4 mai 2006

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TUNISNEWS
7 ème année, N° 2173 du 04.05.2006

 archives : www.tunisnews.net


Visite du Premier Ministre Tunisien en France –  Lettre ouverte à Dominique de Villepin 

A qui profite la crise actuelle de la LTDH ? Lettre ouverte à l’opinion publique

AP: Sons de cloche contradictoires en Tunisie pour la Journée de la liberté de la presse AFP: Tunisie: Jacques Chirac soutient les réformes économiques AFP: Le Premier ministre tunisien appelle l’Europe à regarder aussi vers le Sud

AP: La France renforce son aide à la Tunisie

Moalla, Taïeb: Du vin « colonial » à la SAQ

Der Bund: Wein, Töpferei und eine Bedingung

 

4/05/2006

Tunisie / Lettre ouverte à Dominique de Villepin

 

Visite du Premier Ministre Tunisien M Mohammed Ghannouchi en France

 

Monsieur le Premier Ministre,

 

Le 3 mai, vous recevrez M. Mohammed Ghannouchi. Nous avons l’honneur de vous saisir formellement dans l’espoir que la question des droits de l’Homme puisse être un sujet central dans le cadre de vos échanges.

 

La Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH), la Ligue française des droits de l’Homme (LDH), Amnesty international France (AI), le Réseau euro-méditerranéen des droits de l’Homme (REMDH) et le Comité pour le respect des libertés et des droits de l’Homme en Tunisie (CRLDHT) demeurent en effet, vivement préoccupées par les violations récurrentes des droits humains et les atteintes graves aux libertés fondamentales enregistrées ces derniers mois encore, en Tunisie. Nos organisations s’inquiètent en particulier des entraves répétées aux activités menées par les défenseurs des droits de l’Homme, à la liberté d’association ainsi qu’à la liberté d’expression.

 

L’interdiction qui a été faite à la Ligue tunisienne de défense des droits de l’Homme (LTDH) par décision de justice, de tenir son Congrès au mois de septembre 2005, décision réitérée par un nouveau jugement rendu le 18 avril 2006, 32ème jugement en 5 ans, est la dernière illustration du manque d’indépendance du système judiciaire tunisien et ce, afin d’empêcher cette organisation légalement reconnue de mener ses activités de manière indépendante. Le procès en est, à ce jour, à son sixième report et les sections de la LTDH dans le pays ont vu leurs activités bloquées depuis le mois de septembre dernier. L’interférence des autorités dans les procès contre les ONG indépendantes de droits de l’Homme en général et de la LTDH en particulier a été dénoncée par Mme Hina Jilani, Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations unies sur les défenseurs des droits de l’Homme depuis 2002 [1].

 

Le Rapporteur Spécial des Nations Unies sur l’indépendance des juges et des magistrats a lui-même également dénoncé la main mise des autorités exécutives sur l’institution judiciaire dans les affaires concernant des violations des droits de l’Homme à de nombreuses reprises.

 

Afin que ses activités puissent à nouveau suivre normalement leur cours, la LTDH a décidé d’organiser son 6ème Congrès à Tunis, les 27 et 28 mai prochains. Nos organisations vous demandent d’intervenir auprès du Premier Ministre tunisien afin que la LTDH soit en mesure de tenir son congrès à la date fixée, que ses sections puissent disposer de leurs locaux pour y mener librement leurs activités et que les procédures pendantes contre la Ligue soient levées unilatéralement.

 

Plusieurs organisations de défense des droits de l’Homme, et notamment le Conseil national pour les libertés en Tunisie (CNLT), se voient refuser depuis plusieurs années, leur enregistrement légal. Les répressions à l’encontre des défenseurs prennent aussi à l’occasion, des formes plus sournoises. On notera par exemple, que plusieurs défenseurs ont été la cible de menaces voire d’agressions. Des propos injurieux et attentatoires à l’image de la femme ont été proférés à l’encontre de femmes défenseurs des droits de l’Homme. Des établissements privés ont subi des pressions afin de les inciter à ne pas louer leurs salles à des organisations indépendantes. Les autorités ont également à diverses reprises procédé sous couvert de lutte anti-terroriste, au blocage de subventions accordées par des institutions étrangères au profit d’ ONG indépendantes, notamment à la LTDH.

 

L’interdiction du fonctionnement de l’Association des magistrats tunisiens (AMT), comme les actes de harcèlement à l’encontre de ses membres, témoignent de la volonté délibérée des autorités de maintenir leur influence sur les juges et magistrats tunisiens. En effet, depuis l’élection de son nouveau bureau exécutif lors du congrès de décembre 2004, l’AMT doit faire face à diverses entraves à ses activités et mesures de représailles contre ses membres : mutation forcée de plusieurs magistrats, empêchement de la tenue de réunions et confiscation du local de l’association.

 

La presse et les journalistes indépendants sont également la cible de mesures répressives, le droit à la liberté d’expression est quasi systématiquement bafoué sur le territoire tunisien. Outre les affaires de violence survenues à la veille de la tenue du SMSI avec pour cibles des journalistes occidentaux, les journalistes tunisiens et particulièrement, des membres du syndicat des journalistes sont quotidiennement confrontés à la censure et à la pression. Deux journalistes tunisiens sont actuellement en grève de la faim pour protester contre les mesures arbitraires prises à leur encontre (licenciement pour refus de se faire dicter un article, confiscation de passeport, harcèlement quotidien par les forces de police). Depuis le 1er mars 2005, l’avocat Mohammed Abbou est en détention, il a été condamné en première instance puis en appel à une peine de 3 ans et demi de prison dont 18 mois pour un article publié sur un site internet dans lequel il dénonçait les conditions de détention dans les prisons tunisiennes. Le 28 novembre 2005, le groupe de travail sur les détentions arbitraires des Nations unies a reconnu que la détention de M. Abbou était arbitraire, en violation de l’article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’Homme et l’article 19 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques.

 

Nos organisations ont réitéré à de nombreuses reprises leur appel aux autorités tunisiennes de respecter toutes leurs obligations contenues dans les conventions internationales de protection des droits de l’Homme ratifiées par la Tunisie.

 

Nos organisations vous invitent à renouveler à l’occasion de cette rencontre, cet appel au respect de l’état de droit auprès des plus hautes autorités tunisiennes. Nous nous tenons par ailleurs, à votre disposition dans la perspective de cette visite du Premier Ministre tunisien.

 

Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Premier Ministre, l’expression de notre haute considération.

 

 

Sidiki Kaba, Président FIDH

 

Geneviève Sevrin, Présidente AI-France

 

Jean-Pierre Dubois, Président LDH

 

Kamel Jendoubi, Président REMDH – CRLDHT

 

(1)Voir à cet effet E/CN.4/2002/106, para 362

 

(Source : le site de la FIDH, le 4 mai 2006)

URL: http://www.fidh.org/article.php3?id_article=3291


Lettre ouverte à l’opinion publique

A qui profite la crise actuelle de la LTDH ?

 

Tout au long de son histoire, la Ligue Tunisienne de Défense des Droits de l’Homme (LTDH) s’est imposée comme un acteur de poids de la vie tunisienne. Cette position, la Ligue la doit, en grande partie, à sa ligne de conduite originelle axée sur la neutralité, impulsée par les grandes figures nationales qui se sont succédé à sa direction, jusqu’à une période récente. Créée à une époque où la pensée unique dans plusieurs parties du monde défiait les valeurs universelles pour lesquelles l’humanité s’était tant sacrifiée auparavant, la LTDH s’est pendant longtemps distinguée comme un bastion de la liberté de penser, de la diversité des opinions, et de la démocratie citoyenne. Première association du genre à l’échelle arabe et continentale, la LTDH avait pour vocation originelle l’éducation en matière de droits de l’homme, la diffusion de leur culture et la dénonciation de leur violation. Cette noble mission a été accomplie et menée contre vents et marées, ce qui a procuré à la Ligue le rayonnement qu’on sait, et fait d’elle un acquis majeur du processus de réformes en Tunisie. Les idéaux défendus par la Ligue, gérée à l’époque par des personnalités dévouées aux causes de la liberté, de la justice et de la dignité humaine, ont été élevés aujourd’hui en Tunisie au rang de principes constitutionnels. Ces personnalités ont accompli leur devoir avec engagement et volontarisme. Bien qu’elles aient été souvent en délicatesse avec le pouvoir, elles n’avaient jamais rompu le dialogue ni avec les autorités ni avec la société. Ce qui a permis à l’association de réaliser, parfois, de grandes avancées. La LTDH tirait sa force morale du dévouement de ses dirigeants, de ses adhérents, hommes et femmes. Elle a pu se maintenir en dehors de tous les clivages, de toutes les tentations et de tous les courants politiques. A l’instar du peuple tunisien, elle était opposée à l’extrémisme et au jusqu’auboutisme, et prônait le dialogue et l’ouverture. C’est de cette identité propre, épanouie et épanouissante, que la Ligue tirait toute sa crédibilité et toute son autonomie tant à l’échelle nationale qu’internationale. Malheureusement, le patrimoine, autant que l’image de ce grand acquis national, ne sont plus, aujourd’hui, aussi reluisants. Ils suscitent désormais des inquiétudes sérieuses ; la LTDH étant confrontée, actuellement, à l’érosion de sa crédibilité et de sa capacité à pouvoir aider et servir tous ceux qui en ont besoin. Dramatique est la situation de crise endémique sans cesse grandissante que vit depuis plus de dix ans la LTDH, qui n’a jamais été autant hypothéquée par les agissements de sa propre direction. Enfreignant le règlement intérieur, l’actuelle direction de la Ligue a substitué sa volonté propre à la volonté collective de l’ensemble des militants exprimée à travers les textes fondateurs de l’association. Les statuts et les règles élémentaires de consultation, de participation et de respect de la volonté de la majorité –concepts essentiels d’une vie associative saine- ont été ainsi bafoués et foulés aux pieds, comme jamais ils ne l’ont été. Des sections légalement élues mais arbitrairement supprimées ou fusionnées ont servi d’alibis bon marché pour éliminer tous ceux qui ne s’alignent pas sur les agissements et les points de vue d’un comité directeur qui ne s’est jamais autant isolé et qui n’a jamais été autant manipulé par les extrémistes de tous bords qui sont, aujourd’hui, les véritables maîtres de la Ligue. La direction actuelle de la LTDH continue en fait à défier la justice, que des militants et des responsables de sections excédés par le sectarisme ambiant avaient du saisir pour obtenir le respect de leurs droits. La justice avait alors décidé de suspendre la tenue du congrès de la Ligue et de toutes activités préparatoires de ce congrès, et ce jusqu’à l’examen de l’affaire quant au fond. La LTDH, qui est censée être la gardienne du temple de l’Etat de droit, affirme par la voix de sa direction actuelle qu’elle n’est plus tenue par les décisions de justice et s’obstine à vouloir organiser le prochain congrès et les activités préparatoires y afférentes, selon ses propres critères sectaires et arbitraires et en dehors de toute légalité. Aussi, peut-on légitimement se poser la question de savoir : qui est le véritable bénéficiaire de la léthargie actuelle de la LTDH et de l’absence de tenue de congrès depuis 1994 ? Comment expliquer qu’une association de l’envergure de la LTDH ne soit plus en mesure de répondre aux attentes se ses adhérents ? Pourquoi la laisse-t-on se désintégrer sans se poser des interrogations légitimes. A qui profite, en fin de compte, la crise actuelle de la Ligue ? La réponse n’est, somme toute, pas difficile à trouver. Manoeuvrer pour reporter indéfiniment la tenue d’un congrès ouvert à tous et avec la participation de tous dans le respect des règlements, n’est-ce pas, d’une certaine manière, prolonger un mandat usurpé ? Refuser le dialogue avec ses propres adhérents n’est-il pas un indicateur éloquent sur l’indigence d’un bilan qui ne compte, en fait qu’allégeance aux extrémistes, connivence avec des parties douteuses et absence de rayonnement international évident ? Que pourrait-on lire dans un problématique rapport moral ? Des rituels de réunions sans objet crédible ? Des communiqués pleins de contrevérités et dont le nombre dépasserait les adhérents de LTDH ? Des pseudo-activités qui, à chaque fois, donnent un coup d’accélérateur à la fracture entre le bureau actuel et sa base, entre la LTDH et ses vis-à-vis naturels d’Afrique et du Monde Arabe ? Que peut-on lire dans un énigmatique rapport financier du bureau actuel ? Mystère ! Ce repli n’est-il pas la conséquence d’une recherche vaine de légitimité auprès d’instances extérieures à un moment où les Tunisiens célèbrent le cinquantenaire de l’indépendance de leur pays ? Comment expliquer encore que les membres de l’actuel bureau de la Ligue se contentent de diffuser des communiqués sur la base d’informations peu vérifiées et invérifiables évitant toute investigation sérieuse nécessaire à la manifestation de la vérité ? Pourquoi l’actuel comité directeur, dont l’absence de rayonnement à l’échelle nationale n’est plus à démontrer, n’a-t-il avancé aucune initiative sérieuse pour débloquer une impasse qu’il a, du reste, lui-même créée et à laquelle il ne trouve d’autre réponse que le rejet de l’initiative de l’autre et l’opposition systématique à toutes les offres faites par des personnes de bonne volonté ? N’est-ce pas là la négation de tous les acquis accumulés par les Tunisiens en matière de droits de l’homme et reconnus par la communauté internationale comme de réelles avancées ? Acquis national, la Ligue a toujours bénéficie d’une grande marge de liberté pour pouvoir développer son action, élargir son rayonnement et renforcer son indépendance. A qui profite la crise actuelle de la LTDH si ce n’est à ceux qui la tiennent en otage et tentent désespérément d’en faire un fonds de commerce et de porter atteinte à un acquis national auquel tous les Tunisiens sont attachés ? A qui, enfin, profite l’impasse actuelle si ce n’est à un bureau de plus en plus réduit, qui s’obstine à fermer toutes les issues d’un dialogue franc et constructif avec la base et les cadres de la Ligue qui aspirent à mieux défendre et à mieux promouvoir les droits de l’homme ?  Comment peut-on, au nom de la Ligue, rejeter toutes les institutions républicaines et tout l’acquis de militants sincères et honnêtes qui ne cherchent rien d’autre que de pouvoir exprimer leurs idées et points de vue en toute liberté ? Ce n’est que lorsqu’on est réellement convaincu de militer pour les droits de l’homme que l’on est capable de faire acte de tolérance, de volontarisme et de sacrifice. Seuls les sectaires et les extrémistes ont peur de telles échéances et de telles espérances. Ceux-là sont, hélas, légion au sein et autour de la Ligue. Signé . Dr Abderraouf Jemel, président de la section de Tunis Séjoumi . Fathi Attia, président de la section de Hammamet . Mohamed Zine Dhouilaa, président de la section de Tataouine . El Kamel Laabidi, président de la section du Kef . Dr Salah Kachbouri, président de la section de Kasserine


 

Sons de cloche contradictoires en Tunisie pour la Journée de la liberté de la presse

 –par Bouazza ben Bouazza– AP | 03.05.06 | 19:14 TUNIS (AP) — En Tunisie, pays figurant tout en haut de la ‘liste noire’ de Reporters Sans Frontières, la 16ème journée internationale de la liberté de la presse a été célébrée mercredi à coups de sons de cloche contradictoires, satisfaction côté officiel contre dénonciation côté opposition. Décriée par l’opposition radicale et autres ONG et associations dites « indépendantes » qui dénoncent « le verrouillage » des médias et « le harcèlement » dont font l’objet nombre de journalistes, la situation de la presse tunisienne est en revanche présentée sous un jour meilleur côté officiel. Dans un article à l’occasion de cette journée, l’agence officielle TAP évoque « l’évolution remarquable » sur la scène médiatique tunisienne: elle compte désormais 245 titres nationaux, dont « la plupart sont privés et indépendants » et 865 journaux et périodiques étrangers y sont distribués. L’agence égrène « les acquis et réalisations accomplis par la Tunisie », dont « les avantages et incitations » décidées par le président Zine El Abidine Ben Ali afin de « promouvoir et enrichir le paysage médiatique ». Elle rappelle les quatre amendements introduits dans le Code de la presse de 1988 à 2005, qui ont notamment supprimé les peines privatives de liberté et abrogé la procédure du dépôt légal, considérée comme une forme de censure à laquelle étaient astreints les journaux. Et cite la majoration décidée récemment de la subvention accordée par l’Etat à la presse des partis politiques représentés au parlement, ainsi que la création de deux radios et d’une chaîne de télévision privées. Le président tunisien a adressé à l’occasion de cette Journée un message à « la famille médiatique », soutenant que « la liberté d’expression est un droit fondamental de l’individu et de la collectivité » et s’engageant à « veiller à (la) consolider » encore plus. Pour lui, la Tunisie est « un pays où la liberté de la presse s’enracine chaque jour davantage ». La situation est appréciée sous un angle différent dans les milieux de l’opposition. Dans un communiqué, le syndicat des journalistes tunisiens (SJT, non reconnu), fait état d’atteintes par plusieurs institutions médiatiques aux règles de la profession en privant les journalistes de nombre de leurs droits. Le SJT illustre ces atteintes par la grève de la faim observée par deux journalistes licenciés « abusivement » par le quotidien privé « Achourouk »: Slim Boukhdhir en est à son 28ème jour de jeûne pour réclamer son droit à réintégrer son travail et à recevoir sa carte professionnelle et un passeport. Ce journaliste est également correspondant du site Internet de la chaîne satellitaire « Al-Arabiya », sur lequel il a publié des articles particulièrement virulents contre le pouvoir et des personnalités officielles. Shehrazade Akacha, en grève de la faim depuis 15 jours, fait valoir quant à elle avoir été licenciée pour avoir refusé d’écrire un « article propagandiste ». Le syndicat dénonce par ailleurs le fait de s’être vu interdire son congrès constitutif prévu septembre dernier. Il exhorte les autorités à « respecter les engagements internationaux contractés en matière de liberté de l’action syndicale de manière à permettre aux journalistes de défendre leurs droits matériels et moraux ». En outre, une manifestation d’opposants prévue mercredi devant les locaux de l’établissement de la radio-télévision tunisienne (ERTT) a été avortée. Ses promoteurs devaient appeler à « la liberté de la presse écrite », « la libération de la presse audiovisuelle » et « la levée du verrouillage des sites Internet ». Selon un des organisateurs, les participants ont été empêchés par la police de se rendre sur les lieux du rassemblement. Dans son rapport annuel, l’ONG de défense de la liberté de la presse Reporters sans frontières classe la Tunisie dans la catégorie des pays où « les gouvernements exercent un contrôle absolu sur l’information ». AP  


Le Premier ministre tunisien appelle l’Europe à regarder aussi vers le Sud

 

AFP, le 4 mai 2006 à 14h55 PARIS, 4 mai 2006 (AFP) – Le Premier ministre tunisien Mohamed Ghannouchi a appelé jeudi l’Europe à ne pas se tourner exclusivement vers l’Est mais aussi vers le Sud, en promouvant l’espace euro-méditerranéen.   Devant une cinquantaine de patrons réunis à Paris par le patronat français, M. Ghannouchi a souhaité que « l’Europe ne voie pas seulement côté est mais aussi côté sud ».   Soulignant que « l’environnement international devient de plus en plus difficile » avec notamment l’émergence « d’espaces économiques très dynamiques » en Asie, le Premier ministre a plaidé pour que l’Europe et les pays du pourtour méditerranéen « travaillent davantage ensemble pour relancer la croissance » de la zone.   M. Ghannouchi a reconnu que des « problèmes » entre pays du Maghreb « entravent la création d’un grand espace » de libre-échange dans cette région, estimant que l’absence d’union économique se traduit par « 1% de croissance en moins pour tous ces pays ».   Le Premier ministre a vanté « le dynamisme vertueux » de l’économie tunisienne, qui affiche un taux de croissance moyen de 5% par an depuis 1962 et « des fondamentaux globalement conformes aux critères de Maastricht », notamment en matière de déficit budgétaire (en dessous de 3% du PIB) et d’inflation.   « La Tunisie s’est totalement transformée durant les dernières années », a assuré M. Ghannouchi, citant notamment l’envolée du nombre de diplômés de l’enseignement supérieur: 50.000 par an contre 6.000 en 1987.

Tunisie: Jacques Chirac soutient les réformes économiques

 

AFP, le 3 mai 2006 à 21h41 PARIS, 3 mai 2006 (AFP) – Le président français Jacques Chirac a apporté mercredi son soutien aux réformes économiques en Tunisie, tout en évoquant devant le Premier ministre tunisien Mohamed Ghannouchi le domaine des droits de l’Homme.   Lors d’un entretien avec M. Ghannouchi, en visite officielle à Paris, le chef de l’Etat « lui a confirmé l’appui de la France à la politique de réformes économiques que conduit la Tunisie et ses nécessaires prolongements dans les domaines des droits de l’homme et de l’Etat de droit », a dit le porte-parole de l’Elysée Jérôme Bonnafont.   Le régime du président Ben Ali est régulièrement critiqué par les ONG pour ses atteintes aux droits de l’Homme et à la liberté de la presse.   M. Chirac « a indiqué que cet appui continuerait à se manifester par la mobilisation de l’aide bilatérale et par l’action auprès de l’Union européenne pour que la nouvelle politique de voisinage donne toute sa part aux pays du sud de la Méditerranée », a ajouté M. Bonnafont.   Premier pays méditerranéen à signer un accord de partenariat avec l’UE, en 1995, la Tunisie s’est engagée dans un programme de modernisation de son économie avec pour objectif le libre-échange total en 2008.   L’Europe a remplacé son programme MEDA, principal instrument de financement du partenariat euro-méditerranéen, par une « Politique européenne de voisinage ». Les pays qui y adhèrent peuvent recevoir de l’UE des aides ciblées notamment en matière d’énergie, de transport et de renforcement de la démocratie.   La France souhaite que l’équilibre des fonds versés aux pays de l’est et du sud soit maintenu.   Par ailleurs, MM. Chirac et Ghannouchi ont « constaté leur convergence de vues » sur les questions régionales (Irak, Liban, dossier nucléaire iranien, question israélo-palestinienne), selon le porte-parole. « J’ai relevé avec beaucoup de plaisir la convergence des analyses et la similitude des approches entre la France et la Tunisie », a dit de son côté à la presse le Premier ministre tunisien.

La France renforce son aide à la Tunisie

AP | 03.05.06 | 19:03 PARIS (AP) — La France renforce son aide à la Tunisie malgré les accusations de violations des droits de l’homme. Quatre accords de coopération pour l’investissement et le développement d’un montant de 90 millions d’euros ont été signés mercredi à l’occasion de la visite à Paris du Premier ministre tunisien Mohamed Ghannouchi. Le chef du gouvernement de Zine el Abidine ben Ali a rencontré successivement Dominique de Villepin et Jacques Chirac. Ce dernier lui a « confirmé l’appui de la France à la politique de réformes économiques que conduit la Tunisie », selon son porte-parole Jérôme Bonnafont. Mais il a aussi insisté sur les « nécessaires prolongements » de cette aide « dans le domaine des droits de l’homme et de l’Etat de droit ». « Il lui a indiqué que cet appui continuerait à se manifester par la mobilisation de l’aide bilatérale et par une action auprès de l’Union européenne pour que la nouvelle politique de voisinage donne toute sa part aux pays du sud de la Méditerranée », a ajouté le porte-parole de l’Elysée. La France souhaite que l’UE aide autant les pays méditerranéens que les pays de l’Est. Mohamed Ghannouchi avait eu auparavant une rencontre « amicale, conviviale » avec son homologue Dominique de Villepin à Matignon. Cette visite « donne une nouvelle impulsion » aux relations bilatérales, a renchéri le Premier ministre français, rappelant la présence de 20.000 Français en Tunisie, et 300.000 Tunisiens en France. Plus de mille entreprises françaises sont implantées dans le pays, soit près de la moitié des entreprises étrangères, la France étant en Tunisie le premier investisseur étranger, avec 40% de l’investissement direct. Les échanges commerciaux se sont élevées à 5,3 milliards d’euros en 2005. La France est le premier exportateur en Tunisie, avec 25% de parts de marché et accueille 33% des exportations tunisiennes. Cette visite intervient alors que le gouvernement français présente au Parlement un projet de loi durcissant l’immigration, et à l’heure où, à l’occasion de la Journée internationale de la Liberté de la presse, Reporters sans Frontières (RSF) allume une nouvelle fois le régime tunisien, classé parmi « les gouvernements (qui) exercent un contrôle absolu sur l’information ». Deux sujets qui n’ont pas été abordés devant les journalistes par les deux chefs de gouvernement lors de leur bref point de presse commun. A la veille de l’arrivée de M. Ghannouchi, plusieurs organisations de défense des droits de l’homme, dont la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH), la Ligue française des droits de l’Homme (LDH) ou encore Amnesty international France, ont adressé une lettre ouverte à M. de Villepin, rappelant « les violations récurrentes des droits humains et les atteintes graves aux libertés fondamentales enregistrées ces derniers mois encore, en Tunisie ». Elles énumèrent notamment les atteintes à la liberté d’association et d’expression, ainsi que contre les militants des droits de l’Homme. Les organisations réclament notamment à M. de Villepin d »‘intervenir » pour que la Ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH) puisse tenir normalement son Congrès, prévu les 27 et 28 mai, et que « les procédures pendantes contre la Ligue soient levées unilatéralement ». « Nos organisations vous invitent à renouveler à l’occasion de cette rencontre, cet appel au respect de l’état de droit auprès des plus hautes autorités tunisiennes », conclut la lettre ouverte. Accompagné d’une importante délégation pour cette visite, la première du genre d’un Premier ministre tunisien en France, Mohamed Ghannouchi doit également rencontrer le ministre des Finances Thierry Breton et la patronne des patrons français Laurence Parisot. Il se rend jeudi à Marseille pour y visiter le pôle de compétitivité « Solutions communicantes sécurisées ». AP
 


Du vin « colonial » à la SAQ

Moalla, Taïeb Collaboration spéciale
La Société des alcools du Québec (SAQ) est au centre d’une nouvelle polémique. Un regroupement d’organismes lui reproche de vendre des vins israéliens provenant de territoires syriens occupés. La réponse de la SAQ tient en une seule phrase : nous faisons du commerce, pas de la politique.
Trois des 16 articles israéliens vendus par la SAQ émanent du Golan syrien. Il s’agit du cabernet sauvignon, du merlot Yarden et du chardonnay Golan. Tous sont produits par la Golan Heights Winery (GHW), une entreprise basée à Katzrin, la principale colonie juive du Golan. Fondée en 1983, la GHW participe à hauteur de 38 % du total des exportations israéliennes de vin.
Dans une lettre envoyée le 13 mars à la SAQ, la Coalition pour la justice et la paix en Palestine (CJPP) réclame le retrait immédiat des vins du Golan. Cette coalition rassemble une vingtaine d’organisations dont la CSN, la CSQ, l’Association québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI) et la Fédération des femmes du Québec.
La réponse de la SAQ, datée du 3 avril, est signée par Alain Brunet, vice-président par intérim (achats et mise en marché), qui réplique que « la mission de la SAQ est purement commerciale. [La société d’État] ne peut intervenir dans des situations politiques ». Tout en spécifiant que « l’autorité concernée dans ce dossier est le gouvernement du Canada », M. Brunet insiste sur le fait que la SAQ n’offre que quelques vins du Golan « parmi les 7000 produits disponibles et ils ne se trouvent que dans une douzaine de succursales ».
Linda Bouchard, de la SAQ, ajoute que « si le Canada devait imposer un embargo sur ces vins, nous nous y plierons ».
Michel Rochette, l’attaché de presse du ministre des Finances du Québec, Michel Audet, précise que le gouvernement « n’est pas impliqué dans l’élaboration des politiques commerciales de la SAQ ». À Ottawa, on explique que les relations commerciales canado-israéliennes sont régies par un accord de libre-échange, en vigueur depuis le 1er janvier 1997.
Traitement préférentiel
Selon François Jubinville, porte-parole du ministère du Commerce international, cette entente offre « un traitement préférentiel à tous les biens qui proviennent d’Israël et de tous les territoires où la politique douanière israélienne s’applique », ce qui inclut les colonies juives de Cisjordanie et du Golan. « Le Canada entend respecter ses obligations en donnant un accès privilégié aux produits israéliens », dit-il.
Ces réponses ne convainquent pas le porte-parole de la CJPP, Raymond Legault. Selon lui, « il est inadmissible que des institutions publiques permettent la viabilité économique d’établissements illégaux comme les colonies. Devrait-on faire du commerce avec des malfaiteurs juste parce que c’est payant ? » s’interroge-t-il.
L’attitude du Canada et du Québec dénoncée
Pour Georges Lebel, avocat et professeur de droit international à l’UQAM, il s’agit d’une « question morale que le droit international n’a pas réglée encore ». Cela dit, l’universitaire déplore que « la SAQ [soit] complice d’un État qui viole la légalité internationale, ne respecte pas les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU ni les engagements de la Cour internationale de justice ».
M. Lebel ne mâche pas non plus ses mots quand il s’agit d’évoquer le comportement des deux paliers de gouvernement. « On ne peut qu’appeler à la cohérence politique. Si le Canada ne reconnaît pas la légalité de l’occupation du Golan et des territoires palestiniens, il devrait agir en conséquence. [Quant au Québec], il se trouve complice d’une violation du droit humanitaire, en contribuant à l’écoulement des produits agricoles résultant de la confiscation », s’insurge-t-il.
Informé par Le Soleil, le consul général d’Israël pour le Québec et les Maritimes, Marc Attali, ne décolère pas. « Toute tentative de boycott est honteuse. Ce groupe tente de délégitimer l’État d’Israël. Leur but serait-il de défendre le régime syrien, alors même que les Syriens soutiennent le terrorisme du Hezbollah et de l’Iran ? » demande-t-il. Interrogé sur la valeur de l’argument du droit international invoqué par la CJPP, le diplomate mentionne que « l’annexion du Golan faisait suite à une agression syrienne. Depuis, nous avons transformé un terrain rempli de mines et de canons en une région agricole qui produit, entre autres, du bon vin », tranche-t-il.
La CJPP appelle à un rassemblement de protestation, samedi, devant le magasin de la SAQ du 395, Jean-Talon Ouest, à Montréal.
En bref
Le Golan Le Golan syrien occupé se trouve au nord-est d’Israël. Il s’agit d’une zone de 1150 km², connue pour son emplacement stratégique et pour sa richesse en eau. En juin 1967, Israël a occupé le plateau du Golan avant de l’annexer, en 1981. Dès le 17 décembre 1981, la résolution 497 a été adoptée par le Conseil de sécurité de l’ONU. Elle stipule que l’annexion du Golan est « nulle et non avenue et sans effet juridique sur le plan international ». Le Canada a une position nuancée sur cette question. Selon le site Internet du ministère des Affaires étrangères, « le plateau du Golan constitue un territoire occupé. [Le Canada] ne reconnaît pas le contrôle permanent exercé par Israël sur les territoires occupés depuis 1967 ». Cependant, Ottawa s’est opposé en 2005 à une résolution de l’Assemblée générale des Nations unies qui condamnait l’occupation du Golan. Les diplomates canadiens lui reprochaient « [d’imputer] à une seule partie (Israël) la responsabilité de la reprise des négociations, alors qu’en réalité, des mesures de confiance et des gestes de bonne volonté s’imposent des deux côtés ».
Un projet de loi ? Porte-parole du Bloc québécois en matière de Commerce international, Pierre Paquette a fait des vins « coloniaux » son cheval de bataille. Il a présenté un projet de loi pour distinguer clairement les produits israéliens de ceux provenant des colonies. D’après lui, l’Accord de libre-échange Canada-Israël ne devrait pas s’appliquer à ces derniers. La chute du gouvernement de Paul Martin a toutefois entravé le processus législatif. Mais M. Paquette compte de nouveau déposer son texte à la Chambre des communes. « Ce projet n’est pas anti-israélien. On demande simplement au Canada d’être cohérent », indique-t-il.
Moalla, Taïeb
(Source: Le Soleil (Québec), jeudi 4 mai 2006, p. 4)


 

DAS GASTLAND TUNESIEN AN DER BEA

Wein, Töpferei und eine Bedingung

Stefan Bühler   An der BEA präsentiert sich dieses Jahr Tunesien als Gastland. In der Halle erschallt tunesische Musik mit dem dudelsackartigen Mezoued, Trommel und Synthesizer. Worüber gesprochen wird, bestimmen die Aussteller. Und auch, worüber nicht gesprochen werden darf.   Nabil Gafsi ist der Chef. Laut Visitenkarte ist er «Directeur» der «Direction des Manifestations Commerciales» von Tunesien. An der BEA in Bern ist er der Herr über die Sonderschau des diesjährigen Gastlandes, eine Sonderschau von 700 Quadratmetern Fläche «im landestypischen Stil» und eine «Hauptattraktion der Messe». So steht es im Prospekt, den Gafsi zu Beginn des Gesprächs zur Lektüre empfiehlt respektive verordnet. Der Mann ist sich gewohnt zu befehlen – und auch Bedingungen zu stellen: «Keine Frage über Terrorismus», war Voraussetzung dafür, dass das Gespräch überhaupt zustande kommt. Gafsi ist im Auftrag der Regierung Tunesiens da; jener Regierung, deren Staatsfernsehen Bundesrat Samuel Schmid das Mikrofon zudrehte, als er 2005 in Tunesien am Weltinformationsgipfel auf die Menschenrechtslage im Maghreb-Staat zu reden kam.   Der Directeur setzt sich auf eine Art Sofa am Rande der Ausstellung, oben auf der Galerie, von wo man über die verschiedenen Stände sieht, die Olivenöl, Patisserien, Duftwässerchen und allerlei andere Spezialitäten des Landes feilbieten. Effektiv etwas nordafrikanische Atmosphäre zaubert das Restaurant-Zelt mit den niedrigen Stühlchen und Tischlein in die nüchterne Ausstellungshalle; zwei Shishas, reich verzierte Wasserpfeifen, laden zum gemütlichen Schmauchen – vom Schweizer Stand jenseits des Gangs starrt eine Familie ausgestopfter Murmeltiere auf die exotische Kulisse.   Das Gespräch mit Gafsi kommt schleppend in Gang: Nein, die Ausstellung sei keinem Basar nachempfunden; das gebe es ohnehin nicht in Tunesien – bloss Märkte «so wie hier in Bern». Er werde an der BEA[100] vor allem von Schweizern angesprochen, die bereits in Tunesien gewesen seien, «treue Kunden, die wiederkommen». Über 100 000 Gäste reisten jährlich aus der Schweiz nach Tunesien, diktiert er die Zahlen – offenbar nicht zum ersten Mal. Dann zählt er die Spezialitäten auf, «das Olivenöl, die Datteln, die Patisserien, den Wein». Wer macht den Wein in Tunesien, Christen, wie etwa in Ägypten oder in Libanon? Gafsi reagiert ungeduldig: «Tunesien ist ein Land der Toleranz, wir akzeptieren alle.» Der Wein werde nicht von Christen oder Muslimen gemacht, «sondern von Tunesiern». Gerade noch von der Frage genervt, wechselt der Directeur dann umgehend die Tonart: «Sie mögen Wein?», fragt er freundlich. Am Ende des Gesprächs verschwindet er hinter den Ausstellungskulissen, kommt mit einer Flasche «Jour et Nuit», Appellation Sidi Salem Contrôlée 2002, wieder hervor. «Sie werden ihn mögen», verspricht er.   Etwas weiter spielt eine Gruppe mit Trommel, Synthesizer und dem Mezoued genannten Dudelsack traditionelle tunesische Musik; dazu tanzt eine Frau in Tracht und mit einer Vase auf dem Kopf. Die Gruppe wird die tunesische Fussballnationalmannschaft an die WM in Deutschland begleiten. Daneben sitzt Lotfi Ben Hafsa an einer Töpferdrehscheibe, die er mit dem Bein antreibt. «Maoune de saki» heisse das Gerät, erzählt der junge Mann gut gelaunt, wobei Saki übersetzt Bein heisse. Er sei jüngst sechs Monate in Japan gewesen, dann in Berlin, ebenfalls mehrere Wochen an einer Messe. Hier an der BEA in Bern aber gefalle es ihm «besser als überall», berichtet er begeistert: «Es ist warm, die Sonne scheint, viele Leute reden Französisch mit mir – ich arbeite gern hier.» Bloss der Lehm, den er in der Region gekauft habe, sei nichts wert, «zu viele kleine Steinchen sind darin – er ist viel schlechter als tunesischer Lehm». So formt denn Lotfi keine kunstvollen Gefässe, sondern bloss kleine Schalen, in die er mit einer Nadel die Namen der Besucher einritzt. Nebenbei schwärmt er weiter von Bern: «Hier möchte ich nach der Messe bleiben, arbeiten, eine Wohnung finden und heiraten», sagt er überschwänglich und lacht dazu.   Weniger glücklich wirkt Mounir Zouid, der gelangweilt an seinem Stand sitzt. Er bietet Reproduktionen archäologischer Fundstücke aus Tunesien an. So steht denn da etwa ein Bacchus mit halbnackter, kopfloser Begleiterin, «das Original steht im Museum». Die Kopie kostet 700 Franken. Er nehme Bestellungen entgegen, verschicke später die Skulpturen in die Schweiz. Allerdings ist die Nachfrage gering, «ich bin nicht zufrieden». Er habe von der tunesischen Delegation keinen passenden Stand erhalten, beklagt er sich: Die Fundstücke müssten im Rahmen ihrer Geschichte präsentiert werden – das sei hier nicht möglich. Zwar hörten die Verantwortlichen solche Kritik nicht gern, doch dürfe er als Unternehmer das sagen. Im Übrigen sei Tunesien «ein Land der Toleranz, das alle Religionen akzeptiert», wie er im Gespräch ungefragt beteuert.   «Sie sind Journalist?», fragt kurz darauf ein Herr in Anzug und mit Krawatte und fügt ohne die Antwort abzuwarten an: «Ich habe interessante Informationen für Sie.» Es gehe um die Freihandelszone Zarzis – «setzen Sie sich» -, im Prospekt sei alles zu sehen: «Deutsch oder Französisch?» Zarzis biete Zugang zur EU, zum afrikanischen Markt, zu den Staaten des Maghreb; zehn Jahre existiere die Zone ungefähr, der Quadratmeter koste vier bis sechs Dollar im Jahr. «In drei bis vier Tagen haben Sie alle Papiere beisammen, dann können Sie anfangen.» Weitere tunesische Geschäftsherren haben sich hinzugesellt, verlangen nach Visitenkarten, bekräftigen die Aussagen ihres Sprechers. Zum Schluss fragt einer: «Und wie lautet der Titel Ihres Artikels?»   (Source: « Der Bund » (Suisse), le 03.05.2006; page 23)

 


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