4 décembre 2006

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TUNISNEWS
7 ème année, N° 2387 du 04.12.2006

 archives : www.tunisnews.net


CNLT: Graves violation des libertés de réunion et de circulation
C.R.L.D.H. Tunisie:     ** Blocage des fonds de l’Association Tunisienne des Femmes Démocrates (ATFD)     ** Le Forum Démocratique pour le Travail et les Libertés (FDTL) privé de journal     ** Un Cinquième mandat pour le Général BEN ALI !!** Informations en bref.
Luiza Toscane: Pas de nouvelles… Mauvaises nouvelles  – L’inquiétude de Monia Jelassi vire au cauchemar

La communauté Tunisienne au Qatar: A Son Excellence Monsieur le Président De La République Tunisienne.

AFP: Tunisie : un parti d’opposition autorisé à publier un journal

AFP: Italie : 50 clandestins interceptés en mer sur un voilier de plaisance

AFP: Finale CAF: Le docteur de l’équipe des FAR Rabat agressé à Sousse

AFP: Tentative de suicide d’un Egyptien au centre de rétention de Marseille

Le Temps: 11ème congrès de l’Association des magistrats tunisiens – Modération, neutralité, transparence Le Temps: Entretien Fadhel Jaïbi, homme de théâtre « Je n’écris pas pour ceux qui font l’histoire, j’écris pour ceux qui la subissent… »

 
CONSEIL NATIONAL POUR LES LIBERTES EN TUNISIE Tunis le 4 décembre  2006  

Graves violation des libertés de réunion et de circulation

 

 
Ce dimanche 3 décembre, d’importantes forces de police ont encerclé le siège de la Ligue tunisienne de défense des droits de l’homme où devaient se réunir d’anciens dirigeants de la LTDH qui ont constitué un comité de soutien à la Ligue. La police a bloqué tous les accès et interdit à tous les invités de pénétrer au local. Le même jour, plusieurs défenseurs devaient se rendre à Sousse au domicile de Moncef Marzouki, sous le coup d’une inculpation pour « diffusion de fausses nouvelles de nature à troubler l’ordre public ». Ils ont eu droit à des barrages de police sur toute la route avec contrôle d’identité zélé qui dure parfois des heures. Certains comme maître Néjib Hosni ont été bloqués sur les routes. Ceux qui ont réussi à arriver devant le domicile de M. Marzouki, ont trouvé un important déploiement policier qui leur en a interdit l’accès. Les policiers ont malmené maîtres Ayadi, Maatar et Laabidi ainsi que le septuagénaire Ali Ben Salem, président de l’Amicale des anciens résistants. Les policiers étaient assistés de barbouzes qui ont usé de menaces et d’insultes grossières contre les présents. Le Dr Marzouki a été empêché de quitter son domicile au moment où il s’apprêtait à repartir avec ses collègues pour Tunis en fin d’après midi. Le chef de la police lui a clairement signifié qu’il avait des instructions pour qu’il ne quitte pas son domicile.   Le CNLT ·        Dénonce avec la plus grande vigueur l’usage de la violence contre les défenseurs. ·        Il condamne les persécutions dont la LTDH fait l’objet ainsi que le harcèlement judiciaire utilisé comme prétexte pour justifier la violation de la liberté de réunion. Il dénonce le gel illégal des activités ordinaires de la Ligue par la police. ·        Il s’élève contre ces atteintes répétées à la liberté de circulation des défenseurs qui sont devenus courants. ·        Il dénonce cette mise en résidence  surveillée qui ne dit pas son nom dont  fait l’objet Moncef Marzouki.    Pour le Conseil La porte parole Sihem Bensedrine


C.R.L.D.H. Tunisie

Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’Homme en Tunisie

Membre du Réseau Euro méditerranéen des Droits de l’Homme

 

21ter rue Voltaire – FR-75011 PARIS  – Tel/Fax : 00.33. (0)1.43.72.97.34

contact@crldht.org / www.crldht.org

 

FLASH-INFOS

 

 

** Blocage des fonds de l’Association Tunisienne des Femmes Démocrates (ATFD) 

** Le Forum Démocratique pour le Travail et les Libertés (FDTL) privé de journal 

** Un Cinquième mandat pour le Général BEN ALI !!

** Informations en bref.

 

 

Blocage des fonds de l’Association Tunisienne des Femmes Démocrates (ATFD) :

 

L’Association Tunisienne des Femmes Démocrates (ATFD) est l’une des rares associations indépendantes dans la Tunisie de Ben Ali. Le prix de cette autonomie est depuis,  très cher payé puisque les autorités tunisiennes ont pris la décision de bloquer les fonds de cette organisation  et par là de la paralyser et de mettre fin au rôle qu’elle joue dans la lutte démocratique et pour une citoyenneté effective pour les femmes tunisiennes.

Cette politique d’asphyxie économique a été appliquée depuis août 2002 à l’encontre de la Ligue Tunisienne de Défense des Droits de l’Homme (LTDH) lorsque le pouvoir a bloqué les subventions européennes qui lui ont été attribuées par Bruxelles au motif que la loi interdit l’utilisation de fonds étrangers par les associations «d’intérêt national» !! Cette mesure répressive a été en réalité un premier pas vers une marginalisation totale de la LTDH et une menace réelle de son existence.

Créée en août 1989, l’ATFD a été fondée par le mouvement autonome des femmes qui, depuis les années 1970, a eu à travers différentes expériences et  structures et multiples courants féministes indépendants, des formes diverses d’expression. A l’instar des organisations nationales autonomes,  l’ATFD se bat dans des conditions d’étouffement politique sans précèdent  pour  préserver son indépendance et garantir lune égalité totale et effective entre les sexes.

Depuis quelques jours, la Banque de Tunisie où se trouve le compte de l’ATFD, vient d’exiger qu’elle produise un certificat du ministère de l’Intérieur l’autorisant à disposer des fonds qui lui ont été virés par une ONG internationale depuis le mois de mai 2006. Ce virement correspond à la dernière tranche d’un financement d’un projet maghrébin pour l’égalité des femmes ;  les deux  premières ont été libérées sans le moindre incident.  Or la loi exige seulement que l’association informe le ministère des fonds qu’elle reçoit, c’est ce que l’ATFD a fait en envoyant en septembre 2006 un courrier informant le ministère de l’Intérieur de ce virement. En vain. 

Ce n’est pas la première fois que l’ATFD se voit confrontée à des telles mesures puisqu’en 2005, un virement envoyé par l’ONG Global human rights fund (GHRF) a été également bloqué.

 Connaissant la nature dictatoriale de ce régime et sachant maintenant ce qui a suivi le gel des fonds alloués à la LTDH, notre crainte est que le même sort soit réservé à l’ATFD et que cette mesure n’est qu’un premier pas vers des décisions plus graves touchant l’organisation dans son fondement et son existence.

Le CRLDHT est consterné face à cette nième guerre annoncée à l’encontre des défenseurs des droits humains et leurs institutions respectives ; il exige la levée immédiate de ce blocage et l’arrêt de ce harcèlement sans fin des organisations indépendantes de défense des droits et notamment l’ATFD.

Il exprime à Mme Khédija CHERIF, présidente de l’association et toutes les militantes son soutien total face à cette injustice qui les frappe et lance un appel à tout le mouvement associatif régional et international de se mobiliser pour défendre la cause de ces femmes dans leurs luttes pour l’égalité et la dignité.

 

 

Le Forum Démocratique pour le Travail et les Libertés (FDTL) privé de journal :

 

Après huit ans de traversée du désert, le  Forum démocratique pour le travail et les libertés (FDTL), parti politique d’opposition démocratique, dirigé par le Dr Mustapha  Benjaâfar, vit depuis sa  reconnaissance légale le 25 octobre 2002 la persécution en tout genre : Interdictions répétées de réunions, arrestations et emprisonnements des militants, surveillance continue du siège du parti, manœuvres de déstabilisation, violence et harcèlement des militants et des citoyens venant à la rencontre des responsables du parti ( Se référer aux communiqués du FDTL du 21/03/2004, 02/02/2005…).  

Ces atteintes aux libertés interviennent en réalité dans un contexte de verrouillage sans précédent de l’action politique et frappent les véritables  partis politiques qui ne disposent d’aucune marge de manœuvre puisque  leurs  sièges sont sous surveillance policière constante, leurs  militants harcelés, leurs  téléphones sous écoute permanente, privés d’accès aux espaces publics et de toute subvention publique ; Celle ci est considérée comme un don réservé aux partis dits « parlementaires » que le pouvoir récompense pour leur allégeance.

               Le jeudi 16 novembre 2006, le Dr Mustapha Benjaâfar,  secrétaire général du FDTL et le Dr Khelil Ezzaouia, membre du bureau politique, se sont déplacés  au Ministère de l’intérieur pour enregistrer un avis concernant la publication du futur journal du parti, conformément à la loi en vigueur. Toutes les portes du ministère et du gouvernorat de Tunis leurs sont fermées et aucun responsable digne de ce nom n’ose se manifester ou même daigner répondre au téléphone ! Le message est donc clair. Le FDTL sera privé d’un journal comme moyen d’expression et un des droits les plus élémentaires d’un parti légal.

                   Le CRLDHT  exprime sa consternation face à ces pratiques voyous  qui n’en finissent pas et qui bafouent aussi bien la Constitution et  la loi du pays que les droits fondamentaux des citoyens à l’expression et à la communication libre.

                  Il exprime au Dr Mustapha Benjaâfar et à tous les militants du FDTL son respect au combat qu’ils mènent pour l’instauration d’un Etat de droit digne de la Tunisie et de son peuple.

 

 

Un Cinquième mandat pour le Général BEN ALI !!

 

          Comme prévu, et trois ans avant la date fatidique, les grandes manœuvres des élections législatives et présidentielles de 2009 ont été lancées. Un début d’offensive  s’est mis en marche depuis quelques semaines orchestré par la chambre tunisienne des Conseillers (Sénat), la chambre des députés (le parlement) et l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (UTICA), qui ont  exhorté le président  Ben Ali à briguer un cinquième mandat à la présidence du pays en 2009 ! La presse aux ordres était là pour donner le ton et annoncer l’ouverture du festival électoral, et gare à celui qui ose le perturber.

       Au pouvoir depuis novembre 1987, Ben Ali a organisé en mai 2002 un référendum afin de modifier la Constitution et supprimer toute limitation du nombre de mandats. Cette «  réforme constitutionnelle » a instauré la présidence à vie, rendu impossible toute alternance démocratique et pacifique et assuré l’impunité du chef de l’Etat pendant et après l’exercice de ses fonctions.                Après plus de 19 ans de pouvoir absolu, Ben Ali se met tôt en besogne pour bloquer toute perspective d’alternance du pouvoir et mettre la société toute entière devant le fait accompli.

          Cette manœuvre  survient dans un contexte de tension extrême fait de répression féroce des moindres manifestations pacifiques et le musellement de toutes les voix qui s’élèvent pour réclamer le respect des droits et des libertés.  

                    Après avoir attaqué  tous les espaces associatifs indépendants et anéanti la plupart d’entre eux à commencer par  la Ligue tunisiennes des droits de l’Homme (LTDH), le Conseil National pour les Libertés en Tunisie (CNLT), le Conseil national de l’Ordre des avocats, l’Association des magistrats tunisiens (ATM), l’Association tunisienne des Femmes démocrates (ATFD) et l’Association tunisienne des Jeunes avocats (ATJA), de la même manière,  il s’est tourné vers les partis politiques d’opposition  et notamment ceux qui constituent le Collectif 18 octobre pour les Droits et les Libertés à savoir le Parti démocrate Progressiste (PDP), Le Forum Démocratique pour le Travail et les Libertés (FDTL), le Parti Communiste des Ouvriers de Tunisie (PCOT),  le Congrès Pour la République (CPR)… pour leurs imposer le même traitement, sans oublier les plusieurs centaines de prisonniers politiques et d’opinion qui croupissent dans les prisons après avoir connu la torture et les mauvais traitements.

A cela s’ajoute une politique mafieuse marquée tout le long de ces 19 ans par la corruption, le népotisme, le pillage économique et l’injustice sociale.

Le CRLDHT refuse cet état de fait et considère que cette nouvelle domestication de la société est inacceptable ; il exhorte l’ensemble de l’opposition démocratique  dans sa diversité et ses différences de faire face à cette  manipulation gravissime. On ne peut pas réduire en cendres les espoirs de tous les démocrates tunisiens en un avenir meilleur parce qui leurs garantit le respect et le plein exercice de leurs droits et de leurs libertés…Affaire à suivre.  

 

 

Informations en bref :

 

Des grèves de la faim un peu partout dans le pays :

 

Abdelhamid Jelassi et Bouraoui Makhlouf, en prison depuis  plus de quinze années  pour leur appartenance au mouvement de la Nahdha, sont en grève de la faim illimité depuis le 05 novembre pour exiger leur libération et protester contre les mauvaises conditions carcérales qui sont les leurs. Transférés dès le début de la grève, le premier à la prison de Messaadine et le second à la prison de Monastir, leurs états de santé se sont dégradés et les familles vivent dans l’angoisse en raison de l’obstination des prisonniers à poursuivre leur action et l’attitude irresponsable  de l’administration pénitentiaire qui fait la sourde oreille.

Pour M. Hédi Ghali, il a arrêté sa grève le samedi 25 novembre, trois semaines après. Sa mère, Mme Badiâa Ghali âgée de 67 ans, ainsi que ses trois frères Fethi, Faouzi et Yasser,  ont tous  entamé le vendredi 30 novembre 2006 une grève de la faim de 24 h  en solidarité avec leur fils Hédi, incarcéré depuis plus de 15 ans. La famille de Hédi Ghali demande l’amélioration de ses conditions carcérales et exige sa libération.

En même temps, M. Sami Amroussia, militant actif de la centrale syndicale étudiante  l’UGET, poursuit sa  grève de la faim depuis le 30 octobre 2006 pour protester contre son expulsion  de son université en raison  de ses activités syndicales et  de sa condamnation à 2 mois de prison avec sursis.  Le dimanche 03/12/2006, un grand nombre de personnalités et de défenseurs des droits humains ont accompagné, pendant 24h Sami dans sa grève de la faim en signe de solidarité et pour exiger son droit aux études. Il s’agit notamment  de Maître Radhia Nasraoui,  M. Moncef Marzouki, M ; Ridha Barakati, Mme Afef Bennacer,  M. Fahem Boukaddous, M. Samir Tamallah, M. Ammar Amroussia, Mme Najet Hosni…

Quant à M. Abdelhamid Sghaïer, étudiant en troisième cycle, il a repris  sa grève de la faim depuis plus de 15 jours  pour protester contre sa privation de passeport et exiger son droit à la circulation.

 

Le 10ème congrès de la Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives (FTCR) :

                  Les 24 et 25 novembre 2006 s’est tenu à Paris le 10ème congrès de la Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives (FTCR), l’une des plus anciennes associations au service de l’immigration.

                  Les attaques répétés aux droits fondamentaux des immigrés et des réfugiés en France et en Europe ont été au centre du débat au sein du congrès qui a décidé de  développer les luttes en faveur des droits fondamentaux des immigrés et mener les batailles nécessaires pour l’égalité des droits, aux côtés de ses partenaires traditionnels.

                   Le CRLDHT présente à M. Mohiedine Cherbib, l’un des fondateurs de la fédération depuis plus de trente deux ans et un militant infatigable de toutes les causes,  élu nouveau président de la FTCR et à toute l’équipe dirigeante ses félicitations pour la confiance des délégués et les nouvelles responsabilités qui les incombent et leurs souhaite de la réussite dans leur lutte qui est aussi la nôtre.  

Le 10ème anniversaire du CRLDHT :

 

         Le CRLDHT fête les 15 et 16 décembre prochain ses dix ans de lutte pour les droits et les libertés en Tunisie.

Nous proposons de faire de cet anniversaire un moment de convivialité dans le cadre d’une soirée réception que nous organisons, le vendredi 15 décembre 2006. 

 Cette soirée sera dédiée à Me Abbou et à  tous les prisonniers politiques en Tunisie. 

Un hommage sera rendu à nos amis militants disparus : Ahmed OthmaniManuel Brédier et Adel Arfaoui

Nous souhaitons en faire aussi un moment d’échanges et de réflexion avec nos amis et partenaires sur des préoccupations communes telles que les perspectives de l’action de notre Comité à travers deux ateliers qui se tiendront le samedi 16 décembre 2006 ;

Le premier atelier portera sur la problématique de la démocratisation en Tunisie et son articulation avec les acteurs des droits de l’homme.

           Le second traitera du positionnement des acteurs de la société civile par rapport aux Accords d’association en termes d’approche et de stratégie au vu du bilan critique qu’ils tirent de l’expérience de ces dix dernières années en la matière.

           Le programme en détails est publié à part.

 

Le CRLDHT

Le : 04/12/2006


 

Pas de nouvelles… Mauvaises nouvelles L’inquiétude de Monia Jelassi vire au cauchemar

Le prisonnier politique Abdelhamid Jelassi a commencé à la prison de Mehdia une grève de la faim le 5 novembre dernier pour exiger sa libération (1). Son épouse, Monia Jelassi, a pu lui rendre visite le 11 novembre. Les 18 et 25 novembre, l’administration de la prison de Messaadine, où le prisonnier avait été transféré (2) par mesure de rétorsion, a interdit à son épouse de lui rendre visite. Désemparée, Monia Jelassi a multiplié les démarches pour sauver son mari : elle s’est adressée au Comité supérieur des droits de l’homme où elle s’est heurtée à une fin de non recevoir ainsi qu’à la Croix Rouge qui n’a pas été en mesure de lui fournir jusqu’à aujourd’hui une quelconque information sur son mari, puis elle a médiatisé la situation. Pour toute réponse, elle a eu droit à une visite de la police et ses moyens de communication ont été bloqués. Samedi 2 décembre, elle s’est rendue une nouvelle fois à la prison de Messaadine, pour s’entendre dire que son mari ne voulait pas sortir de sa cellule, réponse classique quand l’administration dénie à un prisonnier en grève de la faim le droit de voir les siens. L’inquiétude de Monia Jelassi et de sa fille, Mariam, vire au cauchemar. En dépit de son isolement, elle a lancé un vibrant SOS aujourd’hui à tous les militants des droits de l’homme pour que la vérité soit faite sur le sort de son mari qu’elle considère comme disparu. Pour rappel, Abdelhamid Jelassi, âgé aujourd’hui de quarante-six ans, a été arrêté le 6 avril 1991 et condamné en août 1992 par le tribunal militaire de Bouchoucha à l’emprisonnement à perpétuité. Tortures, mauvais traitements, isolements, transferts de prison en prison, rien ne lui a été épargné depuis quinze années. Il n’est jusqu’à sa fille, Mariam, qu’il n’a connue que derrière les barreaux (3). Luiza Toscane, 4 décembre 2006 (1)   Se reporter au communiqué de l’AISPP du 11 novembre 2006. (2)   Se reporter au communiqué de l’AISPP du 20 novembre 2006. (3) Se reporter à « Rencontre avec Monia et Mariam Jelassi » du 30 novembre 2006.

 


 

 

A Son Excellence Monsieur le Président De La République Tunisienne.

Doha, 04 Décembre  2006  Nous venons par la présente vous adresser un nouveau cri d’alarme concernant la mise en jeu des intérêts de nos enfants élèves de l’école Tunisienne de Doha.

Monsieur, notre communauté à Doha a connu durant ces deux dernières décennies un intérêt spécial de votre part et on a toujours répondu présent à l’appel de l’intérêt national dans les diverses actions lancées par notre ambassade, or depuis la fermeture de cette ambassade pour aussi l’intérêt national on a continuer a exercer notre devoir dans ce pays d’accueil tout en gardant la bonne image de marque déjà acquise par notre colonie.

  Monsieur, comme vous le savez on a eu la chance d’avoir une école dans ce pays et on a toujours œuvré pour son développement sous les commandements des ambassadeurs, mais depuis l’absence de notre ambassade cette école a pris un dérapage dangereux dans la gestion quotidienne et ce  par les manœuvres du coordinateur général qui nuisent au statut de notre école et de notre communauté dont on pourra vous citer ci-dessous quelques-unes :

 

          Propos mensongères chaque semaine dans les quotidiens de la place qui mettent en cause la crédibilité de l’école et son image de marque (la dernière apparition en date du 03/12/2006 dans le quotidien Acharq d’une photo du coordinateur général avec une femme  au comportement douteux connue dans l’entourage de notre communauté par ses relations louches)

 

           Recrutement récent sans critères de priorité sauf le piston d’un  de ses mouchards qui les utilise dans des actes pourris  et ce après avoir céder une institutrice a l’école Française en pleine période d’examens rien que pour plaire au Français sans tenir compte des intérêts de nos élèves.

 

          Création de clans au sein de l’école pour assurer ses intérêts.

 

          Mauvaise gestion des ressources humaines et financières de l’école avec la complicité du financier d’où un déficit inimaginable.

 

          Menaces des professeurs célibataires habitant l’école de les renvoyer des chambres de service tant qu’ils n’adhèrent pas à ses combines fallacieuses…

 

Monsieur Le Président tous les dépassements ont été remontes au premier responsable de l’organisation Tunisienne de l’éducation et de la famille l’organisme tutelle  depuis longtemps mais en vain et celles qu’on vient de vous les énumérer ne sont que les récentes (après fermeture de l’ambassade) de ces faits nous vous demandons Monsieur le Président de bien vouloir ordonner une commission d’enquête et de réflexion afin de sauver notre bien chère école des mains de ce soit disant coordinateur général n’ayant aucun rapport avec l’éducation et l’enseignement ni par son niveau intellectuel ni par ses comportements illicites.

 

Veuillez agréer Monsieur Le Président nos profonds respects.        

 

Au nom de la communauté Tunisienne au Qatar

 

 


 

 

Tunisie : un parti d’opposition autorisé à publier un journal

AFP 04.12.06 | 18h37 Un parti tunisien d’opposition, membre de l’Internationale socialiste, a été autorisé à publier un journal, a annoncé lundi son secrétaire général, Mustapha Ben Jaâfar. Fondé en 1994 et agrée en 2002, le Forum démocratique pour le Travail et les Libertés (FDTL), non représenté au Parlement, publiera un hebdomadaire appelé Mouwatinoun (Citoyens) en arabe et une édition mensuelle en langue française. « Nous sommes évidemment satisfaits après toutes les difficultés que nous avons rencontrées pour obtenir cette autorisation », a déclaré M. Ben Jaâfar à l’AFP, ajoutant que le premier numéro sortira d’ici janvier prochain. M. Ben Jaâfar a affirmé que son journal sera une « tribune ouverte à toutes les tendances » politiques. Le FDTL s’était plaint en novembre d’une fin de non-recevoir du ministère de l’Intérieur concernant l’enregistrement d’un avis légal, procédure prélable à la publication d’un journal. Trois parmi les sept partis d’opposition légalement reconnus publient plus ou moins régulièrement des organes, dont Al Mawquef, organe hebdomadaire du Parti démocratique progressiste (Pdp, sans représentation) qui a le plus fort tirage à 10.000 exemplaires. Les partis représentés au Parlement ont droit notamment à une subvention annuelle, ainsi qu’une compensation sur le prix du papier pour leurs journaux.  


 

 

Italie : 50 clandestins interceptés en mer sur un voilier de plaisance

 

 

AFP, le 3 décembre 2006 à 18h12

ROME, 3 déc 2006 (AFP) – Cinquante immigrés clandestins ont été interceptés samedi soir en mer par les forces de l’ordre italiennes sur un voilier de luxe, au large des Pouilles (sud-est), a-t-on appris de la Garde des finances (douanes).

Les immigrés clandestins, 30 hommes et 20 femmes, dont une vingtaine de mineurs, ont déclaré être Irakiens. Selon leur témoignage, leur périple est passé par le Liban, la Turquie et la Grèce, mais ils n’ont pas précisé à quel moment les passeurs les ont fait grimper sur un voilier de luxe, plus précisément un modèle « Beneteau 50 ».

« Le voilier bat pavillon américain, il mesure une quinzaine de mètres, il est même équipé pour disputer des régates », a expliqué à l’AFP un responsable de la Garde des Finances de Lecce (Pouilles).

« Le plus vraisemblable est qu’il soit le butin d’un vol effectué par les passeurs », a ajouté cette source.

Depuis plusieurs semaines, les forces de l’ordre assistent à une recrudescence des arrivées par bateau d’immigrés clandestins sur les côtes des Pouilles, alors que le phénomène avait quasiment disparu après les arrivées massives dues à la guerre du Kosovo.

Jeudi, deux immigrés clandestins qui tentaient la traversée entre la Tunisie et l’Italie en scooter des mers avaient été secourus par les garde-côtes alors qu’ils étaient en panne d’essence au large de l’île italienne de Pantelleria, au sud de la Sicile.

Généralement, les traversées ont lieu sur de minuscules embarcations ou sur de vieux chalutiers. La route la plus traditionnelle part du nord de la Libye pour s’achever 300 km plus au nord, sur la petite île de Lampedusa située sous la Sicile.

 

 


 

 

Coupe de la CAF – Sacre de l’Etoile du Sahel qui résiste aux FAR

Par Imed LAMLOUM

AFP, le 2 décembre 2006 à 21h19

 

 

SOUSSE (Tunisie), 2 déc 2006 (AFP) – Le club tunisien de l’Etoile du Sahel a remporté sa troisième Coupe de la Confédération africaine de football (CAF) en obtenant un match nul de haute lutte

(0-0) face au tenant du titre, les FAR (Forces armées royales) Rabat, en finale retour, samedi à Sousse.

L’Etoile du Sahel, déjà sacrée en 1995 et 1999, remporte la finale au bénéfice du but marqué à l’extérieur au match aller (1-1).

Les Tunisiens, qui ont dominé pratiquement toute la rencontre, ont résisté aux dernières attaques des FAR, malgré une fin de match agitée suite à un but refusé aux FAR dans le temps additionnel pour

un hors-jeu très contesté par le camp marocain.

Contraints d’inscrire au moins un but, les « soldats » des FAR étaient les premiers à l’attaque mais Mathlouthi, le gardien de l’Etoile, interceptait un centre dangereux de Loutfi (16) tandis que Ouaddouch tirait loin du cadre peu après.

« Les diables rouges » de l’Etoile répliquaient en contres et Gilson, d’un tir à ras de terre au milieu de la défense marocaine, obligeait El Jarmouni à une belle parade (21).

Narry était ensuite sur le point d’inscrire le premier but pour l’Etoile suite à un ballon dégagé hasardeusement par El Jarmouni, mais il tirait loin du cadre.

 

Fin mouvementée

Plus agressifs et plus en jambes, les Tunisiens prenaient ensuite le dessus et le même Narry gâchait le bon travail de Gilson sur le flanc droit, tirant nettement au dessus du cadre, en tentant un geste acrobatique.

De retour des vestiaires, l’Etoile maintenait le même rythme. El Jarmouni puis le poteau détournaient un joli tir sur coup franc de Nafkha (56) et peu après, Meriah tirait loin du cadre. La tête de Chikhaoui trouvait ensuite les bras d’El Jarmouni après un centre parfait de Nafkha.

Repliés en défense, les Marocains subissaient la pression en envoyant de longs ballons vers Loutfi, Ouadouch et El Bahri, totalement isolés en attaque. L’Etoile monopolisait encore la balle à dix minutes de la fin du match, sans toutefois inquiéter la défense marocaine très bien organisée, avant de resserrer les rangs pour conserver ce résultat synonyme de sacre.

Avec leur gardien venu prêter main forte en attaque, les FAR inscrivaient un but à l’ultime minute de la rencontre (90+5), refusé pour un hors-jeu qui provoquait la colère des visiteurs. Après une longue interruption du jeu suite à la contestation des Marocains, le match reprenait pour quelques instants avant le coup de sifflet final de l’arbitre intervenant au terme de douze minutes de temps additionnels

 

AFP

 


 

 

Finale CAF: Le docteur de l’équipe des FAR Rabat agressé à Sousse

 

AFP, le 3 décembre 2006 à 14h40

 

RABAT, 3 déc 2006 (AFP) – Boujemaâ Zahi, docteur de l’équipe marocaine des FAR Rabat, a été violenté par des policiers tunisienslors de la finale retour de la Confédération africaine de football (CAF), remportée samedi par les Tunisiens de l’Etoile du Sahel, a rapporté dimanche la presse marocaine. « Le lieutenant-colonel Boujemaâ Zahi, docteur des FAR, a été agressé par des agents de sécurité tunisiens alors qu’il protestait contre des injures d’un autre policier en civil », a rapporté l’agence marocaine de presse Map.

Cet incident est survenu après le but du club marocain (90+5) refusé pour « hors jeu » par l’arbitre sud-africain Daniel Benett, a indiqué pour sa part la télévision nationale.

Cette finale a connu sur la pelouse une fin mouvementée quand des bagarres impliquant les joueurs des deux camps et des policiers ont éclaté au sujet de la validité du but, considéré comme « valable »

par les Marocains.

Si ce but avait été avalisé alors que les deux adversaires étaient à égalité (0-0) à Sousse, les FAR, tenant du titre, aurait conservé le trophée après avoir concédé à Rabat le nul (1-1) en

finale aller.

Le Français Henri Stambouli, entraîneur du club militaire des FAR, a estimé pour sa part après le match que ses joueurs ont réussi

à « secouer les filets du Sahel mais l’arbitre a refusé leur but. Je suis sincèrement déçu pour le public marocain de voir échapper le titre ».

Le club tunisien de l’Etoile du Sahel qui a réussi à conserver le match nul devant son public (0-0) a finalement remporté sa 3e Coupe de la CAF, l’emportant grâce au but marqué à l’extérieur.

 

AFP


 

Tentative de suicide d’un Egyptien au centre de rétention de Marseille

 
lundi 4 décembre 2006, 15h52
MARSEILLE (AFP) – Un Egyptien sans-papiers a fait une tentative de suicide lundi au centre de rétention administrative du Canet à Marseille, où un autre sans-papiers turc s’était suicidé en se pendant vendredi soir, a-t-on appris auprès de sources concordantes. Cet Egyptien de 32 ans, arrivé au centre de rétention « il y a dix jours, s’est tailladé le thorax avec un rasoir et s’est pendu à un drap », a annoncé à l’AFP Mondher Sfar, membre à Paris du Collectif de la communauté tunisienne, en relation avec plusieurs détenus. « Le pronostic vital n’est pas engagé », a indiqué une source policière qui a confirmé la tentative de suicide. Co-détenu avec la victime, un Algérien de 26 ans a indiqué à l’AFP qu’il avait retrouvé l’homme pendu à la fenêtre et qu’il l’avait soutenu avec un autre détenu, tout en appelant à l’aide en actionnant le bouton d’urgence. Selon ce témoin, l’Egyptien avait déjà fait trois autres tentatives de suicide, dont il avait réchappé in extremis. Lundi matin, il avait demandé à un détenu la clef de sa chambre pour aller s’y reposer. « L’homme a déjà fait plusieurs tentatives de suicide, il est dans un état épouvantable, sa place n’est certainement pas au centre de rétention », a expliqué de son côté une représentante de la Cimade (service oecuménique d’entraide). La tentative de suicide s’est produite vers 13h00 dans une chambre. « Il a été hospitalisé, on pense qu’il est dans un état grave », a ajouté M. Sfar. L’homme « épileptique et asthmatique », selon M. Sfar, ne « recevait pas les soins dont il avait besoin ». Une enquête a été ouverte après le suicide, vendredi soir, au centre de rétention du Canet de Kazime Kastule, un sans-papiers turc de 22 ans, sous le coup d’un arrêté de reconduite à la frontière. Selon M. Sfar, les « autres détenus sont dans un état de choc et dans une grande détresse ». Le centre du Canet qui dispose de 136 places, abrite près de 90 personnes susceptibles d’être reconduites à la frontière, selon la Cimade.

 


 

 

11ème congrès de l’Association des magistrats tunisiens

Modération, neutralité, transparence

 

Sous le signe de l’indépendance du pouvoir judiciaire comme garantie de la justice, l’Association des magistrats tunisiens a tenu, ce dimanche 3 décembre 2006, à Gammarth, dans la banlieue nord de Tunis, son 11ème congrès ordinaire, avec la participation de près de 1000 magistrats qui n’ont pas caché leur satisfaction d’entendre le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, M. Béchir Tekkari, à l’ouverture des travaux, affirmer l’attachement du gouvernement à ce principe, à travers sa consécration au moyen d’une panoplie de mesures concrètes et exemplaires par leur contenu et leur diversité.

 

 Passant en revue ces acquis « qui ont fait de l’expérience tunisienne en matière de justice  un modèle dans le monde », le ministre a signalé l’attention soutenue  portée à l’amélioration de la situation matérielle et professionnelle des magistrats et à la modernisation de  l’institution  judiciaire de manière à élever son rendement au niveau des normes internationales.

 

A cet égard, le ministre a insisté sur le rôle dévolu à l’Association des magistrats tunisiens dans l’encadrement  des préoccupations des magistrats et la recherche de solutions aux problèmes qu’ils peuvent rencontrer dans l’accomplissement  de leur mission, soulignant en substance « qu’autant  l’Association se montre proche de tous les magistrats, collant à leurs préoccupations et évitant d’être  exploitée à des fins étrangères à ses nobles objectifs, autant nous sommes disposés à l’écouter avec la sollicitude requise et à donner suite  à ses demandes.

 

Au nombre des nouvelles réalisations  matérielles accomplies en faveur des magistrats, le ministre a annoncé, au milieu des applaudissements nourris  de l’assistance,  la prochaine ouverture du nouveau siège de l’amicale des magistrats, à côté du Palais de  Justice de Tunis,  conçu pour  offrir un espace  à la hauteur  de la position des magistrats  et toutes les prestations dont ils ont besoin, de même qu’il doit permettre aux magistrats de l’intérieur du pays d’y résider pour quelques jours, dans les meilleures conditions de confort, à des prix  étudiés.

 

Il a, en outre, signalé, au milieu   des applaudissements, le programme tendant à permettre  à chaque magistrat l’acquisition et l’utilisation d’un ordinateur portable de manière à assurer davantage de diligence et d’efficacité au travail judiciaire, parallèlement  au renforcement  des moyens d’intervention de l’amicale   et ses prestations, s’agissant, notamment, des loisirs  et de la protection sanitaire au profit  des magistrats et de leurs familles.

 

Dans  son allocution de bienvenue, M. Khaled Abbès, président  sortant de l’Association a notamment rappelé la haute sollicitude  du Président de la République, Président du Conseil Supérieur de la Magistrature, envers   ce corps de métier, lui  conférant la place qu’il  lui sied et veillant  à lui préserver son autonomie. La sollicitude présidentielle, rappelle-t-il, se traduit par la révision  de certains textes  ce qui  représente une garantie tant pour la magistrature  que pour les justiciables.

 

Déroulement des travaux

 

Après la présentation du rapport   moral et  du rapport financier qui a suivi la cérémonie d’ouverture, les travaux se sont poursuivis par l’élection du bureau de présidence du congrès,  composé de M. Mohamed Habib Youssef,   Procureur Général  près  la Cour d’appel de Tunis, en qualité de président, et de MM. Tahar Seliti,  président de la Chambre Criminelle à la même   Cour et Néjib Maoui, Procureur de la République près le tribunal de première instance de Tunis, en tant que vice-présidents.

 

Il a été, ensuite, procédé, à l’élection des trois commissions  du congrès, en l’occurrence la commission de rédaction, la commission de vote et la commission de dépouillement, avant de passer à la discussion du rapport moral et du rapport financier qui a très peu duré, trois participants seulement ayant pris la parole,  de sorte que le rapport moral et le rapport financier, ont été,  ainsi, vite adoptés à l’unanimité, ce qui a permis aux congressistes d’entamer tôt l’élection du nouveau  bureau exécutif de l’Association, enjeu principal du congrès.

 

Au total, quinze magistrats ont présenté leur candidature au nouveau  bureau  exécutif qui se compose de sept magistrats issus des tribunaux de Tunis, Bizerte et Nabeul, conformément à un amendement apporté aux statuts de l’Association en juillet  2006, alors qu’il se composait, auparavant, de neuf membres dont sept magistrats issus des tribunaux  de Tunis, Bizerte et Nabeul et deux  magistrats des autres régions.

 

Salah BEN HAMADI

 

15 candidats

 

Quinze membres se sont présentés à l’élection du nouveau bureau  exécutif de l’Association des magistrats tunisiens dont six du bureau sortant, à savoir Khaled Abbès,  vice-président du tribunal de première instance de Manouba, Hassine Haj Messaoud, juge conseiller  à la Cour  des comptes, Chokri Ben Salem, vice-président du tribunal de première instance de l’Ariana, Riadh Gharbi, vice-président  du tribunal de première instance de Tunis, Tarek Brahem,  président de la Chambre criminelle au tribunal de première instance de Tunis, Adnane Hani, conseiller à la Cour de cassation.

Les autres candidats sont Tahar Ben  Turkia, vice-président du tribunal de première  instance  de l’Ariana, Abdelkerim Soukni, conseiller à la Cour d’appel de Nabeul, Hatem Dachraoui, président du tribunal  de première instance de Ben Arous, Khadija Mzoughi, juge cantonal à Carthage,  Inès Moatter, juge de l’entreprise au tribunal de première instance de Tunis, Makram Médiouni, juge au tribunal de première instance  de Tunis, Saber Bouati, juge cantonal à El Ouardia, Hatem Ben Ameur, juge rapporteur au tribunal foncier,  et Hatem Hfaïedh, procureur général adjoint près le tribunal  de première instance de Tunis.

Un autre membre du bureau  exécutif sortant, remplissant les nouvelles conditions d’éligibilité, Mohamed Adel Ben Ismaïl avait présenté sa candidature mais il l’a retirée, il y a deux jours.

 

S.B.H

 

 

Les à-côtés

• Un message  de considération aux magistrats tunisiens émanant du Président Zine  El Abidine Ben Ali a  été adressé aux congressistes et lu devant eux par le président du congrès. Les participants ont envoyé, à leur tour, un message de remerciements et de reconnaissance au Chef de l’Etat.

• Les participants et les journalistes ont  noté la bonne organisation du congrès malgré le nombre  élevé des congressistes, notamment en ce qui concerne les documents nécessaires qui étaient, abondamment disponibles et distribués, à temps, à tout le monde, ainsi que les badges de présence.

• L’élection des commissions s’est déroulée dans l’enthousiasme, tant beaucoup   de  congressistes voulaient   en faire partie, s’agissant, en particulier, de la commission  de vote et de la commission de dépouillement. Ainsi, 21 membres composaient la commission de vote et autant  la commission de dépouillement, contre 8 pour la commission de rédaction. Pourtant,  chaque candidat au nouveau bureau exécutif  avait le droit de se faire représenter par deux observateurs, dans chaque commission.

 

S.B.H

 

 

 

Les septs élus :

 

Adnen Héni 529

 

Tarek Braham 519

 

hatem dachraoui 516

 

Khadija Mzoughi 417

 

Iadh Gharbi 381

 

Tahar Ben Turkia 371

 

Chokri Ben Salah 316

 

 (Source : « Le Temps » (Tunisie), le 4 décembre 2006)

 

 

Entretien Fadhel Jaïbi, homme de théâtre

« Je n’écris pas pour ceux qui font l’histoire, j’écris pour ceux qui la subissent… »

 

Fadhel Jaïbi n’est pas seulement un metteur en scène, un réalisateur, un dramaturge, un théoricien, sans l’avouer il est comme Peter Brook, pour lui, le théâtre est une fin, le théâtre est aussi le moyen de faire parler la communauté, d’inquiéter, de donner un peu de quiétude…

 

Rideau ouvert donc durant une conversation avec Fadhel, qui ne cesse d’explorer les profondeurs et les ombres.

 

Rideau ouvert… actualité oblige… « Junun » aux JCC, qui devrait être diffusé bientôt et « corps-otages », sa dernière création théâtrale, qui fait couler beaucoup d’encre…

 

Le Temps : « Junun » est sans doute la synthèse de votre travail, le spectacle, le film disent la folie, l’aliénation, la dépossession de soi, les conséquences catastrophiques de la collectivité institutionnelle ou familiale sur l’individu, sur sa liberté…

 

Fadhel Jaïbi : Nous ne faisons que continuer notre travail, Jalila et moi, nous sommes, vous le savez, héritiers d’une longue tradition aristotélicienne de l’art et nous mettons en scène des personnages mythiques, des héros atypiques. Nous puisons dans une mythologie quotidienne, fascinés par les personnages singuliers. Le théâtre doit donner voix aux damnés de la terre, à ceux qui sont maudits par les dieux, aux héros qui forcent l’identification, à ceux qui suscitent la catharsis, les personnages frappés du sceau, du destin, ceux qui s’identifient aux actes irréguliers des hommes. Pensez à Shakespeare, aux tragédies royales, aux personnages secondaires, aux fossoyeurs, aux mendiants, aux taverniers, aux fous.

 

Il y a auteur de nous des mères courage en pagaille, des Galilée en grand nombre…

Je n’écris pas pour ceux qui font l’histoire, j’écris pour ceux qui la subissent, j’écris pour ceux qui disent non, pour les immoraux, pour ceux chez qui le dérapage intervient à un moment ou à un autre.

 

• Ce dysfonctionnement est-il une rupture dans l’itinéraire des hommes, cette faille n’est-elle pas une des sources, un des lieux de votre travail ?

 

Ce dysfonctionnement est une folie, une démesure, une transgression, un au-delà de l’acte limite, c’est ça le meurtre, le suicide ; j’aime ceux que les conditions sociales, économiques et culturelles amènent à l’oppression, ceux qui paient le prix le plus exemplaire de ce refus, de ce rejet, de ce « niet » de l’ordre et du système. Ces « fous » deviennent des exemples dans un monde formaté, dans un monde qui vous pousse à la soumission, qui vous réduit, qui vous force à la démission. Voilà pourquoi Jalila et moi, sommes intrigués par les mystères que recèlent ces êtres. Notre théâtre les décline à l’infini, peu importe le sexe, les époques, les âges, les pays, ils peuvent s’appeler Bahja de Familia, Nun de Junun….

 

• Pourquoi avez-vous ce besoin de mettre en images, de filmer votre pièce de théâtre, comme si la scène ne suffisait pas…

 

Je suis à cheval entre cinéma et théâtre, comme les Bergman, les chereau, les Brook, je navigue entre deux modes d’expression, ce n’est ni le même code, ni le même mode d’expression… Je demeure une figure paradoxale, insolite dans le paysage audiovisuel arabe et tunisien. Du temps du nouveau théâtre avec Jazziri, nous vivions les réelles frustrations du cinéma, on y est venu pour sauver les œuvres théâtrales, pour les sauver de l’oubli. La télévision ne faisait pas son travail, ne fait pas son travail. Si nous étions tolérés au théâtre, nous étions interdits d’antenne. En 33 ans de carrière, en dehors de « Ghassalet Ennouader », nous avons été tailladés, charcutés à l’écran.

 

• Aucune de vos œuvres théâtrales n’a été diffusée ?

 

« Junun » n’a pu être filmée, que grâce à Raouf El Basti, qui fut un directeur avisé. Il faut diffuser l’œuvre théâtrale, il n’y a pas de clivage entre les scénarios, les images fortes, intenses doivent être transmises du théâtre à la télé et de la télé au cinéma. Il faut cibler un auditoire important. On a fidélisé des milliers de spectateurs à travers des décennies. « Junun » a vu 100 000 spectateurs, le film amènera 10 fois plus, la télé 100 fois plus.

 

• « Junun » n’a pas été retenu en compétition durant les JCC ?

 

je me moque de la compétition, ce n’est pas ma tasse de thé, l’art n’a rien à faire avec une course de chevaux, le cinéma est ouvert à tout le monde. Quelle importance, premier ou deuxième, les qualifications sont des non-sens. Et puis nous ne pouvions pas participer puisque nous n’avions pas de copie 35 millimètres, la subvention n’a pas été versée dans sa totalité. J’espère, malgré tout, que ceux qui ont choisi ou choisissent, mettent en avant un cinéma courageux…

 

• Nous y venons… vous parlez sans doute de « Corps-Otages » qui a été présenté à l’Odéon en juin dernier… et qu’on vous a demandé de revisiter… dans le texte.

 

L’odéon invite tous les ans, de grosses pointures, c’est la première fois qu’une compagnie arabe et tunisienne est invitée. Georges Lavaudant, le directeur m’a proposé une carte blanche, l’odéon théâtre de l’Europe ne m’a donné aucune ligne de conduite, aucune conformation aux critères artistiques. Bien sûr, ils ne m’ont pas invité innocemment, ils connaissent mon travail et l’apprécient. Ils savent quel type d’engagement j’entretiens. J’aurais pu monter une énième version de Hamlet, de Médée ou du Bourgeois gentilhomme, mais quel était l’intérêt de flirter avec le théâtre occidental. Je veux faire et j’ai fait un théâtre d’auteur, je m’intéresse exclusivement au pays qui est le mien, j’enfonce les mêmes clous, je cherche les mêmes archétypes, je développe les mêmes caractères dans cette quête éperdue de la mythologie quotidienne, l’homo-tunisianus, être « artiste-citoyen dans l' » ici – maintenant « . L’Odéon est un moment de mon parcours, c’est loin d’être un tout.

 

• Le « tout » dont vous parlez serait la scène tunisienne ?

 

La scène tunisienne est la finalité de mon travail, la conscience tunisienne, le spectateur tunisien… je n’envisage pas de spectacle, qui ne soit pas tunisien… une Tunisie contemporaine… un spectacle au moment où la Tunisie fête ses 50 ans d’indépendance. le hasard fait bien les choses.

 

• « Corps-otages » a bénéficié de soutiens financiers…

 

L’Odéon a participé, l’IFC a donné un petit soutien, nous avons travaillé pendant 16 mois pour que cela voie le jour, j’ai répété avec une vingtaine de personnes… et le spectacle a connu le succès que vous avez vu, vous pouvez témoigner, vous étiez présente à l’Odéon. Nous n’avons eu aucune aide du ministère de la Culture.

De retour de Paris, l’envers de la médaille a montré le bout de son nez, le spectacle est passé, comme le veut la loi, par une commission dite d’orientation, c’était le 3 juillet… à ce jour nous n’avons pas de visa d’exploitation. Cette commission n’est que le maintien d’une haute surveillance de l’acte théâtral. On nous a demandé de supprimer des dates, des pages entières de texte. Nous n’accepterons pas que l’on porte atteinte à l’acte créateur, à la liberté de cet acte-là. On nous parle d’observations, mais de qui se moque-t-on ? Avez-vous déjà vu un éditeur imposer ses choix ou tronquer des textes ? On nous a parlé de jury… depuis quand, l’art et la science se comparent ?

 

• Ces observations ne sont-elles pas une espèce de garde -fou à ceux qui ne comprendraient pas sainement votre pièce ?

 

Mais que dites-vous là ! Nous ne mettons en danger ni les institutions, ni les personnes, nous ne sommes pas des hors-la-loi, pourquoi ne pas aller les choses par leur nom ? … Nous sommes prêts à discuter sur la base de l’explication, de la justification du bien-fondé de nos choix, de notre droit-citoyen de nous exprimer dans notre pays.

 

• « Corps-otages », pièce mal comprise parlerait d’un pays imaginaire dit-on, quel avenir prédisez-vous à ce spectacle, n’allez-vous pas au contraire gagner en visibilité… ?

 

Pays imaginaire. Je n’ai pas à justifier ce genre de propos, le théâtre n’est pas du documentaire, c’est de la fiction, qui naît de la réalité et qui la transcende. L’acte poétique, et je ne vous apprends rien, ne procède pas du reality – show.

Picasso ne montre pas la réalité, il la traduit, la traite, la transcende, il ne l’invente pas. L’artiste est le dépositaire, le témoin, le sismographe du réel. Je suis désolé… je dois vous dire que « Corps-otages » procède d’une réalité qui existe ou à venir. Le tort du théâtre est sans doute d’anticiper sur une réalité.

 

• Les lendemains ne sont pas très radieux alors, Monsieur Jaïdi.

 

Le théâtre n’est pas une prophétie, il fait toujours acte d’anticipation.

Au sein même de ce travail, lisez les facteurs anticipateurs de cet avenir périlleux.

Nous conjuguons, nous juxtaposons, nous synthétisons par le seul moyen qui nous est donné… celui de l’art. Mon spectacle est la transposition lyrique, symbolique d’une réalité annoncée… Et puis, je ne comprends pas… « Making off » de Bouzid traite du péril intégriste, donc du même sujet, au nom de quoi autorise-t-on la projection de ce film et met-on toutes les réserves possibles et imaginables sur ma pièce ?

 

• « Le théâtre, écrit Peter Brook, n’est pas un lieu comme les autres, il est comme une loupe qui grossit l’image… il s’affirme toujours dans le présent… c’est ce qui le rend plus troublant… ». Le théâtre effraie…

 

Soyons sérieux, je vous en prie, le théâtre ne fait pas peur, il n’incite ni au désordre ni à autre chose. Cessons d’être manichéens, monolithiques, aiguisons notre regard avant qu’il ne soit trop tard. Serions-nous victime et bourreau à la fois ? Nous donnons à réfléchir, à émouvoir, le théâtre n’incite ni à haïr, ni à régler des comptes. Jalila et moi, nous nous  inscrivons dans la ligne droite des philosophes, des libre-penseurs, pourquoi vous le rappeler ?

Nous faisons notre devoir de citoyen… nous donnons à voir, à comprendre et à réfléchir. C’est tout…

 

Notre conversation continue bien après… les liens invisibles de l’art, sans doute. Je quitte Fadhel, la ville est bruyante, me reviennent en mémoire les dernières phrases de Junun…

Elle : Et si tu étais mer, quel mer serais-tu ?

Nun : Mer révoltée, mouvementée, agitée, déchaînée…

Elle : Et si tu étais terre, quelle terre serais-tu ?

Nun : Désert étendu et montagne dressée.

Elle : Et si tu étais père ?

Nun : Irradiant, éblouissant, miséricordieux et clément…

Elle : Et si tu étais mot ?

Nun : Non – Tranchant, ferme et résistant… »

 

Entretien conduit par :

Marianne CATZARAS

 

(Source : « Le Temps » (Tunisie), le 4 décembre 2006)

 

 

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