiocre. Ce n’est pas le meilleur choix, mais je l’assume.

Y a-t-il un sujet sur lequel vous auriez aimé écrire ?

– Evidemment. On ne peut écrire sur tout. Il y a cependant un sujet sur quoi j’aurais pu écrire et je ne l’ai pas fait : les frasques de la famille régnante. J’aurais pu le faire rien que pour me venger des pseudo scandales sexuels et autres montages porno confectionnés par les services spéciaux et censés intimider les opposants. J’ai essayé mais tout de suite déchiré les papiers que j’avais noircis. Je crois que je ne pourrais jamais le faire : ma plume est acérée, acerbe quelquefois, mais ne saurait être vulgaire ni obscène.

On dit que vous vous êtes spécialisée dans l’écriture sur Madame Ben Ali et sa famille. Est-ce vrai ?

– Oui, c’est ce qu’on dit. Mais ce tête à tête qu’on m’impose ne m’enchante guère car trop dangereux. On ne critique pas impunément MADAME et sa FAMILLE. Les grandes figures de l’opposition  » sage » et « responsable » ont compris cela ou plutôt ils l’ont consacré, mais pas les quelques brebis galeuses dont je fais partie et qui ont décrété que cette femme et sa famille ne devraient pas être des intouchables. Ils sont actuellement la plaie principale de la Tunisie et en parler servirait peut être à freiner leur razzia ou du moins à sauver le « nif » (l’orgueil) Tunisien. Il est immoral et déshonorant de regarder sans moufter les jeunes Trabelsi se vautrer dans une fortune mal acquise pendant que les jeunes du bassin minier croupissent en prison pour avoir manifesté contre le chômage et la pauvreté. Les Trabelsi ne sont pas cependant le sujet principal de mes écrits. J’ai écrit quelques lignes « bien prudentes » sur Leila et les Trabelsi, j’ai payé et continue d’en payer le prix, mais je ne le regrette pas, car si je ne l’avais pas fait je serais morte de frustration en voyant paraître le livre de Nicolas Beau et Catherine Graciet. Je déteste qu’on aie toujours besoin d’un « Roumi » pour laver en premier notre linge sale ! Bien sûr avec tout mon respect pour « nos » bons « Roumis » et toute ma reconnaissance à ce que vous appelez  » notre bouclier médiatique »… En France et ailleurs.

Propos recueillis par Taoufik Ben Brik

Lien :

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/opinions/20091007.OBS3811/oum_ziad__lexperte_des_trabelsi.html

 


 

«Les élections sont une pure mascarade»

L’avocate tunisienne Radhia Nasraoui dénonce la répression et la torture du régime du président Zine el-Abidine Ben Ali. Les élections présidentielle et législatives se tiennent le 25 octobre prochain.

Frédéric Koller

Cela fait vingt-deux ans que Zine el-Abidine Ben Ali dirige la Tunisie. Et de l’avis de tous les observateurs, la campagne électorale (présidentielle et législatives) qui débute en fin de semaine se soldera le 25 octobre prochain par un mandat supplémentaire de cinq années. «C’est une pure mascarade, l’opposition est verrouillée, la presse muselée, le droit de réunion suspendu», explique l’avocate tunisienne Radhia Nasraoui. La présidente de l’Association de lutte contre la torture en Tunisie, de passage à Genève, qualifie la situation dans son pays de «pire que jamais, pire encore que sous la dictature de Bourguiba».

Hamma Hammami, le porte-parole du Parti communiste des ouvriers de Tunisie, et époux de Radhia Nasraoui, a ainsi été tabassé par la police la semaine passée alors qu’il posait le pied sur le tarmac de l’aéroport de Tunis . Son crime? Il venait d’appeler au boycott des élections dans une interview accordée à Al-Jazira et France 24 lors d’un déplacement à Paris. La Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH) regrette qu’«une fois encore les voix dissidentes soient systématiquement rappelées à l’ordre et que le pouvoir en place n’hésite pas à recourir à tous les moyens, y compris à la violence».

Parmi les neuf partis en lice pour les législatives, seul le parti de Ben Ali a pu valider ses listes dans l’ensemble des circonscriptions du pays. L’opposant Mustapha Ben Jaafar, fondateur du Forum démocratique pour le travail et les libertés, a pour sa part été écarté de la course. Il a appelé lundi à voter pour le «seul candidat sérieux» de l’opposition, Ahmed Brahim, le chef d’Ettajdid (Renouveau, ex-communiste).

Radhia Nasraoui estime que «plusieurs centaines de prisonniers politiques» croupissent dans les geôles de Ben Ali. Parmi eux des militants de gauche, des syndicalistes et «beaucoup de jeunes qualifiés de salafistes ou terroristes». Les conditions de détention seraient très dures: «Toute personne arrêtée en Tunisie est torturée. La torture est quotidienne, c’est une méthode de gouvernement. Elle est destinée à obtenir des aveux, à terroriser, à casser les opposants.»

Selon la militante des droits de l’homme, cette lutte affichée contre le «terrorisme» assure à Zine el-Abidine Ben Ali une impunité aux yeux de l’Occident. «En Tunisie, on dit que sans le soutien des Etats-Unis, de la France et de l’Italie, Ben Ali n’aurait jamais été au pouvoir.»

Aujourd’hui, l’avocate, qui est membre de l’ordre, ne se sent plus protégée contre les violences policières. La raison? «Les médias occidentaux ne parlent plus de nous, ni de la répression. Il y a un vrai changement depuis l’arrivée de Nicolas Sarkozy au pouvoir. Sarkozy soutient à fond Ben Ali. Sarkozy veut contrôler les médias, donc il n’autorise pas les chaînes françaises à en parler.» La militante reconnaît qu’il y a encore des exceptions, comme France 3. Mais du coup, les Tunisiens se tournent de plus en plus vers Al-Jazira ou YouTube pour entendre une autre voix.

(Source : « Le Temps » (Quotidien – Suisse), le 7 octobre 2009)


A quand le grand soir de Tunis ?

Rares sont les voix intérieures à pouvoir ou oser dénoncer le système Ben Ali. Parmi elles, celle de M. Bouebdelli, éducateur victime de l’arbitraire du régime.

Pascal Baeriswyl

«La Tunisie s’achemine depuis longtemps vers une nouvelle crise politique, économique et sociale, qui risque d’être plus grave que celle qu’elle a connue à la fin du régime de Bourguiba…» Ce pronostic plutôt sombre n’est pas le fait d’un journaliste occidental, ni d’un défenseur des droits de l’homme. Elle provient d’un notable tunisien qui a subi ces dernières années l’arbitraire du régime tunisien, Mohamed Bouebdelli.

Afin de faire entendre sa voix, malgré tout, le cofondateur d’une institution pédagogique de renom (l’Université libre de Tunis ), vient de publier (1) une longue réflexion mettant ses espoirs dans un changement en Tunisie.

Histoire emblématique

Car l’aventure de Mohamed Bouebdelli est emblématique de l’histoire récente de son pays. A l’origine favorable au régime né de la destitution du président Bourguiba, en novembre 1987, Bouebdelli et sa femme française se sont investis dans le domaine de l’enseignement en créant une fondation, une école supérieure et un lycée privés. En dépit de son succès, ce dernier s’est trouvé confronté à la concurrence d’un autre projet, patronné notamment par la femme du président Ben Ali. Au terme d’une longue guérilla avec le pouvoir, et en dépit du soutien de nombreuses personnalités et de lettres envoyées jusqu’à l’Elysée, le Lycée Louis Pasteur a été contraint à la fermeture en mai 2007.

Changer de régime

Nul doute que cette expérience a marqué Mohamed Bouebdelli qui – dans son essai publié à compte d’auteur – appelle sobrement à «une refonte de notre pacte républicain». Plus concrètement, cela signifie qu’il est temps de changer de régime afin de s’engager dans la voie du pluralisme démocratique et de la séparation des pouvoirs.

Car le bilan de 22 ans de régime Ben Ali n’est guère réjouissant, constate l’auteur. Certes, la Tunisie se targue d’une situation privilégiée dans la région, tant sur le plan économique que social, ou sur la question du statut de la femme en pays musulman. Pourtant, malgré une paix sociale payée au prix fort, le pays continue de ne pointer qu’à «un très modeste 87e rang mondial pour le développement humain», souligne l’ingénieur de formation.

Le prix fort payé pour ces résultats se décline en appellations très contrôlées: parti unique, surveillance policière omniprésente, étouffement des libertés de réunion, d’expression, de la presse ou des médias, etc. Corollaire de ce système, la corruption. C’est le règne du «bureaucratisme», de la «médiocratie», relayé par une «ploutocratie administrative surpuissante», dont la «soumission aux interventions des institutions ou des forces politiques et corporatistes» est la marque de fabrique du régime.

Le résultat, ici comme dans d’autres systèmes similaires, est connu: le népotisme et le favoritisme génèrent «la constitution de très grosses fortunes accompagnée par une paupérisation de la classe moyenne et des classes populaires…» Autre conséquence du système, décrite par l’essayiste: «Une grave dégradation du niveau de l’enseignement et une perte sérieuse de la crédibilité des diplômes que l’école tunisienne délivre aujourd’hui.»

Vers quelles réformes?

Ce constat d’échec établi, Mohamed Bouebdelli tente de tracer les grandes lignes d’une réforme du régime «présidentialiste» actuel. L’objectif, en résumé, est de mettre fin à la concentration extrême du pouvoir, dans les mains du président Ben Ali, pour aller vers un système démocratique à l’occidentale. Ce qui impliquerait de séparer rigoureusement les pouvoirs du président, du premier ministre et de l’assemblée. Tel n’est manifestement pas le cas alors qu’approche l’élection présidentielle tunisienne du 25 octobre. Parmi les cinq candidats en lice, le président Ben Ali est quasiment assuré de se succéder à lui-même.

Un changement radical?

En réduisant le rôle du chef de l’Etat à celui d’un président-arbitre, garant des institutions, traçant de grandes lignes politiques mais en laissant l’exécution à un chef de gouvernement, l’auteur appelle à un changement en soi radical.

Mais il se garde d’indiquer quelle forme aura la phase transitoire, entre le régime actuel et le système «idéal» invoqué pour faire verser la Tunisie dans le champ de la démocratie. Par quelles convulsions, le pays devra-t-il passer? A quel prix se fera, éventuellement, une rupture de régime? Autant de questions que Mohamed Bouebdelli, après tant d’autres, ouvre sans pouvoir y donner, ou sans oser y donner plus précisément réponses…

(1) Mohamed El Boussaïri Bouebdelli: «Le jour où j’ai réalisé que la Tunisie n’est plus un pays de liberté.» Sans éditeur. Téléchargeable surwww.bouebdelli.org .

La «Régente» et sa famille au pilori

Hormis l’ouvrage «confidentiel» de M. Bouebdelli, un autre essai récent, paru le 1er octobre, tire à boulets rouges sur le régime de Ben Ali et surtout sur sa femme. Dans «La Régente de Carthage – Main basse sur la Tunisie» (Ed. La Découverte), les journalistes français Nicolas Beau et Catherine Graciet dressent un véritable réquisitoire à l’endroit de Leïla Trabelsi. Autrement dit, Mme Ben Ali entourée de sa sulfureuse famille. Malgré ses tentatives visant à interdire le livre – promis au succès en librairie – la femme du président tunisien a été déboutée récemment par un Tribunal de Paris. Une Leïla Ben Ali dont l’ambition, la soif de pouvoir et le sens du clan sont liés, notamment, à la disgrâce qui a frappé le couple Bouebdelli et leur Lycée Pasteur. Plus grave, la famille Trabelsi est également associée aux affaires de justice. En effet, il y a quelques jours s’est ouvert à Ajaccio (Corse) un procès ayant trait au vol du luxueux yacht (en 2006 à Bonifacio) du Français Bruno Roger, patron de la banque Lazard frères. Un bateau, retrouvé en Tunisie, et qui a depuis été rendu discrètement à la France. Détail épineux: les commanditaires présumés de ce vol ne sont autres que les neveux de la «Régente», Imed et Moaz Trabelsi. Une affaire tombant au plus mal alors que Sarkozy, après Chirac, s’est toujours efforcé de maintenir d’«excellentes relations» avec le président Ben Ali. Preuve en est que la justice française – qui a mis deux ans pour pouvoir auditionner les frères Trabelsi! – a dû finalement se résoudre à voir ceux-ci «jugés», en principe, en Tunisie. PaB

(Source : « La Liberté » (Quotidien – Suisse), le 7 octobre 2009)

 

Tunisie: pèlerinage à la Mecque suspendu pour les Tunisiens (officiel)

AFP, le 6 octobre 2009 à 16h25 TUNIS, 6 oct 2009 (AFP) – La Tunisie a annoncé mardi que le Hajj annuel à la Mecque par les musulmans avait été suspendu en raison de risques de propagation de la grippe A(H1N1) et de l’impossibilité de vacciner à temps les candidats au pèlerinage prévu vers la mi-novembre. Le ministre des Affaires religieuses Boubaker Akhzouri a indiqué que le pèlerinage avait du être « reporté » pour « préserver la vie humaine ». Les lots de vaccins commandés ne serait pas disponibles avant fin octobre alors que les autorités saoudiennes ne délivrent le visa du Hajj que deux semaines après l’immunisation des fidèles candidats au pèlerinage, a-t-il expliqué. Il a affirmé qu’au regard de l’islam « la capacité physique et matérielle » est une condition à l’accomplissement des rites du Hajj, ajoutant que la préservation de la vie est un « précepte fondateur » de la religion musulmane. Cette décision sans précédent dans l’Histoire de la Tunisie concernerait quelque 10.000 Tunisiens qui se rendent annuellement à ce grand rassemblement  en Arabie saoudite.  

Grippe – Les Tunisiens privés de pèlerinage à La Mecque

 

Reuters, le 6 octobre 2009 à 14h15 TUNIS, 6 octobre (Reuters) – Les autorités tunisiennes ont annoncé mardi la décision inédite d’interdire cette année le pèlerinage annuel de La Mecque (« hadj ») en raison de l’épidémie de grippe A (H1N1). Dans un communiqué, le ministère des Affaires religieuses explique que les lots de vaccin commandés ne seront pas disponibles avant la mi-octobre, trop tardivement pour assurer l’immunisation des fidèles tunisiens qui désireraient accomplir le « Hadj ». Selon l’ambassade d’Arabie saoudite à Tunis, le pèlerinage annuel devrait débuter autour du 18 novembre. Dix-mille fidèles tunisiens effectuent généralement le « grand hadj » chaque année. La Tunisie est le premier pays musulman à avoir officiellement annulé le pèlerinage cette année. Depuis son apparition, en avril, le virus H1N1 a fait 3.917 morts dans 191 pays, selon les données recueillies par l’Organisation mondiale de la Santé. Aucun cas mortel n’a été enregistré en Tunisie.

Tunisie: recettes en hausse (+3,6%) malgré un recul des entrées (ministre)

AFP 07/10/2009 à 16:24:27 La Tunisie a enregistré une hausse de 3,6% de ses recettes touristiques en 2009, malgré un net recul du nombre de visiteurs européens sous l’effet de la crise, a indiqué mercredi le ministre du Tourisme. De janvier à fin septembre, les revenus du secteur se sont chiffrés à 2,625 milliards de dinars (1,4 milliard euros environ), soit 3,6% de plus en dinars par rapport à la même période de 2008, a précisé à la presse Khelil Laajimi.    Premier pourvoyeur de devises, l’industrie touristique couvre 60% du déficit de la balance commerciale de la Tunisie et y représente 6,5% du PIB. Le secteur emploie plus de 350.000 personnes sur dix millions d’habitants.    En revanche, le nombre de touristes a baissé de 2% de janvier à septembre pour se situer à 5,5 millions de visiteurs, le recul concernant en premier les clients européens. Les nuitées ont régressé à 29 millions (-8,6%).    Le ralentissement des flux européens a été quelque peu compensé par les visiteurs Maghrébins (+10%), Libye et Algérie en tête.    Avec une capacité de 230.000 lits, la Tunisie a reçu près de 7 millions de touristes pour des recettes record de 3,3 milliards de dinars en 2008.

 

 

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