6 mai 2008

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TUNISNEWS
8 ème année, N°  2905  du 06.05.2008
 archives : www.tunisnews.net


OLPEC: Tunisie : paysage médiatique toujours sinistré

C.R.L.D.H. Tunisie: Flash-Infos mai 2008

·         La visite du président français M. Nicolas Sarkozy en Tunisie : les Tunisiens ne méritent pas cette humiliation.

·         Une nouvelle grève de la faim pour le droit à la libre expression.

·         Défendons ensemble la liberté de circulation pour toutes et tous.

·         Taoufik Ben Brik : Une nouvelle atteinte à sa vie privée.

·         Quand nos despotes offrent à notre jeunesse le  choix de vivre le chômage et la précarité ou de mourir !

  •     Manifestation parisienne en hommage au combat de la population du bassin minier de Gafsa pour la dignité.
  •     Poursuite au quotidien de dizaines de procès politiques et d’arrestations arbitraires.
Vérité-Action: Le 22e Salon international du livre à Genève – Visiteurs indignés par les déclarations de Sarkozy sur les droits de l’Homme en Tunisie AFP: Danemark: prolongation de la détention de 2 Tunisiens soupçonnés d’attentat
AFP: Escroquerie via Internet: 4 personnes mises en examen Bakchich: Droits de l’homme en Tunisie : le off de Nicolas Sarkozy
Khaled TRAOULI: Pétitions… l’efficacité  recherchée! L’ Express: Yade:  »L’indignation ne peut tenir lieu de politique »
 


 

Tunis le 3 mai  2008

 

Journée mondiale de la liberté de presse

  Tunisie : paysage médiatique toujours sinistré

 

L’OLPEC célèbre la journée internationale de la liberté de la presse dans un contexte de détérioration générale de la liberté d’expression en Tunisie.

Malgré une rhétorique abondante développée par les autorités publiques en faveur de la liberté d’expression, celle-ci est sévèrement contrôlée et la censure n’a jamais été autant pratiquée.

Bien que cette liberté soit garantie par la constitution tunisienne, les autorités publiques n’ont de cesse de la violer en détournant la loi et en la vidant de son contenu. En voici les principales caractéristiques :

 

·         Le journaliste Slim Boukhedhir croupit en prison depuis novembre 2OO7 pour avoir refusé de présenter sa carte d’identité et prétendument insulté un policier. En réalité, il est en train de payer le prix de ses articles sur la corruption. D’autres journalistes ont été contraints à l’exil suite aux persécutions judiciaires.

·         Les journalistes des médias officiels continuent de subir une censure sévère qui les empêchent d’exercer leur métier conformément aux normes professionnelles ; cette situation a conduit les journalistes du journal gouvernemental, La Presse, à publier au mois de mars dernier, un rapport collectif sur la dérive de la censure au sein de cet organe, et qui touche tous les sujets, y compris ceux qui ne représentent aucun enjeu intérieur.

·         La liberté de publier des médias indépendants continue d’être confisquée ; Depuis plus de 20 ans, aucun nouveau média indépendant n’a été autorisé à voir le jour. A titre d’exemple, l’équipe de Kalima, accompagnée de l’avocat Mohamed Abbou, a présenté le 26 avril dernier un dossier de déclaration au ministère de l’Intérieur ; et pour la cinquième fois consécutive depuis 1999, l’administration s’est abstenue  de réceptionner le dossier, empêchant ainsi le journal de disposer du récépissé qui lui permet de publier le journal et de le distribuer sur le marché.

·         Malgré l’abrogation de la formalité du dépôt légal qui était auparavant détournée pour faire office de censure préalable, les journaux d’opposition, comme Mouatinoun et El mawkif, continuent de subir un sévère étranglement financier ; ils n’ont pas accès aux financements publics accordés aux journaux, ils sont privés de la publicité publique et les annonceurs privés s’abstiennent de leur donner leurs annonces par crainte des représailles ; leur diffusion est handicapée par une série de mesures pernicieuses visant à freiner leur distribution et parfois les numéros sont retirés des kiosques sans fondement légal. Cette situation a conduit deux dirigeants du journal Al Mawkif, Rachid Khechana et Mongi Ellouz à entamer une grève de la faim depuis le 26 avril dernier afin de protester contre ces harcèlements qui ciblent leur journal.

·         En contre partie, de nombreux journaux privés dirigés par les services spéciaux, comme Al Hadeth, Assarih, Achourouq ou L’Observateur continuent de polluer le paysage médiatique en s’illustrant par la désinformation et les attaques contre les défenseurs de droits humains et les opposant, attentant à leur honneur et les diffamant en toute impunité. Pire encore, deux parmi ceux qui dirigent ces feuilles de choux, les désinformateurs attitrés, A. Jeridi et A. Sghaier se sont vus attribuer deux nouveaux titres, en guise de récompense.

·         Le paysage audio visuel continue à être monopolisé par le pouvoir et ce que l’on nomme médias privés ne sont qu’une manifestation de la privatisation de l’Etat ; ces radios et chaînes de TV privés sont accordés à des proches des cercles du pouvoir selon des critères d’allégeance et les licences sont accordés dans l’opacité la plus grande, en dehors du cadre réglementaire et ces médias privés servent de faire valoir pour un faux pluralisme.

·         Internet continue à être sous haute surveillance et le filtrage est systématique. De nombreux sites d’information tunisiens comme tunisnews, kalimatunisie, tunisia watch, pdpinfo, fdtl.org ou alhiwar.net, continuent à être bloqués ; Tout comme les sites des ONG de droits humains (IFEX, FIDH, OMCT, RSF, Amnesty international…etc.). Ces derniers temps, de nouvelles techniques encore plus sophistiquées sont venues renforcer le dispositif de contrôle de la messagerie électronique tandis que des pop-up pornographiques attaquent les boites des défenseurs et des journalistes indépendants. Leurs connexions Internet sont parfois carrément coupées par l’opérateur public Tunisie Télécom, malgré le fait qu’ils s’acquittent de leurs redevances.

 

Face à cette situation, l’OLPEC propose les recommandations suivantes pour sauver ce secteur sinistré :

1.       Libération du journaliste Slim Boukhdhir et arrêt des poursuites contre Mohamed Fourati et tous les journalistes poursuivis injustement dans le cadre de l’exercice de leur profession.

2.       Supprimer les peines corporelles pour les délits de presse et expurger le code de la presse et le code pénal des dispositions qui restreignent la liberté de la presse et d’expression, conformément à l’article 19 du Pacte relatif aux droits civils et politiques.

3.       Garantir à tous les journalistes l’accès à l’information publique sans restriction et assurer la protection de leurs sources.

4.       Lever les restrictions administratives arbitraires pour la publication des médias indépendants en considérant la preuve du simple envoi par la poste de la déclaration de publication comme suffisante pour l’inscription au journal officiel.

5.       Garantir un pluralisme réel des médias écrits en conférant les mêmes droits à toutes les publications qu’elles soient proches du pouvoir ou de l’opposition, notamment concernant l’accès à la publicité et aux subventions publiques ainsi que pour leur diffusion.

6.       Garantir un réel pluralisme des médias audiovisuels en édictant un cadre légal transparent pour l’attribution des licences dans l’audio visuel.

7.       Dissoudre l’agence tunisienne de communication extérieure (ATCE), cet organisme de propagande d’un autre âge, en mettant fin ainsi à sa nuisance à l’image et à l’économie du pays.

8.       Garantir à tous les citoyens et notamment aux journalistes et aux défenseurs l’accès à la justice, qui a le devoir de donner suite aux plaintes qu’ils déposent.

9.       Assurer aux médias publics écrits ou audiovisuels les conditions nécessaires pour qu’ils jouent véritablement leur rôle de service public et lever toute forme de censure à laquelle sont soumis les journalistes.

10.   Lever toute forme de contrôle sur la messagerie électronique et toute censure illégitime sur Internet et notamment le blocage des sites d’information et des blogs par la cyberpolice.

 

Pour l’OLPEC

La secrétaire générale

Sihem Bensedrine


 

 

C.R.L.D.H. Tunisie

 

Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’Homme en Tunisie

Membre du Réseau Euro méditerranéen des Droits de l’Homme

21ter rue Voltaire – FR-75011 PARIS  – Tel/Fax : 00.33. (0)1.43.72.97.34

contact@crldht.org / www.crldht.org

 

Flash-Infos mai 2008

 

·         La visite du président français M. Nicolas Sarkozy en Tunisie : les Tunisiens ne méritent pas cette humiliation.

·         Une nouvelle grève de la faim pour le droit à la libre expression.

·         Défendons ensemble la liberté de circulation pour toutes et tous.

·         Taoufik Ben Brik : Une nouvelle atteinte à sa vie privée.

·         Quand nos despotes offrent à notre jeunesse le  choix de vivre le chômage et la précarité ou de mourir !

  • Manifestation parisienne en hommage au combat de la population du bassin minier de Gafsa pour la dignité.
  • Poursuite au quotidien de dizaines de procès politiques et d’arrestations arbitraires.

 

 

·         La visite de M. Sarkozy en Tunisie :

 

Le CRLDHT exprime sa consternation et son indignation après les propos du président français tenus lors de sa visite d’Etat de deux jours effectuée les  28 et 29  avril dernier.

 

Affirmer qu’ « Aujourd’hui, l’espace des libertés progresse…. »  en Tunisie :

 

          C’est tourner le dos à toute une société qui se bat depuis des décennies pour ses droits et libertés fondamentaux et qui ne cesse de payer très cher son combat pour la dignité. Le CRLDHT a fait, par sa modeste contribution, l’écho de ces courageux combats de la société tunisienne, toutes catégories confondues ainsi que des sacrifices chèrement payés par des milliers de Tunisiens.

          C’est légitimer cette politique de répression et de persécution tous azimuts qui s’abat sur la Ligue Tunisienne de défense des Droits de l’Homme, la plus ancienne des ligues arabes et africaines,  de nouveau prise pour cible de la part du pouvoir policier de Ben Ali et ce depuis plusieurs années après avoir utilisé la force pour fermer de façon permanente, et ce depuis le mois de septembre 2005, son siège principal ainsi que toutes ses sections et lui interdire  la moindre activité en son sein. Cette politique de répression et d’étouffement vise en réalité à l’anéantissement de la ligue dans son rôle indépendant de défense des droits.

          C’est nier les aspirations et revendications légitimes de la population du bassin minier de Gafsa au Sud Est du pays, en ébullition depuis plusieurs mois pour dénoncer une politique économique et sociale marquée par le népotisme et le vol des deniers publics depuis des décennies (Voir les communiqués du CRLDHT 22 janvier, du 10 mars et 15 avril 2008)…

          C’est cautionner également le coup de force pratiqué depuis décembre 2005 contre la direction légitime de l’association des magistrats, jugée trop indépendante (Voir la dernière publication  du CRLDHT : « Volonté d’indépendance » parue en décembre 2006)

          C’est tourner  le dos aux centaines de prisonniers politiques qui croupissent dans les prisons tunisiennes, condamnés pour la plupart à de lourdes peines lors de procès iniques qui en disent long sur l’état de la justice tunisienne. Tous ont subi la torture dans différents lieux de détention… Parmi eux, le journaliste Slim Boukdhir, 39 ans, en détention depuis le 26 novembre 2007 (Voir communiqué du CRLDHT du 4 décembre 2007).  

          C’est encourager en un mot les graves violations et atteintes aux droits fondamentaux des Tunisiens à la vie, à la sécurité, à l’intégrité physique, aux libertés individuelles et collectives de s’associer, de s’exprimer, de se réunir et de circuler librement.

En se rendant en Tunisie, le président français ne peut ignorer cette situation politique explosive qui s’éternise et ne cesse de se dégrader à l’approche des prochaines échéances électorales de 2009.

Les démocrates tunisiens méritent plus de considération et attendent de la France  un devoir de soutien à leur combat pour la liberté et la démocratie, première condition à tout développement humain.

·         Une nouvelle grève de la faim pour le droit à la libre expression :

 

Une nouvelle tentative policière de marginalisation et d’étouffement frappe de nouveau le Parti Démocrate Progressiste Tunisien (PDP), une des principales formations politiques  de l’opposition légale et notamment son journal, l’hebdomadaire Al Maoukef, qui a fait l’objet depuis le 14 mars dernier de saisie pour ses quatre  dernières éditions ainsi qu’à un procès en diffamation intenté contre ses premiers responsables. 

 

Après la  mise en demeure du siège central à Tunis du PDP et de son organe El Maoukef, suivi de la fermeture des sièges de plusieurs  fédérations régionales et la grève de la faim entamée par  Mme Maya JRIBI, secrétaire générale du parti et Maître Nejib CHEBBI, ancien secrétaire général et directeur du journal  El Maoukef, à compter du 20 Septembre 2007 pour protester contre la décision politique -sous couvert juridique- d’annulation du contrat de location du siège du PDP et de condamner  ainsi ce parti d’opposition au silence définitif (Voir les communiqués du CRLDHT 13 mai 2007, 18 et 28 septembre 2008).

 

Après la présentation, le vendredi 20 mars, d’un  projet de réforme constitutionnelle modifiant les conditions de participation aux prochaines élections présidentielles, un projet sur mesure qui est destiné à la privation illégitime, pour la 3ème fois de suite, du Candidat du PDP aux élections présidentielles de 2009.

 

Après la saisie de quatre éditions d’Al Maoukef, l’hebdomadaire du parti, sans fournir aux concernés la moindre explication et la décision prise le 17 avril dernier par les membres du personnel ainsi que les militants  du PDP de distribuer eux-mêmes le dernier numéro et garantir une vente militante dans les rues de la capitale, à des passants sur l’avenue Habib Bourguiba… Ces saisies sont probablement dûes à la publication d’articles sur des questions sensibles telles que l’augmentation des prix et la distribution d’huile de cuisine contaminée.

 

Après l’instrumentalisation de l’appareil judiciaire qui a poussé cinq sociétés de fabrication d’huile de cuisine à intenter des actions en diffamation à l’encontre du rédacteur en chef Mr  Rachid Khechana et du directeur général M. Nejib Chebbi. Ces sociétés demandent 500 000 dinars (274 000 Euros) de dommages-intérêts. En cas de condamnation, le journal devra fermer. Les deux responsables sont convoqués au tribunal pour une audience le 10 mai prochain.

 

Le samedi 26 avril 2008, Ms. Rachid KHECHANA, rédacteur en chef du journal et Mongi ELLOUZE, directeur de rédaction, ont entamé une grève de la faim au siège de leur hebdomadaire en signe de protestation contre les dernières mesures répressives prises récemment à l’encontre de ce journal  et de ses responsables.

 

Rappelons que le journal Al Maoukef, tout comme Mouatinoun, organe du Forum Démocratique pour le Travail et les Libertés (FDTL), est  l’un de seuls journaux d’opposition à être privé de toute subvention et qui vit donc seulement de ses ventes. Ces manœuvres continues risquent par conséquent de le faire taire à jamais.

 

Le CRLDHT dénonce fermement  cette politique de lynchage qui vise l’étouffement de toute voix divergente afin de créer un désert politique, propice aux échéances de 2009.

 

Il exprime aux deux grévistes, au PDP, à ses dirigeants et ses différents militants tout son soutien et toute sa solidarité et appelle ses amis et partenaires français et européens à se mobiliser à ses côtés pour défendre le droit à une information fiable et une expression libre. 

 

 

·         Défendons ensemble la liberté de circulation pour toutes et tous

 

Les autorités administratives tunisiennes et le ministère de l’Intérieur refusent de nouveau le renouvellement du passeport de M. Hamma HAMMAMI, opposant politique de très longue date  et porte parole du Parti communiste des ouvriers de Tunisie (PCOT), parti interdit.

 

Après un 1er feuilleton durant l’été 2007 à la suite de la demande de M. HAMMAMI de lui accorder des pages supplémentaires dans la partie des visas (Voir le communiqué du CRLDHT du 28 août 2007), une mesure appliquée pour nombre de citoyens et la fin de la validité de son titre de voyage depuis le 20 mars 2008, M. Hamma HAMMAMI se trouve de nouveau privé, non seulement de passeport, mais également de pièce d’identité.

 

Depuis cinq semaines, M. HAMMAI passe son temps entre le poste de police Ibn Khaldoun , le bureau d’« El Omda », le représentant de l’autorité politique communale, le délégué de la commune d’El Manar,  le Ministère de l’Intérieur et son service de « relation avec les citoyens », le bureau du préfet d’Ariana, le bureau du travail qui statue sur les demandeurs d’emploi….Des va et vient continus pour demander une attestation de chômage qu’aucune administration n’est prête à délivrer, une pièce, lui a-t-on affirmé, nécessaire pour l’obtention de sa carte d’identité et le renouvellement de son titre de voyage… En un seul jour, il est ainsi renvoyé d’une administration à une  autre et d’un service à un autre pour voir les responsables fermer leurs bureaux et fuir à toute vitesse ou lui commander l’octroi d’un statut de demandeur d’emploi, un imprimé imaginaire d’après les responsables des bureaux d’emploi !     

 

En plus, et à 55 ans, M. Hamma HAMMAMI ne peut pas demander son intégration dans la fonction publique d’autant qu’il a été abusivement licencié de son poste d’enseignant au ministère de la Formation professionnelle, il y’a maintenant  21 ans….

 

En Tunisie, le passeport est une faveur à laquelle les opposants politiques, les défenseurs des droits humains, les anciens détenus politiques et d’opinion et leurs familles n’ont pas le droit d’accéder. Mr Kamel JENDOUBI,  porte parole de notre Comité et président du Réseau Euro-méditerranéen des Droits de l’Homme (REMDH) vit cette injustice depuis de nombreuses années puisqu’il est  privé de passeport et forcé à l’exil depuis mars 2000.  Les autorités tunisiennes refusent depuis le renouvellement de son  passeport,  le privant ainsi du droit élémentaire de circulation et de retour dans sa terre natale.

 

Cette décision arbitraire de privation de passeport frappe également l’avocat et défenseur des droits humains Mohamed ABOU depuis sa sortie de prison le 25 juillet 2007, le journaliste Kamel LABIDI ainsi que des centaines d’anciens prisonniers politiques comme Ms Hamadi JEBALI, Ali LAARIDH, Moncef BEN SALEM, Zied DOULATLI…

 

Le CRLDHT considère que ces mesures prises à l’encontre de M. Hamma HAMMAMI et autres, sont, à tous points de vue, contraires aux droits humains ainsi qu’aux normes juridiques de l’ordre national et international. 

 

Rappelant le refus systématique opposé à Kamel Jendoubi président du REMDH et du CRLDHT, le CRLDHT insiste sur le fait que le droit de disposer d’un passeport est un droit inaliénable et que la liberté de circuler est une liberté fondamentale garantie par la constitution du pays et par les conventions internationales que la Tunisie a ratifiées.

Il s’élève contre cet acharnement des autorités tunisiennes à réprimer, par des moyens divers et des voies multiples et détournées les opposants politiques et  les défenseurs des droits humains, à l’intérieur du pays comme à l’extérieur, un acharnement qui va à en s’amplifiant puisque la situation politique actuelle ne présage rien de bon.

Le CRLDHT  exige des autorités tunisiennes l’arrêt de ces mesures arbitraires  qui nuisent à la Tunisie et promet la poursuite de la mobilisation jusqu’au rétablissement de nos amis dans leurs droits les plus élémentaires à la circulation à l’intérieur et à l’extérieur du pays.

 

 

·         Nouvelle atteinte à la vie privée de Taoufik Ben Brik :

Les autorités policières semblent nostalgiques des méthodes crapuleuses des années noires du début 90, quand la sécurité d’Etat a utilisé le divorce forcé comme une arme parmi d’autres pour briser la résistance des dizaines de détenus politiques et casser toute solidarité familiale avec les victimes. D’une procédure judicaire privée par laquelle un partenaire rompt une relation conjugale, le divorce est devenu alors une sanction cruelle au service du despotisme qui a réussi par ce moyen de pression à détruire des centaines de familles tunisiennes.  

Depuis peu, les services secrets de la police politique semblent prendre de nouveau goût pour de telles pratiques : le mercredi  23 avril 2008, la voiture de Mme Azza ZARRAD,  l’épouse  du journaliste et écrivain  Taoufik BEN BRIK a été  saccagée par des policiers en civil, en plein jour, dans un quartier très fréquenté de Bab Jedid, en plein centre ville de Tunis. Les pare-brises et les rétroviseurs ont été brisées et la tôle endommagée.

Cet acte de vandalisme survient après un appel téléphonique d‘un conseiller personnel de  Carthage, incitant l’épouse à divorcer et la famille à la soutenir, proposant en même temps ses services en cas de besoin. La réaction de Mme Azza ZARRAD ne s’est pas fait attendre : elle n’a jamais été une collaboratrice de la police et elle refusait de se laisser manipuler, d’autant qu’il s’agit d’une affaire privée. Elle a aussi déposé une plainte après le saccage de sa voiture accusant la police politique d’être derrière cet acte,  mais la police a refusé d’enregistrer sa plainte !

Quelques jours auparavant, M. Taoufik BEN BRIK a reçu des menaces de la part d’un haut responsable de la police lui ordonnant de se tenir à l’écart et d’oublier les échéances de 2009, sinon sa femme et ses enfants paieront le prix comme cela fût le cas de ses frères en 2004. Rappelons que les quatre frères de Taoufik Ben Brik ont fait l’objet de poursuites judiciaires et que deux d’entre eux ont été condamnés injustement à la prison ferme. Ce sont ces méthodes mafieuses du régime tunisien que le président français Nicolas Sarkozy a choisi d’occulter lors de sa dernière visite d’Etat. Féliciter  La Tunisie pour les progrès réalisés dans le domaine des droits de l’homme c’est fermer les yeux sur les souffrances au quotidien des Tunisiens de toutes sensibilités.

Le CRLDHT considère que ce genre d’ingérence dans la vie privée des Tunisiens est insupportable de la part de la police politique et doit impérativement cesser car elle est contraire à la morale et aux valeurs minimales de respect de la vie privée des gens.

Il assure M. Taoufik BEN BRIK et Mme Azza ZARRAD de tout son soutien face à ces méthodes crapuleuses de la police politique tunisienne

Il condamne fermement ces pratiques serviles qui visent au quotidien les opposants et les défenseurs tunisiens des droits, dans leur intégrité, leur honneur et leur engagement militant.  

·          Quand nos despotes offrent à notre jeunesse le  choix de vivre le chômage et la précarité ou de mourir !

 

Le Jeudi 24 avril 2008, une embarcation de fortune avec à son bord 26 jeunes Tunisiens, quitte les eaux de la ville de Chebba, au Gouvernorat de MAHDIA, en direction du sud de l’Italie pour faire naufrage en pleine mer, causant la mort de trois d’entre eux,  dont les cadavres ont été ramenés par les eaux vers le littoral tunisien et la  disparition des 23 autres.

 

 Ce nouveau drame n’a suscité aucune réaction officielle de la part de nos gouvernants, ni envers ces jeunes victimes, morts pour avoir oser rêver d’une vie meilleure ou leurs familles endeuillées et meurtries après la disparition des leurs.

 

En fidèle valet de l’Europe forteresse, le régime tunisien s’est appliqué à voter les lois les plus rétrogrades pour punir ces malheureux « Nous déployons des efforts importants pour empêcher les départs vers l’Italie, à partir de notre territoire et nous avons sérieusement alourdi les peines dont sont passibles ceux qui participent ou organisent de telles traversées ». Car si la mort les épargne, la prison les attend pour avoir pris le risque de quitter ces quartiers de misère, avec leurs lots quotidiens de chômage, de précarité, d’exclusion et de privations en tout genre.

 

La responsabilité de l’Europe avec sa politique sécuritaire d’immigration dans ces tragédies humaines est totale. Tourner le dos à tant de misère humaine alors qu’elle résulte de choix politiques ultralibéraux des grandes puissances qui règnent sur le monde aux dépens des peuples les plus démunis, est tout simplement criminel.   

 

Le CRLDHT présente aux familles des défunts et de disparus ses sincères condoléances, partage leurs peines et leur donne l’assurance de son soutien et de sa solidarité.

 

Il s’associe à l’appel de la Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives(FTCR) pour faire du 10 mai prochain une journée de deuil national pour les enfants de la Tunisie et de tous les pays du sud, une journée d’hommage et de commémoration aux morts pour la dignité.

 

  • Manifestation parisienne en hommage au combat de la population du bassin minier de Gafsa pour la dignité :

 

Le Comité parisien de soutien à la population du bassin minier tunisien s’est fortement investi ce jeudi 1er Mai à l’occasion de la fête internationale de Travail afin de donner de la visibilité au courageux combat de ces milliers de Tunisiens qui se battent tous les jours pour l’accomplissement de leurs légitimes aspirations à l’emploi, au développement local et régional de leurs villes, laissés pour compte, à une citoyenneté effective et la pratique des libertés individuelles et publiques.

 

Un stand a été installé au milieu du défilé et une distribution de tracts a été assurée tout le long de la manifestation, provoquant un formidable élan de soutien de tous les travailleurs, chômeurs et sans papiers, participant au 1er mai ; 10 000 tracts du comité de soutien et 5 000  copies de Passe-Muraille, organe de la FTCR, consacré aux luttes des Tunisiens, ont été distribués lors de ce défilé

 

  • Poursuite au quotidien de dizaines de procès politiques et d’arrestations arbitraires :

 

Il ne se passe pas un jour en Tunisie sans apporter son nouveau lot d’arrestations arbitraires, de détention au secret et de procès iniques et ce, dans le cadre de la fameuse loi antiterroriste de décembre 2003. Depuis plusieurs mois, les avocats sont sur le pied de guerre pour garantir une prise en charge de toutes les victimes et semblent parfois dépassés par  ce rythme effréné d’affaires !

 

Le CRLDHT se limite ici de donner les noms des prisonniers jugés dans le tribunal de Tunis pendant seulement trois jours, sans aucun commentaire. En trois jours consécutifs, du 10 au 12 avril 2008, voici les noms des accusés qui ont comparu au tribunal de première instance de Tunis :

 

L’affaire n°15169 à la date du jeudi 10 avril 2008, à la  cinquième chambre criminelle du Tribunal de Première Instance de Tunis, dans laquelle sont déférés Khaled Dridi, Houssine Gmati, Nizar Laskri, Karim Kharroubi (en état d’arrestation), ainsi que Hassen Boujnaieh, Lamine Zayani, Salem Dridi, Ayachi Khaldi, Souhaïl Dridi, Boubaker Ben Moghrem, Issam Benaïssa, accusés d’adhésion, sur le territoire de la République à une organisation terroriste ayant fait du terrorisme un moyen de réaliser ses objectifs, d’entraînements militaires en Tunisie et à l’étranger en vue de commettre des infractions terroristes sur le territoire de la République, d’utilisation du territoire de la République pour recruter et entraîner des personnes en vue de commettre un acte terroriste sur le territoire de la République.

 

Le 11 avril 2008, de nombreux citoyens appartenant à des milieux sociaux variés, ont été arrêtés. Il s’agit notamment de messieurs Abderraouf Amri, Mabrouk Boudhafer, Mehrez Rjeb,  Fayçal Sassi, Mohammed Ali Biskri, Kamel Elghorri,  Mohammed Labdi, Fethi Azizi, Mohammed Rezgui et Béchir Zitouni. Ils ont été en garde à vue  au ministère de l’Intérieur durant plus de vingt jours, leurs familles ne sachant rien d’eux jusqu’à ce jour..

 

L’affaire n°14985 à la date du vendredi 11 avril 2008 à la  première chambre du Tribunal de Première Instance de Tunis, présidée par le juge Hédi Ayari, a rendu son jugement en condamnant à l’emprisonnement, pour une durée de huit ans : Abdeljelil Aliaoui, Hafedh Samoudi, Sami Kdiri, Mokhtar Akkouri, Nejmeddine Bargougui et Ali Omri. Pour six ans : Ramzi Brini,  Ghassen Siliane et  Mohammed Ali Horchani. Pour quatre ans : Ali Lafi, Habib Hafsi et Ramzi Romdhani. Pour trois ans : Khatib Boukhari. Pour une durée d’un an : Laïd Jaouadi,  Hassib Chebbi, Gammoudi Hmed,  Mourad Saadi et Abdeslam Bali. Tous ont été également  condamnés à une peine de contrôle administratif pour cinq ans.

 

L’affaire n°15168 à la date du samedi 12 avril, à la quatrième chambre criminelle du Tribunal de Première Instance de Tunis, présidée par le juge Mehrez Hammami,  dans laquelle ont été déférés :Laïdi Ben Saïd, Khaïreddine Lajimi, Abdelhamid Lajimi, Amor Ben Latif, Farid Najeh, Khaled Madhi, Mabrouk Lanouer, Jemaï Bouzaiane, Anouar Ferjani, Salah Aloui, Mohammed Aloui, Mohammed Kherfani, Aymen Souidi, Belgacem Dkhil ( en liberté), Ibrahm Azzouz, Ismaïl Gnifid, Hassen Ben Jomaa, Nasr Farah (en fuite)

  

Le même jour, l’affaire n°15245 dans laquelle sont déférés Mohammed Amine Rahoui, Ramzi Romdhani, Mokhtar Naffati et Nourane Abdellouf. 

 

Le même jour également, l’affaire n°15344 dans laquelle sont déférés Ramzi Romdhani, Hechmi Amri et  Bassem Dridi.

 

Paris, le 07 mai 2008.

 

 


Vérité-Action

                                                                                                                   

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Le 22e Salon international du livre à Genève

 

Visiteurs indignés par les déclarations de Sarkozy sur les droits de l’Homme en Tunisie

Genève, le 5 mai 2008

Vérité-Action a participé pour la deuxième année consécutive au Salon international du livre qui s’est tenu à Genève du 30 avril au 4 mai. Pendant 5 jours, le salon a réuni 555 exposants de 15 pays – des maisons d’éditions aux librairies, en passant par les associations, les institutions et instances nationales et internationales, les médias et les collectivités – et a accueilli plus de 98’257 visiteurs.

Le stand de Vérité-Action qui se trouvait à côté de celui du village alternatif, au milieu d’une panoplie d’associations et d’ONGs Suisses et internationales, marque cette dynamique associative qui est l’une des caractéristiques du Salon international du Livre de Genève. Le stand fut ainsi une occasion aux visiteurs de découvrir et de s’informer sur la situation des droits de l’Homme en Tunisie. Avec la récente visite du président français en Tunisie et ses déclarations « honteuses » sur les droits de l’Homme, le stand a permis aux visiteurs de découvrir une autre réalité. Et ce à travers une exposition de livres décrivant la situation, des rapports récents publiés par les organisations internationales et les ONGs tunisiennes ainsi que Vérité-Action  et la diffusion du film « breaking the torture machine » produit par le Conseil National des libertés en Tunisie.

 

Et pour soutenir la société civile tunisienne dans son combat pour les libertés, Vérité-Action a fait signer aux visiteurs deux pétitions : l’une sera adressée au président français pour dénoncer ses déclarations « scandaleuses » sur la situation des droits humains en Tunisie et l’autre soutenant les journalistes en grève de la faim et les défenseurs des droits de l’homme en Tunisie.

 

Le stand a reçu des centaines de visiteurs qui ont exprimé leur indignation face aux déclarations de Sarkozy et l’appui qu’il a donné au régime tunisien. La pétition à son attention a été signée par beaucoup de visiteurs déçus par ses propos. Des visiteurs de différentes origines n’ont pas manqué d’apporter, également, leur soutien à la société civile tunisienne et à tous les militants et militantes.

 

Côté animation, pendant les jours du salon, les séquences nostalgiques sont venues mettre du soleil sur nos souvenirs musicaux. Les visiteurs ont eu le plaisir samedi 3 mai d’entendre un luth de bonne tenue et une musique raffinée composée d’extraits de la chanson tunisienne engagée et interdite sur les ondes de la télévision et de la radio tunisienne depuis des années.

 

Il sied de noter que la table ronde sur le thème de «l’impact de la lutte contre le terrorisme sur la liberté d’expression » a été annulée par manque de lieux disponibles au Salon le vendredi 2 mai.

 

Vérité-Action tient à remercier tous ceux et celles qui ont participé à l’organisation et la tenue de ce stand et tous les visiteurs pour leur soutien et encouragements.

 

Service de l’information

 

Mehdi Ben Hamida

 

 


 

Danemark: prolongation de la détention de 2 Tunisiens soupçonnés d’attentat

 
COPENHAGUE, 6 mai 2008 (AFP) – La détention de deux Tunisiens, soupçonnés d’avoir projeté de faire un attentat contre un auteur danois de caricatures de Mahomet, a été prolongée de quatre semaines en attendant que la Cour suprême traite leur demande de libération, a indiqué mardi l’un de leurs avocats. Les deux suspects et leurs avocats ont demandé eux-mêmes cette prolongation, qui devait initialement être discutée jeudi lors d’une audience du tribunal de première instance de Copenhague. « Nous attendons la décision de la Cour suprême qui nous a convoqués pour une réunion préparatoire le 15 mai », a déclaré à l’AFP Henrik Stagehorn, avocat de l’un des deux Tunisiens. Le tribunal de première instance et la Cour d’appel ont suivi jusqu’à présent la recommandation du service de renseignement de la police (PET) qui estimait que les deux hommes constituaient une menace pour la sécurité de l’Etat et devaient être maintenus en prison, sans jugement, en attendant leur expulsion vers leur pays d’origine. Les lois antiterroristes adoptées au Danemark en 2002 dans le sillage des attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis permettent les expulsions administratives sans passer par les instances judiciaires. Les avocats des deux hommes ont protesté contre ce maintien en détention et demandé et obtenu l’autorisation de porter leur cas devant la Haute Cour. Les deux hommes, âgés de 25 et 36 ans, ont été arrêtés le 12 février avec un Danois d’origine marocaine qui a finalement été relâché, au cours d’une opération menée par le PET qui dit avoir déjoué leur projet d’attentat contre le dessinateur d’une des caricatures de Mahomet.


Escroquerie via Internet: 4 personnes mises en examen

AFP 05.05.08 | 19h17 Quatre personnes ont été mises en examen dans le cadre d’une enquête sur une escroquerie via Internet qui aurait fait à ce jour 19 victimes et dont le cerveau est un jeune Tunisien, sous le coup d’une commission rogatoire, a annoncé lundi la police de Montpellier. Les quatre personnes, domiciliées dans les villes de Montpellier, Toulouse, Rennes, et dans le Nord, sont poursuivies pour « escroquerie en bande organisée » et « recel d’escroquerie en bande organisée », selon les enquêteurs de la brigade financière de la police montpelliéraine. Elles ont été placées sous contrôle judiciaire. Le Tunisien, qui vit à Tunis, est sous le coup d’une Commission rogatoire internationale. Le préjudice de l’escroquerie est estimé à quelque 20.000 euros. Les 19 victimes identifiées à ce jour sont domiciliées en France. Des listings avec plusieurs milliers de noms ont été retrouvés chez les personnes mises en examen, selon une source proche de l’enquête. L’escroquerie fonctionnait sur le mode du « fishing ». Le Tunisien proposait sur un site des films en téléchargement. Une fois connues les adresses mails de ses clients, le Tunisien, se faisant passer pour PayPal, une sorte de banque internet, leur envoyait un faux mail, annonçant des incidents sur leur compte. Pour résoudre les problèmes, il leur était demandé leurs références confidentielles PayPal. Le Tunisien rentrait alors dans ces comptes, transférait rapidement l’argent sur les comptes PayPal de ses complices à qui il demandait d’acheter du matériel sur des sites de distribution internet: ordinateurs, téléphones mobiles, téléviseurs, iPod, consoles de jeu… Les complices envoyaient le matériel en Tunisie par la Poste. Ils gardaient une partie du matériel pour eux-mêmes. Ce sont des vérifications de Chronopost sur un envoi qui sont l’origine de l’enquête de la police de Montpellier, qui a débuté en février.

 


 

Droits de l’homme en Tunisie : le off de Nicolas Sarkozy

 
Sacré Nicolas Sarkozy. Lors de son voyage en Tunisie du 28 au 30 avril dernier, il a commis bien pire que ses déclarations publiques encensant le régime dictatorial du général-président Ben Ali. Lors d’un briefing en « off » avec les journalistes français qui le suivaient, il a commenté à sa façon la grève de la faim entamée par des journalistes tunisiens de l’hebdomadaire Al-Maoukif menacé d’asphyxie par le régime de son idole Ben Ali en ces termes : « à chaque fois que je viens (en Tunisie), il y a une grève de la faim. Chaque fois que je pars, la grève s’arrête. Je le constate, c’est tout ». Autre perle sarkozienne lâchée par la même occasion : « bien sûr qu’il n’y a pas de démocratie en Tunisie. Mais on n’y a pas les mêmes critères qu’en France ». Pendant ce temps, son conseiller en communication, Franck Louvrier menaçait les journalistes présents d’être privés de briefing si « un mot » des propos présidentiels sortait dans les médias. Dans le même genre et toujours au cours de ce voyage présidentiel au pays du jasmin et de la torture, Rama Yade, qui avait dû annuler une rencontre avec des femmes démocrates pour cause d’un emploi du temps soit-disant surchargé, était vue le lendemain en train de siroter une orangeade à son hôtel…
 
(Source : « Bakchich » (Satirique – France), le samedi 3 mai 2008) Lien : http://www.bakchich.info/breve684.html

 

Pétitions… l’efficacité  recherchée!

 

 

Par : Khaled TRAOULI

        ktraouli@yahoo.fr

 

La pétition demeure certes un outil démocratique pour affirmer son existence, sa réaction, son opinion et son désir, elle constitue certes l’instrument par excellence des plus faibles, des plus démunis, des plus minoritaires. Toute fois cette belle finalité repose sur un pilier de masse qu’est la démocratie, en l’absence  de celle-ci la pétition prend une autre dimension, elle devient l’instrument de l’indépendance de l’opposition et de la protestation.

Dans ce sens la pétition pourrait jouer un rôle majeur de porte parole de la liberté, elle exprime à merveille un souci, une réprobation, un refus, elle constitue une forme civilisée de protestation et de lutte contre l’hégémonie. Cependant, elle ne peut remplacer l’ensemble de la résistance à la tyrannie et la totalité de la lutte contre la dictature.

A petits pas, une dérive s’installe dans la formation et le déroulement d’un processus de pétition, et qui semble de temps en temps tracer son sillon dans la culture de la protestation et dans la réaction de certaines oppositions, une dérive qui se dessine dans deux sens inquiétants :

1 / l’élitisme de la pétition :

 Ainsi nous remarquons sans difficulté l’existence d’un noyau dure qui se trouve dans presque toutes les pétitions politiques, les mêmes noms se répètent à l’infini, l’élite de l’opposition tunisienne. Or l’efficacité d’une pétition dépend du nombre des signataires et de son impact sur l’opinion publique. Si elle pourrait se déclencher par l’élite, néanmoins la pétition ne doit pas demeurer ainsi durant son évolution, elle doit épouser un maximum de signataires et être « populaire , une pétition réussie est une pétition qui sort du cadre élitiste pour être portée et appropriée par le « peuple ».

Mais me diriez-vous, la pétition est par essence ouverte à tous, et personne n’est empêchée d’y figurer! Il me semble que c’est la question majeure et fondamentale qui s’abrite derrière le lancement d’une pétition.

La pétition politique demeure de nos jours élitiste car elle exprime un défaut majeure que vit l’opposition tunisienne, c’est sa popularité qui est mis en cause, l’élitisme n’est que la révélation d’un échec. Et quoiqu’on dise sur la peur qui règne dans le pays et qui est une vérité sans équivoque, l’opposition doit assumer une partie de cet échec, de son éloignement des soucis importants du petit peuple, de son éparpillement et le « refus » d’une unité recherchée, de l’illisibilité de son programme si programme  y’en a !

Les gens ne se basculent pas pour signer une pétition politique, par peur, pour certain, mais aussi pour d’autres par manque de confiance en une opposition disparate et dispersée ( on peut signer par des noms fictifs et surtout le nombre des réfugiés politiques et opposants tunisiens dans le monde ne se limite pas à une dizaine de personne )

2 / La pétition n’est pas la fin :

Déclencher une pétition c’est déclencher un processus de protestation et de lutte et non le finir, l’impression qui se dégage d’une pétition « à la tunisienne » et peut être ailleurs, c’est d’abord son éparpillement ( regarder le nombre des pétitions pour soutenir le journal « al maoqif »… un embouteillage insignifiant !), qui souligne la désillusion d’une recherche d’union de l’opposition, et ensuite le manque de l’intégration de la pétition dans un processus global de lutte et de résistance.

Pour certains, signer une pétition c’est signer un acte de fin de lutte une sorte de libération de son conscience.., figurer sur une liste c’est montrer à soi même son patriotisme et se convaincre qu’il est encore là, résistant de la première ou la dernière heure, et qu’il n’est pas « mort » mais pourvue que ça soit la fin !

Signer une pétition devient alors l’ultime acte de résistance pour certains, le moindre mal pour d’autres, puisqu’il demeure un acte isolé et le plus souvent individuel.

Ce petit texte n’a nullement l’intention de mettre en cause la sincérité des pétitions et de ses signataires, mais doute de son efficacité, et essaye de la ramener à sa vraie nature qui est « de formuler un idéal et d’exprimer une critique sur une situation considérée comme injuste » et dont l’objectif est de sensibiliser l’opinion et de la mobiliser pour une cause juste et souvent urgente.

 

Source : site du LIQAA / www.liqaa.net

06/05/2008

 

 


 

L’Institut international de la pensée islamique – IIIT France

Cher(e)s ami(e)s,

   

L’Institut international de la pensée islamique – IIIT France a le plaisir de vous inviter à visiter son stand H17 au Salon du Bourget, Parcs des expositions, du jeudi 8 au dimanche 11 mai 2008 (10h00-23h00).

   

Venez découvrir

 

Nos activités culturelles

   Conférences, séminaires, congrès…

 

Notre programme de recherche

Groupe de recherche sur la modernité, projets et réseaux de recherche, Congrès des chercheurs sur l’Islam…

 

Notre programme d’enseignement diplômant

1ère Licence d’Etudes islamiques interdisciplinaires. Rencontre avec les professeurs. Inscription sur place…

 

Nos publications

dans le domaine de la pensée islamique contemporaine, en langues française, arabe et anglaise.

 

Au plaisir de vous accueillir sur notre stand.

 

Amicalement,

IIIT France

                                                                 

 

Institut international de la pensée islamique (IIIT France)

9-11, avenue Michelet, 9e étage, 93400 Saint Ouen

Tél : 0140102446 Fax : 0140102447 http://www.iiitfrance.net

 

Parutions 2007-2008 IIIT Editions :

Pluralisme et reconnaissance : Défis des particularismes et des minorités, sous la direction de Mohamed Mestiri & Dimitri Spivak

Islamophobie dans le monde moderne, sous la direction de Mohamed Mestiri, Ramon Grosfoguel & Soum El Yamine

Oumma : La communauté charismatique, Mona Abul Fadl

Le problème de la méthodologie dans la pensée islamique, Abdulhamid Abu Sulayman

 

 

 


 

Politique

Yade:  »L’indignation ne peut tenir lieu de politique »

Eric Mandonnet et Ludovic Vigogne

A l’heure où Nicolas Sarkozy semble se convertir à la realpolitik, la benjamine de l’équipe Fillon, Rama Yade, doit encore convaincre. Du moins si, à 31 ans, la secrétaire d’Etat aux Affaires étrangères et aux Droits de l’homme veut compter parmi les figures montantes de la droite. Entretien.

 

 quoi servez-vous ?  

Mon travail consiste à représenter la France à l’étranger, à défendre ses intérêts et à promouvoir, lorsque la situation l’exige, la question des droits de l’homme. Je sais bien que vous ne voyez que l’aspect droits de l’homme. Mais c’est une erreur. En Tunisie, par exemple, j’ai été amenée à signer des accords économiques et financiers, et ce n’est pas sale ! Même en matière de droits de l’homme, dans la mesure où je suis chargée des affaires de l’Etat, je suis naturellement tenue par un principe de responsabilité. Je ne suis pas une ONG. Quand on est aux responsabilités, l’indignation ne peut tenir lieu de politique. Le choix n’est jamais entre le bien et le mal, mais, comme le disait Aron, entre le « détestable » et le « préférable ». « Les choses étant ce qu’elles sont ! » ajouterait de Gaulle… Mais je me bats pour qu’il y ait ce supplément d’âme dans la diplomatie de la France. Je voudrais qu’on dise : « Dans le sarkozysme, il y a de l’humanisme. » Alors je suis parfois obligée d’être en avance sur la ligne réaliste.
En Tunisie, Nicolas Sarkozy a accordé un satisfecit au régime en place. Votre présence est apparue comme un gadget et votre discrétion, comme une faiblesse – d’autant que vous avez annulé certains rendez-vous… La Tunisie est l’un des Etats du Maghreb les moins dotés en richesses naturelles ; et pourtant elle a éradiqué la grande pauvreté. Les femmes ont un statut plus enviable que dans le reste du Maghreb. Si tout n’est pas parfait – loin de là – les Tunisiens peuvent être légitimement fiers de leur bilan économique. Par ailleurs, quand un président se déplace dans un pays, ce n’est pas pour l’insulter. J’ai été discrète ? C’était un voyage présidentiel : l’usage est que les ministres ne s’expriment pas. Dans une visite d’Etat, le président est le seul porte-parole de la France. Mais, rassurez-vous, j’ai agi. La rencontre avec la Ligue tunisienne des droits de l’homme, l’ONG la plus activiste du Maghreb, a été obtenue à la suite d’une très difficile négociation. C’est le premier voyage où j’ai tant parlé des droits de l’homme avec les autorités et les associations. Torture, peine de mort, censure, demande d’explications sur la grève de la faim des journalistes tunisiens, je n’ai rien esquivé, et ce n’est pas parce qu’une rencontre [avec l’Association tunisienne des femmes démocrates] n’a pu avoir lieu que cela change quoi que ce soit. J’ai été chaudement félicitée par les ONG tunisiennes. Il aurait été convenable que vous le signaliez. Est-ce que l’on s’habitue facilement à la langue de bois ? Je n’ignore pas les règles. Rama Yade ce n’est pas « de la cité au Quai d’Orsay », même si ce ne serait pas déshonorant. Je vais vous décevoir : je suis un pur produit du système. Je suis diplômée de Sciences po et administratrice au Sénat. Je n’ignore rien des codes de la vie politique. La difficulté est liée au décalage entre les attentes très fortes, mes moyens d’action et les contraintes diplomatiques. Je le dis clairement : on ne fonde pas une politique étrangère uniquement sur des valeurs. On peut être intransigeant sans sacrifier ses intérêts. Tout est dans le dosage. Quand je ne dis rien, je suis critiquée. Quand je prends position, ce n’est jamais assez ou bien cela crée des histoires. Je ne mérite ni excès d’honneur ni excès d’indignité. Alors je creuse mon sillon. A l’ONU, je m’exprime au nom de la France, et laissez-moi vous confier que c’est émouvant ! Un honneur inestimable. Le candidat Sarkozy affirmait, le 14 janvier 2007 : « Je ne crois pas à la realpolitik, qui fait renoncer à ses valeurs sans gagner des contrats. » Le président s’est-il renié ? Je suis la preuve vivante que Nicolas Sarkozy n’a pas renoncé aux droits de l’homme. On n’aura jamais autant parlé des droits de l’homme sous une présidence que depuis son élection. Ce ne sera pas mon bilan sur les droits de l’homme, ce sera celui du président. L’opposition s’est tellement habituée à une droite coupable et honteuse qu’elle ne peut supporter que Nicolas Sarkozy soit allé sur son terrain. Tous ces hauts responsables socialistes qui passent leurs vacances en Tunisie, je ne les ai pas vus recevoir les ONG ou, entre deux séances de bronzage, critiquer le régime de Ben Ali. Ségolène Royal, qui vient d’être condamnée par la justice pour violation du droit social, est mal placée pour nous donner des leçons sur les droits de l’homme. Après le remplacement de Jean-Marie Bockel par Alain Joyandet à la Coopération, êtes-vous résignée à la poursuite de la « Françafrique » ? Le système de la Françafrique dure depuis l’indépendance des anciennes colonies. On ne peut pas demander au président de l’enterrer en un an, alors que personne, pas même les socialistes, sous François Mitterrand, ne s’était ému quand Jean-Pierre Cot avait été sèchement limogé pour cause de contestation de la Françafrique. Par ailleurs, pour la rupture, il faut être deux. La France ne la décrétera pas. La rupture se fera en Afrique par les Africains, ou ne se fera pas. L’Afrique de papa, c’est terminé. L’absence de Nicolas Sarkozy à la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques vous paraît-elle encore envisageable ? Il y a eu une ouverture de Pékin sur le Tibet. La reprise du dialogue entre la Chine et le dalaï-lama est un geste important que nous avions souhaité. Les autorités chinoises ont envie que les JO se passent bien, et nous aussi. Qui va payer les 6,3 millions d’euros que les membres de l’Arche de Zoé doivent verser aux familles des enfants qu’ils voulaient exfiltrer ? Les membres de l’Arche de Zoé ont été condamnés à payer. C’est à eux de le faire. Je ne vois pas au nom de quoi ce serait aux contribuables français de payer pour les actes de ces gens. M. Breteau n’a qu’à utiliser les droits d’auteur de son livre pour payer.  
Eric Breteau, le patron de l’association, dit justement avoir déposé plainte contre vous… Je n’ai pas connaissance de sa plainte. C’est l’opération, et non les personnes, que nous avons dénoncée. Ce monsieur me reproche de l’avoir fait échouer ? C’est le meilleur hommage qu’il pouvait me rendre et la confirmation de ce que j’ai toujours dit : c’est moi qui ai empêché ce groupe d’agir. S’il me diffame, je porterai plainte. Depuis un an, vous vous êtes surtout fait remarquer par des coups médiatiques. Est-ce le seul moyen pour un responsable politique d’exister ? Je n’ai fait que mon travail. Libre à vous d’appeler « coups » l’expression d’une conviction forte, en accord avec ma fonction. Et je vous invite à regarder au-delà de l’affaire Kadhafi. Vous verrez le travail de fourmi, parfois ingrat, mais indispensable, or vous n’en parlez pas. Enfin, je ne considère pas mes prises de position comme de vulgaires coups. On bâtit une vie politique non sur des coups, mais sur de la durée. Vous vous êtes démarquée de manière tonitruante de la ligne officielle, lors de la venue de Kadhafi. Jusqu’où va la liberté de parole d’un ministre ? Il ne s’est jamais agi pour moi de me démarquer. On m’a confié la charge des Droits de l’homme ; il est normal que j’en parle. Si j’étais en charge de l’Equipement, je construirais des routes. Et, tous les jours, vous entendriez parler des routes ! C’est mon rôle de promouvoir les droits de l’homme ; le président lui-même me l’a répété à plusieurs reprises. « Ma bouche sera la bouche des malheurs qui n’ont point de bouche », disait Aimé Césaire. Par ailleurs, nous avons tous un devoir de solidarité gouvernementale. A vos débuts, vous vous présentiez comme « femme, noire, musulmane ». Au gouvernement, sont-ce des atouts ou des failles ? Ce sont les observateurs qui m’ont regardée, hélas ! comme telle, au lieu de me prendre dans ma banalité, si je puis dire. Lorsque j’ai débuté, ils s’adressaient à moi comme à un martien. Que ce fut épuisant ! Au gouvernement, je veux que l’on me juge sur mes résultats, et non sur des questions de nature qui n’apportent rien au débat. A l’étranger, je représente non les beurs ou les femmes, mais la France. Je souhaite que, quand on pense « Rama Yade », on pense « droits de l’homme » ou, mieux encore, « France ». « La gauche s’en prend à moi parce que je suis noire », avez-vous déclaré, lors de votre campagne à Colombes. Etait-ce un dérapage ? Non. J’en avais assez que la gauche répète que, si j’étais là, c’était pour rapporter les voix des quartiers dans le giron de l’UMP. Elle n’a vu en moi qu’une étiquette, cela m’a déplu. C’est une régression. Je ne veux pas qu’on me résume à des questions ethniques, je veux être jugée sur mes résultats. A 31 ans, qu’est-ce qu’être de droite ? Dans les temps que nous vivons, c’est être sarkozyste ! C’est-à-dire choisir la modernité, chercher l’efficacité de l’action, prendre à bras-le-corps un héritage lourd, souvent fait de renoncements, et essayer d’enclencher le mouvement. Aujourd’hui, la droite défend le progrès ; la gauche, les acquis. C’est cela, le vrai clivage. Un bouleversement historique. Oui ou non, faudrait-il un peu plus d’inégalité pour un peu plus d’efficacité économique ? Non. Il faut chercher à combattre les inégalités et à atteindre l’efficacité. Je n’ai pas envie de demi-mesure, j’aime les idéaux. Plus d’inégalité n’est pas un principe que peuvent accepter les Français. Il faut faire preuve du maximum de volontarisme, et ne pas se résigner en déclarant que « l’Etat ne peut pas tout », comme Lionel Jospin l’avait fait. Oui ou non, faudrait-il un peu moins de liberté pour un peu plus de sécurité ? Le monde dans lequel nous vivons est dangereux ; le terrorisme est une menace constante. Le premier des droits fondamentaux, c’est la sécurité. En quoi des hommes ou des femmes qui auraient peur, par exemple de se déplacer, seraient-ils libres ? Avez-vous une image positive de Mai 68 ? Un mouvement de jeunesse qui bouscule les carcans familiaux et politiques traditionnels, c’est toujours attendrissant. Socialement, c’était sympathique. Politiquement, ce fut un échec. Le problème, c’est que les soixante-huitards sont toujours dans la place. Ils occupent le haut du pavé après en avoir jeté sur les CRS ; ils empêchent ma génération d’apporter sa pierre à la société. Ils s’accrochent, alors que leur système de pensée est à bout de souffle. A nous désormais de faire notre Mai 68 ! Quelles sont les limites de vos ambitions en politique ? J’irai là où mon chemin me conduira. Je sais seulement qu’il faut aller de l’avant. Un mot, un seul, pour résumer Nicolas Sarkozy ? Courage. Avez-vous un modèle en politique ? Lui. J’aime son côté « quand on veut, on peut », « même quand on part de loin, c’est réalisable ». Pour moi, c’est une leçon de vie permanente. Souvent, il me dit que la notoriété est éphémère, que la seule chose qui compte est le travail, le travail et encore le travail. On explique, par exemple, qu’il parle comme les Français, mais c’est parce qu’il a beaucoup travaillé. Etre compris, cela ne s’improvise pas.
 
(Source: « L’ Express » (Quotidien – France) mardi 6 mai 2008, mis à jour à 17:20)
 

 

 

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