4 septembre 2009

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TUNISNEWS

9 Úme année, N° 3421 du 04.10.2009

 archives :www.tunisnews.net  


C.R.L.D.H. Tunisie:  RĂ©union publique – Elections prĂ©sidentielles et lĂ©gislatives sur fond de rĂ©pression politique  et sociale AISPP: Arrestations Ă  El Alia LibertĂ© et EquitĂ©: Nouvelles des libertĂ©s en Tunisie Kalima: Arrestation de deux jeunes – On ne sait pas ce qu’il est advenu d’eux, ni la raison de leur arrestation Kalima: Ouahid Brahmi convoquĂ© par la SĂ»retĂ© Essabil on Line: Pas d’indemnisations pour Mme Raddadi Nawaat: “La rĂ©gente de Carthage” : les extraits du livre Ă©vĂ©nement sur Leila Trabelsi Ă©pouse Ben Ali Toulouse7: Au pouvoir depuis 22 ans, Ben Ali sĂ©duit encore des Ă©tudiants tunisiens Ă  Toulouse Biju: LES CHEMISES MAUVES BEN ALI DESTROY

Sonia Derbali: L’acte fondateur


C.R.L.D.H. Tunisie ComitĂ© pour le Respect des LibertĂ©s et des Droits de l’Homme en Tunisie membre du RĂ©seau Euro-mĂ©diterranĂ©en des Droits de l’Homme  21ter rue Voltaire – FR-75011 PARIS  – Tel/Fax : 00.33.(0)1.43.72.97.34  crldht@gmail.com / www. crldht.org Invitation A la veille des Ă©lections prĂ©sidentielles et lĂ©gislatives qui auront lieu le 25 octobre prochain en Tunisie Le ComitĂ© pour le Respect des LibertĂ©s et des Droits de l’Homme en Tunisie (CRLDHT), vous invite Ă  participer Ă  une rĂ©union publique autour du ThĂšme :

Tunisie : Elections prĂ©sidentielles et lĂ©gislatives sur fond de rĂ©pression politique et sociale et de violations rĂ©currentes des libertĂ©s et des droits de l’Homme.

Avec la participation de : M. Ahmed Brahim, SG  du mouvement Ettajdid et candidat de l’initiative dĂ©mocratique Ă  l’Ă©lection prĂ©sidentielle M. Ahmed NĂ©jib Chebbi, candidat du Parti DĂ©mocrate Progressiste (PDP) Ă  l’Ă©lection prĂ©sidentielle (Exclu par le pouvoir) M. Mustapha Ben Jaafar, candidat du Forum DĂ©mocratique pour le Travail et les LibertĂ©s (FDTL) Ă  l’Ă©lection prĂ©sidentielle (Exclu par le pouvoir) La rĂ©union sera animĂ©e par l’universitaire Sophie Bessis. RĂ©union Publique Le Mercredi 07 Octobre 2009 Ă  19h Ă  l’Ageca, 177 rue Charonne 75011 Paris Metro Ligne 2 – Station Alexandre Dumas.

Liberté pour tous les prisonniers politiques Liberté pour le docteur Sadok Chourou, Association Internationale de Soutien aux Prisonniers Politiques 43 rue Eldjazira, Tunis E-mail : aispptunisie@yahoo.fr
Tunis, le 2 octobre 2009 Des agents de la SĂ»retĂ© ont arrĂȘtĂ© depuis le samedi 26 septembre de nombreux jeunes pratiquants de la ville d’Elalia dans le gouvernorat de Bizerte : Mustapha Mihoub et son frĂšre Bassam Mihoub, Ahmed Habib, Aymen Imam, Hichem Blidi, Hamdi Ben Houssine et Bassam Bouachir. Plusieurs de ces jeunes ont dĂ©jĂ  Ă©tĂ© condamnĂ©s Ă  l’emprisonnement pour des accusations en relation avec la loi du 10 dĂ©cembre 2003, dĂ©nommĂ©e « loi de lutte contre le terrorisme » et leurs familles ignorent ce qu’il est advenu d’eux ainsi que la raison de leur arrestation. [
] La commission de suivi des prisonniers politiques libĂ©rĂ©s (traduction d’extraits ni revue ni corrigĂ©e par les auteurs de la version en arabe, LT)  


Liberté pour Sadok Chourou, le prisonnier des deux décennies Liberté pour tous les prisonniers politiques Liberté et Equité 33 rue Mokhtar Atya, 1001, Tunis Tel/fax : 71 340 860 Adresse électronique : liberte.equite@gmail.com Tunis, le 2 octobre 2009

Nouvelles des libertés en Tunisie

[
] 3) EnlĂšvement du jeune Riadh Louati Le jeune Riadh Louati a Ă©tĂ© kidnappĂ© dans l’aprĂšs midi du mercredi 30 septembre 2009 aprĂšs avoir quittĂ© le domicile familial sis Ă  la citĂ© Nassim Ă  l’Ariana. Sa famille est trĂšs inquiĂšte d’autant qu’elle l’a cherchĂ© dans tout lieu oĂč il pourrait ĂȘtre. Il semblerait qu’il ait Ă©tĂ© enlevĂ© par des agents de la police politique qui mĂšne des rafles visant la jeunesse pratiquante. 4) Ali Ramzi Bettibi continue sa grĂšve de la faim. Monsieur Ali Ramzi Bettibi, ex prisonnier d’opinion, poursuit sa grĂšve de la faim illimitĂ©e pour le neuviĂšme jour d’affilĂ©e, pour protester contre les mĂ©thodes illĂ©gales auxquelles a recours l’ex joueur de football Adel Slimi [
] Pour le bureau exĂ©cutif e l’Organisation Le PrĂ©sident MaĂźtre Mohammed Nouri (traduction d’extraits ni revue ni corrigĂ©e par les auteurs de la version en arabe, LT)  


Arrestation de deux jeunes On ne sait pas ce qu’il est advenu d’eux, ni la raison de leur arrestation

Par la rĂ©daction, le 30 septembre 2009 Une brigade de la SĂ»retĂ© a arrĂȘtĂ© samedi dernier deux jeunes gens, Rafik Ben KhemaĂŻs Berrayes et Ouassim Ben Fethi Hosni. Leurs familles ignoraient jusqu’à hier, mercredi aprĂšs midi la raison de leur arrestation et ce qu’il Ă©tait advenu d’eux. Monsieur KhemaĂŻs Berrayes a dit que la brigade avait fait intrusion vendredi au local commercial de son fils, sis Ă  la citĂ© N assim route de Tibar, avait perquisitionnĂ© sa chambre puis l’avait conduit au district de la garde nationale de Jendouba. Les investigations avait durĂ© jusque dans l‘aprĂšs midi, puis on lui avait demandĂ© de revenir le samedi, mais depuis cette date la famille ne connaĂźt pas le lieu de dĂ©tention de son fils, comme celui de son ami Ouassim. Berrayes a exprimĂ© son inquiĂ©tude que le pire ne soit arrivĂ© Ă  son fils et a exigĂ© de connaĂźtre le lieu oĂč il se trouve et les accusations Ă  son encontre pour qu’il puisse prĂ©parer sa dĂ©fense. Source : «Kalima » 1er octobre 2009 (traduction ni revue ni corrigĂ©e par les auteurs de la version en arabe, LT)  


Essabil On Line, Tunis
A la suite des inondations dont a Ă©tĂ© le théùtre la rĂ©gion de Redeyef, et qui ont occasionnĂ© des dommages importants pour les citoyens, les autoritĂ©s rĂ©gionales ont appelĂ© ces derniers Ă  enregistrer leur noms et Ă  Ă©valuer les dommages et les pertes matĂ©rielles occasionnĂ©es. La plupart d’entre eux se sont adressĂ©s Ă  l’assistant de Redeyef, Mohammed Salah AlaĂŻmi, chargĂ© de l’enregistrement. Lorsque madame Dhikra Ben Ameur s’est prĂ©sentĂ©e pour s’enregistrer dans la liste des personnes ayant subi des prĂ©judices, le dĂ©nommĂ© Mohammed Salah AlaĂŻmi lui a dit qu’elle n’avait pas le droit Ă  prĂ©tendre Ă  l’aide dans la mesure oĂč elle Ă©tait l’épouse de Mahmoud Raddadi, prisonnier du bassin minier. Elle a dĂ©posĂ© plainte auprĂšs de la prĂ©sidence de la RĂ©publique, en vain. De notre correspondant Ă  Tunis, ZouhaĂŻer Makhlouf Souce : Essabil on Line, 1er octobre 2009 (traduction ni revue ni corrigĂ©e par l’auteur de la version en arabe, LT)  


 Ouahid Brahmi convoqué par la Sûreté

Mouazz JemaĂŻ « Kalima «  a appris que le district de la Garde Nationale de Sidi Bouzid avait remis hier jeudi 1er octobre une convocation officielle Ă  Ouahid Brahmi, ex prisonnier politique, lui enjoignant de se prĂ©senter samedi 3 octobre au siĂšge de l’inspection des agents de la SĂ»retĂ© nationale. « Brahmi » a dit lors de dĂ©clarations Ă  Radio Kalima que l’inspection n’avait pas mentionnĂ© la raison de sa convocation Ă  son local, tout en estimant probable que ce soit liĂ© Ă  sa comparution le mois dernier chez le Procureur de la RĂ©publique prĂšs le Tribunal de PremiĂšre Instance de Tunis au sujet de l’article qu’il avait Ă©crit et publiĂ© dans le journal El Maoukef du 11 septembre 2009 et par lequel il accusait des officiers de la SĂ»retĂ© de l’Etat de l’avoir torturĂ© et agressĂ© sexuellement lors de sa garde Ă  vue. Source : « Kalima« , 2 octobre 2009 (traduction d’extraits ni revue ni corrigĂ©e par les auteurs de la version en arabe, LT)


 
 
ByLa rĂ©daction ‱ October 3rd, 2009
Le livre de Nicolas Beau et Catherine Graciet, «La RĂ©gente de Carthage. Main basse sur la Tunisie. », risque de faire l’effet d’une bombe Ă  Tunis. Les deux journalistes y expliquent, avec menus dĂ©tails, comment « la prĂ©sidente », LeĂŻla Trabelsi, l’épouse du prĂ©sident Zine el-Abidine Ben Ali, aurait rĂ©ussi, Ă  la tĂȘte de son clan familial, Ă  faire « main basse » sur des pans entiers de l’économie tunisienne.

LeĂŻla Trabelsi avait demandĂ© l’interdiction de ce livre au Tribunal de grande instance de Paris. Le livre comportant, selon elle, « des passages diffamatoires et d’autres injurieux » Ă  son encontre. Elle a finalement Ă©tĂ© dĂ©boutĂ©e le 30 septembre, et condamnĂ©e Ă  verser 1500€ Ă  la maison d’édition du livre. Le tribunal avait notamment considĂ©rĂ© que celle-ci « n’a pas respectĂ© dans son assignation l’obligation qui pĂšse sur elle d’indiquer les textes de loi applicables Ă  la poursuite ». Un comble pour une « diplĂŽmĂ©e en droit » 

Le livre est donc disponible en librairie, en 18 000 exemplaires, depuis le 1 octobre et ne manquera certainement pas d’ĂȘtre un succĂšs commercial. Rappelons que le livre “Notre Ami Ben Ali” du mĂȘme Nicols beau, coĂ©crit avec Jean-Pierre Turquoi, s’était vendu comme des petits pains et mĂȘme rééditĂ©. Les services consulaires tunisiens des pays oĂč le livre Ă©tait en vente, avaient reçu l’ordre d’en acheter le plus d’exemplaire possible.

ConsidĂ©rant le fait que le livre est dĂ©jĂ  interdit en Tunisie et les difficultĂ©s que la plupart des tunisiens vivant en Tunisie connaitront pour se le procurer, nous avons dĂ©cidĂ© d’en publier des larges extraits. Nous commençons par le deuxiĂšme chapitre qui revient sur l’irrĂ©sistible ascension de Leila Trabelsi Ă©pouse Ben Ali


Nawaat.org

 

 
Une fulgurante ascension
 

Qui est Leila Trabelsi ? La fille facile, voire l’ancienne prostituĂ©e, que dĂ©crivent volontiers les bourgeois tunisiens ? La courtisane Issue d’un milieu modeste et prĂȘte, pour rĂ©ussir, Ă  quelques arrangements avec la morale ? Ou encore la jeune femme indĂ©pendante et ambitieuse dont les rencontres amoureuses favorisĂšrent une fulgurante ascension sociale ? Il est fort dĂ©licat, comme on l’a vu, de retracer sa biographie tant la rumeur le dispute aux faits. Et, pour ne rien arranger, il existe en Tunisie, aussi incroyable que cela puisse paraitre – et ce que beaucoup ignorent -, deux Leila Trabelsi.

Le secret des deux Leila

Le nom de Trabelsi Ă©tant trĂšs rĂ©pandu au pays du jasmin, rien d’étonnant Ă  ce que Leila Trabelsi ait une homonyme. Mais la vĂ©ritable surprise, la voici : les deux Leila gravitent, dans les annĂ©es 1980, dans des milieux comparables, des salons de coiffure aux antichambres du ministĂšre de l’IntĂ©rieur. Leurs parcours sont parallĂšles, leurs destins croisĂ©s. Dont les amalgames et les confusions qui vont polluer encore un peu plus la biographie tenue secrĂšte de l’épouse du gĂ©nĂ©ral Ben Ali.

La seconde Leila Trabelsi a dĂ©butĂ© sa carriĂšre avec plus d’éclat que l’actuelle premiĂšre dame. Au dĂ©but des annĂ©es 1980, cette femme sĂ©duisante tenait le salon de coiffure Donna, sur la route de La Soukra. Toutes les dames de la bonne sociĂ©tĂ© frĂ©quentaient l’endroit. Est-ce lĂ  que Leila bis se fit quelques relations au sein du pouvoir ? Et qu’elle commença Ă  travailler pour le ministĂšre de l’IntĂ©rieur ? En tout cas, elle va jouer alors, pour le compte des services secrets, le rĂŽle d’une Mata-Hari. Grace Ă  ses charmes, salon de bonnes sources, elle s’est introduite dans les milieux libyens.

A l’époque, le colonel Kadhafi avait fort mauvaise rĂ©putation en Tunisie. Forte de ses pĂ©trodollars et des ardeurs guerriĂšres de son « guide », la Libye faisait peur aux dirigeants tunisiens. Surtout aprĂšs les Ă©vĂ©nements du 27 janvier 1980, lorsqu’une quarantaine de Tunisiens entrainĂ©s en Libye tentĂšrent de s’emparer de Gafsa, au sud du pays. L’attaque Ă©choua, mais de nombreuses condamnations Ă  mort furent prononcĂ©es. D’oĂč la surveillance incessante que le rĂ©gime de Bourguiba, aide notamment par les services secrets français, exerça ensuite sur ce voisin menaçant.

Les Libyens avaient – et ont toujours – la fĂącheuse tendance Ă  considĂ©rer les femmes libĂ©rĂ©es par Bourguiba comme des femmes faciles. La Tunisie, dans l’imaginaire de certain d’entre eux, serait un lieu de perdition, Ă  la façon du Liban pour les gens du Golfe. L’attrait qu’exerce le pays des tentations n’a pas Ă©chappĂ© aux flics de Tunis, qui ont souvent poussĂ© dans les bras des amis de Kadhafi quelques belles espionnes. Certaines mauvaises langues vont jusqu’a prĂ©tendre que Leila Trabelsi bis avait, au dĂ©part, travaillĂ© pour le compte du rĂ©gime libyen, avant d’ĂȘtre retournĂ©e par les services tunisiens. HypothĂšse plausible : elle est nĂ©e en Libye et elle possĂšde le double passeport. Son nom, Trabelsi, signifie « originaire de Tripoli ».

En tout cas, elle avait ses entrĂ©es au ministĂšre de l’IntĂ©rieur et fit connaissance, dans ces annĂ©es-la, de tous les grands flics tunisiens, y compris le gĂ©nĂ©ral Ben Ali. Ces accointances expliquent qu’elle soit devenue, Ă  la fin des annĂ©es 1980, la maitresse de Mohamed Ali Mahjoubi, surnommĂ© Chedly Hammi par le premier cercle de ses amis. Ce haut fonctionnaire devait devenir le premier directeur de la sĂ»retĂ© du prĂ©sident Ben Ali, puis son secrĂ©taire d’Etat Ă  la SĂ©curitĂ©. Mais Chedly et sa Leila bis dĂ©rangeaient. La future prĂ©sidente, elle, n’était pas encore officiellement mariĂ©e elle n’était que la maitresse de Ben Ali. Comment supporter ce double qui lui renvoyait sa condition de femme illĂ©gitime ? Et comment accepter ce miroir dĂ©formĂ© de son propre passĂ© ? Le prĂ©sident Ben Ali insista alors auprĂšs de Chedly Hammi pour qu’il cessĂąt toute relation avec sa maitresse. AprĂšs le refus de ce dernier, l’histoire tourna mal.

En 1990, le secrĂ©taire d’Etat et sa douce sont arrĂȘtĂ©s, jetĂ©s en prison et condamnĂ©s pour « intelligence avec IsraĂ«l ». Le successeur de Chedly Hammi au secrĂ©tariat d’Etat Ă  la SĂ©curitĂ©, Ali Ganzaoui, un protĂ©gĂ© de la prĂ©sidente, fait le siĂšge des services français. Il lui faut Ă  tout prix que ces derniers lui fabriquent les preuves de cette coopĂ©ration avec les IsraĂ©liens. Dans les fameux carnets du gĂ©nĂ©ral Philippe Rondot, conseiller spĂ©cial en France des ministres de la DĂ©fense successifs, figurent effectivement Ă  cette Ă©poque des rendez-vous avec Ganzaoui. « Je ne peux rien faire pour lui, confiait le gĂ©nĂ©ral Rondot Ă  l’un de ses contacts tunisiens, cette histoire d’espionnage pour les israĂ©liens est totalement inventĂ©e. »

Deux ans plus tard, Chedly Hammi sort de prison. Ben Ali le fait venir au palais de Carthage. « Je suis dĂ©solĂ©, lui dit-il, on m’avait induit en erreur ». Il n’empĂȘche que la seconde Leila, elle, a disparu dans les sables du dĂ©sert. Personne, Ă  Tunis, n’a plus de nouvelles d’elle. La triste vie de l’homonyme de Leila y est devenue un sujet taboo.

De l’agence de voyages au secrĂ©tariat de direction

NĂ©e en 1957 dans une modeste famille nombreuse, la future Ă©pouse du gĂ©nĂ©ral Ben Ali a grandi Ă  KhazeÂŹnadar, prĂšs du Bardo Ă  Tunis. D’autres se souviennent que la famille Trabelsi a vĂ©cu Ă  El Hafsia, un des quartiers les plus dĂ©labrĂ©s de la Medina. Son pĂšre vendait des fruits secs et sa mĂšre Ă©levait les onze enfants. Avec le brevet en poche, la jeune Leila entre Ă  l’école de coiffure de la rue de Madrid. Elle fit ses premiĂšres armes « Chez Wafa » une coiffeuse de la place Barcelone. En 1975, Ă  dix-huit ans, elle rencontra un certain Khelil Maaouia, alors patron de l’agence Avis sur la route de l’aĂ©roport. Folle amoureuse, elle se maria, avant de divorcer trois ans plus tard – Mon mari passe son temps Ă  la chasse, se plaignait-elle, il ne s’occupe pas de moi. »

C’est l’époque oĂ» Leila a Ă©tĂ© embauchĂ©e Ă  l’agence Voyage 2000. Son propriĂ©taire, Omrane Lamouri, possĂ©dait Ă©galement, aux environs de Tunis, l’HĂŽtel des Colombes. L’agence se trouvait au cƓur de la capitale Ă  l’Immeuble central, une galerie marchande Ă  deux pas de l’ambassade de France. Leila dĂ©couvrit le milieu des hommes d’affaires, voyagea un peu, s’ouvrit au vaste monde. Femme indĂ©pendante, elle roulait dĂ©jĂ  dans une petite Renault 5. Elle sortait beaucoup et ses amies de l’époque en parlent avec sympathie, disant d’elle qu’elle Ă©tait toujours disponible pour faire la fĂȘte ou alter Ă  la plage. Ce qui lui vaudra, dans la Tunis populaire, le surnom de « Leila Gin », en raison de son gout supposĂ© pour cette boisson alcoolisĂ©e. En rĂšgle gĂ©nĂ©rale, Leila est toujours restĂ©e discrĂšte sur ses relations amoureuses.

A ses heures perdues, elle se livre alors quelquefois Ă  des petits trafics douaniers entre Paris et Rome. Une initiative qui lui permet d’arrondir ses fins de mois et de briller devant ses copines aux revenus plus modestes. HĂ©las, elle se fait prendre un jour la main dans le sac et se voit retirer son passeport. Elle en appelle Ă  une puissante relation, Tahar Mokrani, un des piliers de la crĂ©ation, lors de l’indĂ©pendance, du ministĂšre de l’IntĂ©rieur. Ce dernier intervient. Serait-ce Ă  cette occasion que Leila aurait Ă©tĂ© revue par Ben Ali, directeur de la SĂ»retĂ© de dĂ©cembre 1977 Ă  avril 1980 ? Selon plusieurs tĂ©moignages que nous avons recueillis, ce serait le cas. De toute façon, cette premiĂšre rencontre n’aura guĂšre de suite. En janvier 1980, les Ă©vĂ©nements de Gafsa vont ĂȘtre fatals pour le directeur de la SĂ»retĂ©, accusĂ© de nĂ©gligence. Le gĂ©nĂ©ral Ben Ali est relĂ©guĂ© en Pologne comme ambassadeur.

La rencontre qui va vĂ©ritablement bouleverser la vie de Leila Trabelsi est celle de Farid Mokhtar. CultivĂ©, fĂ©ru d’art, animant le Club africain de foot de Tunis, le concurrent de L’Esperance sportive de Tunis, cet industriel dirigeait la SociĂ©tĂ© tunisienne des industries laitiĂšres (STIL), une grande entreprise d’Etat. Enfin, il Ă©tait le beau-frĂšre de Mohamed Mzali, alors Premier ministre. GrĂące Ă  Farid, Leila fut embauchĂ©e comme secrĂ©taire de direction Ă  Batimat. Cette sociĂ©tĂ© Ă©tait une des innombrables filiales de ta SociĂ©tĂ© tunisienne de banque, alors prĂ©sidĂ©e par l’oncle de Farid, Hassan Belkhodja, qui fut un proche de Bourguiba et le premier ambassadeur Ă  Paris de la jeune RĂ©publique tunisienne, avant de devenir ministre puis banquier. On se retrouvait trĂšs loin du monde de l’école de coiffure et de l’agence de voyages. En compagnie de Farid Mokhtar, la jeune Leila va dĂ©couvrir la bonne sociĂ©tĂ© de Tunis.

Climat de terreur Ă  Tunis

Leur liaison durera trois ou quatre ans, jusqu’à ce que Farid y mette un terme. En 1984, le gĂ©nĂ©ral Ben Ali rentre de son exil en Pologne. TrĂšs Ă©pris de Leila, qu’il revoit rapidement, il l’installe dans une confortable villa sur la route de La Soukra. Elle cesse toute activitĂ© et vit dans l’ombre de Ben Ali, nommĂ© ministre de l’IntĂ©rieur par le Premier ministre Mohamed Mzali. Tous deux nourrissent dĂ©sormais les mĂȘmes ambitions. « Sois patience, nous serons bientĂŽt au palais de Carthage », lui dit-il un jour, alors qu’il doit la quitter pour un rendez-vous urgent.

C’est l’époque oĂč les relations se tendent dans l’entourage de Mohamed Mzali entre clans rivaux. Le premier comprend l’épouse de Mzali, son beau-frĂšre Farid Mokhtar et quelques ministres. Le second clan est animĂ© par le proche conseiller de Mzali et ministre de la Fonction publique, Mezri Chekir, originaire de Monastir comme Bourguiba, Ă  ses cotĂ©s, le ministre de l’IntĂ©rieur, ainsi que les frĂšres Kamel, Raouf et Slaheddine Eltaief, fideles entre tous Ă  Ben Ali. Ces cousins Ă©loignĂ©s du prĂ©sident tunisien ne lui ont jamais mĂ©nagĂ© leur soutien. Le plus politique, Kamel, aura Ă©tĂ© du haut de son mĂštre soixante le principal artisan de la carriĂšre de Ben Ali. C’est lui qui, en 1984, est parvenu Ă  le faire revenir de son exil en Pologne, grĂące notamment Ă  ses liens avec Mezri Chekir.

TrĂšs vite, Farid Mokhtar se sent menacĂ© par Ben Ali. Et il a raison ! Est-ce en raison de son appartenance Ă  un clan opposĂ© ? De sa liaison passĂ©e avec Leila ? Ou des deux ? En tout cas, Ben Ali prĂ©pare un dossier de corruption contre lui. Le climat se gĂąte. En mai 1986, une rĂ©union du Parti Socialiste Destourien a lieu Ă  Ras Djebel, prĂšs de Bizerte. Farid dĂ©cide de s’y rendre. À 3 heures du matin, Mohamed Mzali reçoit un coup de fil Ă  son domicile. À l’autre bout du tĂ©lĂ©phone, Ben Ali lui-mĂȘme : « Monsieur le Premier ministre, votre beau-frĂšre a eu un grave accident de voiture, il a Ă©tĂ© hospitalisĂ© sur la route de Bizerte. » Deux heures plus tard, nouvel appel du ministre de l’IntĂ©rieur au Premier ministre : « Farid Mokhtar est dĂ©cĂ©dĂ©. »

Le lendemain, Mohamed Mzali se rend, comme chaque jour, auprĂšs de Bourguiba. « À quelque chose malheur est bon, on s’apprĂȘtait Ă  arrĂȘter votre beau-frĂšre pour lui demander des comptes sur sa gestion de la STIL », explique le chef de l’Etat Ă  son Premier ministre. Dans l’entourage de l’ancien amant de Leila, personne aujourd’hui ne croit Ă  un accident. Ce jour-la, ce n’était pas son chauffeur habituel qui conduisait Farid Ă  Bizerte. AprĂšs l’accident, celui-ci a Ă©tĂ© conduit dans un hĂŽpital spĂ©cialisĂ© pour les maladies pulmonaires, totalement inadaptĂ© Ă  son Ă©tat. Enfin, lors de l’enterrement, le gĂ©nĂ©ral Ben Ali ne prendra pas la peine de prĂ©senter ses condolĂ©ances Ă  l’épouse de Mohamed Mzali, sƓur de Farid Mokhtar.

Les sept familles qui pillent la Tunisie

Dans les annĂ©es qui suivent l’accession au pouvoir de Ben Ali, les proches du pouvoir font des affaires juteuses. Mais personne ne prĂ©tend au monopole sur l’ensemble des transactions et des commissions les clans familiaux se taillent de belles parts d’un gĂąteau qu’ils se divisent entre eux.

Pour les trois frĂšres Eltaief, issus comme Ben Ali d’une famille originaire de Hammam Sousse, le 7 novembre 1987 est un jour BĂ©ni. Kamel Eltaief joue dĂšs lors le rĂŽle de « prĂ©sident bis » recevant chaque matin, dans les bureaux de la rue de Beyrouth au cƓur de Tunis, les principaux ministres du gouvernement. Dans son sillage, ses deux frĂšres font des affaires. La famille Ben Ali bĂ©nĂ©ficie Ă©galement de quelques prĂ©bendes. Pas un frĂšre, pas une sƓur du nouveau prĂ©sident qui ne reçoivent une petite gĂąterie. Moncef, le frĂšre prĂ©fĂ©rĂ©, se lance dans le trafic de drogue et laissera, dit-on, 4 millions de dinars de dettes auprĂšs des banques. KaĂŻs Ben Ali, le fils du frĂšre aĂźnĂ©, s’octroie le monopole des alcools Ă  Sousse et fait main base sur le free-shop de Monastire.

Les trois filles issues du premier mariage de Ben Ali avec Naima Kefi ne sont pas oubliĂ©es. L’aĂźnĂ©e, Dorsaf, Ă©pouse Slim Chiboub. L’avĂšnement de son beau-pĂšre au palais de Carthage est pour lui pain bĂ©nit : fils d’un simple greffier, « Monsieur gendre » jouit d’un traitement de faveur dans l’attribution des terrains et des marchĂ©s. Ainsi bĂ©nĂ©ficie-t-il de gros marchĂ©s pharmaceutiques et de beaux terrains – qui lui seront repris plus tard. Slim Chiboub est connu pour ses appĂ©tits dĂ©mesurĂ©s. Les patrons de la chaĂźne de grandes surfaces Auchan vont ainsi reculer devant ses exigences et renoncer Ă  s’installer en Tunisie. En revanche, Slim Chiboub rĂ©ussira en 2001 Ă  installer un hypermarchĂ© Carrefour sur un terrain, sis Ă  La Soukra, que les domaines de l’Etat lui ont rĂ©trocĂ©dĂ© Ă  un prix symbolique. De 1989 Ă  2004, le gendre du prĂ©sident prĂ©sidera Ă©galement aux destinĂ©es de L’Esperance sportive de Tunis (EST).

La derniĂšre fille, Cyrine, Ă©pouse en 1996 Marouane Mabrouk. Lui hĂ©ritĂ© de la concession de Mercedes Tunis et elle prend la haute main sur le Net en Tunisie. Et Dieu sait si le secteur, totalement fliquĂ©, est sensible ! Un centre du ministĂšre de l’IntĂ©rieur Ă  Salambo, dans la banlieue de Tunis, traque le moindre message non autorisĂ©. Les Mabrouk se voient Ă©galement attribuer le logement de fonction traditionnellement attribuĂ© au directeur de la sĂ»retĂ© nationale, une splendide villa du quartier chic du BelvĂ©dĂšre. La troisiĂšme fille, Ghazoua, mariĂ©e Ă  Slim Zarrouk, bĂ©nĂ©ficiera Ă©galement de quelques faveurs, notamment Ă  l’occasion de la privatisation de certaines entreprises publiques (comme la SociĂ©tĂ© nationale d’élevage de poulets, acquise Ă  bon compte Ă  la fin des annĂ©es 1990 par Slim Zarruk, puffs revendue au prix fort)


Dans un libelle qui circule en 1997-1998 sous le manteau Ă  Tunis, il est question des sept familles qui pillent la Tunisie. Ce document fort bien informĂ© dĂ©crit le fonctionnement des clans familiaux autour de Ben Ali qui se partagent entre amis les terrains, les contrats et les usines. L’opposition, au dĂ©but des annĂ©es 1990, de cette garde rapprochĂ©e du prĂ©sident Ă  l’arrivĂ©e de tout nouvel intrus. Kamel Eltaief et Slim Chiboub s’opposent ainsi rĂ©solument aux projets d’union de Ben Ali avec Leila.

HĂ©las pour eux, les noces ont lieu en 1992. Peu aprĂšs, Kamel Eltaief a voulu braver la nouvelle prĂ©sidente et faire de la circoncision de son fils un Ă©vĂ©nement mondain – car Ben Ali et Leila n’avaient pas encore de progĂ©niture male. RĂ©sultat, plusieurs hommes publics qui avaient commis l’erreur d’accepter cette invitation ont Ă©tĂ© immĂ©diatement limogĂ©s : le ministre de la Sante, le directeur du Tourisme, le prĂ©sident de Tunis Air se retrouvĂšrent au chĂŽmage. Le rĂšgne de Leila au palais de Carthage dĂ©butait. En 1996, les locaux de Kamel Eltaief, dans la zone industrielle de La Soukra, furent incendiĂ©s par une vingtaine d’individus masquĂ©s. Le pouvoir le soupçonnait d’y entreposer des dossiers compromettants sur les turpitudes de Leila. Officiellement, l’enquĂȘte de police n’a pas permis de connaitre l’origine de l’incendie. Depuis, Kamel Eltaief n’a plus jamais Ă©tĂ© reçu au palais de Carthage. Seuls ses liens anciens avec les AmĂ©ricains le protĂšgent d’un mauvais coup.

Un boulevard pour les Trabelsi

Pendant les quatre annĂ©es qui ont suivi le mariage en 1992 de Leila avec Ben Ali, le clan Trabelsi s’est fait relativement discret. A partir de 1996, leurs appĂ©tits se manifestent de maniĂšre plus ostensible et vont progressivement sonner le glas des ambitions des Eltaief, Mabrouk ou Chiboub. Cette annĂ©e-la, le frĂšre aĂźnĂ© et bien-aimĂ© de Leila, Belhassen, met la main sur la compagnie d’aviation qui va devenir Karthago Airlines. C’est lui qui devient le pivot des affaires financiĂšres de la famille, comme on le verra dans le chapitre 4.

Le verrouillage commence, car les Trabelsi ne sont pas partageurs
 Pas un secteur qui ne leur Ă©chappe ; pas une transaction avec un groupe Ă©tranger dont ils ne sont parties prenantes ; pas un beau terrain, ou presque, sur lequel ils n’ont des vues. Et personne, dans le clan, n’est oubliĂ© ! AprĂšs Belhassen, Moncef ! Cet ancien photographe de rue a connu une belle carriĂšre. Dans le passĂ©, la SociĂ©tĂ© tunisienne de banque lui a consenti un crĂ©dit pour devenir agriculteur. Son premier fils, Houssem, a crĂ©e une association, la Jeunesse musicale de Carthage, qui a la rĂ©putation de ne pas honorer ses contrats. Le deuxiĂšme, Moez, et le troisiĂšme, Imed – le neveu prĂ©fĂ©rĂ© de Leila -, ont eu a partir de 2008 de serieux ennuis avec la justice française dans la fameuse affaire des yachts volĂ©s (voir infra, chapitre 5). A Tunis, Imed fait la loi. D’un coup de fil, il peut faire embastiller un adversaire ou au contraire libĂ©rer un trafiquant. Personne ne se risquerait Ă  s’opposer frontalement Ă  ce protĂ©gĂ© du palais.

Une des sƓurs, Djalila, est devenue la reine des buvettes, qu’il s’agisse de celle de l’école HEC Ă  Carthage ou de celle de l’Ecole nationale d’architecture. Son Ă©poux, El Hadj, qui possĂ©dait un kiosque Ă  essence, est devenu entrepreneur dans l’immobilier. Un de ses immeubles est louĂ© au ministĂšre des Transports, qui a Ă©tĂ© contraint de lui signer un bail avantageux.

Beaucoup de ces coups tordus se font sans l’aval du prĂ©sident. En 2002 encore, Ben Ali tentait de maintenir un semblant d’ordre. Ainsi, cette annĂ©e-la, rĂ©unissait-il les principaux membres de la famille Trabelsi : « Si vous voulez de l’argent, soyez au moins discrets. Trouvez des hommes de paille et des sociĂ©tĂ©s Ă©crans. » En d’autres termes, professionnalisez-vous !

Un conseil qui ne semble guĂšre avoir Ă©tĂ© suivi, comme on le verra dans les chapitres suivants. Arbitre impuissant, le prĂ©sident tente parfois de taper du poing sur la table. Ainsi, en 2006, des industriels se plaignent des produits de contrefaçon importĂ©s de Chine avec la bĂ©nĂ©diction des Trabelsi. Lors d’un conseil des ministres, le prĂ©sident interpelle le ministre du Commerce et de l’Artisanat, Mondher Znaidi : « Alors, Monsieur le ministre, j’entends dire que des containers de contrebande arrivent de Chine ? — C’est-Ă -dire, lui rĂ©pond l’autre, je ne suis pas au courant, les douanes dĂ©pendent du ministĂšre des Finances. » Pas question de prendre le moindre risque de contrarier Madame la prĂ©sidents


Le parcours de Foued Cheman, fils d’un grand industriel du textile et multimillionnaire, est exemplaire de ce gĂąchis. Voici une des grandes figures du monde patronal obligĂ©e, en 2004, de prendre le chemin de l’exil forcĂ© vers les Etats-Unis, avec son Ă©pouse et ses deux enfants.

DĂšs l’arrivĂ©e de Ben Ali, Slim Chiboub, un des gendres, convoite le secteur de la friperie que les Cheman dominaient jusque-lĂ . Tout va ĂȘtre fait pour dĂ©courager l’hĂ©ritier de cette vielle famille : corruption d’un de ses associĂ©s, convocations rĂ©pĂ©tĂ©es, gardes Ă  vue, parodies de procĂšs. Foued Cheman se retire dans la somptueuse villa qu’il s’est fait construire sur la corniche de Sidi Bou Said. AprĂšs l’assaut des Chiboub, les attaques des Trabelsi. TrĂšs vite, Leila a des vues sur la belle demeure des Cheman, oĂč elle installerait volontiers sa fille Nesrine. Des envoyĂ©s du palais viennent lui demander de vendre son bien Ă  une « amie de la prĂ©sidente ». Pas question, rĂ©pond l’industriel. Mal lui en prend. Le fisc le condamne Ă  payer une amende record de 2 millions d’euros. Foued Cheman dĂ©cide alors de s’exiler aux Etats-Unis, non sans avoir louĂ© sa maison Ă  l’ambassadeur d’Irak, avec la bĂ©nĂ©diction de l’ambassade amĂ©ricaine.

Sa capacitĂ© de nuisance est rĂ©elle ; il est le gendre de Mustapha Zaanouni, ancien ambassadeur et ancien ministre, toujours conseiller auprĂšs de l’ONU. Depuis Washington, il menace de lancer des campagnes contre le rĂ©gime, si ses ennuis ne cessent pas. RĂ©sultat : les poursuites vont cesser contre lui et les amender fiscales se perdre dans les sables.

Certain notables tunisiens, qui voient rĂ©trĂ©cir de jour en jour leurs marges de manƓuvre, sont en tout cas en train de passer de l’exaspĂ©ration Ă  la rĂ©sistance. Ce qui fait dire Ă  un diplomate français, qui a vĂ©cu longtemps en Tunisie et connait parfaitement le sĂ©rail local : «Dans la succession de Ben Ali qui s’annonce, la bourgeoisie de Tunis ne veut pas d’une solution familiale. » Et donc pas d’une rĂ©gente nommĂ©e Leila


* La RĂ©gente de Carthage. Main basse sur la Tunisie. Ed. La DĂ©couverte, 177 p, 14€, p36-p46

(Source:www.nawaat.org le 3 octobre 2009)

Lien:http://www.nawaat.org/portail/2009/10/03/la-regente-de-carthage-les-extraits-du-livre-evenement-sur-leila-trabelsi-epouse-ben-ali/  


Au pouvoir depuis 22 ans, Ben Ali séduit encore des étudiants tunisiens à Toulouse

Publié le octobre 3, 2009  

Souvent pointĂ© du doigt pour son attitude Ă  l’encontre de la libertĂ© d’expression, le prĂ©sident tunisien Ben Ali aurait il changĂ© son fusil d’épaule Ă  l’approche des Ă©lections prĂ©sidentielle de 2009 ? A l’instar de la campagne amĂ©ricaine, de nombreux groupes facebook se sont crĂ©es pour ou contre le prĂ©sident Ben Ali. Parmi eux celui des “Etudiants RCD Ă  Toulouse avec BEN ALI”.

Cegroupe facebook, véritable association de fait,  regroupe une petite centaine de membres.

Ils proclament qu’à “n’en pas douter, un Ă©vĂšnement important se prĂ©pare dans un proche avenir pour la Tunisie Ă  savoir les Ă©lections prĂ©sidentielles. Les acquis parlent d’eux mĂȘmes, mais il est bon parfois de se les rappeler pour ne pas oublier ce que Notre PrĂ©sident Zine El Abidine Ben Ali a pu rĂ©aliser pour notre cher TUNISIE et cela dans tous les domaines faisant ainsi la fiertĂ© des tunisiens“.

Et distille quelques perles de propagande à la gloire de celui qui rÚgne en maßtre sur la Tunisie depuis plus de deux décennies.

FlorilĂšge : “Le PrĂ©sident Ben Ali est un homme d’expĂ©rience qui connaĂźt bien les problĂšmes de la rĂ©gion. Il les regarde avec hauteur, sĂ©rĂ©nitĂ© et une vision trĂšs claire de ce que doit ĂȘtre l’avenir” ; “la tunisie avance a pas de geant !! je pense que rien de cela ne pourrai avoir Ă©tĂ© fais sans le courage de tout un peuple guidĂ© par leur leader inconditionnell ,, perpetuons cette tradition votons ben ali” ; “vous ĂȘtes notre prĂ©sent et notre futur, Ben Ali “.

Aux Ă©lections du 24 octobre 2004, prĂ©sentĂ©es comme “un simulacre de dĂ©mocratie par des ONG” comme Human Rights Watch ou Amnesty International, Ben Ali est Ă  nouveau réélu avec 94,49 %.

(Source: Toulouse7.com le 4 septembre 2009) Lien: http://www.toulouse7.com/2009/10/03/au-pouvoir-depuis-22-ans-ben-ali-seduit-encore-des-etudiants-tunisiens-a-toulouse/


LES CHEMISES MAUVES BEN ALI DESTROY

Par Biju
 
Ce qui paraĂźt Ă©vident, Ă  tous les observateurs, aujourd’hui, notre sociĂ©tĂ©, la sociĂ©tĂ© tunisienne, est une sociĂ©tĂ© sous contrĂŽle total, c est une sociĂ©tĂ© de violence, oĂč est tout n’est que mensonge et illusion. Nous sommes  liĂ© quotidiennement Ă  des ex prisonniers politiques, des familles de prisonniers politiques, dans le dĂ©nuement et le besoin extrĂȘme, eux plus que d’autres; et ils sont des milliers,  vivent dans le climat permanent de la violence qui leur est faite. Notre sociĂ©tĂ© n’est nullement pacifique, ni sĂ©curisĂ©e, telle que la vend le dictateur BEN ALI Ă  tous ceux qui le croient sur parole, et il faut le reconnaĂźtre , ils trĂšs nombreux parmi les puissants de ce monde, et de tout bord politique, la morale et l’éthique n’ont vraiment rien Ă  voir,  quand il s’agit d’affaire, oĂč on voit l’Espagne de Zapatero, la France de Sarkozy aujourd’hui, comme celle hier  de Chirac ou de Mitterrand, dĂ©rouler le tapis rouge Ă  l’Ubu de Carthage, au fou de Tripoli, ou aux sanguinaires du golfe, qui sont de la mĂȘme pointure qu’un Salazar, un Pinochet, un Castro un Milosevic ect
.  En Tunisie on ne peut, quand on est sain d’esprit, que constater simplement,  que la violence est lĂ . Et on ne peut pas faire comme si elle n’était pas lĂ , par consĂ©quent aussi bien en politique,  que pour tout ce qui fait notre minable quotidien, il faut rĂ©flĂ©chir Ă  cette prĂ©sence de la violence , Ă  son devenir, et essayer de l’inclure dans une stratĂ©gie gĂ©nĂ©rale de lutte contre l’hĂ©rĂ©sie de la dictature, qui a transformé  la majoritĂ© des tunisiens  Ă  son image, mĂȘme si ces derniers  veulent s’affranchir de ses horreurs, elle reste  leur seule rĂ©fĂ©rence obligĂ©e, il suffit de constater  la normalisation des incivilitĂ©s entre les tunisiens dans la rue, la dĂ©flagration du noyau familial, l’absence de respect Ă  tous les niveaux dans les  rapports entre les individus, le manque de fiertĂ© , de dignitĂ© ect..inclure ces « dĂ©tails »  dans une stratĂ©gie globale de lutte contre  la catastrophe dictatoriale et le postulat ben Ali,est d’une dramatique urgence,  car ce dernier, Ă  sa maniĂšre barbare et hors la loi,  a empoisonnĂ© les esprits,  et fait des petit dans toutes les sphĂšres sociales actives ou dormantes, les petits dictateurs  Ă  tous les Ă©chelons sociaux se ramassent Ă  la pelle, personne n’est Ă©pargnĂ©, y compris dans l’opposition dĂ©mocratique, et l’incroyable Ă©cart qui s’amplifie entre son discours versus dĂ©magogue de plus en plus, et sa rĂ©alitĂ© pratique, cette opposition  de toutes les dĂ©routes,  qui en toute logique devrait ĂȘtre l’antithĂšse  de tout ce que reprĂ©sente le rĂ©gime policier tunisien.   DĂ©sormais il faut ĂȘtre lucide, les tunisiens opprimĂ©s n’ont qu’une seule arme, il ne leur reste qu’une seule arme, c’est leur volontĂ©, leur cohĂ©rence et  leur discipline Ă  s’organiser pour vraiment changer les choses en profondeur. Ils n’ont rien, ils n’ont pas d’argent, ils n’ont pas d’armes, ils n’ont pas de pouvoir, rien d’autre que leur disponibilitĂ©, leur compĂ©tence humaine, et leur dĂ©sir  Ă  se dĂ©passer, toutes ces qualitĂ©s  qui existent  chez des rĂ©sistants et des opposants, clairs, transparents et stoĂŻques. La seule force qu’ils puissent avoir, c’est celle de leur organisation et de leur discipline. Nous ne devons pas ĂȘtre tributaire de la violence, ou permissif s Ă  ses Ă©clats d’oĂč qu’elle provienne, elle n’a aucune justification, nous ne devons  appeler  qu’à l’organisation, Ă  la cohĂ©sion et Ă  l’unitĂ© dans le cadre des institutions, et de la constitution tunisienne, dans leur imposition et leurs rĂ©gles, qui depuis toujours ont Ă©tĂ© bafouĂ©s par les dictatures successives, dans leur application le systĂšme de Bourguiba ou celui encore plus nĂ©faste de BEN ALI sont totalement hors-la-loi. La sociĂ©tĂ© tunisienne est une  sociĂ©tĂ© qui a peur ,aujourd’hui plus que jamais,   et qui demande qu’on la protĂšge, en fait et en premier lieu,  contre elle-mĂȘme, tellement la violence du conditionnement fut de tout temps redoutable, mais la dĂ©mission des consciences rebelles aussi l’a amoindri et blessĂ©, celle lĂ  , il faut absolument qu’elle renaisse de ses dĂ©combres, qu’elle se renouvelle et qu’elle se rĂ©forme, ne pas perdurer dans la basasse et l’aveuglement, dans l’opportunisme le plus dĂ©faitiste, comme c’est le cas aujourd’hui, malheureusement, avec l’attitude nihiliste et sectaire de ces quelques uns, qui voulaient coĂ»te que coĂ»te et malgrĂ© tout, se prĂ©senter aux Ă©lections truquĂ©es de BEN ALI en 2009, leur participation, plus que celle des autres partis potiches, dĂ©crĂ©dibilise le combat des prisonniers politiques, le travail des ONG et des militants des droits de l’homme, et Ă  contrario elle crĂ©dibilise la foire Ă©lectorale d’un dictature sur le dĂ©clin, et l’absout de toute forme de terrorisme, car ceux qui ont commis  les attaques de SLIMANE, ou l’enlĂšvement du couple d’autrichiens,hier  sont dans la mĂȘme logique que BEN ALI, une logique suicidaire et porteuse de tous les dangers, oui en participant au cirque de BEN ALI, on cautionne cette surenchĂšre propagandiste qui veut donner de lui l’image , de l’intĂ©gritĂ©, de la sĂ©curitĂ©, de la stabilitĂ© et du progrĂšs, alors qu’il est la principale source de tous les malheurs de la Tunisie. Aujourd’hui,  dans notre sociĂ©tĂ© la demande d’un maĂźtre protecteur qui sera justement capable d’user aussi de violence contre ceux dont vient la peur, est Ă©vidente, travaillons  Ă  ce que seules les institutions dĂ©mocratiques soient les protecteurs  de notre nation, refusons l’aventurisme des ego dĂ©mesurĂ©s, cherchons la cohĂ©sions  et la transparence des idĂ©es et des actes, seule la dĂ©mocratie, l’action et l’acte dĂ©mocratique ainsi que le propos , peuvent nous rĂ©unir dans un projet commun qui puisse rĂ©pondre Ă  l’attente de la nation tunisienne, et la sortir de sa lĂ©thargie, tout le reste c’est prendre le train en marche sur l’habituel et permanent, destructeur et calamiteux projet au long cours de la dictature de BEN ALI,. Refuser ses manigances et son cirque Ă©lectoral de   2009 par exemple, tout le bloc  dĂ©mocratique solidaire, c’est lui signifier  un cinglant  fin de non-recevoir, c’est appeler le monde Ă  le traiter  comme un paria, c’est absoudre la Tunisie de ses folies  et de ses crimes, c’est le dĂ©signer comme la source principale de toute forme d’extrĂ©misme, qui n’en doutons pas est bien aux portes de notre pays , l’affaire de Slimane et de l’enlĂšvement du couple de touristes autrichiens, ne sont qu’un lĂ©ger aperçu de la catastrophe qui nous attend, on ne peut pas ĂȘtre crĂ©dible dans la confusion , comme  ces partis qui se disent d’opposition,  qui condamnent  ces crimes Ă  juste titre, et ĂȘtre candidat aux Ă©lections de BEN ALI en 2009, ĂȘtre Ă  la consĂ©cration de ce dictateur qui met,  avec une volontĂ© affichĂ©e, la Tunisie et les tunisiens, pieds et poings liĂ©s Ă  la merci  de cet extrĂ©misme et ce terrorisme  . L’avenir de la Tunisie est plus que jamais  incertain, devant ces stratĂ©gies aveugles et autistes. Nous ne savons pas oĂč va notre pays dans cette galĂšre qui dure depuis plus de cinquante ans . Nous savons certes que nous avons un grand passĂ©, et tout le toutim qui ne nourrit pas son homme,  mais je doute  fort que  nous ayons un grand avenir, partis comme on est,  tous les indicateurs sont au rouge, et les crapules, plus que jamais,  s’en donnent Ă  cƓur joie. Et ça crĂ©e un sentiment de peur, d’horreur et de dĂ©route, un sentiment de referment, de terreur, de chaos, qui sont en train  de signer notre arrĂȘt de mort.

 
L’acte fondateur
 
Par Sonia Derbali
Ce samedi 10 octobre 2009 Ă  Sciences_Po PARIS se tiendront  des assises de l’opposition dĂ©mocratique tunisienne, mieux vaut tard que jamais dirait le sage, celui  qui montre la lune avec le doigt, malgrĂ© que l’imbĂ©cile s’acharne Ă  fixer le doigt. Je veux dire par lĂ  que ce genre de manifestation auraient dû  ĂȘtre organisĂ©es en permanence par une opposition dĂ©mocratique au fait de son Ă©poque et de sa mission, qui , sans employer de grands mots, et dans le contexte de la situation tunisienne dramatique, est catastrophique d’attentisme. Bref, cet Ă©vĂ©nement peut ĂȘtre considĂ©rĂ© comme salutaire, cela sera aussi l’occasion, de proposer, de prospecter, d’exiger mĂȘme, et de mettre en place ce genre  de rĂ©actions citoyennes autant de fois qu’il sera nĂ©cessaire, autant dire jusqu’Ă  la libĂ©ration de la TUNISIE .L’Ă©vĂ©nement de ce samedi 10 octobre est sans conteste, une grande initiative, ne serais -ce que par rĂ©action, saine rĂ©action de rejet des Ă©lections truquĂ©es organisĂ©es par la dictature de BEN ALI, ne serais-ce  aussi, que pour la symbolique et  du lieu, et de la prĂ©sence, si cela se confirme, des diffĂ©rentes singularitĂ©s tunisiennes, sociales, politiques et culturelles, et sur ce chapitre lĂ , Dieu sait combien  nos mentalitĂ©s tunisiennes de l’opposition,  se bornent trĂšs souvent Ă  lĂącher la proie pour l’ombre. Oui, car au fond ce qui manque Ă  l’opposition dĂ©mocratique tunisienne, Ă  la base et dans l’absolu, , c’est justement ce genre de rencontre, pour la transparence, la crĂ©dibilitĂ© et la visibilitĂ© de ses prĂ©tentions. Notre force, nous dĂ©mocrates, rĂ©side dans la tolĂ©rance des aspirations, la pluralitĂ© des engagements et l’humilitĂ© des prĂ©tentions.Être humble et surtout savoir laisser son ego aux vestiaires, en politique, c’est Ă  dire gĂ©nĂ©ralement dans la vie courante, c’est la preuve d’une conscience  humaine altruiste et intĂšgre, d’une crĂ©dibilité  Ă©vidente oĂč les vĂ©ritĂ©s des uns et des autres sont rĂ©demptrices, mais respectant le dĂ©bat dĂ©mocratique avec tout ce qu’il suppose de limites, c’est naturellement ce qui nous diffĂ©rencie de la bĂȘte immonde qui saigne notre TUNISIE. Le pragmatisme Ă  ce niveau n’a rien Ă  voir avec la compromission, il est vĂ©ritĂ© et bon sens, il est responsabilitĂ© sans faille.Toutes ces qualitĂ©s sont indispensables pour convaincre les tunisiens en gĂ©nĂ©ral, et les consciences Ă©veillĂ©es, engagĂ©es dans les combats dĂ©mocratiques, pour les droits de l’homme,  en particulier, malgrĂ© la paranoĂŻa de quelques uns. Servir et non se servir, les organisateurs de ce grand Ă©vĂ©nement, pour ne pas surenchĂ©rir et retomber dans l’imposture, l’amateurisme, l’affect qui avaient minĂ©s toutes les tentatives prĂ©cĂ©dentes, tentatives qui avaient donnĂ© une image dĂ©testable de ce que le microcosme des cĂ©nacles, et des tours d’ivoire  de l’opposition tunisienne pouvait produire. Exit toutes ces initiatives  proposĂ©es sur le net et qui ne furent tout au plus,  que des coups d’Ă©pĂ©e dans l’eau, malgrĂ© l’Ă©nergie dĂ©ployĂ©e par beaucoup de tunisiens, anonymes ou pas, dĂ©passant tout cadre idĂ©ologique ou politicien.Et  cette permanence de l’Ă©chec, son douloureux et catastrophique constat nous interpelle tous, il ne fut pas l’Ɠuvre des sicaires de la dictature et de ses CHEMISES MAUVES, mais plutĂŽt de certaines mentalitĂ©s charognardes et usurpatrices qui ne cessent de confondre militantisme et choix de carriĂšre. Être opposant Ă  la dictature de BEN ALI, ce n’est pas une sinĂ©cure, ni un plan de carriĂšre, ĂȘtre opposant dĂ©mocratique contre la dictature, contre  le nĂ©potisme de BEN ALI et ses affidĂ©s, c’est se battre pour des idĂ©es, des principes et une Ă©thique universelle, ĂȘtre opposant tunisien pour  l’Ă©tat de droit, c’est  participer Ă  la grandeur  de la TUNISIE, ou du moins  de l’idĂ©e que les tunisiens dĂ©mocrates et libres  se font de  cette TUNISIE, servir notre pays et ne rien exiger de lui, participer Ă  sa grandeur et Ă  celle de la nation tunisienne, c’est en soi un honneur, tout le reste n’est que calculs et bassesses, tout le reste est dans la logique prĂ©datrice et aveugle des pouvoirs illĂ©gitimes. Nous devons en tout temps et en tous lieues, marquer notre diffĂ©rence, nous sommes la civilisation, BEN ALI et sa dictature sont la barbarie. Marquer notre diffĂ©rence par nos pensĂ©es, discours et actes, cette diffĂ©rence doit ĂȘtre constante, visible, confirmĂ©e et revendiquĂ©e.Ce samedi 10 octobre 2009, les initiateurs de ce rassemblement, les orateurs, et les reprĂ©sentants des courants , des mouvements, des partis et surtout de la sociĂ©tĂ© civile, ou ce qu’il en reste, doivent ĂȘtre conscients, que l’important ce sont les convictions et non les personnes, l’important sera dans la salle, bien plus que dans la tribune, l’important gĂźt dans les pĂ©nitenciers et les mouroirs de BEN ALI, l’important est dans la rue tunisienne, le prisonnier, le torturĂ©, l’exploitĂ©, le chĂŽmeur, l’expropriĂš, le hittistes, et aussi les exilĂ©s tunisiens  qui survivent Ă  leur enfer.

 

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